Chapitre VI Les éléments constitutifs du réseau
Introduction :
Le réseau d’assainissement a pour but la collecte des eaux usées et pluviales, et par
conséquent la protection du milieu naturel.
Afin d’accomplir au mieux ses objectifs, le réseau d’assainissement se compose de
plusieurs ouvrages dont on distingue :
- Les ouvrages principaux : constituant l’ensemble du réseau depuis l’entrée de l’effluent
jusqu'à sa sortie vers la station d’épuration.
- Les ouvrages annexes : qui comprennent toutes les installations menant à une
exploitation rationnelle du réseau tels : les regards, les bouches d’égout, les déversoirs
d’orages, …etc.
I. Les ouvrages principaux :
Les ouvrages principaux représentent tous les éléments nécessaires à l’évacuation de
l’effluent hors du réseau d’assainissement, entre autres les canalisations et les joints.
I.1. Les canalisations :
Ce sont les éléments principaux du système d’évacuation, présentés sous diverses
formes :
- Les conduites circulaires : définies par leurs diamètres nominaux en mm.
- Les conduites ovoïdes : désignées par leurs hauteurs intérieures en cm.
I.2. Formes et sections de conduites :
• Conduites circulaires : Les conduites circulaires sont utilisées pour les faibles sections
par rapport aux autres formes.
• Conduites ovoïdes : Ces conduites sont utilisées pour remplacer les conduites
circulaires de diamètre supérieur à 800 mm généralement, et cela afin d’éviter le
problème d’auto curage.
I.3. Critères du choix de conduite :
Pour faire le choix des différents types de conduite, on doit tenir compte :
- Des pentes du terrain.
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- Des diamètres utilisés.
- De la nature du sol traversé.
- De la nature chimique des eaux usées.
- Des efforts extérieurs dus au remblai.
I.4. Types de matériaux :
I.4.1. Conduite en fonte :
La particularité de ce type de conduite, réside dans leur composition à base de fonte,
ce qui les rends inoxydables et solides, et par conséquent s’imposent à titre de sécurité. Elles
sont utilisées généralement au niveau des raffineries de pétrole pour évacuer les eaux usées
industrielles.
I.4.2. Conduite en amiante ciment :
Ce sont des conduites munies d’un revêtement intérieur de la paroi à base d’enduit
antiacide. Les diamètres couramment utilisés varient de 80 à 500 mm et Les longueurs utiles
varient de 0.5 à 5 m.
❖ Joints :
Pour assembler ces types de conduites, on utilise les joints sans emboitement. On
distingue :
- Le joint « Everitube »
- Le joint « Eternit », fabriqué pour l’assemblage des conduites à bout lisses.
Figure VI-1 : Joints sur tuyaux en amiante ciment
I.4.3. Conduite en grés :
Les conduites en grés sont caractérisées par une très grande dureté, et une excellente
résistance aux agressions chimiques ou climatiques. Cette résistance est obtenue grâce à une
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cuisson à une température supérieure à 1 200 °C. Ces conduites sont livrables en longueur
utiles de 1.0m, 1.5m et 2.0m.
❖ Joints :
L’assemblage de ces conduites s’effectue par trois sortes de joints :
- Joints au mortier de ciment.
- Joints avec corde goudronnée et mortier de ciment
- Joints à double anneaux.
Figure VI-2 : Joints sur tuyau en grès
I.4.4. Conduite en matière plastique :
Les conduites en plastique sont résistantes à la corrosion, inertes et stables vis-à-vis de
nombreux réactifs chimiques. On peut distinguer :
- Les conduites en matières thermodurcissables.
- Les conduites en matières thermoplastiques.
❖ Joints : Ces conduites peuvent être assemblées soit par collage, soit par bagues
d’étanchéité.
Pour notre projet, nous avons choisi des conduites en PVC pour le réseau des eaux usées,
vu ses avantages cités au-dessus.
I.4.5. Conduite en béton armé :
❖ Nature du matériau :
L’armature formant la conduite en béton armé se compose de :
- Génératrices disposées en parallèle le long de la canalisation.
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- Cercles disposés de telle façon à former les grilles avec les génératrices.
❖ Fabrication :
On dispose de trois procédés de fabrication :
• La vibration : les conduites vibrées sont fabriquées à l’aide de trois dispositifs :
- Vibrateurs fixe ou mobiles.
- Table vibrante.
- Noyau vibrant.
• La centrifugation : permet le coulage du béton en présence d’armatures, dans un
moule animé d’une vitesse de rotation variable.
• Le compactage : les conduites compactées ne sont généralement pas armées, pour un
diamètre de 100 à 1200 mm.
❖ Joints :
Afin d’assembler les conduites en béton armé ou non armé, on a cinq types de joints :
- Joint type Rocla.
- Joint torique.
