Web Conf N°1
Web Conf N°1
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Série 1
Le droit pénal
Olivier DE WULF
Webconférence n°1
Année 2021/2022
09/11/2021
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1ère Partie
19h30 – 20h30
Olivier DE WULF
Webconférence n°1
Année 2021/2022
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Webconférence n°1
Rappel de cours I
CONDITIONS DE FORMATION
OFFRE ET ACCEPTATION
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INTRODUCTION
Ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 portant réforme du droit des
contrats, du régime général et de la preuve des obligations
• Définition du contrat :
INTRODUCTION
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LE PRINCIPE DE L’AUTONOMIE
DE LA VOLONTÉ
Notion:
C'est un principe de philosophie juridique selon lequel la volonté est "autonome", libre et
toute puissante comme source créatrice du contrat.
q La liberté contractuelle : les parties sont libres de contracter ou non et sont libres, si
elles contractent, de fixer le contenu de leurs engagements.
Conséquence: Les parties sont ensuite obligées ; Elles ne peuvent en principe se délier
que d’accord partie cad avec le consentement des deux : le contrat est obligatoire.
09/11/2021
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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT
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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT
Selon l’article 1113 du code civil, « Le contrat est formé par la rencontre d'une offre et
d'une acceptation par lesquelles les parties manifestent leur volonté de s'engager. Cette
volonté peut résulter d'une déclaration ou d'un comportement non équivoque de son
auteur ».
« Pollicitant » Destinataire
Offre 8
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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT
o Personne indéterminée : c'est une offre faite au public. Toute personne peut répondre.
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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT
• L’offre de contracter prévoit quant à elles tous les éléments nécessaires à la rencontre des
volontés : en cas d’acceptation, le contrat est conclu, sans que le pollicitant puisse négocier.
• L’offre de contracter ne s’apparente pas à un avant-contrat, dans la mesure où, par définition,
elle n’a pas été acceptée.
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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT
• L’article 1115 du Code civil prévoit que l’offre « peut être librement rétractée tant
qu’elle n’est pas parvenue à son destinataire. »
• L’article 1116 prévoit lui une obligation de maintien de l’offre lorsqu’elle est parvenue
à son destinataire : «elle ne peut être rétractée avant l’expiration du délai fixé par
son auteur ou, à défaut, l’issue d’un délai raisonnable. »
Ø L'acceptation : Elle est définie à l’article 1118 du Code civil comme «la manifestation de
volonté de son auteur d’être lié dans les termes de l’offre. »
L’article 1118, al. 3 du Code civil prévoit que « l’acceptation non conforme à l’offre est
dépourvue d’effet, sauf à constituer une offre nouvelle. »
L’acceptation, lorsqu’elle est exprimée, a pour effet de parfaire le contrat sous réserve que :
LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT
q Caractéristiques de l’acceptation :
§ Accord pur et simple : une réponse à l’offre n'est qualifiée d'acceptation qu’en
présence d'un "oui" sans objection et sans réserves (Exemple : Bon de commande).
L’acceptation doit nécessairement intervenir (i) avant que l’offre ne soit rétractée, ou (ii)
soit pendant le délai stipulé par le pollicitant ou encore (iii) soit, à défaut, dans un délai
raisonnable. Lorsque l’acceptation intervient en dehors de l’un de ces délais, elle ne
saurait rencontrer l’offre qui est devenue caduque. 13
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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT
Ø Manifestation de l’acceptation
• Aux termes de l’article 1118, « l‘acceptation est la manifestation de volonté de son auteur d’être lié
dans les termes de l’offre. »
• Aussi, ressort-il de cette disposition que pour être efficace, l’acceptation doit être extériorisée.
q L’acceptation est tacite lorsque la volonté du destinataire de l’offre de l’accepter résulte des
circonstances de faits, la situation la plus courante est l’exécution par l’acceptant du contrat,
objet de l’offre.
q Le destinataire de l’offre ne réagit pas, il est complètement passif : l’article 1120 du Code civil
prévoit que « le silence ne vaut pas acceptation (…) à moins qu’il n’en résulte autrement de la 14
loi, des usages, des relations d’affaires ou de circonstances particulières. ».
