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@20120410 NP Eem Emp-50-653 Base-Documentaire-Tactique

Ce document présente une lettre d'approbation et un sommaire détaillé des différentes sections concernant l'organisation et le fonctionnement de l'armée de terre. Il couvre des sujets variés tels que le commandement, le renseignement, la logistique, et les opérations spéciales. Chaque section est structurée pour fournir des informations essentielles sur les procédures et les méthodes opérationnelles.

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Lettre d’approbation

SOMMAIRE
LETTRE D’APPROBATION 2
SOMMAIRE 3

ORGANISATION DE L'ARMÉE DE TERRE 9


LES ÉLÉMENTS GÉNÉRAUX 10
1. Le contrat opérationnel « cible 2015 » 10
2. Les chaînes de commandement 14
3. Les autres chaînes 18
4. Les unités stationnées outre-mer et à l’étranger 20

FONCTION COMMANDEMENT 21
DÉFINITIONS ET ORGANISATION DU COMMANDEMENT 24
1. Définitions 25
2. Organisation 28
3. Principes d’organisation générale du contrôle national France 30
GÉNÉRALITÉS SUR LE PROCESSUS DÉCISIONNEL 32
1. Le processus décisionnel et de planification au niveau national 33
2. Constitution et projection d’une force terrestre 35
LA METHODE D’ELABORATION D’UNE DECISION OPERATIONNELLE
(MEDO) 42
1. Présentation de la méthode 43
2. Phase préalable : mise dans l’ambiance 49
3. Première phase : analyse et synthèse 50
4. Deuxième phase : élaboration de la manœuvre 64
ÉLABORATION DES ORDRES 73
1. Le processus 74
2. Éléments généraux de rédaction des ordres 83
3. Conception de la manœuvre 87
4. Les ordres 111

LA BRIGADE INTERARMES 163


GÉNÉRALITÉS 164
1. Le combat de la brigade 164
2. Modes tactiques et normes moyennes d’engagement 165
3. Les autre modes tactiques d’engagement 166
4. Détail des actions préliminaires et des actions de relève 167
LE SYSTÈME DE COMMANDEMENT DE LA BRIGADE 170
1. Les systèmes de PC de la BIA 170
2. Le commandement de la brigade 171
3. Le processus décisionnel de la brigade 173
4. L’appui au commandement de la BIA 174
LA BASCULE DES PC 178
1. Généralités 178
2. Organisation 178
3. Procédure de bascule avec le SICF 179
4. Relève par bordée 179
FONCTION COORDINATION 180
1. Chef d'état-major 180
2. Chef de CO 181
3. Cellule CTM (centre traitement des messages) 183
FONCTION MANOEUVRE 184
1. Cellule manœuvre future 184
2. Cellule situation – synthèse 185
3. Cellule conduite 186
FONCTION RENSEIGNEMENT 189
1. Bureau renseignement – cellule commandement 189
2. Bureau renseignement – cellule recherche 190
3. Bureau renseignement – cellule conduite 191
4. Bureau renseignement – cellule exploitation 192
FONCTION 2E DIMENSION 193
1. Cellule 2D – commandement 2D 193
2. Cellule 2D – sous-cellule génie / NRBC 194
3. Cellule 2D – sous-cellule gestion espace / mouvements / météo 196
FONCTION APPUIS 3D 198
1. Cellule 3D – commandement 3D 198
2. Cellule 3D – sous-cellule artillerie sol-sol 198
3. Cellule 3D – sous-cellule artillerie sol-air 199
4. Cellule 3D – sous-cellule appui aérien 200
5. Cellule 3D – sous-cellule ALAT 201
FONCTION 4D 202
1. Composition Cellule 4D 202
2. Rôle du COMSIC 202
3. Correspondants 204
FONCTION SOUTIEN – LOGISTIQUE 205
1. Logistique – commandement 205
2. Logistique – cellule personnels – effectifs 206
3. Logistique – cellule logistique opérationnelle 207
FONCTION ACTIONS CIVILO-MILITAIRES 209
1. Chef de cellule 209
2. Cellule infrastructure 209
FONCTION COMMUNICATION – MEDIAS 210
1. Cellule communication-medias 210
2. Domaines d'action 210
3. Tâches 210
FONCTION DÉTACHEMENT DE LIAISON 211
1. Documents à détenir 211
2. Mission 211
3. Inventaire des tâches 211
4. Correspondants 211

RENSEIGNEMENT 212
LE RENSEIGNEMENT D’INTÉRÊT MILITAIRE 213
1. Définition du renseignement 213
2. Typologie du renseignement selon les modes d’acquisition 215
LE CYCLE DU RENSEIGNEMENT 216
LES ZONES DU RENSEIGNEMENT 219
LA PRÉPARATION RENSEIGNEMENT DE L’ESPACE DES OPÉRATIONS 220
1. Étape 1 : analyse / synthèse 220
2. Étape 2 : élaboration de la manœuvre 227
3. Étape 3 : orientation de la recherche 229
LES MOYENS DU RENSEIGNEMENT 230
1. L’organisation du renseignement en France 230
2. La chaîne du renseignement militaire 231
3. Les moyens RENS des différents niveaux de commandement 231
4. La brigade de renseignement (BR) 233
L’ESCADRON D’ECLAIRAGE ET D’INVESTIGATION 236
1. L’escadron organique et l’escadron renforcé 236
2. Cadre d’emploi 240
3. Principes d’emploi 243
4. Missions 246
5. Principaux modes d’action 248
LA BATTERIE DE RENSEIGNEMENT DE BRIGADE (BRB) 250
1. La BRB au sein de la BIA 250
2. Composition de la BRB 251
3. Les modes d’action (multi-capteurs) 256

CONTACT 258
LE GTIA GÉNÉRIQUE 259
1. Généralités 259
2. La maîtrise de la manœuvre 262
3. Le PC de GTIA 262
LE GTIA À DOMINANTE INFANTERIE 267
1. Le combat de l'infanterie 267
2. Constitution du GTIA infanterie 269
3. Emploi du GTIA infanterie 272
LE GTIA À DOMINANTE BLINDÉ 284
1. Le combat des blindés 284
2. Constitution d’un GTIA blindé 286
3. Emploi du GTIA blindé 289
L’AÉROCOMBAT 295
1. Concept d’emploi des hélicoptères 295
2. L’organisation de l’ALAT 299
3. Le combat du groupement aéromobile 304
4. Le combat du sous groupement aéromobile 307
5. Normes moyennes d’engagement 309

APPUI 313
GENIE 314
1. L’appui au combat des unités du génie 314
2. Les franchissements 340
3. Le bréchage 348
4. L’aide au déploiement par les unités du génie 350
5. Eléments de doctrine de l’armée de terre sur la lutte contre les engins explosifs
improvisés / Improvised Explosive Devices (IED) 352
FEUX INDIRECTS 356
1. Les missions de l’artillerie sol-sol 356
2. Emploi de l’artillerie sol-sol 357
3. Organisation paix/guerre de l’artillerie sol-sol 364
4. La manœuvre de l'artillerie 371
5. Rôle de l’artillerie d’appui direct, GTA au profit de la BIA 377
DEFENSE SOL – AIR 379
1. La menace aérienne 379
2. La défense anti-aérienne 380
3. la coordination dans la 3ème dimension 387
LA GUERRE ÉLECTRONIQUE 401
1. L'environnement électromagnétique comme environnement opérationnel 401
2. Les unités de guerre électronique 405
ENCART APPUI AÉRIEN 406
1. Généralités 406
2. Organisation du commandement 406
3. Acteurs terrestres de l’appui aérien centré sur le feu du niveau BIA jusqu’au niveau
SGTIA 407
4. Contrôle des missions CAS 407

ACTIONS SUR LES PERCEPTIONS ET L’ENVIRONNEMENT


OPERATIONNEL (APEO) 409
GENERALITES 410
LES ACTIONS SUR LES PERCEPTIONS ET L’ENVIRONNEMENT
OPERATIONNEL 412
1. Définition 412
2. Entités visées 413
3. Objectifs 414
4. Principes 415
5. Procédés 415
6. Organisation 416
7. Mise en œuvre des APEO 418
LA COOPERATION CIVILO-MILITAIRE 420
1. Présentation 420
2. Les définitions et champ d’application de la coopération civilo-militaire 420
3. Les principes 421
4. La doctrine 421
5. La conduite de la coopération civilo-militaire 423
6. Les activités similaires à la CIMIC 424
LES OPERATIONS MILITAIRES D’INFLUENCE 425
1. Définition 425
2. Finalités 425
3. Responsabilités et principes 426
4. Relations entre les OMI et les autres fonctions opérationnelles 427
5. Les opérations contre les OMI adverses (contre-OMI) 429
6. Organisation 430
7. Fonctions et organisation générique d’une structure OMI 433
8. La chaîne de validation 434
9. Les moyens OMI 435
10. Analyse des info-cibles 437
11. Planification des OMI 438
LA COMMUNICATION OPERATIONNELLE 441
1. Définition et finalités 441
2. Domaines de la COMOPS 442
3. Les publics-cibles 444
4. Responsabilités et principes 444
5. Organisation 445

APPUI A L’ENGAGEMENT 451


L’APPUI MOUVEMENT 452
1. Cadre d’emploi des unités d’appui aux mouvements 452
2. Les unités de circulation routière 452
3. Missions des unités d’appui mouvement 453
4. Capacités des unités de circulation 455
APPUI MOBILITÉ DES BLINDES 457
1. Cadre d’emploi 457
2. Mission d’appui à la mobilité des blindés 457
3. Emploi des unités l‘appui à la mobilité 458
4. Capacité d’un escadron de transport blindé 459
LA DÉFENSE NRBC 460
1. L’emploi de la défense NRBC 460
2. Rôle, organisation et mise en œuvre de la défense NRBC en opérations 462
3. La défense NRBC TTA et spécialisée 466
4. La décontamination 476
5. Les dangers et les effets 482
6. Les niveaux de protection 490
7. Les risques « technologiques » industriels 491

SOUTIEN 493
SOUTIEN D’UNE OPÉRATION 495
1. Soutien logistique du combat 495
2. Logistique stratégique 495
3. Logistique tactique 499
4. Déploiement logistique possible 499
LES ZONES LOGISTIQUES ET LE SOUTIEN TRANSPORT RAVITAILLEMENT500
1. L’armement des zones logistiques 500
2. La base logistique interarmées de théâtre (BLIAT) 501
3. La base logistique terrestre 501
4. La base logistique divisionnaire 502
LE SOUTIEN MAINTENANCE 531
1. Les approvisionnements en zone divisionnaire 531
2. Le régiment de maintenance divisionnaire 532
3. Capacités des unités de maintenance 532
LE SOUTIEN SANTÉ 534
1. Échelonnement des moyens sur le théâtre 534
2. Fonctionnement de la chaîne santé 534
3. Capacités des unités santé 537
4. Composition du bataillon médical 538
LE SOUTIEN DE L’HOMME 539
1. Organisation du commissariat de l’armée de Terre 539
2. La logistique de l’homme 539
3. Données numériques 539
LE SOUTIEN PÉTROLIER 543
1. Les fonctions 543
2. Le soutien pétrolier en opération 543
3. Le soutien pétrolier en temps de paix 544
LOGISTIQUE OTAN 546
1. Les principes de base de la logistique de l'OTAN 546
2. La « redistribution » 546
3. Les échelons médicaux de la chaîne de santé OTAN 547
4. Les différents niveaux de la maintenance dans l'OTAN 547

LES OPÉRATIONS SPÉCIALES 551


LE COMMANDEMENT DES OPÉRATIONS SPÉCIALES 552
UNITÉS DU PREMIER CERCLE 553
1. L’armée de Terre 553
2. La Marine nationale 553
3. L’armée de l’Air 553
CARACTÉRISTIQUES DES OPÉRATIONS 554
EMPLOI 555
1. Assistance militaire à l’étranger 555
2. Actions d’environnement 555
3. Appui opérationnel 555
4. Actions spécialisées 555

GLOSSAIRE ET SYMBOLOGIE 557


VOCABULAIRE MILITAIRE 558
SYMBOLOGIE 567
1. Normes et principes 567
2. Élaboration d'un symbole à icônes multiples 570
3. Hiérarchisation des options d'affichage de symboles 575
4. Indicateur d'indétermination 576
5. Données propres aux exercices 576
6. Taille des symboles 577
LES REPRÉSENTATIONS GRAPHIQUES 582
1. Généralités 582
2. Normes et principes 583
3. Représentation des lignes et des limites 585
4. Représentation des points et des zones 587
5. Représentation des missions, des manœuvres et des situations 589
CATALOGUE DE SIGLES 595
ORGANISATION DE
L'ARMÉE DE TERRE

9
LES ÉLÉMENTS GÉNÉRAUX

1. Le contrat opérationnel « cible 2015 »


A l’horizon 2015, la force opérationnelle terrestre comprendra 88 000 hommes. Son contrat
opérationnel est désormais le suivant :
- une projection à distance (jusqu’à 8 000 km) de 30 000 hommes déployables en six mois et pour
une durée d’un an dans un engagement majeur multinational ;
- un dispositif d’alerte permanent de 5 000 hommes ;
- une capacité mobilisable de 10 000 hommes en cas de crise majeure sur le territoire national, en
appui du dispositif de sécurité intérieure et des autorités civiles, avec pour missions premières : la
sécurité des points d’importance vitale, celle des flux terrestres essentiels pour la vie du pays et le
contrôle de l’accès au territoire ;
- un dispositif de prévention hors du territoire national concentré sur deux points d’appui en Afrique
et un dans le Golfe arabo-persique ;
- des forces de souveraineté maintenues en Guyane, à la Réunion et en Nouvelle-Calédonie pour
disposer d’une capacité régionale de projection en cas de crise.

SIMULTANEMENT
Participation à la Maintien capacité
protection du TN Engagement action et réaction
multinational majeur autonome

PROTECTION
INTERVENTION INTERVENTION
VOL : 10 000 h
En quelques jours
VOL : 30 000 h VOL : 5 000 h
Renfort du
En six mois, engagement 1 an sans Délais réduits
dispositif sécurité
renouvellement
publique et civile
Théâtre distant de 7000 à 8000 km

XX XX +X X
X X
CRR DIV BIA X MN
BIA MN
PREVENTION BIA PREVENTION
LCC / CA

1 point d’appui Présence DOM-


par façade OU OPEX COM
africaine Forces de théâtre
1 ou plusieurs En dehors engagement concentrées sur
point(s) d’appui opération majeure, plusieurs Guyane, Réunion,
Golfe Arabo- opérations de stabilisation et de Nouvelle-
persique maintien de la paix (≈ 10 000 h) Calédonie

10
1.1 Le schéma d’organisation

CEMA

INTERARMEES
CEMAT

COMIAS / CPCS
IAT

EMAT

COMLE STAT

COMALAT CDEF

CRRE EUROFOR CFT DRHAT EMSD / EMIAZD

EM CRR
BFA FR

CPF COMBdD/DMD

EM Force BIA BS
X2 x8 x3
GSBdD

Régiments

Organique fonctionnel (à vocation


Organismes
opérationnelle)
de formation
Organique fonctionnel
Organique soutien

11
12
13
2. Les chaînes de commandement
2.1 La chaîne de commandement intermédiaire
er
La chaîne de commandement régionale Terre a été remplacée depuis le 1 janvier 2011 par une
chaîne de commandement intermédiaire, armée par des états-majors de soutien défense (EMSD) à
vocation interarmées et directement subordonnés à l’EMA. Ceux-ci coordonnent l’ensemble des
directions de service et appuient les commandants de bases de défense dans l’exercice de leurs
responsabilités.

EMSD EMSD
EMSD EMSD EMSD
NORD EST Ile de France
SUD EST NORD OUEST SUD OUEST
(ex-RTNE) + (ex-RTIDF)+
(ex-RTSE) (ex-RTNO) (ex-RTSO)
FFSA CORTOME
Implantation Le niveau intermédiaire
de l’état- ST GERMAIN
major
METZ LE SOUTIEN
LYON INTERARMEES
RENNES BORDEAUX
EN LAYE

SGA S/C Soutien CEMA


DSN Armée COMIAS
de
DRHMD Terre SCA DIRISI SEA SSA OTIAD
DMPA SID DAJ ARD
ARD
CPCS

ESN
DIRISI DL SEA DIRSSA
BRILOM
ESID
Pôle Pôle
CMG
EMSD EMSD
spécifiques
d’armée
PFAE OGZD

APM
ASA Mob

CGLM USID ASAY Mob CIRISI DET SEA CMA DMD


CSN
GsBdD
COM BdD
USIDY

BdD Formations Formations Formations Formations Formations

14
 L’armée de Terre au sein de la chaîne interarmées :

Décret 2009-1177 du 05 octobre 2009


CEMA

CEMAT (1) COMIAS


Subordination
organique

CFT EMSD BDD


Subordination (ex-RT) (GSBdD)
organique

Relation
BRIGADE Lien fonctionnel fonctionnelle de
soutien (AGSC)
Subordination
organique

REGIMENTS
(1)  Arrêté du 7 mai 2007, modifié par l’arrêté du 11 juin 2010 portant organisation de l’armée de Terre et
des organismes directement subordonnés au CEMAT.
 Instruction 1750/DEF/EMAT/PS/BORG /EO/231 relative à l’organisation du commandement de l’armée
de Terre du 1er juillet 2010.

15
 Organisation et rôles de la chaîne de commandement intermédiaire :

CEMA

S/C OPS S/C SOUT


COMIAS
CPCO
CPCS
OGZD - OGZS

GAM/adjoint Rôles
1– Vérification
CEMIAZD CEMSD 2 – Cohérence
COMMANDEMENT
3– Coordination
COMMANDEMENT des soutiens
CONDUITE
ACTIVITES
4 – Synthèse
EXERCICES PILOTAGE 5 – Force de
PERFORMANCE
proposition
PLANS ETUDES
RESSOURCES 6 – Expertise
HUMAINES
RESERVES
METIERS DU T: contrôle et
SOUTIEN
spécificité
Terre.
DMD
RGT BdD
RGT
sout

16
2.2 La chaîne des forces

 Au 1er niveau : le CFT


Le CFT, stationné à Lille, assure la préparation opérationnelle des formations de la chaîne des forces.
Il assure en outre la permanence et la continuité du soutien opérationnel de l'armée de terre en temps
de paix, crise et guerre. Il dispose d’une brigade logistique (BL).

Le CRR FR est en mesure de constituer le noyau clé :


- d’un PCIAT d’une force multinationale ;
- d’un PC de commandement de composante terrestre de théâtre (CCTT ou LCC en anglais) d’une
force interarmées multinationale ;
- d’un PC de corps d’armée multinational type OTAN à 3 ou 4 divisions.

CFT

CRR FR

BL Logistique
Appuis spécialisés Monthléry Manœuvre
EMF 1
Besançon
BR renseignement
Bde multi rôle Bde de décision
Haguenau
1ère BM - Chalons en Champagne 7e BB - Besançon
EMF 3
Marseille
BTAC Transmissions
Bde de décision Bde multi rôle
Douai
2e BB - Strasbourg 9e BLBMa - Poitiers

BFST Forces spéciales


Bde multi rôle Bde d’engagement d’urgence
Pau
3e BM – Clermont-Ferrand 11ème BP - Balma

Bde multi rôle Bde d’engagement d’urgence


6ème BLB - Nîmes 27ème BIM - Varces

 Au 2e niveau :
2 états-majors de force (EMF) projetables et déchargés de toute responsabilité organique.
En mesure de constituer le noyau clé :
- d’un PCIAT en engagement national n’excédant pas 5.000 hommes pour les forces terrestres ;
- d’un PC de division classe OTAN à 3 ou 4 brigades dont une à deux alliées ;
- d’un PC de composante terrestre articulée autour d’une division multinationale à 3 ou 4 brigades.

 Au 3e niveau :
Les brigades constituées de régiments et directement subordonnées au CFT :
- 8 brigades interarmes (BIA) ;
- 3 brigades spécialisées (BS).

En marge de cette structure : la partie française de la brigade franco-allemande (BFA) subordonnée à


l’EM du corps de réaction rapide européen (C.R.R.E).

17
3. Les autres chaînes
3.1 La chaîne des services et des soutiens
NIVEAU COMMISSARIAT MATÉRIEL
- SCA (Service du Commissariat des - SIMMT (Interarmées) et SMITER ;
Armées) / échelon terre ; - Division maintenance du CFT.
CENTRAL - service interarmées de liquidation
des transports (SILT) ;
- dépôt central des archives.
RÉGIONAL - SCA / PFAF (plateforme
achats/fiances)
- 6 organismes administratifs ; - 6 RMAT ;
- 15 organismes logistiques divers - 3 BSMAT ;
dont RSC. - réintégration dans les RMAT des
LOCAL sections de réparation ;
- 11 unités de maintenance
régimentaire (appartenant au CFT)
auxquelles s’ajoutent les UMR de
l’ALAT.

Nota :
1. le service du génie est désormais subordonné au secrétariat général pour l’administration (SGA),
au sein de la direction centrale du service d’infrastructure de la défense (DCSID).
2. la chaîne télécommunications et systèmes d’information (TSI) est désormais placée sous l’autorité
de la direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information de la
défense (DIRISI), subordonnée directe du CEMA.

3.2 La chaîne des organismes de formation : DRHAT, sous-direction formation


et écoles (SDFE)
Lycées Formation initiale Application Spécialisation EMS
St Cyr l’École Écoles de Saint- EI EMSOME EEM
Cyr Coëtquidan Draguignan Rueil Malmaison Saumur
Prytanée ENSOA EC ETAP CESAT
La Flèche St Maixent Saumur Pau Paris
Autun EA CNEC
Draguignan Montlouis
Aix en ET EMHM
Provence Bourges Chamonix
EG CISAT
Angers La Valbonne
ET CEERAT
Rennes Saumur
EAM EFA
Coëtquidan Le Luc
EALAT CFA Tigre
Le Luc/Dax Le Luc
EM CDNBC
Bourges Saumur
CFL
Bourges

18
DRHAT : direction des ressources humaines de l’armée de Terre
ENSOA : école nationale des sous-officiers d’active
EI : école de l’infanterie
EC : école de cavalerie
EA : école de l’artillerie
ET : école du train
EMSOME : école militaire de spécialisation de l’outre mer et de l’étranger
EG : école du génie
ET : école des transmissions
EAM : école d’administration militaire
EALAT : école de l’aviation légère de l’armée de Terre
EM : école du matériel
ETAP : école des troupes aéroportées
CNEC : centre national d’entraînement commando
EMHM : école militaire de haute montagne
CISAT : centre d’instruction santé de l’armée de Terre
CEERAT : centre d’enseignement et d’études renseignement de l’armée de Terre
CDNBC : centre de défense nucléaire biologique et chimique
EEM : école d’état-major
collège de l’enseignement supérieur de l’armée de Terre (regroupant
CESAT :
EMSST, CSEM et ESORSEM)
EMSST : enseignement militaire supérieur scientifique et technique
CSEM : cours supérieur d’état-major
EFA école franco-allemande TIGRE
CFA centre franco-allemand TIGRE
CFL centre formation logistique
ESORSEM : école supérieure des officiers de réserve spécialistes d’état-major.

3.3 Le Centre de doctrine d’emploi des forces - CDEF


Le CDEF est composé de quatre divisions :
- DDo: division emploi-organisation des forces doctrine
- DREX : division recherche et retour d’expérience
- DSRO : division simulation et recherche opérationnelle
- DAD : division appui documentation.

19
4. Les unités stationnées outre-mer et à l’étranger

Forces de souveraineté : Logique de 3


« bassins »
Capacités : MISINT + accueil de forces projetées,
d’intervention régionale limitées et permanentisation du
socle.
Grpt I
PROTERRE PROT
Antilles
3 UE MCD
GTIA EAU
II
Emirats Arabes
Unis

III
3e REI III
BOA EST
Guyane
Djibouti
III
9e RIMA
Guyane

Grpt I
PROT
PROTERRE Pôle de
Polynésie 1 UE MLD coopération COOP
1 UE MCD Sénégal II III
6e BIMa RIMaP-NC
(Participation Terre) BOA OUEST III Calédonie
Gabon 2e RPIMa
La Réunion
Forces prépositionnées : Logique d’1 base
et 1 PA par façade maritime : II
DLEM
Capacités : Coopération et rayonnement régional, RESEVAC Mayotte
et SOUTEX (surtout aux EAU)

20
FONCTION
COMMANDEMENT

21
PRINCIPALES REFERENCES DES TEXTES RELATIFS A LA FONCTION COMMANDEMENT :

Certains documents cités en référence peuvent sembler dépassés, notamment ceux parus en 1999 ou
en 2000. Toutefois, aucune publication récente de l’armée de terre n’a pu à ce jour intégrer et mettre à
jour l’ensemble de leur contenu, notamment pour ce qui concerne la phase de préparation d’une
opération ainsi que la projection de forces.
Certains paragraphes des chapitres qui suivent en sont donc directement extraits.

Cadre général
Livre Blanc Défense et Sécurité Nationale – 2008.

Interarmées
CIA 01 – Concept d’emploi des forces – 2010.
DIA 3a – Commandement des engagements opérationnels / Principes généraux – 2010.
DIA 3b - Commandement des engagements opérationnels / Organisation générale – 2010.
DIA 3c - Commandement des engagements opérationnels / Cadres internationaux – 2010.
DIA 3d - Commandement des engagements opérationnels / Lexique – 2010.
DIA 4 – Le soutien interarmées en opérations – 2008.
DIA 05 – La planification des opérations interarmées – 2003.
PIA 0.5.5.2 - Glossaire interarmées de terminologie opérationnelle – 2007.
PIA 01 – Situations opérationnelles de référence pour les 15 prochaines années – 2008.
PIA 05-401 – Méthode de planification opérationnelle (version provisoire) – 2005.
PIA 5.4 – Constitution des échelons de force interarmées en opération – 2003.
PIA 5.4.1 – Catalogue des modules génériques des forces (volets armée de terre) – 2003.
NE n° 65/DEF/CMT/CDT/NP du 28 janvier 2010 (Note d’organisation et de fonctionnement du CMT).

OTAN
MC 133 – NATO – NATO’s operational planning system.
GOP – NATO – Guidelines for operational planning.
1
COPD – NATO – Comprehensive Operations Planning Directive .
STANAG 2014 - 9 – Présentation des ordres et désignation des jours, des heures, des lieux et des
unités.

Armée de terre
FT 01 – Gagner la bataille, conduire la paix – 2007.
FT 02 – Tactique générale – 2008.
FT 04 – Les fondamentaux de la manœuvre interarmes – 2011
FT 05 – L’exercice du commandement en opérations pour les chefs tactiques – 2011
TTA 106 – Manuel d’emploi de termes, sigles et signes conventionnels militaires – V6, 2008
TTA 901 – Forces terrestres en opérations – Edition 1999.
TTA 904 – Manuel d’emploi de la brigade interarmes – Edition 2010.
EMP 501 – Mémento de PC du GTIA - 2011
TTA 956 – Organisation du commandement des grandes unités tactiques en opération – 2007.
Concept de soutien logistique des forces terrestres – 2000.
Doctrine du processus RSMI – 2006.
1
L'OTAN n’utilise plus que la COPD et ne fait plus référence à la GOP. Cette méthode de planification,
formalisée par l’AJP 5, est dévolue aux EM de niveaux 1 et 2 et fait l’objet d’une démarche de
ratification par les alliés dont l’aboutissement nécessitera encore quelques délais. Concernant la
er
France, le CRR-FR, PC OTAN, a conduit un 1 stage de formation sur la COPD à l’automne dernier
et le CPCO se familiarise avec cette méthode sur des « planifications froides ».

AJP-5 will become part of NATO's operations planning architecture. It presents an overarching
framework of the key planning principles, considerations and process steps that are followed in
operational-level planning. When promulgated, AJP-5 will guide and inform a series of planning
tools, notably the Comprehensive Operations Planning Directive (COPD)"

"The Comprehensive Operations Planning Directive is the basic reference document for planning
staffs within the NATO military command structure."

22
MMEPPAT – Mémento de montée en puissance et de pré-acheminement de l’armée de terre – 2006.
Méthode d’élaboration d’une décision opérationnelle (MEDO) – 2010).

INTRODUCTION

La fonction commandement est développée au travers de 3 chapitres :

Le chapitre 1- Définitions et organisation du commandement aborde en particulier les notions


essentielles de niveaux de commandement et de transfert d’autorité.

Le chapitre 2 - Le processus décisionnel est divisé en deux parties


ère
La 1 partie répond de façon à la fois synthétique et chronologique aux questions suivantes :
- quelles sont les grandes phases d’une opération ?
- quel est le processus décisionnel qui amène à décider du lancement d’une opération ?
- comment cette opération est-elle planifiée ?
- comment la force terrestre est-elle constituée puis projetée ?
La 2° partie s’applique ensuite à décrire la place et l’utilisation de la Méthode d’Elaboration d’une
Décision Opérationnelle (MEDO), qui constitue l’outil du chef de niveau tactique pour inscrire, dans le
processus décisionnel général décrit dans le chapitre 2, l’élaboration de la manœuvre et les ordres
opérationnels de niveau tactique.

Enfin le chapitre 3- Conception de la manœuvre / élaboration et production des ordres décrit


comment la manœuvre est conçue, et comment les ordres de niveau tactique sont élaborés et
rédigés, clôturant ainsi les textes relatifs à la fonction commandement.

23
DÉFINITIONS ET ORGANISATION
DU COMMANDEMENT

INTRODUCTION

Le présent chapitre de la fonction commandement traite de l’organisation du commandement et aborde en


particulier les notions essentielles de niveaux de commandement et de transfert d’autorité.

Acronymes et abréviations du chapitre 1 ;

ASIA : Adjoint Soutien Interarmées


CJFACC : Combined Joint Force Air Component Command
CJFLCC : Combined Joint Force Land Component Command
CJFMCC : Combined Joint Force Maritime Component Command
CJSOCC : Combined Joint Special Operation Component Command
COMSICIAT : COMandant des Systèmes d’Information et de Commandement de Théâtre
COPS : COmité Politique et de Sécurité
CPCO : Centre de Planification et de Conduite des Opérations
EUMC : European Union Military Comity
EUMS : European Union Military Staff
FC/DJSE : Force Command / Deployable Joint Staff Element
FCdr : Force Commander / Commandant de la force
FHQ : Force Headquarters
JFC : Joint Force Command / Commandement des forces alliées interarmées
MN FHQ : Multinational Force headquarters
NAC : North Atlantic Council
NCC : National Contingent Commander
NIC : National Intelligence Cell
NFS : NATO Force Structure
OHQ : Operation Headquarters
OPCOM : Operational Command
OPCON : Operational Control
PCIAT : Poste de Commandement Interarmées de Théâtre
PSC : Politique de sécurité commune (Europe)
SACEUR : Supreme Allied Commander in Europe
SG DOMP : Secrétariat Général / département des opérations de maintien de la paix (ONU)
SNR : Senior National Representative
SNF : Soutien National France
TACOM : Tactical Command
TACON : Tactical Control
TOA : Transfer of Authority

24
1. Définitions
1.1 Le commandement et le contrôle (Command and Control – C2)
Commandement : « Autorité conférée à un chef pour diriger, coordonner et contrôler des forces. »
Le commandement est lié à la notion de responsabilité d'emploi des moyens relevant de l'autorité
considérée. Ces moyens peuvent lui appartenir en propre (moyens organiques) ou lui être assignés.
Le commandement opérationnel est un système dont la finalité est de planifier, concevoir, conduire et
contrôler des opérations.
Le commandement est donc « l’expression de la volonté du chef en vue de l’exécution d’un acte
donné. Elle se traduit pas un enchaînement séquentiel d’actes consistant à :
- donner des ordres. Ceci suppose qu’ils soient préparés en suivant un processus de réflexion, que
la ou les décisions soient prises, que ces ordres soient rédigés puis diffusés ;
- contrôler leur exécution en suivant la situation, conduisant la manœuvre, en particulier en
coordonnant l’action des unités ;
- rendre compte.

Contrôle : « Autorité, impliquant la responsabilité de l'exécution des ordres et directives, exercée par
un chef sur une partie des activités d'organismes subordonnés, ou d'autres organismes qui
normalement ne sont pas sous son commandement ».
Ce contrôle peut être transféré ou délégué totalement ou partiellement.
Le contrôle s'attache aux modalités d'exécution de la mission. Il n'est pas lié à la notion de propriété
des moyens, donc de commandement, mais à la notion de responsabilité de l'exécution des missions
ou des tâches contrôlées.

1.2 Responsabilités de commandement et de contrôle2


Les responsabilités afférentes à chaque niveau sont nettement différenciées, mais un même état-
major peut cumuler les attributions de plusieurs niveaux selon l’importance de l’engagement
opérationnel.
Le plus souvent, les nations conservent le commandement opérationnel (OPCOM) de leurs forces et
confient le contrôle opérationnel (OPCON) au commandant de l’opération multinationale.

FULLCOM (Full Command, plein commandement) : autorité et responsabilité conférées à un


commandement militaire pour donner des ordres à ses subordonnées dans tous les domaines aussi
bien opérationnels qu’administratifs. Cette responsabilité de commandement ne peut s’exercer que
dans un cadre national.
Note : au niveau national, seul le CEMA exerce le plein commandement.

OPCOM (Operational command, commandement opérationnel) : autorité conférée à un commandant


pour assigner des missions ou des tâches particulières à des commandants subordonnés, lui affecter
les moyens nécessaires pour accomplir les missions données, déployer des unités réaffectés des
forces.

Notes :
- Cette autorité ne comprend pas en soi d’autorité sur le plan administratif, ni de responsabilité
d’ordre logistique ;
- Seul le commandement disposant de l’OPCOM autorise à déployer des unités et à réassigner des
forces. Il peut conserver l’OPCON (voir ci-dessous) ou le déléguer. Il définit également les
éventuelles modalités de subdélégation de l’OPCON ;
- Pour les opérations nationales, seul le CEMA exerce l’OPCOM des forces française. D’une
manière générale, les nations conservent systématiquement l’OPCOM des forces qu’elles
engagent dans des opérations de prévention ou de gestion des crises.

2
Existent également mais non citées dans ce document, les notions de contrôle logistique (LOGCON), de contrôle administratif
(ADMINCON), d’autorité interarmées de coordination (DIRLAUTH) : voir DIA 3 d.
25
OPCON (Operational Control, contrôle opérationnel) : autorité conférée à un commandant par le
commandant opérationnel pour :
- planifier l’engagement et le déploiement des moyens qui sont affectés pour réaliser une mission
donnée ;
- donner les ordres aux forces affectées et les déployer de telle sorte qu’elles puissent accomplir les
missions ou tâches particulières dans les limites fixées par le commandant opérationnel,
habituellement limités de par leur nature, quant au lieu, ou dans le temps ;
- conserver ou déléguer le contrôle tactique de ces unités.

TACOM (Tactical Command, commandement tactique) : Autorité déléguée à un commandant pour


attribuer des tâches aux forces placées sous son commandement, en vue de l’accomplissement de sa
mission ordonnée par l’autorité supérieure.

TACON (Tactical Control, contrôle tactique) : Direction et contrôle détaillé, normalement limités au
plan local, des mouvements ou manœuvres nécessaires pour exécuter les missions ou les tâches
assignées par le contrôleur opérationnel.

Ces définitions de responsabilités sont applicables quel que soit le niveau mais leur application varie
en fonction de la situation. Toutefois, au niveau du théâtre, elles correspondent aux attributions des
niveaux hiérarchiques dans l’organisation du commandement interarmées. Elles encadrent
précisément le périmètre de responsabilité des chefs terrestres, qu’ils soient commandants de
composante ou subordonnés.

1.3 Relations de commandement OTAN et délégations possibles

26
Tableau récapitulatif (voir aussi chapitre 3- production des ordres) :

Relations de commandement OTAN et délégations possibles


•Autorité habilitée à traiter avec les nations, missions diplomatiques, agences
Plein commandement •Fixe la chaîne de commandement des forces
•Autorité responsable pour la logistique
Full Command (FULLCOM) •Dirige l’entraînement interarmées
Autorité et responsabilité conférées à un commandement militaire pour donner des •Affectation/ réaffectation des chefs/officiers subordonnés
ordres à ses subordonnées dans tous les domaines aussi bien opérationnels •Conduite de la discipline et de l’entraînement internes
qu’administratifs. •Attribue la mission, fixe l’objectif, Attribue des tâches
Attribue Cette responsabilité de commandement ne peut s’exercer que dans un cadre •Déploie les forces, Dirige et emploie les forces, Réaffecte des forces
le national (FRA = CEMA). •Utilisation séparée des éléments constitutifs des forces affectées
Conserve ou
TACOM délègue l’OPCON •Détermine les mesures de contrôle de la manœuvre
et/ou le TACON •Direction/contrôle local des forces désignées

Commandement opé
opérationnel
•Attribue la mission, fixe l’objectif
Operational Command (OPCOM) •Réaffecte des forces
Autorité conférée à un commandant pour assigner des missions ou des tâches
•Utilisation séparée des éléments constitutifs des forces affectées
particulières à des commandants subordonnés, lui affecter les moyens nécessaires pour
•Attribue des tâches
accomplir la mission donnée, déployer des unités, réaffecter des forces.
•Déploie les forces
D'une manière générale, les nations conservent systématiquement l'exercice du
•Dirige et emploie les forces
commandement opérationnel des forces qu'elles engagent dans des opérations de
•Détermine les mesures de contrôle de la manœuvre
prévention ou de gestion des crises (FRA = CEMA).
Conserve ou
délègue l’OPCON
et/ou le TACON

Contrôle opé
opérationnel
Operational Control (OPCON)
« Autorité conférée à un commandant par le commandant opérationnel pour :
•Déploie les forces
a. planifier l’engagement et le déploiement des moyens qui lui sont affectés pour réaliser la mission donnée ;
•Dirige et emploie les forces
b. donner des ordres aux forces affectées, et les déployer, de telle sorte qu'elles puissent accomplir les
•Détermine les mesures de contrôle de la manœuvre
missions ou tâches particulières dans les limites fixées par le commandant opérationnel, habituellement
limitées de par leur nature, quant au lieu, ou dans le temps ;
c. conserver ou déléguer le contrôle tactique de ces unités. » Nota : un contrôleur opérationnel peut déléguer
Conserve ou l’OPCON uniquement avec l’aval du commandant
délègue le TACON opérationnel.

Commandement tactique Contrôle tactique


Tactical Command (TACOM) Tactical Control (TACON)
« Autorité déléguée à un commandant pour attribuer des tâches aux «Direction et contrôle détaillés, normalement limités au plan local,
forces placées sous son commandement, en vue de des mouvements ou manœuvres nécessaires pour exécuter les
l'accomplissement de la mission ordonnée par l'autorité supérieure.» missions ou les tâches assignées par le contrôleur opérationnel.»
Il peut y avoir plusieurs niveaux de commandement tactique. Le contrôle tactique demeure une action limitée dans l'espace. Elle
Subordonné à un contrôleur opérationnel, le commandant tactique peut se déléguer avec l’aval du contrôleur opérationnel.
n'a pas le pouvoir de réassigner les forces ou les unités qui sont
placées sous son commandement pour agir dans un cadre différent.
•Détermine les mesures de contrôle de la manœuvre
•Attribue des tâches •Direction/contrôle local des forces désignées
•Dirige et emploie les forces
•Détermine les mesures de contrôle de la manœuvre

En rouge : attributions qui ne peuvent normalement pas être déléguées au niveau inférieur, sauf si explicitement spécifié dans la délégation donnée.

27
1.4 Transfert d’autorité
Le transfert d’autorité (TOA : Transfer of Authority) est l’action par laquelle un État ou un
commandement national donne le commandement ou le contrôle opérationnel ou tactique de
forces à un commandement désigné (national, allié ou multinational).
D’une façon générale, l’action d’un TOA peut avoir lieu à 4 moments distincts :
- lors de la projection de forces, au moment de l’intégration des unités dans la chaîne de
commandement et de contrôle ;
- lors de la relève d’une force ou de son chef ;
- en cours d’action, s’il y a lieu de modifier certaines responsabilités de commandement ou de
contrôle ;
- en fin d’opération, lors du redéploiement de forces.

Dans tous les cas, un transfert d’autorité ne peut être prononcé qu’avec l’accord formel et préalable
des nations contributrices. Des dispositions permanentes intégrées aux documents de planification ou
d’opérations peuvent toutefois permettre d’assouplir certaines procédures.

Concrètement, dans le cadre d’une opération multinationale, un message de transfert d’autorité


(ORBATTOA) est émis par chaque Etat contributeur de forces pour transférer au commandant de
l’opération le commandement ou le contrôle des forces qu’il met à disposition pour cette opération. Ce
message précise systématiquement :
- le niveau d’autorité transféré ;
- le lieu et le moment du transfert d’autorité ;
- les limites ou restrictions d’emploi fixées par le commandement national (restraints et caveats), y
compris pour ce qui concerne les ressources du soutien.

2. Organisation
Il existe quatre niveaux décisionnels : le niveau politique et trois niveaux militaires (stratégique,
opératif et tactique.

Illustration 1 : niveaux décisionnels

L’organisation classique du commandement qui répond à ce schéma de représentation des niveaux


décisionnels doit s’adapter en permanence aux exigences nouvelles des engagements opérationnels,
notamment en fonction du cadre multinational d’emploi des forces.

Le rôle plus détaillé de chacun des 3 niveaux militaires dans la conception des opérations, le
processus décisionnel et la planification opérationnelle sont décrits dans le chapitre 2 de la fonction
commandement.

28
2.1 Niveau politique
Le niveau politique fixe la stratégie globale de l’État ou de l’organisation internationale considérée. Il
fixe les priorités politiques d’ensemble.
En France, ce niveau de stratégie globale est conduit au niveau du gouvernement et des différents
ministères. La stratégie générale militaire est conduite par les conseils de défense et de sécurité
nationale.
Le CEMA assume une responsabilité politico-militaire dans son rôle de conseiller militaire du
gouvernement.

2.2 Niveau stratégique


Le niveau stratégique est le niveau d’identification, d’intégration et de manœuvre des capacités
militaires afin de les placer en position de réaliser les effets assignés par l’échelon politique. Il traduit
les objectifs politiques fixés en objectifs militaires, en commande et en contrôle la réalisation.

Le niveau stratégique militaire comprend deux fonctions :


- la direction stratégique politico-militaire (POLMIL) tournée vers les autorités politiques ;
- le commandement stratégique orienté vers la Force engagée (commandement, contrôle et
conduite de l’opération).

En France, il n’y a pas de séparation entre ces deux fonctions.


Pour les opérations conduites par les Organisations internationales (OI), la direction stratégique
incombe aux instances politico-militaires (NAC pour l’OTAN, COPS pour l’UE, Conseil de Sécurité
pour l’ONU) en liaison avec les EM stratégiques nationaux.

Le commandement stratégique est celui du commandant de l’opération. Au plan militaire le


commandement de l’opération relève de la responsabilité :
- du CEMA, commandant de l’opération (COPER) en national avec le CPCO comme EM ;
- de SACEUR dans le cadre de l’OTAN avec SHAPE comme EM ;
- d’un commandant désigné de l’opération (Opération Commander) dans les autres cadres
multinationaux. Cette autorité doit disposer, dans le cadre de l’UE, d’un EU OHQ désigné ou d’un
PC équivalent dans le cadre d’une coalition de circonstance.

2.3 Niveau opératif


Le niveau opératif est le niveau d’intégration et de manœuvre de capacités militaires déterminées, afin
de produire les effets demandés par le niveau stratégique, dans une zone et/ou un milieu donné.
Ce niveau de responsabilité relève d’une autorité unique, généralement présente sur le théâtre
d’opération, qui exerce le commandement de la Force (COMANFOR ou Force Commander). Cette
autorité dispose d’un PCIAT pour les opérations nationales ou d’un MN FHQ ou Force HQ (EU FHQ)
dans le cadre de l’UE ou dans le cadre d’une coalition
Le niveau opératif recouvre des dimensions militaire, politico-militaire et civilo-militaire. Il est par
essence interarmées et, le plus souvent, interalliés.
En France, on considère qu’un commandement exerce des responsabilités opératives, s’il est
l’émanation du CEMA (ou du COPER) sur le théâtre d’opération. Partant de la conception stratégique,
il combine les effets tactiques des moyens engagés en vue d’atteindre l’effet final recherché (EFR).

2.4 Niveau tactique


Ce niveau de commandement est le niveau local de mise en œuvre des capacités militaires définies
afin de réaliser des missions et des tâches spécifiques fixées par le niveau opératif. Il met en œuvre
les éléments de la Force agissant dans un ou plusieurs domaines de lutte ou milieux spécifiques. Il
peut, si nécessaire, se démultiplier en plusieurs composantes. Il relève pour chaque composante, d’un
commandement de composante, Component Command, qui dispose d’un PC de composante.
Le commandant de composante peut disposer du TACOM de sa composante pendant l’opération. Il
relève directement du commandant de la Force, dont il est un des conseillers, qui peut lui déléguer
l’OPCON.

29
La Force peut comporter trois types de composantes :
- les composantes d’armées (CJFLCC, CJFACC, CJFMCC) ;
- les composantes fonctionnelles qui correspondent chacune à un domaine particulier
(CJSOCC,…) ;
- les composantes nationales au sein d’une Force multinationale.

Chaque composante, qu’elle soit nationale, d’armée ou fonctionnelle, dispose de moyens de


commandement organisés autour d’un système de PC adapté à son architecture C2 et comportant :
- des états-majors ;
- des centres de coordination et de mise en œuvre (CCMO) ;
- des systèmes d’informations et de commandement (SIC).

Illustration 2 : niveaux décisionnels des différents cadres d’engagement

3. Principes d’organisation générale du contrôle national France


Dans un souci d’interopérabilité, la chaine du contrôle national France a été modifiée et l’appellation
« REPFRANCE » disparaît. Le principe retenu est d’éviter que les tâches et responsabilités ne soient
préjudiciables à la fonction opérationnelle tenue au sein de la chaîne commandement multinationale
par les représentants nationaux. Il n’y a pas, en règle générale, de subordination entre les
représentants nationaux entre eux en matière de contrôle national France.

La fonction de représentation de la France (1) est assurée par le Senior National Representative
(FRA SNR) et les National Representative (FRA NR) désignés dans les différentes formations. Placé
au cœur du système de commandement multinational de l’opération, le FRA SNR exerce avant tout
ses fonctions opérationnelles au sein de la chaîne multinationale, tout en étant l’autorité morale
nationale.

La conformité de l’emploi des forces françaises (2) est au cœur de l’action du commandement de
chaque échelon. A chaque niveau, les officiers insérés doivent s’assurer de l’emploi des forces et des

30
moyens français en conformité avec le droit et les règlements nationaux, ainsi qu’avec le mandat
prévu. Ils doivent rendre compte immédiatement de toute dérive au FRA SNR et/ou aux FRA NR.

Par délégation du CEMA, les fonctions d’appréciation autonome de situation (3) et de soutien
national (4) sont assurées sur le théâtre par le National Contingent Commander (FRA NCC).

Exemple d’organisation du contrôle national France

31
GÉNÉRALITÉS SUR
LE PROCESSUS DÉCISIONNEL

Introduction : Le déroulement d’une opération et le continuum des opérations

Le TTA 901 «Forces terrestres en opérations », bien que datant de 1999, demeure d’actualité pour ce
qui concerne le déroulement d’une opération qui y est décrit en 4 phases :
- la préparation ;
- la prise de l’initiative par la force opérationnelle ;
- l’imposition de la décision à l’adversaire ;
- la réorganisation.

Parmi ces 4 phases, seule la première est abordée dans le présent chapitre dédié à la fonction
commandement, et en particulier pour ce qui concerne :
- la planification des opérations ;
- la constitution et la montée en puissance des forces ;
- la projection et le déploiement.

Les autres composantes de cette phase de préparation (recherche du renseignement de niveau


stratégique et opératif, préparation médiatique) n’y sont pas traitées, ou alors de façon illustrative
dans d’autres chapitres de la documentation tactique de l’EEM.

Le FT 01 « Gagner la bataille, conduire la paix » introduit pour sa part la notion de continuum des
opérations. Succédant à la période de préparation et à la décision, trois phases caractérisent
l’engagement des forces dans un conflit armé :

L’intervention : phase de la prépondérance du militaire sur le diplomate, elle est, généralement, le


temps de la confrontation armée contre un adversaire le plus souvent identifié. Les objectifs y sont
habituellement définis avec clarté : victoire militaire, arrêt des combats ou déploiement réussi des
forces sur le terrain. Les choix retenus pour cette phase (modes d’actions, moyens) sont déterminants
pour la suite de l’opération. La phase suivante doit donc être envisagée dès la planification initiale.

La stabilisation : il s’agit de consolider l’ordre transitoire imposé précédemment en diminuant puis en


contenant la violence afin de permettre à tous de s’engager sur le chemin de la paix. La force armée
n’est plus la composante principale de l’action. La diplomatie, la politique, l’économie, etc prennent
une place de plus en plus importante.

La normalisation : c’est le retour à la paix. C’est la phase de mise en place et d’affermissement d’un
système politique, juridique et social durable et accepté par tous les protagonistes.

Au cours de ce continuum la capacité de réversibilité est déterminante. Les forces doivent être
capables de mener simultanément ou successivement, dans un même lieu ou dans des lieux
différents, des actions appartenant aux deux modes opératoires : coercition et maîtrise de la violence.
La coercition de force se matérialise par la maîtrise du combat aéroterrestre mettant en jeu des forces
au volume réduit, évoluant dans un espace éclaté et marqué par de nombreux intervalles. La notion
de front continu cède le pas à celle d’un espace terrestre lacunaire. Elle comprend les modes
tactiques offensifs et défensifs.
La maîtrise de la violence vise à assurer la liberté d’action des acteurs civils et militaires sur le théâtre
en forçant, si nécessaire, les belligérants à accepter une solution négociée. Elle s’appuie
prioritairement sur la dissuasion, la maîtrise de l’espace terrestre, la maîtrise de l’information et la
participation au rétablissement de la vie de la cité. Elle comprend les modes tactiques de sécurisation
et d’assistance.

32
Le continuum des opérations peut ainsi se dérouler selon le schéma suivant. Il y apparaît une
variation de la contribution des 4 modes tactiques (l’offensive, la défensive, la sécurisation,
l’assistance) en fonction de l’évolution dans le temps de l’intensité de la violence ou des combats.

1. Le processus décisionnel et de planification au niveau


national
1.1 Les directives politiques (réf : LBDSN 2008 – CIA 01 2010)

 Les missions des armées


Les forces armées sont engagées au titre de trois missions majeures :
- assurer la protection des concitoyens et des intérêts nationaux contre les menaces et les risques
effectifs et immédiats ;
- contribuer à la stabilité internationale en agissant sur les foyers de crise et en prévenant leur
embrasement ;
- faire face à une aggravation brutale de la situation internationale.

 Les fonctions stratégiques


La nécessité d’assurer ces missions fonde la stratégie militaire de la France, qui s’exprime dans
chacune des cinq grandes fonctions stratégiques retenues par le LBDSN :
- la connaissance et l’anticipation ;
- la prévention ;
- la dissuasion nucléaire ;
- la protection ;
- l’intervention.

 Les hypothèses d’emploi (réf : PIA 01)


- H1 : crises importantes sur le territoire national ;
- H2 : deux crises moyennes hors d’Europe ;
- H3 : conflit régional majeur pouvant engager nos intérêts vitaux ;
- H4 : crises multiples simultanées dans la durée ;

33
1.2 Niveaux de conception des opérations (réf : DIA 3a – TTA 956)

La conception des opérations s’effectue aux trois niveaux militaires : stratégique, opératif et tactique.
Ces trois niveaux militaires sont définis et décrits en détail au chapitre 1 de la fonction
commandement (§ 2. Organisation).
A titre de rappel, le tableau ci-après synthétise ces 3 niveaux en précisant leurs zones et actions
menées respectives :
Niveaux de commandement
Niveaux Concerne Cadre espace Action menée
Stratégie globale
(politique) Gouvernement
Stratégie générale Zone stratégique
Niveau militaire (politico-
stratégique militaire)
Stratégie
Théâtre de
opérationnelle Campagne
campagne
(militaire) Forces armées

Opération
Niveau opératif Théâtre d’opération

Forces aériennes Bataille


maritimes terrestres Zone d’action ou
Niveau tactique
(composantes) zone d’engagement Engagement

1.3 Le processus décisionnel (réf : DIA 3b)


On peut distinguer quatre volets génériques qui correspondent au processus de l’OTAN du NATO
Crisis Response Planning, constitué d’étapes qui s’alimentent mutuellement :
- la veille stratégique ;
- l’anticipation stratégique ;
- les travaux prédécisionnels ;
- la planification opérationnelle.

 La veille stratégique
La veille stratégique consiste à identifier les évolutions susceptibles, à moyen et long terme (supérieur
à 24 mois), d’avoir un impact sur la politique de défense et l’évolution de l’outil militaire. Assurée pour
l’EMA par la DAS et la DRM, en relation avec d’autres organismes ministériels, elle permet d’établir
des tendances lourdes qui éclairent l’anticipation stratégique.

 L’anticipation stratégique
L’anticipation stratégique a pour but de dégager, à l’horizon de 6 à 24 mois, tous les éléments
d’appréciation nécessaires au CEMA pour proposer à l’autorité gouvernementale des options
militaires stratégiques. Elle se traduit par l’élaboration de synthèses déclinées en directives dans les
domaines des opérations, du renseignement et des relations internationales militaires.
Le travail d’anticipation stratégique se traduit également par la réalisation de dossiers thématiques
d’anticipation (DTA).

 Les travaux pré décisionnels


Les travaux pré décisionnels ont pour finalité de proposer des options stratégiques aux autorités
politiques. L’option stratégique définit la mission confiée aux armées, en vue de contribuer à la
réalisation de l’état final recherché (EFR), concrétisation des objectifs politiques.
Cette phase se conclut par la rédaction d’une directive initiale de planification (DIP).
Une fois la DIP validée, les travaux de planification opérationnelle peuvent débuter.

34
1.4 La planification opérationnelle (réf : DIA 5)
Le but de la planification opérationnelle est de présenter aux autorités des options militaires pour
atteindre l’objectif fixé, et à transformer l’option choisie en ordres exécutables.

 La planification stratégique
La planification opérationnelle stratégique peut prendre deux formes :
- la planification d’anticipation ou planification « froide » ;
- la planification de mise en œuvre, qui peut être une planification d’urgence.

En cas de décision d’engagement par le pouvoir politique, la planification de mise en œuvre s’inscrit
dans une continuité de réflexion et de travaux menés de manière interactive et simultanée entre les
trois niveaux de commandement militaires (planification parallèle et/ou collaborative) et couvrant toute
la durée de l’opération.

A l’issue de la phase de planification, les documents suivants sont ainsi réalisés :


- le concept d’opération (CONOPS) qui décrit principalement les grandes lignes d’engagement au
niveau stratégique et les modes d’action retenus ;
- le plan d’opération (OPLAN) qui complète le CONOPS par des annexes détaillées et des ordres
d’opération.

 La planification au niveau tactique


Les niveaux 1 et 2 disposent d’une cellule de planification G5, qui traite l’ensemble des phases de
l’OPLAN considéré. En outre, une cellule G35, sous les ordres de la conduite G3, assure pour le plus
court terme l’étude préalable des temps suivants de l’OPORD.
Au niveau 3, seule cette dernière fonction est assurée sous le nom de manœuvre future.

 Les outils de planification


Aux niveaux stratégiques, opératifs et tactiques haut (niveau 1), la planification s’appuie sur la
méthode de l’OTAN l’Operational Planning Process OPP, et la méthode de planification opérationnelle
MPO, déclinaison nationale de la précédente.
Des niveaux 2 à 4, la méthode d’élaboration d’une décision opérationnelle MEDO est l’outil de
planification des PC (voir chapitre 3).

2. Constitution et projection d’une force terrestre


Le nouveau contexte géopolitique a remis en cause nos principes de montée en puissance. À la
mobilisation générale a succédé la constitution d’une force selon le principe de modularité pour
répondre :
- à la nécessité de conserver une base arrière pour toute unité projetée (sécurité des installations,
examens, exempts, lien avec les familles …) ;
- à l’adéquation qualitative entre la force à projeter et la mission à remplir ;
- au caractère évolutif d’une force projetée (en particulier, pour les opérations de longue durée : par
exemple, le ratio soutien/combat est plus important dans les phases de déploiement et de
désengagement).

La projection prise dans son sens général de responsabilité de niveau stratégique recouvre
largement la notion d’opération. Dans le sens plus restreint dont il est question ici, la projection
concerne les phases 1 et 4 des opérations, c’est-à-dire, pour l’essentiel :
- la constitution de la force, son acheminement et son déploiement ;
- le redéploiement, le rapatriement et la remise en condition de la force.
C’est un processus complexe qui implique, outre l’armée de terre, les instances interarmées et les
autres armées.
Avant de l’aborder dans le détail, il convient de formuler quelques rappels sur les notions de
« fonctions opérationnelles », de « modularité » et « d’interopérabilité » (paragraphes 1, 2 et suivants).

35
2.1 Les fonctions opérationnelles terrestres3
« Ensemble d’activités opérationnelles transverses à l’organisation hiérarchique et aux armes qui, afin
de garantir la performance globale d’une force nécessite, à certains niveaux de prises de décisions,
une coordination mettant en œuvre une organisation particulière. La mise en œuvre d’une fonction
opérationnelle requiert une direction fonctionnelle dédiée, des moyens et des unités dédiés (au moins
à certains niveaux), et une ou plusieurs chaînes fonctionnelles (coordination de procédures, de
4
moyens ou d’unités spécialisés) » . Les différentes fonctions opérationnelles, en ce qui concerne leur
volume, ne sont pas nécessairement homogènes.

On distingue deux grandes familles de fonctions opérationnelles terrestres :


- les fonctions opérationnelles terrestres dites universelles sont celles qui sont nécessaires à tous
les types d’engagement et qui conditionnent par leur caractère transverse la mise en œuvre des
autres ;
- les fonctions opérationnelles dites d’engagement sont celles qui ont pour objet de produire des
effets militaires sur le milieu et/ou l’adversaire.
5
A cet effet, les forces terrestres sont organisées en 8 fonctions opérationnelles et 24 composantes .

Le tableau ci-après illustre ce classement qu’il faut considérer comme la contribution


dominante mais non exclusive des composantes aux fonctions opérationnelles et des
fonctions opérationnelles aux fonctions clés interarmées.

3
Selon FT 04 « La manœuvre des forces terrestres ou l’action interarmes » - Edition 2011.
4
TTA 106 Edition 2008 page 215.
5
Par composante, on entend un ensemble d’éléments de force disposant d’équipements, de capacités et d’aptitudes
spécifiques leur permettant de produire sur le milieu et/ou l’adversaire un effet militaire qui leur est propre. Elle regroupe des
structures, des effectifs, des équipements, des compétences voire des procédures ayant une finalité commune en termes
d’effets à produire. Dans certains cas, notamment pour les fonctions « contact » et « appui », cette notion recouvre
totalement l’ancienne notion d’arme, de métier ou de spécialité.

36
INTERARMEES FORCES TERRESTRES
8 FONCTIONS 24 COMPOSANTES
4 FONCTIONS CLES OPERATIONNELLES
Universelles
Commandement.
COMMANDEMENT
Etats-majors et techniques d'EM.
COMMANDER ET SIC
APPUI AU COMMANDEMENT
MAITRISER Soutien de QG
L'INFORMATION Renseignement d'état-major
RENSEIGNEMENT Recherche
Géographie/Météo
Engagement
Combat embarqué
CONTACT Combat débarqué
Aérocombat
Génie
Feux indirects
APPUI
Défense Sol Air
OPERER Guerre électronique
ACTIONS SUR LES Coopération civilo - militaire
PERCEPTIONS ET Opérations Militaires d'Influence
L’ENVIRONNEMENT
OPERATIONNEL (APEO) Communication opérationnelle
Appui mouvement
APPUI A L'ENGAGEMENT Appui à la mobilité des blindés
NRBC
Universelles
Maîtrise des flux
Maintien en condition des matériels
SOUTENIR LOGISTIQUE
Soutien du personnel
Soutien au stationnement

2.2 Modularité et interopérabilité


Érigée en principe de la refondation de l’armée de terre, la modularité est limitée par :
- la définition de modules de base insécables (définis dans la PIA 05 402) ;
- le principe du noyau clé ;
- l’urgence ;
- la cohésion ;
- l’adaptabilité à l’intensité des combats.

La modularité s’applique aussi bien pour les états-majors que pour les unités. Une brigade
opérationnelle sera, chaque fois que possible, constituée autour d’éléments d’une brigade interarmes
(au minimum, le noyau clé du système de commandement, et un groupement tactique de mêlée).
Pour les états-majors de niveau supérieur, le CRR/FR ou un EMF constitueront le noyau clé (chefs de
cellules et environnement), auquel viendront s’adjoindre des éléments d’autres états-majors.

L’interopérabilité se définit comme la « capacité de plusieurs systèmes, unités ou organismes à


opérer ensemble grâce à la compatibilité de leurs organisations, doctrines, procédures, équipements
et relations respectives ». Elle revêt trois aspects (technique, procédurale et opérationnelle) et
plusieurs niveaux (interarmes, interarmées, interallié, multinational). Elle est évidemment l’impératif
majeur pour la constitution d’une force modulaire.

37
2.3 Constitution d’une force terrestre
La constitution d’une force terrestre s’établit en 2 étapes : définition de la force puis mise sur pied.

 Définition de la force
La définition de la force terrestre relève de la planification interarmées (CPCO) qui s’effectue en
étroite coopération avec l’EMAT et les états-majors concernés de la chaîne des forces. C’est une
démarche dialectique qui recherche la solution optimale entre les besoins opérationnels et les
capacités disponibles.

Dès l’approbation du plan d’opération interarmées la force terrestre est définie par le groupe
pluridisciplinaire de planification opérationnelle (GPPO) mis sur pied par le CFT en prenant en
compte :
- les contraintes politiques (effectif/terre, type de matériel, résolution de l’ONU, cadre
international…) ;
- les contraintes militaires (disponibilité, …) ;
- la situation (zone d’opérations, projection, durée, belligérants ou ennemi) ;
- l’analyse de la mission au regard de chaque fonction opérationnelle (tâches à réaliser).

Le poids de chaque fonction opérationnelle terrestre reste relativement constant :

COMMANDEMENT = 10 % RENSEIGNEMENT = 10 %
COMBAT / APPUIS = 40 à 65 % LOGISTIQUE = 15 à 40 %

Toutefois ces chiffres ne constituent qu’une moyenne ou un ordre de grandeur résultant de plusieurs
expériences antérieures de planification et/ou d’opérations. Ils ne doivent en aucun cas être
considérés comme une norme à respecter.

 Mise sur pied de la force


Une fois l’ordre de bataille de la force opérationnelle terrestre défini, il revient au centre opérations des
forces terrestres (COFT) du CFT de la mettre sur pied.
La force est constituée à partir d’unités en réserve d’intervention. Elle est mise sur pied avec un noyau
clé fourni par un binôme de brigades interarmes, renforcé par des éléments des brigades spécialisées
et de la brigade logistique.

La mise sur pied se termine avec la mise en condition avant projection (MCP) consistant à parfaire
l’entraînement spécifique, à développer la cohésion et à compléter l’autonomie initiale. Il y a transfert
d’autorité (TOA) vers le commandant de la force terrestre (ou COMTACTER) dès que le CFT juge la
force opérationnelle prête.

2.4 Projection d’une force terrestre


La projection des forces relève de la compétence de l'EMA qui en confie la planification et la conduite
à son centre opérationnel (CPCO) et, pour ce qui concerne son exécution, au commandement de la
force déployée ainsi qu’au Centre Multimodal des Transports (CMT – vecteurs de niveau
stratégique).
L'échelonnement est arrêté par l'EMA / CPCO en fonction d'une planification qui tient compte des
besoins du théâtre, des propositions faites par les armées et des moyens de projection disponibles.
Il est essentiel que la projection de moyens de combat ou d'appui soit, au mieux précédée, au
minimum accompagnée de la projection des moyens nécessaires à leur soutien.
A ce titre, il appartient au CFT / COFT de veiller au respect des contraintes et impératifs inhérents au
fractionnement des éléments de soutien.

La projection (aussi parfois dénommée « acheminement stratégique ») se décompose


habituellement en trois phases :
- le pré-acheminement ;
- le transport inter-théâtres ;
- le post acheminement (cette phase pouvant être intégrée dans un processus RSMI – voir § 4.4).

38
 Le pré-acheminement
Les unités mises sur pied sont acheminées par voie routière, ferrée et éventuellement fluviale vers les
zones de regroupement et d'attente (ZRA), activées par les armées sur le territoire national (ou
dans un pays hôte : cas rare mais possible).
La localisation et les conditions d'activation des ZRA sont arrêtées par l'EMA / CPCO en concertation
avec les états-majors d'armées.

La ZRA comprend normalement un PC, une antenne des transits interarmées de surface et une
représentation du CFT. En outre, un détachement de liaison de la force projetée est mis en place afin
d'assurer l'interface avec la chaîne de commandement territorial et les chaînes techniques
fonctionnelles. Ce DL agit en étroite collaboration avec ceux mis en place par le CFT et les différents
organismes présents en ZRA. Ces détachements sont habilités à prendre des décisions de conduite
de leur niveau sur le terrain.

Les mouvements de pré-acheminement vers les ZRA sont conçus et conduits par le CMT et ses
organismes rattachés, en liaison avec le CPCO et le GPPO, et les organismes chargés d’organiser les
mouvements (établissement des crédits de mouvement, soutien du mouvement, gîtes d’étape,
activation de la ZRA et, le cas échéant, soutien de la nation hôte).

Des structures temporaires de transit sont adaptées à la force projetée par le CMT. Les mouvements
entre les ZRA et les plates-formes d’embarquement sont à sa charge.

La mise en place des ressources et équipements spécifiques est coordonnée par le CFT en liaison
avec les organismes de soutien de l’armée de terre ou interarmées.

 Le transport inter-théâtre
Les mouvements et transports stratégiques (ou « transport inter-théâtre ») se déroulent entre les ZRA
départ et les zones de transit situées sur le théâtre d’opération où sont situés les points de
débarquement aériens, maritimes et terrestres.
Ils peuvent être réalisés par voie aérienne, par voie maritime et par voie de surface, sous la
responsabilité de l'EMA / CPCO.
Certaines conditions géographiques ou opérationnelles peuvent rendre nécessaire le déploiement
d’une base de transit intermédiaire. Lorsque celle-ci est suffisamment proche du théâtre d’opération,
elle peut être placée sous la responsabilité du commandant de théâtre qui doit alors disposer des
moyens de transport et de transit nécessaires pour poursuivre l’acheminement des forces.

 Le post-acheminement
Il est effectué, sur le théâtre, sous la responsabilité du commandant de théâtre avec les moyens civils
ou militaires mis à sa disposition.
Un centre opérationnel, plus particulièrement chargé de la conduite du post-acheminement, et une
ZRA, similaire à celle mise en place en métropole, peuvent être activés sur le théâtre.

 Le processus RSMI (réception, stationnement, mouvement, intégration)


Si nécessaire – notamment si l’ampleur de l’opération ou le volume des forces projetées le justifie – la
phase de post-acheminement devient partie intégrante d’un processus plus complexe permettant de
prendre en compte les forces déployées ainsi que leurs ressources depuis leur arrivée sur le théâtre
jusqu’à leur intégration finale dans le dispositif déployé (RSMI : Réception, Stationnement,
Mouvement, Intégration).

Ce processus consiste à organiser l’accueil du personnel, des matériels et des ressources sur un
théâtre. Sa mise en œuvre facilite le déploiement et l’intégration des unités à une force prête à remplir
sa mission sous un commandement unique.

39
Le processus RSMI comprend 4 phases :
- la réception sur les points d’entrée de théâtre. Cette phase se conclut par le regroupement des
unités en zone de regroupement et d’attente de théâtre ;
- le stationnement en zone de déploiement initial qui vise à rendre la force opérationnelle ;
- le mouvement des unités vers leur zone de déploiement opérationnel ;
- l’intégration des unités à la force (cette intégration pouvant éventuellement intervenir avant le
mouvement).

Avant le transfert d’autorité au commandant de la force, celui-ci exerce néanmoins le TACON sur
l’ensemble des unités projetées (y compris si possible sur les unités provenant d’autres nations, afin
d’être assuré de garder la maîtrise sur le déroulement du processus RSMI).

Le processus national est compatible avec le concept RSOM (Reception Staging Onward
6
Movement) de l’OTAN et de l’UE .
La mise en œuvre du processus repose sur une bonne synchronisation des flux, d’où la nécessaire
participation de la BLIAT (Base Logistique Interarmées de Théâtre) au processus.

2.5 Le désengagement
Le désengagement des forces nationales sur un théâtre est conçu et organisé par l'EMA/CPCO, en
étroite relation avec le commandant de théâtre et les états-majors d'armée dans leur domaine de
responsabilité organique.
Lorsque l’armée de terre est désignée « armée pilote du soutien », le CFT conçoit et coordonne les
opérations de démontage, en activant si nécessaire un centre opérationnel spécifique sur le théâtre
(CO désengagement).
Les ZRA de théâtre relèvent de la responsabilité du commandant de théâtre.
Le transfert d'autorité entre commandement opérationnel et commandement organique s'effectue,
selon les circonstances, soit à la sortie de la ZRA de théâtre, soit dans la ZRA activée sur le territoire
national.
Les mouvements liés au désengagement relèvent des mêmes principes que pour la projection :
- les pré-acheminements sont de la responsabilité du commandant de théâtre et/ou de
l’ADCONFRANCE ;
- l’acheminement inter-théâtre relève de l’EMA ;
- les post- acheminements en métropole sont conçus et conduits par le CMT et ses organismes
subordonnés.

2.6 Le CMT
Le centre multimodal des transports (CMT) est un organisme à vocation interarmées air OVIA Air créé
er
le 1 juillet 2007. Localisé sur la base aérienne 107 de Villacoublay, il est rattaché organiquement au
commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA).

 Missions opérationnelles
Sous couvert du centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) de l’EMA, le CMT a
pour mission la conception (planification et programmation) et la conduite des acheminements
(transport et transit), dont les acheminements stratégiques (AS).
Pour ce faire, il :
- détermine le mode d’acheminement le plus approprié dans un souci permanent d’économie et en
tenant compte des nécessités opérationnelles ;
- détermine l’emploi des crédits affectés aux AS ;
- organise les transports en s’appuyant sur les vecteurs mis à sa disposition par les forces armées
ou sur les moyens civils affrétés ou loués ;
- organise les transits et les pré/post acheminements ;
- conduit en temps réel l’ensemble des AS.

Sur le plan fonctionnel, le CMT peut se voir définir des priorités d’acheminements par le centre
interarmées de coordination de la logistique des opérations (CICLO), sous couvert du CPCO.

6
Les doctrines OTAN ou UE comprennent parfois également un « I » (RSOM/I), mais qui peut signifier soit « integration »
(concept identique au RSMI français) soit « in-theatre training » (ITT : phase de « mise dans l’ambiance » ou d’auto-
entraînement se déroulant sur le théâtre sous responsabilité nationale ou multinationale, mais préalable à tout engagement
opérationnel).
40
 Organismes rattachés
Pour remplir sa mission, le CMT s’appuie essentiellement sur deux centres de mise en œuvre (CMO)
des voies de surface et maritime, placés pour emploi sous son autorité fonctionnelle :
er
- le centre des transports et transits de surface (CTTS), créé le 1 juillet 2009, est chargé de la
mise en œuvre des transits de surface et des transports de soutien par voie de surface (voie
routière, ferrée ou fluviale). Dans ce cadre il participe à la mise en œuvre des pré et post-
acheminements stratégiques par voie de surface sur le territoire métropolitain ;
- le centre de coordination des transits maritimes (CCTM), qui a succédé à la base de transit
er
interarmées le 1 juillet 2009, est l’organisme de mise en œuvre et d’exécution des transports,
transbordements et transits maritimes.

Dans le domaine aérien, le CMT est gestionnaire délégué par le CPCO pour l’ensemble du potentiel
d’utilisation (PU) « transport » des aéronefs de transport de l’armée de l’air, alloué pour couvrir les
besoins de l’ensemble des armées.

41
LA METHODE D’ELABORATION D’UNE
DECISION OPERATIONNELLE (MEDO)
RÉFÉRENCE : Méthode d’élaboration d’une décision opérationnelle (MEDO) édition 2010, approuvée
le 5 mai 2010 sous le n° 00288/DEF/CDEF/DDo/B.CDT.

Inscrite dans la doctrine d’emploi des forces terrestres, la MEDO 2010 conserve une place
prépondérante à la notion d’effet majeur. Elle se caractérise également par la prise en compte des
évolutions actuelles du contexte d’engagement de nos forces :

- leur emploi dans un continuum des opérations intervention, stabilisation, normalisation qui ne
permet plus de caractériser celles-ci de façon aussi simple qu’avant. La spécificité et le caractère
dimensionnant des deux dernières phases doivent maintenant être pris en considération très en
amont ;
- l’occurrence accrue de travailler dans un environnement interarmées ou multinational, voire au
sein d’états-majors appliquant des méthodes de réflexion reposant sur les notions de centre de
gravité , de points décisifs et de lignes d’opérations, ce qui impose de les concilier avec
7
l’élaboration de l’effet majeur. Ces notions sont au cœur de la manœuvre globale qui devra
désormais être prise en compte de manière adaptée dès les plus bas échelons ;
- l’importance accrue des fonctions d’environnement telles que CIMIC, COMOPS, OMI ;
- le besoin de cohérence du document de l’armée de terre avec la documentation interarmées et
OTAN.

Outil de raisonnement dont la finalité reste la prise de décision en vue de l’élaboration de la


manœuvre et des ordres opérationnels du niveau tactique, la présente version s’inscrit en
8
cohérence avec la méthode française de planification opérationnelle (MPO ) et l’Operational Planning
9
Process (OPP ) de l’OTAN, tous deux employés aux niveaux opératif et stratégique.

7
Cf. le concept sur la « manœuvre globale » et le FT02 « principes de tactique générale » approuvés en 2008
8
Enseignée au CID depuis 2004, la MPO met en œuvre l’OPP dans un cadre national.
9
Décrit dans le Guidelines for Operational Planning Process (GOP).

42
1. Présentation de la méthode
C’est la réception d’un document de l’échelon supérieur (plan ou ordre d’opération, voire plan
10
simplifié), une évolution de situation ou le résultat d’une évaluation des effets obtenus qui
déclenche le processus décisionnel et donc l’application de la MEDO.
La décision de l’autorité, résultat de l’élaboration de la décision opérationnelle permet d’établir, selon
le cas, un plan simplifié, un plan d’opération, un ordre d’opération, ou un ordre de conduite.

1.1 Esprit de la méthode


La méthode est un outil élaboré organisant et guidant le raisonnement qui mène à la prise de décision
de l’autorité.
Elle n’est pas conçue comme un frein à l’imagination ni comme une procédure rigide mais doit être
considérée comme un guide flexible dont seuls les éléments pertinents doivent être utilisés en fonction
11
du niveau d’emploi et de connaissance qu’en ont les utilisateurs . Elle a pour but de garantir au chef
la pertinence de ses décisions et sa liberté d'action pendant l'engagement grâce à un raisonnement
aussi exhaustif que possible.
Pour chaque question étudiée elle permet, en particulier, de mettre en relief des contraintes et des
impératifs qui délimitent la marge de manœuvre du niveau considéré ainsi que des risques et des
conséquences. Ces éléments doivent être exploités systématiquement et de manière itérative dans
l'étude des autres questions sur lesquelles ils interagissent. En particulier, les conclusions tirées au
cours de l’analyse doivent ensuite nourrir l’élaboration des modes d’action.
Elle nécessite l'application permanente du raisonnement itératif, non seulement au cours de
l'élaboration de la première décision mais également en cours d'action. Dans ce dernier cas, une

10
Il convient de souligner que les résultats d’une évaluation des effets obtenus ne sont pas toujours immédiatement
perceptibles, en particulier lorsqu’il s’agit d’actions s’appliquant sur des champs immatériels.
11
Ce niveau de connaissance est fonction du niveau de responsabilité (chef de section, commandant d’unité, chef opérations
…)

43
nouvelle appréciation de situation déclenche la mise en œuvre d'un nouveau processus, souvent
12
partiel, d’élaboration de la décision qui aboutit à la rédaction d'un ordre de conduite .
Elle s'applique, avec de nécessaires adaptations, quels que soient les délais dont dispose l'état-major
ou le chef aux niveaux tactiques les plus bas et permet d’optimiser la répartition des tâches et le
travail collectif au sein de l’état-major.

1.2 Emploi de la méthode


 Quelle application ?
La MEDO s’applique tout au long du continuum des opérations quel que soit le mode
tactique (offensive, défensive, sécurisation, assistance). Elle vise à présenter au chef les
éléments d’analyse et de synthèse qui lui permettent la prise d’une décision d’engagement
puis la rédaction des ordres aux subordonnés. Elle se déroule en parallèle et de manière
itérative avec la Préparation Renseignement de l’Espace des Opérations (PREO) sur
laquelle elle s’appuie en partie (notamment pour répondre aux questions : « où ? » et
« contre qui, malgré qui ? »).

 À quel niveau opérationnel ?


Généralement utilisée dans sa forme exhaustive par un état-major du niveau brigade
interarmes ou division, elle peut également l’être au niveau du groupement tactique
interarmes (GTIA). Au niveau du sous-groupement tactique et en dessous, elle est utilisée
sous la forme d’une MEDO adaptée, dérivée du présent document et réalisée, pour chaque
fonction opérationnelle, par les écoles de formation concernées en veillant à en conserver
l’esprit et les principes essentiels.
Les états-majors de quelque niveau qu’ils soient exerçant la responsabilité de composante
terrestre (CTT/LCC) utiliseront en priorité la MPO ou le GOP (Chap 4-OPP), en fonction de
leur caractère national ou multinational.

 Par qui ?
Toutes les fonctions opérationnelles représentées au sein de l’état-major participent au
processus de réflexion. Selon le niveau et le stade de l’engagement, le travail des équipes
d’état-major peut être coordonné soit directement par le chef d’état-major, soit par un sous-
chef désigné ou par un chef de centre d’opération, voire par le chef opérations au niveau du
GTIA.

 À quel rythme ?
Le temps consacré à l’élaboration d’une décision opérationnelle est lié au rythme imposé par
la nature de l’engagement. Il peut s’étendre sur plusieurs jours mais parfois se dérouler en
quelques heures.

1.3 Les produits de la méthode


 Effet majeur et choix de la manœuvre.
L'élaboration d'une décision opérationnelle se déroule en deux phases principales :
- la première phase est constituée d’une étape d’analyse et d’une étape de synthèse. Elle aboutit à
une première décision de l’autorité concernant :
o systématiquement l’effet majeur, qui exprime le ou les points d’application de l’effort
tactique permettant de remplir la mission (le « Quoi ? »),
o en fonction des conclusions de l’analyse, le(s) centre(s) de gravité (AMI et ENI), les
13
points décisifs, les lignes d’opérations en première approche ;

12
Fragmentary Order (FRAGO)
13
Ces notions ne sont pas systématiquement mises en évidence au terme de l’analyse, en particulier aux niveaux les plus bas.
Il conviendra en outre de ne pas en multiplier le nombre.

44
- la deuxième phase est consacrée à l’élaboration de la manœuvre. Elle repose sur la définition de
modes d’action possibles et s’achève par la décision de l’autorité sur le choix d’une manœuvre.
Cette phase de décision peut conduire l’autorité à préciser ou nuancer l’effet majeur initialement
retenu.

 Effet majeur et centre de gravité.


L’effet majeur est la condition dont la réalisation garantit le succès de la mission. Il exprime les effets
14
à obtenir sur le milieu ou l’adversaire en un lieu et un temps donnés. Exprimé en termes simples
et précis, il doit synthétiser les conclusions de l’analyse, guider l’élaboration de la manœuvre et
permettre aux subordonnés de s’imprégner des conditions du succès.

Cependant, l’adversaire doit être considéré non comme une accumulation de capacités mais bien
comme un système. Ce dernier s’ordonne autour d’un (ou plusieurs) centre(s) de gravité qui
constitue(nt) sa source de puissance, matérielle ou immatérielle, d’où il tire sa force physique, sa
volonté de combattre et sa liberté d’action. Il faut considérer qu’au niveau tactique le centre de gravité
adverse, lorsqu’il existe, est généralement unique.
Il faut noter que cette notion de centre de gravité s’applique également aux amis et qu’il convient donc
de l’identifier et de le protéger afin d’empêcher l’adversaire de l’atteindre.
15
A la force adverse, sont associés des points décisifs qui « jalonnent » l’accès au centre de gravité
en suivant un (des) cheminement(s) logique(s) appelé(s) ligne(s) d’opérations. Chacune d’entre
elles représente une dominante d’actions physiques ou immatérielles cherchant à atteindre les points
16
décisifs qui y sont rattachés . Le contrôle d’un centre de gravité (saisie, destruction, neutralisation…)
passe donc généralement par l’action préalablement concentrée sur un ou plusieurs points décisifs.

Un ou plusieurs points décisifs ou le centre de gravité lui-même pourront être le point d’application de
17
l’effet majeur .

1.4 Les phases de la méthode


- Phase préalable : mise dans l’ambiance (initiation).
L’autorité doit fournir à son état-major ses premières conclusions personnelles pour lui indiquer sa
vision du cadre de l’action, notamment dans le cas où elle a reçu des directives particulières de
18
l’échelon supérieur susceptibles d’éclairer la mission (IPS par exemple).
Avant d’entamer la phase d’analyse de la mission, l’état-major doit procéder à une rapide étude
préalable du contexte général de l’engagement. Éventuellement, il pourra en déduire des
19
« présuppositions » qui constituent la limite de validité de l’étude et qui, si elles ne sont pas vérifiées,
doivent conduire à reprendre le cycle de réflexion. Il pourra également se révéler pertinent de
procéder, dès ce stade, à l’orientation des échelons subordonnés.

- Phase 1 : analyse et synthèse (orientation)


L'analyse consiste à décomposer une situation du niveau tactique en ses éléments essentiels, par
l’étude successive d'un certain nombre de questions. Elle aboutit, pour chaque point examiné, à des

14
Le milieu est à considérer comme étant l’espace physique, humain, politique et économique (cf. FT 02, 1° partie, § 211).
15
cf. FT 02 page 39 § 222.
16
Elles sont des lignes de cohérence qui permettent d’atteindre directement ou indirectement le (s) centre(s) de gravité de
l’adversaire, en évitant si possible la confrontation directe. Au niveau tactique, la construction de lignes d’opérations peut se
faire soit en reprenant intégralement ou en extrapolant certaines lignes du niveau supérieur et en les adaptant à la zone de
responsabilité considérée, soit en en créant de nouvelles spécifiques à la réalité de la zone de responsabilité du niveau
concerné. Elles doivent être concrètes, adaptées à une zone et un temps donnés et directement reliées aux opérations sur le
terrain. Elles peuvent être géographiques, thématiques ou fonctionnelles. (cf. La manœuvre globale).
17
cf. FT 02 page 40
18
IPS : Instruction personnelle et secrète.
19
Présupposition : Hypothèse de travail, émise aux différents stades de la planification d'emploi des forces, sur un paramètre
de l'étude, à l'exclusion de la manœuvre ou du comportement de l'adversaire. Celle-ci n'a de valeur que dans les limites
supposées pour ce paramètre (sinon, il s'agit d'un autre problème). Toute présupposition doit être :
* nécessaire (prise de position sur un facteur important tel que disponibilité de moyens, emploi de l'arme nucléaire, délais,
...) ;
* réalisable (sinon l'étude n'a pas de sens) ;
* vérifiée avant l'action (pour s'assurer que les conclusions de l'étude sont valables) – TTA 106

45
20 21
conclusions partielles comprenant un certain nombre de contraintes , d'impératifs et de
conséquences tactiques et logistiques.
La synthèse des conclusions partielles sert alors à l’état-major à :
- se prononcer sur les vulnérabilités et les points forts ENI/AMI (qui permettront, le cas
échéant, d’identifier le(s) centre(s) de gravité, de proposer des points décisifs associés) ;
- déterminer ce qu’il faut faire pour atteindre l’objectif fixé (éventuellement sous forme d’une
ébauche de lignes d’opérations) ;
- élaborer une proposition d’effet majeur à réaliser.

Ces éléments sont ensuite soumis à l’approbation de l’autorité au cours d’une réunion décisionnelle.

- Phase 2 : élaboration de la manœuvre


Elle permet de définir comment atteindre l’objectif et débute par l'élaboration en parallèle des modes
d'action, ceux des adversaires/ennemis et autres parties hostiles à l'action de la force (ME) et ceux
des amis et autres parties favorables à l'action de la force (MA). Elle se poursuit par leur
confrontation. Une sélection des MA est alors présentée à l'autorité pour le choix du mode d'action.
La décision opérationnelle étant prise, l'état-major peut rédiger les ordres pour l'engagement de ses
unités subordonnées.

Déroulement chronologique de la MEDO d’une brigade :

20
Contrainte : prescription ou donnée objective de toute nature imposée et constituant une entrave à la liberté d'action du chef,
entraînant des mesures à prendre. (TTA 106).
21
Impératif : mesure à prendre, indispensable pour la réussite de la manœuvre, c'est-à-dire pour la réalisation de l'effet majeur
(TTA 106).

46
Synthèse de la méthode de d’élaboration d’un ordre opérationnel :

47
AUTORITE
PHASE 1 PHASE 2

pourquoi? l’esprit but à atteindre


COMMENT?
MISSION élaboration
tâches à réaliser des modes d’actions
quoi? la lettre CONTRAINTES & IMPERATIFS
Si pertinents :
Etablissement liste
ORIENTATION centres de gravité ME / ENI + autres parties
INITIALE AMI/ENI au conflit hostiles
points décisifs, lignes
environnement règles d’engagement d’opérations en MA / AMI + autres parties
contexte 1ère approche au conflit favorables
cadre politico-mil. règles de comportement
cadre juridique
population
PROPOSITION DE confrontation
quand? moment, délais marge d’initiative L’EFFET MAJEUR
MA ME
CADRE
terrain, météo points et zones clés
où? risques de
CONTEXTE pollution Sélection MA DECISION
D’ENGAGEMENT
malgré qui forces ennemies 1ère approche vulnérabilités et
GÉNÉRAL contre qui? et parties hostiles points forts
DECISION
forces amies et potentiel, aptitude des
avec qui? parties favorables moyens, évaluation des facteurs
de force ou de faiblesse,
DE besoins Choix du
Choix:
rapport de lieux et moments clés centre de gravité MA
forces de l’action et points décisifs
Conclusions partielles lignes d’opérations
CADRE GENERAL DE L’ACTION EFFET MAJEUR
L’ACTION
Lieu et moments clés de l’action MA définitif
Contraintes et impératifs ==> marge
d’initiative
Nouvelles tâches éventuelles à besoins
réaliser
demandes
Demandes

ANALYSE SYNTHESE ELABORATION DE


MISE DANS L’AMBIANCE CONCLUSIONS PARTIELLES
LA MANOEUVRE

MISE EN ALERTE et ORIENTATION des ORDRE PLAN SIMPLIFIE /


SUBORDONNES LE CAS ECHEANT PREPARATOIRE ORDRE D’OPERATION

48
2. Phase préalable : mise dans l’ambiance
Il s’agit d’analyser la mission dans sa dimension générale, autrement dit de définir le cadre général d’emploi.
Les conclusions partielles porteront en particulier sur l’évaluation du cadre espace-temps d’ensemble (dimension de la zone d’action, espace de manœuvre,
durée et délais affectant la mission). A la fin de cette phase préalable, l’état-major peut, s’il l’estime utile, entamer le dialogue avec ses unités subordonnées
et les informer des travaux en cours afin d’initier leur réflexion (ce dialogue est facilité dans les unités numérisées).

Etude du contexte général de l’engagement : tableau de synthèse :

Points à étudier Conclusions

Action menée par l’échelon supérieur :


-nature (type d’opération) ; Nature de l’engagement : offensif, défensif, sécurisation, assistance, etc.
-cadre espace-temps général ; Définition du milieu / zone d’action.
-intention du supérieur ; Durée de l’action, cadencement.
-centres de gravité (ENI et AMI), points décisifs, lignes Contraintes induites pour l’échelon concerné.
d’opérations (si disponibles).

Ennemi :
-l’ennemi/adversaire de l’échelon supérieur a-t-il une incidence Estimation de la nature et de l’importance de l’ennemi/adversaire (au contact, dans la
sur l’ennemi/adversaire de mon niveau ? profondeur et dans le temps) et des autres parties hostiles au conflit.
-Quel est mon ennemi/adversaire global ?

Autres parties au conflit :


-organisations armées ; Estimation de la nature de l’importance et des interactions des autres parties au conflit.
-autres parties au conflit non belligérantes (dont populations) ;
-organisations ou structures d’influence.
Détermination des facteurs majeurs retenus par chaque fonction opérationnelle
Situation tactique générale :
-situation air / navale ; Présuppositions éventuelles.
-menaces N.B.C ;
-état des forces ; Cadre espace-temps d’ensemble.
-menaces autres que militaires (terrorisme, insurrection…)
autres facteurs (risques …).

49
3. Première phase : analyse et synthèse
L’analyse et la synthèse constituent la première phase de la méthode. Elles aboutissent à la première
décision de l’autorité concernant l’adoption des conclusions et le choix de l’effet majeur ainsi que,
lorsqu’ils sont pertinents, du (des) centre(s) de gravité, des points décisifs associés et à l’ébauche
éventuelle de lignes d’opérations envisageables en première approche.

L’analyse s’applique à l’étude de la mission et du cadre général de l’action qu’elle décompose en


éléments essentiels afin d’en saisir leur essence, leur importance relative, leur étendue et leurs limites
ainsi que leurs liens éventuels. Elle conduit à des conclusions partielles :
- mettant en relief des contraintes et impératifs ainsi que des conséquences particulières ;
- permettant de déterminer l’effet majeur ainsi que le(s) centre(s) de gravité, les points décisifs, les
lignes d’opérations envisageables en première approche qui seront présentés à l’autorité pour
décision ;
- conduisant à une première expression de besoins et des demandes complémentaires formulées
par l’état-major pour réaliser dans des conditions optimales l’effet majeur envisagé.

En outre, tous les éléments qui apparaissent au fur et à mesure du raisonnement serviront à
l’établissement de tâches à réaliser.

L’étude du contexte doit prendre en compte tous les éléments interagissant avec la mission dans les
différentes phases du continuum des opérations, dont l’environnement de la force, le cadre politico-
militaire, le cadre juridique (incluant les règles d’engagement), le contexte psychologique et humain
particulièrement pertinents en sécurisation et en assistance.

L’étude des forces ennemies et amies s’élargit également aujourd’hui aux autres protagonistes dont
l’influence sur les opérations est manifeste. Ainsi, quel que soit le mode opératoire, peuvent agir :
22
- d’une part les organisations internationales , généralement neutres et pouvant être utiles à la
force (elles entrent alors dans la catégorie des amis),
23
- d’autre part les autres parties au conflit (terme appartenant au droit des conflits armés). Ces
forces seront respectivement considérées comme :
o hostiles à l’action de la force (assimilées aux ennemis/adversaires),
o favorables à l’action de la force (assimilées aux amis).

Enfin le milieu humain, à la fois acteur et enjeu, doit être pris en considération dans le raisonnement.

3.1 L’analyse de la mission


La démarche consiste à situer la mission dans le cadre de l’action conduite par l’échelon supérieur
pour en déterminer son esprit (dans quelle perspective, pourquoi ?) et sa lettre (quel(s) effet(s) faut-il
obtenir ?).
L’étude de la mission permet donc :
- de débuter l’inventaire des contraintes qui s’imposent au chef ;
- de dégager les premiers impératifs relatifs à l’exécution de la mission ;
- d’établir l’inventaire des tâches à réaliser, des effets à obtenir.

Les conclusions partielles sont présentées à l’autorité qui donne alors ses orientations.

Pourquoi ? (l’esprit)
Pourquoi reçoit-t-on cette mission ? Le concept d’opération du niveau supérieur apporte l’essentiel de
la réponse pour comprendre l’esprit qui doit imprégner l’exécution de la mission.

22
Organisations gouvernementales (OG) et non gouvernementales (ONG).
23
Armées régulières, bandes armées, milices, forces de sécurité, mouvements de libération, structures ou organisations
politiques, religieuses, économiques, criminelles …

50
Le but à atteindre, c’est-à-dire l’objectif que l’on s’est fixé en fin de mission, est au cœur de cette
réflexion. Sans être le même que celui de l’échelon supérieur, il contribue étroitement à la réalisation
de celui-ci. Il s’agit en fait de déduire en quoi l’action envisagée au niveau considéré est nécessaire à
la réussite de celle de l’échelon supérieur, en quoi elle peut être décisive et comment elle doit
s’inscrire dans celle-ci.

Quoi ? (la lettre)


La question « Quoi ? », autrement dit « Que dois-je faire ? », correspond à la lettre de la mission. Elle
permet, à partir de l’inventaire des effets à obtenir dans l’espace et dans le temps, sur l’adversaire, le
milieu, l’environnement, de les regrouper par thèmes et de décomposer la mission en tâches à
24
réaliser, spécifiées et induites . Elle permet de dégager les contraintes et les impératifs qui
s’imposent au chef et d’évaluer sa marge d’initiative.

Orientation initiale de l’autorité


Les conclusions de l’analyse de la mission (but à atteindre, contraintes, impératifs, inventaire des
tâches, effets à réaliser, marge d’initiative, demandes éventuelles) sont présentées à l’autorité qui
donne alors ses orientations pour la poursuite du processus de raisonnement. C’est à ce moment-là
que le chef indique les critères de confrontation qu’il souhaite voir retenus pour la deuxième phase.
Les échéances temporelles pour les prises de décision (choix de l’effet majeur, choix du MA,
rédaction des plans ou ordres …) sont également fixées.

Tableau récapitulatif de l’analyse de la mission :


POINTS À ÉTUDIER CONCLUSIONS
“Pourquoi ?” (Esprit)

But poursuivi par l’échelon supérieur. En quoi l’action envisagée est nécessaire à
Etude de la manœuvre du supérieur (intention, l’action conduite par l’échelon supérieur, en
centre(s) de gravité, points décisifs, lignes quoi elle peut être décisive.
d’opérations) et des voisins.
But à atteindre.

“Quoi ?” (Lettre)

Inventaire des effets à obtenir sur l’adversaire (sa Liste des tâches, spécifiées et induites, à
source de puissance, ses vulnérabilités), le milieu, réaliser.
l’environnement dans le cadre espace-temps fixé. Mises en alerte éventuelles.

CONCLUSIONS PARTIELLES

- Place de notre action dans la manœuvre de l’échelon supérieur ;


- but à atteindre ;
- inventaire des tâches et des effets à réaliser ;
- premier inventaire des contraintes et impératifs.

3.2 Analyse du cadre général de l’action


L’analyse du cadre général de l’action porte sur l’ensemble des domaines qui, selon l’expression
consacrée, « représentent le décor de l’action » et conditionnent de ce fait le type d’action menée et
les décisions opérationnelles.
Toutes les fonctions opérationnelles représentées au sein de l’état-major doivent participer à cette
étude afin d’y trouver des conclusions spécifiques à leur domaine, qui feront l’objet d’une synthèse
dont les conclusions participeront à l’identification et à la définition du centre de gravité et des points
décisifs.

24
Tâches spécifiées : tâches explicitement notifiées dans les ordres de l’échelon supérieur (directive, OPLAN, plan simplifié,
OPORD, FRAGO…)
Tâches induites : tâches implicites, non explicitement notifiées dans les ordres de l’échelon supérieur mais déduites de
l’analyse de la mission reçue.

51
La fonction renseignement (dans les états-majors atteignant une taille importante) entreprend par
ailleurs, de façon spécifique, la « préparation renseignement de l’espace des opérations » (PREO).

Analyse du contexte
Quels que soient les modes opératoires de la manœuvre et l’intensité du conflit, tous les domaines
suivants seront étudiés:
- l’environnement, lieu d’échange d’informations et point d’application de l’influence de la force :
aspects civilo-militaires, humanitaires, psychologiques et de communication. Les éléments étudiés
portent sur la connaissance :
o de l’ensemble des acteurs et intervenants potentiels non hostiles (les instances
politiques et diplomatiques intervenant soit dans un cadre institutionnel, en qualité
d'autorités de tutelle par exemple, soit dans le cadre d'un groupe de négociation ad hoc ;
les organisations à vocation humanitaire, gouvernementales ou non gouvernementales ;
les experts des nations et des organisations internationales participant à la restauration
des fonctions vitales des pays en crise ; les acteurs médiatiques ; les opérateurs privés et
institutionnels à vocation économique et financière, voire paramilitaires),
o de la population locale mais également de la population étrangère aux parties en
conflit, le contexte local historique, culturel, religieux, économique, socio-économique,
relatif à la communication (…) ;
cette étude revêt une importance toute particulière dans le cadre des opérations de
sécurisation et d’assistance ; elle doit permettre d’identifier les acteurs susceptibles de
renforcer la légitimité et la crédibilité de la force vis-à-vis de la population et de la
communauté internationale et elle aura dans certains cas un impact direct sur le choix de
la manœuvre et des modes d’action ;

- le cadre politico-militaire, essentiellement par l’étude :


o du mandat de la force, pouvoir donné par l’autorité politique pour agir en son nom,
selon ses termes et directives, à partir d’un objectif national ou international (mandat du conseil de
sécurité de l’ONU par exemple),
o de la situation politique locale ;

- le cadre juridique, dont l’étude aboutit à l’énoncé de règles qui encadrent l’action militaire sur le
terrain. Il s’agit en particulier de prendre en compte le cadre juridique permanent (droit international,
droit des conflits armés, droit interne français et droit du pays hôte) et le cadre juridique spécifique à
l’opération (ensemble juridique relatif au mandat, accords bi ou multilatéraux qui fondent les alliances
impliquées ou liens bilatéraux entre nations engagées, accords avec la nation hôte).
25
Les particularités liées à un engagement multinational (national caveats , intérêts nationaux
particuliers et parfois divergents au sein d’une même coalition, etc.), la « judiciarisation » de plus en
plus poussée du contexte d’engagement des forces ainsi que des règles d’engagement pouvant être
extrêmement restrictives, expliquent la nécessité de prendre en compte précisément ces différents
paramètres. Le chef interarmes doit ainsi pouvoir fonder ses décisions sur une analyse claire et
concrète des facteurs politiques et du cadre juridique définissant et délimitant le mandat de la force.
Les règles de comportement sont définies en fonction de cette étude.
26 27
Aux niveaux de décision en disposant, le POLAD et le LEGAD contribuent à ce volet de l’analyse.

La conclusion principale de l’étude de ce domaine évalue l’importance de la liberté d’action du chef


par rapport au contexte. Elle permet d’exprimer les éventuelles demandes d’ordre juridique pour
faciliter l’accomplissement de la mission.

Analyse du cadre temporel (quand?)


L’étude du cadre temps (délais) porte sur la durée de la mission, sur les particularités du moment où
se situe l’action (saison, durées respectives du jour et de la nuit, phase de la lune), sur la prise en
compte de dates critiques (commémorations nationales, fêtes religieuses, …) et sur les contraintes
éventuelles que ces facteurs imposent au rythme de la manœuvre.
Elle aboutit à apprécier les conditions de préparation de la mission mais également à déduire les
impératifs et les contraintes liés à son exécution.
25
National caveats : restrictions d’emploi spécifiques à une nation déployant des forces au sein d’une coalition.
26
POLAD : Conseiller politique
27
LEGAD : Conseiller juridique

52
Analyse du cadre spatial (Où?)
L’étude du cadre spatial consiste à examiner de façon précise le milieu physique et humain de la zone
pour en déduire des conséquences tactiques. Elle porte sur le milieu, le terrain et les conditions
météorologiques. Dans les PC de niveau 3 et plus, cette étude est effectuée en corrélation avec la
PREO conduite par la cellule renseignement.
- L’étude du terrain s’appuie sur sa description synthétique par compartiment établie au préalable.
Elle met en évidence les conditions de la manœuvre et permet d’identifier en particulier :
o les axes d’approche,
o les couloirs de mobilité (dont les zones minées, polluées, ou favorables à des actions
non conventionnelles),
o les espaces lacunaires,
o les zones de répartition humaine (ethnique, politique…) ainsi que les zones d’action
privilégiées des factions.
- L’étude des conditions météorologiques, avec ses conséquences sur la manœuvre
(inondations, traficabilité, visibilité, etc.) est complétée par la prise en considération des risques
de pollution et de contamination de la zone étudiée, qui peuvent être diminués ou aggravés par
les conditions du moment.

L’analyse de la question « où ? » permet en fin de compte de déduire, par l’identification des points
et zones clés AMI et ENI, dans quelle mesure le terrain et la météo peuvent favoriser ou gêner
l’action de la force étudiée et celle de l’adversaire/ennemi, au regard du style général de l’action
définie dans l’analyse de la mission.
En d’autres termes, apparaissent :
- les zones où il faut faire effort ;
- en offensive ou en défensive, les zones où il ne faut pas engager le combat et les zones où il faut
essayer d’amener l’ennemi à se battre.

53
Tableau récapitulatif de l’analyse du contexte, des délais, du milieu physique et humain :
Points à étudier Conclusions

Contexte

Milieu (Environnement) :
- aspects civilo-militaires (dont populations) ; - Risques, menaces,
- aspects humanitaires ; opportunités ;
- aspects ethniques, psychologiques, sociologiques, religieux … - impact logistique ;
- communication ; - impact des règles
Cadre politico-militaire : d’engagement déclinées
et adaptées à l’échelon
- mandat ; tactique ;
- situation politique locale ;
- règles de comportement.
Cadre juridique de la force :
- caveats ;
- permanent ;
- spécifique à l’opération ;
- contraintes et impératifs ;
- règles d’engagement ;
- liberté d’action liée au
contexte ;
- règles juridiques
"Quand ?" (délais) encadrant l’action
- Préavis ; tactique.
- Durée de la mission ; - délais de mise en alerte, de préparation et d’exécution de la mission ;
- Moment de l’action : saison, - déroulement chronologique ;
durée du jour et de la nuit,
phase de la lune ; - contraintes et impératifs ;
- Dates critiques ; - marge d’initiative.
- Rythme des phases de la
manœuvre.

- Conditions de manœuvre (aisées, difficiles) :

54
 aptitude du terrain aux vues, aux rayonnements électromagnétiques, à l’emploi
"Où ?"
des armes, à l’acquisition du renseignement, aux obstacles, à la mobilité, à la
manœuvre, …,
Milieu physique de la zone  identification des axes d’approche,
d’opération :  identification des couloirs de mobilité,
 espaces lacunaires ;
- analyse du terrain à partir de - zones ethniques, (contraintes culturelles, politiques…) :
sa description synthétique ;  comportements humains,
 zones favorables à des actions asymétriques (guérilla, terrorisme…)
- conditions météorologiques ;
- Effets de la météo : visibilité, traficabilité des sols et des berges, utilisation de
l’espace aérien, aptitude des matériels et des armes… ;
- risques divers liés au milieu - risques de pollution et de contamination.
physique.
Contraintes et impératifs
Dans quelle mesure le terrain et la météo peuvent favoriser ou gêner mon action et
celle de l’adversaire/ennemi (identification des points et zones clés AMI et ENI).

Analyse des forces d’opposition (Contre qui ou malgré qui ?)


Cette étude concerne l’adversaire. Il s’agit non seulement de l’ennemi (adversaire conventionnel et clairement identifié) mais également des autres parties au
conflit, hostiles à l’action de la force.
Elle porte successivement sur :
- l’inventaire des moyens ;
28
- l’état des forces (capacité opérationnelle ) ;
29
- l’aptitude des moyens (possibilités d’action) ;
30
- la détermination du centre de gravité et des points décisifs ainsi que, le cas échéant, des lignes d’opérations en première approche.

Les forces ennemies


31
Partant de l'impression de l'échelon supérieur sur la menace exercée par l'ennemi dans sa zone de responsabilité, de la connaissance de son organisation,
de sa doctrine (ou de ses modes d’action) ainsi que des renseignements obtenus, il s'agit d'identifier et de déduire la nature, le volume, le dispositif, la capacité
opérationnelle et les aptitudes de l'ennemi global, constitué de :
28
Capacité opérationnelle : possibilités militaires intrinsèques de la force ou d’un ensemble de moyens dont l’analyse s’effectue par types de moyens (nombre d’unités ou de systèmes d’armes) ou
par fonction. La résultante des capacités représente le potentiel (notion quantitative).
29
Aptitude : faculté de mettre en œuvre les capacités détenues par les forces et caractérisée par le pouvoir d’anticipation, la souplesse d’emploi, la maîtrise des systèmes d’information et de
communication, l’interopérabilité, la capacité à mener un combat continu et prolongé, la compétence du personnel. L’aptitude traduit aussi la possibilité, pour une force détenant la capacité
requise, d’accomplir une tâche déterminée, au moment voulu (notion qualitative), à l’endroit fixé (disponibilité des moyens, niveau logistique, etc…)
30
Les centres de gravité doivent être considérés sans préjuger de l’effet qui leur sera appliqué. Ainsi, en phase de stabilisation, une force peut être amenée à protéger le centre de gravité de
chaque force belligérante afin d’éviter la reprise des hostilités ou l’atomisation anarchique de leurs forces.

55
- l'ennemi "initial" (c'est celui qui sera opposé en premier à la force amie considérée) ;
- l’ennemi "ultérieur" (c'est celui qui est susceptible d'intervenir dans la zone d'action de la force durant la phase de manœuvre étudiée) ;
- l’étude des forces ennemies doit également porter sur l’ennemi futur qui, bien que n’appartenant pas à l’ENI global car intervenant après la réalisation de
la mission de la force étudiée, influe cependant sur la posture à adopter en fin de mission.

Les autres parties au conflit – adversaires


Sont étudiées ici les autres parties au conflit qui sont hostiles ou défavorables à l'action de la force, ou qui peuvent le devenir.
Il s'agit :
- d'identifier leur nature, leur importance, leur déploiement ou organisation et d'analyser leurs méthodes d'action (façon d'exercer leur puissance, aussi bien
par la violence que par les actions politiques, psychologiques, économiques, médiatiques, etc.) ;
- de déduire leur potentiel de nuisance et l'aptitude de leurs moyens.

Cette étude est déterminante dans le cadre des conflits actuels.


32
Les conclusions partielles donnent respectivement la liste des moyens, le potentiel , les capacités et aptitudes différenciées par domaine (par unité,
fonctions opérationnelles ou type de moyens) et globales des forces adverses et des parties au conflit défavorables à notre action, les menaces exercées
ainsi que les risques potentiels.
Elles permettent d’élaborer des effets à obtenir pour assurer le succès de la mission.
De plus, elles permettent de faciliter l’identification du centre de gravité et de ses vulnérabilités et des points décisifs, qu’il convient de répartir le long de
lignes d’opérations matérialisant la progression logique à suivre pour accomplir la mission. Ces lignes d’opération en première approche, lorsqu’elles
sont pertinentes, ne seront validées qu’à la fin de la phase d’analyse.

Les besoins en renseignement exprimés par les fonctions opérationnelles sont regroupés dans le plan de recherche du renseignement (PRR).

Enfin, les besoins en renseignement indispensables au raisonnement de la manœuvre sont récapitulés dans les Priority Intelligence Requirements (PIR).

31
Menace : concrétisation ou actualisation d’un risque de nuisance ou d’agression par une entité hostile ayant une volonté et une capacité d’action. (TTA 106)
32
Potentiel : force, puissance dont on peut disposer (TTA 106)

56
Points à étudier Conclusions

"Contre qui ?" ou "malgré qui ?"


Inventaire des moyens : Liste de ces moyens :
- ennemi au contact et futur ; - ennemi (nature, volume, dispositif) ;
- autres parties au conflit/adversaires (organisations armées, structures - autres parties au conflit/adversaires (nature, importance, déploiement ou
d’influence). organisation).
NB : cette étude correspond à l’étape 1 de la PREO
État des forces adverses : -
Potentiel des forces adverses ;
- ennemi : capacité opérationnelle et évolution dans le temps ; -
adversaire/ennemi : groupements de forces ou facteurs de puissance
- autres parties au conflit hostiles/adversaires : capacités d’action déterminants ;
(violence, actions politiques, économiques, médiatiques, sociales, - points forts ;
psychologiques …) ;
- points faibles, vulnérabilités ;
- moral des troupes et/ou des parties au conflit et facteurs psychologiques
- centre(s) de gravité ;
les influençant.
- menaces ;
- autres parties au conflit hostiles/adversaires :
- capacité de nuisance, menaces, centre(s) de gravité.
Aptitude des moyens (possibilités d’action) Pour l’adversaire/ennemi :
Adversaires/ennemis (différenciés par unité, fonctions opérationnelles ou - aptitude de l’adversaire/ennemi initial ;
type de moyens) en : - aptitude et délais d’intervention de l’adversaire/ennemi ultérieur ;
- fonction de la doctrine (gabarits de doctrine), - aptitude et délais d’intervention de l’adversaire/ennemi futur ;
33
- tenant compte de la ZIO de l’échelon supérieur. - objectifs de ces adversaires/ennemi .
En première approche : Dans l’espace et dans le temps :
34
- face à l’action amie et sur le terrain affecté de la météo (gabarit de - incompatibilités ;
situation) ; - contraintes et impératifs.
- dans les délais envisagés (gabarits d’évènements prévisibles).

Éléments constituant sa force Centre de gravité ENI et ses vulnérabilités

Autres parties au conflit : Pour les autres parties au conflit :


- moyens utilisés pour les actions violentes ; -spectre et efficacité des méthodes de violence et des autres moyens
-autres moyens (politiques, économiques, médiatiques, d’action.
sociaux, psychologiques…). Pour les amis, identification de ZIO

33
ZIO : zone définie en coordination avec les cellules manœuvre, appuis et renseignement, validées par le chef, dans laquelle doivent être en priorité, dans un créneau de temps donné, acquis et
traités des objectifs préalablement choisis (extrait de la définition du TTA 106)
34
Incapacité d’un groupement de moyens à accomplir une tâche déterminée (du fait de la nature des moyens, du manque de délais, de la simultanéité des actions à réaliser …)

57
CONCLUSIONS PARTIELLES
- possibilités, dans le cadre espace/temps, des échelons ennemis, menaces, risques ;
- centre(s) de gravité de l’adversaire/ennemi et vulnérabilités associées ;
- points décisifs et ligne(s) d’opérations en première approche, permettant d’atteindre le(s) centre(s) de gravité adverse(s) ou de protéger le(s) CG AMI.
- conséquences sur les tâches à réaliser ;
- expression des besoins en renseignements ;
- demandes éventuelles.

Avec qui, avec quoi ?


Cette étude concerne les forces amies. Il s’agit non seulement des forces militaires propres et de celles des voisins ou amis mais également des autres
parties au conflit favorables à l’action de la force.
Elle porte successivement sur :
- l’inventaire des moyens nécessaires, au regard des tâches à réaliser définies précédemment ;
- l’état des forces, à savoir :
o les capacités propres et éventuellement celles des voisins (en y incluant les capacités logistiques mais aussi les capacités particulières),
o Les capacités des organisations internationales et des parties au conflit favorables ou utiles à l’action de la force,
o Le moral des troupes et les facteurs psychologiques, qui influencent la capacité opérationnelle des forces amies ;
- l’aptitude des moyens finalement disponibles pour accomplir ces tâches et obtenir les effets désirés (moyens de la force et éventuellement autres
moyens), pour en identifier, en particulier, les incompatibilités.

58
Points à étudier Conclusions
Liste de ces moyens
Avec qui, quoi ?
- moyens de combat (organiques et en renforcement) et d’appui ;
- moyens de commandement ;
Inventaire des moyens nécessaires au regard des tâches définies - ALAT ;
antérieurement - logistique ;
- capteurs spécialisés ;
Moyens particuliers (FS, PSYOPS, COMOPS, CIMIC par exemple)

État des forces (numérique et qualitatif) : Potentiel :


amis : capacités propres : par unité, fonction opérationnelle ou type de - des moyens de la force :
moyens matériels ou immatériels, - points forts,
-évolution dans le temps ; - points faibles,
autres parties au conflit favorables et organisations internationales : - des moyens dont disposent les voisins et qui pourraient être utiles à la
- capacités d’action ; manœuvre ;
moral des troupes et facteurs psychologiques. - des autres parties au conflit favorables et OI pouvant aider ou favoriser l’action
de la force.
Aptitude des moyens finalement disponibles à effectuer les tâches à Dans l’espace et dans le temps :
réaliser. - incompatibilités ;
- contraintes et impératifs ;
- choix des tâches finalement dévolues aux unités ou moyens ;
- aptitude, globale et par domaine ou fonction opérationnelle, des moyens de la
force finalement disponibles ;
- mesures à prendre vis-à-vis des forces amies, des autres parties au conflit et
organisations internationales ;

Centre de gravité AMI (que faut-il absolument préserver pour pouvoir mesures à prendre pour protéger le CG AMI ;
accomplir la mission ?)
Critères de succès (qu’est-ce qui caractérise le succès de la mission ?) indicateurs de la réussite de la mission

59
Les conclusions partielles de cette étude portent sur :
- L’aptitude, globale et par domaine ou fonction opérationnelle, des moyens de la force disponibles in fine. En effet, ne pouvant présumer de la mise à
disposition du format de forces expressément adapté à la totalité des effets à obtenir, l’état-major ne prend en considération que les moyens disponibles
et appropriés pour la réalisation de chacune des tâches envisagées, après avoir affiné en particulier la question « où ? » et les contraintes liées à l’emploi
de certains moyens, à la fois dans le temps et dans l’espace ;
- l’évaluation des besoins en :
o renfort de la force, par des moyens (unités, fonctions, matériels) ou des effets (feux ou psychologiques par exemple),
o appui et soutien,
o renseignement,
o modification ou aménagement des limites de la zone d’action,
o aménagement de délais ;
- le centre de gravité AMI, c'est-à-dire ce qu’il faut absolument protéger pour conserver notre liberté d’action ;
- les critères de succès ou les indicateurs de la réussite de la mission en vue de l’évaluation ultérieure.

CONCLUSIONS PARTIELLES
- Adéquation moyens / tâches ;
- tâches à réaliser consécutivement ou successivement, dont celles qui visent à protéger le centre de gravité AMI ;
- critères de succès, risques ;
- demandes en : renforcement, appui et soutien, renseignement (terrain – amis …), modification et aménagement des limites de la zone d’action, aménagement
des délais ;

60
35
Analyse de la balance des potentiels (RAPFOR) ou de l’influence (RAPINF)
Cette dernière analyse étudie la valeur relative des moyens de la force par rapport à ceux de l’adversaire/ennemi, en fonction des moments et des lieux de
l’action. La balance des potentiels –RAPFOR- (en phase offensive ou défensive) ou de l’influence –RAPINF- (en phase sécurisation ou assistance), indiquera
où et quand la force sera en situation de supériorité ou d’infériorité, en situation favorable, équilibrée ou défavorable.
Elle permet par conséquent d’identifier les phases critiques de l’action, de poursuivre l’inventaire des contraintes et impératifs et d’orienter, d’une part le choix
36
des points décisifs pour réussir la manœuvre, d’autre part la mise à profit des déséquilibres défavorables à l’ennemi.

Elle devra être pondérée en fonction de critères qualitatifs variés, relatifs au personnel et au matériel (éléments psychologiques, performance des armes, …)
et prendre en compte, outre les moyens de combat, l’apport des appuis et de la logistique ainsi que celui des autres moyens, matériels ou immatériels
(PSYOPS par exemple…).
Enfin, l’étude des rapports de force sera utilisée lors de la confrontation MA/ME.

Points à étudier Conclusions


Balance des potentiels (« RAPFOR /RAPINF »)
- quantitatif ; - Moments et lieux de supériorité, d’égalité ou d’infériorité relative ;
- qualitatif (influence sur le milieu) ; - Phases critiques de l’action :
- dans l’espace ; - possibilités de l’adversaire d’appliquer ses forces sur les
37
- dans le temps (initial et ultérieur) ; vulnérabilités amies,
- critères de pondération éventuels ; - possibilités amies d’appliquer nos forces sur les vulnérabilités
- déséquilibres. adverses (points décisifs).
CONCLUSIONS PARTIELLES

- Lieux et moments clés de l’action (phasage), moyens décisifs.

35
« Les éléments de l’analyse comparative doivent tenir compte des capacités d’influence sur le milieu….Il s’agit donc d’un rapport d’influence qui doit être estimé de façon globale : fonctions de
contact et d’appui pour évaluer les conditions du combat contre des bandes armées déployées sur le terrain, et fonctions d’environnement pour mesurer la capacité d’influence sur la volonté d’un
adversaire ou sur le soutien d’une population. » FT 02 p. 83
36
Déséquilibres : modifications, dans le temps ou l'espace, des capacités des forces opposées, mettant en évidence des moments ou domaines de vulnérabilité qui peuvent être exploitées par la
manœuvre. Pour la manœuvre amie, ces déséquilibres peuvent constituer des points forts ou des vulnérabilités (TTA 106).
37
Vulnérabilité : fragilité du dispositif ennemi sur laquelle l’action amie entraîne des effets démultipliés.

61
3.3 Synthèse
Détermination de l’effet majeur
À partir des conclusions partielles tirées des différents points de l’analyse, le chef tactique aux niveaux bas ou l’état-major, sous la responsabilité du chef
d’état-major ou de son représentant, formule une proposition d’effet majeur.
La synthèse permet également d’identifier, lorsque c’est pertinent, le centre de gravité, ses vulnérabilités et les points décisifs associés (ainsi que les
lignes d’opérations en première approche les reliant) déterminants pour l’exécution de la mission. Leur valeur tactique est appréciée à partir de l’approche
qui en a été faite au moment de l’étude des forces adverses/et autres parties hostiles. Ces éléments sont généralement pondérés par les autres conclusions
partielles de l’analyse.

Présentation de la synthèse à l’autorité


Elle est présentée sous la forme d’une proposition concernant :
- systématiquement, l’effet majeur à réaliser ;
- le choix du centre de gravité et des points décisifs lorsqu’ils apparaissent des suites de l’analyse ;
- les lignes d’opérations envisagées en première approche.
L’autorité arrête alors la formulation de l’effet majeur et valide, le cas échéant, le centre de gravité, les points décisifs et les lignes d’opérations proposées.

Il importe donc que le chef, tout au long de la phase d’analyse, ait conduit une réflexion personnelle sur :
- les contraintes de sa mission (en particulier celles issues de documents particuliers tels qu’une instruction personnelle et secrète (IPS) et/ou qu’il n’aurait
pu partager avec son état-major) ;
- les vulnérabilités de l’adversaire/ennemi et les moyens de les exploiter ;
- le point d’application de son effort, voire de certains effets et le style de son action.

Une fois les décisions de l’autorité prises, l’état-major :


- complète ses besoins en renseignement militaire et en informations civilo-militaires et formule les demandes adéquates.
- établit les demandes de soutien et d’appui à l’échelon supérieur, sous forme d’effets à obtenir, mais aussi, si nécessaire, sous forme de renforcements.

En parallèle de cette phase d’élaboration de la décision, l’état-major ou le chef tactique :


38
- alerte ses unités subordonnées (ordre préparatoire) ;
- initie le dialogue de commandement ;
- procède à l’établissement des échanges d’informations avec les voisins lorsque c’est nécessaire.

38
Le dialogue avec les subordonnés ne doit cependant pas attendre cette phase pour débuter de façon à faciliter l’anticipation des subordonnés. Ce dialogue tend à se systématiser dès le début de
la phase un de l’analyse dans les unités numérisées au moins jusqu’au niveau 5.

62
Conclusions partielles de l’analyse du cadre général de l’action

- centre(s) de gravité pertinent(s) ;


- points décisifs et lignes d’opérations ;
- opportunités ;
- lieux et moments clés de l’action ;
- contraintes et impératifs  marge d’initiative ;
- critères de succès ;
- menaces/risques ;
- nouvelles tâches éventuelles à réaliser ;
- demandes ;

63
4. Deuxième phase : élaboration de la manœuvre

L’élaboration de la manœuvre constitue la seconde phase de la méthode. Après le choix de l’effet


majeur en fin de première phase, elle aboutit à la seconde décision de l’autorité par le choix du mode
39 40
d’action d’où découlera l’idée de manœuvre .

Le raisonnement répond à la question « Comment ? ». Établir des modes d'action consiste à prévoir,
à l'issue d'une analyse comparative des possibilités, la façon de combiner l'emploi des moyens dans
le temps et dans l'espace pour exécuter tout ou partie d'un rôle ou d'une mission afin de réaliser les
effets attendus par l’échelon supérieur.

La prise en compte de la manœuvre globale jusqu’aux plus bas niveaux décisionnels conduit à
dépasser le cas « simple » de la confrontation de modes d’action, ceux des adversaires/ennemis et
autres parties, hostiles à l’action de la force (ME) et ceux des amis (MA), et à évaluer de façon
systématique les effets, désirés ou non, susceptibles d’être produits sur le milieu.

L’étude commence par l’élaboration en parallèle des modes d’action amis et ennemis. Elle se poursuit
par leur confrontation pour retenir les manœuvres qui répondent le mieux à la mission. Ces dernières
sont présentées à l’autorité qui décide de la manœuvre par le choix d’un mode d’action.

Celui-ci peut être aménagé et devient le MA définitif.

L’élaboration de la décision opérationnelle est alors achevée. L’état-major peut rédiger les ordres pour
l’engagement des unités subordonnées.

4.1 Modes d’action - généralités


Les MA et ME sont élaborés simultanément par des cellules distinctes de l’état-major ou
successivement par les échelons tactiques ne possédant pas d’état-major. Dans ce cas, on
commence par les ME, les MA devant leur être opposables.

Un mode d’action doit être compris comme une séquence logique de tâches à réaliser, dans un
champ physique ou immatériel, en vue d’obtenir des effets différenciés sur l’adversaire, ses propres
forces ou le milieu.

Faisant appel à un raisonnement très imaginatif, les modes d’action doivent respecter l’effet majeur et
être :
- rapportés au milieu ;
- assez généraux pour rester peu nombreux ;
- bien différenciés par un effort ou une modalité particulière ;
- appliqués chaque fois que possible sur les vulnérabilités de la partie adverse pour en accroître
l’effet recherché.

Pour que les modes d’action soient suffisamment différenciés, il faut que chacun d’eux soit caractérisé
par une combinaison des tâches à accomplir ou des actions à réaliser qui leur soient propres.

39
Mode d'action: façon dont il est recommandé par les manuels d'emploi et à un niveau hiérarchique donné (lorsque ces
données existent), de choisir les moyens des forces nécessaires et de combiner leurs actions en vue de réaliser un effet sur le
milieu ou l'ennemi. Les modes d'action génériques se différencient en modes d'action décisifs et modes d'action
complémentaires. Lorsqu’il n’y a pas d’ennemi mais un adversaire moins structuré, il convient alors de faire preuve
d’imagination réfléchie et de se référer à des modes opératoires déjà employés ou plausibles, qui pourraient s’opposer
directement ou indirectement au succès de la mission considérée.(TTA 106)
40
Idée de manœuvre : expression nette et concise de la façon dont le chef entend réaliser la mission qu’il a reçue, c'est-à-dire
comment, quand et par où il veut agir, sans entrer dans le détail de répartition et de dosage des moyens. L’idée de manœuvre
englobe la totalité de la mission reçue. (TTA 106)

64
En d’autres termes, ils seront rendus différents les uns des autres par la manière dont :
- sera marqué l’effort,
o dans l’espace (en direction et en portée),
o dans le temps,
 en fonction du milieu, de la menace et des risques,
 en fonction de l’évolution du RAPFOR ou du RAPINF ;
- seront combinés les composantes de la manœuvre ou les effets à produire :
o rythme (vitesse d’exécution, enchaînement, …) ;
o simultanéité ou succession ;
o point d’application ;
o attitude (offensive / défensive/ sécurisation / assistance) ;
o nature des effets souhaités.

Leur confrontation sera facilitée par une représentation sous forme graphique et s’appuiera
également, chaque fois que possible, sur l’utilisation des moyens de simulation (wargaming).

4.2 Élaboration des ME


Il s’agit en premier lieu, en s’appuyant sur les conclusions de la phase d’analyse, d’imaginer et
d’élaborer les modes d'action, c’est-à-dire la séquence d'actes combinant, dans l'espace et dans le
temps, des attitudes, des modes opératoires, des moyens (matériels ou immatériels) ou des
menaces, que l'adversaire est susceptible d’employer pour mener sa propre manœuvre et atteindre
ses buts. Ces modes d’action, qui ne sont plus purement militaires, doivent être cohérents et
rapportés au terrain.

Tout ME qui ne s’oppose pas à l’accomplissement de la mission doit être rejeté.

Il convient également de prendre en compte les différents risques pouvant s’opposer à


l’accomplissement de la mission amie.

Cette élaboration s’appuie sur :


- l’impression sur l’adversaire, formulée par l’échelon supérieur ;
- la connaissance de sa doctrine et/ou de ses modes opératoires ;
- les informations disponibles portant sur le milieu ;
- le(s) centre(s) de gravité identifié(s) par l’état-major ou le niveau supérieur.

Enfin, il convient de comparer et classer les différents ME selon les critères de dangerosité et de
probabilité.

NB : cette recherche de ME correspond à l’étape synthèse de la PREO

4.3 Élaboration des MA


Il s’agit d’élaborer des manœuvres (MA) qui combinent dans l’espace et dans le temps les différentes
tâches à réaliser en vue de réaliser l’effet majeur, tout en satisfaisant aux contraintes et impératifs
retenus lors de l’analyse.

Elaborés de façon rationnelle et imaginative, les MA peuvent prendre en compte tout ou partie des
points décisifs échelonnés et ordonnés de façon logique le long des lignes d’opérations qui auraient
été mises en évidence lors de l’analyse. Ils doivent être opposables aux ME.
Ils ne doivent pas être limités aux seules unités de mêlée et d’appui mais doivent, chaque fois que
possible, intégrer les diverses fonctions d’environnement qui seront de nature à faciliter la manœuvre
et/ou à en pérenniser les effets.

Tout MA qui ne satisfait pas aux contraintes, ne permet pas de réaliser les impératifs relevés au
cours de l’analyse, ni ne concourt à la réalisation de l’effet majeur, doit être rejeté.

65
Les MA retenus doivent être :
- adaptés (réalisant la mission, les tâches essentielles pour atteindre l’objectif) ;
- faisables (en termes de délais, d’espace et de moyens) ;
- acceptables (risques consentis, ressources allouées, moyens consommés, pertes…) ;
- exclusifs (suffisamment différenciés les uns des autres) ;
- complets (répondent-ils aux questions Qui, Quoi, Quand, Comment ?).

Ils sont alors comparés entre eux selon des critères pondérés qui doivent être validés par l’autorité.
Des orientations complémentaires peuvent être données aux subordonnés dès ce stade de
l’élaboration des modes d’action.

4.4 Confrontation MA / ME
La confrontation MA/ME a pour objet de vérifier que :
- les MA permettent de faire face aux actions et aux menaces possibles des forces adverses, telles
qu’étudiées par les spécialistes du renseignement ;
- les différents risques identifiés sont bien couverts par les MA proposés ;
- les effets induits par ces MA sur le milieu n’affecteront pas de façon rédhibitoire le déroulement de
la mission.

Préalablement auront été définis les critères de confrontation. Références fixées par l’état-major,
ces critères sont pondérés les uns par rapport aux autres puis validés par l’autorité. II s'agit par
exemple du rapport de force, momentané, dans l'espace ou le temps, de la surprise, de la sûreté, de
la réversibilité de l’action, des pertes et destructions prévisibles, de la simplicité d'exécution, des
dommages collatéraux, de la médiatisation, …

Il s’agit alors d’opposer chaque mode d’action ami à chaque mode d’action de l’adversaire (ou autres
parties au conflit) et/où aux divers risques identifiés pour faire apparaître, dans chaque cas de figure,
les avantages, les inconvénients et les risques des manœuvres amies envisagées.

La confrontation est effectuée au cours d’une réunion d’état-major à laquelle sont associés les
représentants de toutes les fonctions opérationnelles ainsi que les divers conseillers spécialisés. De la
sorte, le chef interarmes aura la possibilité de prendre sa décision également en fonction des
arguments développés par l’artilleur, le sapeur, le logisticien mais aussi le responsable des opérations
psychologiques, de la communication opérationnelle et/ou de l’environnement politique et juridique le
cas échéant..

Lorsque cela est possible (délais, personnel, niveau), le recours au « jeu de guerre » (déroulement
41
manuel ou assisté par l’informatique) ou aux compétences d’une « Red Team » est de nature à
valider ou infirmer les résultats de la confrontation de façon plus objective.

4.5 Aide à la confrontation MA / ME


Afin de synthétiser cette confrontation pour la rendre plus visuelle, deux tableaux sont donnés en
annexe II.

Le premier est applicable dans les cas où la situation comporte de nombreux acteurs, notamment en
phase de stabilisation, et ne peut pas se résumer à une opposition de deux systèmes de forces
organisées (symétriques ou dissymétriques). Il trouve toute sa pertinence dans les actions de
sécurisation et d’assistance où l’enjeu est le contrôle du milieu.
Les MA comme les ME récapitulent alors un ensemble de tâches et d’effets importants (voulus ou
constituant une entrave) impossibles à synthétiser dans un schéma classique.

Ce tableau peut aisément être relié à une matrice de tâches et d’effets à réaliser. Le recours à
l’informatique est de nature à en faciliter l’exploitation.

41
Red Team : équipe de spécialistes de l’adversaire/ennemi et de ses modes d’action, dont le rôle est de jouer l’adversaire de
la manière la plus réaliste possible.

66
Le second, beaucoup plus simple, est un tableau à double entrée qui concerne plus particulièrement
les phases d’intervention, dans lesquelles la confrontation est facilitée par la superposition des
schémas de manœuvre AMI et ENI sur un même fond de carte (feuilles tactiques SICF).

4.6 Décision : le choix du mode d’action


Une fois la confrontation achevée, l’état-major prend en compte les dernières itérations et sélectionne
les MA qui sont alors présentés à l’autorité pour le choix du mode d’action qui permettra à la force
engagée de remplir sa mission en conservant en permanence la capacité de réaction et d’adaptation
garantissant son succès.

L’autorité décide de la manœuvre. Le mode d’action choisi peut être alors aménagé par l’état-major
pour tenir compte des ultimes amendements souhaités par l’autorité et qui sont généralement :
- soit inspirés du ou des MA abandonnés mais qui présentaient une réponse adaptée à un aspect
particulier ;
- soit recherchés par la rédaction de directives particulières à certaines fonctions opérationnelles ;
- soit obtenus par la ré articulation d’éléments de la force pour créer des moyens réservés et/ou
attribuer des missions nouvelles ou aménagées.

Ainsi prend forme le MA définitif organisant la manœuvre selon les lignes d’opérations retenues, en
vue de l’obtention de l’effet majeur, articulant les forces et fixant des rôles (ou missions) ou des effets
à obtenir à l’ensemble des fonctions opérationnelles.

L’état-major rédige aussitôt soit un plan, soit un ordre. Simultanément sont diffusés les ordres
préparatoires.

Ci-dessous figure le canevas d’un plan simplifié (ex « conception de manœuvre ») dont chaque
rubrique est placée en regard des conclusions de la MEDO.

Le plan simplifié est un document interne qui peut être diffusé aux subordonnés pour gagner des
délais mais qui ne remplace pas un FRAGO. Il doit être accompagné d’un calque de manœuvre.

PARAGRAPHES DU PLAN SIMPLIFIE RÉFÉRENCE DES CONCLUSIONS DE LA MEDO


- Mission ; - Étude des forces ennemies ;
- impression sur l’ennemi ; - modes d’action ennemis (ME).
Idée de manœuvre :
- Mission dans son esprit ;
- en vue de …
- effet majeur ;
- je veux …
- MA définitif.
- à cet effet …
- Rôles ;
- MA définitif ;
- besoins en renseignements de
manœuvre et d’objectifs ; - étude des forces ennemies, de la situation et des
ME.
- demandes.

67
ANNEXE 1
EXEMPLE DE LIGNES D’OPÉRATIONS

68
ANNEXE 2 a
STABILISATION/NORMALISATION
ME 1 : TITRE ME 2 : TITRE

CONFRONTATION DES MA/ME

Attitude Attitude
Forme Forme
Effort/Effets Effort/Effets
Attitude - Avantages : - Avantages :
Forme
- Inconvénients : - Inconvénients :
Effort/Effets
- Risques : - Risques :
MA 1
TITRE

Attitude - Avantages : - Avantages :


Forme
- Inconvénients : - Inconvénients :
Effort/Effets
- Risques : - Risques :
MA 2
TITRE

69
ANNEXE 2 b-1
MA 1 STABILISATION/NORMALISATION

70
ANNEXE 2 b-2
ME 1 STABILISATION/NORMALISATION

71
ANNEXE 2 c
INTERVENTION

Modes d’actions ENNEMI (ME) : ME1 ME2


(TITRE) (TITRE)

Modes
D’action
AMI
(MA)

Attitude Attitude
Caractéristiques des MA/ME
Forme Forme

Effort/Effets Effort/Effets

Attitude Avantages : Avantages :


MA 2
Forme Inconvénients : Inconvénients :

(TITRE) Effort/Effets Risques : Risques :

MA 1 Attitude Avantages : Avantages :

Forme Inconvénients : Inconvénients :

(TITRE) Effort/Effets Risques : Risques :

72
ÉLABORATION DES ORDRES

Seront abordés successivement dans ce chapitre :


- le processus d’élaboration de la manœuvre ;
- les éléments généraux de rédaction des ordres ;
- la conception de manœuvre :
- plan simplifié,
- calque de manœuvre,
- plan de manœuvre,
- plans particuliers,
- plans de renseignement ;
- les ordres :
o WINGO,
o OPORD,
o OVO,
o FRAGO.

73
1. Le processus
1.1 Généralités
Clôturant les textes relatifs à la fonction commandement, le présent chapitre décrit comment la
manœuvre tactique est conçue et comment les ordres de niveau tactique sont élaborés et
rédigés.

Ce processus précise les étapes successives de l'élaboration de la manœuvre par le chef et son état-
major ainsi que les principaux documents réalisés, en conception puis en conduite.
Il se caractérise par un dialogue permanent et itératif entre le chef, son état-major et ses
subordonnés.

 Processus théorique

Brigade GTIA
(Mission)
Analyse - Synthèse - Choix

Ébauche de plan
simplifié Étude

Dialogue
WingO
Premières mesures

Plan simplifié WingO


Étude et

OPORD OPORD
Étude et

FRAGO FRAGO
Étude et

Après étude de sa mission, la brigade élabore une manœuvre générale sous la forme d’un document
appelé ébauche de plan simplifié diffusé à l’intérieur du PC brigade mais aussi aux GTIA afin
d’entamer un dialogue avec ceux-ci.
La brigade peut en général à ce moment émettre un premier ordre préparatoire (WngO – Warning
Order) fixant les premières mesures à prendre et orientant sur l’avenir.
Le plan simplifié de la brigade est le premier document précis de conception pour l’ensemble de la
durée de la mission fixée par la division. Il décrit la manœuvre retenue selon plusieurs phases
correspondant chacune à une tranche de manœuvre visant à atteindre un effet tactique particulier. Il
permet aux GTIA d’initier la MEDO et d’émettre généralement le premier WngO à destination des UE.
L’ordre d’opération (OPORD – Operation Order) de la brigade est un document exécutoire fixant
les modalités pour chaque phase de la manœuvre brigade détaillée dans le plan simplifié. Il permet
aux GTIA de réaliser leur MEDO et d’émettre leur propre OPORD vers les UE.
74
Pour préciser un temps de manœuvre de l’OPORD ou pour répondre à une situation particulière
donnée, la brigade émet des ordres simplifiés (FRAGO – Fragmentary Order).
Chaque FRAGO de la brigade précisant un temps de l’OPORD brigade permet aux GTIA d’émettre un
FRAGO GTIA.

 Découpage de la manœuvre

Plan
simplifié PHASE 1 PHASE 2 PHASE 3 EMD
Brigade

OPORD er 2ème 3ème


1 temps EMD
Brigade temps temps

OPORD
T1 T2 T3 EMD
GTIA

Le schéma ci-dessus est un schéma de principe qui permet de montrer la correspondance théorique
entre les ordres de la brigade et ceux du GTIA.
Ce découpage doit servir de guide pour l’élaboration des ordres des GTIA mais ne doit en aucun cas
constituer un carcan. Afin d’éviter que les ordres du GTIA ne recouvrent un cadre temps trop
restreint, il est nécessaire d’adapter ce schéma à la situation tactique (délais disponibles avant
l’engagement, actions envisagées, niveau des informations détenues). Ainsi l’OPORD du GTIA peut
couvrir 1ou 2, voire les 3 temps de la brigade selon les circonstances.

 Délais d’élaboration des ordres


Ils dépendent d'une part de la situation (temps de crise, engagement), d'autre part du niveau
considéré (groupement, brigade, division, corps d’armée …).
Plusieurs niveaux peuvent travailler sur une même phase ; il y a alors tuilage entre leurs travaux.

Ordres de grandeur pour l’élaboration d’un OPORD après réception de la mission donnée par
l’échelon supérieur :

Niveau 1 Niveau 2 Niveau 3 Niveau 4


(COMTACTER, CTT, CA) (Division) (Brigade) (GTIA)
au moins 24h de 18 à 24h 8 à 12h 4 à 6h

Ordres de grandeur pour la fréquence des ordres

OPORD FRAGO
DIVISION 1 par 48 heures 1 par 24 heures
BRIGADE 1 par 24 heures 1 par 12 heures
GTIA 1 par 18 heures 1 par 6 heures

Le principe général de l’élaboration des ordres est la règle du tiers temps : pour élaborer sa
manœuvre et rédiger ses ordres, l’échelon supérieur doit s’astreindre à n’utiliser qu’un tiers du temps
utile.
Le temps utile, c’est le créneau de temps réellement disponible entre la réception de l’ordre du niveau
supérieur et le début de l’action. Chaque niveau devant donc, a maxima, n'utiliser pour soi-même que
le tiers du temps exploitable restant.

75
H H+8 H+13 H+24
Niveau Engagement
SUP
OPORD

BGDE Étude + rédaction OPORD


WINGO

Étude + rédaction OPORD


GTIA
WINGO

SGTIA Préparation de la mission

1.2 Les réunions opérationnelles


Avertissement : cette partie est volontairement traitée quasi exclusivement au niveau d’un état-major
de brigade interarmes.

 Les rythmes de travail d’un état-major


Le respect des échéances est déterminant pour la bonne marche de l’état-major, et chaque officier ou
sous-officier traitant a le devoir de le faire respecter à son niveau de compétence, et de rendre compte
sans délai d’un éventuel risque de perte de cohérence.

 L’horizon temporel de l’action


Sauf pour la fonction « conduite et suivi de situation » qui est activée en permanence, les cellules
«métiers» et spécialisées participent généralement à des groupes de travail (Working Group - WG)
liés aux processus ou fonctions « transverses » mis en œuvre par le PC.
Ces groupes de travail sont activés de façon permanente ou occasionnelle, en faisant appel aux
expertises requises en fonction du sujet traité et du niveau de l’état-major considéré.
Généralement, on distingue trois fonctions transverses liées à l’horizon temporel de l’action (une
permanente et deux périodiques).
Ces horizons temporels varient en fonction du niveau du PC, du contexte de l’opération et de la nature
de l’action :
- fonction transverse (permanente) « conduite et suivi de situation » (« temps réel », en général
assurée par le TOC) ;
- fonction transverse (périodique) « manœuvre future » ou « future ops » (« temps suivant », en
général assurée par le G35) ;
- fonction transverse (périodique) « plans » (« temps ultérieur », en général assurée par le G5, s’il
existe au niveau considéré).

En complément de ces fonctions transverses liées à l’horizon temporel, il peut être créé un (ou
plusieurs) groupes de travail transverses périodiques liés à des approches spécifiques (exemples :
approche indirecte par les effets, ciblage, opérations d’informations, etc.).

 Les cycles de travail de l’état-major


Cette problématique de l’horizon temporel de l’action impose donc que l’activité du PC soit régulée par
des cycles de rendez-vous cadencés sur des rythmes différents, dont la mise en œuvre :
- permet une vision claire, commune et actualisée de la situation générale ;
- assure la cohérence des travaux ;
- régule la vie et le soutien du CO.

D’une part, un cycle routinier propre au PC, fait d’étapes successives ou simultanées - mais
inéluctables -, conditionne le rythme de travail quotidien du PC.

76
Ce cycle de rendez-vous quotidiens est concrétisé par le « Daily Cycle », cadre intangible connu de
tous : rotation des bordées, points de situation, messagerie à temps (comptes-rendus et demandes),
réunions de coordination internes au PC, horaires du soutien vie, etc., tout en conservant une marge
suffisante pour organiser si besoin des réunions ou points de situation occasionnels dictés par les
circonstances.
D’autre part, le regroupement périodique des expertises des cellules « métiers » et spécialisées dans
des groupes de travail assurant les fonctions transverses (cf. paragraphe 2.1.1 précédent) constitue la
véritable organisation de travail de l’état-major et vise à maintenir un tempo optimum au sein du PC.
Ce travail est rythmé par un cadencement régulier des réunions (Battle Rhythm), dicté par celui du
PC du niveau supérieur et impactant celui des PC du niveau subordonné.
Il repose sur un cadre rigide de réunions, briefings et autres sessions opérationnelles, et
fractionné « par tranches » de 24 heures : réunions et rencontres d’autorités, points de situation
particuliers, groupes de travail spécialisés et/ou de coordination (Working Groups), rythmés tous les
24h, 48h, ou au-delà.

Enfin, et indépendamment du Daily Cycle et du Battle Rhythm, l’occurrence d’évènements influents


extérieurs induit la nécessité de rencontres « au besoin » : réception des ordres de niveau supérieur,
un imprévu ou une opportunité dans la manœuvre, qui déclenchent le processus décisionnel de l’état-
major, provoquent la convocation de réunions opérationnelles, de groupes de travail ad hoc et/ou une
bascule de PC.
En conséquence, et afin de disposer d’une vision d’ensemble, la réalisation d’un Compendium
permet une représentation synthétique et évolutive pour les 24, 48 et 72 heures à venir des activités
cumulées du Daily Cycle et du Battle Rhythm, ainsi que des activités annexes qui n’en dépendent pas
(visites d’autorités par exemple).

Au-delà de ces outils de « gestion » de l’horizon temporel de l’action (Daily Cycle, Battle Rhythm,
Compendium), on peut également disposer d’une matrice de contribution (Contribution Matrix), qui
désigne formellement les participants obligatoires ou occasionnels aux différents rendez-vous,
réunions, productions de comptes rendus à temps, etc.

Dans ce cadre général, le présent chapitre sur les réunions opérationnelles n’aborde ci-après
que 4 grandes familles de réunions s’inscrivant dans un Battle Rhythm d’état-major :
- le point de situation ;
- l’appréciation de situation ;
- dans le cadre particulier des travaux de conception ou de rédaction d’ordres, le triptyque de réunions
Decision Brief / Mission Brief / Backbrief/rehearsal.

 Point de situation
Le travail en état-major nécessite, comme tout travail en équipe, des réunions d'orientation ou de mise
en commun des travaux de chaque cellule. Le point de situation est nécessaire pour informer le chef,
les visiteurs, voisins et alliés, et est indispensable à chaque changement de bordée ou après bascule
de PC. Il doit toujours être adapté au public concerné directement.

Quoi ? But : assurer la cohérence du travail du PC et satisfaire les besoins en informations.


Un point de situation est effectué systématiquement dans les cas suivants :
- après une absence prolongée du général ;
- relève de bordées montante / descendante ;
Quand ?
- bascule de PC ;
- besoin de mise en cohérence des travaux des cellules du PC ;
- présentation de la situation à une autorité.
Pourquoi ? Mettre tous les participants à la réunion au même niveau d’information
Animée par un chef (chef CO, CEM)
Qui ?
Contributeurs désignés (voir exemple)
Points
particuliers - durée volontairement limitée (30 minutes max) ;

77
- la participation du personnel, intervenant ou spectateur doit être limitée au strict
nécessaire ;
- l’horaire doit être décalé si une phase de conduite « intense » est en cours ;
- les intervenants doivent s’efforcer de ne présenter que ce qui a évolué par rapport au
dernier point de situation ;
- la cellule conduite doit :
o être capable de prendre les messages en cours sans gêner le point de
situation (volume radio, téléphone),
o faire part durant le point de situation de tout évènement important dont le CR
a été fait pendant le point de situation.

Exemple de point de situation au niveau brigade (durée de l’exemple : 30 minutes) :

QUI ? QUOI?
Introduction / but de la réunion
CEM ou CHEF CO
Impression d’ensemble de la situation (3 min)
CELLULE 2D NBC Météo et implications à court / moyen terme (1 min)
CELLULE RENSEIGNEMENT Situation et/ou impression sur l’ennemi (3 min)
Situation forces amies / voisins (2 min) - Situation unités de mêlée
CELLULE CONDUITE
(subordonnées) « CAPOPS et stades d’alerte » (2 min)
CELLULE 2D Situation GENIE (2 min), NBC (1 min), MVT (1 min)
Appuis FDP SS (2 mn) – défense antiaérienne ASA (2 min) – ALAT
CELLULE 3D « moyens et time blocks » (1 min) – AIR CTA « moyens et time
blocks » (1 min)
CELLULE LOGISTIQUE Situation logistique (2 min)
CELLULE ENVIRONNEMENT Situation environnement (2 min)
CELLULE SIC 4D Situation des liaisons et moyens CDT (1 min)
CELLULE MANŒUVRE FUTURE Aperçu de la manœuvre à venir ou des plans ébauchés (3 min)
CEM ou CHEF CO Conclusion (1 min)

 Appréciation de situation
« Procédé de raisonnement logique qui permet au chef de prendre en considération tous les facteurs
influant sur la situation militaire et d'arriver à une décision concernant la conduite à adopter en vue de
l'accomplissement de sa mission » (TTA 106).
L'appréciation de situation est donc un acte de commandement qui débouche sur une prise de
décision, un ordre aux subordonnés ou des demandes à l'échelon supérieur : à ce titre, la préparation
et la réalisation d’une appréciation de situation incombent plus particulièrement au CEM et au chef
CO.

QUOI ? Acte de COMMANDEMENT qui débouche sur une prise de DECISION.

- Arrivée au terme de la phase de manœuvre en cours, ou évènement particulier


remettant en cause l’effet majeur de la brigade (donc nouveau MA) ;
- changement de mission de la division ou de la brigade, ou modification des modalités
QUAND ?
d’exécution de la mission en cours ;
- renseignement ennemi ou événement ami important ;
- échéance pour adresser un compte-rendu.

78
- prendre une décision initiale ou de conduite = OPORD / FRAGO ;
- CR à l’échelon supérieur ou demandes ;
POURQUOI ?
- orientation des travaux du PC ;
- directives pour des travaux de planification.
- Animée par un chef (chef CO, CEM) ;
QUI ? - contributeurs désignés (voir exemple) ;
- présence systématique : COMBRIG, CEM, chef CO, chefs de cellules, DL reçus
(présence éventuelle du COLADJ).
Points - Sa préparation et sa conduite incombent au CEM et au chef de CO. Elle est, soit
particuliers présentée au général par le CEM et certains de ses subordonnés, soit présentée par
le général à son chef hiérarchique.

Exemple d’appréciation de situation au niveau brigade (durée 15 à 45 minutes selon le cas) :

QUI ? QUOI?

CEM ou CHEF CO ou chef MANFUT Introduction – But de la réunion


Présentation de la situation
Chefs de cellules :
- ennemie ;
- RENS ;
- amie ;
- CONDUITE ;
- terrain ;
- 2D ;
- logistique
- LOGISTIQUE.
(autres cellules si nécessaire en fonction du but de la réunion).
Appréciation de situation ;
prévision d’évolution de la situation ;
CHEF CO ou chef MANFUT
contraintes et marges d’initiative ;
actions possibles (à grands traits).
Propositions
CHEF CO ou chef MANFUT - propositions détaillées d’actions, d’ordres, de travaux de
planification, de MA, etc.
Décisions
COMBRIG (assorties éventuellement de questions supplémentaires au CO ou
de travaux complémentaires avant décision définitive)
Après choix du général et son départ du CO, mesures à prendre,
CEM ou CHEF CO ou chef MANFUT
ordres à donner, travaux à effectuer, etc.

 Réunions particulières (travaux de conception ou de rédaction d’ordres)


Lorsque cela est possible (délais, éloignement, situation tactique) et en particulier lors d’un
engagement initial, les travaux de conception de la manœuvre ou de rédaction d’ordres mettant en
œuvre le processus de la MEDO, s’appuient sur un triptyque de 3 réunions successives :
- le « decision brief », au cours duquel une autorité prend les dernières décisions nécessaires au
lancement de l’action ;
- le « mission brief », au cours duquel une autorité expose de vive voix aux unités subordonnées
leurs missions respectives et recueille leurs premières analyses à chaud ;
- le « back brief », au cours duquel les unités subordonnées présentent à leur autorité supérieure
comment elles ont compris leur mission, comment elles comptent la mener, soulèvent les
problèmes de coordination et expriment leurs besoins demandes ;
- le « rehearsal », au cours duquel toutes les unités participant à l’opération effectuent une
répétition sur caisse à sable de l’intégralité de la mission. Cette répétition se déroule sous le
contrôle du donneur d’ordre. Il s’agit, en outre d’effectuer les dernières vérifications et ajustement
avant l’exécution de la mission. Il n’existe pas de formatage particulier pour le déroulement de
cette réunion.

79
Si les délais sont trop réduits, le processus « decision / mission / back brief/ rehearsal » est autant que
faire se peut mis en œuvre par l’envoi de fichiers (croquis, ébauches de missions), appels
téléphoniques, envois d’officiers de liaison, etc., l’essentiel étant de pouvoir échanger le maximum
d’avis et de conseils aux deux niveaux avant la production définitive d’un ordre important.

 Le « decision brief »
C’est la réunion pendant laquelle l’autorité :
- choisit le mode d’action (MA) ;
- arrête définitivement l’effet majeur ;
- valide la répartition des missions aux différentes unités de mêlée.

Cette réunion suit en général la contexture d’une réunion « appréciation de situation » (cf § 3)

Les commandants des unités subordonnées y participent si possible (chefs de corps et CDU des
éléments organiques de brigade, ainsi que les renforcements éventuels) afin de saisir d’emblée
l’esprit de la mission qui va leur être confiée et d’être en mesure d’apporter un éclairage
complémentaire sur leurs capacités.

Le travail de MEDO est dès lors achevé et l’état-major débute alors le travail coopératif de
rédaction de l’ordre d’opération.

 Le « mission brief »
C’est le supérieur qui s’exprime.
Après validation de l’ordre, le mission brief a pour objet d’exposer aux commandants des échelons
subordonnés la manœuvre prévue et le rôle de chacun dans son exécution.
Le COMBRIG y donne ses dernières consignes, et s’assure que tous les subordonnés ont bien
compris l’esprit et la lettre de la mission à travers le dialogue de commandement qui s’ensuit.

En fin de processus MEDO ou à l’occasion de la diffusion d’un document opérationnel


QUAND ?
(OPORD ou FRAGO).

Présenter directement l’articulation, l’idée de manœuvre retenue, la mission de


POURQUOI ?
chacun des subordonnés et recueillir leurs premières réactions à chaud.
Intervenants : CEM, les cellules du CO
Audience : Les commandants des unités subordonnées (idem Decision Brief)
QUI ? Le CEM récapitule les décisions du COMBRIG, précise le phasage de l’action et
présente les missions qui vont être données aux unités par temps de l’action (dont
EEI et BRB) avant la transmission définitive de l’ordre.
Réunion convoquée
 Introduction par CEM => récapitule ce qui est demandé, dans quel esprit, et la
mission reçue – situation des voisins / alliés.
 Cellule S2 /Rens => situation ENI
 Cellule S3/Conduite => rôle central dans le mission brief = développe dans le
détail la manœuvre conçue en focalisant sur les éléments capitaux : l’effet
COMMENT ? majeur voulu, les contraintes principales (terrain-milieu-temps-ressources) et les
impératifs, la menace et les risques, les aléas prévisibles, les moments critiques
éventuels.
 Cellules S3/2D, /3D }
 Cellule S4/LOG } => directives de mise en œuvre
 Cellule S6 }
(éventuellement, présentation des « plans » étudiés par la cellule
synthèse/anticipation)

80
 Le « back brief »
C’est le subordonné qui s’exprime.
Après avoir analysé leurs missions respectives, les échelons subordonnés sont alors conviés lors du
backbrief à exposer leur compréhension de la mission reçue ainsi que la manière dont ils entendent la
remplir et les difficultés rencontrées, en particulier en matière de coordination. Le subordonné peut
demander des adaptations à l’ordre d’opérations.

Après un mission brief préparant la diffusion d’un document opérationnel, OPORD ou


QUAND ?
FRAGO.

POURQUOI ? Présentation de leur idée de manœuvre par les unités subordonnées

Intervenants : Les commandants des unités subordonnées (idem Decision Brief). Les
QUI ? chefs de corps peuvent éventuellement faire intervenir leur chef opérations).
Audience : CEM, les cellules du CO
Les exposés successifs ne dépassent généralement pas 5 minutes par intervenant et
suivent le plan suivant :
1) la mission reçue
• Analyse de la mission et de la situation (notamment ENI).
2) appréciation de situation et/ou modalités d’exécution
• appréciation de situation ;
• articulation (éventuellement.) ;
COMMENT ?
• intention-idée de manœuvre, s’inscrivant dans le MA;
• exécution (missions de mes subordonnées) (évent.).
3) Demandes/ besoins de coordination
Lorsque les délais le permettent, le back brief s’appuiera sur une présentation PPT. Au
minimum, il est judicieux de dérouler le MA à l’aide d’un calque de manœuvre AMI,
représentant également l’ENI.

e
Je suis …officier au B3/S3 du X (FR)BAT et avez fixé au GTIA comme MISSION de :

Mon action constitue la condition initiale/contribue directement à la réalisation de votre effet majeur qui
consiste en… et pour lequel j’ai/je n’ai pas l’effort de la BIA.
Par ailleurs, votre intention étant aussi de… (cf orientations du chef et l’esprit de la mission), il est
donc nécessaire pour moi de…

En conséquence je considère que ma manœuvre conditionnant la prise d’ascendant


(préparation)/production des effets (réalisation)/l’exploitation de l’EM de la brigade doit avoir pour effet
majeur de… (l’effet) sur… (adversaire) pour …(GDH) à … (Zone clé).

En effet la problématique tactique que j’ai à résoudre dans tel contexte/ espace/ temps consiste face à
tel ENI (mon ENI parmi celui de la brigade donc au moins le global, le CoG et son objectif) à… (de
façon synthétique aborder les contraintes, les impératifs, la problématique du RAPFOR).

Pour y parvenir, agissant…(les invariants, les caractéristiques majeurs du MA).

J’envisage d’exécuter ma mission à partir de … en 3 temps


Premier temps…
Deuxième temps (effort)…
Troisième temps…
81
Les difficultés que j’entrevois sont : (pb de coordination avec voisins, SOUT SAN, RENS, APP, etc.).

Pour cela j’aurai besoin (en argumentant et dans l’ordre de priorité : EVASAN, RENS, APP, etc. selon
les moyens, les capacités de la brigade et en tenant compte du fait que j’ai ou non l’effort de la
brigade).

En conclusion : Les conditions sont réunies pour remplir ma mission du fait de… sous réserve de …

C’est pourquoi la réussite de ma mission reposera sur… (notamment la demande cruciale effectuée
au préalable).

82
2. Éléments généraux de rédaction des ordres
Les éléments qui suivent sont extraits du STANAG 2014 qui fixe de façon précise les règles d’écriture
et les canevas des ordres.

2.1 Description des points, des surfaces et des limites

 Emploi de cartes
Dans les documents où il est fait référence à la position cartographique d'un lieu, on indiquera
clairement la carte et le carroyage de référence utilisés. Les renseignements suivants permettant
l'identification de la carte seront portés en tête de document :
- numéro de la série de cartes (et pays ou zone géographique le cas échéant) ;
- numéro de la feuille (et nom, le cas échéant) ;
- édition ;
- système de carroyage de référence (lorsque l'on a plus d'un système de carroyage de référence
ou que celui-ci diffère de celui de l'OTAN MGRS) ;
- échelle (le cas échéant).

Exemple : Ces renseignements sont indiqués comme suit :


Numéro de la série de cartes 1501 EUROPE
Numéro de la feuille NM 32-1 ESSEN
Édition 3-DMG
Système de référence de carroyage MGRS/WGS 84 de l'OTAN
Échelle 1:250.000

 Sécurité
Les renseignements sur l'emplacement des postes de commandement, des unités, des dépôts ou
autres installations, doivent être protégés de l'ennemi. Ils ne seront pas compris dans les documents
destinés à d'autres formations et unités sauf :
- s'ils sont indispensables ;
- s'ils sont transmis selon une méthode assurant une sécurité convenable.

 Noms de lieux
Les noms de lieux seront écrits en lettres majuscules d'imprimerie et orthographiés exactement
comme sur la carte utilisée. La première fois au moins où il apparaît, le nom sera suivi par :
- des coordonnées d'un système militaire de carroyage de référence (MGRS), par exemple
"NAPIERVILLE LB6448". S'il existe deux endroits portant le même nom dans le carroyage utilisé,
on prendra des coordonnées à six chiffres pour désigner le lieu dont il est question. Pas d’espace
entre les coordonnées, pas de « en » ;
- des coordonnées géographiques (degrés / minutes de longitude et de latitude) si les cartes n'ont
pas un système militaire de carroyage.

 Emplacements et points
Un emplacement ou un point peut être désigné :
- par un carroyage militaire ou des coordonnées de référence ;
- par la latitude ou la longitude si les cartes dont on dispose ne comportent pas le système de
carroyage militaire ;
- par l'indication de la distance et de la direction par rapport à un simple point de référence.
- par exemple "Carrefour situé 1 000 m SUD-OUEST du clocher de l'église de NAPIERVILLE
LB6448".

La première fois que dans des ordres ou comptes rendus écrits, un point ou un emplacement est
désigné, ses coordonnées de carroyage ou ses coordonnées géographiques seront précisées, par
exemple : LB644481. Il est possible de mettre la référence du carroyage de zone devant ces
coordonnées, le cas échéant. Par la suite, on pourra employer des noms conventionnels ou des
83
expressions tels que "votre 1/4" ou « ma position » et ne répéter les coordonnées que si elles
permettent d'être plus clair ou aident le lecteur.

 Directions
Une direction peut être définie par l'une des trois méthodes suivantes :
- Par l'emploi de deux emplacements ou lieux, par exemple "Direction ECKENTAL PV6690 -
PEGNITZ PA6851 " ;
- par un point de la rose des vents, par exemple « NORD », « NORD-EST » ;
- par son azimut magnétique, ou géographique, ou par son gisement mesuré en degrés ou en
millièmes. La nature de l'angle et l'unité de mesure seront mentionnés, par exemple « ... un azimut
magnétique de 85 degrés … ».

 Chemins, routes et voies ferrées


- Les chemins, routes et voies ferrées seront désignés par les noms des lieux par lesquels ils
passent ou, à défaut, par leurs coordonnées. On citera un nombre suffisant de lieux (ou de
coordonnées) pour permettre une identification exacte ;
- les mots « chemin », « route » et « voie ferrée » devront précéder, et non suivre, les noms de
lieux, par exemple : « route LAPRAIRIE-DELSON ».

 Itinéraires
Les itinéraires seront décrits suivant la méthode employée pour les chemins, routes et voies ferrées,
c'est à dire par une série de noms de lieux et de coordonnées par lesquels ils passent ou, s'il n'y a pas
de noms, par des coordonnées :
- lorsqu'on décrit un mouvement le long d'un itinéraire, il faut citer les noms de lieux (ou les
coordonnées) dans l'ordre où s'effectue le mouvement ;
- lorsqu'il n'est pas question de mouvement et que seul l'itinéraire est décrit, les noms de lieux (ou
les coordonnées) seront cités en principe :
- de la gauche vers la droite de la carte (en faisant face à la direction générale de l'ennemi),
- de l'arrière vers l'avant de la carte (en faisant face à la direction générale de l'ennemi) ;
- s'il existe des possibilités de confusion dans la description d'un itinéraire, on ajoutera, pour plus de
clarté, une direction déterminée d'après la rose des vents, par exemple : "L'itinéraire se dirige vers
le nord-ouest le long de la route « LAPRAIRIE-DELSON » ;
- si l'on a attribué un nom conventionnel à un itinéraire (par exemple LAME DOG), celui-ci pourra
être désigné par la suite en utilisant uniquement ce nom.

 Limites
Les limites entre les unités ou formations seront définies à l'aide de coordonnées du carroyage
militaire, ou géographiques, ou encore d'accidents de terrain déjà baptisés tels que les rivières, les
grandes routes / autoroutes ou les voies ferrées. Il faut prendre soin, lorsqu'on utilise des accidents de
terrain, d'indiquer clairement si ceux-ci sont inclus ou exclus de la zone attribuée à une
formation / unité particulière. Dans la mesure du possible, les lieux / accidents de terrain choisis
doivent être facilement identifiables sur le terrain.

Les différents termes utilisés pour désigner les limites seront cités de l'arrière vers l'avant, au cours
d'une marche à l'ennemi, d'une attaque ou d'une poursuite, et de l'avant vers l'arrière lors d'un
désengagement, d'une opération retardatrice ou dans la défensive. Si des limites telles que les limites
arrières sont en gros parallèles au front, elles seront désignées de la gauche vers la droite, en faisant
face à la direction générale de l'ennemi. On pourra ajouter les points de la rose des vents.

Lorsqu'on désigne une limite, on doit indiquer d'une manière précise celle des unités ou formations qui
est responsable des différents lieux, accidents de terrain ou points cités dans la description et qui y
exerce son autorité. Cela se fera en indiquant pour chacun d'eux soit "inclus", soit « exclu » pour l'une
ou l'autre des forces adjacentes. La mention inclus / exclu doit précéder, et non pas suivre, la
désignation du lieu ou de l'endroit, par exemple: "inclus route LAPRAIRIE-DELSON" et non pas
« route LAPRAIRIE-DELSON incluses ».

84
e e
Exemple : Les 5 et 6 brigades avancent côte à côte. Du fait de cette avance, la limite
entre ces deux formations est désignée de l'arrière vers l'avant. La méthode la plus concise
pour indiquer les différentes références de la limite est de toutes les désigner par rapport à l'une
des brigades. Pour décrire les limites entre ces deux brigades, le mieux serait donc de procéder
e
comme suit : "La limite pour la 5 brigade s'entend : exclu LAPRAIRIE LB6134, exclu carrefour
LB621352, inclus bois LB624366, exclue route LAPRAIRIE-DELSON LB6238".

 Rives des cours d'eau


Les rives des cours d'eau sont désignées :
- par la mention « droite » ou « gauche » de la rive du point de vue d'un observateur faisant face à
l'aval ;
- par la mention « de départ » ou « d'arrivée » dans des opérations comprenant des
franchissements ;
- s'il existe une possibilité de confusion, il faut utiliser les points de la rose des vents.

 Surfaces
On décrit normalement une surface en citant d'abord son point le plus au nord (12 heures), suivi des
autres points pris dans le sens des aiguilles d'une montre.

 Positions
Les positions amies sont décrites, dans l'ordre, de gauche à droite en partant de l'avant pour aller vers
l'arrière (l'observateur faisant face à la direction générale de l'ennemi). Il convient d'utiliser les points
e
cardinaux pour désigner les flancs amis et les positions ennemies, par exemple : « La 2 brigade est
sur notre flanc ouest » ou « Les chars ennemis sont concentrés à l'est de notre position ».

 Groupe Date Heure


JJHHMMZ MOIS ANNÉE

Le jour, l’heure, les minutes, le décalage horaire, le mois en trois lettres, l’année en deux chiffres.

Exemple : 201450Z JAN 03.

L’heure opérationnelle de référence en centre Europe : Z.


L’heure zéro n’existe pas : 132359Z puis 140001Z.

85
2.2 Éléments communs aux documents opérationnels

C L A S S I F I C A T I O N D E S É C U R I T É
(Indiquer la classification requise en haut et en bas de chaque page)

(Si les ordres verbaux ont été modifiés, l'indiquer ici)

Exemplaire n° ... de ... exemplaires


QG d'où émane l'ordre
Emplacement du QG (en code s'il y a lieu)
Groupe date/heure de la signature
Numéro de référence du message

TYPE ET NUMÉRO DE L'OPÉRATION


Ou annexe … à l'ordre d'opération n° …)

Références : Cartes et documents à utiliser


(Voir précédemment § 1.1 du présent chapitre)

Fuseau horaire utilisé pour l'ensemble de l'ordre :

Annexes :

CORPS DE L'ORDRE OU DE L'ANNEXE

APERÇU NOM DU COMMANDANT


GRADE

RESPONSABLE (authentification) : Utiliser uniquement s'il y a lieu. Si le chef signe l'original, il n'est
pas nécessaire d'avoir une autre authentification. S'il ne l'a pas signé, l'authentification se fait au
moyen de la signature de l'officier d'état-major rédigeant le document, accompagné uniquement du
nom et du grade du chef, lesquels sont apposés dans l'attache de la signature.

ANNEXES (ou appendices) :

DIFFUSION :

86
3. Conception de la manœuvre
3.1 Généralités - terminologie
L'application de la MEDO n'est pas une fin en soi : elle permet au chef de prendre une décision et met
à la disposition de l'état-major les éléments nécessaires à la rédaction des documents de conception
puis des ordres qui en découlent.
Cette tâche est d'autant plus aisée que le processus a été suivi en détail, les conclusions du
raisonnement présentant alors la plupart des éléments à inclure dans les différents plans et ordres.

« Planifier la manœuvre, c’est envisager à l’avance toutes les décisions à prendre en fonction des
situations qui peuvent se présenter au cours de l’engagement et ce, en fonction de deux paramètres
essentiels : AMI et ENNEMI qui évoluent l’un contre l’autre dans le temps et l’espace ainsi que dans
toute la profondeur du champ de bataille ».

Le terme de « plans » s’applique aux documents internes d’état-major concernant la prévision à plus
ou moins long terme des conditions et mesures d’exécution découlant des propositions de l’état-major
puis des décisions du Général.
Ces plans auxquels s’ajoutent de nombreuses études particulières, forment un ensemble cohérent et
leur établissement sous la direction du chef d’état-major constitue la planification de la manœuvre.

Par ailleurs, et selon le cas, la MEDO permet d'établir un plan simplifié (ex. conception de manœuvre),
un plan d'opération, un ordre d'opération ou un ordre de conduite.

Afin de clarifier ces définitions, les termes de « plan », de « planification », de « conception » –


qui ne sont pas nécessairement intégralement décrits dans le TTA 106 – sont employés comme
suit :
- le terme de planification est réservé au stade le plus élaboré de la planification opérationnelle
relative à un conflit ou une crise (voir le chapitre 2 de la fonction commandement « processus
décisionnel ») ;
42
- la notion de plan d’opération (OPLAN – Operation Plan) n’est pas abordée dans ce chapitre,
pour les mêmes raisons que ce qui précède (voir le chapitre 2 de la fonction commandement
« processus décisionnel »).

On regroupe donc ici sous l’appellation générique « conception de la manœuvre » l’ensemble des
plans élaborés au niveau tactique, qui précèdent ou accompagnent les ordres préparatoires,
d’exécution ou de conduite, à savoir :
- le plan simplifié (§ 2) et son calque de manœuvre (§ 3) associé ;
- le plan de manœuvre (§ 4) ;
- les plans particuliers (§ 5), dont les plans renseignement. (§ 6).

