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Web Conf N°1

Ce document présente les principes généraux de la formation des contrats en droit français, notamment les conditions de validité d'un contrat selon l'article 1128 du code civil, à savoir le consentement, la capacité et l'objet licite et certain. Il détaille également les notions d'offre, d'acceptation et les conditions requises pour la formation d'un contrat par rencontre des consentements.

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Ce document présente les principes généraux de la formation des contrats en droit français, notamment les conditions de validité d'un contrat selon l'article 1128 du code civil, à savoir le consentement, la capacité et l'objet licite et certain. Il détaille également les notions d'offre, d'acceptation et les conditions requises pour la formation d'un contrat par rencontre des consentements.

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GESTION JURIDIQUE FISCALE ET SOCIALE


UE 211

Série 1

L’entreprise et les contrats

Le droit pénal

Olivier DE WULF

Webconférence n°1
Année 2021/2022

09/11/2021
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1ère Partie

Droit général des contrats :


La formation des contrats

19h30 – 20h30

Olivier DE WULF

Webconférence n°1
Année 2021/2022
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Webconférence n°1

Rappel de cours I

PRINCIPES GÉNÉRAUX APPLICABLES A TOUS LES


CONTRATS

CONDITIONS DE FORMATION

OFFRE ET ACCEPTATION
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INTRODUCTION
Ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 portant réforme du droit des
contrats, du régime général et de la preuve des obligations

• Définition du contrat :

L'article 1101 du Code civil définit le contrat comme « un accord de


volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer, modifier,
transmettre ou éteindre des obligations ».

• Conséquences tirées de la définition :

Le contrat a sa source dans la volonté individuelle : c’est le principe


de « l'autonomie de la volonté ».

Le contrat est une source d'obligations.


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INTRODUCTION

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LE PRINCIPE DE L’AUTONOMIE
DE LA VOLONTÉ

Notion:

C'est un principe de philosophie juridique selon lequel la volonté est "autonome", libre et
toute puissante comme source créatrice du contrat.

Traduction en 3 grands principes:

q Le consensualisme : le contrat se forme par le seul échange des consentements, en


principe, sans aucun autre formalisme.

q La liberté contractuelle : les parties sont libres de contracter ou non et sont libres, si
elles contractent, de fixer le contenu de leurs engagements.

q La force obligatoire : Les parties ont librement voulu se lier.

Conséquence: Les parties sont ensuite obligées ; Elles ne peuvent en principe se délier
que d’accord partie cad avec le consentement des deux : le contrat est obligatoire.

09/11/2021
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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT

Article 1128 (nouv. Ord. 2016) du code civil:

« Sont nécessaires à la validité d’un contrat :

1° Le consentement des parties ;

2° Leur capacité de contracter ;

3° Un contenu licite et certain ».

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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT

I. LES CONSENTEMENTS DES PARTIES

A. L’ÉCHANGE DES CONSENTEMENTS DES PARTIES

Selon l’article 1113 du code civil, « Le contrat est formé par la rencontre d'une offre et
d'une acceptation par lesquelles les parties manifestent leur volonté de s'engager. Cette
volonté peut résulter d'une déclaration ou d'un comportement non équivoque de son
auteur ».

L'offre: « L'offre, faite à personne déterminée ou indéterminée, comprend les


éléments essentiels du contrat envisagé et exprime la volonté de son auteur d'être lié
en cas d'acceptation. A défaut, il y a seulement invitation à entrer en négociation » (C.
civ. art. 1114).
Acceptation

« Pollicitant » Destinataire

Offre 8
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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT

I. LES CONSENTEMENTS DES PARTIES

A. L’ÉCHANGE DES CONSENTEMENTS DES PARTIES

L’offre est donc :

è Une proposition ferme de contracter : pas de réserves.

è Une proposition de conclure un contrat déterminé à des conditions précises ; autrement


dit, l’offre doit contenir les éléments essentiels du contrat envisagé et dont la détermination
constitue une condition de validité du contrat (Ex: la validité du contrat de vente est subordonnée
à la détermination de la chose cédée et du prix).

è Adressée soit à une personne déterminée, soit à une personne indéterminée.

o Personne déterminée : seule la personne désignée peut répondre.

o Personne indéterminée : c'est une offre faite au public. Toute personne peut répondre.

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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT

I. LES CONSENTEMENTS DES PARTIES

A, L’ÉCHANGE DES CONSENTEMENTS DES PARTIES

M Offre de contracter et simple invitation à entrer en pourparlers


• L’article 1114 du Code civil prévoit que la sanction du défaut de précision et de fermeté de l’offre
n’est autre que la requalification en « invitation à entrer en négociation» : cette dernière ne fixe
pas les éléments essentiels du contrat, de sorte que si elle est acceptée, le contrat ne saurait
être formé.

• L’offre de contracter prévoit quant à elles tous les éléments nécessaires à la rencontre des
volontés : en cas d’acceptation, le contrat est conclu, sans que le pollicitant puisse négocier.

M Offre de contracter et promesse unilatérale de contrat


• La promesse unilatérale de contrat est un avant-contrat, en ce sens qu’elle est le produit d’un
accord de volontés.

• L’offre de contracter ne s’apparente pas à un avant-contrat, dans la mesure où, par définition,
elle n’a pas été acceptée.
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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT

I. LES CONSENTEMENTS DES PARTIES

A. L’ÉCHANGE DES CONSENTEMENTS DES PARTIES

• L’article 1115 du Code civil prévoit que l’offre « peut être librement rétractée tant
qu’elle n’est pas parvenue à son destinataire. »

• L’article 1116 prévoit lui une obligation de maintien de l’offre lorsqu’elle est parvenue
à son destinataire : «elle ne peut être rétractée avant l’expiration du délai fixé par
son auteur ou, à défaut, l’issue d’un délai raisonnable. »

• Quelle sanction prononcer en cas de rétractation prématurée de l’offre par le


pollicitant ? Dès lors que l’offre n’a pas été acceptée par son destinataire, la
rétractation du pollicitant fait obstacle à la formation du contrat.