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THEME I – LA FORMATION DU
CONTRAT
CAS PRATIQUE
Une société d’édition lance un nouvel hebdomadaire économique, « Le Progrès ».
Elle a choisi de l’adresser le premier numéro, du 1er juin 2019, à certaines personnes
qu’elle a sélectionnées. Claude CABROL a été l’un des « heureux élus ».
Dans la lettre qui lui est adressée lors du premier envoi, il est précisé que ce service
gratuit prendra fin dans les 4 semaines et qu’à l’expiration de ce délai, il sera considéré
comme abonné (110€ l’année) sauf indication contraire de sa part qui devra parvenir à la
connaissance de la société d’édition au plus tard le 30 août par lettre.
Durant tout l’été, M. CABROL est parti en congés et s’est abstenu d’envoyer un courrier
à la société d’édition.
Qu’en pensez-vous ?
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CAS PRATIQUE
Problème juridique
CAS PRATIQUE
Règle de droit applicable :
• Si elle est faite, expresse ou tacite, sans réserves et qu’elle n’est pas
équivoque, elle entraîne la formation du contrat.
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CAS PRATIQUE
CAS PRATIQUE
Rappel de cours II
CONDITIONS DE FORMATION
LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT
Selon l’article 1130 du code civil, « L'erreur, le dol et la violence vicient le consentement lorsqu'ils
sont de telle nature que, sans eux, l'une des parties n'aurait pas contracté ou aurait contracté à des
conditions substantiellement différentes. Leur caractère déterminant s'apprécie eu égard aux
personnes et aux circonstances dans lesquelles le consentement a été donné ».
Selon l’article 1131 du code civil, « Les vices du consentement sont une cause de nullité relative du
contrat ».
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LES CONDITIONS DE
FORMATION DU CONTRAT
II. LA CAPACITÉ: L’APTITUDE À ÊTRE SUJET DE DROITS (C. CIV. ART 1145)
q LICITE - Aux termes de l’article 1162 du Code civil « le contrat ne peut déroger à
l’ordre public ni par ses stipulations, ni par son but, que ce dernier ait été connu ou
non par toutes les parties. »
q CERTAIN - Aux termes de l’article 1162 du Code civil, « L'obligation a pour objet une
prestation présente ou future. Celle-ci doit être possible et déterminée ou 24
déterminable ».
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LA NULLITÉ DU CONTRAT
La nullité est absolue lorsque la règle violée a pour La nullité est relative lorsque la règle violée a pour
objet la sauvegarde de l’intérêt général. objet la sauvegarde d’un intérêt privé.
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§ Si des obligations ont été exécutées : restitution de ce qui a été livré ou payé
§ Cas en présence d'un dol, d'une violence, d'une négligence dans les formalités
imposées pour certains contrats.
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THEME I – LA FORMATION DU
CONTRAT
CAS PRATIQUE
o M. LANTOURLOUPE, le « guérisseur des stars » selon ses dires, prétend soigner par
« magnétisme» les problèmes physiques (eczéma, entorse, brûlure…) et psychologiques
(angoisse, anxiété, déprime…) dont les adultes peuvent souffrir.
o Or, Mme BONEMORT a refusé de payer le prix de son achat – fixé par convention à 5.000€
– au motif que, si la profession de guérisseur ou de magnétiseur n’est pas interdite en tant
que telle, c’est pour peu qu’elle ne se substitue pas à la médecine classique, sous peine
pour le « praticien » d’être poursuivi pour exercice illégal de la médecine (CSP, art. L. 4161-
1).
o Or, selon Mme BONEMORT, le matériel acquis permettrait d’établir des diagnostics,
réaliser des manipulations à visée thérapeutique et appliquer des remèdes curatifs.
CAS PRATIQUE
Question de droit :
Le contrat de vente est-il valable alors qu’il tend à rendre possible l’exercice de la médecine,
sans diplôme ?
• Selon l’article 1162 du code civil « Le contrat ne peut déroger à l’ordre public ni par ses
stipulations, ni par son but, que ce dernier ait été connu ou non par toutes les parties ».
• De plus, l’article 1128 du Code civil subordonne la validité du contrat à l’existence d’un
«contenu licite et certain ».
