Spécifier l’instrumentation adaptée au plan de mesurage
SOMMAIRE
Un guide, pour quoi faire ? p. 3
1. Conformité à la Règlementation Thermique (RT) p. 5
1.1 Contexte et enjeux p. 5
1.2 Principes généraux p. 6
1.3 Moyens à mettre en œuvre et recommandations p. 8
2. Label HQE - Exploitation des bâtiments tertiaires p. 9
2.1 La démarche p. 10
2.2 Les critères p. 10
2.3 Le principe d’évaluation p. 11
2.4 L’objet p. 11
2.5 Cible 4 - Gestion de l’énergie p. 11
2.6 Cible 5 - Gestion de l’eau p. 13
2.7 Cible 7 - Maintenance, pérennité des performances
environnementales p. 14
3. ISO 50001 - Système de Management de l’énergie p. 15
3.1 Contexte & enjeux p. 15
3.2 Présentation synthétique de la norme ISO 50001 p. 16
3.3 Phase de déploiement p. 16
4. En pratique… les recommandations du Gimélec p. 19
4.1 Étapes du projet p. 19
4.2 Caractérisation du plan de mesurage p. 20
4.3 Caractérisation des niveaux de performance p. 21
4.4 Précision de la chaine de mesure - Recommandations p. 22
4.5 Mise en œuvre du projet p. 23
4.6 Cas des bâtiments existants - Rénovation p. 24
Annexes p. 25
Glossaire p. 26
Un guide, pour quoi faire ?
L’objet du guide pratique est de conseiller le prescripteur ou le
concepteur d’un « plan de mesurage » dans la détermination de
l’instrumentation de mesure et de comptage à mettre en œuvre
selon trois natures de projet, à savoir :
- la mise en conformité règlementaire d’un bâtiment
selon la Réglementation Thermique (RT) ;
- la certification d’un bâtiment tertiaire selon la norme NF HQE
– Exploitation afin de valider sa performance énergétique
conceptuelle et de la maintenir voire l’améliorer dans la durée ;
- la mise en œuvre d’un processus d’amélioration continue de
la performance énergétique et éventuellement la démarche
de certification selon la norme ISO 50001 « Système de
management de l’énergie ».
Chacune de ces démarches implique l’installation, au minimum,
d’instruments de mesure des consommations énergétiques
à différents niveaux de l’installation, selon une granulométrie
donnée, avec des classes de précisions adaptées et cohérentes
pour recueillir des données plus ou moins étendues (comptage,
surveillance, mesure de la qualité de l’énergie).
Pour cela, il convient de définir le plan de mesurage adapté, d’une
part au bâtiment ou à l’installation industrielle, d’autre part à
l’objectif recherché. Afin d’assister le concepteur dans cette tâche,
le Gimélec (avec les experts des entreprises en équipements et
systèmes de mesure) a conçu un outil logiciel simple d’usage,
pratique et efficace pour la détermination des performances
des compteurs et centrales de mesure en fonction des usages
attendus : l’Indice de Mesure (IM2). Ce logiciel est disponible en
téléchargement gratuit sur le site du Gimélec (www.gimelec.fr).
Cet outil permet de définir un instrument de mesure (compteurs
d’énergie et centrales de mesure) selon l’usage attendu, sur la base
d’un indice (IMxxx) portant sur trois domaines d’utilisation :
- la gestion de l’énergie,
- la surveillance de l’installation,
- la mesure de la qualité de l’énergie.
…
3
Pour chacun de ces trois domaines, trois niveaux d’exigence
sont définis en fonction de l’installation et des performances
recherchées. Véritable outil de dialogue entre le concepteur du plan
de mesurage et le maître d’œuvre ou d’ouvrage, l’IM2 permet de
définir des spécifications techniques génériques permettant ensuite
de consulter des intégrateurs, installateurs et / ou fabricants sur la
base d’un document neutre.
Pour aller plus avant dans l’assistance au concepteur d’un plan de
mesurage, le Gimelec a souhaité proposer ce Guide de la Mesure
établissant des préconisations pratiques entre les trois natures de
projets domaines (RT, HQE Exploitation et ISO 50001) et l’IM2.
Après un rappel général du contenu des trois domaines, ce guide
propose un processus de définition de l’instrumentation à chacun
des domaines et y associe des préconisations de mise en œuvre
(classe de précision, système de gestion énergétique, …).
Le cheminement après validation de l’objectif (RT, HQE Exploitation
ou ISO 50001) se fait en trois étapes (cf. chapitre 4) :
1. Détermination du type de bâtiment
2. Niveau de performance recherché :
Base, Performance ou Très Performant
3. Edition des spécifications techniques des
instruments de mesure sur la base des
indices IM2 et du logiciel associé.
Simple et pratique, ce guide permet au concepteur ou au
prescripteur d’un plan de mesurage d’aboutir rapidement à
l’essentiel : une spécification d’instrumentation parfaitement
cohérente avec l’objectif défini.
4
Conformité à la
Réglementation Thermique
1.1 Contexte et enjeux
La Réglementation Thermique « Grenelle Environ-
nement », dite RT, constitue un outil réglementaire
concernant les bâtiments neufs, qu’ils soient rési-
dentiels ou tertiaires. L’objectif de cette Réglemen-
tation Thermique est de limiter les consommations
énergétiques.
La RT vise à exprimer :
• une exigence de résultats mesurée à travers
trois coefficients (Bbio, Cep, Tic),
• quelques exigences de moyens, avec comme
objectif de réduire la consommation d’énergie.
Elle découle d’une première réglementation lancée La prochaine RT marquera une étape supplémen-
en 1974, suite au premier choc pétrolier. Régulière- taire de l’évolution réglementaire concernant les
ment révisée, cette réglementation devient de plus bâtiments, et témoigne d’une ambition sans pré-
en plus exigeante et technique et fait appel à des cédent en Europe. Il s’agit en seulement deux ans
moteurs de calculs de plus en plus élaborés. C’est de diviser par trois les consommations énergé-
est un levier d’actions pertinent et efficace pour la tiques des bâtiments neufs par rapport à celles
mise en œuvre des principes du Plan Bâtiment, issu du parc existant - soit un saut énergétique plus
du Grenelle de l’Environnement. Elle s’inscrit dans grand que celui réalisé ces trente cinq dernières
une politique mondiale qui a pour acte fondateur le années (les consommations énergétiques ont été
Protocole de Kyoto, ratifié en 2005 par 55 pays. divisées par deux depuis 1975).
