pour ceux qui souhaitent en écouter plus sur " look de paris " voici titres sur youtube
" c'est barock "" ar
Par anonyme, le 17.08.2026
bonjour triste merci a toi pour tes partages a très vite
Par Vintage Rétro Musi, le 17.08.2026
la première sur .fr est abondamment fournie, bravo pour le travail et merci pour les découvertes que j'ai pu f
Par TonTonMusiK, le 16.08.2026
bonjour, merci pour les infos .je cherche un lien pour voir "deus batons pour un rocker".je n ai même pas trou
Par Anonyme, le 13.08.2026
bonjour
bravo et merci. vous construisez jour après jour une véritable caverne d'ali baba où il fait bon alle
Par Anonyme, le 06.08.2026
Date de création : 13.02.2019
Dernière mise à jour :
15.08.2026
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Dernière nouvelle fraîche Francerock70 s'associe avec "Carnot", une webradio.
indépendante et bénévole.
"Carnot le repère du son" est une webradio dédiée aux fans de pop rock et hard rock. Passionnée et 100 % bénévole, elle met en avant les groupes locaux tout en mêlant les classiques incontournables. Chaque playlist est pensée pour faire vibrer, découvrir de nouveaux talents et offrir une expérience musicale unique. Branchez-vous et laissez Carnot rythmer votre journée !
Je pense que nous avons le même objectif, moi et Marc, le directeur de la station : la promotion et la découverte du rock français.
Donc Il va y avoir dans les semaines à venir une collaboration étroite entre " Carnot la Radio " et Francerock70.
Pour écouter Carnot, cela se passe :
ou
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Nos amis de LAZULI viennent de sortir un nouvel album "Être et ne plus être ". C'est un disque vraiment superbe.
écoutez l'extrait "l'eau qui dort" que j'ai mis écoute.
Je trouve que LAZULI se bonifie d'album en album, ils sont devenus énormes.
Vraiment du très bon rock progressif à écouter en boucle.
" Être et ne plus être " est disponible sur les plateformes
mais achetez les CD, VINYLE & MP3
directement sur ICI
Voici le listing de leur nouvelle tournée (Impressionnant !)
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Mon ami Christophe Goffette dit " le Goof " cherche à éditer un superbe Road Book intitulé MOTHER ROAD & FATHER TALES.
Il vient de mettre une cagnotte en ligne pour achever ce beau projet
Si vous voulez acheter l'édition Deluxe limitée numérotée et dédicacée.
Ca se passe ICI
quand on connaît le talent d'écriture du " Goof ", n'hésitez pas à aller y faire un tour."
Mister Pat
Il est fort probable que le nom de ce groupe vous évoque quelque chose à première vue. Sans doute un groupe de jazz fusion des années 80.
Je crois que Xav, notre expert en ce domaine, serait beaucoup plus compétent que moi pour vous en parler et je ne souhaiterais pas empiéter sur son territoire.
Mais le groupe Abus Dangereux dont il est question aujourd'hui n'a absolument rien à voir avec la Fusion, leur musique c'est tout simplement du rock pur jus.
J'ai très peu de renseignements concernant cette formation, le livret du CD nous apporte néanmoins quelques précisions.
Abus Dangereux était originaire de Saint-Herblon en Loire-Atlantique.
Le groupe se composait de Catherine (basse, chant), Evelyne (chant), Denis (guitares, chant) et Pierrick (batterie, chant).
Le disque a été enregistré en 1994 au studio Osiris-La Plaine (49).
C'est une autoproduction.
Abus Dangereux a enregistré 13 titres dans un format assez court.
Par moment assez proche d'un téléphone survitaminé, le son du groupe est assez heavy, ce qui n'est pas pour me déplaire.
Des titres vraiment punchy, un blues qui traine et des textes engagés, même si je ne suis pas entièrement d'accord avec le dernier "Made in USA" car tous les Américains ne sont pas les mêmes. Allez à SFO (Californie), vous verrez la différence.
La production n'est pas top, le chant trop en retrait à mon goût, mais le groupe veut en découdre et finalement on se laisse séduire par ce disque.
Vous pouvez donc écouter l'album d'Abus Dangereux "sans modération", l'unique production d'un groupe local très sympa, c'est un bon cru qui vous permettra de passer un excellent moment.
En écoute : Made in USA
par Mister Pat
En 1979, le groupe punk originaire de Caen R.A.S. sent que le mouvement est sur le déclin. Ils commencent à lorgner plutôt du côté power-pop énergique : The Jam, XTC ou 999 par exemple. On passe à l'esthétisme des sixties, celui des Who qu'on trouvait déjà ça et là dans le punk (costumes noirs, cravates fines, t-shirts à cocarde).
Certains membres de R.A.S. traversent le Channel et constatent que le mouvement n'est pas seulement vestimentaire mais aussi musical. C'est le grand retour des mods avec une nouvelle flopée de groupes tels que The Merton Parkas, The Mo-dettes, The Chords, Secret Affair.
Les membres de R.A.S., conquis, foncent à Carnaby Street pour une opération shopping et rentrent en France.
Exit R.A.S., le groupe devient les Lords. Leur répertoire demeure mais visuellement leur look change sérieusement. Le noyau dur du mouvement punk n'apprécie pas et les skinheads débarquent en force lors de leur deuxième concert à Lisieux. Pas le temps d'implorer Sainte-Thérèse, les chaises volent, les fans du groupe affrontent les skins, la police arrive.