• Aussi, en cas de rétractation prématurée de l’offre, le juge ne pourra allouer au


destinataire que des dommages et intérêts sur le fondement de la responsabilité
extracontractuelle (al. 2 et 3 de l’article 1116 du Code civil).
11
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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT

A. L’ÉCHANGE DES CONSENTEMENTS DES PARTIES

Ø L'acceptation : Elle est définie à l’article 1118 du Code civil comme «la manifestation de
volonté de son auteur d’être lié dans les termes de l’offre. »

L’article 1118, al. 3 du Code civil prévoit que « l’acceptation non conforme à l’offre est
dépourvue d’effet, sauf à constituer une offre nouvelle. »

L’acceptation, lorsqu’elle est exprimée, a pour effet de parfaire le contrat sous réserve que :

Ø La formation de certains contrats est subordonnée à l’accomplissement de certaines


formalités : les contrats solennels (art. 1109, al. 2) exigées ad validitatem et non ad
probationem, comme tel est le cas en matière de contrats consensuels. Ainsi, à peine de
nullité absolue, l’établissement d’un acte authentique sera exigé en matière de donation,
de vente immobilière, d’hypothèque ou encore de convention matrimoniale.

Ø La formation de certains contrats est subordonnée à la remise de la chose : les contrats


réels (art. 1109, al. 3) que sont les contrats de gage ou de dépôt, la sanction encourue en
cas de non remise de la chose objet d’un contrat réel étant la nullité absolue.

Ø La formation de certains contrats est subordonnée (a) à l’observation d’un délai de


réflexion (art. 1122), comme en matière de crédit immobilier, ou (b) à l’absence de 12

rétractation du destinataire de l’offre.


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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT

I. LES CONSENTEMENTS DES PARTIES

A. L’ÉCHANGE DES CONSENTEMENTS DES PARTIES

q Caractéristiques de l’acceptation :

§ Accord pur et simple : une réponse à l’offre n'est qualifiée d'acceptation qu’en
présence d'un "oui" sans objection et sans réserves (Exemple : Bon de commande).

§ Les contre-propositions sont exclues

§ L’accord s’opère donc sur l’offre et son contenu intégral.

Ø La rencontre de l'offre et de l'acceptation

L’acceptation doit nécessairement intervenir (i) avant que l’offre ne soit rétractée, ou (ii)
soit pendant le délai stipulé par le pollicitant ou encore (iii) soit, à défaut, dans un délai
raisonnable. Lorsque l’acceptation intervient en dehors de l’un de ces délais, elle ne
saurait rencontrer l’offre qui est devenue caduque. 13
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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT

I. LES CONSENTEMENTS DES PARTIES

A. L’ÉCHANGE DES CONSENTEMENTS DES PARTIES

Ø Manifestation de l’acceptation

• Aux termes de l’article 1118, « l‘acceptation est la manifestation de volonté de son auteur d’être lié
dans les termes de l’offre. »

• Aussi, ressort-il de cette disposition que pour être efficace, l’acceptation doit être extériorisée.

• Conséquemment, trois hypothèses peuvent être envisagées :

q L’acceptation est expresse au moyen d’un écrit, de la parole ou d’un geste.

q L’acceptation est tacite lorsque la volonté du destinataire de l’offre de l’accepter résulte des
circonstances de faits, la situation la plus courante est l’exécution par l’acceptant du contrat,
objet de l’offre.

q Le destinataire de l’offre ne réagit pas, il est complètement passif : l’article 1120 du Code civil
prévoit que « le silence ne vaut pas acceptation (…) à moins qu’il n’en résulte autrement de la 14
loi, des usages, des relations d’affaires ou de circonstances particulières. ».
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INTÉRÊT DE SAVOIR S’IL Y A EU CONCLUSION D’UN


CONTRAT : RUPTURE D’UN CONTRAT OU DE
POURPARLERS ?
LES POURPARLERS

Seule la rupture du contrat


formé peut entrainer la
responsabilité
contractuelle

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THEME I – LA FORMATION DU
CONTRAT

CAS PRATIQUE N°1


Offre et acceptation
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CAS PRATIQUE
Une société d’édition lance un nouvel hebdomadaire économique, « Le Progrès ».

Elle a choisi de l’adresser le premier numéro, du 1er juin 2019, à certaines personnes
qu’elle a sélectionnées. Claude CABROL a été l’un des « heureux élus ».

Dans la lettre qui lui est adressée lors du premier envoi, il est précisé que ce service
gratuit prendra fin dans les 4 semaines et qu’à l’expiration de ce délai, il sera considéré
comme abonné (110€ l’année) sauf indication contraire de sa part qui devra parvenir à la
connaissance de la société d’édition au plus tard le 30 août par lettre.

Durant tout l’été, M. CABROL est parti en congés et s’est abstenu d’envoyer un courrier
à la société d’édition.

Mi-septembre, la société d’édition lui réclame le prix de l’abonnement.

Qu’en pensez-vous ?
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CAS PRATIQUE
Problème juridique

• Un particulier, destinataire d’une offre, est - il contractuellement engagé


en dépit du silence gardé à la réception de ladite offre?
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CAS PRATIQUE
Règle de droit applicable :

• On considère schématiquement que le contrat est le produit de la rencontre


d’une offre et d’une acceptation.

• L’offre est la proposition ferme de conclure, à des conditions déterminées,


un contrat de telle sorte que son acceptation suffit à la formation de celui-ci.

• L’acceptation est la manifestation de volonté par laquelle une personne


donne son accord pure et simple à l’offre qui lui est faite.

• Si elle est faite, expresse ou tacite, sans réserves et qu’elle n’est pas
équivoque, elle entraîne la formation du contrat.
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CAS PRATIQUE

Application de la règle de droit :

• L’offre expresse de la maison d’édition était adressée à la


personne de M. Cabrol et semblait porter les éléments essentiels
du contrat d’abonnement (objet : hebdomadaire économique
intitulé « Le Progrès » et le prix).