42
(TTA 106) Document d’état-major établi au stade le plus élaboré de la planification opérationnelle relative à une crise ou un
conflit, alors que les faits et les décisions déjà prises réduisent le nombre de présuppositions nécessaires.
A partir d’un mandat fixé par l’EMA, le CPCO élabore un plan d’opération qui définit un concept d’opération et décrit de façon
détaillée les modalités d’engagement correspondant à une option militaire choisie par le CEMA.
87
3.2 Le plan simplifié
(Anciennement appelé « Conception de manœuvre », terminologie englobant désormais non
seulement le plan simplifié, mais plus généralement l’ensemble des plans).

Défini comme étant la ligne de conduite du chef, définissant les bases nécessaires et suffisantes pour
l'accomplissement de l'ensemble de sa mission, portant la marque personnelle du chef et validé par
43
lui-même, le plan simplifié couvre la mission reçue dans son ensemble . Passant sur les détails
qui seront ensuite précisés par l’état-major, il se borne à indiquer les options fondamentales qui
engagent la responsabilité du chef.
C’est un document de travail découpant la manœuvre en phases qui correspondent à des
périodes où l’on escompte un résultat sans modification du dispositif de l’unité.
Enfin, bien qu’ayant un caractère prévisionnel, le plan simplifié est destiné à préparer l’ordre
44
d’opération du niveau considéré. Dans le cadre de l’enseignement dispensé à l’école d’état-major ,
une contexture du plan simplifié, spécifique au DEM sera appliquée :
- Articulation ;
- rappel de la mission ;
- impression sur l’ennemi ;
- idée de manœuvre ;
- rôles des groupements de forces et éléments d’appuis ;
- commandement-soutien logistique (éventuellement) ;
- besoins en renseignements et demandes à l’échelon supérieur.

Nota 1 : Paragraphe « Articulation »


L’usage est pris principalement dans les ordres opérationnels (OPORD, FRAGO, etc.) de faire figurer
en tête des documents opérationnels l’articulation des unités subordonnées. Ce positionnement
permet non seulement de mettre en exergue un aspect important du document mais encore de
favoriser une lecture « active » en donnant au lecteur la possibilité d’avoir à l’esprit les moyens clés
disponibles et leur articulation avant de commencer la lecture du document proprement dit.

Nota 2 : Paragraphe « Mission »


Par souci de clarté et tout comme indiqué dans l‘ancienne conception de manœuvre, le plan simplifié
EEM comprendra expressément le rappel de la mission en tête du document.

Nota 3 : Paragraphe « Commandement –soutien logistique »


Selon les éléments disponibles lors de la rédaction du plan simplifié EEM, il est possible de rédiger un
paragraphe comportant des mentions sur l’organisation générale du commandement et du soutien
logistique. Ce paragraphe pourra comporter l’implantation des PC, la nature des détachements de
liaison envisagés, des précisions sur l’organisation des transmissions et de la guerre électronique et
éventuellement un point sur l’organisation générale de la logistique.

Nota 4 : Paragraphe « besoins en renseignement et demandes »


Parce que le plan simplifié s’élabore durant une phase de planification où la formalisation des ordres
n’est pas encore réalisée et où le dialogue avec les différents niveaux hiérarchiques est un gage de
précision, de réalisme et de cohérence de la manœuvre à élaborer, on rajoutera éventuellement au
paragraphe besoins en renseignement, l’ensemble des demandes à l’échelon supérieur issues de
l’analyse ou non encore agréées par l’échelon supérieur. Elles pourront porter sur des renforcements,
des appuis, des modalités de coordination, la logistique, etc.

Un exemple de plan simplifié EEM figure en pages suivantes.


Des mentions explicatives ainsi que des exemples sont donnés au sein des paragraphes, le stagiaire
se reportera utilement aux cours dispensés durant son stage, aux autres chapitres de la base
documentaire tactique ou encore à la documentation doctrinale du CDEF pour des explications plus
exhaustives.

43
Par exemple, les missions successives données par l’échelon supérieur dans le tableau des missions de son OPORD.
44
En plus des indications mentionnées dans la définition du TTA 106 (qui inclue seulement « l’impression sur l'ennemi ; [l’] idée
de manœuvre (ou intention) ; l'articulation des forces ; les rôles des groupements de force et des éléments d'appuis ; les
besoins en renseignements ; éventuellement : les grandes lignes du soutien logistique qui en résultent ») et conformément à
l’usage ainsi qu’aux nécessités pédagogiques, le plan simplifié de l’école d’état-major comprendra expressément un rappel
de la mission et les paragraphe commandement (éventuellement) et demandes à l’échelon supérieur.
88
C L A S S I F I C A T I O N D E S É C U R I T É

Exemplaire n° ... de ... exemplaires


QG d'où émane le plan
Emplacement du QG (en code s'il y a lieu)
Groupe date/heure de la signature
Numéro de référence du message

PLAN SIMPLIFIÉ DU GÉNÉRAL


e
Commandant la X brigade

Référence :
- (éventuellement) OPO n°X de la Z(KL)DM (niveau supérieur)
- Cartes :
- numéro de la série :
- numéro des feuilles :
- édition :
- échelle :
Fuseau horaire utilisé :
Annexes :
1. Calque(s) de manœuvre
2. Plan de feux, plan d’obstacles
3. ...
45
Articulation
Elle correspond aux besoins généraux d’exécution, c’est la constitution d’une troupe en différentes fractions
subordonnées avec ses renforcements ou détachements éventuels. Elle indiquera donc dans le détail la
constitution des unités (articulation des moyens) et éventuellement l’articulation du commandement (qui
commande) pour une unité temporaire.
Exemple
- 11(AZ) BRB
- 110(AZ) EEI
- 111(AZ) BATMÉCA (-) + 1 Esc 244(VE) BATBlind + 1DLOC-1 Cie méca
- 112(AZ) BATMÉCA (-) + 1 Esc 244(VE) BATBlind + 1 DLOC + 1 CCG -1 Cie méca
- 114(AZ) BATBLIND(-) + 1DLOC + 1 CCG
- 244(VE) BATBLIND (-) + 1Cie 111(AZ)BAtMéca +1Cie 112(AZ)BATMéca- 2 ESC BLIND
Groupement OUEST (11(FR)BATINF et 14(FR)BATBLIND) aux ordres du XX

I - RAPPEL DE LA MISSION
Recopie in extenso de la ou des missions données par l’échelon supérieur, sans commentaires ni analyse.

II - IMPRESSION SUR L'ENNEMI


Éventuellement : un court chapeau présentant l’ENI dans le cadre de son échelon supérieur.
« l’ENI de la brigade appartient à la … DIV agissant sur l’axe d’effort du ..CA selon tel dispositif et ayant tel objectif
pour telle date.. »

 Ennemi global
Le chef indique tout d’abord nettement l’impression qu’il se fait de son ENI global c’est-à-dire celui qui peut
s’opposer à l’exécution de sa mission dans toute la zone d’action et la totalité du cadre temporel fixé de sa mission.
Pour cela, il va :
- décrire (numéro(s), nom(s), matériels, potentiel de(s) unités) l’ENI global et maximal pouvant intervenir
dans la ZA de l’unité ;
- définir ses objectifs, éventuellement assortis de délais et d’axes de progression ;
- compléter le descriptif par les appuis prévisibles en ART et GEN : NVA.

45
Cf. tableau « Commandement et contrôle» situé après l’OPORD.
89
e
Exemple : La X brigade serait opposée à un(e) ... sur ... renforcé(e) par …, à ... % de son potentiel agissant
en ... échelon de la …
Progressant sur la direction ... (X/Y)) ... (X/Y), axe d’effort sur / en … , son objectif pourrait être ... (quoi,
quand, où) pour qui ... pourquoi faire … et/ou dans quels délais / pour quelle heure.
ou
Installé en défensive à tel endroit il pourrait avoir pour objectif ... (quoi, quand, où).
À telle date, il pourrait être ... et se trouver dans la situation suivante ...

L’ennemi global sera détaillé ensuite entre un ennemi initial et un ennemi ultérieur auxquels le chef pourrait être
confronté successivement lors de l’accomplissement de sa mission. Il s’agira de décrire le déploiement (dispositif,
échelonnement) des différentes unités ennemies sur le terrain compte tenu de ses objectifs et de sa doctrine.
- Ennemi initial
C’est l’ENI au moment du contact. Donner une photo instantanée de l’ENI au contact en train d’exécuter sa
manœuvre (souvent pour atteindre un objectif initial). Décrire ses unités/éléments dans l’ordre chronologique
probable d’apparition de ses constituants et préciser leurs différents objectifs intermédiaires et itinéraires.
Exemple : « Jalonné par … , il pourrait atteindre … pour … H, dans le dispositif suivant ….
Après avoir … pour … H, à tel endroit, il pourrait se présenter en ... (reco off, attaque, ...) dans le
dispositif suivant :
au contact : … de tête à … % sur … axes … et flanc gardé à … par …
le ... de la valeur de ... appuyé par (ART REG ou DIV, ...), ils pourraient avoir pour objectif initial la
conquête de / atteindre le ... pour GDH. »
- Ennemi ultérieur
C’est l’ENI qui, par sa manœuvre et ses moyens, peut favoriser ou relancer l’action de l’ennemi initial et ainsi
atteindre un objectif = Qui (NVA), pour quel objectif, quand, avec qui (appuis)…
Exemple :
« Dans la profondeur : … à … % pouvant atteindre … pour … H (ou délais) tel objectif appuyé par…
ou
« Ultérieurement : … pourrait intervenir dans un délai de … H avec … (tels moyens)appuyés par (ART,
GEN, …) , sur … (tel axe ou en direction de…), en ayant pour objectif de …»

 Face à notre action


Dans ce paragraphe, on s’attachera à décrire l’ennemi d’une façon dynamique.
Partant de l’objectif de l’ENI global, de sa mission et de l’effet majeur retenu, le chef décrit les modes d’action
ennemis possibles face à son action, en précisant la nature de cet ENI en réaction et les délais d’intervention
probables. [NB. Ici, c’est l’ENI ultérieur qui jouera généralement un rôle plutôt principal tandis que l’ENI initial (au
contact et donc généralement fixé ou en partie neutralisé) jouera généralement un rôle plutôt secondaire].

Exemple : Face à notre action ou manœuvre de tel type et pour parvenir à tel but, l’ ENI pourrait ...

- ME 1 (mode d’action ennemi 1) : Un titre qui le caractérise (un substantif+adjectif ou un libellé de


mission)
Une définition de l’action qui doit être un déroulé de l’ENI en réaction évoluant dans un cadre espace
temps.
- ME 2 (mode d’action ennemi 2) : Un titre qui le caractérise (un substantif+adjectif ou un libellé de
mission).
Une définition de l’action qui doit être un déroulé de l’ENI en réaction évoluant dans un cadre espace
temps.

- Ennemi futur
ENI du plan simplifié suivant (l’ennemi auquel la brigade sera opposée durant la période de temps couverte par le
plan simplifié suivant, il est donc celui qui est situé au-delà du cadre temporel imposé par la mission reçue). Quoi,
qui (Nature, volume, attitude, éventuellement échelonnement), pour quel objectif, quand ...

 Menaces complémentaires
Le paragraphe « impression sur l’ENI » est clos par l’énoncé de menaces particulières ne relevant pas directement
de l’ennemi global vu initialement par le chef, à savoir NBC, Air, OHP, GE, interventions possibles de formations
voisines dans notre zone. Ces actions doivent être indiquées dans leur cadre espace temps probable et être en
cohérence avec les ME décrits plus hauts.

90
Exemple : Dans tout les cas / toutes ses actions peuvent être précédées / appuyées par
- des actions de guerre électronique = GDH, délais
- aviation, hélicoptères, OAP, OHP = NVA, où, quand / délais.
- NBC = où, quand, pour quoi faire (« se couvrir face à »…)

III - IDEE DE MANŒUVRE


L’idée de manœuvre est l’expression concise de la façon dont le chef veut exécuter la mission reçue : comment,
quand et (par) où il veut agir.
L’idée de manœuvre du plan simplifié englobe la totalité de la (des) mission(s) reçue(s) de l’échelon supérieur (cf.
paragraphe « I-rappel de la mission »).
Elle comprend :
- le but à atteindre (en vue de, afin de, pour ...) ; C’est l’esprit de la mission, ce qui guide l’action.
- l’effet majeur (je veux) ; Une action, appliquée sur un volume ENI et/ou le terrain, pour un moment précis
(GDH) ou sur une durée ;
- un « développement » fondé sur le MA définitif et précédé de : à cet effet ; La manœuvre est ici découpée en
phases, précisant pour chacune l’objectif et les effets à obtenir.

Exemple :
EN VUE DE … (esprit de la mission),
JE VEUX … (effet majeur définitif = un verbe, un objectif, un lieu, un GDH)
(Pas d’effet majeur à tiroir)
À CET EFFET : MA envisagé découpé en phases
 Éléments permanents, valables pour toute la durée de l’action considérée :
« Agissant en liaison avec … et prêt en permanence à … / renseigné par … , couvert par … face … ,
débouchant de … »
 Phases (=> souligner la notion d’EFFORT associée à une des phases)
- Phase préliminaire (+ horaires) : Action préparatoire au combat
MVT, recomplètements, renseignement, réarticulation, liaisons …
- Phase 1 (+GDH) :
descriptif de l’action rapportée au terrain et combinant la manœuvre d’unités génériques, sans numéro

- Phase 2 (+GDH) (EFFORT):


descriptif de l’action rapportée au terrain et combinant la manœuvre d’unités génériques, sans numéro

- Phase 3 (+GDH):
descriptif de l’action rapportée au terrain et combinant la manœuvre d’unités génériques, sans numéro

- En mesure de … :
Attitude en fin d’action, évocation de notre mission suivante reçue de l’échelon supérieur,

91
IV - ROLES DES GROUPEMENTS DE FORCE ET ELEMENTS D’APPUI
46
41- Rôles des unités de manœuvre
Sous la forme d’un tableau, le rôle de chacun des éléments subordonnés est indiqué par un substantif (et non un verbe, celui-ci décrivant une mission, élément
constitutif du tableau des missions de l’OPORD) complété par un horaire (H+…, éventuellement GDH), une notion de lieu, éventuellement des précisions
complémentaires (moyens particuliers, consommations autorisées ; souligner la notion d’EFFORT, accordé à une unité ainsi qu’à la phase déterminée par l’idée de
manœuvre). Il s’agit d’indiquer les tâches à effectuer, par phases, par les unités subordonnées.
47
Unités Phase 0 Phase 1 Phase 2 Phase 3
Recueil a/c H+…- Coup d’arrêt - neutralisation Contre-attaque Interdiction En mesure de
H+… [H+…-H+…] [H+…-H+…] [H+…-H+…] A/C H+…
EFFORT
510(AZ) EEI Jalonnement sur
Surveillance face au Sud Surveillance face au Sud Surveillance face au Sud
largeur ZA
sur L1 entre L1 et L2 sur L2
511(AZ)BATMéca Interdiction L2
Préparation CARR
Coup d’arrêt sur L1 Contre-attaque fuseau Nord
sur L1 Livraison LD
fuseau Nord sur axe1 entre lieu(XY) et lieu(XY) entre (X1/Y1) inclus et (X2/Y2)
Recueil EEI sur L1
inclus
514(AZ)BATBlind Soutien de l’interdiction L2
Préparation CARR
Coup d’arrêt sur L1 Contre-attaque fuseau Centre
sur L1 Livraison LD
fuseau Centre sur axe2 entre lieu(XY) et lieu(XY)) entre (X2/Y2) exclus et (X3/Y3)
Recueil EEI sur L1
EFFORT inclus
513(AZ)BATInf Soutien Recueil
Soutien C.ARR Soutien C.ATK Réduction résistances
Soutien LD
fuseau Centre (P) et Nord sur axe1 dépassées entre L1 et L2
512(AZ)BATMéca Interdiction L2
Préparation CARR
Coup d’arrêt sur L1 Soutien C.ATK fuseau Sud
sur L1 Livraison LD
fuseau Sud sur axe2 entre (X3/Y3) exclus et (X4/Y4)
Recueil EEI sur L1
inclus

Points importants :
- seront toujours précisés : la nature et le type de l’unité, plus ses renforcements éventuels ; l’unité chargée de l’effort ;
- emploi des sigles et abréviations possible ;
- les rôles doivent être en concordance avec les phases de l’idée de manœuvre ;
- la rédaction des rôles ne requiert pas la même précision que celle des missions dans l’OPORD. Elle peut être complétée par un calque de manœuvre.
Néanmoins, il est bon de donner des indications géographiques ou des coordonnées.

46
Cf. tableau « Commandement et contrôle» situé après l’OPORD.
47
Les unités données en renforcement peuvent être indiquées dans ce tableau sous chaque unité faisant l’objet d’un renforcement.
92
42- Rôles des appuis
42.1- Artillerie sol-sol
 Rôle général
Donner l’effet à obtenir, assorti d’une notion d’effort sur le type d’action et d’une priorité tactique dans
le temps. Est complété par une mission d’appui au renseignement, sous réserve qu’elle soit
compatible avec les moyens aux ordres de la brigade.
Exemple :
« Appui de la manœuvre offensive/défensive de la X brigade, depuis telle ligne (L) jusqu’à telle
ligne (L1) du H+… de début de l’action jusqu’au H+… de fin d’action en faisant effort sur :
- (appui direct) : action appliquée à un volume ENI pour un GDH donné dans une zone
donnée ;
- (appui indirect) : action appliquée à un volume ENI/sur le terrain pour un H+… dans une
zone donnée ;
- (conquête de la supériorité des feux) : action appliquée à un volume ENI (ART et/ou bases
AC) pour un H+… donné dans une zone donnée ;
- (renseignement) : la fourniture de tels indices dans une zone donnée pour un GDH donné. »

 Articulation - commandement
Peut être exprimé sous forme de tableau
- moyens détachés, adaptés, donnés ou reçus en renforcement ;
- articulation des éléments conservés aux ordres ;
- répartition des DLOC et EOC.
« - Le GTA formera un … (groupement tactique ou sous groupement)
- Eventuellement tableau de répartition des DLOC/GTIA.

 Rôles par phase


Indiquer les effets tactiques recherchés, les objectifs prioritaires, les consommations autorisées (en
UF) les priorités tactiques (unités prioritaires).
Phase 2
Phase 1 Phase 3
[H+…-H+…]
[H+…-H+…] [H+…-H+…]
EFFORT
- Facilitation du débouché
- Appui de l’ ATK fuseau - Appui de l’ATK fuseau
par des tirs panachés / Centre en neutralisant au Centre en neutralisant au
d’aveuglement sur les moins n sections méca moins 1 Cie méca
points hauts, au-delà pour le (GDH) - Participation à
Ligne/coupure - Appui de l’établissement l’interdiction de la ligne…,
- Appui de la reco off d’une tête de pont en (XY) face au Sud/Nord… par des
Effets tactiques fuseau Est par la …en détruisant les PA tirs de barrage sur N45 /
neutralisation des PA INF- Dislocation de toute ligne…
- Neutralisation du CATK par des tirs de - Participation à la
volume de 2 Cies pour le barrage / d’arrêt sur D295 couverture face à l’ouest
(GDH) / au-delà coupure… par tirs d’arrêt / de
cloisonnement au-delà
D698 / ligne / coupure…
Objectifs prioritaires ART –INF ART – BLIND - MECA MECA
Priorité tactique
Consommation 0,5 UF 1,5 UF 1 UF

 Mesures de coordination
- Pour les appuis feux au sol = les zones à traiter (ZEF et ZIO) et les lignes à battre, les autorités
qualifiées (coordination / ouverture du feu) ;
- en C3D = zones / secteurs, altitudes / plafonds, etc. ;
- zones réglementées (tir interdit).

93
 Renforcements feux à donner ou à recevoir
Exemple :
« - Ph 1 : appui réciproque avec XX (VE) BATART / 3 IT
- Ph 2 : renfort 5 IT par XX (AZ) BATART »

42.2 - Artillerie sol-air


- Rôle général :
donner l’effet à obtenir, assortie d’une notion d’effort dans le temps et sur le type d’action.

Exemple :
« Dans le prolongement (ou en complémentarité) de la couverture MA (Moyenne Altitude) HAWK,
assurance de la défense anti-aérienne TBA (Très Basse Altitude) / BA (Basse Altitude) de la Xème
brigade depuis telle ligne (L) jusqu’à telle ligne (L1) du H+… de début de l’action jusqu’au H+… de
fin d’action en faisant effort sur … » 1 des 4 missions de l’artillerie sol-air :
 La défense d’unité ;
 La défense de site ;
 La défense d’itinéraire ;
 La surveillance.

- Articulation :
« Une section SATCP adaptée au 41 e BATINF ».

- Rôle par phase des moyens conservés aux ordres :


indiquer le rôle assorti de la notion d’effort ou de priorité.
« Phase 0:
Phase 1: … en permanence … »

42.3- Génie
 Rôle général
Donner l’effet à obtenir, assortie d’une notion d’effort dans le temps et sur le type d’action appui à la
mobilité / contre mobilité / protection / aide au déploiement.

Appui de la manœuvre offensive de la 14(FRA)BM entre LD H+1 et l’agglomération d’ANGERS


le H+25, priorité à l’appui à la mobilité des unités ECH 1, effort sur le franchissement de la
MAINE.

 Rôles particuliers

Liste numérotée des rôles à accomplir dans l’ordre chronologique sans notion de priorité :

11- appui à la mobilité / contre mobilité. À cet effet : valoriser, faire franchir, ouvrir …
12- Appui de la manœuvre de freinage de … en faisant un effort de contre mobilité entre … et
…, et de protection des unités à l’OUEST de …
13- Participation à la couverture de …
14- Reconnaissance des ponts sur coupure … avec effort région…
15 – EMD appui aide au FCHT sur (coupure) entre (XXYY) et (XXYY)
16- En permanence, participation au Rens milieu / terrain……

 Articulation
- Moyens reçus en renforcement :
1 DLRG + 1 Son déminage du 216(FR)BATGen a/c H+7

- Moyens détachés :

94
1CCG au 251(FRA)BATMéca a/c H+12
1CCG au 252(FRA)BATMéca a/c H+10

- Moyens conservés :
DLRG 1 / 256(FRA)BATGen + 1 SLRO (-) avec DLRG 2 / 256(FRA)BATGen
1 CA
ème
3 CCG
La section Déminage lourd (DML) - préavis 1h, priorité BATMéca fuseau centre

 Rôles du génie conservé aux ordres


Donner le numéro des tâches à accomplir dans l’ordre d’effort ou de priorité :
- 11- 13- 16
- Partie de 12-15
- Participation à 14 - 17

 Coordination
- ZLO (zone à laisser libre d’obstacle) ;
- ZRO (zone règlementée d’obstacles) ;
- mise en œuvre d’obstacles de manœuvre ;
- organisation des franchissements ;
- détachement de protection à fournir par… ;
- autorité qualifiée.

44- (éventuel) Rôle …


48
45- Coordination: limites, lignes de coordination, zones de déploiement, NBC, LATTA,
définitions des jours/heures49…

V - COMMANDEMENT- LOGISTIQUE
51- SITUATION
- Forces à soutenir ;
- Généralités tactiques ;

52- MISSION
- Des éléments logistiques de la brigade ;
- but à atteindre ;
- priorités ;
- efforts.

53- EXÉCUTION
- Idée de manœuvre logistique de la division (pour information) ;
- moyens logistiques de la brigade (donnés ou prélevés) ;
- déploiements logistiques de la division ;
- ravitaillements ;
- maintenance des unités de la brigade par la division ;
- soutien sanitaire ;
- soutien de l’homme ;
- circulation.

48
Cf. tableau « Commandement et contrôle» situé après le corps principal de l’OPORD.
49
Cf. glossaire.

95
54- ADMINISTRATION

55- COMMANDEMENT
(Implantation des PC…)

VI - BESOINS EN RENSEIGNEMENT
L’expression des besoins en renseignement est une responsabilité du commandement.
Un besoin en renseignement doit se limiter à poser une seule question précise, permanente ou
conjoncturelle. Les besoins sont formellement exprimés par l’autorité ou le commandant du niveau
considéré. L’expression des besoins en renseignement doit être le résultat d’un dialogue entre :
- le commandant qui connaît ses priorités, ses ordres, son cadre d’action, donc ses besoins
génériques en renseignement ;
- les autres fonctions opérationnelles représentées au sein de l’état-major expriment également
leurs propres besoins en renseignement ;
- la fonction renseignement, pour répondre à ses propres besoins en vue de conduire les actions de
recherche et préserver ses propres ressources et capacités de recherche et de production.

Nature des besoins


Le déroulement du processus décisionnel permet d’élaborer des besoins en renseignement. Ceux-ci
concernent :
- les acteurs avérés ou potentiels de violence contre la Force ou d'opposition à la mission de la
Force (forces étatiques, guérillas, milices, mouvements terroristes, criminalité organisée, groupes
divers et autres entités organisées ou non) ;
- les acteurs d’influence (groupes ou personnalités politiques, religieuses, économiques, médias,
etc…) ;
- le milieu environnant, physique, immatériel et humain.

La définition des besoins en renseignement permet alors de commencer la structuration du plan de


renseignement et de recherche (PRR).
L'ensemble de ces besoins peut être exprimé sous la forme de besoins permanents ou non
permanents.

Besoins permanents
Les besoins permanents s’appliquent à toute la durée de l’opération et concernent généralement les
menaces sur la Force, la connaissance de l’environnement au sens le plus large et le suivi
d’ensemble de la situation adverse.

Besoins non permanents


En complément, les besoins non permanents concernent des phases particulières de la manœuvre ou
sont liés à la satisfaction de demandes issues d’autres bureaux, de voisins...

Le tableau ci-dessous est donné à titre d’exemple dans le cadre de la rédaction du Plan Simplifié
particulier au DEM.

96
Pour être exploitables, ces besoins doivent être suffisamment précis et assortis d’horaires limites d’obtention du renseignement. Ces renseignements peuvent
être des renseignements de manœuvre ou d’objectifs et concernent l’ennemi, les amis, le terrain et la population.

Nature GDH de fourniture OR / DI


61- sur l’ENI À classer par ordre chronologique. Les GDH doivent être compatibles
Ils doivent être précis sur l’objet du renseignement (NVA et/ou délais) et avec le processus d’élaboration et de
cohérents avec l’impression sur l’ENI et le gabarit d’aide à la décision. diffusion des ordres.
Généralement, ils doivent permettre d’orienter la manœuvre sur le ME
joué par l’ENI.
OR/DI
- Indices de réalisation de travaux de valorisation entre L1et L2 ; - Dès le H+… ;
DR
- indices de zones de minage entre LD et L1 ; - Dès le H+… ;
OR/DI
- localisation des unités GEN équipées en moyens de FCHT ; - Dès le H+… ;
DI
- localisation de la Cie NRBC de la 32(ENI)BM ; - H+… ;
DI
- PNVA des milices région (ville) et en direction de (ville) ; - H+… ;
…….
- dispositif de surveillance des ponts sur (coupure) entre (XXYY) et - Etc.
(XXYY) ;
- mise en œuvre de leurres ;
- position des compagnies du GEN et confirmation articulation en
détachement mobile de barrage ;
- Etc.
62 – sur les AMIS Il s’agit généralement de RENS sur des unités n’appartenant pas à notre
échelon supérieur (alliés, forces armées locales, forces de sécurité, etc.).

63 – sur le TERRAIN Principalement sur les possibilités de franchissement, de déplacement,


d’aménagements, …
La population et la météo entrent dans ce paragraphe.
- classe et état des ponts sur (coupures) ;
- praticabilité des axes entre LD et L1 ;
- praticabilité des axes entre (ville) et (ville) ;
- nature des sols et praticabilité des berges de (coupure) ;
- attitude des populations (mvt réfugiés) Cramber ;
- Etc.
64- sur la population Civils, administrations, groupes particuliers, organisations pouvant
intervenir à un degré notable dans la manœuvre.

97
VII - DEMANDES À L’ÉCHELON SUPÉRIEUR

Il est possible de conclure celui-ci par des demandes ou l’expression de besoins supplémentaires.
A exprimer en termes d’effets à réaliser, éventuellement justification, assortis d’une notion de lieu et
de H+… (délais / durée).
71. Coordination
Autorisation de déboucher à …, de se rétablir sur … au lieu de …
Modalité de dépassement par telle unité (itinéraire, ZLO, contact DL …)
Modalité de relève / de RCL / de contact.
72. Besoins en appuis
e
Demande de DETR A/C par 3 dimension de … à tel endroit à telle heure …
Demande … porte-chars / hélicos à telle heure, à tel endroit, pour telle mission.
Demande PCR …
Demande d’appuis supplémentaires ( ART / AER / AIR à telle heure /créneau H, à tel endroit, pour
telle heure.
73. Besoins en renforcements
Moyens de combat.
SOUT adapté en fonction des renforcements.
Allocation en MUN supplémentaires.
Mise en place PREM avec CARB adapté si renfort hélico.
HM pour EVASAN.
Interprètes pour liaison avec autres unités (langues).
Équipe ACM, presse…

98
3.3 Le calque de manœuvre
Le calque de manœuvre est une annexe du plan simplifié qui complète, en les illustrant
visuellement, le tableau des rôles et le paragraphe ‘’idée de manœuvre’’.

Il fournit ainsi à l’aide d’un dessin généralement réalisé sur une feuille de papier calque une
représentation d’ensemble de la manœuvre.

Il n’est donc pas un ordre graphique (= dessin complété par du texte) qui est une forme de l’ordre
d’opération (OVO).

Les paragraphes qui suivent contiennent les éléments à représenter.

 Unités
- Nature des unités :
o obligatoirement : les unités de mêlée figurant au tableau des rôles (BATINF,
BATBLIND, EEI, ALAT),
o jamais : les unités d’appui et de soutien,
o si un groupement est formé, le représenter sans mettre les unités qui le constituent,
o PAS D’ENNEMI (contrairement à l’OVO) ;

- Éléments de dessin :
o en trait plein pour la première phase,
o en trait pointillé pour les autres phases (uniquement le rectangle, pas le symbole
d’arme à l’intérieur de celui-ci),
o symbole conforme à l’APP 6,
o numéro de l’unité en bas et à gauche de celle-ci,
o renforcement/prélèvement (+1, ou-1) en haut et à droite de celle-ci,
o adapter la taille du rectangle symbolisant l’unité à son importance (ex : un bataillon a
un rectangle plus grand que celui de l’EEI).

 Lignes et limites
- Nature des lignes et limites :
o limites de la brigade (qui peuvent être celles de la division ou du corps d’armée…),
o limites entre les unités subordonnées à la brigade,
o lignes de coordination ;

- Éléments de dessin :
o lignes et limites sont en traits pleins (sauf si une limite avec une autre unité est
ultérieure),
o le nom de la ligne figure en bout de ligne (ex : L0, L1,…) ainsi que le GDH auquel elle
sera atteinte,
o le numéro de l’unité figure à l’intérieur des limites.

 Rôles des unités


- Nature des rôles :
o tous les rôles de toutes les unités représentées dans toutes les phases,
o cas particulier : lorsque la phase préliminaire (comme c’est bien souvent le cas) se
réduit à un mouvement, elle n’est représentée que par la position des unités à
l’arrivée ; il faut alors considérer que ce mouvement n’appartient pas stricto sensu à la
manœuvre ;

99
- Éléments de dessin
o les rôles sont représentés par les flèches, traits, zones, etc. figurant dans la doc EEM
et le TTA 106 tome II,
o les rôles de la première phase sont en traits pleins, les rôles des autres phases en
pointillés, dans le cas où plusieurs phases sont à représenter, chacune doit
correspondre à un pointillé différent : la distinction se fera à l’aide de la légende du
calque, les ‘’sur ordre ‘’ ou ‘’éventuellement ‘’ sont en pointillés; l’effort doit être
marqué (ex : pointes des flèches pleines, etc.…),
o les rôles sont à marquer sur le dessin qui les représentent sous la forme abrégée
réglementaire et en lettres capitales (ex : ECL., CTR.Z…).

 Éléments supplémentaires de nivellement et planimétrie


Pour la bonne compréhension de la manœuvre du premier coup d’œil, il peut être intéressant
d’ajouter certaines localités (tracé extérieur et nom), des ponts, des fleuves…

 Éléments extérieurs au croquis de manœuvre


- Cartouche titre

CALQUE ANNEXE
AU PLAN SIMPLIFIE DU GENERAL
e
COMMANDANT LA X BLB
Carte :………..
Échelle :………

- points de référence : deux croisillons avec coordonnées (à prendre à l’extérieur du croquis de


manœuvre et si possible sur des lignes de dizaines) afin que le calque puisse être plaqué sur une
carte ;
- direction du nord ;
- légende : uniquement si nécessaire (plusieurs phases en pointillés).

 Couleurs
- en BLEU : tous les éléments listés jusqu’au paragraphe 4 inclus ;
- en NOIR : tous les éléments de planimétrie (localités et leurs noms, ponts…) et ceux énoncés au
paragraphe 5.

3.4 Le plan de manœuvre


Définition TTA 106 : « Répertoire des éventualités d’action ennemie ou amie, des décisions
correspondantes et des mesures à prendre, inscrites dans les autres plans et dont il s’agit de
prescrire et de contrôler l’exécution en fonction de l’évolution de la situation et des opérations.
Son but essentiel est de prémunir le commandement contre les dangers de l’improvisation. Autour du
plan de manœuvre s’articulent les plans à caractère prévisionnel et les plans d’exécution. »

Le plan de manœuvre est entrepris dès la validation du plan simplifié, et recouvre l’ensemble des
phases :
- il s’attache à l’étude approfondie de tous les cas « non conformes » (les « what if ? ») ;
- à la différence du plan simplifié, c’est un document « vivant », en permanente réécriture ou mise à
jour, prenant en compte les évolutions de situation du fait de l’ennemi, des subordonnés, des
ordres de l’échelon supérieur, etc. ;
- il sert de référence à tous les autres plans particuliers.

Il n’existe pas de modèle réglementaire de plan de manœuvre et ceux proposés ci-après ne sont que
des exemples possibles.

100
Premier exemple de tableau (page suivante)
En partant du plan simplifié, la démarche pour le remplir peut-être la suivante :
- toute décision implique la réalisation d’une situation. Il faut donc d’abord porter dans les colonnes
1 et 2 les éléments de la conception ;
- puis, dans la colonne 3 il faut définir une éventualité susceptible de se présenter ou non intégrée
dès le départ en distinguant l’AMI et l’ENNEMI. Cette imagination de l’évolution du combat ne doit
pas se limiter aux événements du contact mais s’étendre à toute la profondeur du champ de
bataille en intégrant toutes les fonctions opérationnelles terrestres et les éléments extérieurs
(appui air, unités interalliées, …). Il s’agit en quelque sort d’incidents, de ‘’grains de sable dans le
mécanisme’’ ;
- puis, il faut déterminer les décisions à prendre si cet ‘’incident ‘’survenait (colonne 4) ;
- se fixer une limite (temps ou lieu) au-delà de laquelle cette décision ne pourrait plus être mise en
œuvre (colonne 5) ;
- évaluer les besoins en renseignement nécessaires dans chacun des cas (colonne 6) ;
- éventuellement des observations particulières, propres à chaque cas (colonne 7) ;
- les missions (avec réarticulation éventuelle) qu’il faudrait donner aux unités subordonnées
(colonne 8) ;
- les missions à donner aux appuis (colonne 9) ;
- les mesures particulières en termes de PC (colonne 10) ;
- les mesures particulières dans le domaine du soutien (colonne 11).

Deuxième exemple de tableau (deuxième page suivante)

Une autre forme de plan de manœuvre utilisant power point est présentée dans un deuxième tableau.
Là encore, il s’agit d’envisager des hypothèses sur ce qu’il pourrait survenir : souvent par le fait de
l’ennemi mais parfois du fait des forces amies (retard, attrition trop importante…).

Pour chacune de ces hypothèses, une solution doit être envisagée sous la forme d’une idée de
manœuvre et de missions aux unités.

Chaque hypothèse (ou incident) se présente sous la forme d’un croquis de la zone sur lequel cet
« incident » a été reporté par dessin, puis d’une page de commentaires sous le croquis indiquant les
éléments principaux (situation ennemie, idée de manœuvre et missions). Ce texte pourrait ainsi
constituer la trame de l’ordre de conduite qui serait à envoyer si « l’incident » survenait.

Les différentes hypothèses sont réunies dans un tableau, par temps de l’OPORD (généralement 2 à 3
hypothèses par temps d’OPORD de brigade).

101
PLAN DE MANŒUVRE TYPE 1 (tableau de papier)

DÉCISION EXÉCUTION
ÉVENTUALITÉS APPUIS
DÉCISIONS À DÉLAIS PC
ACTIONS SUSCEPTIBLES DE BESOINS ARTICULATION
PHASES PRENDRE OU OU O BS LIAISONS LOG
PRÉVUES SE PRÉSENTER EN RENS MISSION ART ASA GEN CIRCU GE ALAT AA TRANS
À M AINTENIR LIMITES
AMI et/ou ENI
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11

102
PLAN DE MANŒUVRE TYPE 2 (power point)

EXEMPLE D’UNE HYPOTHÈSE

QUIERZY
NOYON 911-1 Cie SINCENY ● C
MANICAMP

914 à 70%
CUTS ● 918+ 913 à 45%
COUCY ●
BLERANCOURT ● GUNY ●
C
D 934 CANAL et AILETTE
LEUILLY ●
944
C ATK

912 à 70% TERNY SORNY ●


132 ● 155 ● MONTS DE COUCY 162 ●

RAID
AISNE
PORT
ATTICHY VIC FONTENOY SOISSONS

201800Z : RAID du 912 sur AISNE


SITUATION ENNEMIE :
Descriptif du cas de figure reproduit sur la diapositive
IDÉE DE MANŒ ŒUVRE
Comment le problème posé par cette hypothèse pourrait être résolu
MISSIONS
Missions des unités de mêlée et d’appui pour la manœuvre envisagée

PLAN DE MANŒUVRE
TEMPS 2 DE L’OPORD 1

HYPOTHESE 1 HYPOTHESE 2 HYPOTHESE 3


201800Z 202000Z 202200Z

QUIERZY QUIERZY QUIERZY


NOYON 911-1 Cie NOYON 911-1 Cie NOYON 911-1 Cie
SINCENY ● C SINCENY ● C SINCENY ● C
MANICAMP MANICAMP MANICAMP

914 à 70% 914 à 70% 914 à 70%


CUTS ● 918+ 913 à 45% CUTS ● 918+ 913 à 45% CUTS ● 918+ 913 à 45%
COUCY ● COUCY ● COUCY ●
BLERANCOURT ● GUNY ● BLERANCOURT ● GUNY ● BLERANCOURT ● GUNY ●
C C C
D 934 CANAL et AILETTE D 934 CANAL et AILETTE D 934 CANAL et AILETTE
LEUILLY ● LEUILLY ● LEUILLY ●
944 944 944
C ATK C ATK

912 à 70% TERNY SORNY ● 912 à 70% TERNY SORNY ● 912 à 70% TERNY SORNY ●
132 ● 155 ● MONTS DE COUCY 132 ● 155 ● MONTS DE COUCY 132 ● 155 ● MONTS DE COUCY
162 ● 162 ● 162 ●

RAID RAID
AISNE AISNE AISNE
PORT PORT PORT
ATTICHY VIC FONTENOY ATTICHY VIC ATTICHY VIC
SOISSONS FONTENOY SOISSONS FONTENOY SOISSONS

201800Z : RAID du 912 sur AISNE 202000Z : ATK du 944 sur AISNE 202200Z : RAID du 912 et ATK du 944

SITUATION ENNEMIE : SITUATION ENNEMIE : SITUATION ENNEMIE :


Descriptif du cas de figure Descriptif du cas de figure Descriptif du cas de figure
reproduit sur la diapositive reproduit sur la diapositive reproduit sur la diapositive
IDEE DE MANOEUVRE IDEE DE MANOEUVRE IDEE DE MANOEUVRE
Comment le problème posé par Comment le problème posé par Comment le problème posé par
cette hypothèse pourrait être résolu. cette hypothèse pourrait être résolu cette hypothèse pourrait être résolu
MISSIONS MISSIONS MISSIONS
Missions des unités de mêlée et Missions des unités de mêlée et Missions des unités de mêlée et
d’appui d’appui d’appui

103
3.5 Les plans particuliers
Sur la base du plan de manœuvre, une série de plans particuliers peuvent être générés et se
répartir généralement de la manière suivante :
- plans tactiques :
 plan de mouvement et de stationnement,
 plan de feux et de ciblage,
 plan de franchissement ou d’aménagement du terrain,
 plan de contre attaques,
 plan de liaisons, etc.
- plans renseignements :
 plan de renseignement et de recherche,
 plan d’emploi des moyens d’acquisition,
 plans logistiques afin d’intégrer les dispositions complémentaires à l’OAL ou aux autres
ordres logistiques.
- Seuls les plans de renseignement sont détaillés au paragraphe suivant.

3.6 Les plans de renseignement

Ils sont élaborés par la cellule renseignement qui établit et tient à jour plusieurs plans différents, dont
les principaux sont :
- le plan de renseignement et de recherche (PRR) qui est un document évolutif, sans cesse mis à
jour, en fonction de l’évolution des besoins en renseignements et de la satisfaction de ceux-ci. Le
PRR, aboutissement de la phase d’orientation permet de coordonner et de garantir l’emploi
optimum des moyens de recherche. Le PRR explicite les besoins en renseignement en
concrétisant les exigences et les priorités renseignement du commandement pour exécuter la
mission. Il décline ensuite les besoins en renseignements en indices ou des faits à découvrir
qui feront l’objet de missions de recherche à affecter aux différents capteurs.
Le plan contient à cet effet quatre parties qui répondent aux questions suivantes :
- que chercher ?
- pour qui chercher ?
- où et quand chercher ?
- qui cherche ?
Il recouvre alors les notions caduques de Plan Particulier de Renseignement (PPR) et de Plan
Particulier de recherche (PPr). Il correspond au « Collection Plan » (CP) des états-majors de l’OTAN.
- le plan d’emploi des moyens d’acquisition (PEMA) qui cherche à organiser un système
cohérent de recherche des renseignements de manœuvre et d’objectifs dans la zone de
responsabilité de l’unité par les capteurs spécialisés. Sous le contrôle du B2, la batterie de
renseignement de brigade (BRB) est chargée de sa mise en œuvre technique.

Ces plans sont établis en tenant compte des gabarits (calques) élaborés dans le cadre de la
préparation du renseignement de l’espace des opérations (PREO) et des priorités retenues pour la
mise en œuvre du ciblage.

On peut retenir que la recherche est :


- dirigée et orientée par le PRR (traduits en indices les besoins exprimés) ;
- organisée par le PEMA (répartition des fonctions et moyens) ;
- animée par les demandes d’information (DI) et les ordres de recherche (OR).

 Plan de renseignement et de recherche (PPR)


Document de travail interne à l’état-major, il est établi dès la phase de planification et évolue durant
l’opération.
Socle de travail du B2, il concrétise les exigences et les priorités du commandement dans le domaine
RENS.

104
Que chercher ?
A partir d’un effort d’analyse, le PRR récapitule l’ensemble des besoins en renseignements, depuis les
besoins prioritaires jusqu’aux besoins particuliers pour en déduire les indices et des faits à découvrir,
présentés de manière structurée.
 Un besoin en renseignement (prioritaire ou non) est décliné en plusieurs besoins spécifiques en
renseignement (Specific Intelligence Requirements, SIR) pour l’OTAN). Cette opération divise en
sous-domaines (faits ou actions à découvrir) la question contenue dans l’expression du besoin en
renseignement.
 Chaque besoin spécifique est à son tour décliné en indices et faits (éléments essentiels
d’information - EEI pour l’OTAN). L’indice est par définition l’élément essentiel en termes
d’orientation des capteurs. Ce travail de déclinaison des besoins en renseignement en besoins
spécifiques et en indices est possible grâce à une collaboration étroite entre le rédacteur du PRR
et les exploitants qui ont la connaissance du domaine traité. La recherche des indices est limitée
dans l’espace et le temps, affectée de priorités et d’une indication d’urgence. Il y a lieu, en
particulier, de spécifier quels sont les Informations d'Intérêt Immédiat (3I), procédure de
transmission particulière. Les informations doivent faire l’objet d’une opération de traitement
minimum pour être diffusée rapidement à l’autorité destinataire par les moyens les plus adaptés.

Pour qui chercher ?


Il s’agit d’indiquer les autorités intéressées en respectant les impératifs suivants :
 le besoin d’en connaître, notamment pour les informations sensibles ;
 le volume des flux d’information qui peuvent facilement paralyser le destinataire. Il s’agit de
définir des modalités de compte rendu à l’organe d’exploitation : à la fois la forme, la fréquence et
l’échéance. Par exemple un renseignement peut-être très urgent et prioritaire s’il est obtenu à
temps pour entreprendre telle action, puis voir sa priorité diminuer au fur et à mesure que les
délais s’allongent car la capacité à le prendre en compte dans la manœuvre diminue
 des modalités particulières peuvent être nécessaires concernant par exemple des règles de
confidentialité ou le cas des « 3I ».

Où et quand chercher ?
Il convient de définir le lieu d’occurrence de l’indice et le cadre temporel, en définissant:
 les zones d’intérêt particulier (ZIPPT) ou des domaines de responsabilité de renseignement
(DRR) ;
 l’heure limite de fourniture des renseignements ;
 le jour et heure de début et de fin supposés de l’activité ou du fait à détecter.

Qui cherche ?
Il s’agit de l’affectation des indices et des faits à chercher aux unités ou organes de recherche
spécialisés ou non. Cette opération doit être conduite en veillant à l’adéquation entre capacité à
acquérir et nature de l’indice et du fait à découvrir. Lorsqu’elle n’est pas réalisée une demande à
l’échelon supérieur, aux voisins ou à la chaine spécifique nationale est exprimée

105
PLAN DE RENSEIGNEMENT ET DE RECHERCHE (PRR)

PIR : Priority Intelligence Requirement (besoin prioritaire en renseignement).


SIR : Specific Intelligence Requirement (fait : besoin spécifique en renseignement).
IR : Intelligence Requirement (autre besoin en renseignement, non prioritaire).
EEI : Essential Elements of Information (indices : besoins en information).
NAI : Named Area of Interest.
AER : Aire d’Effort de Recherche.
ZIP : Zone d’Intérêt Particulier.
HVT : High Value Target.
3I : Information d’Intérêt Immédiat

106
PLAN DE RENSEIGNEMENT ET DE RECHERCHE SIMPLIFIÉ (PRR simplifié)

Le PRR est un outil de travail. Il appartient à chaque cellule de renseignement d’adapter les rubriques pour satisfaire au mieux à ses besoins. Il semble que les
rubriques ci-dessous constituent un minimum qui n’est toutefois qu’indicatif.

Besoins en renseignement Faits – Indices à 3I ZIP GDH de limite de Organes de recherche


rechercher fourniture des
(NAI) informations
Ou lieu de recherche

N° Libellé N° Libellé + tôt + tard


(NET) (NLT)

Prioritaires

Autres

107
 Plan d’emploi des moyens d’acquisition (PEMA)
Le PRR permet d’élaborer le Plan d’Emploi des Moyens d’Acquisition (PEMA), en coordination avec le B2 et les autres bureaux de l’état-major dont le B3, pour
tous les capteurs. Ce document d’état-major sert de référence pour la rédaction des FRAGO et des ordres de mise en œuvre. En raison de sa sensibilité, le PEMA
est diffusé selon le besoin d’en connaître. Le PEMA est en continuelle évolution.

Document interne au domaine Rens, il cherche à optimiser le système de recherche spécialisée en l’adaptant à la manœuvre, au terrain et aux moyens dédiés.
(organiques et adaptés).

Ce document permet :
- de connaître à tout instant la valeur et la capacité du système mis en place ;
- d’actionner les moyens de recherche en tenant compte :
o des délais de mise en œuvre, de recueil, d’exploitation et de transmission,
o des liens de subordination des moyens,
o du plan de manœuvre,
o de la planification 3D.

Les éléments suivants doivent impérativement figurer dans le PEMA initial :


- répartition initiale des moyens d’acquisition sur le terrain ;
- définition exacte de la mission et du cadre espace-temps ;
- changements de manœuvre à prévoir (cf. plan de manœuvre) ;
- moyens de transmission du renseignement et adéquation des liaisons.

108
Exemple de plan d’emploi des moyens d’acquisition (PEMA)

109
DEMANDE D’INFORMATION

Tout besoin en renseignement, inscrit ou non au PRR, se traduit par une demande d’information
(DI), adressée à l’échelon supérieur, aux unités subordonnées ou voisines.
Le mode normal d’échange entre B2 est bien l’expression de demandes d’informations.

MODELE DE DEMANDE D’INFORMATION OU RFI

ORIGINE :

GDH :

URGENCE :

DESTINATAIRES POUR ACTION :

DESTINATAIRES POUR INFO :

CLASSIFICATION :

NMR :

OBJET :

REFERENCE :

A/ FAIT A DECOUVRIR

B/ INDICES A CONSTATER OU A RECHERCHER

C/ PRESCRIPTIONS RELATIVES A LA MISSION

D/ PERIODICITE OU GDH LIMITE DE FOURNITURE

E/ AUTORITES INTERESSEES

Les rubriques A, B, D, E sont extraites du PRR.

110
4. Les ordres
4.1 ORDRE PRÉPARATOIRE ou ORDRE D’AVERTISSEMENT [OTAN =
WARNING ORDER (WingO)]

 Généralités
Les unités et bureaux d'état-major, à tous les niveaux, doivent être informés le plus tôt possible des
événements imminents ou en préparation. L'ordre préparatoire est destiné à fournir les détails
essentiels de l'opération à venir, notamment le délai disponible pour la conception / planification. Il
permet aux unités d’initier un cycle de MEDO et de commencer leur préparation matérielle.
L'ordre d'avertissement (WingO1) doit être diffusé dans les plus brefs délais, soit après réception d’un
ordre du niveau supérieur (OPORD, FRAGO ou WingO), soit dès que l’appréciation de situation par le
chef incite le PC à initier un nouveau cycle de MEDO. Pour que les subordonnés soient avertis en
temps utile de l'imminence d'opérations, la diffusion de l'ordre d'avertissement ne devra pas être
retardée pour motif d'informations manquantes. Les éléments additionnels d'importance opérationnelle
seront transmis dans un ordre complémentaire (WingO2, WingO3,…) ou dans l’ordre d’opération
(OPORD) qui s’ensuivra.
Le WingO n’est pas le transfert immédiat ou la recopie intégrale de l’ordre du niveau supérieur. Un
travail utile de filtrage doit être entrepris pour livrer l’essentiel aux subordonnés.
Il peut être communiqué verbalement (radio, téléphone, officier de liaison) mais sera suivi de l’envoi
d’un document écrit, par écrit (message, etc.) ou de façon électronique (numériquement par des
systèmes d'information).

 Contexture
Elle est libre car adaptée à la situation, mais doit toujours permettre de distinguer les éléments
exécutoires des éléments d’avertissement.
Le canevas le plus courant et le plus simple est celui de l’ordre d’opération aménagé.
Le modèle ci-après pourra être pris comme référence au DEM.

111
Exemplaire n° ... de ….. exemplaires
PC (d’où émane l’ordre) Coordonnées
GDH de signature

WARNING ORDER N° 001

Références : cartes ou documents à utiliser

Fuseau horaire utilisé pour l'ensemble de l'ordre :

1 - SITUATION
a - Forces ennemies
b - Action des voisins
c - Renforcements et prélèvements

2 - MISSION

3 – EXECUTION
a - intention
b – tâches, rôles qui pourraient être confiés aux unités de manœuvre
c - tâches, rôles qui pourraient être confiés aux unités d’appui
d - instructions / coordination

4 – ADMINISTRATION ET LOGISTIQUE

5 – COMMANDEMENT ET TRANSMISSIONS

APERCU

Grade et nom du commandant

DIFFUSION
………

112
4.2 ORDRE D’OPÉRATION50 [OTAN = OPERATION ORDER (OPORD51) ]

 Généralités
C’est l’expression de la décision du chef interarmes. L’OPORD couvre une durée déterminée de l’ordre du niveau
supérieur. Il peut également couvrir une tranche de manœuvre du plan simplifié du même niveau (généralement
une des phases) si ce dernier existe.
L’ordre est détaillé et présenté soit sous forme rédigée, soit sous forme d’ordre graphique (overlay order ou OvO).
L’OPORD est présenté à la validation du chef interarmes et diffusé aux subordonnés lorsque les renseignements
obtenus lèvent les incertitudes sur l’ennemi, ou quand les délais interdisent de différer la décision.

 Contexture de l’OPORD (STANAG 2014 / OTAN)


Le corps principal d’un ordre d’opération se compose de cinq paragraphes.
L’articulation des unités de manœuvre est indiquée en préambule
 situation
 mission
 exécution
 administration et logistique
 commandement-transmissions

- Le paragraphe 1 contient toujours au minimum les alinéas a, b et c.


52
- Le paragraphe 2 n’a pas d’alinéas .
- Le nombre d’alinéas des paragraphes 3, 4 et 5 n’est pas limité, ces paragraphes étant subdivisés en
fonction des impératifs des opérations.
Tous les paragraphes et alinéas doivent avoir un titre.
Bien que les paragraphes 1.a., 1.b., 1.c., 3, 4 et 5, avec leur titre correspondant, figurent toujours dans l’OPORD, il
est permis d’inscrire en regard de ces paragraphes les mentions « Pour mémoire» (p.m.), « Voir calque », « Voir
annexe… », ou « NEANT » (en l’absence de renseignements). Ces mentions doivent être portées, le cas échéant,
afin que les paragraphes restent cohérents et que l’ordre soit concis.
L’OPORD comporte des annexes (feux, renseignement, génie, opérations d’influence,…) dont le nombre n’est pas
figé. Elles permettent d’alléger le corps de l’ordre : ainsi, les différents alinéas du §« 3- Exécution » permettent de
fixer les ordres d’emploi, et les annexes servent à décliner les ordres de mise en œuvre spécifiques de certaines
fonctions opérationnelles.
Ceci est également valable pour un OPORD du niveau GTIA lorsque ce dernier doit coordonner l’action de
multiples fonctions opérationnelles.

Un exemple d’OPORD figure en pages suivantes.


Des mentions explicatives ainsi que des exemples sont donnés au sein des paragraphes, le stagiaire se reportera
utilement aux cours dispensés durant son stage, aux autres chapitres de la base documentaire tactique ou encore
à la documentation doctrinale du CDEF pour des explications plus exhaustives.

50
Ordre d'opération (TTA 106) : Ordre relatif aux opérations proprement dites et ayant pour but de mettre tous les éléments de l'unité en
mesure de jouer le rôle qui leur est fixé pour le déclenchement de la manœuvre et la suite de son exécution. Il arrête ferme une tranche de
manœuvre (phase tactique) et prépare la tranche suivante.
51
OPORD est désormais la seule appellation valable (OPSORDER n’existe plus). Dans SICF c’est un « OPORD », dans SIR c’est un « OPO
Gpt ». SCORPION et SIO 0-3 utiliseront OPORD.
52
Conformément au STANAG 2014 p. 27 §1C, le paragraphe 2 –MISSION ne sera jamais subdivisé ni résumé par « sans changement » ou
« néant ».

113
EXEMPLE D’OPORD
CLASSIFICATION DE SECURITE

Exemplaire n°...de….. exemplaires


PC d’où émane l’ordre
Coordonnées
GDH de signature

OPORD N° 001
Références : cartes ou documents à utiliser

Fuseau horaire utilisé pour l'ensemble de l'ordre


53
ARTICULATION

Elle correspond aux besoins généraux d’exécution. Elle indique dans le détail la constitution des unités de contact
(articulation des moyens) et éventuellement le chef (qui commande).

L’articulation est donnée pour la durée couverte par l’ordre.


Exemple :
SRR + OA
SAED
1° CIE MECA + 1 Peloton BLD + 1EOC+ 1 SCG + 1 GRPE EBG
2° CIE MECA + 1 EOC + SAC HOT
3° CIE MECA + 1 EOC (-1 OA) + SAC MILAN
ESC BLD + 1 EOC + 1 SCG + 1 GRPE EBG - 1 Peloton BLD

1. SITUATION
Le paragraphe 1A du corps principal de l’OPORD fournit une appréciation actualisée de l’adversaire, de ses
modes d’action retenus (devenus hypothèses) et des menaces potentielles qui pèsent sur la Force. Toute
évolution importante des conclusions de l’analyse de l’adversaire (centre de gravité tactique, force ou vulnérabilité
critique…) y est reportée.
a) FORCES ENNEMIES
Éventuellement : un court chapeau présentant l’ENI dans le cadre de son échelon supérieur
a 1. Globalement
Le chef indique nettement l’impression qu’il se fait de l’ENI global c’est-à-dire celui qui peut s’opposer à
l’exécution de sa mission dans le cadre espace/temps fixé. Pour cela, il va :
- décrire (numéro, nom, matériel, unité d’appartenance) l’ENI pouvant intervenir dans la zone d’action de l’unité ;
- estimer ses objectifs, assortis de délais et d’axes de progression ;
- préciser son organisation par les renforcements prévisibles en appuis ART et GEN : NVA.

Exemple :
« Le XX(AZ)BATINF / GTIA2 sera opposé à n sections / au ….. sur ... appartenant à ... renforcé par … , à ... % de
son potentiel agissant en ... échelon de …
Progressant sur la direction ... (coordonnées) ... (coordonnées), axe d’effort de … , son objectif pourrait
être ... (quoi, où), pourquoi faire … et pour quelle heure. »
ou
« Installé en défensive à tel endroit il pourrait avoir pour objectif ... (quoi, quand, où). À telle date, il pourrait être ...
et se trouver dans la situation suivante ...Il pourrait être appuyé /renforcé en appuis par… (NVA) »

a 11. ENI initial


Description de l’ENI au moment du contact. Décrire ses unités/éléments dans l’ordre chronologique probable
d’apparition et préciser leurs différents objectifs et itinéraires.
Exemple : « Jalonné par … , il pourrait atteindre … pour … H, dans le dispositif suivant ….
Après avoir … pour … H, à tel endroit, il pourrait se présenter en ... (reco off, attaque, ...) dans le dispositif
suivant :

53
Cf. tableau « Commandement et contrôle» situé après l’OPORD.
114
au contact : … de tête à … % sur … axes, flanc gardé à … par …, le ... de la valeur de ... appuyé par
(ART REG ou DIV, ...) pourraient avoir pour objectif initial la conquête de / atteindre le ... pour GDH. »

a 12. ENI ultérieur


Description de l’ENI qui, par sa manœuvre et ses moyens, peut favoriser ou relancer l’action de l’ENI initial, et
ainsi remplir l’objectif fixé.
Exemple :
« Dans la profondeur : … à … % pouvant atteindre … pour … H (ou délais) (souvent pour atteindre
l’objectif ultérieur)
ou
« Ultérieurement : … pourrait intervenir dans un délai de … H avec … (tels moyens), sur … (tel axe ou en
direction de…), en ayant pour objectif de … (souvent pour atteindre l’objectif ultérieur de l’ENI global). »

a 2. Face à notre action


Partant de l’objectif supposé de l’ENI global, de notre mission et de l’effet majeur retenu, le chef décrit les modes
d’action ennemis possibles face à notre action, en précisant la nature de cet ENI en réaction et les délais
d’intervention probables.

Exemple :
« Face à notre action de tel type et pour parvenir à tel but, tel ENI pourrait ...

L’ENI est décrit selon deux (voire plus) hypothèses :


H1 (hypothèse 1) : Un titre qui la caractérise.
Une définition de l’action qui doit être un déroulé dans lequel on voit l’ENI en réaction évoluer dans un
cadre espace temps.
H2 (Hypothèse 2) : Un titre qui la caractérise.
Une définition de l’action qui doit être un déroulé dans lequel on voit l’ENI en réaction évoluer dans un
cadre espace temps. »

NB : ici, c’est l’ENI ultérieur qui joue le rôle principal tandis que l’ENI initial (au contact et donc généralement fixé
ou en partie neutralisé) joue un rôle secondaire.

a 3. ENI futur
C’est l’ENI qui est situé hors de notre cadre espace-temps, celui du « en mesure de » : quoi / qui (NVA), pour quel
objectif possible, quand / délais...

a 4. Menaces complémentaires
Le paragraphe « impression sur l’ENI » est clos par l’énoncé de menaces particulières ne relevant pas directement
de l’ennemi global vu initialement, c’est-à-dire NBC, AIR, OHP, GE, interventions possibles de formations voisines
dans notre zone, etc. Ces actions doivent être indiquées dans leur cadre espace temps probable et être en
cohérence avec les H décrites ci-dessus.
Exemple :
« Dans tous les cas / Toutes ses actions peuvent être précédées ou complétées par :
- OAP, OHP – préciser NVA, localisation possible, GDH / délais ;
- possibilité / probabilité d’actions d’appuis aériens (aviation, hélicoptères) ;
- des actions de guerre électronique - GDH / délais (la GE étant du niveau, au minimum, de la division
ENI, elle s’applique plus au facteur temps ou à la phase d’action ENI qu’au terrain) ;
- risques NBC : où, quand, pour quoi faire … (se couvrir face à …) ».

b)FORCES AMIES
Donner les informations sur les forces amies (niveau supérieur [notamment la mission], unités voisines, etc…)
autres que les unités de la brigade ou du GTIA émetteur de l’OPORD mais dont l’action est susceptible
d’influencer notre manœuvre :
« La brigade a reçu telle mission,…
Au NORD, 24(AZ)BATMECA en ECH 2, en soutien du GTIA 1,
A l’EST, 19(TU)BATINF est en couverture face à telle direction / telle ligne… »

54
c)RENFORCEMENTS ET PRÉLEVEMENTS
Énumération des unités attribuées en renforcement à la GU ou au GTIA émetteur de cet ordre ou à détacher par
celle ou celui-ci.

54
Cf. tableau « Commandement et contrôle» situé après l’OPORD.
115
Préciser les horaires, s’il y a lieu les conditions d’accueil, et GDH de fin :
+1 ESC BLIND - 1 CIE MECA (104(AZ)BATBLIND)
+1 DLOC, 1 DLRG, 1 CCG, 1 Section CAESAR, 1 section MISTRAL durant toute la manœuvre.

d) POPULATION - TERRAIN
Description de l’attitude possible / probable de la population : réactions, prises de positions, en ce qu’elle a de
favorable, neutre ou défavorable à notre action / mission.
On peut y ajouter des mentions importantes pour la manœuvre concernant le terrain comme la destruction
d’infrastructures particulières, etc.
Bien que non prévu par le STANAG 2014, ce paragraphe est souvent utilisé en procédure française à cet
emplacement.

e) ÉVALUATION DE LA SITUATION PAR LE CHEF


Le chef y expose les points clés de sa manœuvre ou les facteurs conditionnant sa réussite
«Notre action repose sur notre capacité à……ou bien… la simultanéité de telle et telle action conditionne….… »

2. MISSION
Recopie de la mission reçue du niveau supérieur pour la durée de cet OPORD-ci.

Compte tenu des différences entre « l’idée de manœuvre » française et le « Commander’s Intent » anglo-saxon,
notamment l’existence de la notion d’effet majeur, la rédaction française privilégie l’intégration du but (« En vue
55
de...) dans le paragraphe 3.a), pour des raisons de cohérence .

3. EXÉCUTION
a) IDÉE DE MANŒUVRE
L’idée de manœuvre est l’expression nette et concise de la façon dont le chef veut exécuter la mission reçue :
comment, quand et par où il veut agir.
Elle comprend :
- le but à atteindre = en vue de …
C’est l’esprit de la mission, ce qui guide l’action ;
- l’effet majeur = je veux …
Une action (un verbe), appliquée sur un volume ENI, un lieu, une date(GDH), une durée. un « développement »
fondé sur le MA retenu :
- à cet effet…Éléments permanents, valables pour toute la durée de l’action considérée :

 Temps préliminaire (+ horaires) : ACTION PREPARATOIRE au combat,

 Temps 1 (+ horaires) : descriptif de l’action rapportée au terrain et combinant la manœuvre d’unités (sans
donner leur numéro),

 Temps 2 (+ horaires) : descriptif de l’action rapportée au terrain et combinant la manœuvre d’unités (sans
donner leur numéro),

 Temps 3 (+ horaires) : descriptif de l’action rapportée au terrain et combinant la manœuvre d’unités (sans
donner leur numéro) ;

- en mesure de...

Il s’agit d’un découpage de la manœuvre en temps, précisant pour chacun l’objectif, les effets à réaliser et
certaines modalités d’exécution (efforts, appuis, soutiens, liaisons,..). Chaque temps comporte un titre repère et
décrit l’action rapportée au terrain en combinant la manœuvre d’unités (sans donner leur numéro) ; la notion
d’effort associé à un des temps de l’OPORD ;
une attitude en fin d’action : en mesure de…C’est une évocation simple de la phase tactique suivante.

55
Ceci n’est pas incompatible avec le STANAG 2014-9, qui préconise d’intégrer plutôt le but (Purpose) au paragraphe 2.-MISSION mais
autorise sa répétition au 3.a)-Concept of Operation
116
Exemple :
« EN VUE DE … permettre l’engagement de..., ralentir le.., favoriser / soutenir l’action de …, participer à
la neutralisation / destruction de…
JE VEUX détruire-neutraliser la … entre ….et … pour le… (GDH),
À CET EFFET :
 Éléments permanents, valables pour toute la durée de l’action considérée :
Agissant en liaison avec …, En permanence prêt à …, Renseigné par …, Couvert par … face à …,
Faisant effort à l’ouest…sur la recherche du… Avec une disponibilité immédiate permanente de X% des moyens
d’appuis sol-sol…
 Temps préliminaire (+ horaires) : ACTION PREPARATOIRE au combat
Mouvements, recomplètements, valorisations, coordination/liaison, préparation du recueil, renseignement,
ré-articulations …
Déterminer la notion d’effort associé à un des temps de l’OPO.
 Temps 1 (+ horaires) : « RECUEIL + FREINAGE »
Descriptif de l’action rapportée au terrain et combinant la manœuvre d’unités (sans donner leur numéro).
 Temps 2 (+ horaires) « EFFORT : FREINAGE »
Descriptif de l’action rapportée au terrain et combinant la manœuvre d’unités (sans donner leur numéro).
 Temps 3 (+ horaires) : « INTERDICTION »
Descriptif de l’action rapportée au terrain et combinant la manœuvre d’unités (sans donner leur numéro).
EN MESURE DE ... « livrer une ligne de débouché au …/ tenir telle ligne jusqu’au...(GDH )/ contre-
e
attaquer entre…et…/ relever le X (AZ)BATMECA sur telle ligne a/c …(GDH), etc… ».

56
b) MISSIONS ATTRIBUEES AUX UNITÉS DE MANŒUVRE
UN VERBE À L’INFINITIF + DÉLAIS + LOCALISATION
Éventuellement sous forme d’un tableau (notamment pour les fonctions « contact ») - souligner la notion
d’EFFORT accordé à 1 unité - Utilisation de l’abrégé possible

Temps 2 Temps 3
Temps préliminaire Temps 1
INTERDICTION
231200Z JUN RECUEIL + FREINAGE EMD
251200Z JUN 251800Z JUN Titre
 250800Z JUN 250800Z JUN 251200Z JUN
EFFORT Horaires
SAED Renseigner sur Sécuriser les axes principaux Après recueil par 12(UY)BATMECA en … ..
population effort du fuseau NORD du GTIA ECH1, reconnaître les zones
fuseau NORD entre L2 et LD, d’installation du GTIA à l’OUEST de la
CERE
SRR Recueillir éléments EEI sur L1 fuseau nord … …
Mise en place sur L1 En liaison avec 521(AZ) Cie Surveiller face au nord
MECA et 523 (AZ) Cie MECA
521(AZ) CieMECA57 fuseau nord fuseau centre … …
Mise en place sur L1 -Recueillir éléments EEI sur L1 - Interdire L2
EFFORT - freiner entre L1 et L2 du 251200ZJUN au 251800ZJUN
Entre VILLE1 (X/Y) (inclus)
et VILLE2 (X/Y) (exclus)
523(AZ)CieINF Mise en place sur L1 fuseau sud fuseau sud … …
-Recueillir éléments EEI sur L1 - Interdire L2
- freiner entre L1 et L2 du 251200ZJUN au 251800ZJUN
Entre VILLE2 (X/Y) (inclus)
et VILLE3 (X/Y) (inclus)
.... … … … … …

c) FEUX
c1.ART SOL / SOL
c11. Mission générale
Donner l’effet à obtenir, assorti d’une notion d’effort dans le temps et sur le type d’action appui direct / appui dans
la profondeur / conquête de la supériorité des feux. Peut être assortie d’une notion d’effort à apporter dans le
domaine du renseignement, sous réserve qu’elle soit compatible avec les moyens.

- Appuyer la manœuvre offensive/défensive du X GTIA, depuis telle ligne jusqu’à telle ligne du GDH de début
de l’action jusqu’au GDH de fin d’action en faisant effort sur :
o (appui direct) : action appliquée à un volume ENI pour un GDH donné dans une zone donnée ;

56
Cf. tableau « Commandement et contrôle» situé après l’OPORD.
57
L’intégration des renforcements majeurs peut être effectuée ici.
117
o (appui indirect) : action appliquée à un volume ENI/sur le terrain pour un GDH dans une zone
donnée ;
o (conquête de la supériorité des feux) : action appliquée à un volume ENI (ART et/ou bases AC)
pour un GDH donné dans une zone donnée ;
o (renseignement) : la fourniture de tels indices dans une zone donnée pour un GDH donné.

EX. :
« Appuyer la manœuvre défensive du 223(AZ)BATINF, entre LR et LD de 031900Z à 041800Z, en faisant effort
sur :
- la participation à la destruction d’au moins 1 section de chars entre LR et le LOT pour le 14 1200Z ;
- la participation au cloisonnement du BM, dans le fuseau du GTIA au SUD de celui de la brigade, pour
121600Z ;
- la conquête de la supériorité des feux, en détruisant au moins 1 section de 2S12 et 1 section AT5 entre la
LAS et l’AVEYRON pour le 151100Z puis 1 section de 2S1 pour le 151500Z ;
- le renseignement, en localisant au plus tôt les moyens de franchissement (TMM) donnés en renforcement à la
CM ECH2 région CAPDENAC et FIGEAC ».

c12. Articulation - commandement


- Moyens détachés, adaptés, donnés ou reçus en renforcement ;
- articulation des unités conservées aux ordres ;
- répartition des DLOC, EOC, DL.

EX :
Répartition EOC
Unité appuyée EOC Unité d’appartenance
SRR 1 OA EOC4
1 CIE EOC1 DLOC1
2 CIE EOC2 DLOC1
3 CIE EOC3 DLOC1
4 ESC EOC4- 1OA DLOC1

« Le chef du DLOC présent au PC GTIA. ».

c13. Missions feux


- Par unité (groupement ou unité autonome), par temps de la manœuvre, et en FEUX AU CONTACT et en
FEUX DANS LA PROFONDEUR ;
- indiquer les effets tactiques recherchés, les objectifs prioritaires, les ZEF (celles dans la zone du GTIA), les
ZIO, les lignes à battre et les consommations autorisées.

Exemple :

T2: T3:
T1:
Du 141600Z au 142200Z Du 142200Z au 150600Z
Du 140400Z au 141600Z
(EFFORT)
- Appuyer la - Appuyer l’attaque de - Appuyer les réductions de
reconnaissance offensive l’ESC CHAR en résistance isolées dans la
des CIE ECH1 par des tirs détruisant au moins 1 ZA ;
de neutralisation sur les section mécanisée par - détruire le volume d’1
PA de CIE, entre LD et L1; des tirs de neutralisation ; section mécanisée pour le
- appuyer le raid blindé par - empêcher toute contre- 180600Z par des tirs de
des tirs de neutralisation attaque dans les neutralisation;
région ……… XX0210 ; intervalles par des tirs de - appuyer l’interdiction de
Effets tactiques à
- empêcher toute contre- barrage et d’arrêt sur la …… face au SUD entre
obtenir
attaque dans les D16, D42, D98 et D3 ; …… XX8703 et inclus ……
intervalles par des tirs de - détruire le volume d’une XX1197.
barrage et d’arrêt sur D4, section de 2S1par des tirs
D32, D28 et D3 ; de neutralisation entre la
- détruire le volume d’au ….. et la …….
moins 1 section de 2S12
par des tirs de
neutralisation et une
118
section de 2S1 entre LD et
la ……. ;
- participer à la fixation de
la CM ECH2 en détruisant
le volume d’au moins 1
SFM par des tirs de
neutralisation dans le
fuseau EST.
Objectifs prioritaires 2S12, 2S3 2S3, BTR BTR
Priorité tactique 1 CIE MECA ESC CHARS XL 2 CIE MECA
ZEF 1 (140600Z au ZEF 2 (141600Z au ZEF 3 (142200Z au
141000Z): 142000Z): 150100Z):
BK9811-CK0415-CK0512- CK0107-CK0810- BK9002- BK9701-
BK9908 CK0907-CK0204 BK9799- BK9000
ZEF
ZEF 4(150300Z au
150600Z):
CJ0598- CJ0895- CJ0793-
CJ0396

Disponibilité 100% 100% 66% puis 100%

Réserve : 0,3 UF
Consommation 1 UF 1,2 UF 0,5 UF

c14. Munitions
Répartition des munitions

Ex :
Répartition des IT par EOC et par temps
EOC Nbre IT T1 Nbre IT T2 Nbre IT T3
EOC21 2 1 1
EOC22 1 4 2
EOC23 1 2 1
EOC24 4 1 1
Tirs prioritaires DL :
T1 : 2IT ;
T2 : 1IT ;
T3 : 1IT.

c15. Mesures de coordination


A l’appui feu, en C3D et zones réglementées

Ex :
NFA : zone ferroviaire OUEST FORET DE …………..
RFA : toute agglomération susceptible d’abriter de la population
FSCL : frontière VIOLET
LAS : D89a- D19- D162

c16. Renforcements feux à donner ou à recevoir

Ex : 0,1 UF à fournir, préavis 15 minutes, au 131(AM)BATBLIND, 5 km à l’extérieur de la limite du fuseau du


bataillon ;
0,1 UF à recevoir, préavis 15 minutes, au 132(AM)BATMECA, 5 km à l’extérieur de la limite du fuseau bataillon ;

119
c17. Mission renseignement
Exemple :
T1 T2 T3
Zones de ZR : D146 entre ….. PP9811 et ….. ZR : D930 entre ……… et
recherche et PP9910 A55
points ZR : D13 entre …. PP0214 et ….. PP0213 idem ZR : D213 entre …. et
particuliers ZR : carrefour piste-D13 PP0798 A55
ZR : carrefour D298- D118 PP9906 ZR : D656- D119 entre
……… et A55
ZR : région …….
Caractéristiques Position, volume et attitude des éléments Position, volume et Indices possibles d’OHP
à rechercher ENI ECH1 ; axes empruntés. attitude éléments ENI Position, volume et attitude
Déploiements des moyens feux directs et Déploiements des éléments RECO et
indirects (2S12, 2S1) moyens feux directs et observateurs
Obstacles du génie et degré de indirects (2S1)
valorisation du terrain
Divers (créneaux Heure de fourniture pour le 141000Z Heure de fourniture pour A compter du 150200Z
horaires …) le 141700Z

c18. Mission d’acquisition et de détection de l’artillerie sol-sol


Néant.

c19. Déploiement et manœuvre


Ex :
Unité et déploiement T1 T2 T3
BORVILLARD
1/101 (..) BATART PM PM
XX0523
LA JOULY
2/101 (..) BATART PM PM
XX9125

TC2/101 (..) BATART PM PM PM

c2. ART SOL / AIR


c21. Mission générale
Donner l’effet à obtenir, assorti d’une notion d’effort dans le temps et sur le type d’action défense BA / TBA,
complément ou prolongement couverture SAMP.

Ex : « Dans le prolongement (ou en complémentarité) de la couverture MA (Moyenne Altitude), assurer la défense


anti-aérienne TBA (Très Basse Altitude) / BA (Basse Altitude) du Xème GTIA depuis telle ligne (L) jusqu’à telle
ligne (L1) du GDH de début de l’action jusqu’au GDH de fin d’action en faisant effort … sur 1 des 4 missions de
l’artillerie sol-air :
- la défense d’unité ;
- la défense de site ;
- la défense d’itinéraire ;
- la surveillance.

c22. Articulation
Ex :
1 section MISTRAL de la 3ème batterie (MISTRAL) du 454 (…) BATART adaptée au 211(…) BATINF
du150400Z au 160600Z aux ordres COMGTIA.
Le chef de section MSL présent au PC GTIA.

120
c23. Mission par temps des moyens conservés aux ordres

Ex :
T1 : 140400Z au 141600Z
Défendre la D13 entre LD et carrefour D12- D13 NN0645
T2 : 141600Z au 142200Z
Défendre la D101 entre …. MM0107 et carrefour N12-D10
T2 : 142200Z au 150600Z
Défendre ponts sur …… région ….

d) GÉNIE
d1. Mission générale
La mission générale est exprimée avec un terme de mission ou un effet à obtenir, un cadre espace – temps,
l’expression d’un effort (au profit d’une unité ou sur une portion de terrain), d’une priorité accordée au profit d’un
type de mission (appui à la mobilité / contre mobilité / protection / aide au déploiement).

Exemple pour une manœuvre offensive :


appuyer la manœuvre offensive du 141(FR)BATINF entre LD le 010600Z et l’agglomération de SAINT FLOUR le
011800Z, priorité à l’appui à la mobilité des unités ECH 1, effort sur le franchissement de la TRUYERE.

Exemple pour une manœuvre défensive :


appuyer la manœuvre de freinage du 141(FR)BATINF entre L3 et LR du 060700Z au 070700Z, priorité à la contre-
mobilité, effort au profit de l’installation en coup d’arrêt des 1ère et 2ème Cies sur L2.

d2. Missions particulières


Liste numérotée des missions à accomplir dans l’ordre chronologique sans notion de priorité :

Exemple
11- Assurer un appui à la mobilité / contre mobilité. À cet effet : valoriser, faire franchir, ouvrir …
12- Appuyer la manœuvre de freinage de … en faisant un effort de contre mobilité entre … et …, et de protection
des unités à l’OUEST de …
13- Participer à la couverture de …

d3. Articulation
- Moyens reçus en renforcement ;
- moyens détachés ;
- moyens conservés.

d4. Missions du génie conservé aux ordres


Donner le numéro des tâches à accomplir dans l’ordre d’effort ou de priorité : 13, …, 15...

d5. Coordination:
- ZLO (zone à laisser libre d’obstacle) ;
- mise en œuvre d’obstacles de manœuvre ;
- détachement de protection à fournir par… ;
- autorité qualifiée.

e) AÉROCOMBAT (AER)
Se limiter à l’énoncé de la mission confiée à la formation ALAT reçue en renforcement.

f) GUERRE ÉLECTRONIQUE

g) CIRCULATION
g1. Moyens reçus en renforcement et aide particulière (gendarmerie…),
g2. Moyens adaptés aux subordonnés,
g3. Missions des moyens conservés aux ordres,
(quoi? pour qui? où? quand?) sous forme d’effet à obtenir sans réf. aux procédés d’exécution
g4. Coordination en fonction des besoins,
Calque réseau de manœuvre, effort dans le cadre espace-temps, priorité, coordination avec les voisins, avec le
génie, consignes de circulation, (vitesse, densité, éclairage), place des DL circulation et missions particulières, CR
à fournir consignes pour les liaisons et transmissions.

121
58
h) INSTRUCTIONS DE COORDINATION
h1. Limites entre les formations
Elles doivent être facilement identifiables sur le terrain, de jour comme de nuit :
- proscrire les lignes droites tracées à grands traits sur la carte ;
- utiliser les données matérielles et caractéristiques du nivellement ou de la planimétrie : route, VF, rivière, ligne
HT, canal, lisière, village… ;
- préciser à qui appartient la limite.

h2. Lignes de coordination


Elles doivent être facilement identifiables sur le terrain, indiquer à qui elles appartiennent, fixer les points de
liaisons.

h3. Liaisons à assurer


De la gauche vers la droite, de l’arrière vers l’avant, avec définition des points de liaisons (PLO).

h4. Zones réservées, zones à laisser libre d’obstacles


Avec horaires, itinéraire de manœuvre,

h5. Sécurité et défense NBC


- estimation du danger (possibilité ENI), zones dangereuses ;
- protection, prescription du niveau de protection, mesures particulières ;
- décontamination (manœuvre des moyens et priorité) ;
- divers, alerte et météo.

h6. Consignes pour la LATTA

h7. Horaires

h8. ACM, relations avec la presse


59
h9. Identification
- impératifs :
- recouper les moyens d’identification dans différents spectres,
- faire évoluer les moyens (surtout les plus apparents) à chaque phase de la manœuvre (GDH), (pour éviter
toute capacité d’adaptation de l’ENI) ;
- moyens mis en œuvre (de façon permanente) :
o GDH début d’emploi-GDH fin d’emploi (phase :temps de la manœuvre) ,
o moyens d’identification prévus ;
- actions sur la cible :
o signal de demande d’identification,
o GDH début-GDH fin : code,
o GDH début-GDH fin : code ;
- réponse attendue :
o GDH début-GDH fin : code,
o GDH début-GDH fin : code ;
- interrogation de l’échelon supérieur ;
- moyens dédiés :
o P1. Numérisation,
o P2. phonie.

4. ADMINISTRATION ET LOGISTIQUE (exemple au niveau de la brigade)


a) SITUATION
- Forces à soutenir ;
- Généralités tactiques ;

58
Cf. tableau « Commandement et contrôle» situé après l’OPORD.
59
Cf. directive n° 505390/CFT/DIV.EMPLOI/BEO du 11/03/2011 « directive d’identification au combat pour les forces terrestres », p. 35-36.
122
b) MISSION
- Des éléments logistiques de la brigade ;
- but à atteindre ;
- priorités ;
- efforts.

c) EXÉCUTION
- Idée de manœuvre logistique de la division (pour information) ;
- moyens logistiques de la brigade (donnés ou prélevés) ;
- déploiements logistiques de la division ;
- ravitaillements ;
- maintenance des unités de la brigade par la division ;
- soutien sanitaire ;
- soutien de l’homme ;
- circulation.

d) ADMINISTRATION

e) ORGANISATION DU COMMANDEMENT

5. COMMANDEMENT ET TRANSMISSIONS
Les titres ci-dessous sont les minima à faire figurer.

a) COMMANDEMENT
a1. Organisation des PC
« La brigade dispose d’un PCP, d’un PC MR et d’un PC tactique. »

a2. Implantation des PC


- un état-major comme celui d’une brigade dispose d’un Poste de commandement principal (PCP), d’un PC
moyens réservés (PC MR) et d’un PC tactique, à localiser ainsi que les 2-3 relais nécessaires pour les
liaisons : lieux + coordonnées, GDH activation, GDH fermeture, autorité ;
- les moyens de commandement d’un GTIA sont beaucoup plus restreints. On pourra se borner à indiquer les
positions successives du PC principal et éventuellement du PC harpon.
Exemple (niveau brigade) :
PC en ZDAE : en…(X/Y)
PC en ZDO : en …(X/Y)
PC en mouvement : [rédaction réservée].
- T1 : (Titre) Reconnaissance offensive
PCP : région …(X/Y) pour telle action jusqu’à telle LIMA/ franchissement de tel cours d’eau inclus….
PC MR : région ….…(X/Y), ouvert à…, fermé à…..
Relais
ROMEO 1 région … (X/Y) à compter de (GDH)- Débouché sur ordre de LD derrière telle unité ; GDH à confirmer
en fonction du rythme de la manœuvre.
ROMEO 2 région …(X/Y) à compter de (GDH) - Débouché sur ordre de LD derrière telle unité ; GDH à confirmer
en fonction du rythme de la manœuvre.
- T2 : (Titre)
PCP: installé à … et actif à/c du … pour commander telle action en vue de tel effet.
PC MR : installé à … à compter du ….
Mise en place d’un relais radio ROMEO 1 en … à compter du … pour assurer la liaison des GTIA pendant le
temps 2. Soutien assuré par telle unité.
- PC TAC - sur ordre, de rejoindre le site de …(X/Y/Z et de s’installer en vue de prendre commandement
(action).…
EMD :

a3. Détachements de liaison


- la responsabilité de l’établissement de la liaison incombe à (réf. STANAG 2101) :
o l’échelon supérieur,

123
o l’unité située à gauche vis à vis de celle à droite,
o l’unité située à l’arrière vis à vis de celle à l’avant,
o l’unité qui appuie ou qui relève,
o l’unité militaire vis à vis d’un organisme civil ;
- distinguer les DL à fournir (aux unités voisines, à l’unité recueillie, aux ONG…) des DL à recevoir (de la
division, des GTIA ou des brigades voisines, des unités en renforcement…).
= > destination / origine, GDH / durée, moyens.
Il s’agit des DL « opérations ». Les DL Appuis ne sont pas mentionnés ici, mais dans leur paragraphe respectif
(Feux, Génie, GE, appui AER, etc.)
Exemple
« Présence 1 DL à la 12(AZ) BB à compter du 052300Z avec 1 P4 VHF / SATCOM... »
ou
Echange de DL avec GTIA2 / 32(TU)BATINF à compter de…, jusqu’à… , avec P4 VHF / SATCOM »

b) SIC - TRANS
b1. Emploi des moyens SIC
Rôles particuliers : Engagement du PC tactique et des relais. Constitution d’un EMT. Priorités / efforts.
Exemple
- Engagement du PC TAC à … du GDH au GDH pour coordonner le franchissement. (Débouché sur ordre de
LD derrière telle unité ; GDH à confirmer en fonction du rythme de la manœuvre) ;
- mise en place d’un relais radio ROMEO 1 en … à compter du ….. pour assurer la liaison des GTIA pendant
la phase 1 ; (débouché sur ordre de LD derrière telle unité; GDH à confirmer en fonction du rythme de la
manœuvre) ;
- les moyens SIC du PC de tel EMT seront fournis par telle unité complétés par des moyens de la section RAC
4 de la CCT ;
- effort donné à tel moment pour telle action ;
- priorité à telle(s) unité(s) pour telle(s) action(s).

b2. Transmissions
Réseau : Dirigé / Libre
Régimes d'exploitation : Écoute permanente / Écoute permanente par la SD + vacation
Régime d’emploi des moyens rayonnants : Silence / Discrétion / Liberté, cadre espace-temps, pour les modes
radios et pour les radars.
Organisation et sécurité des réseaux : Application des procédures d’authentification.

Exemple
« - Réseau : dirigé
- Régime d'emploi :
De ZDO jusqu’à LD De LD à L2 Dès contact
S D L S D L S D L
CDT N2 X X
ART N2 X X
LOG N2 X X
Ou
Radios T 1 : silence niv2 jusqu’à mise en place LD puis discrétion.
T2 : discrétion jusqu’au contact puis liberté.
T 3 : discrétion jusqu’au contact puis liberté.
Radars : discrétion jusqu’à LD puis liberté
Ouverture du réseau ATLAS à compter du …..
Déploiement du RITA : activation à compter du …..
- Organisation et sécurité des réseaux :
Réseau RITA : raccordement au réseau RITA DIV par moyens organiques de la Brigade.
Ouverture d’une liaison SATCOM par moyens organiques brigade entre PCP et PC TAC »

APERÇU
NOM DU COMMANDANT
GRADE
ANNEXES
A
124
B
DIFFUSION -….

125
Annexes à un ordre d’opération
Remarques liminaires :

- Intérêt et buts d’une annexe :


 une annexe a pour but essentiel d'assurer la brièveté du corps principal de l'OPORD,
 elle contient des informations qui ne demandent pas à être développées dans l'ordre, ou des
informations qui précisent et/ou complètent un aspect particulier de l'ordre ne présentant pas un
intérêt pour tous les destinataires de l'ordre ; on y trouvera notamment des ordres de détail et/ou de
mise en œuvre spécifiques métier, liés à la fonction opérationnelle concernée, et qui ne contribuent
pas directement au besoin d’en connaitre de l’interarmes ; on y trouvera notamment les plans de
renseignement (ANNEXE RENS), plans d’obstacles (ANNEXE GEN) et les plans de Feux
(ANNEXE FEUX), ces derniers pouvant être l’annexe à eux seuls ;
 l'annexe fait partie intégrante de l'ordre et doit servir à donner plus de clarté à l'ordre, plus
d'efficacité et de concision. Le type d'annexes à utiliser est dicté par les impératifs inhérents à
chaque ordre et le nombre varie en fonction des impératifs de l'ordre en question et du nombre de
fonctions opérationnelles intégrées, adaptées et/ou reçues en renforcement ;
 une annexe renseignement précise les besoins en renseignements dans le cadre espace/temps
couvert par l’OPORD, les mesures de coordination des capteurs spécialisés ou non ainsi que tout
élément relatif au renseignement ne pouvant figurer utilement dans le corps principal de l’OPORD.
Par ailleurs, le bureau renseignement est sollicité dans les cas suivants :
- contribution au plan de manœuvre de l’unité (définition des hypothèses d’engagement, rédaction
des paragraphes 1A) ;
- contribution au paragraphe menaces ou forces opposées des annexes rédigées par d’autres
fonctions opérationnelles ;

- désignation et formats :
o les annexes sont désignées par des lettes majuscules, dans l'ordre alphabétique (A, B, C, etc.), et
peuvent inclure un ou plusieurs appendices numérotés,
o le STANAG 2014-9 (« Formats for orders ») fournit des exemples d’annexes à un ordre
d’opération dans les domaines renseignement, appui feux, génie, administration logistique,
transmissions / SIC, ALAT, sécurité des opérations, mouvements,
o des exemples d’annexes Appuis feux et génie (C), tels qu’enseignés à l’EEM, sont proposés en
pages suivantes ;

- annexes, paragraphes et OPORD spécifiques ( Ex. génie, …) :


o Les paragraphes du type « appuis » du corps principal de l’OPORD sont les ordres d’emploi de
telle appui dans la manœuvre ; c’est la source d’informations nécessaires contribuant à la
compréhension globale de la manœuvre par tous les destinataires de l’ordre ; ce paragraphe est
rédigé par l’échelon de commandement dudit appui attaché à l’unité interarmes ;
o dans des ordres interarmes plus courts (ordres d’opérations du niveau égal ou inférieur au GTIA,
ordres préparatoires, ordres en cours d’action), il peut s’apparenter à une annexe simplifiée et y
faire figurer des directives de mise en œuvre ;
o les annexes du type « appuis » de l’OPORD sont les directives de mise en œuvre adressées à
une fonction opérationnelle par l’autorité interarmes ; ces annexes sont rédigées par l’échelon de
commandement des fonctions attachées à l’unité interarmes ; les annexes sont ensuite intégrées
par l’autorité interarmes à son ordre d’opérations ;
60
o « l’ordre d’opérations du groupement » est l’ordre adressé par l’autorité de la fonction
opérationnelle à ses unités subordonnées ; sa contexture est conforme à celle de l’OPORD. Son
contenu est en parfaite cohérence avec l’annexe métier de l’ordre d’opérations interarmes
(souvent la même autorité de rédaction, contenu identique dans une très large portion) ;
o les paragraphes appuis et les annexes appuis permettent au chef interarmes de compléter sa
manœuvre en termes d’effets à obtenir, tandis que l’ordre d’opérations du groupement d’appui
ordonne l’exécution de tâches.

60
Le groupement est une unité de niveau 4 (Régiment / bataillon) constituée d’une fonction opérationnelle unique: groupement blindé,
groupement ART, groupement GEN, groupement AER, etc….A ne pas confondre avec le GTIA qui est une unité temporaire, à fonctions
opérationnelles multiples associées à une dominante.
126
Exemples d’annexes
EXTRAITS D’ANNEXE B FEUX
A L'OPORD N° 1 DE LA XX(ZZ) BM

1. ART SOL / SOL

1 - Mission générale

Appuyer la manœuvre offensive de la …(TU) …, entre LD et le LOT, du 140400Z au 140600Z, en faisant effort
sur :
- la participation à la destruction du volume d’au moins 2 compagnies de fusiliers motorisés, entre LD et le
parallèle 05 pour le 150600Z, effort dans le fuseau EST ;
- la dislocation de toute réaction offensive par des tirs de barrage sur la D16, la D32 et la D98 et D1 et des tirs
d’arrêt région carrefour D298-D146 HH0209 jusqu’au 142200Z ;
- la conquête de la supériorité des feux, en détruisant au moins 1 section de 2S12 et une batterie de 2S1 entre
LD et la …… pour le 152000Z;
- le renseignement, par la localisation et l’attitude des compagnies mécanisées ECH1 entre le parallèle 13 et le
parallèle 08, en précisant les axes empruntés, jusqu’au 140800Z.

2 - Articulation- commandement

21 - Organisation du groupement tactique d’artillerie

Le … (…) BATART aux ordres de son chef de corps présent au CO actif de la brigade.

La … section de la … batterie (CAESAR) donnée en renforcement au 102 (…) BATINF du 140400Z au 150600Z,
consommation maximale autorisée 3 UF.

22 - Formations reçues en renforcement


Néant

23 - Répartition DLOC (OPORD BIA)


Unité appuyée DLOC Unité d’appartenance
11 (..) BATINF DLOC1 …(KJ) BATART
12 (..) BATINF DLOC2 …(KJ) BATART
13 () BATINF DLOC3 …(KJ) BATART
14 (..) BATBLIND DLOC4 …(KJ) BATART

24 - DLOC à recevoir
Néant.

25 - Moyens d'acquisition conservés aux ordres


Néant.

127
3 - Mission

31 - Mission feux

T2: T3:
T1:
Du 141600Z au Du 142200Z au
Du 140400Z au 141600Z
142200Z (EFFORT) 150600Z
Appuyer la - Appuyer l’attaque du - Appuyer les réductions
reconnaissance offensive 302(GE) BAT Méca en de résistance isolées
des GTIA ECH1 par des détruisant au moins 1 dans la ZA ;
tirs de neutralisation sur section mécanisée par - détruire le volume d’1
les PA de CIE, entre LD des tirs de section mécanisée pour
et parallèle 09 ; neutralisation ; le 150600Z par des tirs
- appuyer le raid blindé - empêcher toute de neutralisation;
par des tirs de contre-attaque dans les - Appuyer l’interdiction
neutralisation région intervalles par des tirs de la XXX face au SUD
XXXXX NNXXX ; de barrage et d’arrêt entre XXXXX BK8703 et
- empêcher toute contre- sur d146, d432, d298 inclus XXX CJ1197 ;
attaque dans les et d13 ;
intervalles par des tirs de - détruire le volume
barrage et d’arrêt sur d’une section de
Effets tactiques à
D146, D432, D298 et 2S1par des tirs de
obtenir
D13 ; neutralisation entre la
- détruire le volume d’au XXXXX et la XXXXX.
moins 1 section de 2S12
par des tirs de
neutralisation et une
section de 2S1 entre LD
et la XXXXX ;
- participer à la fixation
du 111 (..) BFM en
détruisant le volume d’au
moins 1 section
mécanisée par des tirs de
neutralisation dans le
fuseau EST.
Objectifs 2S12, 2S3 2S3, BTR ACRV, BTR
prioritaires
Priorité tactique 110 (XX) BATINF 106 (XX) BATBLIND 105 (XX) BATINF
ZEF 1 (GDHau GDH): ZEF 2 (GDHau GDH): ZEF 3 (GDHau GDH):
MM9811-MM0415- MM0107-MM0810- MM9002- MM9701-
MM0512-MM9908 MM0907-MM0204 BK9799- MM9000
ZEF
ZEF 4(GDHau GDH):
CJ0598- CJ0895-
CJ0793- CJ0396

Disponibilité 100% 100% 66% puis 100%

0,1 UF à fournir, préavis 15 minutes, à la XX(YY)BLB, 5 km à l’intérieur de la


Renforcement de
limite du fuseau BRIGADE ;
feux (à fournir/ à
0,1 UF à recevoir, préavis 15 minutes, de la XX(YY)BLB, 5 km à l’intérieur de la
recevoir)
limite du fuseau BRIGADE
Réserve : 0,3 UF
Consommation 1 UF 1,2 UF 0,5 UF

128
32 - Mission renseignement

T1 T2 T3
Zones de ZR : D16 entre (COMMUNE 1) ZR : D93 entre … et
recherche et BK0211 et (COMMUNE 2) A62
points BK9910 idem ZR : D13 entre … et
particuliers ZR : D13 entre (COMMUNE 3) A62
CK0214 et (COMMUNE 4) ZR : D56- D19 entre
CK0213 … et A6
ZR : carrefour piste-D13 CK0798 ZR : région
ZR : carrefour D298- D118 BK9906 (COMMUNE).
Caractéristiques Position, volume et attitude des éléments Position, volume et attitude Indices possibles
à rechercher ENI ECH1 ; axes empruntés. éléments ENI. d’OHP
Déploiements des moyens feux directs et Déploiements des moyens Position, volume et
indirects (2S12, 2S1) feux directs et indirects attitude éléments
Obstacles du génie et degré de (2S1). RECO et
valorisation du terrain. observateurs.
Divers Heure de fourniture pour le (GDH). Heure de fourniture pour le A compter du (GDH).
(créneaux (GDH).
horaires …)

33 - Mission Acquisition des moyens conservés aux ordres


Néant.

129
4 - Prescription de coordination et de sécurité

41 - Règles d’engagement, coordination

NFA : centre historique ….. – Ponts sur LA …..- quadrilatère XY8812- XY9011- XY9106- XY8804
RFA : XXX- YYYYY
FSCL : PM

42 - DL technique
Néant.

43 - Zone de déploiement des unités

Unité et déploiement T1 T2 T3

(COMMUNE)
ZZ (XX) BATART PM PM
CM0101

(COMMUNE)
YY (WW) BATART PM PM
BK9199

WW (YY) BATART PM PM PM

44 - Prescriptions particulières

441. Mesures de sauvegarde


Danger prioritaire : contre batterie.
Sûreté : mouvement de sauvegarde 10’ après le premier tir ou après deux tirs.
Contre surveillance : effort sur la discrétion et la coordination lors de la mise en place entre ZDO et LD

442. LATTA
Riposte

443. Mesures de protection NBC


Protection NIV2 dès FCHT de LD

444. Mesures de protection électronique


TRS : EVF pour PR4G et émission 1,5W pour la série 13.

130
2. ART SOL / AIR

1 - Situation
11 - AMI
« La supériorité aérienne est globalement acquise cependant localement les forces RUBIS peuvent
agir.

12 - ENI
« Des attaques CAS (1 à 2 sorties) par des patrouilles de MIG21 pourraient appuyer la manœuvre
défensive du XX(YY) BFM et une OHP.
A l’OUEST de la D4zz-D1zz, les axes d’attaque pourraient être la D1zz et la D2y à compter du
140600Z ;
A l’EST de la D4zz-D1zz, les axes d’attaque pourraient être la D1y et la D1zz à compter du
(GDH) puis la D1x au NORD du … à compter du (GDH) . »

2. Exécution

21 - Mission générale

« Dans le prolongement de la couverture MA ZZZZZ, assurer la défense antiaérienne BA / TBA de la


XX (YY) BP depuis LD jusqu’à … du (GDH) au (GDH) en faisant effort sur la défense du ZZ(WW)
BATBLIND. »

22 - Articulation
Moyens reçus en renforcement :

« Le CDU de la batterie MSL est le DL ASA au CO actif de la brigade à compter du 141400Z. »

Articulation :
« 1 Sion MSL adaptée au ZZ(WW) BATINFPARA du (GDH) au (GDH) . »

23 - Mission par temps des moyens conservés aux ordres :

T1 : (GDH) au (GDH)
« Défendre la D1z entre LD et carrefour D1yy- D1x CK0609 avec 1 section MSL
Défendre le XX(YY) BATBLIND avec 1 section MSL. »
T2 : (GDH) au (GDH)
« Défendre la D107 entre PRAYRAS CK0107 et carrefour N1-D10 avec 1 section MSL
Défendre le XX(YY) BATBLIND avec 1 section MSL. »
T2 : (GDH) au (GDH)
« Défendre ponts sur … région … «
Défendre le XX(YY) BATBLIND avec 1 section MSL.

3 - Directives et coordination

31 - Lignes de coordination

Limite avant MA du ZZZZZ: D6-D9


FSCL : PM.

32 - Consignes
Néant.

131
Exemple d’annexe GENIE
ANNEXE C
à L'OPORD n°… DE LA …. Bde

Remarques liminaires :

« L’annexe génie » est l’ordre adressé au génie par l’autorité interarmes. Cet ordre est rédigé par
l’échelon de commandement génie attaché à l’autorité interarmes ; cette annexe est ensuite
incrémentée par l’autorité interarmes à son ordre d’opérations.

« Le paragraphe génie » s’apparente à une annexe génie simplifiée et s’insère dans des ordres
interarmes plus courts (ordres d’opérations du niveau égal ou inférieur au GTIA, ordres préparatoires,
ordres en cours d’action).

« L’ordre d’opérations du génie » est l’ordre adressé par l’autorité génie à ses unités subordonnées.
Sa contexture est conforme à celle des ordres d’opérations interarmes.

L’annexe génie et le paragraphe génie permettent à l’interarmes de demander au génie des effets à
obtenir tandis que l’ordre d’opérations du génie ordonne l’exécution de tâches.

L’annexe génie se décline en cinq paragraphes :


0 - articulation.
1 - mission générale.
2 - missions particulières.
3 - exécution.
4 - commandement et logistique.

0 - Articulation

- Reçus en renforcement :
tel type de moyens en provenance de telle unité, à partir de GDH jusqu’à GDH, ou pour telle phase,
ou sur telle limite.

- Détachés :
telle unité, renforcée de tel élément, à partir de GDH jusqu’à GDH, ou pour telle phase, au profit de
telle unité.
Les moyens d’appui sont donnés en renforcement à une compagnie du génie et non pas un GTIA. Si
deux compagnies de combat du génie sont données à un GTIA, il convient de détacher un DLRG
(sous l’appellation de détachement de liaison et de commandement - DLC) comme élément de
commandement).
Les moyens d’appui sont en général employés au niveau du groupe et toujours en renforcement de
moyens de combat du génie (exemple : 1 SCG + 1gpe MPG + 1 gpe SPRAT ; 1SCG + 1gpe EBG…).

- Conservés aux ordres (délais éventuels):


Reliquat du régiment du génie et des moyens donnés en renforcement.
Telle unité ou section, reliquat de la section d’appui, à partir de GDH jusqu’à GDH, ou pour tel temps.

132
1 - Mission générale

La mission générale est exprimée avec un terme de mission ou un effet à obtenir, un cadre espace –
temps, l’expression d’un effort (au profit d’une unité ou sur une portion de terrain), d’une priorité
accordée au profit d’un type de mission.

Exemple pour une manœuvre offensive :

Appuyer la manœuvre offensive de la 14(FRA)BM entre LD le 030500Z et l’agglomération d’ANGERS


le 041800Z, priorité à l’appui à la mobilité des unités ECH 1, effort sur le franchissement de la MAINE.

Exemple pour une manœuvre défensive :

Appuyer la manœuvre de freinage de la 12(FRA)BLB entre L3 et LR du 060700Z au 082200Z,


priorité à la contre-mobilité, effort au profit de l’installation en coup d’arrêt des 122(FRA)BATINF et
123(FRA)BATBLIND sur L2.

2 - Missions particulières

Les missions particulières sont ordonnées selon une numérotation à partir de 10 (où, quand,
comment, pour qui). Les actions réalisées par le génie sont décrites dans l’ordre chronologique. Elles
peuvent être assorties d’une notion d’effort.

Exemple :
10. Dans le sillage de l’EEI et avec le 152(AZ)BATINF, reconnaître 3 points de passage continu sur la
MAYENNE (L1) pour le 030500Z.
11. Faire franchir la MAYENNE (L1) à/c du 030600Z, effort sur 3 points de passage en continu.
12. Appuyer le raid et la fixation des 241(VN)BM et 244(VN)BM du 030600Z au 041200Z, effort au
SUD.
13. Participer à l’attaque et à la destruction des installations logistiques de CHATEAUBRIAND à/c du
031200Z au 041200Z.
14. Maintenir un itinéraire logistique entre L1 et L2, double sens de classe 50.
(…)
25. En mesure à partir du 041200Z, d’appuyer le franchissement de la 14(AZ)BM dans notre fuseau.

3 - Exécution

31 - Missions des unités conservées aux ordres :

Reprise sans commentaire des rôles détaillés au sein du premier paragraphe, et concernant
uniquement les unités conservées aux ordres.

Ex. :
11 ; 14 ; participation à 16 entre LD et L1.

32 - Instructions de coordination :
- liaison à assurer avec les voisins ;
- ZLO, ZRO ;
- consignes de destruction (restrictions) ;
- réseau de manœuvre ;
- commandement du franchissement ; du franchissement (centralisé/ décentralisé, emplacement
des points de FCHT et du PC FCHT, modalités de récupération ou de reprise aux ordres
éventuelles des moyens de franchissement) ;
- détachement de barrage, DHIG ;
- autorités qualifiées pour la mise en œuvre des obstacles de manœuvre (autorité qui peut être
déléguée jusqu’au capitaine commandant de compagnie uniquement, en fonction des
autorisations données par les échelons supérieurs).

133
- lieu de rendez-vous des unités détachées.

33 – Sûreté :
- sûreté immédiate à charge des sections du génie ;
- sûreté rapprochée à charge des sections du génie ou des compagnies bénéficiant de sections
détachées à leur profit.

4 - Commandement et logistique

41 - Logistique :

Ex (OPORD BIA) : cf. OAL DIV. Les demandes exceptionnelles sont à adresser simultanément au B4
/ BIA « pour avis » et au B4/DIV.

- consommations autorisées pour les sections (sur la dotation initiale en mines et explosifs ou
artifices) ;
- ravitaillement prévus (quantités, modalités – livraisons par le TC1 génie sur les chantiers pour les
mines et explosifs) ;
- modalités des demandes exceptionnelles ;
- modalités de livraisons ou perceptions par le TC1 de la Cie du génie ;
- positions successives du TC2 du GTIA et du TC1 de la Cie du génie (les sections détachées sont
soutenues par les compagnies bénéficiaires sauf matériels spécifiques génie)

42 – SIC :
cf. OPSIC BIA ou GTIA

43 - Commandement :
- positions du CO 1 de la brigade puis CO ultérieurs ;
- positions successives des PCR, PC TAC ;
- positions du PC du GTIA et de son PC TAC éventuel ;
- missions de liaison et positions du DLRG éventuel.

134
Encart explicatif sur les notions de commandement et de contrôle
(attributions du type « commandement ou contrôle » exercées sur les unités subordonnées)

Paragraphe Paragraphe TABLEAU DES Paragraphe


« ARTICULATION DES « RENFORCEMENTS MISSIONS INSTRUCTIONS DE
61
FORCES » ET PRÉLEVEMENTS » (unités de manœuvre) COORDINATION

Unités (1) Un contrôleur Non concernées Mission libre, mais Liberté de rédaction.
sous opérationnel, sauf s’il en a dans les limites
OPCON l’accord explicite du fixées par le
commandant opérationnel, commandant
n’a normalement pas la opérationnel
possibilité d’utiliser (OPCOM)
séparément des éléments
constitutifs des forces
affectées ».

On conviendra toutefois en
général de ce qui suit :
opération strictement
nationale : possibilité
accordée
systématiquement et
quasiment « de facto »
dans la durée ;
opération multinationale :
obtenir l’accord explicite de
l’OPCOM, pour l’ensemble
de l’opération (préférable)
ou pour chaque
changement d’articulation
(très contraignant)

(2) Préciser éventuellement


le lien de subordination
(OPCON) dans le premier
OPORD. Inutile ensuite.
Unités (1) Pas de possibilité de A mentionner au titre Inscrire la mission Liberté de rédaction.
sous choix de l’articulation. des unités données en confiée par le Préciser si
TACOM renforcement. contrôleur nécessaire les
(2) Préciser opérationnel. instructions de
systématiquement le lien de Préciser après la coordination données
subordination (TACOM) et mission : par le contrôleur
l’autorité exerçant le les tâches spécifiées opérationnel et à
contrôle opérationnel. (explicitement prendre en compte
notifiées par le par le commandant
contrôleur Ops) ; tactique.
les tâches induites
(non explicitement
notifiées par le
contrôleur OPS, mais
déduites de l’analyse
de la mission du
commandant
tactique).*

61
Pour les unités d’appui et de soutien, qui ont en général des tâches ou des effets dérivés de la mission reçue, les mêmes
principes s’appliquent dans les paragraphes « ad hoc » de l’OPORD et de ses annexes.

135
Paragraphe Paragraphe TABLEAU DES Paragraphe
« ARTICULATION DES « RENFORCEMENTS MISSIONS INSTRUCTIONS DE
61
FORCES » ET PRÉLEVEMENTS » (unités de manœuvre) COORDINATION

Unités (1) Pas de possibilité de A mentionner au titre Inscrire la mission Liberté de rédaction.
sous choix de l’articulation. des unités données en confiée par le Préciser si
TACON renforcement. contrôleur nécessaire les
(2) Préciser opérationnel. instructions de
systématiquement le lien de coordination données
subordination (TACON) et par le contrôleur
l’autorité exerçant le opérationnel et à
contrôle opérationnel. prendre en compte
par le contrôleur
tactique.
Porter l’effort sur les
mesures de
coordination relatives
aux mouvements et à
la gestion de
l’espace.

136
4.3 ORDRE GRAPHIQUE [OTAN = Overlay Order (OvO)]

 Généralités
L’OvO est un OPORD sous forme d’un graphique complété par du texte.
Il obéit aux mêmes règles de présentation que le calque de manœuvre (voir à ce chapitre) à deux
exceptions près :
- l’ennemi doit figurer sur l’OvO (sous forme graphique ou rédigée) ;
- des cartouches de texte entourent le graphique. Ceux-ci contiennent les éléments qui ne peuvent
pas être représentés sous forme graphique. La contexture de ces paragraphes dans les
cartouches doit être celle de l’OPORD du STANAG 2014. Il n’existe pas de place réglementaire de
ces cartouches autour du graphique, mais ils doivent être placés de façon cohérente pour faciliter
la lecture de l’OPORD.
L'auteur d'un ordre d'opération de type "calque" doit avoir toute latitude pour porter sur le calque les
informations qu'il juge nécessaires.
Nota :
- ce type d'ordre peut être présenté selon toute méthode graphique appropriée ;
- le texte peut être manuscrit ou dactylographié ;
- si les missions sont évidentes, elles ne seront pas écrites sur le calque ;
- si la quantité d'informations et le besoin de clarté le justifient, l'ordre d'opération peut comprendre
plusieurs calques ;
- les paragraphes 2 (mission) et 3.a. (idée de manœuvre) doivent être écrits ;
- de nouveaux signes conventionnels (autres que ceux figurant dans l'APP 6) peuvent être utilisés,
mais ils doivent être expliqués en légende.

 Contexture des différentes rubriques


- Articulation des forces : peut être décrite au paragraphe 3, dans une annexe distincte ou
séparément sur le calque. Dans ce dernier cas, elle doit être décrite au moyen de signes
conventionnels militaires ;
- forces ennemies : les informations concernant l'ennemi peuvent être indiquées dans la mesure du
possible sur l'ordre d'opération sur calque ou sur un calque séparé ; les informations qui ne
peuvent être indiquées sur le calque doivent être données par écrit. Il est également possible de
se référer à d'autres documents ;
- forces amies : les informations concernant les forces amies autres que celles fournies dans l'ordre
d'opération et qui influent sur l'action des commandants subordonnés peuvent être indiquées sur
le calque ou mentionnées dans la partie écrite de l'ordre ;
- appréciation par le chef : n'est pas utilisée par toutes les nations ;
- mission : doit être systématiquement reportée ;
- idée de manœuvre : doit être répétée, que ce soit sous forme graphique ou non ; normalement, le
plan d'appui feu général est donné par écrit ;
- instructions de coordination : lorsqu'elles sont utilisées, les instructions de coordination doivent
toujours figurer dans le dernier alinéa du paragraphe EXÉCUTION ;
- administration / logistique : l'organisation du soutien logistique peut être décrite sur un calque
séparé ou dans une annexe écrite ;
- Commandement et transmissions : les instructions concernant les emplacements et les
mouvements des états-majors figureront habituellement sur le calque.

137
138
 CHECK LIST OvO (Réf : STANAG 2014)

ORDRES GRAPHIQUES :

Cartouches :
- En tête : à encadrer ;
- Ordre d’opération n° X ;
- Carte n° au 1/50000 LUNEVILLE – BAYON ;
- PC Xe BDE + coordonnées (2 lettres + 4 chiffres) ;
- GDH (Z et mois) ;
- Signature ;
- Nom de lieu en majuscules suivi des coordonnées (2 lettres + chiffres) la première fois que le
nom est cité ;
- Respecter l’ordre des cartouches (numéroter comme OPORD) idem à l’intérieur des
cartouches ;
- Dans le § situation respecter l’ordre ENY, AMI, RENFORCEMENTS, PRELEVEMENTS,
EVALUATION DE LA SITUATION PAR LE CHEF ;
- Évaluation de la situation : se prononcer franchement sur les conditions du combat ;
- § ENI détaillé : ENI global de façon succincte. ENI initial, ENI ultérieur avec hypothèses : H1,
H2 etc. ENY futur, menaces complémentaires ;
- Dans l’intention de l’OVO: des verbes pour les missions et des temps. Afin de, je veux, à cet
effet, faisant effort…;
- Employer les abréviations réglementaires de façon systématique ;
- Pour les cartouches utiliser un carroyage en dessous pour écrire droit ;
- Ne pas oublier les cordonnées des PC, GDH de bascule.

CROQUIS :
- Soigner la présentation, utiliser systématiquement le normographe ;
- Respecter l’APP6 ;
- Ne pas oublier la légende ; T1 (réel, actuel) trait plein, envisagé, planifié, futur : trait tireté ;
- Ne pas oublier le NORD ;
- Ne pas oublier de placer les unités voisines ;
- Ne pas oublier les renforcements, prélèvements (+ -)
- Ne pas oublier les PC (brigade) ;
- Ne pas oublier l’ENI lui mettre une direction d’engagement et les H1 et H2 ;
- Ne pas oublier l’effort (il n’y en a qu’un seul) ;
- Mettre le cadre espace temps sur le coté du dessin (horaires sur les limites sur la LIA, etc…),
Identifier les limites à chaque extrémité + GDH si connu. Placer les unités en face des XX, X
ou II ;
- Les limites doivent être liées ;
- Ne pas oublier les limites entre les bataillons, Attention aux inclus, exclus ;
- Ne pas oublier les points de liaison et les points de coordination ;
- Mettre les véritables dates et heures, non pas les H et H+ ;
- Mettre les butoirs horaires sur les missions particulières : C.ARR, D.ARR, FRN, C.ATK, ATK.

139
4.4 ORDRE SIMPLIFIÉ [OTAN = Fragmentary Order (FRAGO)]

 Généralités
Cet ordre est donné par le chef :
- pour modifier ou compléter tout ou partie de l’OPORD courant ;
- pour traduire une décision particulière prise en cours d’action ;
- dans des situations évoluant rapidement, par manque de délais nécessaires à l’élaboration
d’un ordre d'opération exhaustif.
Il peut intervenir au moment d’engager le temps suivant / la phase suivante de la manœuvre ou, dans
l’appel de l’urgence, pour réagir face à un événement inopiné ou à des conditions d’opportunité.
L'ordre simplifié se limite uniquement aux parties de l'ordre d'opération initial / courant qui ont été
modifiées. Le FRAGO doit donc respecter la même suite logique que l'ordre d'opération auquel il fait
référence et les cinq paragraphes-titres doivent systématiquement apparaitre et être amendés. De
cette façon, les destinataires savent qu'ils ont reçu le FRAGO dans sa totalité.

 Contexture (STANAG 2014)


L’ordre simplifié est la forme abrégée de l’ordre d’opération. Identique à l’OPORD, les points
essentiels de la contexture du FRAGO sont :
- au minimum, représentation des cinq paragraphes-titres ;
- Il n'est pas nécessaire de recopier l’intégralité des sous-paragraphes. Pour faciliter la
visualisation des nouvelles données afin d’éviter toute méprise entre l’OPORD de référence et
le FRAGO, il est recommandé soit d’inscrire une mention type « sans changement», soit de
n’insérer que les nouvelles informations dans les sous-paragraphes concernés.
Par exemple, le chef interarmes peut vouloir ne modifier que son "articulation des forces" et sa
priorité concernant l'appui tactique et/ou le soutien logistique. Toutes les autres parties de l'ordre
demeureront alors "sans changement" ou « p.m. ».
- Le paragraphe « 2-Mission » ne sera jamais subdivisé, ni complété, ni résumé en des termes
tels que « sans changement » ou « NEANT ». Il y sera systématiquement répété l’intégralité
de la mission reçue.

NB: Dans le cas d’un FRAGO, le rédacteur doit toujours porter une attention particulière au §-But
(dans le « 3.a- Idée de manœuvre ») en raison du décalage possible entre la mission (qui demeure
inchangée sinon il s’agit d’une autre manœuvre, donc nécessitant l’élaboration d’un autre OPORD) et
l’origine de la situation nécessitant de rédiger le FRAGO.

140
4.5 LES ORDRES LOGISTIQUES
Références :
DIA 3a – Commandement des engagements opérationnels / Principes généraux – 2010.
DIA 3b - Commandement des engagements opérationnels / Organisation générale – 2010.
DIA 4 – Le soutien interarmées en opérations – 2008.
Concept de soutien logistique des forces terrestres – 2000.
Mémento provisoire des procédures logistiques opérationnelles (LOG 50.923 – Edition 2010 – ex TTA
915).
STANAG 2014 - 9 – Présentation des ordres et désignation des jours, des heures, des lieux et des
unités.

 Généralités
Les ordres logistiques présentent en général plusieurs particularités qui génèrent souvent des
méprises ou des incompréhensions, alors qu’il faut simplement garder à l’esprit les points suivants.

La logistique demeure certes toujours une responsabilité nationale, mais les opérations actuelles se
déroulent dans un cadre le plus souvent multinational (OTAN, UE, ONU, coalitions de circonstances)
qui impliquent des mesures de coordination, la mise en œuvre d’accords ou de mesures de soutien
mutuel, le partage de moyens, etc. En conséquence, les unités tactiques recevront le plus souvent
62
des directives et des ordres logistiques par la chaîne de soutien national , mais aussi des ordres ou
des mesures de coordination logistiques émanant de structures multinationales assurant l’OPCON.

Les ordres logistiques s’appliquent le plus souvent et d’emblée à l’ensemble des phases de
l’opération. Au sein de chacune des phases, et sauf s’il s’agit d’un changement complet des moyens
déployés ou de la nature des soutiens, les ordres et directives logistiques ne feront que procéder qu’à
quelques ajustements.

Enfin les directives de la chaîne de soutien national produites au niveau stratégique s’appliquent à
l’ensemble des unités déployées, toutes armées confondues : les ordres de niveau théâtre ou tactique
ne font que préciser ou détailler celles-ci.

Concernant la documentation citée en référence, la DIA 3 est le document le plus récent et le plus
abouti. Le « mémento provisoire des procédures logistiques opérationnelles », pourtant paru après
cette DIA, n’a pas encore pris en compte toutes les évolutions, et comporte donc quelques erreurs. Le
STANAG 2014-9 est en revanche toujours d’actualité, et demeure cohérent avec les autres
documents parus.

Pour toutes ces raisons, ne sont présentés dans cette partie relative aux ordres logistiques que les
principaux ordres de niveau stratégique, théâtre et tactique (DAL, OAL, annexe logistique d’un
OPORD).

 Les ordres logistiques par niveaux.

 Au niveau stratégique : Armée(s) Responsable(s) du Soutien et Directive


Administrative et Logistique
L’apparition et la montée en puissance de nouvelles structures interarmées de soutien (CICLO, CMT,
CIAO…) vident de son sens l’ancienne notion « d’armée pilote du soutien » (APS) au niveau
stratégique.
En revanche, aux niveaux opératif et tactique, le rôle d’une armée responsable de la manœuvre
logistique, reste essentiel du fait de la spécificité du milieu et de la nature des opérations. Cette armée
est désormais dénommée « armée responsable du soutien » (ARS).

La désignation de (ou des) ARS est effectuée dès le début des travaux de planification d’un
engagement et figure dans la directive administrative et logistique (DAL) de l’opération.

62
Voir plus haut « Principes d’organisation générale du contrôle national France »

141
En effet, l’EMA/CPCO élabore une directive administrative et logistique (DAL) propre à chaque
63
opération, qui est annexée au plan d’opération .
La DAL décrit l’organisation du soutien et les principes à mettre en œuvre. Elle prend tout
particulièrement en compte le caractère interarmées du soutien de l’opération et, le cas échéant, sa
dimension multinationale.
Lorsqu’une (ou des) ARS sont désignées (par composante, par domaine logistique...), la DAL précise
ses (ou leurs) responsabilités, notamment concernant les éléments à soutenir, la nature du soutien à
apporter et les compensations éventuelles qui seront inscrites dans des protocoles initiaux.

Chaque armée, ou service interarmées, responsable de fonctions de soutien dans l’opération apporte
sa contribution à la rédaction de la DAL. En particulier, la ou les armées désignées «armée
responsable du soutien » sont étroitement associées dès la conception de la DAL.

 Au niveau théâtre : l’ordre administratif et logistique


La DAL est déclinée sur le théâtre en un ordre administratif et logistique (OAL) de théâtre. Cette
procédure allège le processus d’élaboration des ordres par la suppression des ordres administratifs et
logistiques (OAL) d’armées qui existaient auparavant.

L’autorité exerçant l’ADMINCON FRANCE64, c’est-à-dire généralement l’adjoint soutien interarmées


(ASIA) par délégation du NCC France (National Component Command), est chargé avec son état-
major (PC SNF : PC Soutien National France) de la rédaction initiale puis de la mise à jour de ce
document.

Pour une opération multinationale, un OAL sera obligatoirement rédigé et diffusé à l’ensemble des
unités françaises participant à l’opération.
Pour une opération strictement nationale, un OAL ne sera rédigé que si la nécessité s’en fait sentir
pour diverses raisons : en règle générale, des directives particulières ou complémentaires à la DAL
suffisent.

Il n’existe pas, normalement, d’OAL produits par des PC de niveau 1 à 4 (sauf à titre pédagogique).

Nota : un exemple de format d’OAL figure dans le « Mémento provisoire des procédures logistiques
opérationnelles » cité en référence, trop long pour être reproduit ici.

 Au niveau tactique : contributions à l’OPORD


La contribution de la fonction logistique à un OPORD figure au paragraphe 4 de la partie principale de
l’ordre, et si nécessaire sous forme d’une annexe détaillée.

Concernant le paragraphe 4 de l’OPORD, il constitue la partie administrative et logistique d’un ordre


opérationnel et est obligatoirement rédigé, soit intégralement soit partiellement si une annexe est
établie.

L’annexe logistique, si elle est rédigée, fait partie intégrante d’un OPORD, et vise à détailler les ordres
logistiques particuliers qu’il serait trop fastidieux d’intégrer dans le paragraphe 4.

Compte-tenu des précisions et des domaines abordés, l’annexe logistique est généralement rédigée
uniquement par des états-majors de niveau division et au-dessus, quasiment jamais par un état-major
de brigade (d’autant que celui-ci ne constitue pas en France un échelon logistique).
De même, le paragraphe 4 d’un OPORD de niveau brigade n’est jamais très étoffé, car il ne vise qu’à
préciser des points ou directives logistiques du niveau supérieur intéressant les niveaux subordonnés.

Par ailleurs, les états-majors tactiques agissant désormais le plus souvent dans un contexte
multinational, les ordres logistiques qu’ils ont à produire fixent essentiellement des mesures de
coordination logistique de leur niveau ainsi que la manœuvre des moyens à leur disposition (OPCON).

63
Ou au SUPLAN dans le cadre d’une opération multinationale.
64
Contrôle administratif et logistique national (ADMINCON FRANCE) : sur un théâtre d’opération, vise à coordonner l’emploi
des moyens logistiques des différentes armées et services, ainsi que de sauvegarder les ressources nationales tout en
optimisant le soutien des unités françaises.

142
Il revient donc aux cellules logistiques des échelons concernés (G4, S4), de vérifier, lorsque la France
est nation cadre de cet échelon, la conformité des ordres indiqués dans ces ordres et annexes avec
ceux stipulés dans l’OAL de théâtre.

 Annexe Logistique à un OPORD

 SITUATION

 MISSION

 EXECUTION

 ADMINISTRATION/LOGISTIQUE
o Matériels et services
 Ravitaillement
 Transports
 Services
 Main d’œuvre
 Entretien
o Évacuation sanitaire et traitement médical
o Personnel
o Soutien de la nation étrangère et de la nation hôte
o Divers

 COMMANDEMENT ET TRANSMISSIONS

143
4.6 MESSAGES

 Ordre simplifié (FRAGO – Fragmentary Order)

Z :flash
Urgence O :immédiat O / P // Privilégier la double urgence
P :urgent
R : routine
Origine FROM/ ou FM / FROM / BRIG VINGT // Respecter les adresses télégraphiques
Destinataires pour
TO / TO / BATCHAR VINGT UN /…. // En lettres conformément aux adresses télégraphiques.
action
Destinataires pour info INFO / INFO / BRIG TRENTE /….// En lettres conformément aux adresses télégraphiques.
BT BT BT // Impératif
NATO UNCLASSIFIED
Impératif.
NATO RESTRICTED
Classification NATO CONFIDENTIAL NATO UNCLASSIFIED // L’équivalent de CONFIDENTIEL EXERCICE est NATO
UNCLASSIFIED
NATO SECRET
Code identification SIC / AXB / IAL // Uniquement pour l’école d’état-major par convention.
OPER ne s’emploie que dans le cadre d’une opération
Identification exercice réelle. Dans le cadre d’un exercice, EXER est suivi du
EXER/ ou OPER / EXER / MONTPELLIER / BLUE //
Identification opération nom de l’exercice et de la couleur matérialisant le
camp joueur (en anglais).
Le MSGID est suivi du nom du message. Vient ensuite
Type de message MSGID/ MSGID / FRAGO / 20(FR)BB / 009 / JUN // l’unité origine (attention à l’écriture), le numéro du
message à 3 chiffres, le mois d’émission (trigramme).
Les références comportent le type de message de
référence avec son numéro d’édition en toutes lettres,
le type d’unité origine, le numéro de cette unité en
Références REF / REF / OPORD TROIS / BRIG VINGT/ 081200Z/JUN //
toutes lettres, le GDH de parution du document de
référence, le mois de parution. Cette rubrique est
obligatoire et doit faire référence à l’ordre modifié.

144
Cet EFDT est souvent fixé par l’autorité qui veut la
EFDT de saisie EFDT/ EFDT / 090900Z / JUN // diffusion du message avant telle heure…, le mois de
saisie.
Impératif. Ce TXT annonce le début du corps du
TXT TXT TXT
message.
ARTICULATION DES 0/ ARTICULATION DES
ARTICULATION DES FORCES / INCHANGEE // Précisez s’il y a des modifications ou non.
FORCES FORCES /
FUSEAU HORAIRE utilisé
pour l’ensemble de FUSEAU HORAIRE / FUSEAU HORAIRE / ZULU // Cette rubrique est facultative.
l’ordre
Cette rubrique est obligatoire. Indiquer toute
SITUATION 1/ SITUATION / 1/ SITUATION/
modification par rapport à l’ordre existant.
- ennemie A/ A / ENY AU CTC 20(FR)BB RELIQUATS DU 130(RO)BM VALEUR 2 Composition, effectifs estimés, potentiel, identification,
CIES A VILLERS DE9355 ET 1 SAC A LIENT / ENY AU CTC dispositif, emplacement, mouvements, possibilités et
30(NO)BLB VOLUME 3 CIES DU 133(RO)BM INSTALLEES DE9318 intentions.
DE9343 ET DE8139 SEMBLE VOULOIR RESSERRE DISPOSITIF
POUR DEF FERME VILLAGE ATAR EN ATTENDANT RENF
112(RO)BM / 112(RO)BM NIMES MVT VERS EST POURRAIT FCHT
LISON A OUEN DE 8130 A 091000Z / EN VUE INTDR ATTAQUE
2(FR)DIV / H1 : FRN 112(RO)BM DIRECTION ATAR GROSBOIS
DE9833 POUR RECONQUERIR PONT DE NIOULE : H2 112(RO)BM
RENF VILLERS OU ATK DANS ZA 30(FR)BB SUR DIRECTION ALBERT
DE1738 CARON DE1761 /

Informations sur les forces amies, autres que celles


auxquelles s’adresse l’ordre d’opération, susceptibles
d’influer directement sur l’action des commandements
subordonnés. Ces forces comprennent celles qui ne
B / 20(FR)BB TIENT L1 / EN COURS RECO BELLEGARDE DE1755 sont pas affectées ou organiques au commandement
ET FIXATION MOLE LACROIX DF1403 / 30(NO)BLB CTR 2 de l’opération envisagée, mais dont la présence sur un
- amie B/ HAUTEURS RICHEMONT ET SAINTES / INTDR LIGNE MONTRU flanc ou dans une autre zone adjacente présente de
DF1834 TRAPPES DF1930 ANSIL DF2222 : MAIS NE PEUT CTR l’intérêt. Inclure les informations que les commandants
TRAPPES AVANT 031130Z / subordonnés ont besoin de connaître au sujet de ces
forces pour l’accomplissement de leurs missions. Cela
comprend la mission de l’unité supérieure et devrait
comprendre l’intention de l’échelon supérieur et/ou
l’idée de manœuvre, à un niveau au-dessus.

145
On peut indiquer ici la liste des unités données en
- renforcements et
C/ C / SANS CHANGEMENT / renforcement ou prélevées en précisant le moment où
prélèvements.
elles sont mises aux ordres ou remises à disposition.
Cette rubrique est facultative et sera ajoutée sur
D / RED RAPIDE DERNIERES RESIS PERMETTRA DPLT 10(FR)BB A demande. Elle est toutefois de grande importance pour
- évaluation de la HAUTEUR RN 32 ET LIBRE ACCES AUX 2 PONTS INFRA DANS permettre aux subordonnées de connaître
D/ l’appréciation de situation du chef.
situation par le chef NOTRE ZA / FACE A MENACE SUR ATAR SEULE 30(NO)BB EMD
INTERVENIR OFF ET EMPECHER RENF DU 130(RO)BM // Ce paragraphe clôture le paragraphe SITUATION, il faut
donc mettre en final un « // ».
2 / MISSION / 30(NO)BB EN LIAISON AVEC 30(NO)BB DETR Ce paragraphe doit reprendre la mission telle qu’elle
MISSION 2/ MISSION / ELEMENTS 130(RO)BM DANS QUADRILATERE LISON DE…… ATAR est donnée par l’échelon supérieur. Il est obligatoire et
DE….. VINCKLER DE….. DUFOUR DE….. MAREL DE….. // ne peut être subdivisé. Indiquer la nouvelle mission.
EXECUTION
3/ EXECUTION / 3 / EXECUTION /

Ce paragraphe est agencé de manière à satisfaire aux


exigences de l’opération en question. Indiquez les
A / AFIN DE LIVRER LD LE 100600Z / DETR LES ELEMENTS lignes d’action prévues.
- idée de manœuvre A/
BLINDES ENGAGES ENTRE LISON ET A15 PAR C ATK /
Cette rubrique est obligatoire. Indiquer toute
modification par rapport à l’ordre existant.
Ce paragraphe est obligatoire, mais il ne doit
B / 21(FR)BC DETR ELEMENTS 130(RO)BM ENTRE A15 ET LISON
comporter que les missions qui subissent des
- missions attribuées DANS QUADRILATERE Q1/22(FR)BB REGION DE MAREL S’EMP
changements au regard de la nouvelle situation. Il est
aux unités de B/ PONT DE ATAR ET COUV BDE FACE AU SE A HAUTEUR LIGNE L5
inutile de citer les missions qui se poursuivent sans
manœuvre VAREL DE…. NEANIT … /20(FR)EEI / 29(FR)CAC / 24(FR)BB /
changement. On mentionnera alors qu’elles sont
33(FR)BATINF / 34(FR)BATINF MISSIONS INCHANGÉES /
« inchangées ».
- feux C/ C/ INCHANGE /

- génie D/ D / INCHANGE /
- ALAT E/ E / INCHANGE /
- GE F/ F / INCHANGE /
- circulation G/ G / INCHANGE /

146
Cette rubrique comporte les instructions qui ont trait
aux limites, aux objectifs, aux lignes de débouché, à
- instructions de H / OUVERTURE DU FEU SUR ORDRE / NOUVELLES LIMITES 20 ET l’heure et à la direction de l’attaque, à la coordination
H/
coordination 30BDE VOIR CALQUE ANNEXE /Q1 VOIR CALQUE ANNEXE // des feux, à l’heure d’exécution et de compte-rendu, au
moment où l’ordre entre en vigueur pour la
planification et/ou l’exécution.
4/ ADM ET
ADM ET LOGISTIQUE 4 / ADMINISTRATION LOGISTIQUE / INCHANGE //
LOGISTIQUE
CDT ET TRANSMISSIONS 5/ CDT TRANS 5 / COMMANDEMENT ET TRANSMISSIONS / INCHANGE //
Toujours pour un exercice. L’absence de cette mention
Mention fin de MSG EXERCICE / EXERCICE / EXERCICE //
précise de facto que le message est réel.
BT BT BT //

147
 INTREP (Intelligence Report)
Compte rendu de renseignement relatif à un événement particulier concernant l’ennemi. Ce message sert par conséquent à communiquer sans
délai au niveau immédiatement supérieur, aux grandes unités voisines de même niveau et aux subordonnés des informations essentielles
concernant l’ennemi. Ce compte-rendu doit apporter des éléments de renseignement du niveau de l’état-major considéré et ne pas être la simple
transcription de messages en provenance des subordonnés.

FLASH : à n’utiliser que de façon très exceptionnelle et après


accord 4D.
Z :FLASH IMMEDIAT : à n’utiliser que si la situation le réclame. Attention
O :IMMEDIAT dans ce cas au degré de classification choisi.
Urgence O/P//
P :URGENT
R:ROUTINE URGENT : usage le plus courant.
ROUTINE : souvent utilisé pour les destinataires pour information.
Privilégier la double urgence.
Origine FROM/ FM/ FROM / BRIG SEIZE// Emploi systématique des adresses télégraphiques réglementaires.
Il s’agit la plupart du temps de votre échelon immédiatement
Destinataires pour action TO/ TO/ DIV TROIS //
supérieur.
INFO/ BRIG DOUZE/BATCHAR Il s’agit des unités voisines de même niveau et, si nécessaire, des
Destinataires pour INFO INFO/
CENT ONZE/ … // unités qui vous sont subordonnées.
BT BT BT// Cette mention apparaît obligatoirement.
SECRET DEFENSE ou SECRET EXERCICE
NATO UNCLASSIFIED CONFIDENTIEL DEFENSE ou CONFIDENTIEL EXERCICE
NATO RESTRICTED (cette mention peut apparaître mais elle n’est pas réglementaire)
Classification NATO UNCLASSIFIED//
NATO CONFIDENTIAL
NATO SECRET DIFFUSION RESTREINTE
NON PROTEGE.
Sauf mention particulière SIC/AXB/IAL// sera utilisé à l’École d’état-
Code identification SIC/AXB/IAL//
major.
Identification de l’exercice ou de l’opération.
Identification exercice
EXER/ ou OPER/ EXER/ BESANCON/ BLUE// EXERCICE/NOM/PARTI// ou OPER /NOM /ORIGINE+N° P LAN
opération
/APPELLATION PLAN//
MSGID = identification du MSG. Apparaissent dans cette rubrique :-
MSGID/ INTREP/
Type MSG MSGID/ le type du MSG envoyé, - le nombre de MSG du même type
16(FR)BLB/001/JUN//
envoyés par l’unité dans le mois en cours.

148
REF/INTSUM UN / BRIGBLIND Le cas échéant. Le dernier INTSUM par exemple en cas de
Références REF/
TRENTE ET UNE / 030600Z / JUN // modification de l’appréciation de SIT qui y serait contenue.
Cet horaire se situe toujours entre le GDH du dernier renseignement
EFDT de saisie EFDT/ EFDT/ 030955Z / JUN// pris en compte dans le MSG, et le GDH d’arrivée du MSG à son
destinataire.
TXT TXT TXT Impératif. Annonce le début du corps de message.
Événement ou activité A/ A/ CONTACT AVEC 120(KA)CRB// Événement, activité, incident justifiant le MSG. Il convient de
mentionner les pertes, les prises ou captures ainsi que les bilans
concernant l’ennemi.
L’INTREP permet de transmettre toute information importante qui
peut avoir une influence immédiate sur l’action en cours, constitue
un indice d’attaque imminente, modifie l’évaluation de la menace ou
l’appréciation de la situation du dernier INTSUM.
Moment B/ B/ 030930Z/ JUN// Quand l’incident relaté en A/ s’est il produit ?
Où, lieu de l’incident C/ C/ EQ7885/ EQ2982/ EQ 3785// Où l’incident relaté en A/ s’est-il produit ?
Comment l’incident relaté en A/ s’est-il produit ? Revient à décrire la
D/ RIDEAU DE SURVEILLANCE
vision du dispositif ennemi qu’a l’état-major au moment de l’incident,
Comment D/ INSTALLE SUR LES HAUTEURS
souvent en agrégeant après analyse plusieurs messages en
NORD DE LA RIVIERE LISON//
provenance des subordonnés.
Fiabilité du RENS E/1/ E/1/ A1/ Niveau de fiabilité du renseignement.
E/2 120(KA) POURRAIT CHERCHER Comment la cellule renseignement de l’état-major analyse-t-elle la
A ELARGIR SON DISPOSITIF POUR situation ENI au vu des comptes-rendus qu’elle a reçus ?
Déductions E/2/
RENSEIGNER SUR NOTRE
PROGRESSION/
Au regard des renseignements détenus et de l’attitude de l’ennemi
au moment de la rédaction du MSG, quelles actions et quels efforts
E/3/ 12(KA) SEMBLE PRIVILEGIER
est-il susceptible de mener dans les heures qui viennent et dans
Conclusions E/3/ H1 EN DIRECTION DE ATAR
quelle direction ? La cellule renseignement est-elle en mesure de
CP6637//
lever une indétermination sur les hypothèses d’engagement de
l’ennemi par rapport à l’ OPORD émis ?
Mention fin de MSG EXERCICE/ EXERCICE/ EXERCICE// Toujours pour un exercice.
BT BT// BT//

149
 INTSUM (Intelligence Summary)
Ce message sert à communiquer au niveau immédiatement supérieur, aux grandes unités voisines de même niveau et aux subordonnés des
renseignements et des évaluations des activités ennemies sous la forme de synthèses.

Z :flash
O : immédiat
Urgence O / P // Privilégier la double urgence.
P : urgent
R : routine
Respecter les adresses télégraphiques
Origine FROM/ ou FM / FROM/ BRIGBLIND VINGT ET UN // Le niveau émetteur peut être : la brigade, la
division, le corps d’armée.
En lettres conformément aux adresses
Destinataires pour action TO/ TO / DIV UN //
télégraphiques.
En lettres conformément aux adresses
Destinataires pour info INFO/ INFO / BRIGMECA ONZE / BRIGBLIND SEIZE ...// télégraphiques. En info, mettre les voisins et
les subordonnés.
BT BT BT // Impératif.
NATO
UNCLASSIFIED
NATO Impératif. Privilégier la formule anglo-saxonne.
Classification RESTRICTED NATO UNCLASSIFIED // L’équivalent de CONFIDENTIEL EXERCICE
NATO est NATO UNCLASSIFIED.
CONFIDENTIAL
NATO SECRET
Uniquement pour l’école d’état-major par
Code identification SIC/ AXB/ IAL//
convention.
OPER ne s’emploie que dans le cadre d’une
opération réelle.
Identification exercice
EXER/ ou OPER/ EXER/ HONFLEUR/ BLUE// Dans le cadre d’un exercice, EXER est suivi du
Identification opération
nom de l’exercice et de la couleur matérialisant
le camp joueur (en anglo-saxon).
Le MSGID est suivi du nom du message. Vient
ensuite l’unité origine (attention à l’écriture), le
Type de message MSGID/ MSGID/ INTSUM/ 21(LU)BB/ 002/ APR//
numéro du message à 3 chiffres, le mois
d’émission (trigramme).

150
Les références comportent le type de message
de référence avec son numéro d’édition en
toutes lettres, le type d’unité origine, le numéro
REF/ OPORD UN / BRIG VINGT ET UN / 300800Z / de cette unité en toutes lettres, le GDH de
Références REF/
APR// parution du document de référence, le mois de
parution.
Cette rubrique est obligatoire et doit faire
référence à l’ordre d’opération.
Cet EFDT est souvent fixé par l’autorité qui
EFDT de saisie EFDT/ EFDT / 300001Z / APR // veut la diffusion du message avant telle
heure…, le mois de saisie.
Impératif. Ce TXT annonce le début du corps
TXT TXT TXT
du message.
A/ INTELLIGENCE
TITRE A / INTELLIGENCE SUMMARY // Il s’agit d’un titre, il n’y a rien à ajouter.
SUMMARY
INTRODUCTION GENERALE B/GENERAL B / GENERAL INTRODUCTION / APRES QUE RECO
INTRODUCTION / 91(VN)BDE ONT ATTEINT RN37 DE LAVEL VERS
191000Z RECO 90(VN)BRIMECA ONT TENTE
TROUVER UN INTERVALLE DANS DISPOSITIF A PARTIR
12H00 / SIMULTANEMENT 90(VN)BRIMECA FCHT Cette rubrique est un rapide point de situation
FRONTIERE / PROGRESSANT DE PART ET D’AUTRE sur l’attitude de l’ennemi.
MEUSE SUR LA DIRECTION GENERALE NANTUA
MAES / ECH1 A ATTEINT LAVEL VERS 191700Z /
ECH2 ATTEINT D12 DE MANTES A LA SAOULE VERS
191800Z / TOUTES RECO NIV DIV ET BDE DETRUITES
DANS APRES-MIDI //
C / OPPOSING GROUND FORCES IN CONTACT /
En Français : « FORCES ENNEMIES AU
911(VN)BM SUR LIGNE VERNES EXCLU LA FERE AVEC
CONTACT ». Ce paragraphe présente
C/ OPPOSING 3 CM EN TETE RENFORCE PAR UNE CC DU
uniquement les unités adverses au contact
FORCES ENNEMIES AU CONTACT GROUND FORCES IN 916(VN)BATGEN / ARRETE / A 75% / 912(VN)BM SUR
avec : leurs positions (+ coordonnées), leurs
CONTACT / RN37 ENTRE NANTUA ET INCLUS ROGECOURT
renforcements ou prélèvements, leurs axes,
ED3099 AVEC 2 CM EN TETE / RENFORCE PAR UNE
leurs attitudes, leurs potentiels…
CC DU 916(VN)BATGEN / ARRETE / A 50 % //
LIGNE AVANT DES TROUPES Il s’agit de la ligne avant atteinte par l’ennemi.
D/ EFLT / D / EFLT / L2 //
ENNEMIES ENNEMY FRONT LINE TRACE.

151
E / FOLLOW-UP GROUND FORCES / 913(VN)BM EN
ECH2 REGION VENDER ED… CHERTTE ED… / Informations sur les unités ennemies en
e
FORCES ENNEMIES DANS LA E/ FOLLOW-UP ARRETE / A 100 % / 915(VN)GAB DEPLOYE / 2 échelon suivant le schéma classique :
PROFONDEUR GROUND FORCES / BATTERIES REPÉRÉES EN ER… ET ER…. / REGION nature, volume, attitude, localisation, GDH,
ST MARCEL 144(VN)BC RENFORCE A REJOINT potentiel…
POSITION D’ATTENTE REGION SAOULE ER…//
Ce paragraphe traite des forces ennemies sur
les flancs. Ici encore, il sera fait mention de la
nature, du volume, de l’attitude, de la
F / FLANKING
ENNEMI SUR LES FLANCS F/ FLANKING FORMATION / NA // localisation, de GDH et de potentiel.
FORMATIONS /
Si aucun renseignement n’est à mentionner, il
sera écrit « NA ». En français : forces
ennemies en flanc-garde.
G/
CONTRE INGERENCE COUNTERINTELLIGEN G/ COUNTERINTELLIGENCE / NA // En français : « CONTRE INGERENCE ».
CE /
H/ ASSESSMENT / ENY PAS EMD REPRENDRE OFF
IMMEDIATEMENT / POURRAIT CHERCHER A SE
REORGANISER EN MODIFIANT ARTICULATION BM
Ce paragraphe –en français « APPRECIATION DE
POUR DISPOSER 3 BM MEME PIED A 3 UE /
SITUATION » est particulièrement important dans
911(VN)BM POURRAIT ETRE CONSERVE EN ECH2
le cadre de l’INTSUM car il précise l’intention
DERRIERE 912(VN)BM ET 144(VN)BC / 113(VN)BM
de manœuvre de l’ennemi.
CHERCHERAIT A INFLT A TRAVERS FORET ST MARCEL
EVALUATION H/ ASSESSMENT / Appréciation sur l’évolution de situation dans
VERS ROULADE EQ…. / EFFORT SERAIT PORTE DANS
les heures à venir (plan d’action probable de
FUSEAU W INITIALEMENT AVEC 144(VN)BC PUIS
l’ennemi, ses objectifs, sa réaction prévisible à
AVEC RELANCE 113(VN)BM VERS MEUSE / ATTITUDE
notre propre action, les modalités
144(VN)BC DANS 2 A 3 HEURES PERMETTRA LEVER
d’engagement de son 2°échelon).
INDETERMINATION / ENY FUTUR 144(VN)BC
POURRAIT INTERVENIR AU MIEUX POUR 311100Z
POUR RELANCER ACTION VERS W //
Toujours pour un exercice. L’absence de cette
Mention fin de MSG EXERCICE / EXERCICE / EXERCICE // mention précise de facto que le message est
réel.
BT BT BT//

152
 ASSESSREP (Assessment Report)
Ce message a pour but de présenter aux supérieurs hiérarchiques et aux subordonnés l’appréciation de la situation d’ensemble, et les mesures
que l’on compte prendre ou que l’on recommande.

Urgence Z : FLASH O/P// FLASH : à n’utiliser que de façon très


O : IMMEDIAT exceptionnelle et après accord ‘4D.
P : URGENT IMMEDIAT : à n’utiliser que si la situation le
R : ROUTINE réclame. Attention dans ce cas au degré de
classification choisi.
URGENT : usage le plus courant.
ROUTINE : souvent utilisé pour les destinataires
pour information. Privilégier la double urgence.
Origine FROM/ FM/ FROM/ BRIGINF QUATORZE// Emploi systématique des adresses
télégraphiques réglementaires.
Destinataires pour action TO/ TO/ DIV UN // Ce MSG permet de présenter aux supérieurs
hiérarchiques et aux subordonnés l’appréciation
de situation et les mesures que l’on compte
prendre ou recommande. Il permet de préciser la
priorité à donner aux missions et d’exposer les
raisons conduisant à proposer des modifications
aux plans d’opérations.
Destinataires pour INFO INFO/ INFO/ BRIGBLIND ONZE / BRIGMECA DOUZE/
BRIGCHAR TREIZE/ BRIGBLINDLU TRENTE ET UN/
GAM TROIS/ ESCINVEST CENT QUARANTE/ BATINF
CENT QUARANTE ET UN/ BATINF CENT QUARANTE
DEUX/ BATINF CENT QUARANTE TROIS/ BATBLIND
CENT QUARANTE QUATRE/ BATART CENT
QUARANTE CINQ /BATGEN CENT QUARANTE SIX/
CAC CENT QUARANTE SEPT/ BATCHAR CENT VINGT
DEUX//

153
BT BT BT// Cette mention apparaît obligatoirement.
Classification NATO UNCLASSIFIED NATO UNCLASSIFIED// SECRET DEFENSE ou SECRET EXERCICE
NATO RESTRICTED CONFIDENTIEL DÉFENSE ou CONFIDENTIEL
NATO CONFIDENTIAL EXERCICE (cette mention peut apparaître mais
NATO SECRET elle n’est pas réglementaire).
DIFFUSION RESTREINTE.
NON PROTEGE.
Code identification SIC/AXB/IAL// Sauf mention particulière SIC/AXB/IAL// sera
utilisé à l’école d’état-major.
Identification exercice EXER/ ou OPER/ EXER/BRUNE/ BLUE// Identification de l’exercice ou de l’opération.
opération EXERCICE/NOM/PARTI// ou OPER /NOM
/ORIGINE+N° P LAN /APPELLATION PLAN//
Type MSG MSGID/ MSGID/ ASSESSREP / 14(FR)BI /001 /MAY // MSGID = identification du MSG. Apparaissent
dans cette rubrique :
 le type du MSG envoyé ;
 le nombre de MSG du même type envoyés
par l’unité dans le mois en cours.
Références REF/ REF/FRAGO UN/BRIGINF QUATORZE /010945Z/MAY// Le cas échéant.
EFDT de saisie EFDT/ EFDT/ 011230Z/MAY// Cet horaire se situe toujours entre le GDH du
dernier renseignement pris en compte dans le
MSG, et le GDH d’arrivée du MSG à son
destinataire.
TXT TXT TXT Impératif. Annonce le début du corps de
message.
Situation politique A/ POLITICAL A/ POLITICAL OVERVIEW/ NA// Résumé sommaire de la situation politique dans
OVERVIEW/ la zone d’influence et dans la zone d’intérêt de
l’unité considérée. Pour l’examen, ne sera rempli
que si demandé, sinon NA//
Évaluation Forces ENY B/ ASSESSMENT B/ ASSESSMENT OPPOSING FORCES/
OPPOSING
FORCES/
Point de situation B/1/ B/1/ NA/ Capacité de l’ennemi au niveau stratégique. Ne
stratégique sera pas rempli au niveau Brigade. Mentionner
NA //. A la rigueur y faire figurer le chapeau du
point de situation ENY décrivant le volume global

154
NVA ENY B/2/ B/2/ AU NORD DE LA D963 APRES TIRS NVA de l’ennemi (cf. 1re partie de l’impression sur
10(FR)BATART ET ATTAQUE 3(FR)GAM AUCUNE l’ENI).
ACTIVITE ENNEMIE DECELEE AUX ABORDS DE
ORIGNY-EN-THIERACHE ER7328 ET HIRSON ER7730/
A L’OUEST VOLUME UNE CIE DE CHARS DU
924(KA)BC S’ENGAGEANT EN DIRECTION DE L2 A
ETE DETRUITE ENTRE TOULIS- ET- ATTENCOURT
ER5305 ET MACHECOURT ER6000/
B/3/ AU NORD DE LA D963 EN DIRECTION DE L2 ME, objectifs, délais (cf. face à notre action de
TOUT RISQUE D’ATTAQUE SEMBLE ECARTE DANS l’ENI). depuis le dernier SITREP.
Options de l’ENY,
B/3/ L’IMMEDIAT /A L’OUEST, VOLUME UNE CIE CHARS
objectifs, délais
DU 924(KA)BC S’EST REPLIEE EN DIRECTION DE
BARENTON SUR SERRE ER4902//
Évaluation Forces AMI C/ ASSESSMENT C/ ASSESSMENT BLUE FORCES/
BLUE FORCES/
Dispositif AMI C/1/ C/1/ 142(FR)BATINF ACHEVE MISE EN PLACE AU Dispositif AMI. Au niveau Brigade, position des
NORD DISPOSITIF BRIGADE/ 141(FR)BATINF subordonnés au contact puis dans la profondeur.
HAUTEUR L3 AU NORD DE MARLE ER5510/ Il faut également faire figurer les autres unités sur
147(FR)CAC ACHEVE INSTALLATION SUR L3/ AU zone (TACOM, TACON).
SUD REGION TOULIS- ET- ATTENCOURT ER5305
140(FR)EEI ET 122(AZ)BATCHAR DEPLOYES EN
COUVERTURE DISPOSITIF BRIGADE/ 143(FR)BATINF
DEPLOYE ENTRE LA NEUVILLE-BOSMONT ER6007
ET MONTIGNY-LE-FRANC ER6504/ 144(FR)BATBLIND
REGION VIGNEUX-HOCQUET ER7110/

155
Activité des subordonnés C/2/ C/2/ 142(FR)BATINF EMD INTERDIRE FACE AU NORD Activités des subordonnés (RECO, surveillance,
ENTRE INCLUS VERVINS ER6423 ET INCLUS maintenance, soutien…). Faire apparaître les
BUCILLY ER7825 / 141(FR)BATINF EMD APPUYER EMD et les possibilités.
UNITES 13(FR)BB / 147(FR)CAC EMD COUVRIR FACE
AU NORD OUEST ENTRE EXCLU LUGNY ER5815 ET
EXCLU VERVINS ER6423 / 140(FR)EEI EMD
SURVEILLER L2 FACE AU NORD ENTRE EXCLU
CHIVRES-EN-LAONNOIS EQ6198 ET EXCLU
MONTCORNET ER7305 / 122(AZ)BATCHAR EMD
APPUYER UNITES 13(FR)BB / 143(FR)BATINF EMD
SOUTENIR SOIT 147(FR)CAC SOIT 122(AZ)BATCHAR
/ 144(FR)BATBLIND EMD CONTRE ATTAQUER SOIT
AU PROFIT 142(FR)BATINF SOIT AU PROFIT 147(FR)
CAC /
Situation LOG C/3/ C/3/ POTENTIEL BRIGADE A 80%/ Situation LOG générale. Doit inclure les pbs
particuliers d’approvisionnements, de soutien et
leurs conséquences.
Situation CIS C/4/ C/4/ MOYENS SIC DEPORTES DU PC BRIGADE ONT Situation SIC. Doit inclure les dégradations
SUBI UN TIR D’ARTILLERIE ET ONT ETE survenues dans les liaisons et leurs
PARTIELLEMENT DETRUITS/ LIAISONS AVEC BLDT conséquences (actions GE ou mise hors de
ET 145(FR)BATART ROMPUES OU EN COURS combat de moyens TRANS).
RETABLISSEMENT/
Mesures de sûreté C/5/ C/5/ NBC NIVEAU DEUX// Description de l’ensemble des mesures de sûreté
effectives ou prévues en se référant aux actions
des cartouches C1 et C2. Inclut les mesures de
protection NBC, les MPE, les couvertures.
D/COMMANDER’S
Évaluation du chef OVERALL D/ COMMANDER’S OVERALL ASSESSMENT/
ASSESSMENT/
Forces AMI D/1/ D/1/ BRIGADE EMD PARTICIPER A REDUCTION Confirme si oui ou non les forces AMI sont en
93(KA)BRIBLIND EN LIAISON AVEC 13(FR)BB A mesure de remplir la mission donnée.
COMPTER DE 011800Z/MAY ET DE COUVRIR LA
DIVISION FACE AU NORD ET A L’OUEST
CONFORMEMENT FRAGO 2 DIV/

156
Forces ENI D/2/ D/2/ DANS ZA BRIGADE ENI N’EST PLUS EMD Insiste sur l’évolution globale et sur l’option ENI la
ENTRAVER ACTION 13(FR)BB / A PERDU TOUTE plus probable (perturbations probables sur la
CAPACITE DE REACTION ET/OU MANŒUVRE/ manœuvre en cours, conséquences de notre
action sur l’ENI).
Recommandations du D/3/ D/3/ LIAISON DAS ET 145(FR)BATART TOUJOURS Points clés, points à surveiller, …
chef PAS RETABLIES//
Intentions E/ INTENTIONS/ E/ SI SITUATION RESTE INCHANGEE DANS ZA, Liste des actions à accomplir ; doit inclure les
14(FR)BI SERA CAPABLE DE PARTICIPER A missions des SUBs pour traiter le problème
COMPTER DU 011800Z/MAY A REDUCTION DE LA évoqué dans l’appréciation générale (comment
93(KA)BRIBLIND AVEC 141(FR) BATINF ET 122(AZ) régler le PB ou poursuivre l’opération dans les
BATCHAR// meilleures conditions).
Mention fin de MSG EXERCICE/ EXERCICE/ EXERCICE// Toujours pour un exercice.
BT BT// BT//

157
 SITREP (Situation Report)
Ce message a pour but de rendre compte de la situation amie / ennemie, il est envoyé à temps ou bien à l’événement.

FLASH : à n’utiliser que de façon très exceptionnelle et après accord ‘4D.


Z : FLASH IMMEDIAT : à n’utiliser que si la situation le réclame. Attention dans ce cas
O : IMMEDIAT au degré de classification choisi.
Urgence O/P//
P : URGENT URGENT : usage le plus courant.
R: ROUTINE ROUTINE : souvent utilisé pour les destinataires pour information.
Privilégier la double urgence.

Origine FROM/ FM/ FROM / BRIG VINGT// Emploi systématique des adresses télégraphiques réglementaires.

Destinataires pour Il s’agit la plupart du temps de votre échelon immédiatement supérieur.


TO/ TO/ DIV TROIS //
action

Destinataires pour INFO/ BRIG DOUZE/BATCHAR CENT Il s’agit des unités voisines de même niveau et, si nécessaire, des unités qui
INFO/
INFO ONZE/ … // vous sont subordonnées.

BT BT BT// Cette mention apparaît obligatoirement.

NATO SECRET DEFENSE ou SECRET EXERCICE / CONFIDENTIEL DEFENSE


UNCLASSIFIED ou CONFIDENTIEL EXERCICE (cette mention peut apparaître mais elle
NATO RESTRICTED n’est pas réglementaire) / DIFFUSION RESTREINTE / NON PROTEGE.
Classification NATO UNCLASSIFIED//
NATO
CONFIDENTIAL
NATO SECRET

Code identification SIC/AXB/IAL// Sauf mention particulière SIC/AXB/IAL// sera utilisé à l’École d’état-major.

Identification Identification de l’exercice ou de l’opération. EXERCICE/NOM/PARTI// ou


EXER/ ou OPER/ EXER/ STRASBOURG/ BLUE//
exercice opération OPER /NOM /ORIGINE+N° P LAN /APPELLATION PLAN//

MSGID = identification du MSG. Apparaissent dans cette rubrique :- le type


MSGID/ SITREP/
Type MSG MSGID/ du MSG envoyé. / - le nombre de MSG du même type envoyés par l’unité
20(FR)BLB/001/MAY//
dans le mois en cours.

REF/ OPORD UN/ BRIG VINGT Concernant le 1er SITREP, il s’agira toujours de l’OPORD de l’action en
Références REF/
/030815Z /MAY// cours. Ensuite, faire référence au SITREP précédent.

158
Cet horaire se situe toujours entre le GDH du dernier renseignement pris en
EFDT de saisie EFDT/ EFDT/ 030955/ MAY//
compte dans le MSG, et le GDH d’arrivée du MSG à son destinataire.

TXT TXT TXT Impératif. Annonce le début du corps de message.

Il s’agit de la ligne de contact avec l’ENI, ou à défaut, notre FLOT.


Elle s’exprime soit au moyen de coordonnées, soit au moyen de lignes
caractéristiques du terrain assorties de coordonnées. La description
s’effectue : De la gauche vers la droite de l’avant vers l’arrière ;
Ligne de contact A/ A/ DE1680/DE1975//
si ligne droite: les coordonnées des deux extrémités suffisent ;
si ligne brisée: une coordonnée de + que de lignes brisées ;
si ligne particulière du terrain: NOM + coordonnées des extrémités
FUSEAU OUEST .... FUSEAU CENTRE ...

B/ 10(FR)BI DE4865/ 24(FR)BC Elle ne concerne que les unités de mêlée d’éch 1, dans un ordre précis :
Position ECH 1 B/ DE4380/ 32(FR)BI DE5673/ 20(FR)BB d’OUEST en EST, du NORD au SUD.
DE9523// Doivent apparaître les coordonnées du centre de gravité de l’unité.

C1 / FUSEAU OUEST 3-312(VE) Elle ne concerne que les unités de mêlée d’et 2, elles aussi dans le même
BATIN DE4536 FUSEAU OUEST 2- ordre.
Position ECH 2 C/1/
312(VE) BATINF DE4632 / 2(FR)GAM
DE5968 /

C2 / ART SS FUSEAU OUEST Elle concerne les unités d’appui conservées aux ordres. Les règles de
Position appuis
DE3562 / FUSEAU EST DE4562 / 3- rédaction sont identiques.
conservés aux C/2/
42RASA DE5241/4-22(FR)BG DE
ordres
4058/

A UTILISER SELON MOYENS DE L’UNITE (TC2 si BAT).


Position Base LOG C/3/
À renseigner si changement depuis le dernier SITREP.

A UTILISER SELON MOYENS DE L’UNITE (TC2 si BAT).


Divers C/4/ C/4/ ………. // Apparaissent ici certains points particuliers, tels que BLDT, section de triage
isolée, etc.

Position PC actif D/1/ D/1/ AUBAGNE DE 2352/

159
Position Antenne Il s’agit du P.C. LOG/DIV. A adapter au niveau considéré (TC2 pour les BAT,
D/2/ D/2/ ………./
LOG NEANT pour les Bdes).

D3 / PC1 / DE8789 / PREVUE / A renseigner si c’est utile. Soit bascule effectuée ; soit bascule prévue :
Bascule PC D/3/
120900Z /

Position Moyens Position des moyens réservés.


D/4/ D4 / PC2 DE2121/
réservés

Nota : au niveau d’une BRIGADE, où il n’y a pas de PC AR, la case D5 n’est


Position PC arrière D/5/
pas renseignée.

Accord/ Refus/ D6 / ACCORD / MSG DIV QUATRE / Mettre en REF le MSG donnant accord ou refus.
D/6/ ……….//
Report 002 / MAY / 120230Z//

Coord. PC TAC E/ E/ …….// S’il est activé.

A renseigner même si inchangé (11: pleinement OPS, 22: pratiquement


Capacité OPS F/1/ F/1/ 11/
OPS, 33: tout juste OPS, 44: non OPS).

Il s’agit ici de mentionner les événements LOG importants (recomplètements,


Événements LOG F2 / RAV 1UFTRD /5LECLERC/ destruction d’un plot logistique, etc …), et les pertes en matériels majeurs
F/2/
majeurs 2AUF1 / 9AMX10P // survenues depuis le dernier SITREP. Les matériels majeurs figurent dans
l’OAL ou dans le dossier d’exercice.

Obstacles AMI G/11/ G/11 / CR9933 / DR2198 / Vous pouvez éventuellement inscrire « conforme plan d’obstacles »

G/12 / PONTS SUR LE LISON DE Ne mentionner que ce qui change par rapport au dernier SITREP.
Coupures AMI G/12/
DE3542 A DE4536 DETRUITS /

Zones minées AMI G/13/ G13 / DE DR0134 A DR0332 / Ne mentionner que ce qui change par rapport au dernier SITREP.

Zones contaminées Indiquer les points qui permettent de délimiter les contours.
G/14/ G/14/ ……….//
AMI

Obstacles ENI G/21/ Ne mentionner que ce qui change par rapport au dernier SITREP.

G/22/ Ne mentionner que ce qui change par rapport au dernier SITREP.


Coupures ENI

Zones minées ENI G/23/ Ne mentionner que ce qui change par rapport au dernier SITREP.

160
Zones contaminées Indiquer les points qui permettent de délimiter les contours.
G/24/
ENI

Sont précisés successivement :


- la source du RENS/ l’EFDT du RENS,/ la nature de l’ENI (MECA, CHAR,
H/11/ H11 / 14(FR)BC / 120415Z / MECA ou ART SS,...)/
BMP / CIE / DE5321 / EN MVT VERS
ENI au contact H/12/ - le volume (CIE, BON, BIE, SON,...)/
LE NORD/ H12 / 30 (FR) BI /
H/19/ 120345Z / CHAR / CIE / DE4523 / - / - la position (coordonnées du centre de gravité)/
- l’attitude (ARRETE, EN MVT VERS, EN POSITION, INDET ou /-/ pour
indéterminé)//

H2/ DEF FERME SUR LE LISON A Dire ce que peut faire l’ennemi compte tenu de son dispositif actuel et de ses
Possibilités ENI H/2/
COMPTER 121500Z// intentions supposées.

Appréciation de R / 2(FR)BB EMD DE S’OPPOSER AU Dire si on est ou non en mesure de poursuivre la mission telle que prévue
R/
situation AMI REPLI TAC ENY VERS LE NORD// face à la situation ENI évoquée au § H2.

S1 / DETR BM EN REPLI TAC SUR Qu’est ce que je compte faire et comment pour remplir ma mission malgré
RN28 PAR ACTION COMBINEE l’opposition de l’ENI.
Intention S/1/
14(FR)BC ET 30(FR)BI AVANT
120900Z /

Facultatif en fonction des questions qui sont posées. Si S2 ne se justifie pas,


Réponses S/2/ S2/ ……….//
ne pas oublier le // après S1.

T / POSITION DU BC / DERNIERE SIT Facultatif en fonction des besoins.


DANS ZONE 5(AZ)DIV /APPUI ART
Demandes T/
SS 1(VE) DIV JUSQU’AU MERIDIEN
25//

Divers Z/ Z/ ……….//

Fin de MSG EXERCICE/ EXERCICE/ EXERCICE// Toujours pour un exercice.

BT BT// BT//

161
162
LA BRIGADE INTERARMES

163
GÉNÉRALITÉS
En opération, la brigade engagée est une grande unité créée sur la base d’une brigade interarmes, chargée
de conduire à son niveau le combat interarmes.
La BIA désignée fournit le noyau clé, tant pour l’état-major que pour les unités.

1. Le combat de la brigade
1.1 Principes d’action
Dans toutes ses actions, la brigade doit privilégier la manœuvre. Quel que soit le mode d’action, son combat
65
repose sur l’initiative, la surprise, un rythme élevé, le combat lacunaire , l’utilisation et la valorisation du
terrain.
La brigade ne coordonne qu’un minimum de fonctions opérationnelles. Dans une action offensive ou
défensive, elle met en œuvre sept fonctions opérationnelles :
- commandement (permanence, mobilité et proximité) ;
- renseignement (au profit de sa propre manœuvre) ;
- contact (fonction prépondérante) ;
- appui ;
- actions sur les perceptions et l’environnement opérationnel ;
- appui à l’engagement ;
- appui au commandement (AC).

1.2 Structures
De manière générique, la brigade doit disposer en opération des moyens suivants :
- un système de commandement ;
- quatre groupements tactiques interarmes à base de formations de mêlée ;
- des moyens d’artillerie, du génie et d’éclairage nécessaires à l’appui direct de sa manœuvre ;
- éventuellement des moyens d’appui complémentaires (AC, DSA, NRBC…).

Sauf exception, elle ne dispose pas de moyens de soutien logistique.

Illustration 1 : structure d’une brigade générique.

65
Éviter le combat linéaire et statique, utiliser les espaces non contrôlés et surveiller les vides de l’espace terrestre.
164
1.3 Espace terrestre
La division attribue à la brigade une zone de responsabilité tactique ou zone d’action. La zone d’action de la
brigade est unique : il n’existe pas de « zone arrière de brigade ».
La profondeur de l’échelonnement de la brigade dépend de la mission, de la menace et du terrain.

2. Modes tactiques et normes moyennes d’engagement


Dans le cadre du continuum des opérations, et quelle que soit la phase de l’opération, la brigade peut être
amenée à conduire, simultanément ou successivement, des opérations de nature différente dans sa zone de
responsabilité.
Dans son édition 2010, le TTA 904, manuel d’emploi de la brigade interarmes, distingue :
- le mode tactique offensif ;
- le mode tactique défensif ;
- le mode tactique de sécurisation ;
- le mode tactique d’assistance.