GUIDE D’USAGE DE LA MESURE 5
Directives DPE
Grenelle de Maison
Loi « Pope » l’Environnement « BEPOS »
créant les CEE RT 2012
Mise en place RT 2005
Protocole et « DPE vente »
2020
de KYOTO
2012
2011
2008
2007
2006
2005
20% Part d’ENR
2002
1997 Norme Directive Efficacité
NF EN 15232 énergétique 2012/27/UE
Norme
Directives Bâtiment NF EN ISO 50001
1.2 Principes généraux
a. Exigences de résultats
Dès la conception, la RT définit des exigences de
résultats. Un bâtiment neuf devra respecter trois
indicateurs limités par des valeurs maximales :
• Bbio Efficacité énergétique du bâtiment
• Cep Consommation d’énergie primaire
• Tic Température intérieure de confort
b. Exigences de moyens
En plus de l’étanchéité à l’air, du traitement des Ainsi les bâtiments tertiaires doivent être équi-
ponts thermiques, du recours aux énergies renou- pés de systèmes permettant de mesurer ou de
velables et de l’utilisation de l’éclairage naturel, la calculer les consommations d’énergie (art.31)
RT exige de connaître et de suivre les consomma- selon les usages et zones définies dans le tableau
tions énergétiques. ci-dessous.
Usage Zone
Chauffage
Par tranche de 500 m² SURT,
Refroidissement ou par tableau électrique,
Eclairage ou par étage,
ou par départ direct
Prises de courant
Production ECS Total
Centrales de ventilation Par centrale
Départ > 80 A
6 GUIDE D’USAGE DE LA MESURE
Conformité à la RT
c. Champ d’application de la RT 2012
La RT s’applique aux bâtiments neufs
ou parties de bâtiments neufs, à savoir :
• Pour les permis de construire déposés
après le 28 Octobre 2011 :
- Bâtiments de bureaux (tertiaire)
- Bâtiments d’enseignement : université,
lycée, école, centre de formation
- Etablissements d’accueil de la petite enfance :
crèche, halte-garderie
• Pour les permis de construire déposés
après le 1er Janvier 2013 :
- Bâtiments chauffés ou refroidis
afin de garantir le confort des occupants
dans des conditions fixées par convention
- Bâtiments universitaires d’enseignement
et de recherche, hôtels, restaurants,
commerces, gymnases et salles de sports
y compris les vestiaires, établissements
de santé, établissements d’hébergement
pour personnes âgées et établissements
d’hébergement pour personnes âgées
dépendantes, aérogares, tribunaux et
palais de justice et bâtiments à usage
industriel et artisanal
La RT ne s’applique pas :
- Aux constructions provisoires
destinées à durer moins de deux ans
- Aux bâtiments ou parties de bâtiment dont
la température normale d’utilisation est
inférieure ou égale à 12°C : abattoir, entrepôt
- Aux bâtiments ou parties de bâtiment
destinés à rester ouverts sur l’extérieur en
fonctionnement habituel : gare, aéroport,
entrepôt, hall d’accueil
- Aux bâtiments ou parties de bâtiments qui,
en raison de contraintes spécifiques liées à
leur usage, doivent garantir des conditions
particulières de température, d’hygrométrie
ou de qualité de l’air, et nécessitent de ce
fait des règles particulières : salle blanche,
laboratoire, patinoire
- Aux bâtiments ou parties de bâtiments
chauffés ou refroidis pour un usage dédié
à un procédé industriel : usine, atelier
- Aux bâtiments agricoles ou d’élevage
- Aux bâtiments situés dans
les départements d’outre-mer
- Aux bâtiments servant de lieux de culte Dans le cas de la rénovation d’un bâtiment existant,
et utilisés pour des activités religieuses veuillez consulter nos préconisations en page 24.
GUIDE D’USAGE DE LA MESURE 7
1.3 Moyens à mettre en œuvre et recommandations
a. Instrumentation RT L’objectif est d’avoir une vision en temps réel de
son installation mais également de maîtriser les
Conformément aux exigences de la RT 2012, il est coûts d’exploitation (anticiper une vieillesse pré-
nécessaire de mettre en place des appareils per- maturée de l’installation, résoudre des pics de
mettant de mesurer la consommation d’énergie consommations, etc.).
pour l’ensemble des usages concernés. Il est donc recommandé de prévoir, au minimum,
un appareil de type « Performant » ; voir le chapitre
En conséquence, prévoir au minimum des appa- 4 pour déterminer les Indices de Mesure corres-
reils de type « Base » ; voir le chapitre 4 pour dé- pondants.
terminer les Indices de Mesure correspondants.
b. Instrumentation recommandée
au-delà de la RT 2012
La RT 2012 n’est qu’une étape dans une démarche
globale visant la réduction des consommations
énergétiques des bâtiments résidentiels et ter-
tiaires. L’objectif est de réduire la consommation
énergétique en recherchant l’équilibre entre la
production et la consommation d’énergie.
• Concentrer tous les appareils de mesure
En outre, le raccordement du bâtiment au réseau sur un système de supervision
de distribution est un point clé sur lequel un Mettre en place des appareils dans l’installation
comptage de l’énergie devra être complété par doit permettre une maîtrise des informations
une surveillance de l’installation et une maîtrise disponibles, il est donc indispensable de pouvoir
de la qualité de l’énergie. exploiter ces informations.
Sur le périmètre imposé par la RT, il s’avère sou-
vent nécessaire de mettre en place plusieurs
compteurs d’énergie par usage dans un bâtiment
(distribution avec plusieurs tableaux électriques
par exemple). Pour connaître la répartition des
consommations d’énergie et la Cep (consomma-
tion en énergie primaire) du bâtiment, il faut pou-
voir accéder aux informations des différents appa-
reils installés.
Il est donc recommandé de mettre en place un
• Mettre en place un appareil de mesure système de supervision sur lequel seront connec-
en arrivée de l’installation tés les appareils de mesure.
La RT permet de connaître les consommations
énergétiques par usage et par zone. Un appareil Ce système permet d’avoir accès aux données en
de mesure installé en arrivée de l’installation per- temps réel mais également une maîtrise de l’ins-
mettra de faire : tallation dans le temps (gestion d’alarme, suivi de
consommation, etc.).
- de la gestion énergétique,
- de la surveillance de l’installation,
- du suivi de la qualité de l’énergie électrique.
8 GUIDE D’USAGE DE LA MESURE
Label HQE
Exploitation des bâtiments tertiaires
Nombreuses sont les normes et règlementations
qui guident ou encadrent les principes de concep-
tion et de construction d’un bâtiment. Mais une
fois franchie la phase de réception du bâtiment,
celles de l’exploitation et de l’usage de ce même
bâtiment seront déterminantes durant toute la vie
de l’ouvrage, tant concernant les coûts d’exploita-
tion que le confort et la santé des utilisateurs.
Se posent alors généralement trois questions :
1. Le bâtiment en exploitation est-il conforme La certification NF HQE Exploitation permet no-
aux hypothèses de conception ? Si non, tamment de répondre à ces interrogations en
quels sont les écarts ou dérives constatés ? fournissant des outils de suivi de performance et
d’aide à la décision en vue d’actions correctives.
2. Comment les systèmes de régulation
Concept environnemental français relatif à l’inté-
se comportent-ils dans le temps ? Quelle
gration des bâtiments dans leur environnement,
est l’ampleur des dérives constatées ?
cette démarche à donné lieu à la mise en place de
3. Les usagers du bâtiment appliquent-ils la certification « NF Ouvrage Démarche HQE » par
les consignes d’utilisation relatives aux l’AFNOR permettant de labelliser des bâtiments
services et utilités ? sur la base d’un référentiel qui couvre le cycle
complet d’un projet, de la conception à l’usage.