• En l’espèce, pour toute réponse, le destinataire de l’offre de la


maison d’édition, M. CABROl, n’a extériorisé aucune acceptation :
il a gardé le silence.

• Et le fait que le pollicitant, comme en l’espèce, précise qu'en


l'absence de réponse dans un certain délai, il considérera le
contrat comme conclu est inopérant.
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CAS PRATIQUE

Application de la règle de droit :

• Il ne saurait, en effet, mettre à la charge du destinataire de l'offre,


sans le consentement de celui-ci, l'obligation de répondre
négativement dans un certain délai.

• Le silence ne vaut pas acceptation, sauf dans certaines


circonstances particulières (ex. l’existence d’usages professionnels
ou de relations d’affaires entre commerçants), inapplicables en
l’espèce.

• M. CABROL pourra donc légitimement faire valoir auprès de la


société d’édition qu’il n’a pas donné son accord et qu’il n’est pas
engagé.
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Webconférence n°1

Rappel de cours II

PRINCIPES GÉNÉRAUX APPLICABLES A TOUS LES CONTRATS

CONDITIONS DE FORMATION

VICES DU CONSENTEMENT ET NULLITÉS


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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT

I. LES CONSENTEMENTS DES PARTIES (SUITE)

B. LA PROTECTION DES CONSENTEMENTS

Selon l’article 1130 du code civil, « L'erreur, le dol et la violence vicient le consentement lorsqu'ils
sont de telle nature que, sans eux, l'une des parties n'aurait pas contracté ou aurait contracté à des
conditions substantiellement différentes. Leur caractère déterminant s'apprécie eu égard aux
personnes et aux circonstances dans lesquelles le consentement a été donné ».

Selon l’article 1131 du code civil, « Les vices du consentement sont une cause de nullité relative du
contrat ».

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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT

II. LA CAPACITÉ: L’APTITUDE À ÊTRE SUJET DE DROITS (C. CIV. ART 1145)

q Pour contracter, il faut disposer de la pleine capacité juridique.

q Le mineur et le majeur sous sauvegarde de justice, tutelle ou curatelle sont des


incapables.

III. UN CONTENU LICITE ET CERTAIN (C. CIV. ART 1162 & S)

q LICITE - Aux termes de l’article 1162 du Code civil « le contrat ne peut déroger à
l’ordre public ni par ses stipulations, ni par son but, que ce dernier ait été connu ou
non par toutes les parties. »

q Il ressort de cette disposition que la licéité du contrat est subordonnée au respect


d’une double exigence : tant les stipulations du contrat, que le but poursuivi par les
parties doivent être conformes à l’ordre public.

q CERTAIN - Aux termes de l’article 1162 du Code civil, « L'obligation a pour objet une
prestation présente ou future. Celle-ci doit être possible et déterminée ou 24
déterminable ».
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LA NULLITÉ DU CONTRAT

DEUX TYPES DE NULLITÉS : RELATIVE ET ABSOLUE (C. CIV. 1179)

La nullité absolue La nullité relative

La nullité est absolue lorsque la règle violée a pour La nullité est relative lorsque la règle violée a pour
objet la sauvegarde de l’intérêt général. objet la sauvegarde d’un intérêt privé.

Sanction de l’absence, de l’immoralité ou de l’illicéité


du consentement, de l’objet (anc. ou de la cause).
Peut être demandée par toute personne justifiant d’un Peut être invoquée que par le cocontractant que la loi
intérêt ainsi que par le ministère public. a voulu protéger : incapable mineur ou majeur,
cocontractant victime d’un vice du consentement (Ex.
la prescription de 5 ans débute au jour où l'erreur ou
le dol est découvert, au jour où la violence cesse).
Ne peut être couverte par la confirmation Peut être couverte par la confirmation

La prescription de l’action en nullité est de 5 ans.

Les effets de la nullité absolue et relative sont les mêmes.

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LES EFFETS DE LA NULLITÉ

L'ANÉANTISSEMENT RÉTROACTIF DU CONTRAT

• Principe: la nullité du contrat prononcée, le contrat est « comme s’il n'avait


jamais existé »

• Avec toutes les conséquences qui en découlent:

§ Si des obligations ont été exécutées : restitution de ce qui a été livré ou payé

LA RESPONSABILITÉ CIVILE EXTRACONTRACTUELLE (DÉLICTUELLE)

• Réparation du dommage : Lorsque la nullité est due à la faute de l’une des


parties, et cause un préjudice à l'autre, les conditions de responsabilité civile
se trouvent remplies

§ Cas en présence d'un dol, d'une violence, d'une négligence dans les formalités
imposées pour certains contrats.

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Distinction entre les notions de nullité, de rescision, de caducité,


d’inexistence, de résolution, de résiliation et d’inopposabilité

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Distinction entre les notions de nullité, de rescision, de caducité,


d’inexistence, de résolution, de résiliation et d’inopposabilité

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THEME I – LA FORMATION DU
CONTRAT

CAS PRATIQUE N°2


L’objet du contrat
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CAS PRATIQUE
o M. LANTOURLOUPE, le « guérisseur des stars » selon ses dires, prétend soigner par
« magnétisme» les problèmes physiques (eczéma, entorse, brûlure…) et psychologiques
(angoisse, anxiété, déprime…) dont les adultes peuvent souffrir.

o En janvier 2018, il a vendu à Mme BONEMORT, sa « consœur », divers matériels et


ouvrages permettant de pratiquer leur activité, exercée sans aucun diplôme officiel.

o Or, Mme BONEMORT a refusé de payer le prix de son achat – fixé par convention à 5.000€
– au motif que, si la profession de guérisseur ou de magnétiseur n’est pas interdite en tant
que telle, c’est pour peu qu’elle ne se substitue pas à la médecine classique, sous peine
pour le « praticien » d’être poursuivi pour exercice illégal de la médecine (CSP, art. L. 4161-
1).

o Or, selon Mme BONEMORT, le matériel acquis permettrait d’établir des diagnostics,
réaliser des manipulations à visée thérapeutique et appliquer des remèdes curatifs.

o M. LANTOURLOUPE estime le contrat conclu régulièrement et souhaiterait assigner Mme


BONEMORT en justice pour obtenir paiement de la vente.