- Joint à 1/2 emboitement.
- Joint à coller.
- Joint plastique.
Figure VI-3 : Joints sur tuyaux en béton
Pour notre projet, nous avons choisi ce type pour les conduites des réseaux pluviaux, vu
les avantages qu’elles présentent :
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- Bonne étanchéité.
- Bonne résistance mécanique.
- Bonne stabilité dans les tranchées.
- Pose et assemblage facile.
- Disponibilité sur le marché national.
I.5. Les essais de conduites préfabriqués :
Pour assurer le bon fonctionnement des conduites préfabriquées, de nombreux essais
s’imposent notamment les essais à l’écrasement, à l’étanchéité, et à la corrosion.
I.5.1. Essai à l’écrasement :
L’essai à l’écrasement se fait par presse automatique avec enregistrement des efforts,
ils doivent être répartis uniformément sur la génératrice supérieure de la conduite.
I.5.2. Essai d’étanchéité :
L’essai d’étanchéité est obligatoire à l’usine et sur chantier.
• A l’usine : La conduite est maintenue debout (béton) remplie d’eau, la diminution du
niveau de ce dernier, ne doit pas dépasser 2 cm en 24 heures.
• Sur chantier : Un des trois essais peut être envisagé :
- L’essai à l’eau.
- L’essai à la fumée.
- L’essai à l’air sous pression.
I.5.3. Essai de corrosion (chimique) :
Les conduites en béton ou en amiante ciment, sont les plus gravement corrodées par
l’hydrogène sulfuré (H2S) produit par les fermentations anaérobies. Le développement de
bactéries, qui amorcent la formation d’acide sulfurique, entraine une baisse du pH superficiel
du béton suite au lessivage de la chaux en excès et à la carbonatation de la surface par le gaz
carbonique. Celle-ci permet le développement rapide de bactéries acidophiles et
s’accompagnent de la progression du processus de corrosion vers l’intérieur du béton.
L'épreuve de corrosion se fait par l’addition de différents acides (acide chlorhydrique,
acide nitrique, acide sulfurique …). Après un lavage à l'eau douce et un séchage à l'étuve, on
pèse l’échantillon. Les surfaces de la paroi interne ne doivent pas être altérées.
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I.6. Les remèdes :
Les remèdes qu’il est possible de proposer pour lutter contre l’action des sulfures sont
de deux natures :
- Remèdes hydrauliques.
- Remèdes Chimiques.
I.7. Pose de canalisation :
I.7.1. Les conditions de pose :
Les principales conditions exigées lors de la pose des canalisations, sont les
suivantes :
- La canalisation doit être enterrée sous une couverture d’au moins 80 cm au départ.
- Il ne faut pas en effet que la conduite soit déformée par la surcharge de terre ou le
passage de charges.
- Les canalisations d’eau usée et pluviale sont souvent posées en parallèles dans la
même tranchée, mais elles sont décalées de 30 à 40 cm.
- Il est conseillé de placer le réseau d’eau pluviale au-dessus du réseau d’eaux vannes
dans le cas où ils sont voisins.
I.7.2. Les modes de pose :
Le mode de pose des canalisations diffère selon la nature du terrain.
❖ Terrain ordinaire :
Dans ce type de terrain, la canalisation doit être posée sur un lit de sable réalisé sur
un fond exempt de massifs durs, avec des joints confectionnés avec soins conformément aux
prescriptions des Fabricants de conduites.
Figure VI-4 : Pose de canalisation sur un terrain ordinaire
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❖ Mauvais terrain :
Dans les terrains peu consistants, la canalisation doit reposer sur deux briques posées
au fond et le vide sera rempli de sable.
Figure VI-5 : Pose de canalisation sur un mauvais terrain
❖ Terrain très mauvais :
Dans ce type de terrain une dalle en béton préfabriqué doit être envisagé au fond de la
tranchée.
Figure VI-6 : Pose de canalisation sur un terrain très mauvais
II. Les ouvrages annexes :
Les ouvrages annexes participent au réseau au même titre que les canalisations et
notamment dans l’exploitation. Les ouvrages Annexes sont à considérés selon deux types
distincts :
- Les ouvrages normaux.
- Les ouvrages spéciaux.
II.1. Les ouvrages normaux :
Les ouvrages normaux, sont les ouvrages courants, qui sont indispensable en amont
ou au cours des réseaux, ils assurent généralement la fonction recette des effluents.
On les divise en trois catégories :
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II.1.1. Les branchements particuliers :
Ce sont des ouvrages qui doivent assurer une meilleure hygiène pour l’habitation. Ces
branchements doivent être équipés de dispositifs étanches et de canalisation capable de
résister à la pression, résultant de la dénivellation mesurée depuis le niveau de la voie
publique.