CAS PRATIQUE
Règle de droit applicable (suite)
• Une affaire correspond à ce cas pratique : un contrat de vente portant sur des ouvrages
et du matériel d'occultisme est conclu entre deux parapsychologues, c'est-à-dire entre
deux personnes qui étudient les phénomènes paranormaux.
• Ces objets devaient, en effet, servir à l'acquéreur à exercer l'activité de devin, laquelle
était à l'époque prohibée par l'article R. 34-7° du Code pénal qui punissait de l'amende
prévue pour les contraventions de 3e classe « les gens qui font métier de deviner et
pronostiquer, ou d'expliquer les songes», texte ultérieurement abrogé à l'occasion de
l'entrée en vigueur du nouveau Code pénal. La cour d'appel ayant débouté le vendeur
« devin » au motif que le contrat de vente avait une cause illicite, un pourvoi fut formé.
CAS PRATIQUE
• Selon l’article 1179 du Code civil, « La nullité est absolue lorsque la règle violée
a pour objet la sauvegarde de l'intérêt général. Elle est relative lorsque la règle
violée a pour seul objet la sauvegarde d'un intérêt privé ».
• De plus, selon l’article 1180 « la nullité absolue peut être demandée par toute
personne justifiant d’un intérêt, ainsi que par le ministère public. »
• Le contrat semble porter sur des matériels conduisant à permettre l’exercice d’une
activité illicite et contraire à l’ordre public. Il s’agit donc d’un contenu illicite.
• Dès lors, le contrat de vente est nul, celle nullité absolue pouvant être invoquée par
tout intéressé.
Seconde Partie
20h30 – 21h30
Olivier DE WULF
Webconférence n°1
Année 2020-2021
09/11/2021
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Webconférence n°1
Ø Principe :
Un contrat légalement formé a la force d’une loi entre les parties : il est, en principe,
irrévocable (C. civ., art. 1103 & s.). Ainsi, seule la volonté commune des co-contractants
peut défaire un contrat.
Principe de l’effet relatif du contrat (C. civ., art. 1200 & s.) :
q Les conventions n’ont d’effet qu’entre les parties contractantes, cette
dernière qualité pouvant évoluer (ex. fusion, ayant-droit).
q Elles ne nuisent point aux tiers et ne leur profitent que dans certains
cas.
Les tiers et le contrat
q Les tiers ne peuvent être rendus ni créanciers, ni débiteurs d’un
contrat auquel ils n’ont pas souscrit.
q Le contrat leur est opposable.
o Exemple: Le régime de séparation dans le cadre du contrat de mariage
interdit au créancier de l’un des époux de saisir les biens du conjoint.
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L’INEXÉCUTION DU CONTRAT
« La partie envers laquelle l'engagement n'a pas été exécuté, ou l'a été
imparfaitement, peut :
Les sanctions qui ne sont pas incompatibles peuvent être cumulées ; des
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dommages et intérêts peuvent toujours s'y ajouter ».
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L’EXCEPTION D’INEXÉCUTION
• Selon l’article 1219 « Une partie peut refuser d’exécuter son obligation, alors même que celle-ci est
exigible, si l’autre n’exécute pas la sienne et si cette inexécution est suffisamment grave ».
• L’exception d’inexécution constitue un moyen de droit légal permettant à une partie au contrat de se
soustraire temporairement à ses obligations.
• Cette possibilité n’est offerte que si et seulement si son cocontractant s’est lui-même inexécuté, et ce
antérieurement.
• Ce moyen de défense s’inscrit dans un même contrat : il n’est pas possible de refuser de s’exécuter
si l’autre partie au contrat s’est elle-même inexécutée concernant un autre contrat.
• De plus, il appartient à celui qui reproche l’inexécution de la prouver et il appartient à celui qui s’en
défend de prouver que son inexécution trouve son fondement dans celle de son cocontractant
intervenue antérieurement.