Qu’en pensez vous ?


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CAS PRATIQUE

Question de droit :

Le contrat de vente est-il valable alors qu’il tend à rendre possible l’exercice de la médecine,
sans diplôme ?

Règle de droit applicable :

• Selon l’article 1162 du code civil « Le contrat ne peut déroger à l’ordre public ni par ses
stipulations, ni par son but, que ce dernier ait été connu ou non par toutes les parties ».

• De plus, l’article 1128 du Code civil subordonne la validité du contrat à l’existence d’un
«contenu licite et certain ».

• A l'occasion de la réforme du droit des contrats opérée par l’ordonnance du 10 février


2016, le législateur a entendu regrouper sous une même notion les concepts « d’objet »
et de « cause » qui, antérieurement à la réforme, étaient traitées dans des sections
distinctes du code civil.

• Par conséquent, la JP antérieure sur la cause illicite demeure pertinente aujourd’hui.


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CAS PRATIQUE
Règle de droit applicable (suite)

• Une affaire correspond à ce cas pratique : un contrat de vente portant sur des ouvrages
et du matériel d'occultisme est conclu entre deux parapsychologues, c'est-à-dire entre
deux personnes qui étudient les phénomènes paranormaux.

• L'acheteur refuse de payer le prix en se fondant sur le caractère illicite de la cause du


contrat.

• Ces objets devaient, en effet, servir à l'acquéreur à exercer l'activité de devin, laquelle
était à l'époque prohibée par l'article R. 34-7° du Code pénal qui punissait de l'amende
prévue pour les contraventions de 3e classe « les gens qui font métier de deviner et
pronostiquer, ou d'expliquer les songes», texte ultérieurement abrogé à l'occasion de
l'entrée en vigueur du nouveau Code pénal. La cour d'appel ayant débouté le vendeur
« devin » au motif que le contrat de vente avait une cause illicite, un pourvoi fut formé.

• La Cour de cassation rejette ledit pourvoi en estimant « la cour d'appel en a exactement


déduit qu'une telle cause, puisant sa source dans une infraction pénale, revêtait un
caractère illicite » conduisant à l’annulation d’un tel contrat de vente (Civ. 1re, 12
juillet 1989, Bull. civ. I, n° 293, p. 194).
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CAS PRATIQUE

Règle de droit applicable (suite 1)

• Selon l’article 1179 du Code civil, « La nullité est absolue lorsque la règle violée
a pour objet la sauvegarde de l'intérêt général. Elle est relative lorsque la règle
violée a pour seul objet la sauvegarde d'un intérêt privé ».

• De plus, selon l’article 1180 « la nullité absolue peut être demandée par toute
personne justifiant d’un intérêt, ainsi que par le ministère public. »

Application de la règle de droit :

• Le contrat semble porter sur des matériels conduisant à permettre l’exercice d’une
activité illicite et contraire à l’ordre public. Il s’agit donc d’un contenu illicite.

• Dès lors, le contrat de vente est nul, celle nullité absolue pouvant être invoquée par
tout intéressé.

• Au cas d’espèce, la demande en paiement ne pourra donc prospérer.


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Seconde Partie

Droit général des contrats :


Les effets des contrats

Les contrats spéciaux : la vente

20h30 – 21h30

Olivier DE WULF

Webconférence n°1
Année 2020-2021

09/11/2021
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Webconférence n°1

Rappel de cours III

PRINCIPES GÉNÉRAUX APPLICABLES À TOUS LES


CONTRATS

EFFETS DES CONTRATS


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LE PRINCIPE DE LA FORCE OBLIGATOIRE DU CONTRAT


L’irrévocabilité du contrat

Ø Principe :

Un contrat légalement formé a la force d’une loi entre les parties : il est, en principe,
irrévocable (C. civ., art. 1103 & s.). Ainsi, seule la volonté commune des co-contractants
peut défaire un contrat.

Ø Exception (le plus souvent dans des contrats à exécution successive):

q Dans un CDI, une partie peut se dégager unilatéralement du lien contractuel :

§ Conditions pour une résiliation unilatérale du contrat :

o La rupture doit être non abusive.

o Un préavis (contractuel ou « raisonnable ») doit être respecté.

Ø Exception à l’exception : Dans un CDD (ex. contrats de franchise, de concession,


de cautionnement ou de travail dotés d’un terme/durée déterminée) : Le contrat doit se
continuer jusqu’à son terme conventionnel. 36
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LES EFFETS DU CONTRAT A L’ÉGARD DES TIERS

Principe de l’effet relatif du contrat (C. civ., art. 1200 & s.) :
q Les conventions n’ont d’effet qu’entre les parties contractantes, cette
dernière qualité pouvant évoluer (ex. fusion, ayant-droit).

q Elles ne nuisent point aux tiers et ne leur profitent que dans certains
cas.
Les tiers et le contrat
q Les tiers ne peuvent être rendus ni créanciers, ni débiteurs d’un
contrat auquel ils n’ont pas souscrit.
q Le contrat leur est opposable.
o Exemple: Le régime de séparation dans le cadre du contrat de mariage
interdit au créancier de l’un des époux de saisir les biens du conjoint.

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LES EFFETS DU CONTRAT A L’ÉGARD DES TIERS

q Ils ne doivent pas faire obstacle à l’exécution du contrat

o Exemple: un employeur qui débauche le salarié d’un concurrent se


rend complice de la rupture du contrat de travail et sera condamné à
indemnisé le préjudice subi.

Ø Mais le tiers peut invoquer à son profit la situation juridique


créée par le contrat s’il subit lui-même un préjudice dans
l’exécution du contrat (responsabilité extracontractuelle).

o Exemple: L’acheteur d’un véhicule peut réclamer une indemnisation au


centre qui, à l’initiative du vendeur, a procédé de manière défectueuse à
un contrôle technique.

