<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" version="2.0"><channel><title><![CDATA[L'Express.fr]]></title><link>https://www.lexpress.fr</link><atom:link href="https://www.lexpress.fr/arc/outboundfeeds/rss/monde.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><description><![CDATA[Grâce aux fils RSS de LExpress.fr, vous pouvez recevoir les dernières informations publiées sur le site en temps réel ou les dernières notes des blogs de nos journalistes.]]></description><lastBuildDate>Thu, 09 Jul 2026 02:34:52 +0000</lastBuildDate><language>fr</language><category>Monde</category><copyright>Lexpress.fr</copyright><ttl>1</ttl><sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod><sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency><image><url>https://static.lexpress.fr/upload/images/logo/logo_cartouche_rouge_outbounds_1000x1000.jpg</url><title>L'Express.fr</title><link>https://www.lexpress.fr</link></image><item><title><![CDATA[Au sommet de l'Otan, Donald Trump fait de l'Espagne sa nouvelle cible]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-sommet-de-lotan-donald-trump-fait-de-lespagne-sa-nouvelle-cible-SSE2FEHDCFDAPOWJWXWDYW4M4Y/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-sommet-de-lotan-donald-trump-fait-de-lespagne-sa-nouvelle-cible-SSE2FEHDCFDAPOWJWXWDYW4M4Y/</guid><description></description><pubDate>Wed, 08 Jul 2026 18:28:37 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Donald Trump avait déjà plusieurs dossiers à distribuer au <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/comment-donald-trump-a-dynamite-le-sommet-de-lotan-YZKWJ6XTTFFFVL2BMYWLUOAH24/" rel="">sommet de l’Otan à Ankara</a> : l’Iran, le Groenland, les dépenses militaires européennes, les alliés jugés insuffisamment mobilisés. Mais mercredi 8 juillet, c’est l’Espagne qui a concentré ses attaques. Aux côtés du secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, le président américain a accusé Madrid de ne pas assez participer aux dépenses de défense de l’Otan. Puis il a affirmé vouloir "cesser tout échange commercial" avec le pays. </p><h3>La facture militaire</h3><p>La déclaration a été faite devant les caméras, sous forme d’instruction adressée à son secrétaire du Trésor, Scott Bessent. Donald Trump a qualifié l’Espagne de "cause perdue", affirmé ne plus vouloir "faire affaire" avec elle, et accusé Madrid de traiter Mark Rutte "terriblement". Le premier reproche porte toutefois sur les dépenses militaires. Donald Trump veut pousser les alliés de l’Otan à consacrer 5 % de leur PIB à la défense. L’Espagne, elle, affirme pouvoir respecter ses engagements avec 2,1 % du PIB. Madrid rappelle aussi avoir augmenté sa contribution et participé à plusieurs missions de l’Alliance. Selon les éléments rapportés par le journal <a href="https://elpais.com/espana/2026-07-08/trump-carga-de-nuevo-contra-espana-por-su-gasto-en-defensa-y-afirma-que-ha-ordenado-cortar-todo-el-comercio-bilateral.html" target="_blank" rel="" title="https://elpais.com/espana/2026-07-08/trump-carga-de-nuevo-contra-espana-por-su-gasto-en-defensa-y-afirma-que-ha-ordenado-cortar-todo-el-comercio-bilateral.html"><i>El País</i></a>, le pays a notamment confirmé son engagement dans une opération en Finlande destinée à défendre l’Atlantique et l’Arctique. Le désaccord ne porte donc pas sur la présence espagnole dans l’Otan, mais sur la manière de chiffrer l’effort demandé. </p><p>Un second sujet s’ajoute au premier : l’Iran. Washington reproche à l’Espagne, frontalement opposée à la guerre en Iran, de ne pas avoir <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/iran-lespagne-refuse-que-ses-bases-aeriennes-aident-les-etats-unis-dans-leur-offensive-KDI4IIMGAJDGNKG7RWD527H5TE/" rel="">facilité l’usage de certaines bases américaines en Andalousie</a>, notamment Morón et Rota, dans le cadre des opérations menées au Moyen-Orient. Pedro Sánchez avait critiqué la stratégie américaine, qualifiée d’erreur "extraordinaire". Le dossier espagnol mêle donc deux griefs : l’effort budgétaire et l’alignement politique. </p><h3>La réponse espagnole</h3><p>Face à cette séquence, Madrid a choisi de ne pas répondre sur le même ton. Le gouvernement espagnol dit accueillir les propos de Donald Trump "avec calme". Pedro Sánchez a insisté sur des relations "très positives" entre l’Espagne et les États-Unis, en rappelant leurs liens sociaux, culturels, économiques et militaires. Il a même raconté qu’après la conférence de presse, il avait croisé Donald Trump et échangé avec lui sur le football et le golf. </p><p>Cette retenue tient aussi à un point juridique central : une rupture commerciale visant uniquement l’Espagne serait difficile à appliquer. L’Espagne appartient à l’Union européenne, et la politique commerciale relève de la Commission européenne. Un État membre ne peut donc pas être traité comme un partenaire commercial isolé du reste du marché unique. Pour prendre une mesure commerciale contre Madrid, Washington devrait se confronter au cadre européen. Ce détail institutionnel n’a rien de secondaire : il limite fortement la portée concrète de la menace américaine. </p><h3>Bruxelles répond</h3><p>La Commission européenne a d’ailleurs répondu rapidement. Un porte-parole de l’exécutif européen a assuré que Bruxelles "veillera toujours" à protéger les intérêts de l’Union et de tous ses États membres. Il a aussi rappelé que les échanges entre l’Union européenne et les États-Unis sont "profondément intégrés", et demandé à Washington de respecter les engagements pris dans l’accord commercial conclu avec l’UE. </p><p>Mark Rutte a finalement cherché à ménager les deux lignes du sommet : le secrétaire a salué la pression américaine sur les dépenses militaires, tout en rappelant que l’Espagne avait réalisé un "grand pas" l’an dernier et progressait vers les 2 %. Surtout, Madrid dispose d’un argument difficile à balayer : selon l’exécutif espagnol, les États-Unis vendent davantage à l’Espagne qu’ils ne lui achètent. Une rupture commerciale viserait donc un allié, un État membre de l’Union européenne, mais aussi un marché où Washington est loin d’être perdant. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/UWZJ7JMBXFEKHHILKB7GQW6CWI.JPG?auth=4415cd59bd031bc3c13a1841d4939a72ea7116c18859e143368efb2ec49e12e2&amp;smart=true&amp;width=2544&amp;height=1696" type="image/jpeg" height="1696" width="2544"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président américain Donald Trump s'adresse aux médias à l'issue de sa participation au sommet des dirigeants de l'OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS / Yves Herman</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Ukraine : ces sanctions de plus en plus utilisées par Volodymyr Zelensky contre ses opposants]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/ukraine-ces-sanctions-de-plus-en-plus-utilisees-par-volodymyr-zelensky-contre-ses-opposants-BXKTU62FW5CVVO6ORNFHDTYCDA/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/ukraine-ces-sanctions-de-plus-en-plus-utilisees-par-volodymyr-zelensky-contre-ses-opposants-BXKTU62FW5CVVO6ORNFHDTYCDA/</guid><dc:creator><![CDATA[Julien Chabrout]]></dc:creator><description></description><pubDate>Wed, 08 Jul 2026 15:24:47 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>C'est une loi adoptée en 2014, année où la Russie a déclenché une guerre en annexant la Crimée ukrainienne et en envahissant les oblasts de Donetsk et de Louhansk, dans l'est du pays. Elle était initialement conçue comme un outil de lutte contre Moscou. Le président ukrainien de l'époque Petro Porochenko a utilisé un mécanisme de sanctions principalement pour cibler la Russie et ses alliés qui constituent une menace pour la sécurité nationale. </p><p>Mais, depuis 2021, sous <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/scandale-de-corruption-en-ukraine-les-revelations-qui-fragilisent-volodymyr-zelensky-EGJWIKEKARC2BPKYHNJP7IGR2E/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/scandale-de-corruption-en-ukraine-les-revelations-qui-fragilisent-volodymyr-zelensky-EGJWIKEKARC2BPKYHNJP7IGR2E/">la présidence de Volodymyr Zelensky</a>, le Conseil national de sécurité et de défense de l'Ukraine (NSDC) applique des sanctions contre ses propres citoyens, parfois sans décision de justice, sur la base de renseignements ou d'informations fournis par le Service de sécurité d'Ukraine (SBU). Les responsables pro-russes ne sont désormais plus les seuls visés : des personnalités critiques ou des opposants au président ukrainien sont concernés, <a href="https://kyivindependent.com/explainer-how-ukrainian-sanctions-turned-from-anti-kremlin-tool-into-political-vendetta/" target="_blank" rel="" title="https://kyivindependent.com/explainer-how-ukrainian-sanctions-turned-from-anti-kremlin-tool-into-political-vendetta/">selon une enquête de<i> Kyiv Independent</i> parue mardi</a>.</p><p>Le tournant s'est ainsi produit un an avant le début de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-kostyantynivka-la-ville-au-coeur-de-la-bataille-russe-pour-le-donbass-W5YFJ5332RHHNINQUJJ3MSOSWE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-kostyantynivka-la-ville-au-coeur-de-la-bataille-russe-pour-le-donbass-W5YFJ5332RHHNINQUJJ3MSOSWE/">la guerre totale entre la Russie et l'Ukraine</a>, lorsque Volodymyr Zelensky a commencé à utiliser des sanctions contre des personnalités pro-russes qui n'avaient pas été sanctionnées par le système judiciaire du pays, explique le média en ligne ukrainien de langue anglaise. Le chef d'Etat a à l'époque pris pour cible le député pro-Kremlin Viktor Medvedchuk et les chaînes de télévision qui lui étaient liées, critiques à son égard. Ces sanctions ont alors été largement soutenues par la société ukrainienne car les convictions pro-Kremlin de Viktor Medvedchuk, qui entretenait des relations avec Vladimir Poutine, n'ont jamais été mises en doute. Viktor Medvedchuk a été inculpé de haute trahison en 2021 et remis à la Russie dans le cadre d'un échange de prisonniers en 2022.</p><h2>L'ex-président Porochenko visé par les sanctions</h2><p>Cette année-là, la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine. <a href="https://www.lexpress.fr/monde/a-davos-volodymyr-zelensky-sen-prend-aux-europeens-et-annonce-un-accord-avec-donald-trump-42HVZCGNVZGWRKECKHXUAJ4NVE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/a-davos-volodymyr-zelensky-sen-prend-aux-europeens-et-annonce-un-accord-avec-donald-trump-42HVZCGNVZGWRKECKHXUAJ4NVE/">Volodymyr Zelensky</a> a alors reçu des pouvoirs de guerre sans précédent. Depuis, il concentre et monopolise les pouvoirs. Grâce à un autre outil, la déchéance de la citoyenneté, le président en exercice a acquis un autre pouvoir politique. En février 2025, Volodymyr Zelensky <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/ukraine-loffensive-politique-de-volodymyr-zelensky-contre-son-rival-petro-porochenko-RIKNGCSLK5CJVDGYQMJYRMEX7E/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/ukraine-loffensive-politique-de-volodymyr-zelensky-contre-son-rival-petro-porochenko-RIKNGCSLK5CJVDGYQMJYRMEX7E/">a imposé des sanctions à son principal opposant politique, Petro Porochenko</a>. L'ex-président a été inculpé de trahison en 2021. Il était accusé d'avoir aidé des groupes armés russes dans les zones occupées des oblasts ukrainiens de Donetsk et de Louhansk en organisant des livraisons de charbon à des entreprises ukrainiennes. Petro Porochenko n'est pourtant pas pro-russe : il s'est toujours opposé à Moscou depuis son élection à la présidence en 2014, rappelle <i>Kyiv Independent</i>.</p><p><a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/exclusif-volodymyr-zelensky-le-portrait-inedit-dun-president-en-guerre-LQRSZWUSBBBOXH5HCS3KYP53HM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/exclusif-volodymyr-zelensky-le-portrait-inedit-dun-president-en-guerre-LQRSZWUSBBBOXH5HCS3KYP53HM/">Volodymyr Zelensky</a> a également sanctionné l'oligarque Igor Kolomoïsky en février 2025. Auparavant, en 2022, le président ukrainien l'avait également déchu de sa citoyenneté ukrainienne. Cet oligarque est également citoyen d'Israël et de Chypre. Volodymyr Zelensky a travaillé pour Igor Kolomoïsky lorsqu'il était producteur et humoriste mais leur relation s'est détériorée peu après l'accession à la présidence. Igor Kolomoïsky ne peut pas non plus être considéré comme pro-russe : il a même joué un rôle crucial dans la création d'unités de volontaires ukrainiens combattant la Russie lorsqu'il était gouverneur de l'oblast de Dnipropetrovsk, de 2014 à 2015.