GUIDE D’USAGE DE LA MESURE 9
2.1 La démarche
La démarche NF HQE™ pour les bâtiments ter- La démarche est segmentée en trois axes qui
tiaires en exploitation (à l’exception des bâtiments peuvent faire l’objet d’une certification combinée ou
de santé) a été revue en juillet 2013. Il s’agit d’un indépendante de la part des acteurs, afin de valo-
outil de suivi de l’exploitation d’un bâtiment sur le riser les interventions de chacun sur un bâtiment,
plan de la qualité instrinsèque, du confort des uti- partie de bâtiment ou ensemble de bâtiments :
lisateurs et de son exploitation technique.
Axes Demandeurs / Acteurs Certifications
Propriétaires
AXE Valoriser la performance
BÂTIMENT DURABLE environnementale intrinsèque
de ses bâtiments
Exploitants
AXE Gestion environnementale
GESTION DURABLE performante en termes
de prestations techniques
et de services
Utilisateurs
AXE Faire reconnaitre ses bonnes
UTILISATION DURABLE pratiques environnementales
Chaque acteur peut ainsi valoriser ses actions sur tème de Management de l’Exploitation (SMEX) qui
sa préoccupation première : valorisation du patri- définit les cibles de Qualité Environnementale du
moine, mode de gestion ou utilisation responsable Bâtiment (QEB) à atteindre ainsi que l’organisation
des bâtiments. à mettre en œuvre dans cet objectif.
Le processus de certification HQE repose sur une
démarché d’amélioration continue au travers du
Système de Management Général (SMG) et du Sys-
2.2 Les critères
Les critères de certification portent sur quatorze Le thème Énergie est constitué des quatre cibles
cibles regroupées en quatre thèmes : suivantes :
• Énergie • Cible 4 : Gestion de l’énergie
• Environnement • Cible 5 : Gestion de l’eau
• Confort • Cible 6 : Gestion des déchets d’activité
• Santé • Cible 7 : Maintenance, pérennité des
performances environnementales
* Voir glossaire page 26
10 GUIDE D’USAGE DE LA MESURE
Label HQE
2.3 Le principe d’évaluation
Chaque thème est évalué selon le principe d’une Le niveau « Exceptionnel » implique que le thème
notation de 0 à 4 étoiles (★) dont le niveau de per- Énergie bénéficie au minimum de 3 ★, ce qui sou-
formance est déterminé par une notation attri- ligne l’importance qui lui est accordée.
buée à chacune des cibles correspondantes.
Les détails du principe de certification et de
valorisation des équipements et processus sont
explicités dans les différents référentiels édités
par Certivéa qui est également l’organisme cer-
tificateur.
La somme des niveaux (★) atteints sur chaque
thème permet de définir le niveau globale de per-
formance de la certification pour un axe donné, à
savoir :
• Pass : 0 ★ (simple conformité aux pré-requis)
• Bon : 1 à 4 ★
• Très bon : 5 à 8 ★
• Excellent : 9 à 11 ★
• Exceptionnel : ≥ 12 ★
2.4 L’objet
Ce chapitre du Guide de la Mesure s’attache tout d’obtenir un niveau de performance élevé, en par-
particulièrement à faire des préconisations pour ticulier sur les axes :
les cibles 4, 5 et 7 en cohérence avec les réfé-
rentiels et leur guides l’application associés afin • Gestion durable (GD)
• Utilisation durable (UD)
2.5 Cible 4 - Gestion de l’énergie
L’instrumentation à mettre en œuvre devra permettre même base temps, …). Par ailleurs, l’automatisa-
de répondre notamment aux critères suivants : tion des relevés permet d’acquérir des points sup-
plémentaires lors du processus de certification.
Optimiser / suivre la consommation Un système de compteurs avec sortie impulsion
reliés à un concentrateur de données offre une so-
d’énergie sur chaque compteur présent
lution adaptée à ce cas. Partout où une fréquence
de relève plus rapprochée (à l’heure, au jour ou à
Relevés au minimum une fois par mois (UD) la semaine) s’avère nécessaire, l’on privilégiera
ou deux fois par mois (GD) la mise en œuvre de compteurs communicants
(IM ≥ 200). Ceux-ci seront généralement associés
Le nombre de compteurs influera sur la néces- à un outil informatique permettant d’automati-
sité ou non de mettre en œuvre un système de ser les tâches répétitives (télérelève, stockage
communication pour la relève automatique au des données notamment).
minimum des index de consommations (kWh, m3
d’eau,…) sur les différents compteurs. Ces compteurs ou PMD* pourront utiliser une ar-
chitecture de communication existante sur le site
Au-delà d’une dizaine de compteurs – ce qui est (ex. réseau Ethernet) ou spécifique (filaire, WiFi,
généralement le cas pour un suivi règlementaire radiofréquence,…). On s’attachera en particulier à
de mesure de consommations par usages et par harmoniser le protocole de communication entre
segmentation spatiale (étages, zones,…) d’un bâti- les différentes unités de comptage. L’usage de
ment – un système simple de télérelève s’avérera concentrateurs d’informations et de passerelles
utile et rentable (gain de temps, pas d’erreurs de de communication pourra s’avérer nécessaire et
saisie, automatisation de la tâche et relève sur une faciliter la coexistence de plusieurs protocoles.
* Voir glossaire page 26
GUIDE D’USAGE DE LA MESURE 11
Relevés en temps réel (GD) « pratiques vertueuses » en vue de les dupliquer et
de mesurer l’impact des actions correctives.
La notion de « temps réel » mérite d’être précisée
en fonction de l’objectif à atteindre : L’ouverture de ce type de progiciel vers d’autres
systèmes de données permettra également d’in-
• Gestion d’énergie : Souvent l’objectif consiste tégrer facilement d’autres données, par exemple
à calculer une tendance de consommation sur l’activité du bâtiment (taux d’occupation, …) et
sur la base de puissances moyennées afin par les DJU*/ DJF. Un tel outil représente en outre un
exemple de ne pas dépasser une puissance gain de temps considérable et l’assurance de la
contractuelle souscrite. Dans ce cas, un pérennité des mesures dans le temps. Il trouvera
pas d’information de 1 à 10 minutes s’avère rapidement sa rentabilité.
généralement suffisant pour agir sur un
process selon un mode préétabli de lissage ou Outre les consommations électriques, le référen-
suspension de certaines charges. Si le calcul tiel précisant que la certification impose le suivi de
de puissance moyenne doit être effectué par le l’ensemble des énergies primaires, on s’attachera
compteur / PMD, un IM ≥ 300 sera recherché. à traiter les autres énergies (vapeur, eau chaude,
combustibles) de manière similaire afin de per-
• Gestion d’énergie et supervision d’installation mettre le calcul des coefficients de consommation
combinées : Cet objectif implique la gestion conventionnelle d’énergie primaire (Cep) exprimé
d’alarmes en cas de dysfonctionnement ou de en kWhEP/(m².an) selon la Réglementation Ther-
dépassement de seuil. Dans ce cas, un pas mique en vigueur.
d’information à la seconde sera recherché.