38
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L’INEXÉCUTION DU CONTRAT

L’article 1217 du Code civil envisage les sanctions possibles de l’inexécution


contractuelle :

« La partie envers laquelle l'engagement n'a pas été exécuté, ou l'a été
imparfaitement, peut :

- refuser d'exécuter ou suspendre l'exécution de sa propre obligation ;

- poursuivre l'exécution forcée en nature de l'obligation ;

- obtenir une réduction du prix ;

- provoquer la résolution du contrat ;

- demander réparation des conséquences de l'inexécution.

Les sanctions qui ne sont pas incompatibles peuvent être cumulées ; des
39
dommages et intérêts peuvent toujours s'y ajouter ».
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L’EXCEPTION D’INEXÉCUTION
• Selon l’article 1219 « Une partie peut refuser d’exécuter son obligation, alors même que celle-ci est
exigible, si l’autre n’exécute pas la sienne et si cette inexécution est suffisamment grave ».

• L’exception d’inexécution constitue un moyen de droit légal permettant à une partie au contrat de se
soustraire temporairement à ses obligations.

• Cette possibilité n’est offerte que si et seulement si son cocontractant s’est lui-même inexécuté, et ce
antérieurement.

• Ce moyen de défense s’inscrit dans un même contrat : il n’est pas possible de refuser de s’exécuter
si l’autre partie au contrat s’est elle-même inexécutée concernant un autre contrat.

• De plus, il appartient à celui qui reproche l’inexécution de la prouver et il appartient à celui qui s’en
défend de prouver que son inexécution trouve son fondement dans celle de son cocontractant
intervenue antérieurement.

• Concernant la condition légale relative à la « gravité » de l’inexécution initiale, la jurisprudence


précise sur ce point que les juges du fond doivent procéder à une appréciation in concreto, en
fonction de la situation d’espèce : Cette condition est particulièrement lourde et fait peser sur celui
qui se prévaut de l’exception un risque particulièrement important trouvant à se concrétiser dans
l’aléa judiciaire.

• Si l’exception d’inexécution est judiciairement constatée, le contrat à l’origine des obligations 40


réciproques ne s’en trouve pas anéanti, il conserve vocation à être exécuté : Il suffit que le débiteur
s’exécute pour que s’évanouisse la protection du créancier qui doit lui-même s’exécuter.
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LA RUPTURE DU CONTRAT
Résolution et résiliation

Selon l’article 1224 du code civil,


« La résolution résulte soit de
l'application d'une clause résolutoire
soit, en cas d'inexécution
suffisamment grave, d'une
notification du créancier au débiteur
ou d'une décision de justice ».
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LA RUPTURE DU CONTRAT
Résolution et résiliation
Le principe : la résolution

• Elle sanctionne une irrégularité qui procède de la survenance d’une circonstance


postérieure à la formation

• Cette irrégularité peut consister


q Soit en une inexécution
q Soit en la non-réalisation d’une condition

• A la différence de la nullité qui intervient au moment de la formation du contrat, la


résolution ne peut survenir qu’au cours de son exécution.

L’exception : la résiliation

• En matière de contrat à exécution successive, il ressort de l’article 1229, al. 3 du Code civil
que « lorsque les prestations échangées ont trouvé leur utilité au fur et à mesure de
l’exécution réciproque du contrat, il n’y a pas lieu à restitution pour la période antérieure à la
dernière prestation n’ayant pas reçu sa contrepartie ; dans ce cas, la résolution est qualifiée
de résiliation. »

• Autrement dit, contrairement à la résolution, la résiliation anéantit le contrat seulement pour


l’avenir. Elle ne produit aucun effet rétroactif.
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LA RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE
Réparation du préjudice subi par le co-contractant

Selon l’article 1231-1 du Code civil, « Le débiteur est condamné, s'il y a lieu, au
paiement de dommages et intérêts soit à raison de l'inexécution de l'obligation,
soit à raison du retard dans l'exécution, s'il ne justifie pas que l'exécution a été
empêchée par la force majeure ».

Selon l’article 1231 du Code civil, « A moins que l'inexécution soit définitive, les
dommages et intérêts ne sont dus que si le débiteur a préalablement été mis en
demeure de s'exécuter dans un délai raisonnable ».

Selon l’article 1231-3 du Code civil, « Le débiteur n'est tenu que des dommages
et intérêts qui ont été prévus ou qui pouvaient être prévus lors de la conclusion
du contrat, sauf lorsque l'inexécution est due à une faute lourde ou dolosive ».

Selon l’article 1231-4 du Code civil, « Dans le cas même où l'inexécution du


contrat résulte d'une faute lourde ou dolosive, les dommages et intérêts ne
comprennent que ce qui est une suite immédiate et directe de l'inexécution ».
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LA RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE
Réparation du préjudice subi par le co-contractant

Rappel de la distinction avec la responsabilité délictuelle (dite


« extracontractuelle »)
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LA RESPONSABILITE CONTRACTUELLE
Réparation du préjudice subi par le co-contractant
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THEME II – LES EFFETS DU


CONTRAT

CAS PRATIQUE N°1


L’exception d’inexécution
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CAS PRATIQUE

o Mme Bonnemere a fait appel à la SARL BONPERE, entreprise du


bâtiment, pour la construction de son chalet dans les Alpes (Bourg Saint
Maurice).

o Le premier tiers de la somme prévue par le contrat a été versé à


l’entreprise dès la conclusion du contrat.

o Peu de temps après le commencement des travaux, l’entreprise SARL


BONPERE s’est trouvée en difficulté et les travaux n’avancent pas comme
prévu.

o Mme Bonnemere envisage de ne pas verser le second tiers, dont le


versement est prévu pour fin novembre, afin de contraindre l’entreprise à
exécuter les travaux.

Mme Bonnemere a-t-elle le droit de faire ainsi ?