Heureusement tout se termine bien ce soir-là par une reprise du My Generation des Who par le groupe Les Saigneurs, morceau exécuté dans la plus pure tradition… d'une destruction de matériels dont les colonnes de sonorisation…
Les Lords enrichissent harmoniquement leurs compos et intègrent des influences sixties. Pas mal de reprises sur scène : la musique du générique d'Amicalement vôtre de John Barry, For Your Love des Yardbirds et bien sûr l'incontournable My Generation des Who. Un son bien servi par une basse Rickenbacker, une guitare rythmique Gibson et une guitare solo Telecaster. Leurs compos, bien qu'inégales, se remarquent aussi par la qualité des textes.
Les Lords joueront au Golf Drouot à Paris et s'ils finissent bons derniers du tremplin ce jour-là, ils gagneront en notoriété. Mais malgré leurs nombreux allers-retours dans la capitale et quelques contacts avec Antoine De Caunes, Marc Zermati ou Patrick Eudeline, malgré le tour des maisons de disques et même une photo dans le mensuel Best, les Lords n'ont toujours pas de contrat d'enregistrement.
Mais les concerts sont très souvent empreints de violence, en province comme à Paris. Le mouvement mods est plus vestimentaire que musical, alors qu'eux restent des purs et durs, des héros qui ne font pas dans la fioriture.
Deux membres du groupe s'en vont, le chanteur quitte Caen pour Paris,
L'histoire s'achève finalement en 1982.
Il faudra attendre une trentaine d’années pour que l’unique témoignage discographique des Lords sorte enfin ! Il prend la forme d’un 33 tours regroupant les morceaux de 1979 enregistrés à La Péniche de Caen et ceux de 1980 au studio Melody Music (Caen) et à Rennes. La qualité sonore n'est hélas pas toujours au rendez-vous.
Morceau en écoute : Différent
par Philou
Dans le paysage du rock français indépendant, L'Année du Rat s’impose comme une formation à part, cultivant une identité sonore résolument sincère. Avec l'album "Les Autres Aussi", le groupe confirme une esthétique où se mêlent urgence électrique, regard acéré sur le quotidien, mélodies et folk traditionnel.
Le groupe se forme en 1996 à Paris.
Premier jet en 1997 avec un album baptisé "C'sont les vaches qui vont êtrecontentes".
La formation se compose de
Guillaume Dubranle, chant, violon
Étienne Renard, guitare
Ronald Charvet, guitare
Julien Delval, basse
Alexandre Ribeaud, batterie
Olivier Dubranle, chant
En 2002, l'Année du Rat sort son second album "Les Autres aussi".
Ils tournent énormément en France et donnent plus de 300 concerts, participant à de nombreux festivals, dont le Chantier des Francofolies en 2002.
Ils feront également les premières parties de Tri Yann, Astonvilla, etc.
Le groupe enregistre son troisième et dernier album, Qui se plaint du vide ? et se sépare en 2007
(source Wikipédia)
Sur le plan de l’écriture, "Les Autres aussi" explore des thématiques profondément humaines. Les textes, souvent empreints d’une lucidité mordante, oscillent entre introspection, observation sociale et tension existentielle.
Musicalement, le groupe délivre un son alliant la musique traditionnelle à un rock direct, l'apport du violon apportant une touche folk particulièrement joyeuse.
En résumé, l'Année du Rat s’adresse autant aux amateurs de rock festif qu’à ceux qui recherchent des textes forts.
"Les Autres aussi" est un bon disque, l'Année du Rat un bon groupe qui méritait sans aucun doute un meilleur sort, mais en 2002 la concurrence était particulièrement rude.
En écoute : Laisse
Voici le lien Facebook de l'Année du Rat ICI
Mister Pat
Jean-Pierre Ska – Premiers voyages 1972.
De Jean-Pierre, on retiendra, depuis la Suisse, un album remarquable produit par des sommités comme Karl-Heinz Schäfer et une tripotée de musiciens de studios.
(Pierre Cavalli, Tony D’Adario…).
Sans omettre d’indiquer que le sieur Monsieur Ska, n’ayant que très peu percé, est un musicien hors pair, et pourtant en réécoutant L’autre Dimension, les frissons parcourent le corps, comme un air de déjà entendu, mais que l’inconscient recherchait en vain, et une fois atteint cette phase, Premiers Voyages est un disque fourre-tout, peut-être un peu trop varié, entre folk et chanson (notamment avec Romantica ou Je te quitterai un jour).
C’est que Jean-Pierre Ska est un fan invétéré du Moog, que l’on entend sur plusieurs titres. Cette caractéristique apporte à l’album quelque chose de mélancolique, un spleen qui ne dit pas son nom.
Il y a des rebonds avec Globetrotter, thématique récurrente dans la courte discographie du bonhomme, voyages, errance et dérives vers d’autres soleils.
Les hommes ont-ils Le Droit de juger sonne très West Coast, voire Dylan.
Disque essentiel en termes de folk, de poésie, on peut lire dans les notes les intentions de son auteur.
Laissez-vous guider les yeux fermés par Jean-Pierre Ska, vous en reviendrez, comblés.
En écoute : l'autre dimension
Aural Oddities
Larry Martin Factory (LMF) est un nom qui résonne avec une certaine exigence artistique et une énergie brute dans l'histoire du rock français des années 1970. Moins exposé que certains de ses contemporains, le groupe mené par Jacques Godebarge, alias Larry Martin, est pourtant un pivot entre le rock progressif et l'attitude punk qui émergeait à l'époque.
Né en Irlande d'un père anglais et d'une mère française, Jacques Godebarge est un musicien talentueux (guitariste, réalisateur artistique, chanteur) ayant commencé sa carrière dès la fin des années soixante. Avant de fonder LMF, Larry Martin était déjà un session man réputé, jouant sur plus de 200 enregistrements à travers l'Europe et produisant des artistes majeurs comme Screamin' Jay Hawkins, Luther Allison ou encore Françoise Hardy.