</p><p>La dernière personnalité ukrainienne à être concernée est l'ex-député nationaliste Borislav Bereza, sanctionné le 7 juillet. Borislav Bereza n'a jamais exprimé publiquement la moindre sympathie pour la Russie. Cet homme politique, blogueur pro-occidental tout au long de sa carrière, a participé à la révolution Euromaïdan de 2014, qui a renversé le président pro-Kremlin Viktor Ianoukovitch. Depuis l'arrivée au pouvoir de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/en-ukraine-letonnant-renvoi-du-chef-du-sbu-par-volodymyr-zelensky-73GLRL7N2RGCPD4NLIWM2J43EI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/en-ukraine-letonnant-renvoi-du-chef-du-sbu-par-volodymyr-zelensky-73GLRL7N2RGCPD4NLIWM2J43EI/">Volodymyr Zelensky</a>, en 2019, Borislav Bereza l'a constamment critiqué et a souvent soutenu Petro Porochenko. "Ces sanctions ont été imposées pour me faire taire et empêcher les Ukrainiens de voir mes publications et mes vidéos", a déploré Borislav Bereza sur Facebook. "Je me demande comment ils vont justifier ça. Si c'est parce que j'ai dénoncé <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/corruption-en-ukraine-lancien-chef-de-cabinet-de-volodymyr-zelensky-place-en-detention-provisoire-6COW36AJ4JFZRNQTOHH2XJUHV4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/corruption-en-ukraine-lancien-chef-de-cabinet-de-volodymyr-zelensky-place-en-detention-provisoire-6COW36AJ4JFZRNQTOHH2XJUHV4/">la corruption</a> et critiqué le gouvernement, ça en dit long."</p><h2>Des sanctions "utilisées à des fins de politique intérieure"</h2><p>Les inquiétudes concernant la loi "sur les sanctions" grandissent au sein de la société ukrainienne. Pour l'analyste politique Volodymyr Fesenko, ces sanctions sont "désormais associées aux luttes politiques internes". "Le problème, c’est que les sanctions sont de plus en plus utilisées à des fins de politique intérieure, sans justification juridique suffisante", a-t-il fustigé auprès de <i>Kyiv Independent</i>.</p><p>Des experts juridiques affirment que la procédure est elle-même illégale. "Si une infraction ou un crime a été commis, il faut des preuves", a rappelé Mykhailo Zhernakov, directeur de l'organisme de surveillance judiciaire Dejure. Selon lui, ce dispositif est "incompatible avec l'Etat de droit".</p><p>Celui-ci comporte pour autant des limites. "Il est possible que nous assistions à une situation où la plupart des sanctions imposées aux citoyens ukrainiens seront finalement levées", a indiqué Volodymyr Fesenko. "Et si cela se produit, cela pourrait lui créer des problèmes (...) Cela pourrait ouvrir la voie à des poursuites pour abus de pouvoir ou dépassement de ses prérogatives."</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/F25HEZ25UVHXDHQG7AXVCRDCBQ.JPG?auth=35cebf2f28ca5859e7b2a020d4a3049aa441e6f65cc6c0f1c6d9a612ec3cb8d8&amp;smart=true&amp;width=8256&amp;height=5504" type="image/jpeg" height="5504" width="8256"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président ukrainien Volodymyr Zelensky concentre les pouvoirs politiques depuis l'invasion russe de son pays.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Donald Trump envisage de rouvrir à la Turquie l’accès aux F-35, malgré les sanctions américaines]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-envisage-de-rouvrir-a-la-turquie-lacces-aux-f-35-malgre-les-sanctions-americaines-EREK3635RNF6NKDIU6BPS2CA3M/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-envisage-de-rouvrir-a-la-turquie-lacces-aux-f-35-malgre-les-sanctions-americaines-EREK3635RNF6NKDIU6BPS2CA3M/</guid><description></description><pubDate>Wed, 08 Jul 2026 15:08:46 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Il existe des cadeaux diplomatiques bien plus simples qu’un avion militaire. Mais <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/comment-donald-trump-a-dynamite-le-sommet-de-lotan-YZKWJ6XTTFFFVL2BMYWLUOAH24/" rel="">Donald Trump mise sur le sensationnel</a> : rouvrir la porte des <a href="https://www.lexpress.fr/monde/f-35-comment-les-europeens-sont-tombes-dans-le-piege-americain-2IRCS57HZFB7VOTVVVZF6RIIIQ/" rel="">F-35</a> à la Turquie. Mardi 7 juillet, au sommet de l’Otan à Ankara, le président américain a déclaré qu’il allait lever les sanctions visant la Turquie et qu’il prendrait une décision sur une éventuelle vente de F-35 à Ankara. "<a href="https://www.ft.com/content/3994cd63-ff43-4565-af35-3431696a1127?syn-25a6b1a6=1" target="_blank" rel="" title="https://www.ft.com/content/3994cd63-ff43-4565-af35-3431696a1127?syn-25a6b1a6=1">Pourquoi ne le ferions-nous pas ?</a>", a-t-il résumé, assis aux côtés de Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie, avant d’ajouter que le pays s’était montré, selon lui, "plus loyal" que d’autres alliés.</p><p>Le sujet n’a pourtant rien d’un caprice de sommet. En 2019, Washington avait exclu Ankara du programme F-35, après l’achat par la Turquie du système de défense antiaérienne russe S-400. Le Pentagone expliquait alors que la Turquie ne pouvait pas avoir "à la fois" le S-400 et le F-35, de peur que Moscou n’apprenne à mieux détecter les capacités de furtivité de l’appareil américain. La Turquie devait acheter 100 F-35 et fabriquait plus de 900 pièces du programme. Au final, tout cela fut "découplé" avec méthode. </p><h3>Le verrou juridique</h3><p>Depuis, le dossier est resté coincé entre la géopolitique et le droit. Les sanctions imposées à Ankara relèvent du CAATSA, la loi américaine adoptée en 2017 pour sanctionner notamment les transactions sensibles avec la Russie. Le mois dernier encore, Marco Rubio expliquait que l’administration restait liée par la loi tant que la Turquie n’avait pas réglé le problème du S-400. Selon les pistes évoquées côté américain, Ankara pourrait transférer les batteries à un tiers ou les rendre inopérentes. Pour l’instant rien n’est réglé. Mais en diplomatie, l’intention est déjà un signal, surtout quand elle est donnée devant les caméras. </p><p>Ce signal tombe au <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/sommet-de-lotan-a-ankara-une-consecration-pour-recep-tayyip-erdogan-TSPYEIRG6RBF7ASEKZTCBZHTQE/" rel="">meilleur moment pour Recep Tayyip Erdogan</a>. Longtemps isolée par ses tensions avec l’Europe, ses bras de fer en Méditerranée orientale, ses relations heurtées avec Israël et son jeu permanent entre Washington et Moscou, la Turquie revient au centre. L’Ukraine a rappelé l’importance de son armée, la deuxième de l’Otan après celle des États-Unis. Le Moyen-Orient a rappelé son utilité de canal, y compris dans les échanges indirects avec l’Iran ou autour de Gaza. Et le sommet d’Ankara lui offre ce que les dirigeants recherchent toujours : une scène, un public, et un allié américain disposé à le remettre au centre du jeu. </p><p>Mais l’affaire ne se limite pas à Washington et Ankara. À Jérusalem, elle est suivie avec une attention peu festive. <a href="https://edition.cnn.com/2026/07/07/politics/netanyahu-opposes-sale-f35-jets" target="_blank" rel="" title="https://edition.cnn.com/2026/07/07/politics/netanyahu-opposes-sale-f35-jets">Benyamin Netanyahou s'est exprimé sur CNN, afin de mettre en garde</a> contre une vente de F-35 à la Turquie, estimant qu’elle modifierait l’équilibre militaire du Moyen-Orient. Israël dispose de sa propre version du F-35 et voit d’un très mauvais œil l’idée que l’avion le plus avancé de l’arsenal américain arrive chez un Erdogan qui multiplie depuis le 7 octobre les attaques verbales contre l’État hébreu, soutient politiquement le Hamas et a suspendu les échanges commerciaux avec Israël. La Grèce, elle aussi, observe le dossier de près. </p><h3>L’Otan au test Trump</h3><p>La décision, si elle va au bout, dirait aussi quelque chose de la nouvelle grammaire trumpienne de l’alliance. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump répète que les Européens doivent payer davantage pour leur défense. À Ankara, Mark Rutte a tenté de lui offrir le bon spectacle : milliards d’investissements, achats de matériel, promesses de montée en puissance, objectif de 5 % du PIB consacré à la défense d’ici 2035. Mais Trump ne parle pas seulement en pourcentage : il parle en fidélité, en relation personnelle, en geste visible. Erdogan, qui sait parfaitement ce que vaut une relation directe avec Washington, en profite. Les autres alliés, eux, doivent encore convaincre par des plans, des budgets et des calendriers.</p><p>Reste le plus difficile : transformer la déclaration en décision. Il faudra lever les obstacles juridiques, convaincre ou contourner le Congrès, régler le sort des S-400, rassurer Israël et éviter de donner l’impression qu’un achat russe peut être oublié avec assez de patience et un bon calendrier diplomatique. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/SBCWMLYRNBDSJKDRYLOSH34UV4.JPG?auth=b131b1ac77e05c70dc274351fdfaa6dfa3dd3025917bf2409e983aa629ae851f&amp;smart=true&amp;width=6000&amp;height=4000" type="image/jpeg" height="4000" width="6000"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président turc Recep Tayyip Erdogan accueille le président américain Donald Trump lors d'un sommet des dirigeants de l'OTAN à Ankara, en Turquie, le 8 juillet 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS / Stoyan Nenov</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[La guerre des détroits aura bien lieu - Notre série d'été]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/la-guerre-des-detroits-aura-bien-lieu-notre-serie-dete-VWQMAHKT4RA77NJUQYVA7EQ6Z4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/la-guerre-des-detroits-aura-bien-lieu-notre-serie-dete-VWQMAHKT4RA77NJUQYVA7EQ6Z4/</guid><description></description><pubDate>Wed, 08 Jul 2026 15:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p> </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/PSLAIFFJAJFRNGAPCVJJDCA3IU.jpg?auth=83d9349888839bc4ced7076b20a9a44f6149f986416602bf84893db8ace4da69&amp;smart=true&amp;width=1920&amp;height=1080" type="image/jpeg" height="1080" width="1920"><media:description type="plain"><![CDATA[La guerre des détroits aura bien lieu est une série d'été en six épisodes.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">L'Express - Shutterstock</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Détroit de Taïwan : le passage maritime qui pourrait faire vaciller le monde]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/detroit-de-taiwan-le-passage-maritime-qui-pourrait-faire-vaciller-le-monde-OERDYBXEKBBVNDOIH7E3Z7JX3A/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/detroit-de-taiwan-le-passage-maritime-qui-pourrait-faire-vaciller-le-monde-OERDYBXEKBBVNDOIH7E3Z7JX3A/</guid><dc:creator><![CDATA[Cyrille Pluyette]]></dc:creator><description></description><pubDate>Wed, 08 Jul 2026 15:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>A croire que cela tourne à l’obsession. Chaque année, les exercices militaires chinois simulant <a href="https://www.lexpress.fr/monde/asie/taiwan-ce-que-lon-sait-des-exercices-militaires-chinois-visant-un-encerclement-total-de-lile-2E4YQXGIGZFHBHKWEP36RHSPCQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/asie/taiwan-ce-que-lon-sait-des-exercices-militaires-chinois-visant-un-encerclement-total-de-lile-2E4YQXGIGZFHBHKWEP36RHSPCQ/">un encerclement de Taïwan</a> deviennent plus réalistes… et menaçants. Lors de l’opération "Mission Justice 2025", fin décembre, une trentaine de navires de guerre et de garde-côtes entourent l’archipel, soutenu par 130 avions et drones. Le lendemain, les tirs réels s'enchaînent. Jamais des roquettes n'étaient tombées aussi près de l'île principale, au large des ports de Keelung (nord) et Kaohsiung (sud-ouest). </p><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/XRAQUIAG6FA6BDTKL7WK7RQQ7M.jpg?auth=baedeef4ce0801ec582fa6ba3120df1c0ba233f5dca01b5334213d8c7046aa8f&smart=true&width=2876&height=2084" alt="" height="2084" width="2876"/></figure><p>Les Taïwanais redoutent désormais que Pékin, qui considère leur territoire comme sien et s'est juré de le "réunifier" avec le continent, ne déclenche un véritable blocus. Une hypothèse jugée bien plus crédible qu’une invasion. Selon la plupart des experts, la Chine n'est en effet pas prête pour une attaque amphibie, d’une complexité inouïe. Un débarquement nécessiterait des centaines de milliers de soldats et une coordination étroite entre des forces navales, aériennes et terrestres qui n’ont pas combattu depuis 1979 (contre le Vietnam). La flotte devrait d’abord traverser sous le feu taïwanais un détroit aux eaux agitées, que les marins chinois de l'ère Qing appelaient le "fossé d'eau noire" - un dicton avertissait alors que "sur dix qui partent, six meurent". Elle ne pourrait guère compter sur ses sous-marins, faute de profondeur (60 mètres en moyenne). Ensuite, les seuls lieux de débarquements - une douzaine de plages étroites - seraient farouchement défendus. </p><h2>Un blocus coûterait 5 000 milliards de dollars</h2><p>Un blocus exploiterait en revanche la grande faiblesse de Taïwan : l’île importe la quasi-totalité de son énergie, dont d’immenses quantités de gaz naturel liquéfié. En cas de crise durable, le territoire serait paralysé en quelques semaines. A commencer par <a href="https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/tsmc-le-bouclier-de-taiwan-et-si-lavenir-de-lile-dependait-de-son-fleuron-YBBDE54FTJCS7ONRODG3NIXJ6I/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/tsmc-le-bouclier-de-taiwan-et-si-lavenir-de-lile-dependait-de-son-fleuron-YBBDE54FTJCS7ONRODG3NIXJ6I/">le leader mondial des semi-conducteurs, TSMC</a>, qui pèse plus de 40% de la Bourse taïwanaise. L’onde de choc se répercuterait sur toute l’économie mondiale, tant Taïwan occupe une place centrale dans les chaînes d’approvisionnement. </p><p>Au total, un blocus, suivi de sanctions, entraînerait une perte de 5 000 milliards de dollars la première année, soit 5 % du PIB mondial, selon Bloomberg. L’île fabrique en effet plus de 90 % des semi-conducteurs les plus avancés de la planète. </p><p>Le secteur de l'électronique et de l'informatique serait frappé de plein fouet, comme l'automobile, tandis que la révolution de l'IA serait coupée dans son élan. Une telle crise fermerait aussi l’une des principales routes maritimes du globe : large de 130 à 200 km, le détroit voit transiter plus de 20% du commerce maritime mondial. Obligées d'emprunter des routes plus longues, les compagnies de fret seraient lourdement pénalisées. Le Japon et la Corée du Sud, dont les chaînes électroniques sont imbriquées avec celles de Taïwan, souffriraient aussi, de même que l'Asie du Sud-Est, l'UE et les Etats-Unis. Paradoxalement, après Taïwan, c'est la Chine, grand importateur de semi-conducteurs taïwanais, qui serait la plus touchée (-8,9 % de son PIB en un an, selon Bloomberg). La facture serait encore plus lourde si Washington ripostait par un contre-blocus visant ses ports. </p><p>Plutôt qu'un blocus, la Chine pourrait recourir à une stratégie plus ambiguë, en décrétant une quarantaine. Le principe ? Des dizaines de bateaux de garde-côtes bloqueraient les accès aux ports de l’île avec des mesures d’inspection de navires, sous prétexte d'un contrôle sanitaire. Pékin évoquerait une opération de police intérieure, plus difficile à qualifier d’acte de guerre, ce qui compliquerait la réaction de Taïwan et de ses partenaires. Preuve que la Chine s’entraîne à ce scénario, elle a organisé en juin dernier une "opération spéciale de police maritime" à l’est de Taïwan, au cours de laquelle elle dit avoir inspecté près de 200 navires. </p><h2>"Saturer l'espace maritime de navire civils"</h2><p>Autre possibilité, mettre à contribution des bateaux de pêche cornaqués par l'armée. Fin décembre, quelque 2 000 embarcations se sont ainsi regroupées dans la mer de Chine orientale, au nord-est de Taïwan. "Avant d'envisager un blocus militaire, Pékin pourrait saturer l’espace maritime de navires civils, afin d’empêcher tout mouvement vers et depuis Taïwan", avance Kieran O'Leary, directeur du rensignement et de l'analyse au cabinet Emergent Risk International.</p><p>Xi Jinping ira-t-il jusqu'au bras de fer avec Washington ? C’est peu probable à court terme. "La crise du détroit d'Ormuz devrait inciter les Chinois à la prudence, car elle a prouvé que tout blocus entraîne un risque d'escalade, estime Mathieu Duchâtel, directeur du programme Asie à l’institut Montaigne. On voit mal les Taïwanais accepter de se laisser étouffer sans rien faire, et les Etats-Unis ne pas leur apporter de soutien logistique. Une telle opération pourrait donc conduire à ce que les Chinois redoutent le plus : un conflit long". "Taïwan utiliserait sans doute des mines marines, ainsi que des drones aériens, navals et sous-marins, confirme Ou Si-fu, chercheur à l'Institut de recherche sur la défense et la sécurité nationales, à Taipei. Objectif : perturber les opérations chinoises et inciter d’autres pays, comme les Etats-Unis ou le Japon, à nous aider."</p><p>Or "l’empereur rouge" veut éviter tout remous jusqu’à son élection pour un quatrième mandat, lors du 21<sup>e</sup> congrès du Parti communiste chinois (PCC), à l’automne 2027. "Il ne tentera rien jusqu’à la présidentielle taïwanaise, en janvier 2028. Ensuite, selon l'issue du scrutin, on verra si le curseur se déplace vers une option coercitive - si le Parti Démocrate progressiste [DPP], au pouvoir depuis 2016 et adepte d'une ligne ferme avec Pékin, le conserve - ou vers une reprise des échanges entre les deux rives, si le parti d’opposition Kuomintang [KMT], favorable au dialogue avec la Chine, l'emporte", résume Mathieu Duchâtel. </p><blockquote><p>La Chine noyaute la société taïwanaise afin que Taïwan capitule sans combattre. Cette menace est plus immédiate qu’un blocus ou un débarquement</p><p class="citation">Ou Si-fu, Chercheur à l'Institut de recherche sur la défense et la sécurité nationales</p></blockquote><h2>En pleine guerre froide, l'option de la guerre nucléaire </h2><p>Pour l'heure, pas question pour Xi Jinping de revivre une confrontation avec l'Amérique, même si le rapport de force s’est rééquilibré. Dans les années 1950, deux crises entre Pékin et Washington mirent la zone au bord du chaos atomique. A la suite de leur défaite contre les troupes communistes de Mao Zedong, les nationalistes de Tchang Kaï-chek, repliés à Taïwan depuis 1949, contrôlent aussi une poignée d’îles bordant la côte chinoise. En septembre 1954, la République populaire commence à bombarder Kinmen, puis s’empare en janvier 1955 de Yijiangshan, un îlot rocheux, dont le commandant défait se suicide à la grenade. </p><p>Après la perte de ce rempart, près de 30 000 combattants et civils évacuent les îles Dachen, toutes proches, avec l’aide de la VIIe flotte américaine. La crise monte encore d'un cran : le 15 mars, le secrétaire d’Etat John Foster Dulles déclare que les Etats-Unis sont prêts à employer des armes nucléaires tactiques. Le lendemain, le président Eisenhower confirme que, contre une cible militaire, il ne voit "aucune raison pour que [celles-ci] ne soient pas utilisées comme on utiliserait une balle". Fait notable, c’est pendant cette crise que Mao décide de lancer son programme nucléaire. Après une période de relative accalmie, Pékin reprend un bombardement intensif de Kinmen en août 1958. De son côté, Washington apporte un soutien logistique et militaire à Taïwan. A nouveau, plusieurs haut gradés poussent pour l’utilisation de l’arme nucléaire contre la Chine, comme l'a révélé le <a href="https://www.nytimes.com/2021/05/22/us/politics/nuclear-war-risk-1958-us-china.html" target="_blank" rel="nofollow" title="https://www.nytimes.com/2021/05/22/us/politics/nuclear-war-risk-1958-us-china.html"><i>New York Times</i></a> en 2021. Eisenhower refuse. </p><p>La troisième crise majeure éclate à l'été 1995. En représailles à la visite du président taïwanais Lee Teng-hui aux Etats-Unis, la Chine déclenche des tirs de missiles et des exercices militaires dans le détroit, qui s'intensifient en mars 1996, à la veille de la première élection présidentielle taïwanaise au suffrage direct. Bill Clinton envoie deux porte-avions au large de Taïwan – le plus important déploiement militaire américain en Asie depuis la guerre du Vietnam. Une humiliation pour Pékin. Et un déclic : la Chine comprend qu’il lui faut des armées capables de tenir à distance l’US Navy. </p><p>Quarante ans plus tard, elle entend dicter ses règles sur le dossier de Taïwan. Et exerce pour cela une pression tous azimuts. En plus du harcèlement militaire constant, le Front uni, un appareil tentaculaire du PCC, multiplie les opérations d’influence : il soutient les élus locaux favorables à un rapprochement, infiltre les communautés d’affaires, subventionne des influenceurs. Et participe aussi aux opérations de désinformation et de guerre cognitive. Le message ? La "réunification" est inéluctable, les Etats-Unis abandonneront Taïwan. "Tout est fait pour décrédibiliser le gouvernement du DPP, afin de donner aux Taïwanais un sentiment d’insécurité et les convaincre de voter pour le KMT, dans le but d'éviter une guerre", souligne Jean-Pierre Cabestan, chercheur à l’Asia Centre de Paris. En avril, à Pékin, Xi Jinping a d'ailleurs reçu la présidente du Kuomintang, Cheng Li-wun - première rencontre entre des chefs du PCC et du KMT en dix ans. "La Chine, par des moyens pacifiques, noyaute la société taïwanaise, notamment notre Parlement, afin que Taïwan capitule sans combattre. Cette menace est plus immédiate qu’un blocus ou un débarquement", alerte le chercheur Ou Si-fu. </p><p>Le Front Uni insiste aussi sur la culture commune qui unirait les deux rives. La réalité historique, et surtout politique, est plus complexe, tant l'île a connu des influences diverses. Les premiers habitants, des Austronésiens – dont descendent les aborigènes taïwanais - arrivent du continent chinois au Néolithique. Côté Européens, les Portugais cartographient le détroit dès les années 1540 — ils baptisent l'île Ilha Formosa ("belle île"). Mais ce sont les colonisateurs hollandais qui, pour cultiver la canne à sucre et le riz, déclenchent au XVIIe siècle les premières migrations massives de paysans chinois. L'île est ensuite conquise par la dynastie Qing en 1683, puis colonisée par les Japonais de 1895 à 1945, avant d'être administrée par la République de Chine de Tchang Kaï-Tchek. Aujourd’hui, 63 % des habitants se considèrent comme Taïwanais, 31 % se disent à la fois Taïwanais et Chinois, et seuls 2,5 % revendiquent une identité chinoise. </p><p>Parallèlement, la Chine tente de décourager le soutien américain à Taïwan, agitant le spectre d'un "conflit" avec les Etats-Unis. Avec un certain succès : de retour de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/donald-trump-en-chine-des-sourires-et-un-avertissement-de-xi-jinping-sur-taiwan-V6MIOM7PS5G2ZOOA2VJQPR2HK4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/donald-trump-en-chine-des-sourires-et-un-avertissement-de-xi-jinping-sur-taiwan-V6MIOM7PS5G2ZOOA2VJQPR2HK4/">sa visite à Pékin, en mai, Donald Trump</a>, a gelé une vente d’armes de 14 milliards de dollars à Taipei. Le risque ? Que Pékin dispose à l'avenir d’un droit de regard sur toute livraison d’équipement militaire à Taïwan, dont l'absorption par la Chine aurait des conséquences géopolitiques incalculables. Une démocratie sinophone vivante disparaîtrait et l’architecture de sécurité de la région serait bouleversée. Taïwan fait partie de la "première chaîne d’îles", qui va du Japon à Bornéo, compliquant l’accès de la Chine à l’océan Pacifique. Sa chute menacerait le Japon, les Philippines et la Corée du Sud. Et fragiliserait la présence américaine dans l’Indo-Pacifique. Certes, leur Stratégie de sécurité nationale prévoit de "repousser toute agression, où qu'elle survienne, dans la première chaîne d'îles". Mais est-il certain que les Etats-Unis interviendraient, au moins pour escorter des bateaux de ravitaillement ou instaurer un pont aérien ? "Taïwan est à 9 500 miles [de nous]" et à seulement "68 miles de la Chine", avait lâché le candidat Trump en 2024, laissant planer un doute sur sa détermination à défendre l'île. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/4KH4AACB3NGWRLY5G5FREP754Q.png?auth=5609c9512589a68fe6a812d1a63d0451fe325fb5ddcc74be990303edd9815745&amp;smart=true&amp;width=1920&amp;height=1080" type="image/png" height="1080" width="1920"><media:description type="plain"><![CDATA[Le détroit de Taïwan est au coeur des tensions entre la Chine et les Etats-Unis.