La mise en œuvre de compteurs ou PMD avec
des fonctions et un mode de communications Pouvoir avertir d’une défaillance
plus évolués s’avérera nécessaire : IM220
pour la simple gestion d’alarmes par Les défaillances peuvent être de natures très dif-
exemple, jusqu’à IM320 impliquant une férentes et nécessiter de fait une identification et
communication numérique associée à un un traitement temporel appropriés. Plus l’iden-
système EMS ou une GTB*. Dans certains tification d’un dysfonctionnement est proche de
cas, afin de générer une information « au son origine, plus celui-ci sera traité rapidement.
plus près et au plus vite », un PMD (ou son Ceci revêt une importance particulière lorsqu’il y
système associé) pourra agir en « maître » a supervision de l’installation. Dans ce cas, c’est
grâce à des fonctionnalités de communication le compteur (ou le PMD) qui émettra l’alarme en
de type ‘web services’ par exemple. fonction du paramétrage approprié ; à cet effet, un
IM ≥ 220 est recommandé.
Analyser régulièrement Dans le cas du référentiel Gestion Durable (GD) où
les consommations d’énergie l‘accent est mis sur la détection de consomma-
Pour être précis, il s’agit d’analyser, régulièrement
et de manière approfondie, les consommations pour
chaque type d’énergie, puis de les comparer à une
référence prédéfinie afin d’être en mesure d’appli-
quer des dispositions correctives en cas de dérive.
L’usage d’un outil informatique dédié de type
« logiciel de gestion d’énergie » (EMS) tel que
mentionné ci-dessus s’avérera nécessaire pour :
• procéder aux différentes analyses approfondies,
• signaler des consommations
anormalement élevées,
• générer et diffuser automatiquement
des rapports de consommation,
• historiser et archiver des données.
Les fonctions généralement associées aux progi-
ciels EMS permettent aussi d’effectuer des ana-
lyses comparatives sur des périodes données
(jours, semaines, mois, années) ou entre bâtiments
ou process afin d’identifier plus facilement les
* Voir glossaire page 26
12 GUIDE D’USAGE DE LA MESURE
Label HQE
tions anormalement élevées, une centralisation La conclusion et la gestion d’un CPE impliquent
de l’information au niveau d’un progiciel EMS, par pour les signataires de disposer d’informations
exemple, sera suffisante, pertinente et valorisée et de mesures fiables. Ceci présuppose en parti-
dans le processus de certification, étant donné culier la mise en œuvre de moyens de comptage
que l’alerte est préconisée sur les « compteurs précis et de qualité.
clés » en regard de l’arborescence du système de
comptage. Si ces moyens sont au service d’une transaction
commerciale, selon la teneur des clauses contrac-
tuelles, il peut s’avérer nécessaire de mettre en
œuvre une instrumentation dite « certifiée MID ».
Mettre en place un service
d’efficacité énergétique L’usage d’un logiciel de gestion d’énergie éventuel-
lement associé à d’autres systèmes de type ERP*
Les dispositions contractuelles d’efficacité éner- et/ou GMAO* - ces outils devant être validés par les
gétique peuvent inclure un engagement de résul- parties contractantes - est également recomman-
tats (Contrat de Performance Energétique – CPE). dé pour faciliter l’analyse et l’échange des données.
2.6 Cible 5 - Gestion de l’eau
Optimiser le suivi périodique
de la consommation d’eau
Afin d’optimiser les coûts de mise en œuvre, de
gestion et de maintenance du système de suivi, il
est recommandé de greffer celui-ci sur le sys-
tème de gestion des consommations d’énergie.
Plusieurs solutions sont possibles ; cependant,
compte tenu de la simplicité de l’information à
relever (des m3), un compteur d’eau avec sortie
impulsions raccordée à un concentrateur ou à
un PMD doté d’entrées impulsions sera suffi-
sant dans la majorité des cas.
Si l’éloignement des compteurs d’eau par rapport
au PMD ou au concentrateur est trop important,
un système de communication par radiofréquence
pourra se justifier.
Pour des raisons pratiques et pour faciliter la
Limiter le risque de fuite d’eau
maintenance, on s’attachera à sélectionner le
même progiciel (EMS) pour assurer le suivi de
Le système de gestion commun (EMS), tel que
toutes les consommations (électricité, gaz, fioul,
préconisé, devra permettre l’émission d’une
vapeur, eau,..). D’où la nécessité de concevoir le
alarme (e-mail, SMS ou autre) dès qu’il aura iden-
plan de comptage dans sa globalité.
tifié une consommation excessive par rapport à un
seuil donné (par exemple un ‘talon de consomma-
tion’ durant les périodes d’inoccupation) ou à une
valeur moyenne historique.
Analyser régulièrement
les consommations d’eau La fréquence de télérelève des consommations
sera optimisée afin de détecter au plus tôt une
La fréquence d’analyse étant généralement iden- surconsommation ou une fuite éventuelle. À noter
tique à celle des consommations en énergie, le que des équipements de détection de fuite spé-
même processus pourra s’appliquer. Ceci plaide cifiques sont également disponibles ; cependant
à nouveau pour l’utilisation d’un progiciel EMS leur intégration à un système centralisé de ges-
unique et commun à l’ensemble des utilisateurs tion d’énergie n’est pas toujours aisée (protocole
ou acteurs. de communication propriétaire).
GUIDE D’USAGE DE LA MESURE 13
2.7 Cible 7 - Maintenance, pérennité
des performances environnementales
Mettre à disposition les moyens de suivi
des consommations d’énergie et d’eau
Comme préconisé précédemment, la conception
du plan de comptage doit être globale tant en
matière d’équipements de mesure (compteurs,
PMD), d’architecture de communication et si pos-
sible de protocole que de progiciel (EMS) de relève,
d’analyse et de diffusion de l’information. Ceci
s’avère particulièrement nécessaire dans le cas de
systèmes élaborés (multi-énergies, multi-fluides
avec gestion par usage et segmentation spatiale
sur plusieurs niveaux de sous-comptage sur plu-
sieurs bâtiments ou sites, etc.).
L’expérience montre que la maintenance dans la
durée est largement conditionnée par des facteurs
organisationnels (efficacité du SMEX) et le choix du
système de gestion d’énergie (EMS) mis en œuvre.