Le tableau ci-dessous présente les normes générales d’engagement d’une brigade (à 4 groupements
tactiques). Pour la définition, les principes et modalités d’exécution, se reporter au TTA 904, version 2010.

Modes d’action génériques Front Profondeur Remarques


MODE TACTIQUE OFFENSIF
Marche à l’ennemi Niveau division
Reconnaissance offensive 20 km maxi 60 km
Attaque 10 km 10 km Zone d’engagement 5 km
Exploitation Niveau division
Conquête de zone 15 km 40 km
Raid 15 km 60 km

MODE TACTIQUE DEFENSIF

Manœuvre retardatrice Niveau division


Défense ferme 8 km 4 km
Défense ferme en zone urbaine 3 à 5 km 3 à 5 km
Défense de zone 10 à 15 km 60 km maxi
Défense d’usure 15 km 15 km
Couverture 20 km 2 échelons

MODE TACTIQUE DE SECURISATION

Sécurisation de zone Niveau division


Contre-rébellion Espace : 1000 à 2000 km2
Contrôle de zone Espace : 1000 à 3000 km2
Interposition 5 à 20 km
Évacuation de population 60 km Principes d’action :
menacée - couverture des communautés menacées ;
- acheminement en sécurité de celle-ci dans
des zones elles-mêmes sûres ;
- désengagement des unités.

165
MODE TACTIQUE D’ASSISTANCE

Appui à la reconstruction de Principes d’action :


l’État - créer un climat de confiance entre tous les
acteurs ou les victimes du sinistre ;
- contrôler le déroulement du processus initié
et approuvé par les partis, ou imposé par la
communauté internationale ;
- poursuivre l’aide humanitaire.
Aide aux populations – Principes d’action :
Assistance humanitaire - intervenir souvent dans l’urgence ;
- en règle générale, éviter de se substituer
aux ONG et aux services publics ;
- apporter une aide spécifique matérielle et
logistico-opérationnelle.

3. Les autre modes tactiques d’engagement


3.1 L’entrée en premier
L’entrée en premier peut intervenir soit sur un théâtre sans opposition (avec ou sans le concours de la nation
hôte), soit sur un théâtre occupé par un ennemi. Elle sera alors qualifiée « d’entrée en force ». Il s’agit dans
ce cas de conquérir une tête de pont pour permettre l’arrivée de la force.

3.2 La relève
« Ensemble des actions visant, dans le cadre d’un engagement terrestre d’une certaine durée, à remplacer
une force opérationnelle par une autre force ayant, en général, les mêmes capacités. »
Dans une zone ou sur une ligne donnée, la formation relevante se substitue à la formation relevée en
prenant l’action (combat ou sécurisation) à son compte.
La relève peut s’effectuer soit par RECUEIL, soit par DEPASSEMENT, soit sur POSITION. Elle comprend
toujours trois phases :
- les actions préliminaires ;
- la relève proprement dite ;
- le regroupement des forces relevées.
C’est une manœuvre difficile car :
- elle se fait souvent en présence de l’ennemi voire sous sa pression ;
- elle demande une superposition temporaire des dispositifs (gestion 2D, vulnérabilité …) ;
- elle nécessite une planification détaillée et précise en vue du transfert de responsabilité ;
- avec les alliés, il faut intégrer le problème :
o de la langue,
o des procédures en vigueur et des moyens de transmission en dotation,
o des structures d’unité, des limites, …
- des méthodes de travail des CO et des supports utilisés (cartes, messagerie …).
Principes de base :
- l’unité relevante conduit la relève sachant que l’échelon supérieur lui fixe le moment où elle prend la
responsabilité de sa zone et le contrôle opérationnel de l’unité relevée ;
- Le franchissement de la limite arrière de la GU marque la fin de la relève et du contrôle opérationnel de
l’unité relevante.
Les opérations de la relève diffèrent selon les dominantes de l’action de la brigade. Celle-ci met en œuvre,
préférentiellement :
- dans les actions de combat, la relève par recueil ou dépassement (type dominant) et la relève sur place
(type spécifique à certaines actions défensives) ;
166
- dans les actions de sécurisation, la relève sur position.
Les actions préliminaires et les actions de relève sont détaillées au paragraphe 4 du présent chapitre.

3.3 Le désengagement
Le désengagement constitue une opération planifiée dans laquelle une force se soustrait au contact de
l’ennemi et évacue totalement une zone géographique donnée.
Comme pour les mouvements opérationnels, cette opération est normalement de la responsabilité de
l’échelon supérieur à la brigade. Toutefois, dans le cadre des dispositions prises par le commandement
auquel elle est subordonnée, la brigade doit mener, au moins initialement, une manœuvre dont les effets
recherchés sont similaires à ceux de la manœuvre de l’échelon supérieur, à savoir :
- sécuriser une aire de départ :
o en contenant l’adversaire le plus loin possible de celle-ci,
o en interceptant les éventuelles pénétrations de l’ennemi dans celle-ci,
o en maintenant l’ordre à l’intérieur de celle-ci (population civile),
o en assurant la sûreté des itinéraires de sortie de celle-ci ;
- recueillir les formations à désengager et, le cas échéant, les personnes à évacuer ;
- leur faire faire mouvement vers la zone de stationnement et d’attente de l’échelon supérieur ;
- alléger progressivement le dispositif de sûreté puis rompre le contact.

3.4 Les opérations amphibies


Le mode d’acheminement impose une limitation de la force de réaction embarquée (FRE) à un volume
global d’environ 1.400 hommes, ce qui impose des choix. La structure de commandement sera celle d’une
brigade autonome.
Le commandant de la force projetée devra au travers de son état-major, couvrir l’ensemble des fonctions.
La zone d’action qui peut atteindre 5.000km² (100 km de profondeur sur 50 km de large) est d’une grandeur
inhabituelle en regard de la dimension de la force à terre.
La rupture de milieu impose la mise en œuvre de procédés particuliers pour l’engagement de cette force
ainsi que pour l’exécution de la logistique.

3.5 Les opérations aéroportées


Les objectifs des opérations aéroportées (OAP) sont :
- la préparation du déploiement d’une force plus importante ;
- la couverture, l’appui ou le soutien de la manœuvre générale : il s’agit alors d’une OAP intégrée. L’OAP
s’insère au sein d’une campagne et contribue à la réalisation d’une idée de manœuvre pour laquelle la
spécificité aéroportée apporte une réponse adaptée ;
- l’opération autonome de durée et d’ampleur limitées : l’OAP constitue la globalité de l’opération
envisagée. Elle privilégie la rapidité de réaction. Les missions peuvent être de type coup de main,
mission humanitaire, évacuation de ressortissant, etc.

4. Détail des actions préliminaires et des actions de relève


4.1 Actions préliminaires
Quel que soit le type de relève, les actions préliminaires consistent pour la brigade relevante :
 à juxtaposer le plus tôt possible (18 à 24 heures avant la relève) des éléments de commandement et
des détachements techniques de liaison (génie, artillerie, transmissions, circulation routière) aux
échelons correspondants de l’unité relevée ;
 à se renseigner sur :
- la situation amie et ennemie / adversaires / belligérants, ainsi que la situation des acteurs neutres
dans la zone d’action de la brigade et à la périphérie de celle-ci,
- les itinéraires disponibles,
- les appuis possibles (artillerie, génie, aviation, alat, guerre électronique, etc.) ;
 à s’informer des obstacles : plans existants, mises en œuvre déjà effectuées, possibilités d’utilisation
des moyens restants, renforcements éventuels ;
 à déterminer, en liaison avec la brigade relevée, les modalités de la relève, en particulier :
167
o les horaires du déroulement,
o le niveau d'exécution de la relève entre formations relevantes et relevées (en général, le
niveau du groupement tactique),
o les limites, éventuellement adaptées, de ces formations,
o l'attribution des itinéraires pour les différents mouvements avant et arrière,
o la coordination des appuis,
o la mise en œuvre ou le transfert des obstacles,
o la mise en place des éléments de guidage et de circulation (à la charge de la brigade
relevante),
o les zones de regroupement de l'unité relevée,
o l'échelonnement éventuel de la relève (en particulier des appuis) ;
- à élaborer et diffuser les ordres.

4.2 La relève sur position


Déf : « Opération par laquelle, à partir d’une zone ou ligne donnée, une unité remplace une autre unité et
prend le combat à son compte. Elle peut s’effectuer dans un cadre offensif ou défensif ».
C’est l’unité relevante qui conduit l’opération. Ce mode de relève impose à la brigade relevante :
 d'avoir pris les consignes de manière très complète pendant les actions préliminaires ;
 de remplacer la brigade relevée le plus rapidement et discrètement possible sur toutes ses positions ;
 de veiller à la permanence des feux pendant cette phase ;
 d'envisager un échelonnement des éléments relevés (notamment des appuis) ;
 de permettre le repli progressif de la brigade relevée quand la mission de cette dernière peut être
assurée par la brigade relevante.

4.3 La relève par dépassement


Déf : « Phase de la manœuvre offensive au cours de laquelle une unité franchit le dispositif d’une unité amie
qui la précède pour s’engager et prendre le combat à son compte à partir d’une ligne ou zone donnée.
L’unité dépassée appuie son action ».
Elle consiste pour la brigade relevante à :
 franchir la zone de la brigade relevée, en prenant un dispositif d'attaque en marche mais sans gêner la
brigade relevée qui continue de mener son combat ;
 prendre en compte le combat à partir de la ligne de débouché, confondue avec la ligne de relève ;
 déboucher en force, en utilisant au maximum les appuis, en particulier ceux de la brigade relevée.

4.4 La relève par recueil


Déf : « À partir d’une zone ou ligne donnée, soutenir une unité qui se replie, lui permettre le franchissement
du dispositif ami puis la couvrir pendant un certain délai ».
Les zones et ligne de recueil sont confondues avec les zones et ligne de relève. Il s'agit pour la brigade
relevante, après avoir pris contact avec la brigade relevée sur une ligne de renseignement direct (LRD),
située de 20 à 40 km en avant de la ligne de recueil (LR), de mettre en place un dispositif permettant :
 d'appliquer des tirs d'artillerie jusqu'à une ligne d'appui et de soutien (LAS) ;
 d'identifier et d'accueillir les éléments relevés à partir d'une ligne d'identification et d'accueil (LIA),
située de 3 à 5 km en avant de la ligne de recueil ;
 de guider les éléments relevés jusqu'à la limite arrière de la zone de recueil ;
 de prendre le combat en compte dès que les éléments relevés ont franchi la ligne de recueil, en menant
une action défensive mais en conservant, le cas échéant, des possibilités de réactions offensives de
plus ou moins grande ampleur.
Cela implique :
- la présence d’une autorité qualifiée sur chaque PIA ;
- d’avoir le maximum d’informations sur l’unité à recueillir ;
- d’avoir bien défini les modalités du recueil (mots d’ordre, signes d’identification, …) et d’avoir diffusé
tous ces éléments aux plus bas échelons ;
- d’organiser le guidage jusqu’à LR.

168
Le schéma (ci-après) donne une représentation graphique des différentes lignes, points et zones d’une
opération de recueil.
Dans les trois types de relève, la brigade relevée se regroupe de manière identique. Elle fait mouvement
depuis ses positions initiales jusqu'à une zone de rassemblement intermédiaire, située dans la zone arrière
divisionnaire, à 15 ou 20 km de la ligne des contacts pour des actions de combat et/ou de sûreté.
La brigade relevée fait ensuite mouvement vers une zone de regroupement et de reconstitution, située en
zone des opérations arrières ou au-delà. Ces mouvements sont contrôlés et coordonnés par l’échelon
supérieur.
Le franchissement de la limite arrière de la zone arrière divisionnaire marque la fin de l'opération de relève et
met un terme au contrôle opérationnel exercé par la brigade relevante.

Illustration 2 : représentation graphique des différentes lignes, points et zones d’une opération de recueil.

169
LE SYSTÈME DE COMMANDEMENT
DE LA BRIGADE
Ce chapitre se réfère au TTA 904 édition 2010 : manuel d’emploi de la brigade interarmes.

1. Les systèmes de PC de la BIA


La brigade doit pouvoir faire face à l’ensemble des situations opérationnelles principales (continuum
des opérations). Ainsi, la diversité des possibilités d’engagement de la brigade impose de laisser au
général le choix de son organisation, en fonction des circonstances ou situations particulières.

PC1 PC1

PC2 PC2
TAC
PCU
X

TAC
PCP PCP

TAC PCC PCC

1.1 Deux PC identiques (PC1 - PC2)


Ce système, également dénommé PC principal (PCP) et PC moyens réservés (PCMR), correspond à
66
une phase d’intervention en milieu non permissif . Il comprend deux PC ayant vocation à assurer à
tour de rôle le commandement de l’opération.
Il demeure préférentiel pour une phase offensive, menée dans un environnement de forte insécurité et
à un rythme élevé, face à une menace symétrique.

66
Plutôt hostile

170
1.2 PC unique
Ce PC correspond généralement à une phase de stabilisation/normalisation pendant laquelle le PC
est appelé à s’installer dans la durée, le plus souvent dans une infrastructure fixe, mais pouvant, si le
besoin l’exige, être déplacé en quelques jours et sans rupture de commandement en s’appuyant, le
cas échéant, sur le PC TAC.

1.3 PC principal (PCP) – PC de circonstance (PCC)


Cette solution, dérivée du système précédent, n’est encore qu’expérimentale dans le cadre de la
numérisation de l’espace de bataille.
Le commandement opérationnel de la brigade est dans ce cas assuré par un PC unique (PCU)
capable de générer un PC principal (PCP) et un PC de circonstance (PCC) temporaire capable de
conduire une entrée en premier, un déplacement ou une phase particulière de la manœuvre. L’objectif
du dédoublement temporaire du PCU est de conférer à la brigade une meilleure réactivité, de
permettre le commandement au contact et d’améliorer sa sauvegarde. Ce système est adapté à une
phase d’intervention dans un milieu non permissif. Il ne semble pas en revanche adapté à une
manœuvre conduite à un rythme élevé sur une très grande profondeur, car elle imposerait des
déplacements fréquents du PCP qui lui feraient perdre les avantages de la stabilité.

Ces trois configurations permettent le recours, selon le besoin, à un PC tactique (PC TAC) sous
blindage capable de commander une action particulière ou de permettre au général de prendre le
contact physique avec ses subordonnés (le PC TAC ne dispose pas des moyens et du personnel
nécessaires au commandement de la brigade dans toutes ses fonctions opérationnelles).

2. Le commandement de la brigade
2.1 Le PC générique de la BIA
Le PC générique de la BIA est articulé autour :

- du général ;
- du colonel adjoint ;
- du chef d'état-major ;
- du PC, devant pouvoir armer un PC tactique ;
- du PC moyens réservés le cas échéant ;
- des moyens SIC associés ;
- des moyens de soutien, de vie et de protection (SVP).

COMBRIG
État-major particulier

Système de PC
PC principal
CE PC réservé
M PC tactique

Systèmes d’information et
de communication

CENTRE OPÉRATIONS
Soutien – Vie -
Protection

171
2.2 Le centre opérations
- Le centre opérations est organisé selon le schéma suivant :

-
-
- A titre d’exemple, il peut être configuré de la manière suivante :
-
-
-
-
chef SITU
- CO SYN RENS OLFA DL
- CEM
- 
- MAN
FUT 4D courrier
-
COND ART 2D
-
- LOG
-
-
-
-
-
-
-

172
3. Le processus décisionnel de la brigade
L’optimisation du processus décisionnel de l’état-major de la brigade (situation, décision, ordres et
comptes-rendus) a pour but de garantir la supériorité opérationnelle sur l’adversaire.

Dans ce cadre, les délais nécessaires à l’élaboration, à la diffusion et à la préparation de l’exécution


des ordres ne doivent normalement pas excéder 8 heures. Ils sont ramenés à 2 heures pour un ordre
de conduite.

En liaison étroite avec l’échelon supérieur, la cellule manœuvre future est chargée de préparer la
conception de manœuvre, de rédiger l’ordre d’opération et d’élaborer le plan de manœuvre.

La cellule conduite est chargée de faire appliquer l’ordre d’opération. Elle s’appuie sur le plan de
manœuvre, qu’elle tient à jour sous l’autorité du chef de CO. Elle vérifie la corrélation entre la situation
réelle et la situation future recherchée. Elle propose les mesures à prendre pour la poursuite de
l’action. Elle prépare et rédige les ordres de conduite.

Les points de situation sont effectués soit en fin de phase tactique (ou « temps de manœuvre »), soit
lors d’une évolution notable et non planifiée de la situation qui risque de modifier la manœuvre. Le
chef d’état-major (ou le chef de CO) est chargé de réunir le personnel des cellules concernées pour la
circonstance.

173
4. L’appui au commandement de la BIA
Afin de réaliser le système de commandement adapté au contexte d’engagement, la brigade dépend
du niveau supérieur (STANAG 2101) pour les SIC, et de ses propres capacités en matière de soutien
de quartier général (SQG).
67
À travers la CCT , la BIA dispose de moyens « d’appui au commandement (SIC et SQG) »
organiques dédiés, permettant le déploiement et le fonctionnement de ses PC, le raccordement par
une division française et le raccordement nominal de ses subordonnés.
Elle peut disposer en outre de moyens supplémentaires détachés par l’échelon supérieur autorisant
les élongations importantes qui peuvent séparer ses PC de ceux de la division ou des subordonnés
sous OPCON.

Directement subordonnée à la brigade, sous les ordres du CEM, la CCT est placée pour emploi aux
ordres du COMSIC de la BIA. Elle se compose de :
- 1 section de commandement ;
- 1 section de soutien de quartier général (SQG) ;
- 2 sections RAC3 ;
- 1 section RAC4.

4.1 Les systèmes d’information et de communication (SIC)


Les deux sections RAC3 sont dédiées au fonctionnement des deux PC de la brigade, tandis que la
section RAC4 est destinée au raccordement des GTIA, des groupements d’appui et des
détachements de liaison.

 Architecture générale
L’architecture générale SIC d’une BIA sous OPCON d’une division où la France est nation cadre,
répond aux besoins en liaisons de la brigade :
- une zone de PC autour des PCP et MR, intégrant les mobiles et reliant les deux groupements
d’appui avec des nodes de maillage (RITA) ;
- le raccordement éventuel d’un PC tactique ;
- le raccordement par radio, puis par satellite, des 4 GTIA ;
- le raccordement des DL et des brigades voisines ;
- un réseau radio HF en secours.

67
Compagnie de Commandement et de Transmissions

174
 Les moyens SIC

 La section desserte et raccordement des PC (RAC 3 BIA)

Les sections RAC3 de BIA assurent le raccordement des PC de brigades, qu’ils soient français ou
alliés (métier spécifique). Le chef de section remplit les fonctions de chef de centre d'exploitation du
CO.
La section RAC 3 de BIA s'articule autour de :
68
- un groupe de raccordement (GRAC) composé d'une station de commutation haut débit (CMAI )
69
et d'une station CHF double G4. Le CMAI peut également accueillir une ou plusieurs liaisons
SATCOM (stations provenant de la BTAC) et assure la desserte du PC,
- un groupe radio HF et VHF.

Un groupe informatique et exploitation (groupe LAN) en charge du déploiement, de la mise en œuvre,


de l’administration et de la sécurité des moyens informatiques nécessaires au PC (SICF, intraterre,
Internet,...) et assurant une aide à l’usager.

68
Centre Multiservice d’Accès et d’Interface.
69
Chaîne Hertzienne du Futur fonctionnant dans la gamme 4 et permettant d’établir deux jonctions hertziennes.

175
Tph 120 Capacité connexion
III B TD 60 SAT, Tropo, ...
RAC3 CMAI 0/2/0 CHF
0/1/1 Allgt/Dess
d e B IA
x2 0/0/1

1
HF NGF15 x 2 HF NGF5 / 2 VHF-EVF 2 VHF EVF
13
12 0/1/1 et 0/0/2
26 1/0/1 0/1/1 0/1/1

TYPE 1 >9T >9T


GE GBC 180
180 GE
GBC 180 GBC GBC 180
Groupe 0/7/4 SSI /Interops Réseau
LAN MOA/SIO MEO/Aide

TYPE 2
GBC 180 cargo pour la cellule réseau au lieu de GBC 180 plateau

La section RAC 3

 La section de raccordement des PC (RAC 4)

70
Dans le but de conférer aux CCT, la capacité de raccordement des GTIA et GA au sein des
brigades, chaque CCT dispose d’une troisième section, baptisée « RAC4 ».

Tph 50 Tph 50
TD 15 TD 15
SAT ML CHF simple
x4 ASTRIDE type 2 Kit installation SAT x 2
ASTRIDE type 3 Kit installation CHF
1/0/1 ou
0/1/1
0/2/0
0/2/0

HF NGF16
1 ou 0 CGES
VHF - EVF
Tph 15
TD 5
20 21 0/2/0 = SAT V
DECT ou PMR
3 3 x2
ASTRIDE type 7
MEO/Rdo
24 24

0/3/1

La section RAC 4

Les groupes ASTRIDE sont détachés auprès des échelons subordonnés. La section RAC 4 d’une
CCT permet donc de raccorder 4 PC de GTIA et 2 PC de GA respectivement sur les 8 PC de GTIA et
les 4 PC de GA que la BIA doit connecter. La brigade doit donc être renforcée d'une section RAC4.

 Les réseaux de communication


Le réseau RITA 2G est un système de télécommunication tactique de zone (TACS : Tactical Area
Communication System) permettant d’assurer l’échange d’information entre des SI équipant les PC et
des postes terminaux (téléphones, stations de travail et fax).

70
GA : Groupe d'Appui

176
Déployé par le niveau supérieur, il permet de se raccorder à d'autres réseaux militaires et civils (radio
de combat et réseaux d’infrastructure).
71
Utilisé en secours, le système CARTHAGE est un réseau HF de nouvelle génération, qui permet la
transmission de données ou la phonie jusqu'au niveau CD pour les stations F5 et F6 en dotation à la
BIA.
Enfin, les réseaux radio VHF de la brigade numérisée sont les suivants :
- B1 : réseau phonie de type RDC (radio de combat) mis en œuvre par PR4G. Ce réseau est dédié
au commandement de la brigade. Il est utilisé principalement par la cellule "conduite" et remplace
le réseau R11 ;
- B2 : réseau TD (transmission de données). C'est le seul réseau TD qui reste opérationnel en
déplacement. Il permet de relayer de manière automatique (jusqu'à 4 bonds) chaque entité SIR
pouvant servir de relais. Il remplace le R17 ;
- B3 : il est identique au B2 ;
- B4 : réseau mixte voix données. En déplacement, il bascule en mode phonie pure (type B1 -RDC).
Il remplace les réseaux phonie RENS (ex R12) et LOG (ex R14) qui disposent désormais des
réseaux de TD SIR pour alléger le trafic en phonie. Ce réseau a l'inconvénient de ne pas pouvoir
être relayé, sauf s'il passe en mode phonie pure (RDC).

 Les systèmes d’information


Le SICF est le système d’information de commandement de la brigade. Les autres SI des
subordonnés, raccordés par PR4G, sont :
- le système d’information régimentaire (SIR) ;
72 73
- les systèmes de l’artillerie ATLAS et MARTHA , respectivement dédiés à la conduite des feux
sol-sol et à la gestion de l’espace aérien.

Le document de référence est le SIC 904, édition 2005.

4.2 Le soutien de quartier général (SQG)


La fonction SQG recouvre :
- le commandement du soutien de quartier général ;
- le soutien spécialisé de quartier général (SSQG) directement relatif au travail de l’état-major ;
- le soutien vie (SV) au profit des personnels de l’état-major ;
- le soutien logistique de quartier général (SLQG) ;
- la protection.

La section SQG est une cellule organique de la CCT. Elle est le niveau d’exécution des capacités de
quartier général de la brigade.
Dans le cas d’une BIA procédant à une manœuvre dynamique, le SQG se scinde en deux groupes
autonomes afin d’assurer le soutien du site PCP et du site MR. La protection est alors assurée par des
moyens attribués en renforcement. Le SQG 956, édition 2008, détaille cette fonction.

71
CARTHAGE : communications automatisées radioélectriques tactiques HF en ambiance guerre électronique.
72
ATLAS : automatisation des tirs et liaisons de l’artillerie sol-sol.
73
MARTHA : maillage des radars tactiques pour la lutte contre les hélicoptères et aéronefs à voilure fixe.

177
LA BASCULE DES PC
1. Généralités
La bascule de PC consiste à permettre aux moyens réservés de prendre le commandement en tant
que PC principal. Pour cela, le PC moyens réservés doit disposer (ou être en mesure de reconstituer)
des informations en provenance du PC principal.

Sur le plan opérationnel, une bascule répond au besoin de permanence du commandement.

Cette opération, consistant à effectuer un transfert de responsabilité de commandement d’un PC à


l’autre, s’impose essentiellement pour les actions de combat de haute intensité, lorsque l’amplitude
des mouvements l’exige ou quand les risques de détection sont importants.

Il existe deux types de bascule :


- « programmée » : bascule ordonnée par un acte de commandement ; dans ce cas, la bascule est
prévisible et peut être préparée. Ce cas répond au besoin de déplacement d’un PC principal ;
- « inopinée » : bascule liée à une indisponibilité imprévisible du PC actif, nécessitant la reprise du
commandement « à la volée » par le PC moyens réservés. Ce cas répond au besoin de
permanence du commandement en cas de dysfonctionnement, de destruction du PC principal, ou
d’échec lors d’une bascule programmée (réversibilité).

Les deux PC doivent rester opérationnels (moyens et personnels) au moment de la bascule car le
transfert ne peut se faire que progressivement.

Quel que soit le niveau du PC, la technique du « HARPON » peut être utilisée. Elle consiste à envoyer
un élément précurseur, en mesure de traiter la ou les fonctions déterminées au préalable, et disposant
des moyens techniques nécessaires à assurer les liaisons. Les autres personnels et leurs matériels
rejoignent au fur et à mesure.

En phase d’intervention, un PC de brigade doit conserver une stabilité minimale comprise entre 10 h
et 15h, sous peine d’entrainer une usure très rapide du personnel.
Enfin, avec les PC en shelter, il faut environ 1 heure pour monter et démonter un CO de brigade.

2. Organisation
Le chef d’état-major, responsable de l’opération, organise la bascule du PC actif vers le PC réservé.
Cette organisation comporte trois phases qui sont la conception, la décision puis la conduite de la
bascule. Dans la mesure du possible et après accord de l’échelon supérieur, il est souhaitable
d’installer le PC MR sur son emplacement futur. Ce dernier, réalisant son installation en silence radio,
suit les événements et la messagerie en cours pouvant ainsi prendre rapidement le commandement.

POINT IMPORTANT : une bascule ne se décide pas sans l’accord de l’échelon supérieur et ne
s’effectue jamais à un moment clé (déclenchement d’une attaque, processus d’une MEDO, ...).
Au combat, le PC de la brigade peut être amené à se déplacer au maximum deux fois par vingt-quatre
heures en fonction du rythme de la manœuvre. La continuité du commandement est assurée par un
PC moyens réservés, qui met à jour sa situation avant d'être activé. Le PC principal n'est désactivé
que sur ordre, afin de permettre la réversibilité du processus.

178
Si cette organisation ne peut se faire, il faut alors suivre le processus suivant :

H étant l’heure de la bascule

1. Préparation de la bascule : CEM/ chef CO actif / COMSIC/ chef SQG et adjoint


CDS RAC 3 ;
H-9àH-7 2. Ordres pour conduire la reconnaissance du futur site d’implantation : chef
SQG et adjoint CDS RAC 3 ;
3. (Emplacement PC et zone vie).
1. Après reconnaissance, prise de décision par le CEM de l’heure de la bascule ;
H-6
2. C.R. à l’échelon supérieur et mouvement d’une partie de la SQG sur ordre.
Installation du nouveau C.O. par chef SQG et CDS RAC 4. CR annonçant que la
H-4
bascule peut débuter. (délais d’installation estimés à 4H hors mouvement).
H - 3 et H- 2 Le CEM fait demander l’autorisation de bascule à l’échelon supérieur.
H-2 à H - 3 mn Bascule SICF
Bascule SIC ;
Le PC MR devient actif ;
Le chef du CO actif fait procéder à la vérification du bon fonctionnement des
H à H + 10 mn moyens de télécommunication et d’information,
Les VAB PC TAC se déplacent vers le nouveau PC actif ;
Le nouveau PC MA reste en fonctionnement environ 30 minutes avant de
démonter.
H + 30 mn CR de bascule à l’échelon supérieur.

3. Procédure de bascule avec le SICF


Le fonctionnement du SICF ne doit subir qu’une interruption minimale d'environ 10 minutes et les
bascules (changement des paramètres du CO) doivent se faire avant la bascule de commandement.

Le fonctionnement en SICF multisites permet de ne pas interrompre les services, puisque tous les
abonnés (PC AVANT et RESERVE) appartiennent au même réseau informatique local.

4. Relève par bordée


La capacité de durer des PC implique de travailler par bordées sachant que deux bordées peuvent
suffire pour alterner les périodes de travail et de repos.

Le transfert de responsabilité se fait le plus possible par contact physique. Chaque personnel montant
prend ses consignes auprès de son homologue descendant avant ou après le point de situation mené
au CO pour la bascule.

Le rythme des relèves s’organise sur 24 heures et le point le plus important est d’assurer à la fois la
permanence du commandement pour tous ainsi que la cohérence ou la continuité de la manœuvre.
Le transfert correct de l’information est le point capital de la relève, tout comme la capacité de repos
des personnes relevées.

179
FONCTION COORDINATION
Les fiches de tâches ci-dessous sont tirées du mémento d'organisation et de fonctionnement du PC
de niveau 3 édition 2001, actuellement en cours de refonte.

1. Chef d'état-major
1.1 Mission

 Rôle général
Le chef d'état-major est le garant de la continuité du travail de l'état-major, en particulier lors des
bascules.
Chef du système de PC, le CEM veille particulièrement :
- à l'application du processus décisionnel (conception, préparation des prises de décision par le
général, ordres) ;
- à l'organisation et au fonctionnement du PC actif et à la manœuvre des PC ;
- à la sûreté du système de PC.

1.2 Inventaire des tâches

 Application du processus décisionnel


À partir des ordres de l’échelon supérieur et des directives du général commandant la brigade, le
CEM :
- dirige l’application par le CO du processus décisionnel ;
- oriente la cellule anticipation ;
- garantit en permanence la cohérence de ces travaux et leur bonne intégration dans la manœuvre
de l’échelon supérieur, des voisins, dans le respect des directives du général ;
- vérifie l’arrivée des ordres des GTIA ou groupements ;
- vérifie la cohérence des ordres émis par les subordonnés avec ceux donnés par la brigade ;
- provoque, prépare et pilote les appréciations de situation au profit du général.

 Fonctionnement et manœuvre du PC
- après proposition du COMSIC, le CEM fixe les emplacements du PC actif et donne les ordres pour
que les reconnaissances soient effectuées en temps opportun ;
- il prévoit et propose au général les bascules de PC ;
- en cas de fonctionnement d’un PC unique par bordées, le CEM veille à la continuité du
commandement.

 Sûreté
Responsable de la sûreté du système de PC, le CEM :
- veille à ce que la sûreté éloignée du système de commandement soit bien intégrée dans le
dispositif général de la brigade et éventuellement de l’échelon supérieur (défense sol-air) ;
- fait élaborer par les chefs de site un plan de défense destiné à assurer la sûreté immédiate des
différents PC, comprenant les emplacements de combat du personnel, CO inclus ;
- fait contrôler la discrétion du site.

180
1.3 Correspondants
HAUT CEM DIV
BAS Chefs de corps
LATÉRAUX CEM autres brigades

2. Chef de CO
2.1 Mission

 Rôle général
Subordonné au CEM, il assure :
- la coordination des travaux des cellules en charge de la conduite de l’action (cohérence, continuité
de la manœuvre en cours, répartition des rôles) ;
- la circulation de l’information (CR, point SIT, orientations) :
o au sein du CO (mise à jour des tableaux de bord + cartes + tableaux SICF),
o vers les subordonnés,
o vers l’échelon supérieur + les voisins ;
- le fonctionnement général et la sûreté du CO, en liaison avec le chef de SITE, l’officier SIC et le
secrétariat du CO (vie, bordées, bascules, PC TAC, reco site, …).

2.2 Inventaire des tâches


- Coordination des travaux ;
- Travaux de conception :
o détermine les mesures préliminaires, les ordres particuliers et les demandes dès
réception OPORD, FRAGO, WingO de la division,
o transmet les ordres division reçus à MANFUT, en charge des travaux de conception
(puis rédaction OPORD) ;

- Conduite de l’action :
o suivi de la situation,
o mise à jour des tableaux de bord (capacité opérationnelle, tableau des évènements,
matrices de synchronisation...), de la carte synthèse en liaison avec les cellules et
vérification de sa cohérence avec la situation synthèse SICF,
o suivi des demandes avec heure limite de réponse par situ/synthèse,
o respect du contrat : mission – espace – temps,
o préparation et pilotage des points de situation toutes les heures impaires (si
nécessaire) ;

- Décisions de conduite :
o décision avec ordre immédiat via la cellule conduite lorsque l’urgence l’impose,
o compte rendu au CEM si événement important, avec proposition éventuelle
d’appréciation de situation (en fonction des délais disponibles),
o consignes et suivi de la rédaction des ordres de conduite nécessaires,
o gestion des DL,
o orientation des cellules sur les modifications prévisibles de l’exécution,
o rédaction des ordres [FRAGO (action en cours), WingO (à venir)],
o par l’officier FRAGO avec éléments des cellules (à définir),
o répartition des responsabilités de chacun pour la rédaction (à définir),
o préparation des ASSESSREP ;

181
- Circulation de l'information : information, orientations régulières de toutes les cellules (CO,
APPUIS, DL, …) par :
o annonce verbale (sonorisation). En particulier le chef de CO annonce via la sono tout
événement important : arrivée/départ OPORD DIV/BRIG, FRAGO, franchissement
d’une ligne caractéristique, prise de contact, rupture du contact, etc ;
o réunions de recalage ;
o points de situation. Un point de situation bref (10' à 15') pour l’ensemble du CO toutes
les deux heures, suivi d’une synthèse courte vers les régiments et d’une synthèse très
courte vers la division.
 Cette synthèse doit répondre aux questions qui ?, où ?, quoi ?, quand ?,
comment ? Préciser, éventuellement, le besoin en renforcements. Conclure
par : conforme/non conforme aux prévisions ; en mesure/pas en mesure de
remplir la mission. Selon l’importance, la synthèse vers le haut est faite par le
CEM ; dans le cas général, elle est assurée par la cellule situation synthèse
(elle répond aux questions : je suis, je fais, je demande, EMD).
o visites régulières aux cellules ;
o suivi de la circulation du courrier et de la cohérence dans sa diffusion : lecture,
diffusion des messages arrivée et départ (papier + électronique) (à définir).

- Vers les subordonnés, il est responsable :


o de faire diffuser toutes les heures paires les appréciations de situation de la brigade,
o de faire diffuser toute information utile,
o de définir les actions à préparer (GTIA + renforcements) ;

- Vers l'échelon supérieur + voisins :


o suivi des comptes rendus à temps (messagerie à temps),
o suivi des ordres reçus,
o suivi des informations des voisins ;

- Fonctionnement général du CO :
o fonctionnement général (en liaison avec chef de SITE + COMSIC) :
o installation suite aux reconnaissances par OFF SIC, chef de SITE, secrétariat,
o fonctionnement interne, silence et discipline ;
- préparation et exécution :
o des bascules, dont l’envoi des messages SITREP associés et l’échange
d’informations entre le PC actif et les moyens en attente,
o des déplacements (éléments uniques, CO),
o de la projection du PC TAC (nature, volume),
o du fonctionnement de la zone vie ;

- Fonctionnement de la sûreté (en liaison avec chef de SITE + COMSIC) :


o application des règles de conservation du secret,
o circulation, archivage documents classifiés ;
- utilisation des moyens de communication :
o radio électriques,
o téléphoniques ;
- application des règles de sûreté dans le site :
o organisation sûreté extérieure,
o organisation sûreté intérieure,
o consignes générales.

2.3 Correspondants

182
HAUT CCO PC DIV
BAS PC GTIA et groupements
LATÉRAUX CCO brigades voisines

3. Cellule CTM (centre traitement des messages)


« Bureau courrier » ou « secrétariat », cette cellule tend à s’appeler IMC (Information Management
Cell).

3.1 Mission

 Rôle général
Le secrétariat assure le cheminement de toutes les informations montantes ou descendantes.

3.2 Inventaire des tâches


Jouant un rôle essentiel dans la circulation de l'information et des documents, il est particulièrement
chargé de :
- détenir les fournitures matérielles nécessaires à l'ensemble du CO et aux éléments uniques,
- rassembler avant le départ, les cartes et les moyens matériels qui n'auraient pas pu être emportés
par les différentes cellules du PC,
- prévoir des fournitures de bureau en complément pour les cellules, en fonction des besoins
exprimés : alcool, chiffons, transparents et calques (A4, A3, A0)…,
- détenir la documentation réduite destinée au PC TAC,
- reproduire ordres et documents,
- assurer l'enregistrement et la duplication des documents « arrivée » et « départ »,
- archiver de façon centralisée l'ensemble des documents émis ou reçus,
- assurer la protection de la documentation et du courrier,
- donner des consignes aux estafettes et veiller à leur repos entre deux missions, en liaison avec le
chef de la section de quartier général,
- assister le chef de CO pour le rassemblement des documents à transférer lors de la bascule,
- après la bascule, faire démonter la cellule secrétariat et remettre son véhicule en condition pour le
déplacement.

3.3 Documents à réaliser


Recopie des calques de manœuvre.

183
FONCTION MANOEUVRE
1. Cellule manœuvre future
1.1 Mission

 Rôle général
La cellule MANŒUVRE FUTURE a la responsabilité de la préparation de la ou des séquences
ultérieures : plan simplifié et/ou ordre d'opération, ordres de conduite (sauf ceux très simples rédigés
par la cellule conduite) et plans de circonstance.

À partir du plan de manœuvre et des plans particuliers, ou à partir de l'ordre d'opération du niveau
supérieur, en liaison avec les échelons subordonnés, la cellule entame la MEDO (partielle ou totale)
correspondant à la ou aux séquences qui l'intéresse, pour élaborer un ou des modes d'action, si ce
qui avait été prévu par le plan est à modifier.

Les cellules spécialisées, dont la cellule « renseignement », sont associées aux travaux et consultées
pour obtenir une validation définitive.

Les propositions sont ensuite soumises au général. Une fois la décision prise, la rédaction du
document est réalisée :
- ébauche de plan simplifié ou plan simplifié. Elle y rédige essentiellement les parties « idée de
manœuvre », « articulation et rôles des subordonnés » et « demandes » ;
- plan de circonstance ;
- ordre de conduite (FRAGO) relatif à une nouvelle séquence, ainsi que l'éventuel ordre
préparatoire (WingO). Elle rédige les parties « renforcements et prélèvements », « appréciation de
situation », « mission », « idée de manœuvre », « missions des subordonnés », « lignes de
coordination et limites » et « liaisons » ;
- participe à l'élaboration des ASSESSREP.

La cellule manœuvre future a des relations avec la totalité des autres cellules du CO. Elle a la
possibilité de donner des mandats d'étude précis aux cellules RENS, 2D, appuis 3D, 4D et LOG.

1.2 Inventaire des tâches

 Le chef de la cellule
- Dirige et anime sa cellule ;
- conduit la MEDO ;
- établit les mandats puis intègre les études destinées aux cellules spécialisées en vue de la
préparation des travaux ;
- élabore l'éventail des modes d'action envisageables ;
- élabore le plan de manœuvre ;
- participe à l'appréciation de situation précédant la sortie d'un FRAGO relatif au temps ultérieur. Il
présente la partie « modes d'actions possibles » ;
- assiste à la totalité des points de situation et appréciations de situation ;
- rédige pour une ébauche de plan simplifié ou un plan simplifié : « idée de manœuvre », « rôle des
GTIA ou groupements subordonnés » ;
- rédige la partie « manœuvre future » (C, D, E) des ASSESSREP.

184
 L'officier exploitation - synthèse
- Assure la liaison avec les autres cellules ;
- suit la situation d'ensemble et élabore l'évolution prévisible à l'horizon de la séquence ultérieure ;
- consulte les situations de synthèse élaborées par les autres cellules ;
- participe à la conduite de la MEDO et à l'élaboration des MA ;
- participe, à la demande, à la rédaction des mandats destinés aux cellules spécialisées.

 Le sous-officier secrétaire
- Assure la liaison avec la cellule secrétariat - courrier du CO ;
- tient à jour le tableau d'événements de la cellule, en particulier les mandats donnés aux autres
cellules ;
- archive sur une trace papier tous les documents sortant de la cellule, y compris les fragments
d'ordres incombant à la cellule ;
- prépare, met en œuvre et assure le suivi des moyens matériels nécessaires au bon
fonctionnement de la cellule.

1.3 Correspondants
Ses correspondants à la division sont les cellules planification et manœuvre future.

2. Cellule situation – synthèse


2.1 Mission

 Rôle général
- Informer synthétiquement le général ou les visiteurs éventuels, offrir le cadre approprié aux
réunions d'information ou de prise de décision et assurer la permanence de la liaison avec
l'échelon supérieur, les voisins ou les commandements territoriaux ;
- elle tient à jour les cartes synthèse de référence du CO, 1/100 000 pour la zone d'action et
d'intérêt de la brigade. Pour ce faire, chaque cellule participe à sa mise à jour sous la
responsabilité du chef de cellule situ-synthèse ;
- elle veille à la mise à jour par les différentes cellules des tableaux d'information nécessaires aux
chefs ou aux éventuels visiteurs (tableau de suivi de la capacité opérationnelle des unités
subordonnées, présentation de la planification opérationnelle, tableau chronologique des
évènements, …) ;
- elle a la responsabilité de la salle de réunion ;
- elle tient à jour le journal de marche et suit le plan de manœuvre de la division ;
- elle reçoit et enregistre les informations et les ordres transmis par l'échelon supérieur, les voisins
et les commandements territoriaux. Elle rend compte au chef de CO de l'urgence de certains
messages ;
- elle tient à jour la suite donnée aux demandes formulées à l'échelon supérieur.

2.2 Inventaire des tâches

 Le chef de la cellule synthèse


- Dirige et anime sa cellule ;
- suit la situation tactique et renseigne, à la demande, les chefs, les visiteurs et les autres cellules ;
- alerte le chef de CO sur les éventuelles incompatibilités d'actions ou sur la nécessité de traiter
certains problèmes ;
- participe si besoin aux réunions de la cellule manœuvre future ;
- fait préparer, sous les ordres du chef de CO, la salle de réunion pour les points ou appréciations
de situation, auxquels il participe ;

185
- assure la liaison avec l'échelon supérieur, les voisins ou les commandements territoriaux. Traitant
en première lecture la messagerie arrivée de ces origines, il la transmet ensuite au chef de CO en
attirant éventuellement son attention sur l'urgence de certains messages. De même, il assure la
permanence de la liaison PTA « haut » et « voisins », enregistre l'ordre ou l'information et rend
compte directement au chef de CO ;
- vérifie la mise à jour des cartes synthèse de référence du CO (salle de réunion) données par les
cellules RENS et conduite ;
- veille à la mise à jour par les cellules concernées des tableaux d'information de la salle de
réunion ;
- visualise les messages arrivant de l'échelon supérieur et des voisins et les fait diffuser selon les
directives du chef de CO ;
- est responsable de la tenue du journal de marche et des opérations.

 Le sous-officier secrétaire
- Diffuse les messages arrivant de l'échelon supérieur et des voisins selon les directives du chef de
cellule synthèse ;
- réalise les calques : cadre général de l'action (limites, terrain, amis) dès réception de l'OPORD
supérieur ;
- met à jour la situation initiale SIC ;
- tient à jour le calque synthèse ;
- fait la liaison avec la cellule secrétariat du CO ;
- enregistre sur deux cahiers différents les messages « arrivée », selon leur origine, (CO ou échelon
supérieur, voisins et territoriaux) ; les premiers sont mis à la lecture du chef de cellule puis le
secrétariat assure leur diffusion après leur avoir donné un numéro d'ordre. Une archive est
conservée en chrono pour chaque message ; les seconds sont traités en première lecture par
l'officier synthèse qui les transmet ensuite au chef de CO en attirant éventuellement son attention
sur l'urgence de certains messages ;
- saisit sur la console SIC les messages départ et archive sur une trace papier tous les documents
sortant de la cellule ;
- assure le compendium de tous les messages ou parties de message à envoyer ;
- prépare, met en œuvre et assure le suivi des moyens matériels nécessaires au bon
fonctionnement de la cellule et des salles de réunion.

2.3 Correspondants
Les correspondants privilégiés de la cellule situation-synthèse sont :
- la cellule RENS et la cellule conduite pour la mise à jour des cartes synthèse (au minimum toutes
les deux heures) ;
- les cellules manœuvre future et conduite pour la mise à jour de ses tableaux d'information.
La cellule situation-synthèse a pour correspondant la cellule conduite du PC division.

3. Cellule conduite
3.1 Mission

 Rôle général
Responsable de la conduite de la manœuvre de la séquence en cours, incluant le suivi tactique des
unités subordonnées, elle :
- participe, en liaison avec la cellule synthèse, à l'appréciation de situation où elle présente la
situation amie ;
- élabore les messages OWNSITREP ;
- participe à l'armement du PC tactique ;
- transmet un point de situation toutes les 3 heures avec : "amis, voisins, intentions sur les missions
à venir" ;

186
- reçoit et exploite les SITREP des unités subordonnées et veille à transmettre les réponses à leurs
demandes ou répercute leurs demandes vers le CO et les cellules concernées et informe les
subordonnés des suites données à leurs demandes.

3.2 Inventaire des tâches

 Le chef de la cellule conduite


- Dirige et anime sa cellule ;
- fait assurer le suivi, par ses subordonnés, de la manœuvre et le contrôle des ordres donnés ;
- provoque la tenue d'une appréciation de situation si la situation tactique exige une prise de
décision du général concernant la séquence présente ;
- participe aux réunions d’orientation sur le temps suivant où est vérifiée la cohérence des travaux
de la cellule manœuvre future et où sont validés les modes d'actions envisageables.

 L'officier conduite
En liaison avec les corps, assure le suivi du déroulement de la manœuvre et vérifie sa conformité
avec les ordres donnés et à cet effet :
- veille à la ponctualité des SITREP, au besoin les provoque. Il exploite les SITREP, en particulier le
paragraphe « demandes » ;
- suit et met à jour les cartes de référence de la cellule (1/100 000 et 1/50 000) à partir des
messages des unités subordonnées (niveau d'agrégation des unités de mêlée : compagnie ou
escadron, et les sections spécialisées) ;
- vérifie la mise à jour de la base de données SICF par la cellule synthèse (à partir des informations
reçues des unités subordonnées (calque situ amie) ;
- donne en temps réel (ou toutes les X heures) les informations de modification de la situation des
subordonnés à la cellule synthèse et met à jour les tableaux de capacité opérationnelle et des
évènements majeurs ;
- prépare, en liaison avec les cellules RENS et appuis-3D, les messages OWNSITREP et les
transmet à temps par SICF ;
- tient à jour un tableau de suivi des évènements majeurs avec la suite donnée :

EFDT Origine info Nature événement Suite donnée

- prépare la cellule à la bascule de CO en rassemblant en temps voulu les documents nécessaires


au dédoublement de la cellule, y compris le 2ème jeu de cartes.

 Le secrétariat
- Assure la liaison avec la cellule secrétariat du CO ;
- enregistre sur un cahier les messages "arrivée". Après lecture et visa du chef de cellule, il leur
donne un numéro d'ordre et assure leur diffusion. Une archive est conservée en chrono pour
chaque message ;
- archive sur une trace papier tous les documents sortant de la cellule, y compris les fragments
d'ordres incombant à la cellule avant concaténation par le chef de CO ;
- récupère et archive tous les ordres émis par le CO (OPORD, FRAGO et WngO) ;
- prépare, met en œuvre et assure le suivi des moyens matériels nécessaires au bon
fonctionnement de la cellule ;
- tient à disposition un jeu de cartes équipées au 1/50 000 et un au 1/100 000 pour le PC tactique.

187
3.3 Correspondants
Chacune des cellules du CO tient la cellule conduite informée de toute évolution de situation, dans
son domaine, susceptible de perturber la manœuvre en cours ou au contraire de concourir à son
succès.

La cellule conduite informe la cellule synthèse des modifications de la situation amie, en particulier
pour la mise à jour de la situation des unités amies sur la console SIC de synthèse ainsi que pour la
mise à jour de la carte synthèse en papier.

Pour le rédacteur, c'est SYNTHÈSE et non CONDUITE qui correspond avec l'échelon supérieur.

188
FONCTION RENSEIGNEMENT
1. Bureau renseignement – cellule commandement
1.1 Documents à détenir
- Directive nationale du renseignement (DNR).
- OPORD et PRR N+1 ;
- OPORD / FRAGO / PRR / PREO / tableau chronologique du niveau ;
- OPORD / FRAGO / niveau N-1.

1.2 Mission du chef du B2

 Rôle général
Le chef B2 est le conseiller renseignement du commandant de la brigade. Il est responsable de l’appui
renseignement aux opérations (renseignement d’intérêt militaire), il définit l’ennemi ou la menace.
Pour cela, il anime la fonction renseignement et oriente la recherche des capteurs spécialisés et non
spécialisés placés aux ordres du commandant de la brigade. Il est responsable de la fusion et de la
diffusion du renseignement collecté dans la zone de responsabilité de la brigade.

 Avant projection
- Recueillir (auprès des CFT/CERT et CPCO/J2) et diffuser les connaissances utiles, concernant le
milieu d’engagement (données de la géographie physique et humaine de la zone d’opération) et
les forces en présence (militaires, politiques, …) selon le principe de l’étude de la menace dans
son environnement (RIM) ;
- suivre et mettre à jour la documentation réglementaire concernant la fonction renseignement ;
- organiser le B2 en fonction des besoins du théâtre (G2X, planification, cellule de ciblage, DL…)
- participer à la planification opérationnelle (PREO, PRR) ;
- impliquer au plus tôt les capteurs dans la préparation et la planification des missions.

 Pendant l’engagement
- Organiser le fonctionnement du B2 ;
- suivre et évaluer la menace ;
- fournir des appréciations de situation au COM.BRIGADE en tant que de besoin.

1.3 Inventaire des tâches du chef du B2


- Applique les directives de la chaîne renseignement nationale contenues dans la DNR ;
- dirige, coordonne et oriente le travail des sections du bureau RENS ;
- dirige la PREO ;
- définit les ZIO et les zones d’effort de renseignement et participe au ciblage, propose des objectifs
d’opportunité ;
- conçoit la manœuvre du renseignement ;
- approuve le PRR et le fait valider par le COMBRIG ;
- participe à la planification générale de l’opération, notamment définit les ME ;
- participe à l’élaboration et à la rédaction des ordres (paragraphe 1-A de l’OPORD et annexe D
renseignement) ;
- suit la situation ENI et AMI (surtout capteurs) dans la zone d’intérêt de la brigade ;
- présente les synthèses de renseignement lors de points de situation périodiques ;

189
- détache, à la demande, un officier au profit de MANFUT ;
- veille à la sécurité des informations ;
- organise l’archivage des données renseignement ;
- participe aux réunions périodiques renseignement du niveau supérieur et obtient un appui
renseignement si nécessaire ;
- constitue un comité renseignement et y implique les acteurs renseignement de la brigade ;
- organise les modalités d’échange du renseignement (notamment d’alerte) avec les unités voisines
et les alliés.

1.4 Documents à réaliser


- Besoins en renseignement ;
- appréciation de la menace ou de la situation sécuritaire (périodicité selon le tempo des
opérations) ;
- synthèse renseignement hebdomadaire.

1.5 Correspondants
HAUT CEM, Cellule G2 de la division.
BAS CDU BRB, chef DAR, cellule RENS des régiments.
LATÉRAUX B3, B6, B4 et éventuel : B5, COMOPS, ACM, PSYOPS, voisins,
DL alliés etc…

2. Bureau renseignement – cellule recherche


2.1 Documents à détenir
- OPORD / PRR / PEMA niveau N+1 ;
- OPORD / FRAGO / PRR / PREO / tableau chronologique du niveau N ;
- Organigramme des forces ennemies.
- OPORD / FRAGO / niveau N-1.

2.2 Mission

 Rôle général
- Orienter et conduire la recherche du renseignement (chef recherche) ;
- coordonner la recherche de l’ensemble des capteurs de la brigade (spécialisés ou non) ;
- planifier et réaliser les demandes d’appui renseignement auprès de l’échelon supérieur.

2.3 Inventaire des tâches


- Exploite la PREO ;
- élabore le PRR (Plan Renseignement Recherche) ou Collection Plan ;
- établit le PEMA (Plan d’Emploi des Moyens d’Acquisition) ; en assure la mise à jour ;
- établit les RAPFOR par phase ;
- coordonne le déploiement des capteurs de la brigade ou donnés en renfort avec B35 et les
cellules 2D, 3D ;
- rédige les demandes de renseignement aux autorités supérieures et les ordres de recherche aux
unités subordonnées ;
- est le point d’entrée des réponses aux demandes de renseignement et aux ordres de recherche,
en assure la diffusion interne au B2 ;
- lorsqu’un CMO RENS ou un DAR est mis sur pied, est son correspondant au sein du B2, d’une
manière générale, pour les questions d’emploi des moyens spécialisés.
- donne les ordres de recherche correspondant aux besoins en renseignements identifiés ;

190
- rédige l’annexe RENS de l’OPORD ;
- s’informe de la situation ENI dans la zone de responsabilité de la brigade ;
- participe aux PC TAC ;
- anime le comité des capteurs de la brigade en vue de la révision du PRR ;
- exprime au niveau supérieur les besoins en appuis renseignement de la brigade.

2.4 Documents à réaliser


- PRR ;
- PEMA ;
- demandes de renseignement ;
- ordres de recherche ;
- annexe renseignement, partie mission générale aux unités subordonnées.

2.5 Correspondants
HAUT G2 recherche
BAS BRB, DL DAR.
LATÉRAUX Cellules 3D, 2D.

3. Bureau renseignement – cellule conduite


3.1 Documents à détenir
- Tableau de suivi des pertes ;
- organigrammes détaillés ;
- tableau d’identification des matériels ;
- document d’exploitation à l’attention des usagers (DEAU) ;
- gabarits matériels artillerie et gabarits de doctrine ;
- OPORD brigade ;
- OPORD régiments ;
- PEMA.

3.2 Mission
- Suivre la situation ENI sur le réseau renseignement (R12) ;
- suivre la situation des capteurs ;
- recueille et diffuse le renseignement d’alerte.

3.3 Inventaire des tâches


- Participe à l’élaboration de la PREO ;
- conduit le R12 ;
- connaît les forces ennemies, personnels et matériels, doctrine ;
- assure le suivi des pertes ;
- reporte sur la carte en permanence le dispositif ennemi ;
- effectue les comptes rendus vers le haut ;
- fait des points de situation périodiques vers le haut et vers les subordonnés ;
- rédige les INTREP ;
- transmet les informations d’intérêt immédiat.

3.4 Documents à réaliser


- Tableau du suivi des pertes ;

191
- organigrammes ENI ;
- calques de l’activité ENI;
- messages INTREP.

3.5 Correspondants
HAUT G2 conduite.
BAS Officier RENS des régiments.
LATÉRAUX B3 conduite.

4. Bureau renseignement – cellule exploitation


4.1 Documents à détenir
- Calendrier de la messagerie à temps.
- OPORD / PRR / PEMA niveau N+1 ;
- OPORD / FRAGO / PRR / PREO / tableau chronologique du niveau N ;
- Organigramme des forces ennemies ;
- OPORD / FRAGO / niveau N-1.

4.2 Mission
- Exploite le SAER ;
- rédige les messages selon la procédure APP9 pour le chef de bureau ;
- assure la diffusion des messages et des comptes rendus ;
- contrôle que la messagerie électronique, en entrée et sortie du B2, suit le circuit de diffusion défini
par la procédure interne du CO complétée par les ordres du chef du B2 ;
- met à jour la carte synthèse ;
- rédige les INTSUM ;
- rédige les § Primo A des OPORD / FRAGO et situation ennemie de l’Annexe Renseignement ;
- contribue aux ASSESSREP ;
- élabore tout document ou étude concernant la menace et son environnement selon le besoin ;
- répond aux besoins en renseignement notamment de documentation ;
- contribue aux travaux de planification et à l’évaluation du PRR.

4.3 Correspondants
HAUT G2 situation.
BAS Officier RENS des régiments.
LATÉRAUX B3 conduite, B35 et cellules d’environnement ACM, PSYOPS…

192
FONCTION 2e DIMENSION
1. Cellule 2D – commandement 2D
1.1 Mission - Rôle général
Le commandement de la cellule est assuré par le chef du Bureau Opérations-Instruction du régiment du
génie, qui étend sa compétence à l’ensemble des composantes de l’agencement de l’espace terrestre.
Correspondant du 2D/AGESTER de l’échelon supérieur et du chef du PCR, il est responsable des
échelons de planification, de coordination et de conduite des actions des unités du génie et de la
circulation conservée aux ordres, voire de la défense NRBC, de la géographie et, le cas échéant, du
74
SID adaptés.

1.2 Inventaire des tâches


- Propose l’annexe génie et, si besoin, les annexes NRBC et Mouvement de l’OPORD brigade ;
- valide les paragraphes du domaine AGESTER des ordres et CR de la brigade (WINGO, FRAGO,
messagerie à temps) ;
- présente les synthèses AGESTER lors des points de situation du CO brigade ;
- suit l’emploi des moyens AGESTER auprès de la cellule conduite ;
- coordonne le recueil, l’exploitation et la diffusion du renseignement « milieu », ce qui l’amène à
participer à l’élaboration du plan de recherche du renseignement (PRR) pour les domaines de sa
compétence ;
- fait partie des éléments uniques du PC de la brigade.

1.3 Documents à réaliser


- Annexes génie, mouvement et NRBC des OPORD et FRAGO de la brigade ;
- plan de mouvement ;
- plan de franchissement ;
- plan d’obstacles ;
- plan de déploiement synthétique dans la zone d’engagement de la brigade ;
- messagerie GÉNIE ;
- messagerie NRBC ;
- messagerie liée aux mouvements.

1.4 Correspondants
HAUT Cellule 2D.
BAS PC du bataillon de génie.
LATÉRAUX - Cellules COND/MAN, MAN/FUT et COND/RENS ;
- cellule 3D/APPUIS en matière de météorologie et d’aide au
déploiement ;
- cellule LOG en matière d’aide au déploiement.

74
SID : Service d’infrastructure de la défense.

193
2. Cellule 2D – sous-cellule génie / NRBC
2.1 Mission - Rôle général
Dans le domaine du génie, le chef de la cellule AGESTER est secondé par une sous-cellule génie
(2/2/0) qui coordonne les actions génie au sein de la brigade. Aux ordres d’un officier du RGBIA et
intégrée au CO de la brigade, cette sous-cellule a pour mission de :
- proposer, coordonner et suivre l’emploi du génie de la brigade ;
- préparer l’annexe génie et rédiger le paragraphe génie des différents ordres de la brigade ;
- exploiter et diffuser la messagerie génie ;
- suivre les potentiels (effectifs et matériels) et les capacités génie ;
- préparer et assurer le suivi des plans d’obstacles et/ou de franchissement ;
- renseigner sur les obstacles, la praticabilité du terrain et les possibilités de franchissement ;
- suivre la situation tactique et s’assurer de la cohérence de la carte situation du CO avec la carte de
situation AGESTER.

2.2 Inventaire des tâches

 Domaine GÉNIE
- Proposer, coordonner et suivre l’emploi du génie de la brigade ;
- préparer et rédiger les paragraphes génie des ordres de la brigade ;
- suivre les potentiels (effectifs et matériels) ainsi que les capacités du génie ;
- préparer et assurer le suivi des plans d’obstacles et/ou de franchissement ;
- renseigner le sous-officier « météo – gestion de l’espace terrestre » sur les obstacles, la praticabilité
du terrain et les conditions de franchissement ;
- exploiter et diffuser la messagerie génie ;
- en cas de franchissement, établir la zone des itinéraires d’attente et la zone de regroupement, le
plan de franchissement en fonction des priorités du commandement ;
- suivre la situation tactique et s’assurer de la cohérence de la carte situation du CO avec la carte de
situation 2D.

 Domaine NRBC
PRÉVENIR
- Evaluer le risque NRBC ENY (capacités, évaluation des risques, dès l’élaboration des ME), et
recevoir la situation ENY de la cellule RENS, la situation génie (sites de franchissement) ;
- évaluer le risque industriel dans le domaine NRBC (réception de la position des sites
technologiquement dangereux) ;
- suivre la situation NRBC AMI ;
- participer à l’élaboration et à la conception de la manœuvre ;
- étudier la vulnérabilité du dispositif ;
- rédiger le paragraphe NRBC des ordres de la brigade (OPORD et FRAGO) ou annexe U ;
- faire prendre les mesures tactiques (dispersion, dissimulation, déception) et techniques
(protection…) ;
- rédiger les messages NRBC CHIM 1, 2, 3, 4, 6 et 5, pour l’échelon supérieur ;
- rédiger les messages NRBC 3 et 5 pour les unités subordonnées avec les unités voisines en INFO ;
- transmettre la levée d’alerte aux unités subordonnées.

GÉRER
- Réagir en diffusant l’alerte ;
- appliquer les procédures NRBC interarmes (en national) et OTAN (en multinational) ;

194
- confirmer la nature de l’attaque et préciser l’évolution du danger en exploitant les capacités de
reconnaissance des unités de défense NRBC spécialisées, en évaluant les conséquences à court
et moyen termes ;
- faire réduire au minimum les mesures de protection nécessaires en fonction des résultats des
opérations de contrôle ;
- en cas d’événement nucléaire et/ou radiologique, faire suivre le potentiel radiologique du personnel.

RESTAURER
- Participer à la réorganisation du dispositif, en vue de mener à bien une mission résiduelle (en cas
d’événement nucléaire, notamment du type « traditionnel ») ou la mission (en cas d’événement
chimique) ;
- contribuer au rétablissement de la capacité opérationnelle des unités :
o en exploitant les capacités de décontamination approfondie des unités de défense NBC
spécialisées,
o en préparant, avec le service de santé, les opérations d’évacuation du personnel
blessé, contaminé et/ou irradié ;
- mettre à jour les bases de données et les cartes synthèse ;
- préparer les synthèses NBC pour les points et appréciations de situation ;
- suivre les potentiels (effectifs et matériels) ainsi que les capacités du génie et de défense NBC ;
- exploiter la messagerie relative à la défense NBC et actualiser les variables au niveau du SIC,
nécessaires pour le calcul immédiat de la ZDV.

2.3 Documents à réaliser

 GÉNIE
- Préparer le plan de franchissement ;
- rédiger le paragraphe ANNEXE GÉNIE des WingO, OPORD, FRAGO ;
- préparer les plans d’obstacles ;
- rédiger les messages propres au génie ;
- réaliser une situation synthèse RENS-GÉNIE du milieu.

 NRBC
- Rédiger les messages NBCSITREP.
- Domaine chimique ou risques technologiques :
o rédiger les messages NBC CHIM 1, 2, 3, 4, 6 et 5, pour l’échelon supérieur,
o transmettre la météo aux unités subordonnées,
o rédiger les messages NBC 3 et 5 pour les unités subordonnées, avec les unités
voisines en INFO,
o transmettre la levée d’alerte aux unités subordonnées ;
- domaine nucléaire :
o transmettre les vents résultants aux unités subordonnées,
o rédiger les messages NBC NUC 1 et 4 pour l’échelon supérieur avec les unités
voisines en INFO,
o rédiger les messages NBC NUC 2, 3 et 5 pour les unités subordonnées,
o transmettre le SITRAD à l’échelon supérieur avec les unités voisines en INFO,
o rédiger et/ou transmettre les ordres de reconnaissance et de décontamination
radiologique aux unités subordonnées.

195
2.4 Correspondants
HAUT Cellule 2D/GÉNIE.
BAS PC des GTIA et PC des bataillons du génie.
LATÉRAUX Cellules COND/MAN, MAN/FUT et COND/RENS pour le
renseignement terrain et l’emploi des appuis 2D.

3. Cellule 2D – sous-cellule gestion espace / mouvements /


météo
3.1 Mission

 Rôle général
- Suivre tous les problèmes liés à l’implantation des différentes unités de la brigade dans la zone
d’action et assurer le suivi de la météo ;
- tenir à jour la carte « gestion de l’espace » sur la console graphique de la cellule sur laquelle les
renseignements suivants devront être impérativement reportés et actualisés périodiquement :
o réseau de manœuvre : DL CIRCU,
o déploiements logistiques (BLD, BLDA, TC2) : chef S4,
o obstacles : cellule 2D/GÉNIE,
o déploiement des PC, des relais (brigade et GTIA) et CN (éventuellement des PC des
GU voisines en cas de recueil ou de dépassement) : chef 4D,
o déploiements particuliers : ALAT, LRM, GE : DL respectifs,
o zones de frappe chimiques ou de risques technologiques : 2D / NRBC ;
- préparer les synthèses « terrain » et « météo » pour les points et appréciations de situation ;
- assurer la synthèse du renseignement « terrain » dans la zone d’action de la brigade, espace
logistique inclus, en liaison avec les cellules du CO ;
- organiser, attribuer et suivre l’occupation du terrain en fonction des priorités définies par la cellule
CONDUITE/MANŒUVRE (zone de déploiement de toutes les unités, y compris alliées, sur
l’ensemble de la zone d’action de la FOT, zones interdites, zones polluées, zones à laisser libres
d’obstacles, …), points hauts en liaison avec les cellules 4D et 3D/ASA.

3.2 Inventaire des tâches

 Domaine gestion de l’espace


- En cas de relève, de recueil ou de dépassement, armer un élément du PC TAC, connaissant les
implantations actuelles des unités, leurs besoins futurs, les obstacles, les itinéraires, et pouvant
dialoguer avec un homologue de la grande unité française ou alliée dont le dispositif doit être
traversé ou qui doit traverser le nôtre. Ce correspondant, qui peut être l’un des adjoints du chef de
cellule 2D, doit disposer d’une carte transportable à jour ;
- préparer le plan de déploiement ;
- assurer la synthèse du renseignement « terrain » dans la zone d’action de la brigade, espace
logistique inclus, en liaison avec les cellules du CO ;
- organiser, attribuer et suivre l’occupation du terrain en fonction des priorités définies par la cellule
CONDUITE (zones de déploiement de toutes les unités, y compris alliées, sur l’ensemble de la
zone d’action de la FOT, zones interdites, zones polluées), points hauts en liaison avec les cellules
4D et 3D/ASA.

 Domaine mouvement
- Participer directement aux travaux de planification à moyen et court terme sur mandats exprimés
par les cellules manœuvre future et conduite (faisabilité des mouvements dans le cadre des
manœuvres envisagées) ;

196
- intervenir, avec le chef de l’éventuel détachement d’appui mouvement donné en renforcement, pour
proposer l’emploi de cet élément ;
- en cas de besoin, participer à l’élaboration du paragraphe « mouvements » des ordres de la
brigade ;
- participer à l’élaboration des plans de renseignement ;
- recueillir et actualiser les données relatives au réseau de manœuvre ;
- préparer et diffuser les ordres de mouvements ;
- préparer le plan de mouvement ;
- recueillir les renseignements d’ordre météorologique propres à la zone d’engagement de la brigade
et pouvant avoir une influence sur la manœuvre à venir, les traiter et les diffuser au sein du CO et
vers les unités subordonnées ;
- fournir aux cellules 3D/APPUIS, CONDUITE et MAN/FUT les données météorologiques
nécessaires à la planification de l’engagement des moyens 3D ou feux dans la profondeur ;
- gérer l’espace terrestre de la brigade.

 Domaine météo
- Regrouper, traiter et diffuser au sein du CO et vers les grandes unités subordonnées toutes les
données météorologiques reçues du niveau supérieur ;
- fournir aux cellules 3D, CONDUITE, MANŒUVRE FUTURE, les données météorologiques
nécessaires à la planification et à l’engagement des moyens 3D ou feux dans la profondeur, établir
les bulletins météorologiques quotidiens.

3.3 Documents à réaliser


- Plan de mouvement ;
- plan de déploiement ;
- bulletins météo vers les unités subordonnées ;
- situation synthèse graphique de l’espace de manœuvre.

3.4 Correspondants
HAUT Cellule MTO.
BAS PC régimentaires.
LATÉRAUX - Cellules COND/MAN, MAN/FUT et COND/RENS pour le renseignement
terrain, emploi des appuis 2D et gestion de l’espace ;
- cellule 3D en matière de météorologie et de gestion de l’espace ;
- cellule LOG en matière d’aide au déploiement ;
- secrétariat / courrier.

197
FONCTION APPUIS 3D
1. Cellule 3D – commandement 3D
1.1 Mission

 Rôle général
e
- Conseiller le général sur l’emploi des moyens appuis feux et de la 3 dimension au niveau de la
brigade ;
e
- proposer, préparer et suivre l’emploi des moyens utilisant d’une manière ou d’une autre la 3
dimension, dans le cadre de l’élaboration des modes d’action amis (MA) ;
e
- coordonner des actions menées dans la 3 dimension, qu’elles soient conduites au contact ou dans
la profondeur (artillerie sol-sol et/ou sol-air nationales ou alliées, moyens de surveillance du champ
de bataille, ALAT ou aviation (air ou marine), voire actions aéroportées) ;
- approuver et faire transmettre les ordres et les CR rédigés par les sous-cellules 3D/APPUIS ;
- participer à la gestion de l’espace aérien de la brigade, en liaison étroite avec la cellule 3D de
l’échelon supérieur ;
- participer à la recherche du renseignement de manœuvre.

1.2 Inventaire des tâches


- Participer à l’élaboration de la manœuvre future ;
- faire rédiger les annexes de OPORD relatives à l’appui feux (les ordres « À » l’artillerie), à l’appui
aéromobile (annexe ALAT) ;
- coordonner l’emploi des feux sol-sol et éventuellement air-sol ;
- coordonner éventuellement l’emploi des moyens sol-air avec les actions air-sol ;
- coordonner les fonctions RENS et FEUX.

1.3 Documents à réaliser


- Plans de feux ;
- Annexes ARTILLERIE SOL-SOL et SOL-AIR des OPORD et FRAGO de la brigade.

1.4 Correspondants
HAUT CMO du PC FOT et/ou CCAR du PC niveau 2.
BAS PC GTA du GTA brigade.
LATÉRAUX PC GU voisines pour appuis feux mutuels.
INTERNES CO Cellules MAN FUT, CONDUITE, RENS, LOG, 2D
GÉNIE/NRBC et GESTION de l’ESPACE.

2. Cellule 3D – sous-cellule artillerie sol-sol


2.1 Mission

 Rôle général
Garantir la manœuvre des feux sol-sol de la brigade.

2.2 Inventaire des tâches


- Assurer l’emploi des appuis feux sol-sol ;

198
- participer à la rédaction des ordres « À » ;
- contrôler l’emploi des moyens : suivi des déploiements, des tirs ;
- collationner les renseignements du GTA et les transmettre à la cellule RENS ;
- informer le GTA de la situation de la brigade (au moins une fois /3 heures).

2.3 Correspondants
HAUT CMO du PC FOT et/ou CCAR du PC niveau 2
BAS PC GTA du GTA brigade
LATÉRAUX PC GU voisines pour appuis feux mutuels
INTERNES CO Cellules MAN FUT, CONDUITE, RENS, LOG, 2D
GÉNIE/NRBC et GESTION de l’ESPACE

3. Cellule 3D – sous-cellule artillerie sol-air


3.1 Mission

 Rôle général
Garantir la défense d’ensemble ou particulière SOL-AIR dans l’espace aérien de la brigade, en liaison
avec les éléments de défense anti-aérienne déployés dans sa zone d’action et avec la cellule 3D de
l’échelon supérieur.

3.2 Inventaire des tâches

 Vis à vis de l’échelon immédiatement supérieur (division ou FOT)


- Faire des propositions en vue d’optimiser le déploiement des moyens antiaériens conservés aux
ordres ;
- apporter son concours à la rédaction des demandes de volumes de procédures (ACM et des
WEZREQUEST) ;
- s’informer sur les limites de la couverture BA et MA SAMP dans la zone de la brigade ainsi que sur
les dispositifs et capacités des moyens antiaériens voisins ;
- s’informer sur les capacités SAMP futures.

 Au sein de la cellule
- Suivre la situation et les capacités de défense des unités SOL-AIR conservées aux ordres ;
- négocier les problèmes de points hauts pour les unités SOL-AIR et les transmissions afférentes ;
- participer à l’exploitation des ACO ;
- se tenir informé des mesures de coordination concernant la 3D ;
- conseiller le chef de cellule pour l’élaboration des consignes LATTA et l’emploi des moyens SOL-
AIR.

 Vis à vis de toute unité SOL-AIR déployée dans la zone


- S’informer auprès des unités de leur situation ;
- informer directement l’unité de tout changement rapide de la situation tactique pouvant présenter un
danger immédiat pour elle (raid blindé, attaque chimique, action commandos…) ;
- assurer de manière temporaire la retransmission des ordres et des consignes de tir si des difficultés
radio apparaissent entre un PCR et une unité sur le réseau contrôle ;
e
- informer de toute action inopinée dans la 3 dimension.

 Cas d’une unité adaptée (au sein des brigades de décision)


Tout en réalisant les opérations précédentes, le détachement d’appui doit plus particulièrement :

199
- conseiller l’adjoint feux (chef de corps du régiment d’artillerie) sur l’emploi de l’unité adaptée en
tenant compte de la défense sol air prévue au niveau de l’échelon supérieur ;
- participer à l’élaboration et proposer le paragraphe « artillerie sol-air » de l’annexe appui-feux de
l’OPORD ;
- rédiger et transmettre les ordres (et/ou les consignes particulières) à l’unité sol-air ;
- s’assurer que l’unité adaptée a été prise en compte par la brigade pour le soutien non spécifique ;
- renseigner l’unité sol-air sur la situation tactique.

3.3 Documents à réaliser


- Annexe « artillerie sol-air » de l’OPORD ou du FRAGO ;
- consignes LATTA.

3.4 Correspondants
HAUT Cellule 3D ASA de l’échelon supérieur et PCR du régiment d’artillerie sol-air
fournissant les détachements ASA ainsi que les PCGTA des régiments des
brigades d’engagement d’urgence ou multi-rôles.
BAS Éléments SOL-AIR adaptés à la brigade de décision.
LATÉRAUX PC des unités voisines.
INTERNES CO Cellules CONDUITE, RENS, SYNTHÈSE, 2D/ GESTION DE L’ESPACE.

4. Cellule 3D – sous-cellule appui aérien


4.1 Mission

 Rôle général
Conseiller du général dans la planification de la manœuvre aéroterrestre dans les domaines suivants ;
- possibilité d’appui aérien ;
- appui feu rapproché (CAS) ;
- appui reconnaissance tactique (TAR) ;
- appui transport (TRANSP) ;
- la compétence pour l’emploi des moyens AIR nationaux ou alliés ;
- couverture aérienne pour certaine phase de la manœuvre ;
- autorité fonctionnelle des ECAA (équipe de contrôle air avancé – TACP) de la brigade.

4.2 Inventaire des tâches


- Informer le général sur la situation aérienne amie et ennemie ;
- tenir à jour la programmation des sorties aériennes au profit de la brigade ;
- rédiger et transmettre les demandes d’appui feu planifiées et immédiates (Air Request) ;
- désigner les équipes chargées du contrôle et leur transmettre les éléments nécessaires au guidage
(indicatif, nombre et type d’avions, armement si possible) suivant les ATM (Air Task Message) et
AIR ALLOC (message d’allocation de moyens aériens) ;
- diriger et coordonner le travail et le soutien des ECAA ;
- recevoir et transmettre au CCA le compte rendu des équipes ;
- recevoir les comptes-rendus immédiats des missions aériennes en vol (INFLIGTREP) ;
- recevoir les MISREP (compte rendu des missions aériennes) ;
- assurer à son niveau la coordination 3D avec l’ALAT, l’ASA, l’artillerie sol-sol et le centre de
coordination air (CCA) ;
- exploiter l’ACO (Air Coordination Order) diffusé via le CCA ;

200
- exploiter l’ATO (Air Task Order) diffusé par le CCOA (Centre de Conduite des Opérations
Aériennes) ou CCOAT (Centre de Conduite des Opérations Aériennes de Théâtre) via le CCA.

4.3 Documents à réaliser


- Tableau de programmation des sorties aériennes au profit de la brigade ;
- demandes d’appui feu planifiées et immédiates (AIR REQUEST).

4.4 Correspondants
er
HAUT Centre de coordination AIR attaché au 1 niveau par l’intermédiaire des sous-
cellules SYNTHÈSE-COORDINATION des appuis des cellules APPUIS-3D
e er
des 2 et 1 niveaux.
BAS TACP et équipes de contrôleurs avancés.
LATÉRAUX RENS, CONDUITE, 2D GÉNIE/MTO.

5. Cellule 3D – sous-cellule ALAT


5.1 Mission

 Rôle général
Les cellules ALAT et opération aéroportées (OAP – armée en cas de besoin) participent aux travaux de
préparation des actions aéromobiles ou aéroportées (planification, conception, ordres) et suivent leur
déroulement.

5.2 Inventaire des tâches


Préparation des actions :
- proposer l’emploi des moyens aéromobiles ;
- demander les volumes de procédures nécessaires ;
- rédiger le paragraphe ALAT de l’OPORD.

5.3 Conduite
- Informer les unités ALAT des déploiements SOL-AIR ;
- assurer la coordination ASA-ALAT en liaison avec l’officier sol-air ;
- transmettre les consignes et ordres de tir (AATCP) ;
- effectuer si besoin les demandes de volumes de procédures en urgence.

5.4 Documents à réaliser


Annexe ALAT des OPORD et FRAGO de la brigade

5.5 Correspondants
HAUT Cellule 3D de l’échelon supérieur et le PCR du RHC fournissant le
GAM.
BAS GAM.
INTERNE CO Chef CO, MAN FUT, CONDUITE, RENS, 2D, OLFA.

201
FONCTION 4D
1. Composition Cellule 4D
Le bureau des SIC fait partie de l'état-major de la BIA. Il arme la cellule 4D :

SOUS-
CELLULE FONCTION OFFICIER MDR
OFFICIERS

COMMANDEMENT Chef de bureau 1

CDS Système de
1
communications

Spécialiste télécom 1
Section Télécom
Gest ERM confirmé 1

Opérateur ERZ
2
confirmé
CDS Système
1
d’information

Section systèmes INFO Administrateur ESRI 1

Opérateur ESRI CONF 1

TOTAL 3 3 3

2. Rôle du COMSIC
2.1 Attributions du COMSIC
Le COMSIC brigade (chef du BSIC de la brigade en temps de paix) ou chef B6 est responsable de la
PLANIFICATION, la CONCEPTION et la CONDUITE de la manœuvre SIC de la brigade.

Vis-à-vis de toute autorité et quel que soit son niveau, le COMSIC est l’unique interlocuteur pour :
- les demandes et informations générales concernant le système déployé ;
- les propositions d’emploi des SIC ;
- les ordres à donner aux SIC.

2.2 Responsabilités dans l’emploi des SIC.


Dans le rôle de conseiller du commandement pour l'emploi des SIC, le COMSIC :
- participe à la conception de la manœuvre ;
- participe à l’élaboration de la manœuvre future ;
- conduit la MEDO SIC et donne son avis sur les mesures tactiques propres à assurer la permanence
et la continuité du commandement, notamment quant au déploiement et aux déplacements des PC

202
compte tenu des possibilités des matériels disponibles et des possibilités de raccordement au
système du niveau supérieur ;
- propose à partir de l'analyse des besoins SIC un système adapté à la manœuvre et satisfaisant aux
besoins en liaisons et aux contraintes d’interopérabilité ; en fonction des effets à obtenir, il définit les
besoins et les demandes de renforcements à adresser à l’échelon supérieur ;
- participe à la coordination des actions offensives de guerre électronique, de la responsabilité du B3,
dans la zone de la brigade ;
- il participe à la coordination des actions défensives de guerre électronique, de la responsabilité du
B2, dans la zone de la brigade ;
- il prépare les ordres concernant l'emploi des SIC et rédige le paragraphe V et l’annexe E de l’OPO
de niveau 3 ;
- il dirige et fait diffuser les OP SIC, DEAU et OCC de son niveau.

En cours d’engagement il renseigne le commandant de la BIA sur les possibilités d'adaptation du


système PC - SIC en fonction de l'évolution de la situation (points de situation).
Le COMSIC est responsable à son échelon de la sécurité des moyens SIC qu’il emploie.

2.3 Responsabilités dans la mise en œuvre (MEO) des SIC.


Responsable de la mise en œuvre du SIC de la BIA, le COMSIC définit les relations à assurer selon les
ordres (OPO, WINGO, FRAGO) du niveau supérieur, du COMBRIG et dans le respect de l'Ordre Pour
les SIC (OPSIC) de l'opération.

Dans le cadre de l'appui au commandement, il participe à l'organisation des déplacements de PC. Il est
responsable des ordres techniques SIC de son niveau.
Élément unique, il dispose pour le seconder dans ses responsabilités de deux chefs de cellule (les
chefs Systèmes d'Information (SI) et Systèmes de Communication (SC) du Bureau SIC (BSIC) de l'état-
major en temps de paix).

Les chefs de cellule ont pour mission de :


- définir l’architecture et les capacités des réseaux de télécommunications et informatiques de la
brigade et procéder éventuellement à la ré articulation des réseaux ;
- conduire la manœuvre des SIC ;
- rédiger et mettre à jour l'OPSIC et le DEAU parties SC et SI pour la mise à jour de l'annuaire
générique ;
- superviser le fonctionnement des réseaux de communications et la mise en œuvre des SI ;
- déterminer les éléments techniques ou les caractéristiques nécessaires au fonctionnement du SIC
de la BIA et des échelons subordonnés. Cela pour générer les sessions de Distributeur de Données
Initiales (DDI) PR4G Réseau De Combat (RDC), assurer la distribution des éléments secrets (DDI)
générés soit par l'échelon supérieur (RITA 2G, PR4G RPC, Intégration Radio Fil (IRF),
CARTHAGE), soit par la BIA (PR4G RDC) ;
- rédiger les ordres pour l'emploi des Articles Contrôlés par la Sécurité des Systèmes d'Information
(ACSSI) et contrôler leur mise en œuvre ;
- définir en liaison avec la cellule COMSIC du niveau supérieur les conditions d'accès aux réseaux
extérieurs ;
- gérer le spectre électromagnétique dans la zone de la brigade, en collaboration avec l'échelon
supérieur ;
- faire rendre compte des attaques de la GE de l’ennemi ;
- suivre la capacité opérationnelle des SIC en liaison avec le S4 ;
- tenir à jour la situation de référence "4D" (feuille "référence 4D" sur SICF) ;
- configurer les systèmes d’informations et administrer les réseaux correspondants ;
- coordonner l’aide aux usagers ;
- conduire la procédure de bascule technique des SIO au sein du CO ;

203
- faire superviser le bon acheminement des messages, via les moyens adaptés, par la Cellule
Traitement des Messages (CTM), établir et faire appliquer les mesures de Sécurité des SIC20
(SSIC).

Enfin, pour assurer ces attributions, le COMSIC de la BIA :


- a sous ses ordres directs les chefs de centres d'exploitation des SIC (chefs de section SIC de la
Compagnie de Commandement et de Transmissions (CCT)) ;
- est habilité à donner des directives techniques aux officiers SIC des GTIA de la brigade ;
- est tenu informé du potentiel SIC des unités subordonnées de la brigade.

3. Correspondants
HAUT CEM, chef MANFUT, COMSIC division.
BAS - Cellules TELECOM et SI des CO ;
- CdU de la CCT (sections exploitation) ;
- chefs de site ;
- officiers TRANS des GTIA.
LATÉRAUX CCO.

204
FONCTION SOUTIEN – LOGISTIQUE
1. Logistique – commandement
1.1 Documents à détenir
- OPORD ;
- OAL ;
- génération de forces, plan de déploiement (selon la phase de l’opération).

1.2 Mission

 Rôle général
La cellule soutien logistique de la brigade ne possède pas les compétences des chaînes techniques
logistiques (RAV, MAINT, SAN…). Les unités étant directement soutenues par la division (S4 et BLD), son
rôle se limite au suivi de la situation logistique et à la cohérence entre la manœuvre logistique divisionnaire
et la manœuvre tactique de la brigade.
Si des moyens en renfort lui sont détachés (BLDT, renforts SAN…), la cellule doit être renforcée par des
compétences techniques correspondantes.

Sous l'autorité directe du CEM, en liaison avec le B4 de la division et les unités de la brigade, le chef LOG :
- anticipe les problèmes logistiques à venir ;
- participe aux travaux de la cellule manœuvre future, ainsi qu'à toutes les réunions décisionnelles ;
- réagit aux évènements inopinés nécessitant des mesures d'urgence ou exceptionnelles ;
- veille à la cohérence du dispositif logistique ;
- assure le suivi de situation logistique.

1.3 Inventaire des tâches


- Maintenir un dialogue permanent avec le G4 DIV, les bataillons ou unités subordonnées et
éventuellement la BLD ;
- assurer la cohérence entre manœuvre tactique et manœuvre logistique, en proposant les ajustements
et dispositions particulières, en fixant les priorités tactiques et techniques de la brigade, en formulant les
demandes de renfort qu'exige la manœuvre à venir ou la situation présente et en veillant à la
cohérence du dispositif logistique (TC 2, axes logistiques, échelonnement des moyens) ;
- proposer des solutions pour anticiper sur les problèmes logistiques à venir, dus notamment aux
élongations (dispositif, emport de précaution, …), aux surconsommations, aux conséquences liées aux
pertes (personnels, équipements) ;
- participer à la conception et à l'élaboration de la manœuvre future (cellule MANFUT) et rédiger les
ordres complémentaires ou annexes dans le domaine logistique pour les OPORD et FRAGO de la
brigade ;
- émettre un avis d'opportunité sur les demandes exceptionnelles des bataillons et les transmettre à la
division ;
- gérer les moyens logistiques éventuellement détachés (BLDT, renfort SAN, …) et veiller au suivi des
rattachements et détachements des unités en renfort ou isolées, à leur soutien et intégration logistique
(soutien propre minimum exigé, rattachement approprié) ;
- superviser le suivi des niveaux logistiques de la brigade (mise à jour des indicateurs) et, en cas de
situations préoccupantes, proposer les décisions en cours d'action nécessaires ;
- présenter la situation logistique lors des points de situation.

205
1.4 Documents à réaliser
- Annexes ou paragraphes logistiques des ordres d'opérations ou de conduite ;
- indicateurs logistiques ;
- messagerie à temps du domaine logistique.

1.5 Correspondants
HAUT CEM, chef MANFUT, G4 DIV, BLD (éventuellement).
BAS - Cellules LOG OPS et PERS EFF des CO ;
- officiers logistiques des bataillons.
LATÉRAUX CCO, cellule 2D (mouvements).

1.6 Indicateurs logistiques de la brigade


- Suivi des niveaux logistiques des bataillons ou unités subordonnées ;
- synthèse des niveaux logistiques de la brigade ;
- indicateurs logistiques du général.

2. Logistique – cellule personnels – effectifs


2.1 Documents à détenir
- Ordre de bataille de la brigade et des unités rattachées (tableaux des effectifs) ;
- procédures concernant la détention, l'interrogation et le traitement des prisonniers de guerre.

2.2 Mission

 Rôle général
Sous l'autorité du chef LOG, la cellule est responsable du suivi de l'évolution des effectifs de la brigade et
renseigne les indicateurs logistiques concernant la fonction PERSONNEL. Elle traite des questions
d'administration du personnel, de soutien de l'homme et de budget avec la division. Elle gère plus
particulièrement le personnel de l'état-major et des unités AC de l’état-major en liaison avec le CEM.

2.3 Inventaire des tâches


- Suivre la situation des effectifs des unités et de la brigade et renseigner les indicateurs logistiques
correspondants ;
- établir les demandes de recomplètement en personnel par emploi et qualification et les transmettre au
B1 DIV ;
- rédiger les PERSREP ;
- participer à la conception du soutien de l'homme en proposant un dispositif SH adapté à la manœuvre ;
- suivre le niveau des stocks en vivres et eau ;
- traiter les affaires de condition des personnels en opérations avec la division ;
- procéder aux éventuelles demandes de mise à disposition de moyens mortuaires auprès de la cellule
affaires mortuaires de la division ;
- gérer et administrer, le cas échéant, les prisonniers de guerre se trouvant dans la zone de la brigade
(carte de situation des camps de prisonniers, effectifs de prisonniers…) ;
- participer aux actions civilo-militaires pour ce qui concerne le soutien de l'homme ;
- administrer le personnel de l'état-major et de la CCT en liaison avec le CEM, des unités AC de l’état-
major et, éventuellement, le chancelier ;
- gérer les crédits délégués en fonction des directives reçues de la division et exprimer les besoins
financiers de la brigade.

2.4 Documents à réaliser


- Suivi des effectifs et des vivres et mise à jour des indicateurs de niveaux ;
- suivi des crédits délégués et CR d'emploi.
206
2.5 Correspondants
HAUT Chef LOG, CEM, CCO, B1 DIV, BLD.
BAS SA des bataillons.
LATÉRAUX Cellule LOG OPS.

3. Logistique – cellule logistique opérationnelle


3.1 Documents à détenir
- Ordre de bataille et tableaux des équipements des unités ;
- OPORD – OAL.

3.2 Mission

 Rôle général
Sous l'autorité du chef LOG, la cellule est responsable de l'initialisation des données logistiques, du suivi
des niveaux logistiques dans le domaine des équipements et des ressources et de la mise à jour des
indicateurs logistiques de la brigade. Elle tient à jour la carte du dispositif logistique déployé et assiste le
chef LOG pour la rédaction des ordres logistiques complémentaires et le traitement de la messagerie
logistique.

3.3 Inventaire des tâches


- Initialiser la base de données logistiques de la brigade et la mettre à jour le cas échéant (génération de
forces, renforts, détachements, adaptations) ;
- prendre en compte les moyens logistiques éventuellement détachés (BLDT, renfort SAN ou MAINT…)
et les unités en renfort (rattachement approprié) ;
- exploiter les ordres logistiques de niveau division et assister le chef LOG dans l'élaboration et la
rédaction des annexes ou paragraphes logistiques des OPORD et FRAGO de la brigade ;
- se tenir informé de la situation tactique et tenir à jour la carte du dispositif logistique déployé sur le
terrain (BLD, BLDA, BLDT, TC2, axes logistiques, échelonnement des moyens…) ;
- en liaison avec les cellules MANFUT et 2D, et en fonction des directives de la division, participer à
l'élaboration des ordres de mouvement ;
- assurer le suivi de la situation logistique des unités et tenir à jour les indicateurs logistiques de la
brigade (niveaux des équipements et des ressources, potentiels résiduels…) ;
- éditer périodiquement ces indicateurs logistiques, notamment avant chaque point de situation ou
chaque réunion décisionnelle ;
- assister le chef LOG dans la préparation des points de situation logistique ;
- traiter la messagerie logistique arrivée et départ (messagerie à temps ou circonstancielle) sous contrôle
du chef LOG ;
- rendre compte à la division du potentiel logistique résiduel de la brigade selon les modalités fixées par
l'OAL.

3.4 Documents à réaliser


- Base de données logistiques ;
- suivi de la situation logistique des bataillons et synthèse au niveau brigade ;
- indicateurs logistiques de la brigade ;
- annexes logistiques des OPORD et FRAGO ;
- messagerie logistique : LOGSITUNIT.

3.5 Correspondants

207
HAUT Chef LOG, CCO, G4 DIV, BLD.
BAS Off Log des bataillons.
LATÉRAUX Cellule PERS EFF, cellule SITU SYNTHÈSE.

208
FONCTION ACTIONS CIVILO-MILITAIRES
Cette fonction opérationnelle n’est pas permanente au sein d’un EM de brigade. L’armement et le rôle
d’une cellule dédiée sont définis en fonction des besoins liés au cadre d’engagement.

1. Chef de cellule
- Participer à l'analyse civilo-militaire dans le cycle de conception et de planification des opérations ;
- rédiger l'annexe ACM de l'ordre d'opérations ;
- piloter le travail de rédaction des règles de comportement, participer à la rédaction des règles
d'engagement ;
- conseiller et assister le commandement pour obtenir une bonne coordination avec les administrations
civiles, et éventuellement avec celles mises en place par des organisations internationales ;
- assurer les liaisons avec les autorités locales de la nation hôte ;
- informer le commandement sur l'état d'esprit de la population et l'impact des opérations sur celle-ci.

2. Cellule infrastructure
- En liaison avec le bureau logistique et les unités subordonnées, évaluer les besoins en infrastructure ;
- en liaison avec le niveau supérieur et les autorités locales, déterminer les infrastructures à utiliser ;
- proposer les travaux à mener pour rendre ces infrastructures utilisables ;
- conseiller le commandement en matière de participation des forces à des projets locaux et limités de
réhabilitation d'urgence de l'infrastructure civile (voies de communication, réseaux de distribution d'eau
et d'énergie) ;
- traiter les demandes de concours des autorités locales, proposer au commandement les suites à
donner ;
- au moment du désengagement, estimer les dommages provoqués (infrastructure, environnement) et
proposer les mesures correctives à prendre.

209
FONCTION COMMUNICATION – MEDIAS
1. Cellule communication-medias
Placé à l'état-major particulier du général ou auprès du chef d'état-major, l'officier relations publiques est
chargé de mettre en œuvre les directives fixées par l'échelon supérieur. Il suit au quotidien l'évolution des
opérations, s'intéressant aussi au domaine des affaires civiles. Il est en mesure de réaliser, ou de faire
réaliser, des montages vidéo et des supports d'information écrits.

2. Domaines d'action
- Conseil en communication ;
- relations avec la presse ;
- communication interne.

3. Tâches
3.1 Conseil en communication
- Conseiller le chef militaire dans tous les domaines de la communication et assurer les relations avec les
médias à son profit ;
- assurer la fonction de porte-parole ;
- définir, coordonner et orienter l'implantation et les actions des subordonnés.

3.2 Relations avec la presse


- Assurer la diffusion des éléments de langage et l'information des médias présents sur la zone de
responsabilité en fonction des directives reçues ;
- assurer le suivi et la traduction des articles de presse locaux ;
- être le point de contact entre la force et les journalistes (gestion accueil, soutien logistique,
accompagnement...).

3.3 Communication interne


- Rédiger le journal interne et des feuilles d'information éventuelles ;
- assurer la communication de commandement vers les échelons subordonnés ;
- veiller à l'homogénéité des opérations de communication interne décentralisées.

Sous-officier audiovisuel
- Assurer les prises de vues vidéos et les prises de son ;
- assurer les reportages photos ;
- gérer le matériel audio-visuel et photographique.

210
FONCTION DÉTACHEMENT DE LIAISON
1. Documents à détenir
- OPORD, FRAGO déjà produits ;
- OPORD échelon supérieur.

2. Mission
Assurer la parfaite coordination entre l’unité adjacente et la brigade. Ces détachements doivent disposer
des moyens TRANS adaptés à leurs fonctions. Dans le cas d’une mission avec une unité étrangère il peut
être associé une passerelle informatique si le système allié est interopérable (type QIP= Quadrilateral
Interoperability Program). Si une fréquence commune n’est pas possible, il faut demander le prêt d’un poste
à l’unité concernée.

3. Inventaire des tâches


- Emporter les jeux de cartes et calques nécessaires pour l’accomplissement de la mission (attention à
couverture de la zone de l’unité objet de la mission ;
- vérifier matériels de transmissions et ordre afférents (codes, indicatifs, fréquences, vacations…) ;
- vérifier lieu et horaires précis de rendez-vous ;
- être au courant des mots d’ordre ;
- prendre le courrier destiné au PC hôte ;
- faire le tour du CO pour demander s’il y a des consignes particulières ;
- faire un contrôle radio avant le départ ;
o se tenir informé des mouvements des PC ;
o au retour au PC, faire un CR détaillé au CEM ou CCO.

4. Correspondants
HAUT CEM ou CCO.
BAS -/-
LATÉRAUX Brigade auprès de laquelle le DL est détaché.

Références :
- TTA 904 – Manuel d’emploi de la brigade interarmes - n° 93/DEF/CDEF/DDO/CDM 2 du 19/02/2010 ;
- mémento d’organisation et de fonctionnement du PC de niveau 3 – Edition 2001 (en refonte) ;
- SIC 904 – Manuel d’emploi du système d’information et de communications de la brigade interarmes
générique – Edition 2005 (en refonte).

211
RENSEIGNEMENT
Documents de référence :
- RENS 100 (tome 2) – Doctrine du renseignement de l’armée de terre, édition 2008 ;
- RENS 110 (tomes 1 et 2) – Méthode de renseignement des forces terrestres, édition 2005 ;
- RENS 201 - Tome 1 - Manuel d'emploi du bataillon de renseignement multi capteurs (BRM) -
Edition 2007 ;
- RENS 202 – Manuel de l’unité de renseignement de la brigade, édition 2009 ;
- RENS 53.001 - Mémento du B2 de BIA, édition 2010 ;
- ABC 35.411 - Manuel d'emploi de l'escadron d'éclairage et d'investigation - Edition 2010.
- TTA 106 version 5.1, édition 2007.

212
LE RENSEIGNEMENT D’INTÉRÊT MILITAIRE
1. Définition du renseignement
1.1 TTA 106 (version 2007)
Résultat de l'exploitation des renseignements bruts concernant les nations étrangères, les forces armées
ennemies ou pouvant le devenir, les zones où des opérations sont effectivement menées ou pourraient
l'être. Le terme s'applique aussi aux activités d'élaboration du renseignement et aux organismes qui s'y
consacrent.

1.2 RENS 110 (n° 649 et 650/DEF/CEERAT/DEP/BRENS du 21 juin 2005)


Le renseignement qui intéresse une FOT est le résultat de l’exploitation d’informations concernant les
menaces avérées ou potentielles, l’environnement des opérations.
Plus précisément, le renseignement est une information validée, ou une évaluation tirée d’informations
validées, répondant à deux critères :
- il est destiné spécifiquement à la satisfaction du besoin d’un décideur ou d’un autre utilisateur, de
quelque niveau qu’il soit. Cette finalité caractérise le renseignement ;
- il porte généralement sur une « cible » non coopérante, c’est-à-dire qui ne veut pas ou n’est pas en
mesure, par sa nature même, de fournir l’information ou l’évaluation nécessaire la concernant. Dans le
domaine stratégique, le renseignement a donc pour objet l’adversaire ou les belligérants ainsi que
l’environnement des actions amies.

1.3 Typologie du renseignement selon la finalité


Le renseignement au niveau tactique peut être décliné en différentes catégories qui peuvent correspondre
à des besoins précis et distincts les uns des autres. La typologie suivante présente les types de
renseignement qu’un bureau RENS peut être amené à produire.

Renseignement
d'intérêt militaire

Renseignement Renseignement
d’environnement militaire

Renseignement
opérationnel

Renseignement Renseignement
de situation de documentation

Renseignement Renseignement Renseignement


de sûreté de sécurité sur le milieu

Renseignement Renseignement Renseignement Renseignement


de dommages d'objectif d'alerte technique de l'avant

213
Le renseignement d’intérêt militaire est composé :
 du renseignement d’environnement ;
 du renseignement militaire ;
 du renseignement opérationnel.

Concourant ainsi au renseignement d’intérêt militaire, le renseignement opérationnel et ses composantes


sont exposés ci-dessous :
- Le renseignement opérationnel :
Le renseignement opérationnel est le renseignement nécessaire à la préparation et à la mise en condition
des forces, à la planification et à la conduite des opérations militaires.
Il recouvre le renseignement stratégique nécessaire à la campagne (ou renseignement stratégique
militaire), le renseignement opératif et le renseignement tactique.
- Le renseignement de documentation :
Renseignement sur tout sujet, permettant d’établir une documentation de référence utilisable pour la
planification et le traitement des informations ou du renseignement obtenus ultérieurement.
- Le renseignement de situation :
Renseignement qui décrit la situation actuelle au niveau stratégique, opératif, ou tactique. Sa validité est de
l'ordre de 24h. Il s'applique au temps de crise et à l'engagement.
- Le renseignement de sécurité :
Renseignement qui porte sur la nature, les possibilités et les intentions d’organisations ou d’individus
hostiles qui sont ou peuvent être engagés dans des activités d’espionnage, de sabotage, de subversion, de
terrorisme ou de crime organisé menées à l’encontre des forces armées. Le renseignement de sécurité
appuie les actions relevant de la contre ingérence qui permettent d’assurer la sécurité des personnes, des
informations, des matériels, des installations sensibles et des systèmes d’information dans le domaine de la
défense ou dans celui de l’industrie de défense.
- Le renseignement de sûreté :
En opérations, renseignement qui appuie l’élaboration et la planification des mesures visant à priver
l’ennemi de renseignements et assurer la liberté d’action d’une force, la prévenir d’une rencontre inopinée
et la protéger d’une attaque. Il porte en priorité sur les capacités de renseignement, de surveillance, de
reconnaissance et d’acquisition d’objectif (SA2R) de l’adversaire dans la zone d’opération.
Nota : la notion de renseignement de sûreté est directement liée à celle de contre-renseignement, car elle
s’applique à l’étude des capacités de renseignement de l’adversaire.
- Le renseignement d’alerte :
Partie du renseignement opérationnel destiné à déceler l'imminence d'actions hostiles et à prendre les
mesures d'alerte appropriées.
- Le renseignement sur le milieu :
Composante du renseignement opérationnel visant à fournir les renseignements sur l’état général de la
zone d’intérêt de renseignement (ZIR) (terrain, environnement, météorologie), en y relevant entraves et
facilités pour la manœuvre. Ce type de renseignement est plus particulièrement élaboré par la fonction
AGESTER et la géographie militaire.
- Le renseignement technique de l’avant :
Renseignement technique relatif à un matériel ou un système d'arme, non connu, pouvant faire peser une
menace directe et immédiate sur le déroulement d'une opération planifiée.
Nota : le renseignement technique de l’avant fait l’objet d’une procédure particulière mise en place par la
DRM, à laquelle les unités tactiques doivent contribuer. Cette procédure prévoit notamment une analyse en
retour précisant les conséquences tactiques de la découverte d’un nouvel équipement.
- Le renseignement d’objectif :
Renseignement permettant de caractériser et de localiser un objectif ou un ensemble d’objectifs, d’en
connaître la vulnérabilité et l’importance relative. Il concourt à la définition des objectifs susceptibles de faire
l’objet de tirs ou d’opérations ponctuelles.
Nota : la notion d’objectif est reliée à celle d’objectifs militaires définie par le droit des conflits armés. Le
renseignement a une responsabilité particulière dans la qualification d’objectifs militaires et d’évaluation des
risques de dommages collatéraux.
- Le renseignement de dommages :
Renseignement nécessaire pour mesurer les effets des attaques sur objectifs et des combats et qui permet
d'évaluer les capacités résiduelles de l'ennemi ou de l'adversaire.

214
Tous les types de renseignement précédents peuvent être issus d’une information d’intérêt immédiat (3I).
C’est une information qui entraîne une prise de position immédiate.
Cette information dont la nature a été définie par le chef d'un échelon considéré doit lui être transmise par
les voies les plus rapides.

Nota : Ce qui caractérise la 3I, c’est la procédure de compte-rendu particulière qu’il requiert, directement au
donneur d’ordre, la chaîne du renseignement étant simplement informée de sa découverte. Toute
information prioritaire n’est pas nécessairement une « 3I ».

2. Typologie du renseignement selon les modes d’acquisition


Les principales catégories sont :

- le renseignement d’origine électromagnétique (ROEM) (en anglais SIGINT pour SIGnal


INTelligence). Terme générique désignant le renseignement de communication ou le renseignement
électronique ;
- le renseignement d’origine humaine (ROHUM) (en anglais HUMINT). Catégorie de renseignement
découlant des informations recueillies et fournies par des capteurs humains spécialisés ou non. Il
comprend la recherche humaine élémentaire, le ROHUM conversationnel et le ROHUM
reconnaissance ;
- le renseignement d’origine image (ROIM) (en anglais IMINT pour IMagery INTelligence).
Renseignement obtenu par le traitement d’images recueillies par toutes sortes de capteurs : appareils
photographiques et caméras, radars, capteurs optroniques, infrarouges ou thermiques, qu’ils soient
basés ou déposés au sol, embarqués ou transportés par plate-forme aéroportée ;
- le renseignement d’origine radar (RORAD) (en anglais RADINT). Informations provenant des échos
radars ;
- le renseignement d’origine sources ouvertes (ROSO) (en anglais OSINT pour Open Sources
INTelligence).

Occasionnellement, d’autres catégories sont identifiées :


- le renseignement obtenu par l’analyse des mesures et signatures (ROMES) (en anglais MASINT
pour Measures And Signature INTelligence). Informations fournies par les capteurs de détection NRBC,
sismique, laser ;
- le renseignement d’origine acoustique (ROAC). Informations provenant d’un capteur amplifiant le
son.

215
LE CYCLE DU RENSEIGNEMENT
Pour tout niveau de PC, on peut définir un cycle « générique » du renseignement, qui se déroulera de
manière plus ou moins exhaustive et élaborée selon les capacités disponibles et les besoins de la
manœuvre. Il se décompose en quatre phases successives qui sont l’ORIENTATION, la RECHERCHE,
l’EXPLOITATION et la DIFFUSION. (cf schéma).

Au cours de la phase d’ORIENTATION, qui commence le plus tôt possible dans le travail préparatoire de la
phase de l’opération, une première évaluation est effectuée sur les capacités et les intentions adverses,
fondée à partir des données existantes disponibles. Par confrontation avec l’analyse de la mission reçue, il
en résulte une définition des besoins en renseignement du commandement, dont les besoins prioritaires
du chef, qui sont traduits en faits et indices à rechercher. Ceux-ci feront l’objet de missions de recherche à
affecter aux différents moyens d’acquisition selon un plan, destiné à couvrir l’ensemble des besoins à
satisfaire. Ce plan tient compte, entre autres, des capacités des moyens de recherche, de leur
complémentarité et de leur sensibilité. Il est appelé Plan de Renseignement et de Recherche (PRR). Il
correspond au « Collection Plan » (CP) des états-majors de l’OTAN dans sa finalité.

La RECHERCHE repose elle aussi sur un processus cyclique visant à utiliser au mieux les sources et les
capteurs disponibles ainsi qu’à retransmettre à l’organisme demandeur les informations recueillies. Ce
processus, dont le rythme est adapté à chaque client, consiste en :
 la planification de l’emploi des moyens d’acquisition, qui donne lieu à la rédaction du Plan d’Emploi
des Moyens d’Acquisition (PEMA) ;
 l’exécution du PRR et sa mise à jour ;
 la rédaction éventuelle d'ordres de mise en œuvre ou d'ordres aux capteurs ;
 le suivi et la coordination de l’emploi des moyens de recherche ;
 la relance de la recherche par l’envoi de demandes de renseignement ainsi que d’ordres (Ordres «
DE », FRAGO). Ce travail est effectué en liaison étroite avec les analystes du B2 et les unités de
recherche.

L’ EXPLOITATION vise à transformer les données et informations brutes en renseignements par une série
d’opérations (traitement, production, présentation) menées de manière systématique en vue de tirer des
conclusions à partir de faits significatifs et fiables (exploitation opérationnelle). Elle débouche sur
l’appréciation de situation. Elle intègre la capitalisation du renseignement recueilli.

La DIFFUSION consiste à porter en temps utile les renseignements à la connaissance des différents
échelons de commandement intéressés sous une forme appropriée à leurs besoins et à leurs demandes.
Elle tient compte du besoin d’en connaître et du droit de savoir de chaque autorité destinataire. Ses
supports sont multiples et doivent répondre à des normes de standardisation. La vulgarisation de
l’information électronique via les SIOC permet également l’introduction des notions de renseignement tiré /
poussé.
Ce cycle peut être représenté par le schéma ci-dessous.

ORIENTATION

DIFFUSION RECHERCHE

EXPLOITATION

 Le cycle du renseignement est :


 déclenché par l’expression d’un besoin en renseignement,
 continu car il organise de manière cohérente et progressive la réalisation des besoins,
216
 réactif car il s’achève par la confrontation entre les besoins exprimés et les besoins satisfaits,
générant ainsi des besoins nouveaux ou une relance de la recherche,
 dynamique car chaque phase du cycle est activée en permanence mais sur des informations
différentes ; elle représente le point de départ d’activités relevant d’autres fonctions.

 L’évaluation
Évaluer une information, c'est la vérifier, la comparer à d'autres données pour, enfin, lui attribuer un degré
de crédibilité (cotation).

 La vérification
La vérification d'un renseignement est une analyse critique et objective de :
 sa VALIDITÉ, en fonction de l'origine de l'information, des circonstances, de la date et du lieu de
recueil, de l’ancienneté de l’information. L’appréciation de la validité de l’information peut affecter le
jugement porté sur la fiabilité de la source ;
 sa VALEUR, en fonction de la nature et de la précision des informations ainsi que de la proposition
de cotation qui l'accompagne éventuellement ;
 son INTÉRÊT, selon que le renseignement concerne directement ou indirectement la mission,
apporte ou non des éléments nouveaux à la connaissance présente de la situation.

 La comparaison
A cette vérification intrinsèque des renseignements doivent s'ajouter, pour atteindre à la meilleure
objectivité :
 le RECOUPEMENT DES INFORMATIONS concordantes recueillies par des moyens différents. Si
ceux-ci sont vraiment indépendants, c'est la confirmation la plus convaincante ;
 leur COHÉRENCE avec les informations déjà reçues ou avec le cadre de la mission en cours ;
 leur CONFORMITE : les informations peuvent être conformes à la connaissance de la doctrine ou
des procédés de combat de l’adversaire, à ses possibilités tactiques (armement, structures) sans
toutefois lui dénier toute capacité d'innovation ou d'initiative non conforme ;
 leur PERTINENCE : Même en cas de non conformité, l’information peut être jugée par rapport à la
connaissance acquise de l'adversaire, notamment son ou ses objectifs possibles, la situation
générale (terrain, météo, politique, etc.).
Ces quatre facteurs concourent à l’appréciation de la véracité de l’information.

 La cotation
La cotation consiste en une évaluation de la véracité de chaque élément d’information et de la fiabilité de
la source qui l’a fourni. Elle se fait par le biais d’une notation alphanumérique de chaque élément
d’information.

FIABILITÉ DE LA SOURCE VERACITÉ DE L’INFORMATION

A – totalement fiable 1 – corroborée par d’autres sources


B – habituellement fiable 2 – probablement vraie
C – assez fiable 3 – peut-être vraie
D – rarement fiable 4 – véracité douteuse
E – non fiable 5 – véracité improbable
F – la fiabilité ne peut être estimée 6 – la véracité ne peut être estimée

217
 Les critères sont :
- La fiabilité de la source : elle rend compte du degré de confiance que l’on a dans la source qui
transmet l’information. Elle suppose donc une expérience antérieure sur laquelle se fonde cette
confiance plus ou moins grande. Il faut noter que la question de la fiabilité d’une source ou d’un capteur
n’a de sens que dans le cas d’une source ou d’un capteur unique. La fiabilité de la source, quand elle
est appréciée, est notée de A à E et F. Il faut noter que la lettre F ne manifeste pas le plus bas niveau
de fiabilité, mais est utilisée quand on ne peut pas juger de la fiabilité.

- La véracité de l’information : elle rend compte du degré de confiance que l’on a dans l’information.
Cette véracité est appréciée en fonction du recoupement éventuel effectué, de la cohérence, de la
conformité, de la pertinence de l’information. La véracité est cotée de 1 à 5 et 6. La cotation 6 est
attribuée quand aucun jugement ne peut être porté sur l’information.

218
LES ZONES DU RENSEIGNEMENT

Zone d’intérêt du
renseignement

La notion de zone peut être :


- à tendance directionnelle face à un ennemi clairement identifié agissant sur une direction déterminée ;
- à tendance concentrique dans le cas de la maîtrise de la violence.

On distingue trois types de zones :


- la zone de responsabilité de renseignement (ZRR) : zone sur l’étendue de laquelle un chef a besoin
d’être renseigné sur les facteurs et les développements susceptibles d’affecter l’issue des opérations en
cours ou futures. Cette zone correspond généralement à la zone de responsabilité du chef pour la
conduite des opérations qui lui sont confiées au cours d’une même phase. Les limites de cette ZRR
seront fixées par l’échelon supérieur dans les ordres (plan simplifié/ordre d’opération) ;
- la zone d’influence (ZI) : zone dans laquelle le chef de niveau considéré est directement en mesure
d’influencer les opérations, grâce à la manœuvre ou aux systèmes d’appui feux qui se trouvent
normalement sous son contrôle ;
- la zone d’intérêt du renseignement (ZIR) : zone qui intéresse le commandant dans l’exécution de sa
mission ; elle englobe la zone d’influence et la zone de responsabilité et s’étend vers l’avant en territoire
ennemi pour inclure les objectifs des opérations en cours ou planifiées. Elle comprend aussi les zones
occupées par les forces de l’ennemi, susceptibles de compromettre l’exécution de la mission.

219
LA PRÉPARATION RENSEIGNEMENT
DE L’ESPACE DES OPÉRATIONS
Partie intégrante de la méthode renseignement des forces terrestres (MRFT), la préparation du
renseignement de l’espace des opérations (PREO) a pour but :
- d’assurer la contribution du bureau renseignement à la MEDO, en vue du choix d’une manœuvre. Son
produit final est l’élaboration de ME et la production d’un calque de décision élaboré conjointement avec
les autres bureaux de l’état-major ;
- de préparer la manœuvre du renseignement en cohérence avec la manœuvre interarmes, en vue de
satisfaire les besoins en renseignement décidés par le chef.

1. Étape 1 : analyse / synthèse


(vise à décrire les conditions d’exécution de la mission).

1.1 Analyse

 Mission

Points étudiés Conclusions renseignement

- En quoi notre mission contribue-t-elle au succès de celle de


Pourquoi ? l’échelon supérieur ?
But poursuivi par l’échelon supérieur. - Y a-t-il un effort renseignement particulier à mener ?
Étude de la manœuvre du supérieur
et des voisins.

- Étude des directives ou documents reçus de l’échelon supérieur ;


- appréciation de l’ennemi ou des adversaires de l’OPORD ;
- étude de l’annexe renseignement ;
Quoi ? - étude du PRR ;
Inventaire des effets à obtenir sur - tâches spécifiées pour le renseignement ;
l’adversaire, le milieu et
l’environnement. - tâches induites pour le renseignement :
- orientation de l’effort de l’étude du milieu, des adversaires ;
ères
- mise en alerte des unités de renseignement ou 1 orientations
en vue de la génération de force.

 Orientation initiale
À la suite de l’étude de la mission, une orientation initiale est donnée par le chef interarmes. Elle est suivie
par l’orientation donnée par le chef du bureau de renseignement à son personnel et à ceux qui participeront
aux études menées par ce bureau (cas où l’étude du terrain et de l’environnement est confiée au bureau de
renseignement). Cette orientation peut reprendre les points suivants :
- but du renseignement ;
- inventaire des tâches à réaliser ;
er
- 1 inventaire des contraintes et impératifs de renseignement ;
220
- prise en compte du PRR de l’échelon supérieur ;
- communication des différentes zones : zone d’action (ZA) ; zone d’intérêt (ZI) ; zone de responsabilité
du renseignement (ZRR), zone d’intérêt du renseignement (ZIR) ;
- présuppositions qui déterminent l’étude ;
- inventaire des études à mener, délais disponibles, travaux particuliers à préparer, niveau de détail
requis, zones à étudier ;
- détermination de la réunion de présentation des résultats des études (terrain, environnement,
menaces), en fonction de la MEDO.

 Compte-rendu initial et demandes de renseignement


À l’issue de cette orientation initiale, les officiers en charge de la planification font un premier compte-rendu
sur le renseignement de documentation disponible et les documents de planification reçus de l’échelon
supérieur, de manière à orienter les premières demandes de renseignement.

 Étude du cadre général de l’action


Cette partie vise à analyser les mêmes facteurs que dans l’étude du cadre de général de l’action définie par
la MEDO.

- Étude du contexte historique, du cadre politico administratif et juridique :


Si tous les aspects mentionnés ci-dessous intéressent le renseignement, la fourniture de l’information n’est
pas nécessairement de la responsabilité du bureau de renseignement. Celui-ci devrait normalement être en
mesure de fournir des éléments sur le contexte historique et les aspects politico militaires relatifs aux forces
adverses ou au pays hôte.

Points à Conclusions d’intérêt Conclusions pour


Aspects intéressants
traiter militaire le renseignement

- Histoire ancienne et raisons des - Prise en compte des


Contexte crises intérieures et internationales enjeux et des
historique du théâtre. motivations des
acteurs.
- Structures étatiques et régionales, - Identification de la - Attitude des
partis et leaders politiques, position des acteurs différentes
popularité ; par rapport à l’action parties et
- organisation et buts politiques des de la Force et conséquences
Cadre
différentes parties au conflit ; influence sur la sur l’emploi des
politico-
gestion de la crise capteurs.
militaire - calendrier électoral ;
(opposés, neutres,
- nations contributrices à la force ; favorables, indécis) ;
- influences régionales et - évaluation du risque
internationales sur les belligérants. dans le temps.
- Mandat de la Force ; - Justification de - Statut des
- accords sur le statut de la Force et l’action et prisonniers de
les contours de la mission ; détermination des guerre ;
limites ; - statut du
- accords régionaux et
Cadre internationaux liés à la crise ; - implications personnel de la
juridique potentielles de Force, dont les
- accords de coopération et de
nouveaux acteurs et capteurs.
défense ;
75
prise en compte de
- compétence locales du TPI ; menaces nouvelles ;
- règles juridiques locales et droit - règles d’engagement
coutumier. (ROE).

75
TPI : tribunal pénal international.
221
- Quand ? Évaluation du facteur temps et des délais

Dans une opération militaire, le raisonnement doit s’appuyer sur une analyse des événements prévus ou
prévisibles, et sur une analyse des délais, c'est-à-dire du temps disponible ou imparti à une opération ou
une action donnée. A ce stade de l’étude, il est indispensable d’analyser le temps et les délais du point de
vue des forces adverses et d’en tirer des conclusions.

Points étudiés Points à relever


Ce qui relève d’un cycle immuable et intangible (cycle des saisons, durée
jour/nuit, marées…).
Succession des Ce qui relève d’un cycle régulier et qui est sujet au changement dans les
événements dans le domaines culturel, religieux (cérémonies, anniversaires…), politique (sessions
temps. parlementaires, discours officiels, élections, commémorations…), économique
(récoltes, services de distribution…), social (départs en vacance…).
Délais. Les événements prévus, extérieurs à l’opération et qui s’imposent à elle (prises
de décisions internationales – vote de résolution -, dates d’arrivée des forces
amies sur le théâtre…).

Ce travail peut se traduire par la réalisation d’un tableau de synchronisation permettant de représenter
graphiquement la succession possible ou prévue des événements sur l’échelle du temps. Ce document
sera ensuite enrichi au fur et à mesure de l’analyse.

TABLEAU DE SYNCHRONISATION : à l’issue de cette étude, une ébauche de tableau de synchronisation


peut être réalisée. Elle sera ensuite enrichie au fur et à mesure de l’étude.

- Où ? Évaluation de la zone des opérations

But : cette étape doit permettre à l’état-major en général, et au bureau renseignement en particulier, de se
faire une représentation multidimensionnelle la plus objective possible des particularités de la zone des
opérations d’autant plus qu’elles sont d’une importance militaire pour l’accomplissement de la mission de
l’unité. Par souci de clarté et de gain de temps, cette représentation est faite avantageusement sous la
forme de calques (croquis d’analyse synthétique), parfois complétés par une rédaction ou un exposé oral
succincts développant les conclusions militaires.

État d’esprit : la représentation objective des particularités de la zone des opérations nécessite un souci
d’exactitude et non d’exhaustivité. En bref, une capacité à montrer l’essentiel d’une situation dans le temps
imparti.

Organisation du travail : le succès d’une étude réside dans la capacité à évaluer le temps disponible puis
à en déduire la faisabilité des calques. Il s’agit donc successivement :

- d’évaluer le temps disponible ;


- de sélectionner les facteurs les plus pertinents (priorité dans le traitement) ;
- d’identifier les lacunes (demandes éventuelles à adresser) ;
- de rédiger les calques (par thème et de synthèse) ;
- de rédiger les conclusions militaires.

L’étude conduite peut aussi être approfondie sur une portion particulière de la zone des opérations, en
fonction des besoins du chef interarmes. On peut être notamment appelé à effectuer des études
particulières sur des zones urbaines.

222
 Déroulement
er
1 temps
Préparation du fond cartographique de référence. Cartographie de référence.
Calque de référence (SICF).
Orientation de l’étude. Estimation du temps disponible,
sélection et hiérarchisation des
facteurs pertinents, identification
des lacunes et demandes
immédiates de renseignement.
Étude du terrain. Calques et cartes spécialisées
(relief, ossature du terrain,
Où ? densité de la population, mobilité,
Zone des obstacles.
opérations Étude météorologique. Tableau du climat.
(terrain et
environnement). Étude de l’environnement : étude des différents Calques thématiques.
systèmes, de leur importance relative et des Certains de ces calques peuvent
relations qu’ils entretiennent. être demandés à l’équipe TERA.
Étude de points particuliers (zones urbaines…). Calques.
e
2 temps

Élaboration de conclusions militaires et production Calque de terrain et


d’une synthèse. d’environnement (CTE).
Conclusions militaires : observation, champs de tir,
abris, camouflage, obstacles et zones de mobilité
caractérisées, terrains clés, avenues d’approche et
couloirs de mobilité.
Diffusion : Diffusion des calques et croquis d’analyse Transparents et feuilles.
- à l’EM ; comprenant une légende détaillée ou une légende SICF.
- aux simple accompagnée d’une description succincte.
subordonnés. Exposés succincts.

 Répartition des tâches


- Le G2 coordonne l’étape 1 dont le but est la production d’un ou plusieurs calques de synthèse de la
zone des opérations, basés sur les études spécialisées. Par ailleurs, il doit pouvoir disposer des
produits fournis par l’échelon supérieur ;
- l’analyse militaire du terrain est réalisée par la cellule géographie (terrain analysis ou TERA). L’étude
environnement est faite par les officiers des bureaux concernés. Selon le niveau, l’étude implique les
cellules d’appui géographique, 2D, NRBC, G4/MED, G9 (ACM), ALAT, AIR, météorologie… Dans les
états-majors ne possédant pas de cellule géographie, l’étude de la zone des opérations peut être
conduite a minima par un officier du bureau de renseignement.

(En complément de l’étape d’analyse décrite ci-dessus, on se reportera utilement au RENS 110 –
pages 22 à 39) pour le détail des études spécialisées qui peuvent être conduites).

 Précisions sur l’analyse du terrain


Son but réside dans la définition de ce que le terrain permet et ne permet pas à l’ennemi. La phase
préliminaire consiste à :
- rassembler la documentation sur l’ennemi et le milieu (cartes thématiques notamment) ;
- reporter les zones renseignement ;
- réaliser l’ossature de la zone d’intérêt ;
- faire apparaître dans la zone d’intérêt tous les points particuliers du milieu ;
- obstacles (villes, coupures, falaises, zones de végétation impénétrable…) ;
- réseau routier ;
223
- points particuliers du terrain (ponts, points hauts…).

Ensuite, il s'agit de déterminer :


- les zones d'approche (ou avenues d’approche) que sont les grandes directions de pénétration
possibles ennemies. Leur tracé sur la carte d'une zone donnée, permet d'envisager les zones
favorables au développement de la manœuvre ennemie. C'est un tracé qui évoluera au gré de la
météo, des activités réelles de l'ENI ;
- les couloirs de mobilité (CM) qui sont, à l'intérieur d'une même zone d'approche, le ou les itinéraire(s)
(ou faisceaux d'itinéraires) permettant les mouvements des colonnes ennemies. Leur tracé, plus précis
que celui des zones, permettra d'émettre des hypothèses sur les volumes ennemis pouvant les
emprunter et de préparer sur ces volumes, l'emploi des appuis AMI. On trouvera généralement
76
plusieurs CM dans une zone ;
- le terrain clé : c'est, à la convergence de plusieurs CM, la zone de terrain qui apportera un avantage
certain à celui qui la contrôlera. Ce peut être l'objectif terrain de l'ENI. Le chef interarmes pourra donc
désigner ce terrain clé comme terrain décisif s'il estime que, de sa conquête, ou de sa conservation,
peut dépendre la réussite de sa mission. La détermination de ce terrain clé peut, elle aussi, contribuer à
optimiser l'emploi et la coordination des appuis feux.

La technique de visualisation des zones d'approche, CM et terrain clé repose sur la superposition de
calques renseignés, et actualisés en permanence (en fonction notamment de la météo et des activités
réelles de l'ENI).

Ces calques sont établis après étude des facteurs suivants :

 Le facteur MOBILITÉ
Il s'étudie à partir des obstacles qui ont un impact direct sur les mouvements, c'est-à-dire tout ce qui
canalise, dévie, arrête la progression ENI.
Dans cette phase, on tiendra compte :
- des caractéristiques naturelles (sols, végétation, zones boisées, hydrologie, pentes, escarpements...) ;
- des ouvrages civils (routes, autoroutes, ponts, voies ferrées, aérodromes, canaux, zones bâties,
gares...) ;
- des aménagements militaires (obstructions, destructions, champs de mines, sites favorables aux
franchissements, zones de poser d'hélicoptères...).

Cette étude ne se limite pas à un simple inventaire, elle est menée en termes d'effets sur les modes
d’action et les conduites à tenir.

 Le facteur COMBAT
Le terrain est à étudier en termes de profondeur des champs de tir, profondeur des zones visibles (optique,
électronique, portée des radars), zones favorables au camouflage, autant d'éléments qui peuvent
apparaître sur transparents.

 Précisions sur l’analyse météorologique


Le but consiste à déterminer son impact sur la qualité du terrain et sur les opérations.
Les conditions METEO peuvent modifier les conclusions de l'analyse du terrain (une zone peut être
qualifiée de praticable si elle est sèche et devenir un marécage après d'importantes précipitations…). Ces
données peuvent s'illustrer graphiquement.
L'influence de la METEO étant permanente sur le milieu, elle se fait sentir sur la mobilité et l'emploi des
armes. Mais dans une zone donnée, les mêmes paramètres produisent les mêmes effets sur les forces
amies et ennemies. Les paramètres METEO ont un impact notamment sur les zones d'approche terrestres,
les opérations aériennes, les possibilités de tir à vue, les emplacements d'artillerie, le déplacement tout
terrain, les OAP/OHP, l’emploi d’armes NRBC…
Des calques thématiques sont réalisés et adaptés à la zone étudiée (par exemple : calque brouillard,
calque couverture nuageuse, calque vents dominants…). Ces calques tiennent compte des variations
saisonnières, disponibles sous forme de graphiques.

76
Par exemple, une zone d'approche de brigade contient au moins 2 CM de bataillon.
224
 Contre qui, malgré qui ? Étude des menaces
- But : cette étape précède la détermination des modes d’actions adverses. Elle vise à recenser et
analyser les menaces afin d’établir quelles sont leurs capacités tactiques actualisées. Ce travail
donnera une base objective à l’élaboration de ME plausibles et au choix des cibles ;
- Intérêt : cette étape doit permettre d’identifier les moyens, l’organisation, les capacités militaires et la
doctrine d’emploi ou les tactiques habituelles de chacune des menaces identifiées.

Étape Tâches Produits

- Identification des menaces ;


- Calques doctrinaux ;
- type (symétrique, asymétrique,
dissymétrique) ; - Organigrammes ;
- localisation ; - matériels majeurs et
caractéristiques.
- recensement des capacités.
Contre qui,
Analyse doctrinale (systémique) :
malgré qui ? Situation des forces et capacités,
Étude des - principales doctrines ;
compte tenu de l’état opérationnel.
menaces. - forces et faiblesses.

Conclusions :
- vulnérabilités critiques, moyens
Synthèse et présentation : caractérisation,
critiques ;
localisation, capacités, forces et faiblesses.
- centre de gravité et points
re
décisifs en 1 approche.

Analyse des menaces :


Quelles menaces, quelle doctrine ou modes opératoires habituels ?
A chaque type de menace correspond un recensement et une analyse doctrinale.

 Menaces de types 1 et 2 (symétriques ou dissymétriques) :


- Terrestres. La menace terrestre est décrite de la manière suivante :
Ennemi global : qui englobe la totalité des forces ennemies auxquelles peut faire face l'EM dans la phase
couverte par l'étude en cours.
Ennemi initial : celui qui sera rencontré le premier, par les unités de premier échelon,
Ennemi ultérieur : celui qui sera rencontré après l'ennemi initial. Généralement il s'agit du deuxième
échelon.
Ennemi futur : s'il existe, c'est celui qui pourrait intervenir dans la phase suivante, non couverte par la
planification en cours.
Ennemi en réaction : lors de l’analyse de ses capacités, de son dispositif actuel, on cherchera à identifier
la façon dont l’adversaire cherchera à conserver l’initiative, lorsqu’il sera confronté à l’action amie. La
solution la plus probable sera la constitution d’une réserve. L’échelonnement du dispositif peut aussi lui
permettre de prévenir les manœuvres adverses).

- Aériennes, maritimes, forces spéciales, NBC, missiles balistiques de théâtre.

 Menaces de type 3 (asymétriques).


- Menaces actuelles : Il s'agit des groupes connus pour avoir mené des opérations contre la force ou
s'opposant à sa mission ;

225
- menaces potentielles.

Pour toutes les menaces sont enfin étudiées les capacités, forces, faiblesses et vulnérabilités critiques.

 Avec qui ? ÉTUDE DES FORCES AMIES

Points étudiés Conclusions renseignement

re
Inventaire des moyens nécessaires au regard Il ne peut s’agir ici que d’une 1 approche des moyens
des tâches définies antérieurement. nécessaires à la manœuvre du renseignement. En effet,
lors du travail d’analyse des besoins en renseignement,
État des moyens. une vision plus précise des besoins en organes de
recherche sera possible.
Liste et état des organes de recherche disponibles dans
les différentes spécialités (interarmes, ROHUM, ROIM,
ROEM, RORAD…).

Conclusions Demandes de renforcement.


Aménagement de la zone de responsabilité
renseignement.

 Analyse de la balance des potentiels (RAPFOR)


Au cours de cette phase de la planification, le bureau de renseignement présente son analyse des
menaces en précisant les points suivants :
- recensement des différents systèmes adverses, localisation ;
- centres de gravité, points de cohérence ;
- capacité des systèmes dans les différentes fonctions opérationnelles (aspects qualitatif et quantitatif) ;
- vulnérabilités critiques ;
- moments de supériorité ou d’infériorité relative des différents systèmes.

Le bureau renseignement participe à la détermination des points décisifs.

 Conclusions partielles
Reprise de toutes les conclusions tirées des différents points étudiés précédemment.

Zones clés de la ZA

Points clés de l’environnement Contraintes et impératifs pour le renseignement.

Périodes ou moments clés


ère
Tâches renseignement à effectuer 1 approche des besoins en renseignement.

Demandes éventuelles Liées à la zone des opérations, aux organes de recherche de


renseignement.
Identification et localisation.
Etat des forces adverses Vulnérabilités critiques.
Capacités majeures des forces adverses (combat, renseignement).
re
Capacité des organes de recherche. 1 approche sur leur adéquation
Organes de recherche disponibles
à la mission.

226
1.2 Synthèse
Cette ultime étape de l’étude de la mission et du cadre général de l’action consiste, pour le bureau de
renseignement, à présenter les principales conclusions tirées de l’analyse, qui ont une influence sur le
choix de l’effet majeur du chef interarmes.
Le bureau de renseignement présente aussi ses conclusions sur la capacité des moyens de recherche à
satisfaire les besoins en renseignement qui restent toutefois à préciser.
Enfin, le bureau de renseignement présente les principales demandes à adresser aux échelons supérieurs
ou aux voisins en matière de renseignement.

2. Étape 2 : élaboration de la manœuvre


Le bureau de renseignement participe à l’élaboration des modes d’action de deux points de vue :
- MA : il participe, comme les autres fonctions opérationnelles, à l’élaboration des MA, du point de vue de
l’emploi des capteurs, en vue de l’élaboration de la manœuvre du renseignement ;
- ME : en tant que spécialiste des menaces, il doit imaginer, sur des bases aussi objectives que possible,
la manœuvre des forces adverses. Cela consiste à mener une véritable « MEDO ennemie »
débouchant sur l’élaboration des modes d’action ennemis ou ME.

Cette phase constitue le cœur de la PREO. Il s'agit de déterminer comment l'ENI appliquera sa doctrine
dans une situation donnée et sur un terrain donné, pondéré par la METEO, et d'en déduire une impression
sur l'ENI. De manière schématique, elle s'appuie sur la réalisation de 3 calques, ou gabarits (pour plus de
détail sur la réalisation de ces outils on se reportera au RENS 110 pages 89 à 109) :
- calque de situation qui vise à décrire le dispositif possible de l'ENI ;
- calque d'événements prévisibles qui tend à définir, dans le temps et dans l'espace, les actions
majeures prévisibles de l'ENI ;
- calque d'aide à la décision qui indique à quels moments le chef interarmes devra prendre les
principales décisions d'ordre tactique.

Réalisation des calques de situation


Le travail sur les ME servira à :
- valider les MA, par la confrontation MA/ME,
- orienter la recherche,
- écrire les plans ou les ordres d'opération.
Par conséquent, la présentation des ME doit s'appuyer sur les produits suivants :

2.1 Calque de situation montrant pour chaque ME :


- objectif, (un cartouche sur le calque),
- manœuvre envisageable, montrant :
- les actions des unités de combat,
- la position des unités d'appui et la portée des feux dans la profondeur ;
- réaction face à l'action amie.

2.2 Description littérale ou graphique :


Opérations dans la profondeur (c.à.d. la zone arrière du corps)
Défense de la zone arrière
Manœuvre logistique
Manœuvre des PC
Opérations particulières : Mise en œuvre des moyens ISTAR, NBC, AIR, OHP utilisation de menaces de
type 3 coordonnées.
Remarque : les calques de situation et le texte les accompagnant serviront de base à la présentation des
ME, dans le cadre de la MEDO ou de l'OPP.
227
2.3 Réalisation du calque d'évènements
Le calque d'évènements est un calque de synthèse élaboré à partir des calques de situation. Il fait
apparaître les éléments du calque de terrain et les ZIP (zones d’intérêt particulier ou NAI). La
superposition des graphiques des modes d'action fait apparaître des zones où sont susceptibles de se
produire ou pas des évènements que l'on souhaite observer (zones de différenciation de ME, zones de
déploiement de moyens critiques, cibles potentielles, zones clés, où l'on veut pouvoir surveiller toute
activité adverse).

2.4 Confrontation MA/ME et établissement du calque d'aide à la décision (decision


support overlay).
Lors de la confrontation des MA et des ME, dans le cadre de l'OPP ou de la MEDO, la présentation des ME
est de la responsabilité du G2.
La confrontation a pour but de vérifier que les MA permettent de faire face aux actions possibles des
adversaires, telles qu'étudiées par le G2. Cette confrontation peut se faire sous forme de matrice d'analyse
à l'aide de critère choisis par le chef interarmes. Elle peut aussi se faire par le moyen du wargaming. Seul
ce deuxième moyen nécessite d'être détaillé ici, afin de souligner ce qu'il implique de préparation et ce qu'il
apporte au renseignement.

2.5 Exploitation de la confrontation :


Calque de décision
Au fur et à mesure du jeu, le calque de décision est élaboré avec le G5 ou G3 puis validé par le général
adjoint opérations, avant d'être diffusé et utilisé pour la conduite.
Recherche :
La cellule recherche du G2 intègre les besoins en renseignement et les ZIP dans son plan de recherche.
Pour cela elle prend en compte au fur et à mesure du jeu les besoins en renseignement validés par les
joueurs.
Ciblage :
Le représentant du G2 au sein de la cellule chargée du ciblage répertorie les cibles possibles, afin de le
proposer ensuite au sein de la cellule chargée du ciblage. Il alimente ainsi pendant le wargaming sa base
de données des cibles potentielles. Lorsque des cibles auront été validées et proposées pour les
opérations de ciblage, Cette base de données servira, à alimenter le plan de recherche. Le représentant du
G2 au sein de la cellule de ciblage fera inclure au plan de recherche les cibles choisies, éventuellement il
fera programmer les missions de reconnaissance de dommages sur les cibles sélectionnées pour cela.

2.6 Présentation des besoins prioritaires en renseignement :


A chaque ME est associée une liste de besoins prioritaires en renseignement. Ceux-ci sont affinés et
précisés lors de la confrontation des MA et ME. Il revient au chef interarmes de les compléter et de les
valider.

Ce processus aboutit à la prise de décision de l’état-major :

- Choix du MA
Fort des résultats de l’analyse, le bureau de renseignement participe au travail de l’état-major consistant à
proposer un mode d’action ami. Cette participation doit répondre aux deux questions suivantes :
1- Quel est le MA qui produit les effets les plus décisifs sur l’adversaire, au regard de l’effet majeur choisi et
de la mission ?
2- Quel est le MA qui permet le mieux d’acquérir le renseignement ?
Fort de ces éléments de réponse, le chef du bureau de renseignement prend position et recommande
le MA qui lui semble présenter les meilleurs avantages, au regard de ces deux critères (effets sur l’ENI et
acquisition du renseignement). Au cours de cette séance de décision, selon le MA choisi, le chef du bureau
de renseignement fait valider les besoins en renseignement prioritaires du chef, qui serviront ensuite à
l’élaboration du Plan de Renseignement et de Recherche (PRR).

- Ordre préparatoire (Wng O)

228
Le choix du MA par le chef interarmes peut déboucher sur une mise en alerte des unités subordonnées,
parmi lesquelles les unités de renseignement. Celles-ci sont alertées au même titre que les autres unités de
combat, d’appui et de soutien (Wng O).

3. Étape 3 : orientation de la recherche

 But
L’orientation se fonde sur l’analyse des menaces et l’élaboration des modes d’action possibles de
l’adversaire, ainsi que sur les priorités décidées par le chef interarmes en matière d’efforts à produire au
cours de la manœuvre. L’orientation consiste donc à synthétiser les conclusions tirées de la PREO, dont
les ME, puis à recenser tous les besoins en renseignement exprimés pendant la MEDO et validés par le
commandement afin d’en planifier la satisfaction.

 Objectifs :
Le bureau de renseignement doit :
- élaborer une synthèse sur les menaces qui risquent de s’opposer à la Force ;
- recenser et organiser les besoins en renseignement, leur affecter une priorité, les traduire en faits et
indices à rechercher dans un temps et un espace donnés, y affecter des moyens de recherche et
préciser les modalités de transmission des informations recueillies.

Les produits de l’orientation sont :


- le paragraphe « Forces ennemies ou adverses » du corps de l’ordre ou du plan d’opération, ou le
paragraphe « Impression sur l’ennemi » du plan simplifié ;
- l’annexe « renseignement » de l’ordre ou du plan d’opération ;
- le plan de renseignement et de recherche (PRR) ;
- le PRR qui est un outil d’état-major propre au bureau de renseignement. C’est un document, sans
cesse remis à jour en fonction de l’évolution des besoins en renseignement et de la satisfaction de
ceux-ci.

Il comprend principalement trois parties qui répondent aux questions suivantes :


- pourquoi chercher ? (c’est le recensement des besoins en renseignement) ;
- pour qui chercher ? (c’est la mention des autorités qui ont exprimé le besoin en renseignement. L’heure
limite de fourniture des renseignements à ces autorités est précisée) ;
- quoi, où et quand chercher ? (liste des faits et indices localisés et datés correspondant à chaque
besoin) ;
- qui cherche (répartition des faits et indices à chercher entre les unités ou organes de recherche) ?

229
LES MOYENS DU RENSEIGNEMENT
1. L’organisation du renseignement en France
La nouvelle organisation du renseignement en France, issue du Livre blanc de 2008, est définie selon le
schéma ci-dessous :

Premier
ministre
Secrétaire
général

Coordonnateur
Chef d'état-major particulier national du
Conseiller diplomatique renseignement
Conseiller intérieur SGDSN

Conseil national
Ministère du renseignement Ministère des
Économie et (CNR) Affaires
Finances étrangères

TRACFIN
Ministère
du Budget Ministère
Ministère de DGGN
de la l'Intérieur
Défense
DNRED
DCRI

DRM DPSD
DGSE

230
2. La chaîne du renseignement militaire
La modification de la situation géostratégique en Europe, consécutive à l’effondrement de l’empire
soviétique a entraîné des mesures importantes de réorganisation avec notamment la création d’une
direction des affaires stratégiques (DAS) et d’une direction du renseignement militaire (DRM).

Ministre de la Défense
DPSD

DGSE

DAS

Chef d’état-major des armées


DRM

Chef d’état-major de l'armée


de Terre CERT

Relevant directement du Ministre de la Défense chargé des armées, la DAS a pour mission de procéder à
toute étude, analyse, synthèse et recherche prospective dans les domaines stratégiques, de proposer les
éléments d’appréciation sur les options possibles et d’en évaluer les conséquences à long terme, d’assister
le ministre pour l’élaboration des positions françaises dans les négociations internationales et les actions de
coopération.
Au niveau du chef d’état-major des armées, la DRM (direction du renseignement militaire) est chargée
d’élaborer et mettre en œuvre les orientations en matière de renseignement d’intérêt militaire, de satisfaire
aux besoins en renseignement d’intérêt militaire du ministre, des commandements opérationnels et
organiques, des organismes gouvernementaux concernés, de définir la formation spécialisée du personnel
et participer à sa gestion, en liaison avec les états majors concernés.
Les données du renseignement d’intérêt militaire terre (RIMT) sont exploitées par le centre d’exploitation du
renseignement terre (CERT) implanté au sein de l’EM/CFT afin de produire un renseignement de
documentation à fins de mise en condition avant projection (MCP).
Le centre d’enseignement et d’études du renseignement de l’Armée de Terre (CEERAT) se consacre à
l’enseignement et aux études doctrinales. Il dépend de la DRHAT/sous-direction formation et il est le pilote
de domaine pour la fonction renseignement.

3. Les moyens RENS des différents niveaux de commandement


Chaque état-major projeté dispose d’un bureau RENS qui portera le nom, en opération, de J2, G2, B2 ou
S2 selon le niveau considéré et parfois selon le contexte (national ou multinational).
Le B. RENS est subordonné au CEM. Il travaille en coordination avec le B3, le B5, le B4, etc. il travaille plus
spécifiquement au profit des B3, B35, B5, plus particulièrement lorsque l’un de ces bureaux devient
donneur d’ordres pour certains travaux (OPO, etc.).
L’effectif est d’environ 80 pour un G2/CA ou LCC, 30 pour un G2/division ou EMF et 15 pour un B2/brigade.

Subordonné au CEM, ses missions sont :


- participer au suivi global de situation dans la zone de responsabilité des opérations (ZRO) du chef
interarmes ;
- fournir le renseignement nécessaire à la planification des phases suivantes de l’opération ;
- proposer au chef, dans le cadre de la planification, une manœuvre de la recherche, en rédigeant un
ordre de recherche (O.R) ou Request For Information (RFI) ;
- fournir au B3 le renseignement nécessaire pour la conduite des opérations ;
231
- fournir le renseignement dédié, nécessaire aux autres fonctions opérationnelles ;
- faire valider (cycle du RENS) et entretenir les bases de connaissances et bases de données (théâtre) ;
- assurer la diffusion et la circulation de l’information selon les consignes du chef de CO et le plan de
diffusion ;
- assurer le suivi des objectifs tactiques pour préparer les actions relevant du ciblage.

PCIAT PLANIFICATION RECHERCHE ANALYSE SYNTH È SE DIFFUSION

LCC PLANIFICATION RECHERCHE EXPLOITATION É VALUATION

DIV RECHERCHE EXPLOITATION - PLANS

BRIG RECHERCHE EXPLOITATION

BAT OFFICIER RENSEIGNEMENT


DE RENSEIGNEMENT

Les brigades interarmes disposent d’unités de reconnaissance (EEI) et de moyens non spécialisés destinés
au renseignement de combat et d’une unité dédiée à cette recherche du renseignement, la BRB.
En particulier :

- brigades multirôles : un escadron d’éclairage et d’investigation (EEI) et une batterie de renseignement


de brigade (BRB) ;
- brigade d’engagement d’urgence parachutiste : un groupement de commandos parachutistes (GCP) et
une batterie de renseignement de brigade spécialisée (BRB-S) ;
- brigade d’engagement d’urgence de montagne : une unité de recherche humaine (URH 27) et une
batterie de renseignement de brigade spécialisée (BRB-S);
- des moyens du régiment d’artillerie, normalement dévolus au renseignement d’objectif : détachements
de liaison, d’observation et de coordination (DLOC) ;
- des moyens du régiment du génie dévolus au renseignement terrain ;
- détachement de liaison du régiment du génie (DLRG).

Le niveau de direction de l’opération disposera, en outre, de moyens de renseignement spécifiques à


d’autres fonctions comme :
77
- moyens d’acquisition du régiment d’artillerie LRM que sont les radars de trajectographie COBRA ;
- les radars sol-air des sections SATCP MISTRAL (NC1) ;

Les niveaux 1 ou 2 (LCC, division) peuvent disposer d’un ou plusieurs bataillons de renseignement multi-
capteurs (BRM) ou d’un ou plusieurs sous-groupements renseignement. Le BRM est une structure multi-
capteurs complète de circonstance mise sur pied dans le cadre d’une opération au profit du niveau
division. La constitution du BRM et de son PC est réalisée à partir de 3 régiments de la brigade de
e e e
renseignement, les 61 RA, 2 RH et 54 RT. Les composantes ROIM, ROHUM-R et ROEM-GE de ces
e
régiments constituent le BRM qui peut recevoir d’autres capteurs notamment du 44 RT. Il doit Acquérir -
Traiter - Transmettre l’information provenant des différents systèmes capteurs. Il s’agit de conduire la
recherche, de traiter l’information, puis de la transmettre au G2 pour qu’il exploite.

77
Counter Battery RAdar, capable de détecter, dans un secteur de surveillance de 90°, 40 batteries à 30 km en 2 minutes, avec une
précision de l’ordre de 100 m.
232
A titre d’exemple, la planche ci-dessous donne une composition possible du BRM :

4. La brigade de renseignement (BR)


La brigade de renseignement (BR) est une brigade d'appui des forces terrestres spécialisée dans la
recherche du renseignement et dans la géographie militaire permettant la prise de décision puis la conduite
de la manœuvre des divers échelons sur un théâtre d'opérations. Elle met sur pied à partir de son état-
major et de ses formations subordonnées des groupements de renseignement multi-capteurs intégrant des
centres de mise en œuvre (CMO RENS) colocalisés ou non aux centres opérationnels des forces
engagées et des moyens de recherche spécialisés.
e e e
La brigade est composée des 2 régiment de hussards (ROHUM), 28 groupe géographique (GEO), 44 et
e e
54 régiments de transmissions (ROEM-GE) et du 61 régiment d’artillerie (ROIM).
e
Le 44 RT, stationné à MUTZIG, est un régiment dédié au ROEM. Il est employé au niveau stratégique ou
opératif. Il développe plus particulièrement:
- une capacité d’interception et de localisation HF et SHF,
- une capacité d’interception et de traitement des satellites.
Il fait partie du dispositif de la posture permanente de sureté. Son « client » privilégié est la DRM.
Ses missions sont permanentes. Il peut surveiller les 2/3 de la surface terrestre. Il est constitué d’une
composante fixe et d’une composante mobile. Les moyens de la composante mobile sont projetés en
complément d’autres unités.

Le 54°RT, stationné à HAGUENEAU-OBERHOFFEN, est un régiment dédié à la GE, employé au niveau


opératif ou tactique. Il est principalement composé de 4 compagnies de guerre électronique identiques
équipées de différents systèmes capteurs (SGEA, LINX…) aptes à suivre la manœuvre tactique. Sa
233
mission est d’intercepter, de localiser, d’écouter, d’identifier les émissions VHF (30 à 300 MHZ) et UHF (
300 à 3000) et de les brouiller.

Le 2°RH, stationné à OBERHOFFEN, est le régiment blindé de recherche du renseignement de la brigade


de renseignement. Il met en œuvre les deux types de recherche de renseignement humain, le ROHUM-R,
le ROHUM-C et le traitement de sources humaines (TSH). Le 2°RH a pour vocation à agir dans la
profondeur d’un dispositif ennemi en s’infiltrant. Pour cela il utilise de manière très décentralisée et
autonome des patrouilles de VBL (Véhicule Blindé Léger). La patrouille de recherche blindée (PRB), qui est
l'élément de base est composée de 6 hommes et 2 VBL. La patrouille est capable de s'infiltrer de 25
jusqu'à 60 km, de jour et de nuit.
e
Stationné à Chaumont, le 61 RA a pour mission de fournir au chef interarmes et dans de courts délais, les
renseignements de situation et d'objectif nécessaires à la conception, puis à la conduite de sa manœuvre,
ainsi qu'au traitement des objectifs dans la profondeur. Il est le régiment de recherche par imagerie de
l'armée de Terre. Pour remplir sa mission, il met en œuvre 4 batteries de SDTI et il est équipé de moyens
de réception d'images de satellites.
ème
La vocation du 28 GG, stationné à OBERHOFFEN, est d’offrir à tous, états-majors et forces, l’appui
géographique utile à l’accomplissement des missions. Conseiller, donner les clefs de compréhension de
l’environnement géophysique de la zone d’action, fournir des cartes topographiques, thématiques, sous
forme papier ou numériques tels sont les missions qui lui incombent.
Les missions de la géographie comportent deux volets:
- l’aide à la décision qui regroupe toutes les missions permettant d’apporter au chef interarmes les
informations relatives à la connaissance de l’espace physique et du milieu humain indispensables à la
planification et à la conduite des opérations.
- l’appui direct, qui regroupe toutes les missions d’appui au positionnement, d’appui au mouvement, d’aide
au déploiement.

4.1 Le SDTI (système de drone tactique intérimaire)


Le SDTI est un système de recherche du renseignement, de surveillance et d’acquisition d’objectifs en
temps réel, par reconnaissance vidéo, de jour comme de nuit, à partir de drones courte portée évoluant à
basse altitude et à vitesse moyenne. La portée des liaisons de données est d’environ 80 kilomètres de la
station de contrôle. Son autonomie maximale en vol est de 4 heures.

Description du système :
Le SDTI est articulé autour de deux segments principaux :
- Une composante sol permettant de préparer, conduire et exploiter les missions confiées au SDTI tout en
assurant son soutien logistique.
- Une composante air articulée autour de drones (comprenant une charge utile et un véhicule aérien)
permettant d’accomplir la mission. Il dispose d’un système de préparation de mission offrant un temps de
réaction réduit.
e
Par rapport à ses prédécesseurs, son intégration dans la 3 dimension est facilitée par un certain nombre
de dispositifs actifs et passifs. De plus, sa capacité à conduire deux vols simultanés offre des possibilités
d’emploi élargies, notamment dans le domaine de la surveillance. Enfin, la possibilité technique de transfert
du drone entre deux stations de contrôle apporte souplesse d’emploi dans l’utilisation des moyens de
commandement et de contrôle, et permet de couvrir plus durablement une zone de responsabilité. Le profil
des missions sera toujours un subtil compromis entre les distances à parcourir et l’autonomie liée au
carburant. On peut ainsi avoir une durée utile de 4 heures à 50 km du site de lancement ou de 3 heures à
150 km avec des stations relais.

Deux types génériques de détachement peuvent être employés. Le premier correspond à une capacité
optimum, caractérisée par l’aptitude à durer et à manœuvrer du niveau de l’unité élémentaire (batterie). Le
second est considéré comme le détachement de base, ayant une capacité de manœuvre limitée, une
autonomie logistique et des capacités moindres en termes de mission. Ce détachement correspond au
niveau section.

234
Capacités Détection Reconnaissance Identification

Caméra 11 800 m 4 200 m 2 200 m

IR 8 800 m 3 800 m 1 800 m

La transmission se fait en temps réel entre l'ALT et la station de réception au sol jusqu'à 80 km (150 km
avec relais). Age du renseignement TR : 5 à 10 minutes.

L'unité d'emploi et de mise en œuvre est soit la batterie qui peut réaliser 3 missions par jour ou la section
qui peut réaliser 2 missions par jour.

4.2 Le DRAC
Voir chapitre BRB.

235
L’ESCADRON D’ECLAIRAGE
ET D’INVESTIGATION
1. L’escadron organique et l’escadron renforcé
L’armée de Terre compte 6 escadrons d’éclairage et d’investigation (EEI), répartis dans les brigades
78
multi rôles et rattachés organiquement à un régiment blindé . Ils constituent le moyen de
renseignement non spécialisé le plus adapté au niveau 3.

Permettant des articulations modulables, l’EEI comprend organiquement :


- un peloton de commandement et de logistique (PCL) ;
- trois pelotons d’éclairage et d’investigation (PEI) à quatre patrouilles et un véhicule d’allègement.

Renforcement d’un peloton ou d’une section

Si l’EEI ne comprend plus organiquement que 3 PEI, le renfort d’un peloton d’appui-direct (PAD), d’un
peloton de cavalerie blindé (PCB), d’un peloton de reconnaissance et d’intervention antichar (PRIAC)
ou d’une section d’infanterie reste nécessaire pour son emploi opérationnel en structure quaternaire.
Ce renforcement est adapté à la situation d’emploi de l’EEI. En attente d’une mise à jour du manuel
d’emploi de l’EEI, l’ABC 35-411, Edition 2010, sert de référence (au PAD près qui n’est plus
organique).

Le PCL est également équipé d’un VLTT P4 et d’un véhicule SAN de type J5.

78
Les brigades d’engagement d’urgence ne comptent pas d’EEI.

236
237
238
Articulation possible

Organique Emploi

3 PEI
Emploi organique classique. Le
PAD est conservé entier pour avoir
une plus grande capacité de combat
au profit de l’UE et pouvoir intervenir
sur toute la ZA ou, à l’inverse, mener
1 PAD une action autonome.

Formation d’un peloton anti-char


2 PEI de circonstance. Ce peloton peut
être formé en regroupant les pièces
MILAN sous les ordres du même chef
de peloton, les patrouilles d’éclairage
1 PAC de ce peloton étant réparties dans les
deux autres PEI. Ainsi, le CDU
conserve 4 pions de manœuvre et les
deux PEI ont suffisamment de
patrouilles pour manœuvrer. Cette
articulation est particulièrement
1 PAD adaptée lorsqu’un fort appui est
nécessaire.

PAD réparti entre les PEI afin


d’augmenter leurs capacités de tir,
protection et personnel à terre en plus
de leur capacité initiale de
3 PEI
manœuvre. Les pelotons sont ainsi
renforcés
plus autonomes et capables
d’engager le combat à leur niveau en
jouant sur la complémentarité
acquisition–feu.

1 PEI

et
Système mixte permettant à l’UE de
3 conserver 4 pions de manœuvre tout
pelotons en donnant aux pelotons une forte
mixtes autonomie en termes d’acquisition-feu
et donc de réaction.
Cette articulation permet également
OU
de détacher un peloton tout en
conservant une cohérence à l’unité.

239
2. Cadre d’emploi
L’escadron d’éclairage et d’investigation (EEI) est une unité spécialisée dans l’acquisition du
renseignement à courte et moyenne portée au profit du niveau tactique terrestre pour lequel il est
engagé. Unité essentiellement destinée à la recherche du renseignement ou à la surveillance, en
coopération étroite avec les autres moyens ou capteurs, n'engageant qu'exceptionnellement le
combat, l'EEI concourt à la sûreté rapprochée de la grande unité d'emploi.

L'EEI est très mobile, souple d'emploi, discret, économique et apte à remplir ses missions de jour et
de nuit. Bien que le combat ne soit pas sa vocation première, il doit être en mesure d'agir brutalement
et par surprise sur des objectifs faiblement protégés. Il doit également saisir toute opportunité pour
infliger des pertes à un adversaire, même blindé, sous réserve de mener des actions violentes et
courtes, suivies d'esquives brutales. Sa zone d'action privilégiée se situe au-delà de la ligne avant de
sa grande unité d'appartenance, sur une profondeur allant jusqu'à 40 km, correspondant à la limite
actuelle d'appui des feux terrestres.

L'escadron d'éclairage et d’investigation est structuré pour :


- renseigner en avant, sur les flancs ou sur les arrières ;
- renseigner sur les possibilités de franchissement ;
- surveiller un secteur ou un intervalle ;
er
- renseigner sur le 1 échelon tactique adverse ;
- exploiter sans délai le renseignement en détruisant par surprise un objectif vulnérable ;
- mener une action de feu sans se laisser accrocher ;
- participer à des actions de contrôle du milieu ;
- agir dans un cadre interarmes pour constituer, à la demande, un sous groupement avec les unités
de mêlée, agir en complémentarité avec l'ALAT, faciliter l'action du génie, de l'artillerie ou d'un
escadron de circulation.

Il lui est, en revanche, difficile de s'infiltrer dans la profondeur d'un dispositif adverse organisé car il ne
dispose ni de l'autonomie logistique suffisante ni des moyens de communication ou de feux lui
permettant de garantir sa survivabilité.

 L’EEI, unité organique d’aide à l’engagement de la BIA


L’escadron d’éclairage et d’investigation participe au contrôle du milieu et à la recherche du
renseignement par :
 des actions de surveillance tous temps (embarquée et débarquée), sur des sites, des points
de passage obligés ou des intervalles ;
 des entretiens élémentaires avec la population et les autorités locales.
Il recherche le renseignement, au besoin par le feu, en allant au contact et en obligeant l’ennemi à se
dévoiler.
Il mène des actions embarquées et débarquées de découverte dynamique plus ou moins furtives
(éclairage, jalonnement, patrouille, reconnaissance). Son intervention peut nécessiter une phase
initiale de déplacement (mouvement sur axe non sécurisé, infiltration, héliportage, etc.), le plus
souvent nocturne.
Il cherche à exploiter au plus tôt un renseignement ou une situation pour prendre l’ascendant sur
l’adversaire. Cela le conduit à mener des interventions rapides et des actions ciblées comprenant des
phases de combat et de destruction/neutralisation – au minimum de fixation - d’un ennemi qui sera
pris en compte par des unités de niveau supérieur ou les appuis.
L’EEI se caractérise donc par sa polyvalence, son autonomie et sa capacité à agir isolément ; il
détient des savoir-faire spécifiques d’acquisition du renseignement tactique, de réaction immédiate
mais également d’action et de protection ciblées. Ces qualités et capacités en font un outil d’aide à
l’engagement incontournable pour la BIA.

240
Le tableau suivant détaille les missions remplies par l’EEI qui entrent dans le cadre de l’aide à
l’engagement.
CAPACITES-
ACTIONS – MISSIONS DE L’EEI EN AIDE A L’ENGAGEMENT
TYPES AE
- reconnaissance spécialisée et capacité d’exploitation immédiate ;
Reconnaissances
- reconnaissances techniques (renforts génie) ;
techniques et
tactiques - constitution de dossiers d’objectif, actualisation du renseignement au profit de
capteurs spécialisés.
Sûreté au profit - surveillance des intervalles, des axes de jonction entre zones contrôlées ;
des forces - flanc-garde et couverture ;
principales - contre-reconnaissance ; éclairage.
Saisie, - infiltration, puis saisie, neutralisation ou destruction d’objectif dans la
sécurisation ou profondeur ;
neutralisation - bouclage d’une zone ;
d’objectifs - détection, identification puis guidage d’unité sur objectif ;
particuliers - harcèlement de groupe rebelle, coupure de flux logistiques.
- renseignement d’ambiance au milieu d’une population ;
- identification des relais, réseaux et systèmes locaux de pouvoir et d’influence ;
Renseignement
au contact, sur la - détermination des intentions et capacités de l’adversaire ;
zone d’intérêt du - fouille ou appui à la fouille d’une zone ;
SGTIA, du GTIA - prise de contact avec un adversaire, confirmation de son dispositif par le feu,
ou de la brigade maintien du contact et actualisation du renseignement pour prise en compte par
l’échelon supérieur ou l’élément d’appui.

- escorte de ressortissants ;
- évacuation de belligérants sous protection ;
Protection de
- accompagnement d’autorités (à pied ou en véhicule) ;
personnes
- protection d’autorités et de bâtiments administratifs locaux ;
- sécurisation de zone de rendez-vous, de zone d’évacuation, d’évènement.
Guidage d’unités - recherches d’itinéraires d’infiltration, d’exfiltration, de contournement ;
sur objectif - accueil et guidage d’unités sur objectif, protection du repli de la GU.
- détection, identification, localisation et désignation d’objectifs aux appuis ;
Coordination et
- actualisation du renseignement, suivi et maintien du contact avec un objectif
guidage des
pour guidage des appuis ;
appuis
- renseignement de dommages79.

L’EEI peut aussi dans certains cas, sur ordre du COMBRIGADE, former un peloton d’aide à
l’engagement (PAE) au profit d’un GTIA de la brigade. Ce PAE est constitué autour d’un PEI et selon
les principes du DIA. Il peut comprendre 2 à 4 patrouilles VBL, 1 à 2 GAD. Le choix des modules
interarmes à intégrer dépend de la mission et des expertises nécessaires pour la remplir.
Les limites de constitution de ce DIA blindé/AE sont :
- 5 subordonnés maximum ;
- 1 à 2 éléments interarmes maximum ;
- des conditions précises de subordination (TACON, le plus souvent) ;
- des délais de constitution suffisants (plus ou moins longs en fonction des apports IA).

79
BDA, battlefield damage assessment.

241
 Place de l’EEI dans la chaîne du renseignement
L’EEI a la spécificité de pouvoir exploiter le renseignement de contact qu’il a acquis comme formation de
recherche humaine (blindée tactique). Son action porte sur la découverte de l’intention adverse, notamment
en déterminant les rapports de force locaux.

Tout particulièrement employé au sein de la population, il cherche à identifier ses intérêts et ses réactions
quant à l’emploi des forces amies dont il contribue ainsi à légitimer l’action, tout en décrédibilisant celle de
l’adversaire identifié.

L’EEI contribue à la manœuvre du renseignement au niveau tactique dans la zone de responsabilité de


renseignement de sa brigade (ZRR). Il reçoit des ordres élaborés par le B3 en lien avec le B2. Son action
s’inscrit dans le plan de renseignement et de recherche (PRR).

L’EEI, inscrivant son action tant dans la recherche humaine sans contact (ROHUM-R) que dans la recherche
humaine élémentaire, peut exécuter les missions, procédés ou savoir faire principaux suivants :

 reconnaissance spécialisée : la reconnaissance spécialisée est une reconnaissance dont le but


est de satisfaire des besoins en renseignement précis qui découlent généralement de directives de
renseignement particulières. La reconnaissance spécialisée peut comprendre des reconnaissances
de zones et, lorsque les conditions et le commandement le permettent, une reconnaissance
rapprochée d’objectifs, voire l’armement de postes d’observation ponctuels installés discrètement.
Des techniques de photographie ainsi que d’autres techniques d’imagerie peuvent être mises en
œuvre pour compléter l’observation visuelle. Ces actions peuvent être conduites de manière discrète
ou furtive, en zone amie comme en zone hostile en fonction du niveau de permissivité ;

 recherche du renseignement d’alerte, de sûreté ou de dommages ;

 élaboration de dossiers d’objectif succincts ;

 élaboration de fiches VIP succinctes.

Coopération EEI/BRB
L’EEI et la BRB ont fréquemment l’occasion de travailler l’un au profit de l’autre en fonction de la mission
renseignement à remplir :

 avec les capteurs techniques de la BRB, que l’EEI peut éventuellement protéger (mise en place,
récupération, extraction) et dont il peut orienter les recherches puis les suivre, les préciser, les
compléter et les confirmer ;

 avec les capteurs de recherche conversationnelle, pour lesquels il dégrossit la recherche en prenant
des contacts avec la population locale puis en identifiant les relais d’influence et enfin en gérant ces
contacts par des conversations élémentaires avec ou sans interprète ;

 l’EEI peut devoir simplement assurer ponctuellement la protection des capteurs situés dans sa ZA.

Subordinations possibles
Certains capteurs techniques peuvent être placés ponctuellement sous OPCON de l’EEI lorsqu’ils
complètent son dispositif pour l’appuyer dans la réalisation d’une mission déterminée :
- les radars :
- avant chaque débouché (en particulier ECLAIRER, RECONNAITRE) si les besoins de
discrétion sont compatibles ;
- pour compléter une mission de surveillance si le terrain s’y prête.

- les drones : peuvent permettre de compléter le dispositif (surveillance latérale), de pré alerter l’escadron
(surveillance au plus loin), voire d’éclairer la progression de l’EEI dans les missions d’ECLAIRAGE, de
RECONNAISSANCE, de JALONNEMENT, de SURVEILLANCE, de CONTROLE de secteur, ….

Lorsque des capteurs agissent indépendamment mais dans la ZA de l’EEI (comme pour toute autre unité),
ils seront avant tout placés sous TACON, l’escadron assurant alors simplement leur protection et assumant
la responsabilité de la coordination.
242
Inversement, un PEI peut être ponctuellement affecté à la protection de certains capteurs de la BRB, et
placé pour cela sous TACON de la BRB.

3. Principes d’emploi
3.1 Principes généraux
Chercher à obtenir le renseignement sans combat
- en mettant l'accent sur l'observation et sur la discrétion ;
- en profitant ainsi de toutes les possibilités de surveillance et d'infiltration discrète.

Éviter de se laisser fixer ou accrocher.


Le combat n'est engagé que dans des circonstances favorables (surprise et terrain) ou dans des cas
particuliers (par exemple : dans la marche à l'ennemi, tenir temporairement un point de passage en
attendant l'arrivée du premier échelon de la division…).

Emploi groupé
80
En règle générale, on emploie l'escadron groupé sans modifier l'articulation des pelotons d'éclairage.

3.2 Principes d’emploi particuliers

 L'escadron d'éclairage et d'investigation s'engage groupé


L'EEI peut s'engager sur un front de 25 à 30 km, comportant 2 à 3 axes principaux et agir jusqu'à une
distance de 20-25 km, environ, en avant des unités de premier échelon de la brigade. Le maintien des
liaisons peut imposer le dédoublement du PC de l'escadron et la mise en place d'un relais radio.

80
Toutefois, dans certains cas très particuliers, il est possible de renforcer un peloton avec un groupe MILAN ou de regrouper les
MILAN aux ordres de l'officier adjoint.
243
Formation Avantage Inconvénient Emploi
- rapidité de - vulnérabilité - déplacement à
déplacement. . distance de
l’ennemi.

Colonne
1-1-1

AD

- formation très - réduction du - ENI peu


réactive qui fuseau probable ou
permet de se couvert. connu.
Carré réorienter plus
rapidement
2-2 dans une
A
D
direction
différente.

- permet de - Progression - ENI très


Triangle couvrir un moins probable.
base en fuseau plus rapide.
avant large ;

3-1 A - soutien interne.


D

- permet de réagir - réduction du - ENI très


à tout imprévu, fuseau probable ou,
en particulier couvert ; peu connu ;
lorsque
- dispersion - pas ou peu
2 l’escadron agit
des d’appuis
échelons isolément.
moyens ; disponibles.
et une
réserve - risque de
redondance
2-1-1 A de la
D réserve
avec le
niveau
supérieur.