Son parcours est riche : formation classique au violon puis à la guitare, une période jazz qui l'amène à rencontrer René Thomas et Mickey Baker, avant un choc décisif avec Gene Vincent qui le pousse vers le rock'n'roll. Ces multiples influences se retrouveront dans le son de son propre groupe.
Le groupe Larry Martin Factory se forme au début des années 70. Ses formations successives incluront des musiciens importants, notamment François "Zox" Camuzeaux (basse) et Paul Pechenaert (guitare/chant), tous deux anciens membres des Dogs, apportant une touche de garage rock et d'urgence.
Dès le début, la Factory se distingue par un style unique : un rock urbain sophistiqué, souvent comparé à la démarche d'un Lou Reed. La musique est puissante, tendue, mêlant la base rock'n'roll à des influences plus expérimentales, intégrant des gammes inégales, des harmonies issues de la musique contemporaine et un usage d'instruments inhabituels pour le genre.
Les concerts du groupe étaient mémorables, décrits comme des événements où flottait une atmosphère de sarcasme narquois et de menace.
LMF a laissé derrière lui une discographie essentielle pour comprendre cette période de transition dans le rock :
- After School Rambler (1974) : premier album qui pose les bases du son du groupe, avec des titres comme Everyday Everyday.
- Early Dawn Flyers and Electric Kids (1977) : un album qui témoigne de l'évolution du groupe vers des sonorités plus dures.
- Daimler Benz (1978) : Souvent considéré comme leur œuvre la plus aboutie, ce disque mélange psych rock et attitude punk. Il contient des titres phares comme Daimler Benz et All Dead Quiet.
Le groupe a également connu un succès européen notable avec le single "Sweet Mama Fix" en 1977, un morceau qui a envahi les ondes et est devenu une chanson symbolique de leur culte grandissant. Un autre succès, "Rockin' on the Radio" (1976), a contribué à leur renommée.
Bien que le groupe se soit dissous au moment où il atteignait un statut culte, l'influence de Larry Martin Factory fut significative. Leur capacité à fusionner l'énergie du rock de base avec une approche plus expérimentale et intellectuelle a ouvert la voie à de nombreux groupes.
L'œuvre de Larry Martin ne s'arrête pas là : après la Factory, il a continué à explorer, y compris dans des domaines plus New Age ou expérimentaux à partir des années 90, confirmant son statut d'artiste sans cesse en mouvement.
Aujourd'hui, les vinyles de Larry Martin Factory, notamment Daimler Benz, sont des pièces de collection recherchées, témoignant de l'impact de ce groupe majeur, mais parfois oublié, du rock français des années 70.
En écoute : Rockin' on the Radio
par Mister Pat
Joe Marion, ça ne vous dit rien ? Sans doute pas grand-chose et pourtant Joe Marion n'est pas n'importe qui. Si je vous dis "Dynamite", je pense que là ça va faire tilt.
Et oui, Joe était le batteur de Bijou, la légende du rock français. C'est leur manager et parolier, Jean-William Thoury, qui lui avait donné le surnom de "Dynamite" en raison de sa frappe de batterie "dure et sèche".
Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, un petit retour en arrière s'impose.
Joe Marion (Dynamite), de son vrai nom Joël Yan, après un passage dans le groupe Pura Vida au début des années70, rejoint le groupe Bijou en 1975. Il est accompagné d'autres membres de Pura Vida : Vincent Palmer (guitare), Philippe Dauga (basse).
Jean-William Thoury (journaliste rock) les prend sous sa coupe et devient leur parolier attitré. Il sera également leur manager.
Bijou s’impose rapidement sur la scène nationale. Le groupe enregistre plusieurs albums devenus emblématiques, dont Danse avec moi, OK Carole ou Jamais domptés.
Leur musique, à la fois incisive et accrocheuse, mêle riffs tranchants, rythmes tendus et textes francs, parfois insolents, souvent ancrés dans le quotidien. Bijou incarne alors une forme de rock français libre, débarrassé des complexes vis-à-vis du rock anglo-saxon.
Après la séparation de Bijou en 1982, Dynamite tente une aventure en solo, En 1985, il sort un mini-album intitulé Rockin' sur le label Romance Records, où il commence déjà à délaisser la batterie pour le chant et la guitare.
Il s'installe ensuite pendant une longue période au Texas (à Waco). Ce séjour aux États-Unis imprègne profondément son style musical de blues, de country et de rock "roots".
Après des années de silence médiatique, il revient sur le devant de la scène sous le nom Joe Marion, en changeant radicalement de rôle : il est désormais chanteur et guitariste.
– 2023 : sortie d'un EP 4 titres remarqué, Joe Marion & Rockers, aux influences pub-rock et blues.
– 2025 : il sort l'album "Rock Semper Fi" sur le label Rock Paradise Records.
Ce projet, réalisé avec son complice Chriss Linsar, confirme son virage vers un rock pur, énergique et sans artifice.
Ayant eu un contact avec Joe il y a plusieurs mois et après pas mal de retard, j'ai le plaisir de vous proposer aujourd'hui l'interview que Joe Marion a bien voulu accorder à Francerock70.
C'est une exclue, c'est pour vous, c'est sur votre blog favori Francerock70.
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L'interview :
Mister Pat : Bonjour Joe, Merci de bien vouloir accorder une interview à Francerock70, je te préviens, il risque d'y avoir des questions un peu directes, mais c'est notre marque de fabrique à Francerock, j'aime bien poser des questions un peu décalées.