LA RUPTURE DU CONTRAT
Résolution et résiliation
LA RUPTURE DU CONTRAT
Résolution et résiliation
Le principe : la résolution
L’exception : la résiliation
• En matière de contrat à exécution successive, il ressort de l’article 1229, al. 3 du Code civil
que « lorsque les prestations échangées ont trouvé leur utilité au fur et à mesure de
l’exécution réciproque du contrat, il n’y a pas lieu à restitution pour la période antérieure à la
dernière prestation n’ayant pas reçu sa contrepartie ; dans ce cas, la résolution est qualifiée
de résiliation. »
LA RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE
Réparation du préjudice subi par le co-contractant
Selon l’article 1231-1 du Code civil, « Le débiteur est condamné, s'il y a lieu, au
paiement de dommages et intérêts soit à raison de l'inexécution de l'obligation,
soit à raison du retard dans l'exécution, s'il ne justifie pas que l'exécution a été
empêchée par la force majeure ».
Selon l’article 1231 du Code civil, « A moins que l'inexécution soit définitive, les
dommages et intérêts ne sont dus que si le débiteur a préalablement été mis en
demeure de s'exécuter dans un délai raisonnable ».
Selon l’article 1231-3 du Code civil, « Le débiteur n'est tenu que des dommages
et intérêts qui ont été prévus ou qui pouvaient être prévus lors de la conclusion
du contrat, sauf lorsque l'inexécution est due à une faute lourde ou dolosive ».
LA RESPONSABILITÉ CONTRACTUELLE
Réparation du préjudice subi par le co-contractant
LA RESPONSABILITE CONTRACTUELLE
Réparation du préjudice subi par le co-contractant
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CAS PRATIQUE
CAS PRATIQUE
• L'article 1217 du Code civil prévoit que «La partie envers laquelle l'engagement n'a
pas été exécuté, ou l'a été imparfaitement, peut :
Les sanctions qui ne sont pas incompatibles peuvent être cumulées ; des dommages
et intérêts peuvent toujours s'y ajouter ».
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CAS PRATIQUE
• Selon l’article 1219 du code civil, «Une partie peut refuser d'exécuter son
obligation, alors même que celle-ci est exigible, si l'autre n'exécute pas la sienne et
si cette inexécution est suffisamment grave ».
• Selon l’article 1220 du code civil, « Une partie peut suspendre l'exécution de son
obligation dès lors qu'il est manifeste que son cocontractant ne s'exécutera pas à
l'échéance et que les conséquences de cette inexécution sont suffisamment
graves pour elle. Cette suspension doit être notifiée dans les meilleurs délais ».
CAS PRATIQUE
Rappel de cours V
LE CONTRAT DE VENTE
• L’alinéa 1er de l’article 1582 du code civil définit le contrat de vente comme
« une convention par laquelle l'un s'oblige à livrer une chose et l'autre à la
payer ».
• Un contrat de vente doit donc avoir pour objet le transfert de propriété d’une
chose (bien immobilier et mobilier, matériel ou immatériel) contre le
versement d’un prix
• Quatre éléments doivent être réunis pour qu'une opération juridique puisse
être regardée comme une vente :
q le consentement des parties,
q un prix,
q une chose
q et le transfert de la propriété de la chose à l'acquéreur.
.
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Selon l’article 1583 du Code civil, « Elle est parfaite entre les parties, et la
propriété est acquise de droit à l'acheteur à l'égard du vendeur, dès qu'on est
convenu de la chose et du prix, quoique la chose n'ait pas encore été livrée ni
le prix payé ».
LE PRIX
• L'article 1591 du Code civil énonce que « le prix de la vente doit être déterminé et
désigné par les parties ».
• Le prix doit exister : être réel (s’oppose au prix fictif ou simulé) et sérieux (inverse du
prix dérisoire) et il est fixé au moment de la formation du contrat.
• Le prix doit être librement débattu par les cocontractants et ne doit pas dépendre de la
volonté unilatérale d’une des parties au contrat (être potestative).
q Il en résulte que le contrat de vente est annulé dès lors que la détermination du
prix doit faire l’objet d’un nouvel accord.
LE PRIX
Une exception : les contrats-cadre
• L’article 1164, al. 1 du Code civil prévoit que « dans les contrats cadre, il peut être convenu que le
prix sera fixé unilatéralement par l’une des parties, à charge pour elle d’en motiver le montant en
cas de contestation.»