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">Shutterstock - L'EXPRESS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Comment Donald Trump a dynamité le sommet de l'Otan]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/comment-donald-trump-a-dynamite-le-sommet-de-lotan-YZKWJ6XTTFFFVL2BMYWLUOAH24/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/comment-donald-trump-a-dynamite-le-sommet-de-lotan-YZKWJ6XTTFFFVL2BMYWLUOAH24/</guid><description></description><pubDate>Wed, 08 Jul 2026 13:08:20 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Les Européens s’attendaient à un sommet de l’Otan plutôt serein à Ankara, après tout le mal qu’ils se sont donné pour augmenter leurs dépenses de défense. C’est raté. Donald Trump a dynamité la rencontre ce mercredi en mettant brutalement sur la table une série de sujets de discorde transatlantique : le <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/groenland-explosifs-et-poches-de-sang-comment-le-danemark-sest-prepare-a-une-invasion-americaine-GFSQTIR2GZGSZEYQTBPHLIH2TM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/groenland-explosifs-et-poches-de-sang-comment-le-danemark-sest-prepare-a-une-invasion-americaine-GFSQTIR2GZGSZEYQTBPHLIH2TM/">Groenland</a>, l’Iran, le retrait des forces américaines d’Europe, le commerce…</p><p>En quelques phrases, l’irascible président américain a fait voler en éclat <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/sommet-de-lotan-les-europeens-en-meilleure-posture-face-a-donald-trump-NSCML4RPOFD3ZPHOHHA4Z5QPSA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/sommet-de-lotan-les-europeens-en-meilleure-posture-face-a-donald-trump-NSCML4RPOFD3ZPHOHHA4Z5QPSA/">les certitudes de ceux qui pensaient pouvoir l’apaiser en sortant leur carnet de chèques</a>. L’idée de renoncer à tenir un sommet de l’Otan l’an prochain a soudain gagné en popularité dans les rangs européens. Pour la première fois depuis longtemps, la déclaration finale du sommet, publiée à la fin de la rencontre mercredi, ne mentionne ni date ni lieu pour une prochaine rencontre entre chefs d’Etat et de gouvernement des 32 Etats membres. Le secrétaire général, Mark Rutte, a seulement précisé qu'elle aurait lieu "en Albanie".</p><p>Est-ce le début de la fin pour l’Alliance atlantique ? On n’en est pas là. Mais l’Otan sort affaiblie plutôt que renforcée d’une réunion qui était censée manifester son unité retrouvée à un moment crucial, alors que la menace russe sur son flanc oriental reste toujours aussi vive. Le sommet n'aura réussi qu’à prouver combien le fossé continuait à se creuser entre l’Amérique et ses alliés.</p><p>Il y a un an au sommet de La Haye, c’était l’inverse : Européens et Canadiens s’attendaient à une explosion de mauvaise humeur de Donald Trump ; ils l’avaient évité en faisant assaut de flagornerie envers l’Américain et en lui promettant qu’ils allaient doubler leurs dépenses de défense à l’horizon 2035. Cette année, ils sont arrivés à Ankara en se félicitant de les avoir déjà augmentées collectivement de 139 milliards de dollars l’an passé et en annonçant de nouveaux contrats d’achats d’armes pour quelque 50 milliards de dollars.</p><p>Une bonne partie de cette manne, la moitié voire un peu plus, va à l’industrie de défense américaine. Cela n’a pas suffi à calmer l’hôte de la Maison-Blanche, qui reproche à ses alliés, notamment l’Espagne mais aussi <a href="https://www.lexpress.fr/monde/face-aux-provocations-de-donald-trump-litalie-de-giorgia-meloni-fait-le-choix-de-lindifference-AS2NFGXWGBC3ZC2CITIQUQWV2A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/face-aux-provocations-de-donald-trump-litalie-de-giorgia-meloni-fait-le-choix-de-lindifference-AS2NFGXWGBC3ZC2CITIQUQWV2A/">l’Italie</a>, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, de ne pas l’avoir soutenu activement dans sa guerre contre la République islamique d’Iran cette année - alors qu’il a déclenché les hostilités, le 28 février, sans les consulter ni même les informer. Trump a annoncé <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-et-le-cessez-le-feu-en-iran-en-ce-qui-me-concerne-cest-termine-T3OR7EHT5BEE7EZ4JOEK4UX4BU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-et-le-cessez-le-feu-en-iran-en-ce-qui-me-concerne-cest-termine-T3OR7EHT5BEE7EZ4JOEK4UX4BU/">la fin de la trêve qu’il avait conclue avec l’Iran</a>, après que celui-ci a ciblé trois navires commerciaux cette semaine aux alentours du détroit d’Ormuz.</p><p>Plus grave pour les Européens, il a réaffirmé sa revendication sur le Groenland "qui devrait être contrôlé par les Etats-Unis et pas par le Danemark". Il a menacé de retirer l’ensemble des troupes américaines d’Europe, où elles sont quelque 80 000 aujourd’hui. Et il a décrété l’arrêt des importations américaines en provenance d’Espagne, gouvernée selon lui par "des gens mauvais, désespérants". "J’ai été très déçu par l’Otan", a-t-il dit. "Et franchement, si le sommet n’avait pas été organisé en Turquie, où <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/sommet-de-lotan-a-ankara-une-consecration-pour-recep-tayyip-erdogan-TSPYEIRG6RBF7ASEKZTCBZHTQE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/sommet-de-lotan-a-ankara-une-consecration-pour-recep-tayyip-erdogan-TSPYEIRG6RBF7ASEKZTCBZHTQE/">mon ami [le président Erdogan] est un dirigeant très fort</a>, je ne serais possiblement pas venu".</p><p>La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a vivement répliqué à Donald Trump. "Le Groenland n’est pas à vendre", a-t-elle dit à la presse. "Nous sommes un Etat souverain et nous attendons que chacun respecte notre intégrité territoriale et notre souveraineté. Nous sommes prêts à défendre chaque pouce du territoire de l’Otan, y compris notre propre territoire [..] Il est évident que nous défendrons le royaume du Danemark". Plusieurs dirigeants d’Europe du Nord lui ont apporté leur soutien publiquement. "Les affaires du Groenland sont entre les mains du royaume du Danemark et seulement de celui-ci", a affirmé le président finlandais Alexander Stubb.</p><p>Le président Trump "reste très critique de l’organisation et des pays européens et je le déplore", a déclaré le Premier ministre belge, Bart De Wever, qui a néanmoins tenu à relativiser : "Ça fait 80 ans qu’on dépend de l’Otan et des Etats-Unis pour notre sécurité et ce n’est pas parce qu’on a un président américain critique que ça va remettre en question l’existence de l’organisation."</p><p>Seul le dossier ukrainien est resté relativement épargné par la querelle transatlantique. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, convié à Ankara malgré le blocage de sa demande d’adhésion à l’Otan, devait rencontrer Donald Trump mercredi après-midi pour plaider une fois de plus pour des moyens antiaériens, afin de protéger la population civile ukrainienne des attaques indiscriminées de la Russie.</p><p>Dans leur déclaration finale, les Alliés ont affirmé que l’Ukraine "contribue à la sécurité transatlantique" en résistant à l’agression russe et ont réitéré leur soutien "à la liberté, la souveraineté et l’intégrité territoriale" du pays. Européens et Canadiens ont confirmé leur aide de 70 milliards d’euros à Kiev cette année et ont promis pour l’an prochain "des montants au moins équivalents". Une fois n’est pas coutume, et grâce à la résistance héroïque de l’armée ukrainienne sur le front, ce n’est pas Zelensky qui s’est attiré les foudres de Trump mercredi. Il n’empêche : les divisions de l’Otan étalées au grand jour à Ankara ne sont pas de nature à amener Vladimir Poutine à résipiscence.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/7UVZG3DUHBHAZIWFR65HBCQ5BI.jpg?auth=d5b975a6bd9c0ea78210d511c0cc7f4145538d794abdc4d073700d19b14e8b14&amp;smart=true&amp;width=6000&amp;height=4313" type="image/jpeg" height="4313" width="6000"><media:description type="plain"><![CDATA[Donald Trump au sommet de l'Otan, à Ankara, le 8 juillet 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">dpa/picture-alliance</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Frappes sur l’Iran : les troublantes failles du ciblage de l’armée américaine]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/frappes-sur-liran-les-troublantes-failles-du-ciblage-de-larmee-americaine-3ETXEYTMI5DM5MROE4422TA4B4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/frappes-sur-liran-les-troublantes-failles-du-ciblage-de-larmee-americaine-3ETXEYTMI5DM5MROE4422TA4B4/</guid><description></description><pubDate>Wed, 08 Jul 2026 10:33:07 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Que vaut une alerte si personne ne l’écoute ? <a href="https://edition.cnn.com/2026/07/07/politics/us-commanders-intelligence-iran-school" rel="">Selon CNN</a>, de hauts commandants américains auraient approuvé des frappes en Iran malgré des avertissements internes indiquant que certains renseignements étaient obsolètes. L’une de ces frappes, menée le 29 février à Minad, dans le sud du pays, a touché l’école Shajareh Tayyiba, alors que la cible visée était une installation voisine des Gardiens de la révolution, organisation paramilitaire chargée de protéger la République islamique d'Iran. Ces révélations interviennent alors que <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/frappes-americaines-en-iran-riposte-de-teheran-la-treve-vacille-au-moyen-orient-7MZRJXUANBC6ZKCHGKW3B6KVFQ/" rel="">Washington a de nouveau frappé l’Iran</a>, mardi 7 juillet, après des attaques contre des pétroliers dans <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-cinq-morts-dans-des-frappes-israeliennes-sur-le-sud-du-liban-malgre-lannonce-du-cessez-le-Q2RK3EITZJA4JPSO6FUJX5RRHQ/" rel="">le détroit d’Ormuz</a>. </p><p>Après la frappe meurtrière de février sur une école, les médias d’Etat iraniens avaient comptabilisé au moins 168 enfants et 14 enseignants tués. Si Washington a toujours affirmé ne pas viser les civils, une enquête militaire a été ouverte dans les jours suivant la frappe. Plusieurs mois plus tard, elle n’a toujours pas été rendue publique. La Maison-Blanche assure qu’elle est encore en cours, le Pentagone renvoie les questions au Commandement central, qui refuse de commenter pour la même raison. </p><p>Selon l'enquête de CNN, publiée mardi 7 juillet, l’affaire ne tient pas à une absence totale d’information. C’est même ce qui la rend embarrassante. Les alertes existaient, puisqu’elles figuraient dans les systèmes utilisés par l’armée américaine pour préparer ses listes de cibles <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-plus-dune-cinquantaine-de-bases-militaires-iraniennes-endommagees-dapres-la-bbc-35Z6A3AQIFDHHFMCBEXO2EDUKM/" rel="">de bases militaires</a>. Ces messages indiquaient que certains renseignements dataient de plusieurs années et devaient être revérifiés avant utilisation. Pour ajouter les sites concernés à la liste des frappes, l’approbation d’un officier supérieur était nécessaire. Trois sources citées par CNN affirment pourtant que ces avertissements ont été contournés. Deux d’entre elles évoquent une décision prise par souci de rapidité, au début de la guerre, lorsque les responsables militaires cherchaient à fournir rapidement des cibles. C’est la manière administrative de dire que la précipitation était assumée. </p><h3>Une école devenue cible</h3><p>Dans le cas de Minab, le problème tient à une évolution du site mal prise en compte. Des images satellites de 2013 montraient que l’école et l’installation des Gardiens de la révolution faisaient autrefois partie du même ensemble. Mais des images de 2016 montraient déjà qu’une clôture séparait l’école du reste du site, avec une entrée distincte. En décembre 2025, d’autres images faisaient apparaître des dizaines de personnes dans la cour de l'établissement. L’information était donc non seulement disponible, mais aussi visible. </p><p>Encore fallait-il qu’elle puisse correctement circuler. CNN cite deux outils au cœur du processus : le MIDB, ancienne base de ciblage du Pentagone, créée dans les années 1980, et MARS, une plateforme plus récente, appuyée sur l’intelligence artificielle, censée moderniser l’ensemble. Les deux systèmes sont toujours utilisés. Selon une source citée dans le même média, la transition vers MARS accuse du retard, tandis que les données de référence reposent encore largement sur MIDB. Un analyste avait bien relevé des changements sur le site dans un autre outil numérique. Mais cet outil n’était pas relié à la base officielle utilisée pour élaborer les frappes. L’information existait donc quelque part, en revanche, elle n’a pas pu être prise compte au moment de la décision.