Bon maintenant on ne rigole plus, ce n'est pas un interrogatoire, mais donne-moi tes nom, prénom (les vrais), date de naissance, lieu de naissance, taille, poids ?
Joe Marion : Je m'appelle Joël YAN, né à Paris 14ᵉ le 18 AVRIL 1950, je mesure 181 cm pour 83 kg.
Yan est le nom de mon père, Marion est celui de ma mère et, jusqu'à mon intégration dans Bijou, on m'a toujours appelé "Joe" et puis Jean William Thoury m'a stanké le surnom de "Dynamite".
MP : Tes premiers pas dans la musique, c'était au berceau ?
JM : Non, j'ai débuté assez tard. D’abord la guitare pour emballer :
« Le Pénitencier », « Santiano » et le début de « Jeux interdits »… le fatal piège à gonzesses.
MP : En étant plus sérieux, tu as commencé la guitare à quel âge ?
JM: Ma 1ère guitare m'a été offerte en février 1965, une EGMOND Lucky 7. J'avais 14 ans.
MP : Dans ta chambre d'ado, tu écoutais la radio ou des disques ?
JM : J'avais la chance d'avoir une sœur, plus âgée que moi et qui achetait et écoutait des disques de Claude François, Sheila, Johnny Hallyday, etc.
MP : Le premier disque que tu as acheté, c'était quoi, donne-moi la vraie réponse même si c'est honteux ?
JM : Celui que j'ai acheté (avec mes thunes gagnées à ramasser des patates chez mon grand-père), c'est "Help" et aussi "Ticket to ride".
MP : Ton tout premier groupe s'appelait comment, c'était quoi votre style musical ?
JM : Glady et c'était une sorte de pop hippisante et rock anglais en lavabo et accordage "gling/glang", je ne pensais pas du tout en vivre à ce moment de ma vie. (rire) Il y a une blague texane sur les guitaristes… je te la fais ?
MP : Oui Bien sûr !
JM : Quelle est la différence entre un guitariste et une grande pizza ?
La pizza peut nourrir une famille de quatre personnes.
MP : (Rires)
MP : On va parler de Bijou bien entendu, je sais que tu avais répondu à une annonce pour intégrer le groupe, comment s'est passé le premier contact ?
JM : En fait, j'avais mis une annonce "batteur cherche groupe" et j'ai été contacté, ils sont venus chez moi, on a discuté, rendez-vous et c'est parti, mais c'était pour PURA VIDA, avant BIJOU.
MP : Ah Ok! , je me suis planté sur la question, Jean-William Thoury, c'est un tyran ou un mec cool ?
JM : Non c'est un mec cool. Je ne sais pas comment il a fait pour nous supporter tout ce temps, si il y avait un Grammy Award de la coolerie, il le remporterait haut la main.
MP : Peux-tu me dire quel a été pour toi le meilleur de tous les concerts que Bijou a donnés ?
JM : 4 gigs m'ont marqué, Mont-de-Marsan, les 1ʳᵉˢ parties de Status Quo et avec Gainsbourg et aussi Marie France (hors Bijou).
MP : Je pense que vous avez également vécu des galères, tu as quelques anecdotes à me raconter à ce sujet ?
JM : Presque jamais en fait, je me souviens du tout début de BIJOU. On jouait sur une estrade bancale sur une plage dans le sud, on était payés aux entrées mais il n'y avait pas de porte.
MP : En ce qui te concerne, quel est ton album de Bijou préféré ?
JM : Le dernier, "BIJOU BOP", un vrai disque de rock !!
MP : Ce n'est un secret pour personne, tu n'as pas du tout apprécié la production des Sparks pour le 3ᵉ album de Bijou (pas dormir). Qu'est-ce qui t'agaçait le plus chez les frères Mael ?
JM : Les Sparks n'étaient responsables de rien, c'est nous qui avions choisi de travailler avec eux. À l'écoute de leurs titres et de leur style musical, je n'étais pas chaud et je pensais à quitter le groupe, mais je me suis dit que j'avais peut-être mal évalué le projet et j'y suis allé pour lever le doute et c'est une fois sur place que j'ai constaté les dégâts et ça m'a foutu les nerfs en biseau. Je crois qu'on a eu une myopie collective sur le résultat.
MP : On a souvent associé Bijou à la renaissance rock de Serge Gainsbourg en 1978. Avec le recul, quelle est la leçon la plus importante que tu as apprise à ses côtés ?
JM : j'imagine que je devais être admiratif et je lui dis merci car j'ai appris un truc avec lui : "quand rien n'est prévu, tout est possible".
MP : Je vais te poser une dernière question sur Bijou et on passe à autre chose, quelle est la vraie raison de la séparation du groupe ? Problème d'ego ou absence de succès ?
JM : On ne s'est pas séparés à l'amiable ou d'un commun accord mais pas non plus en guerre d'avocats. Quand les thunes ont commencé à manquer, ça a été le bordel et BIJOU s'est "crashé", lâché par sa planète et sa bonne étoile et d'un manque de cool.
MP : En ce qui concerne Joe Marion & Rockers, comment le groupe s'est -il formé ?
JM : Au départ, il y avait Chriss Linsar et moi, puis Kanto el Magnifico est arrivé et nous allons peut-être être rejoints par un guitariste texan à Telecaster Man (il faut résoudre l'immigration et le contrat de travail).
MP : Pendant des années, tu as été le moteur rythmique de Bijou sous le nom de Dynamite. Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans cette transition : abandonner les baguettes pour la guitare, ou assumer le rôle de frontman au micro ?