244
Normes d'engagement de l'EEI
Mission Zone d'action maximale
renseignement
Renseigner dans une zone 1000 km²
Renseigner dans la profondeur tactique 15 x 40 km
offensive
Eclairer 4 à 6 axes, 20 x 40 km
Guider une unité sur objectif quelques dizaines de km
Reconnaître 10 à 15 km x 40 km
Prendre et préciser le contact
S’emparer d’un point
S’emparer d’un point-clef dans la profondeur
défensive

Flanc-garder 10 à 15 km de front
Surveiller 30 km
Interdire 1 à 3 axes principaux
Défendre
Jalonner 10 km x 40 km
sécurisation

Contrôler un secteur (un itinéraire) 400 km² (30 km ou 2 x 20 km)


Ouvrir un itinéraire 30 km (ou 2 x 20 km)
Protéger (convoi, population, individu…) 1 convoi sur 40 km
Boucler 30 km
Ratisser
Harceler
Intercepter
Poursuivre
Mener une patrouille de reconnaissance et de combat

245
 Le peloton d’éclairage est généralement non dissocié
Il s'engage sur une zone de 5 à 10 kilomètres de front, comportant un axe d'effort principal.
Il agit dans cette zone sur un itinéraire principal et, si nécessaire, un itinéraire secondaire. Il agit
généralement dans le cadre de l’escadron mais peut être donné en renforcement à un groupement à titre
temporaire.

- La patrouille d’éclairage
Cellule de base de l'escadron ayant pour vocation l’acquisition du renseignement, elle agit toujours dans le
cadre du peloton sur un seul itinéraire. De nuit, elle peut se déplacer grâce aux moyens de conduite des
VBL et se servir de son armement antipersonnel (Mit. 12,7) ou anti véhicule (AT4).

- La patrouille MILAN
Elle constitue l’élément de tir AC à moyenne portée du peloton. Elle agit généralement dans le cadre de son
peloton. La patrouille MILAN peut être scindée pour former une patrouille mixte MILAN - Mit. 12,7 aux ordres
du chef de patrouille AC.

4. Missions
Missions à dominante Missions à dominante
Procédés particuliers
Renseignement Sûreté

- Renseigner sur les itinéraires ; - Contrôler une zone ; - Participer à un dispositif de


- renseigner dans la profondeur - surveiller un point, une recueil ;
tactique ; direction, une zone ; - être recueilli.
- renseigner dans une zone ; - surveiller un flanc sur une
- éclairer dans un intervalle ; direction ;
- jalonner ; - ouvrir un itinéraire ;
- reconnaître et surveiller les - protéger un itinéraire ;
abords d'une zone contaminée. - escorter un convoi.

246
Mode tactique offensif
Missions EEI
Mode d'action
de la BIA Principales
Secondaires
(dont aide à l'engagement)

éclairer ; reconnaître ; prendre et préciser le contact ;


Reconnaissance
couvrir ; flanc-garder ; s'emparer d'un point dans la s'emparer d'un point
offensive
profondeur.

éclairer ; reconnaître ; prendre et préciser le contact ; harceler, s'emparer d'un


Attaque couvrir ; flanc-garder ; s'emparer d'un point dans la point ; guider une unité sur
profondeur ; renseigner dans la profondeur tactique. objectif ; interdire ; boucler

éclairer ; guider une unité sur objectif ; s'emparer


Raid d'un point dans la profondeur ; renseigner dans la harceler
profondeur tactique.

éclairer ; reconnaître ; prendre et préciser le contact ;


Conquête de
couvrir ; flanc-garder ; s'emparer d'un point dans la s'emparer d'un point
zone
profondeur ; renseigner dans la profondeur tactique.

Mode tactique défensif


Missions EEI
Mode d'action
de la BIA Principales
Secondaires
(dont aide à l'engagement)

surveiller ; interdire ; défendre ; flanc-garder ;


Défense de zone harceler
jalonner ; renseigner dans la profondeur tactique

surveiller ; interdire ; défendre ; flanc-garder ;


Défense ferme harceler
jalonner ; renseigner dans la profondeur tactique
harceler ; surveiller ; interdire ; défendre ; flanc-
Défense d'usure garder ; jalonner ; renseigner dans la profondeur
tactique
harceler ; surveiller ; interdire ; défendre ; flanc-
Couverture garder ; jalonner ; renseigner dans la profondeur
tactique

247
5. Principaux modes d’action
Zones d’action et
Mission But Procédés Formations
d’engagement

S'assurer, sur les itinéraires fixés - parcourir en totalité l'itinéraire


par le commandement, de leur prévu pour les unités de tête ; (largeur x profondeur) 3 pelotons d’éclairage et
Renseigner sur les viabilité et de la présence er
- devancer 1 ECH de 20 à 25 km ; d’investigation (PEI) en 1 seul
itinéraires éventuelle de l'ennemi afin de - CR de la présence ENI en évitant échelon (6 itinéraires
2
permettre un mouvement sûr, 15 x 25 km maximum).
l'accrochage et en recherchant
rapide et continu des unités amies. des itinéraires de débordement.

Rechercher RENS dans profondeur L’EEI peut déployer ses


er
du 1 ECH ENI pour déceler les Décentralisation jusqu'au plus bas pelotons soit :
Renseigner dans la 2
objectifs majeurs ou préciser leur niveau. 15 x 40 km
profondeur tactique - des lignes successives ;
position et pour détecter l'arrivée
de renforts éventuels. - dans des fuseaux.

En maîtrise de la violence, recueillir


Renseigner dans une des informations concernant Répartition de la zone entre les 3 2
zone l'évolution de la situation dans une PEI. 1 000 km
zone.

- Progression rapide (puis en 4 à 6 axes, En fonction TRN et situation :


2
sûreté) ; 20 x 40 km on
Faciliter l'engagement des unités - colonne de p (vitesse) ;
Éclairer de premier échelon de la grande - recherche du contact visuel avec
Ambiance vitesse : - 3 PEI en tête (« ratissage ») ;
unité. l'ENI ; 20 à 30 km/h - 2 ECH avec 1 PEI en SOUT
- RENS sans engagement du Ambiance sûreté :
10 à15 km/h
(ENI suffisamment localisé).
combat.

Permettre : - Progresser au rythme de l'ENI


- la connaissance des axes (10 à 15 km/h) ; -2 PEI en tête ;
2 à 4 axes,
d'engagement de l'adversaire et le 2 - 1 PEI en 2e échelon, scindé
Jalonner - SURV en permanence ; 15 x 30 km
suivi de sa progression ; en 2 éléments agissant chacun
- éventuellement, d'identifier ou de - RENS avec précision ; au profit d'un PEI de tête.
confirmer la direction d'effort. - infliger, si possible, des pertes.

248
Zones d’action et
Mission But Procédés Formations
d’engagement

Fournir RENS sur le contour,


Reconnaître et l'étendue et le degré de
2
surveiller les abords contamination d'une zone, réaliser zone de peloton : 4 km ou 3
Partager la zone entre les PEI. 9 itinéraires
d'une zone le marquage de cette zone puis itinéraires
contaminée installer un dispositif de
surveillance des abords.

Rechercher le renseignement, -Répartition zone entre 3 PEI ;


Assurer la sûreté sur les arrières 2
Contrôler une zone surveiller les points sensibles, 400 km -possibilité de constituer une
de la grande unité
intervenir. réserve AC (pat. MILAN).

Participer à la sûreté de la grande Envoi de patrouilles chargées de


Surveiller un point, unité en lui permettant, par l’alerte, l'alerte vers l'avant, au plus près 6 à 9 points,
er
une direction, une de se mettre à l'abri des surprises derrière les PEI, regroupement 20 km, PEI en 1 échelon.
2
zone et de disposer de délais de réaction éventuel des patrouilles AC en 15 x 10 km
nécessaires. échelon de soutien.

En surveillance mobile, les PEI


progressent par « déboîtements
Surveiller un flanc 2 er
Idem successifs » pour assurer une 15 x 10 km PEI en 1 échelon.
sur une direction
action permanente face à la
direction dangereuse.

249
LA BATTERIE DE RENSEIGNEMENT
DE BRIGADE (BRB)

- La batterie de renseignement de brigade est une unité organique, placée directement sous les
ordres de l’état-major de la BIA. Elle est, d’un point de vue fonctionnel, rattachée au régiment
d’artillerie de sa brigade.
- Composée d’1 section de commandement et de 4 sections de capteurs d’origine différente, elle a
pour mission d’acquérir le renseignement ou les informations nécessaires à la brigade, par une
manœuvre multicapteurs, entièrement dépendante et intégrée à la manœuvre interarmes.
- Engagée de manière organique, sous les ordres de son commandant d’unité, elle peut, aux côtés
de l’escadron d’éclairage et d’investigation (EEI), former un sous-groupement renseignement
(SGR), commandé directement par l’état-major de la brigade. Elle peut également être détachée
auprès d’un ou de plusieurs GTIA, sous la forme de détachement multicapteurs de circonstance.
- Il existe 6 BRB identiques pour les brigades multirôles et de décision ainsi que deux BRB
spécifiques pour les brigades d’engagement d’urgence.

Aux côtés des BOI des régiments d’artillerie, le B2 de la brigade est responsable de l’instruction et de
la préparation OPS de la BRB.

1. La BRB au sein de la BIA

Légende :
SOA : section opérations analyse
BRB : batterie de renseignement de brigade

250
Selon les brigades, la SOA est dissoute au sein du B2. A terme, la SOA n’existera plus. Le B2 sera
composée d’une section recherche, d’une section analyse et d’une section production, commandées
par un chef B2 et son adjoint. (Cf. diagramme § 2.5).
DAR : détachement d’appui renseignement
ROHUM-C : renseignement d’origine humaine – conversationnel
DRAC : drone de renseignement au contact
RASIT : radar de surveillance des intervalles

Ces sections, sous les ordres de leur commandant d’unité, agissent dans le cadre espace-temps de la
BIA. Elles peuvent être ponctuellement adaptées, sous la forme de détachement multicapteurs,
auprès d’un GTIA, voire d’un SGTIA.

2. Composition de la BRB
La BRB est composée d’une section commandement et de 4 sections monocapteur. La section
commandement, particulièrement importante, notamment dans le domaine des SIC, a pour mission de
coordonner la manœuvre multicapteurs, de gérer les flux d’informations vers la brigade et vers les
capteurs, et de gérer la logistique des éléments de la batterie.
Chaque section monocapteur a vocation à être employée de façon organique ainsi que sous les
ordres du PC de la batterie, mais peut également détacher ses capteurs et en accueillir d’autres pour
former des détachements multicapteurs.

2.1 Section Renseignement d’origine humaine (ROHUM)

 Structure

 Missions et procédés

La section ROHUM-C met en œuvre les procédés de la recherche humaine conversationnelle. Le


cadre d’emploi des équipes de renseignement d’origine humaine conversationnel (ROHUM/C) s’inscrit
dans le cadre du renseignement humain, à partir de sources humaines. C’est un cadre régulier de
soldats en uniforme et il n’est jamais lié aux opérations clandestines ou en civil. Une fonction de

251
convenance, validée par le chef interarmes et cohérente avec leurs procédés, sera attribuée aux
équipes avant l’arrivée sur le théâtre.

Elle s’appuie sur les procédés suivants :


- la gestion des contacts : construire et/ou entretenir, dans la zone de responsabilité de la force, un
réseau de personnalités susceptibles d’apporter, consciemment ou non, des informations
répondant aux besoins en renseignement de la force, en établissant des relations humaines avec
l’objet d’exploiter ces sources consentantes, d’une manière contrôlée et systématique, en vue
d‘obtenir des informations sans que cela soit porté à la connaissance de tiers ;
- l’entretien spécialisé : mener un questionnement préparé et formalisé d’individus, sélectionnés et
consentants, effectué par du personnel spécialement entraîné, en vue de recueillir des
informations pertinentes.

2.2 Section Renseignement d’origine image (ROIM)

 Structure
La section ROIM est composée de d’une équipe commandement et de 2 groupes à 2 équipes DRAC.

EQUIPE

252
 Missions
- Emploi :
Le système DRAC est un moyen d’observation à
courte portée (max 10 km) destiné à collecter et à
transmettre des images ou des photos, de jour
comme de nuit, en temps réel. Ces informations
sont instantanément affichées sur l’écran d’une
station au sol et peuvent être transmises au B2
de la brigade dès la fin du vol. Vitesse : 60 à 90
km/h.

L’équipe est composée d’un sous-officier, en charge de la recherche (caméra), d’un EVAT en
charge du pilotage du DRAC et d’un EVAT chargé du lancement, de la récupération du DRAC et de la
protection de l’équipe.

- Capacités :
o Portée : 10 km à 500 m de hauteur ;
o Durée maximum de survol d’une zone :
 4 km - 1 h,
 7 km - 40 min,
 10 km - 20 min.
- Missions :
les missions dévolues à la section ROIM sont :
- renseigner ;
- participer à la surveillance ;
- acquérir un objectif.

2.3 Section Renseignement d’origine radar (RORAD)

 Structure

253
 Missions
- Emploi
e
Le plus souvent placé en 2 échelon, sur les flancs ou dans les intervalles, il est employé
exclusivement de façon statique. Cependant, la manœuvre du CDS ou CDG, vise à coordonner ces
capteurs, en effectuant des rotations et des bonds, pour éviter les périodes de silence, L’articulation
en deux groupes de 2 RASIT permet d’assurer la permanence de l’observation. Le groupe RASIT est
indissociable.
Chaque pièce pouvant efficacement renseigner sur un itinéraire, la section RASIT à 4 radars couvre
les besoins de la brigade à une quinzaine de kilomètres au-delà de la ligne des contacts, en
renseignant sur l'attitude du deuxième échelon de l'ennemi de le brigade.

- Missions/procédés
Les missions dévolues à la section RASIT :
o éclairer,
o acquérir,
o flanc-garder,
o surveiller,
o jalonner,
o guider (Procédé).
Les missions dévolues aux groupes RASIT sont :
o surveiller en vue :
 d’alerter,
 de renseigner.

254
- Capacités

- Limites
o Le niveau minimum d’emploi est le groupe (2 RASIT);
o La période de silence d’un RASIT pour un bond de 20 kms est de 40 à 60’, selon le
terrain.

2.4 Composante Renseignement d’origine électromagnétique (ROEM)

Le groupe ROEM, grâce a ses deux patrouilles légères, peut réaliser du renseignement électronique
en détectant et en localisant les émissions dans des gammes de fréquences variées, en fréquences
fixes.

La nature et le volume de ces émissions permet de déterminer le niveau de la menace potentielle (par
exemple un PC régimentaire, une batterie d’artillerie, une compagnie d’infanterie, une patrouille de
reconnaissance en mouvement, etc.)
De plus, renforcé ou non par une capacité de traduction, il est en mesure d’effectuer l’interception de
communications à différents niveaux hiérarchiques, et fournir au commandement les informations
émises par l’adversaire. Sa mission se traduit essentiellement par des alertes envoyées.

2.5 La section opération analyse toutes sources du B2

255
La SOA, désormais complètement intégrée au B2, définit les missions du CDU, en liaison avec le B3.
Le CDU commande ses capteurs et en coordonne la manœuvre pour répondre aux besoins en
renseignement exprimés par la brigade.

- Le chef de la SOA :
Il peut occuper les fonctions d’adjoint au chef du B2, d’officier recherche ou d’officier exploitation.
Principales productions des cellules OPS et analyse toutes sources :
o le Plan d’emploi des moyens d’acquisition (PEMA),
o la contribution aux annexes renseignements de l’OPSORDER,
o les effets RENS à obtenir (Request for information – RFI),
o propositions des ordres spécifiques RENS,
o mesures de coordination de la recherche (BRB, EEI, DAR, capteurs non spécialisés).

- La cellule OPS :
elle dirige les OPS relatives à la manœuvre des capteurs (en fonction des besoins RENS du chef G2),
responsable de l’intégration du DRAC dans la 3D, coordonne la recherche (BRB, EEI, DAR et
capteurs non spécialisés), élabore le PEMA.

- La cellule analyse toutes sources:


elle traite et exploite l’ensemble des informations de toutes origines (capteurs spécialisés ou non) ;
elle est en charge des appréciations de situation et est équipée de l’outil Solution d’Aide à
l’Exploitation du RENS (SAER) qui facilite la synthèse ; elle fournit un RENS élaboré en vue de
faciliter la décision du chef IA ; elle gère la base de données RENS.

3. Les modes d’action (multi-capteurs)


MISSIONS MODES D’ACTION
Renseigner dans la durée Recherche dans la durée par emploi combiné
des capteurs.
Cela implique une étude renseignement du
milieu et de l’environnement. Il s’agit d’en
déterminer les grandes caractéristiques, de les
comprendre et d’en extraire les informations à
acquérir pour satisfaire les besoins en
informations tactiques.

Les capteurs seront employés successivement


ou simultanément en vue de satisfaire le besoin
renseignement dans la durée.
Surveiller dans la durée Surveillance d’un secteur, d’une activité, du
milieu humain. Ce mode d’action implique une
discrétion absolue des capteurs et des unités
interarmes.

Dans ce but :
- emploi de manière coordonnée des capteurs
RASIT/DRAC, RASIT/DRAC/GE, RASIT/GE,
DRAC/GE ;
- emploi du GE en reconnaissance
électronique ;
emploi du ROHUM-C en appui, en périphérie,
exceptionnellement à l’intérieur du secteur ou du
milieu.

256
Renseigner sur un évènement Obtenir des informations sur des activités ou des
évènements en cours afin d’en déterminer les
éventuels effets.

Dans ce but :
- emploi de manière coordonnée des capteurs
RASIT/DRAC, RASIT/DRAC/GE, DRAC/GE ;
RASIT/GE ;
- emploi du GE en reconnaissance
électronique ;
- emploi du ROHUM-C en périphérie des
évènements.

Appuyer en direct Réaliser un effort ponctuel de recherche au profit


d’une unité appuyée.

Dans ce but :
- emploi en coordonné des capteurs
RASIT/DRAC, RASIT/DRAC/GE, DRAC/GE,
RASIT/GE ;
- emploi du GE en appui direct électronique ;
- emploi du ROHUM-C pour le traitement des
populations incluses dans le secteur
d’opérations.

Conclusion
Elément novateur, la batterie de renseignement de brigade, est un outil indispensable au bon
déroulement de la manœuvre de la BIA. C’est une capacité organique multicapteurs qui lui offre
une plus grande autonomie dans le domaine du renseignement et qui permet d’optimiser, grâce à
une manœuvre cohérente et efficace, sur très court préavis, les réponses aux besoins en
renseignement du chef interarmes.

257
CONTACT

258
LE GTIA GÉNÉRIQUE
Références :
- EMP 34.201 Coopération interarmes des Groupements Tactiques Interarmes, approuvé le
22 juillet 2005 sous le n°571/DEF/CDEF/DEO/B.ENG - édition 2005 ;
- EMP 34.202 Principes d'emploi du Groupement Tactique Interarmes numérisé, approuvé le 25
juillet 2008 sous le n°512067/DEF/CDEF/DEO/B CDT - édition 2008 ;
- EMP 35.201 Manuel du Sous Groupement Tactique Interarmes (SGTIA), approuvé le 11 mars
2009 sous le n°108 /DEF/CDEF/DDo/B.ENG - édition 2009 ;
- EMP 50.201 Mémento relatif au management opérationnel de l’information, approuvé le 02 juillet
2009 sous le n°000285 /DEF/CDEF/ B-CDT-SIC - édition 2009.
- CDT 54001 Mémento de PC du groupement tactique interarmes, approuvé le xxx décembre
2011 sous le n° xxxx /DEF/CDEF/DDO/B CDT - édition 2011

Ce qu’il faut retenir


Le GTIA : un système de forces temporaire conçu pour une opération donnée et placé sous les ordres
d’un unique chef, le commandant de GTIA (COMGTIA).
Le GTIA est le module de base d’emploi tactique, du volume initial d’un bataillon.
L’environnement opérationnel du GTIA est systématiquement interarmes, parfois interarmées et
éventuellement multinational et/ou interalliés.

Principes
Unicité du commandement Un GTIA = un seul chef + un seul PC
Permanence du commandement Délégation de responsabilités - dédoublement de moyens
Cohérence du commandement Une seule manœuvre, dont le COMGTIA est garant
Modularité Adaptation à la mission, structures éprouvées
Structure quaternaire Manœuvre, réserve, ré articulations
Autonomie C2 minimale CDT et DL – MAN - RENS et RECO – LOG - SIC
Action Interarmes Synergie de moyens divers, coordonnés par le CO
Intégration des appuis Systématiquement Feux indirects et Génie
Caractère national du GTIA Noyau FRA subordonné à un commandement FRA
Environnement complexe Multi-systèmes - Interarmes, interarmées, multinational

Le GTIA ne planifie pas. Il élabore une manœuvre qu’il mettra en œuvre dans le cadre d’une
opération conçue au niveau supérieur.

1. Généralités
Le groupement tactique interarmes (GTIA) constitue l’élément tactique de base capable d’obtenir un
effet significatif dans le cadre d’une mission élémentaire. Il se compose d’un noyau dur provenant d’un
bataillon/régiment de la fonction opérationnelle « combat de contact », qui lui confère son métier
principal et sa cohésion, ainsi que d’unités ou éléments détachés d’autres fonctions.

1.1 Cadre d’emploi du GTIA


Le GTIA est le module de base d’emploi tactique.
À ce niveau, le mode d’engagement opérationnel dans des délais très courts est usuel et fréquent.
La brigade interarmes (BIA) est le cadre normal d’emploi du GTIA. Cependant, si l’environnement
opérationnel le justifie, il peut être placé pour emploi à un niveau de commandement supérieur
(division, LCC au maximum).

259
Le GTIA s’engage intégralement dans le cadre de la manœuvre planifiée et conçue par le niveau
supérieur, dans un contexte aujourd’hui marqué par la complexité et la dureté.
Son action s’inscrit dans quatre domaines : l’offensive, la défensive, la sécurisation et l’assistance.
Quel que soit le type d’opération, l’engagement se fait systématiquement dans un cadre interarmes,
fréquemment dans un cadre interarmées, communément dans un cadre multinational / interalliés.
Le GTIA est susceptible :
- d’être engagé sous mandat international (UE, OTAN, ONU, ou de circonstance) ;
- de s’insérer dans un dispositif multinational, y compris en commandement et pour la logistique
(pour partie) ;
- de prendre sous son commandement des unités alliées ou multinationales.
Le caractère national du GTIA est absolu : c’est une unité constituée majoritairement d’éléments
français, agrégés autour d’un noyau-clé français, et ne répondant qu’à une chaîne de commandement
française.
Le principe demeure toutefois que, notamment pour des opérations limitées dans le temps et/ou
l’espace, la mise sous commandement d’unités ou éléments alliés – ou «au profit de» - est
envisageable. Dans ce cas, il s’agira le plus souvent (au mieux) de Control (TACON - OPCON), mais
jamais de Command (OPCOM).

1.2 Constitution du GTIA


Il faut appréhender le groupement tactique interarmes, voire le sous-groupement tactique interarmes
(SGTIA), comme un système de forces conçu pour une opération donnée et placé sous les ordres
d’un unique chef. On retrouve en cela le principe de Task Force.
Le groupement tactique est du niveau d’un bataillon ; le sous-groupement est du niveau d’une unité
élémentaire. Le GTIA est donc une Battalion Task Force.
Ainsi, conformément au principe de modularité, le GTIA est constitué « sur mesure » à partir de
81 82
modules identifiés et pour la durée d’un engagement. Il s’agit donc d’une formation temporaire :
- aux ordres d’un système de PC dimensionné pour agréger les fonctions opérationnelles
nécessaires ;
- bâtie sur une ossature quaternaire (cas général) lui conférant un maximum de souplesse pour la
manœuvre (moyens, engagement + réserve, ré articulations) ;
- composée par une capacité à dominante (noyau clé) de la fonction opérationnelle «combat de
contact» - combat débarqué, combat embarqué ou aérocombat – et assurée soit par une même
unité organique, soit en provenance de différentes unités ;
83
- intégrant des moyens feux, génie et renseignement nécessaires à l’appui direct de sa
manœuvre ;
- et pourvue des moyens de soutien indispensables à la préservation de la capacité opérationnelle
immédiate.

81
Validés par la PIA 5.4.1.
82
Un GTIA n’est « construit » que pour la durée de la projection opérationnelle, soit 4 ou 6 mois (plus si l’on inclut la phase de
MCP). Au quartier, il n’existe pas de GTIA. Ne pas confondre le GTIA avec la définition générique du groupement tactique
(GT), qui est une unité de niveau 4 purement orientée « métier » : groupement ART, groupement GEN, groupement blindé,
etc… Idem pour les sous-groupements (niveau 5).
83
Intégration : dès la génération de force – Position de moyens placés sous le commandement d’un échelon tactique (TTA106)
260
INTÉGRÉES
(3 + 1) SGTIA = 1dominante CO

soit soit DLs

PROT
SOUT

EN RENFORCEMENT
ou ADAPTÉES

MI CIMIC
autres…

Le GTIA peut être enrichi de modules additionnels, en renforcement ou par adaptation84, pour une
phase ou une action particulière, donc pour une durée limitée, en fonction des menaces envisagées. Il
peut ainsi être complété de moyens nationaux et/ou alliés :
- de combat de contact (combat embarqué, combat débarqué ou aérocombat) ;
- de liaison et de commandement (DL) ;
- de recueil des informations (capteurs humains spécialisés, capteurs image ou électromagnétique,
drones, etc…)
- de contrôle tactique des missions Air (TACP);
- du génie (déminage, franchissement, aide au déploiement, fouille opérationnelle) ;
- d’appui indirect (LRU, systèmes d’acquisition et de localisation) ;
- de défense sol-air très courte portée ;
- de coordination 3D ;
- de soutien logistique ;
- de défense NRBC ;
- d’opérations militaires d’influence(OMI) ;
- d’actions civilo-militaires (CIMIC).
Agissant en autonome ou dans le cas d’un ensemble plus vaste, national ou multinational, le GTIA
possède les moyens d’intégrer une bulle opérationnelle aéroterrestre numérisée.
Au sein du GTIA, la bulle opérationnelle numérisée repose sur le système d’information régimentaire
(SIR) et le système d’information terminal (SIT) dans leurs différentes versions. Il intègre aisément le
système de transmission de données de l’artillerie ATLAS (Cf. § 3.3).

1.3 Principes de commandement


L’organisation du commandement d’un GTIA obéit à trois principes
L’unicité du commandement
Un GTIA = un seul chef + un seul PC
Les unités et éléments qui composent un GTIA sont placés sous les ordres d’un chef opérationnel
unique : le commandant de groupement (COMGTIA). En général, il s’agit du chef de corps du
régiment, ou du bataillon, armant le noyau-clé (unités de manœuvre, poste de commandement et
moyens de soutien).
Pour assister le COMGTIA dans sa tâche, le poste de commandement du GTIA (PC GTIA) est le
centre vital et unique où la manœuvre est élaborée, décidée, conduite et évaluée.

84
Renforcement : unité / fonction opérationnelle mise pour en emploi à la disposition d’un GTIA qui est organiquement déjà
pourvu de ce type de formation.
Adaptation : unité / fonction opérationnelle mise pour emploi à la disposition d’un GTIA qui en est organiquement dépourvu.
261
La permanence du commandement
En opérations comme en exercice, le GTIA repose sur une organisation, une articulation et un
fonctionnement adaptés, éprouvés et flexibles. Ainsi, le COMGTIA peut déléguer le commandement
pour des périodes limitées ou des phases particulières de la manœuvre. De plus, le PC doit être en
mesure de dédoubler ponctuellement ses moyens :
- pour des raisons de continuité du commandement lors de déplacements (bascules) ;
- pour conduire une phase tout en préparant la suivante ;
- exceptionnellement, pour des raisons de sûreté afin que l’ensemble ne soit pas détruit par une
seule action de l’adversaire (menace 3D en haute intensité).
La cohérence de la manœuvre
Il n’y a qu’une manœuvre du GTIA, dont les temps tactique et logistique sont complémentaires :
l’action logistique précède et suit l’action tactique. La cohérence globale est de la responsabilité du
COMGTIA, et la mise en œuvre est dirigée par le PC GTIA.

2. La maîtrise de la manœuvre
Le large spectre et les conditions des engagements actuels imposent au GTIA de conduire des
opérations de plus en plus complexes, le plus souvent en milieu multinational, et nécessitant de
coordonner de plus en plus de moyens jusqu’alors adaptés à des niveaux supérieurs.
Pour le GTIA, la maîtrise de la manœuvre repose sur deux activités qui ont un rôle prépondérant : le
contrôle de l’action et la satisfaction du besoin en renseignement.
La première s’assure de la conformité de la situation tactique aux prévisions et dirige l’action des
subordonnés pour qu’elle reste cohérente par rapport à la manœuvre décidée. Coordonnée par la
cellule S3, la situation tactique est suivie par le PC GTIA dans sa zone de responsabilité ainsi que
dans la zone des groupements voisins.
La seconde contribue très largement à consolider la compréhension de l’environnement opérationnel
et de l’action de l’adversaire. Elle découle du cycle du renseignement du GTIA, animé par la cellule
S2.
Sous le terme générique d’« appuis », le PC GTIA doit gérer des capacités qui par leurs effets
contribuent à la manœuvre en valorisant de manière optimale l’action interarmes, soit par action
cinétique (appuis 2D et 3D), soit par action non cinétique (actions d’influence). Les capacités d’appui
des fonctions renseignement et aérocombat contribuent également à ce domaine.
Les différentes fonctions opérationnelles participant aux appuis et rattachées au PC GTIA dialoguent
entre elles et au profit du chef interarmes, dès la conception et pendant la conduite de la manœuvre.
La coordination de ces appuis et la gestion des zones et volumes afférents reposent principalement
sur la présence de détachements de liaison (DL) spécialisés, ordinairement présents au sein du GTIA
(génie, artillerie, renseignement) ou attachés à besoin (actions d’influence et actions spécialisées).

3. Le PC de GTIA
3.1 Composition
De manière générale, aux ordres d’un COMGTIA conseillé par une équipe d’état-major, le PC GTIA
s’organise toujours autour de quatre composantes dont les activités sont coordonnées par le chef des
opérations au sein d’un centre des opérations (CO).

262
COM GTIA
ÉTAT_MAJOR
CHEF OPS

CHEF CO

MANOEUVRE APPUIS SIC-TRANS SITE

Synthèse/Anticipation OFF SIC


S3-CONDUITE DLOC – 3D ADMIN RZO CHEF SITE
S2-RENSEIGNEMENT DL GEN – 2D CDS TRANS Adjoint SITE
S4- SOUTIEN DLs renforts SECTION TRANS Section PROTECTION
DL opérations ESTAFETTES B.U.C.

3.2 Articulations
Selon les modalités d’engagement du groupement, le rythme prévisible de la manœuvre et/ou
l’environnement opérationnel, le chef peut articuler les moyens du PC GTIA de différentes manières :
- généralement, groupés, lors des phases statiques ou en environnement opérationnel de basse
intensité ;
- plus communément, en deux ensembles, pour des phases plus mobiles ou de haute intensité ;
- exceptionnellement, en trois éléments, lorsqu’une action particulière exige une duplication
temporaire des moyens de commandement ;

En règle générale, pour suivre le rythme de la manœuvre, le PC GTIA se scinde en deux éléments :
- Un PC «actif» baptisé PC principal (PCP), également dénommé PC «avant» ;
- Un PC «en veille», baptisé PC moyens réservés (PCMR). C’est à partir de ces moyens réservés
que le GTIA prépare les bascules de PC en activant un PC harpon capable de prendre la main
temporairement à partir du nouveau site.

Pour conduire une action particulière limitée dans le temps et dans l’espace et qui nécessite une
coordination de proximité, le PC GTIA mettra sur pied un PC tactique (PCTAC), en prélevant sur une
partie de ses moyens.
Pour des opérations bien spécifiques, telles qu’une opération de débarquement amphibie ou une
opération aéroportée / héliportée, le GTIA met sur pied un PC de circonstance destiné à assurer la
permanence du commandement sur la zone considérée.
Organiquement, un GTIA possède quatre Véhicules Poste de Commandement (VPC) qui, selon
l'articulation choisie, créent un « cœur de PC » qui compte un à trois VAB.
Sur ce cœur, peuvent venir s’agréger (se connecter) les VPC numérisés du DL génie et du DLOC
artillerie.
Lorsque le PC est à l'arrêt, les véhicules sont connectés «en grappe» par fibre optique.
Si la position de PC doit changer, soit le PC actif se déplace en dégradant les capacités de travail et
de transmissions, soit le PC MR se déplace sur le futur emplacement en tant que PC « harpon » afin
de faciliter la procédure de bascule de PC.
Un PC GTIA numérisé fonctionne de manière optimale à l'arrêt, en grappe.

263
 Configuration PC « 3 + 1 »
Cette configuration conviendra mieux à une manœuvre peu dynamique, de faible amplitude, pour
laquelle le PC pourra disposer d’une stabilité importante.
La plus favorable à une installation dans la durée, sous tente ou en infrastructure, elle permet de
disposer d’un poste de travail pour chaque fonction opérationnelle, donc de mieux organiser le travail
et répartir les tâches.
Les DL sont intégrés au PC principal disposant de trois VPC.
Dans cette configuration 3+1, le PCMR, « redondant » puisqu’il incrémente automatiquement les
données numériques du PC actif, peut alors être utilisé comme moyen de circonstance :
- pour une prise de commandement au pied levé dans le cas de la destruction/neutralisation du PC
actif ;
- pour la mise en œuvre d’un PC tactique ou d’un PC harpon, aux capacités cependant plus
contraintes.

 Configuration PC « 2+2 »
Cette articulation sera privilégiée dans les phases de manœuvre dynamique et/ou nécessitant de
grandes amplitudes dans le temps et dans l’espace. La plus simple et la mieux équilibrée, elle permet
de disposer de deux PC identiques, développant les mêmes réseaux et capacités de commandement.
Elle prévient ainsi les aléas liés à l’emploi d’un PC harpon unique.
Dans ce cas, le PCMR incrémente également les données du PC actif de manière automatique.

264
 Le Centre des opérations (CO)
Quel que soit le dispositif de PC envisagé, l’organisation spatiale du CO GTIA doit rester immuable
pour des raisons évidentes d’optimisation du travail collaboratif, de connectique et de sûreté.
L’agencement et la disposition des éléments constitutifs du PC répondront donc à des schémas :
- standards, car ils sont reproduits systématiquement dans toutes les configurations et en toutes
circonstances. Cela favorise l’intégration des éléments extérieurs (DL) ;
- globaux, car ils situent géographiquement chaque élément entre conception et conduite. Ils
définissent les matériels mis en place à leur profit ;
- précis, car ils fixent la place des personnels, des moyens de transmissions, des aides au
commandement (écrans, cartes et tableaux), qu’ils soient organiques au GTIA ou extérieurs (DL,
PC TAC ami.…) ;
- spécialisés, car chaque élément se voit attribuer des responsabilités précises, en temps et en
heure, dans le cycle de conception ou de conduite.

3.3 SIC et réseaux


La numérisation du GTIA ne modifie pas les relations de commandement entre le celui-ci et le niveau
supérieur, plus précisément avec la brigade. Mais la mise en œuvre des systèmes d’information
opérationnelle et de communication (SIOC) doit permettre un échange plus rapide et fluide de
l’information entre les différents niveaux hiérarchiques. Le GTIA doit gérer un ensemble complexe de
SIOC.

 Les systèmes d’information opérationnelle et de communication (SIOC)


Organiquement, la numérisation du GTIA repose sur :
- le Système d’Information Régimentaire (SIR), qui est le système d'information et de
commandement des niveaux 4 et 5. Conçu pour faciliter le commandement au niveau des GTIA, il
améliore leur capacité d'échange et de traitement de l'information dans le cadre du combat
aéroterrestre ;
- le Système d'Information Terminal (SIT), qui permet un partage instantané de l’information au
sein du réseau constitué par chaque SGTIA. Il est une aide à la mise en œuvre des systèmes
d'armes, à la navigation, à la tenue de situation tactique et de situation logistique du véhicule
porteur, et offre une fonction de messagerie.
En fonction du besoin opérationnel, d’autres SIOC seront présents au sein du GTIA :
- le Système d’Information et de Commandement des Forces (SICF), qui équipe les structures de
PC de grande unité (GU) de niveaux 1 à 3, peut donc être présent au PC GTIA. Il permet
d’échanger un volume limité d’informations avec certains systèmes alliés, au travers de messages
et de situations graphiques;
- le système MAESTRO de la fonction Renseignement équipe les unités de la brigade de
renseignement, la BFST, les GCP et GCM ;

265
- le système ATLAS constitue un maillage informatisé des moyens de commandement,
d’acquisition, d’agression et de soutien du groupement d’artillerie sol-sol. Il renforce
l’interopérabilité avec les systèmes d’information et de commandement nationaux et alliés ;
- le système MARTHA met à disposition du chef interarmes une capacité, dans un espace
aéroterrestre donné, à coordonner, gérer les feux et sécuriser en temps réel (coordination) les
e
actions des intervenants Terre de la 3 dimension.

 Les réseaux
Le besoin en liaisons du PC de GTIA nécessite désormais de déployer 6 réseaux – quatre « amont »
et deux « aval », en phonie ou transmission de données ou mixte – satisfaisant à l’ensemble des
liaisons de commandement, de renseignement, logistique, d’alerte, avec les appuis et, au besoin,
transverses (unité alliée par exemple).

- .

266
LE GTIA À DOMINANTE INFANTERIE

Le groupement tactique interarmes à dominante infanterie est une unité interarmes de niveau
bataillon, renforcée par l’ABC et/ou l’ALAT, le génie, l’appui indirect et, éventuellement, la DSA et /ou
la circulation…) constituée autour d’un noyau issu d’un régiment d’infanterie organique. Ces
renforcements sont effectués en fonction de la mission, du terrain et de l’ennemi. Cette mixité des
armes et des fonctions opérationnelles permet de tirer profit de leur complémentarité et de disposer
ainsi de formations douées d’une plus grande souplesse et d’une plus grande faculté d’adaptation.
Toutefois, cette formation reste très liée aux principes et caractéristiques du combat de l’infanterie.

1. Le combat de l'infanterie
1.1 Finalité et caractéristiques de l’infanterie
Appartenant à la fonction opérationnelle «combat de contact», l’infanterie est, par essence, l’arme du
combat débarqué, au contact, après manœuvre sous blindage.

La finalité de l'engagement terrestre des fantassins débarqués est :


- dans le cadre de la coercition de force, la destruction de l'adversaire dans la zone des contacts
pour occuper physiquement la position ennemie et ce, dans l'environnement physique le plus
difficile ;
- dans le cadre des actions de maîtrise de la violence, la capacité à contraindre l'adversaire, si
possible sans livrer bataille.

Les caractéristiques qui identifient le fantassin relèvent pour l'essentiel de son état de combattant au
sol, en permanence au contact, à vue de l'adversaire ou des populations, non systématiquement lié à
un système d'arme, et doué d'une grande adaptabilité. Doté d'un véhicule de combat blindé, de
systèmes d'aide à l’observation et de moyens de communication techniquement performants, il est
adapté aux exigences du combat moderne et interarmes.

1.2 Aptitudes
L’infanterie possède des qualités propres :
- l’agilité, la furtivité, la fluidité et la réversibilité, alliées à de bonnes capacités de détection visuelle
et auditive ;
- la rusticité ;
- des capacités d’agression directes et indirectes ;
- un impact médiatique très fort, mais parfaitement modulable dans l’action ;
- un rapport coût/efficacité intéressant pour le décideur politique.

Quels que soient les niveaux d'engagement, du conflit haute intensité à la crise limitée, dans les
missions de maintien ou de rétablissement de la paix, l'infanterie interviendra dans le cadre du combat
de mêlée qui est en général l'aboutissement du combat interarmes. Dans ce contexte, elle présente
un certain nombre de points forts.

Elle peut ainsi être définie comme :


- l'arme du combat rapproché après manœuvre sous blindage en bénéficiant au maximum de la
protection et de la capacité d'appui directe offerte par le véhicule de combat, ainsi que par les
appuis internes et externes, directs ou indirects ;
- l’arme du contact, de la proximité et de la permanence de ce contact. A ce titre, elle est quasiment
la seule à maintenir dans la durée un rapport d'homme à homme qui peut aller de la main tendue
à la mise en œuvre de moyens coercitifs individuels ou à l'application de feux puissants et
maîtrisés, et de l'imbrication avec les populations à l'affrontement direct avec un adversaire ou une
force militaire organisée ;

267
- l'arme du combat décentralisé sans bouleversement de ses structures organiques. Elle dispose
ainsi en propre d'une capacité d’autonomie prolongée du fait de ses structures souples jusqu'aux
plus bas échelons qui favorisent la dispersion, l'isolement et donc l'initiative ;
- l’arme de la gradation et de la polyvalence : la variété de ses armes, la richesse de sa gamme (du
FAMAS au mortier et au missile) et des missions qui peuvent lui être confiées, la pratique presque
généralisée de la double dotation, la placent en situation favorable quand il faut simultanément
allier la modération en maîtrise de la violence, et la puissance de feu en action de coercition. Très
souple d'emploi et apte à nuancer la force, elle offre au décideur une grande réversibilité
stratégique, en particulier dans les premiers temps de l'engagement ;
- l’arme des préliminaires et des conclusions de l’action : apte à l'urgence, elle est, en effet,
présente dès l'entrée sur le théâtre, en complément ou immédiatement après les forces spéciales
(saisie initiale de points clés, de têtes de pont, de zones de déploiement) ; elle concrétise
également par son engagement et sa présence en fin d'action le succès ou l'échec des
opérations ;
- L’arme des actions en terrain difficile, à l’intervisibilité réduite (végétation dense, reliefs accentués,
e
zone urbaine notamment) et de la mise en place par la 3 dimension, du fait de son agilité, de sa
fluidité, et des équipements spécifiques dont elle est progressivement dotée.

Ces capacités dérivent sur une capacité globale qui est celle de l'armée de Terre en général (capacité
de contrôle du milieu), mais qui pour l'infanterie se décline selon des modalités plus étendues : le
contrôle du milieu dans la durée et dans l’espace.

1.3 Vulnérabilités et limites


Les mêmes raisons qui ont milité en faveur des capacités ou aptitudes précédentes conduisent en
contrepartie à limiter l'emploi de l'infanterie dans certaines situations particulières en raison de ses
vulnérabilités.

Toujours à portée de l'adversaire, de l'ennemi ou de son vis-à-vis, elle est, plus que les autres et
malgré l'évolution de la protection, vulnérable à l'ensemble des armes du champ de bataille 85. C'est
pourquoi les situations offrant des masques et des protections naturelles ou artificielles seront
systématiquement privilégiées.

Capable d’efforts importants, l’infanterie reste toujours soumise à un important taux d’usure et
86,
d’attrition notamment pour ce qui concerne les moyens en infanterie à mettre en œuvre dans des
actions de haute intensité.

Enfin, le fantassin combat au rythme de ses pieds : ceci impose de ne pas négliger la notion de
87
délais en particulier lorsqu'il s'agit de changement d'attitude en cours d'action, de redéploiement ou
d'échelonnement des phases de la manœuvre. En revanche, embarqué, le fantassin est apte à suivre
le rythme de la manœuvre aéroterrestre.

85
Feux classiques, terrestres et aériens, mais aussi feux nucléaires et chimiques, mines et pièges, agressions
psychologiques…
86
Morale ou physique.
87
On peut retenir pour un bataillon en défensive : 24h d’installation pour 6 heures de combat ; une action de
combat débarqué (type réduction de résistance) dure au minimum 3 à 4 heures.
268
2. Constitution du GTIA infanterie
Constitué sur la base d’un régiment d’infanterie qui fournit un noyau clé (pour le PC et les unités), il
comprend un nombre variable de moyens dont le dosage dépend de la mission attribuée au GTIA.

2.1 Le régiment d’infanterie


Les 20 régiments d’infanterie disposent des mêmes structures et des mêmes équipements
spécifiques (excepté le véhicule blindé : VAB pour 12 d’entre eux, et AMX10P (ou VBCI selon le
régiment et de plan d’équipement) pour 8 d’entre eux).

CCL CEA

CDT
SRR

CDT
ACMP

Appui

88
Les quatre compagnies de combat sont articulées en 5 sections : section de commandement, 3
e
sections de combat (groupe ERYX et trois groupes voltige), une 4 section de combat configurée en
section d’appui (un groupe tireur d’élite, deux pièces de mortier de 81mm, un groupe ACMP MILAN).
e
Cette 4 section peut également être engagée en tant que section de voltige, au même titre que les 3
89
autres, car elle est prévue pour être réversible .

La compagnie d’éclairage et d’appui comprend la section de reconnaissance régimentaire (4


patrouilles VBL, avec 2 MILAN et 6 ERYX), une section antichars (3 groupes MILAN) et une section
d’aide à l’engagement débarqué (SAED).

88
Unité d’emploi de l’infanterie.
89
Dans ce cas, les deux groupes Mo 81mm deviennent des groupes de voltige. Cependant, la tendance est à la limitation de
cette réversibilité en raison de la spécificité des matériels et de l’entraînement.
269
Les régiments sont subordonnés fonctionnellement aux différentes brigades interarmes :

BRIGADES RÉGIMENTS LIEU VBCI FELIN


er
ère 1 RI Sarrebourg 2010
1 BM
er
1 RTIR * Épinal 2010-2011 2012

RMT* Colmar 2011-2012 2014-2015


e
2 BB
e 2011
16 BC* Bitche 2013-2014
e
e 92 RI* Clermont-Ferrand 2010 2011
3 BM
e
126 RI Brive 2014-2015
e
e 2 REI* Nîmes 2014-2015 Fin 2011
6 BLB
e
21 RIMa Fréjus 2012
e
e 35 RI* Belfort 2010 2011
7 BB
e
152 RI* Colmar 2012-2013 2014-2015
e
e 2 RIMa* Auvours 2014 2012
9 BLBMa
e
3 RIMa Vannes Fin 2013
er
1 RCP Pamiers 2014-2015
e
e 3 RPIMa Carcassonne 2013
11 BP
e
2 REP Calvi 2014-2015
e
8 RPIMa Castres 2013
e Fin 2012
7 BCA Varces
e
27 BIM
e
27 BCA Annecy 2013
e
13 BCA Chambéry 2010
e
BFA 110 RI Donaueschingen 2014-2015

(*) régiments équipés d‘AMX 10P qui passeront sur VBCI selon le plan d’équipement + 2°REI et
2°RIMa qui passeront du VAB au VBCI en fin de plan d’équipement.

A terme, 8 régiments sont prévus d’être équipés en VBCI et 12 en VAB. Tous sont prévus d’être
équipés en système FELIN.

2.2 Articulation du GTIA infanterie


Le noyau (noyau clé ou noyau dur) infanterie sera dans la mesure du possible constitué à partir de la
partie projetable d’un même régiment. Il devra disposer en propre de moyens de commandement, de
moyens de renseignement (SRR, SAED), de moyens d’appui feux (SAC, mortiers 81), de moyens
logistiques propres, et d'au minimum trois unités de combat à trois sections d’infanterie et une section
d'appuis.
Ce noyau dur constitue la base du GTIA infanterie : CCL + CEA + Cies d’Infanterie
Le groupement tactique interarmes à dominante infanterie doit disposer au minimum d’un quatrième
pion tactique sous la forme d’un escadron blindé pour lui permettre de manœuvrer, de disposer d’une
réserve immédiatement disponible au niveau du groupement et de varier les articulations en fonction
des missions, du milieu, des circonstances.

Il doit en outre disposer d’une autonomie relative :


- de commandement et de liaison pour conduire l’action en cours et préparer la manœuvre future ;

270
- de renseignement pour acquérir, traiter et exploiter l’essentiel des informations dans sa zone
d’intérêt ;
- de soutien logistique.

Pour valoriser son action, il doit bénéficier d’appuis :


- d’appui feux directs et indirects (Il reçoit au minimum un DLOC et peut éventuellement être
renforcé par une SGTA 120 mm voire une section de tir de 155 mm) ;
- d’appui à la mobilité, à la sauvegarde et à la contre mobilité (sous la forme de renforcements de
moyens du volume d’une compagnie du génie renforcée elle-même éventuellement de moyens
spécialisés).

Ceux-ci doivent être complétés par des moyens lui permettant d'assurer la sûreté de son dispositif
(section de protection de PC). En outre, si son dispositif ne s’inclut pas sous une couverture sol air
90
plus globale, il peut bénéficier d’unités adaptées (ex : section DSA Mistral).

Exemples de groupements génériques à dominante infanterie


Les renforcements qui suivent sont donnés à titre d’exemple pour illustrer l’éventail des possibilités.
Le GTIA n’est cependant pas en mesure de commander plus de 5 sous-groupements tactiques :

- En action offensive
91
Noyau dur, renforcé de deux PAC/HOT, deux escadrons de chars et d’une compagnie du génie.
Pour des missions de reconnaissance offensive dans les milieux adaptés, ce groupement peut être
92
aménagé avec l’adjonction d’un escadron blindé (AMX 10 RC) à la place d’un escadron de chars .

- En action défensive
93
Noyau dur, renforcé de deux SAC/HOT, d’un escadron blindé, d’un escadron de chars et d’une
compagnie du génie.

- En accompagnement d’action blindée


94
Noyau dur, renforcé d’une SAC/HOT, d’un escadron de chars et d’une compagnie du génie.

- En combat en zone urbaine


Noyau dur, renforcé d’éléments de commandement des unités données en renforcement (DL) de
deux compagnies d’infanterie, d’un escadron de chars, de tout ou partie d’une CEA (SRR, SAC)
95
renforcée d’un SGTA et d’une compagnie du génie renforcée de moyens de la compagnie d’appui .

- En contrôle de zone
Noyau dur, renforcé d’une quatrième compagnie d’infanterie, d’un escadron blindé et d’une
compagnie du génie.

- En saisie de point clé par la troisième dimension (aéroportée ou aéromobile)


Noyau dur, renforcé d’une quatrième compagnie d’infanterie et d’éléments du génie.

- En saisie de plage
Noyau dur, renforcé d’un escadron blindé et d’éléments du génie.

- En extraction de ressortissants
Noyau dur, renforcé d’une quatrième compagnie d’infanterie, d’un peloton blindé, d’un escadron
d’éclairage et d’investigation et d’éléments du génie.

90
Le régiment d’infanterie ne dispose que de moyens LATTA : armes de bord ou armement petit calibre.
91
L’un pouvant être réparti dans les compagnies d’infanterie en appui direct, l’autre conservé aux ordres.
92
L’escadron blindé étant conservé aux ordres.
93
L’escadron blindé ayant une vocation d’appui direct, réparti dans les compagnies d’infanterie ; l’escadron de chars étant
conservé groupé en réserve.
94
Réparti dans les compagnies d’infanterie.
95
Le bataillon étant généralement articulé en sous-groupements disposant notamment de moyens propres d’investigation
(SRR) ; en fonction du type d’urbanisation (centre ou périphérie), les chars sont conservés groupés ou répartis par patrouilles
(2 LECLERC).
271
3. Emploi du GTIA infanterie
3.1 Capacités
- Capacités d’observation et de renseignement
Le GTIA à dominante infanterie possède une capacité d'investigation et de renseignement de contact
en raison de son aptitude à l'imbrication et au contact, de sa permanence sur le terrain et de ses
modes d'action. Cette capacité a été progressivement valorisée par la généralisation des moyens tous
temps (observation diurne et nocturne, détection d'optique ou de départ de coups) et de systèmes de
surveillance d'acquisition et d'alerte (radars, télémètres...). Chaque compagnie de combat d’infanterie
96 97 98 99
devrait disposer de 33 OB 50 , 35 OB 64 , 66 OB 70 , 6 OB 41, 18 télémètres, 6 MIRABEL , 2
100 101
MIRA , 180 pointeurs lasers ou infrarouge . A partir de 2010, ces capacités seront renforcées par
l’entrée en service progressive du système FELIN qui augmentera de manière significative la
protection, la mobilité, la communication et les capacités de détection et d’agression de chaque unité.
Le GTIA infanterie dispose en propre d'une capacité d'investigation et de reconnaissance avec la
section de reconnaissance régimentaire (SRR), à 3 patrouilles de combat et 1 patrouille antichar
moyenne portée, et une section d’aide à l’engagement débarqué (SAED) à un groupe de
commandement et d’appui et deux groupes de combat..

- Capacités de destruction
Le GTIA dispose d'une panoplie de moyens complémentaires lui permettant d'appliquer des feux de 0
à 4 000 m en tir direct (HOT et canons des Leclerc) et jusqu’à 13 km en tir indirect (mortiers de
120 mm avec obus à propulsion additionnelle). Les effets peuvent être destructeurs, neutralisants,
aveuglants ou éventuellement incapacitants, et peuvent s'appliquer dans le domaine antichar,
antipersonnel et, par extension, anti-abris ou anti-bunkers.
e
Face à la menace 3 dimension, représentée essentiellement par les hélicoptères armés, seuls des
moyens d'autodéfense sont mis en œuvre.

Les capacités des principales armes


0 300 m 600 m 2000 m 4000 m
AT4 CS
SECTION FAMAS

MINIMI, LGI

ERYX
FRF2 7,62 mm A.C.
SECTION MIT 50 VAB, A.P.
CN 20 mm AMX10 P ou VAB
CN 25 mm VBCI (2000m)

MILAN
COMPAGNIE Canon de 105 mm des AMX10RC
/ SGTIA
PGM 12,7
Mortiers LLR de 81 mm (5600m) 5600 m
HOT 1 à 3
Canon de 120 mm des chars Leclerc
GTIA MORTIERS 120 MM
13 Km

0 300 m 600 m 2000 m 4000 m

96
OB 50 équipant les tireurs de précision, servants MINIMI et tireurs antichars.
97
OB 64 UGO, équipant les chefs de groupe, les chefs de section et commandant d’unité.
98
OB 70 LUCIE, équipant les grenadiers voltigeurs.
99
Lunette thermique de l’ERYX.
100
Caméra thermique du MILAN.
101
Équipant les FAMAS-INF.
272
- Capacité à durer
Assurant la permanence du combat, le GTIA est capable de le conduire :
o quelles que soient les conditions météorologiques (par tous les temps),
o dans tous les types de terrain (en tous lieux).

Conséquence des caractéristiques du fantassin (résistance, agilité, fluidité), cette capacité est
améliorée par le choix des dispositifs tactiques, l'organisation des unités et leurs équipements. La
capacité logistique globale d’un noyau de régiment d’infanterie, base du GTIA, a été évaluée au plus
juste et s'est inscrite dans une logique de modularité. Au niveau des trains de combat régimentaires,
la réduction des moyens d’allègement limite la capacité d'emport globale du GTIA. Sa mise sur pied
doit systématiquement prendre en compte le nécessaire renforcement en moyens de transport et en
moyens santé (relèves et évacuation). La capacité logistique visée dépendra alors du cadre de
l'engagement et des missions confiées.
En revanche, les moyens logistiques de l'unité élémentaire se fondent sur une autonomie initiale
importante, caractéristique des véhicules AMX 10P ou VBCI et VAB.

273
3.2 Missions du GTIA infanterie

102
(références : INF 223, édition 2001 / TTA 904 édition 2009 / INSTRUCTION 10 000 version 2006 )

Mission Définition (inf. 223) Procédés / facteurs de succès RAPFOR Zone d'action
ACTIONS DE SURETE

pt
MENER UNE Action de combat destinée à neutraliser les - 1 échelon de tête (SRR + 1 S/G *) chargé ZA : 6 à 10 km de large.
RECONNAIS- éléments de sûreté adverses et préciser le de la RECO ;
1/1
SANCE dispositif qu’ils couvrent afin d’en préparer
OFFENSIVE l’attaque
pts
- 1 échelon de soutien (2 S/G , SAC). 2 à 3 axes.

Prendre l’ensemble des mesures actives ou


passives pour s’opposer à toute action ennemie Articulation en profondeur largement
COUVRIR 1/1,5 ZA : front de 6 à 10 km.
pouvant menacer le déroulement de l’action précédée par la SRR.
principale amie
Flanc-garde fixe (P1 de nuit) :
pts
installation des S/G sur des points du Flanc-garde fixe : flanc : 6 à 10 km.
Renseigner et couvrir, de façon fixe ou mobile, la
terrain permettant de contrôler les axes de
FLANC-GARDER formation considérée et, éventuellement, assurer 1/1,5
pénétration. Flanc-garde mobile : fuseau de 4 à 5 km
la liaison avec les unités voisines.
Flanc-garde mobile : de front et de 10 km de profondeur.
pts
3 S/G + 1 en réserve.
Recueil :
Soutenir à partir d’une zone ou d’une ligne - SRR + DL + 1 S/Gpt.
donnée une unité qui se replie et lui permettre le
RECUEILLIR - Action d’arrêt : 1/1 Zone de 5 à 10 km de large.
franchissement de son dispositif, puis la couvrir pts
pendant un certain délai - 2 S/G + SAC ;
- 1 échelon de soutien.

102
Il est envisagé d’intégrer de nouvelles missions (boucler, quadriller, ratisser, protéger) pour le GTIA INF, mais actuellement la référence reste l’INF 223 V2001.

274
Mission Définition (inf. 223) Procédés / facteurs de succès RAPFOR Zone d'action
Interdire à tout élément ennemi la libre circulation
à l’intérieur d’une zone : d’une part en décelant et - Recherche du renseignement par SRR et 3/1 ZA : 200 à 400 km
2.
pt
CONTRÔLE DE en surveillant toute infiltration ou mouvement, à S/G ;
ZONE l’intérieur de cette zone ; d’autre part, en agissant - 1 élément d’intervention réservé (SAC, 1
pt
contre les personnes ou mobiles jugés S/G ).
indésirables.

ACTIONS OFFENSIVES

2 échelons : ies.
pts 3/1 ENI : max 2 C
RÉDUCTION DE Mettre hors de combat un élément ennemi après - 1 à 2 S/G pour soutenir l’action avec
RÉSISTANCE l’avoir repéré, identifié et localisé. SAC et SRR ;
pts ZA : 2 à 6 km de front.
- 2 S/G pour isoler et réduire.
ZA : 6 à 8 km de front.
Paralyser et désorganiser le dispositif ENI par des 2 échelons : ZE : 3 à 6 km de large et de
ATTAQUER EN er pts 3/1
infiltrations profondes, puis détruire - 1 échelon : 2 S/G ; profondeur.
SOUPLESSE
progressivement les éléments dépassés et isolés. - 2 échelon : 2 S/G .
e pts

Détruire ou, au minimum, neutraliser l’adversaire


par une action de feux brutale et puissante, puis pts 3/1 ZA : 2 à 3 km de front.
ATTAQUER EN 1 échelon d’attaque : 2 ou 3 S/G ;
parachever les résultats obtenus par pts
FORCE 1 échelon de soutien : 1 ou 2 S/G .
l’engagement rapide des formations de combat, ZE : environ 1 km.
en général blindées et mécanisées.
Faire une incursion rapide et profonde à l’intérieur Maintenir le rythme sans se laisser retarder.
EFFECTUER UN du dispositif ennemi pour s’emparer d’une zone
RAID clé ou détruire un objectif de grand intérêt Devancer l’adversaire ou au minimum son
opérationnel. échelon de manœuvre.
Action d’un groupement ou d’un détachement qui Actualisation permanente des possibilités
aide, couvre, élargit ou soutient la manœuvre d’un d’engagement.
APPUYER
autre élément en comportant le plus souvent la
fourniture de feux. Anticipation et mobilité du groupement.

275
Mission Définition (inf. 223) Procédés / facteurs de succès RAPFOR Zone d'action
Conquérir : arracher à l’ennemi un objectif terrain
au moyen d’une attaque. Cette action suppose
Rapidité d’exécution et brutalité de l’action
CONQUERIR une résistance ennemie probable.
Feux indirects préparatoires et
S’EMPARER DE S’emparer de : s’assurer de la possession d’un
d’accompagnement.
point ou d’une zone en détruisant, en capturant
ou en chassant l’ennemi qui peut l’occuper.
Réagir offensivement dans le but : La surprise et la brutalité d’une action de
soit de détruire un ennemi engagé dans une flanc ou à revers.
attaque, au minimum de l’arrêter en lui infligeant
CONTRE- des pertes et en reprenant sur lui l’ascendant L’accompagnement de l’action par des feux
ATTAQUER moral ; indirects.
soit de rétablir l’intégrité d’un dispositif en
détruisant, ou au minimum en chassant, l’ennemi L’actualisation permanente du
qui s’y est engagé. renseignement.

Après rupture ou submersion du dispositif Rapidité de réaction et rythme de l’action.


EXPLOITER adverse, poursuivre dans la profondeur sa Neutralisation de l’échelon de soutien et/ou
désorganisation et, si possible, sa destruction. saisie de points clés dans la profondeur.

Actualisation permanente des possibilités


Intervenir au profit d’une unité par la fourniture de
SOUTENIR d’engagement.
moyens ou de services.
Anticipation et mobilité du groupement.

ACTIONS DEFENSIVES

pts
Ralentir la progression de l’ENI sur une direction S/G en échelons successifs ; Engagement sur 2 axes dans une zone
FREINER ou dans une zone par l’action de détachements 1/1,5 de 6 à 8 km de large et 30 km de
mobiles, de feux et d’obstacles. SAC en action centralisée ou donnée en profondeur
pts
renforcement aux S/G .

276
Mission Définition (inf. 223) Procédés / facteurs de succès RAPFOR Zone d'action
Déclencher par surprise une action à base de
er
feux sur une formation ENI en mouvement 1 échelon : gros du GTIA avec la SAC
COUP D’ARRÊT offensif pour briser son élan et lui imposer un chargée du C.ARR ; 1/1,5 Front de 6 à 8 km
e pt
arrêt tout en lui infligeant le maximum de pertes. 2 échelon : 1 S/G en soutien.
Un C.ARR est, par essence, temporaire.

2
Forme de la manœuvre d’arrêt visant à interdire à ZA : 25 à 50 km
pt
DÉFENSE FERME l’ENI de franchir une ligne ou de s’emparer d’une Points d’appui de S/G . 1/3
zone. Front : 6 à 10 km

Forme de manœuvre d’arrêt visant à détruire er


Une ligne d’arrêt fixant le 1 échelon ennemi Front : 5 à 6 km
DEFENSE progressivement dans la profondeur les e
et des zones de combat d’usure laissant le 2
D’USURE pénétrations ennemies en se laissant dépasser le
échelon ennemi s’imbriquer. et 8 à 12 km de profondeur
cas échéant.

Délais importants d’installation avec des


Empêcher l’ennemi d’avoir accès à telle portion moyens conséquents.
INTERDIRE de terrain ou de franchir telle ligne ou d’utiliser tel Brutalité des feux à distance pour empêcher
personnel ou telle installation. l’ennemi de prendre pied sur les positions
tenues.

ACTIONS D’ASSISTANCE

Connaissance du milieu physique et humain


Action militaire qui consiste à placer une force et communication.
S’INTERPOSER tierce entre deux parties opposées pour les Règles d’engagement écrites pour tous les
empêcher de s’affronter. niveaux.
Dissuasion, crédibilité et impartialité.
Mettre à l’abri les ressortissants français et Contrôler le(s) site(s) et l’(les) axe(s)
étrangers par récupération, regroupement et d’évacuation (aéroport, port).
EVACUER DES
RESSORTISSANTS
évacuation dans le cadre d’une intervention Mettre en place un CENTREVAC.
armée dans un pays étranger dans un climat Coordonner l’action avec les autorités
insurrectionnel. diplomatiques et les forces locales.

277
Mission Définition (inf. 223) Procédés / facteurs de succès RAPFOR Zone d'action
Ensemble des activités conduites, le plus souvent
dans un contexte d’urgence, en faveur de
populations victimes de conflits ou de Garantir la liberté de mouvement :
catastrophes naturelles ou technologiques, ou - faciliter l’action des ONG pour le bienfait
PARTICIPER A
confrontées à une épidémie et visant, selon le des populations ;
UNE AIDE
cas, à leur apporter principalement une aide
HUMANITAIRE - communiquer ;
alimentaire et une assistance dans le domaine
médical ou de la santé publique, comme à - identifier les besoins d’urgence.
contribuer au rétablissement d’infrastructures
essentielles.
Garantir la liberté de mouvements et recréer
Dans le cadre d’un engagement national ou sous
AIDER A LA un climat de confiance.
mandat de la communauté internationale,
RECONSTRUC- Identifier les interlocuteurs crédibles et
favoriser le retour des populations et collectivités
TION ET A LA VIE fiables.
locales à une vie sociale, politique et économique
DE LA CITE Faciliter les actions de la chaîne ACM.
normale et structurée.
Impartialité – communication.

278
3.3 Missions de la compagnie d’infanterie

LA COMPAGNIE D’INFANTERIE EN
2010 à 175 combattants (DUO)

6 ERYX
ou
3 3 10
1 1
18 40 37 9 Minimi
   16 5.56
16
HHQ 6
SAPP Minimi
1 7.62
25
10   7
    13
SR
MR
2 PGM 12,7
9 9 9 7
  2
MR MILAN

2 81 mm

279
TYPES MISSIONS DES FRONT (en km) PROFONDEUR OBSERVATIONS
D’ACTION COMPAGNIES (en km)
D’INFANTERIE
Mener une 2à5 4à6 Au minimum 2 axes.
reconnaissance
offensive
Couvrir 2à4 3à5 Selon renforcements reçus.
sûreté Flanc-garder 2à4 3à5 2 axes dans les 2 dimensions
pour FLG
Éclairer 2à5 4à6 Au minimum 2 axes.
Surveiller 2à4 3à4
Prendre –
maintenir -
préciser le
contact
Fixer – neutraliser
Réduire – détruire
Appuyer ZA de l’unité bénéficiaire.
offensive
Attaquer en 1à2 2à3
souplesse
S’emparer de –
conquérir un
objectif
Harceler 50 à 100 km²
Soutenir ZA de l’unité bénéficiaire
Freiner 1à3 5 à 10 1 axe principal (1 axe secondaire
si renforcements).
Mener une 1à3 5 à 10 ZA variable selon les
défense d’usure renforcements reçus par l’unité.
Donner un coup 1à3 1à2 ZA variable selon les
d’arrêt renforcements reçus par l’unité.
défensive Défendre ferme Délais d’installation
Tenir de 3 à 24 heures
Interdire
Recueillir
Contrôler une 100 km²
zone
Rompre le contact

Le SGTIA est formé à partir d’une compagnie de combat et de renforcements interarmes. Il existe un
manuel d’emploi du SGTIA à dominante infanterie édité en 2009. L’INF 212 (niveau Cie) devrait
prochainement être révisé, après la refonte de l’INF 202 (niveau Son) qui va intégrer des additifs pour
FELIN et le VBCI.

280
3.4 Missions des sections de la CEA d’un régiment d’infanterie

 Les missions de la SAED


La SAED peut agir sur l’ensemble du continuum des opérations :

- INTERVENTION
La SAED opère prioritairement pour appuyer l’engagement débarqué du 1er échelon du GTIA INF.
Après infiltration, agissant en préliminaire de l’action principale, elle éclaire et surveille les objectifs et
zones d’engagement. Elle saisit des points-clés, renseigne les SGTIA INF et les guide au plus près
de leur objectif. Après la prise de contact par les SGTIA débarqués elle reçoit une mission de sûreté.

- STABILISATION
La SAED conduit, de manière autonome ou en complément des moyens des SGTIA, des actions de
surveillance et de renseignement dans la zone d’action du GTIA INF. Agissant en coopération avec
les SGTIA ou au sein du SGT CEA, elle participe également aux actions de contre-rébellion ou de
contrôle de zone : patrouilles, interception d’un adversaire isolé, saisie ou neutralisation d’un
objectif, fouilles, protection d’un point ou d’une installation critique, harcèlement, participation à un
bouclage ou un ratissage…

- NORMALISATION
La SAED reste affectée à des actions de renseignement sur le milieu. Elle peut être affectée à des
tâches particulières qui ne requièrent pas l’engagement d’une section de combat ou d’un SGTIA :
escortes d’autorités ou de journalistes, sûreté rapprochée d’éléments amis ou d’ONG, participation
à des actions ACM, établissement de dossiers d’objectifs, élément de liaison…

281
 Missions communes SAED :
Dans ce cadre, la SAED peut se voir confier les missions suivantes :

Cadre d’action Missions SAED Objectif ou rapport de force / Type de terrain ou


cadre de l’action
MISSIONS OFFENSIVES
Action autonome Éclairer Un axe ou une zone. De nuit de préférence.
préliminaire ou Reconnaître Un point-clé, un bâtiment.
complémentaire au Guider Guider le(s) SGTIA INF sur son objectif.
profit du GTIA INF : S’emparer de D’un point-clé (zone de poser ou de débarqué,
aide à l’engagement observatoire, point de franchissement ...).
débarqué.
Fixer ENI volume groupe à section débarquée.
Appuyer Une autre section.
Neutraliser/ détruire ENI volume groupe, ou installation.
Au sein du SGT CEA Contre-attaquer A pied au sein d’une zone d’engagement de SGT,
(ou d’un SGTIA INF le bénéficiant d’appuis externes, en terrain difficile,
cas échéant). pour détruire un faible volume ENI menaçant la
cohérence du dispositif ami.
Participer au En contrôlant un secteur.
bouclage
Harceler Sur un axe ou dans une zone de terrain difficile.
MISSIONS DEFENSIVES
Action autonome Jalonner (dont
préliminaire au profit jalonnement arrière) Dans un terrain difficile.
du GTIA ou au sein Recueillir Face à une menace limitée et identifiée.
d’un dispositif ami. Couvrir
Agissant au sein d’un Défendre Un point clé.
dispositif de SGT CEA, Interdire Face à un groupe de combat.
de SGTIA ou de GTIA.
MISSIONS DE SECURISATION
Action autonome en Surveiller Une zone ou un axe.
liaison avec le GTIA / Éclairer / Un point ou un axe.
Action au sein du SGT reconnaitre
CEA en contrôle de Harceler Dans une zone de « chasse » attribuée.
zone ou en quadrillage Neutraliser Par ses propres moyens ou le guidage d’appuis
opérationnel. 3 D.
Réduire Un élément ennemi à pied isolé.
Protéger Un objectif ami vulnérable.
Au sein du SGT CEA Participer au
ou d’un SGTIA. bouclage
MISSIONS D’ASSISTANCE
Actions autonomes Surveiller Une zone, une ligne, un secteur.
aux ordres du GTIA ou Escorter Un convoi, des autorités civiles ou militaires.
au sein du SGT CEA Guider Une unité amie ou alliée.
ou en coordination Contrôler Un site particulier (dépôt d’armes, bureau de
avec un SGTIA. vote…).
Protéger Une autorité.
Établir la liaison Avec des amis, alliés, factions, autorités locales.

 Missions spécifiques SAED (GCM, GCP…):


Chaque SAED peut détenir des capacités spécifiques propres selon la brigade d'appartenance du
régiment :
- force avancée d’urgence d’un élément interarmes aéroporté, mise à terre par la 3° dimension
(11°BP) ;
- capacités de déplacement, franchissement et stationnement en terrain montagneux (27° BIM) ;

282
- capacités à conduire des actions préalables (renseignement), préliminaires (reconnaissance
d’objectif particulier) et accompagnement d’une opération amphibie (9° BLBMa et 6° BLB).

Pour celles qui n'ont pas de spécificités comparables, elles peuvent aussi recevoir d'autres
spécialisations complémentaires : actions en milieu urbain, déplacement dans les réseaux souterrains,
saisie de points hauts en localité, emploi de mini-capteurs non spécifiques RENS…

 Les missions de la SRR


(Référence : INF 206, manuel d’emploi de la section de reconnaissance régimentaire, édition 2000)
La section de reconnaissance régimentaire est apte à accomplir des missions offensives, défensives,
de sûreté ou particulières dans le cadre du régiment, du GTIA, ou d’un sous-groupement
généralement antichar. Elle agit généralement sur 2 (échelonnement 2/2) ou 3 (échelonnement 3/1)
fuseaux (éclairer, reconnaitre…).

Éclairer
Surveiller
MISSIONS DE SURETE
Couvrir
Flanc-garder

Prendre, préciser, maintenir le contact


MISSIONS OFFENSIVES Reconnaître
Harceler

Marquer
Jalonner
MISSIONS DEFENSIVES Barrer
Boucler
Recueillir

Guider
MISSIONS PARTICULIERES Prendre ou rétablir la liaison
Escorter

 Les missions de la SAC MILAN


(Référence : INF 204/1, manuel d’emploi de la section antichar moyenne portée, édition 2000).
Elle agit généralement sur 2 axes.

Couvrir
MISSIONS DE SURETE Flanc-garder
Surveiller

Soutenir
MISSIONS OFFENSIVES
Appuyer

Freiner
Interdire
MISSIONS DEFENSIVES
Barrer
Défendre

283
LE GTIA À DOMINANTE BLINDÉ
Références :

- ABC 20/001 DOCTRINE D’EMPLOI DES UNITES BLINDEES/Approuvé le 07 août 1998 sous le n°137/DEF/EMAT/BCSF/2/DR - Edition
1998
- ABC 30/001 MANUEL D’EMPLOI DES UNITES BLINDEES Approuvé le 07 août 1998 sous le n°137/DEF/EMAT/BCSF/2/DR - Edition 1998
- ABC 34/201 MANUEL D’EMPLOI DES GTIA A DOMINANTE LECLERC/Approuvé le 30 novembre 1998 sous le
n°1724/DEMSAT/CDE/CREDAT - Edition 1998
- ABC 34/301 MANUEL D’EMPLOI DES GTIA A DOMINANTE BLINDE ROUES CANON/ Approuvé le 07 juillet 1999 sous le
n°862/CDES/CREDAT/B3 - Edition 1999
- COOPERATION INTERARMES DES GTIA/Approuvé le 22 juillet 2005 sous le n°571/DEF/CDEF/DEO/B.ENG - Edition 2005
- ABC 35/101 MANUEL D’EMPLOI DU SGTIA A DOMINANTE BLINDE/ Approuvé le 04 octobre 2010 sous le n°20178/DEF/RH-
AT/SDFE/EMS/EC/DEP - Edition 2010
- ABC 35/311 MANUEL D’EMPLOI DE L’ESCADRON D’AIDE A L’ENGAGEMENT/Approuvé le 03 janvier 2011 sous le n°20386 /DEF/RH-
AT/SDFE/EMS/EC/DEP

Le groupement tactique interarmes (GTIA) à dominante blindé est une unité interarmes de niveau
bataillon ou bataillon renforcé (infanterie, ABC, génie et éventuellement ASA et circulation) constituée
autour d’un noyau issu d’un régiment blindé organique. Cette mixité des armes et des fonctions
opérationnelles permet de tirer profit de leur complémentarité et de disposer ainsi de formations
dotées d’une plus grande souplesse et d’une plus grande faculté d’adaptation. Toutefois, cette
formation reste très liée aux principes et caractéristiques du combat des blindés, soit sur roues soit sur
chenilles.

1. Le combat des blindés


1.1 Finalité et caractéristiques de la fonction combat embarqué
- Appartient à la fonction opérationnelle « combat de contact » ;
- Instrument d’emport de la décision, chaque char ou engin blindé détient, à des degrés divers, cinq
capacités :

- mobilité
Agilité, grande autonomie (de 300 à 800 km), non lié aux axes même si préférentiels
Mobilité accrue par les systèmes d’aide à la navigation et de renseignement permettant de couvrir du
terrain et d’effectuer des déplacements de grande amplitude dans des délais réduits et avec de faibles
préavis ;

- puissance de feu
Armement complet jumelé à une conduite de tir et à des équipements optroniques performants qui
procurent puissance, précision et souplesse avec les mitrailleuses légères ou lourdes, les canons
mitrailleurs ou le canon (Char Leclerc 120 mm ; AMX 10 RCR : 105 mm.). Pour le Leclerc, la faculté
d’observer puis de tirer en roulant jusqu’à une distance de 4000 m optimise encore cette puissance de
feu ;

- communication - NEB
Réseau radio unique par SGTIA où tous les membres des équipages sont à l'écoute, transmettent ou
reçoivent instantanément informations ou ordres et réagissent sans délai. En rendant les
déplacements plus aisés tout en offrant plus de précision dans l’organisation et la conduite de
l’observation et des feux et dans les comptes-rendus, la numérisation (NEB) facilite la manœuvre du
chef de l’unité blindée et de ses équipages ;

284
- protection
Protection, variable selon les matériels, contre les tirs des armes légères ou lourdes, les effets de
l’artillerie et les agents chimiques. Cette protection s’applique également à tous les systèmes, souvent
fragiles et coûteux, emportés par le blindé ;

- vision tout temps


Moyens techniques tels que les viseurs panoramiques à fort grossissement, caméras thermiques et
intensificateurs de lumière.

1.2 Aptitudes
Ces capacités du matériel, fédérées par un système de commandement et une organisation,
confèrent aux unités blindées les aptitudes suivantes :

- le renseignement
Toute unité blindée est apte au renseignement de par les capacités techniques (observation et
communication) et les compétences des hommes (intelligence de situation), même si certaines unités
(comme l’EEI) ont une spécialisation plus prononcée ;

- l’amplitude et la rapidité de la manœuvre


Combat mobile et omnidirectionnel par la capacité à s’engager dans de brefs délais à des distances
variables et sur de vastes zones, de jour et de nuit, alternant dispersion et concentration des moyens.
Combinaison en permanence du feu qui peut détruire et du mouvement qui surprend, déborde et
déstabilise. Capacité à établir brutalement un rapport de forces favorable aux points faibles du
dispositif adverse et à exploiter immédiatement l’avantage acquis. Instrument privilégié pour contrer
une menace inopinée en combattant à front discontinu ou renversé, en portant des coups sur les
flancs ou dans la profondeur de l’adversaire, tout en esquivant la riposte de ce dernier. Outil par
excellence de la manœuvre en combinant vitesse et utilisation des espaces ;

- la réactivité
Capacité à changer immédiatement d’attitude ou de dispositif pour s’adapter aux différentes
évolutions de situation ;

- la couverture du terrain
Surveillance, protection et contrôle dans la durée de vastes espaces par la combinaison de dispositifs
fixes et mobiles. Ces unités satisfont aux principes de l’économie des forces et de la liberté d’action en
parcourant ou en occupant temporairement les intervalles, afin de renseigner puis d’intervenir ;

- la maîtrise de la puissance
Protégés, les équipages peuvent accepter un certain niveau d’agression avant de réagir. Ils disposent
de toute une gamme d’armement qui autorise une riposte graduée (de l’armement individuel au canon
de 120 mm en passant par les armements à léthalité réduite (ALR). Les blindés permettent aussi bien
la démonstration de force par le biais de déploiements ostensibles, la dissuasion par l’adoption
d'attitudes offensives, que la neutralisation ou la destruction par un usage sélectif des armes ;

- la destruction
Capables d'agir dans des milieux hostiles, se regroupant dans les délais les plus brefs, les unités
blindées bousculent et détruisent l’adversaire par la densité momentanée des moyens et la
concentration brutale des tirs ;

- l’action dans la profondeur


Arrachant l’initiative à l’adversaire par une irruption brutale et profonde dans son dispositif, les unités
blindées participent à la désorganisation des systèmes de commandement et de soutien par la
destruction ou la saisie de centres déterminants.

285
1.3 Vulnérabilités et limites

- terrains très compartimentés et coupés tels que zones boisées et zones d’habitats très
resserrés ;
- engagement isolé pour percer ou détruire un dispositif défensif adverse organisé et valorisé ;
- dispositifs trop statiques, resserrés ou sans profondeur qui réduisent les possibilités de
manœuvre et augmentent la vulnérabilité avant même le début de l’engagement (détection puis
convergence des feux de l’adversaire) ;
- menace des avions d'appui et hélicoptères armés qui peut interdire toute manœuvre
d'envergure si elle n'est pas contrée. Les moyens LATTA organiques sont insuffisants ;
- soutien logistique (ravitaillement et remise en condition) à intégrer impérativement à la
manœuvre pour garantir la permanence et la durée dans l’action.

2. Constitution d’un GTIA blindé


Constitué sur la base d’un régiment blindé qui fournit un noyau clé (pour le PC et les unités), il
comprend un nombre variable de moyens dont le dosage dépend de la mission attribuée au GTIA.
Dans l’armée de Terre, les régiments blindés sont répartis comme suit :

286
2.1 Le régiment de chars
Les 4 régiments LECLERC sont organisés en 1 escadron de commandement et de logistique (ECL) et
4 escadrons de chars.

52 LECLERC
ECL
13 LECLERC
12 VBL

CDT 3 LECLERC
3 VBL
1 LECLERC

2.2 Le régiment blindé RC (roues-canon)


Depuis 2011, tous les régiments blindés RC sont organisés en 1 escadron de commandement et de
logistique (ECL), 3 escadrons blindés RC et 1 escadron d’aide à l’engagement (EAE).

36 AMX1ORC

ECL

EAE 4 VBL MILAN


4 VBL 12.7 ou 7.62
12 AMX10RC
12 VBL
4 VAB HOT
2 VBL

3 AMX10RC 3 VAB T20 13


3 VBL 3 VBL

2.3 Articulation du GTIA à dominante blindée


Le GTIA à dominante blindée doit disposer au minimum d’un quatrième pion tactique sous la forme
d’une compagnie d’infanterie pour lui permettre de réduire la vulnérabilité des blindés lorsque le GTIA
doit s’engager dans un environnement contraignant (terrain difficile, obstacles naturels ou artificiels ou
zones urbanisées) et de varier les articulations en fonction des missions, du milieu, des circonstances.

287
Il doit en outre disposer d’une autonomie relative :
- de commandement et de liaison pour conduire l’action en cours et préparer la manœuvre future ;
- de renseignement pour acquérir, traiter et exploiter l’essentiel des informations dans sa zone
d’intérêt : 2 PRIAC MILAN pour le GTIA RC ou éventuellement, 1 (voire plus) PEI donné en
renforcement. Le GTIA (XL ou RC) peut également constituer temporairement un escadron (ou un
peloton) d’investigation de circonstance en regroupant les escouades VBL des escadrons de
chars XL ou blindés RC, aux ordres d’un officier adjoint ;
- de soutien logistique (chaîne logistique organique RAV, MEC, SAN, SH avec une autonomie de
6UE + 3 UF + 4 JV).

Pour valoriser son action, il doit bénéficier d’appuis :


- d’appui feux directs et indirects : unité antichar (AC), DL ALAT ou sous-GAM ALAT, DL ART
(DLOC avec ses EOC) ;
- d’appui à la mobilité, à la sauvegarde et à la contre mobilité sous forme de renforcements de
moyens : DL GEN, compagnie de combat génie (CCG).
- d’appui d’environnement : ACM, OI…

Ceux-ci doivent être complétés par des moyens lui permettant d'assurer la sûreté de son dispositif
(section de protection de PC). En outre, si son dispositif ne s’inclut pas sous une couverture sol air
plus globale, il doit pouvoir bénéficier d’unités adaptées (ASA).

Exemples de renforcements des GTIA blindés Les renforcements qui suivent sont donnés à titre
d’exemple pour illustrer l’éventail des possibilités. Un renforcement est souvent associé à un
prélèvement. Le GTIA n’est cependant pas en mesure de commander plus de 5 sous -
groupements tactiques (inclus SGAM) :

RENFORCEMENTS
GTIA à dominante blindée RC GTIA à dominante chars XL
POSSIBLES
o 1 quatrième ESC RC ou 1 ESC XL o 1 EEI ou 1 PEI
o 1 EEI ou 1 PEI o 1 CIE INF
o 1 CIE INF o 1 DL ALAT ou 1 SGAM
en action offensive
o 1 DL ALAT ou 1 SGAM o 1 CIE GEN
o 1 CIE GEN o 1 DLOC
o 1 DLOC o ASA
o 1 quatrième ESC RC ou 1 ESC XL o 1 à 2 CIE INF
o 1 à 2 CIE INF o 1 DL ALAT ou 1 SGAM
en action défensive o 1 DL ALAT ou 1 SGAM o 1 CIE GEN
o 1 CIE GEN o 1 DLOC
o 1 DLOC o ASA
o 1 EAE
o 1 EEI ou 1 PEI
o 1 EEI ou 1 PEI
o 1 à 2 CIE INF
en contrôle de zone o 1 à 2 CIE INF
o 1 CIE GEN
o 1 CIE GEN
o 1 DLOC
o 1 DLOC

288
3. Emploi du GTIA blindé
3.1 Le GTIA à dominante Leclerc

 Apports du GTIA LECLERC


Le GTIA LECLERC apporte à la BIA une très importante puissance de feu, une excellente
mobilité et une capacité de combat par tout temps et en tout lieu.
Le meilleur rendement sera obtenu en tirant parti des trois caractéristiques précitées et en cherchant à
créer localement et par surprise un RAPFOR favorable. Ainsi :
- dans les actions offensives, le GTIA utilise au maximum sa mobilité et sa protection pour
déborder ou contourner, mais aussi sa puissance de feu pour détruire, puis exploiter ;
- dans les actions défensives, il peut retarder la progression adverse ou contre-attaquer les unités
ennemies susceptibles d’emporter la décision ;
- dans le cadre de la maîtrise de la violence, il peut contrôler une vaste zone, dissuader, voire
imposer, ou assurer des missions de sauvegarde.

Son engagement vise dans ces divers contextes :


- à briser les actions offensives adverses par des contre-attaques ou des attaques et
éventuellement par des coups d’arrêt ayant pour objectif la destruction des chars ennemis ;
- à prendre l’initiative par des actions de forces fondées sur la concentration des
trajectoires, pour percer un dispositif largement déployé, pour exploiter les failles décelées dans
un dispositif ou créées par une attaque, afin d’obtenir une désorganisation durable des forces
adverses ;
- à assurer la sûreté, le contrôle ou l’interdiction d’une zone tactique par la maîtrise de
l’espace terrestre afin d’empêcher des actions violentes lorsque le combat direct ou la
neutralisation des adversaires n’est pas possible ou souhaitable.

Dans cette perspective, sans être exhaustif, le GTIA LECLERC peut réaliser les actions suivantes, en
fonction de sa situation au sein du système de forces engagé en tant que composante du :

Système de forces d’action décisive Système de forces de sûreté Système de forces de contrôle du
milieu

Exploiter une situation favorable dans la Constituer une réserve - Contrôler une zone ;
profondeur : blindée pour :
- conquérir des zones clés ou
- pour détruire les points décisifs (C3I, - prendre le contact et points clés et y contenir
appuis, logistique...) ; freiner une unité de l’adversaire pour : permettre
- pour saisir un objectif en débordant ou chars ; la manœuvre amie, interdire
en passant en force. - contre-attaquer ; la manœuvre ennemie.
- renforcer, par une
Détruire ou neutraliser les blindés attaque de flanc, l’action
adverses : visant à fixer une avant-
- soit en attaquant de flanc, à revers ou garde ;
éventuellement de front ; - éventuellement
- soit lorsqu’il est en couverture en recueillir ;
interdisant toute réaction ennemie - mettre sur pied une
d’enveloppement, ou, après réalisation avant-garde.
de l’effet majeur, en dissociant
l’ennemi de son soutien ;
- soit en action de défense mobile en
menant des réactions offensives
blindées.

289
Son engagement exige :
- une anticipation : planification permanente et évolutive ; positionner le mieux possible les
moyens de la logistique et du commandement ;
- du renseignement permanent : dans la profondeur de la zone d’action (ZA), au contact et en
temps réel, pour exploiter au mieux l’efficacité et la brutalité des actions de feu ;
- un espace de manœuvre adapté à « sa puissance de choc » : permettant de varianter très
rapidement ses efforts et laissant une large liberté d’action ;
- une véritable complémentarité avec des appuis et un soutien adapté : particulièrement dans
la coopération GTIA LECLERC – GAM (synergies antichar, protection aérienne, commandement
et logistique).

Les actions de force, avec concentration des moyens, peuvent être nécessaires, mais la recherche
systématique des espaces libres et l’exploitation sont souvent les modes d’actions les plus
rapides et les plus économiques pour un GTIA LECLERC.

 Modes d’action du GTIA LECLERC (XL)

MODES ENNEMI
MISSION DES
D’ACTION ZONE D’ACTION FORMATIONS PRINCIPAL
ESCADRONS
GTIA XL DU GTIA
2 échelons (ECH) en fonction de la
ZA et de l’attitude à adopter en fin
- Reconnaître ;
de mission.
2 à 3 CM - Prendre le contact ;
2 ESC en tête permettent de
renforcées de - Fixer ;
s’engager rapidement et de
MARCHER A ZA = 10 à 20 km de chars après - S’emparer ;
reconnaître un maximum de terrain.
L’ENNEMI largeur. avoir détruit - Couvrir (fixe ou
1 ESC en tête permet de s’engager
les sûretés mobile) ;
rapidement dans une contre
avancées. - Appuyer ;
attaque, un débordement en
- Soutenir…
direction d’un point clé à conquérir
ou un recueil.
- Freiner ;
2 ECH en fonction du mode de - Donner un coup
- 1 à 2 BC;
ZA = 8 à 10 km de freinage envisagé (centralisé ou d’arrêt ;
FREINER - 1 BC
largeur. décentralisé), du terrain, du volume - Contre-attaquer ;
autonome.
ennemi et de l’effet à obtenir. - Appuyer ;
- Couvrir…
Dispositif enveloppant pour
atteindre simultanément la plus
grande partie de l’ennemi en
er e - Interdire une
mouvement (1 et 2 ECH). Dans le
direction ;
meilleur des cas, il comporte :
- Détruire ;
DONNER UN - un élément feux ;
ZA = 4 à 7 km (éléments - Contre-attaquer ;
COUP - un élément butoir confondu avec le 1 à 2 BC.
d’alerte exclus). - Soutenir (si
D’ARRET précédent si le coup d’arrêt est
renforcement) ;
frontal;
- Donner un coup
- un élément de couverture et
d’arrêt...
d’alerte léger ;
- un élément réservé pour relancer
l'action offensivement.
Action précédée d’un coup d’arrêt
- Réduire ;
porté par une autre unité (butoir). Rapport
- S’emparer ;
- frapper les blindés adverses à localement
- Attaquer ;
CONTRE- ZA de 5 à 7 km avec 8 à revers ou sur leurs flancs ; favorable 2 à
- Contre-attaquer ;
ATTAQUER 12 km de profondeur. - s’articuler en 2 échelons pour 3 CC.
- Appuyer ;
pouvoir manœuvrer ; RAPFOR
er - Couvrir ;
- agir en 1 échelon s’il veut local : 2/1.
- Soutenir...
favoriser sa puissance de feu.

290
- Attaque en force ou
dans la foulée : Front 2 ECH pour :
- 1 à 2 CC; - Attaquer
étroit de 4 à 5 km puis 6 - relancer l’action ;
- 1 BM - Soutenir
à 9 km. Portée de 10 à - réagir contre l’imprévu.
renforcé de - Couvrir
ATTAQUER 25 km ; Pour l’attaque en souplesse, cette
chars - S’emparer (saisir)
- Attaque en souplesse formation en 2 ECH n'est pas
installé en - Appuyer
Front de 10 à 15 km impérative, en particulier dans la
défensive. - Réduire...
Portée 15 km maxi (pour phase d’infiltration.
bénéficier des appuis).
- Attaquer
- Éléments de
- Effectuer un raid
er CDT, LOG,
2 ESC en 1 ECH sans souci - S’emparer
ZA = 4 à 5 km puis 10 à 15 e ENI dans la
d’alignement. 2 ECH prêt à - Prendre le contact
EXPLOITER km de largeur sur 20 à 25 profondeur ;
soutenir, appuyer, couvrir, - Réduire
km de profondeur. - Éléments de
dépasser. - Couvrir
combat
- Appuyer
résiduels.
- Soutenir…
- Appuyer
2 ECH. - Couvrir
Portée 20 à 30 km
MENER UN Il peut être éclairé par l’ALAT, ou Objectifs - S’emparer
(liaisons) et environ 50 km
RAID l’EEI et renforcé par une unité divers. - Prendre le contact
avec 1 relais.
mécanisée employée groupée. - Reconnaître
- Réduire...
Toutes les articulations du GTIA
sont concevables en gardant une
CONTROLER Zone qui ne peut excéder - Contrôler un
réserve. Renforcement possible
UNE ZONE 500 km². secteur…
d’un EEI ou d’1 à 2 PEI ainsi que
d'infanterie (CIE ou Son).

3.2 Le GTIA à dominante blindé roues canon

 Apports du GTIA blindé roues canon


- Dans les actions offensives, fondées essentiellement sur le mouvement et la surprise, le GTIA
tient un rôle important car il tire parti de sa mobilité pour prendre l’initiative et déborder afin de
détruire en souplesse ;
- dans les actions défensives, il peut être engagé en préliminaire de l’action de la grande unité
pour renseigner sur la progression adverse ou la ralentir ou pour contre-attaquer en cours
d’action. Il peut aussi soutenir un dispositif de points d’appui à dominante infanterie entre lesquels
il contre-attaque en bénéficiant des appuis de la brigade ;
- dans le cadre de la maîtrise des crises, il peut avoir un rôle important pour contrôler une vaste
zone en rassurant par sa présence dissuasive, en surveillant par des patrouilles très mobiles et
en intervenant rapidement pour faire basculer le RAPFOR au moindre incident.

Son engagement vise dans ces divers contextes :


- à contraindre les actions offensives adverses par des contre-attaques et par des coups
d’arrêt ;
- à prendre l’adversaire de vitesse par des actions en souplesse pour reconnaître un dispositif,
exploiter les failles et infliger des pertes, mener un raid blindé ;
- à assurer le contrôle d’une zone pour y empêcher les actions violentes et y maîtriser la
situation.

Dans cette perspective, sans être exhaustif, le GTIA RC peut réaliser les actions suivantes, en
fonction de sa situation au sein du système de forces engagé en tant que composante du :

291
Système de forces d’action décisive Système de forces de sûreté Système de forces de
contrôle du milieu
- reconnaissance ; - participation ou constitution d’une
- attaque en souplesse pour saisir avant-garde pour : - contrôle de zone ;
ou détruire un objectif ; - reconnaissance ; - assurance d’un point
- exploitation d’une situation au - jalonnement ; clé ;
contact pour : - freinage ; - réserve d’intervention
- destruction des objectifs (en prévention ou en
- coup d’arrêt ; réaction).
vulnérables sur les arrières ;
- couverture ;
- destructions des résistances
- recueil ;
s’opposant à la conquête d’un
objectif ; - exploitation d’une situation de
contact pour renseigner sur un
- contre-attaque ;
point faible ennemi ;
- raid blindé dans la profondeur ;
- raid blindé dans la profondeur ;
- freinage ;
- contrôle de zone ;
- coup d’arrêt.
- assurance d’un point clé.

 Missions du GTIA roues-canon (RC)

Modes d’action Portée -


Front Observations Mission escadron
GTIA RC Profondeur

ZA : 20 à RECO, Prendre & préciser le contact,


Reconnaître 40 à 50 km 2 ECH
30 km FIX, S’EMP, COUV, SOUT, APP

Attaquer en ZA : 15 à ATK en souplesse, SOUT, COUV, FIX,


20 à 30 km RAPFOR : 3 / 1
souplesse 20 km S’EMP, APP, Mener un raid blindé
ZA : 8 à
C.ATK, SOUT, COUV, FIX, S’EMP,
Contre attaquer 10 km 10 à 15 km RAPFOR : 2 / 1
APP

ZA : 15
Exploiter 10 à 20 km Durée 1 à 2 h ATK, S’EMP, COUV, FIX, SOUT, APP
à 20 km
Exécuter un raid Ouvrir un itinéraire, S’EMP, APP, ATK,
30 à 50 km
blindé Mener un raid blindé

292
Mode d’action Portée -
Front Observations Mission escadron
GTIA RC Profondeur
- 2 ECH
ZA : 20 à - Au rythme de l’ENI
Jalonner 60 km SURV, JAL, C.ARR, COUV, APP
30 km (environ 15 à 20
km/h)
- 2 ECH
ZA : 10
- RAPFOR : 1 / 1,5
Freiner à 15 km 50 à 60 km FRN, C.ARR, C.ATK, COUV, APP
- Entre 3 et 5 km/h
suivant le RAPFOR
ZA : 8 à
Donner un coup 15 km - RAPFOR : 1 / 1 FRN, C.ARR, INTDR, C.ATK, COUV,
d’arrêt ZE : 4 à 6 - Effet 1 à 2 h APP
km
- 2 ECH
ZA : 10
- RAPFOR : 1 / 1
à 15 km COUV, SURV, FRN, C.ARR, TNR,
Couvrir 15 à 20 km - COUV située de 10
(20 km en INTDR, ECL, JAL, SOUT
à 20 km de l’action
SURV)
principale BIA

Ligne de RCL, APP, TNR, INTDR, C.ATK,


Recueillir
8 à 15 km COUV, SOUT, C.ARR

CTRL & RECO un secteur, Intervenir,


Contrôler une Garder une réserve SOUT, RENS sur un itinéraire ou sur
2
zone 1 000 à 2 000 km d’intervention des points, Boucler un secteur,
S'assurer de, SURV
S’assurer 2 Garder une réserve
400 à 800 km
d’un point clé d’intervention
Défendre et
s’emparer d’un Zones périurbaines CBT ZURB
secteur

3.3 Normes d’engagement des SGTIA LECLERC et RC et coordination

Missions SGTIA Front Profondeur


Reconnaître 8 à 15 km, 2 à 3 axes principaux 30 km
2
Prendre et préciser le contact ZA > 25 km
Attaquer 1 à 2 km 5 à 10 km
S’emparer d’un point 5 à 10 km 15 à 20 km
Détruire ----- -----
Fixer ----- -----
Appuyer / Soutenir 2 à 3 km 5 à 10 km
Mener un raid blindé 8 à 10 km jusqu’à 40 km
Freiner 5 à 10 km 30 km
Jalonner 10 à 15 km 30 km
Donner un coup d’arrêt 3 à 5 km 5 à 7 km
Tenir 4 km 3 km
Interdire 3 à 5 km ou 2 axes principaux -----
Couvrir / Flanc-garder 8 à 10 km (fixe) 10 km

293
Surveiller 15 à 20 km -----
Contre-attaquer 1 à 2 km 8 à 10 km
Ouvrir un itinéraire ----- 20 à 30 km
Contrôler un secteur (un itinéraire) 400 km²
Protéger (convoi, individu…) 40 véhicules
Boucler 20 km -----
Ratisser ----- -----
Intercepter ----- -----

 Normes logistiques :
TC2 : 8 à 20 km en arrière de la ligne avant du GTIA. Stabilité 6 à 8 heures.
TC1 : 5 km en arrière de la ligne avant du SGTIA.

 Coordination du rythme de la manœuvre :


Le rythme soutenu de l’engagement est coordonné sur le terrain par l’amplitude des bonds liés à
l’ennemi, aux points clés et aux obstacles naturels. Les bonds sont définis par des lignes, toujours
clairement identifiables sur le terrain :
- Ligne de compte-rendu qui permet au PC de suivre la progression des unités pour l’adapter aux
exigences de la mission ;
- Ligne de changement de rythme en fonction de la priorité donnée à la vitesse ou à la sûreté, selon
l’appréciation de la menace ;
- Ligne de coordination, à ne pas dépasser sans ordre, de nature à assurer la cohérence du
dispositif d’ensemble ;
- Ligne de coup d’arrêt de GTIA ou de SGTIA.

 Règle du temps minimum nécessaire aux SGTIA


Tout en respectant la règle du tiers temps, un SGTIA a besoin d’au moins 4 heures pour se préparer
à une attaque (MEDO et ordres du capitaine + reconnaissances et ordres des subordonnés +
préparation logistique + réarticulations éventuelles + mise en place des moyens dont les appuis…).

 Renforcements du SGTIA blindé :


Pour conserver une bonne cohérence dans le domaine du commandement, le SGTIA BLD ne compte
en général pas plus de 8 subordonnés dont 5 au plus de contact (INF-ABC).

294
L’AÉROCOMBAT
Références :

- ALAT 10.001 – Concept d’emploi des forces aéromobiles de l’armée de Terre, éd. 2011 ;
- ALAT 20.001 – Doctrine d’emploi des forces aéromobiles de l’armée de terre, éd. 2012 ;
- ALAT 35.001 – Manuel d’emploi des sous-groupements ALAT, éd. 2006 ;
- ALAT 36.501 – Manuel d’emploi de la patrouille hélicoptères de manœuvre ; éd. 2009 ;
- ALAT 47.121 – Manuel d’emploi de la patrouille hélicoptères d’attaque Viviane, éd. 2009 ;
- ALAT 36.121 – Manuel d’emploi du module Tigre, éd. 2009 ;
- ALAT 40.201 – Notice d’emploi appui feu hélicoptères, éd. 2009 ;
- ATP 49 (E) – Use of helicopters in land operations, vol. 1 (doctrine) et vol. 2 (TTPs) éd. 2008.

S’appuyant les documents fédérateurs du CDEF que sont les FT-01 et 02, le principe d’aérocombat
met en exergue l’intégration de l’aéromobilité à la manœuvre terrestre.
L’aérocombat se définit comme « l’intégration des tactiques, missions, modes d’action
aéromobiles à la manœuvre aéroterrestre en combinaison avec les autres composantes de la
fonction contact. L’aérocombat confère au chef interarmes mobilité, réactivité, réversibilité et
gradation des effets participant pleinement à la surprise tactique proche du sol, à la prise et la
reprise de l’initiative. Afin de garantir l’optimisation de moyens comptés, l’aérocombat doit être
pris en compte dès la phase de conception de la manœuvre interarmes et intégrer les unités
103
aéromobiles au niveau de commandement le plus adapté. » .

1. Concept d’emploi des hélicoptères


La composante aéromobile apporte à la force opérationnelle terrestre une capacité à mener des
actions « feu, renseignement et mouvement » à partir de l’espace aérien proche du sol. Créant la
surprise, elle donne au chef interarmes la possibilité de faire varier subitement ses efforts et le rythme
de son action. Particulièrement adaptée à mener des actions de circonstance, les formations
d’hélicoptères lui permettent de prendre et de conserver l’initiative, voire d’emporter la décision. Grâce
à leurs qualités propres, les hélicoptères répondent au besoin de « complémentarité des rythmes »
entre les composantes de l’armée de terre.

1.1 Spécificité des unités aéromobiles


La vitesse de déplacement des appareils et leur aptitude à s'affranchir des obstacles leur confèrent
des propriétés spécifiques.

 Furtivité et fugacité
Pour tirer parti de la surmobilité, les unités aéromobiles doivent rester dynamiques, les phases de
combat statiques y sont brèves et alternent avec les actions privilégiant la vitesse d'évolution. Cette
capacité procure un aspect fugace à l'engagement des hélicoptères. De plus, les interventions
nécessitent d'être furtives pour compenser la vulnérabilité des appareils, due à un niveau de
protection relativement faible et à la transparence aux ondes du milieu aérien ;

103
Extrait de l’ALAT 10.001 - Concept d’emploi des forces aéromobiles de l’armée de Terre.

295
 Réversibilité et réactivité
Les unités aéromobiles, profitant de la continuité et de la perméabilité du milieu aérien, ne doivent
jamais être fixées ni par l'adversaire terrestre, ni par le terrain lui même. Elles alternent ainsi des
engagements et des désengagements rapides qui leur confèrent une grande réactivité et peuvent à
tout moment changer d'attitude, apportant un caractère réversible à leurs actions ;

 Puissance de feu et rayon d'action


La mise en œuvre de systèmes d'armes performants apporte aux formations aéromobiles une grande
puissance de feu instantanée. De même, leur mobilité se concrétise par un très large rayon d'action.

 Limites et contraintes
A l'instar des autres systèmes d'armes, les hélicoptères ont des limites tant sur le plan intrinsèque
qu'au niveau plus général de leur cadre d'emploi. Ces contraintes peuvent être regroupées en
quatre catégories :
- la vulnérabilité : la protection de l’hélicoptère repose essentiellement sur sa capacité à utiliser le
terrain pour être à l’abri des tirs adverses et donc sur la liberté d’action qui est donnée aux unités
pour définir leur manœuvre propre dans la manœuvre aéroterrestre. La menace, la densité des
constructions ou les impératifs de vitesse peuvent limiter les possibilités de l’équipage à adapter
sa trajectoire au terrain. C'est le cas notamment en zone urbaine ou périurbaine. Dans certaines
conditions, surtout de nuit, il peut être avantageux de privilégier des trajectoires repérées et pour
lesquelles l’équipage bénéficie d’un renseignement actualisé sur l'ennemi et sur le terrain ;
- l'environnement : les phénomènes météorologiques influent directement sur les capacités des
hélicoptères. C'est le cas de la visibilité horizontale, parfois du vent. De nuit, des phénomènes
parasites peuvent gêner considérablement la mission ou accroître la vulnérabilité des aéronefs
(humidité de l'air pour l'IR, densité des sources lumineuses pour l'Intensificateur de Lumière) ;
- la nécessité d’une planification précise (non-permanence sur le terrain) : compte tenu de
l’autonomie des appareils et des impératifs de sauvegarde, les hélicoptères n’ont qu’une capacité
marginale à maintenir une permanence sur le terrain. Il convient donc de les employer avec
précision ;
- les liaisons – transmissions : amenés à réaliser des opérations dans la profondeur, les
hélicoptères peuvent être confrontés, à proximité du sol, à des difficultés de liaison. En limites de
portée de leurs moyens de transmission, ils pourraient se mettre en situation de compromettre la
mission soit par la perte de liaison directe avec le commandement (réversibilité, allongement de la
boucle de décision…) soit par le risque de détection par l’ennemi pris lors d’une élévation de leur
altitude pour rechercher la liaison.

1.2 Propriétés des opérations aéromobiles


La spécificité des unités aéromobiles leur confère des caractéristiques opérationnelles propres qui
doivent être prises en compte :

 espace de manœuvre
La rapidité et le rayon d'action des moyens aéromobiles permettent des interventions sur des zones
étendues. Par ailleurs, pour exploiter pleinement leurs propriétés de fugacité et de furtivité, ces
moyens doivent pouvoir disposer de larges espaces. Ces aspects sont déterminants pour leur
attribuer l'espace de manœuvre qui garantira une liberté de mouvement permettant d'optimiser leur
action ;

 niveau de commandement adapté


La recherche de l'efficacité plaide pour un regroupement de ces unités à un niveau de
commandement correspondant à la responsabilité de leur zone d'action potentielle. Ce niveau permet
de maîtriser la disponibilité et l'emploi de moyens devenus moins nombreux. Néanmoins, des unités
peuvent être données en renforcement ou adaptées temporairement à un niveau subordonné
diminuant ainsi les temps de réaction ;

296
 coordination
L’emploi des aéronefs de l'armée de terre doit être coordonné avec l'ensemble des moyens évoluant
e
dans la 3 dimension (aériens, antiaériens, artillerie sol/sol) des différentes armées afin d'éviter les tirs
fratricides ou les conflits de zones et de bénéficier éventuellement d'appuis réciproques ;

 liberté d'action
Au même titre que les autres composantes de l'armée de terre, la réelle liberté d'action des unités
aéromobiles passe par la possession de la supériorité aérienne au moins localement.

1.3 Principes d’engagement


Dans le cadre d’actions aéromobiles, les opérations peuvent être conduites soit sous commandement
aéromobile, soit sous commandement interarmes, ou encore de manière répartie en fonction de la
phase de l’engagement :

 actions conduites sous commandement aéromobile (action autonome ou


appui aéromobile indirect)
Ces actions peuvent se concevoir dès lors que les formations aéromobiles sont responsables de la
réalisation de l’effet majeur, que le volume des moyens aéromobiles engagés le justifie, ou lorsque la
maîtrise de l’espace proche du sol est déterminante pour la conservation de la liberté d’action. Cette
manière d’opérer est choisie préférentiellement lorsque les formations aéromobiles constituent le
moyen le plus sûr d’atteindre les centres déterminants ou les points caractéristiques à partir desquels
l’adversaire tire sa liberté d’action, sa puissance ou sa volonté de combattre. Le combat est alors
mené au rythme des unités aéromobiles ;

 actions conduites sous commandement interarmes (action conjuguée ou


appui aéromobile direct)
Lorsque l’action principale est menée au sol, les moyens terrestres de la FOT fixent le rythme général
de la manœuvre. Dans ce cas, les unités aéromobiles peuvent soit concourir à la réalisation de l’effet
majeur, soit mettre leurs moyens à disposition pour un appui spécifique. L'action est alors conduite
dans le cadre espace-temps des unités terrestres appuyées ;

 manœuvre mixte
Le plus souvent, la manœuvre de la FOT combinera des actions conduites sous commandement
aéromobile à des actions menées sous commandement d’autres composantes. L’attribution des
responsabilités des actions se fait alors en fonction du type de la manœuvre choisie par la FOT ou de
la phase proprement dite de son engagement. Cette répartition permet d’exploiter au mieux les
différentiels de rythme.

Quel que soit le type d’action, il faut proscrire la superposition d'unités aéromobiles et de forces
engagées dans une phase de haute intensité, compte-tenu du faible niveau de protection des
appareils.
Néanmoins, elle peut être admise sous réserve d'une coordination très précise avec les troupes au sol
dans le cadre d'une intervention dans la profondeur du dispositif ennemi ou, dans une opération de
maîtrise de la violence.
Les formations aéromobiles sont peu aptes à durer compte tenu de l'autonomie des appareils et des
limitations dues à certaines contraintes météorologiques sévères (brouillard, givre).
Les missions des unités aéromobiles doivent être définies en termes d’effet à obtenir sur un
adversaire désigné, dans un espace de manœuvre clairement identifié, éventuellement au profit d'une
autre composante de force.

297
1.4 Les missions de I’ALAT
L’ALAT combine des fonctions commandement, renseignement, feu et manœuvre qui peuvent être
mises en œuvre de manière groupée ou dissociée selon l’effet recherché.

 Missions d’appui au commandement


Des hélicoptères PC (Gazelle ou SA 330 Puma) peuvent être détachés auprès du PC d'une grande
unité pour une phase particulière de la manœuvre, permettant au chef interarmes de s’affranchir des
contraintes de la topographie et du réseau routier ainsi que de faire face à une élongation importante
ou à une brutale accélération du rythme de la manœuvre ;

 Missions à dominante renseignement


Grâce à leur furtivité, les formations de l’ALAT participent au recueil ou au recoupement de
l’information. Toute ou partie d'une escadrille peut ainsi être engagée en avant, sur les flancs ou sur
les arrières d'une unité amie pour renseigner sur l'ennemi ou confirmer des données terrain. Cette
mission peut s'effectuer de jour comme de nuit (Gazelle équipée en viseur thermique VIVIANE,
Gazelle POD CL 289,). En outre, tout équipage d’aéronef peut fournir des renseignements
d’ambiance lors de ses survols du théâtre.
Ces missions peuvent être : SURVEILLER, RECONNAITRE, JALONNER, PARTICIPER AU
CONTROLE DE ZONE ;

 Missions à dominante feu


Les hélicoptères d'appui protection, équipés de missiles air/air ou d'un canon, peuvent couvrir un raid
blindé/mécanisé dans la profondeur ou interdire une OAP ou OHP ennemie sur les arrières du
dispositif ami. Dans des conditions d’emploi bien définies (mesures de coordination rigoureuses), ils
peuvent appuyer l'action des troupes au sol avec leur canon (« Appui feu ALAT au contact »).
Dans ce cadre, l’ALAT peut se voir confier les missions suivantes : ESCORTER – COUVRIR (une
formation terrestre ou aéromobile) – ATTAQUER (une unité aéromobile ennemie) – PARTICIPER A
LA DEFENSE ANTIAERIENNE (de points particuliers ou de zones).
Les hélicoptères d'attaque, équipés de missiles HOT et de viseurs thermiques VIVIANE, peuvent
détruire, de jour comme de nuit, tous types d'objectifs (chars, dépôts logistiques, centres de contrôle,
postes de commandement, ...).
Les missions dévolues peuvent être : ATTAQUER – DETRUIRE – APPUYER – COUVRIR –
FREINER – FLANC GARDER – NEUTRALISER – DONNER UN COUP D’ARRET – HARCELER –
POURSUIVRE ;

 Mission à dominante manœuvre


Transport tactique : les hélicoptères de manœuvre peuvent héliporter des éléments interarmes
(infanterie, transmissions, artillerie, ...) sur l'ensemble de la zone de la grande unité ou dans la
profondeur du dispositif ennemi.
Transport logistique : les aéronefs peuvent occasionnellement ravitailler les troupes au sol, mettre
en place des équipes de maintenance. L'évacuation sanitaire primaire ou secondaire reste une de
leurs missions principales.
L’emploi de l’hélicoptère de transport tactique bénéficie généralement d’un accompagnement des
moyens aéromobiles de feu et de renseignement.
Les missions dévolues à l’ALAT peuvent être les suivantes : S’INFILTRER – APPUYER –
S’EMPARER DE – EFFECTUER UN RAID – SOUTENIR.

298
2. L’organisation de l’ALAT
2.1 Unités organiques de l’ALAT

Composante Garnison Unité


Cdt - LILLE - CFT/DIV AERO
er
- PHALSBOURG - 1 RHC.
Unité ETAIN e
- 3 RHC .
aéromobile - PAU e
- 5 RHC.
- RENNES - Escadrille avions de l'armée de terre (EADT).
e
ALAT - PAU - 4 Régiment d’hélicoptères des forces spéciales (4e RHFS).
spécialisée - VALENCE - Groupement aéromobile de La STAT (GAMSTAT).
- MONTAUBAN - Escadrille de transport et de convoyage du matériel (ETCM).

- DAX - Écoles de l’ALAT (EALAT) formation initiale (DAX)


École et spécialisation (LE LUC).
- LE LUC - École franco-allemande (EFA).

Création de la division aéromobilité (DIV AERO) au sein du CFT, division qui doit désormais être
capable de mettre en œuvre un poste de commandement et de mise en œuvre (PCMO) en vue de
conserver la capacité à commander une action à dominante aéromobile qui nécessiterait un niveau de
coordination tactique équivalent, voire supérieur, au GAM (Ordre général pour la transformation de
l’ADT n° 500034/DEF/EMAT/PS du 01 oct 2008).

La nouvelle organisation de l’ALAT de combat doit ainsi permettre de :


- générer des formations d’hélicoptères définies en fonction d’effets à obtenir (cf. § 2.3) ;
- générer des structures de commandement et de coordination adaptées aux différents niveaux
d’engagement, en interarmes, interarmées et interalliés ;
- générer des structures de soutien adaptées aux différents volumes et schémas de déploiements ;
- mener des actions de contact, de jour comme de nuit, au plus près comme dans la profondeur
(actions de destruction d’objectifs à haute valeur ajoutée).

299
2.2 Structures organiques de la DIV AERO

CFT

DIV
AERO

1 3 5

Chaque régiment est désormais articulé en 3 bataillons

BHRA BHMA BAA

EHA A EHM U
HOT EAS
V

EHAP 1
TIGRE ECL
EMH

EHAP 2
TIGRE ECR

EMH

300
Définitions
Codes APP 6 Sigles
Bataillon d’Hélicoptères de Manœuvre et
R reconnaissance Bataillon d’Appui Aéromobile
d’Assaut
Bataillon d’Hélicoptères de Reconnaissance
SC appui canon Escadrille d’Hélicoptère Appui Protection
et d’Attaque
Escadrille de Commandement et de
SM appui missile Escadrille d’Hélicoptères de Manœuvre
Logistique
Escadrille de Défense et de Protection Escadrille de Contrôle et de
A attaque
(Réserve) Ravitaillement
U manœuvre Escadrille de Maintenance Hélicoptères Escadrille d’Appui Soutien

Escadrille Hélicoptère d’Attaque

2.3 Les unités de l’aérocombat


Les unités aéromobiles ont pour vocation de mettre sur pied un groupement aéromobile renforcé
(GAM +) agissant généralement au profit d'un commandement de niveau 2 ;

L’ALAT de combat doit pouvoir engager une centaine d'appareils après une projection sur longue
distance :
- soit par voie aérienne avec gros porteurs (10 aéronefs à 1.000 kilomètres en 2 heures) ;
- soit par voie maritime avec un porte-avions ou un TCD (60 aéronefs à 1.000 kilomètres en une
journée) ;
- soit par transit autonome (100 appareils à 400 kilomètres en quelques heures).

Elle développe également, en étroite coopération avec les forces au sol, son concept d’appui au plus
près dans le cadre de l’appui feu hélicoptère (AFH) ou CCA (Close Combat Attack).

 Types d’unités

- La patrouille est le pion de base indissociable. Généralement constituée de 2 à 3 appareils du


même type, elle peut être mixte en opération (HAP-HM ou HAP-Viviane par exemple). On
distingue trois niveaux d'unités de combat :
- le module, premier pion de manœuvre, est constitué de 4 à 6 appareils combinant leurs effets en
application du principe de module mixte. Le module est capable de mener deux actions
simultanées afin de remplir une mission (escorter et héliporter, attaquer et se couvrir, freiner sur
plusieurs axes, etc.) ;
- le sous-groupement aéromobile (S/GAM) est constitué de plusieurs modules, soit jusqu’à 12
appareils représentant généralement l’ensemble des capacités aéromobiles. Le S/GAM est le
premier niveau capable de mener à bien l’ensemble des missions offensives, défensives, de
sécurisation et d’assistance dévolues à l’aérocombat. Organiquement, une escadrille est
homogène et spécialisée par systèmes d'armes : RECO, missile, canon ou transport ; lorsque
l’escadrille constitue l’unité d’emploi, elle est la plupart du temps mixte pour pouvoir assurer
plusieurs fonctions opérationnelles et constitue alors un sous groupement aéromobile ;
- le groupement aéromobile (GAM) est constitué de plusieurs S/GAM, mixtes ou homogènes, soit
20 appareils et plus. Il est en mesure de mener l’ensemble des missions dévolues à l’aérocombat,
sur deux directions différentes. C'est le niveau où sont représentées toutes les capacités des
appareils de l'ALAT avec lesquelles on peut mener une action aéromobile complète ;
- le GTIA à dominante aéromobile (en cours de rédaction au CDEF).

Le PCMO aéromobile (poste de commandement et de mise en œuvre aéromobile) est mis en


œuvre à partir de la DIV AERO du CFT. Il permet, au plan tactique, de coordonner des actions à
dominante aéromobile nécessitant un niveau de coordination supérieur à celui du GAM (GAM +). Il a
en particulier vocation à jouer un rôle central dans une opération d’entrée en premier ou de saisie de

301
point clef dans la profondeur, notamment si celle-ci est menée à partir de la mer. Ses moyens peuvent
en outre être utilisés temporairement par des unités de niveau 3 à 4 afin d’armer un PC TAC.

2.4 Rôles des aéronefs – capacités - fonctions

 Fonction renseignement
Elle est assurée par des appareils de type Gazelle armés ou non mais équipés de viseurs VIVIANE
leur permettant d'effectuer des missions de jour et de nuit (détection au-delà de 6.000 m,
reconnaissance et identification entre 3.000 et 4.000 m, en fonction des conditions météorologiques).

 Fonction destruction
Elle est remplie par des hélicoptères de type Gazelle équipés du système d'arme HOT-VIVIANE qui
leur procure une capacité de destruction de jour comme de nuit. Ces appareils peuvent prendre à
partie des unités blindées/mécanisées (fonction initiale) mais aussi tous les autres types d'objectifs
(dépôts, centres transmissions, pièces d'artillerie, radars...).
D’autre part, la mise en service opérationnelle du système d'arme VIVIANE procure à la Gazelle HOT
une capacité de destruction de nuit.
Mis en service opérationnel depuis 2009, l’hélicoptère Tigre intègre à la fois les capacités du viseur
Viviane, de la Gazelle équipée canon et de la Gazelle MISTRAL. Également équipé de roquettes de
68 mm, puis à terme de missiles air-sol, il peut balayer l’ensemble du spectre des missions
actuellement dédiées aux différents porteurs.

 Fonction manœuvre/logistique
Elle est assurée par le SA 330 Puma et l'AS 532 Cougar. Dans le cadre d'actions conjuguées, ces
appareils peuvent effectuer des transports tactiques d'éléments interarmes ou assurer le soutien
logistique (ravitaillement, maintien en condition, santé) des troupes au sol. En action autonome, ils
assurent le soutien logistique de la formation aéromobile.

 Fonction appui au commandement


Le Puma SA 330 et la Gazelle « BI-HF » peuvent être transformés en appareils de commandement au
profit d'un PC de grande unité ou du groupement aéromobile. Le Puma est équipé d'un « kit PC »
comprenant des postes de types et de gammes différents (VHF/MA, VHF/FM, UHF, RITA, PR4G,
récepteur d'alerte). La Gazelle commandement est équipée de deux postes VHF/FM, d’un poste UHF
et d’un poste VHF/MA.

 Autonomie des appareils


104 CONSO Masse max.
Autonomie Distance Équipage Capacité
horaire VOLTAC
SA 342 VIVIANE Détection 12 km
2h 45 180 l 550 km 2 2,1 t
lisse Identif. 6 km
SA 342 HOT 20’ sur zone
VIVIANE 180 l 330 km 2 4 missiles 2,1 t
avec 2à 4 MSL
1300 KG
3+
SA 330 PUMA 2h 15 650 l 500 km 12 CDO ou 16 7t
1 chef soute
pax
SA 330 PUMA 20 à 30’ sur
650 l 500 km 3+2 1000 obus 7t
CANON zone
2000 KG
3+
AS 532 COUGAR 3h 30 550 l 600 km 18 CDO ou 24 9t
1 chef soute
pax

2.5 Le TIGRE
104
Pour un appareil équipé de son système d'arme complet, chaque autonomie est calculée à partir de la consommation
horaire de carburant prévue au TX2.

302
e
Les appareils de 2 génération (GAZELLE et PUMA), sont appelés à être remplacés par le TIGRE et
e
le NH 90, appareils de 4 génération. Le système d'arme TIGRE est un hélicoptère de nouvelle
génération conçu exclusivement pour des missions de combat.
Le TIGRE HAP (Appui – Protection) dispose d'un canon de 30 mm sous tourelle, du missile air-air
MISTRAL et de paniers de roquettes de 68 mm ;
Équipé à terme d’un missile air-sol, il prendra le nom de TIGRE HAD (appui destruction) capable de
détruire des cibles blindées ou durcies jusqu' à une distance de 8 km.

HAP HAD

ÉQUIPAGE 1 pilote à l'avant et 1 chef de bord tireur

MASSE en configuration de combat 5 760 kg 6 600 kg

VITESSE en configuration de CBT 155 kT / 280 km/h 145 kT / 260 km/h

VITESSE MAXIMALE 174 kT / 315 km/h 161 kT / 290 km/h


2 h 30
AUTONOMIE TACTIQUE (avec 20 min de réserve)
3 h 25
AUTONOMIE MAXIMALE avec réservoirs extérieurs
(avec 20 min de réserve)

DISTANCE FRANCHISSABLE en configuration de CBT 800 km

DISTANCE FRANCHISSABLE avec réservoirs extérieurs > 1 300 km

 Particularités de la version HAP


L’optique et la conduite de tir sont assurées par trois types de viseurs :
- un viseur principal gyrostabilisé constitué d'une caméra infrarouge couplée à un télémètre laser
placé sur le toit de l'appareil. Ce système, à la disposition du tireur, permet le tir de précision de
jour et de nuit. Il peut également servir pour recaler la navigation en évitant le survol des points de
recalage ;
- un viseur de casque par membre d'équipage. Celui-ci offre la possibilité d'effectuer des tirs
inopinés et rapides à très courte distance (asservissement casque/canon) et facilite le dialogue
pilote / tireur (asservissement casque/viseur principal) ;
- un viseur clair "tête haute" à la disposition du pilote.

Le pilotage de nuit est assuré par un système d'intensification de lumière (SIL) intégré au casque avec
projection de l'image sur la visière. Toutefois, la caméra infrarouge de tir peut être utilisée en
complément.
Le TIGRE HAP peut engager des objectifs terrestres et aériens avec trois types d'armement servis
indifféremment par le tireur ou le pilote, à savoir :
- 1 canon de 30 mm sous tourelle à grand débattement (+- 115° en azimut et de - 25° à + 28°en
élévation). Il constitue l'armement principal du HAP, efficace contre les hélicoptères, les avions, le
personnel au sol à découvert ou abrité et les véhicules légèrement blindés. Il peut emporter 450
obus et tirer à une cadence de 750 cps/min des rafales de 10, 25 ou 50 obus jusqu'à 1.500 m. Il
confère au HAP une capacité de riposte immédiate grâce à son asservissement au casque du
pilote ;
- 4 missiles air/air AATCP MISTRAL de type "tire et oublie" (portée 5000m). Ils donnent au HAP
une véritable capacité air/air complémentaire de celle du canon et lui permettent de remplir des
missions de contrôle de zone, d'embuscade anti-hélicoptères, de protection d'éléments au sol ou
d'escorte d'hélicoptères antichars ou de transport ;
- des roquettes de 68 mm ; au nombre de 44 ou 68, elles apportent au HAP une puissance de feu
et une allonge supplémentaires (portée: 4.000 m et ultérieurement 7.500 m avec des roquettes à
correction de trajectoire). Armées de sous- projectiles à fléchettes (multidard 68), de charges

303
explosives antipersonnel ou du dispositif de "mur dans l'espace", elles permettent des tirs de
destruction ponctuelle ou de neutralisation de zones d'une redoutable efficacité.

Le TIGRE HAP peut s'engager avec 4 configurations d'armement différentes :


- « tout canon » avec 450 obus ;
- Canon + 4 missiles MISTRAL ;
- Canon + 44 roquettes + 4 MISTRAL ;
- Canon + 66 roquettes.

 Particularités de la version HAD


dont la mise en œuvre est identique à celle du TIGRE HAP, le TIGRE HAD est un système d'arme
comprenant :
- les mêmes armements que le HAP (Canon de 30 mm, roquettes de 68 mm et Mistral) ;
- une capacité antichar grâce à 8 missiles HELLFIRE guidé laser permettant de détruire des cibles
blindées ou durcies jusqu'à 8 km ;
- un viseur de toit gyrostabilisé avec désignateur laser.

3. Le combat du groupement aéromobile


3.1 Le déploiement du GAM
Le souci de réduire les délais d’engagement, la nécessité de conserver une liaison permanente avec
les organismes de ravitaillement ainsi que le besoin d’assurer aux cellules de maintien en condition
une relative stabilité, conduisent le chef de corps du GAM à articuler sa formation en deux échelons :
- un échelon avant regroupant les escadrilles de combat, le PC, le minimum d’équipes de
ravitaillement et de maintien en condition. Léger, largement dispersé sur le terrain, cet échelon se
caractérise par sa mobilité et sa souplesse qui lui permettent de faire face dans les délais les plus
restreints aux évolutions imprévues de la situation et aux changements inopinés de missions ;
- un échelon arrière (terrain de soutien), souvent implanté à proximité de la zone de ravitaillement
de rattachement et dont la vocation est logistique. Dans certains cas d’élongation extrême (au
delà de 40 km), cet échelon détache un élément avancé ou intermédiaire (terrain de soutien
avancé) qui facilitera les liaisons entre les unités de l’avant et celles de l’arrière et sera à même
d’adapter l’exécution des ravitaillements ou des opérations de maintien en condition aux
perspectives d’engagement.

 Le ravitaillement du GAM
Le plot est essentiellement un point de coordonnées connues, identifié par un code de baptême. Il est
déterminé sur la carte en fonction :
o des possibilités qu’il offre pour le stationnement des aéronefs d’une escadrille, leur
dispersion ou leur camouflage (lisières de bois, de villages, vergers, terrain coupé),
o des facilités d’accès aux véhicules lourds: citernes, camions missiles.

L’activation des plots de ravitaillement est la tâche essentielle de l’adjoint logistique au commandant
du GAM pendant l’engagement. La souplesse introduite par ce système permet d’adapter la logistique
de l’avant au rythme et à la portée des actions aéromobiles.

La densité des plots dans la zone d’action est de l’ordre de deux pour une surface de 100 km². Le
choix des plots et leur codification sont effectués par l’équipe opérations du centre de mise en œuvre
(CMO) et diffusés aux formations subordonnées sous forme de calque. L’unicité du système facilite
les balancements de moyens d’une unité à l’autre. La codification n’a qu’une durée limitée, précisée
dans les ordres de l’ALAT. Ces repères géographiques peuvent recevoir une fonction :
- de plot PC : sur lequel sera déployé le PC tactique ou le PC principal (c’est dans ce cas le point
haut le plus proche du point coté qui est choisi) ;

304
- de plot d’escadrille : où stationnent, en attente, les aéronefs, les véhicules d’allégement et de
ravitaillement ; la défense rapprochée est assurée par un groupe de protection ;
- de plot ravitaillement : sur lequel seront mis en place, à la demande et en fonction des besoins,
au plus près de la zone d’engagement, les ravitaillements carburants aéronefs et missiles soit par
voie aérienne (PUMA) soit par voie routière (citernes, camions). Le GAM peut déployer un
système de plots munition carburant de l’avant (PCMA).

3.2 Organisation en vue du combat


Le GAM est capable d'assumer des missions de :
- destruction ;
- protection anti-hélicoptères des forces blindées mécanisées ;
- héliportage d'unités d'infanterie ;
- participation au soutien logistique, notamment en EVASAN ;
- aide au commandement.

L'état-major du GAM peut mettre sur pied pour concevoir et conduire la manœuvre tactique et
logistique :
- un PC avant qui peut se dédoubler en un PC principal sur roues et un PC tactique embarqué (HM)
adapté à la conduite des actions aéromobiles, permettant d'assurer la permanence du
commandement soit à partir du sol, soit en vol ;
- un PC arrière en charge du soutien logistique ;
- des détachements de liaison peuvent être mis en place auprès des grandes unités pour planifier et
coordonner l’action des formations aéromobiles.

L'engagement du GAM peut se faire groupé aux ordres directs du chef de corps ou sous forme de
sous-groupements aéromobiles mixtes détachés au profit d’un autre commandement (brigade), pour
un temps déterminé.
La mobilité des moyens du GAM lui confère les aptitudes suivantes :
- engagement jusqu'à 300 km de sa zone de départ dans un délai de 3 heures après
recomplètement par ses moyens aéromobiles propres ;
- en cas de variante, le GAM étant engagé, possibilité d'un réengagement dans une autre direction
d'une partie significative des moyens dans des délais de l'ordre de 1 à 3 heures, variables selon la
nécessité ou non de réorganiser le dispositif logistique.

3.3 Engagement autonome


Les unités aéromobiles peuvent être amenées à effectuer des actions autonomes :
- réagir face à une menace pouvant remettre en cause la manœuvre en cours ;
- intervenir dans la profondeur du dispositif ennemi en vue de détruire au niveau opératif un ou
des centres déterminants ;
- couvrir un désengagement (opération amphibie).

3.4 Engagement conjugué


Mené en appui d’unités au sol, l’engagement s’effectue au rythme des unités au sol, qu’il s’agisse
d’actions de renseignement (reconnaissance, jalonnement), de combat (coup d’arrêt, freinage) ou de
transport.

305
3.5 Missions du GAM

Procédés But Articulation


Menée dès la prise de décision GAM organique avec une zone propre à
d'engagement, la recherche du reconnaître.
renseignement vise à obtenir les Échange d'unités entre GAM et unités au
informations qui conditionnent le sol.
déploiement opérationnel et ZA du groupement, largeur 60 km,
l'engagement des grandes unités. profondeur jusqu'à 100 km Le GAM peut
Reconnaissance déterminer le contour avant d'une grande
unité mécanisée ENI 1 heure après
décollage de l'échelon RECO.
Articulation GAM :
- échelon reconnaissance : EHR et/ou
EHAP ;
- échelon en réserve à base des EHA.
Prolongement logique de la Articulation du groupement idem
reconnaissance, il s'agit de reconnaissance. ZA front de 30 km EHR
renseigner sur le rythme, l'attitude et/ou EHAP assurent le jalonnement
Jalonnement et les axes de progression de proprement dit.
l'ennemi, tout en lui infligeant EHA conduisent les interventions AC sous
chaque fois que possible des forme d'embuscades dans les zones
pertes favorables.
Destiné à arrêter l'adversaire Front 20 km, profondeur 4 km
pendant une durée déterminée en - échelon de renseignement à base EHR
détruisant ses éléments blindés- et HAP ;
mécanisés
- échelon de destruction : 2 EHA ;
Caractérisé par la concentration - éventuellement échelon de réserve.
Coup d'arrêt
maximum de feux à hauteur d'une
ligne de terrain favorable, grâce à Délais minimum à la préparation d'un coup
une action latérale des HA, ou d'arrêt coordonné GAM-unités au sol, au
frontale (sans superposition avec minimum 1 heure.
les moyens terrestres) Temps passé sur zone par HA après
déclenchement action, quelques minutes.
Ralentir la vitesse de progression Manœuvre combinant (sur une ZA de 30
de l'ennemi sur une direction : km de front) :
- en lui infligeant des pertes ; - des actions de jalonnement souvent
- en le contraignant à des décentralisées le long des axes de
déploiements successifs. progression de l'ennemi ;
Freinage - des coups d'arrêts coordonnés sur des
Action continue alternant des lignes de terrain favorables ;
phases de jalonnement et des - le maintien éventuel d'éléments en
phases de coups d'arrêt réserve ;
- une couverture.

3.6 Les zones d'engagement ALAT (ZEA)


Les zones d'engagement de l'ALAT (ZEA) sont les espaces de manœuvre qui sont dévolus aux
formations d'hélicoptères pendant le temps nécessaire à leur phase de combat. Le principe qui
conduit à organiser le champ de bataille en secteurs, où l'ennemi est traité successivement par les
feux amis, vise à donner à chaque système d'armes le maximum d'efficacité, en particulier en évitant
les temps de silence excessifs, au profit d'une utilisation possible d'une autre arme. La coordination
e
dans la 3 dimension a pour but aussi d'éviter les tirs fratricides. Dans ces zones, le chef interarmes
envisage, pendant un temps donné, de faire intervenir les moyens ALAT. Ceci entraîne, pendant ce

306
délai, l'obligation de coordonner, voire d'interdire toute autre action de feux (trajectoires LRM, canon
ASA, tirs AIR-SOL, …) en vue de garantir la sécurité des aéronefs de l'ALAT.

4. Le combat du sous groupement aéromobile


4.1 Cadre d’emploi
Le sous-groupement ALAT peut être employé soit au sein de son GAM d’appartenance, soit adapté à
une unité interarmes (niveau GTIA au minimum, brigade ou division le plus souvent).
Dans ce deuxième cas il peut être :
- placé sous TACON ; il est alors détaché pour une mission précise, fixée à l’avance par son GAM
d’appartenance ; les modalités pratiques de réalisation de la mission seront déterminées par le
S/GAM via le DL mis en place auprès de l’unité interarmes bénéficiaire. La mission ne peut être
modifiée sans un ordre explicite du commandant du GAM, qui conserve le commandement
tactique du sous-groupement détaché ;
- placé sous OPCON d’une unité interarmes, pour une durée déterminée ; c’est alors l’unité
bénéficiaire qui fixe les missions du S/GAM, selon ses aptitudes, en déterminant un effet à
obtenir. Dans ce cas, un détachement d’appui aéromobilité (DAA) est mis en place au PC de cette
unité, afin de coordonner la mise en œuvre du S/GAM.

4.2 Organisation du S/GAM


Le sous-groupement est une organisation opérationnelle modulaire, dérivée d’une ou plusieurs
escadrilles organiques, en vue de l’engagement pour un type de mission donné.
En vue de l’engagement et en fonction du contexte de la mission, l’escadrille est réorganisée en sous-
groupement intégrant une ou plusieurs patrouilles d’autres escadrilles organiques. Le noyau du sous-
groupement est donc constitué par l’escadrille dont les aéronefs sont les vecteurs principaux de
réalisation de la mission.
Le sous-groupement est caractérisé par sa fonction dominante, correspondant au type de mission à
remplir ; on distingue :
- le sous-groupement à dominante sûreté (noyau escadrille HA/C ou HR/V) ;
- le sous-groupement à dominante feux air-air (noyau escadrille HA/C ou HA/M) ;
- le sous-groupement à dominante feux air-sol (noyau escadrille HA/V) ;
- le sous-groupement à dominante manœuvre (noyau escadrille HM).
Le sous-groupement comprend généralement de 6 à 12 aéronefs articulés en patrouilles de 2 à 4
appareils selon la nature de la mission reçue et de la zone d’engagement.
La patrouille est le plus petit pion de manœuvre, aux ordres d’un chef de patrouille. Généralement
homogène (système d’armes identique pour tous les appareils de la patrouille), la patrouille peut
également être mixte, c’est-à-dire inclure des systèmes d’armes différents. Qu’elle soit homogène ou
mixte, une patrouille ne peut être chargée que d’une seule mission à la fois, pour l’accomplissement
de laquelle elle est indissociable.

4.3 L’engagement du S/GAM


L’engagement d’un sous-groupement doit permettre d’exploiter les qualités intrinsèques de
l’hélicoptère (mobilité, furtivité, discrétion visuelle) au profit de la manœuvre d’ensemble.
La rareté des moyens aéromobiles impose de ne les engager que lorsqu’une plus-value importante
est attendue de leur emploi.
Il faut toujours éviter de confier à un sous-groupement aéromobile une mission qui pourrait
être remplie de la même manière par une unité au sol. L’emploi du sous-groupement doit
privilégier les dispositifs et les modes d’action dynamiques. Il faut donc disposer d’une zone d’action
assez vaste pour pouvoir exploiter toutes les aptitudes de l’hélicoptère. L’action du sous-groupement
est par nature dynamique et agressive. Les règles d’engagement et les conduites à tenir devront être
parfaitement claires de façon à adapter les modes d’action et les procédés d’exécution pour obtenir
l’effet recherché.
Une mission donnée à un sous-groupement s’exprime toujours en termes d’effet à obtenir. Les
moyens à engager ou l’articulation à adopter relèvent de la mise en œuvre et restent de la
responsabilité du chef de l’unité ALAT.

307
Selon le type de mission, l’action des hélicoptères est préparée, appuyée, complétée par des moyens
de renseignement, des feux d’appui, des moyens du génie, des unités de combat de contact, pouvant
être adaptés au sous-groupement pour une mission donnée.

4.4 Les missions du S/GAM

 Missions à dominante sûreté


Les missions à dominante sûreté visent à obtenir du renseignement sur l’ennemi, sa nature et ses
intentions, au profit du sous-groupement lui-même et de l’échelon supérieur, puis à mener une action
contre cet ennemi, afin de contribuer à la sûreté des unités amies.
Missions à dominante sûreté : RECONNAITRE, JALONNER, SURVEILLER, COUVRIR.

 Missions à dominante feux air-air


Les missions à dominante feux air-air visent principalement à neutraliser ou détruire un ennemi aérien,
en menant une action :
- soit à caractère défensif, pour protéger une unité amie (mission de protection) ;
- soit à caractère offensif, pour réduire la capacité de combat aéromobile de l’ennemi (missions de
contre-aéromobilité).
La protection d’une unité peut nécessiter la mise en œuvre de capacités de feux air-air et de feux air-
sol au cours de la même mission. La complémentarité des armements est alors essentielle au sein du
sous-groupement. L’analyse de l’ennemi aérien et terrestre doit permettre de déterminer une
articulation adaptée à la menace.
Missions à dominante feux air-air :
- ESCORTER une formation terrestre / une formation aéromobile ;
- RECUEILLIR une formation aéromobile ;
- ATTAQUER une formation aéromobile.

 Missions à dominante feux air-sol


Les missions à dominante feux air-sol visent à réduire le potentiel de combat ennemi par des actions
de feu contre les unités terrestres de toute nature (mécanisées, blindées, dispositifs logistiques), ou
contre les éléments vitaux de son dispositif (objectifs d’infrastructure, moyens de communication).
Le sous-groupement à dominante feux air-sol est engagé :
- pour maintenir ou rétablir dans l’urgence un rapport de forces favorable, grâce à sa réactivité et sa
puissance de feu ;
- lorsque les élongations, les délais, le dispositif ennemi ne permettent pas aux unités terrestres
d’obtenir le résultat recherché.

L’action du sous-groupement implique de disposer d’un renseignement préalable, afin d’agir au


moment opportun, sur un terrain favorable.

Missions à dominante feux air-sol :


APPUYER, ATTAQUER, DETRUIRE/NEUTRALISER DANS LA PROFONDEUR, FREINER,
DONNER UN COUP D’ARRET.

 Missions à dominante manœuvre


En fonction de la situation tactique dans la zone d’action, le sous-groupement HM effectue des
105 106
missions d’héliportage ou d’hélitransport .
L’engagement du sous-groupement HM doit être envisagé dans un contexte tactique permettant de
bénéficier de la discrétion et de la surprise. Il faudra utiliser les espaces non contrôlés du dispositif
adverse, au minimum être précisément renseigné sur les positions ennemies, en particulier celles des
moyens sol-air.

105
L’héliportage est un déplacement par hélicoptères d’éléments destinés à être engagés dès leur mise à terre.
106
L’hélitransport consiste à transporter par hélicoptère du personnel ou des matériels destinés à être déposés en zone
contrôlée.

308
Le sous-groupement à dominante HM est articulé en plusieurs patrouilles d’hélicoptères de manœuvre
et peut inclure jusqu’à une douzaine de HM répartis en trois ou quatre patrouilles. Dans le cadre de
toute mission à caractère tactique, le sous-groupement comprend systématiquement un élément
d’escorte, généralement constitué par des HA/C et HA/M, et plus tard des Tigre HAP, et un élément
de reconnaissance (patrouille mixte HA/C - HR/V). Il peut également inclure une patrouille HA/V, si le
contexte tactique l’impose (chars de bataille ennemis). Si la menace estimée dans la zone de
l’objectif est élevée, un sous-groupement sûreté sera nécessaire pour assurer la couverture et l’appui
de l’héliportage, en complément des éléments d’escorte intégrés au sous-groupement HM. Dans ce
cas, le sous-groupement sûreté agissant au profit du sous-groupement HM peut se voir confier les
missions suivantes : Reconnaître – Escorter – Appuyer – Couvrir.

Missions à dominante tactique :


- HÉLIPORTER, HÉLITRANSPORTER (section infanterie ; section appui mortier ; détachement
héliporté d’intervention du génie (DHIG)) et EXFILTRER ;
- ASSAUT VERTICAL HÉLIPORTÉ.

Mission à dominante logistique :


- ÉVACUATION SANITAIRE.

5. Normes moyennes d’engagement


Les données qui suivent sont théoriques. Elles varient en fonction du type d’engagement (actions de
coercition ou opération de maîtrise de la violence).

 Délais
- un sous-groupement aéromobile s'engage 2 fois par jour, pour une durée d'intervention de 1h 30
(mise en place comprise). Le préavis d'engagement est de 30 min à 1h ; en alerte, il peut être
ramené à 15 min.
- un groupement aéromobile s'engage une fois par jour, (profondeur moyenne pour l'engagement :
25 à 50 km), jusqu'à 300 km dans un délai de 3 heures, se réengage dans un délai de 1 à
3 heures à 80 km. Le préavis d'engagement est de 2h à 10h ; en alerte, il peut être ramené à
1 heure.

DÉLAI / UNITÉ S/GAM GAM

PRÉAVIS 30' à 1h 2h à 10h


EN ALERTE 15' 1h
DÉSENGAGEMENT RENGAGEMENT 1h 30 1h 30

 Renseignement
DECOUVERTE RECONNAISSANCE JALONNEMENT
20 km - 2 à 3 axes
Front EHR 40 km 20 km
(une patrouille par axe)

- durée séquence EHR = 2 h 30 (EHAP = 1h 30) ;


- premier renseignement avant 1 heure ;
- portée 80 à 100 km ;
- 1 formation de HL peut rendre compte du contour avant, de la vitesse, et des axes de progression
d'une grande unité mécanisée ENI au bout d'un délai d’une heure ou d'une profondeur
correspondante à une avance adverse d'environ 15 km ;
- 1 compagnie d'infanterie dissociée en une vingtaine d'équipes de surveillance à 3 hommes peut
être transportée par 5 HM et renseigner sur une surface d'environ 100 km² ou encore sur une
bande de terrain d'environ 15 km de front sur 5 à 7 km de profondeur.

309
 Feux
- L'escadrille HA = 1h 30 d'autonomie ;
- possibilités tactiques = destruction de 12 à 15 blindés ;
- mode d'action préférentiel : le coup d’arrêt (ou embuscade antichar). GAIN = 1h à 1h 30 ;
- l'EHA agit groupée, sur renseignement, dans une zone favorable ;
- front : 10 à 15 km ;
- mode d'action dégradé : le freinage, action décentralisée par patrouilles successives lorsque le
terrain ne permet pas une action d'escadrille groupée (profondeur de 15 km x front de 15 à
30 km) ;
- durée intervention HA = 2 x 45 min ;
- durée désengagement/réengagement = 1h 30 ;
- au cours de cette intervention, et pour tirer tous ses missiles, l'escadrille a besoin d'une
profondeur d'au moins 8 km ;
- lorsque le recomplètement en missiles peut être fait à courte distance de la zone d'action,
l'escadrille peut intervenir sur un même plein de carburant à 2 reprises ;
- une section d'infanterie Milan à 3 ou 4 groupes, transportés par 3 ou 4 HM, peut manœuvrer le
long d'un axe en déplaçant ses groupes en "perroquet", et trouver un emplacement de tir pour
chacun de ses groupes en moyenne tous les 15 km. Le délai de préparation d'une section Milan
avant le décollage pour une intervention est de l'ordre de 5 à 8 minutes. La recherche de la
er
position de tir du 1 groupe engagé prendra environ 10 minutes.

 Mouvement
Missions types : héliportage (tactique), coup de main héliporté, hélitransport (hors tactique) ;
- 1 HM
o 12 combattants à 100 kg (COUGAR : 18) (héliportage),
o 16 combattants à 80 kg (COUGAR : 24) (hélitransport),
o 6 blessés couchés,
o 1 bac souple (1 500 l) sous élingue ( 1 heure de vol pour une EHL) ;
- 3 HM
o 1 section Milan (6 PdT + 45 missiles),
o 1 section d'infanterie,
o 1 peloton de circulation (+ 9 motos),
o 1 détachement d'intervention héliporté du génie (DIHG) ;
- 8 HM
o 1 SAM à 4 pièces (+ 200 coups),  40 km en 20 min ;
- 15 HM
o 1 compagnie (150 hommes) à 3 sections + 1 groupe MILAN + Mo 81.

La vitesse moyenne de point à point peut varier pratiquement entre 2 et 4 km/minute selon les
conditions d'exécution du vol (de jour ou de nuit, avec des appareils échelonnés ou en formation, en
vol à très faible hauteur du sol ou non, avec des durées d'embarquement et de débarquement
réduites ou non).
Une formation de 10 SA 330 peut hélitransporter en 1 heure (les appareils devant être revenus à leur
point d'embarquement, et les durées de stationnement au sol étant comptées à 5 minutes par
rotation) :
- 600 hommes équipés à 20 km (4 rotations) ;
- 300 hommes équipés à 50 km (2 rotations) ;
- 150 hommes équipés à 100 km (1 rotation).

310
 Logistique
- volume de carburant nécessaire pour une séquence de combat d'escadrille HL ou HA (1h30 de
vol sur zone + mise en place) :
3 3
o 4 m soit 1 CCT ou 3 bacs souples (3 x 1,5m ),
- volume de carburant nécessaire pour une séquence de combat d'escadrille HM (1h 30 de vol sur
zone + mise en place) :
3
o 10 m soit 2 CCT ;
- volume moyen de carburant consommé par un GAM pour un engagement de 4 à 6 heures :
3 3
o 50 m soit 2 gros porteurs 30 m ;
- capacité d'emport d'un HM en missiles : 34 missiles HOT ;
- durée du ravitaillement par bacs souples d'une escadrille : 0h 20.

normes d’engagement du SGAM


Mission Zone d’action Observations
Reconnaitre Front : 20 km Le S/GAM est en mesure de fournir un
renseignement précis sur le contour de
Profondeur : 40 à 60 km l’ennemi dans un délai de 1 heure
après le début de mission.
Jalonner Front : 3 axes, soit 15 à 20 km
Profondeur : fonction rythme de
l’ennemi jalonné
Surveiller Front :
de jour : 20 à 25 km (jusqu’à
30 km en terrain favorable)
de nuit : 12 à 18 km
Couvrir Front : 5 à 8 km
Profondeur : 5 à 10 km
Recueillir Front : 6 km
(une formation Profondeur : 15 à 20 km
aéromobile)
Attaquer Zone de 6 x 6 km La séquence d’attaque peut être
(une formation exécutée jusqu’à 80 km du dernier
aéromobile) point de ravitaillement.
Attaquer Front : 5 à 10 km
Une unité terrestre Profondeur : 10 à 15 km
Freiner Front : 5 à 8 km
Profondeur : 30 à 40 km
Donner un coup Front : 5 à 8 km
d’arrêt Profondeur : 6 à 10 km
Héliporter un DHIG Front : 12 km En 1 heure, le DHIG à deux groupes
Profondeur : 25 km du génie pose 12 points minés sur un
front de 20 km, ou dans un carré de
10 x 10 km

311
312
APPUI

313
GENIE
Cette première partie traite essentiellement de l’appui au combat des unités du génie en trois points,
les principes d’emploi et de mise en œuvre, les moyens utilisés.
Elle est complétée par trois volets faisant partie de l’appui au combat mais présentés séparément : les
opérations de franchissement et de bréchage, et la lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI).

1. L’appui au combat des unités du génie


Le génie joue un rôle majeur dans chacun des deux modes opératoires (coercition et maîtrise de la
violence), qui caractérisent aujourd'hui l'engagement des forces terrestres.

Sa grande diversité, étroitement liée à l'action et aux dispositifs terrestres, le conduit à intervenir
principalement dans trois fonctions opérationnelles :
- acteur majeur de la fonction «agencement de l'espace terrestre» sur tout le théâtre ;
- acteur de la fonction «renseignement» dans la recherche et l'exploitation du renseignement de
terrain ;
- acteur important de la fonction «actions civilo-militaires» par l'expertise de ses spécialistes.

Cela conduit à la classification des missions du génie en deux volets : missions d’appui direct et
missions d’appui général. De plus, le génie participe en permanence à la recherche et à
l’exploitation du renseignement « terrain-milieu ». Enfin, il faut assurer les actions génie de
sauvegarde-protection, mission permanente qui concerne autant les unités d’appui direct que d’appui
général.

L’appui direct comprend la participation au combat de contact, l’appui à la mobilité, l’appui à la


contre-mobilité et l’aide au déploiement d’urgence. Dans la participation au combat de contact, le
génie œuvre au sein d’un dispositif interarmes, comme dans les opérations amphibies ou le combat
en zone urbaine.

L’appui général regroupe les missions d’appui au déplacement, d’aide au déploiement, de


soutien au stationnement et d’appui au retrait de la force.

Son action, très étroitement inscrite dans le cadre de la manœuvre interarmes, comporte deux volets
complémentaires :
- l'emploi dont les décisions sont du ressort du chef interarmes, conseillé par le commandant du
génie de l'échelon considéré. Il n'existe pas de manœuvre du génie mais une composante génie
de la manœuvre interarmes. Les décisions d'emploi seront rédigées soit dans le paragraphe génie
soit dans l’annexe C de l'ordre d’opération de l’unité interarmes ;
- la mise en œuvre qui résulte des décisions d'emploi et se traduit pour le génie en mesures
d'exécution pour obtenir l'effet demandé, à l'endroit et au moment voulus. La responsabilité de
cette mise en œuvre incombe au commandant du génie de chaque échelon. La réalisation des
effets sur le terrain découle de l’exécution d’un ordre d’opération de l’unité du génie concernée.
***

1.1 L'emploi du génie


L'emploi du génie recouvre l'ensemble des actions visant à façonner le terrain, en vue de l'adapter aux
besoins de l'engagement terrestre. Il s'agit de :
- prendre part au combat de mêlée, par la participation au combat de contact, par l'appui mobilité et
l'appui contre-mobilité ;
- assurer l'aide au déploiement de la force, et appuyer son soutien, par l'organisation et l'installation
de zones ;
- faciliter les mouvements de la force par l'appui aux déplacements stratégiques et opératifs.

314
1.2 Les principes
Les principes d'emploi du génie sont au nombre de deux :
- l’optimisation obtenue par :
o la détermination de la nature, du volume et de l’articulation des moyens du génie en
cohérence avec l’effet recherché,
o la définition précise de l’effort du génie et l’affectation des priorités à ses actions,
o la coordination des actions du génie de l’ensemble de la force, dans l’espace et dans
le temps ;
- l'anticipation sur le déroulement de la manœuvre qui seule ménagera les délais nécessaires à la
préparation et à l'exécution des missions. Le génie a en effet besoin de délais pour :
o effectuer les reconnaissances préalables à un engagement,
o articuler et mettre en place ses moyens,
o effectuer les travaux définis par l'autorité d'emploi.

1.3 Les missions permanentes

 Renseignement « milieu »
L'emploi optimal des moyens du génie nécessite toujours l'acquisition préliminaire du renseignement
«milieu».
Il appartient au commandant du génie d'obtenir une connaissance approfondie du terrain, de ses
caractéristiques en regard de la manœuvre, des ressources locales et de ses modifications possibles
en vue de pouvoir :
- participer à la conception de la manœuvre interarmes ;
- conseiller le commandement tactique sur l'emploi des moyens du génie qui en résulte ;
- décider et conduire la mise en œuvre des moyens du génie.

Le renseignement « milieu » concerne :


- le terrain proprement dit et ses obstacles naturels ou artificiels ;
- l’infrastructure susceptible d’être utile aux mouvements et aux stationnements ;
- les ressources locales en matériels, matériaux et main d’œuvre éventuellement nécessaires aux
travaux d’infrastructure à entreprendre ;
- les ressources en eau et en électricité ;
- les zones susceptibles d’être polluées ou contaminées.

Dans ces domaines, le génie contribue à la recherche du renseignement et à son exploitation.


On distingue :
- les renseignements de documentation ;
- les renseignements de situation, afin de déterminer à un instant donné les caractéristiques réelles
du milieu. Ces renseignements sont indispensables à un engagement correct des moyens du
génie ;
- les renseignements de prévision, afin d'évaluer les délais et moyens nécessaires pour obtenir un
effet déterminé.

 Participer à la sauvegarde-protection
Pour le génie, elle se caractérise en particulier par :
- l’organisation du terrain (aménagements de positions de tirs, de voies d’accès, etc.) ;
- la protection : enfouissement ou embossement, création d’abris ... ;
- la réalisation de travaux de déception ou de simulation.

315
 Appui direct au combat

 Participation au combat de contact


Il s'agit des missions de participation aux missions de combat interarmes et d'appui à des opérations
particulières relevant des opérations spécifiques (amphibies, aéroportées) ou d'engagement dans un
milieu particulier (confiné, urbain, ...). Dans ces actions, généralement temporaires, l'emploi du génie
se conçoit dans le cadre de groupements interarmes d'importance variable, nécessitant la mise en
œuvre de moyens spécifiques.

Plusieurs types de missions peuvent être envisagés :


- missions avec un effet « génie » attendu : participation à l’attaque d’un point fort ou saisie d’un
ouvrage, action héliportée pour mettre en place des points minés, participation à l’aménagement
des plages, participation à des franchissements verticaux ;
- la participation aux missions communes de l’armée de Terre (MICAT) : patrouilles de présence et
d'interposition, accompagnement ou escorte de convois, actions de sûreté générale (tenue de
points de contrôle).

 L’appui à la mobilité
L'appui à la mobilité consiste à favoriser l’engagement et la manœuvre des forces amies en
garantissant leur liberté de mouvement sur l’ensemble du théâtre d’opérations en dépit de l'action de
l’ennemi. Les missions d’appui à la mobilité tactique ont pour but de maintenir le rythme de la
manœuvre. Elles concourent de ce fait à la concentration des efforts nécessaires pour réaliser à
l'endroit et au moment voulus, le rapport de forces permettant d'obtenir un effet décisif sur
l'adversaire. Leur domaine d'application concerne tous les types de manœuvres (offensives,
défensives), ainsi que toute la profondeur du champ d'intervention.

 L’appui à la contre-mobilité
La contre-mobilité recouvre l'ensemble des actions visant à réduire les possibilités de déplacement de
l'ennemi. Le génie y participe :
- en canalisant, cloisonnant, retardant ou arrêtant l'ennemi tout en cherchant à lui causer le
maximum de pertes ;
- en contribuant à accroître la vulnérabilité de celui-ci aux feux des autres armes.

La contre-mobilité s'applique surtout aux manœuvres défensives dans lesquelles l'aménagement du


terrain concourt à la modification du rapport de forces en faveur du défenseur. Cependant, des actions
de contre-mobilité peuvent être envisagées dans un cadre offensif (obstacles de couverture, sûreté
immédiate).

 L’aide au déploiement d’urgence


Il s’agit de toutes les missions entreprises pour permettre d’assurer, après les reconnaissances
préalables, le déploiement et l’installation rapide des premiers éléments d’une force projetée, dans
des conditions d’environnement difficiles.
Cette mission concerne toutes les armes et les services ; elle est ainsi définie pour le génie : l’aide au
déploiement regroupe toutes les missions du génie ayant pour but de faciliter la projection,
l'installation, le fonctionnement et la protection des forces appuyées aussi bien avant l'engagement
que pendant et après (voir plus loin chapitre «aide au déploiement par les unités du génie»). Sa
réalisation repose principalement sur l’emploi de capacités de production d’eau, d’énergie (électricité)
et de création ou de rétablissement d’infrastructure opérationnelle.

 Appui général
La mission d’appui général regroupe les actions qui permettent aux forces projetées de se déplacer,
de s’installer et de durer. Elle inclut également le soutien au stationnement, la participation au soutien
consenti aux populations, ou à leur assistance directe.

 Appui aux déplacements

316
Dans l’appui aux mouvements stratégiques, le génie est en mesure de rétablir, voire de créer, les
plates-formes aéroportuaires, nécessaires au bon acheminement des forces et de leur logistique.
Dans l’appui aux mouvements opératifs, il possède une capacité d’intervention lourde sur les voies de
communication routières et ferrées.

 Aide au déploiement de la force et soutien au stationnement


Il s’agit de participer à l’établissement des conditions de vie adaptées à la durée des opérations, au
climat et aux ressources locales. Pour le génie, ces missions comprennent en particulier :
- les actions de sauvegarde-protection ;
- les actions de déminage et de dépollution ;
- la reconnaissance des zones minées ou polluées (sous-munitions ou agent NBC) ;
- le recensement, balisage et marquage de ces zones ;
- le déminage et/ou dépollution, et/ou neutralisation, et/ou destruction ;
- l’ouverture d’itinéraire;
- le rétablissement et l’aménagement des infrastructures opérationnelles au profit des forces,
éventuellement des populations, des réfugiés et des prisonniers (comprenant en particulier la
fourniture d'eau après traitement éventuel, d'électricité, l'évacuation des matières et eaux usées) ;
- le décapage des terrains contaminés chimiquement ;
- la réparation, restauration, transformation des infrastructures voire construction (routes, pistes,
ponts, aérodromes, baraques préfabriquées...) ;
- l’établissement des contrats avec des entreprises civiles et le contrôle de leur application ;
- l’aménagement des conditions de vie (forces, populations, réfugiés, prisonniers) ;
- la participation à l'installation ;
- la production d'eau traitée ;
- la production et distribution de l'énergie électrique ;
- l’évacuation des rejets et leur traitement (eaux usées).

L'activité des sapeurs s'exerce dès la conception des opérations, lors des premières reconnaissances
et jusqu'au repli.

 Appui au retrait de la force


Il s’agit de restituer aux autorités locales et nationales les infrastructures occupées par les forces.

1.4 La spécificité du génie


La spécificité du génie recouvre trois notions essentielles :
- le renseignement milieu (« renseignement génie ») ;
- les règles en matière d'articulation et de commandement des unités ;
- le rôle et la place du commandement du génie des grandes unités.

 Le renseignement milieu
Le renseignement milieu est utilisé aussi bien dans la préparation de la manœuvre (planification), que
dans son exécution (conduite). En fonction des moyens dont il dispose, chaque commandant du génie
est responsable de la fourniture du renseignement génie au chef interarmes dont il dépend.

Le renseignement milieu porte :


- sur le terrain, au sens le plus large :
o caractéristiques intéressantes (axes de progression, ponts, sites de franchissement,
contournements possibles, ...),
o modifications que l'action des forces amies, alliées et ennemies a pu ou pourrait
provoquer,
o modifications possibles dues à la météo,
o ressources locales en matériaux...

317
Le terrain sera étudié sous l'aspect des possibilités de mouvement, des franchissements, des
obstacles, de la protection des forces et des populations. Il doit s'agir là de renseignement actualisé.

- sur l'ennemi, et tout particulièrement sur ses possibilités de gêner la manœuvre amie en
modifiant ou en utilisant le terrain. Il s'agira là de renseignement de documentation qui permettra
de préciser au mieux :
- l'organisation et les capacités de l'ennemi,
- ses zones d'engagement possibles (cartes spécialisées)...

Le renseignement milieu se présente sous deux aspects :


- le renseignement de situation à un moment donné, il concerne :
o la mise en œuvre des obstacles amis ou alliés, planifiés ou non,
o les obstacles ennemis,
o les renseignements fournis par les échelons supérieurs, la situation des
détachements de liaison auprès des forces alliées (prises sous OPCON), les liaisons
avec l'armée de l'Air,
o les renseignements fournis par les GU voisines et les zones de défense,
détachements de liaison,
o les renseignements fournis par les unités interarmes : renseignement de contact avec
l'ennemi, obstacles détectés ou rencontrés, zones d'obstacles prises en compte…,
o les renseignements fournis par les unités du génie et les détachements de liaison et
de reconnaissance du génie (DLRG) : résultats de reconnaissances, conditions de
réalisation des obstacles,
o les renseignements relatifs à l'organisation territoriale, que l'on soit en zone amie ou
non ;
- le renseignement de prévision, qui détermine les moyens et délais nécessaires pour modifier le
terrain dans le sens voulu par la manœuvre. Ce type de renseignement est obtenu par les
reconnaissances effectuées et par les liaisons prises avec les voisins et/ou les alliés. Si le
renseignement de situation peut être obtenu par des unités de toutes armes, le renseignement de
prévision nécessite des reconnaissances techniques de commandement effectuées
obligatoirement par des officiers du génie. Tout officier du génie est capable de préparer et de
conduire de telles reconnaissances.

La recherche du renseignement milieu s'inscrit dans la planification d'ensemble élaborée au niveau de


la grande unité. Le commandant du génie de chaque échelon est responsable de la recherche, de
l'actualisation permanente et de la transmission du renseignement génie au profit :
- du commandant de la grande unité de son échelon ;
- du commandant du génie de l'échelon supérieur.

Le génie participe donc de très près à l'établissement des divers plans de renseignement qu'il
complète en temps réel avec les résultats des reconnaissances effectuées (croquis, plans et cartes
renseignés, synthèses verbales ou écrites). L'exploitation à temps du renseignement milieu permet
une planification réaliste de la manœuvre future, oriente les ordres de conduite de la grande unité,
optimise l'emploi des moyens du génie. Elle est donc essentielle pour la manœuvre.

 L’articulation et l’organisation du commandement des unités du génie


La diversité des missions du génie implique que l'articulation de ses moyens soit fixée en fonction de
la manœuvre envisagée. Chaque chef interarmes devra donc faire un choix d'articulation des moyens
du génie, qu'ils soient organiques ou reçus en renforcement de l'échelon supérieur.

Pour une opération ou une manœuvre menée au cours de cette opération, toute formation du génie
est placée dans l'une ou l'autre des positions suivantes :
- conservée aux ordres du commandant du génie, auquel cas son emploi est dit centralisé ;

318
- détachée à un échelon de commandement interarmes pour une période donnée; dans ce cas,
son emploi est dit décentralisé et la (les) formation(s) du génie concernée(s) est (sont) adaptée(s)
à une mission donnée à une formation interarmes, pour une durée limitée dans le temps ;
- donnée en renforcement à une formation du génie pouvant elle-même être placée dans l'une
des deux positions précédentes. Le plus souvent, il s’agit de moyens spécialisés.

En règle générale le niveau de détachement des unités répond à la règle suivante :

Unité interarmes appuyée Unité du génie détachée (appui) Renforcements possibles

Brigade Régiment / bataillon du génie. Provenant d’une autre unité


du génie ou de compagnies
spécialisées.
GTIA Compagnie de combat du génie. Moyens de la compagnie
d’appui du RG.
Autres moyens spécialisés
(DLRG, PCG, EOD…).
Compagnie Section de combat du génie. Moyens de la section d’appui
et / ou de la compagnie
d’appui du RG.

Dans le cadre du combat en zone urbaine, il est possible de constituer un détachement interarmes
(DIA) pour une mission précise, dans un cadre espace-temps limité. Le niveau de détachement du
génie est alors exceptionnellement le suivant : détachement d’un groupe du génie à une section
infanterie ou peloton blindé.

 Rôle et place du commandant du génie de brigade


L’emploi est fixé par le chef interarmes, conseillé par son chef de la branche génie, ou COMGENIE,
qui dispose de la cellule 2D de son CO pour transcrire en ordres ses décisions.
La mise en œuvre est assurée par le chef génie commandant, pour le niveau considéré, des unités
du génie conservées aux ordres.

Le chef de corps du régiment (ou bataillon) du génie de la brigade est le commandant du génie de la
brigade (COMGÉNIE) : tout en étant le conseiller génie du général commandant la brigade, il
commande les éléments génie de la grande unité. Par conséquent, le rôle du commandant du
génie revêt deux aspects essentiels : il est l’adjoint-génie du chef interarmes et le responsable de
l'exécution des missions confiées aux unités du génie conservées aux ordres de cette autorité.

En tant qu’adjoint-génie :
- il fournit son avis sur toutes les questions relatives à l'emploi du génie ;
- il est associé à l'élaboration du plan simplifié et des ordres d'opérations. Il participe à la MEDO et
fait étudier l’emploi des unités du génie par la cellule 2D ;
- il participe à la préparation et à l'élaboration des plans qui établissent la cohérence de la
manœuvre interarmes (plans de feux, plans d'emploi des obstacles avec itinéraires de manœuvre
et zones à laisser libres d'obstacles, plans de franchissement…) ;
- il s’assure de la réalisation de la synthèse du renseignement terrain de toutes provenances en
soulignant ses répercussions en matière de mobilité, contre-mobilité et sauvegarde ;
- il s'assure de la coordination des actions du génie au sein de la grande unité à laquelle il
appartient, en liaison avec les unités voisines.

En tant que responsable de l'exécution des missions confiées aux unités du génie :
- il s'assure que les formations détachées disposent des capacités correspondant à l'appui qu'elles
doivent apporter et contrôle leur mise en place auprès des unités interarmes ;
- il fait rédiger et diffuser les ordres de mise en œuvre (OPORD du régiment ou bataillon du génie),
pour les éléments conservés aux ordres et en contrôle l'exécution ;

319
- il définit les conditions de soutien des formations du génie (conservées aux ordres, reçues en
renforcement, détachées) et en contrôle l'exécution ;
- il organise le recueil du renseignement terrain par les éléments du génie conservés aux ordres et
en assure la transmission vers les échelons génie supérieurs, subordonnés, voisins et vers le
commandement interarmes ;
- il précise les conditions de réalisation des plans dont la responsabilité incombe au génie (nature et
localisation des obstacles ou des travaux de protection...) ;
- Il contrôle leur exécution en s'assurant de la présence sur le terrain des représentants des
formations interarmes bénéficiaires ;
- il suit l'état d'avancement des travaux et en rend compte à l'autorité interarmes dont il dépend. Il
informe également de façon systématique les différents échelons du génie concernés.