</p><p>La chronologie permet de comprendre comment le risque a augmenté. La frappe de Minab intervient le premier jour des opérations américaines contre l’Iran. Selon CNN, les militaires et les analystes tentaient alors de mettre à jour les renseignements concernant des milliers de sites, après la décision de Donald Trump de lancer les opérations. Les cibles jugées prioritaires ont été traitées en premier : sites mobiles, missiles, avions, installations considérées comme les plus dangereuses pour les forces américaines. Les sites fixes ont été classés plus bas dans l’ordre d’urgence, précisément parce qu’ils ne bougent pas. Le site de Minab appartenait donc à cette catégorie : il ne bougeait pas, certes, mais ses données, elles, avaient changé. </p><h3>Le problème des garde-fous</h3><p>Un autre élément apparaît dans l’enquête du CNN : l’affaiblissement des équipes chargées de limiter les dommages causés aux civils. Selon deux sources citées par la chaîne américaine, ces équipes étaient déjà en sous-effectif au Central Command et dans d’autres commandements, après des coupes décidées sous l’autorité du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth. Le programme de Civilian Harm Mitigation and Response (Atténuation des dommages aux civils et réponse) aurait vu ses effectifs fortement réduits. Au Central Command, l’équipe serait passée de dix personnes à un seul poste à temps plein. </p><p>Pete Hegseth a, à plusieurs reprises, défendu l’idée d’alléger certaines contraintes pesant sur les commandants afin d’accélérer l’action militaire. Sa formule, rapportée par CNN, tient en quelques mots : "maximum lethality, not tepid legality", soit "une létalité maximale, et non une légalité tiède". Une phrase qui a le mérite de ne pas être ambiguë, mais qui prend toutefois une autre résonance lorsqu’une enquête s’intéresse à une frappe ayant touché une école. À ce stade, les autorités américaines n’ont pas publié leurs conclusions. </p><p>CNN n'évoque pas une école volontairement visée, mais une chaîne de décision où les signaux d’alerte existaient, où les images les plus récentes racontent autre chose, et où la validation a tout de même suivi son cours. C’est moins spectaculaire qu’une erreur de tir, mais plus gênant pour une institution qui revendique la précision comme doctrine. Dans une opération militaire, aller vite peut être indispensable. Encore faut-il que la vitesse ne serve pas à contourner ce qui devait précisément ralentir la décision. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/UVYMWUPDRVCLZM3MWG6NZ2MV6I.jpg?auth=e7ebe973fc40ad5c770663a8cf57bd37533d500942a36c85f31c86c0f86a3db7&amp;smart=true&amp;width=4000&amp;height=2667" type="image/jpeg" height="2667" width="4000"><media:description type="plain"><![CDATA[Image d'illustration.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">UPI/MAXPPP</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Donald Trump et le cessez-le-feu en Iran : "En ce qui me concerne, c'est terminé"]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-et-le-cessez-le-feu-en-iran-en-ce-qui-me-concerne-cest-termine-T3OR7EHT5BEE7EZ4JOEK4UX4BU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-et-le-cessez-le-feu-en-iran-en-ce-qui-me-concerne-cest-termine-T3OR7EHT5BEE7EZ4JOEK4UX4BU/</guid><dc:creator><![CDATA[Luc de Barochez]]></dc:creator><description></description><pubDate>Wed, 08 Jul 2026 10:16:37 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Voici l’intégralité des déclarations du président américain Donald Trump au sommet de l’Otan ce jeudi 8 juillet à Ankara, annonçant sa décision de mettre un terme <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-nucleaire-sanctions-ce-que-contient-laccord-signe-par-donald-trump-avec-liran-LIZ74XX725E23DFXNOPIGWT3HQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-nucleaire-sanctions-ce-que-contient-laccord-signe-par-donald-trump-avec-liran-LIZ74XX725E23DFXNOPIGWT3HQ/">à l'accord qu’il a conclu le mois dernier avec l’Iran</a>. Sa déclaration a fait suite aux frappes iraniennes qui ont ciblé trois navires commerciaux près du détroit d'Ormuz et qui ont déclenché <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/frappes-americaines-en-iran-riposte-de-teheran-la-treve-vacille-au-moyen-orient-7MZRJXUANBC6ZKCHGKW3B6KVFQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/frappes-americaines-en-iran-riposte-de-teheran-la-treve-vacille-au-moyen-orient-7MZRJXUANBC6ZKCHGKW3B6KVFQ/">un nouveau cycle de violences réciproques</a> pendant la nuit.</p><p>Un journaliste interroge Trump : "Le cessez-le-feu est-il terminé, fini ? Le protocole d'accord est-il mort ?" Ce protocole, dit mémorandum d’Islamabad, a été approuvé le 17 juin, séparément, par le président iranien, Massoud Pezeshkian, et par Donald Trump. Le premier l’a signé à Téhéran et le second, le même soir, lors d'un dîner <a href="https://www.lexpress.fr/politique/apres-le-g7-et-versailles-emmanuel-macron-tire-son-double-bilan-WMMWMRI6HJFV3OXSWQ5PEU3BLE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/apres-le-g7-et-versailles-emmanuel-macron-tire-son-double-bilan-WMMWMRI6HJFV3OXSWQ5PEU3BLE/">offert par le président Emmanuel Macron au château de Versailles</a>, à la suite du G7 d’Evian.</p><p>Donald Trump répond au journaliste : "C'est une question très intéressante. Pour moi, je pense que c'est terminé. Je ne veux plus avoir affaire à eux [NDLR : les Iraniens], ce sont des ordures. Vous savez ce que sont des ordures ? Ce sont des ordures. Ce sont des gens malades. Ils sont dirigés par des gens malades. Et ce sont des gens vicieux, violents. Et s'ils avaient une arme nucléaire, ils l'utiliseraient. En ce qui me concerne, c'est terminé.</p><p>Je vais parler à nos négociateurs, ils veulent négocier, ce sont de bonnes personnes, Steve Witkoff, Jared Kushner. Mais ils doivent revenir vers moi. En ce qui me concerne, c'est une perte de temps de traiter avec eux [NDLR : les Iraniens]. Ce sont des menteurs.</p><p>On conclut un accord. Si je conclus un accord avec lui [il désigne de la main le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, assis à côté de lui], on a un accord. Il sort, il en parle. Nous [les Etats-Unis et l'Iran] concluons un accord, tout le monde est d'accord, pas d'arme nucléaire. On conclut un accord. Eux [les Iraniens] sortent, ils s’adressent à la presse, ils disent 'on n'en a même jamais parlé' [du nucléaire]. Il y a quelque chose qui ne va pas chez eux. Ils sont cinglés. En ce qui me concerne, c'est terminé."</p><p>Un journaliste demande ensuite à Trump si les pourparlers vont reprendre entre les négociateurs américains et leurs homologues iraniens. Le président américain répond : "Ça m'est égal, ils peuvent parler. Mais je pense qu'ils perdent leur temps. Ce sont une bande de menteurs."</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/PSDRUWUK4NAEPJN6BGXKNPO4XY.JPG?auth=a0585ff8b11ce0e29221beaf7f9131cac947f04908b93479b47fbf4d1f2efe87&amp;smart=true&amp;width=1872&amp;height=1248" type="image/jpeg" height="1248" width="1872"><media:description type="plain"><![CDATA[Donald Trump au sommet de l'Otan, à Ankara, le 8 juillet 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Marine Le Pen condamnée mais candidate à la présidentielle : "un risque considérable" vu de l'étranger ]]></title><link>https://www.lexpress.fr/politique/marine-le-pen-condamnee-mais-candidate-a-la-presidentielle-un-risque-considerable-vu-de-letranger-UJBAJOBX6JBMLNZ56PPOYI3LDE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/politique/marine-le-pen-condamnee-mais-candidate-a-la-presidentielle-un-risque-considerable-vu-de-letranger-UJBAJOBX6JBMLNZ56PPOYI3LDE/</guid><dc:creator><![CDATA[Julien Chabrout]]></dc:creator><description></description><pubDate>Wed, 08 Jul 2026 08:43:38 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>La famille Le Pen sera bien représentée à l’élection présidentielle. Marine Le Pen a <a href="https://www.lexpress.fr/politique/en-direct-proces-en-appel-du-rn-marine-le-pen-fixee-sur-son-ineligibilite-ZQYEOBO2ANG2JD3U3NG2E5COV4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/en-direct-proces-en-appel-du-rn-marine-le-pen-fixee-sur-son-ineligibilite-ZQYEOBO2ANG2JD3U3NG2E5COV4/">annoncé mardi 7 juillet sur TF1 sa candidature</a> pour le scrutin de 2027, dans la foulée de <a href="https://www.lexpress.fr/politique/rn/marine-le-pen-condamnee-pourquoi-elle-pourrait-quand-meme-se-presenter-a-la-presidentielle-KX7T6UNJ6ZEULCTC4QDATNVJUU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/rn/marine-le-pen-condamnee-pourquoi-elle-pourrait-quand-meme-se-presenter-a-la-presidentielle-KX7T6UNJ6ZEULCTC4QDATNVJUU/">sa condamnation</a> pour détournement de fonds publics par la Cour d'appel de Paris. La députée du RN <a href="https://www.lexpress.fr/politique/marine-le-pen-condamnee-quand-la-justice-fait-intelligemment-de-la-politique-Q5UTWHWVPVBFPIS2XTTL5XZ34M/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/marine-le-pen-condamnee-quand-la-justice-fait-intelligemment-de-la-politique-Q5UTWHWVPVBFPIS2XTTL5XZ34M/">a été condamnée en appel</a> à trois ans de prison, dont un an ferme aménageable sous surveillance électronique, et 45 mois d'inéligibilité dont 30 avec sursis, dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national, devenu Rassemblement national.</p><p>"J'ai été heureuse qu'on rende aux Français leur liberté de voter", a-t-elle dit à propos du jugement prononcé en appel. "Les Français seront juges car ils vont avoir la liberté de choisir, ce qui jusqu'ici n'était pas le cas."</p><p>La cheffe de file du RN a indiqué <a href="https://www.lexpress.fr/politique/marine-le-pen-comment-son-pourvoi-en-cassation-pourrait-se-retourner-contre-elle-WLXGZCI5KBBVBHF7SDRI3VI23M/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/marine-le-pen-comment-son-pourvoi-en-cassation-pourrait-se-retourner-contre-elle-WLXGZCI5KBBVBHF7SDRI3VI23M/">qu'elle allait se pourvoir en cassation</a>. "J'ai les mains propres et je me pourvois en cassation pour le démontrer", a-t-elle déclaré au 20H de TF1. "Je veux aller au bout des voies de recours qui me sont offertes pour défendre mon innocence dans ce dossier." Elle a justifié sa candidature : "J’avais indiqué que je ne ferai pas campagne sous bracelet électronique. Mais comme j’ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation (...) et que le pourvoi suspend les effets de l’arrêt, je ferai campagne sans bracelet électronique", a précisé la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, persuadée qu'elle n'aura pas à faire campagne sous bracelet électronique, et qui a dix jours pour se pourvoir en cassation.</p><h2>Une "stratégie risquée"</h2><p>La décision prise par Marine Le Pen de se lancer dans la course à l'Elysée prise à l'issue d'une longue réunion avec les cadres du parti mardi après-midi est jugée audacieuse, voire dangereuse, par la presse étrangère. "Elle a décidé de se lancer, au prix d'un risque considérable", <a href="https://www.lavanguardia.com/internacional/20260707/11586531/le-pen-condenada-queda-claro-sera-candidata-eliseo.html" target="_self" rel="" title="https://www.lavanguardia.com/internacional/20260707/11586531/le-pen-condenada-queda-claro-sera-candidata-eliseo.html">estime le quotidien espagnol <i>La Vanguardia</i></a>. "Marine Le Pen a pris un risque avec son dernier appel", <a href="https://www.politico.eu/article/live-blog-marine-le-pen-verdict/" target="_self" rel="" title="https://www.politico.eu/article/live-blog-marine-le-pen-verdict/">abonde Politico</a>. "Si elle avait accepté la décision d'aujourd'hui, sa peine aurait théoriquement pu être réduite à six mois pour bonne conduite", explique ce site spécialisé sur la politique.</p><p><a href="https://www.ft.com/content/82523acf-a51d-4e6a-bb19-60d0c7899b6d" target="_self" rel="" title="https://www.ft.com/content/82523acf-a51d-4e6a-bb19-60d0c7899b6d">Le <i>Financial Times</i> (<i>FT</i>)</a> est sur la même longueur d'onde. "La décision de Marine Le Pen de rester dans la course à la présidence tout en faisant appel de sa condamnation pour détournement de fonds est une stratégie risquée qui pourrait finalement profiter à ses adversaires traditionnels, largement distancés par elle dans les sondages", juge le <i>FT</i>. Pour le quotidien britannique, ce choix "risque de transformer sa campagne en une lutte à la Trump contre un système judiciaire prétendument politisé et les autres institutions du pays, plutôt qu'en une critique des échecs des dix années de pouvoir d'Emmanuel Macron, ce qui l'éloignerait des électeurs plus modérés dont elle aurait besoin pour remporter le second tour de l'élection". Par ailleurs, cette décision "pourrait bouleverser la campagne du RN à la dernière minute si la Cour de cassation confirmait sa condamnation au bracelet électronique au début de l'année prochaine".</p><p>Pour Politico, la décision de Marine Le Pen de faire appel de sa condamnation devant la plus haute juridiction française "soulève des questions qui n'ont pas de réponses rapides". Si la Cour de cassation confirme sa condamnation avant <a href="https://www.lexpress.fr/politique/presidentielle-2027-pourquoi-les-dates-de-lelection-sont-encore-critiquees-OFVPMR7G6RFUTOGSTYTP6TNBAA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/presidentielle-2027-pourquoi-les-dates-de-lelection-sont-encore-critiquees-OFVPMR7G6RFUTOGSTYTP6TNBAA/">le premier tour de l'élection présidentielle</a> le 18 avril, elle "pourrait se retrouver assignée à résidence dans les derniers jours de la campagne présidentielle", prévient Politico. Si, "comme cela est plus probable, la Cour de cassation confirme les condamnations et le bracelet électronique, Marine Le Pen pourra invoquer la proximité des élections et la perturbation de la vie démocratique. Elle s'exposera certainement aux attaques de ses adversaires", indique de son côté le quotidien italien <a href="https://www.corriere.it/esteri/26_luglio_07/le-pen-mi-candido-no-braccialetto-6f4e5956-aabd-4aa1-8ff2-a685d03f8xlk.shtml?refresh_ce" target="_self" rel="" title="https://www.corriere.it/esteri/26_luglio_07/le-pen-mi-candido-no-braccialetto-6f4e5956-aabd-4aa1-8ff2-a685d03f8xlk.shtml?refresh_ce"><i>Corriere della Sera</i></a>.