L’évaluation de ce dernier devrait au minimum
prendre en considération les critères suivants :
• Facilité, convivialité et ergonomie d’exploita-
tion quelque soit le profil d’utilisateur par un
accès direct à l’information pertinente selon Optimiser le suivi
l’intérêt, la mission et / ou l’objectif de chacun des systèmes techniques (GD)
(« simple » acteur ou expert) ;
Au minimum une fois par an, il convient de réali-
• Capacité d’automatisation des tâches
ser une revue de l’efficacité du système afin de
répétitives : relève, stockage et traitement des
vérifier s’il est toujours bien adapté à l’usage des
informations, édition et diffusion de tableaux
locaux et au type de maintenance associé pour, le
de bord, envoi de messages sur évènements
cas échéant, prendre des dispositions correctives.
ou alarmes ;
• Interopérabilité avec d’autres systèmes (ERP, Il est essentiel de prendre en compte dès la concep-
Scada, GTB, GTC, …) permettant de compléter tion du système de suivi des consommations les
ces systèmes par une expertise métier et / évolutions possibles liées à l’usage et à la destina-
ou d’associer des facteurs d’influence (T°, tion des locaux. L’analyse portera sur :
production, taux d’occupation, …) aux données
énergétiques pour la génération de ratios • l’architecture des réseaux de distribution
technico-économiques ; des énergies (implantation et conception
TGBT, tableaux divisionnaires, coffrets
• Fonctionnalités et exhaustivité des
d’alimentations, …) dans le cas du réseau
informations traitées couvrant l’ensemble des
électrique) et fluides,
énergies (électricité, gaz, …), des fluides (eau,
vapeur, …) et des facteurs d’influence ; • l’implantation et le type des comptages et
sous-comptages à installer (compteurs et /
• Flexibilité / évolutivité du système
ou PMD, classe de précision de la chaine de
permettant de s’adapter facilement aux
mesure, mode de communication, …),
contraintes d’exploitation et aux évolutions
de l’usage des locaux ; • l’architecture du système de communication
pour la télérelève des informations,
• Fiabilité des données par analyses de
cohérence et d’intégrité, en particulier • l’adaptabilité du progiciel de gestion d’énergie,
dans le cadre de CPE ;
• les fonctionnalités du progiciel de gestion
• Expérience et pérennité présumée du d’énergie devant pouvoir aider facilement à
concepteur du progiciel et capacité de l’identification des actions correctives à mettre
maintenance du système installé. en œuvre et à suivre leur suivi dans la durée.
14 GUIDE D’USAGE DE LA MESURE
ISO 50001
Système de management de l’énergie
3.1 Contexte et enjeux
Destinée à toutes les organisations (entreprises
tertiaires et industrielles, collectivités, etc.), la
norme internationale ISO 50001 – Système de
management de l’énergie (SMÉ) a pour objectif
d’accompagner le développement d’une gestion
méthodique de l’énergie pour améliorer de ma-
nière continue la performance énergétique.
L’adoption de cette norme internationale contri- L’ISO 50001 n’établit pas d’exigences absolues en
bue à un usage plus efficace des sources d’énergie matière de performance énergétique au-delà des
disponibles, à une meilleure compétitivité et à une engagements de la politique énergétique que l’or-
réduction des émissions de gaz à effet de serre et ganisme s’est fixé et de son obligation de respect
autres impacts environnementaux associés. Le des exigences légales et autres exigences.
système de management de la norme ISO 50001
structure le cycle d’amélioration continue en Il existe trois principes de certifications :
parfaite cohérence avec les démarches Qualité • l’auto-déclaration,
ISO 9001 et Qualité environnementale ISO 14001. • l’évaluation par seconde partie
Cette norme internationale est applicable quels (fournisseur, client)
que soient les types d’énergie utilisés. • la certification par tierce partie (ex : AFAQ).
GUIDE D’USAGE DE LA MESURE 15
3.2 Présentation synthétique de la norme ISO 50001
Ci-dessous le synoptique de l’ISO 50001
avec en vert les actions liées à la mesure.
Phase initiale
• Données d’entrée (factures,
nue
plans…)
i
cont
Politique énergétique • Pré-diagnostic
ation
Am élior • Engagements, objectifs
et communications
• Ressources financières,
humaines et technologiques
Revue de management Planification énergétique
• Remise en cause de la • Exigences légales et autres
politique énergétique • Revue énergétique : remise en cause de la planification énergétique
• Consommation de référence, indicateurs des performance
• Plans d’action, objectifs énergétiques, cibles
Mise en œuvre
• Compétence, formation et sensibilisation
• Communication, documentation, maîtrise opérationnelle, conception
• Achats d’énergies, de services, de produits et d’équipements
Surveillance et analyse
Vérification • Analyses pertinentes
pour la vérification
• Optimisation des systèmes
• Exigences légales et autres
de mesure
• Maîtrise des enregistrements
Audit interne du SMÉ Corrections
• Non-conformités, actions
correctives et préventives
3.3 Phase de déploiement
Pré-diagnostic de performance globale, logiciel et historique
de mesure associés). Le pré-diagnostic est une
Un pré-diagnostic énergétique consiste à : première approche qui permet à l’organisme de
consolider son projet de politique énergétique.
• réaliser une première approche Le but est d’informer la direction en termes de
du bilan énergétique ; faisabilité technico-économique.
• identifier les gisements potentiels d’économie ;
Les référentiels pertinents à considérer sont :
• orienter l’organisation vers des interventions
simples au regard de l’entreprise et de son • le référentiel de bonnes pratiques BP-X 30-120
environnement local ; de l’AFNOR pour la partie analyse préalable ;
• identifier les domaines à développer. • la série NF EN 16247 pour les audits énergé-
tiques.
Le pré-diagnostic doit contenir toutes les don-
nées d’entrée. En particulier pour la mesure, il En cas de prestations externes (toujours recom-
est nécessaire de considérer les moyens exis- mandées), il convient de bien distinguer le pré-
tants de suivi, de comptage, de mesure et de diagnostic ou l’analyse préalable, d’un audit
monitoring de l’énergie (type de centrale de énergétique complet au sens des normes en vi-
mesure et/ou de compteur, implantation, classe gueur dont celles de la série NF EN 16247.
16 GUIDE D’USAGE DE LA MESURE
ISO 50001
Politique et engagement
du management
La direction est responsable de l’élaboration de la
politique énergétique. Celle-ci doit tenir compte :
• de l’amélioration continue
de la performance énergétique,
• de la disponibilité de l’information,
• du respect des exigences légales et autres,
• du développement d’une culture de
« consomm’acteurs » via des campagnes
de sensibilisation et de formation,
• des ressources nécessaires.
Préconisation
Pour les systèmes techniques, il s’agit en par-
ticulier de prévoir les budgets et les ressources
nécessaires à la mise en place :
c) Consommation de référence et
• de centrales de mesure, de systèmes de sous- indicateur de performance énergétique
comptage, de logiciels avec agrégation de
données pertinentes pour l’amélioration continue Une consommation de référence doit être définie
de la performance énergétique et du SMÉ, et utilisée dans les analyses énergétiques. Cette
• des moyens d’affichage et de sensibilisation donnée permet de quantifier les gains obtenus par
des personnels de l’organisme. la mise en place de plans d’action ou de justifier
de dérives éventuelles (par exemple, démarrage
de nouveaux consommateurs). La consommation
de référence peut être ajustée si des modifications
Planification énergétique majeures interviennent sur les systèmes.
a) Exigences générales Un indicateur de performance énergétique est un
paramètre, ratio ou modèle graphique. Il doit, au
L’organisme doit identifier les exigences qui s’ap- minimum, se référer à la consommation de réfé-
pliquent à ses usages, sa consommation et son rence. Il doit être adapté aux moyens de mesure
efficacité énergétique. Les exigences légales et et surveillance en place. Les guides, entre autres
autres exigences auxquelles il souscrit sont prises ceux du Gimélec, permettent de sélectionner les
en compte dans l’élaboration, la mise en œuvre et méthodes d’évaluation selon le niveau d’analyse
l’entretien du SMÉ. Les exigences légales perti- de la performance (exemple : Guide « Mener à
nentes sont communiquées en annexe. bien un projet d’efficacité énergétique »)
b) Revue énergétique d) Objectifs, cibles et plans d’actions
La revue énergétique est une réunion planifiée par La définition des objectifs et la sélection de cibles
la politique énergétique qui a pour but : doivent prendre en compte les moyens de mesure
et de surveillance existants ou/et à mettre en
• d’analyser les usages et la consommation place sur l’installation.