Généralement colocalisé avec le PC appuyé, le poste de commandement du COMGENIE peut être :


- un CMO (centre de mise en œuvre) si les unités génie subordonnées comportent au moins deux
bataillons (ou régiments). Sa composition est variable, car elle dépend des moyens mis en œuvre
et du niveau de commandement auquel ce CMO se situe ;
- la cellule 2D du niveau considéré ;
- un PCR (ou PC bataillon) si le génie de l’échelon considéré ne comporte pas plus d’un régiment
(bataillon), le commandant de cette formation est souvent chef génie ;
- un PC de compagnie si le génie se limite à une unité élémentaire.

Le chef de corps du régiment du génie d’une BIA se tient là où sa place apparaît le plus nécessaire,
c'est-à-dire soit au PC brigade, auprès du général, soit au PC du bataillon du génie, PC de mise en
œuvre, soit sur le terrain, auprès des unités.

Emploi (conception) et mise en œuvre du génie :

Niveau Emploi (conception) Mise en œuvre (exécution)


Bureau génie du corps CMO AGESTER de niveau 1.
1 - LCC
(« G-Engineer »).
Bureau G3/2D. CMO AGESTER de niveau 2.
2 – DIV
Unités du génie de la DIV.
3 – BIA Cellule 2D. PCR du RG / BATGEN, moyens conservés.
CNE CDU du génie (norme) Moyens conservés de la compagnie du génie.
(exceptionnellement 1 DLRG,
4 – GTIA
formant un détachement de
liaison et de CDT - DLC).
5 – Cie /SGTIA LTN CDS du génie. Section du génie.

1.5 Participation du COMGÉNIE à l’élaboration des ordres


Les décisions du chef interarmes, en matière d’emploi, sont traduites à deux niveaux d’élaboration des
ordres d’une grande unité :
- le plan simplifié où sont définis le rôle du génie, les priorités et l’articulation des moyens ;
- l’ordre d’opération dans lequel l’emploi du génie fait l’objet d’un sous-paragraphe du paragraphe
3/exécution ou de l’annexe C.

 Élaboration des ordres au CO de la brigade


Le génie reçoit ses missions du chef interarmes aux ordres duquel il est placé. L’emploi souhaité du
génie fixe par conséquent les missions et priorités, détermine les effets à obtenir, leur
localisation géographique, les délais à prendre en compte et explicite l’articulation des moyens qui en
découle, ainsi que le soutien nécessaire.

Le travail de la cellule AGESTER est coordonné par le chef de BOI du régiment du génie, présent en
permanence au CO brigade. Celui-ci participe à l’élaboration de la manœuvre future en étudiant le
terrain, les capacités génie de l’adversaire, en étudiant l’effet majeur de la brigade et l’appui génie qu’il

320
peut fournir. A l’issue, il fait rédiger par la section 2D le paragraphe génie (ou l’annexe génie) de
l’ordre d’opération interarmes. Il participe aux points de situation et aux appréciations de situation.

1.6 La mise en œuvre du génie


La mise en œuvre, responsabilité du COMGÉNIE, consiste à répartir les missions et les moyens, à
choisir les techniques et procédés d’exécution, à prévoir l’organisation du commandement et des
liaisons, à organiser la recherche et la transmission du renseignement, et, en cours d’action, à
manœuvrer ces moyens. Elle se traduit par l’élaboration des ordres d’opération, des unités du génie,
précédés éventuellement d’ordres préparatoires et suivi d’ordres particuliers (ou complémentaires) de
conduite.

Qu’il s’agisse d’appui à la mobilité ou à la contre-mobilité, les délais nécessaires pour amener les
matériels à pied d’œuvre, sont souvent égaux, voire supérieurs, aux délais de réalisation technique
d’une action ponctuelle (pontage, zone d’obstacles …), d’où l’importance des ordres préparatoires qui
permettent d’anticiper.

1.7 Responsabilités du COMGENIE en matière de mise en œuvre


Le commandant du génie de la grande unité est responsable de la mise en œuvre du génie. Il doit
préparer et faire exécuter la mission, puis en contrôler l’exécution.
La préparation de la mission a pour but de déterminer :
- la nature des travaux à effectuer ;
- les conditions tactiques et techniques d’exécution ;
- les moyens nécessaires en personnel, matériels et matériaux ;
- l’organisation du commandement.

Elle repose sur les renseignements recueillis à tous les échelons (génie et autres armes), notamment
les reconnaissances techniques de commandement menées par le chef lui-même ou par ses
subordonnés immédiats conservés aux ordres et donnant lieu à des évaluations rapides avec croquis
et schémas, ou messages, en cours d’opération.

Pour exécuter sa mission, le chef de l’unité du génie doit concilier des contraintes de caractère
technique et tactique.

Sur le plan technique, il doit :


- assurer les reconnaissances techniques d’exécution avant les mises en chantier ;
- articuler les moyens et répartir les tâches ;
- organiser les ravitaillements et le soutien logistique des matériels ;
- organiser les recherches et la transmission du renseignement génie ;
- rendre compte.

Sur le plan tactique, il doit :


- se faire préciser, par l’autorité qui lui donne sa mission, la conduite à tenir devant les actions de
l’ennemi (poursuivre l’exécution de la mission, lutter contre l’adversaire, sauvegarder les moyens
indispensables à l’accomplissement ultérieur de la mission) et les conditions dans lesquelles sa
sûreté rapprochée est assurée ;
- assurer sa sûreté immédiate et prendre les mesures pour faire face aux dangers nucléaire,
chimique ou aérien.

Pendant l’exécution des travaux, des comptes-rendus et des rapports sont fournis afin de permettre :
- aux échelons technique et tactique du commandement de suivre la progression des travaux ;
- au commandant du génie de tenir à jour la documentation sur les aptitudes actualisées ou
valorisées du terrain.

Les commandements tactiques et techniques doivent prendre des contacts fréquents auprès des
exécutants afin de suivre les conditions de travail et les besoins des unités.

321
1.8 L’appui direct

 L’appui à la mobilité
Trois grands types de missions relèvent de l'appui à la mobilité : l’ouverture d’axes de progression, le
rétablissement d’itinéraires et les franchissements tactiques :

- l'ouverture d'axes de progression : opération qui consiste à éliminer les obstacles ou créer
rapidement des passages de fortune pour les échelons de tête. Obstructions et brèches peuvent
avoir été valorisées par la pose de mines. L’ouverture d’axes de progression permet
essentiellement le passage de véhicules de combat, de commandement et de soutien immédiat ;
- le rétablissement d’itinéraires : il s'agit de rendre aux itinéraires empruntés par les unités leurs
caractéristiques initiales ou celles imposées par le commandement. Le rétablissement permet le
3
passage des véhicules de transport logistique avec leurs remorques, des citernes de 30 m …
Cette mission fait face aussi bien aux destructions ou obstructions de l'ennemi qu'aux
dégradations dues au trafic ou aux intempéries. Il inclut le franchissement des coupures et des
zones minées ;
- les franchissements tactiques : les franchissements de brèches sèches ou humides constituent
un élément fondamental du maintien de la mobilité tactique des forces terrestres. Ces opérations
font l’objet d’une partie spécifique de ce chapitre.

 L’ouverture d’axes de progression


Elle suppose de faire appel à des procédés permettant de réaliser le plus rapidement possible (pour
conserver le rythme de la manœuvre), et souvent sous le feu direct de l’ENI, un passage à travers des
zones d’obstacles : obstructions, bandes minées, entonnoirs, coupures de faible largeur…

Ces procédés peuvent être classés en quatre catégories :


- le dégagement des obstructions et l’ouverture de passages à travers des zones minées ;
- le comblement d’entonnoirs par apport de matériaux ;
- le franchissement de brèches de faible largeur (inférieures à 20 mètres) par la réparation
sommaire des ponts existants, le comblement ou la mise en œuvre de moyens de
franchissement ;
- le contournement, à rechercher lorsque le dégagement de l’obstacle impose un travail important,
donc de longs délais, en créant une piste sommaire en tout terrain.

Dans le cas d’un obstacle battu par les feux directs de l’ennemi, l’ouverture d’axe comportera la mise
en place d’un dispositif de sûreté autour du passage à ouvrir, ou au minimum d’un appui feux propre à
neutraliser l’adversaire, et des masques (écrans de fumée).

L’exécution des missions d’ouverture, souvent décentralisée aux échelons de tête, est du ressort des
compagnies de combat, équipées pour appuyer les régiments de mêlée dans leur progression. La
section de combat (blindée chaque fois que possible) est la cellule indissociable à appliquer sur un
axe ; elle peut être renforcée par des moyens spécialisés.

La saisie de points de passage intacts et les possibilités d’ouverture par moyens de circonstance sont
à rechercher chaque fois que possible. En reconnaissance offensive, l’appui initial aux régiments de
er
1 échelon peut être limité, le commandant du génie conservant à ses ordres un volume important de
moyens pour faire face aux changements brutaux de situation.

 Le rétablissement d’itinéraires
Pour cette mission, on fera appel à des procédés garantissant la viabilité des itinéraires considérés,
durant un certain temps (élargissement de passages rapidement ouverts, renforcement des
chaussées, construction de radiers, ponceaux en matériels d’équipage ou de circonstance,
travures…). Un itinéraire rétabli doit permettre le passage de véhicules n’ayant pas d’aptitude tout
chemin et, en tous cas, répondre aux caractéristiques imposées par le commandement. Le
rétablissement ne s’effectue pas sous le feu direct de l’ennemi ; il importe cependant que la sûreté des
unités du génie soit garantie contre toute menace.

322
Le rétablissement des itinéraires s’applique aux itinéraires logistiques et de manœuvre. Il est en
général effectué avec des moyens conservés aux ordres provenant des compagnies d’appui (moyens
des sections d’aide au déploiement d’urgence ou des sections d’organisation du terrain) ou des
compagnies spécialisées (section d’aide au déploiement lourd). Il peut parfois requérir (à une certaine
distance des combats) une main d’œuvre plus importante et des matériels de terrassement à grand
rendement.

Au niveau de la brigade, dans tous les cas, les moyens du génie disponibles sont limités. Si les
travaux nécessaires aux rétablissements d’itinéraires dépassent les possibilités du génie brigade, le
COMGÉNIE devra demander :
- soit des moyens supplémentaires au niveau supérieur ;
- soit des délais supplémentaires ;
- soit le déplacement de la limite arrière de sa zone de responsabilité de façon à en réduire la taille.

Dans le cadre de l’aide au déploiement, le rétablissement des communications en zone arrière


constitue une charge permanente importante. Cependant, en centre-Europe, le caractère maillé du
réseau routier, permettant de nombreux variantements, réduit le plus souvent le maintien des
itinéraires à des capacités de rétablissement à hauteur des principaux points de passage obligé.

 Les franchissements de coupures


Les franchissements ont pour but de porter des forces d’une rive à l’autre d’une coupure, malgré les
actions de l’ennemi, afin de permettre l’exécution d’une mission. Ils se situent le plus souvent dans le
cadre de l’appui à la mobilité, dont ils ne constituent qu’un aspect particulier.

Mission appartenant à l’appui à la mobilité, l’organisation des franchissements fait l’objet d’un chapitre
particulier compte tenu de ses spécificités (voir plus loin le chapitre « les franchissements »).

 Désengluement
- Effets à obtenir :
Extraire, avec le minimum de pertes et le plus rapidement possible, tout ou partie d'une unité,
stationnée ou en mouvement, surprise par la présence de mines et/ou de sous-munitions,
éventuellement sous le feu de l'ennemi, en réalisant un ou plusieurs cheminements ou couloirs
d'évacuation de la zone.

- Caractéristiques de l'action :
o elle peut être envisagée quel que soit le mode opératoire,
o quelle que soit la situation de l'unité concernée, les actions à mener seront identiques.
Seule leur réalisation pourra différer en fonction des circonstances locales (nature de
er e
l'ennemi, unités en 1 ou 2 échelon, au sein de la zone avant (ZAV) ou de la zone
arrière (ZARR),
o recherche d'une sécurité maximale, en cohérence avec la situation tactique locale,
o modalités d'exécution différentes selon la nature et l'attitude de l'ennemi ;

- Préparation et facteurs déterminants :


o localisation de l'obstacle (en zone avant ou en zone arrière),
o intention ennemie,
o contraintes de délais,
o nature de l'obstacle (mines ou sous-munitions, AC ou AP ou mixtes),
o disponibilité d'unités génie et de moyens spécialisés.

Si il n'y a pas de moyens ou d'unités génie disponibles, les unités IA devront s'extraire par leurs
propres moyens, en prenant en compte la nature de la pollution ou du minage et le fait qu'elles seront,
ou non, sous les tirs - directs et/ou indirects - de l'ennemi. La sûreté rapprochée du génie est assurée
par l'unité interarmes appuyée.

323
- Répartition des rôles
- Alerter et renseigner pour éviter que d'autres unités s'engagent dans la zone minée
Unité pour permettre au commandement de prendre, au plus tôt, les décisions imposées
engluée dans par la situation ;
l'obstacle - rechercher un (des) cheminement(s) naturel(s) à travers l'obstacle ;
- réaliser un balisage sommaire du cheminement suivi par le personnel débarqué.
- acquérir et exploiter le renseignement sur les capacités de minage de l'ennemi ;
- décider du renforcement éventuel en moyens génie ;
IA - protéger l'unité engluée dans la zone minée pour empêcher une progression ennemie
vers elle ou pour neutraliser les feux ennemis qui pourraient être appliqués sur elle ;
- décider du dégagement partiel ou complet de l'obstacle.
- acquérir et exploiter le renseignement sur la nature et le volume de la zone minée ;
- réaliser le(s) cheminement(s) ou couloir(s) dans la zone minée. Baliser et marquer la
zone / l'obstacle ;
Génie
- rendre compte sur l'obstacle résiduel (technique) ;
- en mesure de poursuivre, sur ordre, le dégagement de l'obstacle ;
- tenir à jour la base de données sur les mines.

 Les franchissements de zones minées


Ils constituent une action particulière dans le cadre de l’appui à la mobilité, souvent un préalable à la
progression et/ou au déploiement des unités à engager. Comme pour la réaction à l’embuscade, le
franchissement "dans la foulée", par engagement réflexe des moyens du génie, ALAT, artillerie, …
constitue, selon toutes les simulations et études, la meilleure solution. Cela implique un dispositif
interarmes rôdé à ce type de réaction. Pour le franchissement de vive force d’obstacles à base de
mines il sera préférable d’engager des moyens protégés (EBG, SDPMAC ou section déminage lourd
AMX 30 DT).

Le cas du franchissement d’une zone minée sous les feux des tirs directs de l’ennemi fait l’objet d’une
partie spécifique à la fin de ce chapitre du mémento (voir plus loin le chapitre sur les opérations de
bréchage).
- Actions types des unités du génie en appui à la mobilité
Les données moyennes et barèmes présentés ci-après supposent que :
- les reconnaissances techniques de commandement et d’exécution ont été effectuées,
- les moyens, personnel et matériels, sont complets et à pied d’œuvre, mis en œuvre de jour ;

324
NATURE MOYENS DÉLAIS
DÉGAGEMENT D’OBSTACLES SUR ITINÉRAIRE

Écroulement maisons 1 groupe + 1 EBG 2h

Abattis 100 m 1 groupe + 1 EBG 2h

Entonnoir 1 groupe +1 MPG 2h

OUVERTURE D’ITINÉRAIRES

Ouverture dans zone minée, couloir


1 section 3h
100 m, largeur 4 m

Balisage d’une trouée de 100 m 1 section 1h

1 groupe
Dégagement d’une barricade de 2 m 1h
+ MPG ou EBG

Trouée dans une zone minée


1 section 15 min
(1 m x 12 m)

FRANCHISSEMENT DE BRÈCHES COURTES

1 groupe
Brèche < 20 m 15 min
+ 1 engin SPRAT)

FRANCHISSEMENT DE ZONES MINÉES

Franchissement d’un bouchon de


1 groupe 2h
mines

Passage véhicules dans zones


1 groupe 2à4h
minées (100 m)

FRANCHISSEMENT DE COUPURES

RECO d'un point de passage 1 DLRG 1h

Étude aquatique d'un site 1 équipe PCG 30 min

Étude d'un point de passage 1 équipe PCG 3h

EFA 1 engin 10 min à 10 rot/h (100 m)


Pont de 105 m cl 70 4 engins 15 min
Pont de 81 m cl 70 3 engins 15 min

PFM 2 à 5 modules 30 min

Pont PFM 100 m 1 section PFM 1h

 L’appui à la contre-mobilité
L’appui à la contre-mobilité se traduit par la réalisation d'obstacles à base de destructions,
d'obstructions et surtout de minage, pouvant être réalisés avec préavis et donc intégrés à la
manœuvre. Par la manœuvre des obstacles, donc en agissant sur le terrain, le génie :
- contribue à modifier favorablement le rapport de forces dans une zone choisie ;
- favorise l'économie des forces en se substituant en partie à l'action des unités de mêlée.

325
Le système d'obstacles doit être en cohérence tactique avec la manœuvre envisagée, et les obstacles
doivent être définis par rapport aux effets à obtenir sur l'ennemi. Inversement, la conception de la
manœuvre d'ensemble ne peut faire abstraction des contraintes techniques inhérentes à la mise en
œuvre des obstacles. La confrontation des aspects tactiques de la manœuvre et des contraintes de
mise en œuvre des obstacles s'effectue à tous les niveaux de décision. Cette concertation doit
permettre au chef interarmes conseillé par son commandant du génie :
- d'arrêter le plan d'obstacles qui en découle et ses priorités ;
- de confier au commandant du génie la préparation en détail du plan d'obstacles ainsi que le
contrôle de son exécution ;

Les obstacles sont groupés en systèmes cohérents s'intégrant dans la manœuvre d'ensemble :
- sous forme de barrages répartis dans une zone large et profonde face à une direction d'approche
de l'ennemi pour l'arrêter ou couvrir un flanc du dispositif ami ;
- sous forme de fuseaux, ensembles d'obstacles échelonnés en profondeur sur des axes de
pénétration de l'ennemi pour le canaliser, le ralentir, l'arrêter.

Ils peuvent aussi être dispersés et mis en place au cours du combat sous forme d'obstacles de
circonstance :
- pour freiner l'ennemi en fonction de l'action des éléments au contact (obstacles de combat) ;
- pour harceler l'ennemi et lui créer des conditions d'insécurité (obstacles de harcèlement) ;
- pour assurer la sûreté immédiate d'unités à l'arrêt (obstacles de protection).

Le commandant de la brigade détermine parmi ces obstacles :


- ceux qui sont à mettre en œuvre a priori, hors de la pression de l'ennemi (obstacles préliminaires);
- ceux qui doivent être mis en œuvre au dernier moment, bien souvent au contact de l'ennemi
(obstacles de manœuvre).

 Les types d'obstacles


Selon le procédé technique utilisé, on peut distinguer :
- les obstructions : abattis, éboulis, inondations… ;
- les destructions d'ouvrages d'art ou de tronçons d'itinéraires ;
- les mines qui peuvent être employées soit seules (points minés, bouchons de mines, lignes de
mines, bandes minées, champs de mines), soit en complément d'un autre type d'obstacle. Les
mines peuvent être posées manuellement ou à distance (EBG, disperseur de mines courte portée
MINOTAUR).

 Planification des obstacles


En termes de planification, un certain nombre d’impératifs et de contraintes sont à prendre en compte
dans les domaines tactique, technique et logistique. Du point de vue tactique, la gêne occasionnée
par les obstacles doit être intégrée à la manœuvre pour ne pas être dérangeante ; leur rapidité de
mise en place conditionne leur efficacité ; enfin, cette efficacité ne peut être pleinement atteinte que si
les obstacles sont battus par le feu ami. Du point de vue technique, certains obstacles sont
irréversibles (destructions) ou possèdent une certaine rémanence (mines) ; les obstacles sont d'autant
plus efficaces qu'ils "s'accrochent" au terrain tout en étant soustraits le plus longtemps possible aux
moyens de détection de l'adversaire. Du point de vue logistique, les obstacles exigent généralement
107
des approvisionnements importants et pondéreux .

L'emploi des obstacles est déterminé, dans ses grandes lignes, au niveau de l’état-major de la
composante de forces terrestres et fait l'objet d'une planification à ce niveau. À cet effet, cet état-major
élabore un plan des obstacles lié à la manœuvre terrestre, souvent établi selon le procédé de l'ordre
graphique. Il s'agit de définir en particulier :
- les zones d’obstacles (ZO) et réglementées d’obstacles (ZRO) ;

107
Mines = tranches F et explosifs = tranches H.

326
- les itinéraires de manœuvre ;
- les zones de responsabilité des différents niveaux terrestres (du COMTACTER à la brigade) ;
- les consommations autorisées.

Zones Signification tactique (définitions TTA 106)


Zone dangereuse du fait de la présence réelle ou supposée de
Zone minée
mines.
Mesure de commandement et de conduite normalement réalisée
graphiquement, servant à désigner des zones terrestres spécifiques
Zone d’obstacles (ZO)
dans lesquelles des échelons subordonnés sont autorisés à
employer des obstacles tactiques.
Zone dans laquelle le commandement interdit la mise en place
Zone libre d’obstacles (ZLO) d’obstacles, le plus souvent dans le but de faciliter les opérations
futures.
Zone dans laquelle il est possible de placer des obstacles sous
réserve de l’accord de l’autorité responsable qui fixera la (les)
Zone réglementée d’obstacles
règle(s): obstacles facilement neutralisables par exemple, ou à
(ZRO)
durée de vie programmable, pour permettre une contre-attaque
ultérieure.

À partir de ce plan général, les unités subordonnées préparent des plans particuliers définissant les
systèmes d'obstacles à réaliser, les conditions d'exécution de ces obstacles, la répartition des
missions et des moyens entre unités génie et TTA. Ces plans sont essentiellement composés d'un
calque accompagné ou non de commentaires en marge (style ordre graphique).

Le bon emploi des obstacles est conditionné par les reconnaissances préliminaires.
Ces reconnaissances doivent permettre d'établir ou de confirmer le meilleur obstacle possible
(meilleur rapport coût/efficacité) au meilleur endroit du terrain en fonction de l'effet à obtenir.
L’élaboration d’un plan d’obstacles est grand consommateur de délais (4 à 10 heures par niveau).
Toutefois les systèmes d’information numérisés permettent de gagner des délais considérables.

 Responsabilités
C’est au chef interarmes, conseillé par son commandant du génie, qu’incombe la responsabilité de
valider le plan d’obstacles. L’autorité ayant qualité en dernier ressort pour ordonner l’activation ou la
mise à feu d’un obstacle de manœuvre est désignée sous l’appellation « d’autorité qualifiée ». La
délégation de cette validation ou « délégation d’autorité qualifiée » peut se faire jusqu’au niveau
S/GTIA.

Pour les obstacles à base de mines antichars, le commandement doit préciser les directives d’emploi :
le(s) type(s) de minage autorisé(s) ; le type de mine antichar autorisé ; le mode de pose ; la
consommation autorisée pour chaque type de mines ; la durée d’activation.

Le suivi de la réalisation des obstacles (AMI et ENI) est une responsabilité des cellules G3/2D des PC
de niveau 2 et 3.

 Contexture possible d'un plan d'obstacles


L'établissement d'un plan d'obstacles commence nécessairement par la réalisation d'une ébauche
er
sommaire au 1 niveau terrestre. Cette ébauche comprend :
- la représentation graphique des zones réglementées d’obstacles, des zones d’appui de la
manœuvre, des môles d’obstacles, des zones à valoriser, des itinéraires de manœuvre, des
destructions de manœuvre prévues au niveau COMTACTER ;
- dans un cartouche : l'effet recherché, la répartition des responsabilités, les liaisons à établir et
éventuellement, des prescriptions complémentaires.

327
Cette ébauche est diffusée à toutes les divisions et brigades, aux unités du génie et éventuellement
aux commandements des armes intéressés. De présentation analogue à l'ébauche, le plan
er
d'obstacles définitif est arrêté au 1 niveau terrestre, après discussion avec les grands subordonnés et
modifications éventuelles tenant compte des besoins de leur manœuvre. Outre les modifications
éventuelles apportées à l'ébauche, il comporte normalement :
- les itinéraires de manœuvre des GU subordonnées (corps d’armée, divisions ou brigades) ;
- les destructions de manœuvre prévues ou demandées par les GU subordonnées ;
- les consommations autorisées ;
- les priorités.

Ainsi établi, ce plan d'obstacles constitue une annexe à l'ordre d'opération des forces terrestres. Au fur
et à mesure de la réalisation des obstacles, il en est rendu compte par la voie technique génie. À partir
du plan d'obstacles annexé à l'ordre d'opération, les divisions ou brigades établissent pour leur zone
d'action un plan partiel d'obstacles, aussi détaillé que possible. Notamment, les champs de mines et
bandes minées y sont représentés à l'échelle (1/50 000), et l'emplacement des obstacles ponctuels
est représenté, dans toute la mesure du possible, par des symboles qui en précisent la nature.

Ce plan partiel est adressé par la voie technique génie au COMTACTER à titre de compte rendu, et
aux commandants des unités du génie pour exécution. Les unités du génie de la division ou de la
brigade rendent compte de la réalisation des travaux ou des difficultés rencontrées.

 Mise en œuvre des obstacles


Le commandant du génie propose au chef interarmes un type d'organisation :
- centralisée : tous les travaux sont effectués à son niveau ;
- décentralisée : les travaux sont confiés aux échelons subordonnés, à charge pour l'échelon
supérieur de fournir les moyens nécessaires.

Lorsque le commandant de la brigade a arrêté toutes ses décisions concernant les obstacles, le génie
reçoit l'ordre de les exécuter. L'exécution de cet ordre comprend :
- la mise en place des moyens (moyens détachés aux subordonnés, moyens conservés aux
ordres);
- les ordres d'exécution aux moyens conservés.

La mise en œuvre des obstacles s'effectue conformément au TTA 702 pour tout ce qui concerne les
obstacles de manœuvre (détachements de mise en œuvre et de protection, carnets de consignes …).

 Détachements de barrage
108
Le commandement peut décider de constituer un détachement de barrage pour faire face à une
109
menace inopinée . Le procédé d'exécution le plus pratique est le minage rapide sous forme de
barrage ou de fuseaux en utilisant le minage par dispersion réalisé par EBG ou disperseur.

Le détachement de barrage peut être composé de :


- un escadron ou une compagnie mécanisée ;
- une à deux sections du génie ;
- un certain nombre de disperseurs (600 mines à 300 m en une bordée).
L'escadron (ou la compagnie) assure la protection immédiate et rapprochée des sapeurs pendant la
pose et peut battre l'obstacle après la pose. L'artillerie peut aussi valoriser l'obstacle.

108 TTA 106/1 : détachement interarmes chargé de barrer une direction dangereuse par une manœuvre s'appuyant sur des
obstacles créés à la demande, dans des délais souvent très courts.
109
Contre attaque ou enveloppement.

328
 Ravitaillements
Les unités du génie disposent en principe de dotations initiales qui leur permettent la réalisation
d'obstacles sans attendre d'être renforcées en mines ou explosifs. Le suivi des consommations, en
vue du recomplètement à temps, est une responsabilité importante du commandant du génie en
liaison, à la fois, avec le bataillon du génie, la cellule logistique de la brigade et le bureau logistique de
la division. Le recomplètement des mines à pose mécanique (HPD, ACPR) est particulièrement
important. L'estimation de leur consommation doit être faite dès le début de la manœuvre, pour
planifier les réapprovisionnements.

 Transmission de l’ordre de mise de feu d’un obstacle de manœuvre


(conforme à la procédure STANAG 2017) – illustration

Autorité génie Autorité qualifiée

donne
l'ordre 6

1
rend rend
compte compte
rend
compte 4

2 transmet
l'ordre
Réalise l’obstacle

Détachement de Détachement de
mise en œuvre protection

Actions types des unités du génie en appui à la contre mobilité.


Les données moyennes et barèmes présentés ci-après supposent que :

- les reconnaissances techniques de commandement et d'exécution ont été effectuées ;


- les moyens, personnel et matériels, sont complets et à pied d’œuvre, mis en œuvre de jour.

329
Nature Moyens Délais
Obstructions

Barricades 1 section + MPG ou EBG 2h

Ecroulement de 4 ou 5 maisons 1 section + MPG ou EBG 2h

Abattis 100 m 1 section 2h

Destructions rapides

Route (3 entonnoirs) 1 groupe à 1 section + MFR 1h

Autoroute 1 groupe + 2 MFR 1 h 30

Pont en béton 1 section + 1 MFR 2h


Pont métallique 1 section 1h

Ouvrage d'art 1 groupe à 1 section + MFR 1h


Obstacles à base de mines

Point miné 1 groupe 15 à 30 min

Bouchon de mines 1 groupe 1h

Bouchon de mines 1 EBG instantané


Disperseur de mines
1 MINOTAUR 5 à 10 min
(600 m x 100 m)
Bandes minées de 1 Km 1 section 2 h (densité 0,8)
Nb : la disparition programmée des MPG (à/c 2012) et leur remplacement progressif par le binôme
d’engin EGAME - EGRAP imposera certainement une modification des délais consacrés à la
réalisation des obstacles (données en cour d’élaboration).

1.9 L’appui général

 L'aide au déploiement
Le génie organique ou le génie chargé de l'appui direct de la force ne doivent être
qu'exceptionnellement distraits de leur mission principale. Ils peuvent assurer cependant les
premières phases de l'aide au déploiement, plus particulièrement au profit de la grande unité, tant
avec leurs moyens propres qu'avec des moyens spécifiques en renforcement et doivent pouvoir être
renforcés ou relevés par des moyens spécialisés capables de poursuivre, voire de développer ou
d'améliorer les travaux réalisés. Les moyens spécifiques pour l’aide au déploiement sont regroupés,
ème ème
d’une part au sein des compagnies spécialisées des 6 et 31 RG (pour emploi aux ordres du
CFT), et d’autre part au sein des compagnies d’appui des régiments de génie de brigade interarmes
(une section d’aide au déploiement par régiment). Voir plus loin chapitre « aide au déploiement par les
unités du génie ».

 La contribution à la sauvegarde
La sauvegarde peut être définie comme l'ensemble des mesures prises par une unité pour conserver
ses capacités de combat, en vue de l'exécution de sa MISSION. La protection est un élément
important de cette SAUVEGARDE. Elle est l'une des composantes de l'aide au déploiement. Il
convient toutefois de bien faire la différence avec la protection TTA, qui est un acte réflexe et qui
concerne tous les combattants. Dans ce cadre là, les éléments du génie peuvent être sollicités, mais
de façon ponctuelle.

 But de la sauvegarde

330
Une unité minorera les effets des feux ENI par deux procédés principaux : la mobilité et la protection.
Cette dernière est vitale pour une unité qui, dans une mission de maintien ou de rétablissement de la
paix, effectue un contrôle de milieu et est astreinte à demeurer relativement statique. Le génie sera
donc amené à intervenir pour protéger les moyens principaux de combat des unités et leurs
personnels contre les effets des feux. De ce fait, l'action du génie donnera à la GU une CAPACITÉ À
DURER.

 Mise en œuvre de la protection


Elle peut être recherchée :
- d'abord par l'utilisation de sites naturels (souterrains, zones urbanisées) ;
- et ensuite, si nécessaire, par la création d'ouvrages de campagne enterrés.

Cette dernière solution devra être évitée, dans toute la mesure du possible, en raison :
- du coût en moyens et en délais ;
- du camouflage difficile.

Elle ne concerne pas la protection individuelle du combattant qui demeure un réflexe permanent de
chacun. Il appartient au commandement tactique, conseillé par le commandant du génie, d'établir un
plan de protection qui :
- fixe le risque consenti, le taux et le degré de protection, prescrit les modalités d'exécution ;
- donne les priorités et les ordres d'urgence des travaux.

Les moyens utilisés sont essentiellement les matériels polyvalents du génie (MPG) et engins spéciaux
(creuse-tranchées, EMAD en service dans les unités de combat et d'appui). Les matériaux (bois, fers,
tôles, ...) proviennent des ressources locales. Les priorités seront, le plus souvent, les suivantes :
- protection pour les personnels (abris de groupe, voire de section) ;
- protection des postes de secours ;
- emplacements de tirs pour les armes AC, VAB HOT, MILAN ;
- emplacements de combat de chars (embossements) ;
- protection des batteries d'artillerie (sol-sol et sol-air), essentiellement les TRF1, les Caesars et des
sections de mortiers lourds ;
- protection des PC ;
- protection des dépôts de munitions et des dépôts de carburants.

 Actions types des unités du génie pour les travaux de protection


Les données moyennes et barèmes présentés ci-après pour la réalisation d’emplacements de tir
supposent que :
- les reconnaissances techniques de commandement et d'exécution ont été effectuées ;
- les moyens, personnel et matériels, sont complets et à pied d’œuvre, mis en œuvre de jour.

331
Nature Moyens Délais
AMX 30 / LECLERC / AUF1 / AMX 10 1 MPG ou EBG 30 min

VAB HOT 1 MPG ou EBG 20 min

1 CAC 2 MPG ou EBG 3h

1 escadron AMX 30 / LECLERC 2 MPG ou EBG 4h

1 compagnie mécanisée 2 MPG ou EBG 3h

1 batterie de 155 AU F1 / TR F1 2 MPG ou EBG 1h 30

1section de mortiers 2 MPG ou EBG + EXCA 2h

MILAN EMAD 10 min

Nb : la disparition programmée des MPG (à partir de 2012) et leur remplacement par le binôme
d’engin EGAME - EGRAP imposera certainement une modification des délais consacrés à la
réalisation des travaux de protection cités ci dessus (données en cour d’élaboration).

Chaque fois que le contexte de l'engagement l'autorisera, les unités du génie auront à effectuer,
simultanément, des missions de protection et de contre-mobilité. Dans certains cas, il est possible
d'envisager le regroupement des MPG au niveau d'une compagnie pour qu'ils puissent réaliser des
travaux de protection, pendant que les groupes de combat effectuent d'autres missions.
Il faut noter enfin que :
- l'exécution des travaux n'est pas le fait des seules unités du génie. Les unités TTA participent à
leur protection, le génie les renforçant avec ses moyens spécialisés ;
- la simulation constitue un des aspects de la déception, laquelle participe à la protection. Elle vise à
tromper l'ennemi sur la réalité d'un dispositif, par l'aménagement d'emplacements sommaires et
vides, par la figuration d'obstacles divers, ou par la mise en place de simulacres d'engins de toute
nature ;
- la contribution du génie à la défense NBC peut comprendre :
o la création d'abris pour le personnel,
o le dégagement des obstructions dues aux effets d'une explosion nucléaire,
o le décapage superficiel (profondeur maximum estimée à environ 30 cm) du terrain
pollué pour permettre le passage d'unités sur un itinéraire quelconque.

1.10 Les autres missions du génie


Dans la fonction appui au combat, outre les trois missions majeures que sont l'appui à la mobilité,
l'appui à la contre-mobilité et la protection, le génie est amené à exécuter des missions qui font appel
à une organisation, un équipement et un entraînement spéciaux, ou qui exigent des moyens et des
délais importants. Il s'agit des missions :
- de participation directe au combat interarmes ;
- d'appui à des opérations spécifiques.

 Participation directe au combat interarmes


Le génie peut recevoir la mission de participer :
- à l'attaque des points forts ;
- à des coups de main ou des embuscades ;
- aux combats en zones urbaines.

332
Dans toutes ces actions, généralement temporaires, la mise en œuvre du génie se fait dans le cadre
d’un groupement interarmes d'importance variable, agissant de façon décentralisée. Il s'ensuit que le
volume des moyens du génie est variable, mais adapté à l'importance des missions : généralement, la
section constitue l'élément de base. Ces actions peuvent nécessiter la mise en œuvre de moyens
spécifiques (explosif sous toutes ses formes, mines, EBG, ...).
Elles exigent une préparation minutieuse, donc le recueil de renseignements préalables, visant à
déterminer les lieux d'engagement, les procédés, les matériels et effectifs nécessaires.

 Attaque des points forts


C'est une action de force menée contre un ennemi installé sur un terrain organisé (fortification
permanente ou de campagne, site souterrain naturel ou artificiel). Le rôle du génie consiste à :
- faciliter la progression à travers les obstacles protégeant le point fort, en ouvrant des brèches
dans les défenses accessoires et en assurant éventuellement le passage des engins blindés ;
- participer à l'assaut en mettant en œuvre les explosifs et lance-flammes par action sur les organes
de tir et d'observation de l'ennemi ;
- détruire éventuellement l'ouvrage (canon de démolition des EBG, explosifs…).

L'action est menée par les éléments de la valeur de la section, rarement plus, agissant dans le cadre
d'un dispositif interarmes.

 Participation à des coups de main ou des embuscades


Un coup de main peut avoir pour but :
- soit la mise hors d'état d'installations ou de matériels ennemis d'importance capitale (rampes de
lancement, ouvrages d'art, centres de transmissions…) ;
- soit au contraire la prise de possession d'installations ou d'ouvrages aux mains de l'ennemi, dont
la saisie intacte est essentielle pour la manœuvre.

Dans le premier cas, l'action du génie est essentielle au moment de la destruction proprement dite ;
l'opération, caractérisée par la surprise et la rapidité d'exécution, exige un volume limité de personnel
du génie opérant dans un dispositif interarmes et mettant essentiellement en œuvre explosifs et lance-
flammes, ou des techniques particulières dans le cadre d'actions sur des itinéraires fluviaux ou
façades maritimes (emploi des plongeurs spécialisés d'intervention subaquatique).

Dans le second cas, l'acte technique de neutralisation est souvent suivi d'une phase de défense du
dispositif neutralisé, dont la durée peut se prolonger, et qui peut nécessiter la mise en place
d'obstacles par l'élément du génie.

La détermination de l'importance du détachement du génie devra tenir compte de ce que l'élément


détaché ne pourra normalement pas être récupéré avant achèvement de la phase de défense de
l'objectif. La participation du génie à des embuscades ne se conçoit que si celles-ci sont importantes ;
l'action de l'élément peut être essentielle et se traduit par la mise en œuvre de moyens spécifiques
(explosifs, mines).

 Participation au combat en zone urbaine


Ce type de combat combine les modes d'action énumérés ci-dessus avec ceux qui relèvent des
missions classiques du génie. La participation du génie peut revêtir des formes différentes selon que
l'action de la formation interarmes est offensive ou défensive. Dans le cas d'attaque d'une localité, les
éléments du génie sont chargés de l'ouverture de brèches, de l'aménagement sommaire de points de
passage pour les blindés et les troupes à pied, de la détection et de la neutralisation de mines et de
pièges, de la réduction de nids de résistance dans les immeubles.

Dans le cas de défense d'une localité, les missions des éléments du génie consistent à :
- renforcer la valeur d'obstacles de certaines zones favorables ;
- dégager des champs de tir ;
- appuyer éventuellement de leurs moyens les troupes amies dans leurs travaux de protection
directe ;

333
- mettre en œuvre l'armement spécifique

L'action du génie s'inscrit dans le cadre du plan de défense arrêté par le chef interarmes. Les travaux
à exécuter font l'objet d'un plan de travaux mentionnant en particulier les effets à obtenir, les délais à
respecter, et précisant sans ambiguïté la participation des unités toutes armes.

 Appui d'opérations spécifiques


Certaines brigades (à vocation aéroportée, aéromobile, amphibie ou de montagne) peuvent être
engagées :
- dans des opérations visant à créer une tête de pont aéroterrestre ;
- dans une intervention de vive force par voie maritime ;
- sur des terrains très accidentés nécessitant de s'affranchir des modes de communications
traditionnels.

Dans ces différents types d'engagement, le génie peut être amené à :


- aménager ou rétablir des terrains de poser d'assaut ;
- équiper des plages de débarquement ;
- faciliter le franchissement de coupures verticales (falaises) par des éléments à pied.

L’aménagement de terrains de poser d'assaut :


Le soutien de troupes initialement mises en place par héliportage, aérolargage ou aérotransport peut
nécessiter la création ou remise en condition rapide de terrains permettant le poser d'assaut
d'aéronefs. Le génie peut rechercher et aménager un terrain à proximité de la zone d'engagement, ou
rétablir une infrastructure endommagée du fait des combats.
L'action du génie comporte :
- une reconnaissance active sur le terrain, confirmant ou infirmant les études préalables, permettant
le choix du ou des terrains et la détermination des procédés ;
- la mise en place des moyens nécessaires, par aérolargage ou héliportage du personnel et du
matériel ;
- la réalisation des travaux, puis l'entretien des installations créées ou remises en état.
Les contraintes de mise en place imposent en général de confier l'aménagement des terrains de
poser d'assaut au génie parachutiste, qui peut être relevé par d'autres unités au moment de l'entretien
des réalisations.

L’aménagement de plages de débarquement :


La mise à terre de troupes abordant un territoire par voie maritime requiert des possibilités de
débarquement rapide de personnel et de matériels, malgré les obstacles et la défense active
éventuellement menée par l'adversaire. Ces besoins impliquent pour le génie :
- le dégagement, à la main, par engins ou à l'explosif, des obstacles passifs ou actifs mis en place
sur la plage et sur ses abords immédiats ;
- la participation à l'action de force contre les positions défendant la plage : cette mission
s'apparente à l'attaque d'un point fort et nécessite des moyens analogues ;
- l'aménagement d'itinéraires sur la plage proprement dite, pour permettre la progression rapide des
véhicules nécessaires à la poursuite de l'opération : ce type d'action nécessite la mise en place de
matériels spécialisés (tapis de sols, plaques perforées…) qui doivent donc être acheminés de
manière à être mis à terre immédiatement derrière les éléments d'assaut ;
- le raccordement des pistes de débarquement aux itinéraires existants.

Le franchissement de coupures verticales :


Certaines formations progressant en terrain particulièrement accidenté peuvent avoir besoin de
franchir des coupures verticales (falaises…). Les régiments du génie, qui détiennent la capacité d’aide
à la mobilité verticale, peuvent assurer les passages d'unité à pied en mettant en place des câbles et
filets permettant l'escalade. Le volume de l'appui est d'une section du génie, disposant de matériels
spécialisés, par point de passage de compagnie ; cette section doit rester sur place pendant toute la
durée du franchissement.

334
 Déminage
Les opérations de déminage ont pour but de dégager le champ de bataille de toute mine susceptible
d'entraver l'action de la force. Cette action peut être réalisée par neutralisation puis enlèvement et/ou
destruction des mines.
Préparation et facteurs déterminants : centraliser le renseignement sur la détection de zones minées.
Selon le contexte, assurer la protection des unités génie engagées sur la zone. Le déminage de zone
au profit de la force amie demande une recherche systématique des mines sur l'ensemble de la zone
considérée. Cette intervention nécessite des délais très importants.

 Répartition des missions

- Recueillir le renseignement et l'exploiter. Définir les zones à déminer ;


IA - prendre en compte la sûreté et la sécurité du chantier de déminage ;
- définir la conduite à tenir vis-à-vis des mines traitées.
- Acquérir les informations techniques sur la zone retenue ;
- reconnaître la zone pour évaluer les délais et les moyens nécessaires. Exécuter les travaux
décidés par l'IA ;
- rendre compte de l'avancement des travaux ;
Génie
- instruire et sensibiliser le personnel génie et TTA, et éventuellement les populations civiles ;
- marquer et baliser les zones non traitées ;
- neutraliser et relever ou détruire les munitions trouvées ;
- diffuser l'information sur les zones restant minées.

 Moyens à mettre en œuvre


- Unités de combat renforcées par des moyens spécialisés chaque fois que cela sera
techniquement possible ;
- équipes de spécialistes EASD.

 Missions diverses en appui direct des unités interarmes (en coercition


de forces ou maîtrise de la violence)
Le génie est également équipé et entraîné pour appuyer les unités interarmes dans certaines
missions pour lesquelles il est capable d’apporter une plus-value remarquable. Il s’agit notamment de
missions inscrites dans le cadre de la maîtrise de la violence, telles que :
- les opérations de fouille ;
- la lutte contre la menace des engins explosifs improvisés (EEI) ;
- les opérations de contrôle de foule ;
- l’escorte de convois ;
- le contrôle de milieux difficiles d’accès tels que les zones humides (fleuves, marais, égouts, etc.) ;
- la participation à des opérations spéciales ;
- la construction ou l’aménagement d’installations au profit de la population ;
- la construction ou l’aménagement de camps destinés à l’accueil de réfugiés ou de prisonnier
relève en principe des missions d’appui général.

 Participation à des missions de service public


Que ce soit dans le cadre de leurs savoir-faire spécifiques, avec leurs engins organiques ou
réquisitionnés, le personnel du génie peut être amené à participer à des missions de service public, en
particulier lors des catastrophes naturelles ou technologiques ou des événements importants.

1.11 Les moyens du génie pour l’appui au combat


Des moyens génie dévolus aux actions de combat relèvent des niveaux division et brigade. Chaque
brigade doit pouvoir disposer en permanence d’un élément du génie, dont le chef est le conseiller
génie du général commandant la brigade. Au niveau de la division, hormis les éventuels moyens

335
d’aide au déploiement, un bataillon de génie-combat est souvent conservé en réserve, dans le but de
mener des actions au profit de la division ou d’être donné en renforcement aux brigades chargées des
efforts successifs.

Ces éléments génie sont mis sur pied à partir des régiments du génie des 8 brigades interarmes
fonctionnelles. Leurs structures varient sensiblement en fonction de la spécificité de métier de leur
brigade d’appartenance.

Composition des différents régiments du génie

D’engagement
Brigades De décision Multi rôles
d’urgence
e er e
Régiments 19 RG (Besançon) 1 REG (Laudun) 17 RGP (Montauban)
e e e
13 RG (Epernay) 3 RG (Charleville- 2 REG (Saint-Christol)
Mézières)
e
6 RG (Angers)
e
Type de compagnie 31 RG (Castelsarrasin)
CCL 1 1 1
UIR 1 1 1
CC 3 3 3
CA 1 1 1
Centre de Mise en
Œuvre Compagnies spécialisées
(CMO – CFT)
Aide au 2 (1 stationnée au
e
déploiement 6 RG,
e
opérationnel 1 au 31 RG)
2 (1 stationnée au
Production e
6 RG,
d’énergie e
1 au 31 RG)
e
Travaux lourds 2 (19 RG)
e
Franchissement 1 (stationnée au 3 RG)
mixte (PFM /EFA)
Dépollution 1 (stationnée au
e
(déminage lourd/ 13 RG)
zone / ouverture
d'itinéraire.)

1.12 Structure des compagnies des régiments du génie (compagnies non


spécialisées)

 Compagnie de commandement et de logistique (CCL)


La CCL arme le PC du régiment (PCR) et les trains de combat n° 2 et 3 du régiment. Elle met aussi
sur pied la section de liaison et de reconnaissance offensive (SLRO), capable de remplir les missions
suivantes :
- reconnaissance et liaison au profit du commandement du génie ou de la grande unité ;
- recherche du renseignement milieu ;
- appui spécialisé.

La SLRO est composée de la manière suivante :


- 3 détachements de liaison et de reconnaissance du génie (DLRG) ;

336
- 1 groupe plongeur de l’armée de Terre (PCG) ;
- 1 élément organique de déminage - dépollution (EOD/D) ;
e
- 1 groupe de commandos montagne (uniquement au 2 REG) ;
e
- 1 groupe de commandos parachutistes (uniquement au 17 RGP).

CCL

SLRO

DLRG PCG

2 VAB
CDS = chef EOD 1 VAB PC - Liaison + Rq nautilus
1 P4 1 VAB GEN - EOD 1 VTCR

 Compagnie d’appui (CA)


Les compagnies d’appui ont une structure variant avec le type de brigade. En règle générale, elles ne
constituent pas une unité d’emploi, mais un réservoir de moyens destinés à renforcer les compagnies
de combat.

Depuis l’été 2010, les compagnies d’appui sont organisées sur le principe suivant :
- un tronc commun pour tous les RG, composé d’une section organisation du terrain (OT), d’une
section aide au déploiement (AD) et d’une section de production d’eau ;
- en fonction de la spécificité des régiments, une section d’aide à l’engagement (AE) (montagne,
équipement de plage, zone de poser), une section de franchissement (SPRAT ou EFA).

CA
OU

OT AD EAU AE EFA SPRAT

EAU DISP
EAU DISP
OT Chant. MFR Énerg. AD urg. EAU EFA SPRAT

2 EXCA 2 MPG 2 MFR 2 GE 80


1 ACAD 1 MATEM 4 DISP
2 EMAD 4 bennes 1 CLD 3 SPRAT
2 bennes 4 UMTE
2 EMAD 8 EFA 2 SRPT
levage
MATS EGAME
1 GRUE

337
 Compagnie de combat du génie (CCG)

APP

CDT MPG/EBG CDT VAB

MPG ou EBG + SDPMAC

e e er e
En RG de brigade d’urgence et de brigade légère blindée (17 RGP, 2 REG, 1 REG, 6 RG), la
section APP de la CCG comporte 4 groupes à 2 MPG et une benne.

Dans les autres régiments, la section APP compte 2 groupes à 2 MPG et une benne + 3 groupes à 1
EBG et 1 groupe déminage équipé de 1 SDPMAC.

338
 Glossaire synthétique des principaux moyens des unités du génie
Engin – Acronyme développé Fonction
moyen
EOD Élément organique de déminage/ Reconnaissance – déminage/ dépollution
dépollution
DLRG Détachement de liaison et de Reconnaissance – coordination -
reconnaissance du génie commandement – renseignement
PCG Plongeurs de combat du génie Reconnaissance – destruction – déminage
EBG Engin blindé du génie Appui direct au combat
MPG Moyen polyvalent du génie Appui direct au combat
SDPMAC Système de déminage pyrotechnique Appui direct au combat
de mines antichars
DISP Disperseur de mines antichars Appui direct au combat
MFR Moyen de forage rapide Appui direct au combat
EMAD Engin multifonctions d’aide au Aide au déploiement
déploiement
EGRAP Engin du génie rapide de protection Aide au déploiement
EGAME Engin du génie d’aménagement Aide au déploiement
MLF Moyen léger de franchissement Franchissement coupures faible largeur
SPRAT Système de pose rapide de travures Franchissement coupures faible largeur
EFA Engin de franchissement de l’avant Franchissement grandes coupures
PFM Pont flottant motorisé Franchissement grandes coupures
MATS Moyen d’aide à la traficabilité des sols Aménagement sols
MADEZ Moyen aérotransportable de déminage Aide au déploiement : dépollution
de zone
SOUVIM Système d’ouverture d’itinéraires minés Aide au déploiement : déminage
UMTE Unité mobile de traitement de l’eau Production d’eau
ACAD Atelier de campagne d’aide au Aide au déploiement
déploiement

1.13 Possibilités moyennes des unités du génie

- 1 compagnie de combat réalise 20 à 25 obstacles / jour ;


- 1 compagnie de combat enfouit 1 régiment en 6 à 8 heures ;
- 1 MPG ou un EBG réalise 2 emplacements / heure ;
- 1 EFA réalise 8 rotations / h (en cl 100) ;
- 1 section de combat ouvre et ferme un seul itinéraire ;
- 1 régiment du génie de brigade blindée protège l'échelon de combat de la brigade en une nuit (8 h
environ) ;
- 1 régiment du génie de brigade mécanisée peut installer la brigade en zone d’appui de manœuvre
dans un délai de 36 à 48 h.

339
MISSION TYPE MOYENS POSSIBILITÉS
ouverture d'itinéraire 1 section / itinéraire 1 compagnie = 3 itinéraires
rétablissement d'itinéraire 1 section / itinéraire 1 compagnie =3 itinéraires
aménagement des accès d'un point de
1 section / point 1 compagnie = 3 points
passage autonome
équipement, fonctionnement,
1 section / point 1 compagnie = 3 points
entretien, points de passage
Reconnaissance PCG : 2 reconnaissances / jour tout officier peut effectuer une RECO
obstruction d'itinéraire par obstacles
ponctuels en appui direct d'actions de 1 section / itinéraire 1 compagnie = 3 fuseaux
freinage
réalisation d'obstacles ponctuels 1 section = 7 à 8 obstacles par jour 1 compagnie =20 à 25 obstacles par jour
destruction d'ouvrages moyens 1 section = 1 à 3 par jour 1 compagnie =3 à 9 par jour
1 section = 1 escadron de chars en 1 compagnie =1 régiment de chars en 1
protection
4h nuit

2. Les franchissements
2.1 Les types de franchissement
L’exécution des franchissements exige la mise en œuvre de moyens flottants du génie et
éventuellement de moyens amphibies et submersibles des unités toutes armes. Les franchissements
ne constituent pas une opération isolée, mais une phase d'une manœuvre d'ensemble, ce qui
implique que leur organisation doit satisfaire à certains impératifs tactiques.

À l'inverse, la conception de la manœuvre interarmes doit tenir compte des contraintes techniques
inhérentes aux opérations de franchissement. L'association permanente des aspects tactiques et
techniques impose au chef interarmes de faire certains choix, mais, dans tous les cas, le style de
franchissement à adopter doit être fondé sur la rapidité d'exécution.

L'organisation générale d'un franchissement est une prérogative du chef interarmes conseillé par le
commandant du génie de son échelon, il arrête la conception du franchissement et en assure la
conduite. Le commandant du génie est chargé de la préparation technique des franchissements. Il est
responsable de la mise en œuvre de ses moyens : pour ce faire, il doit tenir compte des exigences
particulières des différents types de franchissement.

2.2 Aspects tactiques


Les aspects tactiques à prendre en considération pour l'organisation des franchissements résultent :
- des menaces exercées par l'ennemi ;
- des conditions d'emploi des grandes unités.

Ils permettent d'établir une classification d'ordre tactique des différents types de franchissement
possibles. Les menaces exercées par l'ennemi sur les grandes unités au cours d'un franchissement
résultent de ses possibilités en moyens de détection, en feux sol-sol (armes de saturation) et air-sol
(bombes à guidage terminal), en moyens blindés et aéroportés (saisie de points de passage) enfin en
moyens chimiques et éventuellement nucléaires. Une classification tactique des franchissements peut
être établie à partir des manœuvres interarmes au cours desquelles ils sont effectués :
- le franchissement sous contrainte, opération de franchissement organisée dans une situation
tactique où il n’y a pas d’ennemi en mesure de s’opposer clairement à la manœuvre de
franchissement ;
- le franchissement sous menace, opération de franchissement organisée dans une situation
tactique où un ennemi identifié cherchera à s’opposer clairement à la manœuvre.

On distingue :

340
- le franchissement en manœuvre offensive, au contact d'un ennemi ne tenant pas solidement la
coupure ou très affaibli par nos feux (sinon, un franchissement a peu de chances de réussir) ;
- le franchissement en manœuvre défensive, généralement sous une forte pression ennemie.

2.3 Aspects techniques


Au plan technique, les franchissements peuvent être classés, eu égard aux procédés utilisés, en trois
rubriques :

 Franchissement autonome
Cette catégorie regroupe tous les procédés dont disposent les unités toutes armes pour franchir une
110
coupure, sans faire appel aux moyens flottants du génie . Ce franchissement présente l'avantage de
pouvoir s'effectuer sur un large front et peut favoriser l'effet de surprise initial. Certains procédés
nécessitent toutefois des délais importants de préparation et une aide particulière du génie. En effet,
dans 80% des cas, un aménagement des accès est nécessaire, particulièrement aux emplacements
de sortie d'eau. Cet aménagement, ainsi que l'entretien des accès pendant la durée du
franchissement, nécessite l'utilisation de sections de combat du génie.

 Franchissement discontinu
Il s'effectue par bacs ou portières (MLF, EFA). Il présente l'avantage de pouvoir être exécuté en de
nombreux endroits sur le front de la zone d'action. En revanche, le débit des moyens reste faible
(EFA: 12 à 15 chars/heure/EFA). Les moyens nécessaires sont regroupés dans les régiments de
génie de brigade.

 Franchissement continu
Il se traduit par la construction de ponts de différentes classes (MLF, PFM). Il offre l'avantage de
permettre des débits importants, en particulier dans le cas des coupures moyennes. En revanche, il
provoque une certaine canalisation des forces devant franchir et sa vulnérabilité doit être réduite par
le variantement des emplacements de ponts.
Compte tenu des moyens mis en œuvre et de la pression exercée par l’ennemi, si le franchissement
discontinu est généralement du ressort de la brigade, le franchissement continu est du ressort de la
division.

2.4 L’organisation générale du franchissement


L'organisation d'un franchissement est une prérogative du chef interarmes. Conseillé par le
commandant du génie de son échelon, le chef interarmes arrête sa conception de l'opération : il fixe le
but à atteindre dans le cadre espace-temps, organise le commandement interarmes dans la zone
dans laquelle doit s'effectuer le franchissement, répartit les moyens du génie et TTA et leur fixe les
missions, fait établir le plan de franchissement, d'où découlent le tableau des mouvements et
transports et le plan de circulation.

2.5 Organisation de l’espace


L'espace de manœuvre dans lequel le franchissement doit s'effectuer, est organisé en zone de
franchissement au niveau de la division et de la brigade, en secteur de franchissement au niveau
groupement ou bataillon.

110
Franchissements à gué, par moyens amphibies, par bateaux pneumatiques, en submersion, par la troisième dimension
(hélicoptères et aéroportés).

341
Secteur de franchissement
10 km à 15 km

ROCADE DE RÉORIENTATION

Zone des itinéraires de


regroupement
resp.: CIRCU  5 km

ROCADE TRAVERSÉE ARRIVÉE


autonome Autonome Continu
amphibie submersion PFM
Zone de traversée Discontinu
resp.: GÉNIE (ZTR) EFA

ROCADE TRAVERSÉE DÉPART

Zone des itinéraires


d'attente (ZIA)
resp.: CIRCU 5 km à 10 km

ROCADE DE CONTRÔLE ZIA


Zone d'attente de
FRCHT (ZAF)
5 km à 8 km
ROCADE DE CONTRÔLE ZAF

P11
P15 P17
P13

Une zone de franchissement est subdivisée en un ou plusieurs secteurs de franchissement, suivant


le nombre de bataillons devant franchir simultanément. Chaque secteur, organisé sur une largeur
correspondant généralement à celle de la zone d'action du bataillon, dessert un ou plusieurs points de
passage.

La zone de franchissement doit comprendre deux rocades de traversée, proches des rives et
parallèles à la coupure : une rocade rive départ et une rocade arrivée. Ces rocades délimitent la zone
de traversée qui est placée sous la responsabilité du génie et prend le nom de zone de traversée à
responsabilité génie (ZTR).

Elle comprend également, rive départ, une rocade de contrôle située à la sortie de la zone d'attente de
franchissement (ZAF) et à partir de laquelle les unités sont prises en compte par des moyens de la
circulation routière. Enfin, une zone des itinéraires d'attente (ZIA) est prévue entre rocade de contrôle
et rocade de traversée, afin que les unités soient dirigées vers les points de passage à un rythme
correspondant au débit de ces points. De plus une rocade de variantement entre la rocade de contrôle
ZIA et la rocade de traversée départ permet de détourner la circulation une dernière fois avant le
franchissement sans perturber l'ensemble du réseau.

2.6 Organisation du commandement


Le commandement d'une zone de franchissement est assuré par le général commandant la grande
unité concernée, ou le général adjoint (colonel adjoint pour la brigade), assisté du commandant du
génie, et le plus souvent en présence d'un représentant des unités devant franchir.

342
Le commandement d'un secteur de franchissement est assuré par le commandant du bataillon devant
111
franchir, assisté d'un officier du génie mis en place par le COMGÉNIE. Cet officier a la
responsabilité des points de passage se trouvant dans le secteur de franchissement. Lorsque le
bataillon a franchi, le secteur de franchissement peut être pris en compte par l commandant d'un
nouveau groupement devant franchir, et ainsi de suite jusqu'à ce que la totalité de la grande unité ait
franchi. Le plus souvent une modification des secteurs de franchissement peut avoir lieu entre le
er e
passage du 1 et du 2 échelon et la grande unité prendra directement à sa charge le passage du
e
2 échelon sans qu'il y ait création de secteur de franchissement.

Suivant les phases de la manœuvre, le commandement de l’opération de franchissement peut être


centralisé ou décentralisé. Il semble peu probable qu’un GTIA puisse franchir seul sous menace avec
ses moyens propres. En effet, le PC GTIA ne peut gérer seul une opération d’une telle importance.
Cependant, que ce soit pour la conquête d’une tête de pont ou pour le repli des derniers éléments de
la couverture de sûreté, le GTIA peut être amené à conduire lui-même son franchissement. La brigade
interarmes, premier échelon disposant de moyens de commandement, de coordination et d’appui,
peut franchir sous menace avec ses moyens, à la condition que cette menace soit de faible ampleur.

Dans ce cas, elle peut éventuellement utiliser son PC tactique pour diriger la manœuvre au plus près,
mais le franchissement proprement dit sera dirigé par une cellule « franchissement » ad hoc,
constituée au sein du CO actif. La division semble être le niveau idéal pour concevoir et conduire un
franchissement sous menace. En effet, celle-ci a la capacité d’activer un PC de franchissement et
possède les appuis indispensables à ce genre d’opération (défense sol-air, circulation, génie).

2.7 Le plan de franchissement


Le plan de franchissement est un document d'état-major préparé par le COMGÉNIE en liaison étroite
avec les différentes parties concernées : cellule conduite, bataillons devant franchir (officiers de
liaison), détachement de circulation, détachement logistique, unité(s) du génie assurant l'opération...
Plus ou moins élaboré selon les circonstances (délais, volumes à faire franchir, niveau pilote), il peut
se réduire à une simple ébauche. Mais dans tous les cas, il devra être approuvé et signé par le chef
interarmes. Ce plan traitera en particulier :
- du volume des forces à faire franchir au cours des différentes phases ;
- de l'organisation et l'étendue de la zone (ou secteur) de franchissement ;
- des modalités d'exploitation des points de passage (répartition et mise en œuvre des moyens,
variantement(s) éventuel(s) ;
- de la chronologie des différentes phases ;
- des variantes prévues ;
- des appuis de toute nature (sûreté).
112
Le règlement en vigueur pour les franchissements n’impose pas de modèle de présentation. Le plus
souvent, le plan de franchissement se présentera sous forme d'un ordre graphique comportant :
- cadre tactique - phases (éventuel) ;
- organisation de la zone : limites zone et secteurs, rocades et pénétrantes, point de passage et
variantes (avec type de franchissement : autonome-discontinu-continu) ;
- organisation du commandement (par phase) ;
- répartition des moyens (GEN - ASA - TRN) (par phase) ;
- unités devant franchir à chaque point ;
- éventuellement, en annexe, le tableau chronologique prévisionnel (jusqu'à l'échelon groupement).
Les moyens reçus en renforcement (GEN - ASA - TRN) restent généralement sur place après
passage de la grande unité.

111
Généralement un commandant de compagnie, voire un DLRG.
112
TTA 750.

343
Exemple de plan de franchissement

et son calque d’organisation

344
2.8 La mise en œuvre d’un franchissement
Le commandant du génie est chargé d'assurer la préparation du franchissement : il est responsable
de la mise en œuvre de ses moyens et de l'aide à apporter aux unités dotées d'une capacité de
franchissement autonome.

2.9 La préparation du franchissement


Elle débute par une préparation lointaine menée par le commandant du génie de l’échelon supérieur,
en liaison avec les commandants des groupements, et dont le but consiste à rassembler sur la
coupure concernée et ses abords, tous les renseignements disponibles, tenus à jour dès le temps de
113
paix dans des documents et sur des cartes spécialisées , et à définir ceux qui doivent être inclus
dans les plans de recherche du renseignement.

La préparation rapprochée permet de compléter et d'affiner les renseignements recueillis sur la


coupure et ses abords (par des reconnaissances systématiques), et d'élaborer une planification de
l'opération, qui sert à préciser le plan de franchissement. Dans cette phase de préparation, une active
manœuvre du renseignement terrain est organisée et menée, notamment par les détachements
spécialisés du génie : détachements de liaison et de reconnaissance du génie (DLRG) ou plongeurs
de combat du génie (PCG).

L'aide que le génie apporte aux unités dotées d'une capacité de franchissement autonome (amphibie
ou submersion) consiste en des reconnaissances de site pour véhicules amphibies, aménagement et
entretien des accès, aide à la navigation, aide à la sortie d'eau. Pour les autres missions, une section
de combat du génie renforcée de matériels spécifiques (FCHT, OT…) doit être affectée à chaque site
de franchissement exploité.

2.10 Le franchissement par moyens du génie


La mise en œuvre consiste pour le commandant du génie de la brigade ou de la division à répartir ses
moyens propres et les moyens reçus en renforcement entre les différents secteurs et à leur fixer leurs
missions. De même, chaque officier du génie affecté à un secteur de franchissement répartit ses
moyens entre les points de passage.

2.11 Aspects particuliers des franchissements en manœuvre offensive

 Le commandement
Il est toujours, au moins initialement, décentralisé au niveau brigade. Par la suite, dès que l'essentiel
des moyens a franchi la coupure, on peut provoquer le report vers l'avant de sa limite arrière de zone
de responsabilité ; le franchissement devient alors centralisé au niveau division (puis corps d’armée).
Pendant la phase décentralisée, la brigade est généralement renforcée par des moyens spécifiques
de l’échelon supérieur. Pendant cette phase et en fonction de la situation, le commandement est soit
centralisé au niveau de la brigade, soit décentralisé au niveau des bataillons de mêlée. La brigade
114
peut, temporairement, recevoir en renforcement une compagnie de combat du génie de la division .
Quand le franchissement devient centralisé au niveau division, les moyens appliqués dans la zone de
franchissement de la brigade passent aux ordres du commandant de la zone de franchissement de la
division. Cette dernière reprend sous ses ordres les moyens spécifiques appliqués sur la coupure,
relève l'unité assurant l'appui au franchissement, remplace au plus tôt les moyens amphibies par des
ponts flottants motorisés.

 Déroulement
Le déroulement d'un franchissement en manœuvre offensive comporte deux phases, sans solution de
continuité :
- il débute en général par une phase de franchissement autonome qui a pour but de créer une zone
de débouché suffisamment importante pour mettre la coupure à l'abri des feux directs de
113
Cartes "hydrographie, possibilités de franchissement", dans la mesure, bien sûr, où la zone d'intervention a fait l'objet
d'études préliminaires approfondies.
114
Éléments d’Appui et de Soutien Divisionnaires (EASD) mis sur pied à partir des compagnies spécialisées du génie
(intégrées dans les RG BIA, pour emploi aux ordres du CFT) ou d’un régiment de génie de brigade interarmes non projeté.

345
l'adversaire. Au cours de cette phase, toutes les possibilités de franchissement par surprise sont
utilisées sur le plus large front possible. L'utilisation de la troisième dimension peut accélérer son
exécution ;
- dans une deuxième phase, il s'agit d'exploiter le plus vite possible la création de la zone de
débouché en procédant simultanément à son extension et à son renforcement. Au cours de cette
phase sont réalisés les franchissements discontinus et continus.

Le choix entre ces deux procédés, pouvant être utilisés simultanément, est du ressort de chef
interarmes, conseillé par le commandant du génie, en fonction des contraintes tactiques et techniques
du moment :
- si l'accent doit être mis initialement sur la sûreté, des moyens de franchissement discontinu
peuvent d'abord être utilisés ;
- si en revanche, la vitesse doit demeurer l'atout majeur et si les moyens disponibles et les
caractéristiques de la coupure le permettent, la construction de ponts peut être envisagée très
rapidement.

Dans le cas d'un double franchissement :


- si les deux coupures sont jointives (exemple rivière et canal latéral), l'opération ne constitue qu'un
seul franchissement ;
- les canaux sont franchis par des PTA généralement au niveau des écluses. Ces matériels doivent
souvent franchir parmi les premiers véhicules, sous réserve que les conditions tactiques le
permettent car ils ne sont pas blindés et constituent des cibles aisément repérables. Les écrans
de fumée faciliteront leur mise en œuvre.

2.12 Aspects particuliers des franchissements en manœuvre défensive


Le chef interarmes doit combiner très étroitement dans sa manœuvre l'opération de franchissement
proprement dite et l'exploitation des plans d'obstacles destinés l'un, au-delà de la coupure, à garder
l'ennemi à distance le plus longtemps possible, l'autre, en deçà de la coupure, à favoriser le recueil
des dernières forces amies.

 Commandement
Il est initialement centralisé au niveau division afin de faciliter la coordination du combat, puis
décentralisé au niveau brigade. Les renforcements sont du même ordre qu'en manœuvre offensive.

 Déroulement
Le déroulement du franchissement suit le scénario général suivant :
- dès que possible, dans une phase dite d'allégement du dispositif, en général centralisée au niveau
division ou corps d’armée, tous les moyens non directement utiles au combat passent la coupure.
Au cours de cette phase, les ponts d'infrastructure, s'il en existe, sont utilisés au maximum. Leur
destruction est préparée en destruction de manœuvre. Si nécessaire, des ponts flottants sont
exploités ;
- dans la deuxième phase dite de franchissement des gros, centralisée en général au niveau de la
brigade, les forces engagées au-delà de la coupure franchissent sous la protection d'une
couverture. Le rythme du franchissement est conditionné par le rythme du combat. Le chef
interarmes peut être amené à prendre le risque d'engager le maximum de moyens de
franchissement, notamment des ponts motorisés, l'exploitation de ces ponts pouvant être facilitée
par l'emploi massif de moyens de dissimulation. En fin de phase, ces ponts sont démontés et
repliés, sinon détruits ;
- dans la troisième phase, correspondant au repli et au recueil de la couverture de sûreté, les
destructions de manœuvre sur la coupure sont mises en œuvre tandis que les derniers véhicules
et blindés franchissent, d'abord sur des moyens de franchissement discontinu, puis en autonome
éventuellement. Leur couverture est assurée par un dernier rideau antichar, utilisant les délais
gagnés par les obstacles et soutenu par des feux d'artillerie. Cette dernière phase peut être, en
fonction de la situation, centralisée au niveau de la brigade ou décentralisée au niveau des
bataillons.

346
2.13 Les moyens de franchissement
Depuis l’été 2010 les moyens de franchissement sont réorganisés selon le schéma de répartition
suivant :
e e e e
3 RG 6 RG 13 RG 19 RG
2 Sion SPRAT
1 Sion EFA 1 Sion EFA 1 Sion EFA
1 Sion PFM

- Section EFA : 4 groupes à 2 EFA ;


- Section SPRAT : 3 groupes à 1 système ;
- Section PFM : 100 mètres de pont.

 Le système de pose rapide de travure (SPRAT)


Le système SPRAT se compose de deux véhicules : un pointeur (véhicule à roues 10X10)
transportant deux travures de 14,3 mètres chacune et permettant de couvrir soit une brèche de 25 m
(largeur 4m), soit deux brèches de 13 m ; un porteur de travures supplémentaires (tracteur routier +
semi-remorque spécialisée) transportant un jeu de deux travures identiques à celles du ponteur et
destinées à son recomplètement en cours d'action.

Le SPRAT, destiné à succéder au pont automoteur d’accompagnement (PAA), permet le


franchissement des véhicules chenillés et à roues de classe 70 en passage normal et des véhicules à
roues de classe 100 en passage avec précaution.

 L’engin de franchissement de l’avant (EFA)


L’EFA est un matériel amphibie autonome conçu pour des franchissements discontinus (bac) ou
continus (ponts). Les différentes opérations de mise en œuvre nécessitent des délais dépendant des
conditions d’utilisation (conditions météo, largeur de la coupure, navigabilité, etc.).
Les capacités moyennes peuvent cependant être retenues comme référence :
- en configuration bac :
o équipement, mise à l’eau et préparation de l’embarquement : 10 min,
o rotation et débit :
o coupure de 100 m : 10 à 12 rotations/heure,
o coupure de 200 m : 8 à 10 rotations/heure ;
- en configuration pont (pour un pont de 100 m : 4 EFA) :
o équipement et mise à l’eau : 15 min,
o débit : 200 véhicules/heure.

 Le pont flottant motorisé (PFM)


Le PFM est destiné à être mis en œuvre en phases tactiques de franchissement et en milieu
favorables, ou en franchissement dans le cadre de l'aide au déploiement. Le matériel PFM est conçu
selon le principe d’une poutre continue barrant le courant ou d’une portière réalisant un
franchissement de « va et vient » de berge à berge. Il se compose des matériels essentiels suivants :
- le module ;
- la rampe ;
- la semi-remorque spécialisée ;
- le moyen de propulsion.

347
Le temps de construction d’un pont de 100 m, de jour comme de nuit, n’excède pas 45 minutes. Le
matériel peut assurer le franchissement, en passage continu, de véhicules de classe 100 par courant
de 2,5 m/s (débit : 200 véh./h).

3. Le bréchage
« Franchissement de vive force d’obstacles battus par les feux d’un ennemi installé en
défensive ».

3.1 Généralités
Les actions de bréchage sont principalement conduites pour des actions de rupture en vue de saisir
un objectif, de conquérir ou contrôler une zone ou encore de mener une action dans la profondeur.
Phase d’une manœuvre d’ensemble, cette opération est, de ce fait, obligatoirement interarmes et
conduite par un échelon de force dont le volume est déterminé en fonction des circonstances, la
brigade étant le niveau de commandement requis, compte tenu :
- de l’aspect tactique d’une telle opération ;
- de la nécessité d’agir rapidement et avec le maximum de surprise ;
- de la ressource existante en moyens spécialisés (génie ou autres).

Compte tenu du rôle général dévolu à la brigade, les actions de bréchage pourront être conduites
dans certains de ses modes d’action offensifs :
- la conquête de zone ;
- l’attaque en force ;
- l’attaque en souplesse ;
- l’attaque dans la profondeur nécessitant la percée du dispositif ennemi ;
- plus rarement la réduction.

S’ils sont disponibles, et selon le type de terrain rencontré, les moyens de contre-minage (AMX 30
démineurs) représentent l’outil le plus adapté à une opération de bréchage sous contrainte.

3.2 La menace
Seules les unités ennemies des niveaux 3 et 4 ont les aptitudes à réaliser des systèmes défensifs
cohérents articulés autour de points d’appui et de zones d’obstacles. Dans le cadre ainsi précisé, le
bataillon mécanisé (BM) tel que défini par le TTA 808/1 constitue l’adversaire privilégié de la brigade
dans une opération de «bréchage».

 Le bataillon mécanisé en défensive


Le dispositif défensif du bataillon mécanisé s’inscrit dans le cadre de la brigade d’infanterie en
défensive. Selon la largeur de la zone à défendre, la brigade sera articulée autour de 2 à 3 bataillons
er
mécanisés et d’un bataillon de chars. D’une façon générale, le 1 échelon du dispositif sera composé
des bataillons mécanisés renforcés de chars et organisés en points d’appui de compagnie, le reliquat
e
du bataillon de chars et la compagnie antichars étant en réserve en 2 échelon.

 Le complexe d’obstacles
Les zones d’obstacles réalisées par l’ennemi combinent des obstacles actifs (zones minées) et des
obstacles passifs. Ces obstacles sont placés en avant des positions des unités installées en
défensive. Ils dépendent de la configuration du terrain ainsi que des délais nécessaires à leur
réalisation. Leur valeur d’arrêt est renforcée par l’utilisation optimisée des feux dans la profondeur. Les
principaux obstacles pouvant être rencontrés dans une opération de bréchage sont :
- les champs de mines, réalisés aussi bien par le génie ennemi que par les unités TTA. Ils peuvent
être antichars, antipersonnel ou mixtes et comporter des mines posées ou enfouies ;
- les obstacles antichars : fossés, talus, pieux, hérissons, barricades, zones inondées (eau ou
autres) ;
- les obstacles antipersonnel, à base essentiellement de barbelés.

348
3.3 L’opération de bréchage

 Règles de base
Une opération de bréchage, pour réussir, doit respecter un certain nombre de règles de base
essentielles. La force qui en a la charge doit prendre en compte l’ensemble des facteurs déterminants
lui permettant d’agir en réduisant au maximum sa vulnérabilité et doit posséder l’articulation la mieux
adaptée à la situation rencontrée et une organisation du commandement lui offrant le plus de
souplesse.
Un certain nombre de facteurs déterminants conditionnent la réussite d’une opération de bréchage. Il
s’agit du renseignement, du rapport de force local, de la redondance des moyens, du cloisonnement
de la zone de bréchage et de la rapidité d’exécution. Le schéma général d’une telle opération
s’apparente étroitement au déroulement d’une opération de franchissement d’une coupure.

 Organisation d’une opération de bréchage.


Elle doit comporter les phases suivantes :
- une phase de préparation ;
- une phase de cloisonnement de la zone et de neutralisation du dispositif défensif ennemi ;
- une phase de conquête de la tête de brèche, où il s’agit d’une part d’ouvrir un maximum de
couloirs dans le minimum de temps et, d’autre part, d’atteindre au plus vite une ligne située au-
e
delà du dispositif défensif du BM, face au 2 échelon ennemi.
A l’issue de ces phases, la brigade poursuit son action vers le cœur du dispositif ennemi ou est
relevée par dépassement par une autre grande unité.

 Organisation des forces et rôles


La complexité d’une opération de bréchage impose de conduire une action interarmes nécessitant
l’engagement de tous les moyens. Pour cette phase de la manœuvre, la brigade, renforcée de
moyens spécifiques, doit être articulée en plusieurs échelons ou éléments ayant chacun un rôle
précis :
- un échelon d’éclairage et de renseignement, chargé de renseigner sur le dispositif ennemi puis
d’assurer la surveillance de la zone ;
er
- un élément de combat en 1 échelon, organisé en deux GTIA fortement renforcés de moyens
du génie, chargé de :
o ouvrir les itinéraires menant à la zone de «bréchage»,
o franchir le complexe d’obstacles par le maximum de passages,
e
o dépasser le dispositif défensif du BM en vue de couvrir l’action du 2 échelon en
réduction des résistances dépassées ou de lui livrer une ligne de débouché ;
e
- un élément de combat en 2 échelon, constitué dans toute la mesure du possible de deux GTIA,
er
renforcé également de moyens du génie, chargé de l’appui du 1 échelon jusqu’à la conquête de
la tête de brèche, en mesure après le franchissement de la zone d’obstacles :
o soit de réduire les résistances dépassées,
er
o soit d’exploiter vers les centres déterminants ENI après dépassement 1 ECH. ;
- un échelon d’appui, chargé d’appuyer les éléments de combat en les guidant dans leur mise en
place vers la zone de «bréchage», d’isoler le site de l’opération pendant l’ouverture des brèches
tout en neutralisant le BM ennemi installé en défensive, puis d’appuyer la conquête de la tête de
brèche ;
- un échelon de soutien ;
- un élément de commandement, (commandement centralisé à partir d’un PC tactique mis en
place au plus près de l’action ou d’un PC brigade) ;
- si possible, un élément réservé.

349
4. L’aide au déploiement par les unités du génie
L'aide au déploiement est l'ensemble des actions menées au profit de toutes les composantes d'une
force pour lui permettre :
- d'abord, de préparer son acheminement et son installation initiale ;
- ensuite, de prendre toutes les dispositions adaptées aux circonstances, notamment aux menaces,
en vue de préserver sa capacité opérationnelle, y compris dans la durée ;
- enfin, d'assurer son engagement, son désengagement puis son rapatriement dans les meilleures
conditions.

S'agissant plus particulièrement du génie, l'aide au déploiement regroupe toutes les missions ayant
pour but de faciliter la projection, l'installation, le fonctionnement et la protection des forces appuyées,
aussi bien avant l'engagement que pendant et après. Elle se caractérise par :
- la participation aux opérations liées à l'acheminement des forces telles que le maintien des flux et
la création de bases et de dépôts (appui à la mobilité et à la logistique des forces) ;
- le rétablissement de zones, d'infrastructures et de communications, incluant des opérations
préalables de déminage et de dépollution ;
- l'aménagement des conditions de vie à la fois des forces, des populations et aussi des prisonniers
qui comprend la fourniture d'eau après traitement, d'électricité et l'évacuation des matières et eaux
usées.

L'activité du génie s'exerce dès la conception des opérations et les premières reconnaissances
auxquelles il doit être associé et jusqu'au repli. Deux missions élémentaires sont :
115
- La dépollution des zones ayant fait l'objet de tirs de mines dispersables ou de sous-munitions;
- La protection d'éléments sensibles.

L'aide au déploiement justifie toute l'importance qu'il faut accorder au renseignement « milieu ».

Les missions de rétablissement (infrastructures, communications) et d'aménagement des conditions


de vie peuvent bénéficier aux populations, ou même s'exercer prioritairement à leur profit dans le
cadre des missions humanitaires ou lors d'opérations de maintien de la paix. Elles s’inscrivent dès lors
dans le cadre de la fonction opérationnelle actions civilo-militaires.

4.1 Types de missions


Lors du déploiement, puis de l'engagement, le génie doit être capable de :
- maintenir des flux logistiques ;
- charger, transporter, transborder ;
116
- rétablir des zones , des infrastructures, des communications ;
- détecter des zones minées ou polluées par sous-munitions ou par agent NBC ;
- baliser et marquer ces zones ;
- déminer ou dépolluer ;
- neutraliser et détruire;
- décaper des terrains contaminés chimiquement ;
- dégager des obstacles ;
- combler des entonnoirs ;
- franchir des brèches ;
- terrasser des pistes ou des plates-formes ;

115
Action consistant, après avoir défini et marqué les limites de la zone dangereuse, à rechercher, identifier si possible, enlever
et/ou neutraliser ensuite les engins, matières et matériels dangereux.
116
Le rétablissement de zone est l'ensemble des opérations consistant à rendre une zone déjà conquise ou affectée, au
minimum apte au stationnement et à la circulation des unités, au mieux apte à la vie quotidienne des forces ou des
populations dans des conditions acceptables d'hygiène et de sécurité. Des opérations de ce types peuvent être nécessaires
dans le cadre de l'implantation de la base de théâtre.

350
- réparer, restaurer, transformer des infrastructures voire en construire ou en reconstruire (routes,
pistes, baraques préfabriquées ...) ;
- aménager des conditions de vie (forces, populations, prisonniers) ;
- installer ;
- fournir de l'eau traitée aux unités du commissariat ;
- fournir de l'énergie électrique ;
- traiter des rejets (eaux usées) et les évacuer ;
- établir des contrats avec des entreprises civiles.

À titre d’exemple, les actions suivantes sont réalisables dans le cas d’une mission d’aide au
déploiement :
- dépollution : reconnaissance d'une zone polluée, dépollution d'un itinéraire, abordage d'une
infrastructure polluée (enlèvement d'objets suspects, destruction de bombes non explosées,
d'obus non relevables...) ;
- protection : réalisation de merlons, d'abris enterrés, d'emplacements de combat ; réalisation de
check point, de postes d'observation en hauteur (capables de protéger le personnel contre les tirs
ALI, les éclats d'obus, d'éviter les attentats à la bombe (chicane) ; renforcement de la protection
d'une infrastructure, des engins de terrassement (voir § sauvegarde) ;
- infrastructure : établissement de comptes-rendus de reconnaissance et de devis estimatifs de
travaux ou de tâches génie à effectuer ; amélioration de l'infrastructure, par l'aménagement des
cantonnements (travaux de casernement, installation électrique, drainage, construction de
cuisines, réfectoires, construction de miradors, de clôtures, installation de barbelés) ; réfection de
bâtiments (écoles, hôpitaux, ...) ; réparation d'urgence de routes, pistes d'aéroport, pistes, ... et
plus généralement des réseaux de communications en vue de rétablir le trafic notamment entre
les bases arrières et les zones d'engagement.

4.2 Moyens du génie pour l’aide au déploiement


Les moyens d’aide au déploiement sont situés :
- au niveau des régiments du génie des 8 brigades interarmes, qui disposent d’une section d’aide
au déploiement au sein de leur compagnie d’appui ;
- au niveau du centre de mise en œuvre (CMO) du CFT, qui emploie les compagnies spécialisées
du génie (aide au déploiement opérationnel, aide au déploiement lourd, énergie, déminage-
dépollution).

Ces unités peuvent, en fonction des besoins, donner en renforcement des modules à l’unité génie de
BIA chargée de leur emploi. Il s’agit de :
- modules du niveau unité élémentaire ;
- la compagnie d'aide au déploiement opérationnel ;
- modules du niveau section ;
- section PFM ;
- section SOUVIM (intégrant l’emploi des engins de reconnaissance-déminage BUFFALO) ;
- section MADEZ et groupe MADEZ ;
- section d'aide au déploiement ;
- section d’aide au déploiement lourd (travaux lourds) ;
- section énergie et groupe de production d'énergie ;
- modules du niveau groupe.

351
5. Eléments de doctrine de l’armée de terre sur la lutte contre
les engins explosifs improvisés / Improvised Explosive
Devices (IED)
Avertissement
Les informations présentées ici n’ont vocation qu’à présenter des généralités et des principes de la
lutte C-IED, et ne peuvent en aucune manière se substituer aux documents de doctrine.

5.1 La menace
117
Le concept interarmées de lutte contre les engins explosifs improvisés donne la définition d’un IED.

L’IED est un dispositif mis en place ou réalisé de façon improvisée qui contient des produits
chimiques destructeurs, mortels, nuisibles, pyrotechniques ou incendiaires. Il est utilisé
pour détruire, neutraliser, harceler ou détourner l’attention. Il peut comporter des explosifs
commerciaux ou militaires, des explosifs artisanaux ou des composants militaires ou des
éléments de composants militaires.

D’une manière plus globale, il est nécessaire de distinguer le dispositif en lui-même de l’organisation
chargée de conduire sa réalisation et sa pose : on parle alors du système IED.

Le système IED est défini comme l’ensemble comprenant le personnel, les ressources et les
activités, ainsi que les liens entre eux, qui sont nécessaires pour organiser, planifier, exécuter une
attaque par IED et en exploiter les effets.

L’IED est un moyen privilégié pour instaurer et entretenir un climat d’insécurité permanent lors des
opérations de stabilisation et de normalisation. La prolifération des IED s’explique par les avantages
qu’ils procurent à l’adversaire. Peu onéreux, simple à réaliser, évolutif, c’est l’arme parfaite pour porter
des coups répétés et imprévisibles qui visent le plus souvent à :
- altérer le potentiel matériel, physique et psychologique de la force ;
- obliger la force à détourner une partie importante de ses moyens de la mission principale, pour
assurer sa sécurité ou celle d’individus ou de structures civiles ;
- limiter partiellement la liberté de mouvement de la force ;
- altérer la crédibilité de la force.

L’adversaire recherche également des effets induits comme :


- fragiliser la cohésion d’une coalition par l’impact que les IED provoquent sur les opinions
publiques nationales ;
- provoquer l’hostilité des populations face aux mesures prises par la force pour se protéger ;
- paralyser un pays ou une région en instaurant un climat de terreur qui empêche toute vie sociale
ou économique normale.

Pour pouvoir réaliser des attaques par IED en grand nombre, l’adversaire s’organise en réseaux
complexes (financiers, artificiers, formations, etc.).

117
PIA n°03-160, chapitre premier.

352
Le diagramme des actions de l’adversaire

Tout IED doit être considéré comme l’initiateur d’une attaque immédiate ou future. Employé de
manière isolée ou dans le cadre d’attaques coordonnées pouvant intégrer des feux directs ou indirects
(tirs ALI, à la roquette ou au mortier), l’IED peut être enfoui ou dissimulé dans des objets courants
(cadavres, armes et munitions, matériels divers) et déposé à proximité d’une cible fixe ou aux abords
d’un itinéraire (accotements de route ou sous la chaussée, piste d’aérodrome, etc.). Il peut être
installé, à l’insu des occupants, à bord d’un moyen de transport (terrestre, aérien ou maritime).
L’adversaire peut aussi adjoindre une charge utile radiologique, biologique ou chimique (RBC) ou
fabriquer un engin de circonstance.

5.2 Les fondamentaux de la lutte contre les IED (C-IED)


Faisant partie intégrante de la protection de la force, et plus particulièrement destinée à
garantir et préserver la liberté de mouvement et de manœuvre, la lutte contre les IED
regroupe l’ensemble des activités de nature offensive et défensive menées par les forces,
visant à prévenir cette menace, à la traiter et à en réduire les effets.

La stratégie C-IED des forces terrestres se décline en trois piliers complémentaires : former ainsi
qu’entraîner, attaquer le réseau et mettre en échec le dispositif :
- la formation et l’entraînement des forces terrestres visent à assurer une acquisition par tous les
échelons, des savoir-faire tactiques et techniques de lutte contre le système IED afin qu’il y ait une
synergie des capacités sur les théâtres d’opération ;
- attaquer le réseau : ce pilier est basé sur les actions et activités proactives qui doivent permettre
d’empêcher l’action de pose de l’adversaire ;
- mettre en échec le dispositif : ce troisième pilier englobe toutes les activités qui ont lieu après
qu’un dispositif a été posé et jusqu’à la disparition de la menace qu’il représente. Il s’agit de
détecter le dispositif mis en place et ses composants associés par moyens visuels, la mise en
œuvre de procédures et/ou de moyens techniques. Ensuite, l’intervention sur l’IED doit permettre
au mieux la neutralisation par des EOD, au moins la destruction en cherchant à atténuer autant
que possible les effets.

5.3 Organisation de la lutte C-IED en opération et capacités de lutte


L’organisation dépendra principalement du niveau de commandement concerné (division, brigade,
GTIA) et du niveau de menace estimé. Lorsque cela est nécessaire, le commandement doit disposer

353
d’une organisation permettant de réunir les acteurs majeurs du C-IED afin d’accélérer les échanges
de renseignement et les propositions d’actions (offensives ou défensives).

La lutte C-IED n’est pas une action autonome mais une action complémentaire à l’action globale. La
cellule C-IED de l’état-major (CC-IED) doit permettre une approche globale et des échanges fréquents
d'informations entre les éléments impliqués. Le chef de la cellule C-IED est désigné par le CEM
(niveau division et brigade) ou le chef opération (niveau GTIA) afin d’intégrer la menace IED aux
opérations et de déterminer les actions à réaliser.

La composition d’une CC-IED dépend principalement de la ressource humaine disponible dans l’EM et
de la priorité accordée à la manœuvre C-IED. En tout cas, une CC-IED intègre au minimum :
- un représentant du B2 ;
- un représentant du B3 ;
- un officier C-IED/EOD.

L’officier C-IED/EOD d’état-major est un officier du génie (en EM division ou brigade : officier DEM
qualifié C-IED/EOD d’état-major ; en GTIA : CDU génie ou DL).

La fusion cell est un outil mis sur pied sur le théâtre afghan, dédié à l’analyse et au ciblage des
réseaux d’influence adverses, permettant de synchroniser les effets des différentes actions du niveau
supérieur. Elle a pour mission de synthétiser le renseignement au profit des unités françaises (Task
Force, GTIA) ou du commandement.

Les capacités nécessaires à la lutte C-IED sur un théâtre doivent permettre de prévenir, empêcher,
détecter, traiter, réduire les effets et exploiter. On donnera ici un exemple concret des moyens
pouvant être utilisés :

- capacités de prévenir : manœuvre RENS et moyens dédiés (au niveau tactique : BRB, unités
interarmes, unités du génie), renseignement des forces locales ;
- capacités d’empêcher : moyens de fouille opérationnelle complémentaire (FOC) et de fouille
opérationnelle spécialisée : sections de combat du génie (capacité FOC) et équipes EOD ou
groupes spécialisés du génie spécialistes de la FOS ; unités ou spécialistes RGE (programmation
des brouilleurs C-IED et CME) ; opérations militaires d’influence (OMI) ;
- capacités de détecter : toutes unités ; sections de combat du génie ; détachement d’ouverture
118
d’itinéraire piégé (DOIP) ; équipes cynotechniques ;
- capacités de traiter l’IED : équipes EOD ; détachements EOD-NRBC, formées d’équipes EOD et
d’équipes NRBC spécialisées, qui ont pour mission de traiter les risques pyrotechniques associés
à des risques RBC ;
- capacités de réduire les effets (protection de la force) : travaux de protection des emprises,
dispositifs de protection des véhicules, capacité de fouille opérationnelle élémentaire (FOE) des
unités interarmes ;
119
- capacités d’exploiter : équipes d’identification Weapon Intelligence Team (WIT) , laboratoires
d’analyse (aux niveaux opératif – théâtre – ou stratégique – compétence nationale ou étrangère).

5.4 La préparation des forces


La formation de lutte C-IED recouvre trois niveaux :
- la formation générale IED (soldat, personnel civil de la défense, chef d’élément à chef de
détachement) ;
- la formation IED d’état-major ;

118
Le DOIP peut être composé d’une section de combat du génie à deux ou trois groupes sur véhicule blindé hautement
protégé (VBHP), renforcée d’engins SOUVIM et BUFFALO et d’un élément de sûreté rapprochée fourni par une unité
interarmes.
119
Les WIT sont des équipes pluridisciplinaires chargées d’identifier, collecter, préserver et transmettre les éléments de
preuves recueillis à la suite d’une attaque par IED, d’une saisie d’armement, de munitions ou de tout autre élément. Une
équipe est composée d’un officier du génie (chef d’équipe) et de trois spécialistes : un spécialiste EOD, un spécialiste des
techniques de la police scientifique et un spécialiste du renseignement.

354
- les formations spécialisées dans le domaine des IED (capacités contribuant au C-IED).

La préparation opérationnelle comprend la partie entraînement, qui a pour but l’acquisition des
savoir-faire collectifs, et la partie de mise en condition avant projection (MCP) qui doit être un rappel
des savoir-faire individuels et collectifs acquis lors des deux phases précédentes d’instruction et
d’entraînement.

Les unités en préparation opérationnelle complètent leur MCP C-IED auprès des détachements
d’assistance opérationnelle (DAO) de Canjuers. En outre, le centre de préparation opérationnelle de
guerre électronique (CPOGE) est chargé de la formation des programmeurs. Pour les détachements
organiques, la MCP doit être un rappel des savoir-faire acquis en matière de lutte C-IED lors des
phases d’instruction et d’entraînement ; elle permet aux différents détachements projetés de
s’entraîner avec l’ensemble des moyens dont il pourra disposer sur le théâtre d’opération. Pour les
individuels, la MCP permet une sensibilisation obligatoire et minimale à la menace IED.

Références :

- AGESTER 10.001, agencement de l’espace terrestre, 2002 ;


- GEN 100, concept d’emploi du génie en opérations, 2002 ;
- GEN 214, notice « action du génie en zone urbaine », 2006 ;
- GEN 35-001, manuel d’emploi et de mise en œuvre de la compagnie de combat du génie, 2009 ;
- GEN 50- 601, mémento des capacités du génie
- GEN 54-002, mémento sur le fonctionnement des régiments du génie, 2008 ;
- GEN 54-001, la fonction commandement dans les régiments du génie, 2006 ;
- TTA 702, règlement sur l’emploi et la réalisation des obstacles par les forces terrestres, 2006 ;
- GEN 30-221, manuel d’emploi relatif aux opérations de bréchage, 2000 ;
- TTA 750, manuel d’emploi relatif aux franchissements, 2001 ;
- TTA 751, mémento de franchissement, 2005 ;
- GEN 50-301, mémento sur les actions d’aide au déploiement d’une force projetée, 2000 ;
- EMP 50.57, mémento de protection contre les engins explosifs improvisés (EEI), 2006 ;
- PIA 03-160, concept interarmées de lutte contre les engins explosifs improvisés (EEI), 2006 (DR) ;
- PIA 03-161, concept interarmées de fouille opérationnelle, (2008) ;
- PIA 03-261, doctrine interarmées de fouille opérationnelle, 12 février 2009 (DR) ;
- ordre général pour la transformation de l’armée de Terre 2009-2014, 1er octobre 2008 ;
- ordres n°1 et n°2 pour la transformation de l’armée de Terre, phases 1 et 2, 2009 et 2010,
er
1 octobre 2008 et 16 septembre 2009.

355
FEUX INDIRECTS
1. Les missions de l’artillerie sol-sol
L’artillerie sol-sol peut se voir confier quatre missions générales :
- APPUI DIRECT des unités de mêlée ;
- FEUX DANS LA PROFONDEUR ;
- RENSEIGNEMENT ;
- CONQUÊTE DE LA SUPÉRIORITÉ DES FEUX.

À ce titre, l’artillerie sol-sol s’intègre principalement dans trois fonctions opérationnelles :


- la fonction renseignement, bien qu’elle soit plus particulièrement orientée vers le renseignement
d’objectif à usage interne ;
- la fonction contact, comme arme fournissant un appui feux, au contact des unités de la brigade
dans la frange d’engagement (0-10 km) pour neutraliser les actions des forces blindées et
mécanisées ainsi que les bases de feux ;
120
- la fonction appui/composante feu indirecte , comme arme de la liberté d’action qui permet de
conquérir la supériorité du feu et de participer à la désorganisation du dispositif adverse, avec
comme objectifs des PC, des moyens d’appui à la mobilité, des unités en réserve, des
déploiements logistiques, des sites de communication, de surveillance radar, de guerre
électronique et des objectifs d'infrastructure.

Dans le cadre du continuum des opérations, les effets de l’artillerie sol-sol sont variés et disponibles.
Les phases d’intervention et de stabilisation constituent les moments pendant lesquels l’artillerie sol-
sol garantit au chef interarmes le spectre maximal d’effets disponibles dans la réalisation de la mission
confiée. L’artillerie sol-sol est avec l’ALAT l’arme de la liberté d’action car elle peut être engagée d’un
bout à l’autre de la zone d’action sans préavis.
121
Les appuis feux offrent aux niveaux 4 à 6 les effets tactiques suivants :

- préparer l’action interarmes ;


- appuyer l’action interarmes notamment par des actions de neutralisation, destruction,
aveuglement, éclairement, dissuasion ;
- participer à la couverture (libérant éventuellement des moyens qui peuvent être consacrés à
d’autres actions) ;
- cloisonner les unités ou les moyens adverses (action sur les capacités de manœuvre de
l’adversaire) ;
- désorganiser (en particulier par une action sur la logistique et les structures de commandement
adverses) ;
- participer à l’exploitation ;
- renseigner.

120
Généralement jusqu’à la Fire Support Coordination Line (FSCL) soit 40/50 km.
121
Il existe d’autres effets (conquête de la supériorité des feux, suppression de la défense anti-aérienne, participation au
ciblage, etc.) mais qui s’appliquent en général moins au niveau GTIA. L’écrasement des niveaux tactiques sur des zones
d’engagement étendues peut néanmoins amener le chef au contact à les utiliser.

356
Les nombreuses évolutions des systèmes d’armes confèrent à l'artillerie sol-sol :
- la permanence d'une puissance de feu (brutale, instantanée et précise) adaptée et maîtrisée sur
l’ensemble de la zone des opérations ;
- une faculté d'adaptation rapide et une bonne modularité ;
- une maîtrise de la puissance de feu pour la réalisation de l’effet exact attendu grâce à l’emploi de
munitions classiques (obus explosifs, fumigènes et éclairants) et de munitions compétentes (obus
Bonus, roquette unitaire à guidage GPS) ;
122
- une grande efficacité du fait de la complémentarité de ses moyens d’acquisition (EOC, COBRA ,
radars tactiques), de ses moyens d’agression (120 mm, 155 mm, LRM/LRU) et de ses moyens de
123
commandement et de coordination (ATLAS, MARTHA ).

2. Emploi de l’artillerie sol-sol


2.1 Principes d’emploi

 Cohérence de la manœuvre
Lors de la constitution de la composante terrestre de théâtre puis de ses sous-ensembles, les états-
majors de planification veillent à ce que la portée des systèmes d'acquisition et des systèmes de feux
soit adaptée à la profondeur de leur niveau d'emploi. De plus, pour augmenter le champ des
possibilités, il est recherché, autant que possible, la complémentarité technique de moyens différents
dans chacun des deux domaines, tout en s'assurant de la compatibilité des précisions respectives des
matériels affectés à chaque grande unité.

À tous les niveaux, de la CTT (composante terrestre de théâtre) jusqu'au groupement tactique
interarmes (GTIA), il faut chercher à appliquer les feux le plus tôt et le plus loin possible. Aussi,
l'emploi de l'artillerie doit-il être pris en compte dès la conception de la manœuvre, tant dans le
domaine des actions dans la profondeur que dans celui de l'appui au contact.
er
Dans ce but, c'est le commandement de 1 niveau terrestre LCC (Land Component Command)) ou
CA (corps d’armée), qui initie la sélection des objectifs et transmet sa planification à ses subordonnés.
124
Puis ensuite, à son niveau, tout PC suit le processus du ciblage , au minimum en décidant des
objectifs à traiter, et si possible en choisissant les moyens pour rechercher les cibles à un endroit
favorable, avant de délivrer les feux et de contrôler leur effet.

Dans la mesure où la cohérence d'ensemble de la manœuvre est réalisée, il est aisé de coordonner
l'artillerie non seulement avec les autres moyens d'appui feux, mais aussi avec les moyens de
e
renseignement et avec tous les utilisateurs de la 3 dimension. La planification des feux, qui en est la
conséquence inéluctable, sera d'autant plus poussée que le niveau tactique est élevé. Elle doit
cependant toujours laisser la place pour des tirs d'opportunité, s'adaptant aux aléas de la manœuvre.
Au niveau brigade, 30% des tirs sont planifiés et 70 % des tirs sont des tirs d’opportunité.

 Adaptation des actions de feux aux objectifs


La politique de tir relève du choix du chef interarmes. L'adéquation entre les objectifs, les lanceurs et
les munitions, en fonction de la distance de tir et de la précision d'acquisition doit en effet être
modulée en fonction des paramètres tactiques permettant d'intégrer les tirs dans la manœuvre. Pour
favoriser le traitement des objectifs en temps réel, il faut définir les effets collatéraux acceptés, les
zones de tir réservées ou interdites à certains types de munitions, les critères de sauvegarde, les
consommations maximales, le flux logistique possible ; et finalement, parallèlement aux critères de
choix sur la priorité et la nature des objectifs retenus, c'est sur la quantité moyenne de munitions pour
chaque type d'objectif que le chef interarmes peut être amené à se prononcer.

 Emploi centralisé

122
COBRA COunter Battery RAdar
123
ATLAS : Automatisation des Tirs et des Liaisons de l'Artillerie Sol-sol ;
MARTHA : MAillage des Radars Tactiques contre les Hélicoptères et les Aéronefs à voilure fixe (3D) ;
124
Décider  acquérir  agresser  évaluer. La notion de ciblage est véritablement initiée au niveau supérieur à la BIA.

357
La centralisation des feux permet d’employer l’artillerie sol-sol avec le maximum d’efficacité. En effet,
pour être en mesure de traiter aisément les objectifs inopinés, le chef interarmes lui demande
d’assurer la permanence des feux, tant au contact que dans la profondeur tactique. Mais l’artillerie
n’obtiendra la souplesse nécessaire pour cette mission que si ses unités ne sont pas spécialisées
dans un type d’action. La centralisation des feux permet de réagir avec souplesse aux éventuelles
contraintes des volumes C3D, c’est le cas en particulier pour la roquette unitaire.

Comme il n’est pas toujours possible de centraliser les moyens en conservant les unités aux ordres du
plus haut niveau, pour respecter ce principe, une centralisation des feux sera réalisée par un système
d'artillerie global, permettant d’utiliser la manœuvre des trajectoires grâce aux liaisons établies sur
l'ensemble de la zone d'action, notamment grâce au réseau ATLAS. Néanmoins, tout en respectant
au mieux les principes de cohérence interne et de complémentarité des moyens, l'artillerie est en
mesure de décentraliser des moyens, jusqu’à les adapter à des GTIA.

2.2 Les actions à accomplir par l'artillerie


125
L'artillerie sol-sol ne peut mener des actions de feux que si les objectifs ont été acquis . Elle a donc,
de ce fait, des capacités indéniables dans le domaine du renseignement.

 Généralités sur le traitement d'un objectif


Dans le dispositif d'un adversaire, certains objectifs revêtent une importance particulière dans la
mesure où ils assurent la cohérence de sa manœuvre.
Les feux sol-sol ont pour vocation l'attaque de ce type d'objectif, terme défini dans l'AAP 6 comme un
« ensemble de moyens - personnel et/ou matériels - de l'adversaire, de nature et de forme variables,
qui devient, par décision de commandement, un objectif d'artillerie dès lors que son traitement par le
feu, dans le cadre des missions imparties à l'artillerie sol-sol, influencera sensiblement la manœuvre
future de l'adversaire».

Chaque objectif est constitué de cibles qui sont réparties sur une surface variable selon l'attitude de
l'adversaire, ses intentions et la profondeur à laquelle elles se situent. Le traitement des objectifs
tactiques est donc fonction de la nature de leurs cibles, de leur volume ou de leur niveau tactique, de
leur attitude et de leur profondeur.

C'est donc le choix initial du chef interarmes qui donne une existence à un objectif d'artillerie,
permettant ainsi de l'acquérir puis de le traiter par les feux. L'acquisition des objectifs situés dans la
profondeur suit un cycle, utilisant la complémentarité des senseurs, pour les détecter, les reconnaître,
les identifier, les suivre, et finalement les caractériser et les localiser avec précision pour permettre
leur traitement. À l'inverse, les objectifs inopinés, spécialement ceux situés dans la frange des
126
contacts, font l'objet d'une acquisition regroupant instantanément toutes les étapes :

- la détection consiste à découvrir par un moyen d'acquisition adapté, la présence d'une personne,
d'un objet ou d'un phénomène susceptible d'avoir un intérêt militaire ;
- la reconnaissance est la détermination de la nature d'une personne, d'un objet ou d'un phénomène
détecté et, éventuellement de leur classe ou de leur type (si nécessaire) et l'obtention de
renseignements bruts sur les activités et les possibilités d'un ennemi actuel ou en puissance ;
- l’identification est la détermination, par un acte ou un moyen quelconque, de la nature amicale ou
hostile, d'une personne, d'un objet ou d'un phénomène détecté. Au sens « renseignement » du terme,
cette action consiste à préciser le type de matériel, pour compléter la reconnaissance et donner la
certitude qu'il s'agit d'un ennemi.

L'objectif tactique d'artillerie doit donc être détecté, reconnu et la plupart du temps identifié, pour
témoigner que la fonction opérationnelle essentielle et l'activité particulière de l'adversaire sont
conformes aux critères définis par le chef interarmes.
Dès que les objectifs entrent dans la zone où est prévue l'attaque par les feux d'artillerie, il faut
réaliser une nouvelle acquisition dont la précision est fonction du système d'agression désigné et de

125
L’artillerie ne tire que sur des objectifs acquis, elle peut tirer sur des objectifs vides pour intimider ou pour donner un coup de
semonce.
126
Définitions du TTA 106.

358
l'effet tactique attendu. Ce n'est que lorsque cette précision est atteinte que l'on parle de
renseignement d'objectif.

La caractérisation d'un objectif en vue de son traitement par les feux comporte donc la nature des
cibles qui le composent, son volume ou son niveau tactique, son attitude, sa localisation et son
environnement.

Les cibles prioritaires peuvent être :


- les chars ;
- les systèmes antichars ;
- l’artillerie adverse ;
- les rampes de missiles ;
- les PC et les sites de transmission ;
- les sites logistiques ;
- les unités débarquées.

 Actions à accomplir par l'artillerie dans le domaine du renseignement


L'artillerie est capable d'accomplir quatre grandes tâches dans le domaine du renseignement :
- recherche du renseignement de manœuvre ;
- suivi d'objectifs ;
- acquisition d'objectifs ;
- évaluation des dommages.

Les objectifs prioritaires peuvent varier en fonction des phases de l’action.

Comme toutes les autres armes, elle participe à la mission de renseignement de manœuvre de la
grande unité, en exécution du plan particulier de recherche du renseignement. La dispersion de ses
équipes sur l'ensemble de la zone d'action de la grande unité favorise la surveillance du champ de
bataille. Elle suit les objectifs tactiques qui lui ont été assignés ; cette tâche est indispensable afin de
prendre les dispositions pour les traiter au moment opportun. Les moyens dédiés acquièrent les
objectifs avec la précision nécessaire pour leur traitement immédiat par les feux (renseignement
d’objectifs). Des détachements de liaison sont en mesure de lui faire parvenir les objectifs acquis par
d'autres unités. L'artillerie sol-sol contrôle généralement l'efficacité des tirs qu'elle effectue ; elle peut
donc participer à l'évaluation des dommages causés par certains traitements planifiés.

 Les actions de feux

 Les actions d’ensemble dans la profondeur et dans les intervalles


Ces actions ont pour but de désorganiser les arrières ennemis et de faciliter l’action amie. Le tir dans
la profondeur tactique d'une unité constitue la concrétisation de l'effort qui est fait pour prendre à
partie au plus loin les objectifs sélectionnés par le chef interarmes comme étant les plus dangereux ou
les plus importants pour sa manœuvre, comme par exemple des ponts.

Pour l'artillerie sol-sol, ces tirs découlent du processus du ciblage réalisé par le PC des grandes
unités, qui règle les nombreux problèmes de coordination par une planification détaillée. Elle les
intègre dans le plan de feux de l'artillerie qui hypothèque un certain nombre d'unités de tir. Ce
processus se concrétise par la définition de zones d’intérêt d’objectifs (ZIO) intégrant plusieurs aires
d’effort sur objectif (AEO). Cette définition de ZIO ne débute qu’au niveau d’emploi supérieur à la
brigade. Le ciblage permet de gérer l’ensemble des moyens (acquisition et agression) et se traduit en
termes de planification par l’établissement d’un plan de traitement des objectifs (PTO).

 Les actions de feux d’appui direct des GTIA


Les actions de feu dans la zone des contacts nécessitent une coordination en temps réel. Sur ordre
de la brigade, le groupement tactique d’artillerie (GTA) envoie donc des détachements de liaison,
observation et coordination (DLOC) auprès des groupements tactiques interarmes à dominante

359
combat débarqué et embarqué. Les chefs des DLOC (voir § 3.4) ont pour mission, entre autres, de
conseiller leur chef de GTIA dans l’emploi des feux des moyens organiques et dédiés, d’assurer la
complémentarité des actions entre les feux directs et les feux indirects et de coordonner à son niveau
les différents vecteurs dédiés ou non dans la zone d’action du GTIA en vue de maximiser les effets
sur l’ennemi et sur le terrain tout en réduisant le risque d’effet collatéral. Pour faire des propositions
cohérentes, le chef du DLOC a besoin de connaître les objectifs majeurs de la BIA et du GTIA et la
quantité de munitions dont il peut disposer. Dans la zone d’action du GTIA, les demandes de tirs
d'opportunité resteront toujours très nombreuses mais comme elles sollicitent beaucoup la
disponibilité de l'artillerie, il est souhaitable de faire remonter autant que possible les objectifs
prévisibles dans le plan de feux de l'artillerie de la brigade. La planification joue donc également un
rôle important dans l'appui direct où il faudra dégager les périodes d’effort prévisibles correspondant
aux temps forts de la manœuvre : ceci se concrétise par la définition, à partir du niveau d’emploi de la
brigade, de zones d’effort de feux (ZEF).

 L’intervention-type et l’unité FEUX dans le dialogue interarmes


En planification, pour faciliter le dialogue interarmes préalable aux actions de feux, les notions
d’'intervention-type et d’unité FEUX sont employées. Elles associent une politique de tir à un effet
tactique proposé. Surtout, elles permettent d'estimer, à partir des besoins tactiques exprimés pour une
phase de la manœuvre, le nombre d'unités de tir et l'allocation en munitions nécessaires. Au niveau
de la BIA, la cellule appuis-3D emploiera dans le dialogue interarmes, les unités FEUX (UF) au niveau
du GTIA, le DLOC emploiera des interventions – type (IT). Pour autant, l’artilleur dans le dialogue
interarmes doit proposer des effets au chef interarmes. Les notions d’UF et d’IT sont essentiellement
techniques et concernent respectivement les logisticiens et les artilleurs.

L’intervention-type (IT) est définie comme la quantité moyenne de munitions d’une catégorie donnée,
qui, délivrée en un temps limité, est capable de produire un effet tactique donné sur un objectif
unitaire, réparti sur une surface de référence et situé à une distance inférieure à la portée pratique du
système d'armes :
- 48 obus explosifs (155 mm) neutralisent une section mécanisée ou une batterie d'artillerie (portée
pratique 20 km) ;
- 4 obus fumigènes aveuglent l'ennemi sur un front de 600 m pendant 2 minutes ;
- 8 obus éclairants éclairent une zone de 1 km² pendant 2 minutes.

Pour l’artillerie, la neutralisation correspond à une mise hors de combat de 10% des forces adverses,
la destruction tactique à 30% des forces adverses. Avec la roquette unitaire et l’obus Bonus l’artillerie
peut détruire respectivement des objectifs d’infrastructure et des objectifs tactiques blindés.
Dans ce cadre, il est nécessaire de doubler l’IT pour les systèmes d’armes canon et mortier (pas pour
la roquette unitaire) :
- si les forces adverses sont installées en défensive (travaux du génie) ;
- si les forces adverses sont blindées ;
- si les forces adverses à traiter sont en mouvement ;
- si la portée exigée est supérieure à la portée pratique du lanceur.

Il est à souligner que les zones de déploiement des unités de tir doit être ajustées aux ZEF afin qu’il
ne soit pas nécessaire d’augmenter les consommations et pour tenir compte de la dispersion. ATLAS
est un outil de commandement qui permet de le faire. Dans le cas du LRU, la trajectoire terminale
verticale, la capacité fusant et pénétrant 1 m et 2 m dépend de la portée à laquelle elle est tirée. Ainsi
si la portée n’a pas d’incidence sur la dispersion (inexistante pour une munition GPS), elle a de
l’importance sur la nature de l’effet à obtenir.

Par exemple, si une section d’AuF1 doit détruire une section de chars à 22 km, le volume d’obus
explosifs nécessaire sera de 48 (1 IT) X 2 (destruction) X 2 (chars) X 2 (portée supérieure à 20 km) =
288 obus explosifs.
127
L’IT des obus compétents (ACED) ainsi que celle de la roquette unitaire ne sont pas encore
définies.

127
Antichar à effet dirigé.

360
L’unité FEUX (UF) traduit un nombre d’obus attaché à un volume de lanceurs.

Exemple : 1 UF (batterie à 8 AuF1) = CTJ AuF1 X 8 (nombre d’AuF1 dans une batterie) soit 116,7 x 8
= 933,6 obus;

La CTJ d’un système d’armes est la consommation théorique journalière en obus. Pour l’AuF1, la CTJ
est de 116,7 ; pour le TrF1, la CTJ est de 95,6 ; pour le mortier de 120 mm, la CTJ est de 59.
Les CTJ du CAESAR et du LRU seront ultérieurement définies.

2.3 L'artillerie sol-sol et la planification

 Le besoin de planification
Durant la phase de planification, le chef interarmes effectue ses choix et définit ses priorités. Pour
l'artillerie sol-sol, les travaux de planification se traduisent essentiellement par l'annexe appui feux de
l'ordre d'opération et par des plans de feux. Par ailleurs, à l’instar des autres cellules du CO de la BIA,
la cellule appuis-3D intervient activement dans la phase 2 de la MEDO pour le choix du mode d’action
(le choix définitif appartenant au COMBIA).
Pour l’artillerie, la planification part du besoin interarmes. Une planification détaillée permet de ne pas
avoir à multiplier les consommations pour tenir compte de la dispersion. Elle permet également de
disposer des stocks de munitions nécessaires pour chaque phase. Elle permet aussi une meilleure
disponibilité en tenant compte à l’avance des volumes aériens ce qui peut lui permettre le choix de
zones de déploiements où les volumes exerceront une moindre contrainte sur les tirs. Enfin, la
planification permet une meilleure précision. Par exemple, dans le cas du milieu urbain, il est
nécessaire que les trajectoires terminales des projectiles soient les plus verticales possibles.

 Coordinations nécessaires
L'artillerie est partie prenante dans un grand nombre de structures de coordination au sein des PC de
grandes unités.

 Coordination générale de la manœuvre


Les CO des grandes unités sont responsables de la convergence de la planification et de la conduite
de l'ensemble des actions des fonctions opérationnelles. Ils font donc participer l'artillerie à la
réalisation de l'objectif recherché par le chef interarmes, en la prenant en compte dès le début du
processus d’élaboration de la conception de la manœuvre, tant pour les actions dans la profondeur
que pour l'appui au contact.

 Coordination des actions dans la profondeur


La réalisation des actions dans la profondeur implique une coordination étroite entre les cellules du
CO de la grande unité, à laquelle l'artillerie doit participer. La cellule manœuvre future définit l'effet à
atteindre dans la profondeur, en sélectionnant les objectifs à traiter, dans le cadre de ce qui a été initié
er
par le 1 niveau terrestre. S'appuyant sur les conclusions de la préparation renseignement de
l’espace des opérations (PREO), la cellule appuis 3D peut alors faire choisir au général le mode
d'action des appuis, avant de l'intégrer dans la manœuvre aéroterrestre et de définir les traitements à
effectuer par chacune des composantes, en liaison avec les moyens d'acquisition d'objectifs qui sont
sous la responsabilité de la cellule RENS. Des zones prioritaires sont également prévues pour que
l'artillerie soit en mesure de réaliser les actions qui lui sont dévolues. Cette coordination, qui intéresse
pratiquement toutes les fonctions opérationnelles et qui se déroule selon le processus du ciblage, se
traduit, en planification, par l'établissement d'un plan de traitement des objectifs (PTO) et, en conduite,
par des ordres de traitement. Entre donc dans ce cadre, la nécessaire coordination entre le
renseignement et l'artillerie sol-sol, qui doit bénéficier de missions d'acquisition effectuées par des
moyens non dédiés.

 Coordination entre les appuis


Que ce soit pour les actions planifiées dans la profondeur jusqu'à la FSCL ou pour les actions au
contact, le commandant de la composante terrestre est libre de choisir à tout moment l'appui feu le

361
128
mieux adapté à son action, s'il a obtenu l'attribution d'une HIDACZ couvrant la zone d'engagement
des grandes unités de premier échelon. L'équipe de coordination des appuis de la division, du corps
d’armée ou de la CCT peut alors répartir les objectifs, notamment entre l'artillerie sol-sol, l'ALAT et les
demandes d’appui à l'armée de l'air.
Cette coordination, tant pour la planification que pour la conduite, règle à son niveau les problèmes
d'interférence entre tous ces moyens qui concourent à délivrer un appui feu efficace.
e
 Coordination des intervenants terrestres dans la 3 dimension
Comme pour les autres armes d'appui feu, il est nécessaire de s'assurer de la compatibilité de
e
l'ensemble des actions prévues pour l'artillerie sol-sol avec toutes celles susceptibles d'utiliser la 3
dimension. Cette coordination des intervenants terrestres dans la troisième dimension, effectuée en
planification par le biais des volumes de procédures, permet ensuite à chaque utilisateur de l'espace
de bénéficier de la priorité la plus haute dans le cadre spatio-temporel défini, pour mener à bien, en
toute sécurité et sans être gêné, les missions qui lui sont attribuées. Si l'intervention de l'artillerie est
envisagée au-delà de la FSCL, en particulier dans le cas d’une manœuvre dans la profondeur, une
coordination avec le commandant de la composante air, via le Centre de Coordination Air permet
d'intégrer cette action dans la grande profondeur à l'intérieur des missions aériennes déjà planifiées.

 Coordination interne de l'artillerie sol-sol


er
Au cours de la planification, l'équipe de coordination de l'artillerie du 1 niveau terrestre définit
l'organisation adoptée et y associe une répartition des tâches entre les différents niveaux. Prenant en
compte l'ensemble des travaux effectués, la cellule appuis-3D de chaque grande unité formalise les
décisions dans l'annexe feux de son ordre d'opération. En conduite, elle réalise le plan de feux de
l'artillerie et le fait vivre, tout en ayant la possibilité d'affecter des objectifs d'opportunité.

 Coordination 2D
L'artillerie ne bénéficie normalement pas de zones de déploiement exclusives. Néanmoins, il est
important de lui réserver l’usage de certains points particuliers du terrain (moyens transmission, radars
d’acquisition…).
De plus, pour lui permettre d'effectuer les différentes interventions qui lui sont confiées, il est
nécessaire de lui donner la priorité sur certains axes et dans certaines zones. Ces dernières lui sont
indispensables pour que les tirs ne mettent pas en cause la sécurité des troupes utilisant, ou
susceptibles d'utiliser, le même espace de manœuvre. La coordination 2D est initiée en planification et
elle se poursuit tout au long de la conduite.

 Le plan d'emploi des feux de l'artillerie


La planification de l'emploi des feux de l'artillerie est réalisée par la cellule appuis-3D. L'ensemble des
travaux doit se traduire dans deux ordres d'emploi : le paragraphe artillerie sol-sol de l'annexe feux de
l'ordre d'opération réalisé pour une phase de la manœuvre et le plan de feu de l'artillerie diffusé pour
l'action en cours. Par ailleurs, les différents intervenants obligent l'équipe artillerie à travailler avec de
multiples décalages temporels. Il est donc nécessaire que cette équipe ait une approche globale lui
permettant de cerner les conséquences des choix sur la disponibilité des unités.
C'est le but du PEFA, plan d'emploi des feux de l'artillerie de la grande unité, qui est à la fois :
- un plan d'emploi des moyens et des ressources (unités de tir, munitions) ayant une certaine
analogie avec le Plan d’Emploi des Moyens d’Investigation (PEMI) établi par la cellule RENS ;
- un outil d'aide à la décision, regroupant en un seul document interne au CO l'ensemble des
décisions d'emploi influant sur les moyens engagés pour les tirs planifiés.

Les tableaux de prévisions qui sont établis partent de deux approches convergentes :
- les actions de feux font l'objet d'une planification individualisée temporelle fine des unités de tir ;
- les consommations sont globalisées par temps de la manœuvre.

La synthèse permet de vérifier la cohérence de toutes les données. Elle rassemble donc tout ce qui va
concrétiser le travail de planification dans l'annexe feux de l'ordre d'opération de la grande unité.

128
Se reporter au chapitre consacré à la coordination 3D.

362
2.4 Ordres d'emploi

 Généralités
Les décisions du chef interarmes sont notifiées sous la forme d'ordres initiaux, puis d'ordres de
conduite. Au début de chaque phase, les prescriptions les plus importantes (concernant l'artillerie)
sont précisées dans le paragraphe artillerie sol-sol du plan simplifié ou dans l’annexe feux de l’ordre
d’opération et du FRAGO. Il convient de souligner que les mesures de coordination intéressant
l'artillerie sol-sol figurent principalement dans l'annexe feux, mais qu'elles doivent aussi être
recherchées dans le corps de l'ordre d’opération (OPORD), où figurent notamment tous les éléments
d’artillerie intéressant directement les unités appuyées (rôle général, articulation, missions feux,
missions renseignement, prescriptions de coordination et de sécurité). En ce qui concerne l’emploi, le
général commandant la GU donne les ordres « à » l’artillerie (§ artillerie du plan simplifié, annexes
feux OPORD et FRAGO). En ce qui concerne la mise en œuvre, dans le cadre de la brigade, le chef
de corps GTA est responsable de sa formation.
Il est associé à l’élaboration des ordres « à ». Il fait rédiger l’ordre d’opération de son groupement
appelé également ordres « de » l’artillerie.

 Le plan de feu d'artillerie


La brigade crée un plan de feu d'artillerie à partir des :
- besoins en feux planifiés par son échelon supérieur et par ses voisins ;
- traitements attribués à l'artillerie dans le plan de traitement des objectifs ;
- besoins des groupements tactiques interarmes.

En interne, la brigade a donc éventuellement à gérer plusieurs plans de feu d'origines différentes,
mais, pour les exécutants, elle les regroupe en un seul document, le plan de feu de l'artillerie de la
brigade, qui est l'ordre de conduite pour l'emploi des feux pendant un créneau d'une durée maximum
de quatre heures. Ce document permet de définir les tirs prescrits ou susceptibles d'être prescrits aux
unités placées sous ses ordres ou à celles dont les feux sont mis à sa disposition, et de répartir ces
tirs entre les unités. Tous ces tirs sont prioritaires par rapport aux tirs d'opportunité. Il se compose de
tout ou partie des rubriques suivantes : un répertoire des objectifs, un calque des objectifs, un ou
plusieurs tableaux des missions de tir, une partie rédigée.

Les DLOC ont la possibilité, pour une phase particulière de l’action de leur GTIA, de demander à
l’avance des « tirs prioritaires DL » à la cellule appuis-3D de la BIA. Ces tirs sont intégrés au plan de
feu. Cela apporte une garantie au chef de corps que son action prioritaire sera appuyée par des
moyens adéquats.

2.5 Renforcements
On différencie les renforcements de feux des renforcements de moyens.

 Renforcements de feux
L'ensemble des liaisons réalisées par l'artillerie permet à tous les groupements qui les établissent de
disposer de renforcements de feux, dans les conditions définies dans les ordres du niveau supérieur à
celui de la grande unité d'appartenance.
C'est à l'artillerie d'action d'ensemble qu'il revient normalement de fournir ces renforcements de feux,
spécialement au profit de l'artillerie d'appui direct.

 Renforcements de moyens
Pour éviter d'alourdir les brigades opérationnelles, l'artillerie d'appui direct a vocation à être légère et
manœuvrante. Elle ne devrait normalement pas bénéficier de renforcement de moyens ; dans le cas
contraire, ils sont intégrés dans le GTA. Les artilleries d'action d'ensemble peuvent bénéficier de
renforcements de moyens qu'elles intègrent dans leur groupement ou à qui elles confient une partie
des missions.

363
3. Organisation paix/guerre de l’artillerie sol-sol
L’organisation de l’artillerie sol- sol évolue. En 2011, l’artillerie sol-sol a réparti organiquement ses
moyens entre les huit brigades interarmes (brigades de décision, multi-rôles et d’engagement
e
d’urgence). Une indétermination concernant un régiment d’artillerie canon (8 RA, équipé actuellement
de mortiers de 120 mm) existe toujours en 2012.
129
Le centre de mise en œuvre (CMO) artillerie et les formations servent de réservoirs organiques
pour constituer les modules projetables.

Concrètement, organiser l'artillerie consiste, pour chaque phase d'une opération, à constituer des
groupements tactiques d’artillerie puis à les répartir entre les différents échelons de la composante
terrestre, en fonction de l'action que ceux-ci ont à mener et de leurs besoins en coordination, en feu et
en renseignement d'une part et des capacités des systèmes d'armes d'autre part. À chacun des
échelons, il est donc possible d'adapter de l'artillerie auprès d'un subordonné ou de conserver aux
ordres l'ensemble des unités.

3.1 Les régiments canon CAESAR et CAESAR/TrF1


Six régiments sont équipés de canons CAESAR de 155 mm (52 calibres, portée maximale de 40km)
et/ou de TrF1 canons tractés de 155 mm (39 calibres, portée maximale de 28 km) sont
e er
fonctionnellement rattachés aux brigades multi-rôles et d’engagement d’urgence. Le 68 RAA et le 1
e e e e
RAMa sont exclusivement équipés de CAESAR. Le 11 RAMa, le 3 RAMa, le 35 RAP et le 93 RAM
sont équipés de CAESAR et de TrF1. En opération, ces régiments se déclinent, selon la situation, en
130
GTA. Ils participent essentiellement à l’appui direct des GTIA .
Tous les régiments canon CAESAR et CAESAR/ TrF1 ont une structure similaire, organisés autour
d’une batterie de commandement et de logistique, une batterie d’administration et des services, une
131 132
batterie de réserve, une batterie de renseignement brigade (BRB) , deux batteries de tir CANON
et une batterie de tir MISTRAL.

129
En 2012, la CFT a prévu d’abandonner définitivement la structure de CMO, qui sera remplacée par une FSCC (Fire Support
Coordination Cell) insérée dans les EM/PC de niveaux 1 et 2.
130
Le régiment d’artillerie canon ne disposant pas de radar de trajectographie, le groupement tactique d’artillerie de brigade
peut néanmoins délivrer des feux de contrebatterie, grâce au réseau ATLAS, en étant en liaison direct avec un radar de
trajectographie COBRA d’un groupement tactique LRU/COBRA.
131
La BRB est rattachée administrativement au régiment d’artillerie mais pour emploi est directement subordonnée à la BIA.
132
Chaque batterie de tir s’articule en une section de commandement, une section de défense et logistique, une section de
reconnaissance et deux sections de tir à 4 lanceurs.

364
BRB

3.2 Le régiment canon AuF1


Un régiment unique est équipé de canons automoteur AuF1de 155 mm (39 calibres, portée maximale
e
de 28 km). Le 40 RA est fonctionnellement rattaché à une brigade de décision. En opération, ce
régiment se décline, selon la situation, en groupement tactique d’artillerie. Il participe essentiellement
à l’appui direct des GTIA.

Le régiment canon AuF1 est organisé autour d’une batterie de commandement et de logistique, une
batterie d’administration et des services, une batterie de réserve, une batterie de renseignement
brigade, quatre batteries de tir CANON à chacune 2 sections de tir à 4 lanceurs.

3.3 Le régiment LRU/COBRA


er
Le régiment LRM/LRU (1 RA) est organisé autour d’une batterie de commandement et de logistique,
une batterie d’administration et des services, une batterie de réserve, deux batteries radar de
contrebatterie COBRA à 2 sections de 2 radars, une batterie de maintenance et quatre batteries de tir
à 2 sections de 3 lanceurs et une batterie de renseignement brigade.

BCL BRB

365
Ce régiment a vocation à participer à la mise sur pied de un ou plusieurs GTA pouvant fournir les
appuis feux des actions d’ensemble du premier et de second niveau (niveau LCC et division). Ce
régiment est un réservoir dont des éléments peuvent être agrégés à des groupements tactiques
d’artillerie CANON. Le régiment LRU/COBRA dispose aussi du système ATLAS.

Les mortiers de 120 mm (portée maximale de 13 km) : Au nombre de 8 par régiment canon, ils sont
servis par des artilleurs ayant une double compétence. Pour un régiment, la constitution et la
projection d’un module mortiers (8, 6, 4 ou 2 pièces) obèrent ainsi une partie de sa capacité
opérationnelle en canon de 155 mm.

3.4 Principes d’organisation

 Niveaux de responsabilité
Pour l'artillerie sol-sol, comme pour les autres fonctions opérationnelles, il existe trois niveaux de
responsabilité différents :
- l’emploi, la combinaison et la coordination des fonctions opérationnelles tactiques sont de la
responsabilité du chef interarmes ;
- la mise en œuvre tactique de la fonction opérationnelle feux indirects sol-sol est de la
responsabilité du chef du groupement tactique d'artillerie ;
- l'exécution des tâches technico-opérationnelles, adaptées à un système d'armes et nécessaires à
la réalisation de l'action commandée par le groupement, est de la responsabilité du commandant
de sous-groupement d’artillerie, ou des chefs des équipes isolées.

Chacun de ces niveaux doit remplir des fonctions clairement identifiées qui sont complémentaires les
unes des autres. Il est donc nécessaire qu'elles soient toutes assurées, et, de ce fait, que les trois
niveaux soient toujours représentés, en se répartissant entre les PC déployés.

 Niveaux d'emploi
Dans une opération terrestre, il est souhaitable de prévoir au moins un GTA par grande unité, brigade,
division ou corps d’armée, pour répondre aux besoins prioritaires de chacune d'entre elles. Les GTA
se répartissent alors naturellement en deux niveaux, en fonction de la grande unité responsable de
leur emploi :
133
- L’artillerie d'action d'ensemble , pour les unités affectées ;
134
- L’artillerie d'appui direct pour les unités affectées aux brigades.

 Établissement de liaisons
L'artillerie doit établir un réseau de liaisons tant pour répondre à la manœuvre des feux que pour aider
à son emploi.

 Les liaisons en transmission automatique de données


Pour assurer la permanence des feux sur l'ensemble de la zone d'action, l’artillerie met en relation, par
des liaisons en transmission automatique de données (TAD), les différentes unités qui doivent réaliser
des renforcements de feux.

 Les détachements de liaison ou d’appui


C'est la grande unité qui prescrit la mise en place des détachements de liaison ou d'appui qui
s'avèrent indispensables. Le GTA doit en effet envoyer des spécialistes pour aider toutes les entités
ayant une action directe sur les feux de l'artillerie : PC de grande unité, groupement de mêlée,
moyens d'acquisition non dédiés, artillerie alliée, organisme de contrôle direct (sécurité 3D).

133
General Support Artillery.
134
Direct Support Artillery.

366
3.5 Organisation de l'artillerie sol-sol au combat
Les éléments de l'artillerie sol-sol se répartissent en trois grandes catégories :
- le personnel dans les PC des grandes unités ;
- les formations constituées ;
- les détachements de liaison, observation et coordination.

 Le personnel dans les PC des grandes unités (niveau emploi)


Le commandant de la grande unité décide de l'emploi de l'artillerie. Dans ce but, il est aidé par des
spécialistes pour définir les objectifs qu'elle doit traiter, les effets à obtenir et les contraintes à prendre
en compte.
- Quel que soit le niveau tactique de la grande unité, il est indispensable que le Général dispose
d'un officier d'artillerie qui soit son conseiller feux. Son rôle principal consiste à faire prendre en
compte l'action des feux dans leur globalité, au contact, dans la profondeur, au sol et dans la 3e
dimension, dès la conception de la manœuvre, afin que leur emploi soit le plus judicieux possible.
Au niveau brigade c’est généralement le chef de corps du GTA qui assume cette fonction ; aux
niveaux supérieurs, il émane du Fire Support Coordination Cell (FSCC) du CFT.
- La cellule appuis-3D, responsable de diverses coordinations, comporte notamment une équipe
feux sol-sol responsable de la coordination de l’artillerie sol-sol. Aux niveaux supérieurs à la
brigade, une FSCC, démultiplie l’action de l’équipe feux sol-sol de la cellule appuis- 3D.
135.
Son rôle s’exerce dès la planification, mais il est prépondérant en conduite En raison de
l’importance de son rôle, en particulier en amont de l’action des formations d'artillerie, le CMO
artillerie a vocation à projeter un harpon avec tout état-major de crise. Il accueille les
détachements de liaison des artilleries alliées ainsi que les détachements de coordination et
d’appui feux des groupements conservés aux ordres.
- Le détachement de coordination et d'appui feux est l'élément envoyé par un GTA auprès du PC de
la grande unité à laquelle il est subordonné, pour s'associer à l'élaboration des ordres d'emploi, en
l'aidant en particulier à prendre en compte les contraintes des moyens spécifiques. Il se place à la
cellule appuis-3D, où lorsqu’il existe au CMO artillerie ; il peut ainsi transmettre un certain nombre
d'informations permettant au GTA d'anticiper la manœuvre.

 Les formations constituées : groupements et sous-groupements


tactiques d’artillerie
L'ensemble des moyens d'artillerie sol-sol, ayant reçu la même mission de la grande unité, forme un
groupement tactique d'artillerie. Composé d'un PC de GTA (PCGTA), dont le niveau de responsabilité
est celui de la mise en œuvre, et d’une à un maximum de 6 batteries de tir (selon la situation, la
mission ; la limitation est technique et liée au SIC ATLAS), dotés de systèmes d'armes éventuellement
136
différents . Il comprend aussi des moyens logistiques et d'environnement.

Le PCGTA transforme les ordres d'emploi, qui intéressent toutes les fonctions opérationnelles, en
ordres de mise en œuvre pour chacun des sous-groupements. Il coordonne l'ensemble des équipes
de la composante dans les domaines de la manœuvre, du renseignement, de la logistique et des feux.
C'est pourquoi ce PC est indispensable pour que les ordres de la grande unité soient exécutés par le
personnel de l'artillerie.
Le SGTA est un élément adapté (en cours d’action) ou intégré (dès la génération de force) à un GTIA.
Constitué de modules provenant préférentiellement du même régiment d’artillerie (intégration) ou du
même GTA (adaptation), son volume est égal au minimum à une unité de tir renforcée de moyens
d’acquisition, de logistique et de commandement nécessaires à son autonomie afin de constituer une
unité d’emploi est un élément constitutif du GTA. Équipé de matériels homogènes (CANON) ou
hétérogènes (CANON/LRU), il est placé sous OPCON du commandant du GTIA dans le cadre d’une
intégration et, soit sous OPCON, soit sous TACON du commandant du GTIA dans le cadre d’une
adaptation.

135
En dépit de son appellation, le CMO artillerie n’effectue pas de la mise en œuvre (du ressort du PC de groupement) mais de
l’emploi. Dans le domaine de l’emploi, en effet, le conseiller feux réalise du pilotage et la cellule appuis 3D et le CMO de la
coordination.
136
Un GTA peut être constitué d’unités d’emploi CANON (CAESAR et/ou AuF1 et/ou TrF1 et/ou Mortiers 120 mm) et/ou
d’unités d’emploi LRU/COBRA.

367
3.6 Le détachement de liaison, d’observation et de coordination
Le détachement de liaison, observation et coordination (DLOC) réalise l’intégration des feux à la
manœuvre du GTIA. Cette intégration s’effectue à travers deux aspects principaux :
- un volet emploi qui se traduit par le dialogue interarmes entre « l’appuyant » et « l’appuyé »,
destiné à garantir le juste effet recherché (conseil, choix de l’effecteur, évaluation de l’effet, etc.) ;
- un volet mise en œuvre des appuis et gestion des contraintes (acquisition, demande de tir,
coordination dans la troisième dimension, etc.) ;

Le
Le détachement
détachement de
de liaison,
liaison, observation
observation et
et coordination
coordination

Groupe commandement S/GTIA


Elément d’observation et de
coordination

Coordonnateur appuis feux Officier coordination feux

1/1/0

Maîtrise NEB/réseaux Observateur avancé

0/2/2

Observateur avancé
Tactical air control party

Le DLOC est placé sous TACOM du COMGTIA. La place de son chef, le coordonnateur des appuis
feux (CAF), est au sein du poste de commandement avec les officiers responsables de la manœuvre,
du renseignement et de la logistique du GTIA.
ème
Le DLOC coordonne les appuis feux au contact, au sol et dans la 3 dimension, dès la conception
de la manœuvre, afin de contribuer à l’action interarmes en valorisant de manière optimale les effets
des feux.
Les fonctions majeures sont :
137
- l’acquisition d’informations au profit du chef interarmes qui lui permet de désigner un objectif en
fonction de ses priorités et/ou de préciser l’objectif préalablement choisi ;
- le conseil du chef interarmes pour l’emploi des feux quelle que soit leur nature (sol-sol,
hélicoptère, aérien ou naval) ;
- la coordination des appuis feux dans la zone d’action du GTIA afin d’en optimiser les effets tout en
garantissant la sécurité des aéronefs comme des troupes au sol.

L’emploi du DLOC n’est pas corrélé au seul emploi des canons d’artillerie de son régiment
d’appartenance, mais bien à l’emploi des feux de tout type provenant de différents systèmes d’armes
interarmes, interarmées et interalliés.

137
L’acquisition s’effectue dans le cadre de la fonction SA2R (surveillance, acquisition, renseignement et reconnaissance). Ces
informations sont recueillies soit par l’observation directe des membres du DLOC ou des unités engagées sur la zone du
GTIA, soit par des capteurs spécialisés ou pas des trois armées.

368
La solution retenue par l’armée de terre consiste à abonner chaque régiment de mêlée, en phase de
préparation opérationnelle puis en opérations, avec un détachement de liaison, observation et
coordination. Cette structure offre des capacités de deux types :
- emploi/coordination ;
- acquisition/tir.

 Mission des éléments du DLOC

 Le coordonnateur des appuis feux (CAF)


Directement aux ordres du commandant du GTIA, au sein du PC de ce GTIA, disposant d’une équipe
138
maîtrise NEB/réseaux, le CAF est un conseiller pour l’emploi des appuis feux.

Il reçoit les éléments nécessaires pour remplir sa mission, en particulier l’ordre d’opération de la
139
grande unité et son annexe feu :
- soit du poste de commandement du groupement tactique d’artillerie (GTA) auquel il est rattaché
(configuration normale, via ATLAS),
- soit du détachement d’appui placé auprès du centre opérationnel de la brigade,
- soit du PC du GTIA.

Le CAF intègre les appuis feux à la manœuvre du GTIA dès la phase de conception. En particulier il
doit :
140
- proposer l’emploi des appuis feux disponibles ;
141
- informer le commandant du GTIA sur :
o les capacités et la disponibilité des vecteurs (immédiates et ultérieures),
o les règles d’engagement spécifiques à chaque appui feux,
o les tirs planifiés retenus au plan de feux de la brigade au profit du GTIA dans sa zone
d’action,
o les capacités d’observation et d’acquisition des éléments d’observation et de
coordination (EOC), du contrôleur aérien avancé (CAA ou Forward Air Controler
(FAC)), des éventuels moyens donnés en renforcement et des senseurs de l’échelon
supérieur ;
- demander dans son domaine de responsabilité les effets et/ou les moyens, en anticipation et en
conduite nécessaires pour la réalisation de la mission du GTIA ;
142
- renseigner le commandant du GTIA en liaison avec son ORGT ;
- prendre en compte les contraintes liées à la C3D et assurer la déconfliction au sein des volumes
dédiés au GTIA appuyé ;
- exercer éventuellement un veto sur les demandes de tir venant des SGTIA, en application des
ordres du GTIA.

138
Le CAF est un spécialiste de l’intégration des feux issu de l’artillerie. Il a donc une bonne culture des autres appuis feux mais
n’a structurellement pas le même niveau d’expertise qu’un spécialiste du domaine (ex : détachement de liaison ALAT ou
contrôleur tactique air). Pour certaines missions le renfort de ces spécialistes peut s’avérer nécessaire, ce problème est traité
dans la partie renforcement.
139
Il reçoit également les ordres relatifs aux opérations aériennes et à la C3D, Air Coordination Order, Air Task Order.
140
Lors du processus d’élaboration des ordres (MEDO) le CAF propose la contribution des appuis feux à l’action du GTIA. Cela
débouche sur une anticipation de l’emploi des moyens dédiés (TACON, TACOM, feux planifiés), moyens dont une partie
(sous la forme d’une quantité de munitions, il faut éviter de réserver des effecteurs) doit constituer une réserve de feux (en
général 10% de ses capacités). Il doit effectuer des demandes complémentaires si nécessaire. Ces demandes
complémentaires ne sont pas exclusives de demandes réalisées en conduite en particulier lors d’une prise à partie.
Ce processus peut, mais ce n’est pas une obligation, déboucher sur une liste d’objectifs candidats au plan de feux du GTIA
ou de la BIA. Cette dernière démarche est pertinente, en particulier, lors d’une phase statique.
141
D’une façon générale, le CAF informe le commandant du GTIA sur les capacités nationales ou alliées présentes sur le
théâtre, susceptibles d’avoir une incidence sur l’action du GTIA, en particulier pour les capacités liées à l’appui feux, à
l’acquisition d’objectifs ou à la coordination dans la 3ème dimension. Il peut en proposer l’emploi et se charge d’effectuer les
demandes afférentes à cet emploi.
142
Officier de renseignement de groupement tactique.

369
Les subordonnés du CAF sont :
- une équipe Tactical Air Control Party (TACP);
- un élément d’observation et de coordination par SGTIA;
- des renforcements éventuels.

Il est de la responsabilité du CAF de proposer l’emploi optimisé de ces moyens au GTIA.

 La Tactical Air Control Party (TACP)


143
Cette équipe est commandée par un Contrôleur Aérien Avancé (CAA ou Forward Air Controller).
Elle agit au sein du DLOC pour conduire les missions CAS (Close Air Support). Ponctuellement, elle
peut être décentralisée au niveau d’un SGTIA, voire d’un détachement interarmes, si la conduite des
actions aériennes nécessite sa présence.
Cette équipe est sous TACOM du GTIA et sous TACON de la chaîne air pour la mise en œuvre des
feux air-sol.

Sa mission est :
144 145
- d’assurer le conseil de l’unité appuyée via le CAF pour la mise en œuvre des aéronefs
intervenant dans le cadre d’un CAS;
- de conduire les actions CAS au profit du GTIA, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un
observateur avancé (CAS de type 2 voir APPUI AERIEN). Dans ce cas, le CAA assure le guidage
de l’aéronef grâce aux éléments d'attaque, les coordonnées ou le marquage de l'objectif qui lui
sont transmises par l’observateur avancé, qui est qualifié opérateur d’appui aérien (Joint Forward
Observer).

Directement subordonnée au CAF, l’équipe TACP reçoit ses consignes en termes de contrôle des
actions aériennes, de la grande unité via sa liaison avec le contrôleur tactique air (CTA).
Dans le cadre d’une action de coordination ou de combinaison des feux sur un objectif du GTIA,
l’équipe TACP est responsable de la gestion des volumes aériens dévolus à l’unité appuyée par la
chaîne air (CTA) pour la réalisation de son action.

Le CAA organique du DLOC possède la qualification « observateur avancé ». Bien que cela ne soit
pas sa mission prioritaire il est donc en mesure de mettre en œuvre un tir d’artillerie, un appui feu
naval ou un appui feu hélicoptère.

 L’élément d’observation et de coordination


Intégré au sein des SGTIA, l’élément d’observation et de coordination a une double vocation :
- conseil/commandement, rôle dévolu à l’officier coordination feux ;
- mise en œuvre des feux, rôle dévolu aux observateurs avancés.
Commandé par l’officier de coordination des feux (OCF), cet élément comprend de une à quatre
équipes d’observation avancées selon le besoin tactique (principe de modularité). Il peut être renforcé
d’un FAC.

 L’officier coordination des feux


Directement sous les ordres du commandant de SGTIA, sa mission consiste à :
- proposer l’emploi des appuis feux disponibles ;
- préparer avec le chef interarmes, en liaison avec ses OA, les catalogues de tir, pour disposer d’un
146
baptême terrain commun ;
- informer le commandant du SGTIA sur :

143
Prévue à 4 personnes et un véhicule d’acquisition, cette structure doit être renforcée de 2 équipiers lorsque le combat
s’effectue à pied pour une longue durée.
144
Si un CTA est adapté au GTIA, c’est lui qui assure la fonction de conseil.
145
Conseiller sur l’emploi des moyens est de la responsabilité du CAF. Le CAA met à la disposition de ces derniers son
expertise technique et sa connaissance actualisée de la situation aérienne.
146
Ce baptême pourra opportunément être diffusé par le CAA à la chaîne air, cela étant susceptible d’améliorer la précision et
la réactivité d’un appui aérien.

370
o les capacités et la disponibilité des appuis feux (immédiats et ultérieurs),
o les règles d’engagement spécifiques à chaque appui feux,
o les capacités d’observation et d’acquisition de son équipe et des senseurs de
l’échelon supérieur ;
147
o renseigner le commandant d’unité ;
- prendre en compte les contraintes liées à la C3D et assurer, en liaison avec le FAC si nécessaire,
la déconfliction au sein des volumes dédiés au SGTIA appuyé ;
- combiner les actions des OA et du FAC, lorsque ce dernier est adapté au SGTIA ;
- conseiller le CDU pour la validation et le suivi des demandes de tirs effectuées directement par les
148
sections , via le SIR.

Bien que cela ne soit pas sa mission prioritaire, l’OCF peut être amené à mettre en place lui-même un
149
appui feu .

 L’observateur avancé
La mission de l’OA consiste à :
- acquérir tout objectif dans la zone de responsabilité du SGTIA ;
150 151
- conduire et observer les tirs d’artillerie, les appuis feux hélicoptère (AFH) et naval (AFN) ;
- être en mesure de participer à un guidage aérien en liaison avec la TACP (CAS type2) ;
- préparer, sur ordre du CDU, les catalogues d’objectifs candidats du SGTIA au plan de feux du
GTIA ;
- participer au recueil d’informations.

Les OA peuvent être engagés auprès des éléments au contact (sections d’infanterie ou pelotons
blindés) en fonction de la manœuvre interarmes, ils peuvent également basculer d’un EOC à un autre.

En cas d’indisponibilité de l’OCF, le CDU désigne un OA pour le remplacer.

 Les renforcements possibles


152
Structure modulaire, le DLOC est par nature apte à intégrer (prise sous TACON) et employer des
cellules contribuant à l’appui feu du GTIA.
Il s’agit principalement d’apporter une capacité dans le domaine de :
- l’acquisition d’objectif :
o renforcement d’observateur(s) avancé(s),
o renforcement de CAA,
o adaptation de moyens d’acquisition du renseignement (ROIM, RORAD, ROEM et
153
ROHUM) ;
- la coordination troisième dimension :
154
o intégration d’un contrôleur tactique aérien (CTA).

4. La manœuvre de l'artillerie
147
L’OCF est en relation avec d’une part les capteurs que sont les OA et le CAA, d’autre part l’ensemble des chaînes appui, via
le réseau ATLAS, le digital CAS, etc.
148
Cas de figure où la demande de tir n’est pas réalisée par un observateur avancé.
149
Cela impose un équipement adapté, même s’il ne s’agit pas de dupliquer les capacités des OA et éventuellement la
décision de renouveler le tir.
150
De l’observation du tir découle l’évaluation des dommages (BDA).
151
Conformément au préambule de ce document, il n’y a pas de remise en cause de la demande de tir artillerie, hélicoptère
voire CAS effectuée directement par un pion tactique, si la situation l’exige.
152
Le DLOC peut également être le point d’entrée au sein du GTIA lors de la mise sous TACON (adaptation) de modules
destinés à délivrer des feux sol-sol (section mortier, canon ou LRU) ou sol-air (section MISTRAL).
153
ROIM : renseignement d’origine image (drones, …), RORAD : renseignement d’origine radar (RASIT, RATAC, COBRA, par
extension écoute au son), ROEM : renseignement d’origine électromagnétique, ROHUM : renseignement d’origine humaine.
154
En principe ce spécialiste de la C3D, en liaison avec la chaîne air est inséré au sein de la brigade interarmes.

371
4.1 Les principes de la manœuvre de l'artillerie sol-sol

 Manœuvre des moyens et des lanceurs


Les moyens d'acquisition dédiés à l'artillerie ont toujours une manœuvre dissociée de celle des
lanceurs. En effet, les DLOC suivent les actions des GTIA, alors que les radars d'acquisition dédiés,
RATAC ou COBRA, sont mis en œuvre en fonction des missions confiées par la grande unité. Le
couplage entre acquisition et feu est réalisé au PC de mise en œuvre du GTA. C'est en effet vers lui
que convergent toutes les demandes de tir, sur la faisabilité desquelles il statue. Il doit en être de
même pour les demandes de tir provenant des moyens d'acquisition non dédiés. Toutefois, c’est bien
l’action de planification de la cellule Appuis-3D de la GU qui permet l’optimisation des déploiements de
l’artillerie (batteries canon / mortiers / LRU) par rapport à la manoeuvre interarmes.

4.2 La manœuvre des moyens


La manœuvre des unités vise à adapter en permanence le dispositif de l'artillerie pour répondre aux
besoins feux et renseignement de la manœuvre interarmes, en fonction de l'évolution de la situation.

 Sûreté, sauvegarde, protection


L'artillerie constitue une cible de choix pour l'adversaire, en particulier s'il dispose de radars de
contrebatterie. C'est pourquoi, en complément de toutes les mesures de sûreté appliquées par les
autres armes (sûreté immédiate, protection électronique, LATTA), l'artillerie sol-sol assure sa
sauvegarde par la mobilité au sein de ses zones de déploiement. Dans la mesure du possible, une
position d'attente est recherchée à proximité d'une position de tir. En tout état de cause, si le
camouflage est insuffisant, la section de tir doit changer de position après une heure de stationnement
sans tir. Dans une situation de contrebatterie sévère, l'unité de tir doit quitter sa position de tir dix
minutes après le premier coup, pour effectuer un mouvement de sauvegarde. L'artillerie ne peut tirer
et assurer en même temps le contrôle de ses zones de déploiements. Aussi, dans le cadre d'un
combat lacunaire, la protection des unités de tir par des éléments extérieurs au groupement peut se
révéler indispensable.

 La manœuvre des éléments


Pour remplir les missions fixées dans les meilleures conditions, assurer la sauvegarde des moyens et
suivre le rythme de la grande unité, le PCGTA commande la manœuvre de l'ensemble des moyens ;
chaque élément (unité, PC, logistique) adopte un déploiement particulier, qui est précédé d'une
reconnaissance et d'un déplacement.
Toute reconnaissance vise à :
- contrôler la viabilité de l'itinéraire de déplacement prévu et relever les possibilités de positions de
circonstance le long de cet axe ;
- créer des points de recalage pour les véhicules équipés d'une unité de navigation inertielle ;
- reconnaître la future zone de déploiement et déterminer les différents emplacements
nécessaires à l'intérieur de celle-ci ainsi que les itinéraires entre eux ;
- préparer l'accueil des éléments.

Les déplacements ont souvent lieu par élément successif, pour assurer une certaine permanence de
la fonction principale de l'élément. Les déploiements sont spécifiques à chacun des éléments et à
chacun des systèmes d'armes.

Deux grands types de manœuvre sont exécutés par les batteries en fonction des ordres donnés par la
grande unité :
- si les zones de déploiement sont définies dans l'ordre d'opérations (principalement à cause d'une
gestion de l'espace contraignante), il est exclu de pouvoir se déployer, et a fortiori de tirer, à partir
d'autres positions. Dans ces zones, qui ont plutôt une grande taille, l'espace n'est pas réservé à
l'artillerie, mais celle-ci y est prioritaire. La manœuvre des unités de tir est donc discontinue, de
zone de déploiement en zone de déploiement ;
- si les zones de déploiement ne sont pas définies dans l'ordre d'opérations, le PC de groupement
peut concevoir une manœuvre soit discontinue, soit continue, soit alternant les deux, lui
permettant de s'adapter au rythme de déplacement de la grande unité et au nombre de tirs à

372
effectuer. Sur les zones prévues par le PC de groupement pour déployer les unités de tir,
l'artillerie n'est pas prioritaire, ce qui rend d'autant plus nécessaire la prise de contact avec les
troupes amies avoisinantes, lors des reconnaissances, afin de coordonner l'occupation du terrain.

Dans tous les cas, pour augmenter sa disponibilité, il est souhaitable que l’artillerie sol-sol bénéficie de
la priorité en matière de circulation sur ses itinéraires de déplacement.

 Les procédures de liaisons


155
Les liaisons de l'artillerie appliquent les principes énoncés dans le STANAG 2101 . On peut
notamment retenir :
- la liaison doit toujours être réciproque lorsque des forces sont placées sous le commandement ou
le contrôle d'un PC d'une nationalité différente ;
- lorsque la liaison n'est pas réciproque, son établissement est à la charge de l'unité assurant l'appui
vers l'unité bénéficiaire, des forces relevantes vers les forces relevées.

Chaque détachement de liaison reçoit sa composition et son point de rendez vous dans l'ordre initial.

4.3 La manœuvre du renseignement et de l'acquisition


Pour l'artillerie, les ordres concernant le renseignement figurent normalement dans le paragraphe
renseignement de l'annexe feux de l'OPORD. Cependant, la base d'établissement de ce paragraphe
reste l'annexe renseignement de l'OPORD, qu'il convient donc que le PCGTA consulte attentivement.

 La participation au renseignement de manœuvre


Le renseignement de manœuvre se limite le plus souvent aux données de position, nature, volume et
attitude de l'adversaire détecté par les COBRA et les observateurs d'ensemble. Le seul
renseignement apporté par ces équipes est le message de tir qui permet, à l’occasion du tir, de
connaître la localisation, la nature, le volume et l’attitude de l’adversaire.
Tous les renseignements sont transmis au PCGTA qui fait une synthèse des informations toutes les
heures, en y intégrant l'exploitation des comptes rendus de tirs et d'évaluation des dommages. Les
renseignements correspondant aux ordres de recherche de la grande unité sont transmis
intégralement. Ils font l'objet d'un message compte rendu de recherche acheminé sans délai via le
PCGTA. Il en est de même pour les renseignements déterminants d'intérêt immédiat. Tous les
moyens affectés (ou adaptés) à l'artillerie sont mis en œuvre directement par le groupement. C'est en
effet lui qui manœuvre les moyens d'acquisition dédiés, sauf si la grande unité décide de les rattacher
à un DL. Par ailleurs, le PCGTA doit suivre les objectifs qui lui ont été attribués, en tenant à jour leur
position et leur environnement.

 Acquisition au contact
Les DLOC sont envoyés auprès des GTIA conformément à la répartition décidée par le chef
interarmes. Dès leur arrivée, ils se placent aux ordres du PC qu'ils ont rejoint. Liés aux unités
appuyées, les OA acquièrent les objectifs et, après accord du commandant du SGTIA, adressent leurs
demandes de tir au PCGTA via le groupe commandement du DLOC pour la coordination des feux du
GTIA appuyé. Les OA communiquent également leur connaissance de la situation ennemie au groupe
commandement du DLOC qui établit toutes les heures une synthèse pour la zone d'intérêt du GTIA
appuyé.

4.4 La manœuvre des feux


ATLAS réalise l'ensemble des liaisons nécessaires à la manœuvre des feux et permet ainsi le
transfert de feux entre toutes les unités irriguées. La décentralisation de certains moyens est adoptée,
dès que la limite de portée des matériels (transmissions, lanceurs) ne permet pas de conserver
l'organisation centralisée. ATLAS permet d’affecter certaines ZEF à une batterie particulière afin que
des paramètres tactiques prévalent sur les paramètres balistiques dominants dans de système. Par
exemple, il peut être envisagé qu’une batterie reste non décelée avant une action particulière. Il peut

155
STANAG relatif à l’établissement de la liaison.

373
être souhaitable, pour le LRU en particulier, que tous les tirs soient affectés aux mêmes lanceurs afin
que le recomplètement en munitions soit contrôlé et non décidé empiriquement par la machine.

 Les types de tir gérés par un groupement tactique d'artillerie


La procédure utilisée par le PC de groupement pour gérer les feux varie selon qu'il s'agit de
l'engagement d'un objectif planifié ou d'un tir d'opportunité sur un objectif inopiné.
- Les tirs planifiés sont effectués avec les moyens réservés, sur ordre de la grande unité, pour être
en mesure de réagir plus vite que lors des tirs d'opportunité. Dans ce cadre, le déclenchement des
missions de tir a lieu soit « à l'horaire », soit « à la demande », les tirs à l'horaire étant prioritaires
sur les autres. Le PCGTA est responsable du respect des horaires fixés. Pour l'engagement
d'objectifs planifiés à la demande, il s'engage à effectuer le tir dans le délai fixé par la grande unité
(en moins de trois minutes par défaut). Au niveau de la brigade, les tirs planifiés ne doivent pas
concerner plus de 30 % des tirs.
- Tous les objectifs qui n'ont pas été planifiés font l'objet d'une demande de tir. Le PCGTA statue
sur cette demande ; en fonction de ses possibilités et des priorités tactiques, il décide de
l'accorder, la transférer, la différer ou la refuser. Afin que le demandeur connaisse le temps
d'attente maximal d'un tir différé, le tir est refusé s'il n'est pas réalisable dans le délai maximal fixé
par la grande unité (en moins de dix minutes par défaut). Par ailleurs, si la grande unité a accordé
au DLOC un volume de tirs prioritaires, dans certains créneaux de temps, les demandes des tirs
« prioritaires du DL » sont traitées dans les mêmes délais que des tirs planifiés.

 Les effets de l’artillerie


Arme des feux, l'artillerie peut obtenir de nombreux effets tactiques de destruction, de neutralisation,
voire psychologiques et de déception, avec ses tirs.

 Effets d’agression
- La semonce consiste à effectuer une démonstration de capacité soit en tirant sur des objectifs
« vides » (situés à proximité des cibles réelles potentielles) soit en tirant des munitions non létales
(fumigènes, éclairantes, ...) ;
- le harcèlement vise à créer un climat d'insécurité sur un point, sur un itinéraire, sur une zone ou
sur un lieu que l'on ne peut observer et que l'on sait occupés par l'ennemi ;
- la neutralisation à temps permet d'empêcher un objectif ennemi de poursuivre sa mission pendant
une quinzaine de minutes. Elle s'applique tout particulièrement au contact, sur les formations
blindées (avec des blindés lourds), sur des bases de feux et sur des objectifs de très grande
taille ;
- la neutralisation tactique correspond a la mise hors de combat de 10 % des cibles composant un
objectif tactique. Elle peut être demandée sur tout objectif de forces, à toute distance de la ligne
des contacts ;
- la destruction tactique correspond à la mise hors de combat de 30 % des cibles composant un
objectif tactique. Elle peut être demandée sur les blindés et les mécanisés, sur les unités de tir
d'artillerie, sur les PC et sur les éléments spécialisés du génie. Il est souhaitable de la réserver à
une certaine profondeur ;
- la destruction peut être demandée sur des objectifs d'infrastructure. Elle sera totale si la
construction est légère ou sensible (hangars, cuves, usines, pavillons) ; elle sera partielle pour des
immeubles. Actuellement, cet effet ne peut être obtenu sur des sites durcis (blockhaus).

 Effets spéciaux
- L'aveuglement est plutôt réservé à la zone des contacts ; il est appliqué devant un observatoire ou
une base de feux pendant le mouvement des unités de mêlée amies ;
- l'éclairement du champ de bataille permet de dévoiler l'ennemi qui manœuvre dans une zone
proche des contacts.

 Effets sur le mouvement

374
- La mise en place à distance de mines antichars permet d'interdire temporairement une zone
située, soit sur les flancs, soit dans une faible profondeur, là où l'ennemi commence à se déployer
avant de lancer une attaque ;
- l'arrêt vise à interdire à des objectifs en mouvement l'accès aux positions amies, en appliquant les
feux sur une ligne caractéristique du terrain, à proximité de celles-ci ;
- le barrage vise à interdire la libre circulation entre plusieurs compartiments de terrain, en battant
une ligne située plutôt dans la profondeur.

La préparation d'artillerie, exécutée avant une attaque ou une contre-attaque amie afin de la faciliter,
n'est pas le « barrage roulant » d'autrefois, mais une combinaison de destructions tactiques, de
neutralisations tactiques et d'aveuglement. L'effet de cloisonnement, lui, est obtenu soit par un
barrage, soit par du harcèlement, soit par du minage à distance.

 Mesures de coordination des feux d'appui


Les mesures de coordination de l'appui feux sont établies par le commandant des armes d'appui selon
les recommandations de la cellule de coordination des feux d'appui au PC de théâtre. Ces
recommandations sont établies selon les directives du commandant de la force, la localisation des
forces amies, l'idée de manœuvre et les mouvements prévisibles de l'ennemi.
Il existe deux types de mesures de coordination :
- les mesures permissives, qui ont pour but de faciliter l'engagement des cibles ;
- les mesures restrictives, qui ont pour but de protéger les forces amies (sécurité).

 Mesures permissives
La ligne des tirs coordonnés ou CFL (Coordinated Fire Line) est une ligne au-delà de laquelle les
armes conventionnelles d'appui surface-surface (mortiers, artillerie sol-sol et artillerie navale) peuvent
tirer à tout moment sans coordination particulière. Le but de cette mesure est de pouvoir effectuer
rapidement des tirs sur l'ennemi au- delà de cette ligne. La CFL est facilement identifiable sur le
terrain.
Elle est établie au niveau de la grande unité qui commande les troupes engagées dans l'opération.
Elle peut être confirmée au niveau supérieur.
La ligne de coordination des feux d'appuis ou FSCL (Fire Support Coordination Line) est une ligne
déterminée par le commandant des troupes au sol approprié en vue d'assurer la coordination des feux
dont il n'a pas le commandement mais qui sont susceptibles d'affecter les opérations tactiques en
cours. Elle marque la limite entre la profondeur tactique et la profondeur opérative.
La zone libre pour les tirs ou FFA (Free Fire Area) est une zone spécifique dans laquelle tous les
systèmes d'armes peuvent tirer sans coordination avec le PC qui l'a définie. L'assignation des
objectifs ou cibles aux différents moyens de feu est faite par la cellule de coordination de l'emploi des
moyens d'appui (cellule appuis-3D). La FFA est habituellement définie au niveau division. Elle
correspond normalement à une partie de terrain facilement identifiable ; elle peut être utilisée par les
moyens d'appui feu pour décharger les munitions qui n'ont pu être tirées sur les cibles.

 Mesures restrictives
La ligne des tirs soumis à restriction ou RFL (Restricted Fire Line) est établie entre deux unités amies
devant effectuer un mouvement convergent (l'une ou les deux unités peuvent être en mouvement). Il
est interdit de tirer au- delà de cette ligne sans concertation entre les deux unités concernées. La RFL
est définie par le commandant commun des deux forces. Cette ligne est facilement identifiable sur le
terrain.
La zone de coordination de l'espace aérien ou ACA (Airspace Coordination Area) est un
parallélépipède rectangle, défini dans la zone des cibles, pour permettre le tir simultané par tous les
systèmes d'armes (avions, artillerie, et artillerie navale). L'ACA est désignée à l'aide de deux altitudes
(maximum et minimum), deux coordonnées désignant les extrémités du parallélépipède et enfin la
profondeur.
La zone d'interdiction de tir ou NFA (No Fire Area) est une zone dans laquelle aucun tir ne peut être
effectué, sauf :
- quand le PC qui a désigné la NFA autorise le tir limité dans le temps,
- quand l'ennemi pénètre dans la NFA ; dans ce cas, le commandement peut donner l'ordre de tir
sur l'ennemi pour protéger ses forces qui peuvent être déployées dans la zone.

375
Cette zone doit être facilement identifiable sur le terrain. La NFA est établie au niveau de la division ou
de la composante terrestre.
La zone des tirs soumise à restriction ou RFA (Restricted Fire Area) est une zone dans laquelle
certaines restrictions sont imposées. Les tirs ne respectant pas ces restrictions doivent faire l'objet
d'une coordination avec le PC qui a défini les restrictions initiales. La RFA doit être facilement
identifiable sur le terrain. La RFA est établie au niveau du groupement, voire du sous- groupement
autonome.
La ligne de sécurité des feux ou NFL (No Fire Line) est une ligne en deçà de laquelle l'artillerie sol- sol
ou l'artillerie navale ne peut tirer qu'avec l'autorisation ou sur demande du commandant des troupes
engagées, et au-delà de laquelle elles peuvent tirer à tout moment sans danger pour les troupes
amies.

4.5 La manœuvre de la logistique

 Principes logistiques
Pour l'unicité de la manœuvre, c'est le PCGTA qui est responsable de la conception de la manœuvre
logistique. Celle-ci est conduite par le chef BML ou l’OFF LOG , secondé par le médecin-chef, le chef
du train de combat n°2 et le chef du train de combat n°3.
Deux impératifs contradictoires sont à concilier en permanence :
- la stabilité des déploiements pour un fonctionnement optimum ;
- le soutien au plus près pour réduire les délais.

Les munitions « tranche D» sont livrées à chaque fois par l’échelon amont.

 Déploiement
Comme les autres armes, l’artillerie organise son soutien en trois échelons : les trains de combat n°1,
le train de combat n°2, qui dispose de moyens logistiques plus lourds mais indispensables au combat
en cours, le train de combat n°3. Le TC 2 est composé de cinq îlots (commandement, ravitaillement
tranche D, ravitaillement autre que la « tranche D », maintenance, santé) ; il se déploie sur une zone
2
de 6 à 20 km , suivant le rythme et la nature de l'action.

 Ravitaillements
La logistique du GTA est volumineuse et pondéreuse même si la mise en service d’obus compétents
est de nature à diminuer significativement l’empreinte logistique.
L’autonomie logistique doit être maintenue en permanence au niveau fixé initialement dans l’ordre
administratif et logistique (OAL). Le seuil en dessous duquel il ne faut pas laisser descendre est
précisé par le commandant GTA, en liaison avec la grande unité.

Les munitions tranche D sont livrées au TC 2 par les véhicules de la base logistique divisionnaire, aux
TC 1 par les véhicules du TC 2. La transformation des plateaux homogènes en plateaux hétérogènes
est réalisée soit au TC 2 soit aux TC 1, suivant les munitions et suivant les besoins. Les véhicules des
TC 1 approvisionnent les plots de munitions. Aucun stock à terre n’est constitué, même sur les plots
de ravitaillement.