• L’article 1164, al. 2 précise que « en cas d’abus dans la fixation du prix, le juge peut être saisi d’une
demande tendant à obtenir des dommages et intérêts et le cas échéant la résolution du contrat. »
• Autrement dit, dans les contrats-cadre, le prix peut être fixé discrétionnairement par l’une des
parties, sous réserve de « l’abus ».
• Le renvoi dans le contrat-cadre au prix du tarif fournisseur ou clause dite de « prix catalogue », par
laquelle le prix est déterminé en fonction des tarifs pratiqués au jour de la vente, est donc valable.
• Le législateur ne prend cependant pas la peine de définir la notion d’abus dans la fixation du prix,
• Dans un arrêt du 15 janvier 2002, la Cour de cassation a estimé que l’abus dans la fixation du prix
était caractérisé lorsque deux conditions cumulatives étaient réunies (Com. 15 janv. 2002) :
q L’existence d’une situation de dépendance économique (la victime de l’abus ne soit pas en
mesure de négocier le prix qui lui est imposé, sauf à mettre en péril son activité) ;
q L’existence d’un prix disproportionné (le prix imposé à la partie, victime de l’abus, ne lui
permette pas d’exploiter de manière rentable son activité).
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OBLIGATIONS DU VENDEUR
(hors information, renseignement ou conseil)
Le vendeur, dans le cadre d'un contrat de vente, «a deux obligations principales, celle de
délivrer et celle de garantir la chose qu'il vend » (C. civ., art. 1603).
La délivrance implique :
q Une obligation de délivrance conforme : la chose délivrée doit être exactement celle
décrite au contrat, tant en termes de qualité que de quantité (C. conso., art. L. 217-1 à
L. 217-20). Il y aura non-conformité si la chose livrée n’est pas celle qui a été promise.
q Une obligation de garantie des vices cachés : le vendeur garantit le bien vendu
contre les défauts qui n’auraient pas été décelés au moment de la vente et qui
rendraient le bien inutilisable ou diminuerait très fortement son usage (C. civ., art. 1641
à 1649).
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.
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CAS PRATIQUE
o La SA MARATHON a acquis une machine à coudre industrielle auprès de la société
FERCHAUD. Le prix de vente a été étalé en plusieurs versements et la vente a été conclue
avec une clause de réserve de propriété ci-dessous :
o La SA MARATHON ne veut plus payer le solde du prix de la machine à coudre qui n’est plus
utilisable. La SA FERCHAUD met alors en demeure la SA MARATHON de régler le solde sous
peine d’une action en justice.
CAS PRATIQUE
Problème de droit :
En présence d’une clause de réserve de propriété, le transfert de propriété d’une chose livrée doit-il être retenu au
moment de la livraison ou bien au moment du paiement intégral de la chose ? La question se pose également sur le
transfert de risque.
• Le transfert des risques pesant sur la chose est lié au transfert de la propriété.
• Or, la formation du contrat « rend le créancier propriétaire et met la chose à ses risques dès l’instant où elle a dû
être livrée (…)» (art. 1138, al. 2, C. civ.).
• Autrement dit, la formation du contrat emporte, sauf exception légale ou conventionnelle, le transfert de
propriété et c’est sur l’acquéreur que repose, dès le jour de la vente, le risque de la disparition ou de la
dégradation de la chose vendue,
• La jurisprudence considère que lorsque le transfert de propriété a été retardé, en raison notamment d’une
clause de réserve de propriété, les risques affectant la chose continuent de peser sur le vendeur (Com., 20
nov. 1979, n° 77-15.978, Bull. civ. IV, 300), tant que le prix n’a pas été payé et que la réserve de la propriété
n’a pas été levée, et cela même si la chose a été remise à l’acheteur.
• Toutefois, les dispositions de l’article 1138 du Code civil ne sont d’ordre public ni en ce qui concerne le
transfert de propriété, ni en ce qui concerne le transfert des risques : en présence d’une clause de réserve de
propriété, les parties peuvent tout de même stipuler que l’acquéreur sera tenu des risques dès son entrée en
jouissance de la chose (CA Toulouse, 28 nov. 2001, n° 2000/03535).