JM : La guitare m'a toujours accompagné pour les titres que j'ai composés pour BIJOU, donc la transition a été douce.
Je me suis mis sérieusement à en jouer car je ne trouvais pas de guitariste et quand tu sors de BIJOU avec un Vincent Palmer, tu deviens très intransigeant.
MP : Ta musique actuelle respire le Texas et le pub rock. De quelle manière tes années passées aux États-Unis ont-elles modifié ta façon d'écrire et de concevoir le rock français ?
JM ; D'abord il y a le changement de climat musical, la France n'est pas une terre de rock, beaucoup de musique "no fun", de groupes politisés, râleurs, très peu de légèreté ou de cool, ensuite j'ai toujours pensé que le rock était américain et j'en ai eu la preuve sur place et concernant les textes, je suis né et élevé en France et c'est ma langue maternelle et je n'ai aucun souci pour faire "swinguer" cette langue… Pour faire court, musique américaine et texte en français… facile !
MP : Le titre de l'album, "Rock Semper Fi !", évoque la fidélité. Envers quoi (ou qui) Joe Marion est-il resté le plus fidèle après toutes ces décennies ?
JM : "Semper Fi" est une contraction de "Semper Fidelis", c'est une inscription qui se trouve sur les tombes des Marines.
C'est un hommage que je rends à toute une génération de jeunes types tombés au Vietnam et qui aimaient le rock, d'où le titre du LP "Rock Semper Fi". Oui je suis toujours resté fidèle à cette musique et quand j'ai écrit "Rock la radio", je voulais recoller au peloton du rock en France et en français ! Ce titre avec ces arrangements de Palmer est beau et violent et c'est ça le rock, ça doit être beau et violent !!
MP : L'album a un côté très 'direct', presque sauvage. Comment s'est passée la collaboration en studio avec Chriss Linsar et Kanto El Magnifico pour obtenir ce son organique ?
JM : La 1ère chose à faire est de maîtriser le son dès le départ, quitte à y passer du temps. La plupart des backlines et voix témoins ont été enregistrés à Waco (TX), on a pris notre temps pour ça. Ensuite le workflow additionnel et voix déf. ont été faits en France, il faut avoir une vision et s'y tenir, si tu es dans l’émotionnel, tu n'es plus dans le musical et tu perds vite le fil. L’objectif était d'avoir un son global tout en personnalisant chaque titre, un vrai challenge. Je n'ai pas du tout assisté au mixage, j'ai laissé faire Chriss, ça s'appelle la confiance et voilà…
MP : Bijou a été l'un des premiers groupes à prouver que le rock pouvait sonner en français. Aujourd'hui, comment abordes-tu l'écriture de tes textes ?
JM : par le biais de la vie de tous les jours et un mix de traditionnel, d’argot et de classique… Le déclic est le principal moteur de toute création… le reste arrive vite après que tu aies eu le "déclic".
MP : Quel regard portes-tu sur la scène rock actuelle en France ?
JM : il y a une grosse activité mais pas de "mouvement", c'est ce qui rend les choses plus compliquées, pas d'endroit pour jouer, pas de cash pour payer les groupes, pas de management, pas de producteur… Bref, au Texas et ailleurs aussi, tous les soirs, il y a des groupes qui jouent, des belles scènes bien équipées, du monde qui se déplace. On est loin du compte…
MP : Si tu ne devais retenir qu'un seul morceau de toute ta carrière, de l'époque Bijou à aujourd'hui, quel est ton titre préféré et pourquoi ?
JM : Il y a 2 titres que j'aime écouter : "C'est un animal" et "C'est encore l'automne", les 2 de Palmer/Thoury, mais j'aime beaucoup évidemment "Rock à la radio", qui a sauvé le groupe d'une fin prématurée…
MP : On va passer à des questions plus personnelles, si tu veux bien. Quelle est ta boisson favorite, ton plat préféré ? C'est toi qui fais la cuisine.
JM : Oui je cuisine… le thé et le Coca glacé et les frites.
MP : question cinéma Quel est le genre de film que tu préfères ?
JM : les westerns avec CLINT, quelques TARANTINO, et les films français avec Blier, De Funès,
MP : Tu es livre de poche ou bande dessinée ? Tu aimes quel style d'écrivains ?
JM : Le dernier bouquin que j'ai lu (j'en lis beaucoup) c'est "Je n'ai pas toujours été un vieux con" d'Alexandre FERAGA (jubilatoire) et "La république des crétins" de SOLPÉRIÈRES. J'aime aussi les thrillers et quelques sérieux bouquins de cul du style "Le livre de cul dont vous êtes l'héroïne" d'Aurélie Stéphanie.
MP : Quels sont tes groupes et artistes favoris anglo-saxons et américains des années 70 et 80 ?
JM : À cette période et comme beaucoup, j'ai aimé les Stones, Pretty Things, Free, Them, Sex Pistols, Led Zep, Who, etc. des coups de cœur ponctuels, c'était variable sans attachement viscéral… Doctor Feelgood, Stray Cats, Dave Edmunds, Ramones et plein d'autres…
Mais je ne change pas de trottoir quand je croise mes souvenirs, seulement je n'écoute plus ça depuis bien longtemps.
MP : En ce qui concerne le rock français des années Bijou, c'était qui tes groupes préférés ?
JM : Asphalt Jungle, Les Lou' Les Dogs, les Rock’n’Rollers, Little Bob, Les Variations
MP : Ça se passait bien avec les autres formations françaises ?
JM : Oui, relativement bien, nous avons tous joué à un moment ou au même moment dans le même club, le même festival… Quelques-uns des "grands groupes" de cette période ont fait notre première partie.