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CAS PRATIQUE

Règle de droit applicable :

• L'article 1217 du Code civil prévoit que «La partie envers laquelle l'engagement n'a
pas été exécuté, ou l'a été imparfaitement, peut :

- refuser d'exécuter ou suspendre l'exécution de sa propre obligation ;

- poursuivre l'exécution forcée en nature de l'obligation ;

- obtenir une réduction du prix ;

- provoquer la résolution du contrat ;

- demander réparation des conséquences de l'inexécution.

Les sanctions qui ne sont pas incompatibles peuvent être cumulées ; des dommages
et intérêts peuvent toujours s'y ajouter ».
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CAS PRATIQUE

Règle de droit applicable :

• Selon l’article 1219 du code civil, «Une partie peut refuser d'exécuter son
obligation, alors même que celle-ci est exigible, si l'autre n'exécute pas la sienne et
si cette inexécution est suffisamment grave ».

• Selon l’article 1220 du code civil, « Une partie peut suspendre l'exécution de son
obligation dès lors qu'il est manifeste que son cocontractant ne s'exécutera pas à
l'échéance et que les conséquences de cette inexécution sont suffisamment
graves pour elle. Cette suspension doit être notifiée dans les meilleurs délais ».

• L’exception d’inexécution suppose, d’une part, des obligations à exécution


simultanée et, d’autre part, une inexécution grave et sérieuse, peu importe qu’elle
soit partielle ou totale, peu importe son origine.

• La jurisprudence impose le respect d’une certaine proportionnalité pour légitimer


l’inexécution : La gravité du manquement contractuel est appréciée au cas au cas,
par les juges du fond, dont la motivation est contrôlée par la Cour de cassation.

• Par ailleurs, seul le créancier de bonne foi peut se prévaloir de l’exception


d’inexécution.
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CAS PRATIQUE

Application de la règle de droit :

• En l’espèce, il s’agit d’un contrat synallagmatique.

• La SARL BONPERE, une partie contractante, n’a exécuté que


partiellement son obligation contractuelle et n’a pas fini les
travaux.

• Si la gravité du manquement contractuel est appréciée au cas au


cas, par les juges du fond, au vu des faits de l’énoncé, Mme
Bonnemere, sa contractante de bonne foi, devrait pouvoir se
prévaloir de l’exception d’inexécution et suspendre les paiements.
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Webconférence n°1

Rappel de cours V

LA DIVERSITÉ DES CONTRATS


LE CONTRAT DE VENTE
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LE CONTRAT DE VENTE

• L’alinéa 1er de l’article 1582 du code civil définit le contrat de vente comme
« une convention par laquelle l'un s'oblige à livrer une chose et l'autre à la
payer ».

• C’est ce que l’on appelle un contrat synallagmatique.

• Un contrat de vente doit donc avoir pour objet le transfert de propriété d’une
chose (bien immobilier et mobilier, matériel ou immatériel) contre le
versement d’un prix

• Quatre éléments doivent être réunis pour qu'une opération juridique puisse
être regardée comme une vente :
q le consentement des parties,
q un prix,
q une chose
q et le transfert de la propriété de la chose à l'acquéreur.

.
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LES CONDITIONS DE FORMATION DE LA VENTE

Selon l’article 1583 du Code civil, « Elle est parfaite entre les parties, et la
propriété est acquise de droit à l'acheteur à l'égard du vendeur, dès qu'on est
convenu de la chose et du prix, quoique la chose n'ait pas encore été livrée ni
le prix payé ».

Les conditions sont au nombre de quatre et sont absolument nécessaires


pour que le contrat soit valide.

1) Le consentement des deux parties au contrat, exempt de vices (erreur, dol,


violence)

2) La capacité de contracter (aucun des cocontractants ne doit être mineur ou majeur


protégé)

3) Un objet déterminé ou déterminable ; de plus, sont hors commerce les choses


contraires à l’ordre public. L’objet du contrat doit appartenir au vendeur.

4) Le prix doit être déterminé (ou déterminable).


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LE PRIX

• L'article 1591 du Code civil énonce que « le prix de la vente doit être déterminé et
désigné par les parties ».

• Le prix doit exister : être réel (s’oppose au prix fictif ou simulé) et sérieux (inverse du
prix dérisoire) et il est fixé au moment de la formation du contrat.

• Le prix doit être librement débattu par les cocontractants et ne doit pas dépendre de la
volonté unilatérale d’une des parties au contrat (être potestative).

q Il en résulte que le contrat de vente est annulé dès lors que la détermination du
prix doit faire l’objet d’un nouvel accord.

q Annulation aussi quand il s’agit d’une détermination unilatérale du prix.

q En revanche, le contrat de vente est valable si les parties définissent des


conditions objectives qui vont permettre de déterminer ultérieurement le prix (=
de manière automatique sans intervention de nouveau des parties), autrement dit
lorsque le prix est « déterminable ».
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LE PRIX
Une exception : les contrats-cadre

• L’article 1164, al. 1 du Code civil prévoit que « dans les contrats cadre, il peut être convenu que le
prix sera fixé unilatéralement par l’une des parties, à charge pour elle d’en motiver le montant en
cas de contestation.»

• L’article 1164, al. 2 précise que « en cas d’abus dans la fixation du prix, le juge peut être saisi d’une
demande tendant à obtenir des dommages et intérêts et le cas échéant la résolution du contrat. »

• Autrement dit, dans les contrats-cadre, le prix peut être fixé discrétionnairement par l’une des
parties, sous réserve de « l’abus ».

• Le renvoi dans le contrat-cadre au prix du tarif fournisseur ou clause dite de « prix catalogue », par
laquelle le prix est déterminé en fonction des tarifs pratiqués au jour de la vente, est donc valable.