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CAS PRATIQUE
• En l’espèce, la clause de réserve de propriété incluse dans les CGV, qui est une
clause claire et précise, permet à la société vendeuse de rester propriétaire de la
chose jusqu’à son paiement.
• Aussi, sur ce seul moyen, la société Ferchaud n’est donc pas fondée à réclamer à la
société Marathon le paiement du solde du prix de la chose qui a péri.
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CAS PRATIQUE
o Nouvellement installé à Caen, Monsieur NAUT décide d’acquérir un réfrigérateur. Il se rend
dans une grande surface d'électroménager, DARTIX.
o De retour chez lui le soir, Monsieur NAUT attend le lendemain après midi avant de brancher le
réfrigérateur et donc le mettre en service.
o Or, celui-ci refuse de faire quoi que ce soit, prétextant que Monsieur NAUT n'aurait pas respecté
les consignes de mise en service.
o Monsieur NAUT décide de demander une expertise. L'expert relève qu'une pièce interne du
moteur est défectueuse.
Travail à faire :
De quelle action en justice Monsieur NAUT peut-il se prévaloir contre la grande surface ?
Quelles sont les conditions de sa mise en œuvre et ses effets ?
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CAS PRATIQUE
Problème de droit :
En cas de pièce défectueuse, quelle est l’action en justice de cette acheteur contre le
vendeur professionnel ? Quelles sont les conditions de mise en œuvre et les effets de cette
action ?
• Tout vendeur de biens est tenu envers l'acheteur d'une garantie impérative : la garantie
légale des vices cachés.
• En effet, aux termes de l’article 1641 du code civil « Le vendeur est tenu de la garantie à
raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l'usage
auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que l'acheteur ne l'aurait pas
acquise ou n'en aurait donné qu'un moindre prix s'il les avait connus ».
• Cette garantie des vices cachés ne peut s'appliquer qu'à des défauts d'une particulière
gravité (hors donc usure normale) et non apparents lors de l’achat.
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CAS PRATIQUE
Ainsi, la garantie des vices cachés n'est due qu'à quatre conditions cumulatives :
q que le défaut affectant la marchandise soit grave ou rédhibitoire à tel point que
l'acheteur ne l'aurait pas achetée ou en aurait offert un prix moindre s'il l'avait
connu,
q que le défaut affectant la marchandise soit caché, c'est-à-dire qu'il ne pouvait être
décelé lors de la vente malgré un examen attentif de la chose vendue (art. 1642 du
Code civil).
q que le défaut affectant la marchandise soit antérieur à la vente. Cette preuve peut
se faire par tous moyens (par expertise notamment),
CAS PRATIQUE
Règle de droit applicable :
• En cas de vice caché répondant aux conditions précitées, l'acheteur bénéficie de deux
possibilités (art. 1644 du Code civil) :
q soit rendre le bien acheté au vendeur et se faire rembourser l'intégralité des sommes
versées (action rédhibitoire).
q soit garder le bien acheté et se faire indemniser par le vendeur d'une partie du prix en
proportion de la perte de valeur qu'occasionne le vice caché (action estimatoire).
CAS PRATIQUE
Application de la règle de droit :
q il ne s’est rendu compte d’aucun vice particulier lors de l’achat (le bien était dans les stocks de
DARTIX, dans les hangars jouxtant le magasin et emballé).
q L’expert a noté qu’une pièce interne était défectueuse au terme de son examen.
q le vice est semble-t-il antérieur à la vente puisque M. Naut n’a jamais pu faire fonctionner le
réfrigérateur et que l’expert mandaté rapidement a constaté le caractère défectueux d’un élément
interne.
q M. Naut agit très vite (à l’intérieur du délai de 2 ans) puisque dès le vice connu, il a alerté le
vendeur et a décidé d’engager une action.
• Ensuite, dans le cadre de cette affaire, nous ne pouvons que conseiller à M. Naut l’action rédhibitoire. En
effet, ne produisant pas de froid, le réfrigérateur ne lui est d’aucune utilité. Il devra donc le restituer au
vendeur qui lui rendra toutes les sommes versées ainsi que d’éventuels frais occasionnés par le retour de la
chose.
• Pour que M. Naut obtienne du vendeur des dommages et intérêts, il devra faire la preuve du préjudice subi.