énergétique,
• d’identifier les usages consommateurs, Préconisation
Concernant les solutions de mesure, il s’agit
• d’identifier les opportunités d’amélioration
notamment de veiller à l’Indice de Mesure. Pour
de la performance énergétique.
l’Indice de Mesure, on distingue trois niveaux de
performance (Base, Performant et Très Perfor-
L’utilisation d’un logiciel de management de mant) détaillés pour chaque fonction envisagée
l’énergie est pertinente pour la revue énergétique dans la partie « Recommandations pratiques » du
en termes de relevé des mesures, d’analyses, de présent guide.
synthèse et de reporting.
GUIDE D’USAGE DE LA MESURE 17
Toutefois, le Système de management de l’énergie Concernant les solutions logicielles, il faut veiller
ISO 50001 étant basé sur un principe d’améliora- en particulier aux caractéristiques pertinentes du
tion continue, il est fortement conseillé d’utiliser tableau suivant :
les niveaux Performant et Très Performant afin
de permettre des analyses pertinentes et suffisa-
ment fines sur le moyen et long terme.
Fonctionnalités logicielles
Exigence ISO 50001 Fonction requise
facilitant le respect de l’exigence
• Consommation de référence • Analyses énergétiques comparatives
Planifier • Indice de performance selon une période référée
énergétique • Indicateurs graphiques
• Sensibilisation • Affichage sensibilisateur (TOTEM)
Faire • Communication • Reporting
• Documentation • Archivage
• Reporting
• Analyses énergétiques :
• Courbe de charge
• Maîtrise des enregistrements
• Vérification des économies
Vérifier • Surveillance, mesure
• Identification des consommations
• Analyse
significatives
• Répartition des consommations
• Alarmes
Mise en œuvre et exploitation Vérification
de la mesure
Afin de s’assurer du bon fonctionnement d’un
Préconisation système de management de l’énergie au sein
Lors de la sélection d’équipements de mesure, d’une installation, une vérification des équipe-
il est important de tenir compte de la précision ments de mesure et de leur bon fonctionnement
des appareils et de la chaîne de mesure (cf. 4.4, garantit la justesse des résultats, analyses et
classes de précision). rapports obtenus.
La phase d’exploitation d’un SMÉ au sein d’un site L’organisme doit en effet définir et revoir pério-
consommateur en énergies est soumise à de nom- diquement ses besoins de mesure de façon à
breux facteurs d’influence internes (ex : comporte- s’assurer que ces équipements de surveillance
ments humains) et externes (ex : température). et de mesure fournissent des données exactes et
répétables.
La prise en compte de l’ensemble de ces fac-
teurs nécessite l’utilisation d’un logiciel de ma- Revue de management
nagement de l’énergie ou Energy Management
Software (EMS). Il s’agit d’une revue d’amélioration continue du
système de management sous la responsabilité de
la direction. Elle remet en cause la politique éner-
gétique de l’organisation (objectifs, ressources,
achats d’équipements de mesure, …).
18 GUIDE D’USAGE DE LA MESURE
En pratique…
Les recommandations du Gimélec
4.1 Etapes du projet
C’est à partir de la définition de l’instrumentation
associée à chacun des domaines décrits précé-
demment qu’il est possible d’élaborer des préco-
nisations de mise en œuvre (classe de précision,
système de gestion énergétique, …).
Une fois l’objectif validé (RT, HQE Exploitation ou
ISO 50001), le processus proposé comprend trois
étapes :
1. Détermination du type de bâtiment
2. Niveau de performance recherché : Le guide permet au concepteur ou prescripteur
Base, Performant ou Très Performant d’un plan de mesurage d’aboutir rapidement à
l’essentiel : une spécification d’instrumentation
parfaitement cohérente avec l’objectif défini.
3. Edition des spécifications techniques des
instruments de mesure sur la base des
N.B. : le logiciel Indice de Mesure (IM2) est dis-
indices IM2 et du logiciel associé
ponible en téléchargement gratuit sur le site du
Gimélec (www.gimelec.fr).
GUIDE D’USAGE DE LA MESURE 19
4.2 Caractérisation du plan de mesurage (étapes 1 et 2)
Il s’agit dans un premier temps de faire corres- Le tableau ci-dessous liste les principaux usages
pondre une exigence à un type de bâtiment et à de bâtiments et y associe une exigence selon trois
son usage afin de répondre au strict besoin du niveaux :
client final.
• (B) Base : conforme à la réglementation
Le retour d’expérience permet de recommander
• (P) Performant : équivalent aux
des niveaux de performances adaptés à l’usage
bonnes pratiques du marché
des locaux et de leurs besoins* en énergies.
• (TP) Très Performant : au-delà des
bonnes pratiques du marché
Niveau de Niveau Niveau
Usage des bâtiments
« Base » « Performant » « Très Performant »
Equipements sportifs
P
(gymnase, piscine, …)
Bâtiments de santé
TP
(hôpital, clinique, …)
Bâtiments destinés
P
à l’enseignement
Centres commerciaux,
P
supermarchés, …
Hôtellerie (selon typologie) B P
Bâtiments de stockage
B
logistique
Bâtiments de stockage
P
réfrigéré
Datacenters TP
Bâtiments de bureaux (IGH) P
Autres bâtiments de bureaux
B P
(selon superficie)
Bâtiments tertiaires
P
de production légère
Infrastructures (ports,
TP
aéroports, tunnels, …)
Sites de production ENR P
* Pour l’énergie électrique : selon en particulier la puissance souscrite,
la qualité et la disponibilité.
20 GUIDE D’USAGE DE LA MESURE
Recommandations
4.3 Caractérisation des niveaux de performance (étape 3)
Le niveau d’exigence étant établi, il convient de le Le tableau ci-dessous propose une déclinaison
décliner au niveau de l’installation jusqu’à l’équi- des niveaux d’exigence par localisation d’installa-
pement de mesure. tion en correspondance avec les indices de mesure
à retenir. Ce tableau permet de balayer dans le
À cette fin, le Gimélec propose de s’appuyer sur sens croissant l’ensemble des niveaux d’exigence
l’IM2, outil élaboré par la profession permettant en y associant les indices IM2 recommandés. Une
de déterminer une classification de référence à marge de manœuvre est laissée à l’appréciation
appliquer pour la caractérisation des appareils du client final avec la notion de « normal / élevé »
de mesure par les bureaux d’études, les prescrip- pour rendre la caractérisation de l’installation
teurs, les intégrateurs et les utilisateurs. plus fine en correspondance avec le besoin.