</p><h2>Une campagne inhabituelle</h2><p>Le RN pourrait pâtir politiquement de cette décision. "Elle place son électorat dans une situation délicate", estime <a href="https://elpais.com/internacional/2026-07-07/marine-le-pen-sera-candidata-en-2027-pese-a-estar-condenada-y-llevar-un-brazalete-electronico.html" target="_self" rel="" title="https://elpais.com/internacional/2026-07-07/marine-le-pen-sera-candidata-en-2027-pese-a-estar-condenada-y-llevar-un-brazalete-electronico.html"><i>El Pais</i></a>. "Son discours sur la loi, l'ordre et la moralité aura-t-il encore le moindre poids alors qu'il attend une condamnation définitive dans une affaire de détournement de fonds publics ?" s'interroge le quotidien espagnol, ajoutant que la volonté de la cheffe de file du RN de se présenter "mine également la confiance envers son successeur désigné", <a href="https://www.lexpress.fr/politique/jordan-bardella-marine-le-pen-la-guerre-des-clans-a-commence-GPQVNWAFWJBHBCZMH7SVMKRUGI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/jordan-bardella-marine-le-pen-la-guerre-des-clans-a-commence-GPQVNWAFWJBHBCZMH7SVMKRUGI/">Jordan Bardella</a>, qui se préparait depuis un an et demi à prendre la relève, et qui formera un "ticket" avec elle. </p><p>Dans ce contexte, la campagne présidentielle pourrait s'annoncer inédite, en tout cas très inhabituelle, relèvent plusieurs médias étrangers. La candidature de Marine Le Pen "ouvre la voie à une quatrième campagne sans précédent : la possibilité de solliciter des votes tout en étant sous surveillance et avec un juge susceptible de décider comment et pendant combien de temps la sanction sera appliquée", note <a href="https://apnews.com/article/france-le-pen-macron-bardella-verdict-election-dcd2a305d01a87f13f1d7c81dffeee90" target="_self" rel="" title="https://apnews.com/article/france-le-pen-macron-bardella-verdict-election-dcd2a305d01a87f13f1d7c81dffeee90">Associated Press News</a>. Pour <a href="https://www.economist.com/europe/2026/07/07/marine-le-pen-is-running-for-the-french-presidency" target="_self" rel="" title="https://www.economist.com/europe/2026/07/07/marine-le-pen-is-running-for-the-french-presidency"><i>The Economist</i></a>, la candidature de la dirigeante d'extrême droite, "avec la perspective qu'elle fasse campagne assignée à résidence et muni d'un bracelet électronique, plonge la France en terrain totalement inconnu". </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/2LSWRVMY7ZEDLONCFV3RGMT2HU.JPG?auth=6385fd9a1dbca9d931ef4ce64ea6dba6726dfd4e79c3a9bb9905df38f9fd8622&amp;smart=true&amp;width=5778&amp;height=3851" type="image/jpeg" height="3851" width="5778"><media:description type="plain"><![CDATA[Marine Le Pen, députée du Rassemblement national (RN), quittant le palais de justice de Paris après le verdict de son procès en appel sur l'affaire des assistants parlementaires du FN.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS/Benoit Tessier</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Frappes américaines en Iran, riposte de Téhéran : la trêve vacille au Moyen-Orient ]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/frappes-americaines-en-iran-riposte-de-teheran-la-treve-vacille-au-moyen-orient-7MZRJXUANBC6ZKCHGKW3B6KVFQ/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/frappes-americaines-en-iran-riposte-de-teheran-la-treve-vacille-au-moyen-orient-7MZRJXUANBC6ZKCHGKW3B6KVFQ/</guid><description></description><pubDate>Wed, 08 Jul 2026 08:39:09 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>L'armée américaine a mené, mardi 7 juillet, de nouvelles frappes <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/">en Iran</a> après avoir suspendu plus tôt dans la journée l'autorisation temporaire accordée à Téhéran de vendre son pétrole dans le cadre du protocole d'accord signé le mois dernier par les deux pays, dont Donald Trump a jugé mercredi qu'il était "terminé".</p><p>Le Commandement central de l'armée américaine (Centcom) a annoncé avoir lancé une série de frappes en "réponse" aux attaques imputées à Téhéran de trois pétroliers près du détroit d'Ormuz. "L'agression de l'Iran était injustifiée, dangereuse et une violation évidente du cessez-le-feu", a écrit le Centcom sur le réseau social X.</p><p>Les médias iraniens ont rapporté que plusieurs explosions avaient visé les ports de Sirik et Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran, ainsi que l'île de Qeshm, sans fournir davantage de détails. Le commandement central américain a déclaré que plus de 60 petites embarcations du Corps des Gardiens de la révolution islamique figuraient parmi les cibles touchées.</p><p>Un responsable américain a déclaré à Reuters que l'armée avait visé les systèmes de défense aérienne, des systèmes de surveillance côtière, des missiles et des sites de lancement de drones en Iran lors des dernières frappes qu'elle a effectué.</p><h3>Bahreïn et le Koweït visés</h3><p>En réponse, les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré mercredi avoir ciblé des sites militaires américains à Bahreïn et au Koweït. Dernier coup porté au <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-au-moyen-orient-liran-et-les-etats-unis-conviennent-de-suspendre-leurs-attaques-BJO5TG4KZFF7NLQJES4GTJWZB4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-au-moyen-orient-liran-et-les-etats-unis-conviennent-de-suspendre-leurs-attaques-BJO5TG4KZFF7NLQJES4GTJWZB4/">fragile accord de cessez-le-feu</a>, les Iraniens assurent avoir mené une opération conjointe constituée de missiles et de drones contre des sites militaires clés à Bandar Salman, dans le cinquième district naval de Bahreïn, et sur la base aérienne Ali Al Salem au Koweït, et avoir abattu un drone américain MQ9 qui tentait d'interférer dans l'opération. Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti à Bahreïn et au Koweït, ont indiqué des responsables. L'armée koweïtienne a déclaré que sa défense aérienne a fait face à des attaques de missiles et de drones "hostiles".</p><p>Le commandement militaire suprême iranien, le quartier général central Khatam al-Anbiya, a condamné les frappes américaines évoquant un "acte d'agression flagrant", a menacé d'une "riposte écrasante" et averti que Téhéran ne permettrait pas aux Etats-Unis de s'ingérer dans la gestion du détroit d'Ormuz.</p><p>Le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, haut négociateur iranien, a accusé les Etats-Unis de violer l'accord de cessez-le-feu. Il a cité non seulement les dernières frappes militaires américaines, mais aussi le rétablissement des sanctions pétrolières, les violations des "ajustements" iraniens dans le détroit d'Ormuz et les attaques israéliennes contre le Liban.</p><h2>Le cessez-le-feu avec l’Iran est "terminé", selon Donald Trump</h2><p>Lors du sommet de l'Otan à Ankara, Donald Trump a jugé que le protocole d'accord signé le mois dernier par Washington et Téhéran "était mort". "Je pense que c'est terminé", a déclaré le président américain, ajoutant ne plus vouloir discuter avec les Iraniens. "Ce sont des malades", a-t-il dit.</p><p>Ces incidents illustrent la fragilité de la trêve, alors que les Etats-Unis ont révoqué mardi l'autorisation provisoire accordée à l'Iran pour vendre son pétrole. Quelques heures auparavant, trois pétroliers ont été touchés dans le détroit d'Ormuz - dont le navire qatari <i>Al Rekayyat </i>(chargé de GNL).Téhéran utilise les attaques contre des navires pour peser dans <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/ces-desaccords-internes-en-iran-qui-menacent-les-negociations-avec-les-etats-unis-RC3XUACOPBCINA73J72KZBOAJ4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/ces-desaccords-internes-en-iran-qui-menacent-les-negociations-avec-les-etats-unis-RC3XUACOPBCINA73J72KZBOAJ4/">les négociations</a> en vue d'un accord de paix à long terme avec les Etats-Unis.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/S2Z54SKKXFFPHJPJTFGNOEKPJU.JPG?auth=76d9d9aa4bcfadee25426b50946a7ae2ee7f6b4d73fbe2d145e2db7b2c511a5d&amp;smart=true&amp;width=5120&amp;height=2880" type="image/jpeg" height="2880" width="5120"><media:description type="plain"><![CDATA[Un responsable américain a déclaré à Reuters que les frappes visaient les systèmes de défense aérienne iraniens , les systèmes de surveillance côtière, les missiles sol-air, les missiles de croisière antinavires et les sites de lancement de drones.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Malouines : derrière le feu mal éteint de la guerre, des enjeux géostratégiques vertigineux]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/malouines-derriere-le-feu-mal-eteint-de-la-guerre-des-enjeux-geostrategiques-vertigineux-42NJE3XET5HCHGVD4KVO7OGQIU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/malouines-derriere-le-feu-mal-eteint-de-la-guerre-des-enjeux-geostrategiques-vertigineux-42NJE3XET5HCHGVD4KVO7OGQIU/</guid><description></description><pubDate>Wed, 08 Jul 2026 05:30:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Un demi-siècle, ou presque, après la guerre des Malouines, l’archipel britannique du même nom demeure un sujet hautement inflammable <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/le-pire-est-passe-en-argentine-javier-milei-promet-de-lever-le-pied-sur-les-mesures-dausterite-3FE7VN376BDQ3BR5WJKGEWEME4/?auth=99a4a2ce6b" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/le-pire-est-passe-en-argentine-javier-milei-promet-de-lever-le-pied-sur-les-mesures-dausterite-3FE7VN376BDQ3BR5WJKGEWEME4/?auth=99a4a2ce6b">en Argentine.</a> Il aura suffi de la révélation, en avril, d’un courriel interne <a href="https://www.lexpress.fr/monde/le-pentagone-au-coeur-dune-polemique-apres-le-recrutement-dun-ancien-emeutier-du-capitole-BZ3CLBSZEFFAPPYDZBL4SEMTOE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/le-pentagone-au-coeur-dune-polemique-apres-le-recrutement-dun-ancien-emeutier-du-capitole-BZ3CLBSZEFFAPPYDZBL4SEMTOE/">au Pentagone</a> pour réveiller le souvenir traumatique de la défaite militaire face à la Royal Navy, en juin 1982. Et raviver l’espoir jamais éteint d’une reconquête des Malvinas, le nom espagnol de cet archipel perdu et venteux, composé de deux grandes îles, quelques pubs anglais, 3 600 habitants - les "Kelpers" - et d'un million de manchots.</p><p>Dans cet e-mail rédigé par Elbridge Colby, sous-secrétaire à la Défense de la Maison-Blanche, on peut lire que les Etats-Unis n'excluent pas de revoir leur soutien diplomatique aux "possessions impériales" européennes. L’objectif ? Punir les pays du Vieux Continent pour leur manque de soutien à <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/">la guerre américano-israélienne en Iran.</a> La note mentionne explicitement les Iles Falklands (le nom anglais des Malouines), ce qui vise directement <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/royaume-uni-keir-starmer-demissionne-et-maintenant-S3O5LEQ3QND7TEYWD3K2LLX4JU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/royaume-uni-keir-starmer-demissionne-et-maintenant-S3O5LEQ3QND7TEYWD3K2LLX4JU/">le Premier ministre britannique Keir Starmer</a> - qui a démissionné depuis -, accusé à l'époque par Donald Trump de n’être "pas d'une grande aide" malgré la "relation spéciale" qui unit Londres et Washington depuis Winston Churchill. </p><h2>Milei saute sur l'occasion </h2><p>Après la fuite du "mémo" d'Elbridge Colby dans la presse, le président argentin <a href="https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/javier-milei-et-le-patronat-argentin-les-coulisses-dune-operation-seduction-R3OYW5JVONECRD7AOIR2V4O2AQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/javier-milei-et-le-patronat-argentin-les-coulisses-dune-operation-seduction-R3OYW5JVONECRD7AOIR2V4O2AQ/">Javier Milei</a> – fervent soutien de Washington et de Tel-Aviv– déclarait qu'il faisait "tout ce qui est humainement possible" pour récupérer les Malouines, se félicitant de ces nouveaux "soutiens inédits". Pour le président libertarien en perte de popularité, il s’agissait surtout de faire oublier ses faux pas sur ce dossier hautement sensible. Depuis son arrivée au pouvoir en 2023, il a en effet exprimé maintes fois son admiration <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/vous-francais-auriez-bien-besoin-dune-margaret-thatcher-par-rainer-zitelmann-GMNR6AETYNDMNCXSP6V2MEJ2OQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/vous-francais-auriez-bien-besoin-dune-margaret-thatcher-par-rainer-zitelmann-GMNR6AETYNDMNCXSP6V2MEJ2OQ/">pour Margaret Thatcher,</a> qu’il considère "brillante".