 La maintenance
Le GTA est responsable de certaines opérations du niveau NTI 1/2. Il peut exceptionnellement
recevoir des renforcements en provenance du NTI 2. Les réparations et les évacuations sont
entreprises conformément aux priorités techniques et tactiques fixées dans l’ordre administratif et
logistique, et réparties entre les deux niveaux techniques, en fonction de la durée d'intervention et/ou
de la stabilité escomptée.

 Cas particulier de l'adaptation


Le sous-groupement tactique d’artillerie, adapté pour une courte durée, est soutenu par le TC2 de son
GTA d'origine. Pour une longue durée ou dans le cadre d’une intégration, son soutien est à charge du

376
bénéficiaire de l’adaptation. C'est aussi le cas pour les détachements de liaison (DLOC) ou d'appui
(DCAF).

5. Rôle de l’artillerie d’appui direct, GTA au profit de la BIA


Catégorie MA Rôle Conso
- Neutraliser les résistances ;
- désorganiser les moyens blindés en posture d’attaque ;
Reconnaissance - participer à la réduction des résistances dépassées ;
1 UF/ J
offensive - gêner les échelons de soutien ;
- prendre à partie l’artillerie ;
- renseigner dans la profondeur.
- Faciliter le débouché par la prise à partie des éléments au
contact ;
- neutraliser les moyens feux ;
MA OFF
Attaque - disloquer les unités en cours de déploiement ; 3 UF/ J
- arrêter les contre- attaques ;
- couvrir un flanc ;
- renseigner dans la profondeur ou sur un flanc.
- Appuyer la progression ;
- participer à la réduction des résistances dépassées ;
Exploitation - couvrir un flanc ; 2 UF/ J
- bloquer des réactions offensives ;
- renseigner sur l’arrivée des échelons de soutien.
- Faciliter les décrochages des unités pendant le freinage ;
- renforcer les coups d’arrêt ;
Manœuvre - dissocier les contre- attaques ;
2 UF/ J
retardatrice - accompagner les contre-attaques amies ;
- prendre à partie l’artillerie ;
- renseigner sur l’attitude des échelons de soutien.
- Neutraliser l’artillerie pendant les phases de défense
MA DEF temporaire ;
- ralentir l’arrivée des renforts ennemis ;
Manœuvre
- accompagner nos contre-attaques ;
d’arrêt
- arrêter une réaction offensive ; 3 UF/ J
- couvrir un flanc ;
- renseigner sur un flanc et dans la profondeur.
Contre-attaque - Identique attaque
Couverture - Identique manœuvre retardatrice

377
Rôle de l’artillerie d’appui direct, SGTA au profit du GTIA

Recherche de
Catégorie Missions feux
l’information
er
- Appuyer la progression des unités de 1 échelon ;
- appuyer puis accompagner le débouché des unités
er
de 1 échelon ;
Participer à l’acquisition
- participer à la désorganisation des unités ennemies ;
de renseignements
- participer à la couverture des flancs du GTIA ;
d’objectifs ou de
- participer à la neutralisation des résistances
MA OFFENSIF manœuvre dans la zone
dépassées ou isolées ;
d’action du GTIA, dans la
- participer à la neutralisation des bases d’appui feu
profondeur, sur les
ennemies (AC, Art) ;
flancs et dans les
- appuyer les raids blindés dans la profondeur ;
intervalles
- aveugler les observatoires ;
- éclairer le champ de bataille ;
- participer au harcèlement de l’ennemi.
er
- Appuyer le décrochage des unités de 1 échelon ;
- appuyer les unités au contact lors des coups d’arrêt ;
- participer à la désorganisation des unités ennemies ;
- appuyer les contre- attaques ;
MA DEFENSIF - participer à la couverture des flancs du GTIA ;
Idem
- participer à la neutralisation des bases d’appui feu
ennemies (AC, Art) ;
- aveugler les observatoires ;
- éclairer le champ de bataille ;
- valoriser les plans de feux et les plans d’obstacles.

Catégorie Recherche de Missions feux


l’information
- Appuyer les unités en situation d’interposition ;
Participer à
- participer à la neutralisation des résistances
l’acquisition de
dépassées ou isolées ;
renseignements
- participer au contrôle de zone ;
d’objectifs ou de
MA de - participer à l’interdiction des infiltrations ;
manœuvre dans la
SECURISATION - participer à la démonstration de forces par des tirs de
zone d’action du GTIA,
semonce ou d’intimidation (éclairant, fumigène,
(belligérants,
explosif) ;
population, terrain,
- participer à la dissuasion par la manœuvre et la
infrastructure)
présence sur le terrain.

Références :

- ART 10.001 « Concept d’emploi des feux sol-sol » – édition 1998 ;


- ART 20.001 « ART 405 : Manuel d’emploi des formations de l’artillerie sol- sol » approuvé
sous le numéro n°115/CDES/CREDAT/B4 – édition octobre 2001 ;
- ART 34.011 « ART 429/1 : Manuel de mise en œuvre du groupement tactique d’artillerie
équipé du système ATLAS CANON T1 », approuvé le 6 mai 2005 sous le numéro
n°295/EAA/DEP/BAIN – édition 2005 ;
- ART 34.012 « ART 429/2 : Manuel de mise en œuvre du groupement tactique d’artillerie
équipé du système ATLAS CANON T2 », approuvé le 6 mai 2005 sous le numéro
n°295/EAA/DEP/BAIN – édition 2005 ;
- ART 35.011 « ART 430 : Manuel de mise en œuvre du groupement tactique d’artillerie équipé
du système ATLAS adapté à un groupement tactique interarmes », approuvé le 31 mai 2006
sous le numéro n°281/EAA/DEP/B.AIN – édition 2006 ;

378
DEFENSE SOL – AIR 156

1. La menace aérienne
Sur les théâtres où sont engagées actuellement les forces terrestres, la menace aérienne est faible.
Cependant, elle ne doit pas être négligée, car elle n’est jamais inexistante, en raison de la diversité
des vecteurs et des armements possibles, en particulier des moyens de circonstance dérivés de
moyens civils. Par ailleurs, le développement très important des drones, de toutes tailles et de niveaux
technologiques variés, rend ce type de menace plus probable sur tous types de théâtre.
Cette menace aérienne peut donc réapparaître ponctuellement mais brutalement sur les théâtres
d’opérations où les forces terrestres sont engagées.

1.1 Types d’actions aériennes

 La surveillance – le renseignement
Disposant de performances en perpétuelle évolution, les senseurs de surveillance jouent un rôle
essentiel dans la gestion des crises mais aussi dans la conception et la conduite du combat moderne
grâce à l’apport conséquent de renseignements qu’ils procurent. Deux types de reconnaissance se
distinguent :

classique : imagerie photo, optronique ou radar. Les champs couverts sont fonction de l’altitude de
l’appareil ;

électronique : interception et localisation des émissions. Ce type de mission est effectué par des
avions porteurs de bidons (ou « pods ») de réception ou d’enregistrement ou par des gros porteurs
(AWACS, MAINSTAY) opérant à distance de sécurité (plusieurs centaines de kilomètres de la ligne
des contacts).

Les moyens employés sont les avions, les systèmes héliportés ainsi que les drones.

Les missions qui peuvent leur être confiées sont :


- la localisation, la reconnaissance et l’identification des forces ;
- l’acquisition et le suivi des objectifs ;
- le réglage de tirs d’artillerie ;
- le guidage de charges militaires ;
- l’évaluation des dommages.

 La guerre électronique
Pour les armées qui disposent de cette technologie coûteuse, les actions de guerre électronique sont
systématiques dès le début des engagements et perdurent au long des missions.

Les moyens employés sont les avions (sur les avants et les arrières ennemis), les missiles de
croisière (sur les avants et les arrières ennemis), les drones (sur les avants et les arrières ennemis) et
les hélicoptères (au plus près du dispositif avant).

Les missions qui peuvent leur être confiées sont :


- le brouillage ;
- le leurrage et la saturation des réseaux.

156
Le système d’armes SAMP HAWK est retiré du service actif en 2012.

379
 L’aérotransport
Le risque est lié au personnel et/ou au matériel transporté.
Les moyens employés sont les avions et les hélicoptères.
Les missions qui peuvent leur être confiées, dans toute la profondeur du dispositif ami, sont :
- le transport de troupes ;
- l’aérolargage ;
- les opérations héliportées.

 La destruction
Tous les systèmes d’armes sont aptes à infliger des destructions significatives.
Les moyens employés, outre l’avion qui demeure le risque majeur, sont :
- des bombardiers tactiques ou stratégiques, de jour comme de nuit ;
- des avions appui feu ;
- des hélicoptères armés ;
- des drones : armés de missiles ou « sacrifiables » tels des bombes volantes ;
- des avions légers (genre aéroclub) équipés en armement léger (canons, roquettes).

Les missions qui peuvent leur être confiées, sur tous les compartiments du terrain, dépendent du but
recherché et pourront avoir essentiellement pour objectif :
- la destruction ou la neutralisation des troupes ;
- la destruction ou la neutralisation des matériels ;
- la destruction ou la neutralisation des infrastructures.

1.2 Les actions asymétriques


Dans le cadre des conflits de type asymétrique (guérilla, terrorisme), l’adversaire a recours aux
moyens les plus divers, recherchant l’effet de surprise et exploitant l’ensemble des ressources
disponibles (vecteurs, armement de circonstance) par des modes d’action atypiques. Il convient que
ce type de menace soit pris en compte sur les théâtres a priori par des mesures de prévention et de
réaction.

2. La défense anti-aérienne

Cette étude ne présente pas les mesures de coordination dans la troisième dimension, développées
dans un chapitre spécifique ultérieur.

2.1 Emploi de l’artillerie sol-air (ASA)

 Rôle général et menace


L’emploi de l'ASA est étroitement lié aux particularités de la menace 3D qui peut se caractériser par :
- sa diversité croissante (apparition drones d'attaque, ...) ;
- son omniprésence et sa permanence quelle que soit la nature de l'intervention ;
- sa brutalité et son efficacité ;
- la dissémination des technologies et aéronefs performants ;
- la généralisation :
o des drones, missiles de croisière et cibles furtives,
o des armements tirés à distance de sécurité (stand-off),
o de la capacité au combat tout-temps en ambiance de guerre électronique intense,

380
o son imprévisibilité qui lui donne l'initiative et donc pèse sur la liberté d'action du chef
interarmes.

Par ses caractéristiques, la menace 3D, fait peser une contrainte inacceptable sur la manœuvre
aéroterrestre. Le rôle général de l’ASA reste donc de garantir la liberté d'action du chef interarmes
face à la menace 3D.

 Mission générale
Pour faire face à cette menace multiforme et omniprésente, la lutte antiaérienne est menée à tous les
niveaux, par toutes les armes et prend plusieurs formes :
- la défense aérienne, du ressort de l'armée de l'air, dans le cadre de la bataille pour la supériorité
aérienne qui est la priorité des forces aériennes. Elle consiste en la défense de l'espace aérien
national (intercepteurs contre chasseurs adverses), des points névralgiques et du potentiel aérien
(chasseurs contre avions tactiques ENI). L'ASA y participe (défense de points névralgiques, de
bases aériennes, ...) ;
- la défense antiaérienne qui relève de la responsabilité de l'ASA. Elle consiste en la défense des
forces terrestres engagées ou projetées (contre avions tactiques et hélicoptères). L'armée de l'air
y contribue grâce à ses moyens air-air et sol-air ;
- la lutte antiaérienne toutes armes (LATTA), menée par toutes les unités, avec leur armement
spécialisé (CN 20, 12,7) ou non. Elle a démontré son efficacité dans tous les conflits modernes
(Vietnam, Golfe, ...) mais suppose une formation des servants. Dans ce cadre, l'ASA peut recevoir
comme mission de coordonner (consignes de tir et déploiement) et de pré-alerter les unités
interarmes (en s'intégrant aux réseaux radio de la troupe appuyée).

La mission générale de l'ASA peut se résumer en quatre points :


- participer à la défense aérienne ;
- assurer la défense antiaérienne des forces terrestres engagées ou projetées ;
- diffuser l'alerte aux unités toutes armes (et conseiller l’utilisation des moyens LATTA) ;
- participer à la coordination de l’action des différents intervenants 3D terre (au sens de l’utilisation
de l’espace aérien et de la coordination des feux sol-air).

 Principes d’emploi
L’emploi des unités de défense antiaérienne doit respecter les principes suivants :
- prise en compte des caractéristiques de la menace 3D dans la zone d’engagement ;
- intégration dans le dispositif antiaérien de l’échelon supérieur ;
- intégration à la manœuvre de la grande unité ;
- intégration dans le système de gestion 3D interarmées et dans le système de coordination 3D
terre (MARTHA) ;
- recherche du rendement optimal des moyens (non dissémination, unité d’emploi) ;
- complémentarité des moyens mis en œuvre ;
- permanence du guet et des feux antiaériens.

Pour obtenir un rendement efficace des feux antiaériens face à une menace saturante, les différents
moyens sol-air seront déployés, soit en couverture réciproque, soit en recouvrement des feux pour
une meilleure DENSITÉ DES FEUX.

381
couverture réciproque : recouvrement des feux :

chaque unité de tir (UT) est dans le domaine de tir


les domaines de tir des UT se recoupent
de sa voisine
(élongation max. de l’ordre de la portée)
(élongation < 2/3 portée)

La COMPLÉMENTARITÉ des moyens (senseurs, lanceurs, C3I) sera systématiquement recherchée :


- dans l'espace (pas de trou) et le temps (permanence) ;
- en portées et altitudes (ne pas confondre avec défense par couches).

- face aux différents volets de la menace (avions, hélicoptères, drones, missiles, ...) ;
- avec des technologies complémentaires (IR, radar, optique, ... face aux différentes contre-
mesures) ;
- en termes d’emploi :
o mise en place du SAMP (par l’armée de l’air) « clé de voûte » du dispositif antiaérien
d’ensemble,
- déploiement de moyens SATCP en complémentarité :
o pour compléter la défense antiaérienne d’ensemble, dans les zones non couvertes
(détection et tir) à BA et TBA ,
o pour renforcer la défense antiaérienne des points particulièrement sensibles, selon les
priorités d’emploi fixées ;
- déploiement de moyens SATCP en prolongement du SAMP pour la défense des unités ou des
points sensibles situés au-delà de la limite avant du Moyen Anti-Missile Balistique (MAMBA), nom

382
du système SAMP « ASTER 30 » par l’armée de l’air. En particulier pour l’accompagnement
d'unités en mouvement.

Accompagnement

Complémentarité
Prolongement

Le MODULE SOL-AIR projetable constitue l'unité de mise en œuvre de l'ASA. Il est le plus petit
élément projetable, non organique dans le cas de l'ASA, susceptible de remplir de façon autonome,
continue et pour une durée donnée, une mission déterminée de défense antiaérienne.
Il comprend obligatoirement les cellules fonctionnelles :
- commandement ;
- coordination ;
- tir ;
- soutien.

Pour des raisons d’efficacité, les modules de tir sont organiques, insécables et du niveau minimum :
- à définir par l’armée l’air pour le SAMP;
- section pour le MISTRAL.

L’unité d’emploi est la même :


157
- section pour le MISTRAL et pour le MAMBA.

 Missions
Lors du déploiement d’une FOT (force opérationnelle terrestre), des unités SAMP de l’armée de l’air
peuvent soit contribuer à la protection sol-air de cette force tout en restant aux ordres de la
composante aérienne, soit être données en renforcement à cette force. En fonction des besoins, une
force de niveau division peut recevoir un groupement SACP/TCP MISTRAL, renforcé ou non d’unités
alliées et d’unités AATCP de l’ALAT.

Une unité de défense antiaérienne peut être :


- Conservée aux ordres
Les batteries demeurent sous les ordres directs du groupement, qui donne les missions, transmet les
ordres et consignes de tir et assure le soutien logistique.

- Attribuée

157
MISTRAL : MISsile TRansportable Antiaérien Léger (MISTRAL).

383
Incluse dans la division dès la phase de constitution de cette dernière.

- Donnée en renforcement
Ajoutée au cours de l’opération à une division qui disposait déjà d’une unité sol-air attribuée.

- Adaptée
Mise pour emploi à la disposition d’une division dépourvue de moyens sol-air, pour une phase
particulière de la manœuvre (par ex. phase dynamique de l’engagement, où le combat est
décentralisé) et pour une durée limitée (de l’ordre de 36 heures).

En cas d’attribution, de renforcement ou d’adaptation, les missions sont données par la division, par
l’intermédiaire d’un détachement de liaison du groupement. Les modalités de transmission du contrôle
direct et du soutien logistique spécifique sont à définir précisément.

Les unités sol-air peuvent recevoir les missions suivantes :


- Défendre une zone
Défendre une zone consiste à détruire ou à neutraliser une menace sans préjuger des objectifs
particulièrement visés qui se trouveraient sur la zone. Ce type de défense peut également dissuader
l'adversaire potentiel de pénétrer dans un espace aérien protégé.
Les moyens sol-air sont alors déployés de manière à assurer une défense globale et uniformément
répartie de la zone définie.
En raison de la taille étendue de la zone à défendre, ce type de défense s’adresse principalement aux
unités SAMP dont le déploiement conditionne celui de tous les autres moyens sol-air.

- Défendre un site
Défendre un site consiste à interdire en permanence à l’ennemi d'agresser un objectif dûment identifié
(infrastructure, installation militaire, itinéraire ou faisceau d'itinéraires).
Cette mission concerne tous les systèmes d'armes, mais plus particulièrement le SATCP MISTRAL.
Rapidement projetable grâce à sa légèreté et sa simplicité d'emploi qui permettent de l'utiliser pour
des déploiements d'urgence.

- Défendre une unité


Défendre une unité consiste à en assurer la défense contre toute attaque aérienne. Cette unité peut
être de toute nature, en stationnement, en mouvement ou au contact.
er
La défense d'une unité de 1 échelon était auparavant confiée au SACP blindé (ROLAND AMX), seul
moyen apte par sa protection et sa mobilité tactique à accompagner les unités au plus près. Cette
capacité fait aujourd’hui défaut à l’armée de Terre.

- Surveiller
La mission surveiller consiste à participer à la détection, l'identification et au renseignement sur
l'activité aérienne dans un volume défini.
Tous les capteurs de l'artillerie sol-air peuvent participer à la mission « surveiller ». Ils se révèlent
particulièrement efficaces face à une menace à très basse altitude et à faibles SER et SIR.

2.2 Organisation et matériels de l’artillerie sol-air


Chargées de participer à la défense antiaérienne, toutes les unités de l’artillerie sol-air sont
regroupées au sein des brigades multi-rôles, d’engagement (voir COMBAT INDIRECT)
e
d’urgence et au sein du 54 RA. Ce dernier arme 4 batteries MISTRAL mais aussi les deux PC
de groupement sol-air (GTASA) mettant en œuvre la chaîne MARTHA.

UNITES LIEUX MATERIELS MAJEURS

CMO ARTILLERIE Lille


e
54 RA Hyères MISTRAL

384
 Le régiment MISTRAL (54e RA)

Batterie MISTRAL

3 sections de tir dont une sur VAB


6 postes de tir par section
BCL

2 DL TAC
2 DL TEC

Les canons de 20 mm sont en double dotation de matériel et les personnels ne peuvent servir
simultanément les 2 systèmes d’armes.

Le véhicule d’accompagnement VAB T20/13, doté d’un canon mitrailleur de 20 mm et d’une


mitrailleuse coaxiale, assure la défense rapprochée terrestre et antiaérienne et embarque 1 ou 2
équipages de rechange indissociables du véhicule de tir.

 Le SATCP MISTRAL
MISsile TRansportable Antiaérien Léger (MISTRAL).

Son emploi privilégié réside dans la défense particulière en zones intermédiaire et arrière ; en outre, il
est utilisé pour les projections légères.

 Missile
- très courte portée 5 000 m, plafond 3 000 m ; vitesse : 750 m/s ;
- autodirecteur IR refroidi par ensemble pile refroidisseur (durée de vie 45 s ; 2 par missile) ;
- élément d’aide à la désignation d’objectifs (EADO) ;
- fusée proximité LASER (probabilité d’atteinte : 90 %) ;
- optimisé contre hélicoptères et CCM-IR (résistance aux leurres thermiques) ;
- équipage : chef de pièce + pointeur-tireur.

 Senseurs
- collimateur optique pointeur-tireur ;
- caméra thermique MALIS ;
- autodirecteur IR missile.

Il peut être tiré à partir de deux versions de lanceurs :


- verson MANPADS (MAN Portable Air Defence System),
- version PAMELA (Plateforme d'Adaptation Mistral Équipée Légère Aérotransportable).

Plateforme monomunition PAMELA


- plateau adaptable sur châssis RVI ou VLRA ;
- emporte 6 missiles en soute + 1 sur la plate-forme ;

385
Radar de section NC1 30 ou NC1 40
- portée 18 à 20 km (alt. 3.000 m) + agilité de fréquence,
- transmission de données en PR4G par terminal tactique TTGC ou par liaison 16 (intégration d’un
poste MIDS) pour l’échange de données tactiques soit entre NC1, soit avec les centres de
management de la défense dans la 3e dimension (CMD3D) ou tout autre matériel équipé L16,
- assure les fonctions suivantes au profit des pièces (jusqu’à 8) : surveillance et détection,
identification IFF (modes III et IV) et évaluation de la menace.

2.3 Mise en œuvre du MISTRAL


Il est possible d’effectuer trois types de déploiement pour la section, unité d’emploi MISTRAL :

 Déploiement omnidirectionnel
Les pièces sont déployées selon un dispositif leur permettant :
- de se couvrir mutuellement 2 par 2 ;
- d’étendre au maximum les zones d’engagement ;
- d’assurer la cohérence des zones de tir, deux ou trois pièces étant
en mesure d’intervenir quel que soit l’axe d’attaque de l’adversaire 2
aérien. ERP
C/
2.
16
Une section peut alors défendre entre 50 et 75 km CE
RPE
12
 Déploiement directionnel ERE
3
Face à une direction déterminée, la section est déployée en embuscade antiaérienne,
EPT selon un
dispositif en « V » (afin de privilégier le tir sur « avion défile »
pour des facilités d’accrochage
BC de
l’autodirecteur) ou en « double rideau ».
Face à la direction choisie, les capacités d’intervention de la section sont supérieures à celles d’un
déploiement omnidirectionnel. Elles se trouvent en revanche réduites face aux autres directions.

 Déploiement en défense d’itinéraire


En défense d’itinéraire une section peut, en moyenne, défendre 10 à 15 km d’itinéraire, avec des
écarts entre pièces de l’ordre de 1 à 3 km.

386
3. la coordination dans la 3ème dimension
La troisième dimension est le domaine d’action des forces aériennes pour mener des actions
offensives, assurer la défense aérienne de théâtre et pour fournir les appuis sol-air nécessaires.
Elle est cependant de plus en plus utilisée par les forces terrestres et constitue par excellence un
domaine d’interopérabilités interarmes, interarmées et interalliées.

La présence d’aéronefs dans la zone des contacts à la fois pour des actions de reconnaissance et
d’appui feu, l’existence de systèmes sol-air de plus en plus efficaces, la généralisation de l’emploi
d’hélicoptères de plus en plus performants et enfin l’utilisation croissante de drones et d’engins
télépilotés augmentent considérablement les risques de collision en vol et de tir fratricide.
Une gestion rigoureuse de l’espace aérien est donc indispensable. Elle implique la mise en œuvre des
mesures de coordination dans la troisième dimension.

3.1 Principes de coordination dans la troisième dimension


L’armée de Terre doit pouvoir obtenir la liberté de mise en œuvre de ses moyens dans la troisième
dimension. Mais les actions menées dans cet espace ne peuvent s’affranchir des règles et procédures
établies. Ces règles et procédures constituent la coordination dans la troisième dimension qui
contribue à l’impérative sécurité de tous les aéronefs amis (avions, hélicoptères et drones) et favorise
l’efficacité des forces en évitant l’emploi redondant ou au contraire le sous-emploi des moyens
disponibles. Elle repose sur deux principes :
- le découpage de l’espace aérien ;
- le contrôle direct.

 Le découpage de l’espace aérien


La définition, avant et pendant l’engagement, de routes aériennes, de couloirs aériens et de zones
d’engagement constitue le découpage spatio-temporel de la troisième dimension. Chaque PC et
chaque utilisateur de la troisième dimension ont ainsi une vue générale des conditions d’engagement
dans l’espace aérien. La combinaison de directives et de règles définies conjointement par les
utilisateurs de l’espace aérien dans le cadre de la planification constitue le contrôle préétabli.
Les mesures de contrôle préétabli permettent l’exercice du contrôle direct, mais aussi la poursuite des
opérations dans l’espace aérien en cas de rupture ou d’absence de la chaîne de contrôle direct. Elles
incluent entre autres, les consignes de secours, forcément plus contraignantes, qui sont applicables
par les unités sol-air et l’ALAT en cas de rupture des liaisons avec les organismes de contrôle Air.

 Le contrôle direct
Le contrôle direct est le pouvoir donné à une autorité Air d’assurer en permanence la conduite directe
et instantanée des moyens pouvant agir dans un espace aérien déterminé. Ce contrôle s’applique tant
à la mise en œuvre des aéronefs, par des ordres en cours de mission, qu’à celle des systèmes
antiaériens, par des consignes et des ordres de déclenchement ou d’interruption du feu. Ce système
de coordination des actions 3D repose sur la définition de consignes de tir, ordres de tir et mesures
d’identification. Pour être pleinement efficace, ce système doit s’effectuer en temps quasi réel. A
158
l’exception du SAMP HAWK , les moyens en dotation dans l’armée de terre ne le permettent pas
complètement et contraignent à des mesures « à temps » pénalisantes.
A terme, le système MARTHA permettra d’assurer un contrôle direct en temps réel pour tous les
intervenants dans la troisième dimension.

158
Pour mémoire, suppression du SAMP HAWK en 2012.

387
3.2 La gestion de l’espace aérien

CADRE NATIONAL CADRE ALLIÉ


TERRITOIRE
SUR THÉÂTRE OPERATIONS
NATIONAL
ORGANISATION
GESTION DE L’ESPACE CDAOA COMTACAIR AIRCENT
AÉRIEN
PROGRAMMATION
CONDUITE - SUIVI DES CCOA CCOA/T - CCTA ICAOC
OPÉRATIONS
PLANIFICATION DE LA
COORDINATION DANS COMZAD CCA AOCC
UNE ZONE
COORDINATION
159 CRC – ACS -
ENGAGEMENT EN CDC MCT - SDCA
AWACS
TEMPS RÉEL

 Sur le territoire national


Dans le cadre d’un conflit sur le territoire national, le chef d’état-major des armées définit la stratégie,
les moyens à engager et conduit la manœuvre des forces. Le commandant du CDAOA
(Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes) est dans ce cas la seule
autorité responsable de l’organisation et de la gestion de l’espace aérien militaire. Il est aussi
responsable de l’ensemble de la circulation aérienne militaire. Le Centre de conduite des opérations
aériennes (CCOA), chargé de programmer et de conduire les opérations aériennes, arme une Cellule
de gestion de l’espace aérien (CEGES) qui diffuse l’ACO (Airspace Coordination Order).
En fonction de la menace aérienne, il désigne la Zone aérienne de défense (ZAD) et le Centre
d’opérations de Zone aérienne de défense (COZ) le mieux placé géographiquement pour conduire la
bataille défensive pour la supériorité aérienne.
Le CCOA reçoit la mission aérienne générale, en temps réel, sur des consoles. Il suit les actions de
couverture aérienne, planifie et ordonne les actions aériennes offensives.

 Hors du territoire national


Lors d’un engagement extérieur, un Centre de conduite des opérations aériennes de théâtre
(CCOA/T) est mis en œuvre. Il assure, sur ce théâtre, les mêmes fonctions que le CCOA sur le
territoire national. Dans le cadre d’une alliance, la France ne déploiera un CCOA/T que si elle a la
responsabilité d’un secteur aérien.
Un Centre de Coordination Air (CCA) est placé auprès du PC du LCC. Il assure la coordination dans
la troisième dimension dans sa zone de responsabilité Le Centre de Conduite Tactique Air (CCTA)
peut être mis en place pour des opérations extérieures, exceptionnellement sur le territoire national. Il
constitue alors un échelon délocalisé du CCOA/T assurant la conduite en temps réel des opérations.
Le rôle des MCT, des SDCA et des DL ASA et ALAT est identique à ceux définis pour le territoire
national. Si l’OTAN a la responsabilité de la gestion de l’espace aérien, elle dispose d’un Interim
Combined Air Operations Center (CAOC), dont la mission est équivalente à celle d’un CCOA/T, et met
en œuvre un Air Operations Coordination Center (AOCC) assimilable au CCA français. Un Control
And Reporting Center (CRC) est l’équivalent d’un CDC.

 Liaisons de l’artillerie sol-air

 Liaisons auprès de l’armée de l’Air

159
Centre de détection et de contrôle

388
L’artillerie sol-air met en place auprès des organismes de contrôle des détachements de liaison qui
sont reliés au CCR.

 Liaisons auprès de l’ALAT


Les échanges de renseignements entre l’ALAT et l’ASA se font :
e er
- au sein de la cellule 3D du PC de 2 ou de 1 niveau terrestre, où un centre de mise en œuvre
(CMO), mis en place par la brigade aéromobile, est chargée de la coordination tactique entre les
unités ALAT et l’ASA ;
- au niveau des DL ALAT et DL ASA auprès des divisions et brigades (au sein de la cellule Appuis-
3D).

Ils concernent :
- les volumes de procédures, les positions des unités ASA ;
- les déploiements des unités de l’ALAT et les opérations envisagées par celle-ci.

 Airspace Control Order


Il permet de faire la synthèse des besoins en volume de procédures et est rédigé par le CCOA. Les
demandes normales, sauf prescriptions particulières fixées par l’organisme responsable de la gestion
de l’espace dans la zone considérée dans l’ordre d’opérations, doivent parvenir à l’organisme
responsable de la gestion de l’espace à :
- 16h00 Z pour une activation le lendemain à 03h 00 Z ;
- 00h00 Z pour une activation à 11h 00 Z ;
- 08h00 Z pour une activation à 19h 00 Z.

Le tableau suivant précise le cycle journalier de préparation et de diffusion des ACO :

heure
Heure de Exemple de
limite de Temps de Heure de Délais Heure Période
réception numérotation
réception préparation transmission moyens de limite de de
dans les pour le 5
des de l’ACO de l’ACO transmission réception validité
unités mars
demandes
03h 00 Z à
16h 00 Z 3 heures 19h 00 Z 3 heures 22h 00 Z 24h 00 Z 05 A
10h 59 Z
11h 00 Z à
00h 00 Z 3 heures 03h 00 Z 3 heures 06h 00 Z 08h 00 Z 05 B
18h 59 Z
19h 00 Z à
08h 00 Z 3 heures 11h 00 Z 3 heures 14h 00 Z 16h 00 Z 05 C
02h 59 Z

3.3 Les volumes de procédures


L’organisation et la gestion de l’espace aérien visent à assurer la sécurité des aéronefs amis et à
optimiser l’action des moyens interarmes et interarmées engagés dans la bataille aéroterrestre. Il
s’agit de définir des volumes virtuels dans l’espace aérien (au-dessus des forces amies et ennemies)
et d’attribuer à chaque utilisateur un volume de cet espace et un créneau horaire.
Les commandants des forces dont la mission requiert la création, la modification ou la suppression de
volumes de procédure expriment leurs besoins aux organismes responsables de la gestion de
l’espace aérien.

Ces demandes font l’objet d’un Airspace Control Means Request (ACM request) transmis au CPCO
ou au commandement air de l’alliance équivalent :
- sur le territoire national, l’expression des besoins en volumes de procédures est élaborée par les
COZ et transmise au CPCO qui rédige l’ACO ;
- hors métropole ou sur un théâtre extérieur dans un cadre national, les besoins du LCC sont
adressés au CPCO par le canal du CCA.

389
Dans le cadre d’une alliance, les besoins du LCC sont transmis par le CCA au commandement Air
allié responsable. Ces volumes de procédures comprennent des routes et couloirs, des zones, des
lignes particulières et des niveaux.

 Routes et couloirs

UTILISATION CARACTÉRISTIQUES ACTIVATION


Route bidirectionnelle pour le trafic Largeur : 10 km
AR
logistique au-dessus de la zone Hauteur : entre niveaux ACO préfixe A
Air Route
arrière 110 et 500
Couloir bidirectionnel pour le trafic
TC
opérationnel (combat et soutien) en Largeur : 10 km
Transit ACO préfixe C
zone arrière de la zone Hauteur : précisée dans l’ACO
Corridor
d’engagement
Route bidirectionnelle pour le trafic
TR
opérationnel (combat et soutien) au- Largeur :10 km
Transit ACO préfixe T
dessus de la zone avant des reliée au TC
Route
combats
Couloir unidirectionnel pour le
SC Dimensions : en fonction de la
passage d’importantes formations
Special mission et précisées dans ACO préfixe S
ou d’aéronefs exécutant des
Corridor l’ACO
missions particulières
Reliée à une Transit Route (TR)
TMRR Route créée pour permettre le trafic
Dimensions : en fonction de la
ATO si sinon
temporary des aéronefs à voilure fixe entre la
mission
procédure
Minimum zone arrière et la zone des Créée en coordination LCC -
particulière
Risk Route combats. CCA (drones ou par le CCOA/T
avions)
Couloir établi pour acheminer les Bidirectionnel
SL aéronefs entre les bases aériennes Largeur : 5 km ACO préfixe F
Safe Lane et les routes et couloirs les plus Hauteur : du sol à 10 000 pieds section J
proches 10° de part et d’autre axe piste
Dimensions : en fonction
SAAFR Route créée en zone avant au profit de la mission
Ne figure pas dans
Standard use des hélicoptères qui mènent des Altitude maximum : CL
l’ACO (sauf si délais
Army Aircraft actions d’appui direct des troupes Créée par le commandant
dans § divers)
Flight Route au sol. terrestre en coordination avec le
CCA

 Zones

UTILISATION CARACTÉRISTIQUES ACTIVATION


Dimensions spécifiées dans
BDZ Volumes définis autour des bases
l’ACO.
Base Defense aériennes pour améliorer l’efficacité ACO préfixe B
Accès obligatoire par les Safe
Zone des systèmes antiaériens.
Lanes
ROZ
Restricted Zone réservée pour permettre des Dimensions en fonction des
ACO préfixe R
Operations missions particulières besoins précisés dans l’ACO
Zone
Zone définie autour d’un point-clé
WFZ
nécessitant une défense antiaérienne Dimensions en fonction des
Weapons ACO préfixe W
particulière (consigne normale : « tir systèmes d’armes
Free Zone
libre »)
HIDACZ High Volume créé au-dessus d’une zone Dimensions en fonction des
Density d’engagement de forces terrestres besoins du LCC. ACO préfixe H
Airspace permettant de coordonner les Activée sur ordre du CCOA

390
Control Zone opérations aéroterrestres (CCOA/T).
HAFEZ Hostile
Zone où les systèmes antiaériens
Aircraft Free Dimensions spécifiées dans le
peuvent engager tous les aéronefs Message
Engagement message « HAFEZ ».
sans identification préalable.
zone*
Volume de l’espace dans lequel un
système antiaérien bénéficie de la
WEZ Weapons priorité en matière de tir : Message SSTO
160
- MEZ pour SAMP ; Dimensions en fonction du
Engagement (SAM-SHORAD
161 système d’armes.
Zone * - SHORADEZ pour Tactical Order)
SA(T)CP et AATCP ;
- FEZ et FAOR pour avions.
Volume dont les dimensions
sont définies par l’autorité air Messages
Volume de l’espace aérien dans lequel
KILL BOX* du théâtre. spécifiques
il n’y a pas d’activité aérienne amie.
Activé pendant une période « KILL BOX »
précisée.

(*) Laissées par commodité de présentation dans ce tableau, ces zones ne sont pas des moyens de
gestion de l’espace (Airspace Control Means) mais des moyens de gestion des feux.

 Lignes particulières

UTILISATION CARACTÉRISTIQUES ACTIVATION


IFF Switch ON Ligne à partir de laquelle les aéronefs Spécifiée dans l’ACO ACO préfixe J.
line rentrant doivent activer leur IFF. Section N
IFF Switch Ligne à partir de laquelle les aéronefs Spécifiée dans l’ACO ACO préfixe J
OFF line sortant doivent désactiver leur IFF. Section M

Nota : Les aéronefs évoluant entre ces deux lignes laissent leurs transpondeurs IFF branchés en
permanence.

 Niveaux
UTILISATION CARACTÉRISTIQUES ACTIVATION
TL Niveaux définis avec les TC pour Quatre types de niveaux sont
Traverse faciliter le transit des aéronefs en zone utilisés : bas, moyen, haut et ACO préfixe C
Level arrière très haut.
CL Le CL prend normalement deux
Coordination valeurs :
Level Niveau de coordination destiné à SUPPLAN
- 150 pieds au-delà de l’IFF
réduire le risque de collision entre les 35 001 M
Sw OFF ;
aéronefs lents et rapides. (ou plan local)
- 500 pieds avant l’IFF Sw
OFF Line.

3.4 Besoins en C3D

 Aviation légère de l’armée de Terre


Pour son engagement, l’ALAT doit choisir parmi tous les types de volumes de procédures définis dans
les textes de base, ceux répondant le mieux à sa mission du moment et à la position géographique de
ses actions.

 Découpage de l’espace aérien au-dessus des forces amies

160
Misile Engagement Zone
161
Short Range Air Defense Zone

391
Au-dessus des forces amies, les besoins en volumes de procédures ne posent pas de problèmes
particuliers. Planifiés à l’avance, ils sont pris en compte dans l’ACO.

- L’ALAT a besoin :
- de zones d’opérations réservées (ROZ) qui permettent :
o le déploiement des terrains de soutien ou des terrains de soutien avancé,
(éventuellement de zones de défense de base (BDZ) si les unités possèdent des
moyens de détection, d’identification et de recueil pour assurer le contrôle aérien dans
cette zone),
o l’attente avant engagement,
o l’exécution des ravitaillements,
o l’exécution des missions spécifiques à l’ALAT ;
- de zones d’engagement des armes (WEZ ou SHORADEZ) permettant l’emploi des hélicoptères
AATCP ;
- de couloirs : en zone avant où les hélicoptères survolent des forces amies et notamment des
unités sol-air, il est nécessaire afin d’éviter tout tir fratricide d’utiliser pour les déplacements, les
SC ou les TR ou de créer des SAAFR. En zone arrière, les TR, les SC, les TC permettent aux
unités de l’ALAT de rejoindre la zone avant et les ROZ qui leur sont affectées.

 Découpage de l’espace aérien au-delà de la FLOT


En deçà de l’IFF switch on line, les hélicoptères peuvent mener des actions de feu contre les unités
terrestres ennemies, et éventuellement des actions contre des aéronefs ennemis (ex : lutte anti-
hélicoptères, autodéfense). Dans le cas où il n’existe pas de HIDACZ permettant au LCC d’engager
ses moyens sous sa responsabilité, ces actions nécessitent la création soit de ROZ soit de WEZ
(SHORADEZ) au sein desquelles seules les unités ALAT sont autorisées à intervenir.
En outre, le vol des hélicoptères doit être réalisé au sein d’une SAAFR ou TR, jusqu’à leur ligne
d’engagement. À partir de cette ligne, et sauf cas exceptionnel, tous les vols ALAT s’effectuent en
dessous du niveau de coordination, en vol tactique (entre 0 et 50 m/sol). Le CCA et le(s) MCT sont
informés des créneaux horaires et des zones utilisées ; ces renseignements sont alors transmis via la
chaîne air à l’ensemble des aéronefs évoluant dans et à proximité de cette zone, ainsi qu’au(x) SDCA
en vol.

 Besoins et procédures à appliquer lors d’un engagement inopiné


Afin de permettre aux hélicoptères chargés de l’appui des troupes au sol d’intervenir en zone avant,
les procédures de l’OTAN prévoient la création inopinée de routes particulières (SAAFR) en dessous
du niveau de coordination ; dans ce cas, le Commandant terrestre s’assure, en liaison avec le CCA,
que ces routes n’interfèrent pas avec des actions en cours ou planifiées, rédige un message
TMRR/SAAFR, l’adresse pour action aux intervenants TERRE susceptibles d’agir ou d’évoluer dans la
zone concernée, et en informe la cellule gestion de l’espace du JFACC). Cette route est activée par le
e
LCC (ou JFLCC) après réception de l’aperçu de chacune des unités terrestres agissant dans la 3
dimension, du CCA et du/des MCT déployés dans la zone. Les moyens ALAT ne peuvent être
engagés dans ce volume que lorsque tous les messages d’aperçu ont été reçus.

Pour les zones de mission des hélicoptères, il est nécessaire de demander en procédure d’urgence à
la cellule gestion de l’espace du JFACC la création de ROZ (Restricted Operations Zones) afin que
celles-ci apparaissent dans l’ACO.

 Cas particulier des hélicoptères isolés en zone arrière


En zone arrière, les hélicoptères isolés doivent respecter les volumes de procédures activés ou voler
en dessous du CL et à une vitesse sol inférieure à 200 nœuds tout en évitant les volumes dédiés à
l’artillerie sol-air.

 Coordination au sein des ROZ

392
Afin d’assurer la coordination des mouvements aériens internes de l’ALAT, les procédures d’arrivée et
de départ des plots d’unités élémentaires propres à l’ALAT doivent être appliquées.

 Emploi particulier des hélicoptères AATCP

Les unités AATCP sont considérées comme des unités antiaériennes. La lutte anti-hélicoptères
qu’elles peuvent mener peut être envisagée de deux manières:
o si les unités sont rattachées à la chaîne de contrôle direct, elles entrent dans le
dispositif de défense antiaérienne au même titre que les unités sol-air. Il est alors
nécessaire de définir des WEZ « Weapon Engagement Zones » dans lesquelles
l’emploi des hélicoptères AATCP sera privilégié ;
o si les unités ne sont pas rattachées à la chaîne de contrôle direct, elles se conforment
aux règles de contrôle préétabli fixées (respect des volumes de procédures activées,
application des consignes de secours). Dans des conditions particulières, large
supériorité aérienne amie et/ou activité amie intense, elles peuvent être placées en
AUTODÉFENSE uniquement.

 Surveillance du champ de bataille


Les moyens de surveillance du champ de bataille sont engagés soit conformément au PEMA (Plan
d’emploi des moyens d’acquisition), soit inopinément pour fournir au commandement des
renseignements sur une menace soudaine.

 Besoins lors d’un engagement planifié


Une ROZ est créée dans la zone où s’effectue la mission de surveillance. Les ROZ nécessaires aux
drones sont demandées au-dessus des forces amies et ennemies ; elles se situent entre 300 et 30
000 pieds sol et ne doivent pas dépasser 1 000 pieds d’épaisseur. Elles apparaissent dans l’ACO
(section G, appellation : UAV). Pour permettre le décollage, l’acheminement des drones vers leur zone
de mission, leur retour et leur récupération, il est nécessaire de créer des TMRR. Le message TMRR
permet de demander, créer et d’activer (après aperçu) ce type de routes. Les caractéristiques de la
TMRR seront précédées du signe UAV dans le paragraphe A (ex : A - UAV - 1,5 km - 3 000 pieds
signifiant TMRR pour UAV de 1,5 km de largeur à une hauteur de 3 000 pieds).

 Besoins et procédures lors d’un engagement non planifié


Pour obtenir des renseignements sur une menace inopinée, le LCC doit pouvoir utiliser ses moyens
d’investigation avec un minimum de contrainte sans les exposer à des tirs antiaériens et sans pour
autant s’affranchir des règles en vigueur ni compromettre la sécurité des aéronefs amis. Deux cas
permettant d’utiliser une procédure accélérée sont à envisager : création de zones et de routes ou
procédure spécifique aux aérodynes légers télépilotés (ALT).
Pour effectuer leur mission, les drones ont les mêmes besoins que ceux définis auparavant.
Cependant, les délais réduits ne permettent pas de suivre la procédure normale ACM Request - ACO
pour l’établissement de ROZ et TMRR Request - ATO pour les TMRR. Les procédures françaises et
de l’OTAN prévoient la création inopinée de TMRR ou SAAFR ; dans ce cas, il suffit pour le LCC (ou
JFLCC) de rédiger un message TMRR/SAAFR et de l’adresser au CCOAS (ou CCOA/T ou cellule
gestion de l’espace du JFACC) ainsi qu’aux autres intervenants terre susceptibles d’agir ou d’évoluer
dans la zone concernée. Cette route est activée après réception de l’aperçu de chacune des unités
terrestres agissant dans le troisième dimension, du CCA et du/des MCT déployés dans la zone. Les
moyens ne peuvent être engagés dans ce volume que lorsque tous les messages d’aperçu ont été
reçus. Pour les zones de mission des drones, il est nécessaire de créer en procédure accélérée
(délais de l’ordre de quatre heures) des ROZ (Restricted Operations Zones) suivant le principe de
création des TMRR défini ci-dessus.

Pour les ALT contrôlés en temps réel depuis le sol, une procédure simplifiée permet de s’affranchir
des demandes de découpage de l’espace aérien. Dans ce cas précis, il suffit d’avoir une liaison entre
la station de contrôle au sol de feu et un MCT ou un PC volant air. Les missions drones sont alors
effectuées après prise de contact directe entre les personnes responsables du vol des ALT et les

393
moyens air (MCT - PC volant). En fonction de la situation aérienne locale le MCT ou le PC volant peut
ainsi demander le déroutage de feu Cette procédure confère plus de souplesse aux actions des
moyens de surveillance du champ de bataille pour éviter à la fois les tirs fratricides et les collisions en
vol.
Elle ne dispense cependant en aucun cas le LCC d’informer les unités sol-air et ALAT des missions
feu.

 Artillerie sol-air
Pour optimiser l’action des unités sol-air, deux types de zones ont été définis. Certaines sont
associées à une consigne de tir qui est appliquée par les unités qui sont déployées dans ces zones,
d’autres ont pour but de donner la priorité du tir à des systèmes d’armes.

 Découpage de l’espace aérien au-dessus des forces amies


Les unités sol-air peuvent être déployées à l’intérieur de volumes définis dans l’ACO ou de zones
précisées dans le SSTO. Le découpage de l’espace aérien prévoit deux volumes, dédiés aux
systèmes d’arme sol-air, qui sont :
- les WFZ (Weapons Free Zone) ;
- les BDZ (Base Defense Zone).

Il existe trois autres zones qui ont pour but de donner la priorité en matière d’engagement à un
système d’arme sol-air :
- les MEZ (Missile engagement Zone) dans lesquelles le tir des unités SAMP est privilégié ;
- les SHORADEZ (Short Range Air Defense Engagement Zone) pour les unités SA(T)CP ;
- les HAFEZ (Hostile Aircraft Free Engagement Zone).

 Découpage de l’espace aérien au-delà de la FLOT


Les zones décrites ci-dessus peuvent déborder de la FLOT pour permettre aux unités sol-air
d’intervenir contre des aéronefs ennemis au-delà de cette ligne. En règle générale, seul le SAMP
pourra intervenir dans cette zone.

 Artillerie sol-sol
La probabilité de collision entre les obus, les roquettes ou missiles de l’artillerie sol-sol et les aéronefs
en vol est faible. Cependant, le nombre de tirs d’artillerie, tant en appui au contact que dans la
profondeur, notamment lors d’un combat frontal, nécessite de définir des procédures de sauvegarde
afin d’écarter tout risque d’effet fratricide.

L’espace global qui est potentiellement occupé par l’artillerie sol-sol comprend les zones de
déploiements de ses unités, les volumes occupés par l’ensemble de ses trajectoires et les zones
d’actions sur lesquelles arrivent les coups. Lors de la conception de la manœuvre terrestre, il est
difficile de prendre en compte toutes les contraintes et d’éviter la superposition des volumes qui seront
utilisés par l’artillerie sol-sol et des zones d’actions prévues pour les autres intervenants 3D (armée de
l’air, ALAT, SCB ...), d’autant plus que la mission généralement dévolue à l’artillerie sol-sol par le chef
interarmes est d’assurer la permanence des interventions de feux indirects sur toute la zone d’action
de la grande unité. C’est donc durant la phase de planification que se règlent les conflits potentiels
entre les intervenants 3D permettant de minimiser les risques pour les aéronefs.
e er
Les cellules Appuis-3D de 2 et de 1 niveaux terrestres doivent assurer deux grandes fonctions : la
coordination des appuis et la coordination générale dans la troisième dimension. En planification, la
coordination des appuis répartit les actions de feux, notamment entre l’artillerie sol-sol, l’armée de l’air
et l’ALAT, et demande l’intervention de moyens d’acquisition d’objectifs (drones, reconnaissance
aérienne, ...) ; elle règle à son niveau les problèmes d’interférence entre tous ces moyens qui
concourent à délivrer un appui feu efficace.

Les missions qui sont retenues par l’équipe de coordination des feux correspondent au choix du LCC
de traiter l’ennemi dans certaines zones et à certains moments par une composante déterminée ;

394
celle-ci bénéficiera donc de la priorité la plus haute dans le cadre spatio-temporel défini. Sa zone
d’action sera implicitement exclusive.
e
L’équipe coordination 3 dimension s’assure pour sa part de la compatibilité de l’ensemble des actions
prévues en temps réfléchi avec toutes celles des autres intervenants.

La planification permet donc à la cellule Appuis-3D de faire les demandes d’appui aérien ainsi que les
demandes de volumes de procédures nécessaires à l’exécution des actions terrestres. La cellule
e
reçoit en retour l’ACO ainsi que l’ATO (Air Task Order) fixant les interventions dans la 3 dimension,
pour sa zone de responsabilité. Les missions CAS allouées par l’armée de l’air sont prévues dans des
créneaux horaires (Time blocks ou TB).

La quasi-totalité des interventions de l’artillerie devrait avoir lieu en deçà de la FSCL. Des moyens
variés étant susceptibles d’intervenir simultanément dans la zone des opérations, deux possibilités se
présentent alors :
- soit le chef terrestre a obtenu l’attribution d’une HIDACZ couvrant la zone d’engagement des
grandes unités du premier échelon et s’étendant jusqu’à la FSCL ; dans ce cas, il est libre de
choisir à tout moment l’appui feu le mieux adapté à son action et la coordination s’effectue
directement sous la responsabilité de la cellule Appuis-3D du commandant terrestre ; en
revanche, il doit assurer la gestion complète de cette zone ;
- soit aucune HIDACZ n’a été définie et les actions s’inscrivent dans le cadre général de la
manœuvre aéroterrestre. Un dialogue doit alors s’instaurer entre le commandant TERRE et le
COTACAIR, via le CCA, pour harmoniser l’ensemble des actions terrestres et aériennes. En
cas de problème, un arbitrage sera effectué par le PCIAT. La procédure sera conduite par la
cellule Appuis-3D. Généralement la coordination sera obtenue par séquencement temporel,
mais dans certains cas très particuliers des volumes de procédures (ROZ) pourront être
créés pour l’artillerie sol-sol.

Dans certains cas très exceptionnels, compte tenu de la portée de certains lanceurs, l’artillerie sol-sol
peut être amenée à délivrer des feux au-delà de la FSCL (cas roquette). Ces tirs pourraient interférer
avec des actions OCA (Offensive Counter Air) programmées par le CCOA/T. Un dialogue doit alors
s’instaurer avec le CCOA/T via le CCA, afin d’intégrer, si possible, l’action de l’artillerie prévue dans
l’ensemble des actions de niveau opératif. Si besoin, un arbitrage sera effectué par le PCIAT. La
cellule appuis-3D du LCC obtiendra éventuellement une intervention artillerie planifiée dans la grande
profondeur, à partir d’une zone de déploiement bien définie, dans une zone ennemie parfaitement
déterminée et dans un créneau de temps arrêté en commun.

Dans tous les cas, l’ordre d’opérations (OPORD) de la grande unité (qui contient en particulier
l’annexe précisant l’emploi de l’artillerie sol-sol) va concrétiser le travail de planification et traduire le
choix du chef interarmes ou interarmées ; il indique les missions attribuées et les mesures
particulières à prendre pour leur exécution.
Dans certains cas (actions statiques), il sera souhaitable de leur communiquer les zones de
déploiement de l’artillerie sol-sol ainsi que les zones d’effort de feux. Ces informations figurent alors
dans l’annexe feu de l’OPORD.

Dès le stade de planification, les risques de collision possibles entre les intervenants 3D et l’artillerie
sol-sol sont pris en compte :
- d’abord au sein des équipes coordination des feux pour les conflits entre les moyens délivrant les
feux et, à un degré moindre, avec ceux préparant les actions de feux (SCB) ;
- ensuite au sein des cellules Appuis-3D, pour les interactions résiduelles concernant la troisième
dimension ;
- enfin avec le CCOA/T via le CCA, pour les ajustements complémentaires entre les actions
terrestres et aériennes.

En conduite, seule une coordination étroite entre les différents intervenants dans la troisième
e er
dimension au sein de la cellule Appuis-3D du 2 ou 1 niveau terrestre et un dialogue permanent entre
cette cellule et le personnel Terre placé au CCA, au CCOA/T et dans les MCT permettra d’éliminer
tout risque de collision.
Pour le niveau de mise en œuvre de l’artillerie sol-sol, la prise en compte de la sécurité des aéronefs
implique :

395
- la réception et la prise en compte de l’ACO (contrôle préétabli) ;
- l’application de l’ordre « Halte au tir » (général ou sur telle zone) à la demande exceptionnelle d’un
MCT (contrôle direct).

À titre indicatif, une demande pour arrêter les tirs de l’artillerie sol-sol ne pourra se faire en moins de
trois minutes, et l’arrêt des tirs ne pourra excéder cinq minutes.

 Bilan récapitulatif des besoins en volumes de procédures

 Besoins en zones

ACTIONS PLANIFIÉES ACTIONS INOPINÉES


ALAT ROZ, BDZ, WEZ ROZ
SCB ROZ ROZ
ART SOL-AIR WFZ, BDZ, WEZ Ordres de tir

ART SOL-SOL ROZ (éventuellement) Halte au tir

 Besoins en routes et couloirs

ACTIONS PLANIFIÉES ACTIONS INOPINÉES


ALAT SC, TC, TR, SAAFR SAAFR
SCB TMRR TMRR
ART SOL-AIR Néant Néant
ART SOL-SOL Néant Néant

3.5 Systèmes terrestres de gestion C3D

 Le SICF/SEF 3D
162
La cellule Appuis-3D du LCC est l’exploitant principal du SICF/SEF 3D.
Le SICF/SEF 3D permet de gérer, en temps réfléchi, les informations spécifiques du domaine 3D
intéressant l’armée de Terre (contrôle préétabli), de tenir à jour la situation tactique des unités
intervenant dans la 3D, d’établir les ordres, les comptes rendus, les demandes et transmettre les
messages propres à ce domaine (interface SICF-SIR des armes intervenant dans la 3D, interface
SICF-SCCOA via le CCA).
La fonction 3D du SICF permet :
- l’expression du besoin en appui aérien et l’exploitation des missions accordées (ATO), en liaison
avec les cellules renseignement et planification et avec le CCA ;
- l’expression des besoins en volumes de procédures pour l’armée de terre en liaison avec les
différents intervenants de l’armée de terre dans la 3D et le CCA ;
- l’exploitation des mesures de coordination 3D planifiées (ACO) et leur transmission aux différents
intervenants de l’armée de terre dans la 3D ;
- la conception et la planification de l’emploi des moyens de défense antiaérienne, de l’ALAT et des
aérodynes de surveillance du champ de bataille et d’acquisition d’objectifs, en liaison avec les
cellules planification et renseignement ;
- la rédaction des paragraphes ASA et air ou annexe ALAT de l’ordre d’opération ;
- le suivi de la situation et de la manœuvre des moyens ALAT ;
- la rédaction des ordres de conduite de la manœuvre de l’ASA (messagerie spécifique présentée
au titre G) ainsi que le suivi de la situation et du dispositif ASA ;
- la synchronisation en temps réfléchi (planification) des actions dans la 3D ;

162
SEF : système emploi des forces.

396
- la création et l’activation, selon le besoin, des ROZ et TMRR, au profit des intervenants 3D dans
l’armée de terre, en liaison avec le CCA.

Le SICF ne possède pas la possibilité d’assurer le contrôle direct (c’est à dire le suivi de l’occupation
effective de l’espace aérien) au profit des intervenants 3D de l’armée de Terre ainsi que la
coordination des feux. Ces fonctions sont dévolues au système MARTHA (chaîne de coordination en
temps réel) qui détient la situation aérienne en liaison avec l’organisme air chargé du contrôle et de la
gestion de l’espace.

 Rôle du système MARTHA


(Maillage des radars tactiques pour la lutte contre les hélicoptères et aéronefs à voilure fixe)
Le système MARTHA est le système de commandement et d’information développé pour assurer la
163
coordination des I3D de l’armée de terre et la conduite des tirs sol-air.
L’objectif principal de MARTHA est la mise en œuvre du contrôle direct lors de l’utilisation des
principaux procédés de coordination 3D dans les domaines suivants :
- la gestion des feux dans la 3D : optimisation de l’emploi des moyens de la lutte contre l’ennemi et
coordination pour interdire les tirs fratricides
- la gestion de l’espace dans la 3D : contrôle de la bonne application des règles de gestion de
l'espace aérien (diffusion des consignes et ordres de tir) et de la situation aérienne (diffusion et
entretien de la SATL1).

Le système MARTHA assure aussi le maintien de l’interopérabilité avec les I3D de la marine, de
164
l’armée de l’air ou des alliés en participant à la SAG . L’efficacité du système MARTHA, pour la mise
en œuvre du contrôle direct, repose sur l’utilisation d’un système de communication permettant
l’échange d’informations en temps réel entre les logiciels (applicatifs utilisateurs) installés sur les
systèmes d’armes (systèmes hôtes MARTHA) : la Liaison 16.
Enfin, le système MARTHA permet le commandement des unités de l’artillerie sol-air à travers le
module de commandement de MARTHA encore appelé SIR ASA3.

La Liaison 16 (L16) est une liaison de données tactiques standard de l'OTAN pour la coordination 3D
et l’établissement d’une situation tactique temps réel exhaustive.
Comme toute liaison de données tactiques, la Liaison 16 est constituée par l’association :
- d’une messagerie ;
- d’un support de communication (communications radio UHF).

 Rôle du système ATLAS


(Automatisation des Tirs et des Liaisons de l’Artillerie Sol-sol)

Le système ATLAS permettra la gestion et la coordination des feux de l’artillerie sol-sol en temps
quasi réel. Connecté aux systèmes SICF, le système ATLAS apporte une aide appréciable pour la
coordination 3D.

Disposant d’un réseau maillé « temps réel » sur l’ensemble de la zone d’action de la FOT, il diffuse les
informations nécessaires à la bonne exécution des tirs tout en préservant la sécurité des aéronefs
amis, à partir des mesures de contrôle préétabli reçues du SICF et des mesures de contrôle direct
reçues du système MARTHA.

 La planification et les mesures de contrôle préétabli avec ATLAS


L’équipe artillerie sol-sol de la cellule Appuis-3D participe à la planification et à la rédaction de
l’OPORD de la grande unité en disposant d’une console SIC F. Elle peut travailler aussi bien à la
coordination des appuis qu’à la coordination dans la troisième dimension. Toutes les données artillerie
qui lui sont nécessaires lui sont transmises par le système ATLAS.

163
Interventions dans la 3e dimension
164
Situation aérienne générale

397
L’ordre d’opérations (OPORD) est envoyé, avec ses annexes, en transmission de données de SICF
vers ATLAS. L’équipe sol-sol y joint les mesures de coordination qu’elle élabore et que doivent
appliquer les unités sol-sol, en particulier celles concernant la sécurité des aéronefs amis.
Concernant la troisième dimension, SIC F envoie également au système ATLAS l’extrait de l’ACO
correspondant à la zone d’action.
Prenant en particulier en compte le découpage de l’espace aérien, ATLAS aidera les unités à rédiger
leurs ordres de mise en œuvre en fixant les déploiements (quand ils ne sont pas imposés) et en
répartissant les missions entre les unités de tir.
Tous les créneaux où une coordination 3D est indispensable peuvent donc être prévus « en temps
réfléchi » et il est possible de pré-alerter les unités concernées équipées d’ATLAS avant qu’il n’y ait
ensuite la synchronisation plus fine en temps quasi-réel.

 Les mesures de contrôle direct avec ATLAS


Il est possible de déterminer avec le système ATLAS si les trajectoires des munitions traverseront ou
non un volume de procédures.
L’occupation des volumes de procédures est adressée au système ATLAS en transmissions de
données par le système MARTHA ; pour favoriser la mise en œuvre, ATLAS doit recevoir l’occupation
d’un volume de procédures avec un préavis de l’ordre de cinq minutes, ce qui permettra de terminer
les tirs en cours. En cas de rupture de liaison, le système ATLAS considérera comme activités les
volumes de procédures figurant dans l’ACO, soit pendant le créneau d’activation précisé dans la
rubrique correspondante de l’ACO, soit à défaut pendant la période de validité de l’ACO.

Lorsqu’une action CAS est décidée, SICF adresse une pré alerte à ATLAS pour que certains
ajustements de manœuvre puissent être faits ; lorsque ces actions sont déclenchées, MARTHA
informe ATLAS de l’occupation des volumes de procédures utilisés, et l’artillerie sol-sol s’abstient de
tirer dans la zone activée. En revanche, elle peut poursuivre l’appui des unités de premier échelon
dans les zones où il n’y a pas d’aéronefs amis.

Une mesure d’urgence est prévue pour faire face à toutes les situations potentiellement dangereuses.
En cas de besoin, l’ordre « Halte au tir » sur une zone limitée peut être envoyé soit par MARTHA soit
par SICF ; cet ordre permet d’arrêter pratiquement immédiatement tous les tirs en cours dans la zone
considérée (en 3 min et pendant 5 min au plus).

3.6 Identification des aéronefs


L’identification est une opération qui a pour but d’établir l’identité d’un aéronef en fonction de plusieurs
critères :
- réponses IFF ;
- comportement en vol (respect ou non des procédures) ;
- attitude (agressive ou non) ;
- identification à vue (si elle est réalisable) ;
- désignation par un organisme Air.

L'analyse des informations recueillies permet de placer l'aéronef dans l'une des trois catégories
suivantes : ami, hostile, inconnu. En cas de conflit d'identification, toute information donnée par un
organisme de contrôle Air est prioritaire. Cette identification détermine le comportement des unités
d’ASA en fonction des règles d’engagement et des consignes de tir en vigueur.

- Un aéronef est classé hostile s’il :


o commet un acte hostile,
o est déclaré hostile par un organisme Air,
o ne respecte pas les procédures établies,
o est clairement identifié optiquement ou par d’autres moyens comme un aéronef
appartenant à une des nations ennemies ;
- un acte hostile est une action agressive contre le territoire et l’infrastructure nationale ou amie, les
forces nationales ou amies et les navires nationaux ou amis. Une liste nationale ou alliée définit
les actes hostiles. Il y a intention hostile lorsqu’un aéronef se prépare à commettre un acte hostile.

398
- utilisation de l’IFF :
o le système IFF (Identification Friend or Foe) a été conçu pour assurer l’identification
des aéronefs par interrogation électronique. Il existe trois modes spécifiquement
militaires, les modes 1, 2 et 4 qui permettent l’identification des aéronefs militaires
français et de ceux de l’ensemble de l’OTAN. Deux autres modes, 3/A et C, sont
utilisés à la fois par les organismes civils de contrôle et par les organismes militaires,
o les modes 1, 2 et 3 fonctionnent selon le principe de l’allocation de codes numériques
communs aux interrogateurs terrestres ou embarqués et aux répondeurs embarqués.
Les limitations reconnues de ces modes non cryptés font qu’ils ne permettent pas
d’attribuer une identification avec certitude à un aéronef. Seul le mode 4, mode
chiffré, permet d’assurer une identification sûre de l’aéronef par des unités de tir de
l’artillerie sol-air.
- Identification à vue : la difficulté d’identifier visuellement à distance de tir un aéronef en cours
d’évolution ainsi que l’utilisation du même type d’aéronef tant par des alliés que par des
adversaires potentiels limite considérablement la fiabilité de l’identification à vue.

3.7 Consignes de tir

 Définitions
Elles fixent les règles d’ouverture du feu et décrivent les restrictions ou la liberté données aux unités
dotées de moyens antiaériens pour l’ouverture du feu. Elles sont appliquées dans des volumes définis
pour une période donnée. Le système MARTHA permet de transmettre ces consignes en temps réel,
assurant ainsi le contrôle direct de ces unités.

- TIR ILLIMITÉ : WEAPONS UNLIMITED


Les systèmes d’armes antiaériens sont autorisés à tirer sans identification préalable sur tout aéronef.
Cette consigne au caractère exceptionnel n’est utilisée que dans une HAFEZ. Elle n'est pas utilisée en
région centre OTAN.

- TIR LIBRE : WEAPONS FREE


Les systèmes d’armes antiaériens sont autorisés à tirer sur tout aéronef non identifié comme ami.

- TIR RESTREINT : WEAPONS TIGHT


Les systèmes d’armes antiaériens ne sont autorisés à tirer que sur des aéronefs identifiés comme
hostiles.

- TIR PRESCRIT : WEAPONS HOLD


Les systèmes d’armes antiaériens ne sont autorisés à tirer qu’en action d’autodéfense ou en
exécution d’un ordre formel de tir.

Une unité sol-air conserve donc toujours le droit à l’autodéfense, l’ouverture du feu est autorisée si
l’unité elle-même ou les troupes amies sont attaquées par un aéronef. Les consignes de tir LATTA
(lutte antiaérienne toutes armes) des unités toutes armes sont différentes puisque ces unités
échappent à toute forme de contrôle direct et ne disposent d’aucun moyen d’identification sûr. Ces
moyens ne sont autorisés à ouvrir le feu que selon les règles particulières compatibles avec la
sécurité des aéronefs amis.

 Consignes de tir associées aux différents volumes de procédure


Les consignes de tir associées aux différents volumes de procédure sont définies par l’organisme Air
responsable de la zone concernée et sont précisées dans le message «SSTO» (SAM-SHORAD
Tactical Order). Selon le cas une consigne plus restrictive peut être donnée temporairement par
l'autorité responsable de la zone ou du volume considéré.
Dans le cadre du contrôle préétabli, et dans les limites fixées ci-dessus, les consignes suivantes sont
appliquées :
- TIR RESTREINT dans les couloirs et routes aériennes ;
- TIR LIBRE dans les WFZ ;

399
- TIR PRESCRIT dans les ROZ.

Les HIDACZ et BDZ voient leur consigne de tir fixée par l’autorité responsable du volume en question
(chef interarmes et commandant de base). Pour les MEZ activées, les consignes associées sont
généralement pour les unités sol-air concernées TIR RESTREINT à l’intérieur du volume, TIR
PRESCRIT à l’extérieur.

 Règles d’engagement
Consigne de tir
Tir libre Tir restreint Tir prescrit
identification
Ami Non Non Non
Hostile Oui Oui Non
Inconnu Oui Non Non

3.8 Schéma d’organisation de l’espace aérien

ROZ

TC
SA

SL
AF

BDZ
R

WFZ
TR
HDACZ

SC
ROZ
TMRR

IFF
SWITCH
T
OFF FLO

IFF
SWITCH
ON

Références :
- DSA 50.001 « Mémento de la menace aérienne sur les forces terrestres » approuvé le 19 mars
2010 sous le numéro n°65 RH-AT/EA/DEP – édition 2010.
- DSA 30.001 « ART 414 : Manuel d’emploi de l’artillerie sol-air » approuvé le 10 juin 2009 sous le
numéro n°5171 DEF/CoFAT/EAA – édition 2009 ;
- DSA 34.001 « ART 415 : Manuel d’emploi et de mise en œuvre du GT ASA » approuvé le 30
janvier 2006 sous le numéro n°65 EAA/DEP/DSA – édition 2006.

400
LA GUERRE ÉLECTRONIQUE
La guerre électronique est :
 Une fonction qui exploite les rayonnements EM pour contribuer à l’évaluation de la situation
tactique et à la réalisation d‘effets offensifs et défensifs ;
 Une fonction transverse pour la conduite des opérations militaires dans l’EEM ;
 Un sous- ensemble dont l'efficacité repose sur la complémentarité et la cohérence d'ensemble
de ses actions et la permanence du suivi du spectre EM.

1. L'environnement électromagnétique comme environnement


opérationnel
Les environnements opérationnels sont des espaces que l’on retrouve à tous les niveaux des
affrontements dans lesquels se déroulent les opérations militaires et où les effets sont délivrés.
Classiquement, ils comprennent les environnements physiques maritime, terrestre et de l’espace,
mais il existe d’autres environnements, l’un d’eux est l’environnement électromagnétique. Il est
identifié comme un environnement opérationnel à part entière, où sont délivrés des effets
électromagnétiques.
L’environnement électromagnétique est cet espace où circulent l’énergie électromagnétique (ou ondes
EM ou rayonnement EM). Celle-ci est décrite au travers du spectre électromagnétique qui est un
« pont » dans l’espace reliant les autres environnements opérationnels. Comme les autres, il peut être
exploité, façonné et utilisé pour attaquer ou pour se défendre. Tout succès dans les opérations
militaires repose à la fois sur une maîtrise de cet environnement électromagnétique, qui, permettra
une mise en œuvre adaptée des capacités militaires; et sur les contraintes que nous faisons peser sur
l’adversaire.

1.1 Les modes d’action de GE

Guerre
électronique

Obtenir du Délivrer des


renseignement Délivrer des effets
effets offensifs défensifs

Surveillance Défense
Attaque Electronique (DE)
Electronique Electronique (AE)
(SE)

401
Ces trois modes d’action agissent au sein du même champ d’action : le spectre électromagnétique.
L'objectif général recherché est d'agir sur le processus décisionnel d'un adversaire en altérant son
information ou ses systèmes d'informations, de collecter des informations sur cet adversaire tout en
conservant et protégeant l'intégrité des systèmes amis. Les trois modes d’action (ATE, SE et DE)
peuvent s’exercer lors des différents types ou phases des opérations.
Le concept de la guerre électronique (GE) s'étend à tous les systèmes mettant en oeuvre ou utilisant
le rayonnement électromagnétique, quelque soit la fréquence.
La GE s’intéresse donc théoriquement à tout ce qui concerne :
Les systèmes de commandement et de conduite (C2), incluant les systèmes de A cet effet, la France,
tout comme l’OTAN (AJP 3.6), classifie les actions en trois modes d’action :

 La surveillance électronique (SE): l’utilisation de l’énergie électromagnétique pour fournir


une appréciation de situation et du renseignement.
 L’attaque électronique (ATE) : l’usage de l’énergie électromagnétique à des fins
offensives. Cela inclut les armes à énergie dirigée (AED) : les armes électromagnétiques
dont les armes micro-ondes ;
 La défense électronique (ED) : l’usage de l’énergie électromagnétique pour la protection
et pour la maîtrise du spectre électromagnétique ; Cela inclut les armes à énergie dirigée
(AED) : les armes électromagnétiques dont les armes micro-ondes (exemple des moyens
de lutte contre les EEI).
L’emploi de la GE est souvent une combinaison ou un emploi cyclique de ces trois modes d’actions
Tour à tour complémentaires ou exclusifs les uns des autres, les trois modes d’actions de GE
s'effectuent dans des cadres divers. Les actions GE à exécuter contre l'adversaire vont être
déterminées par la doctrine d'emploi des forces adverses, le niveau technologique, les
caractéristiques des moyens de communication et les systèmes d'armes.

 La surveillance électronique (SE)

La surveillance électronique est un usage de l’énergie électromagnétique pour obtenir une


appréciation de situation et du renseignement.
« ES is focused on providing immediate shared situational awareness and indicators and warning of
operational activity.
However, a great deal of low-end ES capability is now used by deployed forces to detect enemy EM
activity, for example, the marshalling of insurgents prior to attacks or in counter piracy operations. ES
is not solely concerned with communications but with any EM emission”.
La guerre électronique est donc une capacité de « Common Operational Picture » fiable, qui participe
à l’élaboration de la représentation opérationnelle partagée.

 L’attaque électronique (ATE)

L’attaque électronique est l’usage de l’énergie électromagnétique à des fins offensives. Cela inclut les
armes à énergie dirigée, dont font partie les armes micro-ondes et les pulsations électromagnétiques
tout autant que les appareils à fréquence radio.
« EA is employed to degrade, disrupt, deceive, destroy or deny adversary’s EMO, attack their C2
capabilities and diminish their opportunities to shape or exploit the operational environment”.
L’ATE permet globalement d’agir sur les opérations EM adverses pour interdire ou gêner l'utilisation
par l’ennemi des ondes EM et donc dégrader leurs capacités C2 et l’utilisation de l’EEM par leurs
systèmes d’armes.
Cette capacité offensive de la guerre électronique, partie prenante des appuis à la manoeuvre, est
toujours précédée d'une phase d'acquisition de l'objectif radioélectrique. Elle est rarement employée
isolément car une attaque doit être ciblée et «chronométrée» en prenant en compte l'utilisation
d’autres capacités agissant dans l’espace EM et complète souvent la défense électronique ou la
surveillance électronique. Ces actions d’ATE ne peuvent être exercées sans une information
appropriée issue de la SE.

402
 La défense électronique (DE)

La défense électronique est l’usage de l’énergie électromagnétique pour protéger et s’assurer l’usage
du spectre électromagnétique par nos propres moyens. Cela inclut la protection de la force, des aires
et des vecteurs.
« ED will be employed to protect forces own EMO, such as ISTAR and network-enabled
capabilities against an adversary’s electronic attack.
ED is primarily used to protect individuals and forces, platforms, systems and areas, either
alone or in concert with other physical capabilities.

Les chefs doivent s’assurer que la Force, avant tout engagement, dispose des capacités de défense
électronique nécessaires à l’accomplissement de leur mission relevant de la protection et la
prévention pour :
 Fournir les moyens complémentaires d’identification et de protection de ces capacités de
soutien électronique. La guerre électronique est aussi une capacité SA2R fiable, qui
participe à l’élaboration de la représentation opérationnelle partagée, à l’identification et
permet ainsi d’éviter les tirs fratricides ;
 Fournir aux membres de la coalition l’emplacement et les caractéristiques des systèmes
électromagnétiques déployés sur le théâtre d’opérations ;
 S’assurer que les forces de la coalition peuvent opérer de manière coordonnée, en évitant
la confusion entre les émissions amies et les émissions ennemies ;
 S’assurer que les commandements sont capables d’échanger sur les menaces sans
dévoiler les caractéristiques des sources ;
 Protéger les informations sensibles détenues par l’OTAN ou qui appartiennent aux nations
de l’OTAN ou à des partenaires.
Le niveau de détail des informations relatives aux émetteurs doit être suffisant pour établir les bases
de données du théâtre suffisamment exhaustives pour mener des opérations. For example, ED has a
key role in defeating RC-IEDs and potentially other types of explosive devices. La lutte contre les IED
est une priorité pour l’OTAN et la GE a un rôle clé pour les vaincre - détecter, brouiller ou tromper ces
menaces.

1.2 Place et rôle de la GE

L'appui aux forces par la GE consiste à :


 Faciliter la manœuvre amie ;
 Garantir sa liberté d'action dans l'utilisation de l’espace EM en protégeant ses moyens
EM ;
 Entraver celle de l'adversaire en utilisant le spectre EM ou des composants
électroniques ;
 Contribuer à l’évaluation de la situation (ex : en profondeur au-delà de la zone de
confrontation) ;
 Fournir des renseignements (renseignement d'intérêt immédiat,…) nécessaire sur
l'ennemi au profit de la conduite ou de la planification des opérations ;
 Exécuter des actions d'attaque électronique pour la neutralisation voire la destruction des
moyens rayonnants de l'adversaire ou la dégradation des SIC adverses.

403
Le tableau ci-dessous illustre les 3 actions de GE utilisés dans la plupart des types d’opération

Type d’opération ATE SE DE


Opérations
X X X
offensives
Opérations
X X X
Défensives
Opérations de
X X X
stabilisation
Opérations de
X X X
sécurisation

Les principales actions mises en oeuvre dans le cadre spécifique d’opérations électromagnétiques ou
dans le cadre plus traditionnel de l’appui aux opérations comprennent les communications, la
navigation, la guerre électronique (GE). Il existe de très nombreuses opérations dans l’espace EM
(EEM), dans des disciplines variées :

 Les systèmes de commandement et de conduite (C2), incluant les systèmes de


télécommunications ;
 Les systèmes de navigation ;
 Les radars de toute nature ;
 Les systèmes de guidage et de contrôle des engins ;
 Les systèmes de fusées de proximité ;
 Les aides radioélectriques à la navigation ;
 Les dispositifs infrarouges et optroniques ;
 Les systèmes d’identification ;
 Les armes à énergie dirigée.

SATCOM
ISTAR
GPS

Navigation
Obteni
RADAR
Communication
r une
appréc
Imagerie iation
GE ROEM
de
situati
on
EEI-RC Radio

404
2. Les unités de guerre électronique
e e
Ces différents types d’unités sont mis en œuvre soit par le 44 RT soit par le 54 RT.

2.1 Centre de guerre électronique (CGE)

Il s’agit d’une composante fixe d’infrastructure à long rayon d’action qui assure des missions de
renseignement d’origine électromagnétique (ROEM) au profit de la DRM. Ce CGE peut traiter
simultanément plusieurs cibles. Il réalise jusqu’à une profondeur de plusieurs milliers de kilomètres
l’interception, la localisation et l’analyse des émissions classiques HF (graphie, phonie, transmission
de données et radio télétype), des émissions HF à évasion de fréquences et des émissions
satellitaires dans la gamme SHF.

2.2 La compagnie du 44e RT

e
Outre le CGE, le 44 RT possède une compagnie mobile qui met en œuvre deux systèmes :
Le système EMILIE (Ensemble Mobile d’Interception et de Localisation Informatisée des Emissions),
dans la gamme HF, qui a pour but de renforcer le CGE ou de le remplacer pour une partie de ces
missions en cas de destruction de celui-ci.

Le système PARADOS, moyens en coffrets projetables travaillant dans la gamme HF, V/UHF au
travers des MDU SRI (module de déploiement d’urgence d’interception) et SATED (traitement et
exploitation).

Références :

- EMP 20.311 « Intégration des appuis feux interarmes et interarmées à la manœuvre (doctrine
pour les niveaux 4 à 6) » approuvé le 19 août 2009 sous le numéro n°320
DEF/CDEF/DDO/CDM1 – édition 2009.

405
ENCART APPUI AÉRIEN
Cette étude ne présente pas les mesures de coordination dans la troisième dimension, développées
dans un chapitre spécifique ultérieur. Ce chapitre est centré sur l’appui aérien feu, plus
particulièrement le CAS (Close Air Support).

1. Généralités
1.1 Définition
L’appui aérien est l’ensemble des actions menées par des vecteurs aériens d’une composante au
profit d’une autre composante agissant sur terre ou en mer, pour obtenir un effet fixé sur un objectif de
niveau opératif ou tactique, tout en recherchant un emploi optimisé des forces.

Les moyens susceptibles d’être utilisés comprennent les aéronefs à voilure fixe et tournante, drones et
missiles des forces armées.

1.2 Types d’appui aérien


L’appui aérien peut revêtir les formes suivantes :
- appui aérien centré sur le feu (missions pouvant déboucher sur une frappe aérienne) ;
- appui aérien renseignement ;
- appui aérien transport ;
- appui aérien guerre électronique.

Les missions d’appui aérien par le feu font partie de ce qui est connu dans l’OTAN sous le vocable
missions d’attaque d’objectifs de surface par le feu (Anti Surface Force Air Operations, ASFAO). Il
s’agit de l’ensemble des missions Close Air Support (CAS) et des missions d’Air Interdiction (AI)
effectuées en appui d’une autre composante.

2. Organisation du commandement
L’organisation du commandement est conforme à la PIA-03.201 « doctrine interarmées du
commandement en opération ». Les particularités des niveaux opératif et tactique liées à l’appui
aérien sont détaillées ci-après.

2.1 Niveau opératif


L’appui aérien, par nature inter-composantes, requiert une coordination étroite sous la responsabilité
unique du COMANFOR.
« La désignation des commandants bénéficiaires de soutien et en soutien est de la responsabilité du
commandant de la force. Celui-ci précise les attributions exactes de chaque commandant, la phase
tactique et le cadre espace-temps considérés, le type de concours demandé, les objectifs attendus et
les limites fixées ».

2.2 Niveau tactique


Les responsabilités sont les suivantes :

 La composante bénéficiaire du soutien :


- définit, conformément aux délégations consenties par le niveau opératif, les objectifs assignés aux
moyens en soutien et leur niveau de priorité, le phasage et la durée de chaque action d’appui ainsi
que les autres instructions nécessaires à la coordination et à l’efficacité des actions ;

406
- informe le niveau opératif et le commandement en soutien de tout changement dans ses besoins
d’appui.

 La composante en soutien :
- informe le niveau opératif et le commandant bénéficiant du soutien des capacités et des limitations
de ses moyens disponibles pour l’appui ;
- sollicite le niveau opératif pour obtenir, lorsque apparaissent des objectifs concurrents, un
arbitrage concernant les moyens mis à disposition ;
- coordonne les actions d’appui avec le commandant bénéficiaire du soutien ;
- diffuse vers le niveau opératif et au commandant bénéficiaire du soutien les renseignements
opportuns concernant les changements de disponibilité ou de capacité de ses dispositifs ou
moyens d’appui. Elle évalue également les conséquences opérationnelles induites sur les
opérations qu’elle appuie. Elle examine et, si besoin est, relaye des demandes supplémentaires
en moyens aériens vers le niveau opératif afin d’être en mesure de fournir l’appui demandé.

3. Acteurs terrestres de l’appui aérien centré sur le feu du


niveau BIA jusqu’au niveau SGTIA
Plusieurs fonctions sont à assurer par le personnel mettant en œuvre cet appui aérien spécifique :
- gestion de zone ;
- guidage d’aéronef ;
- désignation d’objectif.

Le personnel formé Contrôleur Aérien Avancé (CAA) assure ces trois fonctions. Mais afin d’augmenter
les possibilités d’appui aérien (au moins au niveau national), compte tenu des nouvelles technologies,
un autre personnel formé peut assurer la fonction de désignation d’objectif (Joint Forward Observer ou
JFO).

Un contrôleur tactique air (CTA) est un CAA de l’armée de l’Air, très expérimenté, notamment dans le
domaine de la gestion et du contrôle des vecteurs aériens. Situé au niveau de la BIA, il est le
conseiller appui aérien du COMBIA. Il traduit les demandes exprimées par les CAA en termes
d’armement préférentiel, fournit les recommandations à caractère aéronautique nécessaires, assure la
gestion de l’espace alloué et répartit entre les CAA les différents moyens aériens attribués.

Le CAA (ou Forward Air Controller) est situé au niveau du GTIA. A partir d’une position avancée au
sol ou en vol, il guide les aéronefs engagés dans une mission d’appui aérien rapproché des forces
terrestres. Le CAA agissant à partir du sol conserve la capacité d’interdire le tir si la situation l’exige. Il
peut soit désigner les objectifs soit les répartir entre les opérateurs laser (JFO) qui lui sont rattachés.
Les CAA peuvent opérer seuls ou en équipe Tactical Air Control Party (TACP). Le CAA peut opérer à
partir d’un aéronef (Airborne FAC ou A-FAC).

L’opérateur d’appui aérien (JFO) est un personnel qualifié, situé au niveau du SGTIA, qui à partir
d’une position avancée au sol ou en vol, met en œuvre un équipement de désignation et/ou de
localisation sur ordre du CAA. Il peut être spécialisé opérateur laser et/ou opérateur de désignation.
Travaillant en liaison avec le CAA, il sera chargé dans le premier cas d’illuminer la cible détectée et
dans le second cas de transmettre les données de référence de celle-ci. Il peut faire des demandes
de missions d’appui aérien auprès de son CAA de rattachement si la situation l’exige et si les moyens
nécessaires au niveau terrestre ne sont pas adaptés, disponibles ou suffisants.

4. Contrôle des missions CAS


Les missions CAS se déroulent généralement en deçà de la FSCL (Forward Support Coordination
Line) et c’est le commandement soutenu (supported) qui détermine les règles de contrôle des feux et
en assure le contrôle. Sauf cas particulier, ces missions sont conduites sous le contrôle d’un CAA (au
sol ou en vol).
Évoluant sans cesse, les capacités des aéronefs de combat et des systèmes d’arme permettent
d’optimiser les effets des attaques CAS, tout en minimisant les risques de tir fratricides. Trois types de

407
contrôle ont été développés. A chacun d’entre eux est associé un niveau de risque de tir fratricide et
de dommages collatéraux acceptables. Le choix d’un type de CAS est laissé à l’initiative du
commandant soutenu du plus bas niveau tactique et n’est pas lié au type d’armement utilisé. Les CAA
précisent le type de contrôle en vigueur dès leur premier contact radio avec les aéronefs.

Type 1 :
Ce type de guidage est retenu lorsque le risque de tir fratricide est élevé. Le CAA doit contrôler
visuellement la trajectoire de l’attaque, voir l’aéronef et la cible (c’est le type de guidage utilisé par
défaut). L’autorisation de tir est donnée par le CAA à chacun des aéronefs.

Type 2 :
Ce type de guidage est pratiqué lorsque le risque de tir fratricide est faible. Il est utilisé quand le CAA
n’a pas forcément visuel de l’aéronef et de la cible au moment du tir ou que l’aéronef peut ne pas
acquérir le visuel du marquage de la cible ou de la cible au moment du tir.
Le CAA assure le guidage de chaque aéronef dans les conditions suivantes :
- les éléments d’attaque, les coordonnées ou le marquage de l’objectif sont transmis au CAA par
une source extérieure (opérateur d’appui aérien) ;
- le CAA doit transmettre à l’aéronef des renseignements d’objectif actualisés et précis ;
- le CAA autorise le tir de chaque aéronef sur la cible qui lui a été désignée.

Le CAA conserve la responsabilité du guidage. En fonction des informations transmises par les
observateurs, il donnera ou non les autorisations de tir. Ce type de guidage peut-être ordonné de nuit,
par mauvaises conditions météorologiques, pour éviter les menaces sol-air, pour un tir en HA ou en
stand off.

Type 3 :
Ce type de guidage est pratiqué lorsqu’il y a peu de risques de tirs fratricides. Dans ce type de
contrôle, le CAA fixe les restrictions et accorde l’ouverture du feu à l’équipage. Le CAA autorise
l’équipage à engager la cible après avoir fourni les éléments suivants :
- nature des objectifs et priorité de traitement ;
- fenêtre d’engagement ;
- L’effet à produire sur l’objectif.
Le CAA ayant transmis ces éléments, les équipages attaquent les objectifs à leur initiative. Des
sources extérieures peuvent donner d’ultimes informations sur l’objectif. Le CAA conserve le contrôle
de l’attaque en étant à l’écoute du réseau radio ou en surveillant les données transmises. Le CAA
peut interrompre l’attaque à tout moment. Dans tous les types d’appui, le CAA peut coordonner les
attaques à partir d’informations en provenance d’une source extérieure notamment d’un opérateur
d’appui aérien. Cependant pour tous les types de contrôle, il garde l’autorité pour interrompre
l’attaque.

Cas particulier :
A titre exceptionnel et exclusivement sur autorisation du commandement de la composante de surface
qui explicitera les circonstances dans lesquelles cette procédure pourra être utilisée, du personnel
non-qualifié CAA assurera alors le contrôle terminal des aéronefs en utilisant une procédure de
secours (Emergency control terme préféré à Emergency CAS). En raison de la complexité des
missions CAS, le commandant de l’unité appuyée doit prendre en considération le risque accru de tir
fratricide et de dommages collatéraux lorsqu’il utilise du personnel non-qualifié pour guider des
aéronefs et accepter l’entière responsabilité du résultat des frappes.

Références :
DIA- 3.3.2 « PIA 03.233 : Doctrine interarmées de l’appui aérien » approuvé le 25 juillet 2006 sous le
numéro n°798/DEF/EMA/EMP.1/NP.

408
ACTIONS SUR LES
PERCEPTIONS ET
L’ENVIRONNEMENT
OPERATIONNEL (APEO)

409
GENERALITES
Comme le soulignent le Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale et le concept d’emploi
165
des forces , le champ des perceptions est devenu un enjeu majeur car il impacte fortement la
légitimité des opérations militaires, donc la légitimité politique. Les enjeux en sont non seulement la
crédibilité de la France ou de la coalition dont elle peut faire partie mais aussi l’expression indirecte de
sa puissance en appui de sa politique étrangère dans tous ses aspects : diplomatie, culture,
économie, emploi de ses forces armées.

Les champs psychologiques et cognitifs sont devenus, voire redevenus, de véritables champs
d’affrontement à travers la bataille des perceptions, à la fois sur le théâtre d’une opération et dans son
166
environnement informationnel . Le champ des perceptions est le champ privilégié de la stratégie
indirecte.
167
Les idéologies, les émotions, la désinformation sinon la mésinformation et les rumeurs, augmentent
les interactions des opinions publiques avec les activités politique, diplomatique, économique,
informationnelle sinon culturelle dans le contexte d’un monde globalisé et marqué par l’absence de
frontières physiques à la circulation d’une information. Par son pluralisme, son ubiquité et son
instantanéité, l’information agit sur la perception et la représentation des évènements, la prise de
décision, sa mise en œuvre et sa compréhension notamment lors d’opérations militaires. Les actions
menées dans les champs psychologiques et cognitifs, particulièrement dans ceux où jouent des
mécanismes d’influence sur les acteurs d’un conflit ou d’une crise, s’avèrent déterminantes pour le
succès de tout engagement des forces armées.

Dans le cadre direct des opérations, l’effort premier est avant tout de convaincre les audiences cibles
qu’elles ont plus intérêt à notre réussite qu’à notre échec.
En coalition, les chaînes multinationale et nationale doivent être d’autant plus coordonnées (actions
de communication, actions d’information, actions civilo-militaires, actions indirectes, règles
168
d’engagement…) que les effets attendus de la stratégie militaire d'influence (SMI) sont majeurs
dans la résolution de la crise ou du conflit.

165
CIA 01 « concept d’emploi des forces » du 11 janvier 2010.
166
Environnement informationnel : Espace virtuel et physique dans lequel l’information est reçue, exploitée et diffusée pour
ensuite agir sur les perceptions. La notion d’information comprend aussi bien l’information elle-même que les systèmes
d’information. Il englobe l’espace informatique et le cyberespace.
167
Désinformation : Action volontaire faite sciemment par celui qui manipule l’information de façon à induire en erreur son
adversaire, l’opinion publique, les medias, l’idéal étant de créer une fausse réalité assez convaincante pour le conduire à se
tromper en raisonnant juste.
168
Stratégie militaire d’influence : Art d’organiser et d’utiliser les capacités diplomatiques, économiques, informationnelles,
militaires et culturelles en vue de servir les intérêts d’un Etat, d’un groupe d’Etats ou de la communauté internationale en
agissant dans les champs psychologiques et cognitifs pour conduire un individu, un groupe ou une organisation favorable,
neutre ou hostile – à agir dans le sens des intérêts nationaux, des objectifs d’une coalition ou de la communauté
internationale.

410
acronymes Français Anglais
CI Contre-Ingérence (CI) Counter-Intelligence Info Ops
CCM Coopération Civilo-Militaire Civil-Military Cooperation (CIMIC)
CNO Cyberdéfense Computer Network Operations
COMOPS Communication Opérationnelle
GE Guerre Électronique Electronic Warfare (EW)
IOCB Gpe de Coord des OI Info Ops Coordination Board
JTCB Réunion de Coord du Ciblage Joint Targeting Coordination Board
KD Knowledge Development
KLE Key-Leaders Engagement
MILDEC Déception Military Deception
OI Opérations d’Information Information Operations (Info Ops)
OMI Opérations Militaires d’Influence PSYOPS / MISO [US]
PA Communication Média Public Affairs
PD(D) Conseiller diplomatique Public Diplomacy (Division)
PPP Attitudes et comportements Posture-Presence-Profile
SECOPS Sécurité des opérations Operational Security (OPSEC)
SEWOC SIGINT & EW Operational Centre
NON PROTÉGÉ Strategic Communications
StratCom [NATO] d’Information
Opérations DIFFUSION RESTREINTE (= PD + PA + Info Ops + PSYOPS)

411
Les actions sur les perceptions et
l’environnement opérationnel
1. Définition
169
La fonction « actions sur les perceptions et l’environnement opérationnel » (APEO) est une fonction
de conseil, de coordination et de planification des effets à obtenir sur la volonté, la compréhension et
les capacités des info-cibles par les APEO dans le cadre de la stratégie militaire d’influence.

Les APEO s’appuient sur :


- des capacités dédiées à l’information : acquisition de la connaissance, communication
opérationnelle, opérations militaire d’influence ;
- des capacités techniques qui peuvent collecter de l’information véhiculée par les actions
d’influence, permettre d’agir contre le commandement adverse et de protéger la force (guerre
électronique, cyberdéfense) ;
- des fonctions non spécialisées dans l’information qui contribuent de façon significative à l’image
de la force et influent sur le comportement des sources d’opposition : officiers de liaison de la
force vers organismes extérieurs, coopération civilo-militaire (CIMIC), forces spéciales, unités
d’appui (feux), forces de manœuvre en général ;
- des processus : sûreté de l’information, engagement des relais d’influence (KLE), opérations
militaires de déception, attitudes et comportements.

Les APEO comprennent donc :


- des actions sur l’information qui désignent les activités offensives et défensives portant sur les
données, les contenus informationnels ou les systèmes d’information. Elles recouvrent des actions
d’influence, des actions de contre-commandement et des actions de protection de l’information ;
- des actions civilo-militaires qui visent à établir, maintenir ou exploiter les relations entre les forces
et les acteurs civils qu’ils soient des organisations internationales, des organisations non-
gouvernementales, des autorités locales, les populations afin de faciliter les opérations, consolider
ou atteindre les objectifs opérationnels ;
- des actions de communication qui désignent la diffusion de messages vers les opinions
publiques ;
- des actions indirectes conçues et conduites en cas de besoin par les forces spéciales.

La fonction « actions sur les perceptions et l’environnement opérationnel » relève de la fonction-clé


interarmées « maîtriser l’information » qui inclut la recherche et l’exploitation de l’information c’est-à-
dire l’acquisition de la connaissance, notamment par l’emploi opérationnel de l’information et en
particulier par l’influence ainsi que sa communication via la communication opérationnelle.
170
Les APEO sont une fonction opérationnelle d’engagement qui coordonnent au plan tactique
essentiellement les composantes suivantes :
- Les actions d’influence : opérations militaires d’influence (OMI), engagement des relais d’influence
(KLE), attitudes et comportement (PPP) ;
- Les actions de communication : communication opérationnelle (COMOPS) ;
- Les actions civilo-militaire : coopération civilo-militaire (CIMIC).

169
Actions sur les perceptions et l’environnement opérationnel : Actions visant à affecter les caractéristiques psychologiques et
cognitives des publics sur lesquels elles sont appliquées. Les actions sur la perception et l’environnement opérationnel
comprennent les actions sur l’information, les actions civilo-militaires, les actions de communication et les actions indirectes.
(CIA 3.10)
170
FT 04 – « Les fondamentaux de la manœuvre interarmes » (2011).

412
En vue d’assurer leur pertinence et d’éviter les interférences dommageables, voire fratricides, les
actions sur les perceptions et l’environnement opérationnel (APEO) sont synchronisées dans le temps
et l’espace, entre les fonctions opérationnelles et avec les actions physiques, notamment de
destruction.

ACTIONS
COMOPS
DE COMMUNICATION
ACTIONS
CIMIC
CIVILO-
CIVILO-MILITAIRES

ACTIONS
SUR L’
L’INFORMATION /
ACTIONS D’
D’INFLUENCE
Engagement
des relais Attitudes &
d’influence Comportements

OMI

Figure 1 - Principales capacités au niveau tactique


des actions sur les perceptions et l’environnement opérationnel (APEO)

2. Entités visées
171
Les APEO visent potentiellement tous les acteurs du théâtre de l’information, directement ou
indirectement.
Par leurs décisions, ces acteurs peuvent soit s’opposer à l’action des forces, soit la soutenir : ce
faisant, ils deviennent dès lors des sources d’opposition (SO).
Déclinables aux échelons local, régional, ou mondial, les SO peuvent être : une population, une
opinion publique, une communauté, un groupe, des organisations, des acteurs politiques ou militaires,
des notables, des entreprises, des ressortissants, des médias.
172
Les APEO tentent de faire coïncider les objectifs de ces SO avec l’EFR ou d’en minimiser les
divergences.
Les arguments développés et les moyens mis en œuvre pour y parvenir sont à adapter à chacune
d’entre elles, mais il y a fondamentalement deux types de SO à distinguer :
- celles qui utilisent la violence pour s’opposer à l’action amie (l’ennemi ou « l’adversaire ») ;
- celles qui n’ont pas recours à la violence contre les forces ou ceux qu’elles protègent, mais qui
peuvent s’opposer ou nuire à l’atteinte de l’EFR par tout autre moyen.

Les modes d’action à employer pour contrer la seconde catégorie seront légitimement restreints
puisqu’ils excluent d’emblée l’usage de la force. Ils privilégient l’utilisation de l’information.

171
La qualité d’acteur est définie par la capacité à prendre ou à faire prendre des décisions et à les mettre en œuvre.
172
Etat final recherché.

413
Forces Acteurs Tous acteurs Tous acteurs
alliées, amies, extérieurs civils locaux : hostiles.
opinion présents sur gouv., acteurs
internationale. le théâtre : OI, éco. privés ou
ONG… public s …

APEO Pas d’action directe / Rôle de coordination

CIMIC AC

OMI

COMOPS

KL E

Actions Indirectes

Forces

3. Objectifs
Dans le cadre de la guerre du commandement, les APEO répondent à trois objectifs majeurs pour les
forces armées.

 Garantir la liberté d’action


La liberté d’action dépend de l’aptitude à conserver la prééminence décisionnelle et la capacité à
informer en disposant de la supériorité informationnelle au moment voulu. La première impose
de protéger et de défendre ses systèmes d’information et ses processus décisionnels tout en
agissant contre ceux de l’adversaire ; la seconde impose d’occuper le terrain de l’information, pour
garantir la crédibilité de la force, et pour convaincre ;

 Exercer une influence


À l’inverse de la contrainte physique, la persuasion vise l’adhésion volontaire, le consentement ; elle
a des effets bien plus durables et mieux tolérés.
L’information est le levier des mécanismes de sortie de crise car elle pousse les opinions et les
acteurs à prendre conscience. Elle est le vecteur principal d’une stratégie d’influence visant à
promouvoir les valeurs prônées par la France ;

 Légitimer l’action des forces


L’opinion publique est désormais systématiquement partie prenante dans la gestion des crises.
Sachant parfaitement exploiter la puissance des médias, les opposants potentiels à l’action des forces
armées font peser des risques importants pour les opérations. Dans la course à la légitimité et à
l’influence, il convient de prendre en compte ces opposants potentiels et de tenter d’en faire des alliés,
tout en persuadant les opinions du bien-fondé de l’opération.

414
4. Principes
Les sept principes décrits ci-après sont des garde-fous pour le commandant de la force, pour les
officiers APEO et pour tous ceux qui mettent en œuvre les APEO. Leur non-respect constitue un
risque majeur.

 Cohérence
De l’extérieur, les forces sont perçues comme un tout indissociable, au service de l’État ou de la
coalition qui les mandate. L’efficacité des opérations d’information repose sur la cohérence des
actions menées de l’échelon tactique au niveau stratégique. Le fond des messages doit être unique,
ce qui nécessite une direction très centralisée ;

 Crédibilité
L’image de la force et les messages délivrés doivent rester crédibles. Il faut avancer avec la plus
grande précaution dans l’utilisation et le dosage de procédés sensibles comme la déception ou la
ruse. Le mensonge est un risque considérable car il conduit à la perte de confiance et de crédibilité ;

 Pertinence
Persuader implique un niveau de pertinence qui ne peut être atteint que grâce à une connaissance
intime de l’environnement, de la culture et de la pensée de l’entité visée.
Pour obtenir un effet recherché, l’information doit parvenir à un moment précis, après une mise en
condition préalable créée par des évènements naturels ou provoqués ;

 Pluridisciplinarité
La pleine efficacité des opérations d’information s’obtient en choisissant le moyen le mieux adapté, au
cas par cas, et en combinant harmonieusement un ensemble d’actions dans le temps. Toutes les
forces doivent être en mesure de participer à cette synergie ;

 Subsidiarité
Le choix d’actions multiples et décentralisées impose l’adoption du principe de subsidiarité vers les
échelons subordonnés. Une part de confiance est accordée aux forces concernant l’usage des
armes, régi par le droit, des conventions et des règles d’engagement. Une même part de confiance
doit être accordée dans l’usage de l’information, régi par une éthique, une déontologie, des règles
de comportement et des éléments de langage ;

 Déontologie
Quelles que soient les circonstances, les modes d’action retenus dans les opérations d’information
doivent correspondre aux valeurs défendues. La fin ne peut justifier des moyens qui ne respectent
pas des règles éthiques. Le recours à des propos dégradants, à la calomnie et au chantage est donc
formellement exclu. Cette ligne déontologique est incontournable, même si elle constitue une
vulnérabilité que l’adversaire ne manquera pas d’exploiter ;

 Évaluation
La conduite des opérations d’information nécessite une estimation préalable des effets attendus,
suivie d’une mesure a posteriori, la plus précise possible.
La mesure des effets dépendant de facteurs humains est particulièrement délicate, elle nécessite
des méthodes adaptées.

5. Procédés
L’analyse des procédés utilisés tient compte de trois constats fondamentaux :
- l’information peut être divulguée volontairement ou involontairement, ou elle peut être prise avec
ou sans l’agrément de l’émetteur et sans même qu’il s’en aperçoive ;

415
- à l’inverse d’une arme, dont une des qualités est d’atteindre exclusivement sa cible, l’information
atteint souvent des destinataires multiples, voire non-désirés. Ainsi, le degré de sélectivité des
moyens employés sur les cibles est un élément déterminant des APEO ;
- de même, l’information ne termine pas toujours sa trajectoire en cible, mais continue à se
propager. Cet inconvénient majeur peut devenir un avantage pour agir indirectement en
bénéficiant d’un effet « résonnance »

La volonté de la SO ne peut être atteinte directement. Pour la modifier ou la renforcer, il faut agir sur
sa perception (sa connaissance) et également sur sa capacité physique à acquérir et à véhiculer cette
connaissance.
Les points d’application des APEO sur la connaissance et la capacité d’une SO ou d’une SO
intermédiaire sont appelés info-cibles.
Ces info-cibles peuvent être : la source d’opposition, un décideur, ses sources d’information et
d’influence ou ses systèmes d’information. La désignation d’info-cible peut aussi s’appliquer à une
population ou une communauté spécifique, voire à des infrastructures ou du matériel dont l’atteinte
(au sens positif comme négatif) crée un impact favorable.
Cette analyse permet de regrouper les opérations d’information selon trois types :

 Actions d’influence
Les actions d’influence regroupent les activités dont le but direct et premier est d’influencer la volonté
et reposent essentiellement sur des méthodes de communication. Elles participent également à
contrer les actions d’influence adverses. Elles sont largement véhiculées par les fonctions vouées à
l’information, mais peuvent aussi l’être par des moyens non spécialisés. Elles consistent
essentiellement à promouvoir des thèmes identifiés auprès des info-cibles par le biais de messages,
sous toutes leurs formes. Ces actions cherchent à prédisposer, à persuader ou à dissuader, à
contraindre psychologiquement les info-cibles. Elles peuvent viser à assister, à encourager et
rassurer, voire à établir ou rétablir la confiance. Elles peuvent s’accompagner d’actions physiques sur
les capacités (actions combinées) qui renforceront le message délivré ;

 Actions de contre-C4I
Les actions de contre-C4I (Command, Control, Communications, Computer And Intelligence) peuvent
être utilisées pour affecter les flux d’information environnant un décideur et contribuent directement à
l’atteinte de la supériorité décisionnelle. Elles visent à amoindrir la capacité de l’adversaire à acquérir
de l’information, et à développer, à diffuser et à faire exécuter ses décisions. Les info-cibles de ces
actions sont des nœuds ou des liens de communication, des capteurs ou des processus. En situation
post-conflictuelle, ces actions peuvent contribuer à amoindrir la capacité des SO à nuire aux accords
politiques mis en place. D’une façon générale, ces actions ont un caractère hostile et il convient donc
de ne les employer que dans un cadre légitime, contre une SO agissant illégalement ;

 Actions de protection
Les actions de protection s’appuient essentiellement sur la sécurité des opérations afin d’interdire aux
SO d’accéder aux éléments essentiels de l’information amie et d’anticiper ainsi sur les actions à venir.
Les mesures passives s’appliquent aux procédures et aux équipements des forces amies. Les
mesures actives portent sur les capacités adverses à acquérir du renseignement (capteurs et relais) et
peuvent également viser à faire diversion ou à diluer l’information.
Les actions de protection sont appliquées par tous les membres de la force engagés dans l’opération
et le commandement est responsable de leur mise en œuvre.

6. Organisation
Au sein des structures de commandement, la prise en compte de la manœuvre globale au niveau
tactique nécessite de décrire dans un ordre de responsabilité décroissant:

- une cellule de coordination de la manœuvre globale,


- une fonction d’autorité de coordination des APEO,

416
- un pôle « environnement, influence et information».

Cette structure « fonctionnelle » qui situe la chaine APEO au sein de la coordination globale décrite de
manière générique dans une configuration maximale par les cellules ci-dessous, s’adapte en fonction
de la mission et des circonstances.
La dénomination retenue dans les forces terrestres mélange volontairement les termes français et
anglais, souvent plus explicites. Les différentes cellules pouvant naturellement s’agréger entre elles ou
être supprimées.

Autorité de CAC
coordination Coord. man. .globale EVAL.
des APEO oeuvre

Pôle « E2I »

OMI COMOPS
CIMIC Psyops

CAC : Comprehensive Approach Coordinator, coordinateur de la manœuvre globale ;


Eval : Cellule d’évaluation ;
Pôle « E2I » : Pôle de coordination des actions conduites dans les domaines de l’environnement, de
l’influence et de l’information ;
CIMIC : Civil military cooperation, coopération civilo-militaire ;
OMI : Opérations Militaires d’Influence (OMI), Psychological Operations ;
COMOPS : Communication Opérationnelle.

6.1 Le CAC
Le CAC (Comprehensive Approach Coordinator) est le garant de l’approche globale de la manœuvre.
Le CAC a donc la responsabilité de :
- superviser, en liaison avec le G5 et le G3, la planification et la conduite des effets d’influence et
des effets de manœuvre feux et mouvement classiques dans le cadre de la participation de
l’échelon tactique considéré à la manœuvre globale ;
- superviser la définition et le suivi des cibles à atteindre pour réaliser ces effets puis évaluer
l’atteinte de ces effets dans le cadre du processus global d’évaluation de la manœuvre
(assessment) ;
- s’assurer que toutes les actions (matérielles et immatérielles) de la manœuvre sont en synergie.
Subordonné au DCOS OPS, il est aussi conseiller du COM pour l’emploi des fonctions « E2I » et les
priorités à attribuer dans le cadre du KLE. A ce titre, il est donc également membre du groupe de
commandement.

6.2 La cellule Evaluation


Directement subordonnée au CAC, cette cellule est l’organe d’évaluation de la manœuvre. Elle
collecte régulièrement les indicateurs d’évaluation de la manœuvre en fonction du « Battle Rythm » et
propose au CAC des synthèses de l’atteinte des effets recherchés par l’état-major. Elle travaille dans

417
le long terme et doit permettre à l’état-major de conserver le recul nécessaire, quelle que soit la phase
de l’opération (intervention, stabilisation et normalisation).

6.3 L’autorité de coordination des APEO


Au sein de l’état-major tactique et en fonction du niveau d’emploi (2 à 4), l’autorité de coordination des
APEO a la responsabilité de superviser la planification et la conduite des actions sur les perceptions et
l’environnement opérationnel.
A ce titre, elle :
- supervise la planification des effets de la manœuvre informationnelle et des effets des manœuvres
feux et mouvement classiques dans le cadre de la participation à la manœuvre globale du niveau
tactique considéré ;
- supervise la définition et le suivi des cibles à atteindre pour réaliser ces effets puis évaluer
l’atteinte de ces effets dans le cadre du processus global d’évaluation de la manœuvre
(assessment) ;
- s’assure dans ce cadre que toutes les actions (matérielles et immatérielles) sont en synergie.

A ce titre, elle conseille le COM sur les priorités à attribuer dans le cadre du KLE et du PPP.
Cette fonction peut-être :
- soit décrite au sein d’une cellule TUEM de l’état-major ;
- soit en double qualification d’une fonction déjà existante s’il n’y a pas spécifiquement de CAC.
Lorsque le CAC existe, la fonction de coordinateur APEO et de CAC peut être cumulée.

6.4 Le pôle « Environnement, influence et information» (E2I)


Le pôle « E2I » a pour mission de coordonner les effets et les actions planifiées, conduites et évaluées
dans les domaines concourant à la prise en compte par la force de son environnement opérationnel
au niveau tactique.
A ce titre, le chef du pôle « E2I » coordonne le travail des cellules d’EM spécialisées (au volume
adapté au niveau considéré) pour chacune des fonctions et/ou processus suivants :
- OMI,
- CIMIC,
- COMOPS (distincte du CONSCOM),
- KLE,
- PPP.
Il est également en charge d’élaborer la matrice d’engagement des « key influencers » et la matrice
des effets d’influence dans ces trois domaines.
Au sein des états-majors tactiques, les actions relatives au domaine de l’environnement opérationnel
sont planifiées et conduites par le pôle « E2I », aux ordres du chef d’état-major (NIV 2 et 3) ou du chef
de corps de GTIA (NIV 4).

7. Mise en œuvre des APEO


Les cellules APEO au niveau opératif coordonnent les actions d’information en s’appuyant sur le
groupe de travail des APEO. Dans ce groupe de travail, les différentes fonctions sont représentées
autant que de besoin. Ces cellules rédigent une annexe à l’ordre d’opération (annexe O).
L’absence de cellule APEO ne signifie pas que l’échelon considéré ne mènera pas d’actions en appui
173
des OI de son supérieur L’annexe O définit des messages à délivrer et tâches à mener qui peuvent
se décliner jusqu’aux plus petits échelons. En particulier, l’attitude de la force, la visibilité de son
action et les contacts que chaque niveau de commandement doit entretenir sont guidés par les ordres
de cette annexe.
Autant que donner des ordres pour réaliser la mission, l’annexe O doit définir tout ou partie de l’esprit
de la mission.

173
Normalement les OI seront planifiées au niveau opératif ; un LCC peut bien entendu en avoir la responsabilité.

418
Tableau récapitulatif : fonctions contributrices et modes d’action dans le domaine de
l’information

Modes
Sélectivité Modes d’action Participation d’action
Type de Mise en
Fonction Responsable sur info- Principaux (liste non à la collecte déconseillés
fonction œuvre
cibles exclusive) d’information ou
impossibles
Très faible
Communication Officier (analyse
CONSCOM Mondiale / information déception
médias communication médias)
Locale
Dédiées à
Communication Autorités (CR
l’information : CONSCOM Très forte influence
réseaux principalement entretiens)
Communication
Chefs
opérationnelle Chefs information/persuasion
Communication militaires (comptes-
militaires Forte protection contre-C2
interne Officier rendus)
CONSCOM soutien psy. des forces
communication
influence (Target
Dédiées à G3 ou Cellule Détachement
OMI (PSYOPS) Variable appui direct aux forces Audience
l’information PSYOPS OMI
soutien Analysis)
Selon contre-C4I
Guerre
G3 Unités de GE spectre (déni de service) via G2 influence
électronique
EM protection
Lutte Spécialistes contre-C4I lutte
G6 Forte Oui
informatique Techniques SIC protection offensive
liées à Commandant
Tous les
Sécurité des l’information Officier protection (comptes-
membres de Forte
opérations sécurité contre-C4I (déception) rendus)
la force
G6/SSI
Contre- (comptes-
PSD Spécialistes Très forte protection
ingérence rendus)
Spécialistes
CIMIC influence/persuasion (comptes- déception
CIMIC/SSA G9/SSA Faible
Services (soutien) rendus) protection
médicaux
Officiers de (comptes- déception
Liaison CEM Forte influence
liaison rendus) protection
Non
Toutes
spécialisées en influence/dissuasion
relations vers Tous les
information influence/persuasion (comptes-
l’extérieur Commandant membres de Variable
protection rendus)
(Attitude – la force
déception
comportement)
influence
COS/Forces via le
Forces spéciales COMANFOR Très forte contre-C4I
spéciales COMANFOR
protection
Très forte
contre-C4I (déni de
pour
service)
G3 Forces contre-C2
Appui aux OI Coercitives influence/dissuasion Faible
Ciblage déployées Faible
(démonstration de force
pour
ou destruction)
influence
Diplomatie de
via CEMA externe Très forte influence non
défense
Externes
Mesures
via CEMA externe Très forte influence non
économiques

419
LA COOPERATION CIVILO-MILITAIRE

1. Présentation
1.1 Interactions des forces avec leur environnement civil
Les opérations militaires, quelle que soit leur intensité, sont conduites sur des théâtres où les acteurs
civils sont d’autant plus présents et actifs que la situation sécuritaire est maîtrisée. Les autorités
locales et nationales, les acteurs institutionnels internationaux, les organisations gouvernementales ou
non gouvernementales, la population civile sont autant d’acteurs qui influent plus ou moins
directement sur la conduite des opérations. Ces acteurs ne peuvent donc être ignorés par la force
déployée et les interactions doivent être prises en compte pour parvenir à l’état final recherché.
L’imbrication entre les dispositifs terrestre et civil est évidente mais peut également concerner les
forces navales et aériennes lorsqu’elles déploient du matériel et du personnel sur le territoire en crise.

1.2 Globalité des crises


La gestion des crises est globale et ne peut se résoudre au seul emploi de la force. Elle fait appel à
une stratégie qui met en jeu de nombreux acteurs civils, à côté du dispositif militaire.
L’état final recherché (EFR) correspond au rétablissement de la situation selon des normes fixées
par l’autorité politique et couvre des aspects militaires, sécuritaires, humanitaires, économiques,
sociaux et politiques. Au-delà du simple besoin de coordination, les forces armées sont devenues “de
facto” des acteurs à part entière du volet civil du plan de paix, en particulier pendant la phase initiale
des opérations au cours de laquelle les acteurs civils de la crise ne sont pas encore totalement
engagés du fait de l’insécurité ambiante.

1.3 Le concept de sortie de crise


L’emploi des forces armées françaises dans la gestion des sorties de crise est décrit dans le
« Concept de sortie de crise ». Ce concept marque l’intention de la France d’être présente
militairement dès les premières heures d’une crise internationale ainsi que sa volonté de récupérer au
plus tôt les moyens déployés pour reconstituer sa capacité à faire face à de nouvelles crises.

2. Les définitions et champ d’application de la coopération


civilo-militaire
2.1 Définition
La coopération civilo-militaire (CIMIC) désigne la fonction opérationnelle destinée à améliorer
l’intégration de la force dans son environnement humain afin de faciliter l’accomplissement de sa
mission, le rétablissement d’une situation sécuritaire normale et la gestion de la crise par les autorités
civiles (administration, action humanitaire, reprise économique…).
Le soutien apporté aux acteurs civils ne doit jamais compromettre l’accomplissement de la
mission. Les activités qu’il entraîne sont transférées aux acteurs civils aussi tôt que possible.

2.2 Objectifs
Les objectifs de la coopération civilo-militaire s’inscrivent dans la stratégie globale engagée afin
d’atteindre l’état final recherché. Ils visent notamment à :
- contribuer à l’atteinte des objectifs politiques en facilitant la coordination entre les différents
acteurs civils et militaires et en établissant des liaisons permanentes avec les autorités civiles en
charge de la crise ;

420
- renforcer l’action militaire en facilitant l’insertion de la force dans un environnement civil
complexe (protection de la force) et en fournissant une expertise du milieu civil aux autres
fonctions opérationnelles ;
- accélérer la sortie de la crise en fournissant un appui aux acteurs civils de la crise afin que ceux-
ci puissent assumer au plus tôt toutes leurs responsabilités ;
- préserver les intérêts nationaux en garantissant la prise en compte légitime de nos intérêts et
en préparant l’action des acteurs civils français.

À ces quatre objectifs correspondent les quatre domaines de la coopération civilo-militaire :


- la coordination civilo-militaire est réalisée, à tous les niveaux du commandement ;
- l’appui à la force facilite son action dans un environnement où les acteurs civils sont multiples ;
- le soutien à l’environnement civil a pour but de faciliter la sortie de crise ;
- la prise en compte de l’intérêt national dans un cadre multinational.

3. Les principes
La coopération civilo-militaire est mise en œuvre par les forces armées à partir de leurs moyens
propres et doit être strictement encadrée afin d’éviter leur dévoiement et toute redondance avec les
moyens civils disponibles.

3.1 Principes pour l’action militaire


La coopération civilo-militaire doit être dirigée directement par le commandement.
Outre le souci d’économie des moyens, il est indispensable d’éviter toute dépendance durable du
milieu civil à l’égard des ressources militaires qui aurait pour effet de retarder non seulement la reprise
des activités civiles mais aussi le désengagement des forces.
Les moyens militaires disponibles pour l’environnement civil étant limités, il est indispensable de
concentrer les efforts de la coopération civilo-militaire sur les tâches jugées prioritaires et/ou à fort
rendement.
Dans un souci éthique, l’impartialité est à respecter aussi bien dans les rapports avec les parties que
dans les actions menées au profit des populations.

3.2 Principes pour les relations avec les civils


La prise en compte de la culture, des coutumes, des lois et des modes de vie locaux est indispensable
pour garantir une bonne insertion de la force et le succès de la mission.
Dès que possible, des objectifs communs doivent être identifiés, formalisés et intégrés pour garantir la
convergence des actions menées par les différents acteurs.
Dans la limite des contraintes de confidentialité imposées par la sécurité des opérations, il est
souhaitable d’associer les organisations civiles à la préparation, la planification et à la conduite de la
coopération civilo-militaire.
Pour la planification et la conduite des actions, la force militaire et les organisations civiles constituent
des sources réciproques d’informations et d’expertises.
Le succès de la coopération civilo-militaire nécessite l’établissement d’un climat de confiance
mutuelle. Il convient donc de favoriser la qualité des rapports et un esprit de partenariat.
Tous les efforts doivent être faits pour obtenir puis préserver le soutien de la population et des
organisations civiles à l’action menée par la force
Une communication permanente sur les actions CIMIC est vitale pour maintenir la confiance et
favoriser la coopération avec les autorités, les organisations civiles et la population. Elle est assurée
au contact des populations par une étroite collaboration avec la fonction « OMI ». Elle est renforcée
par leur mise en valeur par la fonction « COMOPS ».

4. La doctrine
4.1 Organisation de la chaîne CIMIC

421
 Niveaux de responsabilité de la coopération civilo-militaire
Le niveau politique est le niveau de la décision. Dans une opération multinationale, le niveau
politique est orienté vers la résolution globale de la crise.
Le niveau stratégique est le niveau de la conception, orienté principalement, dans le domaine de la
coopération civilo-militaire, vers la sortie de crise.
Le niveau opératif est le niveau de la mise en œuvre de la coopération civilo-militaire, orienté
principalement vers la coordination avec les acteurs civils.
Le niveau tactique est le niveau d’exécution de la coopération civilo-militaire, essentiellement orienté
vers l’appui à la force ;

 Fonctionnement de la chaîne CIMIC


Le J9 de l’état-major du commandant de l’opération est chargé de concevoir la coopération civilo-
militaire en fonction des objectifs fixés par le niveau politique.
Il s’attache à ce que les actions engagées par la force soient relayées au plus tôt par les acteurs civils
compétents.
Le J9 de l’OHQ est en liaison avec les représentants des organisations internationales en charge de
la crise (ONU, UE, OSCE, etc.), les organisations internationales et non gouvernementales, les
représentants des gouvernements et les donateurs institutionnels (Banque mondiale, FMI, BERD,
etc.).

4.2 La coopération civilo-militaire nationale

 La chaîne nationale
Sur le plan national, la gestion politique de la crise est orientée vers la prise en compte des intérêts
nationaux. L’objectif est fixé par le président de la République qui s’appuie sur un Conseil restreint
auquel participent le Premier ministre, les ministres concernés et le CEMA. Le SGDN en assure la
préparation et le secrétariat.

 Le fonctionnement
Le CPCO/J9 est une structure permanente légère qui est renforcée en fonction du nombre de crises à
gérer et de la situation des théâtres. Il s’articule autour d’une cellule de commandement, d’une cellule
synthèse et d’une cellule opérations.
174
Le GIACM constitue l’instrument principal du CPCO dans la mise en œuvre de la coopération civilo-
militaire.

 La cellule CIMIC nationale de théâtre

174
GIACM : Groupement Interarmées Actions Civilo-Militaires.

422
La cellule de théâtre est chargée de conduire et de coordonner la coopération civilo-militaire nationale
au niveau du théâtre, en fonction des directives du CPCO et d’assurer l’expertise de théâtre. Elle est
donc en liaison permanente avec les unités CIMIC françaises, que celles-ci soient sous OPCON direct
du FRA SNR pour un emploi au niveau du théâtre ou qu’elles soient intégrées dans la force au niveau
tactique.

4.3 La coopération civilo - militaire dans les missions intérieures

 Le rôle de la CIMIC dans les missions intérieures


Ces missions se déroulant sur le territoire national sont liées à des règles juridiques et à un
environnement français. Les moyens civils et militaires sont mis à la disposition d’une seule et même
autorité, la fonction CIMIC va se distinguer de fait de ce qu’elle est en OPEX.
L’interaction entre civils et militaires est plus forte et l’action des armées complète l’action civile. Dès
lors le rôle de la CIMIC est donc de :
- fournir une expertise au commandement sur la meilleure complémentarité possible entre moyens
civils et moyens militaires pour des tâches relevant habituellement de la compétence des services
publics ;
- faciliter la relation entre la force militaire et la population afin d’éviter les litiges ;
- mettre en œuvre les liaisons nécessaires avec les différents acteurs.

5. La conduite de la coopération civilo-militaire


5.1 Rôles
En phase pré-décisionnelle, au niveau stratégique, la coopération civilo-militaire contribue à l’expertise
de théâtre.
La phase initiale correspond à la réponse militaire à la violence, caractérisée par la seule présence sur
le théâtre de la force (et de certains acteurs humanitaires) sans que les autorités mandatées pour
assurer la direction politique de la crise ne soient encore opérationnelles.
La phase de transition correspond à la montée en puissance des organisations civiles, elle appelle
encore une réponse globale à l’insécurité, civile et militaire.
Dès lors que les organisations civiles sont en mesure d’assumer leur rôle, a fortiori lorsque les forces
doivent être désengagées, les actions conduites par les militaires dans le domaine civil sont prises en
compte par les acteurs civils.

5.2 Relations avec les acteurs extérieurs

 La structure internationale
- La haute autorité politique
Généralement, le Conseil de sécurité des Nations-Unies désigne un « Représentant spécial du
secrétaire général » (RSSG) pour gérer la crise au niveau du théâtre ;

- Les organisations mandatées


Pour coordonner les activités dans un domaine donné, le Conseil de sécurité mandate en général,
une des agences des Nations Unies (HCR, UNICEF, PNUD) ou une organisation internationale
(OSCE, UE, etc.) ;

- Les organisations et agences internationales


Les organisations et agences internationales sont de plusieurs types. Elles ont un budget et agissent
en fonction d’une stratégie propre. Elles peuvent œuvrer dans les domaines politique, social, sanitaire,
humanitaire ou du développement. Elles dépendent d’une direction centrale, disposent en général
d’un représentant par pays et coopèrent volontiers avec la force déployée.

 Les opérateurs et les donateurs


- Agences gouvernementales

423
Les agences ou organisations gouvernementales sont l’expression d’une politique nationale d’action
extérieure. Elles ne sont pas subordonnées aux autorités du théâtre et rendent compte directement à
leur pays d’appartenance ; elles agissent donc en toute indépendance.

- Donateurs
Les donateurs de l’aide humanitaire peuvent être publics ou privés. Leur rôle est essentiel pour la
réalisation de l’action humanitaire, la reconstruction et le développement du pays.

- Organisations non gouvernementales


Les organisations non gouvernementales ont des domaines d’activités multiples qui couvrent tous les
volets de la gestion civile des crises. Associations à but non lucratif, elles sont dans la majorité des
cas, disposées à coopérer ou, au minimum, à dialoguer avec la force dès lors que la relation ne met
pas en cause les principes qui les guident : neutralité, indépendance et impartialité. Toutefois, pour
des raisons qui leur sont propres, certaines ONG ne souhaitent pas travailler avec les organisations
mandatées, ou avec la force.

 Les acteurs locaux


- Autorités et administrations locales
L’intercession d’autorités locales permet de gérer plus facilement les relations entre la force et la
population. L’une des premières tâches de la CIMIC consiste à identifier les autorités susceptibles de
bénéficier d’un appui de la force en raison de leur légitimité vis-à-vis de l’ONU ;

- Entreprises locales
La CIMIC monte ses projets en faisant appel, autant que possible, aux entreprises locales. Elle prend
en compte les réglementations nationales, internationales et locales qui sont applicables par la force.
Elle est impartiale dans le choix des titulaires par une mise en concurrence loyale. Elle respecte les
équilibres économiques locaux et essaie de contrôler l’indépendance des entreprises au regard des
influences maffieuses ;

- Population
Les relations avec la population tiennent toujours compte des caractéristiques culturelles, religieuses
et coutumières du théâtre. La partialité suscitant un sentiment d’injustice, il est indispensable de
respecter une totale impartialité entre les ethnies pour des raisons d’éthique mais également
d’efficacité.

6. Les activités similaires à la CIMIC


Plusieurs activités civiles ou militaires sont similaires à la coopération civilo-militaire sans pour autant
être incluses dans cette fonction opérationnelle. Certaines peuvent faire appel aux compétences de la
CIMIC, lorsque le concours des forces armées est requis :
- les opérations de secours d’urgence ;
- les opérations et actions de la sécurité civile ;
- la sécurité publique ;
- le soutien des forces par les ressources locales ;
- la coopération civile ;
- la coopération militaire.

Références :
PIA 09.100 Concept et doctrine de la coopération civilo-militaire (n°262/DEF/EMA/EMP.1 du 3 mars
2005)

EMP 13.131 Concept des actions d’influence des forces terrestres au niveau tactique du 4.11.2010
(n°1820/DEF/EMAT/ES/B.EMP/ES/15)

CIA-3.4 : Approche globale dans la gestion des crises et contribution militaire (n°024/DEF
du24.01.2011)

424
Les opérations militaires d’influence
1. Définition
Les opérations militaires d’influence (OMI) regroupent l’ensemble des activités dont l’objet est
d’obtenir un effet sur les comportements d’individus, de groupes ou d’organisations (info-cibles) afin
de contribuer à l’atteinte des objectifs politiques et militaires.
Elles se caractérisent par la volonté de l’action efficace sur autrui par des moyens qui ne font pas
nécessairement appel à l’usage de la force ou à l’exercice de l’autorité.
Fonction coordonnée par les opérations d’information (OI), les OMI mettent en œuvre des médias
spécifiques ou non aux forces armées et réalisent des actions conçues principalement aux niveaux
stratégique ou opératif. Elles s’inscrivent dans la durée. Elles délivrent des messages ou des signaux
crédibles, adaptés aux spécificités culturelles et linguistiques des info-cibles.

2. Finalités
Les OMI visent à influencer les perceptions, les représentations et les attitudes des info-cibles
choisies, afin de les conduire à agir en faveur de la mission ou/et les inciter à ne pas prendre des
dispositions en opposition à l’action des forces armées. Il s’agit de façonner le champ de bataille dans
le domaine immatériel, que celui-ci soit psychologique, émotionnel ou intellectuel en vue de créer les
opportunités favorables à l’atteinte de l’état final recherché.
La fin demeure l’imposition de la volonté nationale ou multinationale, mais par des moyens autres que
l’emploi de la force ou en complément de celle-ci. Sans être exclusives, ces opérations ont donc un
rôle majeur dans les conflits asymétriques ou à forte composante humaine (opérations de
stabilisation, de reconstruction, de contre-guérillas, ….).
175 176
Interopérables avec les doctrines de l’OTAN et de l’UE , trois catégories d’OMI sont identifiées en
fonction des effets recherchés et des cibles retenues : les OMI stratégiques (OMIS), les OMI de
combat (OMIC) et les OMI pour la stabilisation et la reconstruction (OMISR).
Planifiées au niveau gouvernemental, voire intergouvernemental, les OMIS visent à influencer des
info-cibles en appui des actions politiques, diplomatiques ou économiques. Leur conduite est une
177
responsabilité nationale. Elles sont coordonnées au sein de la stratégie d’information.
Planifiées au niveau opératif et conduites au niveau tactique, les OMIC sont dirigées vers l’ennemi et
178
les populations le soutenant dans la zone d’opérations . Elles visent principalement à appuyer la
liberté d’action du commandant de la force (COMANFOR).
Planifiées au niveau opératif et conduites au niveau tactique, les OMISR sont une partie intégrante
des opérations militaires et visent à créer, maintenir ou modifier un environnement afin qu’il soit ou
demeure favorable à l’action des forces armées. Elles s’inscrivent dans une stratégie de sortie de
crise.

175
AJP 3.10.1. Allied joint doctrine for psychological operations, 2007.
176
Concept for EU PSYOPS in EU-led military, (DR), 2004
177
Pour l’U.E., le COPS définit et coordonne les OMIS dans le cadre de la stratégie d’information européenne.
178
Cf. glossaire.

425
Appuyées par un recours crédible à l’emploi de la force, les OMI peuvent avoir tout ou partie des
objectifs suivants :
179
- attaquer la légitimité et la crédibilité des sources d’opposition (cause défendue, système
politique, cohésion sociale, …) ;
- affaiblir la volonté des sources d’opposition, réelles ou potentielles ;
- créer la discorde parmi les sources d’opposition ;
- promouvoir la puissance des forces armées de la coalition, leurs capacités, leur légitimité,
l’inéluctabilité de la victoire, les bénéfices sociaux et économiques du retour à la paix ;
- construire un environnement favorable à la protection de la Force ;
- participer à la transition vers la situation de post-conflit notamment en prônant la réconciliation ;
- identifier et analyser les opérations militaires d'influence et de propagande adverses et participer à
leur neutralisation (contre-OMI, voir ci-après § 5) ;
- s’intégrer aux opérations d'information en fournissant ou en soustrayant des informations à
l’analyse des sources d’opposition ;
- assister, avec leur accord, les nations hôtes dans le soutien aux populations civiles et à leur
information ;
- participer à la construction d’une image favorable du gouvernement de la nation hôte, des États
membres de la coalition.

 Les info-cibles
Une info-cible est un individu ou un groupe d’individus choisis pour être l’objet d’actions d’influence
menées par les forces.
Au niveau opératif, dans la zone de responsabilité du COMANFOR, les info-cibles peuvent désigner :
- les opposants à l’état final recherché (sources d’opposition) ;
- les indécis ou neutres dont on cherche à gagner le soutien ;
- les alliés locaux dont on cherche à renforcer l’engagement.

Les messages délivrés doivent être précisément adaptés aux info-cibles désignées. C’est en fonction
de cette sélection que sont définis la teneur et la forme des messages, la chronologie, la répartition
géographique ainsi que les moyens de diffusion Une analyse approfondie est nécessaire et répond à
des règles précises.

3. Responsabilités et principes
La planification et la mise en œuvre des OMI constituent des responsabilités du niveau opératif qui
traduit l’intention politique et militaire ainsi que les ordres émanant du niveau stratégique, en objectifs
et effets à obtenir. Le COMANFOR prépare, planifie et conduit l’engagement opérationnel de la force
interarmées. Il vise le contrôle des différents espaces du théâtre, notamment celui de l’environnement
informationnel dans ses différents aspects. Il veille à la coordination des différents vecteurs
d’information ou d’influence (OMI, communication opérationnelle, CIMIC …) avec l’objectif de
préserver sa liberté d’action.

Le respect d’un certain nombre de principes d’emploi des OMI garantit les chances de succès de
réaliser les effets attendus sur les info-cibles et réduit les risques de conséquences négatives sur le
moyen ou le long terme.

3.1 Véracité et crédibilité


La véracité constitue l’une des qualités incontournables des informations utilisées pour élaborer les
messages. Le mensonge nuit à la crédibilité des OMI et peut avoir à terme un effet contre-productif en
affaiblissant ou en neutralisant la portée des messages diffusés, voire même en offrant aux sources
d’opposition l’opportunité de retourner le message contre l’émetteur.

179
Une source d’opposition est le terme générique pour nommer tout État, force ou acteur, militaire ou civil, susceptible de
peser négativement sur la réalisation du but politique (état final recherché).

426
L’exactitude des informations utilisées ne garantit pas à elle seule l’efficacité des messages diffusés. Il
est impératif que les OMI puissent s’imposer durablement comme une source crédible et fiable
d’informations. Une évaluation permanente de l’impact des messages délivrés doit permettre de
s’assurer que cette crédibilité n’est ni compromise, ni dégradée, au besoin en modifiant les thèmes et
les messages.

3.2 Connaissance et anticipation


La connaissance des motivations des info-cibles et de leur environnement humain est une condition
indispensable pour organiser les campagnes d’influence et sélectionner les vecteurs de
communication appropriés. Elle est particulièrement indispensable aux équipes tactiques opérant
localement pour délivrer directement les messages.
Cohérente avec l’anticipation stratégique et s’appuyant sur le renseignement, cette analyse des
facteurs susceptibles d’influencer les info-cibles doit être menée et actualisée en permanence pour
toutes les zones « crisogènes ». Elle est menée dans le cadre du bureau d’analyse des opérations
d’information (BAOI) situé au CPCO.

Au niveau opératif, les info-cibles sont distinguées à partir de l’étude locale. Cela implique une mise
en place rapide de cellules d’analyse et d’évaluation dimensionnées pour remplir la mission.

3.3 Planification et coordination


Les opérations militaires d’influence doivent être intégrées au plus tôt dans le processus de
planification. En effet, une longue période de mise en œuvre est souvent nécessaire avant d’obtenir
les effets attendus. L’intégration précoce des OMI dans la planification doit contribuer à l’identification
des acteurs décisifs à cibler (info-cibles). Elle doit permettre l’allocation des ressources appropriées
dans le cadre du processus de la génération de forces.

Dans toute planification OMI, il est important de garder à l’esprit que l’information diffusée peut être
relayée en dehors de la zone d’opérations à travers des moyens de communication de plus en plus
rapides et accessibles (internet, téléphonie mobile, transmissions satellitaires) qui effacent toutes
limites géographiques ou temporelles.

L’efficacité des opérations s’appuie sur la cohérence des actions menées et des messages délivrés, à
tous les échelons et entre les différentes fonctions. Elle nécessite une coordination permanente entre
les fonctions par l’intermédiaire de la cellule « opérations d'information » du niveau concerné.

 Critères d’efficacité
Dès la phase de planification, il est indispensable de procéder à l’identification de critères d’efficacité
(C.E.) permettant de mesurer les effets obtenus sur l’info-cible. Exprimant en général une tendance
sur une longue période, le C.E. retenu constate l’accroissement ou la diminution d’une activité
spécifique de l’info-cible visée par une OMI. Il mesure l’évolution d’un comportement ou d’une attitude
afin de pouvoir, si nécessaire, adapter les thèmes et les produits.

 Un processus de validation
Les produits OMI doivent être rapidement élaborés, testés, approuvés et enfin diffusés pour agir au
moment le plus opportun des opérations. La chaîne de validation des programmes et des produits
s’assure de leur opportunité et de leur pertinence. Les décisions d’approbation et de diffusion du
produit doivent être déléguées au niveau le plus approprié.

4. Relations entre les OMI et les autres fonctions


opérationnelles
La coordination avec les autres fonctions opérationnelles, notamment celles afférentes aux opérations
d'information, est nécessaire pour maximiser les effets obtenus.

427
4.1 OMI et opérations d’information
Les opérations d’information sont constituées par l’ensemble des actions menées par les forces
180
armées, dirigés et coordonnés au plus haut niveau, visant :
- à utiliser ou à défendre l’information, les systèmes d’information et les processus décisionnels ;
- à appuyer la stratégie militaire d’information et à contribuer, dans le cadre des opérations, à
l’atteinte de l’état final recherché.

181
La coordination assurée par les groupes de travail ou de conduite OI de chaque niveau de
commandement et une coopération étroite entre les planificateurs des OMI et des OI doivent garantir
que l’effet désiré n’est pas compromis par une mauvaise synchronisation des opérations. Les
produits OMI sont notamment intégrés dans la planification des OI afin de faciliter la chaîne de
validation des messages et des produits.

4.2 OMI, guerre électronique et lutte informatique


La guerre électronique et la lutte informatique, en France seulement défensive pour les forces armées,
contribuent à l’efficacité des OMI par l’attaque ou la défense du spectre électromagnétique, des
systèmes d’information, des informations qui aident à la décision, des systèmes d’armes, du C2, des
réponses automatisées. En particulier, les fonctions techniques détruisent, dégradent ou neutralisent
les dispositifs adverses afin de permettre au message OMI d’accéder à l’info-cible et l’influencer. Les
OMI exploitent donc les occasions favorables créées et les vulnérabilités inhérentes à cette
dépendance à l’information.

4.3 OMI et activités de protection de l’information


Les activités de protection de l’information incluent celles relatives à la sécurité des opérations
(OPSEC) qui correspond, en France, à la protection de la Force et à la sécurité de l’information
(INFOSEC). Les OMI contribuent à la protection de la Force par les messages diffusés dans leur
environnement en fonction de la situation opérationnelle. Elles participent à la sécurité de l’information
en ne permettant pas aux sources d’opposition l’accès aux informations essentielles ou leur utilisation
au profit d’actions de propagande ou de désinformation.

4.4 OMI, attitudes et comportements


Par son attitude et son comportement, qu’il soit individuel ou collectif, tout membre de la Force a un
effet possible sur l’environnement humain au sein duquel s’inscrit son action. Les OMI participent donc
182
à la rédaction des règles d’engagement, des règles de comportement , du mémento des attitudes et
des comportements pour une opération spécifique, en particulier lorsque les forces elles-mêmes
doivent participer à la mise en œuvre des OMI (mode d’action de la communication directe ou « face
to face » pour distribuer des tracts par exemple).

4.5 OMI et opérations de déception


Les OMI sont fondées sur la véracité des faits. Inversement, les opérations de déception sont les
mesures visant à induire l'ennemi en erreur, grâce à des ruses, des désinformations ou des
falsifications, en vue de l'inciter à réagir d'une manière préjudiciable à ses propres intérêts et d’une
183
manière bénéfique aux nôtres . Les deux types d’opérations sont cependant compatibles et
peuvent mettre en œuvre des messages communs. Une information avérée peut en effet être utilisée
pour concentrer l’attention de la source d’opposition sur certains aspects particuliers des opérations,
afin de la détourner des domaines qui doivent être soustraits à son attention. Les OMI peuvent donc
multiplier les effets ou renforcer les plans des opérations de déception grâce à l’exploitation
pertinente de faits avérés.

180
PIA 03-152. Concept interarmées des opérations d'information, 2005
181
PIA 03-252. Doctrine interarmées des opérations d'information, 2006
182
PIA 05-203. Doctrine interarmées de l’usage de la force en opération extérieure, 2004.
183
Glossaire interarmées, 2006.

428
4.6 OMI et ciblage
Le ciblage consiste à établir un catalogue de cibles potentielles, à procéder à des sélections, puis à
agir sur les cibles retenues au bon moment et avec les moyens appropriés pour obtenir l’effet
recherché, tout en minimisant le risque de dommage collatéral.
La cellule ciblage, en étroite collaboration avec la cellule OI, propose aux planificateurs une liste de
cibles potentielles déterminées en fonction des objectifs recherchés par le COMANFOR :
infrastructures, structures, capacités, attitudes, comportements, etc. Le traitement de ces cibles
passe par la sélection de moyens létaux ou non, en considérant les capacités offertes par chaque
composante.
L'analyse assurée par du personnel OMI détaché contribue au ciblage en terme d’effets attendus sur
les attitudes ou comportements, en proposant la création des situations favorables à la diffusion et
aux effets des messages OMI, à l'évaluation de la situation, des dommages et de la réalisation des
tâches clés. En retour, les résultats de ces processus fournissent des orientations pour les lignes
d’opération des OMI.

4.7 OMI et COMOPS


Afin de maintenir leur crédibilité et leur efficacité auprès de leurs audiences respectives, les activités
des OMI et de la COMOPS sont strictement séparées. En aucun cas, le personnel employé à la
communication opérationnelle n’est amené à participer directement ou indirectement à des OMI. La
séparation physique et organisationnelle des cellules COMOPS et OMI est donc la règle dans un état-
major.
Par ailleurs, la coordination entre COMOPS et OMI est primordiale tant au niveau stratégique
qu’opératif. Elle s’appuie notamment sur un processus minutieux de validation des produits OMI.
L’avis du conseiller COMOPS du niveau de décision concerné est ainsi systématiquement sollicité
dans le processus d’approbation des messages, thèmes et produits.

4.8 OMI et CIMIC


La CIMIC permet notamment le développement des relations entre les forces armées et les acteurs
civils afin de faciliter la sortie de crise sur un théâtre d’opération. Elle est un vecteur d’influence en
étant valorisée par la COMOPS et les OMI.

La CIMIC peut requérir l’utilisation des capacités des OMI pour communiquer avec des info-cibles. En
échange, les OMI bénéficient d’un climat de confiance favorisé par les projets CIMIC. Intégré dès la
planification, l’appui des OMI réside dans la transmission des informations utiles sur l’environnement
psychologique. Plus particulièrement, les OMI peuvent agir dans les domaines suivants :
- partager l’information concernant la localisation, l’état d’esprit et la santé des acteurs civils et des
populations, leur sécurité et leurs conditions de vie, les caractéristiques physiques de la zone
d’opérations ;
- persuader les décideurs et les populations locales de soutenir les objectifs des forces en
s’appuyant sur les opérations civilo-militaires réalisées ou à venir ;
- maximiser les effets des opérations civilo-militaires pour construire un climat de confiance ;
- conduire des évaluations avant et après les opérations civilo-militaires.

5. Les opérations contre les OMI adverses (contre-OMI)


Au niveau opératif, les opérations de contre-OMI sont des actions destinées à détecter, analyser et
neutraliser les OMI menées par les sources d’opposition (propagande, désinformation…). Elles sont
dirigées sur les info-cibles affectées par les OMI des sources d’opposition. Ces info-cibles ne
comprennent ni les forces alliées ni les forces nationales, domaine de la communication interne, ni
l’opinion publique nationale.

La fonction OMI conduit la lutte contre les OMI adverses en liaison avec les autres bureaux de l’état-
major, notamment du J2 et de la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD).
Cette lutte s’appuie sur l’expertise des personnels des OMI qui participent à leur détection et à
l’évaluation de leur impact en liaison avec la fonction « renseignement et contre-ingérence ».

429
L’expertise de celle-ci acquise dans le domaine de la lutte contre la subversion dans le cadre de la
184
lutte contre les menaces relevant du TESSCo menée par la DPSD, sera utilement mise au profit de
la fonction OMI pour identifier et exploiter les vulnérabilités adverses. Plus précisément, sur le plan
défensif, le J2/CI (contre-ingérence) effectue une analyse des OMI des sources d’opposition et des
effets sur les info-cibles amies, neutres ou sur les forces.

Une étroite coordination est établie par la cellule « opérations d'information » entre les fonctions OMI,
185
renseignement, COMOPS (communication interne ) pour proposer des mesures appropriées pour
s’opposer aux OMI adverses.

6. Organisation
Le COMANFOR est responsable de l’ensemble des OMI et des contre-OMI dans sa zone de
responsabilité, avec une prise en compte des effets possibles hors de celle-ci. Le besoin opérationnel
est satisfait par la mise en place de cellules OMI à tous les niveaux de la chaîne de commandement.
Au sein de l’état-major, outre les centres dédiés à la mise en œuvre des OMI, la fonction OMI est
présente au J5 et au J3.

6.1 Organisation aux niveaux opératif et tactique

 Opération nationale
Par nature interarmées, les OMI sont le plus souvent mises en œuvre par la composante terrestre
lorsqu’elle est déployée.
Dans un cadre national, les OMI doivent être en mesure d’appuyer un groupement tactique (GT-
1 500) ou une force de réaction rapide (F.R.R. 5 000 hommes) tout en étant en mesure de participer
simultanément à deux opérations multinationales. Une capacité-seuil est cependant identifiable.
Dans un GT-1500, la fonction OMI comprend des capacités de planification, de conduite et d’analyse,
une capacité limitée de production. Elle est renforcée d’une à deux équipes tactiques pour l’appui
direct des forces. Les produits sont autant que possible prédéfinis et réalisés en base arrière, souvent
186
en métropole, par le G.I.O. Dans le cas particulier d’un accès au théâtre par voie maritime (force
de réaction embarquée) ou d’un appui aérien, des capacités de soutien OMI peuvent être envisagées
au niveau de la force navale (émission radiophonique à partir des eaux internationales si autorisée,
impression, …) ou au niveau de la force aérienne (émission radiophonique, largage de tracts…).
Au niveau d’une F.R.R., la structure OMI constitue un bureau de l’état-major avec une capacité de
planification et d’analyse. Un officier est inséré au J3 pour l’intégration des OMI dans les opérations
et au sein du J5 pour la planification. Elle dispose normalement de capacités d’impression,
radiophonique et vidéo/ photo. Une équipe tactique avec haut-parleurs, sous véhicule blindé ou non,
est sous TACON de chaque GTIA. Les capacités aériennes et navales contribuent notamment à la
diffusion des produits.

 Opération en coalition
La fonction OMI est intégrée à tous les niveaux de la chaîne de commandement multinationale. Outre
l’armement en capacités d’OMI jusqu’au niveau de la brigade, plusieurs possibilités de structures
apparaissent au niveau opératif, cadre général d’emploi des OMI.

 La prise en compte de capacités limitées


Au niveau opératif, les OMI peuvent être structurées sous trois formats : un commandement de
187 188
composante OMI (CCOMI) , un groupement OMI (GOMI) , un détachement d’appui à l’influence
189
(DAI) . Ces formats sont déterminés en fonction des missions et des capacités existantes.

184
Terrorisme, espionnage, sabotage, subversion, crime organisé.
185
La fonction OMI ne fait pas de communication interne.
186
Groupement d’information opérationnelle.
187
CJFPOCC : Combined Joint Force Psychological Operations Component Command (OTAN ou U.E).
188
CJPOTF : Combined Joint Psychological Operations Task Force (OTAN ou U.E).

430
Les capacités OMI sont prises en compte soit par une nation pilote, soit par une nation cadre ou
simplement mises sous OPCON. Le choix de la structure est fondamental compte tenu des obligations
en mise à disposition de besoins importants, notamment financiers.

La nation pilote pour les OMI prend la responsabilité de fournir la majeure partie du personnel des
OMI, les systèmes d’information et de commandement afférents, les capacités de développement, de
production, de financement des produits et des programmes (production, diffusion, interprètes,
véhicules…), la responsabilité d'obtenir et de fournir l'appui logistique nécessaire aux OMI. Dans ce
cadre, la compensation et/ou le remboursement seront sujets à des accords entre les parties
concernées (OTAN).

La nation cadre prend la responsabilité de fournir le commandement et le personnel du noyau de la


structure OMI retenue lors de la génération de forces. Les procédures d’état-major, en principe
basées sur celles de l’OTAN, reflètent celles de la nation cadre. Le financement pour les équipements,
la production, la diffusion et l'appui logistique OMI est assuré par la coalition (OTAN). Les nations
participant à l'opération sont responsables de l'appui OMI à leurs unités de manœuvre, notamment
dans l’affectation des DAI aux différents niveaux tactiques. Elles affectent du personnel formé et
entraîné. Elles coordonnent toutes leurs activités OMI avec la chaîne multinationale OMI.
Lorsqu’une nation pilote ou cadre n’est pas identifiée, un DAI peut être constitué au PC de la Force.
Dans ce cas, le financement, l'équipement, la production, la diffusion et l'appui logistique font l’objet
d’accords particuliers. Dans le cadre de l’OTAN, celle-ci prend en charge l’ensemble de ces domaines
dès lors qu’elle a demandé la création de ce détachement au niveau opératif.

 Les structures OMI possibles au niveau opératif

 Commandement de composante OMI (CCOMI)


Sous le contrôle opérationnel (OPCON) du COMANFOR, le but premier du CCOMI est de :
- fournir l'appui OMI des forces, y compris dans l’appréciation de situation de la zone d’opérations ;
- contrôler le développement, la production et la diffusion de tous les produits OMI au niveau des
forces ;
- coordonner les efforts de tous les DAI des commandements subordonnés.

CCOMI Chef de la composante

Chef d’état-major

CJ1 CJ2

Analyse des infocibles


et évaluation

CJ4 CJ3
Soutien logistique, financement Plans et Opérations, diffusion

Diffusion des produits

CJ5: Plans futurs, liaisons


CJ6
organisations internationales, O.N.G.

Production
Impression, audiovisuel, radio

189
PSE : Psychological Operations Support Element (OTAN ou U.E).

431
Structures d’un commandement de composante OMI

Le chef de la CCOMI conseille le COMANFOR, développe le SUPLAN OMI, conduit l’analyse des
info-cibles, analyse les effets des OMI, conçoit les programmes, élabore et propose les produits,
coordonne le soutien en base arrière et la passation des contrats locaux, communique et coordonne
éventuellement les actions avec les organisations internationales et les agences civiles soutenues,
coordonne l'appui tactique des OMI auprès des commandements subordonnés.

 Groupement OMI (GOMI)


En fonction de la mission et des capacités disponibles parmi les membres de la coalition, un
groupement OMI (GOMI) peut aussi être formé. Il est subordonné au PCIAT. Il doit être en mesure de
renforcer les échelons subordonnés. En fonction du type d’engagement, il peut être mis sous OPCON
d’une composante.
Sa structure est particulièrement appropriée pour commander fonctionnellement des formations
tactiques OMI notamment dans le cas d’un engagement principalement terrestre. Certains bureaux
fonctionnels (J1, J2, J4, J6) ne sont pas activés.
Le GOMI est dépendant des PC soutenus pour son soutien administratif et logistique. Il renforce la
cellule OMI permanente de l’état-major opératif.

 Détachement d’appui à l’influence (DAI)


Les ressources limitées en OMI des États-membres de la coalition peuvent conduire à intégrer un
détachement d’appui à l’influence dans le PC comme alternative à un CCOMI ou à un GOMI. Sous
TACON du chef militaire auprès duquel il est rattaché, le DAI fournit les cellules de planification,
d’analyse et d’évaluation, et une capacité de production. Il dispose d’interprètes. Il conseille le niveau
tactique. Il constitue une chaîne fonctionnelle de coordination des OMI. Il renforce la cellule OMI
permanente de l’état-major opératif.

DAI

Analyse Plans et Diffusion


HQ ETOMI
et évaluation opérations Production

Conception / op
Production écrite Radio Interprètes Photo/vidéo Internet

Autres
/
moyens

Structure d’un détachement d’appui à l’influence

 Organisation au niveau tactique


Chaque niveau tactique (terre, air, mer, forces spéciales) peut disposer d’un DAI qui reste une
responsabilité nationale dans une opération multinationale.

432
Pour les opérations terrestres, il est placé au niveau du corps d’armée, de la division et de la brigade.
Un DAI doit avoir la capacité de concevoir les thèmes OMI, de planifier, de conduire une analyse des
info-cibles locales, de préparer et diffuser les produits OMI pour le secteur de responsabilité du niveau
considéré.

7. Fonctions et organisation générique d’une structure OMI


7.1 Fonctions d’une structure OMI
La structure OMI mise en place au sein de la chaîne de commandement assure les fonctions
principales suivantes :
- conseiller le commandement ;
- intégrer les OMI dans la planification et la conduite des opérations ;
- conduire l’analyse des info-cibles, tester et évaluer les messages et les produits à partir des
critères d’efficacité retenus ;
- conduire l'analyse de la situation psychologique (identification des info-cibles, impact des OMI des
sources d’opposition, analyse d'impact des produits OMI etc.) ;
- coordonner les OMI éventuellement avec les organisations internationales ;
- développer des programmes et des produits OMI et/ou demander un appui à la production
(allocation spécifique budgétaire pour les OMI) ;
- engager et suivre le procédé de validation des OMI ;
- contrôler la diffusion des produits ;
- coordonner en tant que chaîne fonctionnelle les actions des équipes tactiques OMI (ETOMI) sous
TACON des unités.

7.2 Structure OMI


La structure générique OMI comprend les éléments suivants :
- cellule « plans et opérations », comprenant des officiers planification, opérations et de liaison, elle
planifie et conduit les OMI à partir des contributions de la cellule d’analyse et d’évaluation sur les
effets attendus ou obtenus sur les info-cibles. Elle assure la cohérence des OMI dans le cadre
espace-temps. Elle rédige les FRAGO et le SUPLAN. Elle participe à la rédaction des différents
ordres du commandement auquel elle est rattachée. Elle maintient une liaison permanente avec le
centre opérationnel (CO) et la cellule opérations d'information. Elle assure aussi le recueil des
enseignements des OMI. A partir de ses officiers de liaison, elle assure la coordination avec la
cellule J35 OMI de l’état-major auquel elle est rattachée ;

- cellule « analyse et évaluation ». En liaison avec le J2, la cellule d’analyse et d’évaluation


comporte distinctement une capacité analyse et une capacité évaluation. La première analyse les
perceptions, les comportements et les attitudes des info-cibles. La seconde évalue les OMI sur les
info-cibles au moyen de critères d’efficacité qu’elle a identifiés comme pertinents ;

- cellule « analyse et évaluation » conseille la cellule « plans et opérations » sur les produits et les
programmes OMI, les événements justifiant une OMI, les OMI des sources d’opposition, tout sujet
ou événement susceptible d’avoir une implication OMI. Elle teste les produits, recueille les
données sur leurs effets. Elle est responsable de la planification des sondages, de la formation
des groupes témoins, du recueil et de l’analyse des données provenant des sources ouvertes,
assure la liaison avec la cellule opérations d'information et le J2 ;

- cellule « production » : chargée d’élaborer les produits OMI et de les diffuser, cette cellule
rassemble l’ensemble des moyens de production et de diffusion déployés au niveau du
commandant du niveau concerné. Elle peut comprendre des capacités TV/Vidéo/Photos,
radiophoniques, d’impression et Internet. Elle assure la coordination avec la cellule plans et
opérations. La cellule d’analyse et d’évaluation veille à ce que les produits réalisés et diffusés
aient bien été testés préalablement et approuvés ;

433
- équipes tactiques OMI (ETOMI) : chargée d’assurer l’appui tactique direct aux forces et la diffusion
des produits, l’équipe tactique OMI (ETOMI)190 permet au commandant tactique d’atteindre
directement les info-cibles dans sa zone de responsabilité. Outre une capacité propre au niveau
de la structure OMI du niveau opératif, les normes OTAN attribuent une ETOMI (2 véhicules) par
GTIA.

Sous TACON de l’élément soutenu et coordonné par la chaîne OMI de théâtre, le chef de l’ETOMI agit
en tant que conseiller OMI. Hormis le cas d’une délégation spécifique s’appliquant dans une situation
locale d’urgence, il applique les directives fonctionnelles de la chaîne OMI pour la mise en œuvre des
thèmes, des messages et la diffusion des produits.

Renforcée d’interprètes le plus souvent civils, une ETOMI est composée de soldats entraînés,
spécialisés dans les OMI, avec notamment les tâches suivantes :
- conseiller les commandants d’unité ;
- engager les activités de contact (communication directe « face to face ») avec la population ;
- émettre des messages par haut-parleur ;
- assurer la diffusion des produits (tracts, affiches, vidéo…) ;
- rassembler et évaluer l'information sur les info-cibles et l'efficacité des OMI.
- En fonction des circonstances, des équipes tactiques OMI peuvent être organisées au sein même
des unités déployées. Elles sont alors préalablement formées aux tâches élémentaires d'une
ETOMI par le G.I.O.

8. La chaîne de validation
Sous le contrôle du commandement, la chaîne de validation a pour objectif de s’assurer que les
activités et les produits élaborés par la fonction OMI ainsi que l’opportunité de leur mise en œuvre ou
de leur diffusion sont en cohérence avec les actions menées par les autres fonctions d’influence.

8.1 Autorité d’approbation


Au niveau stratégique national, les objectifs et les thèmes sont conçus au sein du groupe de travail
191
des opérations d’information. Ils sont approuvés par le chef d'état-major des armées .
Au niveau opératif, les opérations, les programmes et les produits sont approuvés par le COMANFOR
ou l’autorité déléguée (adjoint au COMANFOR ou chef d'état-major).

8.2 Cycle de validation des produits


Les messages, les produits et les activités, l’opportunité de diffuser sont soumis à l’avis préalable du
circuit technique. Les cellules suivantes sont obligatoirement sollicitées : conseiller communication,
conseiller OI, LEGAD, POLAD, J2.
Si nécessaire, sont également sollicités le J5 et le J9 en fonction de la nature de l’info-cible. Chaque
conseiller ou bureau concerné donne un avis technique en fonction de ses responsabilités (par
exemple, le conseiller communication vérifie qu’il y a cohérence entre le message OMI et les éléments
de langage). En fonction des délais, la procédure de silence pourra être appliquée. Le chef OMI est
responsable de l’envoi et du suivi des produits dans la chaîne de validation au sein de l’état-major du
niveau concerné.

Cependant, le commandement local donne obligatoirement un avis d’opportunité sur la diffusion d’un
produit ou d’un message pour tenir compte du contexte dans sa zone de responsabilité. Dans certains
cas, des règles d’engagement peuvent autoriser une ETOMI sous TACON à mettre en œuvre des
OMI en s’appuyant sur des messages pré validés.

8.3 Fonction OMI, reachback et externalisation

190 OTAN et U.E. : TPT ( tactical psychological team)


191
Au sein de l’OTAN, le NAC est l’autorité d’approbation pour les « masters messages », et SACEUR est l’autorité
d’approbation des produits. Il peut déléguer cette autorité au commandant opérationnel. Pour les opérations menées par
l’Union européenne, le COPS est l’autorité d’approbation

434
Le principe du type reachback permet de limiter le déploiement des équipes OMI sur le théâtre
d’opération en ayant recours à des capacités d’analyse et d’expertise en métropole. Les produits OMI,
comme l’élaboration de maquettes de journaux et de tracts, d’émissions radiophoniques ou de spots
télévisés se prêtent à ce type de soutien. Lorsque localement des capacités d’impression ou de
diffusion existent et sont accessibles, elles pourront être externalisées dans le cadre de contrats
locaux après consultation de la cellule de contre-ingérence (C.I) et du J9. Ces processus sont de
nature à réduire l’empreinte au sol, lorsque nécessaire, et permettent un soutien à distance.

9. Les moyens OMI


Les moyens médias, supports des OMI, doivent élaborer et diffuser un message ciblé qui doit être lu,
vu, entendu, compris par l’info-cible en vue d’obtenir l’effet attendu.

9.1 Catégorisation des vecteurs et des moyens


Les OMI sont dépendantes de vecteurs fiables et adaptés pour la diffusion qui peuvent être répartis
en trois catégories :
- Visuel. Les médias visuels embrassent tout le matériel imprimé ainsi que les expositions, les
panneaux d’affichage, les objets promotionnels. Les manifestations les plus communes des
médias visuels dans les OMI sont l'affiche et le tract, bien que d’autres produits promotionnels
puissent être utilisés. En général, les systèmes de communication purement visuels ont une
efficacité relativement faible en termes d'impact sur les info-cibles. Elles maintiennent leur
importance en raison de leur simplicité, la permanence et du bas coût de production ;
- Audio. Les médias audio couvrent tous les systèmes qui emploient seulement le son pour diffuser
le message des OMI. Ce groupe inclut la radio et les haut-parleurs qui ont l'avantage en impact et
en vitesse de diffusion, sinon de réaction ;
- Audiovisuel. Les médias audiovisuels incluent tous les systèmes qui font appel aux deux sens
simultanément. La télévision et le cinéma (notamment itinérant dans les zones reculées) sont les
exemples les mieux connus. De loin les médias les plus chers, ils sont fortement influents, même
dans les sociétés relativement sophistiquées. De plus, un accès plus large à l'Internet fait de ce
vecteur un média audiovisuel de plus en plus important à investir.

9.2 Supports des messages OMI et moyens de diffusion


A l’intérieur de ces trois catégories, il existe un certain nombre de supports et de moyens pour diffuser
les messages OMI. En particulier, la diffusion des produits OMI dépend de la forme sous laquelle le
message est produit. Un message par radio peut être émis directement par une station radiophonique
dépendant des OMI. Dans d'autres opérations, des spots télévisés ou radiophoniques préenregistrés
pourront être diffusés par l'intermédiaire des stations d'émission des pays d'accueil. Ce processus
pourra dans certains cas être l’objet d’un contrat entre les forces armées et les médias locaux
concernés. Dans les situations de combat, l’info-cible peut se situer au-delà du contact direct avec les
forces amies. Le message à diffusion générale ou le produit imprimé devront être diffusés dans le
territoire ennemi.

Support imprimé. Le matériel imprimé peut faire appel aux tracts, aux prospectus imprimés, aux
affiches, aux magazines et aux annonces de journal. Le support imprimé tend à être plus persistant
que d'autres médias. Cependant, il n'est pas aussi immédiatement réactif que la radio. La fabrication
de produits élaborés (journaux, magazines…) peut être réalisée localement pour soutenir l’économie
locale par l’intermédiaire de la CIMIC (environnement permissif). L’impression de tels supports a des
implications logistiques, qui peuvent devenir des problèmes opérationnels dans un environnement non
permissif. Le tract sera donc privilégié.
Les forces doivent disposer de moyens mobiles de conception et d’impression de tracts. Ils seront
diffusés soit par air en fonction des capacités des États (bombes à tracts, drones, roquettes,
ballons…), soit par le contact direct des troupes avec les populations.

Support radiophonique. L'émission radiophonique, diffusée dans la ou les langues locales, est
immédiate et peut potentiellement atteindre un public important.
L'avantage principal de l'émission radiophonique est qu'une info-cible pourra être attirée par le type de
musique diffusé et être ainsi exposée au message des OMI durant les pauses publicitaires. En outre,
l'émission radiophonique n'est pas dépendante des conditions météorologiques. Elle est un vecteur

435
tous temps, de jour comme de nuit, réagissant sous un court préavis. Cependant, des limitations à
l'émission par radio existent comme les restrictions légales (attributions ou disponibilités des
fréquences), parfois les conditions géographiques et topographiques, la portée des émissions, la
langue et la culture des info-cibles, l’équipement en moyens de réception. Les messages par radio
sont éphémères et rapidement oubliés. Ils sont donc construits avec simplicité et sont nécessairement
répétés afin de jouer sur la fidélisation des info-cibles locales. Les capacités radiophoniques militaires
peuvent aussi être utilisées pour développer et distribuer des produits aux stations radio locales. Le
financement de telles opérations doit être planifié.
Les forces doivent disposer de leurs moyens mobiles de conception et de diffusion radiophonique en
fonction de leur zone de responsabilité terrestre ou maritime. La radio FM est de faible portée mais
particulièrement souple d’emploi dans des zones restreintes. Pour des zones plus étendues, les
radios à ondes courtes ont cependant montré leur efficacité.

Télévision. Agissant par émission satellite ou par des émetteurs locaux dans la langue locale, les
produits télévisés sont puissants du fait qu’ils peuvent potentiellement atteindre une grande partie de
la population en exploitant la combinaison de l'image et de la parole.
L'accessibilité au niveau local aux capacités de télédiffusion comme l’accès des info-cibles à la
télévision peut limiter l’emploi des produits télévisés. Comme pour la radio, les messages télévisés
sont éphémères et passagers. Ils sont donc construits avec simplicité et sont nécessairement répétés.
Les forces doivent disposer au minimum d’équipements spécialisés pour réaliser les produits (bancs
de montage…). La diffusion peut être obtenue par le biais de conventions avec les chaînes locales
dans un environnement permissif ou par le biais des moyens alliés (stations de production
audiovisuelle de théâtre pour les États-Unis, émission par les Hercules commando Solo par exemple).
Le financement doit être envisagé dès la planification.

Réseaux de télécommunications locaux. Dans des sociétés développées, l'utilisation de la


transmission de messages type SMS, peut être un moyen utile pour diffuser de courts messages
notamment vers les jeunes plus au fait de ces techniques. L’emploi des techniques d’appel direct par
téléphone peut être aussi envisagé. Cependant cette approche doit être faite avec tact et s’appuyer
sur une bonne connaissance locale de la culture et des coutumes. L'avis d'experts locaux des médias
et des techniques publicitaires devra donc être recherché.

Haut-parleurs. Les haut-parleurs fournissent des moyens particulièrement utiles pour s'adresser
localement au niveau tactique aux groupes ou aux foules. Ceux-ci peuvent être montés sur des
véhicules, blindés ou non en fonction des menaces, sur hélicoptères ou à dos d’homme. Cette
communication en direct est l’un des moyens les plus efficaces pour atténuer une tension locale ou
pour agir sur un ennemi au contact. Elle dépend cependant de la disponibilité de l'appui linguistique et
de la situation sécuritaire. Les messages préenregistrés des OMI sont plus faciles à employer. Ils sont
cependant insensibles aux circonstances changeantes rapidement et peuvent être considérés comme
impersonnels.

Communication directe (« Face to face »). L’incitation au changement de comportement de leaders


d'opinion et de groupes importants peut être obtenue par des opérations militaires d’influence directes
notamment réalisées par les forces armées au contact des populations (diffusion de tracts…). La
CIMIC et la communication de réseau peuvent souvent fournir des accès valables pour la
transmission des messages des OMI en abordant directement certaines catégories d’info-cibles.

Autres supports médias. Les messages des OMI peuvent être efficacement diffusés par des
produits « consommables » comme des stylos, des matériels scolaires, des insignes, des autocollants
de voiture et des porte-clés. Après avoir été testés, les articles fournissent des moyens efficaces pour
communiquer un message simple.

Internet. L'Internet peut être employé avec un effet hautement positif. Cependant, il dépend de la
sophistication des info-cibles et de leur accès aux médias de communication modernes. Cependant
cet outil par sa diffusion mondiale doit être employé avec prudence. En fonction des capacités en
débit et en réseau, un site informatif et réactif au niveau opératif est le niveau raisonnable d’emploi de
cet outil.

436
Moyens d'opportunité. Les OMI agissent de manière préférentielle par la gestion de l’information,
mais peuvent agir conjointement ou alternativement par des méthodes portant sur les motivations des
info-cibles.
La création, le maintien ou le changement de comportement d'une info-cible peuvent être régis par
l'emploi de moyens d'opportunité qui relèvent de la communication non verbale. Ces techniques sont
décrites par la psychologie sociale, l'éthologie, les techniques comportementales périphériques ou la
sociobiologie. Ces sciences permettent l'identification et l'emploi de stimuli comportementaux, de
simulacres ou rituels qui génèrent de façon prévisible les comportements attendus par l'auteur de
l'influence.
Dans une logique de recherche d'effets comme l'apaisement, l'adhésion, le trouble, la crainte, des
moyens d'opportunité définis par le contexte et les objectifs recherchés peuvent être mis en œuvre.
Ces moyens fonctionnent soit de manière réflexe, soit sur la satisfaction d'un besoin, ou le risque de
perte de satisfaction de ce besoin par l'info-cible (physiologie, sécurité, ego, accomplissement, etc..).
Une main tendue ou refusée, la portée symbolique ou rituelle d'une action, sont des stimuli
comportementaux d'opportunité hors du champ de la gestion de l'information conventionnelle, vue
comme la gestion d'un message formel et la maîtrise technique de son vecteur ou support. A titre
d’exemple, l’armée de l’Air, la Marine, une force terrestre peuvent obtenir des effets psychologiques :
démonstration de force (« show of force »), démonstration de présence (« show of presence »),
« sanctuarisation » d’une zone prédéfinie avec des moyens de brouillage électronique offensif
(brouillage radar ou des communications), enfin intimidation.