L’IM2 est un indice qui vise la meilleure adéquation
entre le besoin de l’utilisateur et la spécification
Point de livraison
d’un ou de plusieurs appareils de mesure aux dif- ou source auxiliaire
férents niveaux d’une installation. Le logiciel IM2
est disponible au téléchargement, gratuitement
sur le site du Gimélec (www.gimelec.fr).
Distribution principale
Distribution
secondaire
Charges M M M M
Performance de la mesure
« Base » « Performant » « Très Performant »
(HQE exploitation (HQE exploitation
(RT)
et ISO 50001) et ISO 50001)
Niveau de l’installation Normal Élevé Normal Élevé Normal Élevé
(compteur
Point de livraison
tarifaire 200 221 321 332 333
ou source auxiliaire existant)
Distribution principale 100 100 210 220 221 321
Distribution secondaire 100 100 220 221
Charges 100 210
N.B. Dans le cadre d’une solution avec refactura-
tion d’énergie active, l’appplication de la directive
européenne MID 2004/22/CE relative aux instru-
ments de mesure devra être prise en considéra-
tion dans la sélection d’appareillage de comptage.
GUIDE D’USAGE DE LA MESURE 21
4.4 Précision de la chaine de mesure - Recommandations
Le principe de détermination de l’Indice de Mesure Dans le cas d’appareils à « mesure directe », inté-
laisse libre choix au concepteur d’un plan de mesu- grant de fait le TC de mesure, la précision de la
rage de spécifier la précision de mesure attendue. chaine de mesure sera égale à celle de l’appareil.
Cette spécification doit cependant s’appuyer sur les
quelques règles ci-après, communément admises La précision recherchée sera fonction de l’em-
en la matière. placement de l’appareil de mesure dans l’archi-
tecture du réseau de distribution électrique ainsi
Par « précision de la chaine de mesure », on entend
que de la précision du compteur tarifaire situé en
non seulement celle de l’appareil considéré mais
amont de l’installation, au point de raccordement
également celle du capteur dans le cas d’un appa-
du réseau ERDF. Si aucun TC n’est associé, il est
reil de mesure associé à un TC et éventuellement
recommandé d’installer en tête d’installation,
un TP.
un appareil de même niveau de précision que le
Dans ce cas, afin de déterminer la classe de pré- compteur tarifaire en amont de celui-ci.
cision de la « chaine de mesure », l’on appliquera
la formule suivante, issue de la norme produit des
PMD, à savoir la norme NF EN 61557-12 :
Précision globale* = 1,15 x Ctc² Capp²
* La formule est issue de la norme NF EN 61557-12 (annexe C)
qui intègre les aspects statistiques liés à la répartition des précisions
de chacun des composants.
22 GUIDE D’USAGE DE LA MESURE
Recommandations
4.5 Mise en œuvre du projet
La filière électrique est attentive au maintien d’un Exploitation
niveau de sécurité et fonctionnel à hauteur des
exigences des normes et directives européennes L’utilisateur doit être informé sur les enjeux et
qui définissent et caractérisent ce secteur. les comportements à adopter pour l’exploita-
tion. L’analyse des consommations devra être
Les recommandations qui suivent s’appliquent faite régulièrement pour une gestion efficiente
tout au long du cycle de vie de l’installation élec- de l’installation. Elle pourra être facilitée par un
trique (mise en service, exploitation, entretien, outil logiciel.
maintenance). Elles relèvent du respect des En cas de dysfonctionnement constaté (par
règles de l’art en la matière et doivent être appli- exemple surconsommation ou matériel défec-
quées par des professionnels formés. tueux), il informera le personnel de maintenance
qui prendra les actions correctives adéquates.
Installation
Maintenance et retrofit
Les matériels constituant les installations élec-
triques doivent être de qualité, sans défaut ap- Un entretien régulier du matériel et de l’installa-
parent, et disposer des marquages réglemen- tion doit être assuré par l’équipe de maintenance.
taires : le marquage CE doit être apposé sur les Des actions spécifiques devront être planifiées et
produits pour preuve du respect des Directives réalisées comme le resserrage des bornes de
européennes CEM (compatibilité électromagné- puissance, le réétalonnage de certains maté-
tique), BT (basse tension) et, dans les cas de riels ou remise à zéro de certains paramètres. Le
transactions commerciales, de la directive MID remplacement du matériel défectueux devra être
(métrologie). assuré en cas de dysfonctionnement constaté.
En référence à la norme d’installation NF C 15100,
l’installateur doit vérifier en particulier que le Evolution du site ou du process
matériel corresponde aux exigences de catégorie
d’installation, d’indice de protection (IP), de tem- Il faut prévoir l’évolution du site soit par le rajout
pérature et d’humidité. de nouveaux matériels soit en faisant évoluer le
matériel ou le logiciel déjà installé (ex : rajout
Enfin, il convient de s’assurer de l’application des d’une entrée/sortie, ou reprogrammation du
règlements en matière de gestion des déchets par « firmware »).
une gestion cohérente des emballages et leur éli-
mination sans risque pour l’environnement. Si le matériel est réutilisé sur une installation
différente, il faut veiller à reprendre tout le cycle
de mise en œuvre.
Mise en service
En fin de vie, il faut gérer de façon appropriée
La mise en service doit être assurée par du per- l’ensemble des déchets y compris les déchets
sonnel formé et habilité connaissant parfaite- électroniques soumis à la Directive DEEE.
ment les règles de sécurité à respecter.
La programmation et configuration du matériel
doivent être réalisées selon les recommanda-
tions du constructeur en s’appuyant sur une no-
tice d’installation complète (règles de sécurité,
programmation, conformité des câblages, pré-
cautions d’emploi,…) ajouter photos des construc-
teurs et passer sur 2 pages ?
GUIDE D’USAGE DE LA MESURE 23
4.6 Cas des bâtiments existants - Rénovation
Le parc de bâtiments tertiaires, sites industriels à l’éclairage et aux systèmes de chauffage, venti-
et logements collectifs en France est très éner- lation et climatisation. Pour profiter de ce formi-
givore avec une moyenne de consommation en dable gisement d’économie, une démarche de ré-
énergie primaire de 400 kWhEP/m²/an. duction des coûts d’exploitation est possible, tout
en satisfaisant aux réglementations en vigueur.
Au regard des exigences des référentiels les plus
récents (BBC, RT, HPE, THPE,…) applicables aux Dans le cadre de la rénovation d’un bâtiment, on
bâtiments neufs, il convient également d’accroître peut définir trois classes différentes d’actions
la compétitivité et la valeur patrimoniale du parc d’Efficacité Énergétique (voir illustration ci-des-
existant qui consomme naturellement plus que les sous).
nouveaux bâtiments (jusqu’à huit fois plus).