… alors que la Dame de fer britannique est précisément l'incarnation de l’humiliation subie par l’Argentine en 1982. L’an dernier, Javier Milei s’était même aligné sur Londres en s’exprimant en faveur de l’autodétermination des "Kelpers", tout en disant espérer que ces derniers "préfèrent être argentins". Hypothèse improbable : en mars 2013, les insulaires avaient voté à 99,8% en faveur du maintien sous le pavillon de l'Union Jack.</p><p>Et pour cause : situé à 460 kilomètres des côtes argentines, l'archipel, peuplé de pêcheurs et d'éleveurs de moutons, vit en partie grâce à l’activité de Mount Pleasant, la base de <a href="https://www.lexpress.fr/secret-defense/aujourdhui-leurope-ne-peut-pas-se-defendre-seule-le-constat-inquietant-dun-ex-haut-grade-britannique-DALWZCAYUZDSJGE35AMPJQJT4Q/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/secret-defense/aujourdhui-leurope-ne-peut-pas-se-defendre-seule-le-constat-inquietant-dun-ex-haut-grade-britannique-DALWZCAYUZDSJGE35AMPJQJT4Q/">la Royal Air Force</a> située à 35 kilomètres de Port Stanley, la capitale. "Depuis la fin du conflit, le Royaume-Uni n’a cessé d’augmenter son déploiement militaire, avec des avions de combat de dernière génération, des systèmes de défense antiaérienne de pointe, des déploiements navals et des exercices militaires", dénonce l’expert en relations internationales Luciano Anzelini. Pour cet ancien directeur national de la Planification et de la stratégie au ministère de la Défense argentin, la présence militaire britannique vise tout simplement "à maintenir une occupation coloniale qui enfreint le droit international", dit-il en invoquant une résolution des Nations Unies de 1965, invitant les deux parties à trouver une solution par la voie diplomatique.</p><p>La revendication des "Islas Malvinas" constitue l’axe principal de la diplomatie argentine. Elle figure même dans la Constitution comme un objectif "permanent et non négociable du peuple argentin". Buenos Aires estime qu’elle a hérité des îles espagnoles après son indépendance en 1816 et que sa prise de contrôle par la Grande-Bretagne en 1833 relève d'un acte colonial illégal<i>.</i> En partant à l’assaut des Malouines en 1982, la junte militaire argentine qui terrorisait le pays depuis six ans (le total des morts et disparus pendant la dictature est estimé à 30 000 victimes) avait cherché à renforcer son pouvoir en fédérant la population derrière une cause commune. Mais c’est le contraire qui s'est produit. Les immenses pertes au combat ont précipité la chute de la dictature et le retour de la démocratie en 1983. Sauf qu'elles n'ont pas évacué le sujet, toujours à fleur de peau, des Malvinas. </p><h2>Un symbole pour l'Argentine </h2><p>Aujourd'hui, peu de symboles – hormis feu Diego Maradona, évidemment – fédèrent autant <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/si-la-france-devait-sinspirer-de-milei-jusquou-peut-on-couper-dans-les-depenses-publiques-L5NM34E4TBDXPBILVDY7YLYAUQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/si-la-france-devait-sinspirer-de-milei-jusquou-peut-on-couper-dans-les-depenses-publiques-L5NM34E4TBDXPBILVDY7YLYAUQ/">les Argentins</a> que la revendication de ces îles, qui se retrouvent partout : imprimées sur les billets de banque, tatouées sur les corps, célébrées par les supporters de foot et bien sûr, présentes sur les cartes officielles du pays, où l'archipel fait partie intégrante de la nation. En janvier, l’ambassadeur argentin en France Ian Scielecki a refusé de commencer un discours à l’Assemblée nationale. La raison ? Devant lui trônait une carte géographique qui indiquait les Malouines comme faisant partie du Royaume-Uni. "C'est comme si on demandait à l'ambassadeur de l'Ukraine de venir parler devant une carte qui montrerait le Louhansk <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/la-crimee-ne-sera-plus-jamais-sure-pour-les-russes-comment-lukraine-fait-pression-sur-la-peninsule-JDGR4FX2QJGPLBUA63ZQEGDKXY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/la-crimee-ne-sera-plus-jamais-sure-pour-les-russes-comment-lukraine-fait-pression-sur-la-peninsule-JDGR4FX2QJGPLBUA63ZQEGDKXY/">ou la Crimée comme des territoires russes !",</a> a-t-il fulminé. La crise diplomatique a été évitée de justesse, grâce à un post-it collé en catastrophe sur l’archipel.</p><p>Pour les Etats-Unis, ce territoire représente bien davantage qu’un moyen de faire pression sur le gouvernement britannique : il constitue un pion dans le "grand jeu" géostratégique qui les oppose à <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-comment-donald-trump-sest-tire-une-balle-dans-le-pied-face-a-la-chine-BSMED4PFOZE4NFNNUIHNSBAO5A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-comment-donald-trump-sest-tire-une-balle-dans-le-pied-face-a-la-chine-BSMED4PFOZE4NFNNUIHNSBAO5A/">la Chine.</a> Endiguer l’avancée de Pékin partout, y compris en Amérique du Sud, où ses progrès depuis un quart de siècle sont spectaculaires, est, d'ailleurs, au cœur de <i>The Strategy of Denial</i>, l’essai remarqué d’Elbridge Colby, publié en 2021.</p><p>Sous les gouvernements de gauche de Cristina Kirchner (2007-2015) et d’Alberto Fernandez (2019-2023), la Chine, premier partenaire commercial de l’Argentine, a mené une stratégie musclée d’investissements, au grand dam du Pentagone, qui redoute les capacités de surveillance militaires de Pékin dans l’hémisphère sud. Pour Washington, l’arrivée au pouvoir <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/non-javier-milei-nest-pas-dextreme-droite-trois-chercheurs-contestent-son-portrait-dans-les-medias-MEZAXTREWZD4LBXJF3SYTRZ5MQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/non-javier-milei-nest-pas-dextreme-droite-trois-chercheurs-contestent-son-portrait-dans-les-medias-MEZAXTREWZD4LBXJF3SYTRZ5MQ/">de Javier Milei</a> voilà bientôt trois ans a donc constitué une aubaine. Sous la pression de la Maison-Blanche, plusieurs projets d’envergure impliquant la Chine ont été paralysés. Certains ont même été transférés aux Américains, tel le méga projet de base logistique à Ushuaia, la ville la plus australe du pays. Celle-ci pourrait servir de porte d'entrée stratégique vers l'Antarctique, où Pékin étend également son influence. </p><p>"Chaque mouvement des Etats-Unis dans l’Atlantique sud constitue un message envoyé à Pékin", pointe l'expert en relations internationales Bernabé Malacalza. Le 19 mai, Washington et Buenos Aires ont signé un accord par lequel les navires de l’US Navy pourront patrouiller dans les eaux territoriales argentines pendant cinq ans. Objectif : "renforcer la sécurité maritime dans l'Atlantique Sud". Les enjeux géostratégiques sont vertigineux. Les eaux glacées des Quarantièmes rugissants et des Cinquantièmes hurlants regorgent de gaz, pétrole, minerais et poissons. C’est dans cette région, aussi, que se trouvent les trois passages naturels entre l’Atlantique et le Pacifique : le détroit de Magellan, le Canal de Beagle et le détroit de Drake. "Avec la fonte des glaces, on prévoit une augmentation considérable du commerce dans cette région", prédit Bernabé Malacalza, spécialiste de la rivalité sino-américaine. </p><p>Pour l’heure, Washington souffle le chaud et le froid. D’un côté, les Etats-Unis entendent - malgré tout - préserver leur relation avec Londres afin de disposer, aux Malouines, d'une base militaire leur permettant de se projeter dans l’Atlantique sud. De l’autre, ils continuent à tirer parti de l'atlantisme assumé de Javier Milei en lui apportant un soutien financier. Ainsi, espèrent-ils, le dirigeant libertarien sera mieux placé pour être réélu à la présidentielle d'octobre prochain. Et évincer un éventuel rival mieux disposé à l’égard de Pékin. Ce qui s'appelle jouer sur les deux tableaux.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/4C46XEFB5NGM5HBKGR7GCQELJM.jpg?auth=b1228a41a35b6207b98d802fd270e3467cfb29b9fba897395f34b7e80afe1c81&amp;smart=true&amp;width=4099&amp;height=2733" type="image/jpeg" height="2733" width="4099"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président argentin Javier Milei prend la parole lors d'une commémoration de la Journée des Malouines, qui rend hommage aux vétérans et aux soldats tombés au combat pendant la guerre des Malouines, à Buenos Aires, en Argentine, le 2 avril 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">EPA</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Peter Ticktin, l'ami de jeunesse de Donald Trump qui veut le pousser à déclarer l'état d'urgence électoral]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/peter-ticktin-lami-de-jeunesse-de-donald-trump-qui-veut-le-pousser-a-declarer-letat-durgence-4M7GNEGC2NAT5FBIMC2BO5VESM/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/peter-ticktin-lami-de-jeunesse-de-donald-trump-qui-veut-le-pousser-a-declarer-letat-durgence-4M7GNEGC2NAT5FBIMC2BO5VESM/</guid><dc:creator><![CDATA[Enola Richet]]></dc:creator><description></description><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 18:01:22 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>À 80 ans, cet avocat installé en Floride se présente comme un ancien "meilleur ami" du président américain. Et depuis leur rencontre à la New York Military Academy — un lycée new-yorkais — il y a plus de soixante ans, Peter Ticktin l’affirme : il a conservé un lien très privilégié avec <a href="https://www.lexpress.fr/monde/coupe-du-monde-2026-quand-donald-trump-se-mele-de-la-suspension-dun-joueur-americain-7UMKGQIJBRFX3OJPMAM2WHTADE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/coupe-du-monde-2026-quand-donald-trump-se-mele-de-la-suspension-dun-joueur-americain-7UMKGQIJBRFX3OJPMAM2WHTADE/">Donald Trump</a>. Devenu l’un des défenseurs les plus visibles des thèses contestant l’élection de 2020, Peter Ticktin tente aujourd’hui, selon une enquête de <a href="https://edition.cnn.com/2026/07/06/politics/peter-ticktin-trump-election-fraud" target="_blank" rel="" title="https://edition.cnn.com/2026/07/06/politics/peter-ticktin-trump-election-fraud">la chaîne de télévision américaine CNN</a>, de convaincre le président américain d’aller plus loin dans son combat contre ce qu’il décrit comme une "menace étrangère" pesant sur le système électoral américain. Il est même parvenu à intégrer, selon la chaîne américaine, le cercle de proches et d’alliés qui poussent aujourd’hui <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250e-anniversaire-des-etats-unis-donald-trump-celebre-son-amerique-et-reactive-lennemi-communiste-2UI45VSYQRG65ESMPA4K6OJCSM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250e-anniversaire-des-etats-unis-donald-trump-celebre-son-amerique-et-reactive-lennemi-communiste-2UI45VSYQRG65ESMPA4K6OJCSM/">Donald Trump</a> à déclarer un état d’urgence nationale. Le but ? Placer de fait les élections de mi-mandat sous un contrôle fédéral accru, en invoquant une supposée ingérence étrangère via les machines à voter.</p><p>Au cœur de son argumentaire réside une affirmation jamais démontrée publiquement : l’élection présidentielle de 2020 aurait été volée à Donald Trump par une opération impliquant notamment <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/seisme-au-venezuela-la-presidente-par-interim-delcy-rodriguez-mise-a-lepreuve-VPFC4GVXIRDCNKSERBHAXSL5AE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/seisme-au-venezuela-la-presidente-par-interim-delcy-rodriguez-mise-a-lepreuve-VPFC4GVXIRDCNKSERBHAXSL5AE/">le Venezuela,</a> la Chine et <a href="" rel="" title="">l’Iran</a>. Dans un entretien accordé à CNN, Peter Ticktin a affirmé que des preuves allaient bientôt émerger, notamment à travers l’affaire judiciaire visant le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro. "Avec les preuves que nous avons, et avec les preuves qui vont arriver, il n’y aura aucun doute", assure-t-il auprès de la chaîne, accusant les machines électorales d’avoir permis "une prise de contrôle clandestine d’un pays".</p><h3>La thèse de l'"ingérence étrangère" </h3><p>Aucune preuve publique n’a, à ce jour, confirmé de telles accusations, largement relayées par une partie des partisans de Donald Trump depuis l’élection de 2020. En 2021, une évaluation du Bureau du directeur du renseignement national américain avait établi que plusieurs pays avaient tenté d’influencer le scrutin, mais avait conclu qu’aucun acteur étranger n’avait essayé de modifier les aspects techniques du vote, comme l’inscription des électeurs, le dépôt des bulletins, le dépouillement ou l’annonce des résultats.