9.3 Critères de choix du média pour la diffusion


Le choix du média approprié pour les OMI dépend d'un certain nombre de critères dont les plus
importants sont les suivants :

Accessibilité. L’info-cible doit pouvoir recevoir les produits OMI. Par exemple, le terrain peut
empêcher la couverture complète d'émission radiophonique sur un secteur. La chaîne
« renseignement » détermine ces conditions d’accès.

Impact sur les info-cibles et réceptivité. Tandis que certains médias de diffusion sont largement
considérés comme ayant un plus grand impact que d'autres, les interprétations globales peuvent être
fallacieuses dans leur application aux info-cibles spécifiques. Dans toute société, quelques médias ont
pu acquérir un degré exceptionnellement élevé de crédibilité ou de rejet auprès d’info-cibles en raison
de facteurs historiques ou politiques. De tels facteurs doivent être considérés pour choisir le vecteur
de diffusion approprié.

Disponibilité. Les contraintes physiques peuvent limiter ou exclure l'emploi de quelques médias. Les
limitations typiques sont les coûts notamment pour les émetteurs de télévision et radiophoniques. Les
opérations militaires des sources d’opposition peuvent empêcher la diffusion du matériel imprimé dans
un secteur cible. De tels facteurs doivent être continuellement mis à jour par la chaîne «
renseignement ».

Opportunité. La plus grande attention sera donnée au délai de diffusion d’un message OMI. Une
opération déclenchée trop tôt ou trop tard n’aurait aucune chance de succès.

10. Analyse des info-cibles


10.1 Nature des info-cibles
La connaissance des populations et des cultures présentes sur le théâtre d’opération est essentielle à
la définition des info-cibles. Afin d’enrichir cette connaissance, les besoins en renseignement sont
importants et doivent pouvoir être complétés par une expertise autant que possible locale afin d’éviter
une analyse strictement occidentale d’un environnement étranger. Selon les OMI entreprises, 3
méthodes peuvent être citées dans la sélection des info-cibles en fonction des objectifs fixés mais
aussi des moyens disponibles :

437
- sélection indifférenciée : choix d’une info-cible large au sein de laquelle est identifié un segment
privilégié « cœur de cible » dont les critères sont retenus pour la planification et la conduite de
l’OMI (exemple : la population civile du quartier X est ciblée, les mères de famille en sont le
« cœur de cible ») ;
- sélection concentrée : info-cible étroite, un segment unique est sélectionné (exemple : les mères
de famille du quartier X sont ciblées) ;
- sélection diversifiée : différentes info-cibles sélectionnées de manière précise, équivalente à
plusieurs sélections concentrées (exemple : les mères de famille du quartier X et celles du quartier
Y sont ciblées).

10.2 Critères de sélection des info-cibles


La sélection des info-cibles est déterminante. Elle doit respecter les critères suivants :
- accessibilité : le message OMI est accessible à l’info-cible (réception directe ou indirecte) ;
- réceptivité : les info-cibles sont susceptibles d’assimiler le message reçu ;
- efficacité : l’influence exercée par l’OMI sur les info-cibles contribue à l’état final recherché.
En fonction de l’EFR et des objectifs définis, la sélection des info-cibles peut se faire sur différents
critères (démographiques, géographiques, ethniques, religieux, comportementaux, sensibilité
émotionnelle…).

10.3 Limitations
Afin de garantir la cohérence des messages diffusés, il est important de coordonner les OMI dans leur
gestion des info-cibles avec l’ensemble des actions entreprises sur le théâtre. Il faut cependant éviter
tout amalgame qui pourrait être fait avec la COMOPS. En effet celle-ci ne peut en aucun cas être
perçue comme un moyen d’influence par les médias – au sens d’organismes de presse - et le public.
Si les médias peuvent jouer un rôle dans la diffusion des messages OMI (radios, TV, presse, internet),
ils ne peuvent être définis comme info-cibles intentionnelles. De même, ni les forces alliées, ni les
populations hors de la zone d’opérations ne seront retenues comme info-cibles intentionnelles.
L’impact des OMI sur ces différentes catégories d’info-cibles non intentionnelles doit néanmoins être
pris en compte.

10.4 Identification des info-cibles


Quatre info-cibles génériques peuvent être distinguées :

Info-cibles qui reçoivent directement les messages


Immédiates
dont elles sont les destinataires.

Info-cibles Info-cibles qui reçoivent directement les messages


Intermédiaires
intentionnelles et les retransmettent à d’autres info-cibles.
Info-cibles qui reçoivent les messages
Ultérieures indirectement, par le biais d’info-cibles
intermédiaires.
Info-cibles involontaires et non visées par l’OMI,
Info-cibles non intentionnelles mais qui reçoivent le message (directement ou
indirectement).

Remarque : Il est primordial de considérer l’influence des info-cibles intermédiaires sur les info-cibles
ultérieures. Le recours aux info-cibles intermédiaires peut en effet accroître l’efficacité du message
OMI. Le choix de passer par des intermédiaires peut être dû à l’impossibilité d’atteindre directement
les info-cibles ciblées.

11. Planification des OMI


L'annexe OI (annexe O) décrit au niveau opératif dans une matrice les objectifs, les thèmes, les
messages, les info-cibles. Elle fournit les directives pour le développement ultérieur des OI et des OMI
dans la zone d’opérations. Cependant, les opérations militaires d’influence sont une composante à

438
part entière des opérations militaires. Elles sont intégrées dans le processus de planification afin d’être
en mesure de fournir analyses et propositions tout au long des travaux d’élaboration. Elles font l’objet
d’une annexe spécifique détaillée (annexe L).

11.1 Principes
Pour le spécialiste en opérations militaires d’influence responsable des travaux de planification, il
s’agit :
- de conduire une analyse détaillée du théâtre d’opération ;
- d’effectuer une évaluation de la mission ;
- de participer à chacune des phases de planification ;
- d’identifier les besoins en personnels et matériels ;
- de fournir expertises et recommandations.

11.2 Procédure
La planification des opérations à laquelle contribuent les spécialistes des OMI s’effectue en cinq
étapes :
ère
1 étape. Initialisation : un travail d’étude est réalisé dès que possible. Il s’agit de procéder à des
analyses sociologiques et environnementales aussi complètes que possible. C’est à cette étape que
les demandes de renseignement complémentaires (RFI) sont rédigées. Il sera ensuite procédé sans
délai à des investigations plus poussées sur les zones d’opérations pressenties et sur des info-cibles
vraisemblables. L’équipe de planification est constituée à ce stade de cadres issus du renseignement,
des opérations, de la logistique et si possible des OI au titre des fonctions d’influence (OMI, CIMIC…).
e
2 étape. Les spécialistes des opérations militaires d’influence participent à l’analyse de la mission et
se livrent à une évaluation initiale. Celle-ci sera intégrée au briefing du COMANFOR, faisant
apparaître points-clés et d’achoppements éventuels. Il s’agit d’identifier les limitations d’emploi des
opérations militaires d’influence, les info-cibles possibles, leurs vulnérabilités ainsi que les capacités
OMI adverses. Tous les paramètres doivent être considérés et l’emploi d’une check-list est
indispensable.
e
3 étape. Développement du concept d’opérations (CONOPS) : il s’agit ici de s’assurer que les
phases d’emploi des différentes capacités OMI concordent avec celles des phases d’opérations
militaires et les valorisent de façon optimale. Il appartiendra alors au COMANFOR de définir l’ordre de
priorité des lignes d’opérations qu’il entend privilégier. En phase avec la planification menée par la
cellule OI, un concept d’opérations militaires d’influence peut alors être développé et faire apparaître
les objectifs psychologiques détaillés pour chaque phase des opérations.
e
4 étape. Développement du plan : à ce stade, l’annexe L doit être finalisée et les objectifs OMI avoir
été approuvés. Ils répondent aux effets attendus par les OI dans les champs psychologiques. Cette
annexe inclut les thèmes, répartit les tâches, définit les moyens employés et désigne les autorités
compétentes pour l’approbation des produits. Les informations et cadres d’emploi contenus dans
l’annexe L seront repris et détaillés dans un SUPLAN. Celui-ci décrit les séquences et l’exécution des
divers programmes OMI, chacun d’entre eux ayant un objectif précis dont les effets mesurables
permettront d’apprécier l’efficacité des moyens engagés.
e
5 étape. Durant toute l’opération, les spécialistes OMI effectueront des analyses afin d’évaluer
l’impact des campagnes d’influence. Les critères d’efficacité aident à procéder aux ajustements et
amendements nécessaires à la poursuite optimale des opérations. Ces corrections peuvent être
qualitatives ou quantitatives.

Ainsi, comme l’illustre le tableau suivant, la planification OMI suit intégralement les cinq phases de la
méthode française de planification opérationnelle (MPO), en cohérence avec l’Operational Planning
Process (OPP) de l’OTAN, méthodes employées au niveau stratégique et opératif.

439
PHASES MPO OMI
1
DIRECTIVES INITIALES EXPERTISE DU THÉÂTRE
INITIALISATION

2
ANALYSE DE LA MISSION ÉVALUATION INITIALE OMI
ORIENTATION

DÉVELOPPEMENT
DES MODES D’ACTIONS,
3
CHOIX DU MODE D’ACTION ET CONTRIBUTION OMI AU CONOPS
CONOPS
ÉLABORATION DU CONCEPT
D’OPÉRATION

4
RÉDACTION DE L’ANNEXE OMI
DÉVELOPPEMENT PLAN D’OPÉRATION (OPLAN)
INTÉGRÉE A L’OPLAN ; SUPLAN
DU PLAN
RÉVISION DE L’ANNEXE OMI ET
5 DU SUPLAN ;
VALIDATION ET RÉSULTATS ET RÉVISION ANALYSE DE L’IMPACT ;
MISE A JOUR CHOIX DES CRITÈRES
D’EFFICACITÉ.

440
La communication opérationnelle

Communiquer participe à l’efficacité opérationnelle. Toutefois, ce domaine complexe exige une


organisation qui garantisse l’atteinte des effets recherchés et évite toute initiative de nature à nuire à
la politique globale mise en œuvre. Cette organisation s’articule autour de la capacité communication
opérationnelle – COMOPS.

1. Définition et finalités
La communication opérationnelle (COMOPS) regroupe l’ensemble des activités menées pour
communiquer des informations publiques sur une opération militaire ou un exercice.
Partie intégrante du commandement, la communication opérationnelle (COMOPS) est une fonction
opérationnelle spécifique.

Elle s’exerce :
- d’une part dans l’opération, en prenant part aux travaux de planification, à la conduite des
opérations et en facilitant la compréhension de la situation militaire par les différents publics ;
- d’autre part sur l’opération en précisant le sens de l'intervention, en appuyant sa légitimité et en
valorisant si possible l’image des forces armées et leurs capacités à réaliser la mission.

Les activités de la COMOPS s’inscrivent dans le strict cadre des législations locales, nationales et
internationales. Elles sont menées dans un souci permanent de sécurité des militaires engagés et de
leurs familles, du respect aussi des règles de protection du secret afin de satisfaire notamment aux
impératifs opérationnels ainsi qu’au respect de la personne, s’agissant en particulier des pertes
humaines.
La communication opérationnelle exerce de facto un impact sur les sources d’opposition (ennemi,
192
adversaire, belligérant) et contribue indirectement à la stratégie militaire d’information . Elle exige
donc d’être coordonnée avec les opérations d’information, tout en restant bien séparée afin de
maintenir toute sa crédibilité.

La communication opérationnelle vise à garantir une perception de l’action de la force susceptible


d’une part d’en assurer la compréhension et le soutien par l’opinion, et, d’autre part, de faciliter l’action
militaire par la contribution à la création d’un environnement favorable. Elle répond aux finalités
suivantes par ordre de priorité.

1.1 Faire adhérer les opinions publiques internationales et nationales


L’adhésion des opinions publiques internationales et nationales puis leur maintien constituent des
objectifs prioritaires pour légitimer l'action, en particulier lorsque l’opération présente des risques
élevés. Cette recherche d’adhésion peut être conduite dans l’urgence ou bien s’inscrire dans la durée.
Expliciter les objectifs politiques de la mission confiée aux armées relève pour l'essentiel de l’action
gouvernementale, notamment de la Délégation à l’information et à la communication de la Défense –
DICoD.
Compte tenu de leur expertise, les forces armées sont particulièrement bien placées pour expliquer
les objectifs militaires de l’opération et pour détailler les moyens mis en œuvre. Lorsqu’une opération
se déclenche, la communication opérationnelle fournit les éléments nécessaires à la compréhension
des éléments militaires du mandat fixé. Elle prend en compte les rôles de l’émotion et de l’image dans
la manière d’aborder les publics-cibles.
La COMOPS s’appuie sur la communication de défense menée par la DICoD qui expose aux citoyens
l’apport quotidien et déterminant des forces armées à leur sécurité, sur le territoire national comme à
l'étranger. A l’inverse, la communication de défense prolonge l’action de la COMOPS sur les théâtres
d’opération en s'adossant sur l’image positive des forces en opération pour maintenir auprès de

192
Cf. PIA 03-252.

441
l’opinion publique l’esprit de défense et promouvoir la légitimité de l’outil de défense ainsi que le
rayonnement international de la France.

1.2 Maîtriser l’environnement médiatique des forces armées en opération


La maîtrise de l’environnement médiatique des forces en opération vise à ce que les médias,
notamment locaux, diffusent une information vérifiée et opportune. Ce contrôle à la source a pour but
de prévenir, sinon de limiter, tout ce qui peut entamer, par la manipulation ou la désinformation, la
confiance et la crédibilité des forces. Montrer et expliquer dans les meilleurs délais la réalité de la
situation permet de donner une image favorable des forces engagées ;

1.3 Soutenir le moral des forces engagées


La COMOPS participe pleinement à la préservation du moral et à son renforcement notamment dans
les missions répétitives ou des conflits à durée indéterminée. En effet, l’image de l’action militaire
donnée par les médias ou les relais d’opinion agit en retour directement sur le moral des forces
armées et, partant, sur leur aptitude opérationnelle ;

1.4 Affirmer le rôle de la France sur la scène internationale


Les armées contribuent au rayonnement international et à la stratégie d’influence globale de la
France. Cette affirmation du rôle de la France sur la scène internationale et notamment européenne
lui permet ainsi de participer au processus décisionnel des opérations.
La communication opérationnelle s’attache à montrer que l’implication de la France dans la résolution
d’un conflit, au sein d’une coalition ou dans un cadre national, est conforme à ses responsabilités
internationales (membre du conseil de sécurité, action en faveur de la paix, promotion du droit
international, respect des accords de défense…) ainsi qu’à ses devoirs nationaux (sécurité des
concitoyens, protection des intérêts, défense européenne…). La communication opérationnelle reste
donc un domaine essentiellement national. Dans ces circonstances, les différentes nations d’une
même coalition peuvent présenter des sensibilités différentes dans l’approche et la conduite de la
communication opérationnelle ;

1.5 Accompagner l’action des forces armées sur le théâtre


La communication opérationnelle est d'autant plus nécessaire que l’adhésion des opinions publiques
locales doit être recherchée par l’intermédiaire des médias locaux et de la communication de réseau.
Elle conditionne l’acceptation, par la population, de la présence et de l’action d’une force armée
étrangère déployée le plus souvent pour une longue période.

2. Domaines de la COMOPS
La COMOPS regroupe quatre domaines principaux :

2.1 La communication médias


La communication médias regroupe l’ensemble des activités de communication menées à
travers les médias internationaux, nationaux et locaux.
Coordonnée au niveau politique et dirigée au niveau stratégique dans un cadre multinational
(commandant de l'opération) et national (CEMA), elle s’adresse à l’opinion publique via des
organismes de presse.
La conception, l'organisation et les modalités de mise en œuvre de la communication médias tient
compte de la réactivité des médias, de leur capacité à diffuser mondialement et rapidement des
informations très élaborées (image, vidéo, photo), de leur diversité et de leur indépendance (agences
de presse internationales, notamment anglo-saxonnes, de langue arabe, russe ou chinoise). Cela
exige de fournir en toute circonstance des informations claires, exactes, précises et vérifiées, afin de
limiter toute interprétation déformant les faits ou les propos. La communication médias nécessite
d’une part de bien connaître les journalistes et les outils de communication dont ils disposent d’autre
part de définir une stratégie de communication opérationnelle adéquate.
Elle est conduite de manière active et réactive à tous les niveaux de responsabilité des chaînes de
commandement, multinationale et nationale (CEMA, FRA SNR, unités françaises déployées sur le
théâtre, commandements permanents), auxquels il convient de rajouter les OGZD pour les opérations
menées sur le territoire national ;

442
2.2 La communication interne interarmées
La communication interne interarmées englobe l’ensemble des activités menées en direction
des armées françaises et de leur environnement proche, notamment par l’intermédiaire de
supports de communication militaires.
Leur emploi permet d’informer régulièrement et en temps opportun l'ensemble des acteurs concernés
ainsi que l'environnement organique des forces (familles, éléments de base arrière) de la situation ou
de tout événement majeur. La communication interne interarmées concourt à faire partager la
compréhension de l’action et la cohérence du dispositif, ainsi qu'à développer la cohésion et
l’adhésion des forces. Elle fournit aux responsables militaires, non directement impliqués dans
l'opération mais susceptibles de communiquer ou d’être interrogés, les éléments de communication
nécessaires.
Ses outils majeurs sont les réseaux intranet de théâtre et de la Défense. Ils sont complétés par le site
Internet de la Défense qui relève toutefois d’un autre domaine – la communication grand public.
Par ailleurs, le commandement doit développer, à tous les niveaux et avec pédagogie, le dialogue
informel et l’échange autour des enjeux majeurs de l’opération.

2.3 La communication de réseau


La communication de réseau coordonne l'ensemble des activités de communication menées
directement auprès des acteurs et organismes pouvant être intéressés plus ou moins
directement par l'opération, que ceux-ci soient sur le théâtre, en métropole ou à l’étranger.
La communication de réseau est une des clés de la réussite de la COMOPS, car la solidité et la
fiabilité du réseau de relations locales, nationales et internationales, influent sur la crédibilité des
informations diffusées par les différents médias.
La constitution du réseau des relations est un élément déterminant dans toute politique de
communication sur un théâtre d'opération et participe à la stratégie d’influence sur le théâtre. Bien
conduite, elle contribue à établir, avant et pendant l'opération, un climat favorable aux actions
ultérieures de communication notamment pour contenir ou limiter l’impact d’une campagne de
contestation et/ou de désinformation.

Ce réseau s'organise autour :


- des administrations locales ;
- des décideurs locaux politiques, économiques, religieux ;
- des organisations régionales ou internationales ;
- des organisations non gouvernementales ;
- des états-majors et unités alliés.

2.4 La communication grand public


Dans le domaine des opérations, la communication grand public regroupe l’ensemble des activités
d’information conduites par contact direct avec le public, notamment par l’intermédiaire d’Internet ou
d’actions événementielles.

La communication par Internet vise le grand public, car elle est accessible à tous, amis, neutres ou
forces d’opposition, sans qu’aucune cible ne puisse être différenciée, sauf par la mise en place
d’espaces dédiés ou par des adressages spécifiques (courriels). Participer à ce forum mondial exige
un langage adapté –textes et images – à ce public et à sa culture du zapping.

Le média Internet répond à plusieurs besoins de la COMOPS :


- réactivité : la mise en ligne régulière de l’actualité des forces en opérations et l’information quasi-
immédiate sur un événement en cours sont un gage de crédibilité et constituent une démarche
active appréciée par le public ;
- pédagogie : l’univers des opérations militaires est complexe et souvent méconnu. A travers des
dossiers de fond et des liens vers des sites spécifiques, le site Internet du ministère de la Défense
met à la disposition du grand public et des journalistes intéressés les informations nécessaires à la
compréhension des opérations, en les replaçant dans leur contexte et en les adaptant pour une
meilleure compréhension.

443
La communication grand public s’appuie avant tout sur le site de l’état-major des armées, (EMA) partie
intégrante du portail Défense (www.defense.gouv.fr). Ce site est animé à partir d’informations
d’actualité issues des théâtres, sous forme de brèves courtes et illustrées, mais aussi grâce à des
dossiers de fond ou de synthèse, provenant de l’EMA.

Chaque domaine de la COMOPS est adapté à un ou plusieurs « publics-cibles ».

3. Les publics-cibles
Les « publics-cibles » sont constitués par tous les acteurs concernés, de près ou de loin, par
l'opération, ou intéressés par une information à caractère opérationnel.
Il est possible d’identifier les publics-cibles suivants :
- les décideurs civils et militaires, français ou alliés ;
- les forces françaises et leur environnement (familles, garnison) ;
- l’opinion publique française ;
- les organisations internationales (UE, OTAN, ONU, OSCE, etc.) ;
- les forces de la coalition et leurs opinions publiques en cas d'opération multinationale ;
- les acteurs locaux (populations, autorités et organisations du théâtre d’opération) ;
- les décideurs et les opinions publiques des États neutres.

Par ailleurs, il convient d’avoir conscience que les sources d’opposition constituent indirectement un
public-cible.

4. Responsabilités et principes
Les responsabilités des principaux acteurs de la communication opérationnelle et de la
communication de défense sont définies par l’article 3 du décret 98-641 du 27 juillet 1998 portant
création de la délégation à l'information et à la communication de la défense (DICoD).
S’agissant de communication opérationnelle, le CEMA détermine les modes d’action et fixe les
directives de communication propres à chaque opération. Il dispose d’un conseiller communication
(CONSCOM) et d’une cellule de communication qui lui proposent des options de communication
tenant compte de l’environnement médiatique et de l’impact de toute diffusion publique sur le
déroulement des opérations.
Dans le cadre des engagements opérationnels, il appartient à la DICoD de proposer l'esprit, les
grands axes et les priorités qui vont sous-tendre la communication gouvernementale de défense dans
laquelle s'inscrit la communication opérationnelle.
La DICoD assure la cohérence de cette communication avec celles d’autres ministères ainsi qu'avec
celles des instances internationales concernées par l’opération. L’efficacité du dispositif repose sur un
lien étroit et permanent entre la DICoD et le conseiller communication du CEMA.
Par ailleurs, la DICoD met à la disposition du commandement son expertise en relations avec la
presse et fournit du personnel spécialisé pour chaque opération, en coordination avec les SIRPAs
d’armées.

La mise en œuvre de la COMOPS repose sur des principes qui lui assurent cohérence et crédibilité.

4.1 Cohérence avec le cadre fixé par le gouvernement


Les autorités militaires en charge de la communication opérationnelle doivent veiller à la stricte
conformité de leurs propos avec les annonces du gouvernement relatives à l'engagement des forces
armées ainsi qu’à ses limites. Aussi doivent-elles centrer leur message sur l’explication militaire de
l’engagement et ses modalités, sans commenter ni les raisons, ni l’appréciation des perspectives
politiques ou diplomatiques de l’intervention nationale ou internationale.

4.2 Prérogative du commandement


En synergie avec les autres activités opérationnelles, la COMOPS concourt à la réussite de la
mission : elle constitue une priorité et une responsabilité directe du commandement. A ce titre, la
chaîne de commandement de l'opération est seule habilitée à diriger et à conduire les actions relevant

444
de la COMOPS. Les directives du commandement en la matière sont exprimées dans les ordres
d'opération (OPLAN et SUPPLAN) ou dans des documents spécifiques ;

4.3 Subsidiarité et déconcentration


La mise en œuvre de la COMOPS doit privilégier la subsidiarité pour garantir le meilleur rendement
pour l'objectif visé. A cet effet, les échelons de commandement disposent de délégations formelles et
d’une autonomie d’action afin de pouvoir conduire les actions de communication opérationnelle de
leur niveau, notamment en cas d'événements importants ou d’urgence particulière. Le cas échéant,
ces échelons de commandement peuvent eux-mêmes jouer la subsidiarité vers leurs subordonnés.
Ce principe n’exclut pas l’emploi ponctuel de « circuits courts » s'affranchissant du cheminement
hiérarchique pour privilégier l'opportunité et la réactivité dans l’action ;

4.4 Réactivité
Dans un monde interdépendant et globalisé, il importe de communiquer rapidement pour
accompagner les événements et valoriser les aspects favorables aux objectifs poursuivis. Ce principe
permet à la chaîne COMOPS d’être une source crédible d’informations, en mesure de devancer ou de
préciser d'autres sources, au premier rang desquelles se trouvent les médias. En effet, l’impression
donnée par la première source qui s’exprime est souvent décisive pour la perception des événements
par l’opinion publique ;

4.5 Anticipation
En complément de la réactivité, le principe d’anticipation permet notamment de se prémunir contre les
difficultés qui rendent impossible la maîtrise de l’information en toutes circonstances (possibilités de
fuites, présence de photographes, nombre d’unités impliquées, justice sollicitée, etc.) ou contre des
attaques informationnelles pesant sur la crédibilité des forces armées dès que les intentions hostiles
sont décelées ;

4.6 Coordination
Afin d’assurer la lisibilité des actions à chaque niveau de la chaîne de commandement, les actions
doivent être coordonnées d’une part entre elles pour éviter tout effet contre-productif, d’autre part avec
les autres activités opérationnelles, notamment celles relevant du domaine des opérations
d’information (OI).
Cet impératif de coordination, qui s'exprime dès la conception de l’opération, est pris en compte à tous
les niveaux de décision, en planification comme en conduite. Plus largement, la prise en compte de la
dimension « communication » et la priorité donnée à ses objectifs peuvent amener à modifier le mode
d'action retenu pour une des phases de l'opération militaire, voire à en orienter le choix ;

4.7 Exactitude
Seuls des faits avérés peuvent être communiqués aux médias. Modifier volontairement une
information relèverait de la désinformation. En outre, délivrer une information qui s’avèrerait fausse est
la plupart du temps contre-productif.
La véracité de l’information est un gage de crédibilité pour les forces armées, à court et surtout à long
terme. Cependant, une information vérifiée nécessite souvent des délais difficilement acceptables par
les journalistes. Il est alors parfois nécessaire de délivrer une information exacte, mais incomplète, car
informer au plus tôt, afin de donner le ton à la communication, évite la propagation de rumeurs ou
d'interprétations erronées, voire les tentatives de désinformation.

5. Organisation
5.1 La chaîne nationale COMOPS

 Le niveau stratégique
Responsable de l’organisation et de la conduite de la communication opérationnelle, le conseiller
communication du CEMA dirige la cellule de communication de l'EMA. Il est l’autorité fonctionnelle de
tous les communicants déployés sur les théâtres d'opération.

445
Il a pour missions de :
- conduire la communication opérationnelle selon les directives du CEMA ;
- organiser la chaîne communication sur les théâtres d’opération : à ce titre, il est l’autorité
fonctionnelle de tous les conseillers communication placés auprès des commandants
opérationnels ;
- rédiger des directives de communication à l’intention des grands subordonnés du CEMA
susceptibles de communiquer sur l'action des forces françaises placées sous leur commandement
opérationnel et engagées dans une mission intérieure ou une opération extérieure ;
- élaborer des éléments de langage et de compréhension dans les domaines de responsabilité du
CEMA à destination de ses subordonnés, en France et à l’étranger, pour leur permettre d’être un
relais efficace et crédible de la stratégie de communication opérationnelle et d’agir dans leur
sphère d’influence pour contrer toute rumeur ou information malveillante ;
- valider les images destinées aux médias ;
- animer la communication grand public par le biais du site Internet de l’EMA, en liaison avec les
autres entrées du portail de la DICoD ;
- entretenir un lien permanent avec :
o la DICoD, pour garantir la cohérence de la communication opérationnelle avec la
communication de défense et pour fournir les informations à caractère opérationnel
dont cette dernière a besoin,
o les organismes en charge de la communication dans les armées, pour s’assurer des
synergies nécessaires notamment en interne ;
- entretenir des liaisons régulières avec :
o les subordonnés et représentants du CEMA,
o les organismes de communication des grands commandements alliés (ONU/DOMP,
EMUE, ACO, USEUCOM, etc.) et les comités militaires (OTAN, UE),
o les principaux médias nationaux et internationaux ;
- définir et conduire le processus de retour d’expérience sur la COMOPS.

 Le niveau opératif

 Organisation
Le niveau opératif est le niveau de mise en œuvre de la COMOPS sur le théâtre. Il s’attache à :
- formaliser un dispositif efficace de retour des informations de terrain ;
- faire preuve de précision et de cohérence entre les sources (tout écart entre celles-ci désignera
une faiblesse qui attirera les journalistes) ;
- privilégier les aspects opérationnels et factuels.

Dans une opération nationale, un conseiller communication – CONSCOM – est placé au plus près du
COMANFOR. A cet effet :
- il lui apporte une expertise dans tous les domaines de la communication ;
- il met en œuvre, sous sa conduite, les directives de communication du CEMA ;
- il le tient informé de tout ce qui touche à la communication et à l'actualité ;
- il rédige l’annexe X de l’ordre d’opération;
- il détache un officier de liaison auprès du centre opérationnel afin de mettre en phase la
communication de crise avec les préoccupations du commandement et la situation réelle du
théâtre ;
- il organise les activités de communication interne et externe des forces engagées dans
l'opération ;
- il intègre, dès la planification, la problématique des images dans les opérations :
o coordination des différents acteurs militaires chargés des prises de vue, recueil des
images au niveau de l’officier image du théâtre,
o validation des documents sélectionnés à destination du niveau stratégique ;

446
- il en liaison avec les chefs des unités faisant corps, recensement autant que nécessaire des
appareils photographiques et vidéo détenus par les militaires (identification des capteurs
complémentaires éventuels).

Il doit aussi s’assurer de la cohérence de la COMOPS avec les autres activités relatives à
l’information. Pour ce faire, il participe :
- aux travaux d’état-major susceptibles d’influer sur la communication (groupe de coordination des
OI) ;
- au processus d’approbation des messages et des produits OMI.

 Fonctionnement
Le CONSCOM dispose d’une structure de communication adaptée aux besoins du théâtre et
comprenant au minimum des capacités de conception, de planification et de relations avec la presse.
Cette structure intègre généralement un centre de presse. Elle peut aussi avoir une fonction de recueil
et d’analyse de la presse locale. Lorsqu’un porte-parole est désigné, il est directement rattaché au
CONSCOM.

En période de crise médiatique, le CONSCOM :


- est au plus près du COMANFOR. Il bénéficie d’un accès direct à l’autorité afin de percevoir ses
intentions et ses objectifs à long terme ;
- accède rapidement aux informations opérationnelles détaillées fournies par le centre
opérationnel. La mise en place d’un (ou plusieurs) officier de liaison répond à cette exigence.

 Le centre de presse
Sous l’autorité de l’adjoint au CONSCOM, un centre de presse peut être déployé sur un théâtre
d’opération. Il comprend plusieurs sections :
- la section production qui développe les supports de la communication interarmées : radio,
publications, site Internet informatif sur les forces armées ;
- la section analyse des médias. Par le suivi des différents médias (presse écrite locale, radios,
télévision, Internet), cette section identifie les crises médiatiques pouvant nuire à la mission des
forces, extrait les arguments positifs et négatifs, propose des éléments de langage, évalue l’impact
des actions de communication. S’appuyant éventuellement sur les dossiers pays réalisés par le
bureau d’analyse des OI, elle détermine et analyse les publics-cibles. Elle a aussi pour objet
d’identifier et d’analyser les effets des messages transmis par les forces armées dans les médias
locaux. La section peut également s’appuyer sur la DICoD qui dispose des moyens de recueil, de
veille et d’analyse des médias nationaux et internationaux ainsi que d’outils de communication
actualisés (messages clefs, éléments de langage, argumentaires de communication, etc.). Cette
section peut comprendre des traducteurs souvent recrutés localement ;
- la section médias et soutien du porte-parole. Cette section a la responsabilité du contact avec les
journalistes (réponses aux questions des journalistes, organisation de conférences et de voyages
de presse, accompagnement des journalistes…) et de la mise en œuvre du plan de
communication. A partir de la directive de communication de l'EMA, elle élabore notamment des
éléments de langage adaptés à la situation locale immédiate, validés par le COMANFOR. Au titre
de la communication interne interarmées, un officier y est désigné pour s’assurer que les forces
sont informées des positions de la France, qu’elles disposent de l’analyse des médias
internationaux, nationaux et locaux. Cet officier a aussi pour mission de combattre les rumeurs qui
pourraient circuler au sein des forces amies. Il peut disposer d’une composante radio pour
informer les forces et de capacités d’impression lorsque la situation opérationnelle le permet. La
section rythme la relation avec la presse en organisant des rencontres régulières coordonnées
aux briefings opérationnels et aux contraintes de bouclage des médias ;
- la section image. Dirigée par l'officier « image ». Cette section réalise la politique audiovisuelle du
théâtre, de la conception et la prise d'images jusqu'à leur transmission vers la métropole. Les
sujets retenus et les angles privilégiés appuient le discours de la COMOPS. Les contraintes de
transmission imposent un travail de montage rigoureux validé par le CONSCOM dans le respect
des horaires des grands médias nationaux. Elle assure le suivi de la banque de données images
du centre d’images de théâtre lorsqu’il existe ;

447
- la section administration qui soutient la structure de communication et accrédite notamment les
journalistes.

Organisation de la structure de communication


aux niveaux opératif et tactique
CENTRE Conseiller communication (ou chef PIO)
OPERATIONNEL
Officier de liaison Secrétariat Porte-parole
COMOPS

Adjoint au CONSCOM
Centre de presse Cellule planification

SECTION PRODUCTION SECTION ANALYSE- SECTION MEDIA SECTION IMAGE SECTION


PUBLICATIONS DES MEDIAS ET SOUTIEN AU ADMINISTRATION
PORTE-PAROLE
Rédacteur en chef du Chef de section Chef de section Chef de section Chef de section
journal de la force
Journalistes Officiers analystes Officiers de presse Techniciens Responsable
« accréditation »
Photographes
Traducteurs Radio pour les forces Techniciens
Responsable éditorial
du site Internet Officiers de liaison Secrétariat
Rédacteurs des autres nations
Programmeurs

 L’officier de liaison auprès du centre opérationnel


Cet officier est le correspondant permanent de tous les bureaux du centre pour le CONSCOM. Il
participe aux travaux de planification et de conduite des opérations, propose la rédaction des annexes
« communication » des ordres d’opérations et d’exercices. Il joue un rôle essentiel dans le recueil des
informations opérationnelles afin de permettre à la section médias d’anticiper les réactions des
journalistes, de rédiger des éléments de langage cohérents et précis. Il diffuse les productions de la
section médias au sein du centre opérationnel de sorte que les impacts médiatiques des actions
opérationnelles soient clairement perçus par les officiers chargés de la planification et de la conduite.
Il participe au recueil de l’image en examinant si des vues prises par des moyens opérationnels et
exploitées au centre opérationnel peuvent contribuer à la manœuvre de la COMOPS, sans
compromettre les acteurs de terrain et leurs modes d’action.

 Le niveau tactique
Ce niveau, au plus près de l'action, est le terrain de prédilection des journalistes. Être capable d’y
conduire des actions de communication est essentiel pour obtenir l’adhésion des opinions publiques,
voire pour la crédibilité des forces armées.
Les forces projetées sont généralement articulées en composantes terrestre, navale, aérienne et
forces spéciales. Chaque commandant de composante dispose d’un conseiller communication et d’un
centre de presse adapté en fonction des circonstances et de la nature de sa composante. Les
principes d'organisation énoncés au niveau opératif se reproduisent sensiblement au niveau tactique,
que la France soit ou non nation cadre.
Le conseiller communication conçoit et met en œuvre la COMOPS de la composante dans le respect
des directives reçues de l’échelon supérieur. Il :
- assure, après les avoir adaptés à son niveau, la diffusion des éléments de langage reçus de
l’échelon supérieur ;
- veille à la cohérence des actions de communication planifiées ou définies en conduite avec les
autres actions menées par la composante, notamment dans le domaine de la CIMIC, des
opérations d'information et de la sécurité des opérations ;

448
- assure, si nécessaire, les fonctions de porte-parole du commandant de composante ;
- organise les actions de communication conduites au niveau de la composante ;
- oriente et coordonne les actions de communication décentralisées vers les éléments de la
composante ;
- coordonne un réseau d'officiers de presse au sein des différents éléments de la composante ;
- assure un contact permanent avec les médias locaux.

À défaut de disposer d’un officier dédié à cette fonction, un officier communication est désigné dans
chaque structure (groupement tactique interarmes, bataillon, bâtiment, base). Celui-ci a pour mission
de diffuser les éléments de langage adaptés jusqu’aux échelons élémentaires, d’accueillir et d’aider
les représentants des médias, et d’alimenter la communication interne (images, articles…). Il travaille
sous la direction fonctionnelle du conseiller communication de composante. Si la ressource en
personnel ne permet pas que la fonction communication soit l'activité exclusive de cet officier, il est
impératif que, lors d’une tension ou d’une crise, elle devienne son activité principale.

5.2 Les opérations sur le territoire national


Sur le territoire national, les COMSUP et les OGZD sont responsables de la communication
concernant les conditions d'engagement des forces dont ils assurent le contrôle opérationnel. Ils
appliquent les directives d’EMA/CAB/COM auquel ils rendent compte de leurs initiatives en matière de
communication, notamment envers les médias régionaux et les représentants locaux des médias
nationaux et internationaux. Cohérente avec la politique de communication définie par les autorités
civiles concernées (préfets en particulier), cette communication respecte le cadre général de la
communication de défense défini et actualisé par la DICoD.

5.3 La COMOPS dans un cadre multinational

 Le niveau stratégique
La cellule communication du CEMA conserve les mêmes prérogatives vis-à-vis des éléments français
déployés, tout en respectant les directives et éléments de langage donnés par les niveaux politique ou
stratégique des institutions internationales en charge de l’opération (ONU, OTAN, UE) ;

 Le niveau opératif
Un conseiller communication est placé auprès du COMANFOR. Le CONSCOM, le plus souvent de la
même nationalité que le COMANFOR, est secondé par une cellule multinationale spécialisée et par un
centre de presse établi auprès du PC de la Force. Cette structure de communication est généralement
identique à la structure de communication nationale. Dans une coalition, chaque officier de presse
traite si possible avec les médias de son pays d’origine.
Dès que la France est contributrice, elle met au minimum en place un officier communication au sein
de la chaîne de communication multinationale. Celui-ci veille à la cohérence entre les directives et les
opérations de communication des chaînes nationales et multinationales. Il rend compte de toute
divergence au FRA SNR (France senior national representative) ;

 La structure nationale
Sur un théâtre, le FRA SNR est responsable de la politique de communication nationale des forces
françaises. Il propose des solutions pour traiter les éventuelles divergences avec la force
multinationale. Il s’attache notamment à faire valoir, à son niveau, le point de vue de la France auprès
des médias français et étrangers présents sur le théâtre. Il dispose à cet effet d’un conseiller
communication.

449
450
APPUI A L’ENGAGEMENT

451
L’APPUI MOUVEMENT
1. Cadre d’emploi des unités d’appui aux mouvements
L’action des unités d’appui aux mouvements facilite l’application de deux des trois principes de la
guerre, la liberté d’action et la concentration des efforts. En effet, il n’y a pas de liberté d’action sans
liberté de mouvement et les unités de circulation constituent un des outils privilégiés au service du chef
interarmes pour la garantir. Par ailleurs, ces unités contribuent directement à la concentration des
efforts, donc d’un volume de forces appropriées, dans un cadre espace temps déterminé et contraint
pour l’accomplissement d’une mission précise. Celle-ci achevée, les unités d’appui aux mouvements
facilitent le redéploiement des moyens en vue d’un réengagement ultérieur.
Principalement destinées à être projetées et employées dans toutes les phases du continuum des
opérations, ces unités peuvent également intervenir sur le territoire national dans le cadre de la
sauvegarde terrestre aux côtés des autres moyens de sécurité, recevoir des missions spécifiques lors
des missions intérieures ou à l’occasion des activités organiques et des prestations diverses.
Ces formations agissent à tous les niveaux, stratégique, opératif et tactique, des garnisons jusqu’aux
zones d’engagement, en appliquant leurs efforts sur les zones de concentration des forces. De par
leurs capacités, elles contribuent à l’accueil sur le théâtre, à l’appui des mouvements de post-
193
acheminement et à l’intégration des forces projetées (RSMI ), puis à l’engagement des forces et à leur
retrait. Elles s’inscrivent ainsi parfaitement dans la maîtrise des flux physiques, fonction émergente
déclinée du concept interarmées des acheminements, et dont l’expertise relève logiquement des savoir-
faire de l’arme du Train, acteur majeur du domaine mouvements ravitaillements. Les savoir-faire de ces
unités constituent une spécificité française conférant au chef interarmes la capacité à coordonner la
manœuvre des mouvements dans un environnement multinational.

2. Les unités de circulation routière


L’armée de Terre dispose d’une structure de commandement de niveau groupement, de 5 escadrons
de circulation routière (ECR) d’active et de 3 escadrons de réserve répartis de la manière suivante :
ème
- un EMT mouvement au 121 RT ;
- un ECR d’active à 4 pelotons (PCR) dans chacun des régiments du Train multifonctionnel ;
ème ème ème
- un ECR de réserve à 4 pelotons au 121 RT et au 6 RCS 5, un ECR à 3 pelotons au 526
ème
bataillon du Train et un peloton de circulation routière au 516 RT.

Les formations de circulation ont pour rôle général d’appuyer l’ensemble des déplacements effectués
par voie routière. Elles en favorisent l’exécution en sûreté et en sécurité pendant les phases de mise en
place, d’engagement, de ré-articulation et de retrait. Elles déploient un système coordonné de contrôle
et d’appui réactif qui contribue à la maîtrise des flux physiques.
Pour cela, agissant systématiquement dans un environnement interarmes, et de plus en plus souvent
multinational, elles mettent en œuvre :
- un système de commandement et de contrôle des unités d’appui aux mouvements ;
- un réseau d’itinéraires de manœuvre ;
- un réseau de renseignement et de comptes-rendus au profit du commandement et des usagers du
réseau routier;

193
Réception, stationnement, mouvement, intégration.
452
- un système d’actions d’ensemble au profit de tous les usagers et d’appui direct au profit exclusif
d’unités désignées par le chef interarmes.

3. Missions des unités d’appui mouvement


Trois types de missions sont assurés :
- renseigner ;
- appuyer les mouvements ;
- participer à des missions de sûreté.

3.1 Renseigner
Le renseignement au profit du commandement porte sur les mouvements et sur la situation générale
(renseignement d’ambiance) :
- déroulement du déploiement d’une force sur un théâtre, du port de débarquement aux zones de
déploiement opérationnel, dans le cadre du processus RSMI ;
- déroulement des mouvements tactiques et logistiques de la force, circulation civile et assimilée ;
- possibilités d’utilisation du réseau routier ;
- gestion de l’espace ;
- attitude générale et situation de la population ;
- activités amies, ennemies ou des forces en présence dans la zone d’action ;
- activités économiques, industrielles, sociales et culturelles.

Le renseignement au profit des usagers du réseau de manœuvre concerne :


- les conditions d’utilisation (prescriptions réglementaires fixées par le commandement) et
d’équipement des itinéraires (signalisation, soutien maintenance, soutien pétrolier et soutien santé
essentiellement) ;
- le déploiement des pc, des unités et des bases logistiques ;
- la situation générale dans les zones traversées (viabilité, risques et menaces pouvant interférer sur
les mouvements).

3.2 Appuyer les mouvements


Les missions d’appui aux mouvements ont pour but de faciliter les déplacements et les regroupements
de toute nature en fonction des ordres donnés à la circulation par son autorité d’emploi, des ordres de
mouvement et des consignes de circulation. Ainsi ces missions contribuent directement à la contrainte
de l’adversaire en permettant l’application du principe de concentration des efforts allié à la surprise.
Elles s’effectuent soit en action d’ensemble, soit en appui direct.

 Action d’ensemble
- Appuyer les mouvements dans les zones de transit lors des phases de projection et de
rapatriement de la force ;
- appuyer les mouvements liés au RSMI sur le théâtre ;
- participer à l’équipement du réseau de manœuvre (signalisation Militaire), de jour comme de nuit ;
- surveiller en permanence des itinéraires, des points critiques ou des zones et des éventuels
mouvements de population.

 Appui direct
Ce mode d’action est plutôt mis en œuvre au niveau escadron ou peloton. Il s’exerce au profit exclusif
d’une formation ou d’une unité chargée d’une action particulière, dans un cadre espace temps
clairement défini, afin de faciliter l’exécution de ses mouvements.
Il consiste à :

453
- appuyer la concentration et le redéploiement d’unités constitutives d’un groupement ou sous-
groupement de circonstance ;
- accompagner une grande unité (de niveau brigade par exemple) ou des formations de mêlée, d’appui
ou de soutien sur des itinéraires en vue de faciliter leur engagement ou leur redéploiement, ou bien
d’accélérer leur déplacement ;
- participer, éventuellement, au regroupement et à l’évacuation de ressortissants et de réfugiés;
- participer, éventuellement, au regroupement et au déplacement de prisonniers.

3.3 Participer aux missions de sûreté :


Déployées sur l’ensemble de la zone de responsabilité du niveau considéré, y compris dans les
espaces lacunaires, les unités de circulation participent, en complément de leurs missions d’appui aux
mouvements et de renseignement, à la sauvegarde des forces, aussi bien dans la zone des
communications que dans les zones d’action des grandes unités. Les zones urbanisées, les itinéraires,
les flancs ou les intervalles des grandes unités constituent des points d’application privilégiés.

Le chef interarmes doit tenir compte de l’aptitude des unités de circulation à participer à ces actions.
Les escadrons de circulation peuvent participer à des missions spécifiques de sûreté qui exploitent
leurs qualités de réactivité, mobilité et discrétion ainsi que leur protection et leur aptitude à prendre à
partie et à marquer des adversaires faiblement armés. Dans certains cas, l’escorte des convois peut
devenir leur mission principale.

Les unités de circulation sont susceptibles de recevoir les missions suivantes :


- escorter ou participer à l’escorte de convois ou éléments vulnérables (convois logistiques ou
humanitaires, autorités civiles ou militaires, prisonniers, fonds …) ;
- participer aux missions de surveillance, le plus souvent mobiles, exceptionnellement statiques, sur un
flanc, dans un intervalle ou dans un espace lacunaire ;
- participer au contrôle de zone :
- mettre en œuvre des postes de contrôle (fixes, permanents ou temporaires), assurer des patrouilles
ou boucler une zone lors d’une fouille ;
- participer à la sécurisation des axes logistiques (ouverture d’axe, organisation de « gares routières »,
éléments d’intervention, renseignement, surveillance) ;
- participer à la sûreté rapprochée de zones de vulnérabilité particulières (plots d’appui mobilité des
blindés, plots logistiques de circonstance, gîtes d’étape de circonstance…).

454
4. Capacités des unités de circulation

ACTIONS TYPE ESCADRON

Accompagner un élément (niveau bataillon) 300 km en 24 heures pour 3 à 4 bataillons

Flécher un itinéraire au profit d’une unité 160 à 240 km en 1 heure

Reconnaître et signaler un itinéraire classé 160 à 240 km en 2 heures

Baliser un itinéraire 30 à 40 km en 4 heures

Appuyer les mouvements sur un itinéraire


160 à 240 km
classé signalé

2
Reconnaître une zone 1.000 à 1.500 km en 2 heures

Tenir une zone d’embarquement / débarquement 8 postes d’embarquement ou de débarquement

Effectuer une reconnaissance radiologique Zone de 300 à 400 km2

Interdire ou baliser une zone polluée 40 à 60 km de périmètre d’une zone en 1 heure

Participer à un franchissement 3 points de franchissement

4 points de recueil, une zone de regroupement


Participer au recueil intermédiaire (ZRI) et une zone de regroupement
final (ZRF)
Une zone d’attente, 4 points de
Participer à une action de bréchage passage, 2 zones de regroupement et
d’orientation

Tenir une ligne de contrôle 16 postes de contrôle dont 4 postes directeurs

Mettre en œuvre une ligne de régulation 4 postes

2
Participer à la sûreté de zone Zone de 800 à 1.200 km
Escorter un convoi 4 convois de 10 à 20 véhicules selon le niveau de
(en autonome jusqu’au niveau de menace 2) menace.

455
Appui aux mouvements

X X
X X X

C C
T T

T T
H H C
EASD
É É T
A EASD A
T T
R R
E E

BLIAT

F
ZRA
R
A
N
C
E

456
APPUI MOBILITÉ DES BLINDES
1. Cadre d’emploi
Agissant systématiquement au profit de l’interarmes, les unités d’appui à la mobilité des blindés
accroissent la capacité de déplacement des modules blindés, permettant ainsi aux unités acheminées
de maintenir intact leur potentiel humain et matériel. Elles facilitent le déploiement des unités blindées
et mécanisées en vue de l’engagement, de la bascule des efforts et d’un réengagement ultérieur. Elles
contribuent, en liaison avec la chaîne fonctionnelle maintenance, à la mise en place des matériels
complets et à l’évacuation des matériels endommagés, détruits ou capturés.

Ces unités agissent aux niveaux stratégique, opératif et tactique :

- au niveau stratégique et opératif, le transport d’unités blindées permet une grande vitesse de
déplacement sur de longues distances. Le transport peut être effectué avec ou sans rupture de charge
en fonction des théâtres. C’est principalement l’économie des potentiels humain et matériel qui est
visée ;
- au niveau tactique, outre l’économie des potentiels déjà mentionnée, c’est l’obtention soudaine d’un
rapport de forces localement favorable qui est principalement recherchée. Les unités d’appui à la
mobilité permettent en effet au chef interarmes de basculer rapidement des moyens blindés de combat
et d’appui (artillerie et Génie), contribuant ainsi à l’effet de surprise.

Les moyens d’appui à la mobilité des blindés de l’armée de Terre sont répartis organiquement dans les
formations de Train de la manière suivante :

- un moyen de commandement en mesure de commander un groupement de 2 à 3 escadrons de


transport de blindés (ETB) dans le cadre d’une mission d’appui à la mobilité des blindés ou de
coordonner l’emploi des PEB en mettant en œuvre un CMO. Cet EMT est constitué en génération de
ème
force, en fonction du besoin, à partir du groupe de commandement de zone (GCZ) du 516 régiment
du Train.
194 ème
- 2 ETB mixtes au 516 RT ;
ème ème
- 1 ETB mixte aux 503 et 511 RT.

2. Mission d’appui à la mobilité des blindés


Quel que soit le mode opératoire d’engagement des forces, acheminer des blindés est la mission
principale du groupement, Elle est réalisée au profit des formations blindées et mécanisées.

Les trois types de missions fixées sont :


- l’appui à la mobilité des blindés en priorité ;
- la participation à la manœuvre des évacuations de matériels, en liaison avec la chaîne fonctionnelle
maintenance ;
- le transport de ressources conteneurisées exceptionnellement.

194
Par ETB mixte, il faut comprendre un escadron comprenant des pelotons de transport de blindés homogènes avec SRPB 60T
et SRPC 50T.
457
3. Emploi des unités l‘appui à la mobilité

3.1 Appui à la mobilité des blindés :


Intégrant appui aux mouvements et transport de blindés, l’appui à la mobilité des blindés est l’ensemble
des actions permettant d’acheminer des modules blindés dans un environnement interarmes,
interarmées ou interallié, et dans un cadre stratégique, opératif ou tactique ayant pour objectifs de
participer à l’économie des forces en préservant les potentiels humain et matériel, et à la liberté d’action
du chef interarmes en multipliant la capacité de déplacement de ses module.
Cette mission, effectuée pour l’emploi sous l’autorité du chef interarmes et pour la mise en œuvre sous
celle du commandant de groupement, est effectuée en combinant l’action des moyens de transport de
blindés, le plus généralement organisés en convois, et de moyens d’environnement. Ceux-ci sont
chargés de la sûreté rapprochée, de l’escorte, de l’accompagnement et éventuellement de l’ouverture
d’itinéraire lors des phases de déplacements, d’embarquement et débarquement et de recomplètement
en carburant.

Une mission type se décompose en cinq phases :


- un déplacement à vide vers une zone d’embarquement ;
- une opération d’embarquement des engins à transporter sur un ou plusieurs plots d’appui à la
mobilité (PAM) ;
- un déplacement en charge ;
- une opération de débarquement sur un ou plusieurs PAM ;
- un déplacement de retour à vide.

Un élément de circulation routière est responsable de la mise en œuvre des PAM où se déroulent les
opérations d’embarquement et débarquement.
L’organisation des moyens d’appui à la mobilité des blindés doit correspondre à l’articulation propre aux
unités appuyées afin de leur permettre d’être immédiatement aptes à l’engagement dès les opérations
de débarquement terminées.

458
3.2 Soutien au profit de la maintenance :
Dotée de PEB pour partie équipés de treuils et de personnel formé aux opérations de treuillage, une
unité d’appui à la mobilité est apte à effectuer des opérations d’embarquement et de débarquement
d’engins blindés indisponibles. Elle peut être amenée à effectuer des missions de soutien au profit de la
maintenance, en complément des moyens des unités du matériel et en liaison avec la chaîne
fonctionnelle maintenance :
- soutenir la manœuvre d’évacuation de la maintenance, des GTIA vers la zone fonctionnelle
maintenance ;
- acheminer les équipements complets de la maintenance ;
- lors des bascules du GSD, transporter les matériels complets vers la nouvelle implantation.

3.3 Acheminement des ressources par voie terrestre :


Lors de phases particulières de l’opération, les moyens adaptés de l’ETB, sous réserve de leur
disponibilité, peuvent être exceptionnellement mis à profit pour le transport de ressources
conteneurisées. En effet, les conteneurs 20 pieds sont transportables sur les semi-remorques LOHR
porte-blindés 60 tonnes (SRPB 60T). Sur la SRPC 50t, sont transportables deux conteneurs de 20
pieds ou un conteneur de 40 pieds. Mais les unités d‘appui à la mobilité ne disposant pas de moyens
de manutention propres, les transports s’effectueront en priorité entre les groupements de soutien
(GSIAT et GST), qui possèdent ces moyens et bénéficient de la stabilité nécessaire à la bonne
exécution des opérations de chargement/déchargement.

4. Capacité d’un escadron de transport blindé


Les principaux vecteurs utilisés aujourd’hui pour l’acheminement des blindés sont :
- les TRM 700 100 avec leur SRPB 60t constituent les engins porte-blindés (EPB) et offrent la
capacité de transporter les blindés les plus lourds (chars LECLERC, DNG) ;
- les TRPC 50 SISU avec la SRPC 50t sont plus adaptés pour le transport de blindés moyens ;
Le TRM 700 100 avec la SRPC 50 t et le TRPC 50 SISU avec la SRPB 60 t constituent également des
possibilités techniques à ne pas écarter.

Un ETB, suivant le type de porte-chars dont il est doté, a la capacité d’enlèvement instantané d’un
GTIA dont l’échelon blindé serait constitué d’une quarantaine d’engins chenillés sur 500 kilomètres
en 24 heures.

Si l’échelon blindé du GTIA est plus important, il sera nécessaire de constituer un groupement d’appui à
la mobilité des blindés composé du volume de portes engins blindés nécessaires.
Un PTB, suivant le type de porte-chars dont il est doté, a la capacité d’enlèvement instantané d’un
SGTIA ou d’une quinzaine d’engins chenillés sur 500 kilomètres en 24 heures.

459
LA DÉFENSE NRBC
195 196
Participant à la sauvegarde et à la protection des forces , la défense NRBC est l'ensemble des
actions (méthodes, plans, procédures) préparées, planifiées et conduites pour :
- Prendre en compte les menaces NRBC classiques ou terroristes et prévenir les risques d’origine
industrielle comme les rejets nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques issus d’accidents
197 198
industriels , de la vétusté des installations , des dommages collatéraux ou d’actes
199
malveillants .
- Gérer les événements NRBC lorsqu'ils se produisent ;
- Au mieux, en supprimer les effets, au moins limiter ces derniers, sur le personnel, les matériels et le
terrain afin de restaurer la capacité opérationnelle de la force déployée sur le théâtre ou d’assurer la
sécurité des populations et des forces.
Sur le territoire national, la défense NRBC peut être appelée à apporter son concours à la défense
civile.

1. L’emploi de la défense NRBC


1.1 Les principes
L’emploi de la défense NRBC repose sur deux principes fondamentaux, la permanence et la
complémentarité.

 La permanence de la défense NRBC en opérations


Dans le cadre général de l’engagement des forces terrestres, en fonction de l’appréciation du risque et
de la menace, la défense NRBC doit s’exercer en permanence afin de permettre la poursuite des
opérations en cours.
Parmi les cinq grandes fonctions stratégiques, quatre (connaissance-anticipation, prévention,
intervention, protection) sont naturellement concernées par les actions de défense NRBC dont les
capacités sont, dorénavant, à décrire dans une logique :
- d’appui direct aux forces terrestres lors des projections extérieures ;
- de mise à disposition ou de contribution sur le territoire national.
200
Les aptitudes à détenir sont définies dans la doctrine interarmées de défense NRBC . Elles
s’expriment dans des domaines variés mais connexes : le renseignement, le système d’alerte et de
compte-rendu, la protection mais aussi la décontamination.
La défense NRBC se traite avant, pendant et après l'événement NRBC
- en dehors de tout événement NRBC, et en fonction de la menace estimée, le commandant de la
composante terrestre de la force fait prendre des mesures préventives techniques et tactiques
(dispersion, éventuel pré-positionnement de moyens spécialisés de renforcement en
reconnaissance et en décontamination approfondie) ;
- pendant et après l'événement NRBC, le commandant de la composante terrestre de la force fait
prendre des mesures techniques (protection, détection de contrôle et d'analyse, traitement
thérapeutique, décontamination immédiate et opérationnelle) et technico-opérationnelles liées à la
gestion du terrain (reconnaissance NRBC) et à la restauration de la capacité des unités à
poursuivre leur mission (décontamination approfondie).

195
Concept d’emploi de la défense NRBC en opérations (DNBC 100)
196 Nucléaire Radiologique Biologique Chimique
197 Union Carbide-BHOPAL-INDE, AZF-TOULOUSE-FRANCE
198 Usine de fabrication de lingots de plomb à MITROVICA-KOSOVO
199 1995 : Attentat au gaz sarin dans le métro de TOKYO-JAPON
200 Doctrine interarmées de la défense NRBC (PIA - 03.203.1)

460
La gestion de l'événement NRBC « avant, pendant, et après » s'appuie sur une double messagerie
(météo et NRBC) et requiert un système particulier de traitement de l'information depuis les terminaux
SITEL (VAB RECO NRBC par exemple) vers les consoles SICF via les consoles SIR.
La cellule NRBC d'un CO de PC dispose au mieux, d'une console dédiée à la gestion des événements
NRBC, au moins d'un système de substitution permanent. En effet, une console non dédiée et servant
simultanément à d'autres fonctions (génie, mouvements) ne garantirait ni l'instantanéité indispensable à
la réaction à ces événements, ni la permanence de l'information du commandement sur l'évolution de la
situation NRBC ; dans de telles conditions, l'analyse des événements NRBC risquerait d'entraîner des
réactions erronées préjudiciables à la poursuite de la mission.

 Complémentarité, TTA et spécialisée, de la défense NRBC


La défense NRBC des forces comprend deux composantes :
- la défense NRBC « toutes armes », dotée de moyens optimisés de détection et de protection
(individuelle ou collective), et de moyens plus réduits de décontamination ;
- la défense NRBC spécialisée, dotée, outre les moyens précédents, de moyens optimisés de
prélèvement, de reconnaissance et de décontamination approfondie.

1.2 Les missions

 Mission générale
La mission générale de la défense NRBC des forces terrestres est de participer à leur sauvegarde
contre les menaces et les risques NRBC matérialisés par :
- les armes de destruction massive (instantanée, comme les armes nucléaires à fission, à fusion, et à
rayonnement renforcé, ou différée dans le temps et l’espace, comme les armes biologiques mettant
en œuvre des agents létaux et contagieux) ;
- les armes de baisse de capacité opérationnelle (armes biologiques mettant en œuvre des agents
non létaux, et armes chimiques) ;
- les risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques « non liés à une attaque »
201
(« ROTA » hier dans la terminologie OTAN qui a disparu au profit de l’acronyme « TIMs » Toxic
Industrial Materials), et principalement d’origine industrielle.
La mission générale de la défense NRBC permet ainsi :
- au commandement, de conserver – ou de retrouver – tout ou partie de sa liberté d’action ;
- aux forces, de conserver – ou de retrouver – tout ou partie de leur capacité opérationnelle.
Elle s’appuie sur le triptyque traditionnel de la défense NRBC : « prévenir, gérer, restaurer » détaillé
dans le cadre des missions particulières.

 Missions particulières
Dans le cadre de la constitution des forces, la défense NRBC spécialisée :
202
- participe à l'armement du CMO mettant en œuvre les moyens spécialisés qu'il fournit ;
- fournit les modules de défense NRBC nécessaires à la force.

Pendant l’engagement des forces, elle appuie ces dernières en remplissant les missions suivantes :
- prévenir la baisse de capacité opérationnelle des forces :
o conseiller le commandement sur les dangers NRBC potentiels liés à la menace NRBC ;
o assurer l’expertise de théâtre sur les risques technologiques, notamment radiologique
et chimique, dans la zone d’action des forces (installations industrielles pouvant
générer un événement NRBC en cas de dysfonctionnement, sabotage ou destruction) ;
o effectuer la reconnaissance NRBC de sites destinés à l’implantation de forces (pour
vérifier, notamment, l’absence de contamination et de risque technologique) ;

201
Release Other Than Attacks : acronyme pour identifier les risques NRBC non liés à une utilisation étatique d’une arme NRBC
(accident industriel, attentat à caractère NRBC).
202 CMO : Centre de mise en œuvre.
461
o participer aux reconnaissances d’itinéraires et aux missions d’appui mobilité (pour
vérifier, notamment, l’absence de contamination sur l’itinéraire) ;
o reconnaître les sites susceptibles d’accueillir des sites de décontamination NRBC.

- Gérer les conséquences de l’événement NRBC :


o en cas d’emploi adverse de toxique chimique de guerre, prélever des échantillons aux
fins d’expertise en laboratoire national (pour apporter la preuve juridique de l’emploi de
substances interdites aux hautes autorités politiques nationales et internationales
203
(étape essentielle du processus SIBCRA de l’OTAN) ;
o en cas d’accident NRBC, notamment sur une installation industrielle, effectuer une
reconnaissance de proximité du site et évaluer les conséquences de l’événement pour
les forces en présence et les populations locales ;
- Dans le cas général :
o mettre à la disposition du commandement des éléments d’appréciation de l’événement
NRBC et de ses conséquences ;
o effectuer des reconnaissances NRBC pour délimiter les zones contaminées, rechercher
des itinéraires de contournement, et suivre ensuite l’évolution de la contamination.

- Restaurer les capacités opérationnelles des forces :


o conseiller le commandement sur le besoin réel de décontamination approfondie NRBC
et des délais associés nécessaires ;
o exécuter les opérations de décontamination approfondie des véhicules contaminés,
simultanément aux opérations de décontamination des personnels et petits matériels,
menées pour leur part sur le même site par les formations concernées ;
o conseiller le commandement en matière de levée d’alerte.

2. Rôle, organisation et mise en œuvre de la défense NRBC en


opérations
2.1 Rôle de la DNRBC en opérations
La défense NRBC peut intervenir au titre des fonctions opérationnelles suivantes :
- « agencement de l’espace terrestre (AGESTER)», par construction ;
- « renseignement », au titre de la recherche et de l’exploitation du renseignement « milieu » ;
- « actions civilo-militaires », en raison de son champ d’action et de l’expertise de ses spécialistes.

Quel que soit le mode opératoire adopté, le rôle de la DNRBC est multiple :
- les moyens toutes armes de défense NRBC contribuent à la préservation immédiate des formations
et des unités de la composante terrestre de la force par l’ensemble des mesures préventives, des
actes réflexes et des réactions préliminaires à tout événement NRBC ;
- les moyens spécialisés de défense NRBC y contribuent avec tout l’éventail de leurs capacités
adaptées au mode opératoire envisagé.

La DNRBC spécialisée est amenée à intervenir d’emblée, dès la constitution du noyau de la


composante terrestre de la force, pour lui apporter son expertise de théâtre.
Elle peut être amenée à intervenir, en cas de besoin, dans le cadre de la participation à l’aide au
déploiement et de l’appui à la mobilité de la composante terrestre de la force ; elle met alors à la
disposition du commandant de la force ses moyens spécialisés de reconnaissance NRBC et de
décontamination approfondie NRBC.
De plus, des équipes de reconnaissance et d'évaluation du danger NRBC d'origine conventionnelle,
industrielle ou terroriste ont été créées pour constituer un échelon d'intervention adapté au profit de la
force projetée, dans le cadre général de sa sauvegarde et de sa protection.

203 SIBCRA : Sampling and Identification of Biological, Radiological and Chemical Agents
462
Enfin, la DNRBC spécialisée peut être sollicitée pour jouer un rôle particulier sur un plan juridique. Les
équipes de reconnaissance et d’évaluation (ERE) sont formées et équipées pour procéder au
prélèvement d'agents biologiques chimiques et radiologiques. L’activation des équipes ERE pour
204
effectuer une mission SIBCRA constitue en effet l'une des étapes initiales d'un processus destiné à
apporter la preuve irréfutable, aux autorités nationales et internationales, de l'emploi, par l'adversaire ou
l'une des parties en présence, d'agents chimiques toxiques de guerre prohibés par la convention
d’interdiction et d’élimination des armes chimiques (CIAC) adoptée en janvier 1993 et entrée en vigueur
en avril 1997.

 En mode opératoire « coercition »


Les moyens spécialisés de reconnaissance NRBC et de décontamination approfondie NRBC sont à
employer de préférence dans les modes d'action à dominante sûreté (contrôle de zone, couverture,
sûreté des arrières, interdiction de zone notamment) et plus rarement, dans certains modes d'action
défensive à dominante combat (défense ferme en particulier).

 En mode opératoire « maîtrise de la violence »


Ces moyens sont à employer de préférence au titre des missions d'aide au déploiement ; ils peuvent
alors contribuer à rétablir ou à améliorer des conditions de vie dégradées lors des opérations ou par
des événements extérieurs.
Cette participation à la sauvegarde des forces terrestres se traduit différemment selon la nature de
l’événement NRBC considéré ; dans les deux situations extrêmes :
- elle peut se limiter à leur simple survie (en cas d’emploi adverse d’armes de destruction massive
205
instantanée ) ;
- elle peut leur permettre d’accomplir leurs missions en cours avec un minimum de retard dans le
rythme de la manœuvre et un minimum de désagréments dans la réalisation des tâches de
conception, de mise en œuvre et d’exécution (en cas d’imminence ou d’occurrence d’emploi
206
d’armes de baisse de capacité opérationnelle ou d’événements technologiques NRBC).

2.2 Les principes d’organisation du commandement de la DNRBC


Niveaux de responsabilité :
les responsabilités de la défense NRBC se situent à deux niveaux, bien distincts :
- un niveau d’EMPLOI, qui :
o définit quels sont les effets à obtenir ;
o rédige les ordres « A » la défense NRBC, spécialisée et toutes armes, sous la forme de
l’annexe U « défense NRBC » de l’ordre d’opérations.
- un niveau de MISE EN OEUVRE, qui :
o définit comment et par quels moyens les effets recherchés seront obtenus ;
o rédige les ordres « DE » la défense NRBC spécialisée.
L’EMPLOI est fixé par le chef interarmes qui dispose d’un binôme DNRBC au sein de la cellule G3/2D
de son état-major (officier et sous-officier NRBC d’état-major qualifiés).
La contribution des forces spécialisées en défense NRBC est définie conformément au principe
d’économie des moyens, mais le caractère échantillonnaire du réservoir de moyens et leur nécessaire
réactivité imposent l’emploi centralisé du module DNRBC constitué.
Cet emploi centralisé se situe au niveau le plus haut de la force terrestre mise en place par la France ;
ce module est « de facto » élément organique de la force terrestre.

2.3 La mise en œuvre


Elle est assurée par :
207
- le chef du module DNRBC pour la défense NRBC spécialisée en PREO ;
- chaque commandant de formation pour la défense NRBC TTA.

204
SIBCRA : identification et prélèvement des agents biologiques, chimiques, radiologiques.
193 Armes nucléaires, armes biologiques mettant en œuvre des agents létaux.
206 Armes biologiques mettant en ouvre des agents non létaux et armes chimiques.
207 PREO : préparation du renseignement de l’espace des opérations.
463
Sur le théâtre, la défense NRBC est représentée par sa propre chaîne : dans chaque PC (état-major ou
corps de troupe), se trouvent en effet un officier et un sous-officier de défense NRBC qualifiés.

 Responsabilités en défense NRBC spécialisée

 Au niveau de l’emploi
Le responsable de la DNRBC de la force est l’Officier de défense NRBC d’état-major de la composante
terrestre de la force, localisé à la cellule G3/2D/NBC de l’état-major, qui :
- conseille son chef interarmes sur l‘emploi des moyens ;
- coordonne l’emploi des moyens de la défense NRBC pour l’ensemble des éléments subordonnés
(et rédige, à ce titre, l’ordre « A »).

 Au niveau de la mise en œuvre


- La mise en œuvre de la défense NRBC « toutes armes » est de la responsabilité des commandants
de formation ;
- La mise en œuvre de la défense NRBC spécialisée est de la responsabilité :
o soit du commandant de CMO GENIE de niveau 1, quand il est activé (c’est alors lui qui
rédige l’ordre « DE ») ;
o soit, dans le cas contraire :
 du chef du module action, quand ce dernier est activé,
 sinon du chef du DL expert.

En dernier ressort, s’il n’existe aucune autre possibilité, la mise en œuvre peut être coordonnée par la
cellule G3/2D/NBC.

Le schéma suivant synthétise ces deux niveaux de responsabilité

COMFOR

Conseille et
propose la
rédaction de 2D /
l'ordre « À » NRBC Ordres
«À»

CMO DNRBC
GÉNIE spécialisée

Ordres
« DE »

DNRBC
TTA

Les différents chefs de module de défense NRBC spécialisée en opérations sont subordonnés :
- au chef du CMO GENIE de niveau 1, quand ce dernier est activé ;
- au COMANFOR, dans le cas contraire.
Selon l’importance du module action, le chef de la DNRBC spécialisée est :
- soit le chef du module expert ;
- soit celui du module action.

464
 Mesures de coordinations interalliées et interarmes
La coordination est assurée à deux niveaux :
- en multinational :
208
o par l’annexe de défense NRBC de l’ordre d’opérations ;
o par l’emploi d’une procédure interalliée (ATP 45 –version D) ;
o éventuellement, par le détachement de DL auprès des alliés.

- en national :
o à l’extérieur de la fonction « agencement de l’espace terrestre », avec les autres
cellules de l’état-major du niveau considéré, et en particulier, les cellules RENS, 3D,
LOG, ACM, COMOPS ;
o au sein de cette fonction, au CMO Génie, quand il existe, et à la cellule G3/2D de l’état-
major de la composante terrestre de la force.

 Mesures de coordination NRBC


L’emploi des moyens de DNRBC spécialisée est coordonné par le plus haut niveau de responsabilité
nationale présent sur le théâtre ; en multinational, la décision de mise sous OPCON de nos moyens de
DNRBC spécialisée dépendra du volume des moyens homologues engagés par les autres nations.
L’annexe de défense NRBC de l’ordre d’opérations précise les mesures de coordination concernant la
défense NRBC TTA et la défense NRBC spécialisée.
Un DL de commandement est mis sur pied pour assurer la coordination en cas de détachement d’un
module de défense NRBC auprès d’une formation alliée.
Un DL technique de coordination peut également être activé lorsque des moyens spécialisés reçoivent
une mission dans un fuseau de zone d’action d’une grande unité voisine ou d’une formation
subordonnée.

 Attributions en DNRBC spécialisée


Plusieurs officiers se répartissent les attributions suivantes :
- l’officier de défense NRBC d’état-major conseille le chef interarmes et rédige les ordres « A » la
défense NRBC, spécialisée et TTA ;
- le chef du module de défense NRBC spécialisée est responsable de la mise en œuvre de son
module lorsque le CMO GENIE de niveau 1 n’est pas activé ; dans le cas contraire, il conduit cette
mise en œuvre sous l’autorité du commandant de ce CMO.
- dans tous les cas, le chef du module de défense NRBC spécialisée peut être :
o soit le chef du module action (cas d’un module 1002 : équipe de reconnaissance et
d’évaluation) ;
e
o soit le chef de l’équipe expertise NRBC (DL fourni par le BOI du 2 RD), si son rang est
supérieur à celui du chef de module action (c’est généralement le cas) ;
- le chef de l’équipe expertise NRBC, en l’absence de module action, facilite le dialogue entre
l’officier de défense NRBC d’état-major et le chef du CMO GENIE de niveau 1 ;
- le ou les officiers de liaison sont chargés de faciliter la coordination lorsqu’une partie des moyens
est engagée dans un fuseau de zone d’action d’une grande unité voisine ou d’une formation
subordonnée.

208
Annexe U
465
3. La défense NRBC TTA et spécialisée
La défense NRBC est de la responsabilité des unités TTA, mais elle est complétée par l'action d'unités
209
spécialisées .

3.1 La défense NRBC TTA


La défense NRBC TTA consiste en l'exécution de savoir-faire individuels ou collectifs simples relevant
de la détection, de la protection et de la décontamination. Au niveau du commandement et des états-
majors, elle requiert la maîtrise de l'évaluation des conséquences d'un événement NRBC.
Chaque corps de troupe dispose d’un officier relevant du domaine de la mission majeure du régiment
qualifié DNRBC et d’un sous-officier régimentaire du domaine NRBC (BSTAT NRBC). Chaque unité
élémentaire dispose d'une équipe NRBC aux ordres de l'adjudant d'unité dont la vocation est d'effectuer
des reconnaissances chimiques et nucléaires.

3.2 La défense NRBC spécialisée


e e
Les unités spécialisées sont regroupées au sein du 2 régiment de dragons. Le 2 RD est subordonné
210 e
au CFT . Outre un escadron de commandement et de logistique, le 2 RD comprend cinq escadrons
mixtes NRBC, dans lesquels tous les matériels et moyens de la défense NRBC sont rassemblés.
e
A partir de ces escadrons spécifiques, le 2 RD met sur pied, sur ordre du commandement, des
modules DNBC placés au sein de la composante terrestre de la force et adaptés, au mieux, à ses
missions. Ces modules sont décrits dans la PIA 05.402.

Chaque escadron mixte comprend :


- 1 peloton de commandement et de logistique ;
- 1 peloton ERE en charge également du prélèvement SIBCRA ;
- 1 peloton de reconnaissance ;
- 2 pelotons de décontamination ayant une capacité de décontamination des véhicules et du
personnel.

3.3 Pions d’emploi et capacités génériques de la DNRBC spécialisée

 Reconnaissance à pied : l’équipe de reconnaissance et d’évaluation211


Une équipe de reconnaissance et d’évaluation (ERE) se compose de 6 personnes (1/2/3 ou 0/3/3).

L’ERE est capable de qualifier et de quantifier de manière autonome un risque d’origine chimique
concernant les principaux toxiques industriels chimiques (TIC) et agents chimiques de guerre, ainsi que
les radionucléides (permettant notamment de qualifier leur dangerosité en cas de contamination
interne).

Les missions de l’ERE concernent principalement le domaine de la prévention. Elles reposent sur deux
piliers :
- la maîtrise des techniques pour reconnaître (aller chercher le renseignement sur le terrain) ;
- la maîtrise des connaissances et de l’expertise pour évaluer (exploiter le renseignement pour
conseiller le commandement).

A ce socle de missions s’ajoutent une composante « sécurisation » (agir sur les sources et flux du
danger NRBC) et des missions spécifiques comme le prélèvement SIBCRA.

L’ERE peut réaliser une à deux missions par jour, remise en condition comprise, hors temps de
déplacement vers la zone d’engagement.
L’ERE peut effectuer une mission SIBCRA en une demi-journée, hors délais d’acheminement des
prélèvements effectués vers les laboratoires concernés et hors temps de déplacement vers la zone
d’engagement.

209
Le 2e RD projette des modules spécialisés PIA 5.4.1 - préparation du renseignement de l’espace des opérations.
210
Depuis juillet 2010 : le 2e RD se retrouve hiérarchiquement aux ordres du CFT suite à la dissolution de la BGEN.
211
NRBC 37.111 édition 2009.
466
 Reconnaissance embarquée : la patrouille de VAB RECO NRBC212
La patrouille de reconnaissance NRBC à 3 VAB RECO NRBC se compose de 14 personnes (0/6/8).
Elle peut :
- appuyer le déplacement des unités par des reconnaissances d'axes ou d’itinéraires ;
- rechercher et recueillir le renseignement « milieu » pour donner aux unités des informations sur les
zones ou itinéraires contaminées ou à risque ;
- appuyer l'installation de la force par des reconnaissances de site.

Le VAB RECO NRBC permet ainsi à la patrouille de reconnaissance de :


- participer aux reconnaissances d’itinéraires et aux missions d’appui mobilité (vérification de
l’absence de contamination sur l’itinéraire) : environ 8 axes de 20 km par jour, reconnus deux par
deux ;
- reconnaître après un événement NRBC (recherche d’itinéraires de contournement ou délimitation
de zone contaminée, évolution de la contamination) : 2 sites de 5 à 20 ha par jour, successivement.

Il permet la détection radiologique pendant une reconnaissance nucléaire tout en contrôlant la


radioprotection de l'équipage.
Il autorise aussi l’identification de 300 agents chimiques de guerre avec leurs précurseurs. Les VAB
valorisés permettent en outre l’identification de 500 toxiques industriels. Le VAB RECO NRBC peut être
utilisé seul pour appuyer l’analyse-identification de l’ERE.
Il peut appuyer l’analyse-identification de l’ERE sur plus de 800 produits organiques : 500 toxiques
industriels et 300 agents de guerre avec leurs précurseurs.

 Décontamination : le peloton de décontamination


Le peloton de décontamination se compose de 24 personnes (1/6/17).
Le but des opérations de décontamination approfondie est de recouvrer la pleine capacité
opérationnelle d’une unité contaminée. Pour cela le peloton de décontamination peut armer trois types
de chantiers de décontamination. Compte tenu de son effectif, le peloton peut soit armer de façon
dégradée les trois chantiers simultanément soit en armer deux sur trois mais de façon nominale.

 Chantier personnel
La mise en œuvre de ce chantier nécessite 12 spécialistes NRBC.
Il permet d’assurer la décontamination de :
- 30 hommes par heure, s’il s’agit de soldats protégés et rompus aux procédures de déshabillage ;
- environ 15 hommes par heure, s’il s’agit d’individus non protégés et non rompus aux procédures de
déshabillage (personnel apparenté à la population civile).
Le moyen majeur est le Centre de Reconditionnement du Personnel (CERPE).

 Chantier véhicules
Ce chantier nécessite au minimum 6 personnes. Il peut décontaminer le volume d’un escadron de chars
en 4 à 8 heures de travail continu (selon la propreté des engins).
Les moyens majeurs sont le VLRA NRBC et le système de décontamination approfondie sur
TRM 10000.

 Chantier petits matériels et matériels sensibles (optique, optronique, armement


etc.)
Six personnes sont nécessaires à l’armement de ce chantier.
La mise en œuvre de ce chantier doit permettre de traiter le matériel d’un peloton ou d’une section en
une heure environ.
La décontamination est traitée plus en détail à la partie IV.

 Une approche modulaire


Les modules de la défense NRBC spécialisée sont décrits dans la PIA 05.402.
Le tableau synthétique ci-après en rappelle les missions et les capacités :

212
NRBC 35.111 édition 2005.
467
Type du Intitulé Effectif Matériels Missions principales Capacités
module majeurs
NBC 1000 Module expertise 1/2/1 Aucun - Conseiller pour un événement NRBC le commandement Cf. missions.
sur les conséquences et les mesures à prendre pour en
NRBC/DL limiter les effets ;
- Participer à la gestion d’un événement NRBC en
établissant les liaisons avec les moyens de la défense
NRBC spécialisée et en proposant leur emploi.
NBC 1001 Equipe de 2/3/2 1 ensemble de Afin de fournir au commandement et au gouvernement la Cf. missions.
prélèvement et preuve juridique de l’utilisation ou de la volonté d’utilisation
prélèvement de transport d’ADM sur le théâtre d’opération, prélever des échantillons
NRBC SIBCRA biologique et sur des sites contaminés et les conditionner pour les
chimique transporter vers un (ou des) laboratoire(s) accrédité(s) à
(EPTBC) des fins d’analyse
NBC 1002 Equipe de 1/2/3 1 lot ERE - Reconnaître et surveiller en un point du terrain les Reconnaissance à pied
1 EPTBC sources de danger RBC (observation, détection, L’ERE est en mesure de :
reconnaissance prélèvement puis analyse systématique et régulière afin - Reconnaître un à deux sites industriels par journée ;
et d’évaluation de déterminer de manières qualitative et quantitative - Intervenir et/ou prélever à des fins d’analyse un toxique
NRBC l’absence ou l’évolution dans le temps des de dangers inconnu en zone contaminée.
RBC) afin de préciser le renseignement en général et
en particulier les risques et les menaces RBC. Cette
mission est également réalisée dans le cadre de
l’hygiène et de la sécurité en opération (HSO) ;
- Renseigner, évaluer et conseiller pour un événement
NRBC prévisible le commandement sur les
conséquences et les mesures à prendre pour en limiter
les effets ;
- Sécuriser un site pour des événements RBC potentiels
ou survenus en réduisant suffisamment leur occurrence
ou leur gravité par une action directe ou indirecte ;
- Prélever et acheminer des agents RBC dans le cadre
d’une mission SIBCRA.
NBC 1003 Equipe de 1/5/6 Idem 1002 Idem 1002 Reconnaissance à pied
1 VAB RECO L’ERE est en mesure de :
reconnaissance NRBC - reconnaître un à deux sites industriels par journée ;
et d’évaluation (capacité - intervenir et/ou prélever à des fins d’analyse un toxique
NRBC renforcée laboratoire) inconnu en zone contaminée.

VAB RECO NRBC


- Appuyer l’analyse-identification de l’ERE de plus de 800
produits organiques : 500 toxiques industriels et 300 agents
de guerre avec leurs précurseurs.

468
NBC 1005 Peloton 4/14/21 2 VAB RECO - Reconnaître et surveiller en un point du terrain les Reconnaissance à pied
NRBC sources de danger RBC (observation, détection, L’ERE est en mesure de :
DECONTA/ 2 VLRA NRBC prélèvement puis analyse systématique et régulière afin - reconnaître un à deux sites industriels par journée ;
RECO NRBC 1 CERPE de déterminer de manières qualitative et quantitative - intervenir et/ou prélever à des fins d’analyse un toxique
avec DL 1 lot ERE l’absence ou l’évolution dans le temps des de dangers inconnu en zone contaminée.
213 RBC) afin de préciser le renseignement en général et
1 EPTBC
en particulier les risques et les menaces RBC. Cette Reconnaissance embarquée
mission est également réalisée dans le cadre de La patrouille de 2 VAB Reco NRBC permet de :
l’hygiène et de la sécurité en opération (HSO) ; - reconnaître un site, un point par demi-journée ;
- Renseigner, évaluer et conseiller pour un événement - surveiller en nucléaire ou chimique un itinéraire unique (100
NRBC prévisible le commandement sur les km en 24 heures) ;
conséquences et les mesures à prendre pour en limiter - reconnaître une zone contaminée en nucléaire ou en
les effets ; chimique de taille réduite par demi-journée ;
- Sécuriser un site pour des événements RBC potentiels - appuyer l’analyse-identification de l’ERE de plus de 800
ou survenus en réduisant suffisamment leur occurrence produits organiques : 500 toxiques industriels et 300 agents
ou leur gravité par une action directe ou indirecte ; de guerre avec leurs précurseurs.
- Restaurer ses capacités propres et les capacités de la
force en activant jusqu’à deux chantiers de Décontamination
décontamination sur les trois possibles (personnel, - Véhicules
petits matériels et matériels sensibles ou véhicules) ; Les 2 VLRA NRBC permettent de décontaminer le volume
- Prélever et acheminer des agents RBC dans le cadre d’un escadron de chars en 8 heures (selon la propreté des
d’une mission SIBCRA. engins) ;
- Personnel
Le CERPE est en mesure de traiter par demi-journée 40 à 80
PAX (30 PAX/heures maximum) ;
- Petits matériels
Ce chantier permet de traitre le matériel de 30 PAX par heure.
L’effectif du peloton de décontamination ne lui permet pas
d’activer en simultané les trois chantiers : véhicules,
personnel, petits matériels.

NBC 1007 Peloton 4/17/32 3 VAB RECO - Reconnaître et surveiller un point ou un itinéraire afin de Reconnaissance embarquée
NRBC préciser le renseignement sur les risques RBC ; Les 3 VAB RECO NRBC permettent de :
d’intervention
4 VLRA NRBC - Renseigner, évaluer et conseiller pour un événement - Participer aux reconnaissances d’itinéraires et aux missions
NRBC Territoire 1 CERPE NRBC prévisible le commandement sur les conséquences d’appui mobilité : environ 8 axes de 20 km par jour ;
national avec DL et les mesures à prendre pour en limiter les effets ; - Reconnaître après un événement N ou C 2 sites de 5 à 20
- Restaurer ses capacités propres et les capacités de la ha par jour successivement ;
force en activant deux chantiers de décontamination sur - Analyser plus de 800 produits organiques : 500 toxiques
les trois possibles (personnel et véhicules ou, sur ordre, industriels et 300 agents de guerre et leurs précurseurs.
petites matériels et matériels sensibles).
Décontamination
- Véhicules
24 véhicules de la gamme civile par heure
- Personnel
15 à 30 PAX /heure

213
EPTBC : Equipement de prélèvement et de transport biologique et chimique

469
NBC 1008 Peloton de 1/6/17 4 VLRA NRBC - Conseiller pour un événement NRBC prévisible le Décontamination
1 CERPE commandement sur les mesures à prendre pour en - Véhicules
décontamination limiter les effets ; Les 4 VLRA NRBC permettent de décontaminer le volume
NRBC - restaurer ses capacités propres et les capacités de la d’un escadron de chars en 4 à 8 heures (selon la propreté
aérotransportable force en activant jusqu’à deux chantiers de des engins) ;
décontamination sur les trois possibles. - Personnel
Le CERPE est en mesure de traiter par demi-journée 40 à 80
PAX (30 PAX/heure maximum) ;
- Petits matériels
Ce chantier permet de traitre le matériel de 30 PAX par heure.
L’effectif du peloton de décontamination ne lui permet pas
d’activer en simultané les trois chantiers : véhicules,
personnel, petits matériels.

NBC 1009 Peloton de 1/6/17 4 SDA Idem NBC 1008 Idem NBC 1008.
1 CERPE
décontamination
NRBC
NBC 1010 Groupe de 5/19/29 3 VAB RECO - Reconnaître et surveiller en un point du terrain les Reconnaissance à pied.
NRBC sources de danger RBC (observation, détection, L’ERE est en mesure de :
pelotons réduits 4 VLRA NRBC prélèvement puis analyse systématique et régulière afin - reconnaître un à deux sites industriels par journée ;
RECO et 1 CERPE de déterminer de manières qualitative et quantitative - intervenir et/ou prélever à des fins d’analyse un toxique
DECONTA avec 1 lot ERE l’absence ou l’évolution dans le temps des de dangers inconnu en zone contaminée.
DL 1 EPTBC RBC) afin de préciser le renseignement en général et
en particulier les risques et les menaces RBC. Cette Reconnaissance embarquée.
mission est également réalisée dans le cadre de Les 3 VAB RECO NRBC permettent de :
l’hygiène et de la sécurité en opération (HSO) ; - participer aux reconnaissances d’itinéraires et aux missions
- renseigner, évaluer et conseiller pour un événement d’appui mobilité : environ 8 axes de 20 km par jour ;
NRBC prévisible le commandement sur les - reconnaître après un événement N ou C 2 sites de 5 à 20 ha
conséquences et les mesures à prendre pour en limiter par jour successivement ;
les effets ; - analyser plus de 800 produits organiques : 500 toxiques
- sécuriser un site pour des événements RBC potentiels industriels et 300 agents de guerre et leurs précurseurs.
ou survenus en réduisant suffisamment leur occurrence
ou leur gravité par une action directe ou indirecte ; Décontamination
- restaurer ses capacités propres et les capacités de la - Véhicules
force en activant jusqu’à deux chantiers de Les 4 VLRA NRBC permettent de décontaminer le volume
décontamination sur les trois possibles (personnel, d’un escadron de chars en 4 à 8 heures (selon la propreté
petits matériels et matériels sensibles ou véhicules) ; des engins) ;
- prélever et acheminer des agents RBC dans le cadre - Personnel
d’une mission SIBCRA. Le CERPE est en mesure de traiter par demi-journée 40 à 80
PAX (30 PAX/heure maximum) ;
- Petits matériels
Ce chantier permet de traitre le matériel de 30 PAX par heure.
L’effectif du peloton de décontamination ne lui permet pas
d’activer en simultané les trois chantiers : véhicules,
personnel, petits matériels.

470
NBC 1011 Escadron 6/29/42 6 VAB RECO - reconnaître et surveiller en un point du terrain les Reconnaissance à pied.
NRBC sources de danger RBC (observation, détection, L’ERE est en mesure de :
DNRBC réduit à 4 VLRA NRBC prélèvement puis analyse systématique et régulière afin - reconnaître un à deux sites industriels par journée ;
2 pelotons avec 1 CERPE de déterminer de manières qualitative et quantitative - intervenir et/ou prélever à des fins d’analyse un toxique
DL 1 lot ERE l’absence ou l’évolution dans le temps des de dangers inconnu en zone contaminée.
1 EPTBC RBC) afin de préciser le renseignement en général et
en particulier les risques et les menaces RBC. Cette Reconnaissance embarquée.
mission est également réalisée dans le cadre de Les deux patrouilles à 3 VAB RECO NRBC permettent de :
l’hygiène et de la sécurité en opération (HSO) ; - participer aux reconnaissances d’itinéraires et aux missions
- renseigner, évaluer et conseiller pour un événement d’appui mobilité : environ 16 axes de 20 km par jour ;
NRBC prévisible le commandement sur les - reconnaître après un événement N ou C 4 sites de 5 à 20 ha
conséquences et les mesures à prendre pour en limiter par jour successivement ;
les effets ; - analyser plus de 800 produits organiques : 500 toxiques
- sécuriser un site pour des événements RBC potentiels industriels et 300 agents de guerre et leurs précurseurs.
ou survenus en réduisant suffisamment leur occurrence
ou leur gravité par une action directe ou indirecte ; Décontamination
- restaurer ses capacités propres et les capacités de la - Véhicules
force en activant jusqu’à deux chantiers de Les 4 VLRA NRBC permettent de décontaminer le volume
décontamination sur les trois possibles (personnel, d’un escadron de chars en 4 à 8 heures (selon la propreté
petits matériels et matériels sensibles ou véhicules) ; des engins) ;
- prélever et acheminer des agents RBC dans le cadre - Personnel
d’une mission SIBCRA. Le CERPE est en mesure de traiter par demi-journée 40 à 80
PAX (30 PAX/heure maximum) ;
- Petits matériels
Ce chantier permet de traitre le matériel de 30 PAX par heure.
L’effectif du peloton de décontamination ne lui permet pas
d’activer en simultané les trois chantiers : véhicules,
personnel, petits matériels.

471
NBC 1020 Escadron 11/57/8 12 VAB RECO - Reconnaître et surveiller en un point du terrain les Reconnaissance à pied.
NRBC sources de danger RBC (observation, détection, L’ERE est en mesure de :
DNRBC avec DL 1 4 VLRA NRBC prélèvement puis analyse systématique et régulière afin - reconnaître un à deux sites industriels par journée ;
4 SDA de déterminer de manières qualitative et quantitative - intervenir et/ou prélever à des fins d’analyse un toxique
2 CERPE l’absence ou l’évolution dans le temps des de dangers inconnu en zone contaminée.
1 lot ERE RBC) afin de préciser le renseignement en général et
1EPTBC en particulier les risques et les menaces RBC. Cette Reconnaissance embarquée.
mission est également réalisée dans le cadre de Les 2 patrouilles à 3 VAB RECO NRBC permettent de :
l’hygiène et de la sécurité en opération (HSO) ; - participer aux reconnaissances d’itinéraires et aux missions
- renseigner, évaluer et conseiller pour un événement d’appui mobilité : environ 16 axes de 20 km par jour ;
NRBC prévisible le commandement sur les - reconnaître après un événement N ou C 4 sites de 5 à 20 ha
conséquences et les mesures à prendre pour en limiter par jour successivement ;
les effets ; - analyser plus de 800 produits organiques : 500 toxiques
- sécuriser un site pour des événements RBC potentiels industriels et 300 agents de guerre et leurs précurseurs.
ou survenus en réduisant suffisamment leur occurrence
ou leur gravité par une action directe ou indirecte ; Décontamination
- restaurer ses capacités propres et les capacités de la Les moyens de ce module permettent d’armer deux sites
force en activant jusqu’à deux chantiers de comme décrit ci-dessous avec activation de deux chantiers
décontamination sur les trois possibles (personnel, sur trois ou d’armer un site avec activation simultanée des
petits matériels et matériels sensibles ou véhicules) ; trois chantiers décrits.
- prélever et acheminer des agents RBC dans le cadre
d’une mission SIBCRA. - Véhicules
Les 4 VLRA ou SDA NRBC permettent de décontaminer le
volume d’un escadron de chars en 4 à 8 heures (selon la
propreté des engins) ;
- Personne
Le CERPE est en mesure de traiter par demi-journée 40 à 80
PAX (30 PAX/heure maximum) ;
- Petits matériels
Ce chantier permet de traitre le matériel de 30 PAX par heure.

NBC 1021 Escadron de 6/29/74 16 VLRA - Conseiller pour un événement NRBC prévisible le Décontamination
NRBC commandement sur les mesures à prendre pour en Les moyens de ce module permettent d’armer quatre sites
décontamination
14 CERPE limiter les effets ; comme décrit ci-dessous avec activation de deux chantiers
VLRA F2 NRBC - restaurer ses capacités propres et les capacités de la sur trois ou d’armer deux sites avec activation simultanée des
avec CERPE force en activant jusqu’à deux chantiers de trois chantiers décrits.
décontamination sur les trois possibles.
- Véhicules
Les 4 VLRA ou SDA NRBC permettent de décontaminer le
volume d’un escadron de chars en 4 à 8 heures (selon la
propreté des engins) ;
- Personnel
Le CERPE est en mesure de traiter par demi-journée 40 à 80
PAX (30 PAX/heure maximum) ;
- Petits matériels
Ce chantier permet de traitre le matériel de 30 PAX par heure.

472
NBC 1022 Escadron lourd 6/29/74 16 SDA Idem NBC 1021 Idem NBC 1021
4 CERPE
de
décontamination
NRBC
SDA/CERPE
NBC 1030 Groupe de 35/136/ 12 VAB RECO - Reconnaître et surveiller en un point du terrain les Reconnaissance à pied
NRBC sources de danger RBC (observation, détection, Chaque ERE (6 dans le module) est en mesure de :
défense NRBC 277 8 VLRA NRBC prélèvement puis analyse systématique et régulière afin - Reconnaître un à deux sites industriels par journée ;
réduit 6 SDA de déterminer de manières qualitative et quantitative - Intervenir et/ou prélever à des fins d’analyse un toxique
6 CERPE l’absence ou l’évolution dans le temps des de dangers inconnu en zone contaminée.
2 lots ERE RBC) afin de préciser le renseignement en général et
2 EPTBC en particulier les risques et les menaces RBC. Cette Reconnaissance embarquée
mission est également réalisée dans le cadre de Les quatre patrouilles à 3 VAB RECO NRBC permettent de :
l’hygiène et de la sécurité en opération (HSO) ; - Participer aux reconnaissances d’itinéraires et aux missions
- renseigner, évaluer et conseiller pour un événement d’appui mobilité : environ 32 axes de 20 km par jour ;
NRBC prévisible le commandement sur les - Reconnaître après un événement N ou C 8 sites de 5 à 20
conséquences et les mesures à prendre pour en limiter ha par jour successivement ;
les effets ; - Analyser plus de 800 produits organiques : 500 toxiques
- sécuriser un site pour des événements RBC potentiels industriels et 300 agents de guerre et leurs précurseurs.
ou survenus en réduisant suffisamment leur occurrence
ou leur gravité par une action directe ou indirecte ; Décontamination
- restaurer ses capacités propres et les capacités de la Les moyens de ce module permettent d’armer six sites
force en activant jusqu’à deux chantiers de comme décrit ci-dessous avec activation de deux chantiers
décontamination sur les trois possibles (personnel, sur trois ou d’armer trois sites avec activation simultanée des
petits matériels et matériels sensibles ou véhicules) ; trois chantiers décrits.
- prélever et acheminer des agents RBC dans le cadre
d’une mission SIBCRA. - Véhicules
Les 4 VLRA ou SDA NRBC permettent de décontaminer le
volume d’un escadron de chars en 4 à 8 heures (selon la
propreté des engins).
- Personnel
Le CERPE est en mesure de traiter par demi-journée 40 à 80
PAX (30 PAX/heure maximum).
- Petits matériels
Ce chantier permet de traitre le matériel de 30 PAX par heure.

473
D’après le principe de modularité, un module non répertorié dans la PIA 05.402 peut être créé en
fonction du besoin par l’élément de planification du CFT (éventuellement sur demande de la force). Ce
module serait construit à partir de modules préexistants.
La liste et la structure des modules ne sont pas figées et peuvent évoluer dans le temps.

3.4 Renforcements

 La décontamination des blessés


La PIA 05.402 définit la participation de la DNRBC spécialisée sous forme de modules projetables.
En fonction du besoin opérationnel et du risque NRBC sur un théâtre, il faut pouvoir rendre projetable
un site de décontamination médical selon différents types de modules, comprenant un ou plusieurs
chantiers avec ou sans relève, et avec ou sans cellule restauration et soins.

 Le ou les chantier(s) de décontamination médicale


Deux chantiers de décontamination médicale peuvent être montés côte à côte. Les blessés non
valides sont à ce stade déshabillés par un protocole de découpage strict de la tenue. Les blessés
valides le sont par protocole de déshabillage classique.

 La cellule restauration et soins (RS)


Placée après la tente de déshabillage (environ 50 m) et en zone propre, c’est la première structure de
soins que va rencontrer le blessé. A ce stade, l’état du blessé va être stabilisé avant son évacuation
sanitaire vers le peloton de triage. Les blessures chimiques vont recevoir les premiers soins et en tout
état de cause seront emballées pour les rendre non contaminantes. C’est également ici que va être
établie sa fiche médicale de l’avant.

 Capacités et caractéristiques opérationnelles


- La section de décontamination médicale NRBC se place toujours sous le vent de la formation
sanitaire de campagne (selon le type de déploiement) ;
- Un itinéraire doit être spécifique aux EVASAN provenant des zones contaminées ;
- Le blessé doit être livré à la section NRBC sans son armement et sans ses équipements
(conditionnement préalable par les équipes ramassage) ;
- La durée de travail maxi en niveau 4 est fixée à 2 heures ;
- Le rendement moyen pour déshabiller des blessés calmes est fixé à 4 blessés/heure pour un
chantier, soit pour une section à 2 groupes de travail simultanés = 8 blessés/heure.

CAPACITÉ DU MODULE DE DÉCONTAMINATION SAN NBC 1200 :

Matériels
Module Niveau Capacité DETAILS CELLULE
majeurs
SAN NBC 1200 2 Sections 16 blessés/h 4 chantiers+R S En simultané

 Le soutien santé
Le soutien santé, correspondant à un poste de secours attaché à une unité élémentaire est à ajouter
systématiquement en renforcement du module 1022. Ce poste de secours d’unité élémentaire de type
A est décrit par le module SAN 769 A2. Il est à associer de préférence à partir de la ressource du
cabinet médical du régiment de défense NRBC.

475
4. La décontamination
4.1 Généralités sur la décontamination

 Les limites de la décontamination


Malgré les progrès réalisés dans ce domaine, certains équipements, principalement ceux réalisés
avec des matières absorbantes, comme le bois, le tissu, certains plastiques, ou ceux ne résistant pas
aux solutions décontaminantes en dotation dans l’armée de Terre, ne sont pas décontaminables.
Dans le cadre des opérations de décontamination, l’officier de défense NRBC d’état-major doit pré-
alerter la chaîne logistique sur les remplacements nécessaires de certains équipements avant le
réengagement des unités traitées.
De plus, en fonction des agents ayant été identifiés dans la menace comme celle des agents épaissis,
l’officier de défense NRBC d’état-major pourra envisager le maintien d’une partie des moyens de
protection, comme la tenue et les gants, après les opérations de décontamination.
Le but de la décontamination est de préserver la liberté d’action du chef interarmes en restaurant,
autant que faire se peut, les capacités opérationnelles des forces contaminées.
Les unités de défense NRBC spécialisées ne pourront pas décontaminer tous les équipements des
forces. Le remplacement des matériels non décontaminables doit être systématiquement prévu et
anticipé.

 Persistance des agents


Les agents susceptibles de nécessiter l'application de mesures de décontamination peuvent être
rangés en plusieurs catégories :
- Les agents chimiques de persistance variable, dont la dangerosité peut durer plusieurs heures à
plusieurs semaines, selon l'agent et les conditions atmosphériques. Ces agents, généralement
disséminés sous forme liquide, peuvent être absorbés par les matériaux et pénétrer dans les
fentes, fissures et autres imperfections géométriques des surfaces.
- Les agents chimiques épaissis, dont la persistance accrue et l'augmentation de l'adhérence
rendent la décontamination nettement plus difficile.
- Les agents de type toxine (produit chimique toxique synthétisé par un organisme vivant) dont les
caractéristiques et les effets peuvent s’apparenter à ceux des agents chimiques de persistance
variable.
- Les agents biologiques qui, lorsqu'ils se présentent sous la forme d'un aérosol, peuvent persister
pendant de longues périodes.
- Les agents radiologiques dont la persistance est variable selon la nature de l’agent (fonction de la
période).
Il est possible de disséminer ces agents de multiples façons (épandage, engin explosif, etc.).

 Les différents types de contamination


Le résultat d’un événement NRBC peut être la contamination de :
- surfaces induisant un danger de transfert ;
- infrastructures intérieures impliquant une contamination de l’ensemble des surfaces (plafond, sol,
mur) et des objets ;
- matériels et ressources diverses ;
- personnel suite à une contamination par l’air (aérosol), par liquide (vapeur et percutanée).

4.2 Actions à mener pour améliorer la décontamination


La décontamination constitue un facteur incontournable de la restauration suite à un événement
NRBC. Il est précisé ci-dessous les différentes étapes au cours desquelles des actions particulières
doivent être menées avant l’événement dû à un agent NRBC, pendant l’événement et après.

476
 Avant l’événement dû à un agent NRBC
Le but recherché est de prévenir, autant que possible, la contamination du personnel et des matériels
par l'application d'un certain nombre de mesures tactiques et techniques.

 Les mesures tactiques


La première de ces mesures est, sans conteste, la collecte de renseignements sur les possibilités de
mise en œuvre, par l'adversaire, d'agents radiologiques, chimiques, et biologiques (nature des agents,
moyens de dispersion, positions, etc.), mais également sur la connaissance du tissu industriel, en
particulier les usines travaillant avec des produits toxiques industriels. L'exploitation des informations
recueillies conduit par la suite à l'évaluation de la menace et la mise en œuvre des mesures de
protection qui en découlent : camouflage, emploi d'abris collectifs, dispersion, port complet ou partiel
de la tenue de protection NRBC, etc…
Sur la base des informations reçues, des degrés de protection sont définis selon les temps de la
manœuvre et les zones. Tous ces éléments sont précisés dans les différents ordres d’opération.
Les mesures opérationnelles concernent toutes les mesures pratiques qui permettent de prévenir une
contamination du personnel et du matériel (matériel autant que possible à couvert, personnel sans
mission spécifique dans les abris, etc…).

 Les mesures techniques


Elles regroupent toutes les vérifications qui englobent le contrôle des équipements de détection et de
contrôle de la contamination, du bon fonctionnement et de la mise en œuvre rapide des moyens de
décontamination.
- Pendant l’événement dû à un agent NRBC
Le but recherché est d’éviter la contamination des personnes et si possible des matériels en limitant
l’exposition directe du personnel et du matériel à l’agent toxique.
- Après l’événement dû à un agent NRBC
Immédiatement, des mesures particulières doivent être prises de manière à limiter au maximum
l'extension de la contamination.
Elles concernent principalement la localisation et le marquage des zones contaminées, le contrôle des
mouvements à l'intérieur de ces zones, le transport et le triage des victimes ainsi que le
conditionnement et l'évacuation des déchets ou effluents contaminés destinés à être détruits et/ou
recyclés.

 La détection de contrôle
La détection de contrôle est un aspect indispensable de la décontamination. En effet, elle permet d'en
confirmer la nécessité (triage, localisation de la contamination, etc.) avant décontamination et d'en
vérifier ensuite l'efficacité.
En fonction de la situation tactique, s’opère un choix entre, d'une part, une décontamination passive
ou naturelle agissant exclusivement sous l'influence des conditions atmosphériques comme par
exemple la température, le vent et les intempéries (procédure toutefois aléatoire), et, d'autre part, une
décontamination active permettant, par déplacement ou mieux, par neutralisation des agents, de
réduire le risque. Si la décontamination passive ne réclame aucun moyen, elle constitue en revanche
un processus de plus ou moins longue durée qui n'est pas toujours acceptable sur le plan
opérationnel et dont l’efficacité est sujette à caution. Elle entraîne le maintien des mesures de
protection et donc une baisse de capacité opérationnelle du personnel et des unités. Elle comporte
également un risque de transfert de contamination.

 Les impératifs de la décontamination


La décontamination doit répondre aux impératifs suivants :
- décontaminer dès que possible afin de rétablir une capacité opérationnelle ;
- décontaminer exclusivement ce qui est nécessaire pour l’accomplissement de la mission (les
paramètres à prendre en compte sont le temps, l'étendue et la persistance de la contamination,
l'équipement de protection individuelle, la situation et les moyens de décontamination
disponibles) ;

477
- décontaminer le plus près possible du site de la contamination (afin de limiter la propagation de la
contamination) ;
- décontaminer, suivant les priorités tactiques fixées, les unités des plus importantes aux moins
importantes.

4.3 Les niveaux de décontamination


La décontamination comprend 4 niveaux dont les deux premiers sont de la responsabilité du
corps de troupe toutes armes.
La décontamination approfondie est de la responsabilité unique des unités de défense NRBC
spécialisée. Elle autorise le retrait de tout ou partie des mesures de protection individuelle.
Seule la décontamination certifiée permet le rapatriement d’équipements contaminés et leur
utilisation ultérieure sans précaution particulière.
Les opérations de décontamination s’exécutent de façon graduée, selon les contraintes tactico-
opérationnelles, et comportent quatre niveaux détaillés ci-dessous.

 La décontamination immédiate (défense NRBC TTA)


La décontamination immédiate, à entreprendre d'urgence, concerne le personnel qui a subi une
contamination. Le but est de minimiser les effets physiologiques de cette contamination et de
permettre au personnel de prendre des mesures de protection nécessaires pour, au mieux, pouvoir
poursuivre sa mission, en sécurité, au moins assurer sa survie en attendant que des soins adaptés
soient prodigués. Elle est effectuée au niveau individuel.
C’est un acte réflexe, réalisé selon une procédure parfaitement définie, qui doit être pratiqué
immédiatement et sans ordre après une attaque. Les individus sont donc dotés de moyens propres.
La maitrise de ce savoir-faire doit faire l’objet d’une instruction et d’un entrainement régulier.

 La décontamination opérationnelle (défense NRBC TTA)


La décontamination opérationnelle doit permettre la poursuite des opérations en réduisant les risques
par contact prolongé et en limitant le transfert de contamination. Effectuée par les individus et/ou les
unités, elle est limitée aux interfaces homme-machine de l'équipement (poignées de portes, marche
pieds, etc.), du matériel et/ou des zones de travail essentiels sur le plan opérationnel.
Elle est mise en œuvre sur ordre du chef de l'élément impliqué. Elle doit être organisée pour permettre
le maintien, pour un temps donné, de l'unité dans l’exercice de sa mission ou pour permettre la sortie
de zone contaminée. Néanmoins, les mesures de précaution qu'il convient de maintenir jusqu'à la
disparition complète du danger, impliquent un emploi dégradé des matériels ayant subi une
décontamination opérationnelle.

 La décontamination approfondie (défense NRBC spécialisée)


La décontamination approfondie a pour but de lever tout ou partie des mesures de protection
individuelle prises en zone contaminée afin de poursuivre la mission avec un maximum d'efficacité.
Elle peut être différée si les conditions opérationnelles l'imposent. Elle sera d'autant plus efficace que
les niveaux précédents de décontamination ont été bien exécutés. Cette tâche, dévolue à des unités
spécialisées, prend en compte la remise en condition du personnel et traite les équipements et les
matériels décontaminables. Certaines portions limitées de terrain, comme un pont ou un carrefour,
pourront être traitées et utilisées de manière dégradée.
Bien que la décontamination du personnel soit généralement considérée comme prioritaire, il est
souhaitable, pour des raisons tactiques, que le matériel soit décontaminé en même temps.
Cette décontamination entraîne des mesures qui sont prises à des niveaux de commandement élevés
(Brigade/Division). Elle nécessite le retrait des unités militaires de leur zone d’engagement. Ces
dernières doivent alors être considérées comme hors d’état de combattre pendant une durée assez
longue.

 La décontamination certifiée (défense NRBC spécialisée)


Le but de la décontamination certifiée est de permettre la décontamination des matériels, retirés
temporairement ou définitivement d’une opération, à un niveau tel que leur rapatriement ne soit pas

478
source d’un transfert de contamination et que les opérations de maintenance ou toute autre utilisation
ne souffrent pas de restriction.
Les opérations de décontamination certifiée sont décidées au niveau opératif.

4.4 Les principes essentiels

 L’économie des moyens et la concentration des efforts


Le juste nombre de matériels et de spécialistes de défense NRBC de l’armée de Terre associé à la
nécessité d’en disposer en un temps donné et à un endroit précis en nombre suffisant pour garantir la
réalisation d’un effet escompté impose d’éviter une trop grande dispersion des moyens. Ce principe,
validé en 2003 par le chef d’état-major de l’armée de Terre, a été à l’origine de la centralisation de
tous les moyens de décontamination approfondie existant au sein de l’armée de Terre dans un seul
régiment.

 L’unicité de commandement
L'organisation de la décontamination sur un théâtre d’opération est de la responsabilité du
COMANFOR. Lui seul est en mesure de décider de l’opportunité d’autoriser la conduite des
opérations de décontamination. Le commandement tactique des opérations de décontamination, en
raison des différentes fonctions impliquées, reste interarmes et sera au minimum du niveau de la
brigade. La mise en œuvre du site de décontamination, hors dispositif médical afférent, et des moyens
de décontamination est sous le commandement du chef de l’unité de la défense NRBC spécialisée.

 La priorité donnée à la mission opérationnelle


Sous menace NRBC avérée, la priorité reste donnée à l’accomplissement de la mission
opérationnelle. Il en va de la crédibilité de la force. Elle doit donc disposer de la possibilité de
poursuivre les actions en cours quel que soit le type d’agression subie. Il s’agit d’une contrainte pour
la définition des capacités à détenir. Concernant la décontamination, cela se traduit par :
- les directives visant à éviter une contamination (renseignement, suivi de situation, dispositif
d’alerte et de compte-rendu, adaptation du dispositif, mesures de précaution à prendre) ;
- les ordres afin d’assurer la disponibilité des capacités de décontamination ;
- les directives visant à gérer les polluants en prévision des phases ultérieures de l’engagement.

Par ailleurs, les moyens seront dédiés en priorité à la protection des forces. Toutefois, le COMANFOR
pourra décider de les employer à d’autres fins. Cette possibilité doit être liée à la notion d’intérêt de la
force, direct ou indirect, en particulier s’il s’agit d’une action au profit des populations du pays hôte.

4.5 Rôles et responsabilités

 Responsabilité de la grande unité


Le commandement des opérations de décontamination est assuré par le chef interarmes qui
commande le théâtre d’opération, assisté de son officier NRBC d'état-major. Le chef interarmes a la
responsabilité de l’organisation opérationnelle de la décontamination des unités. La manœuvre de
décontamination est dirigée par la grande unité, à partir de son PC.
Dans le cadre de la planification, de la préparation et de l'exécution de la décontamination, il fait
établir un plan de décontamination qui trouve normalement sa traduction dans l’OPORD (paragraphe
ou annexe NRBC), en ce qui concerne les mesures préparatoires et dans un FRAGO, lors de leur
activation. Ce document définit les unités qui sont éventuellement désignées pour accomplir des
missions annexes sur le site de décontamination.

 Rôle des unités


Le commandant de GTIA a la responsabilité dans sa zone d’action :
- du cadencement et de la régulation des mouvements des unités à décontaminer en fonction de la
situation tactique et des possibilités techniques de décontamination ;
- de la sécurité des mouvements.

 Rôle de la défense NRBC spécialisée

479
e
Le site de décontamination est mis en œuvre par la défense NRBC spécialisée (2 RD et sections
de décontamination des régiments médicaux), qui en assure le commandement. Sa responsabilité
s’exerce à partir de l’accueil et de la prise en compte de l’unité à décontaminer, au niveau de la zone
d’attente, et englobe le site de décontamination proprement dit, jusqu’à sa sortie vers la zone de
regroupement et de remise en condition opérationnelle.
La défense NRBC spécialisée assure le commandement du site de décontamination.

4.6 Le site de décontamination approfondie

La décontamination approfondie des unités est une manœuvre interarmes en elle-même. Elle
implique aussi bien des acteurs de la défense NRBC spécialisée que des unités TTA. L’ensemble des
actions doit conduire à une restauration totale ou partielle des capacités opérationnelles en une même
unité de temps et de lieu sur le site de décontamination approfondie.

Le site de décontamination est organisé autour de deux ensembles distincts :

 L’environnement du site
Il comprend :
- l’itinéraire d’accès au site : cet itinéraire est prévu dans le plan de circulation annexé au plan de
décontamination ;
- le point initial : point caractéristique du terrain, à partir duquel un fléchage ou un guidage est mis
en place ;
- la zone d’accueil et d’attente : zone située en zone sale, à proximité du site de décontamination.
La régulation et l'attente de l'unité contaminée y sont assurées ainsi que les opérations de
préparation à la décontamination ;
- la zone de regroupement et de remise en condition opérationnelle : située en zone propre, à
proximité immédiate du site de décontamination. A l’issue, l’unité doit pouvoir être réengagée
après avoir effectué le recomplètement de ses matériels non décontaminables ;

480
- le point de dislocation : point caractéristique du terrain, à partir duquel l'unité décontaminée rejoint
sa future zone de déploiement, en fonction des ordres reçus ;
- l'itinéraire de sortie du site : itinéraire prévu dans le plan de circulation.

 Le site de décontamination
Le site proprement dit comprend :
- la zone de tri : lieu où l’on va effectuer la préparation et la régulation de la décontamination ;
- le chantier de décontamination approfondie des véhicules ;
- le chantier de remise en condition du personnel ;
- le chantier de décontamination des petits équipements et des matériels sensibles.
Tous ces chantiers sont armés par la défense NRBC spécialisée.

 Éventuellement, le site de décontamination peut être dit élargi.


Il s’agit, en accompagnement de la médicalisation de l’avant et de la décontamination au plus près,
d’intégrer les chantiers de la chaîne santé aux chantiers de décontamination de la défense NRBC au
sein d’un site unique permettant une meilleure synergie et un soutien mutuel.
Le site de décontamination comprend alors :
- un chantier médical de décontamination polyvalente approfondie des blessés, armé par les
régiments médicaux ;
- un poste de secours médicalisé fourni par la formation pilote.
Le schéma ci-dessous représente le site de décontamination élargi :

La défense NRBC spécialisée assure toutes les opérations de décontamination approfondie pour les
véhicules, le personnel, les petits matériels et les matériels sensibles. Les unités toutes armes
assurent, sous la responsabilité du chef de site les opérations non spécifiques NRBC.
214
Sur le site, les équipes chargées de la décontamination portent la TLD et sont relevées toutes les
deux heures.
Il existe 3 stades d'activation du site :

STADE CARACTÉRISTIQUES

214
Tenue légère de décontamination Mle 93

481
ACTIF - Chantiers déployés, personnel présent et équipé ;
- Délai d'activation inférieur à 15 min.
DEPLOYÉ - Site reconnu, matériel débarqué et positionné sur son emplacement, personnel
présent et non équipé ;
- Délai d'activation inférieur à 1 heure.
SUR ROUES - Site reconnu, véhicules sur le site, matériel et personnel embarqués ;
- Délai d'activation supérieur à 1 heure.

4.7 La logistique des opérations de décontamination


Généralités
La décontamination induit une sujétion logistique lourde qu’il s’agisse de traitement des effluents, des
déchets ou des rechanges post-décontamination.
Suite à l’emploi de substances R, B ou C, le responsable de la conduite des opérations peut décider :
- une restriction de mouvement (ROM) ;
- une incrémentation dans le niveau de protection du personnel.
La ROM complique considérablement les conditions d’intervention. Elle implique à court et
moyen termes des difficultés de réapprovisionnement logistique pour les zones concernées.
De même, le port des effets de protection induit une baisse notable de la capacité opérationnelle des
intervenants.
La décontamination implique le regroupement ou la coordination du passage des unités concernées
sur les sites armés par la défense NRBC spécialisée. Elle induit donc une désorganisation du
dispositif mis en place, une inactivité opérationnelle de ces unités pendant un temps donné.
Cette opération n’est neutre ni pour la conduite de la manœuvre, ni pour celle des opérations
logistiques.

4.8 Aptitude à détenir

 Le conditionnement des stocks


Le conditionnement des solutions doit satisfaire aux contraintes de transport de matières
dangereuses, par voie routière ou aérienne.

 Les contraintes de transport liées à la réglementation


Le transport des solutions décontaminantes entre dans le champ d’application de l'accord européen
relatif au transport de marchandises dangereuses par route (ADR). Il s’agit de contraintes lourdes qui
devront être prises en compte dans la formation du personnel et dans l’équipement des matériels ou
véhicules.

 La gestion des déchets


La décontamination produit des déchets en quantité et degré de contamination variables. Les
législations nationales et, le cas échéant, le droit en vigueur dans la zone d'engagement obligeront les
forces à collecter, stocker voire marquer ou retraiter les effluents et les déchets solides. Leur
manipulation et leur traitement exigeront une coopération étroite entre les responsables de l’état-major
concerné, éventuellement les autorités locales du pays sur lequel se trouve la force, voire des
entreprises civiles.

5. Les dangers et les effets


5.1 La menace nucléaire

 Les différents types d’explosion

 Explosions aériennes à très hautes altitudes (H>30 km)


Ce type d’explosion, situé hors atmosphère, n’engendre qu’un effet IEM haute fréquence. Cette
agression n’est réalisable que par une puissance disposant d’une technologie dans les domaines de

482
l’espace et de l’armement nucléaire. Elle serait effectuée par surprise pour désorganiser les systèmes
de défense adverses.

 Explosions aériennes hautes


La hauteur de ce type d’explosion varie avec la puissance de l’explosion. Elle est généralement
supérieure à 3 km. Effectué dans l’atmosphère, ce type d’explosion provoque des effets lumino-
thermiques, mécaniques, IEM basse fréquence et psychologiques. L’effet radiologique est nul dans la
mesure où le rayonnement initial n’atteint pas le sol et où il n’y a pas de retombées. L’efficacité est
maximale sur les structures (frappes anti-cités).

 Explosions aériennes basses


La hauteur d’explosion est calculée en fonction de la puissance. Elle est de l’ordre de la centaine de
mètres. Dans ce cas, la boule de feu n’entre pas en contact avec le sol. Il y a apparition d’ effets
lumino-thermique, mécanique, IEM basse fréquence et psychologique. L’effet radiologique initial et la
création d’un d’une zone de radioactivité induite par les neutrons existent aussi. Il n’y a pas de
retombées significatives. L’efficacité est maximale sur le personnel, les engins et les véhicules
(frappes tactiques).

 Explosions de surface
Ce sont, par définition, des explosions qui ont lieu au contact de sol ou celles dont la boule de feu
entre en contact avec le sol. Ce sont donc des explosions contaminantes par retombées nucléaires. Il
y a génération de tous les effets avec une impulsion électromagnétique de basse fréquence. Il y a,
aussi, création d’un cratère et d’une zone de radioactivité induite par les neutrons. Ce type d’explosion
crée une onde de choc dans le sol destinée à occasionner le maximum de dégâts aux objectifs de
surface, peu enterrés ou souterrains.

 Explosions souterraines.
Elles entraînent, à la fois, une radioactivité induite et des retombées radioactives au sol.

La vaste zone contaminée par les retombées radioactives de fortes explosions de surfaces pose un
problème opérationnel de grande ampleur. Potentiellement, ces retombées peuvent s’étendre sur de
grandes distances et provoquer plus de pertes que tout autre effet de l’arme nucléaire. Elles exercent
une influence sur le champ de bataille pendant une durée considérable après l’explosion.

 Emploi militaire des armes nucléaires

Trois types de vecteurs sont susceptibles de lancer des projectiles nucléaires :


- les obusiers d’un calibre minimal de 152 mm ;
- les missiles balistiques ;
- les aéronefs.

Le tableau ci-dessous donne les principaux vecteurs nucléaires tactiques et la puissance des armes
associées.
0,2 à 2 kt
OBUSIERS
(kilotonnes)

MISSILES BALISTIQUES 10 à 100 kt

AÉRONEFS 50 à 500 kt

 Effets techniques de l’arme nucléaire

483
La libération, sous différentes formes, de l'énergie d'une explosion nucléaire endo-atmosphérique
conduit à différents effets sur le personnel et sur les matériels, soumis à son action. Ces effets sont
les suivants :
- effets mécaniques : écrasement dû à la surpression statique, déplacement dû à la pression
dynamique et aux vents, projection de matériaux divers ;
- effets thermiques, lumino-thermiques : dégradation des matériels pouvant aller jusqu'à
l’inflammation, brûlure du personnel, inflammation du milieu (forêts, locaux...), détérioration des
équipements optiques ;
- effets dus aux rayonnements nucléaires : irradiation externe et interne du personnel et
contamination (retombées -personnel non protégé), détérioration des matériels sensibles aux
rayonnements (par exemple les composants électroniques) ;
- effet du à l'impulsion électromagnétique : on assiste principalement à un dysfonctionnement
temporaire ou définitif des équipements électriques et électroniques ;
- effet des rayonnements sur la propagation des ondes radioélectriques : accroissement de
l'absorption des ondes radio-électriques pouvant aller jusqu'à leur extinction momentanée,
modification du chemin de propagation par réfraction (raccourcissement de la portée des
215
matériels), des propagations anormales ;
- effet psychologique : un phénomène de psychose collective peut entraîner des réactions
incontrôlables.
Ces effets dépendent du type d’explosion. Leur portée et leur durée augmentent avec la puissance de
l’engin. Leur intensité augmente en se rapprochant de la verticale du lieu de l’explosion. Ce point est
appelé le point zéro ou PZ.

5.2 La menace chimique

 Classification des armes chimiques


Les agents chimiques sont répartis en deux catégories :

215
Des poussières, des débris, des gouttes d'eau ou des cristaux de glace, aspirés par le champignon et diffusés par le nuage,
peuvent être mis en suspension dans l'air. Ils agissent alors comme des réflecteurs et peuvent provoquer des échos sur les
radars.

484
 Les agents incapacitants
- incapacitants psychiques (perturbent le comportement de l'individu) ;
- incapacitants physiques :
o incapacitants des fonctions (ouïe, vue),
o irritants (lacrymogènes, incapacitants, respiratoires et urticants).

 Les agents toxiques


- les suffocants (lésions des poumons) ;
- les vésicants (destruction des tissus vivants) ;
- les toxiques généraux (perturbation de certaines fonctions vitales) :
o toxiques sanguins,
o neurotoxiques A et G.
Un toxique est dispersé sous une forme qui dépend de sa nature et de l'effet recherché.
Les attaques par non persistants se feront essentiellement par des tirs percutants. Les attaques par
persistants se feront au moyen d'épandages ou de tirs fusants.

 Emploi militaire de l’arme chimique


L'emploi des agents chimiques vise à la neutralisation des unités au contact (non persistants : NP), à
l'interdiction de terrains (persistants : P), à la destruction et à la baisse de capacité opérationnelle des
unités dans la profondeur (persistants ou non).
Quatre types de vecteurs peuvent être utilisés :
- les obus (Sarin, Lewisite, A4, Ypérite) ;
- les roquettes (LRM) (Sarin, Lewisite, A4, Ypérite, Soman) ;
- les missiles balistiques tactiques (TBM : FROG - SCUD) (A4) ;
- les bombes et réservoirs d'épandage d’avions (Sarin, Lewisite, Soman, Ypérite).

TYPE TYPE SURFACE


EFFICACITÉ
D'AGENT DE LANCEUR COUVERTE
NP batterie 152 mm 3 à 5 ha 1 section
NP 1 bon / LRM BM 21 120 ha 1 compagnie
P 1 bon / LRM BM 22 120 ha 1 cible *
P FROG 120 à150 ha 1 cible *
P SCUD x 2 120 à 150 ha 1 cible *
P 4 avions 100 à 120 ha 1 cible *
(*) cible : aéroport, usine, centre de communications, ouvrage d'art important.
Les armes chimiques ont des effets tactiques sur les unités, c'est-à-dire une influence sur leur
capacité opérationnelle. On distingue les effets des armes sur le personnel ou les matériels de façon
différée ou immédiate et les conséquences sur l'organisation, la fatigue et le moral des troupes. Après
une attaque, le chef et son état-major doivent avoir dans les meilleurs délais une connaissance de
l'état des forces (dommages subis) et de l'état du terrain (zones contaminées) en vue de prendre les
décisions relatives à la mission et à l'organisation des secours. Pour quantifier les effets, il convient de
distinguer les conséquences dues aux pertes (destruction ou neutralisation de l'unité) et les
conséquences dues à la limitation de la liberté d'action des unités (mise en œuvre des moyens de
protection).

 Les effets techniques de l'arme chimique


Le danger chimique se caractérise par la diversité des agents et de leurs effets, la fluctuation du
danger en fonction des conditions météo, son caractère insidieux et l'obligation de prendre des
mesures de protection contraignantes.
Les agents chimiques peuvent agresser le combattant sous trois formes : vapeurs (gaz), gouttelettes
(liquide), aérosols (solide).
Les deux principaux effets sont la toxicité et la persistance :

485
- la toxicité se caractérise par la dose en phase liquide et le produit C.t (Concentration x temps) en
phase vapeur ;
- la persistance caractérise la durée d'efficacité d'un agent chimique après dispersion. Elle dépend du
taux de contamination surfacique, de la nature de l'agent et des conditions météo. Si la rémanence
du toxique au sol est liée à quelques minutes, il s'agit d'un non persistant (vapeurs et aérosols). Si
elle est plus importante, de quelques heures à quelques semaines, il s'agit d'un persistant (liquide).

5.3 La menace biologique

 Nature et typologie des agents biologiques


Cinq grandes familles d’agents d’intérêt sont discernables : les bactéries, les rickettsies, les virus, les
toxines et les champignons.

 Bactéries
Les bactéries sont des organismes unicellulaires microscopiques dont le noyau n’est pas délimité par
216
une membrane et qui se reproduisent par scissiparité . Elles se trouvent presque dans tous les
milieux : air, sol, eau. Il existe environ seize cents espèces de bactéries classées suivant des
caractéristiques structurelles ou fonctionnelles.
217
Environ deux cents espèces de bactéries sont pathogènes pour l’homme.

 Rickettsies
Les rickettsies s’apparentent aux bactéries mais, contrairement à ces dernières, ne peuvent se
multiplier qu’à l’intérieur des cellules. Ils sont présents chez un grand nombre de mammifères. La
transmission se fait par arthropodes (puces, poux, acariens, tique etc.) à l’exception d’une espèce
infectant les ovins et les bovins et transmettant par ingestion de lait cru infecté ou inhalation à partir du
lait et des sécrétions des animaux contaminés.
Par exemple, le Typhus est induit par Ricketsia Prowasekii. Coxiella Burnetti provoque la fièvre Q.

 Virus
Les virus sont des micro-organismes. Actuellement, plusieurs milliers de virus ont été recensés. La
principale caractéristique du virus est liée à son incapacité à se reproduire seul. Il utilise le matériel de
la cellule hôte pour ses propres besoins.

 Toxines
Les toxines sont des substances chimiques produites par les activités métaboliques de certains êtres
vivants tels que les bactéries, les insectes, les plantes et les reptiles. Elles s’apparentent aux agents
chimiques et ne sont pas contagieuses. Outre leur origine, elles peuvent être également classées en
fonction du mécanisme de toxicité.

 Champignons inférieurs ou mycètes


Ces micro-organismes végétaux dépourvus de chlorophylle (levures par exemple) sont responsables
d’infections appelées mycoses souvent superficielles (teigne du cuir chevelu) mais parfois profondes
et viscérales (histoplasmose) pouvant être mortelles.

 Emploi militaire de l’arme biologique


La pénétration des agents biologiques dans l’organisme humain pouvant se faire par différentes voies
(respiratoire, digestive, cutanée, muqueuse, percutanée), de multiples vecteurs sont envisageables :
vecteurs conventionnels adaptés (avions, drones, missiles, bombes et roquettes) ou vecteurs naturels
(eau, air, produits alimentaires, porteurs humains et animaux, végétaux et matériels). Le choix du
vecteur dépendra des caractéristiques de l’agent pathogène visé.

216
Scissiparité : mode de division des êtres unicellulaires procaryotes consistant à doubler de longueur puis à se partager en 2
cellules identiques qui peuvent se séparer.
217
Exemple : Bacillus Anthracis provoque la maladie du charbon, Yersinia Pestis la peste, Vibrio Cholera le choléra.

486
Pour une dissémination de type militaire, la création d’aérosols de particules, sèches ou liquides, en
utilisant des équipements d’épandages aériens, terrestres ou maritimes serait sans doute privilégiée
en raison de son rendement supérieur à celui des autres techniques.

Utilisation militaire : armes


Sans fusée de proximité
Missiles balistiques
Avec fusée de proximité
Sans fusée de proximité
Bombes à charge unitaire
Avec fusée de proximité
Bombelette balistique à fusée de contact et charge
explosive.
Bombelette balistique à fusée de proximité déclenchant au
Missiles à sous-munition ou
dessus du sol avec une charge explosive ou un éjecteur à
bombelettes
gaz pressurisé.
Bombelette à trajectoire déformée pour augmenter la
dispersion initiale.
Sans fusée de proximité
Munitions d’artillerie
Avec fusée de proximité
Réservoirs de dispersion sur aéronefs et drones
Pulvérisation de type agricole mobile sur vecteur ou ponctuelle

Engagée en opérations au cours du règlement d’un conflit impliquant directement ou non un État
proliférant, des groupes non étatiques disposant d’armes biologiques, la force terrestre est susceptible
de subir différents types d’attaque de nature biologique.
L’emploi de telles armes peut consister en une dispersion par la force adverse d’agents biologiques
ou en une attaque indirecte dirigée contre un site industriel produisant, stockant ou traitant des
matières toxiques ou des souches pathogènes (rendement moindre). Il devient ainsi une arme par
destination.
Le risque d’actions de sabotage (terrorisme) doit être également pris en compte, en particulier, lorsque
le conflit devient asymétrique.
Trois situations discriminées par les moyens mis en œuvre et par les effets attendus seraient
envisageables :
- frappe stratégique : l’agresseur cherche à neutraliser, voire à détruire un dispositif militaire ou une
population. Ceci réclame alors le recours à un ensemble de missiles ou d’aéronefs afin de couvrir
de vastes surfaces. Si l’intention de l’agresseur est d’exploiter la situation induite, cette dispersion
doit survenir plusieurs jours avant l’offensive pour laisser le temps à la maladie d’agir ;
- action préliminaire sur un théâtre d’opération : l’arme biologique peut être utilisée sur les bases de
projection du territoire national précédant donc le déploiement des troupes ou pendant la phase de
déploiement elle-même. Son emploi peut aussi précéder et préparer une attaque de type
conventionnelle. L’objectif serait ici d’obtenir un effet rapide pour affaiblir temporairement ou
durablement la force projetée ou à projeter. Le recours à certains agents incapacitants permettrait
d’atteindre l’effet recherché tout en limitant les risques de contagion ;
- actions ponctuelles sur des objectifs limités : l’arme biologique peut être utilisée à l’encontre
d’objectifs limités mais à haute valeur ajoutée. Les cibles potentielles sont les suivantes, tels les
PC, les bases logistiques, les nœuds routiers, les « hubs » de théâtre…
- de telles opérations sont réalisables par des forces spéciales soit à travers la mise en œuvre de
générateurs d’aérosols peu encombrants, embarqués dans des véhicules ou des aéronefs ou
abandonnés sur le site à contaminer soit par l’utilisation de techniques de bio-sabotage (pollution
des réseaux d’eau, de la nourriture, contamination d’objets, etc).

 Effets techniques des agents biologiques


En fonction de la résistance des germes aux différents facteurs de l'environnement (conditions
climatiques, météorologiques), le danger peut subsister des heures, des jours, voire dans des cas
exceptionnels et particuliers des années (contamination à titre expérimental de l'île de Gruinard en
Ecosse par le bacille du charbon en 1942). Son évolution peut être variable dans le temps et dans
l'espace en raison des fluctuations des conditions météorologiques.

487
La transmission directe de l’homme à l’homme, contagion par contact, aérosols respiratoires,
excrétions, n’est effectivement possible que pour certaines bactéries et rickettsies et certains virus. Ce
caractère contagieux plus ou moins prononcé, aggrave les conséquences d’un emploi militaire et les
rend aussi moins contrôlables. Le risque de véritable épidémie concerne surtout la peste, la variole et
la tularémie. D’autres agents provoquent plus rarement des contagions [exemple : VEE (Encéphalite
Equine Vénézuélienne)] ou seulement dans le cas de conditions sanitaires très déficientes (choléra
via des eaux souillées, typhus par des poux du corps) qui pourraient concerner des populations civiles
déplacées.

Indépendamment de l’efficacité d’une arme biologique en termes de personnes touchées, l’impact


psychologique induit par une frappe de cette nature peut être lourd de conséquences sur la capacité
de la force à poursuivre sa mission.
Enfin, le danger biologique, indépendamment de toute volonté humaine malveillante, est présent dans
la nature. Contrairement au chimique ou au radiologique, il peut exister un risque patent grave, non
provoqué, sur un théâtre d’opérations, face auquel le commandement doit être en mesure de réagir.

En revanche, le risque technologique dans le domaine biologique reste faible. En cas de destruction
accidentelle d’une usine ou d’un laboratoire de biotechnologie, le stress mécanique de l’accident,
l’augmentation de température éventuellement induite et l’exposition des agents aux conditions
environnementales entraînerait dans la plupart des cas une destruction ou, au moins, une forte
décroissance de leur concentration.

5.4 Le risque terroriste RBC

 Le terrorisme radiologique
Le terrorisme peut recourir à l’emploi de matières radioactives. Celles-ci peuvent provenir de sites de
stockage, de retraitement, de sites industriels ou médicaux. Les matériaux radioactifs peuvent être
des déchets issus de l'utilisation civile du nucléaire ou des sources radioactives communément
utilisées dans l'industrie, en médecine ou dans la recherche.

Deux modes de dissémination peuvent être envisagées :

 La bombe radiologique (« dirty bomb »)


Une bombe radiologique, ou « bombe sale », consiste en l'association d'explosifs conventionnels à
des radioéléments qui seraient dispersés lors de l'explosion et contamineraient une zone sensible.
Cette bombe ne fait pas intervenir de réaction nucléaire de fission ou de fusion. L'explosion d'une
bombe de ce type serait en effet peu meurtrière, les décès immédiats provenant exclusivement des
effets de la charge explosive et non des éléments radioactifs. Les effets psychologiques (panique) ne
seraient sans doute pas négligeables. Néanmoins, une contamination radioactive - interne ou externe
- des victimes impliquées est susceptible de se produire. La décontamination du site serait, elle, plus
complexe voire impossible. Les mesures préventives habituelles (garde, fouille,...) permettront de
218
réduire notablement les risques. L’utilisation d’un radiamètre permettra de faciliter la détection de
certaines de ces sources.

 La dissémination de matières radioactives


Ce procédé consiste à répandre des matières radioactives sous forme solide ou liquide pour créer
autant de « points chauds » et contaminer durablement un site, une zone ou un axe. Si l’efficacité
tactique de ce procédé reste à démontrer, la gêne engendrée ne sera cependant pas négligeable.
Cette possibilité peut facilement être résolue par la prise de simples mesures préventives. Toute unité
vérifie systématiquement la non-contamination du terrain sur lequel elle s’implante en vérifiant
simplement le taux de radioactivité par la mise en route d’un radiamètre.

 Le terrorisme chimique et biologique

218
Appareil permettant la détection des rayonnements

488
La volonté affirmée de certains groupes non étatiques de mettre la main sur des armes de destruction
massive (ADM ou armes à effet massif), voire même de les développer, représente une menace
sérieuse.
Les attentats au sarin survenus en juin 1994 dans la ville de Matsumoto (Japon) et le 20 mars 1995
dans le métro de Tokyo ont prouvé qu’une action terroriste mettant en œuvre des substances toxiques
était possible.
Depuis les attentats d’octobre et novembre 2001 aux Etats-Unis d’Amérique, la menace terroriste
biologique a pris une dimension nouvelle.
L’objectif de ces groupes est certes de faire si possible, le plus grand nombre de victimes. Mais, une
autre ambition pourrait être, sans rechercher un effet massif, de provoquer des dysfonctionnements
majeurs en misant sur l’impact médiatique et sur les effets dominos liés à l’existence de nombreux
réseaux vitaux ou essentiels au bon fonctionnement des sociétés développées actuelles.
Les terroristes peuvent utiliser, en raison de la faible quantité nécessaire, tous les types de toxiques
sur des objectifs civil et militaire. Cependant, la menace la plus vraisemblable viserait les sites
industriels et les zones très urbanisées.

Utilisation sabotage/terrorisme :
Voies de Supports de
Types d’action
contamination contamination
Contamination dans la chaîne de
préparation
Plats cuisinés Contamination chez le fournisseur
Contamination au niveau de la chaîne
logistique
Vivres locaux
Contamination dans la chaîne de
préparation
Emballages
Voie digestive Contamination chez le fournisseur
Contamination dans la chaîne logistique
Contamination dans la chaîne de
préparation
Eau en bouteille
Contamination chez le fournisseur
Contamination dans la chaîne logistique
Contamination source et/ou château
Réseau d’eau d’eau
Contamination réseau
Système d’aération Engin fixe d’aérosolisation
Engin fixe d’aérosolisation
Espace confiné
Engin explosif
Engin fixe d’aérosolisation
Voies respiratoires
Engin explosif
Aérosolisation à l’air libre
Drone
Avion d’épandage type agricole
Réseau d’eau Douche
Contamination de colis
Vêtement
Contamination blanchisserie
Voie cutanéo- Contamination de colis
Objet
muqueuse Contamination direct de matériels
(Percutané) Largage à proximité
Parasite
Apporté par vecteur humain
Uniquement biologique
Apporté par vecteur animal
Voie cutanéo- Supports pointus,
Utilisation volontaire d’objets enduits
muqueuse tranchants
(Vulnérant)
Munitions empoisonnées

489
Des sites industriels, des lieux de stockage, des transports de produits toxiques, des laboratoires de
recherche biologique ou chimique pourraient aussi être pris pour cibles par les terroristes, devenant
ainsi des « armes par destination ».

6. Les niveaux de protection


En France, le NRBC 34.001 (ex TTA 601) fixe les différents niveaux de protections :

DESCRIPTION PROTECTION PROTECTION


NIVEAU MENACE
DE LA MENACE INDIVIDUELLE COLLECTIVE
Pas de moyens offensifs Aucune mesure Aucune mesure
1 Nulle
chimiques connus. particulière. particulière.
 Engins dotés de
système NRBC :
verrouillage des filtres
Potentiel chimique
sur les supports.
offensif connu dont
2 Faible ANP position transport
l'utilisation n'est
 Engins non dotés de
absolument pas certaine
système NRBC :
aucune mesure
particulière.
 Tenue NRBC revêtue ;
 Engins dotés de
système NRBC :
 Gants, sous-gants et
fermeture du véhicule ;
Armement chimique chaussettes carbonées
3 Moyenne
déjà utilisé. portés ;
 Engins non dotés de
système NRBC :
 ANP en position
bâchage.
combat.
 Tenue NRBC revêtue ;  Engins dotés de
système NRBC :
 Gants, sous-gants et filtration et
Attaque chimique chaussettes carbonées pressurisation ;
4 Elevée
imminente ou en cours portés ;
 Engins non dotés de
 ANP en position système NRBC :
protection. bâchage.

Dans le cadre de l’OTAN (AJP 3.8) :

CBRN WEAPONS OR DEVICES – THREAT LEVELS


Threat Level Code Description
A State or non-State actor has been identified who may possess
 either the capability or intention of targeting NATO forces or
LOW GGrreeeenn individuals. Although it is possible, there are no other indications of
use.
 A State or non-State actor has been identified as possessing both
MEDIUM YYeellloow
w the capability and intention of targeting NATO forces or individuals.
 A State or non-State actor has been identified as possessing both

SIGNIFICANT O the capability and intention of targeting NATO forces or individuals,
Orraannggee
and will likely attempt to do so in the near term.
 A State or non-State actor has been identified as possessing both

HIGH R the capability and intention of targeting NATO forces or individuals
Reedd
within a specific time frame and/or against a specific target.

490
ITEMS OF DRESS
Dress States FOOT HAND
RESPIRATOR SUIT
PROTECTION PROTECTION
st
Issued and 1 set ready
ZERO
Carried nd
2 set deployed
Issued and Issued and
ONE Carried Issued and Carried
Carried Carried
TWO Carried Worn Carried Carried
THREE Carried Worn Worn Carried
FOUR Carried Worn Worn Worn

Carried : transporté
Worn : Mis en place (porté)
219
CBRN TIM - THREAT LEVELS
Threat Level Code Description

 Although TIM release is possible, industrial infrastructure
220
and
LOW G
Grreeeenn security levels are robust.
 There is an increasing risk of TIM release due to a decay of industrial

MEDIUM YYeellloow infrastructure and/or a degradation of the security of industrial
w
infrastructure.
 Release of TIM may occur with little additional warning due to

SIGNIFICANT O weakness of industrial infrastructure and/or insufficient security of
Orraannggee
industrial infrastructure.
 There is an immediate risk of TIM release, without warning, due to

HIGH R damage to industrial infrastructure and/or a lack of security of
Reedd
industrial infrastructure.

7. Les risques « technologiques » industriels


Quel que soit le type d’intervention, nos troupes sont de plus en plus confrontées à un nouveau
danger auquel elles ne sont pas préparées : le risque industriel. Les forces terrestres sont de plus en
plus amenées à intervenir dans des zones comportant des sites industriels et des stocks et dépôts de
produits dangereux de toute nature, ne présentant pas les mêmes conditions de sécurité et d’état
général qu’en métropole.

7.1 Nature du risque


Le danger correspondant, assorti d’une probabilité d’occurrence plus ou moins forte, peut être la
conséquence d’accidents (risque) ou d’actions de sabotage (menace). Au nombre des installations ou
activités à risque :
- les réacteurs commerciaux de production d’énergie ;
- les réacteurs de recherche ;
- les usines de retraitement ;
- les irradiateurs commerciaux ;
- les entrepôts de déchets radioactifs ;
- les industries de transformation et de traitement ;
- les industries de synthèse ;
- les raffineries et les dépôts d’hydrocarbure ;
- les transports de matières dangereuses ;

219
The likelihood of release is based on an assessment of accidental, collateral or intentional release.
220
e.g. Installations, storage sites, transportation networks, pipelines.

491
- les installations médicales, pharmaceutiques ou laboratoires ;
- la production ou la transformation de produits stupéfiants.

7.2 Sauvegarde
L’essentiel des actions préconisées pour organiser la défense des formations contre les risques
technologiques s’inscrit dans le contrôle du milieu, phase incontournable lors d’un engagement.
L’évaluation du danger demeure une mission délicate qui est du ressort de l’officier NRBC du
détachement. Le commandement devra définir, au regard de la situation du moment, les doses limites
qu’il jugera acceptables et susceptibles d’être supportées par son personnel dans les domaines
toxicologique et radiologique.
En ce qui concerne la détection et l’identification de la menace, les moyens de dotation NRBC sont
efficaces dans de très nombreux cas. En termes de protection, les tenues NRBC en dotation sont
performantes mais les moyens filtrants (individuels et systèmes de filtration des véhicules) se révèlent
inutiles contre de nombreux produits industriels dangereux tels que l’ammoniac, le dioxyde de souffre,
l’oxyde d’azote… Aussi, face à ces risques tant radiologiques que chimiques, la protection la plus
efficace demeure le confinement ou l’évacuation.

Références Titre de la publication Editions


Documents fédérateurs
NRBC 10.001 DNBC 100 Concept d'emploi de la défense NRBC en opérations 2000
NRBC 55.001 Ex-TTA 628 Mémento de défense NRBC à l'usage des unités 10 mars 2008
toutes armes
PIA-03.203.1 Doctrine interarmées de la défense NRBC 19 mars 2004
PIA-03.203.2 Doctrine interarmées d'emploi d'une force projetée 25 juin 2002
sous menace
NRBC 30.002 Manuel d’emploi des modules projetables de la Juillet 2003
défense NRBC spécialisée
NRBC 20.001- Doctrine de décontamination des forces terrestres 19 août 2009
DR
Documents NRBC toutes armes
NRBC 34.001 TTA 601 Manuel de défense NRBC TTA 19 octobre 2011
Tome 1
TTA 601 bis Matériels et équipements de défense NRBC 9 septembre 1999
NRBC 54.201 Directive provisoire d’instruction collective pour la 20 janvier 2006
défense NRBC TTA
NRBC 50.211- TTA 916 Mémento des consommations et dotations initiales 24 septembre 1994
DR en munitions et produits NRBC
Défense NRBC spécialisée
PIA-05.402 Unités génériques : Modules projetables NRBC Cycle CFT
2009-2010
NRBC 54.101 Directive provisoire d’instruction collective pour la 20 janvier 2005
défense NRBC spécialisée
NRBC 37.111 Manuel d’emploi de mise en œuvre de l’équipe de 27 mars 2009
reconnaissance et d’évaluation
NRBC 35.111 Manuel d’emploi et de mise en œuvre de la section 13 juin 2005
de reconnaissance NRBC
OTAN
ATP-45 (D) Compte-rendu d’explosions nucléaires et d’attaques 26 mai 2010
biologiques et chimiques, prévisions des dangers et Applicable en
des aires dangereuses qui y sont associées et France Juillet 2011
diffusion de l’alerte.
STANAG 2112 Reconnaissance NRBC 12 septembre 2005
Edition n°5

492
SOUTIEN

493
Note liminaire

La version 2004 du TTA 106 a vu une évolution de la terminologie définissant les zones ou les unités
composant la chaîne logistique.

Nouvelles appellations Nouvelles appellations


Anciennes appellations
- unité - - zone géographique -
GSIAT BLIAT
ZLT
Groupement de soutien Base logistique interarmées de
Zone logistique de théâtre
interarmées de théâtre théâtre
GL GST BLT
Groupement logistique Groupement de soutien terre Base logistique terrestre
GSTA
GSA BLTA
Groupement de soutien terre
Groupement de soutien avancé Base logistique terrestre avancée
avancé
GST GSTT
BLTT
Groupement de soutien Groupement de soutien terre
Base logistique terrestre temporaire
temporaire temporaire
GSD
BSD BLD
Groupement de soutien
Base de soutien divisionnaire Base logistique divisionnaire
divisionnaire
GSDA BLDA
DAS
Groupement de soutien Base logistique divisionnaire
Détachement avancé de soutien
divisionnaire avancé avancée
DTS GSDT BLDT
Détachement temporaire de Groupement de soutien Base logistique divisionnaire
soutien divisionnaire temporaire temporaire

494
SOUTIEN D’UNE OPÉRATION
Le soutien logistique s’exerce de façon continue à travers les niveaux stratégique, opératif et tactique.
Pour les opérations de faible ampleur, certains niveaux peuvent être confondus.
Le soutien logistique à tout niveau, sauf accord particulier, reste national.

1. Soutien logistique du combat221


Le soutien logistique du combat comprend l’administration et la logistique opérationnelle qui recouvre
les domaines suivants :
soutien santé ; protection de l’environnement ;
soutien de l’homme ; So soutien administratif ;
soutien des matériels; soutien financier ;
soutien pétrolier ; soutien juridique ;
les acheminements ; soutien munitions.
hygiène et sécurité en opérations (HSO) ; -
soutien au stationnement ; -
condition du personnel en opérations (CPO) ; -

2. Logistique stratégique
Sauf accord explicite, chaque nation, armée ou service interarmées est responsable de la fourniture
initiale et du recomplètement des moyens nécessaires à sa composante engagée dans l’opération.
Le commandement logistique au niveau stratégique (métropole) s’exerce essentiellement à travers
deux chaînes de responsabilités :
- au niveau interarmées, la chaîne opérationnelle (CEMA), qui conçoit, planifie et coordonne la
conduite ;
- pour ce qui concerne l’armée de Terre, la chaîne organique (CEMAT) qui prépare, met sur pied et
maintient en condition la force.
er
A compter du 1 juillet 2009, le CFT a reçu les attributions du CFLT en matière de préparation
opérationnelle, de planification, de montée en puissance et de suivi des engagements opérationnels.

Le centre interarmées de coordination de la logistique des opérations (CICLO) est un OVIA Terre créé
le 1er juin 2007.
Subordonné au centre de conduite et de planification des opérations de l’état-major des armées
(EMA/CPCO), et agissant en liaison étroite avec les théâtres, les armées et des services interarmées,
le CICLO est maître d’ouvrage délégué pour la conduite du soutien des opérations extérieures.

A ce titre, il :
- est tenu informé du niveau de ressources des théâtres et des risques de rupture
d’approvisionnement ;
- rationalise la satisfaction des besoins ;
- coordonne le soutien des opérations et de la montée en puissance des dispositifs d’alerte.

Il exerce son action du déclenchement d’une opération à son désengagement

221 Terme officiel, pour être différencié du soutien défini par le TTA 106, qui s’adresse à tous les types d’unités et à toutes les fonctions opérationnelles (IM
1299/DEF/EMA/OL5 du 5/07/96).

495
Sous couvert du CPCO, le CMT a pour mission la conception et la conduite des acheminements, dont
en particulier les acheminements stratégiques.
Ses missions ainsi que ses organismes rattachés sont décrits au chapitre 2 de la fonction
commandement (constitution et projection d’une force terrestre - § 6).

Nota : voir également sur ce sujet (notamment pour ce qui concerne les responsabilités liées au
contrôle national France), la partie « fonction commandement Chapitre 2 », ainsi que la DIA 3b relative
au commandement en opérations.

2.1 Soutien d’une opération multinationale

 Coordination multinationale

Le soutien d'une opération de l’OTAN est une responsabilité collective partagée entre l’OTAN et les
222
nations, mais celles-ci restent, en dernier ressort, responsables du soutien de leurs contingents .
Ce principe est identique pour les opérations menées par l’Union Européenne.
Lorsqu’une opération est menée par une coalition ad hoc, chaque nation est généralement responsable
du soutien de son contingent.

A cet effet, quelle que soit la configuration, chaque nation déploie une chaîne du soutien sur le
théâtre comprenant un système de commandement et des Eléments de Soutien National
223
(NSE) .

Au niveau multinational, les commandants de l'opération et de la Force s'assurent respectivement que


la Force dispose du soutien nécessaire pour mener l'opération.
Le commandant de la Force multinationale est l’autorité de coordination du soutien. A ce titre, il
coordonne le soutien entre les pays contributeurs et la (ou les) nation(s) hôte(s) et, en cas de besoin,
dispose du pouvoir de redistribuer certaines ressources logistiques, sous certaines conditions,
224
principalement en cas d'urgence .
Il exerce cette responsabilité au travers de son état-major principal (DCOS Support, CJ1, CJ4, CJ8) et,
le plus souvent, d'un centre de coordination et de mise en œuvre de la logistique (CCMO Log ou
Multinational Joint Logistic Centre : MJLC).

La coordination du soutien national avec l’état-major de la Force et son CCMO, est assurée par
l’autorité exerçant l’ADMINCON (FRANCE), c’est-à-dire le NCC FRANCE (ou l’ASIA par délégation
225
du NCC France).

Par ailleurs, le concept de mutualisation du soutien logistique de la Force s'inscrit comme une tendance
forte en termes d'évolution des doctrines logistiques. Il peut prendre les formes suivantes :
a. l’utilisation d’une nation pilote du soutien (Logistic Lead Nation - LLN) ;
b. le recours à une nation spécialisée dans une fonction (Logistic Role Specialist Nation - LRSN) ;
226
c. le soutien mutuel ;
227
d. le soutien par des unités logistiques intégrées multinationales (MILU) .

222
MC 319/2.
223
National Support Elements.
224
AJP-01.
225
Le chef d’état-major des armées désigne une autorité pour exercer le contrôle administratif et
logistique national (ADMINCON FRANCE), afin de coordonner l’emploi des moyens logistiques des
différentes armées et services, ainsi que de sauvegarder les ressources nationales tout en optimisant le
soutien des unités françaises. Sur le théâtre cette responsabilité est confiée directement au NCC
FRANCE, qui la délègue généralement à l’adjoint soutien interarmées (ASIA).
226
Plusieurs pays conviennent de se fournir mutuellement un soutien logistique dans des fonctions
identifiées, en échange de compensation ou de remboursement. Cette mutualisation fait l’objet
d’arrangements techniques bilatéraux.
227
MILU : Multinational Integrated Logistic Unit : Deux ou plusieurs pays conviennent de fournir des
moyens logistiques à une force logistique multinationale, placée sous le contrôle opérationnel d’un
commandant OTAN, pour le soutien logistique d’une force multinationale.

496
La coordination du soutien avec les autres contingents est assurée par l’autorité exerçant l’ADMINCON
(FRANCE), qui en rend compte au NCC FRANCE.

 Coordination nationale

Au niveau national, le niveau interarmées doit permettre de rationaliser l’organisation du soutien en


recherchant la synergie et la complémentarité entre les armées et les services pour limiter les coûts de
l’opération tout en garantissant l’efficacité du soutien. Ce niveau doit par ailleurs conserver aux
autorités nationales toute la liberté d’action possible pour la sortie de crise.

Lorsqu’une (ou des) « armée(s) responsables du soutien » (ARS) est (sont) désignée(s) (par
composante, par domaine logistique...), la directive administrative et logistique (DAL) précise leurs
responsabilités, notamment concernant les éléments à soutenir et la nature du soutien à apporter.
L’autorité exerçant l’ADMINCON (FRANCE), c’est-à-dire généralement l’adjoint soutien interarmées
(ASIA) par délégation du NCC FRANCE, décline cette DAL en ordre administratif et logistiques (OAL)
de théâtre.

 Schéma de principe de la chaîne logistique « France » en opération


multinationale

2.2 Cas particulier du soutien d’une opération nationale

Nota : voir également sur ce sujet (notamment pour ce qui concerne les ordres logistiques), la partie
« fonction commandement Chapitre 4 », ainsi que la DIA 3b relative au commandement en opérations.

497
Le soutien de telles opérations nécessite une organisation différente de celle qui caractérise les
opérations multinationales. Toutefois, l’organisation retenue doit prendre en compte, le cas échéant, la
juxtaposition avec une opération multinationale, ainsi que la possibilité d’une évolution vers une
organisation multinationale.

Responsable d’« une utilisation plus efficace et effective des ressources disponibles pour atteindre les
objectifs stratégiques » fixés par le CEMA, le COMANFOR dispose, si l’ampleur de l’opération le
justifie, d’un adjoint logistique, appelé « adjoint soutien interarmées » (ASIA).

La désignation de l’ASIA est soumise à l’agrément du CPCO, duquel il reçoit ses directives (directive
administrative et logistique - DAL - et directives particulières), qu’il peut être amené à décliner en ordre
administratif et logistique (OAL) de théâtre.

Adjoint du commandant de la Force, il n’est pas nécessairement placé sous l’autorité du chef d’état-
228
major . Dans ce cas, il n’a pas autorité sur les bureaux de l’état-major chargés du soutien. Cependant,
en fonction de la situation, le COMANFOR peut lui déléguer l’OPCON des unités de soutien.

La DAL de l’opération désigne généralement une ou plusieurs armées responsables du soutien (ARS).

Dans tous les cas, la coordination logistique interarmées de théâtre reste de la responsabilité de
l’ASIA. Ce dernier est chargé, en particulier, de veiller à la coordination interarmées des actions
de soutien menées par les forces pré-positionnées et les unités projetées.

2.3 Moyens logistiques de niveau théâtre

L’ASIA, s’il est extérieur au PC de force (cas notamment d’une opération multinationale) dispose d’un
PC interarmées (PC SNF : Soutien National France) et de moyens de soutien national (NSE : National
Support Elements).

Ces moyens de soutien national, généralement placés sous OPCON de l’ASIA, sont déployés dans la
base logistique interarmées de théâtre (BLIAT) qui englobe :
- les points d’entrée - sortie du théâtre et les aires de transit ;
- des dépôts de ressources logistiques ;
- des moyens logistiques lourds et peu mobiles (hôpitaux, par exemple).

La BLIAT est implantée à l’intérieur de la zone arrière des opérations (ZAR).


Placée sous OPCON de l’ASIA, le COMZAR – s’il existe – n’exerçe vis-à-vis d’elle que le TACON.
Les missions du COMZAR comprennent la sauvegarde de la ZAR, la gestion des mouvements et
stationnements, parfois une part des actions civilo-militaires et des liaisons avec les autorités civiles. La
ZAR inclut souvent la zone de déploiement des forces aériennes.

228
Si l’opération est de faible ampleur, l’ASIA peut être un des sous-chefs d’état-major sous l’autorité du
chef de l’état-major de la Force.

498
3. Logistique tactique
L’organisation logistique du niveau tactique est ajustée aux besoins dans un souci d’économie et
d’allégement des unités de combat. À cet effet, à l’exception de la brigade, chaque échelon tactique
dispose de moyens logistiques en rapport avec son autonomie logistique :
- la base logistique terrestre (éventuellement articulée en deux échelons), est adaptée au soutien de
la composante terrestre (groupement de forces du niveau corps d’armée) ;
- la base logistique divisionnaire (BLD) est adaptée au soutien d’une division. Sa capacité éventuelle
à constituer une base logistique divisionnaire avancée lui permet de s’adapter à la manœuvre
tactique ;
- au niveau des groupements tactiques qui disposent d’une certaine autonomie logistique déterminée
229
avant l’opération, d’une part les trains de combat n°3 (TC 3) qui rejoindront la BLD, d’autre part
les trains de combat n°2 (TC 2) ;
- les trains de combat n°1 (TC 1) au niveau des unités élémentaires (UE).

4. Déploiement logistique possible

TC2 TC2
TC2
BLDA
BLD
BLIAT BLD

BLDT

Limite avant
ZAR

229
Le récent changement d’appellation du train régimentaire en train de combat n°3 répond à la réalité des engagements actuels.
Ceux-ci ne nécessitent pas systématiquement le déploiement d’une BLD, où est habituellement implanté cet échelon
logistique, mais plutôt de conserver à proximité ce train de combat qui se situerait alors dans le sillage du TC2.

499
LES ZONES LOGISTIQUES ET LE SOUTIEN
TRANSPORT RAVITAILLEMENT
1. L’armement des zones logistiques
Les différentes zones logistiques sont mises sur pied à partir du commandement des forces terrestres
(CFT) et en particulier de la brigade logistique. Dans le cas particulier des bases logistiques
divisionnaires (BLD), ce sont les quatre régiments de soutien du train qui ont vocation à constituer
l’ossature de ces zones, sur lesquels viendront s’agglomérer les autres fonctions logistiques : soutien
pétrolier, santé, maintenance, soutien de l’homme…

Distances et dimensions des zones (à titre indicatif)

150 à 200 3000 km² 1000 à 7000 Métropole


ADCONFR
km BLIAT km

200 à 400 km

300 à 600
km²
BLT

150 km² < 150 km 150 km²


BLTA BLTT

2
400 km

80 km² 80 km²
BLDA 20 à 60 km BLDT

TC2 TC2
TC2

Il faut noter qu’il n’y a aucun lien de subordination entre la BLIAT et la BLT. La première est
subordonnée à l’ADCONFR, la deuxième au LCC. La BLD est subordonnée au PC DIV. La BLTA est
subordonné à la BLT. La BLDA est subordonnée à la BLD.

500
2. La base logistique interarmées de théâtre (BLIAT)
2.1 Généralités
La BLIAT est déployée dans la zone d’arrivée d’un théatre d’opérations. Base fixe, déployée hors de
nos frontières, le plus souvent interarmées, elle peut être intégrée à une base logistique interalliée. Elle
est dépendante de l’infrastructure portuaire, aéroportuaire ou ferrée de la zone d’arrivée des forces. Les
moyens terrestres nationaux, déployés par le CFT, assure la continuité métropole - théâtre. Aux ordres
de l’ADCONFRANCE dans un cadre multinational et/ou du COMANFOR dans un cadre national, elle
regroupe toutes les fonctions spécialisées de la logistique des forces et des actions civilo-militaires. Elle
élabore les accords techniques et les contrats relatifs à l’utilisation des ressources locales, assure les
transits et les stockages à terre et coordonne les évacuations sanitaires en liaison avec la métropole.
En cas de nécessité, elle arme un centre d’évacuation des ressortissants et/ou un camp de
regroupement de prisonniers ou de réfugiés.

2.2 Organisation de la BLIAT


La base logistique interarmées de théâtre (BLIAT) est armée par le groupement de soutien interarmées
de théâtre (GSIAT). Elle peut inclure d’autres entités comme des National Support Element (NSE) de
pays alliés, des Multinational Integrated Logistic Unit (MILU).

La structure de la base logistique interarmées de théâtre comprend 2 grandes zones principales :


- une zone de transit intermodal ;
- une zone de soutien interarmées comportant des dépôts.

 La zone de transit intermodal


Elle est l’aire géographique qui concentre les infrastructures d’entrée et de sortie sur le théâtre pour
toutes les forces quel que soit leur mode d’acheminement : maritime, ferroviaire, aérien ou terrestre.
Elle peut donc comprendre des infrastructures portuaires et ferroviaires qui elles-mêmes peuvent être
civiles, militaires ou mixtes, prêtées, louées ou réquisitionnées (nation hôte).

 La zone de soutien interarmées


Elle est une vaste zone de dépôts qui comprend six zones affectées :
- au soutien de l’homme ;
- à la maintenance ;
- au soutien sanitaire ;
- au soutien pétrolier ;
- au soutien au stationnement (matériaux et chantiers) ;
- au transport.

3. La base logistique terrestre


3.1 Généralités
La base logistique terrestre (BLT) est armée par le groupement de soutien terre (GST). Elle peut inclure
d’autres entités comme des NSE de pays alliés. La BLT agit au profit des unités françaises de la
composante terrestre.

La mise sur pied d’une Base logistique terrestre (BLT) est conditionnée par 3 facteurs :
- lorsque le volume des forces projetées est important (plusieurs groupements de forces du niveau de
la division) ;
- lorsque les élongations entre l’arrière (la BLIAT) et l’avant (les unités au contact) l’imposent ;
- lorsque la France exerce les responsabilités de nation cadre (lead nation) de la composante
terrestre.

501
La Base logistique terrestre représente la composante lourde et semi-mobile du dispositif logistique de
théâtre regroupant tout ou partie des moyens nécessaires au soutien de ces groupements de forces :
- « lourde » par le volume, la diversité et les quantités de ressources nécessaires au soutien des
groupements de forces ;
- « semi mobile » car, à la différence de la BLIAT, elle n’est pas liée aux infrastructures aériennes,
maritimes ou ferroviaires existantes sur le théâtre. De plus, elle peut être amenée à se déplacer ou
mettre lui-même sur pied un détachement ou une base avancée afin de soutenir les forces au
contact à une distance raisonnable. La composition d’une telle base avancée est adaptée aux
besoins de la manœuvre. Sa durée sur une même position est de 72 heures maximum.

Par sa mise en œuvre, le BLT assure la continuité des flux logistiques entre la Base logistique
interarmées de théâtre et les bases logistiques divisionnaires.

3.2 Missions de la BLT


La base logistique terrestre assure 2 missions principales :
- le soutien des divisions pour l’ensemble des fonctions logistiques ;
- le ravitaillement des unités non endivisionnées.

Le soutien des divisions s’effectuera principalement à partir de dépôts intermédiaires. Le ravitaillement


des unités non endivisionnées induira la mise en œuvre d’une zone de ravitaillement dans laquelle les
TC 2 pourront directement récupérer les ressources commandées.

3.3 Organisation de la BLT


La composition de la BLT s’apparente à celle de la zone de soutien interarmées en BLIAT :
- une zone SOUTIEN DE L’HOMME ;
- une zone MAINTENANCE ;
- une zone SANTÉ ;
- une zone SOUTIEN PÉTROLIER ;
- une zone TRANSPORT ;
- éventuellement, une zone SOUTIEN AU STATIONNEMENT (infrastructure opérationnelle).

4. La base logistique divisionnaire


La base logistique divisionnaire (BLD) est armée par le groupement de soutien divisionnaire (GSD). Elle
peut inclure d’autres entités comme des NSE de pays alliés. La BLD agit au profit de la division.

4.1 Le soutien logistique divisionnaire

 Subordination logistique
La subordination logistique de la division dépend du type d’engagement et de son caractère national ou
multinational. Le cadre d’emploi le plus probable et le plus dimensionnant d’une division française sera
un engagement multinational, dans lequel la dite division sera l’une des grandes unités constituant la
composante terrestre. Le soutien logistique restant une responsabilité nationale, la division constitue
dans ce cadre un échelon logistique majeur où convergent la chaîne de commandement opérationnelle
multinationale et la chaîne de commandement national (ADCONFRANCE).

Deux cas sont possibles :

 Premier cas : la division multinationale


Le soutien des unités de la division est assuré par une combinaison d’une part de moyens mis en
commun, fournis par la nation pilote, d’autre part de moyens strictement nationaux. Des détachements
de liaisons provenant des éléments de soutien nationaux peuvent être mis en place auprès du PC de la
division pour faciliter la prise en compte des besoins particuliers de chaque contingent et de la
coordination logistique. La base logistique divisionnaire regroupe dans ce cas des unités logistiques

502
strictement nationales (NSE = National Support Element) et des unités chargées du soutien mutuel. Le
commandement de la base est assuré par la nation pilote ou par la nation désignée par des accords
particuliers à l’opération.