MP : Je pense qu'il y a des chanteurs ou des groupes français que tu détestes comme tout le monde, tu peux nous citer des noms ?
JM : J'écoute peu de musique… quand tu passes ton temps dans les studios, dans les répétitions, dans des concerts… quand tu rentres chez toi, tu fais autre chose que d'écouter de la musique… et même si j'avais des noms, je n'en parlerai pas, je reste bienveillant sur ce sujet, chacun doit suivre sa voie… et basta !! Mais les artistes qui jouent les "écorchés déglingués" par la vie ou les "poètes maudits" qui vendent leur intégrité en louchant sur leur répartition SACEM me saoulent.
MP : Tu dois t'isoler sur une ile déserte mais avec tout le confort, quels sont les trois disques que tu emmèneras avec toi ?
JM : Un Eddie Cochran, un Gene Vincent et Elvis,
MP : Ton batteur favori c'est qui ?
JM : Ringo Starr a révolutionné le tambour et Jim Keltner pour l'ensemble de sa carrière.
MP : À part la musique, quels sont tes hobbies ? La pêche à la ligne ?
JM : Je fais du vélo, de la natation, du bateau (côtier et intérieur), boire des coups avec des potes, tondre la banquise, etc. Il y a une expression employée par le patron du bar "Rocky's Roadhouse" à Waco : "What the hell are you doing, knitting truck wheels ?" C'est quoi ce bordel, vous tricotez des roues de camion ? façon de dire "qu'est-ce que vous buvez !!!"
MP : Est-ce que tu as des regrets par rapport à ta carrière, si tu avais le pouvoir de tout recommencer, tu ferais la même chose ?
JM : Pas sûr que je fasse exactement la même chose même si l'expérience est utile mais qu'elle ne sert à rien.
Je garde beaucoup de considération pour la période BIJOU et les membres du groupe. Je sais maintenant que l'on peut aussi traverser une rivière de merde et en sortir lavé de tout et vu le nombre de mecs et de nanas qui crèvent la gueule ouverte dans ce métier, j'aurais une conscience de con à tenter d'identifier des regrets me concernant… sauf peut-être une période où trois accords basiques emballés dans 12 petites mesures ont révolutionné la musique, la vie était belle et pour moi BIJOU c'était "sex, drums et rock’n’roll". Je me plaindrai bien mais qui va me croire ? (rire)
MP : Quelle est ton actualité immédiate avec ton groupe ? Des concerts, je suppose ?
JM : Non, l'actualité est le tournage d'un "live" 3 titres, dont un nouveau. Début des hostilités début avril pour 2 semaines.
Nous avons été approchés par quelques tourneurs… Ça cause, ça cause, mais on ira pas jouer pour des cacahuètes… Comprendo !
MP : Ma toute dernière question, quelle est la question que tu aurais aimé que je te pose et que j'ai complètement zappée ?
JM : Est-ce que Belzébuth a quelque chose à voir avec le rock ? C'est une question posée à Jerry Lee Lewis qui a répondu : "Si le rock c'est la tentation, le péché et la luxure, alors oui."
MP : Merci Joe pour ta patience et ta bonne humeur, merci encore pour cette interview très sympathique !
JM : You're welcome l'ami !! Keep on rockin et vive le rock français !!
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Chronique de l'album "Rock Semper Fi":
L'ex-batteur de Bijou, le légendaire "Dynamite", n'a rien perdu de sa puissance de frappe, même s'il a aujourd'hui troqué ses baguettes pour une six-cordes et un micro.
Son premier EP sorti en 2023 donnait déjà le ton avec quatre morceaux de rock à la fois rugueux et élégants, mis en boîte entre la France et Waco (Texas). Quatre pépites à écouter en boucle, portées avec brio par Joe, superbement épaulé par Kanto el Magnifico à la basse et Chriss Linsar à la batterie.
Francerock70, Joe Marion et Lily Pardini ont le plaisir de vous proposer cet EP en téléchargement, cela vous donnera une petite idée de ce que distille l'ami Joe musicalement parlant, croyez moi vos oreilles vont frétiller de bonheur, car quand la musique est bonne c'est une évidence elle vient de Waco-city.
Maison de disque Rock Paradise Production Chriss Linsar
Que cela ne vous empêche pas par ailleurs d'acheter le disque disponible dans toutes les bonnes crèmeries (FNAC, Leclerc Culture, Cultura… et chez Rock Paradise).
Maintenant venons-en à ce nouvel album "Rock Semper Fi". Joe Marion prouve avec ce disque que le rock n'est pas une question d'âge, mais de tempérament.
Dès l'ouverture avec "Dans ma petite tête", le ton est donné : c'est du pub rock pur jus, nourri au Dr. Feelgood et aux racines texanes que Joe a ramenées de son exil à Waco. Pas de synthétiseurs, pas d'effets de manche inutiles. La production, signée par son batteur Chriss Linsar, est sèche, nerveuse et organique. On sent l'urgence du live dans chaque morceau.
L'album alterne entre brûlots énergiques et mid-tempos habités :
"Cocaine Blues" et "La reine du bar" nous plongent dans une ambiance de rade enfumé, portées par une rythmique implacable (merci à la basse de Kanto El Magnifico).
"Madame Claude" ou "Zippo Gun" rappellent la verve de l'époque Bijou (l'esprit de Rock à la radio n'est jamais loin), mais avec une maturité vocale plus profonde, presque rocailleuse.
Mention spéciale à l'harmonica de Dave "cool" Chalumeau qui vient colorer l'ensemble d'une touche bluesy authentique.