• Le législateur ne prend cependant pas la peine de définir la notion d’abus dans la fixation du prix,

• Dans un arrêt du 15 janvier 2002, la Cour de cassation a estimé que l’abus dans la fixation du prix
était caractérisé lorsque deux conditions cumulatives étaient réunies (Com. 15 janv. 2002) :

q L’existence d’une situation de dépendance économique (la victime de l’abus ne soit pas en
mesure de négocier le prix qui lui est imposé, sauf à mettre en péril son activité) ;

q L’existence d’un prix disproportionné (le prix imposé à la partie, victime de l’abus, ne lui
permette pas d’exploiter de manière rentable son activité).
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LES EFFETS DE LA VENTE

L’effet translatif : Le transfert de propriété et le transfert des risques

• Le transfert de propriété signifie que la propriété de la chose vendue est


transférée à l’acheteur, dès l’instant où le vendeur et l’acheteur sont d’accord
sur la chose et sur le prix, de façon immédiate (art. 1196, al. 1er et 2).

• Les risques sont en principe immédiatement transférés à l’acquéreur (res perit


domino) ; si la chose vient à périr, y compris avant qu’elle ne lui soit livrée,
l’acquéreur devra néanmoins en payer le prix au vendeur, sauf si le vendeur
avait été mis en demeure de délivrer la chose.

• Le transfert du droit de propriété en lui-même s’accompagne d’un transfert


des divers droits et charges qui assortissent ce droit : l’acquéreur se trouve
investi en même temps des risques de la chose ainsi que des droits et actions
qui lui sont attachés.

• Les parties peuvent convenir d’une clause de « réserve de propriété » qui


assure au vendeur que la chose vendue restera la propriété de ce dernier
jusqu'à complet paiement du prix par l’acheteur.
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OBLIGATIONS DU VENDEUR
(hors information, renseignement ou conseil)

Le vendeur, dans le cadre d'un contrat de vente, «a deux obligations principales, celle de
délivrer et celle de garantir la chose qu'il vend » (C. civ., art. 1603).

La délivrance implique :

q Une obligation de livraison : remettre matériellement l'objet de la vente entre les


mains de l'acheteur (C. civ., art. 1604 à 1624).

q Une obligation de délivrance conforme : la chose délivrée doit être exactement celle
décrite au contrat, tant en termes de qualité que de quantité (C. conso., art. L. 217-1 à
L. 217-20). Il y aura non-conformité si la chose livrée n’est pas celle qui a été promise.

Il doit également deux garanties à son acheteur :

q Une obligation de garantir l’acheteur contre l’éviction : l’acheteur doit pouvoir


utiliser son bien sans être gêné par le vendeur ou un tiers (C. civ., art. 1626 à 1640) ;

q Une obligation de garantie des vices cachés : le vendeur garantit le bien vendu
contre les défauts qui n’auraient pas été décelés au moment de la vente et qui
rendraient le bien inutilisable ou diminuerait très fortement son usage (C. civ., art. 1641
à 1649).
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LA GARANTIE DES VICES CACHÉS


Art. 1641 du code civil

.
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LA GARANTIE DES VICES CACHÉS


Art. 1641 du code civil
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THÈME III – LES CONTRATS


SPÉCIAUX

CAS PRATIQUE N°1


La vente – Transfert de propriété
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CAS PRATIQUE
o La SA MARATHON a acquis une machine à coudre industrielle auprès de la société
FERCHAUD. Le prix de vente a été étalé en plusieurs versements et la vente a été conclue
avec une clause de réserve de propriété ci-dessous :

« Le vendeur se réserve la propriété des marchandises désignées, jusqu'au paiement


intégral du prix en principal et intérêts. À défaut de paiement du prix à l'échéance
convenue, le vendeur sera en droit de reprendre les marchandises. La vente sera résolue
de plein droit et les acomptes déjà versés resteront acquis au vendeur ».

o Une semaine après la conclusion du contrat, la SA FERCHAUD livre la machine et l’installe


dans un atelier de la SA MARATHON. Cependant, dès la première nuit, la machine à coudre
explose de manière fortuite. L’assureur commis sur place pour évaluer les dégâts constate qu’a
priori, aucun élément ne permet de connaître l’origine exacte du sinistre et, en aucune façon, ne
permet de révéler une défaillance ou une attitude fautive tant de la SA MARATHON que de la
SA FERCHAUD.

o La SA MARATHON ne veut plus payer le solde du prix de la machine à coudre qui n’est plus
utilisable. La SA FERCHAUD met alors en demeure la SA MARATHON de régler le solde sous
peine d’une action en justice.

La clause de réserve de propriété est-elle une protection suffisante pour la SA FERCHAUD


en cas de disparition fortuite de la chose ? La demande de la SA FERCHAUD aura-t-elle une
chance d’aboutir ?
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CAS PRATIQUE

Problème de droit :

En présence d’une clause de réserve de propriété, le transfert de propriété d’une chose livrée doit-il être retenu au
moment de la livraison ou bien au moment du paiement intégral de la chose ? La question se pose également sur le
transfert de risque.

Règle de droit applicable :

• Le transfert des risques pesant sur la chose est lié au transfert de la propriété.

• Or, la formation du contrat « rend le créancier propriétaire et met la chose à ses risques dès l’instant où elle a dû
être livrée (…)» (art. 1138, al. 2, C. civ.).

• Autrement dit, la formation du contrat emporte, sauf exception légale ou conventionnelle, le transfert de
propriété et c’est sur l’acquéreur que repose, dès le jour de la vente, le risque de la disparition ou de la
dégradation de la chose vendue,

• La jurisprudence considère que lorsque le transfert de propriété a été retardé, en raison notamment d’une
clause de réserve de propriété, les risques affectant la chose continuent de peser sur le vendeur (Com., 20
nov. 1979, n° 77-15.978, Bull. civ. IV, 300), tant que le prix n’a pas été payé et que la réserve de la propriété
n’a pas été levée, et cela même si la chose a été remise à l’acheteur.

• Toutefois, les dispositions de l’article 1138 du Code civil ne sont d’ordre public ni en ce qui concerne le
transfert de propriété, ni en ce qui concerne le transfert des risques : en présence d’une clause de réserve de
propriété, les parties peuvent tout de même stipuler que l’acquéreur sera tenu des risques dès son entrée en
jouissance de la chose (CA Toulouse, 28 nov. 2001, n° 2000/03535).
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CAS PRATIQUE

Application de la règle de droit :

• En l’espèce, la clause de réserve de propriété incluse dans les CGV, qui est une
clause claire et précise, permet à la société vendeuse de rester propriétaire de la
chose jusqu’à son paiement.