 Deuxième cas : la division nationale constitue à elle seule la composante terrestre


de l’opération
Ce cas correspond principalement à une opération nationale (pour mémoire) :
- la grande unité est subordonnée au COMANFOR ;
- le soutien de niveau supérieur est de la responsabilité de l’ASIA intégré au PC de théâtre qui met
en œuvre une base logistique interarmées de théâtre ;
- la grande unité dispose d’un échelon logistique lui conférant l’autonomie logistique fixée par le
commandement (moyens de commandement et d’exécution).

Relations logistiques entre la division et les éléments soutenus :


La division soutient sans intermédiaire les GTIA, que ceux-ci appartiennent à une brigade ou fassent
partie des éléments organiques divisionnaires. Les relations logistiques qui s’établissent entre les GTIA
et la division dépendent du type de soutien.

 Les demandes
Si leurs besoins en ravitaillement sont conformes aux consommations autorisées prévues dans l’OAL
ou l’OPORD, alors les formations soutenues (régiments / bataillons des brigades et Éléments d’Appui et
de Soutien Divisionnaire (EASD)) adressent des « demandes normales » pour action aux zones
fonctionnelles du GSD. En revanche, si leurs besoins excèdent les consommations autorisées et/ou
allocations consenties, elles adressent alors des « demandes exceptionnelles », pour action au PC
brigade (régiments / bataillon) ou au PC DIV (EASD), et pour information au PC de la BLD et aux PC
230
des zones fonctionnelles concernées . Dans ce cas, la satisfaction de la demande ne s’effectue que
sur ordre de la division.

 Les comptes rendus


Les formations soutenues (régiments / bataillons) des brigades transmettent leurs comptes rendus de
situation au PC de la brigade, tandis que les EASD les adressent au PC de la division. Ces deux PC
sont des échelons de synthèse aptes à diffuser des ordres de conduite logistiques à leurs unités
subordonnées.

 Principes d’organisation du soutien logistique divisionnaire


L’organisation logistique doit permettre aux formations de disposer en temps opportun de toutes les
ressources nécessaires à l’exécution de leurs missions. Les menaces qui pèsent sur la division
concernent toute la profondeur de la zone. Les opérations logistiques doivent donc se dérouler avec le
souci constant du compromis entre la mobilité, la sûreté (dispersion, camouflage) et le rendement
maximal des moyens engagés.
La division dispose des moyens logistiques et des ressources qui lui assurent le degré d’autonomie
nécessaire. L’échelon de niveau corps d’armée est responsable de leur mise en place et de leur
maintien au niveau requis pour l’action dont est responsable le commandant de division. L’organisation
du soutien logistique de la division dépend de sa composition, notamment de son caractère mono ou
231
multinational, de sa subordination et du type d’engagement.
L’organisation (et le fonctionnement) logistique exclut toute planification rigide et figée. L’adaptabilité
aux nécessités et aux aléas des combats comme aux changements d’attitude et de subordination ou de
rattachement est impérative.

 La manœuvre logistique divisionnaire


La manœuvre des soutiens constitue un compromis entre la mobilité liée au rythme du combat et au
maintien des soutiens à bonne portée logistique d’une part, et la stabilité nécessaire aux unités
spécialisées pour accomplir leurs tâches spécifiques d’autre part. La ressource comptée et parfois

230
Uniquement si le réseau de théâtre permet de la TD entre les formations abonnées et la BLD.
231
Correspondant aux notions de brigades de type n°1, 2 ou 3.

503
limitée en moyens implique une réévaluation du besoin pour chaque phase de la manœuvre. Les
responsables des PC de division doivent donc raisonner en terme d’effets à obtenir avec un souci
constant du rendement. Il en résulte des contraintes pour la manœuvre et la gestion de l’espace en
zone des opérations arrière (ZOAR), en particulier :

- dans les phases offensives, la planification doit viser à maintenir les échelons de soutien et la
ressource à bonne portée des formations de combat ;
- les phases défensives exigent une anticipation planifiée du besoin initial du combat et du repli du
dispositif logistique afin de minimiser les pertes de capacité voire de ressources.

La manœuvre logistique s’articule en quatre domaines principaux au niveau divisionnaire : le transport-


ravitaillement qui inclut le soutien pétrolier, la maintenance, le soutien de l’homme et le soutien médical.
Les moyens logistiques en zone divisionnaire sont déployés en deux échelons :
- un échelon avant, comprenant les trains de combat des groupements (entre 20 et 30 groupements
par division), répartis en 2 niveaux, inclus, dans la zone des opérations rapprochées (ZOR, c’est-à-
dire la zone d’action des brigades subordonnées) :
er
o trains de combat n° 1 (TC 1) dans le sillage des unités élémentaires de 1 échelon,
o trains de combat n° 2 (TC 2) dans le sillage du PC bataillonnaire où peuvent être
intégrés ou colocalisés des renforcements divisionnaires. Ils disposent des moyens
232
nécessaires au soutien immédiat du combat (majeure partie de la SRCM , des
services techniques et du poste de secours) ;
- un échelon arrière, comprenant des moyens destinés à soutenir le combat de façon immédiate en
complément de l’échelon avant. Il s’agit des moyens de la base logistique divisionnaire et du
reliquat des moyens du corps de troupe, les trains régimentaires (les services administratifs des
corps, le service approvisionnement en vivres, éventuellement les moyens lourds des services
techniques), trains de combat n° 3.

Le groupement de soutien divisionnaire, qui arme la BLD, possède dans sa structure la capacité de
manœuvrer. Ainsi, il peut être scindé en deux éléments :
- soit un GSDA mettant en œuvre une base logistique divisionnaire avancée (BLDA) ;
- soit un GSDT mettant en œuvre une base logistique divisionnaire temporaire (BLDT).

Outre ces deux possibilités, le GSD peut déployer un plot logistique en zone de brigade avec pour but
de répondre ponctuellement à un besoin spécifique de soutien. Il s’agit d’un rendez-vous des moyens
logistiques divisionnaires représentant tout ou partie des fonctions logistiques avec un ou plusieurs
TC2.

La mise sur pied d’une BLDA ou d’une BLDT est effectuée sur ordre du G4 du PC de la division :

 Une base logistique divisionnaire avancée (BLDA)


Le groupement de soutien divisionnaire avancé (GSDA) constitue une projection avancée du GSD. Il se
traduit par le déploiement d’une base logistique divisionnaire avancée (BLDA). Sa mise en œuvre est
déterminée selon les nécessités suivantes :
- dans une manœuvre offensive, pallier un allongement des élongations pouvant mettre en cause la
continuité du soutien (la distance entre les TC2 et la base logistique divisionnaire ne devant pas
excéder 60 km ou 2 heures de trajet) ;
- dans une manœuvre rétrograde, pallier au contraire une compression des élongations avec la ligne
des contacts, source d’insécurité croissante.

En tout état de cause, la BLDA reste sous le contrôle opérationnel de la BLD : le commandant désigné
de la BLDA (le commandant en second, généralement), demeure toujours aux ordres du commandant
de base (sur sa fréquence de commandement).
La BLDA est systématiquement déployée dans la zone de responsabilité de la division. Sa mise en
œuvre se traduit généralement par un report de la « limite avant de zone arrière divisionnaire
(LIMAVZARDIV) ».

232
Section ou peloton de ravitaillement carburant-munitions.

504
L’échelon avant de la BLD, formant la BLDA, peut avoir une durée d’activation généralement comprise
entre 12 et 36 heures. L’échelon arrière bénéficie normalement d’une stabilité de l’ordre de 48 à 72
heures. La BLDA est donc caractérisée par une mobilité supérieure par rapport à l’échelon arrière.
Les relations de commandement au niveau de la BLDA sont les suivantes :
- le commandant désigné de la BLDA a autorité directe sur :
o le commandant de l’élément de soutien vie protection,
o le chef de l’élément de régulation renseignement,
o le commandant désigné de la zone de ravitaillement transport de la BLDA ;

- le commandant désigné de la BLDA exerce le contrôle tactique (TACON) sur :


o l’unité du matériel, responsable de la zone maintenance de la BLDA,
o l’unité santé, responsable de la zone soutien santé de la BLDA,
o l’unité du commissariat, responsable du soutien de l’homme de la BLDA,
o tout autre élément de soutien nécessaire à la mission, y compris tout ou partie d’un
NSE allié.

TC2 TC2

TC2

BLD BLDA
TC2

TC2 TC2

 Une base logistique divisionnaire temporaire (BLDT)


La brigade de type n° 1 agissant au sein d’une division nationale n’est pas un échelon logistique
permanent. Les groupements qui la composent sont directement rattachés à la Base logistique
divisionnaire.
Cependant, lors d’une phase particulière de la manœuvre, la brigade peut être temporairement amenée
à agir isolement. Dans ce cas, des éléments logistiques divisionnaires peuvent lui être adaptés ou
détachés, au sein d’une base logistique divisionnaire temporaire (BLDT), afin de lui conférer
l’autonomie logistique nécessaire.

505
BLD

TC2 TC2

BLD

TC2

TC2

TC2
TC2

Le groupement de soutien divisionnaire temporaire (GSDT) est créé à partir des moyens de
commandement et de logistique du GSD.
La BLDT est généralement placée, pour la circonstance et pour la durée de son déroulement, dans la
zone d’action et sous contrôle tactique (TACON) de l’unité chargée de cette action. Elle reçoit ses
ordres fonctionnels du G4 de la division.
Il s’agit en outre d’un détachement autonome, ce qui constitue une contrainte lourde pour les chaînes
fonctionnelles, le soutien santé en particulier.
En fonction des besoins en soutien exigés par la mission, tout ou partie des zones fonctionnelles
logistiques de la BLD peut être représenté au sein de la BLDT. Le GSD met alors en place les
structures de commandement nécessaires. Le commandement de la BLDT est généralement confié
au commandant en second du GSD, en particulier si elle est composée de plusieurs secteurs.

 Mise en œuvre d’un plot logistique.


Destiné à soutenir temporairement, dans un domaine fonctionnel, un groupement de force
subordonné à la division ou une action particulière, le plot logistique est créé à partir de moyens
restreints prélevés dans le domaine fonctionnel concerné, y compris les moyens de commandement.
Le plot logistique n’est jamais placé sous OPCON du groupement soutenu. Son autonomie et sa
durée d’action sont limitées.

4.2 Le commandement logistique de la division


Le chef d’état-major assure la cohérence et la continuité de la manœuvre dans ses aspects tactique et
233
logistique. Sous l’autorité du sous-chef d’état-major logistique , la manœuvre logistique de la division
est conçue et conduite par le PC de division (G4). Elle est exécutée par la base logistique
divisionnaire dont le fonctionnement est coordonné par un régiment de soutien.

Il comprend plusieurs sections dont le nombre et la composition sont spécifiques à chaque


engagement :
- Le chef de bureau
Placé sous l’autorité du S/CEM logistique, il conçoit et conduit la manœuvre logistique de la division. Il
a autorité sur les sections généralistes et les sections spécialisées du G4 ;

- La section PLANIFICATION/CONCEPTION

233
Il exerce toutes les attributions relatives à la conception, la planification et la conduite de la logistique opérationnelle. Il a
autorité sur les cellules B1 (personnel), B4 (soutien log) et B8 (budget) qui constituent le module soutien du PC division.

506
Au niveau de la conception, elle évalue les possibilités, les impératifs et les contraintes logistiques
pour en estimer l’impact sur la manœuvre future afin de :
o préparer les décisions,
o rédiger les ordres logistiques et les directives particulières,
o coordonner les travaux de planification des cellules spécialisées,
o planifier et préparer les déploiements successifs de la base logistique divisionnaire,
o proposer et planifier les limites de la zone arrière de division,
o organiser les flux logistiques,
o exprimer les demandes de soutien ;

- La section COORDINATION/SYNTHESE
Elle est chargée de :
o coordonner la conduite de la manœuvre logistique,
o préparer les synthèses logistiques,
o mettre à jour la partie logistique du SICF (implantations log, TC2),
o coordonner en liaison avec 2D les déploiements / implantations,
o rédiger les ordres de conduite pour le PC de la BLD,
o traiter les demandes exceptionnelles ;

- La section RAVITAILLEMENT/TRANSPORT/TRANSIT
En coordination avec les autres cellules du G4 et avec la cellule " 2D ", elle est chargée de :
o Ravitaillement :
 Organiser et conduire les ravitaillements dans les domaines logistiques tel
que le carburant et les munitions,
 Suivre au quotidien les flux logistiques en provenance de la BLT vers la BLD
et de la BLD à destination des formations, en particulier lorsqu'ils
correspondent à une demande exceptionnelle,
 Suivre l'évolution de la manœuvre des ravitaillements (capacité des unités
logistiques, consommation et niveaux, adaptation du dispositif ravitaillement à
la manœuvre),
 En liaison avec la section B4 coordination synthèse, instruire les demandes
exceptionnelles dans les domaines carburant et munitions,
 Exploiter les comptes-rendus ravitaillement des unités prévus par la
procédure et préparer pour la section coordination synthèse, les synthèses
quotidiennes à destination de l'échelon supérieur et du PC, sur la situation
ravitaillement de la division (potentiel résiduel et prévisible) ;

o Transport :
 Collationner et exploiter tous les renseignements nécessaires à une bonne
exécution des flux logistiques : situation de la division, menaces, configuration
des déploiements,
 Planifier, contrôler et conduire l'ensemble des transports terrestres, aériens,
maritimes ou par voies navigables,
 Tenir à jour la situation des flux logistiques à destination et en partance de la
BLD, en particulier lorsque ces flux correspondent à une demande
exceptionnelle, ainsi que la situation des vecteurs et des moyens de
manutention et de levage de la BLD,
 Exploiter et transmettre les comptes-rendus transport prévu par la procédure,
 Instruire les demandes de transport exceptionnelles.

o Transit :
 Participer à l'élaboration des plans de déploiements à l'aide du programme
ADAMS,

507
 Participer à l'élaboration et à la conduite des opérations de Transit
(personnels et matériels) durant toutes les phases d'un engagement (pré-
acheminement, déploiement, post-acheminement) ;

- La section MAINTENANCE
Elle est chargée de :
o participer à la conception / rédaction des ordres à la maintenance,
o diffuser et faire appliquer les directives techniques,
o planifier en liaison avec la cellule « mouvement – transport », les actions centralisées
de récupération de matériels détruits, endommagés ou abandonnés,
o rédiger les comptes rendus,
o conduire les opérations,
o préparer les synthèses,
o déterminer en liaison avec les corps possédant des UMR, l’emploi de ces dernières,
en envisageant l’accueil de tout ou partie de celles-ci en zone maintenance de BLD
ou de BLDA selon le rythme de la manœuvre,
o instruire les demandes exceptionnelles ;

- La section SOUTIEN SANITAIRE


Elle est chargée de :
o participer à la conception / rédaction des ordres au soutien sanitaire,
o diffuser et faire appliquer les directives,
o conduire les opérations,
o rédiger les comptes rendus,
o préparer les synthèses,
o instruire les demandes exceptionnelles ;

- La section SOUTIEN DE L’HOMME


Elle est chargée de :
o participer à la conception / rédaction des ordres pour la partie SH,
o suivre les ressources et le déploiement de ses formations,
o rédiger les comptes rendus,
o préparer les synthèses,
o conduire les opérations,
o instruire les demandes exceptionnelles ;

- La section SOUTIEN AU STATIONNEMENT


Elle est chargée de :
o assister le commandement (reconnaissances, études de faisabilité, élaboration et
conduite des opérations d’infrastructure, gestion des crédits),
o gérer le domaine occupé par la division,
o maîtriser l’environnement,
o réceptionner et analyser les besoins,
o produire et traiter de l’eau,
o produire de l’énergie électrique,
o approvisionner en matériaux, matériels et équipements,
o concevoir et planifier,
o coordonner ses activités avec celles des cellules 2D génie, ACM génie et du CMO.

508
4.3 La mission du PC de la BLD
La mission du PC de la BLD, armé par le GSD, est de contrôler les différentes formations appartenant
à la BLD dans les domaines suivants :
- déplacement, bascule et déploiement du groupement ;
- sûreté et sécurité ;
- régulation des flux logistiques et contrôle des mouvements internes entre les zones spécialisées ;
- soutien des éléments non autonomes ;
- mise sur pied d’un GSDA ou d’un GSDT (sur ordre du B4 de la division).

À cet effet, en tant que responsable de l’exécution de la manœuvre des moyens de soutien de la
division, le PC de la GSD conduit les actions suivantes :
- participer sous l’autorité du B4 à la conception de la manœuvre en ayant une information globale
sur les niveaux et les actions logistiques en cours ou futures, transmises :
o par le B4 de la division,
o par les commandants des différentes zones de domaine,
o par le niveau de responsabilité supérieur ;
- préparer et commander les déplacements du groupement ;
- préparer et commander les déploiements du groupement en intégrant les contraintes propres à
chaque domaine ;
- définir le rattachement des trains régimentaires aux différentes zones fonctionnelles ;
- organiser la sauvegarde des unités déployées au sein de la base ;
- constituer, commander et déployer un GSDA ou un GSDT (sur ordre de la DIVLOG du PC DIV) ;
- assurer les opérations de soutien interne du RT/RS et des unités qui lui sont rattachées.

4.4 Le PC de la brigade (cf TTA 904)


La brigade n’étant pas un échelon logistique, son PC ne dispose que d’une cellule logistique (S4) dont
l’effectif très faible ne permet que d’assurer un suivi de situation logistique.
Elle a pour rôle de :
- participer à l’élaboration de la conception du soutien en liaison avec le B4 de la division :
o suivre la situation logistique des unités de la brigade et anticiper sur leurs besoins à
l’aide des bilans prévisionnels,
o faire les synthèses logistiques au profit du B4,
o donner un avis sur les demandes exceptionnelles (hors OAL), juger de leur
opportunité, exprimer les demandes retenues au B4 et proposer les priorités le cas
échéant ;
- vérifier la cohérence entre la situation logistique et la manœuvre envisagée.

4.5 Organisation et missions de la BLD (coercition de force)


- Commandement
Le chef de corps du régiment du train affecté à la division est le commandant désigné de la BLD. Il
exerce le TACON, pour les déplacements, les déploiements et la sûreté, sur la totalité des zones
fonctionnelles. En tant que chef de détachement de première catégorie, il assure le contrôle
administratif sur les unités qui lui sont subordonnées ou rattachées.
Il exerce le contrôle opérationnel sur les unités élémentaires de son régiment.
Il délègue ses attributions au chef de l’EMT, qui met en œuvre le groupe de commandement de zone
ravitaillements – transport (GCZ), pour l’exécution du métier soutien aux ravitaillements par voie
terrestre.

Si la situation l’exige, il peut recevoir délégation pour basculer temporairement des moyens d’une
zone au profit d’une autre dans la mesure où ce transfert n’a pas pour conséquence de remettre en
cause l’exécution de la mission. Dans le cas contraire, la décision de transfert incombe à la division.
Lorsque la France est nation cadre, des NSE peuvent être déployés dans la BLD, dès lors qu’ils
acceptent d’être placés sous TACON du commandant de base.

509
Le commandement fonctionnel s’exerce, domaine par domaine, par l’état - major de la division (B4)
sur les zones fonctionnelles du groupement de soutien divisionnaire qui sont chargées de l’exécution
du soutien logistique.

- Subordination :
La BLD est aux ordres directs du PC de la division. Ces mêmes dispositions s’appliquent dans le cas
de la mise en œuvre d’une BLDA ou d’une BLDT.

Les unités subordonnées placées sous OPCON du GSD sont :


o le PC de la BLD ;
o le secteur convois et les PRR ;
o le commandant de l’ECL, chargé de mettre en œuvre la zone commandement –
soutien - vie – protection ;
o le commandant désigné du GSDA ;
o éventuellement les moyens donnés en renforcement pour assurer la sûreté de la
base.

- Les unités placées sous TACON sont :


o l’unité du matériel, responsable de la zone maintenance ;
o l’unité santé, responsable de la zone soutien sanitaire ;
o l’unité du CAT, responsable de la zone soutien de l’homme ;
o le PC de l’EMT (groupe de commandement de zone), responsable de la zone
ravitaillements / transport ;
o les trains de combat n°3 (TC3) des corps ;
o les unités et organismes rattachés ou transitant en BLD ;
o éventuellement les unités de soutien alliées déployées en BLD (NSE).

- Les liaisons
e
Le PC de la BLD est assimilé à une zone de PC de 3 niveau et bénéficie à ce titre des moyens de
raccordement et des services mis en place par la brigade de transmissions et d’appui au
commandement (BTAC).
Pour assurer l’acheminement des ordres et comptes rendus et permettre la coordination entre les
zones fonctionnelles, la base logistique divisionnaire doit disposer :
o de liaisons externes vers le PC de la division, les PC de brigade, les PC des unités
soutenues et le BLT ;
o de liaisons internes entre le PC de la base et les différentes zones fonctionnelles dont
l’unité de soutien de la brigade alliée ;
o de détachements de liaison (notamment BLT et PC DIV) .

- Articulation
Le système logistique divisionnaire s’articule autour de formations spécialisées dans leur domaine de
soutien : renseignement - régulation, transport-ravitaillement, maintenance, soutien de l’homme,
soutien santé et soutien de zone.
Ce système est dimensionné en fonction d’une part, du volume et des caractéristiques des forces à
soutenir et d’autre part, de la nature, de la durée et de l’intensité de l’engagement. Il est réactif aux
évolutions de situation.

4.6 Fonctions assurées par le régiment de soutien (régiment du train)


Au sein de la BLD, le régiment de soutien (RS) a la capacité de fournir :
- les moyens de commandement ;
- les moyens de régulation ;
- les moyens de transport et ceux nécessaires au ravitaillement des unités de la DIV.

510
Le commandant de division dispose de moyens de transport terrestre regroupés au sein de la base
logistique divisionnaire. Il n’y a normalement pas de moyens de transport terrestre spécifiques à
l’échelon de la brigade, mais les bataillons possèdent des capacités adaptées à leur autonomie
initiale. Le dimensionnement, l’échelonnement et la nature des moyens de transport, ainsi que les
besoins en structure de commandement résultent des facteurs suivants :
- le cadre géographique : éloignement du théâtre, élongations sur le théâtre, climat… ;
- le cadre tactique : nature de l’engagement et modes opératoires, changements de posture,
menaces sur les lignes de communication, voire leur coupure, volume et nature de la force à
soutenir, variation et diversité des taux de consommation et de pertes, élongations entre les
différents échelons logistiques…

L’économie des moyens est réalisée en ne déployant que les structures et moyens strictement
nécessaires pour soutenir les différentes phases de la manœuvre et en adoptant un système efficace
de gestion et de régulation des moyens et des flux.
La sauvegarde passe par une dispersion des ressources, la sûreté des lignes de communications et
des actions de défense (escorte des convois, défense d’ensemble, ...).
Les moyens terrestres de la fonction Transport appartiennent pour l’essentiel, aux escadrons de
transport du régiment de soutien. Mais une fraction continue d’appartenir à tous les groupements, au
sein des TC 2, ou à certaines unités logistiques d’approvisionnement.
Ces escadrons de transport ont une double mission :
- assurer le système d’acheminement des ravitaillements par voie routière (hors certains transports
spécialisés). Ce système s’appuie sur deux fonctions nettement identifiées en organisation : une
fonction manutention - régulation et une fonction transport ;
- armer les secteurs transport et ravitaillement de la BLD.

4.7 Les PC de zones fonctionnelles


Il convient de distinguer deux types de PC :
- les PC armés par le régiment : PC du GSD (zone de commandement – vie – soutien – protection
armée par l’UCL) et PC ZRT (zone de ravitaillement transport) de la zone fonctionnelle par les
unités élémentaires ;
- les PC des autres formations (zone maintenance, zone soutien médical, zone soutien de l’homme
et zone génie - rétablissement de zone le cas échéant).

511
La force de soutien logistique en BLD

L’organisation de la BLD peut être analysée en termes de capacités ou de déploiement.

- en termes de capacités :
le PC division donne des ordres à la BLD en matière de
manœuvre et de déploiement (Cf. OAL de la division)
ainsi que des ordres techniques pour l’ensemble des
fonctions : RAV, maintenance, santé, soutien de
l’homme (consommations autorisées, allocations
consenties par l’échelon supérieur, taux de pertes et de
dommages, ordres en matière d’administration, de
conduite à tenir quant aux réfugiés, prisonniers …) ;
- en termes de déploiement : en général, la BLD est
organisée autour d'une zone commandement et de
quatre zones spécialisées.

L’environnement de la BLD inclut toujours les trains régimentaires des unités de la division.

 Zone commandement - vie - soutien


Pour assurer son fonctionnement et son soutien propre y compris celui des unités qui lui sont
rattachées (temporairement ou non) la BLD met en œuvre une zone de commandement et de soutien
armée par l’escadron de commandement et de logistique du régiment de soutien.

 Commandement
La zone commandement – vie – soutien – protection constitue l’une des zones de la BLD. Elle est
subordonnée au chef de corps du RT/RS. Sa vocation est de rassembler tous les moyens nécessaires
pour assurer le commandement de la base. Le commandement de la zone est assuré par un officier
supérieur du RT/RS désigné par le chef de corps du régiment, commandant la BLD. Cet officier sera

512
de préférence le chef du BML du RT/RS. La zone commandement - vie - soutien protection est mise
en œuvre par l’Escadron de Commandement et de Logistique (ECL) du Régiment du Train renforcé.

 Mission
La mission de la zone commandement – vie – soutien – protection est de:
- fournir les moyens de commandement de la BLD et de la BLDA ou BLDT. Cette mission incombe
au secteur commandement ;
- assurer le soutien logistique interne du RT/RS. Cette mission incombe au chef du BML qui
dispose pour une grande partie des moyens du secteur train de combat n° 2 (TC2) et du secteur
train de combat n°3 (TC3) ;
234
- assurer le soutien logistique et la protection du PC de la BLD et BLDA ou BLDT .

 Organisation - Moyens
La zone commandement – soutien – vie - protection comprend quatre secteurs :
- le secteur commandement ;
- le secteur train de combat n°2 ;
- le secteur train de combat n°3 ;
- le secteur soutien- vie - protection.

SCHEMA DE LA ZONE COMMANDEMENT SOUTIEN VIE PROTECTION EN BLD

CSS PQG

Îlot soutien vie protection

Îlot train de combat n° 2


Îlot commandement

ADM PS INF
Îlot train régimentaire

 Zone soutien médical


Le commandant du Bataillon médical (BMED) exécute, pour la partie soutien sanitaire, la manœuvre
logistique prescrite dans l’ordre administratif et logistique (OAL) et conduite par la cellule santé du B4,
qui lui adresse les directives techniques.
La zone d’action du BMED couvre l’ensemble de la zone divisionnaire. Le BMED arme la zone
fonctionnelle soutien sanitaire au sein de la base logistique divisionnaire. Le commandant de bataillon
est responsable de l’organisation de sa zone et de l’exécution de sa mission.

 Mission
Conduite par le PC division, la manœuvre du soutien sanitaire de la division est exécutée par un
bataillon médical dont la mission est d’assurer :
- le soutien sanitaire de niveau 2 :

234
Le PC BLD étant un PC de niveau 3, la zone commandement – vie - soutien pourrait être renforce d’un peloton de quartier
général.

513
o le transport des blessés depuis les postes de secours régimentaires vers une section
de triage ou, si les conditions le permettent, directement vers une formation de
traitement,
o le triage médico-chirurgical,
o le traitement des blessés extrêmes urgents (EU),
o la prise en charge médico-psychologique des réactions mentales de combat ;
- en cas de besoin, la mise en œuvre d’une chaîne de décontamination médicale NRBC ;
- le ravitaillement sanitaire de ses formations ainsi que des postes de secours régimentaires ;
- l’amorce des évacuations sanitaires ;
- dans sa zone de responsabilité, les actions de prévention, la mise en œuvre des soins médicaux
courants (y compris les soins dentaires), ainsi que la prise en charge de niveau 1 des blessés ;
- sur ordre, le renforcement d’unités (brigades, régiments) par des moyens prélevés sur sa
ressource ;
- le commandement et le soutien de ses propres éléments ainsi que de ceux qui lui sont
éventuellement donnés en renforcement par l’échelon supérieur.

La zone de soutien sanitaire (SAN) est chargée de mettre en œuvre le soutien sanitaire de niveau 2
de la division, c’est-à-dire, le transport des blessés des postes de secours régimentaires aux sections
de triage, le triage des blessés, le traitement des plus urgents, l’amorce des évacuations et le
ravitaillement sanitaire.
Cette zone est armée par un bataillon médical dont la manœuvre est conduite par la division. Cette
manœuvre du soutien sanitaire conditionne en général la manœuvre de la base. Le bataillon médical
peut bénéficier de renforcements du niveau supérieur.

 Moyens
- Coercition de forces :
o moyens organiques : 1 bataillon médical comprenant 1 section de commandement et
soutien, 2 sections de triage modulaires, 2 sections de ramassage, 1 section de
décontamination médicale NBC, 1 section de ravitaillement sanitaire, 1 section
médico-psychologique,
o renforcements temporaires par l’échelon supérieur : 1 section de triage (modulaire ou
non), des moyens d’évacuation, terrestres pour les urgences relatives (environ 2
escouades de 5 VS), et aériens pour les évacuations des urgences absolues et des
secondaires précoces (jusqu’à 6 HM EVASAN), éventuellement 1 ou 2 ACA. Dans
certaines circonstances, 1 compagnie chirurgicale mobile, comprenant une section
chirurgicale modulaire (SCM) et un groupe hospitalisation de 50 lits, pourrait venir se
déployer en zone divisionnaire ;

- Maîtrise de la violence :
Éléments organiques : 1 section de triage modulaire (+) suffit pour le triage, le traitement des EU, la
prise en charge des réactions de combat, et les soins dentaires en base de soutien ; par ailleurs, une
petite équipe de commandement et de soutien (avec 1 groupe poste de secours), une autre de
ravitaillement et 2 groupes de VS d’évacuation / ramassage complètent le dispositif de soutien
sanitaire en base ; en revanche, la dispersion, les élongations et la partition du terrain peuvent
imposer le détachement de 1 à 2 ACA (plus un éventuel module radiologique) en brigade.
De 1 à 3 HM EVASAN sont mis en renforcement.
Enfin, il est possible que des évacuations stratégiques se fassent depuis la zone divisionnaire à partir
d’un point d’embarquement voie aérienne (PEVA) mis en œuvre par l’armée de l’air sur un aérodrome
situé dans la zone de responsabilité de la division.

 Organisation
Dans le cadre de la réanimation-chirurgicalisation de l’avant, le soutien sanitaire de niveau 2 est
essentiellement consacré à l’évacuation sanitaire des blessés jusqu’aux formations de triage, au
traitement des plus urgents, à la mise en condition d’évacuation des autres blessés et à l’amorce des
évacuations sanitaires de ceux dont l’état clinique permet l'évacuation au-delà de la zone avant.

514
Une partie des matériels des structures engagées sur le théâtre peut être mise en réserve, le
personnel nécessaire à la mise en œuvre de ces moyens étant en alerte en métropole.
Selon le cadre tactique, le bataillon médical est soit autonome (il est alors unité de première
catégorie), soit rattaché, au plan administratif et de soutien, à un bataillon déployé sur la zone.

- Coercition de forces
Cas d’une base en 2 échelons :
- Échelonnement possible des moyens :
o principalement déployés en base logistique divisionnaire/zone soutien sanitaire :
 sous la responsabilité du chef de la section de commandement et de soutien,
un secteur PC / soutien (préparation et distribution alimentation -
maintenance - ravitaillement) / ravitaillement sanitaire / moyens en réserve ;
en cas de besoin, ce secteur (hormis les moyens en réserve) pourrait se
situer en base logistique divisionnaire avancée ;
 à proximité, un secteur médico-psychologique ;
e
 sur un 3 secteur, la compagnie chirurgicale mobile éventuelle ;
o principalement déployés en base logistique divisionnaire avancée :
ère
 sur une 1 pénétrante, sous la responsabilité du chef de section de triage,
un secteur triage comprenant 1 section de triage avec 1 escouade VS de
renforcement, 1 section de ramassage et 3 HM abonnés ;
 sur une 2e pénétrante, un 2e secteur identique ;
 la ou les 2 ACA éventuelles en place auprès des triages, ou bien dans une
base logistique divisionnaire temporaire en renforcement d’une unité (brigade
ou régiment) pour une mission particulière ;
o si besoin, la section de décontamination médicale NBC (2500 m2 environ) se déploie
sur 1 ou les 2 secteurs triage (sinon est conservée avec les moyens en réserve) ;
o cohérence du commandement en base :
Le PC de bataillon ne pouvant être scindé en permanence, la zone soutien sanitaire couvre les 2
échelons, la coordination nécessaire à l’organisation et au fonctionnement de chacun étant assurée
par un expert fonctionnel auprès de chaque PC. Dans le cas du déploiement d’une base logistique
divisionnaire temporaire, le chef de secteur de soutien sanitaire de ce détachement est l’interlocuteur
direct du PC.

Cas d’une base unique : la zone de soutien sanitaire comprend tous les secteurs énumérés ci-
dessus ; un expert fonctionnel est mis en place au PC base.

- Maitrise de la violence
En base, les éléments sont déployés sur une surface d’à peu près 2 hectares, comprenant :
- un PC ;
- un secteur vie - soutien ;
- la section de triage modulaire (incluant un cabinet dentaire), avec colocalisés, le PS, la cellule
hospitalisation et la cellule médico-psychologique, les personnels des VS assurant ramassage et
évacuation (6 VS) ;
- la section de ravitaillement sanitaire ;
- un parking.

Éventuellement, en fonction des élongations et des besoins, une à deux ACA renforcées de VS
peuvent être adaptées aux brigades.
Dans ce cas de figure, la présence d’un expert fonctionnel auprès du PC de base n’est pas
nécessaire, le volume des moyens, la faible activité et la sédentarité du dispositif permettant des
liaisons directes et fréquentes du commandant de bataillon.

515
 Évacuations sanitaires tactiques
Les évacuations sanitaires tactiques de niveau 2 sont réalisées par voie routière ou aérienne.

Voie routière
Selon les ordres reçus, le commandant du bataillon médical :
- assure le bon fonctionnement du flux des évacuations des blessés depuis les postes de secours
de l'avant jusqu'aux formations sanitaires de niveau 2 ;
- met en place auprès des postes de secours actifs une partie des véhicules sanitaires des sections
de ramassage afin d'amorcer les flux d'évacuation, le reste des moyens étant gardé en réserve en
base logistique divisionnaire.

Le commandant de bataillon doit être constamment tenu informé, par les formations sanitaires auprès
desquelles sont mis en place les véhicules, des mouvements des véhicules sanitaires ainsi que de
leurs prévisions de déplacements.

Voie aérienne
Chaque fois que les conditions tactiques et aériennes le permettent, des évacuations sanitaires par
hélicoptères de manœuvre sont mises en œuvre entre les unités de l’avant et les structures de
triage/traitement auxquelles elles sont abonnées.
Ces évacuations par voie aérienne s’effectuent au profit des blessés les plus urgents après leur
conditionnement médical réalisé aux postes de secours. Elles sont systématiquement médicalisées.

Pour assurer le suivi de ces évacuations, la cellule "soutien sanitaire" travaille en étroite
collaboration avec la cellule de coordination ALAT et le centre « opérations » compétent.

Amorce des évacuations sanitaires tactiques de niveau 3


Les évacuations sanitaires tactiques de niveau 3 sont du ressort de la base logistique terrestre (BLT)
et de la base logistique interarmées de théâtre (BLIAT).

Toutefois, elles sont amorcées par la division qui utilise les moyens terrestres (véhicules sanitaires de
la compagnie de transport sanitaire du régiment médical de la base logistique terre) ou les moyens
aériens (HM EVS) mis en place à cet effet par la BLIAT ou la BLT.

Les blessés en évacuation primaire sont dirigés soit par voie routière vers le poste de régulation des
évacuations (PRE) situé à l’entrée de la zone d’implantation du base logistique terrestre, soit par voie
aérienne directement vers les structures de traitement de la BLIAT et/ou de la BLT en fonction des
directives de l’adjoint santé interarmées de théâtre.

Tous les blessés traités, bénéficiant d’une évacuation secondaire précoce, sont acheminés par voie
aérienne soit vers les formations de traitement déployées en zone arrière de théâtre, soit directement
vers les points d’embarquement par voie aérienne (PEVA) de la BLIAT et/ou de la BLT.

 Zone fonctionnelle maintenance (ZFMAI)


La mise à disposition de rechanges et de matériels complets, la maintenance de proximité sont des
fonctions génériques permanentes exercées par le groupement de soutien divisionnaire. Elles sont
mises en œuvre au sein de la « zone fonctionnelle maintenance ». Cette zone est armée en
ère
détachement de 1 catégorie, par un régiment du matériel et peut recevoir en renforcement des
compagnies et sections spécialisées provenant d’autres formations.

 Missions
L’action de la zone fonctionnelle maintenance vise à restaurer la disponibilité technique des
matériels, préserver l’autonomie nécessaire à l’engagement de la division et décharger la
maintenance de contact d’opérations trop lourdes, trop longues ou trop complexes.

516
Elle a pour missions :
- d’assurer les réparations NTI 2 des matériels communs et des systèmes d’armes non
235
spécifiques appartenant aux brigades et aux EASD pour des durées d’intervention n’excédant
pas celles fixées dans l’OAL ;
- de déborder vers l’échelon arrière les matériels nécessitant un délai de réparation supérieur aux
directives ou des systèmes d’armes spécifiques non traitables par les UMR ; d’acquérir, gérer et
distribuer les stocks de ressources ressortissant à l’arme du matériel exceptées les munitions qui
sont distribuées par la zone ravitaillement/transport ;
- de reconditionner et réintégrer si nécessaire les rechanges et les matériels complets ;
- de récupérer les matériels amis selon les priorités fixées par le commandement ainsi que ceux
pris à l’adversaire et justifiant d’un intérêt particulier ;
- d’éliminer certains matériels.

 Organisation
Subordonnée au commandant du GSD (TACON), la zone fonctionnelle maintenance (ZFMAI) est
placée aux ordres du chef de corps d’un régiment du matériel. Le PC du RMAT est responsable de
l’exécution du soutien, en application des ordres de la chaîne logistique nationale (OAL), des ordres
logistiques du B4 de la division (paragraphe log des ordres d’opération) et des ordres de conduite du
CO du GSD, il établit les messages de procédure logistique et rédige les ordres de soutien aux unités.
Le volume du RMAT de division dépend du nombre d’unités à soutenir, il comprend généralement :
- 5 à 6 Compagnies de maintenance mobilité (CMM) ;
- 1 compagnie de maintenance électronique armement (CMEA) ;
- 1 compagnie approvisionnement (CAP) ;
- 1 CCL avec un PC apte à se scinder en un PC principal et un PC avancé (pour armer le GSDA ou
le GSDT).

Son organisation est la suivante :


- un secteur de commandement/vie armé par le PC d’un RMAT et sa CCL ;
- des secteurs de maintenance mobilité, chacun tenu par une CMM. Chacune comprend :
o une section de commandement avec un groupe d’évacuation à 2 EPB (capacité : 4 à
6 évacuations/jour),
o trois SRM à cinq équipes de réparation et deux équipes de levage,
o au sein des CMM, les SRM (3 en règle générale) sont normées pour assurer le
soutien d’un régiment des forces dans les domaines de la mobilité terrestre roues,
engins du génie, blindés, et AGC. Elles traitent les matériels en panne apportés par
les corps ou évacués par le groupe de récupération de la CMM (capacité : 4 à 6
évacuations/jour),
o un secteur de réparation techniques fines, armé par une CMEA, il traite l’ensemble
des réparations de matériels ou de sous-ensembles liées à l’APC, au NBC, à
l’optique, l’optronique, l’électronique, les systèmes d’information et de
commandement, les techniques d’environnement. Cette unité peut mettre en œuvre
des éléments légers d’intervention,
o un secteur approvisionnement, armé par une CAP, il assure la gestion de
l’approvisionnement et le service des commandes aux SMR des TC 2 et aux SRM du
RMAT. Il est systématiquement placé à proximité de la CCL,
o des secteurs de circonstance peuvent être armés pour accueillir des détachements
d’UMR ou de SMR/TC2.

L’activité de l’ensemble des secteurs est coordonnée par la conduite de maintenance régimentaire en
liaison avec les chefs BML des régiments et au travers des remontées d’informations issues de SIR et
de SIMAT.

235
Les corps ayant des systèmes d’armes spécifiques disposent d’une unité de maintenance régimentaire. Le RMAT de
division ne possède pas les compétences et outillages nécessaires pour traiter ce type de matériel (sauf renforcement par
l’UMR considérée, avec éventuelle mise en œuvre d’un secteur de maintenance de circonstance au sein de la zone de
maintenance).

517
Les unités proviennent des régiments du matériel du SMITER (service de maintenance industrielle
terrestre). Les régiments servant des systèmes d’armes disposant d’unités de maintenance
régimentaires (UMR) comme les formations LECLERC, LRM, éventuellement drones, HAWK/SAMP et
ALAT conservent, en général, leurs moyens de maintenance NTI 2 auprès de leur TC 2. Cependant,
le besoin de stabilité peut entraîner les corps en liaison avec la cellule « maintenance » du bureau
logistique de l’état-major de division (B4) à implanter tout ou partie de leur UMR en zone maintenance
de BLD. A l’inverse, certaines sections de réparation peuvent être adaptées auprès des TC2 de
régiments trop éloignés (génie par exemple) ou effectuant des missions particulières.

 Déploiement
Le déploiement d’une zone fonctionnelle maintenance (schéma ci-dessous) nécessite une superficie
2
de 20 à 30 km au minimum formée de terrains plats et stabilisés présentant si possible des surfaces
couvertes. Les zones industrielles ou commerciales à la périphérie des villes sont particulièrement
appropriées. À défaut, les aérodromes, parkings, silos à grains, stations-service, aires d’autoroutes ou
de routes, fermes et hangars agricoles sont recherchés en campagne.

Le déploiement de chaque compagnie du RMAT est le suivant :


- compagnie de maintenance mobilité (CMM) déployée soit en dispositif circulaire, hors
agglomération, et bénéficiant d’installations, routes, chemins favorables (surface de 5 km²), soit en
zone industrielle avec garage pour poids lourds d’une surface de 3 km² ;
- compagnie de maintenance électronique armement (CMEA) déployée sur des zones stabilisées
(3 km²) avec un délai de stabilité minimal de 24 heures ;
- compagnie approvisionnement (CAP) implantée sur une surface de 1 à 2 km², dans des entrepôts
ou des hangars.

 GSDA, GSDT, ET détachements mono-fonctionnels


Dans le cadre de la mise en œuvre d’un groupement de soutien divisionnaire avancé, le RMAT
déploie un détachement de taille et de volume variables. Ce détachement constitue la zone
maintenance du GSDA, il est commandé par un PC avancé du RMAT et placé sous TACON du GSDA
pour la durée de la mission.
Dans le cadre de la mise en œuvre d’un groupement de soutien divisionnaire temporaire, le RMAT
déploie, si besoin, un détachement maintenance. Ce détachement constitue la zone maintenance du
GSDT, il est commandé par un PC avancé du RMAT. Il est sous TACON du GSDT et sous OPCON
du S4 de la brigade.
Enfin, le RMAT peut être amené à créer un détachement temporaire de maintenance (DTM) pour une
action particulière (plot de tri-évacuation, effort ciblé au profit d’un régiment). Le PC avancé de RMAT
peut commander ce détachement où seraient regroupés des moyens NTI 2 (SRM, groupes de

518
récupération/évacuation), ainsi que des renforts provenant des SMR de TC2, ou des autres zones
fonctionnelles.

NB : Ces trois modes de soutien particuliers sont exclusifs l’un de l’autre, quand le PC avancé du
RMAT

 Zone soutien de l’homme


La zone soutien de l’homme est armée par le DETCAT. Modulé en fonction des forces à soutenir et
des actions à mener, il réalise toutes les opérations visant à la satisfaction des besoins vitaux et de
protection du combattant par la mise à disposition, la gestion et l’entretien de ressources comme
d’équipements divers (alimentation, eau, effets d’habillement et de protection (NBC inclus), matériels
de campagne, matériels funéraires…).

Il peut assurer certaines livraisons aux unités lorsque les circonstances l’exigent ou que les moyens
du RT sont hypothéqués pour d’autres missions. Il détient certains stocks de précaution dans les
ressources ressortissant de son domaine de compétence. Il est responsable également de la
réception des CTPM (conteneurs de transport post mortem) en BLD et à la BLDA. Dans ce cadre, il
constitue une aire “morgue” où les CTPM sont transférés dans les TCM (conteneurs frigorifiques
morgues) conçus à cet effet. Il vérifie les dossiers administratifs établis par les unités et organise le
transport des CTPM vers l’arrière du théâtre.

Dans l’hypothèse où un îlot SH est localisé en zone ravitaillement, les éléments du DETCAT
demeurent subordonnés pour leurs missions à la cellule SH de la division. En revanche, ils relèvent du
commandement de la zone pour l’organisation et le fonctionnement de la zone ravitaillement.

Les décisions relatives à l'emploi du DETCAT figurent dans l'ordre administratif et logistique (OAL) et
dans l’ordre initial (OI) de la BLD. Le DETCAT arme la zone fonctionnelle soutien de l’homme. Il se
compose de trois compagnies et d’une UCL :

 Organisation possible :
Le déploiement du DETCAT dépend du mode opératoire.

En coercition de force
La stabilité de la BLD étant alors limitée, la zone SH est constituée d’un détachement du DETCAT. Ce
détachement à forte mobilité est déployé au rythme de la manœuvre :
- soit au sein de la zone ravitaillement où il arme un îlot SH qui dispose prioritairement des
ressources indispensables au soutien de l’engagement (rations de combat et eau de boisson
notamment) ;
- soit, si les circonstances le permettent, au sein d’une zone SH spécifique, dont le volume devra
rester en tout état de cause compatible avec la mobilité recherchée.

Lorsqu’une BLDA est activée, le détachement du DETCAT en BLD prélève une partie de ses moyens
qui agissent au sein de la zone ravitaillement de la BLDA. Les moyens du DETCAT non inclus dans la
BLD, restent initialement au niveau de la BLT.

En maîtrise de la violence
Le DETCAT est déployé sur une zone unique et toutes les fonctions peuvent être activées (gestion,
stockage et distribution des vivres du CAT, production boulangère, activation de la chaîne eau,
maintenance des matériels de campagne…).

519
500 à 1 000 m
Entrée

Secteur Secteur
Secteur CDT vie
technique approvisionnement

CCL 1° Cie
200 2° Cie
à Îlot vivres
600 m
Îlot
PC GLCAT production de Îlot habillement
pain

Secteur affaires Îlot eau


mortuaires

Sortie
BLT PRR TC2
Zone de production
Circuit “Entrée” affaires mortuaires et stockage de l’eau
Circuit “Sortie” affaires mortuaires
Circuit “tout secteur” sauf affaires mortuaires

 Zone ravitaillement-transport
La zone ravitaillement transport (ZRT) a pour mission de ravitailler les unités de la division (affectées,
rattachées ou en transit) dans le cadre des recomplètements normaux ou des ordres de conduite
donnés par le B4.

EXEMPLE : ZONE RAVITAILLEMENTS TRANSPORT EN BLD (CONTRAT 50000 HOMMES)

Îlot CCT 2 Îlot 2 Îlot 3

Îlot CCT 1
Îlot CCT 3
Îlot 1
Îlot 4
Secteur ravitaillements Secteur transport

Îlot CVS
Îlot CVS

Îlot diversifié

HDL

Îlot manutention

Îlot tranche D
Secteur ravitaillements
D RG
Îlot tranche D Îlot CVS
Îlot carburant
D

Vers BLT ou BLTA ou Vers autres zones fonctionnelles BLD Vers BLDA ou BLDT,
BLTT ou BLIAT et/ou TC2

 Secteur ravitaillement
Le secteur ravitaillement est chargé de ravitailler les groupements principalement en vivres, carburant,
munitions et matériels d’organisation du terrain. Il reçoit les ravitaillements en provenance de l’échelon
logistique supérieur (BLT ou BLIAT) et les livre ou les distribue aux bataillons dans le cadre de l’OAL
(priorités, urgences) et en fonction des demandes de recomplètement exprimées. Il est armé par un
escadron de ravitaillement (ER) qui peut se voir adapter au besoin un module munitions du Matériel

520
(en principe 1 section), un module adapté du CAT (vivres, effets d’habillement et de protection) et
exceptionnellement par des modules techniques SEA (groupe de stockage à terre). Il détient les
stocks de précaution et les compléments d’autonomie.

Le secteur ravitaillement s’articule en quatre ou cinq îlots :


- 1 îlot Commandement Vie Soutien avec :
o le PC du secteur fourni par l’ER,
o le PRG (Peloton de Régulation Gestion),
o le PCL (Peloton de commandement et de logistique) ;
- 1 îlot Carburant Dépotage avec :
o un PC d’îlot fourni par le peloton de ravitaillement (PR),
o une aire de transbordement,
o éventuellement une aire stockage à terre et de conditionnement du SEA,
o des moyens d’autodéfense AA du PR ;
- 1 îlot diversifié transbordement avec :
o un PC d’îlot fourni par le PR,
o 2 ou 3 aires pour l'allotissement, le conditionnement et la distribution des munitions
(sauf tranche D) et des vivres,
o des moyens de manutention et d’emport vides,
o des moyens d’autodéfense AA du PR ;
- 1 ou 2 îlots munitions tranche D avec chacun :
o un PC d’îlot fourni par le peloton de ravitaillement (PR),
o 2 ou 3 aires munitions Tranche D,
o 1 aire de stockage sur roue à destination de l’avant,
o des moyens de manutention,
o des moyens d’autodéfense AA du PR.

Le peloton de transport carburant, quant à lui, assure le ravitaillement des TC 2. Les moyens de
manutention et d’autodéfense du PR sont répartis dans la zone selon les besoins. Cette zone peut
être renforcée, selon les circonstances d’un groupe ou d’une section de munitionnaires, dont le chef
de section devient l’adjoint munitions du commandant de zone, et dont les éléments sont répartis
entre les îlots munitions et diversifiés. De la même manière, l’îlot carburant est, soit tenu par le SEA,
soit tenu par le train, éventuellement renforcé de moyens SEA.

 Secteur transport
Le secteur transport est chargé de mettre en œuvre les vecteurs logistiques (camions, containers,
plateaux déposables, ...) nécessaires au transport et à la livraison des divers ravitaillements transitant
par la base entre la BLT et les TC 2. Il est armé par un escadron de ravitaillement (ER) qui organise,
encadre et exécute les missions de transport et de livraison des ravitaillements. Il veille à la
préservation du potentiel des vecteurs et de leurs équipages. Il agit en liaison étroite avec les autres
zones de la BLD et en particulier avec le secteur ravitaillement. Le régiment détient organiquement
4 escadrons pour permettre au commandant de base, soit de renforcer le commandement des zones
de ravitaillement et transport mises sur pied, soit de créer les zones de ravitaillement et transport
d’une BLDA ou d’une BLDT.

521
Caractéristiques opérationnelles de transport

Type Effectif Subdivision Nbre vecteur Caractéristiques OPS


3 escouades 18 EVP interdit
Peloton TRM 10000 1/7/34
234 (18x13) tonnes sur 1 000 km
3 escouades 18 VTLR 36 EVP ou 468 (18x26) tonnes sur
Peloton VTLR 1/7/34
700 km
3 escouades 18 18 EVP ou 234 (18x13) tonnes sur
Peloton VTL 1/7/34
700 km
3 3 3
Peloton RAV CARB 1/7/34 3 escouades 18 90 m 12 CCP 10 m et 6 CCT 5 m

2 Pons VTL 36 VTL 36 EVP et 234 tonnes vrac ou


Escadron TRSP 6/38/135 712 tonnes
1 Pon 10 000 18 10000

 Zone soutien au stationnement

En fonction de son volume et de sa nature l’unité du génie détachée auprès de la BLD sera ou non
re re
érigée en détachement de 1 catégorie. Un détachement de 1 catégorie mettra en œuvre une
« zone soutien au stationnement » subordonnée au commandant de la BLD. Au cas où elle ne
re
pourrait être érigée en détachement de 1 catégorie, l’unité du génie armera un « secteur soutien au
stationnement » au sein de la « zone ravitaillement-transport » de la BLD, et sera subordonnée au
commandant de cette zone.
Le secteur (ou la zone) est armé avec des éléments provenant essentiellement de la brigade du génie
et pour le service local constructeur, du service du génie. Ces éléments peuvent être soit affectés à la
constitution de la force ou en cours d’opération, soit détachés sur le théâtre.
Contrairement aux autres domaines logistiques, la capacité "soutien au stationnement" est un
domaine dont l’activité varie en fonction des différentes phases de l’opération. Limitée aux travaux de
protection (réalisation, livraison de matériels et matériaux spécifiques…), et à la production d’eau et
éventuellement d’énergie au profit des entités stationnées en zone arrière divisionnaire pendant la
phase de déploiement, elle devient beaucoup plus importante durant les phases de stabilisation et
d’installation dans la durée au cours desquelles elle prend en charge la réalisation des travaux
destinés au stationnement de l’ensemble des unités de la division.

 Secteur convoi (éventuel)


Le secteur convoi est un lieu de stationnement de vecteurs, de soutien vie et remise en condition du
personnel et matériels (agissant dans le domaine transport-convois), et de préparation et d’accueil des
convois. Il est armé par un ET ou un ER et placé directement sous les ordres du PC BLD.

Il s’articule de la façon suivante :


- un îlot commandement - vie - soutien, comprenant :

522
o le PC du secteur fourni par l’ET ou un ER,
o le peloton de commandement et de logistique de l'ET ou un ER ;
- un îlot accueil et parc des pleins, comportant autant d’aires que nécessaire ;
- un îlot gestion et parc des vides, comportant autant d’aires que nécessaire ;
- un ou deux îlots de remise en condition/préparation des convois, comportant autant d’aires que de
convois mis sur pied simultanément ;
- un îlot de stationnement des escortes, comportant éventuellement les personnels et les véhicules
d’escorte.

Secteur convois

Escortes

Autre
Ilot gestion Prépa zone BLD
Convoi

Cdt vie-
soutien

Zone
Ilot accueil Prepa ravitaillement
Convoi
transport

PRR
BLT TC2

Les secteurs ravitaillement et transport sont interdépendants dans l’accomplissement de leurs


missions et leur déploiement dépendra étroitement de la nature de la mission, des conditions de
sûreté, de la nature du terrain et des itinéraires offerts, de la durée du déploiement. Il importe donc
que leur schéma de déploiement soit flexible et complémentaire.

 Le peloton de régulation - renseignement


Pour orienter les véhicules entrant ou sortant de la BLD, le PC de la BLD dispose de deux pelotons de
régulation renseignement (PRR) pouvant mettre sur pied chacun une équipe de commandement et
deux groupes de régulation – renseignement à deux équipes :

- 1 équipe de commandement :
o effectifs : 1 / 2 / 2,
o matériels : 1 VLTT radio, 1 TRM 2 000 AT10 radio ;

- 2 groupes de régulation – renseignement :

523
o équipe régulation à 0/2/3 (2 GBC dont 1 SIR),
o équipe d’orientation à 0/2/6 (2 CAGIVA et 2 VLTT radio).

Un PRR amont et un PRR aval, sont déployés au profit de l’ensemble des éléments constitutifs de la
base. Un des deux pelotons peut être détaché au profit d’une BLDA ou d’une BLDT, pour assurer les
postes entrée et sortie en aval comme en amont de ces zones.

Les PRR sont chargés :


- de flécher les itinéraires pour raccorder le PRR au réseau de manœuvre d’une part et aux entrées
des zones fonctionnelles d’autre part ;
- d’identifier les convois ;
- de fournir aux chefs d’éléments sortant les consignes de circulation et les fiches d’itinéraires ;
- d’orienter les véhicules entrant vers leurs zones fonctionnelles de destination ;
- de rendre compte au PC base des mouvements entrée et sortie et des renseignements recueillis
auprès des usagers.

Les véhicules de ravitaillement sont généralement orientés vers la zone ravitaillement, ils peuvent être
envoyés temporairement en zone transport sur ordre du PC base en cas de saturation des chantiers.
Le régiment du train possède en organique un escadron de circulation routière, celui-ci est
normalement placé pour emploi à l’état-major de la division. Néanmoins pour ses besoins propres, le
PC BLD a besoin de disposer en permanence de moyens de circulation routière.

4.8 Le déploiement de la BLD

 En coercition de force (voir schéma page suivante)


Lorsque cela est matériellement possible, la BLD est déployée d’un seul tenant sur une surface
d’environ 200 à 400 km². Elle est située au moins à 25 km à l’arrière des TC 2 pour des raisons de
sûreté et au plus à 60 km pour ne pas nuire à la bonne exécution du soutien Elle doit être située dans
une zone offrant un réseau routier suffisamment bien maillé, offrant de bonnes potentialités au plan
infrastructure et transport multimodal, et où, sa sûreté est facile à assurer.

Lorsque cela est nécessaire, le GSD peut être scindé en deux échelons, on parlera alors de
groupement de soutien divisionnaire avancé (GSDA), déployant une base logistique divisionnaire
(avancée) (BLDA), qu’il s’agisse d’une manœuvre offensive ou rétrograde. L’échelon avancé (ou
BLDA) possède une durée d’activation généralement comprise entre 12 et 36 heures, l’échelon arrière
quant à lui peut bénéficier d’une stabilité de l'ordre de 36 à 72 heures.

 Maîtrise de la violence
Dans le cadre de la maîtrise de la violence, la zone divisionnaire est répartie en secteurs de brigade.
La logistique divisionnaire s’articule autour des mêmes fonctions principales que dans le mode
opératoire précédent. Toutefois, les fonctions soutien médical, soutien de l’homme et rétablissement
de zone revêtent une importance particulière.

Le dispositif logistique peut alors prendre deux formes :


- un soutien zonal centralisé à partir d’une base divisionnaire ;
- un soutien zonal décentralisé à partir d’une base divisionnaire irriguant des détachements de
soutien au niveau brigade, voire GTIA.

La nature et le volume de ces échelons sont adaptés à la mission et aux conditions du moment.

524
Base en 1 échelon - Coercition de force

Base en 2 échelons - Coercition de force

525
4.9 Les déplacements de la BLD
- Principes
La manœuvre du GSD résulte d’un compromis entre d’une part, la nécessaire stabilité des unités de
soutien et d’autre part, les portées logistiques. Ce choix devra permettre d’éviter une forte baisse de
rendement, une diminution trop importante du potentiel et garantir un niveau de sûreté suffisant.

- Contraintes d’élongations
Le déplacement de la BLD est envisagé lorsque la distance avec les T.C 2 des régiments de tête est
de l’ordre de 35 kilomètres, il est réalisé au plus tard lorsqu’elle atteint 60 kilomètres. Toutefois,
l’implantation peut être prolongée au delà de cette distance en fonction des élongations vers l’arrière,
c’est-à-dire la portée de la boucle avant de la BLT de rattachement. Il est alors davantage question de
temps (durée de la boucle et donc nombre de rotations réalisables par 24h) que de distance à
parcourir.

- Contraintes de stabilité
Une stabilité de 12 à 36 heures est un minimum indispensable à conserver entre chaque déplacement
de l’échelon avant et de 48 à 72 heures pour l’échelon arrière.

4.10 Les impératifs d’un redéploiement


- Une étroite coordination
Le déplacement du groupement implique une étroite coordination entre le B4 du PC de la division, le
commandant de la BLD et les commandants des différentes zones fonctionnelles.

- La permanence de certaines fonctions


La continuité de la chaîne des évacuations santé doit être maintenue. Les liaisons internes doivent
continuer à fonctionner.

- Les préavis
Il est indispensable que le commandant de la BLD soit prévenu au moins 8 heures avant le
commencement des déplacements car certaines formations (matériel, santé) ne peuvent se déplacer
sans avoir au préalable achevé leur mission en cours et les délais nécessaires au repli de certaines
zones (maintenance, soutien sanitaire) sont incompressibles.
Ce laps de temps sera mis à profit pour procéder aux reconnaissances de la nouvelle position,
équiper les itinéraires et planifier l’échelonnement des éléments de la base.

4.11 Le processus
- Principe du redéploiement
Afin d’assurer la permanence du soutien, le redéploiement d’une base se traduit systématiquement
par la mise en œuvre d’une BLDA, qui, dans un premier temps, pourrait se limiter à la fonction
commandement / déploiement (PC harpon de la BLD). La juste position de la BLD au sein de la
division est un souci permanent qui se traduit par une collecte des informations auprès des TC2 sur
les emplacements futurs possibles ainsi que par des reconnaissances qui permettent d’orienter le
futur déploiement. Ces reconnaissances peuvent être conduites par l’unité de circulation mise à
disposition de la BLD. C’est également cette unité qui appuiera le mouvement des unités de la BLD
lors du redéploiement.

- Préparation du redéploiement
Le processus préparatoire de redéploiement se décompose en trois temps :

er
- 1 temps : la planification
Le PC de la BLD exprime auprès du PC de la division les besoins et contraintes liés au redéploiement.
Ce premier temps est le point fort du processus car il conditionne la décision qui va être prise. Cet
échange d’informations permet d’aboutir à une manœuvre qui met en cohérence les nécessités
tactiques et les obligations techniques.

526
e
- 2 temps : la décision
La décision est prise par le PC de la division. Elle se traduit par un ordre de bascule à la BLD. Cet
ordre fait clairement apparaître, par fonction, les nécessaires capacités logistiques en temps comme
en lieu. Il définit donc un effet logistique à obtenir dans un cadre espace/temps déterminé.

e
- 3 temps : l’exécution
Elle est de la responsabilité du PC BLD qui rédige cinq ordres destinés aux commandants des zones
fonctionnelles :
- ordre préparatoire,
- ordre de reconnaissance,
- ordre d’exécution (où, avec quoi, pour quelle heure ?),
- ordre de mouvement,
- ordre de déploiement ;

- Organisation du redéploiement
Compte-tenu du volume de véhicules qu’il représente, des impératifs techniques et tactiques, le GSD
se déplace par échelons successifs, généralement appuyée par une unité de circulation routière.
Dans le cas général, tout déplacement peut être envisagé comme suit :

o Dans un premier temps, l’élément de reconnaissance de la base se porte sur le futur


emplacement pour :
 confirmer et affiner le nouveau plan de déploiement,
 équiper sommairement les principaux itinéraires de la nouvelle zone,
 recevoir et orienter les éléments suivants ;
o après un déplacement d’une durée moyenne de 3 heures, cet élément dispose au
minimum de 2 heures pour effectuer sa mission.

o Dans un deuxième temps, le premier élément de la BLD, dont une partie des moyens
de commandement logistiques, fait mouvement. Son regroupement avec l’élément de
reconnaissance constitue la BLDA, qui est en mesure de prendre à sa charge une
partie du soutien logistique de la division, 6 heures environ après le début du
déplacement. C’est à partir de ce moment que peut s’opérer la bascule de la BLD
entre l’ancienne et la nouvelle position.

o Dans un troisième temps, suit le reste de la BLD. Un élément post curseur, ou


résiduel peut demeurer sur l’ancienne position en tant que de besoin (accueil et
réorientation d’éléments attardés, tâches spécifiques à accomplir).

- Fractionnement du groupement
o L’élément de reconnaissance. Il est aux ordres de l’officier adjoint du commandant de
la base. Il comprend des détachements précurseurs de chaque zone fonctionnelle qui
doivent tous disposer de moyen radio et de fléchage. Tout ou partie d’un PRR est
inclus dans cet élément de reconnaissance afin de mettre en place le fléchage entre
les itinéraires classés et l’entrée des zones fonctionnelles.

En fonction du déploiement défini a priori, et grâce au réseau radio interne mis sur pied, le chef de
l’élément conduit les reconnaissances qui permettent de finaliser le plan de déploiement des
er
organismes du 1 échelon du groupement et le plan de circulation. Il peut alors faire procéder à la
mise en place du fléchage ;
er
- le 1 élément de la BLD
- Son rôle est de prendre à son compte la mission de soutien au moment de la fermeture de la BLD
e
sur l’ancienne position, puis d’accueillir le 2 échelon. Aux ordres du commandant en second, cet
élément est de composition variable selon que le déplacement s’effectue vers l’avant ou vers
l’arrière.
er
- Déplacement vers l’avant. Le 1 élément comprend :

527
o un élément de commandement disposant des moyens de transmissions lui permettant
de rentrer dans le réseau logistique de la division et d’être en liaison avec le gros du
groupement (encore implanté sur sa position initiale).
o En fonction des nécessités, des moyens des différentes zones fonctionnelles (santé
et maintenance en particulier),
o une partie des ravitaillements en carburants et en munitions.

Lorsque ce premier élément a rendu compte au PC BLD qu’il est en mesure de fonctionner sur la
nouvelle position, le commandant de la BLD ordonne la bascule de la base et transmet aux T.C.2 des
corps, la nouvelle position à partir de laquelle sera assuré le soutien logistique.
er
Déplacement vers l’arrière. Dans ce cas, le 1 élément représente la partie principale car le souci est
er
de s’éloigner de la ligne des contacts. Dès réception de l’ordre de mouvement, le 1 élément se
déplace par convois successifs. Les matériels en attente de réparation sont détruits ou neutralisés s’ils
ne peuvent être évacués. Dans le cas où la section de triage en activité n’aurait pu être évacuée et
repliée, il ne serait laissé sur place que le personnel du service de santé indispensable pour assurer
les soins les plus urgents.

4.12 Le reliquat de la base.


er
Alors que le 1 élément fait mouvement, puis se déploie sur le nouvel emplacement, le reste de la
BLD aux ordres du commandant de la base poursuit la mission de soutien.
e
Lorsque la BLDA prend la mission de soutien à son compte, le 2 échelon fait mouvement à son tour.
Déplacement vers l’avant. Le reliquat de la base se déplace alors par éléments successifs. Un
postcurseur peut être laissé avec pour mission d’accueillir et de réorienter tout élément attendu en
base et n’ayant pas rejoint avant la fermeture, ou bien pour achever une opération en cours
(réparations, triage) ;
Déplacement vers l’arrière. Il s’agit alors du repli d’éléments successifs d’un volume moins important.
Compte-tenu de la situation tactique, l’élément désigné postcurseur quitte la position dans les
conditions fixées.

528
 Les déploiements possibles
Plusieurs schémas sont envisageables en fonction de la manœuvre de la division.

 Division en offensive

OFF

- dans une manœuvre offensive au


rythme lent.
- bascule normale de la base
divisionnaire :

BLD 1  BLD 2
BLD 1 BLD 2

OFF
- dans une manœuvre offensive au
rythme plus rapide.
- mise en place d’une BLD1, puis
bascule de la base sur la position de la
BLD2 :

BLD 1 BLD 2 BLD 1  BLDA  BLD 2

OFF
- dans une manœuvre offensive au
rythme rapide.
- mise en place d’une BLDA, puis
BLDA bascule de la base au delà de la
BLDA :

BLD 1 BLD 2 BLD 1  BLDA  BLD 2

 Division en défensive
En défensive, le processus est identique et varie en fonction des phases de combat, de leur durée et
de leur intensité, dans les cas suivants :
- une bascule normale ;
- une BLDA déployée en avant (pour une phase préliminaire, par exemple) avant de rejoindre la
base ;
- une BLDA déployée en avant, avant de dépasser la base pour une ouverture ultérieure.

529
 Scénario de bascule de base

H Étant l’heure d’activation de la base sur sa


nouvelle position.
 H - 8h 30 Réception du préavis de bascule. Planification
H-8 Diffusion par les PC en BLD vers PC B4 des
derniers besoins et contraintes.
H-7 Réception de l’ordre de bascule du PC DIV.
H-6 Envoi du préavis de reconnaissance. Décision
Réunion préparatoire au PC BLD avec les
commandants de zone.
Étude sur la carte du déploiement futur et du
mouvement.
H-5 Diffusion de l’ordre de reconnaissance (oral). Exécution
Définition des composants du mouvement de
base.
Diffusion de l’ordre de bascule du PC BLD.
H-4 Diffusion de l’ordre de mouvement du PC BLD.
H-3 Réception des CR des reconnaissances.
er
Départ du 1 élément de l’échelon avant vers sa
zone.
er
H-1 Arrivée du 1 élément de l’échelon avant sur sa
zone.
H Fermeture de l’ancienne position de la base et
activation de la nouvelle position.
e
H+8 Départ du 2 élément de l’échelon avant.
er
Départ du 1 élément de l’échelon arrière.
e
 H + 10 Arrivée du 2 élément de l’échelon avant.
er
Arrivée du 1 élément de l’échelon arrière.
e
Départ du 2 élément de l’échelon arrière.
e
 H + 12 Arrivée du 2 élément de l’échelon arrière.
Base en mesure de fonctionner au complet sur
sa nouvelle position.

Ces délais, nécessaires pour déplacer les différents éléments constitutifs de la base divisionnaire sur
une distance de 30 à 40 km, ne remettent pas en cause la permanence du soutien qui s’effectue avec
des moyens réduits sur la nouvelle position dès H (heure de bascule du commandement).

530
LE SOUTIEN MAINTENANCE
En opération, les moyens de maintenance se répartissent entre différents niveaux :
- au niveau 4, les GTIA ont une capacité de récupération au sein de leur TC2 et une capacité de
diagnostic et de dépannage au sein des TC1 des SGTIA. Chaque SGTIA possède une équipe
légère d’intervention pour établir un premier diagnostic. Au niveau du TC2 , le GTIA possède des
moyens de récupération placés au sein du groupe récupération pour extraire de la zone d’action
du SGTIA les matériels endommagés et les acheminer vers un point de regroupement (PRMAR)
généralement colocalisé avec le TC2 ;
- au niveau 2, au sein de la base logistique divisionnaire, un régiment du matériel est en charge de
l’approvisionnement, des réparations et de l’évacuation des matériels endommagés ;
- enfin, au niveau 1, un à deux régiments du matériel assurent la continuité de la fonction
maintenance dans les domaines des approvisionnements, des réparations lourdes et pointues au
profit des divisions ainsi que le soutien des matériels des unités non endivisionnées.

1. Les approvisionnements en zone divisionnaire


Les approvisionnements comprennent des rechanges et des matériels complets.

1.1 L’approvisionnement en rechanges

 Organisation des stocks


L’entretien des stocks de rechanges relève :
- de la compagnie d’approvisionnement (CAP) du régiment du matériel ;
- des unités de maintenance régimentaires (UMR), au sein des formations qui en disposent ;
- des modules approvisionnement des sections de maintenance des formations toutes armes.

Au niveau de la division, le stock d’articles détenu est déterminé en fonction des conditions
d’engagement ; il permet notamment de garantir l’autonomie voulue sans compromettre la mobilité. En
cas de besoin, des procédures particulières permettent le nivellement des stocks sur le théâtre. La
CAP reçoit son flux d’entretien depuis la métropole par l’intermédiaire des moyens mis en œuvre par
la fonction transport et transit, et/ou éventuellement des niveaux BLT et BLIAT si des stocks y sont
constitués.

 Processus d’approvisionnement en rechanges


Le niveau des stocks autorisé sur le théâtre prend en compte les consommations prévisibles et les
délais d’acheminement depuis la métropole (distance, mode de transport utilisé, fréquence des
liaisons...). Ce niveau est précisé dans l’OAL.

Les unités toutes armes ont le même plan de rattachement dans les fonctions approvisionnement et
réparation. Elles adressent ainsi leur commande à la CAP. Les sections de réparation mobilité des
compagnies de maintenance s’approvisionnent également à la CAP.
Pour les commandes urgentes, c’est-à-dire celles émises pour lever l’indisponibilité d’un matériel, le
besoin est transmis à la cellule maintenance du théâtre qui effectue les nivellements possibles ou, à
défaut, s’adresse au service central avec la mention d’urgence appropriée (URGENT ou IMMÉDIAT).

531
1.2 L’approvisionnement en matériels complets
Le parc de matériels complets en maintenance sur le théâtre est géré par la cellule maintenance de
théâtre qui traite en métropole avec le service central pour le recomplètement.
Certains de ces matériels, destinés à entretenir le potentiel de la force et à remplacer des matériels
non réparables dans un délai acceptable, sont stockés à niveau constant dans la CAP du RMAT de la
division.
La CAP se recomplète auprès de la CAP de BLIAT.

1.3 Modalités d’acheminement


D’une manière générale, les rechanges et les matériels complets sont acheminés depuis les magasins
expéditeurs jusqu’aux CAP destinataires sous la responsabilité de la chaîne transport et transit. Il en
va de même pour les flux de reversement et de retour.

Une fois les ressources parvenues à la CAP en base logistique divisionnaire, c’est généralement
l’unité bénéficiaire qui assure la mission de liaison.

2. Le régiment de maintenance divisionnaire


2.1 Quelques données
La création de régiments de maintenance divisionnaire répond aux besoins induits par le nouveau
concept d’emploi des forces terrestres et les nouveaux modes d’action de la division.

Cette création se fonde sur un renforcement de l’autonomie de l’échelon divisionnaire rendu


nécessaire par les fortes élongations, la durée des engagements et la stabilité des dispositifs, ainsi
que par l’aptitude à mener une action dans la profondeur des forces adverses et à détacher une
brigade avec des soutiens adaptés sur une direction secondaire.

Elle prend en compte l’élargissement de la zone d’action divisionnaire, la complexification


technologique des systèmes d’armes et la densification des moyens de combat avec l’imbrication,
dans la zone divisionnaire, d’éléments en provenance des EOFOT (LRM, CL 289, guerre électronique,
sol-air).

Cet état de fait s’est donc traduit par un besoin accru en maintenance particulière, évalué à 9
compagnies dont 6 de maintenance mobilité, une de maintenance électronique-armement et une
d’approvisionnement, ainsi que des renforcements éventuels en section de munitions et en éléments
adaptés aux soutiens spécifiques (ALAT, COS, sol-air …).

2.2 Volume des véhicules du RMAT divisionnaire

- CCL : 53 véhicules avec attelages, remorques ou GE ;


- CMEA : 65 véhicules avec attelages, remorques ou GE ;
- CAP : 49 véhicules avec attelages, remorques ou GE ;
- CMM : 54 véhicules avec attelages, remorques ou GE ;
- 4 x CMM : 216 véhicules avec attelages, remorques ou GE.
Total > 400 véhicules.

3. Capacités des unités de maintenance


3.1 Réparation
- 1 CMM = 1 section de commandement dont 1 groupe RECEVAC (récupération-évacuation) à 2
EPB/treuil, 3 sections réparation mobilité;
- 1 SRM = 5 équipes de réparation mobilité dont 1 ELI sur VAB + 1 équipe de levage ;

532
- 1 SRM = 1 régiment, la section est indissociable (à cause de SIMAT) ;
- NTI 2 = une stabilité > à 12 heures ;
- une durée d’intervention < à 8 heures.

Capacités de réparation mobilité feux

Nombre d’équipes par structure Nombre


Formations inter. / jour (*)
STRUCTURES Mobilité Levage AGC Manutention Sécabilité
soutenues
TEB
Équipe Cie TTA 1 - non 1,5
SRM Rgt ou gpt 5 1 - 0 non 7
SRMF Rgt ou gpt 5 1 1 0 non 7
CMM 3 Rgt ou gpt 15 3 2 0 en 3 20
(2 SRMF & 1 SRM)
(*) Régime normal (R1 = 10 heures/jour) pour une durée moyenne de réparation de 7 heures

Capacités récupération - évacuation (REC - EVAC) – levage

REC-EVAC LEVAGE
Structure nb Capacité
EPB Nb d'équipe CLD GRUES
d'équipe EVAC jour
S CDT CMM 2 4à6 2 - - -
SRM (F) - - - 2 1 -
CMM (à 2 SRMF + SRM) 2 4à6 2 6 3 -
SMAG / GAP - - - 1 - 1
CAP - - - 1 - 1

3.2 Approvisionnements
Au niveau du GTIA
Les stocks ateliers sont regroupés et gérés par un groupe approvisionnement, au sein de la section
réparation mobilité (SRM) de rattachement en ZF MAI. Le GTIA ne dispose pas de stock à l’exception
d’un « volant » de rechanges permettant d’opérer des réparations succinctes (listes R et V).

Au niveau de la division
La SRM dispose d’un groupe approvisionnement chargé de ravitailler en rechanges les éléments de
réparation du GTIA (ELI et groupe récupération).
La compagnie « approvisionnement » qui détient le stock « avancé » sur roues, soit 7 jours de
consommation.

3.3 Munitions
- CMu en 2 échelons (Arrière intégré au BMAT de théâtre avec 3 SMu et l’avant au BLT avec 1
SMu) ;
- 1 SMu = 4 groupes techniques ; en mesure de gérer un dépôt de campagne de 5 000 tonnes.

En règle générale la division n’a pas vocation à armer un dépôt de campagne.

533
LE SOUTIEN SANTÉ
1. Échelonnement des moyens sur le théâtre
L’échelonnement sur le théâtre des moyens nécessaires à l’exécution de la manœuvre santé
comporte quatre niveaux santé :

- Le niveau santé 1
Il correspond à la relève et à la prise en charge au poste de secours de l’unité pour un
conditionnement médical de survie (médicalisation de l’avant). Les moyens qui y sont consacrés sont
situés au sein de chaque unité élémentaire et à l’échelon du groupement. À terme, chaque corps de
troupe sera doté d’une section santé à 4 médecins, 5 sous-officiers, et 28 militaires du rang EVAT
dont la moitié sont du personnel placé en double qualification, ne rejoignant son poste que pour
l’entraînement ou lors d’un départ en opérations.

- Le niveau santé 2
Il correspond au ramassage, au triage et à la prise en charge chirurgicale des blessés les plus urgents
(réanimation et « chirurgicalisation » de l’avant). Les moyens qui y sont consacrés sont normalement
situés à l’échelon de la division (ou équivalent), éventuellement de la brigade ou du théâtre. Leur
emploi reste sous la responsabilité de l’autorité interarmées de théâtre, même si certains d’entre eux
appartiennent organiquement à différentes armées.

- Le niveau santé 3
Il correspond à l’évacuation primaire ou secondaire précoce, au traitement sur le théâtre des blessés
dont les délais préopératoires n’autorisent pas une évacuation primaire à longue distance. Les
moyens qui y sont consacrés sont normalement situés au niveau de la base logistique terrestre ou de
la Base logistique interarmées de théâtre.

- Le niveau santé 4
Il correspond aux évacuations stratégiques et au traitement définitif sur le territoire national.
Les unités nécessaires au ravitaillement sanitaire (matériels médicaux, médicaments, oxygène, sang)
sont répartis en tant que de besoin à chaque niveau.
Dans le cadre d’une opération multinationale, certaines ressources ressortissant au soutien santé
peuvent être mises en commun ou fournies par une nation pilote.

2. Fonctionnement de la chaîne santé


Dans les engagements de haute intensité le service de santé se trouve devant la nécessité d’éloigner
de la zone des combats le maximum de blessés pour rejoindre des infrastructures de traitement
déployées sur les arrières de la division, du corps d’armée ou du théâtre.

 La relève d’un blessé


- La mise à l’abri du blessé et la pratique des premiers actes élémentaires de secourisme,
- le transport du blessé jusqu’à un poste de secours régimentaire : dès que possible, le blessé est
acheminé en véhicule sanitaire (blindé ou non) vers un PS,
- le poste de secours est le premier maillon de la chaîne d’évacuation, où le blessé reçoit les
premiers soins en milieu médical, qui lui permettent d’être mis en condition pour poursuivre son
évacuation (révision et pose de pansements, garrots, immobilisation de fractures…),
- au poste de secours, est établie la fiche médicale de l’avant mentionnant notamment l’identité du
blessé, l’heure de la blessure, sa nature et ses causes, la nature et l’heure des premiers soins,
l’urgence de l’évacuation… ;

534
 Le ramassage
Le médecin fait transporter les blessés vers un triage mis en place par la division. Pour ce faire, il
utilise les moyens d’évacuation (véhicules sanitaires) mis en place par la division. Lorsque les
élongations l’imposent, la division peut mettre en place le long de l’itinéraire d’évacuation des postes
de secours relais.
Chaque fois que les conditions tactiques et aériennes le permettent, des évacuations sanitaires par
hélicoptères de manœuvre sont mises en œuvre entre les unités de l’avant et les structures de
triage/traitement auxquelles elles sont abonnées.
Ces évacuations par voie aérienne s’effectuent au profit des blessés les plus urgents après leur
conditionnement médical réalisé aux postes de secours. Elles sont systématiquement médicalisées.
Pour assurer le suivi de ces évacuations, la cellule "soutien sanitaire" travaille en étroite
collaboration avec la cellule de coordination ALAT et le centre « opérations » compétent.

 Le triage
Le service de santé est confronté à la nécessité de classer les blessés en fonction de l’urgence d’un
traitement ; pour définir d’une part une priorité de traitement dans les infrastructures hospitalières ;
pour décider d’autre part du moyen d’acheminement vers ce centre de traitement en tenant compte
des délais préopératoires, les moyens d’évacuation rapides (hélicoptère) pouvant s’avérer insuffisants.

Le triage médico-chirurgical consiste à classer les blessés en fonction de l’urgence du traitement à


pratiquer et à les mettre en condition d’évacuation.

La classification s’établira donc en fonction :


- du nombre de blessés prévisible ou effectif,
- du nombre et de la nature des moyens d’évacuation ;

Il sera donc le plus souvent nécessaire de distinguer :


- les blessés qui seront évacués par voie routière ou aérienne,
- les blessés qui seront soignés sur le théâtre de ceux qui seront rapatriés en métropole.
236
Dans certains cas exceptionnels, lorsque les pertes sont massives , le commandant interarmes, sur
proposition du service de santé, peut décider de mettre en place un plan spécial de triage : dans cette
hypothèse, les blessés les plus graves et les blessés les plus légers ne sont pas évacués vers un
centre de traitement.

Pertes classiques

Délais préopératoires
Catégorisation Répartition Destination
Extrêmes les plus brefs formations chirurgicales de
urgences 5% possibles l'avant ou de proximité
Urgences
absolues 30 %
e
1 urgences hôpitaux de campagne du GST
25 % avant 6 h
ou du GSD
hôpitaux d'infra ou de
e
2 urgences 30 % avant 18 h campagne selon éloignement
Urgences du théâtre
relatives 70 %
e
3 urgences 40 % avant 36 h hôpitaux d'infrastructure

236
Notamment lors d’emploi d’armes NBC.

535
Pertes massives

Répartition Délais préopératoires Destination

Priorité 0 20 à 25 % sans objet


hôpitaux de campagne (dès que
Priorité 4 25 à 30 % sans objet
possible)
formations chirurgicales de l'avant ou
Priorité 1 10 % avant 6 h
de proximité
Priorité 2 30 % avant 18 h hôpitaux de campagne ou
Priorité 3 15 % 24 heures et plus d'infrastructure

- L’évacuation primaire
L’évacuation primaire est l’ensemble des opérations qui permettent d’acheminer le blessé trié, mais
non traité, jusqu’à la formation hospitalière de traitement, où il recevra les soins appropriés à ses
lésions. Cette évacuation primaire peut, dans certains cas, amener directement le blessé sur des
hôpitaux d’infrastructure métropolitains.

- L’évacuation secondaire
L’évacuation secondaire permet de libérer les centres de traitement en acheminant le blessé traité,
jusqu’à une formation hospitalière de traitement complémentaire ou convalescence. Ce nouveau
transport doit respecter les délais post-opératoires.

- Schéma général
Rotations de HM
HMC
pour les urgences absolues
PS

PS Rotations de VS PRE
TRI
Ev. HM Rotations de Bus/train/avion
VS
Ligne des
pour les
contacts
urgences
PS relatives

ÉVACUATION
RELÈVE PRIMAIRE
TRIAGE

RAMASSAGE

LÉGENDE
PS : poste de secours (mis en place par les bataillons)
VS : véhicule sanitaire (mis en place par la division)
TRI : section de triage (mis en place par la division)
HM : hélicoptère de manœuvre (mis en place par la division)
PRE : poste de répartition des évacuations (mis en place par un niveau supérieur à la division)
HMC : hôpital militaire de campagne (mis en place par un niveau supérieur à la division)

536
3. Capacités des unités santé
3.1 En fonction de l’éloignement du théâtre
- si la zone d’action est à moins de 2 500 km, les blessés d’urgence relative (70 %) peuvent
bénéficier d’une évacuation primaire par voie aérienne sur la métropole et y être traités. Seuls les
blessés d’urgence absolue (30 %) sont traités sur le théâtre d’opération (TO) ;
- si cette distance est comprise entre 2500 et 7500 km, les délais préopératoires imposent que les
UE, U1 et U2 soient traités sur le TO (60 % des blessés). Les capacités de traitement déployées
sur le TO sont alors doublées ;
- si le TO est situé à plus de 7500 km de la métropole, tous les blessés sont traités sur le théâtre.

3.2 Rendements

 Triage et traitement
- rendement d’une équipe chirurgicale (EC) : 8 interventions/jour (10 en cas de besoin temporaire) ;
- rendement d’un chantier opératoire (CO) : 12 interventions/j, quel que soit le nombre d’EC y
travaillant ;
- rendement d’une section de triage (modulaire ou non) : 300 blessés triés/jen pertes classiques ou
25 blessés/heure en pertes massives, et 12 interventions/j ;
- nombre d’EC d’une section de triage : 2,
- nombre de CO d’une section de triage : 1,
- rendement d’une antenne chirurgicale (AC) : 100 blessés triés/j ou 8 interventions/j,
- nombre d’EC d’une AC : 1,
- nombre de CO d’une AC : 1,
- rendement d’une section chirurgicale modulaire (SCM) : 24 interventions/j,
- nombre d’EC d’une SCM : 4,
- nombre de CO d’une SCM : 2.

 Évacuations sanitaires
- Nombre de blessés transportés :
o en HM EVASAN : 2 blessés couchés convoyés. La capacité maximum théorique d’un
HM de type SA330, en version transport sanitaire, est de 6 blessés. Dans ce cas le
convoyage n’est pas possible et il est remplacé par un simple accompagnement,
o en VAB sanitaire : 2 blessés couchés et médicalement convoyés. La capacité
maximum théorique d’un VAB SAN est de 3 blessés,
o en J5 4 brancards : 4 blessés couchés,
o en ATT ou ATS : 30 blessés couchés et convoyés.

- Capacité instantanée de transport d’une section de ramassage


o 60 blessés/rotation (correspond à 3 escouades de VS J5),
o vitesse de déplacement des VS en zone divisionnaire (VS ramassage) : 15 km/h,
o vitesse de déplacement des VS en zone arrière FOT (VS évacuation) : 30 km/h,
o temps de rotation moyen d’un HM EVASAN (comprenant les opérations de
maintenance) : 2 heures.

537
 Décontamination médicale NRBC
Rendement d’un chantier de décontamination méd NRBC : 4 blessés/h (2 chantiers à la section de
déc. méd. NBC et 1 par poste de secours des 2 sections de ramassage, soit 8 chantiers au total, soit
une capacité instantanée de 32 blessés/h pour la division).

 Déploiements
- temps de déploiement ou de repliement d’un poste de secours : 1 heure ;
- temps de déploiement ou de repliement d’une antenne chirurgicale : 1 heure ;
- temps de déploiement ou de repliement d’une section de triage : 2 heures ;
- temps de déploiement ou de repliement d’une SCM : 4 heures, avec possibilité d’ouverture à
l’admission à 2 heures ;
- temps de déploiement ou de repliement d’un groupe hospitalisation 50 lits : 2 heures.

4. Composition du bataillon médical


Les chiffres sont donnés à titre d’ordre de grandeur dans la mesure où les DUO sont révisables
annuellement et donc susceptibles d’être modifiés.
Par rapport au DUO normal, la section de commandement et de soutien du bataillon est renforcée des
personnels nécessaires à son autonomie, à partir de la CCL du régiment médical dont le bataillon est
une unité élémentaire.
Dans le cas où la nature du conflit imposerait un appel massif aux compléments opérationnels de
réserve, les effectifs du bataillon seraient augmentés d’un tiers environ.

538
LE SOUTIEN DE L’HOMME
La fonction soutien de l’homme comporte 2 volets principaux : l’administration et la logistique de
l’homme.
Les missions du commissariat de l’armée de Terre comprennent :
- la fourniture de vivres, d’eau, d’habillement…
- le paiement des fractions de solde ;
- le contrôle et la surveillance administrative des BPM, bureaux payeurs, détachements…
- des actes d’état-civil : décès, disparition, mariage, naissance ;
- des actes d’officier public : prises sur l’ENI, traitement des dépouilles mortelles, disparitions
d’unités…

1. Organisation du commissariat de èrel’armée


e
de Terre
Constitué, selon les circonstances, en détachement de 1 ou 2 catégorie, le DETCAT est l’unité qui
est chargée d’exécuter les missions de soutien de l’homme. Il assure en outre la comptabilité et
l’entretien des ressources du CAT ainsi que la maintenance des matériels de campagne mis à la
disposition des unités.
Son volume et sa structure sont adaptés aux effectifs à soutenir et à l’économie générale du soutien
de la force.
Les DETCAT sont intégrés au dispositif logistique. Ils sont subordonnés aux bases de soutien du
théâtre / groupements de soutien du théâtre (BLIAT/GLIAT, BLT/GST, BLD/GSD).

2. La logistique de l’homme
Pour le commissariat, la logistique de l’homme est l’ensemble des moyens qui permettent en tous
temps, en tous lieux et en toutes circonstances, la satisfaction de ses besoins vitaux et la mise à
disposition de ressources et d’équipements dans les domaines de l’alimentation, des effets de
protection, des matériels de campagne, de bureau et de détente.
Hors des phases de combat, il s’agit d’aménager des conditions de vie qui permettent au combattant
de conserver ou de retrouver une bonne condition physique et morale. Pour cela le CAT peut mettre
en place des modules 150 ou avoir recours à l’infrastructure locale.
Un module 150 comprend du matériel HCCA (matériel de cuisson, froid, d’hygiène, de stockage et de
distribution d’eau, de campement) et des matériels divers, notamment un lot complémentaire
important (audiovisuel, sport, électroménager…) permettant à 150 hommes de vivre sur le terrain. Un
module 150 nécessite 7 plateaux VTL pour son transport.
Pendant les phases de combat, le soutien de l’homme se résume en la fourniture d’alimentation
(RCIR), d’eau potable (en briques), éventuellement de collections réduites d’habillement (en cas de
contamination chimique).

3. Données numériques
3.1 Alimentation
- RCIR : 1 container de transport de 20 pieds (TC 20) = 20 palettes de 252 RCIR soit 5040 RCIR;
- vivres en vrac : 1 TC 20 = 2250 rations journalières (étude en cours au SCERCAT sur le
conditionnement des vivres en vrac) ;
- eau de boisson conditionnée : 1 TC 20 = 11 palettes de 864 L (Tétrabricks ®) soit 9504 l ;
- 1 UMBC (Unité mobile de boulangerie de campagne) : 40 quintaux / jour soit 10000 rations
(1 ration H/J = 400 grammes) ;
- 1 UMBC : 4 TC 20 + 1 TC environnement (farine, matériels, ingrédients divers) ;

- consommation eau potable (besoins pour lavage véhicules exclus) :

539
o besoins permanents : eau pour boisson et ablutions sommaires : 3 à 10 L/H/J livrés
dans des emballages conçus et destinés à un individu (Tétrabricks ®, sachets),
o besoins non permanents pour hygiène, cuisson, lavage effets H, nettoyage ustensiles
cuisine (non satisfaits en coercition) : de 60 à 90 L/H/J livrés par citernes et bacs
souples ;
- 1 plateau VTL/TRM 10 000 :
3 3
o 1 citerne 10 m , 1 bac souple 7 m3, 1 bac souple 3,5 m ,
3
o 1 citerne 10 m = 1 TC 20.

3.2 Logistique mortuaire


1 TCM (conteneur frigorifique mortuaire de 20 pieds = KC20 morgue) = 10 ou 12 CTPM (Conteneur
de Transport Post Mortem).

3.3 Habillement
- 1 TC 20 = 263 collections balistiques ;
- 1 TC 20 = 1 323 tenues NBC ;
- 1 TC 20 = 380 paquetages réduits (tenue de combat, sous vêtements, ensembles intempéries,
BMJA, …) (10.000 hommes = 13.000 paquetages avec majoration pour taille).

3.4 Matériels du CAT


- 1 module 150 destiné à une UE (effectif moyen de 120 personnes) ;
- 1 module 150 = 3 TC 20 + 4 plateaux VTL (cas général) ;
- 1 module 150 = 3 TC 20 + 1 plateau VTL si les 3 remorques sont tractées (remorques douches,
laverie et cuisine).

3.5 Matériels de stockage de l’eau


3 3 3
- Unités élémentaires : 1 BS (bac souple) de 7 m et 2 BS de 3,5 m soit 14 m (dotation incluse
dans module 150) ;
3 3 3 3 3
- BSCAT : 1 BS de 40 m ; 6 BS de 20 m , 35 BS de 7 m , 20 BS de 3,5 m , 40 citernes de 10 m
3 3
soit 875 m (+ 5 BS de 1,5 m héliportables en réserve).
-

540
3.6 Répartition des stocks (exemple 1)

COERCITION AVEC BLD EN 2 ÉCHELONS

BLDA BLD

Approvisionnement RCIR : 1 JV = 18 500 RCIR RCIR : 2 JV = 37000 RCIR soit 8 TC avec 146 palettes, 24
3 3
vivres Soit 4 TC avec 74 palettes. TC froid de 5 m , 20 TC froid de 20 m .

Eau de boisson : (Tétrabrick®), 2 jours à 5 l/H/J


Eau de boisson : (Tétrabrick®)
Approvisionnement soit 185000 l, 20 TC avec 215 palettes, matériel de
1 jour à 5 l/H/J soit 92500 l
eau stockage eau localisé sur site de production-stockage ou
10 TC avec 107 palettes.
en zone SH (bacs, citernes).
Effets NBC : 18 TC en BLD (2 sur
l’homme, 1 en BLD), Effets de protection : (stock de
Approvisionnement
effets de protection : (stock de précaution) : 2000 = 8 TC,
effets de protection et
précaution) : 3 000 = 12 TC, paquetages réduits :
habillement
paquetages réduits : (stock de (stock de précaution) : 2600 = 8 TC.
précaution) : 4 000 = 11 TC.
4 UMBC soit 16 TC + 4 TC environ,
Approvisionnement
possibilité de fabriquer du pain si situation de défense
pain
ferme.
200 CTPM avec linceuls et
Affaires funéraires capsules de dépressurisation
20 TCM froid.
140 modules 150 dans zone SH ou zone de
(re)déploiement soit 560 TC et 420 remorques,
Matériels du CAT
4 TC ateliers, 4 TC pièces de rechange, 4 modules de
rechange.

3.7 Répartition des stocks (exemple 2)

COERCITION AVEC BLD EN 2 ÉCHELONS

BLDA BLD
RCIR :
3 JV = 55 500 RCIR 3
Sur les 40 TC, 20 TC froid de 18 m ,
soit 12 TC ou 220 palettes,
Approvisionnement vivres les vivres arrivent en BLD non allotis, les vivres
autres vivres :
congelés sont transportés par les BSCAT.
vivres CAT : (conserves, congelés, frais) :
40 TC ou 7 JV.
- Eau de boisson :
Tétrabrick®: 3 jours à 5 l/H/J soit 277 500 Sachets : dans l’hypothèse où des
l = 30 TC / 322 palettes, ensacheuses sont déployées,
sachets : 3 jours à 5 l/H/J soit 277 500 l = les besoins pour la boisson et ablutions
40 TC / 440 palettes, sommaires sont de 10 l/H/J maximum,
- eau en vrac : l’eau en vrac ou sanitaire (potable) est destinée
Approvisionnement eau stockage – distribution de 1.660 m3/jour, à l’hygiène, à la cuisson, au lavage des effets H
40 moyens de stockage : et des ustensiles de cuisine,
3
1 700 m dont le transport de l’eau en vrac s’effectue par bacs
1 500 transportables, souples (BS) ou citernes (CCT) avec des
3 3 3
2 BS 40 m , 12 de 20 m , 70 de 7 m , vecteurs des BSCAT et des RS,
3 3
40 de 3,5 m , 6 de 1,5 m et 80 CCT de Besoin maximal H/J : 90 l/H/J.
3
10 m .
- Effets NBC : 18 TC,
Approvisionnement effets 1 tenue en BLD, 2 dans l’unité,
- effets de protection : 20 TC,
de protection et effets protection et paquetages réduits : stock de
-paquetages réduits : 19 TC,
habillement précaution pour 5.000 hommes.
(majoration pour taille incluse).
Possibilité d’installer des UMBC dans les zones
4 UMBC soit 16 TC + 4 TC
Approvisionnement pain des brigades pour faciliter les perceptions par
environ 8 tonnes / jour.
les unités.
200 CTPM avec linceuls et capsules de
Affaires funéraires
dépressurisation

541
20 TCM (froid).
140 modules 150 dans zone SH ou
zone de (re)déploiement
soit 560 TC et 420 remorques,
Matériels du CAT
4 TC ateliers,
4 TC pièces de rechange,
4 modules de rechange.

3.8 Ratio BSCAT pour soutien 10 000 h


MISSIONS BESOINS À STANDARD BSCAT
SECTIONS PRINCIPALES SATISFAIRE EQUIVALENT TC ÉQUIPES
10.000 rations/jour
Réception, vérification, 2 TC
RCIR,
allotissement, 3
50 à 100 m d'eau en 2 à 3 personnes pour
APPROS VIVRES distribution, gestion des 6 à 11 TC
briques/jour, 1 000 hommes.
RCIR + vivres
10 000 rations/jour
commerciaux. 5 TC
(vrac).
3
1 BS 40 m ,
3
Stockage et distribution 3 6 BS 20 m ,
Stockage : 875 m 3 2 à 3 personnes pour
APPROS EAU de l'eau, entretien et 40 citernes 10 m ,
Conso : 100 l maxi H/J. 3 1 000 hommes.
réparation des matériels 35 BS 7 m ,
3
20 BS 3,5 m .
34 TC,
- 45 000 tenues NBC,
100 CTPM dans 10
10 TC,
TCM,
APPROS Réception, vérification,
- 3 000 effets
HABILLEMENT ET stockage, allotissement, 237 10 TC, 1 à 2 personnes pour
protection (2),
EFFETS distribution, échanges, 1 000 hommes.
- 13 000 paquetages
SPÉCIFIQUES gestion, réparation. 35 TC,
réduits,
- 1 300 gilets pare-
balles.
50 TC.
FABRICATION DU Fabrication et 8 à 10 Personnes par
40 quintaux / jour. 1 TC de pain.
PAIN distribution. UMBC.
Réception, vérification,
stockage, allotissement,
APPROS 210 TC et 1,5 personne pour 1 000
distribution, échange, 70 modules 150.
MATÉRIELS CAT 280 plateaux VTL. hommes.
gestion, assistance,
dépannage.
Mise en place des 2 TC atelier,
ATELIERS CHAUD 3 à 5 personnes pour
matériels, dépannage, 350 heures par jour. 2 TC pièces
ET FROID 1 000 hommes.
maintenance, gestion. détachées.

237 -
13 000 gilets pare balles = 50 TC 20 (si vrac) ou 60 TC 20 (si palettisé).

542
LE SOUTIEN PÉTROLIER
1. Les fonctions
Pour l’ensemble de la force projetée, le soutien pétrolier est assuré par une chaîne fonctionnelle
technique continue, de la réalisation de la ressource jusqu’à la distribution en base logistique
divisionnaire. Cinq fonctions ont été définies :

- la recherche de la ressource au plus près de la zone opérationnelle ;


- le transport et le stockage des produits ;
- la distribution (carburants et produits connexes) ;
- le contrôle de la qualité des produits distribués ;
- la maintenance des matériels pétroliers.

Les moyens du soutien pétrolier doivent répondre à des critères de modularité et d’homogénéité des
détachements et établir une chaîne fonctionnelle continue dans le cadre d’un soutien interarmées.
Certaines contraintes peuvent être souvent pénalisantes :

- la localisation et la fiabilité de la ressource : dans certains cas, il peut arriver que la société
avec laquelle la DCSEA (direction centrale du service des essences des armées) a passé le
marché soit déficiente, ou bien que les fournisseurs, sur lesquels cette société s’appuie, ne soient
pas fiables ;
- le volume des forces à soutenir : il est très difficile de construire un soutien pétrolier lors d’une
planification car les données tactiques changent très fréquemment ;
- les consommations : difficiles à cerner avec précision car l’intensité d’utilisation des matériels
n’est souvent pas connue des tacticiens ;
- le niveau des stocks : Il est défini par le commandement, le but à atteindre est de 30 jours de
stockage. La montée en puissance s’effectue progressivement, les stocks définis ne peuvent pas
être réalisés dès le début de l’opération. Un délai est nécessaire ;
- les élongations : elles sont très pénalisantes et en fonction de ces dernières, le DUO de ou des
sections transports sera déterminé. Elles sont un élément primordial de la constitution des
détachements SEA.

2. Le soutien pétrolier en opération


- Moyens de transport
3
o BLIAT : 40 SRC 30 m ;
3
o BLT : 51 CC 18 m ;
3 3
o BA : 11 SRC 30 m + 4 CC 18 m par BA.

- Moyens de stockage
3 3
o BLIAT : 4 800 m en RS (réservoir souple) de 300 m ;
3 3
o BLT : 2 400 m en RS de 80, 40 et 25 m .

- Moyens d’avitaillement :
3 3 3
o BA : 2 x 11 m + 4 x 30 m et 3 SAT de 240 m ;
o Base EVASAN : 1 LAH (lot avitaillement hélico) réduit par base ;
o base ALAT : 2 LAH.

- Moyens de distribution
o BLIAT : 1 LRR (lot de ravitaillement rapide) + 5 CCT TD ;

543
o BLT : 2 LRR + 5 CCT TD (transport distribution) ;
o BA : 2 CCT TD par BA ;
o Base EVASAN : 1 CCT TD par base.

- Moyens de maintenance
o BLIAT : NTI 1 et NTI 2 pétrolier, NTI pour les matériels SEA et une cellule
approvisionnement pour les matériels pétroliers et pour les vecteurs SEA ;
o BLT : NTI 1 et NTI 2 pétrolier NTI pour les matériels SEA.

Au niveau de la division :

Les camions citernes des PRC de la ZRT (appartenant aux escadrons de ravitaillement du RT/RS)
constituent une réserve de carburant sur roues pour assurer la continuité du soutien pétrolier de la
division.
À ces moyens il convient d’ajouter ceux des TC2 des régiments soutenus par la division. Il s’agit de
3 3
CCT 5 m en attendant la mise en place d’avitailleurs spécialisés de 10 m pour les régiments Leclerc.
3 3
Les 12 CCP 10 m et les 6 CCT 5 m de chaque PRC de la ZRT constituent le stock de sécurité sur
roue de la division.
La manœuvre ravitaillement carburant s’effectue donc avec les moyens des TC 2 des bataillons qui
viennent en BLD s’approvisionner et retournent livrer jusqu’aux TC 1. Cependant, dans le cadre d’une
manœuvre dynamique, ces moyens peuvent s’avérer en nombre insuffisant. Une partie des CCT de la
BLD va alors participer à la noria entre la BLD et les TC 1.

 Capacités :
3;
- division 5 000 H  1 UE = 120 m
3;
- division 18 000 H  1 UE = 380 m
3;
- division 30 000 H  1 UE = 600 m

 Déploiement :
3 3 3
- en BLIAT : stock 4.800 m en réservoirs souples de 300 m livre 2 UE/J (1 200 m par camions
3
citerne de 30 m (40)) ;
3 3 3
- en BLT : stock 2 400 m en réservoirs souples de 25 à 80 m livre 1.200 m par camions citerne
3
de 18 m (51) ;
3
- en BLD: peut stocker 50 m .

3. Le soutien pétrolier en temps de paix


Le SEA est une structure interarmées. Son organisation de temps de paix est la suivante :

3.1 Une direction centrale


Dirige et coordonne le fonctionnement du Service. Elle procède :
- aux approvisionnements, sur le marché civil, des produits pétroliers ou assimilés, en fait assurer le
transport, organise leur stockage et leur distribution ;
- au maintien en condition, au développement de l'infrastructure pétrolière ainsi que des matériels et
moyens de transport au profit des armées ;
- à la définition des prix de cession et à l'équilibre annuel du bilan financier ;
- à l'élaboration des plans de ravitaillement des armées en période de crise ou de guerre et à
l'équipement en matériels pétroliers des forces ;
- à la gestion du personnel militaire et civil du Service des essences des armées des organismes
extérieurs relevant de l'administration centrale.

544
 Un établissement administratif et technique
L'établissement administratif et technique du Service des essences des armées (EATSEA) est le
principal organisme d'exécution de l'ensemble des opérations relatives à la gestion technique,
administrative et financière du service. Il est le service constructeur des armées dans le domaine
pétrolier militaire et le maître d'œuvre des réalisations de matériels.

 Un laboratoire
Le Laboratoire du Service des essences des armées (LSEA) de Marseille est un organisme spécialisé
dont les missions s'exercent dans deux domaines :
- le contrôle de qualité depuis l'acquisition des produits pétroliers jusqu'à leur distribution ;
- la recherche, l'homologation et la surveillance de la qualité de nouveaux produits et de certains
matériels afin de satisfaire au mieux les besoins des armées, et ce, sur tous les territoires où elles
sont amenées à intervenir.
Il apporte sa collaboration technique aux enquêtes consécutives à un litige ou à un incident, tant au
profit des armées que d'organismes extérieurs au ministère de la défense.

 Une base pétrolière interarmées


Formation polyvalente, la Base pétrolière interarmées (BPIA) de Chalon S/ Saône a pour mission la
formation technique pétrolière de l'ensemble du personnel militaire et civil du SEA. Elle organise des
stages de spécialisation au profit des armées. Elle participe à la constitution de détachements de
soutien adaptés à un groupement de forces engagé dans une intervention en Europe ou hors
d'Europe.

 Un centre de soutien logistique du SEA (CSLSEA) (Montereau)


Il est chargé de l’approvisionnement en matériels, le recomplètement et l’expédition des matériels
pour les opérations extérieures, l’expérimentation des matériels et la fabrication de prototypes.

3.2 Des directions régionales interarmées du S.E.A.


Une direction régionale interarmées du SEA est située dans chaque région militaire de défense. Son
rôle interarmées permet de coordonner le fonctionnement de l’ensemble des moyens du SEA
implantés sur le territoire de la région, au profit des organismes de la Défense.

Chacune des directions assure notamment :


- le commandement des dépôts implantés sur son territoire, ainsi que leur soutien administratif et
financier ;
- la coordination de l'ensemble des moyens pour assurer dans les meilleures conditions
l'approvisionnement des formations ;
- le contrôle de l'emploi des moyens, de la qualité des produits distribués et des services rendus ;
- avec le relais de détachements de liaison auprès des RT et des régions aériennes, le rôle de
conseiller des différents commandements et directions dans le domaine énergétique en général et
pétrolier en particulier ;
- la préparation de la mobilisation des détachements outre-mer

Le SEA assure le soutien pétrolier dans les départements et communautés d'outre-mer :


- des forces armées aux Antilles et en Guyane ;
- des forces armées en Nouvelle Calédonie ;
- des forces armées de la zone sud de l'Océan Indien ;
- des forces armées stationnées en Polynésie Française ;
- du secteur civil de l'île de Mayotte ;
- des forces armées stationnées à Djibouti ;
- des forces armées stationnées au Cap Vert.

545
LOGISTIQUE OTAN
LE PRINCIPE DE LA « REDISTRIBUTION » DES RESSOURCES
EN LOGISTIQUE OTAN (REF MC 319)

1. Les principes de base de la logistique de l'OTAN


- Chaque pays doit pouvoir assurer sa propre logistique (la logistique est nationale), séparément ou
par des accords de coopération, pour les forces qu'il affecte à l'OTAN en temps de paix, en temps
de crise ou en temps de guerre (la notion de logistique de l'OTAN comprend aussi la mobilité
stratégique, ainsi que les transports et mouvements des forces) ;
- cependant, les pays et les autorités de l'OTAN ont une responsabilité collective en matière de
soutien logistique des opérations multinationales.

1.1 Conséquences
- La responsabilité du soutien logistique des forces nationales appartient aux autorités des pays
concernés ;
- la responsabilité de la coordination du soutien logistique d'une force multinationale incombe à
l'OTAN.

1.2 Conclusion
Chaque pays conserve le contrôle de sa propre ressource jusqu'à ce que la force soit placée sous
l'autorité de l'OTAN.

2. La « redistribution »
- Le principe
Bien que chaque pays dispose en priorité de sa ressource, l'OTAN peut ordonner la « redistribution »
des ressources logistiques nationales pour faire face à des situations imprévues et critiques d'une
autre nation de la force multinationale.

- Quelles ressources peuvent être redistribuées ?


Ce sont celles que le commandement de l'OTAN estime essentielles pour une mission opérationnelle
et qui sont largement normalisées, c'est-à-dire soit communes, soit interchangeables, soit
interopérables ;
- liste non exhaustive : carburants, rechanges, fournitures médicales, eau, équipements du génie,
produits alimentaires…
- liste non exhaustive des services de soutien « redistribuables » : ravitaillements divers, transports,
alimentation, maintenance, récupération et réparation, services médicaux et hospitalisation, unités
de blanchissage et d'hygiène en campagne, manutention…

- Exclusions et limites
- Exclus de la « redistribution »
Les installations fixes, les systèmes d'armes complets, les ressources civiles et les ressources
logistiques régies par des accords ou arrangements spécifiques.

- Les limites
238
Avant un TOA chaque pays a la faculté de désigner des ressources non redistribuables. La
redistribution n'est qu'un expédient temporaire pour faire face à une situation imprévue dans le

238
Transfer Of Authority.

546
cadre d'une mission opérationnelle. Elle ne doit pas compromettre les capacités de la force qui
fournit la ressource.

Elle ne dure que jusqu'à ce que la situation d'insuffisance temporaire soit rétablie en BLT :
- soit parce que le pays assisté est à nouveau en mesure de faire face à ses besoins ;
- soit parce que le commandement de l'OTAN d'un niveau supérieur a résolu le problème.

- Remboursement
Dès que la situation opérationnelle le permet, les ressources logistiques « redistribuées » sont
remplacées par le pays bénéficiaire ou remboursées s'il en a été convenu par les pays concernés.

3. Les échelons médicaux de la chaîne de santé OTAN


Bien que couvrant les mêmes fonctions que la chaîne santé française (relève - ramassage - triage -
traitement - évacuation), les « rôles médicaux OTAN » ne correspondent pas exactement à
l'organisation nationale découlant du concept du soutien français.

- Rôle 1 (Medical Treatment facility role 1)


Niveau du bataillon. Correspond à la relève, aux soins d'urgence et à la mise en condition avant le
ramassage ou une évacuation.

- Rôle 2 (Medical Treatment facility role 2)


Niveaux brigade et division.
o réception et triage des blessés venant du niveau « rôle 1 » ;
o capacité d'effectuer une chirurgie d'urgence, la réanimation et le traitement des
chocs ;
o mise en condition des blessés pour une évacuation ultérieure ;
o possède quelques capacités de lits temporaires.
Correspond au rôle des ACA et AMA dans le cadre d'une projection de force.

- Rôle 3 (Medical Treatment facility role 3)


Niveaux du corps d’armée(regroupant plusieurs divisions)
o réception des blessés en provenance du « rôle 2 » ou directement du « rôle 1 » ;
o traitement des blessés et hospitalisation temporaire ;
o catégorisation finale des blessés pour les évacuations secondaires vers les unités
hospitalières d'infrastructure.

Correspond au rôle d'un hôpital mobile de campagne et d'un PEVA.

- Rôle 4 (Medical Treatment facility role 4)


Niveau du théâtre.
o réception des blessés venant du « rôle 3 » ou de toute autre unité médicale ;
o traitement définitif des blessés ;
o correspond au niveau des hôpitaux d'infrastructure en territoire national (les alliés
envisageant dans ce rôle des hôpitaux lourds au niveau du théâtre).

4. Les différents niveaux de la maintenance dans l'OTAN


Le système d'échelonnement de la maintenance comprend 3 niveaux (lines).

- Le premier niveau (First Line Maintenance)


Il s'agit pratiquement du niveau de la maintenance de contact, c'est-à-dire celle qui correspond au
NTI 1. Il comprend :
o l'entretien préventif ;
o les réparations mineures ;

547
o le remplacement de composants et de sous-ensembles mineurs.

- Le deuxième niveau (Second Line Maintenance)


Ce niveau correspond à la maintenance de proximité, comparable au NTI 2, il comprend :
o les réparations plus importantes que celles de First line,
o le remplacement et la réparation des composants.
Ce niveau est armé par des personnels de l'arme du matériel.

- Le troisième niveau (Third Line Maintenance)


Ce niveau correspond à la maintenance de théâtre. C'est l'échelon le plus élevé de la maintenance qui
est mis en œuvre par des spécialistes.

Principaux documents de référence :

NATO / OTAN :
- AJP-4 Allied Joint Logistic Doctrine -Edition 2003
- AJP-4.5Allied Joint Host Nation Support Doctrine And Procedures - Edition 2005
- AJP-4.6 Multinational Joint Logistic Centre (MJLC) Doctrine -Edition 2003
- ALP-4.1 -SOP For The Operation Of Advanced And Forward Logistic Sites -Edition 2001
- ALP-4.2 Land Forces Logistic Doctrine - Edition January 2004
- MC 319/2 - Nato Principles And Policies For Logistics / Principes et politique logistiques de l'Otan -
Edition du 9 décembre 2002
- MC 473 - Directive sur la chaîne d'approvisionnement pétrolier - Mars 2003
- STANAG 2014 - 9 – Présentation des ordres et désignation des jours, des heures, des lieux et des
unités
- STANAG 2034 - NATO Standard Procedures For Mutual Logistic Assistance / Procédures
standard OTAN relatives a l'aide logistique mutuelle - Ratifié sans réserve le 19 avril 2000 -
Edition 6
- STANAG 2183 - NATO Consignment Tracking Communication and Security Requirements -
November 2009
- STANAG 2961 - Classes Of Supply Of NATO Land Forces - Approuvé en septembre 2001 -
Edition 2
-
FRA - Interarmées
- DIA 3b - Commandement des engagements opérationnels / Organisation générale – 2010
- DIA 3d - Commandement des engagements opérationnels / Lexique – 2010
- DIA 4 – Le soutien interarmées en opérations – 2008
- NE n° 65/DEF/CMT/CDT/NP du 28 janvier 2010 (Note d’organisation et de fonctionnement du
CMT)

FRA - Santé :
- Instruction portant sur le concept interarmées du soutien sanitaire des forces en opérations -
Approuvé le 05 janvier 1999
- Instruction portant sur les évacuations sanitaires - Approuvé le 28 janvier 1998
- Instruction sur les procédures EVASAN et RAPASAN - Approuvé le 25 mars 1999

FRA - Armée de terre :


Circulaires :
- Circulaire 2350 Circulaire relative aux procédures nationales de soutien administratif et logistique
d'une force terrestre en opération extérieure - Approuvé le 23 juillet 2005
- Grille de lecture de la circulaire 2350 - Version provisoire approuvée le 05 juin 2009

TTA :

548
- TTA 106 – Manuel d’emploi de termes, sigles et signes conventionnels militaires
- TTA 901 – Forces terrestres en opérations – Edition 1999
- MMEPPAT – Mémento de montée en puissance et de pré-acheminement de l’armée de terre -
2006
- Mémento provisoire des procédures logistiques opérationnelles (LOG 50.923 – Edition 2010 – ex
TTA 915)

Concepts et doctrines logistiques :


- LOG 10.901Concept de soutien logistique - Approuvé le 27 juin 2000
- LOG 10.902 Concept du soutien logistique des forces terrestres en opérations extérieures -
Approuvé le 14 octobre 2009
- LOG 10.912 Concept du soutien pétrolier de l'armée de terre en opération - Approuvé le 28 février
2007
- LOG 20.901 Doctrine du processus "RSMI" - Approuvé le 20 juillet 2006
- EMP 20.902 Doctrine du soutien logistique des forces terrestres en opérations extérieures -
Approuvé le 24 juin 2010

Mémentos logistiques :
- LOG 50.911 Mémento sur la logistique dans le cadre de l'ONU - Approuvé le 20 juillet 2010
- LOG 50.911 Mémento sur le commandement de la logistique en opérations - Approuvé en mars
1999

Outils et procédures logistiques :


- LOG 10.921 Conception et planification des mouvements - Edition 1999
- LOG 20.923 Instructions et données de base pour le soutien des contrats opérationnels des forces
aéro-terrestres - Version provisoire du 1er juillet 2010 - V1
- LOG 50.922 Manuel des flux tirés en opérations - Approuvé le 20 juillet 2007 sous le
n°504/DEF/CDEF/DEO/B.LOG - Edition 2006
- LOG 50.923 Mémento provisoire des procédures logistiques opérationnelles – Version provisoire
2010
- LOG 60.923 Méthode de raisonnement logistique - Approuvé le 21 mars 2007

Nota : voir également sur le site Intradef du CDEF (référentiel doctrinal) les documents d’armes MAT,
TRN, CAT, SSTA.

549
550
LES OPÉRATIONS
SPÉCIALES

551
LE COMMANDEMENT
DES OPÉRATIONS SPÉCIALES

Le commandement des opérations spéciales (COS) est un organisme interarmées placé sous
l’autorité directe du chef d’état-major des armées. Il constitue un commandement spécialisé
interarmées à vocation opérationnelle.

Sa mission est de planifier, coordonner et conduire à son niveau les actions menées par des unités
des forces armées spécialement organisées, entraînées et équipées pour atteindre des objectifs
militaires ou paramilitaires définis par le chef d’état-major des armées. Ces actions peuvent être
conduites de façon indépendante ou en coordination avec des opérations menées par d’autres forces.
Elles diffèrent des actions habituellement menées par les armées, du fait notamment des techniques
employées et de l’environnement particulier dans lequel elles se situent.

Le chef d’état-major des armées dispose ainsi d’un commandement opérationnel assurant l’interface
avec les unités spéciales des trois armées. L’ensemble constitue un système de forces
immédiatement disponibles pour des missions particulières, en temps de paix, de crise ou de guerre.
Le commandement des opérations spéciales est placé sous les ordres d’un officier général (GCOS)
qui relève directement du chef d’état-major des armées. Cet officier général dispose d’un état-major
implanté à VILLACOUBLAY. Les unités auxquelles il fait prioritairement appel pour remplir sa mission
ont été désignées par le chef d’état-major des armées. Ce sont les unités du premier cercle.

552
UNITÉS DU PREMIER CERCLE
1. L’armée de Terre
Il s’agit, pour l’armée de Terre, de la brigade des forces spéciales Terre (BFST) :
er
- 1 régiment de parachutistes d’infanterie de marine (1er RPIMa - BAYONNE) ;
e
- 13 régiment de dragons parachutistes (13e RDP - SOUGE) ;
e
- 4 régiment d’hélicoptères des forces spéciales (4e RHFS - PAU) ;
- centre d’entraînement spécialisé (CES) (moyen d’entraînement).

2. La Marine nationale
La marine dispose de
- six commandos marine (HUBERT, JAUBERT, de MONFORT, TREPEL, de PENFENTENYO,
KIEFFER) ;
- un bâtiment de soutien de nageurs de combat POSEIDON.

3. L’armée de l’Air
Ses unités spéciales :
- le commando parachutiste de l’Air n°10 (CPA 10) ;
- division des opérations spéciales (qui prend ses moyens au sein de l’escadron de transport 3/61
POITOU) ;
e
- l’escadrille spéciale d’hélicoptères (5/67 ALPILLES. En cours de transfert au 4 RHFS).

Le commandement organique de ces unités est assurée par la BFST (brigade des forces spéciales
terre-PAU) pour l’armée de terre, l’état-major d’ALFUSCO à Lorient pour la marine nationale et le BFS
(bureau forces spéciales du CFA Metz pour l’armée de l’Air).

D’autres unités à capacité spéciale des trois armées et de la gendarmerie nationale peuvent, à la
demande, compléter ces moyens. Elles sont appelées unités du deuxième cercle ; le troisième cercle
étant constitué de toutes les unités non spécialisées pouvant occasionnellement participer à des
opérations spéciales.

553
CARACTÉRISTIQUES DES OPÉRATIONS
Les opérations spéciales sont par nature insolites et constituent généralement des cas d’espèce. Il
serait vain, par conséquent, de vouloir les définir par une formule lapidaire et forcément réductrice.
Ordonnées par le chef d’état-major des armées et fondées sur le principe de l’économie des forces,
les opérations spéciales sont des actions militaires d’ampleur limitée, directes ou indirectes.

Elles se caractérisent par :


- des OBJECTIFS qui s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie définie par le chef d’état-major.
L’emploi des unités spéciales reste centralisé au niveau du théâtre, les actions pouvant,
néanmoins, se dérouler dans la frange tactique ou opérative ;
- l’importance du RENSEIGNEMENT qui nécessite d’être réactualisé par d’ultimes investigations
avant action ;
- un CADRE ESPACE/TEMPS qui diffère généralement de celui des autres forces engagées. Ceci
conduit à privilégier l’engagement des unités spéciales en détachements autonomes ;
- la DISCRÉTION, qui implique confidentialité, limitation des effectifs engagés et une politique de
communication adaptée ;
- des LIAISONS DE COMMANDEMENT DIRECTES (lointaines, protégées, autonomes) jusqu’au
niveau des exécutants ;
- la MISE EN ŒUVRE DE MATÉRIELS performants faisant appel à des techniques de pointe ;
- un TEMPS DE RÉPONSE VARIABLE selon que la mission nécessite un mise en œuvre de
savoir-faire parfaitement maîtrisés, ou une préparation minutieuse incluant des répétitions.

Le domaine d’emploi privilégié du COS est celui de l’action spécialisée, incluant l’acquisition du
renseignement à fin d’action. Les unités spéciales ont vocation à intervenir en prévention des crises
ainsi que dans les phases les plus aiguës des conflits. Elles participent également aux différentes
actions visant à rétablir la stabilité.

Leur engagement n’est pas clandestin. Il est reconnu, ce qui n’exclut pas une certaine discrétion pour
des raisons évidentes de sécurité.

Le concept général des opérations spéciales s’intègre parfaitement dans la doctrine d’emploi des
forces armées. Orienté vers l’action, ce concept, dit du traitement avancé, repose sur une faculté
permanente d’anticipation et d’optimisation des critères suivants :
- la créativité qui suppose un état d’esprit imaginatif pour prévenir l’évolution des menaces,
rechercher des techniques, des organisations, et des modes d’actions originaux ;
- la pertinence qui consiste à ne pas s’écarter du domaine d’emploi retenu ;
- la furtivité qui implique discrétion, souplesse et limitation des effectifs engagés. Elle conduit à
privilégier des actions à faible signature ;
- la maîtrise des effets collatéraux qui revêt un aspect déterminant dans la conception de toute
opération.

554
EMPLOI
Le COS fait développer et entretenir par les unités spéciales des capacités spécifiques dans les
domaines suivants :

1. Assistance militaire à l’étranger


- Formation d’unités classiques ou à vocation particulière ;
- encadrement d’unités classiques ou à vocation particulière.

2. Actions d’environnement
- Affaires civiles (expertise des situations) ;
- affaires militaires (information locale et lutte contre la désinformation).

3. Appui opérationnel
- Liaisons diverses ;
- protection rapprochée ;
- reconnaissance spéciale ;
- observation ;
- participation aux missions de SAR de combat (Search and Rescue).

4. Actions spécialisées
- Neutralisation ;
- extraction ;
- récupération d’otages ;
- actions de diversion et de déception ;
- contre terrorisme maritime.

Lorsqu’elles sont engagées, les unités du COS sont généralement placées sous le contrôle
239 240.
opérationnel du commandant de théâtre ou du SNR (Senior National Representative) opératif Un
DLMO, conduit par un officier du COS, est alors placé auprès de cette autorité pour la conseiller et
assurer le commandement tactique du détachement. Il conserve un lien direct avec le GCOS sous la
forme d’une liaison technique ou opérationnelle.

239
Opération nationale.
240
Opération multinationale.

555
556
GLOSSAIRE ET
SYMBOLOGIE

557
VOCABULAIRE MILITAIRE
e
Le vocabulaire propre à la MEDO se trouve dans le 3 chapitre de la fonction commandement
consacré à la MEDO.

Position d’une unité mise pour emploi à la disposition d’un


Adaptation échelon tactique qui en est organiquement dépourvu.

Apporter une aide à une autre unité, spontanément ou sur


Appuyer ordre, par le mouvement ou par le feu.
Action d’un groupement ou d’un détachement qui aide,
APP couvre, élargit ou soutient la manœuvre d’un autre élément
en comportant le plus souvent la fourniture de feux.

Constitution d’une troupe en différentes fractions


Articulation subordonnées dont la composition (articulation des moyens)
et le chef (articulation du commandement) sont nettement
ARTIC précisés.

Acte essentiel de la manœuvre offensive visant par la


Attaquer combinaison du feu et du mouvement, soit à détruire un
ennemi déterminé, soit à le chasser des zones qu’il occupe
ATK en lui infligeant le plus de pertes possibles.

attaque

Détruire ou, au minimum, neutraliser l'adversaire par une


Attaquer en force action de feux brutale et puissante, puis parachever les
résultats obtenus par l'engagement rapide des formations
ATK de combat, en général blindées et mécanisées.

Paralyser et désorganiser le dispositif ennemi par des


Attaquer en infiltrations profondes puis détruire progressivement les
éléments dépassés et isolés.
souplesse
ATK

Détachement de sûreté rapprochée, agissant en avant


Avant-garde d'une troupe en marche pour la renseigner, la couvrir et
faciliter son engagement.
AVG

558
Arrêter un ennemi progressant sur cette direction ou cet
Barrer itinéraire.

(une direction, un itinéraire)

Tâche tactique visant à restreindre les opérations dans une


Canaliser zone étroite par l'utilisation combinée d'obstacles, de feux
et/ou de manœuvres ou par la mise en place d'unités.

Dans le cadre général de la manœuvre offensive, mode


Conquête de zone d’action générique des niveaux de la DIV et de la BIA
consistant à soustraire une zone ou un objectif terrain (zone
refuge, sanctuaire…) à un adversaire installé.

Situation d'un élément se trouvant sous le feu des armes à


Contact tir direct de l'ennemi.
1. Prendre contact :
CTC Action qui consiste, pour les éléments de tête, à engager le
feu avec l'ennemi ou à s'infiltrer dans son dispositif en vue
de renseigner, de tenir, éventuellement de conquérir, les
points clés utiles à la poursuite des opérations.
2. Préciser le contact :
Déterminer les points et les zones où l'ennemi résiste aux
actions engagées contre lui ainsi que les intervalles de son
dispositif.
3. Perdre le contact :
Ne pas s'apercevoir que l'ennemi s'est dérobé ou, s'en étant
aperçu, ne plus pouvoir reprendre le contact.
4. Rompre le contact :
Se dérober soi-même au contact de l'ennemi.

Réagir offensivement dans le but :


Contre-attaquer - soit de détruire un ennemi engagé dans une attaque, au
minimum de l’arrêter en lui infligeant des pertes et en
C.ATK reprenant sur lui l’ascendant moral ;
- soit de rétablir l’intégrité d’un dispositif en détruisant ou,
au minimum, en chassant l’ennemi qui s’y est engagé.

Mode d’action générique de sécurisation consistant à


Contre-rébellion neutraliser une organisation pratiquant la violence armée
sous forme de guérilla ou de terrorisme militarisé en milieu
urbain - en limitant sa liberté de manœuvre par application
des effets d’interdiction ou de confinement, ou bien en
l’éliminant par des effets de réduction et de désagrégation.
Cette lutte, d’intensité variée, dépendra de l’option politique
retenue et du rapport de force sur le terrain.

559
Ensemble de procédés de combat visant à réduire les
Contre mobilité possibilités de mouvement de l'adversaire dans le cadre de la
manœuvre interarmes. Elle implique systématiquement la
C.MOB recherche du renseignement sur les mouvements de
l'adversaire. Elle comprend :
 La réalisation d’obstacles artificiels, physiques ou non ;
 La valorisation d’obstacles naturels ;
 La délivrance de feux indirects ;
 L’atteinte de certains points sensibles de l’adversaire.

Interdire à l’ennemi la libre circulation à l’intérieur d’une zone:


Contrôler une zone - d’une part, en décelant et en surveillant toute infiltration ou
mouvement à l’intérieur de cette zone ;
CTR.Z - d’autre part, en agissant contre les personnes ou mobiles
jugés indésirables.
contrôle de zone

Déclencher par surprise une action à base de feux, sur une


Coup d’arrêt formation ennemie en mouvement offensif pour briser son
élan et lui imposer un arrêt tout en lui infligeant le maximum
(donner un) de pertes.
CARR Un coup d’arrêt est par essence temporaire.

Prendre l’ensemble des mesures actives ou passives pour


Couvrir s’opposer à une action éventuelle de l’ennemi pouvant
menacer le déroulement de l’action principale amie.
COUV
couverture

Action visant à interdire à l’ennemi, pour un délai déterminé,


Défense d’arrêt l’occupation d’une position, d’une zone ou le franchissement
d’une ligne de terrain.
D.ARR

Forme de la manœuvre d’arrêt visant à détruire


Défense d'usure progressivement dans la profondeur les pénétrations
ennemies en se laissant dépasser le cas échéant.
DEF USU

Forme de manœuvre d’arrêt visant à interdire à l’ennemi de


Défense ferme franchir une ligne ou de s’emparer d’une zone.

560
Pour une grande unité de niveau tactique, combiner dans une
Défense mobile certaine profondeur, des actions de jalonnement, de freinage,
de coups d’arrêt et de contre-attaques blindées dont le
(mener une) résultat est l’abandon de terrain à l’ennemi avec pour but :
- d’affaiblir l’adversaire en lui infligeant des pertes tout en
DEF MOB préservant au mieux le potentiel ami engagé ;
- de ralentir et souvent de canaliser sa progression ;
- de gagner ainsi des délais et préparer une reprise de
l’offensive par l’engagement de forces initialement
réservées.

Dans le cadre général de la manœuvre défensive, mode


Défense de zone d’action générique des niveaux du CA, de la DIV et de la BIA
basé sur la préservation du terrain en y absorbant l'ennemi
dans une série de positions entrecroisées à partir desquelles
il peut être en grande partie détruit par le feu.
La destruction complète de l'ennemi n'est pas
systématiquement recherchée. Elle conjugue l'emploi de
réserves mobiles et de positions défensives.

Signification des appellations suivantes : a- jour E : jour


Désignation du début d’un exercice OTAN; b- jour G : jour où est
donné l’ordre, normalement à l’échelon national, de
des jours et des déployer une unité ; c- jour J : jour initial, ou prévu
comme tel, d’une opération. Il peut coïncider avec le début
heures des hostilités ou d’une opération quelconque ; d- jour K :
jour auquel est mis en vigueur, ou doit être mis en vigueur, un
système de convois sur toute route de convois
déterminée ; e- jour M : jour auquel doit ou devrait
commencer la mobilisation ; f- heure H : heure à laquelle une
opération ou un exercice commence ou doit
commencer. Cette appellation est également utilisée
comme référence pour désigner les jours ou les heures
précédant ou suivant l’événement.

Mission tactique réalisée dans le but de rendre une force


Détruire ennemie physiquement inapte au combat à moins qu'elle ne
soit reconstituée.
DETR Endommager un objectif à un point tel qu'il ne peut
fonctionner comme prévu ni être remis en état de
fonctionnement sans qu'il soit entièrement reconstruit.
Dans le cadre des missions de l'aviation, la destruction
nécessite une neutralisation / destruction de la force ennemie
dans une proportion de 70%.
Pour l'artillerie, elle nécessite une neutralisation / destruction
de la force ennemie de l'ordre de 30% (destruction tactique).

Tactique générale : dispositif d'une unité considéré dans sa


Échelonnement profondeur.
Mouvement : ensemble des distances et créneaux prévus à
ECH l'intérieur d'une colonne.

Rechercher du renseignement sans engager le combat pour


Éclairer contribuer à la sûreté rapprochée du chef et de la troupe.

ECL

561
Espace dont une unité a absolument besoin pour préparer et
Espace de conduire sa manœuvre. Il doit permettre, en sûreté, le
déploiement des moyens, leur plein emploi et leur plein
manœuvre rendement.

Après rupture ou submersion du dispositif adverse,


Exploiter poursuivre dans la profondeur sa désorganisation, et, si
possible, sa destruction.
EXPL
(OTAN) - Tirer le meilleur parti possible d’un succès dans une de
ses activités ou d’opportunités et exploiter les gains initiaux.
Synonyme : tirer profit d’un succès initial

Mission visant à empêcher l'ennemi de déplacer une partie


Fixer de ses forces à partir d'un endroit donné et/ou pendant une
période déterminée en le retenant ou en l'encerclant pour
FIX qu'il ne puisse se replier et mener des opérations ailleurs.

Fixation Mettre en place des obstacles valorisés par des feux planifiés
pour ralentir un attaquant dans les limites d'une zone
déterminée, normalement la zone d'engagement.

(OTAN) - Empêcher tout ou partie d'une force hostile, d’une population,


d’un groupe d’individus ou d’une organisation de quitter un emplacement
défini pendant une période de temps donnée.

Renseigner et couvrir, de façon fixe ou mobile, la formation


Flanc-garder considérée et, éventuellement, assurer la liaison avec les
unités voisines
FG
flanc-garde

Ligne matérialisant l'ensemble des positions les plus en avant


Forward line des forces amies à un moment donné.

of own troops Normalement, elle identifie la position avancée des forces de


couverture et de surveillance. La FLOT peut se trouver à la
FEBA, au-delà ou proche de celle-ci.
FLOT
(ligne avant des forces amies)

Ralentir la progression ennemie sur une direction ou dans


Freiner une zone par l’action de détachements mobiles, par des feux
et par des obstacles.
FRN
(OTAN) - Gagner du temps en perdant du terrain en
Freinage ralentissant le rythme de l’adversaire en lui causant le plus de
dégâts possible et en évitant, si possible, de s’engager de
manière décisive. Termes connexes : manœuvre retardatrice,
retarder

562
Restreindre l'activité ennemie dans une zone ou sur un
Harceler itinéraire défini et créer un climat d'insécurité. Le harcèlement
peut être obtenu : par le feu, par des coups de main et des
HAR embuscades, par des obstacles battus ou non.

harcèlement

Mode d'action offensif ayant pour but d'introduire au sein, ou


Infiltration autour du dispositif ennemi, un certain volume de forces, en
évitant d'être repéré.
INFILT

Détourner, désorganiser, retarder ou détruire le potentiel


Interdire militaire de surface de l'ennemi avant que ce potentiel ne
puisse être utilisé efficacement contre les forces amies en
INTDR faisant appel à l'appui-feu et à la manœuvre.

Interdiction Empêcher par tous les moyens l'utilisation d'une zone, d'un
itinéraire ou d'une voie d'approche.
Action visant à empêcher, gêner ou retarder l'utilisation d'une
zone ou d'un itinéraire par les forces ennemies.

Action de combat qui consiste à renseigner en permanence


Jalonner sur la progression d’un ennemi en marche en maintenant
devant lui des éléments mobiles qui, sans se laisser identifier
JAL ni accrocher, saisissent toute occasion de préciser le
renseignement et de causer des pertes à l’adversaire.

En guerre terrestre, ligne fixée pour coordonner le départ des


Ligne de débouché éléments d'attaque (engagement des unités d'attaque ou des
éléments de reconnaissance à une heure déterminée).
LD
En opération amphibie, ligne repère établie au large dans le
but d'aider les engins de débarquement à coordonner leur
approche vers les plages aux endroits désignés et aux
heures prévues.

Au niveau opératif, forme complexe du combat défensif où


Manœuvre l'on accepte de perdre du terrain en vue, soit de ralentir
l'ennemi et de gagner ainsi des délais, soit d'amener l'ennemi
retardatrice dans une situation ou sur un terrain jugés plus favorables
pour sa destruction.

Mode d’action générique coordonné d’une grande unité,


Marcher à l’ennemi visant à prendre le contact avec l’ennemi, en adoptant un
dispositif de marche déterminé permettant de manœuvrer
d’emblée et de conserver l’initiative dans la foulée du premier
contact.

1- Mission consistant à mettre l’adversaire hors d'état d'agir


Neutraliser efficacement pendant un temps et dans une zone donnés.
2- Désamorcer des mines, des bombes, des missiles et des
NEUT pièges.
3- Rendre inoffensif tout ce qui a été contaminé par un agent
chimique.

563
Faire une incursion rapide et profonde à l’intérieur du
Raid dispositif ennemi pour s’emparer d’une zone clé ou détruire
un objectif de grand intérêt opérationnel.
(effectuer un)

RAID

Action de combat destinée à neutraliser les éléments de


Reconnaissance sûreté adverse et préciser le dispositif qu'ils couvrent afin
d'en préparer l'attaque
offensive
(mener une)

Mission consistant à aller chercher le renseignement d'ordre


Reconnaître tactique ou technique, sur le terrain ou sur l'ennemi, sur un
point ou dans une zone donnée, en engageant
RECO éventuellement le combat. Une unité peut être amenée à
reconnaître un point particulier, une zone, un itinéraire, un
reconnaissance axe ou une direction.

Soutenir à partir d’une zone ou d’une ligne donnée une unité


Recueillir qui se replie, lui permettre le franchissement de son propre
dispositif, puis, la couvrir pendant un certain délai.
RCL
recueil

Mettre hors de combat un élément ennemi après l'avoir


Réduire repéré, identifié et localisé.

une résistance,
une position
RED

Ensemble des actions visant, dans le cadre d'un engagement


Relève d’unité terrestre d'une certaine durée, à remplacer une force
opérationnelle terrestre par une autre force ayant, en général,
les mêmes capacités.

La relève d'une unité par une autre peut s'effectuer :


- par recueil ;
- par dépassement ;
- sur position.

Position d'une unité mise pour emploi à la disposition d'un


Renforcement échelon tactique déjà pourvu de formation(s) de ce type, pour
en augmenter les capacités.
RENF En artillerie, mission tactique confiée à une unité d’artillerie
en vue d’augmenter les feux d’une autre unité de cette arme.

564
Acquérir et transmettre des informations opérationnelles,
Renseigner tactiques ou techniques, sur les forces adverses ou le milieu,
à l’initiative ou pour répondre à des demandes formulées
RENS dans ce but.

Mission consistant à s’assurer de la possession d’un point ou


S’emparer de d’une zone en détruisant, en capturant ou en chassant
l’ennemi qui pourrait l’occuper.
(OTAN) - Prendre possession par la force d'une zone ou d’un
secteur désigné. Termes connexes : capturer, sécuriser,
occuper, dégager, nettoyer

1- Mission de sécurisation ou d’assistance consistant à


Soutenir intervenir au profit d'une autre unité, d’un détachement
spécialisé, d’un organisme ou de population par la fourniture
SOUT de moyens ou de services.
2 -Mission tactique par laquelle une force engagée suit une
Soutien autre force menant une opération offensive et l'assiste dans
la réalisation de sa mission. Une telle force n'est pas une
force de réserve mais elle est engagée à la réalisation de
tâches précises.

Mission tactique consistant à occuper et défendre un trait


Tenir caractéristique du terrain pour empêcher l'ennemi de
l'occuper ou de l'utiliser.
TEN

- Subdivision tactique d'une zone plus vaste dont la


Zone d’action responsabilité opérationnelle est confiée à une unité
tactique.
ZA - Zone dont la responsabilité opérationnelle est donnée à
une force terrestre pour remplir la mission qui lui est
(zone de responsabilité confiée.
tactique) Sa limite avant est matérialisée par la portée maximale des
moyens de feux ou d'actions dans la profondeur dont dispose
le commandant tactique.
Quand plusieurs zones d'action sont définies sur un même
théâtre, elles ne se recoupent jamais et ne sont pas
obligatoirement jointives. La surveillance des éventuels
intervalles incombe au niveau opératif. Aussi appelée zone
de responsabilité tactique.

Partie de la zone d'action effectivement utilisée par le


Zone d’engagement commandant d'une unité pour exécuter sa mission et
atteindre l'effet majeur correspondant. Dans le cadre des
ZE combats, la limite avant de la zone d'engagement est
représentée par la ligne des contacts.

565
Zone attribuée à un commandant dans laquelle il a la
Zone de responsabilité de fournir le renseignement avec les moyens
mis à sa disposition.
responsabilité de
renseignement
ZRR

Zone qui intéresse le commandant dans l'exécution de sa


Zone d’intérêt du mission. Elle englobe la zone d'influence ainsi que les zones
qui lui sont contiguës et s'étend vers l'avant en territoire
renseignement ennemi pour inclure les objectifs des opérations en cours ou
planifiées. Elle comprend aussi les zones occupées par les
ZIR forces de l'ennemi, susceptibles de compromettre l'exécution
de la mission.

Zone organisée ou non permettant à une formation de


Zones réaliser un dispositif en vue de son engagement immédiat ou
ultérieur. Suivant la proximité de l'engagement et le degré de
de déploiement préparation de l'unité, on distingue :
- la zone de déploiement initial (ZDI) au sein de laquelle
l'unité établit ses liens organiques et complète le cas
échéant sa mise sur pied de guerre ;
- la zone de déploiement et d'attente (ZDA), zone
intermédiaire éventuelle dont l'occupation correspond au
souci de rapprocher le centre de gravité des forces de la
ou des zones d'action éventuelles pour gagner des délais
et améliorer les conditions d'engagement ;
- la zone de déploiement et d'attente extension (ZDAE) :
prolongement éventuel de la ZDA permettant de
rapprocher les forces de leur zone d'action avant leur
déploiement opérationnel ;
- la zone de déploiement opérationnel (ZDO) dans laquelle
sont préparés et éventuellement pris en sûreté les
dispositifs opérationnels et effectués les ultimes
recomplètements le cas échéant.

Zone définie en coordination avec les cellules Manœuvre,


Zone d’intérêt Appuis et Renseignement, validée par le chef, dans laquelle
doivent être en priorité, dans un créneau de temps donné,
des objectifs acquis et traités des objectifs préalablement choisis.

ZIO La destruction ou la neutralisation de ces objectifs présente


un intérêt déterminant pour la réussite de la manœuvre du
chef interarmes. Une ZIO peut comporter une ou plusieurs
aires d'efforts sur objectifs.

Zone sur laquelle est appliquée un effort de feux de l’artillerie,


Zone d’effort généralement lié à l’obtention de l’effet majeur.

des feux
ZEF

566
SYMBOLOGIE
1. Normes et principes
1.1 Généralités
Sont représentés par des symboles :

 Les unités RÉGIMENT DE CHARS

 Les installations ÉTABLISSEMENT SANITAIRE

 Les systèmes d'armes et armements MITRAILLEUSE LOURDE

 Les matériels VÉHICULE BLINDÉ DE COMBAT D'INFANTERIE

Un symbole est défini par quatre éléments :

 un cadre ;
 une couleur de fond ;
 une icône ;
 des informations complémentaires.

567
Indicateur d'échelon : compagnie
Indicateur de sous-rôle : reconnaissance
Indicateur de mobilité : blindé à roues Couleur de fond
Indicateur de PC : /
Indicateur de PC /
Cadre
021400Z
4 : numéro de compagnie
12 :régiment d'appartenance
021400 Z : GDH 4 12

Icône
1.2 Le cadre

 La forme géométrique traduit :


La relation entretenue avec l'objet décrit :

- Inconnu :

- Ami :

- Neutre :

- Hostile :

Le milieu d'évolution :

- Aérien :

- Terrestre :

- Maritime de surface :

- Sous-marin :

568
 Le tracé détermine la position dans le temps :

Réel / actuel, trait plein :

Envisagé / futur ou planifié, trait tireté :

Pour les objets terrestres AMI, il permet également de distinguer les unités des moyens.

 La couleur :
La couleur de fond définit, de manière redondante avec la forme, le comportement de l'objet :

 Jaune : inconnu
 Bleu : ami
 Vert : neutre
 Rouge : hostile
 Violet / brun : météo

Si l'objet est représenté hors du cadre, c'est la couleur de son trait qui traduit cette caractéristique.

Exemple : canon léger automoteur

Milieu d'évolution Terrestre / Surface Maritime


Aérien / Sous-
/
Air Equipe Surface marin
Classification Unité
ment

INCONNU
(JAUNE)

AMI
(BLEU)

NEUTRE
(VERT)

HOSTILE
(ROUGE)

569
 L'icône
L'icône définit la nature de l'objet :

BLINDÉ DE COMBAT À ROUES

Un symbole peut comporter plusieurs icônes :

BLINDÉ DE COMBAT À ROUES


DES TROUPES AÉROPORTÉES

2. Élaboration d'un symbole à icônes multiples


2.1 Pour les unités

 Unité d'infanterie

Identificateurs de sous-rôles :

 Aéroporté :

 Assaut aérien :

 Assaut aérien avec transport organique :

 Montagne :

 Reconnaissance :

 Antichar :

 Motorisé :

 Blindé :

Exemple : UNITÉ D'INFANTERIE DE MONTAGNE

570
 Échelons tactiques

INDICATEUR DESCRIPTION
rien Équipe / équipage
Équipe
Groupe
Section
Compagnie
Bataillon
Régiment / groupement
Brigade
Division
Corps d'armée
Armées
Groupe d'armées
Région / théâtre
Groupement de forces

Exemple : BATAILLON D'INFANTERIE DE MONTAGNE

 Pour les équipements et matériels


Indicateurs de mobilité des matériels

SYMBOLE SIGNIFICATION SYMBOLE SIGNIFICATION


DE DESCRIPTION EXEMPLE DE DESCRIPTION EXEMPLE
MOBILITÉ MOBILITÉ

À ROUES TRAINEAU
(capacité tous (moyen
terrain limitée) rudimentaire)

À ROUES TRAINEAU
(tous terrains)

CHENILLÉS CHARGE
ANIMALE

SEMI- AMPHIBIE
CHENILLÉS

TRACTÉS VOIE FERRÉE

Indicateurs du type ou de caractéristiques générales


 H : lourd  M : moyen  L : léger.

571
 Pour les installations
L'indicateur d'installation : rectangle noir sur la partie supérieure du symbole.

Exemple : AÉROPORT / EMBARQUEMENT/DÉBARQUEMENT

2.2 Données complémentaires


(Exprimées sous forme de texte ou de graphismes, elles permettent de préciser les données).

Position des données complémentaires

 Pour les unités, installations, équipements

AB
W B/C/D E/F
X/Y A G
V AA H
T M
Z R J/K/L/N/P

S Q

 Pour les événements NRBC


Attaque nucléaire

B
W H
V Q
T N

Attaque biologique

W H
BIO
B
Q

572
Attaque chimique

W H
CML
C
Q

 Code lettre

Zone du symbole Désignation de l'ennemi (matériel, lignes,


A N
limites, ...)
Échelon tactique Identification de codes (IFF/SIF)
B P
Puissance d'une explosion NUC (KT)
vt
Nombre de matériels Indicateur de direction du M
C Q
Nucléaire : direction du vent
Échelon groupement tactique Représentation du mode de déplacement
D R
Comportement (?, J, K) Représentation de PC et de position
E S
Renforcement (+) Identification particulière
F T
Détachement / réduction (-)
Commentaires de l'état-major (texte libre) Type d'équipement
G V
Complément d'informations (texte libre) GDH
H W
Valeur du renseignement (lettre + chiffre) Altitude / hauteur / profondeur
J X
Capacité opérationnelle (pour unité) Position (latitude/longitude)
K Y
Capacité (pour une installation)
Signature électronique (matériel ENI Vitesse
L Z
seulement)
Échelon supérieur (N° ou appellation) Désignation de PC particulier
M AA
Indicateur de leurre
AB

 Fiabilité de la source et crédibilité des informations

FIABILITÉ DE LA SOURCE VERACITÉ DE L'INFORMATION


A Totalement fiable 1 Corroborée par d'autres sources
B Habituellement fiable 2 Probablement vraie
C Assez fiable 3 Peut être vraie
D Rarement fiable 4 Véracité douteuse
E Non fiable 5 Véracité improbable
F La fiabilité ne peut être estimée 6 La véracité ne peutêtre estimée

573
 Indicateur de direction ou d’emplacement

Direction :

ou

Emplacement de PC :

ou

Emplacement d’unités ou de moyens

 Indicateur de leurre

Représenté par un « V » renversé et tireté

Exemple : EMPLACEMENT SIMULÉ


D'UN PC DE RÉGIMENT
DE GÉNIE

 Autres indicateurs

 Unité sur véhicule équipé d'un canon :

 Ravitaillement :

 Unité de l'échelon corps d'armée :

 Unité de l'échelon théâtre :

574
3. Hiérarchisation des options d'affichage de symboles

Exemple d’options
Description / description
d’affichage

Encadrement : représenté (noir ou blanc en fonction du fond)


Remplissage : représenté (utiliser la couleur par défaut
indiquant l’affiliation)
Icône : représentée (en noir ou blanc)

Encadrement : représenté (utiliser la couleur par défaut


indiquant l’affiliation)
Remplissage : non représenté
Icône : représentée (utiliser la couleur par défaut
indiquant l’affiliation

Encadrement : représenté (noir ou blanc en fonction du fond)


Remplissage : non représenté
Icône : représentée (noir ou blanc)

Remarque : option par défaut pour l’utilisation


monochromatique ; remplacer le noir/blanc
par les couleurs disponibles dans cette mise
en application

Encadrement : non représenté (aucun)


Remplissage : non représenté
Icône : représentée (utiliser la couleur par défaut
indiquant l’affiliation)

Encadrement : non représenté (aucun)


Remplissage : non représenté
Icône : représentée (utiliser la couleur par défaut
indiquant l’affiliation)

Encadrement : représenté (dans le cas de représentation


monochrome)
Remplissage : non représenté
Icône : non représentée (aucune)

Encadrement : non représenté (aucun)


Remplissage : représenté (utiliser la couleur par défaut
indiquant l’affiliation)
Icône : non représentée (aucune)

575
Encadrement : non représenté (aucun)
Remplissage : non représenté (aucun)
Icône : non représentée (aucune)

Remarque : à n’utiliser que pour indiquer la localisation du


symbole

4. Indicateur d'indétermination
Point d'interrogation placé en haut et à droite du symbole.

? ? ?

Indéterminé Présumé ami Suspect

5. Données propres aux exercices

Milieu Surface
d'évolution
Aérien / Terrestre / land Maritime Sous-
air de marin
Classification Unité Equipement surface

Hostile
(rouge)

J J J J J
Joker
(rouge)

K K K K K
Faker
(rouge)

Exemples :
J  JOKER / JOKER
576
K  FAKER / FAKER

6. Taille des symboles


La taille des symboles doit être adaptée à la distance à laquelle ils doivent être vus. En règle
générale, la taille doit être au minimum de 1 cm x 1,5 cm ou de 1 cm x 1 cm, selon le symbole utilisé,
pour une bonne visibilité à une distance de 1 mètre.

Exemples de symboles
(Voir le TTA 106 version juillet 2004)

Les symboles suivants sont ceux principalement utilisés dans les différents dossiers tactiques de
l'EEM.

577
6.1 Unités

Description Inconnu Ami Neutre Hostile

Unité d'infanterie

Unité d'infanterie motorisée

Unité d'infanterie mécanisée

Unité blindée

Unité blindée à roues

Unité d'artillerie sol-sol canon

Unité d'artillerie sol-sol canon


automoteur

Unité d'artillerie LRM chenillée

Unité d'artillerie sol-sol radar


d'acquisition (RATAC)

Unité topographique

Unité d'engins aériens télépilotés

Unité d'artillerie sol-air courte portée


(MANPAD

R R
R R
Unité d'artillerie sol-air courte portée
sur chenilles (ex R = ROLLAND)

578
Unité du génie

Unité du génie mécanisé-chenilles

Unité du génie franchissement

Unité aéromobile

Unité aéromobile
hélicoptère de manœuvre U
hélicoptère de reconnaissance R
hélicoptère d'attaque A U R A SC
hélicoptère d'appui protection (canon)
SC
hélicoptère d'appui protection
(missile)SM

Unité de reconnaissance

Unité de reconnaissance chenilles

Unité de reconnaissance régimentaire


Escadron d’éclairage et
d’investigation

Unité antichars

Unité antichars blindée

Unité NBC

D D D D
Unité NBC - décontamination

Unité de transmissions

Unité de guerre électronique EW EW EW EW

579
Unité de maintenance

Unité de transport

Unité de -ravitaillement

6.2 Équipements
DESCRIPTION INCONNU AMI NEUTRE HOSTILE

Équipement terrestre

Lance missiles

Lance missiles de défense


antiaérienne

Lance missiles antichars

Lance roquette

Lance roquette antichars

Lance grenade moyen

Mortier lourd

Obusier / canon léger

Canon antichar

Canon antiaérien

580
6.3 Installations au sol
DESCRIPTION INCONNU AMI NEUTRE HOSTILE

Installation au sol

Installation / stockage de produits


pétroliers

Installation de matériel militaire

Installation gouvernementale GOV GOV GOV GOV

Base / installation militaire

Aéroport / base aérienne

Hôpital

581
LES REPRÉSENTATIONS GRAPHIQUES
1. Généralités
Peuvent être représentés sous forme graphique :

 Les lignes L1 L1

 Les limites

 Les zones ZDI

 Les points 3

 Les directions

 Les axes

 Les missions ATK

 Les manœuvres
CONTOURNEMENT

AG 2101
 Les feux
TIR D’ARRET
FPF

 Les obstacles CHAMP DE MINES

 Les mouvements GDH - NATURE

 Les dispositifs

SA
 Les soutiens

582
2. Normes et principes
Les représentations graphiques conventionnelles, manuelles ou numériques, figurant au présent
chapitre ne prétendent pas satisfaire la totalité des besoins de représentation, tant tactique que
logistique. Ce catalogue peut-être complété, sous réserve que l’utilisation de tout symbole sigle ou
couleur non répertorié dans cette partie soit éclairée par une légende. Un certain nombre de
conventions sont cependant à respecter impérativement.

2.1 Les couleurs


 Bleu : représentation graphique des données « AMI »

 Rouge : représentation graphique des données « HOSTILE»

 Jaune : représentation graphique des données « NRBC »

 Violet : représentation graphique des données « ORGANISATION DU TERRAIN »

Toutefois, au-delà de cette convention d’emploi des couleurs, la représentation graphique en NOIR et
BLANC est couramment utilisée sous réserve :
- d’utiliser les représentations conventionnelles répertoriées ;
- d’ajouter aux graphismes relatifs au parti « HOSTILE » la mention « ENY ».

Exemple : direction de progression

ENY

AMI HOSTILE

2.2 Le tracé
Il positionne les données dans le temps :
- en traits pleins : actuel ou réel
- en tirets : futur, envisagé, planifié ou supposé

Exemple : Limites entre deux brigades AMI

3 3

7 7

ACTUELLE FUTURE - PLANIFIÉE

2.3 Données simulées


583
Le caractère simulé des données est matérialisé par l’adjonction d’un « V » renversé et tireté à
l’extrémité ou sur la partie supérieure de la représentation graphique

Exemple :

DIRECTION DE CHAMP DE MINES


PROGRESSION SIMULÉE SIMULÉ

2.4 Marques de l’effort


A ce jour la marque de l’effort décidé par le chef au cours d’une manœuvre est une représentation
purement nationale. Elle est représentée par le noircissement de la pointe de la flèche qui indique la
mission, la direction ou l’axe de progression des unités concernées.

Exemple : Marque d’effort

DIRECTION D'EFFORT AU SUD

Indicateur de difficulté particulière


Il est matérialisé par l’ajout d’une ligne brisée à la représentation usuelle :

Exemple : Marque de difficulté particulière de franchissement

GUÉ GUÉ DIFFICILE À FRANCHIR

584
3. Représentation des lignes et des limites
3.1 Les lignes
Positions des indications
Exemple : W N
W1 L(1)
L: NOM
L(1) : NUMÉRO
N: ENY si hostile
W: GDH
W1 : GDH si nécessaire L

Les différents types de lignes


On distingue :

 Les lignes de coordination ou lignes de phase :

Exemple : L1 L1

 Les lignes de sécurité :


Elles sont généralement assorties d’indications portant sur la durée de validité.
EFFECTIVE : GDH
Exemple :

NFL NFL

 Les lignes particulières

Exemples :

LIGNE D'OBSTACLES

LD LD

LIGNE DE DÉBOUCHÉ

FLOT FLOT

LIGNE ATTEINTE PAR LES FORCES AMIES

585
3.2 Les limites
La position des indications

N: ENY si hostile
T: indication particulière
B: échelon tactique

T
N B N
T1
T2

 Les différents types de limites


On distingue :

 Les limites latérales, avant et arrière des unités


Le tracé doit préciser si certains points ou zones sont inclus ou exclus des limites et comporter des
indications sur les unités concernées.

Exemple :

17(MN)ID

6(MN)ID

1RS
3CA 1CA
1REC

6(FR)BLB

21(LU)IB

 Les limites particulières :

Exemple :

FEBA FEBA

LIMITE AVANT DE LA ZONE DES COMBATS

586
4. Représentation des points et des zones
4.1 Les points W W1
La position des indications H
H: Informations complémentaires
H1 : Informations complémentaires
W: GDH

La représentation des points


En règle générale les points sont représentés par le symbole suivant :

La position exacte du point désigné est située soit à la pointe du triangle soit à l’extrémité du trait qui
la prolonge.

Exemples :
TPC 1

SP
1

POINT INITIAL 01 POSTE DE CONTRÔLE DE


CIRCULATION ROUTIÈRE
N° 01

Certains points particuliers possèdent une représentation spécifique :

Exemple :

POINT CLÉ

587
4.2 Les zones
La position des indications
A: Symbole
N: ENY si hostile
H: informations complémentaires
W: GDH

Exemple :

W
W1 H
N

H
N H1
H2

La représentation des zones


Les zones sont représentées par un trait fermé.

Exemple :

NFA
52 ID ENY ENY
Eff. : 280800Z MAY

ZONE ACTUELLE ZONE SUPPOSÉE


DES TIRS INTERDITS OCCUPÉE
AMI PAR L'ENI

588
5. Représentation des missions, des manœuvres et des
situations
La représentation des missions, des manœuvres ou des situations utilise une combinaison de
symboles, d’abréviations et de graphismes assortis de données complémentaires.

Exemple :

Exemples de représentation

APP
APPUYER

ASSAULT ASLT

ATTAQUER ATK

AXE D'EFFORT

ENY
BARRER

BRECHAGE

CANALISER

589
CBT USU
COMBAT D'USURE

ENY
CONTENIR

CONTOURNER

CONTRE ATTAQUER
CATK

CONTROLER UNE ZONE


CTR.Z

COULOIR

COUP D'ARRÊT ENY


C.ARR

COUP DE MAIN

C C
COUVRIR

= UNITÉ

DÉFENSE D'ARRET ENY


D.ARR

590
DÉTRUIRE

ÉCLAIRER ECL

EMBUSCADE

ENCERCLEMENT

ENFOUISSEMENT
ENF

EXPLOITER

EXP

FIXER

G G
FLANC GARDER

= UNITÉ

FRANCHISSEMENT

D'UNE COUPURE

591
J 1800Z JUN FRN
FREINER

J 0800Z JUN

INFILT
INFILTRATION

INTERDIRE

ISOLER

JAL
JALONNER

NEUTRALISER

OBJ
OBJECTIF
NOM

OCCUPER

POINT DE COORDINATION

592
RAID
RAID

RECONNAÎTRE RECO

RELÈVE SUR
RIP
POSITION (RIP)

(SE) REPLIER
W

RETAR
RETARDER

SOUTENIR

S S

SURVEILLER

= UNITE

TENIR

ZONE LIBRE
FREE
D'OBSTACLE 23AD

593
M

ZONE MINÉE M M

ZONE D'OBSTACLES
27

594
CATALOGUE DE SIGLES
SIGLE LIBELLÉ

A
AA Appui aérien
AEO Aire d'effort sur objectif
AER Aire d'effort de recherche
AI Autonomie initiale

ALL Allié
APP Appui
APR Approche

ARRIV Arrivée

ARTIC Articulation
ASS Assaut

ATK Attaque
AV G Avant-garde

AX EFT Axe d'effort

B
BAI Appui aérien éloigné (Battle air interdiction)

BLD Base logistique divisionnaire

BLDA Base logistique divisionnaire avancée


BLDT Base logistique divisionnaire temporaire
BLT Base logistique terrestre

BLTA Base logistique terrestre avancée


BLTT Base logistique terrestre temporaire
BLIAT Base logistique interarmées de théâtre

BTI Base de transit interarmées

C
C ARR Coup d'arrêt
C.ATK Contre-attaque
CAP OPS Capacité opérationnelle

CAS Commandement d'appuis spécialisés


CAS Appui aérien rapproché (Close air support)

595
SIGLE LIBELLÉ

CBT USU Combat d’usure

CDI Complément de dotation initiale


CDID Complément de dotation initiale divisionnaire
CIRC Circulation

CR Centre de résistance

D
D ARR Défense d'arrêt
DA Défense aérienne
DEF Défense

DEF MOB Défense mobile

DEF USU Défense d'usure


DETR Détruire
DEV Devancer
DI Dotation initiale

DISP Dispositif
DL Détachement de liaison

DLO Détachement de liaison et d'observation

DLOP Détachement de liaison et d'observation dans la profondeur


DLRG Détachement de liaison et de reconnaissance du génie

DSA Défense sol-air

E
ECL Éclairage
EFT Effort

EMB Embuscade
ENF Enfouissement
ENGT Engagement
ENI Ennemi
EO Équipe d'observation

EOP Équipe d'observation dans la profondeur


EXPL Exploitation

F
FCHT Franchissement
FG Flanc-garde
FGF Flanc-garde fixe

596
SIGLE LIBELLÉ

FGM Flanc-garde mobile

FIX Fixer
FLOT Ligne avant des forces amies (Forward line of own troops)

FORAD Force adverse

FRN Freinage
FRT Front
Fire support coordination line (ligne de coordination des feux
FSCL
d'appui)
G
GSD Groupement de soutien divisionnaire

GSDA Groupement de soutien divisionnaire avancé


GSDT Groupement de soutien terre temporaire

GST Groupement de soutien terre


GSTA Groupement de soutien terre avancé

GSTT Groupement de soutien terre temporaire

H
HAR Harcèlement

I
INFILT Infiltration

INTDR Interdire

IO Intervention offensive
ITIN Itinéraire

J
JAL Jalonner

L
L AT Ligne atteinte

L BO Ligne de bond
L CR Ligne de compte rendu
L CTC Ligne de contact

LAS Ligne d’appui et de soutien

LAZR Limite arrière de la zone de recueil


LD Ligne de débouché
LD Ligne de départ
LE Ligne d'engagement

597
SIGLE LIBELLÉ

LIA Ligne d'identification et d'accueil

LIM Limite
LIMAR Limite arrière
LIMAV Limite avant

LIMC Limite de circulation


LIMCA Limite de corps d'armée

LIMDIV Limite de division


LIMLAT Limite latérale
LO Liaison

LOF Ligne d’organisation des feux


LPDO Ligne de prise de déploiement opérationnel
LPR Ligne principale de résistance
LR Ligne de résistance

LRCL Ligne de recueil


LRD Ligne de renseignement direct

M
M ENI Marche à l'ennemi

MA Mode d'action AMI


ME Mode d'action ENNEMI

MO Maintien de l'ordre

N
NEUT Neutraliser

O
OBJ (OBJ 1,
Objectif (n° 1, n° 2)
OBJ 2)
OBST Obstacle
OL Officier de liaison

OPCOM Commandement opérationnel


OPCON Contrôle opérationnel
OPO ou
OPORD Ordre d’opération
(anglais)
OPSORDER Ordre d’opération (message formaté)

P
P Pénétrante

598
SIGLE LIBELLÉ
e
P D1- 2, … Point de première destination (2 , …)

P DIS Point de dislocation


PI Point initial
PA Point d'appui

PC Poste de commandement
PC Ar Poste de commandement arrière

PC Av Poste de commandement avant


PC Pal Poste de commandement principal
PC Sec Poste de commandement secondaire

PCB PC de brigade
PDD Point de décision
PFCHT Point de franchissement
PIA Point d'identification et d'accueil

PLO Point de liaison


PSP Poste de secours principal
PSR Poste de secours relais

R
RAID Raid
RAPFOR Rapport de forces

RAR Rocade arrière de recueil


RAV Ravitaillements

RECO Reconnaître
RECOM Recomplètement

RED Réduire - Réduction


RENF Renforcement

RENS Renseignements
Rés Réserve
RESIS Résistance

RESMO Réserve mobile


RET Rétablir
RETAR Retardatrice

S
SOUT Soutien
SRT Sûreté

599
SIGLE LIBELLÉ

T
TACOM Commandement tactique (Tactical command)

TACON Contrôle tactique (Tactical control)

TAR Appui renseignement (Tactical air reconnaissance)

TBA Très basse altitude

TC Train de combat
TC1 Train de combat n°1
TC2 Train de combat n°2
TC3 Train de combat n°3

TDP Tête de pont

TEN Tenir
TRI Triage
TRSPT Transport

U
U Unité

U+ Unité renforcée

U- Unité diminuée
U PA Unité prêtée à

UR Unité résiduelle
UR Urgence relative

Z
ZA Zone d'action
ZAA Zone arrière d'armée

ZAD Zone aérienne de défense


ZAF Zone d’attente de franchissement
ZAI Zone d'alerte immédiate
ZAM Zone d'appui de manœuvre

ZAR Zone d'accueil et de régulation

ZATT Zone d'attente


ZCE Zone de contact d'évacuation
ZDA Zone de déploiement et d'attente

ZDAE Zone de déploiement et d'attente extension


ZDI Zone de déploiement initial
ZDL Zone de déploiement logistique

600
SIGLE LIBELLÉ

ZDO Zone de déploiement opérationnel

ZDV Zone de danger sous le vent


ZE Zone d'engagement
ZEA Zone d'engagement de feu

ZEF Zone d'effort de feux


ZFCHT Zone de franchissement

ZH Zone de halte
ZI Zone d'intérêt
ZIA Zone des itinéraires d’attente

ZIA Zone intermédiaire d'attente


ZIO Zone d'intérêt des objectifs
ZIP Zone d'intervention planifiée
ZIR Zone d'intérêt du renseignement

ZL Zone de largage
ZLO Zone à laisser libre d’obstacles
ZMCO Zone de mise en condition opérationnelle (théâtre d'opérations)

ZOAR Zone d'opérations arrières


ZOP Zone d'opérations dans la profondeur
ZOR Zone d'opérations rapprochées

ZPDO Zone de prise de déploiement opérationnel


ZPE Zone périphérique d'évacuation

ZR Zone de responsabilité
ZRA Zone de regroupement et d'attente
ZRAL Zone de ralliement
ZRC Zone de rupture de charge

ZRF Zone de regroupement final


ZRI Zone de regroupement initial
ZRO Zone réglementée d’obstacles

ZRO Zone de regroupement et d’orientation


ZRP Zone de responsabilité permanente

ZRR Zone de ravitaillement sur roues


ZRR Zone de responsabilité du renseignement
ZRT Zone de ravitaillement transport
ZS Zone de saut

601
SIGLE LIBELLÉ

ZS Zone de soutien

ZSA Zone de soutien avancé


ZSI Zone de soutien initial
ZT Zone technique

ZTRSP Zone transport


ZTb Zone de transbordement

ZTL Zone de tir libre


ZTR Zone de traversée responsabilité génie
ZTR Zone de transbordement maritime

Z Trav Zone de traversée


ZTT Zone technique de transbordement

Référence : TTA 106 – version 6 – édition 07/2008

http://www.cdef.terre.defense.gouv.fr/beat/ref_doc/3_ia/3_6_methodes_outils_EM/3_6_4_terminologie
/FT/EMP_20_641/Vocabulaire/TTA_106.pdf

602
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