Verdict :
Rock Semper Fi ! (toujours fidèle, en référence à la devise des Marines) est l'album d'un homme qui ne triche pas. C'est un disque qui résonne comme un cri de ralliement pour tous les amoureux du rock français Canal historique.
Joe Marion ne se contente pas de revenir ; il s'impose comme le nouveau patron d'un rock sans fioritures.
Les disques de Joe Marion & Rockers sont disponibles directement à la vente sur Rock Paradise, vous pouvez avoir une dédicace, il faut juste le préciser. c'est ICI
Un grand MERCI à Joe Marion et à Lily Pardini pour leur gentillesse, pour les photos, pour avoir accepté la mise en téléchargement de l'EP sur Francerock70.
Merci également à jean-Luc Doucet du site France heavy Rock pour la photo de Pura Vida
France Heavy rock c'est génial et c'est ICI
En écoute : extrait de Rock Semper Fi ! "Chop ton wup."
Let's rock !
Mister Pat
Nier que Vannier est aussi inestimable que ceux qu’il a produit, c’est faire abstraction de centaines d’artistes – pour la plupart conventionnés – passés dans son studio.
Autodidacte avec un certain tact pour ce qui est de la théorie, maître en la matière sonore magnifiée depuis Brigitte Fontaine est folle à l'enfant, assassin des mouches, révélation qui sera la consécration conférant un statut culte jusqu’à une réédition récente sur l’emblématique label Finders Keepers.
Dans cet album pop, orchestral et spectral, Philippe Nils s’est éloigné – sur les conseils de son producteur – du classicisme de la chanson dans laquelle il empruntera le nom de Philippe Colson, le temps de deux 45 tours dont un avec Jean Musy.
Embarqué sur Barclay, pour une courte durée, le temps d’un disque et d'extirper quelques mots de sa besace, cet album éponyme est classifié dans la catégorie de rock psychédélique. Étrange, non ? Marqué par la génération de la variété, il en ressort des arrangements vertigineux (Building 2000) où les cuivres et les cordes s’entrelacent.
Titre en écoute : Fleur de désert
Aural Oddities
Bon, comme beaucoup de "jeunes" de ma génération, j'ai été intrigué par l'histoire d'un phoque déprimé qui se balade en plein New York… J'ai ainsi fait connaissance avec le groupe québécois, montréalais devrais-je dire, Beau dommage. Et après avoir mis l'oreille dedans, j'ai rien lâché.
Vous vous souvenez de l'époque des slows ? Faut que je répète ou tous les sonotones sont bien branchés avec des piles neuves ?
Sur leur album paru en 1975, "Où est passée la noce ?", figure la chanson "Heureusement qu'il y a la nuit", interprétée par Pierre Bertrand. Je vous épargne la narration de mes émois amoureux de mes 15 ans, ne voulant pas risquer de passer pour un couillon ou un ringard.
Ce qui m'a touché, c'est le timbre de voix de Pierre Bertrand et même si je suis plus sensible à l'écriture de Michel Rivard (la complainte du phoque, c'est lui. Entre autres), j'ai un faible pour la musicalité de celle de Pierre.
Depuis la séparation de Beau dommage, chacun a volé de ses propres ailes, avec plus ou moins de bonheur et de succès. Celui qui a le plus cartonné, c'est bien entendu Rivard, qui a fêté ses 50 ans de carrière en 2023 avec le spectacle "Le tour du bloc", mais, même si sa production a été plus confidentielle, Pierre Bertrand a publié 3 albums et une compilation en 1996 que je vous propose aujourd'hui. C'est plaisant à écouter, ça n'atteint pas des sommets néanmoins.
En tout cas, comme il le dit : "Ça c'est moi" (titre de la compilation).
En octobre 2025, Pierre Bertrand a révélé qu’il avait combattu un cancer dont il est guéri aujourd’hui. Il souffre néanmoins de problèmes aux reins qui nécessitent trois dialyses par semaine.
Mais malgré ces soucis, il a affirmé être très heureux d’être en vie et continue à faire de la musique pour le plaisir.
Un grand merci à Headlift (Hervé) qui m'a dégoté cette compilation.
Morceau en écoute : Méo Penché
par Philou
Soir de concert, Les Fils de Joie et The Janas's au Petit Bain à Paris le 19/12/2025
Une fois n'est pas coutume, mais je m'offre mon cadeau de Noël six jours avant l'arrivée du bonhomme ventripotent, Effectivement, le 19/12/2025, j'ai rendez-vous avec un groupe toulousain qui marque ma jeunesse : Les Fils de Joie.
L'histoire qui me rattache à eux est assez ancienne puisqu'elle remonte au mois de septembre 1979 quand je les vois à Colomiers (banlieue de Toulouse). De ce concert, ou plutôt de l'avant-concert, il reste quelques images tremblotantes filmées avec la caméra Super 8 que j'emprunte ce jour-là à mon père. On les retrouve dans ce clip réalisé par le groupe en 2022.
Mon deuxième rendez-vous avec les Fils de Joie a pour cadre le festival Graffiti Rock à Tours en février 1985 puisque j'y enregistre une grande partie de leur passage que j'ai mis sur YouTube.
Et voilà que 40 ans après je m'apprête à célébrer des retrouvailles avec ce groupe issu de la vague punk qui déferle sur la ville rose à la charnière des années 70 et 80, Les membres d'origine, connus d'abord sous le nom de Fly Killers, s'adonnent à l'époque à des reprises des Ramones. Par la suite le répertoire évolue ainsi que le nom puisqu'il est décidé, à l'instar des faux frères Ramones, qu'ils adoptent tous le patronyme de Joie. Ainsi naissent Les Fils de Joie.