• De plus, la clause ne prévoit pas de transfert anticipé des risques.

• Aussi, sur ce seul moyen, la société Ferchaud n’est donc pas fondée à réclamer à la
société Marathon le paiement du solde du prix de la chose qui a péri.
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THEME III – LES CONTRATS


SPÉCIAUX

CAS PRATIQUE N°2


La vente – Garanties
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CAS PRATIQUE
o Nouvellement installé à Caen, Monsieur NAUT décide d’acquérir un réfrigérateur. Il se rend
dans une grande surface d'électroménager, DARTIX.

o Là, il achète un appareil d'une valeur de 658,80 €, qu'il règle au comptant.

o De retour chez lui le soir, Monsieur NAUT attend le lendemain après midi avant de brancher le
réfrigérateur et donc le mettre en service.

o Très vite, il constate que ce dernier ne produit pas de froid.

o Déçu, Monsieur NAUT décide de retourner voir le vendeur le surlendemain.

o Or, celui-ci refuse de faire quoi que ce soit, prétextant que Monsieur NAUT n'aurait pas respecté
les consignes de mise en service.

o Monsieur NAUT décide de demander une expertise. L'expert relève qu'une pièce interne du
moteur est défectueuse.

Travail à faire :

De quelle action en justice Monsieur NAUT peut-il se prévaloir contre la grande surface ?
Quelles sont les conditions de sa mise en œuvre et ses effets ?
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CAS PRATIQUE

De quelle action en justice Monsieur NAUT peut-il se prévaloir contre la grande


surface ? Quelles sont les conditions de sa mise en œuvre et ses effets ?

Problème de droit :

En cas de pièce défectueuse, quelle est l’action en justice de cette acheteur contre le
vendeur professionnel ? Quelles sont les conditions de mise en œuvre et les effets de cette
action ?

Règle de droit applicable :

• Tout vendeur de biens est tenu envers l'acheteur d'une garantie impérative : la garantie
légale des vices cachés.

• En effet, aux termes de l’article 1641 du code civil « Le vendeur est tenu de la garantie à
raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l'usage
auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que l'acheteur ne l'aurait pas
acquise ou n'en aurait donné qu'un moindre prix s'il les avait connus ».

• Cette garantie des vices cachés ne peut s'appliquer qu'à des défauts d'une particulière
gravité (hors donc usure normale) et non apparents lors de l’achat.
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CAS PRATIQUE

Règle de droit applicable :

Ainsi, la garantie des vices cachés n'est due qu'à quatre conditions cumulatives :

q que le défaut affectant la marchandise soit grave ou rédhibitoire à tel point que
l'acheteur ne l'aurait pas achetée ou en aurait offert un prix moindre s'il l'avait
connu,

q que le défaut affectant la marchandise soit caché, c'est-à-dire qu'il ne pouvait être
décelé lors de la vente malgré un examen attentif de la chose vendue (art. 1642 du
Code civil).

q que le défaut affectant la marchandise soit antérieur à la vente. Cette preuve peut
se faire par tous moyens (par expertise notamment),

q que l'action en garantie contre le vendeur (ou le fabricant ou le constructeur) soit


intentée dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice (art.
1648 du Code civil).
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CAS PRATIQUE
Règle de droit applicable :

• En cas de vice caché répondant aux conditions précitées, l'acheteur bénéficie de deux
possibilités (art. 1644 du Code civil) :

q soit rendre le bien acheté au vendeur et se faire rembourser l'intégralité des sommes
versées (action rédhibitoire).

q soit garder le bien acheté et se faire indemniser par le vendeur d'une partie du prix en
proportion de la perte de valeur qu'occasionne le vice caché (action estimatoire).

• Dans les deux cas, le vendeur est tenu :

q au versement de dommages et intérêts à l'acheteur s'il connaissait les vices de la


chose vendue (art. 1645 du Code civil), c'est-à-dire s'il était de mauvaise foi. Il est à
noter que les tribunaux, dans une relation entre un non-professionnel et un
professionnel, présument le vendeur professionnel comme un vendeur de mauvaise
foi.

q au remboursement à l'acheteur des frais occasionnés par la vente (remboursement


des pièces et de la main d'oeuvre, des dégâts provoqués par le défaut, frais de
transport éventuels...) s'il ignorait les vices de la chose vendue (art. 1646 du Code
civil), c'est-à-dire s'il était de bonne foi.
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CAS PRATIQUE
Application de la règle de droit :

• M. Naut a acheté un réfrigérateur auprès d’un professionnel :

q il ne s’est rendu compte d’aucun vice particulier lors de l’achat (le bien était dans les stocks de
DARTIX, dans les hangars jouxtant le magasin et emballé).

q L’expert a noté qu’une pièce interne était défectueuse au terme de son examen.

q le réfrigérateur ne produit pas de froid ce qui le rend complètement inutilisable,

q le vice est semble-t-il antérieur à la vente puisque M. Naut n’a jamais pu faire fonctionner le
réfrigérateur et que l’expert mandaté rapidement a constaté le caractère défectueux d’un élément
interne.

q M. Naut agit très vite (à l’intérieur du délai de 2 ans) puisque dès le vice connu, il a alerté le
vendeur et a décidé d’engager une action.

• Nous sommes donc bien en présence d’un vice caché.

• Ensuite, dans le cadre de cette affaire, nous ne pouvons que conseiller à M. Naut l’action rédhibitoire. En
effet, ne produisant pas de froid, le réfrigérateur ne lui est d’aucune utilité. Il devra donc le restituer au
vendeur qui lui rendra toutes les sommes versées ainsi que d’éventuels frais occasionnés par le retour de la
chose.

• Pour que M. Naut obtienne du vendeur des dommages et intérêts, il devra faire la preuve du préjudice subi.

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