45°à60°
Figure VI-7 : Exemple d'un branchement simple
II.1.2. Les bouches d’égout :
Les bouches d’égout, appelés aussi regard de chaussée, sont des ouvrages à vocation
prioritairement utilitaire et sécuritaire ; il s’agit de limiter et d’absorber les eaux de surfaces
(Les eaux pluviales et les eaux de lavages).
Elles sont utilisées aux points bas des caniveaux, soit dans le trottoir (absorption par
le bas), soit dans la chaussée (absorption par le haut).
On peut classer les bouches d’égout selon le recueille des eaux, en cinq types :
- Les bouches d’égout avec grille et couronnement métallique : Ce type de bouche
d’égout, permet l’entrée des eaux dans le réseau, soit au moyen d’un siphon, soit
directement par sur verse au-dessus du seuil du puisard de décantation.
- Les bouches d’égout avec bavette en pierre ou en béton et couronnement
métallique : Afin d’évacuer l’eau, un entonnoir est prolongé par une jupe dont la base
doit plonger au moins à 0,05 m au-dessous du niveau permanent du puisard de
décantation.
- Les bouches d’égout avec bavette et couronnement en pierres ou en béton : Ce
type est une variante applicable aux deux types précédents.
- Les bouches d’égout à avaloir métallique grille et couronnement combiné : Elles
sont comme les précédentes, la seule particularité repose dans le fait que le dispositif
métallique supérieur s’emboîte directement sur l’arase supérieure de la cheminée.
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- La bouche d’égout à grille seule : Les bouches d’égout à grille seule, s’emboîtent
directement sur l’arase supérieure de la cheminée.
couronnement
Avaloir
bavette
Support
de bavette
I = 10%
Figure VI-8 : Exemple d’une bouche d’égout sans décantation
FigureVII.3.Exemple d'une bouche d'égout sans décantation
II.1.3. Les regards :
Les regards sont des dispositifs donnants accès à l’ensemble du système
d’assainissement, et à cet effet, permettent de contrôler et d’entretenir ce dernier plus
facilement.
Figure VI-9 : Exemple d’un regard simple
❖ Fonctions :
Dans le système d’assainissement le regard a quatre fonctions principales, il permet
de :
- Réaliser des coudes de 90 degrés (au niveau de la canalisation).
- Insérer des accessoires de nettoyage à tout moment.
- Contrôler toutes les parties composantes du dispositif d’assainissement.
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- Surveiller et entretenir l’ensemble du système d’assainissement.
❖ Emplacement :
Un regard doit être installé sur les canalisations :
- A tous les points de jonctions.
- Au changement de direction.
- Au changement de pente de canaux.
- Aux points de chute.
❖ Types de regads :
Les types de regards varient en fonction de l’encombrement et de la pente du terrain,
ainsi que du système d’évacuation, donc on distingue :
• Regard de visite : Ces regards sont destinés à l’entretien courant, et le curage régulier
des canalisations, tout en assurant une bonne ventilation de ces dernières.L’intervalle
d’espacement est de 35 à 80m.
• Regard de ventilation : La présence d’air dans les égouts, est la meilleure garantie
contre la fermentation et la production du sulfure d’hydrogène.
• Regard de jonction : Ils servent à unir deux collecteurs de même ou de différentes
sections, ils sont construits de telle manière à avoir :
- Une bonne aération des collecteurs en jonction (regard).
- Les dénivelées entre les radiers des collecteurs.
- Une absence de reflux d’eau par temps sec.
- Les niveaux d’eau des conduites doivent être à la même hauteur.
• Regard de chute : C’est l’ouvrage le plus répondu en assainissement, il permet
d’obtenir une dissipation d’énergie en partie localisée, il est très utilisé dans le cas où
le terrain d’une agglomération est trop accidenté. Ils sont généralement utilisés pour la
chute verticale et la chute toboggan.
II.2. Les ouvrages spéciaux :
Ces ouvrages ne sont pas systématiquement obligatoires dans le concept général
du réseau. Mais dans certains cas, leur présence s’avère indispensable tel le déversoir
d’orage.
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Conclusion :
Afin d’assurer un bon fonctionnement du système d’évacuation des eaux usées et
pluviales, il est nécessaire de faire un bon choix en matière de canalisation et de joint.
Concernant notre projet, on a opté pour des conduites en béton armé pour les
réseaux des eaux pluviales et en PVC pour les canalisations des eaux usées.
De plus, pour une exploitation rationnelle de ce réseau d’assainissement, pour
faciliter les opérations de curage et enfin pour éviter quelques problèmes techniques tels
l’obscuration, on doit projeter des ouvrages annexes qui seront convenablement
dimensionnés. Cependant, la présence de ces ouvrages s’avère inutile dans notre projet,
car le système que nous avons choisi est un système séparatif.
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