Durant l'année 1985-1986, après trois 45 T et une participation à la compilation « Éphémère compilation volume 1 » sortie par la radio toulousaine FMR (chronique à lireICI), le groupe se sépare et s'endort pour un long sommeil uniquement troublé par deux apparitions remarquées dans les compilations « Des jeunes gens modernes » en 2009 et 2015.
Ce long sommeil prend fin en 2020 quand Olivier de Joie (le chanteur) décide de réveiller la belle au bois rockant. Ce sont d'abord la parution de deux compilations (uniquement numériques) : « Arrête ça c'est trop bon » (10 titres couvrant la période 1979-1982) et « Anthologie des idées noires » (13 titres couvrant la période 1982-1985).
En 2023 paraît l'album « Nous ne dansons plus la nuit » sur le label Pop Sister Records comprenant des titres emblématiques. Dans la foulée, Les Fils donnent quelques concerts pour célébrer cette sortie. On retrouve des extraits de ceux-ci sur le double album live « Les Fils de Joie en public » édité par le label Twisted Soul Records en 2025. On y trouve 22 titres, issus des prestations de La Dame de Canton à Paris (24/11/2023), du Floride de Nantes (09/06/2024) et de la Fête de l'Humanité à La Courneuve (16/09/2025).
Par ailleurs Olivier de Joie me fait part d'un projet commun avec Les Calamités à Paris fin décembre 2025. Ce serait, en quelque sorte, la célébration du quarantième anniversaire du concert que ces deux groupes donnent ensemble le 30/04/1985 lors de la Nuit du Rock à l'École centrale de Châtenay-Malabry.
Malheureusement ces retrouvailles n'ont pas lieu. Les Calamités n'étant pas disponibles pour ce 19/12/2025. Elles sont remplacées par The Jana's de Marseille. Ce groupe comprend Daniel Sani (alias Dan Imposter, guitariste très classe qui me rappelle Vincent Palmer de Bijou), Jana (chanteuse originaire des Philippines), Fred Vaillant (basse) et Jean-Michel Gambino (batterie).
C'est donc à l'invitation des Fils de Joie que je me retrouve ce 19/12 au pied de la péniche café-concert Le Petit Bain dans le 13ᵉ arrondissement à Paris. L'environnement est assez majestueux puisqu'il est dominé par les quatre tours de la Bibliothèque nationale de France figurant quatre livres ouverts. Je monte à bord au moment de la balance des Jana's, balance qui laisse bien augurer de ce que va être leur set.
Pour cette date parisienne, les Fils de Joie sont six, de gauche à droite sur la photo ci-dessous : Guillaume Thiburs (batterie), Jean-Marc Leclercq (basse), Fred Damiens (saxophone), Charles Ash (guitare), Olivier de Joie (chant, guitare) et Stéphan Bertholio (claviers).
Un petit tour dans la loge du groupe me permet de faire la connaissance d'une partie de l'équipe avant que je ne file dans la salle me trouver une bonne place.
The Jana's attaquent bille en tête un répertoire mêlant leurs propres titres et des reprises dont « Baby Please Don't Go », « Dirty Water », « Good Lovin' », « Cherry Bomb » (explosif duo entre Jana et Alicia Fiorucci, invitée de marque) et « Fire » (également en duo avec Alicia Fiorucci). Cerise sur le gâteau des reprises, on a droit à « Pas la peine », hommage aux grandes absentes de la soirée, Les Calamités, et gros succès pour The Jana's.
Mais il est temps de passer au plat principal de ce dîner de fêtes, à savoir les Fils de Joie. La sélection de 20 titres (voir setlist ci-dessous) fait un répertoire très homogène alternant les « historiques » des années 80, des plus récents et d'autres devant se trouver sur l'album prévu pour 2026.
La salle (très) bien remplie par environ 350 personnes tous âges mêlés (pour une jauge maximum de 400) répond au quart de tour. C'est une bonne surprise pour moi de constater qu'il n'y a pas que des sexagénaires, des beaucoup plus jeunes sont là et ils ne sont pas les derniers à connaître les paroles et à les entonner à pleins poumons. Je ne suis pas venu pour ça mais j'aurais bien fait une étude sociologique sur les motivations de ces spectateurs qui étaient loin d'être nés quand les Fils de Joie poussaient leurs premiers vagissements. En tout cas, personnellement, je bois du petit lait.
Pour rappel, Les Fils interprètent « Adieu Paris » (tube désabusé et inoxydable se trouvant sur un 45 T autoproduit en 1982) et « Le Bon Dieu n'a pas voulu de moi » (la chanson d'un survivant de la vie enregistrée en 1986 avec laquelle ils terminent quasiment tous leurs concerts). La version proposée dans cette vidéo est enregistrée le 24/11/2023 sur une authentique jonque chinoise, La Dame de Canton, amarrée juste à côté du Petit Bain.
Après le concert vient le moment de l'after où je profite de la présence d'une grosse colonie de Toulousains de Paris pour mettre enfin des visages sur des noms avec qui j'échange virtuellement dans le cadre de la résurgence des archives du rock de la ville rose.
Voilà, la boucle est bouclée. En attendant la sortie d'un album prévu en 2026, je me dis que, 40 ans après, Les Fils de Joie réalisent enfin la carrière qui aurait dû être la leur après la séparation en 1986. Je pense (mais ça n'engage que moi) qu'après toutes ces années nous danserions encore la nuit à l'écoute de leurs titres.
On peut toujours rêver… Merci Les Fils de Joie…
PS : le concert ayant été filmé dans son intégralité, la vidéo correspondante ne devrait pas tarder à sortir. Affaire à suivre donc.
par Jeremy braGxon