La classe EE1 (comptage et mesure) est la pre-
Compte tenu du faible taux de renouvellement du mière étape nécessaire à la diminution des
parc immobilier en France, plus de 80% des gise- consommations énergétiques. En effet, le simple
ments d’économies d’énergie et de réduction des fait de surveiller et de contrôler sa consomma-
émissions de CO2 résident dans les bâtiments tion énergétique peut générer des gains subs-
existants. tantiels. Ces actions ont pour objectif l’éducation
des utilisateurs et la promotion des bons com-
L’énergie représente 20% des coûts d’exploitation portements pour pérenniser l’amélioration de la
des bâtiments et 70% de cette énergie est dédiée performance.
Économie d'énergie
40%
= + actions
sur les équipements
30% et l'enveloppe
du bâtiment
Comptage Matériaux performants,
Analyse isolants thermiques, équipement
20% de production et terminaux,
Affichage
Reporting vitrages, photovoltaïque
15% = + actions
sur les systèmes
10%
Gestion d'énergie
Systèmes intelligents de contrôle,
mesure régulation, gestion, automatisme
1 an 3 ans 5 ans 10 ans 15 ans 25 ans
Temps de retour sur investissement (ROI)
-oOo-
24 GUIDE D’USAGE DE LA MESURE
Annexe
Rappel des principaux textes
et normes applicables
1. Réglementations 3. Labels
Les exigences légales pertinentes pour la mise • HQE exploitation (traité dans le présent guide)
en œuvre d’un SMÉ concernent notamment les
• Labels énergétiques : BEPOS, Effinergie +,
aspects suivants :
HPE, THPE
• Bilan carbone • Labels environnementaux des bâtiments :
BREEAM, LEED, DGNB
• Bilan des émissions de gaz à effet de serre
• Directives européennes et textes de
transpositions nationaux liés à l’efficacité 4. Spécifications professionnelles
énergétique dont la directive 2010/31/UE –
Performance énergétique des bâtiments et
• Outils du Gimélec :
la directive 2012/27/UE relative à l’efficacité
énergétique - Guides « Mener à bien un projet d’efficacité
énergétique »
• Réglementation Thermique des bâtiments
(traitée dans le présent guide) - Guide « La mesure dans un projet
d’efficacité énergétique »
• Respect des référentiels au service des
réglementations précitées tel que les - « Indice de mesure » (IM2)
normes et labels suivants :
- « Classes de Services »
• Protocole IPMVP
2. Normes
• Guide de bonnes pratiques BP-X30-120
• NF EN 15217 – Méthodes d’expression de l’AFNOR
de la performance énergétique et de
certification énergétique des bâtiments
• NF EN 16212 – Efficacité énergétique
et calcul d’économie
• NF EN 16231 – Méthode de benchmarking
de l’efficacité énergétique
• Série NF EN 16247 – Audits énergétiques
• ISO 23045 – Lignes directrices pour
l’évaluation de l’efficacité énergétique des
bâtiments neufs
• Pr CEI 60364-8-1 – Efficacité énergétique
des installations électriques basse tension
• NF EN 61557-12 – Dispositifs de mesure
et de surveillance des performances (PMD)
• CEI/TR 62837/Ed.1 – Mesure, commande et
automation dans les processus industriels –
Efficacité énergétique à travers les systèmes
d’automatisation
GUIDE D’USAGE DE LA MESURE 25
Glossaire
DJU Instrumentation certifiée MID
Degré Jour Unifié : Pour un lieu donné, le Degré Compteurs d’énergie active utilisés pour toute
Jour Unifié est une valeur représentative de transaction commerciale avec un client final en
l’écart entre la température d’une journée milieu résidentiel, commercial et industriel léger.
donnée et un seuil de température préétabli.
Il sert en général à évaluer les dépenses en Plan de comptage
énergie pour le chauffage ou la climatisation.
Le plan de comptage consiste à mesurer les
consommations d’énergie en vue de leur gestion,
EMS (Energy Management System)
de leur répartition et éventuellement de la
D’une manière générale, ensemble refacturation.
d’équipements de mesure / comptage
associé à un outil informatique via un réseau Plan de mesurage
de communication, spécialement dédié à la
gestion énergétique de bâtiments ou de process. Document qui définit pour un site donné
l’implantation et le niveau de performance des
Elément clé du système, le logiciel EMS permet moyens de mesure (PMD, compteurs et capteurs)
une connaissance approfondie et précise de pour contribuer à son efficacité énergétique,
l’utilisation des différentes énergies et des à la surveillance de l’installation électrique et
fluides par usage. Il fournit aux organisations au contrôle de la qualité d’énergie des réseaux
l’ensemble des renseignements pertinents leur internes. Il peut également comporter la
permettant de mettre en œuvre des actions descriptions de moyens de communication et de
de suivi et d’optimisation des consommations, supervision associés.
de réduction des coûts d’exploitation et de
mesures d’impact sur l’environnement. Système PMD
autonome ou complémentaire d’une GTB / GTC, Performance Monitoring Device : centrales de
il peut également s’interfacer avec d’autres mesure destinées à mesurer et à surveiller (dont
systèmes (ERP,…) afin de déterminer des ratios enregistrement, alarme, etc.) les paramètres
physiques ou monétaires de consommations électriques dans les réseaux de distribution
par rapport à des données de production ou d’énergie ou les installations électriques
d’utilisation d’un process. (cf. norme IEC EN 61 557-12).
ERP (Enterprise Ressource Planning) SMÉ
Progiciel dédié à la gestion de production. Système de Management de l’Énergie : ensemble
d’éléments corrélés ou interactifs permettant
GMAO d’élaborer une politique et des objectifs
Gestion de Maintenance Assistée par Ordinateur. énergétiques ainsi que des processus
et procédures pour atteindre ces objectifs.
GTB (Gestion Technique du Bâtiment)
SMEX
Une GTB permet d’automatiser la régulation du
chauffage, du refroidissement, de la ventilation, Système de Management de l’EXploitation :
de la production ECS et de l’éclairage dans le ensemble de dispositions permettant d’organiser
but d’accroitre la rentabilité de l’exploitation en les opérations d’exploitation afin d’atteindre des
fonction de l’utilisation effective du bâtiment cibles qualitatives.
par une interaction sur les équipements selon
des consignes préétablies. La GTB participe SURT ou SHONRT
également efficacement au confort et à la Surface Utile ou Surface Hors Œuvre Net
sécurité des occupants du bâtiment. au sens de la Réglementation Thermique.
La norme EN 15232 définit 4 niveaux de
TC ou TP
performance de GTB. Les GTB les plus
performantes intègrent certaines fonctionnalités Transformateur de Courant ou
de surveillance de la gestion énergétique. Transformateur de Puissance.
Une GTB évoluée requière généralement un suivi
et des opérations de maintenance appropriées
afin de conserver son efficacité dans la durée.
26 GUIDE D’USAGE DE LA MESURE
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