</p><p>À l’approche des élections de mi-mandat de novembre 2026, Peter Ticktin réactive ce narratif pour tenter de convaincre le public, ainsi que l’administration de Donald Trump, que des mesures sont nécessaires pour éviter qu’une ingérence ne se reproduise. Selon l’avocat, une intervention politique extérieure pourrait permettre aux démocrates de reprendre suffisamment de sièges à la Chambre des représentants pour engager une procédure de destitution contre Donald Trump et le vice-président J.D. Vance, avec pour objectif que Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate à la Chambre, accède à terme <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-le-250-anniversaire-des-etats-unis-vire-a-la-guerre-des-commemorations-4UMYNKGDTJH7XGTP3P7X6BH5ZU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-le-250-anniversaire-des-etats-unis-vire-a-la-guerre-des-commemorations-4UMYNKGDTJH7XGTP3P7X6BH5ZU/">à la présidence des États-Unis.</a></p><p>Seule solution pour parer cette menace, selon Peter Ticktin : la signature d’un décret présidentiel déclarant un état d’urgence nationale fondé sur des allégations d’ingérence étrangère dans le système électoral. Le projet que l’allié de Donald Trump a contribué à rédiger en 2025, selon CNN, prévoit notamment des restrictions sur le vote par correspondance et l’interdiction de l’utilisation des machines à voter. Une mesure qui limiterait l’accès au vote pour une partie de la population américaine. Pour de nombreux experts du droit électoral cités par CNN, une telle intervention retirerait aux États et au Congrès une grande partie de leur contrôle sur l’organisation du scrutin, soulèverait des questions constitutionnelles majeures, ouvrirait la voie à des contestations judiciaires immédiates et pourrait plonger le pays dans une crise institutionnelle.</p><h3>Son influence réelle difficile à mesurer</h3><p>Reste que l’influence réelle de Peter Ticktin auprès de Donald Trump est difficile à évaluer. Selon CNN, l’avocat affirme parler au président plusieurs fois par an et disposer d’un accès direct à lui depuis qu’il l’a représenté dans une procédure civile contre Hillary Clinton après son départ de la Maison-Blanche. Il affirme aussi être en contact avec des responsables du ministère de la Justice.</p><p>Ces affirmations sont contestées par un responsable de la Maison-Blanche, cité par CNN, qui estime que "bien que Ticktin parte d’une bonne intention, il semble exagérer la nature de sa relation actuelle avec Trump". Selon cette source, l’avocat ne parle pas régulièrement avec le président et n’influence pas la politique de la Maison-Blanche sur les élections et le vote.</p><p>Le parcours de Ticktin explique son rôle actuel dans l’écosystème trumpiste. Avocat civil connu pour des affaires médiatiques, il est devenu un représentant majeur du mouvement contestant les résultats de 2020. Il a défendu plusieurs figures de ce courant, dont l’ancien patron d’Overstock Patrick Byrne, poursuivi avec d’autres pour avoir affirmé que les machines de Dominion Voting Systems avaient inversé des millions de voix en faveur de Joe Biden. Selon CNN, ses méthodes ont souvent suscité des controverses judiciaires : il a notamment été sanctionné dans une affaire liée à une plainte de Trump contre Hillary Clinton, pour avoir avancé des accusations jugées infondées. </p><p>Aujourd’hui, il continue de défendre des personnes liées aux événements du 6 janvier 2021 et a déposé une plainte contre le gouvernement fédéral au nom d’une douzaine de prévenus, accusant les autorités de mauvaise conduite dans les poursuites engagées contre eux. Plus de soixante ans après leur rencontre dans un internat militaire de l’État de New York, Peter Ticktin continue de miser sur son lien personnel avec Donald Trump. Reste désormais à savoir jusqu’où cette proximité peut réellement peser sur les décisions du président américain.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/LMDHK52UEVFDRL52MF4FKZ5K6E.JPG?auth=48cfd5f5a175804b3d3a26aed8e5107f2e165980f0c5bf6bba5600f45cb33f60&amp;smart=true&amp;width=8055&amp;height=5267" type="image/jpeg" height="5267" width="8055"><media:description type="plain"><![CDATA[Ancien camarade de lycée de Donald Trump, Peter Ticktin est devenu l’un des défenseurs les plus actifs des théories de fraude électorale liées au scrutin de 2020]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Après le scandale financier, Nigel Farage retourne devant les électeurs ]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/apres-le-scandale-financier-nigel-farage-retourne-devant-les-electeurs-RJHS5TGZWBHLBBXEBKOK3CM7PE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/apres-le-scandale-financier-nigel-farage-retourne-devant-les-electeurs-RJHS5TGZWBHLBBXEBKOK3CM7PE/</guid><description></description><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 16:44:57 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Nigel Farage a choisi une manière très personnelle de répondre à une enquête parlementaire : retourner devant les électeurs. Mardi 7 juillet, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/nigel-farage-lance-son-parti-anti-immigration-reform-uk-a-la-conquete-de-lecosse-CJC2GITWBBFSDLHG7I5SGPTIVU/" rel="">le chef de Reform UK</a> a annoncé qu’il démissionnait de son mandat de député de Clacton, dans l’Essex, afin de provoquer une élection législative partielle. Il se présentera à sa propre succession. Dans une <a href="https://www.bbc.com/news/videos/c36yd5njn30o" rel="">déclaration vidéo</a>, il a expliqué vouloir laisser "les habitants de Clacton" juger ses actions. </p><p>Ces actions, qui, depuis quelque temps, sont sous le feu des projecteurs : <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/au-royaume-uni-la-nouvelle-affaire-qui-embarrasse-nigel-farage-QS4GASV44NEXBGU7SE447GLEB4/" rel="">Nigel Farage est sous pression</a> après la révélation d’un don de 5 millions de livres sterling, soit environ 5,7 millions d’euros, venu de Christopher Harborne, milliardaire spécialisé dans les cryptomonnaies. Ce don n’aurait pas été déclaré aux autorités compétentes. Le comité d’éthique du Parlement britannique a ouvert une enquête en mai sur ce point. Nigel Farage, lui, affirme n’avoir "rien fait de mal". À ce stade, il n’a pas été sanctionné. Mais l’affaire impose déjà à Reform UK un exercice peu agréable pour un parti qui a bâti une grande partie de son discours sur la dénonciation des arrangements opaques. </p><h3>Le dossier ne s’arrête pas là</h3><p>Nigel Farage a aussi indiqué que ses finances faisaient l’objet d’une deuxième enquête, après des allégations concernant George Cottrell, un proche du dirigeant de Reform UK, entrepreneur dans les cryptomonnaies et condamné par le passé pour fraude. Selon les éléments rapportés par la presse britannique, Farage aurait bénéficié, dans l’année précédant les législatives de 2024, de services de sécurité, d’un hébergement et d’une prise en charge de sa communication sur les réseaux sociaux. Le débat ne porte donc pas seulement sur un don. Il concerne plus largement ce qui doit être déclaré lorsqu’un responsable politique mène campagne.</p><p>Cette séquence tombe à un moment sensible pour Reform UK. Depuis plus d’un an, le parti populiste est en tête de nombreux sondages nationaux et a remporté plusieurs succès aux élections locales. Il menace désormais l’équilibre traditionnel entre travaillistes et conservateurs, qui structure la vie politique britannique depuis des décennies. Nigel Farage n’est donc plus seulement <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/royaume-uni-quand-lue-financait-malgre-elle-la-campagne-pro-brexit-de-nigel-farage-WGUAD4STNRCZRPO2WKLLP74QSY/" rel="">l’ancien agitateur du Brexit</a>. Il dirige un parti qui entend incarner une alternative de gouvernement. Ce changement de statut rend donc les questions de transparence plus difficiles à traiter comme de simples attaques venues de Londres. </p><h3>Clacton avant Westminster</h3><p>D’où le calcul de la législative partielle. En provoquant lui-même le scrutin, Nigel Farage tente de reprendre l’initiative avant que la procédure parlementaire ne fixe son propre calendrier. En cas de violation grave des règles de déclaration, une suspension de dix jours ou plus pourrait entraîner une pétition de révocation, puis une élection partielle. Le chef de parti préfère donc le premier à Clacton, avant que Westminster ne lui indique éventuellement le chemin. </p><p>Reste à savoir ce que les électeurs décideront de juger : sa ligne politique, sa notoriété, son rôle dans Reform UK, ou les questions encore ouvertes sur ses financements. S’il est réélu, Nigel Farage conservera son siège et pourra repartir avec un mandat renouvelé. Mais la procédure parlementaire, elle, suivra son cours. La partielle dira si Clacton le veut toujours comme député ; l’enquête dira ce qu’il devait déclarer. En attendant, Nigel Farage convoque les électeurs, et Westminster garde les formulaires. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/PCVPDF5WLFH6TDEFLPYESLFZ2E.JPG?auth=9a787288f41de26258dc86f47026fdcb5d16a061a42c3258d150b721c64fab8c&amp;smart=true&amp;width=3507&amp;height=2338" type="image/jpeg" height="2338" width="3507"><media:description type="plain"><![CDATA[Nigel Farage, chef du parti Reform UK, effectue une visite de campagne à Denton en amont de l'élection partielle de Gorton et Denton.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS / Phil Noble</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Chine : pourquoi Cai Qi est devenu l'homme clé de Xi Jinping]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/asie/chine-pourquoi-cai-qi-est-devenu-lhomme-cle-de-xi-jinping-P74OXEAG3JAZDLHZHLA7PBXND4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/asie/chine-pourquoi-cai-qi-est-devenu-lhomme-cle-de-xi-jinping-P74OXEAG3JAZDLHZHLA7PBXND4/</guid><description></description><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 16:20:14 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Quel chemin parcouru pour Cai Qi. À 70 ans, ce membre du Comité permanent du Bureau politique vient d’être nommé à la tête de l’École centrale du <a href="https://www.lexpress.fr/monde/pourquoi-sont-ils-entres-au-parti-communiste-chinois_2153600.html" rel="">Parti communiste chinois</a>, l’institution chargée de former les cadres dirigeants du régime. Le nom sent le manuel, la salle de cours et la cérémonie de remise de diplômes. Le poste, lui, est bien plus stratégique. Alors que Xi Jinping prépare un quatrième mandat et s'apprête à renouveler une large partie des dirigeants du Parti, Cai Qi se retrouve au cœur d’un enjeu décisif : identifier les responsables chargés d'appliquer la ligne du président chinois dans les prochaines années.</p><p>La question intervient à un moment particulier. Xi Jinping se dirige vers un quatrième mandat, qui prolongerait son pouvoir au moins jusqu’au début des années 2030. Mais il devra aussi renouveler une partie importante de la haute hiérarchie du Parti. Selon les règles d’âge traditionnellement appliquées, plus des deux tiers des quelque 200 membres du Comité central pourraient quitter leurs fonctions lors du prochain congrès. Il faudra donc choisir de nouveaux responsables, les tester, les faire monter, éviter les mauvais profils et surveiller les ambitions. </p><p>C’est ici qu’entre Cai Qi dans l'équation. L’homme n’est pas un nouveau venu dans l’entourage de Xi Jinping. Né en 1955 dans le Fujian, il rejoint le Parti communiste en 1975, étudie l’économie politique, puis gravit les échelons dans l’administration locale. Dans les années 1990 et 2000, il travaille dans le Fujian puis dans le Zhejiang, deux provinces où Xi Jinping construit alors une partie de sa carrière. Cette proximité ancienne compte. Dans le système chinois, la confiance ne se proclame pas seulement dans les discours officiels. Elle se vérifie dans les parcours, les promotions, et les années passées au même endroit que le bon chef, au bon moment. </p><h3>Une image de responsable moderne</h3><p>D’après un <a href="https://www.nytimes.com/2026/07/05/world/asia/china-xi-leadership-cai-qi.html" target="_blank" rel="" title="https://www.nytimes.com/2026/07/05/world/asia/china-xi-leadership-cai-qi.html">portrait du personnage fait par le <i>New York Times</i></a>, Cai Qi ne ressemble pourtant pas encore au gardien sévère de l’orthodoxie politique. Dans les provinces côtières, il cultive l'image d'un responsable moderne, ouvert, suffisamment accessible pour répondre aux administrés sur Weibo. En 2012, lors d’un voyage à Taïwan, il publie même un carnet de route où il se dit impressionné par l’efficacité des supérettes ouvertes 24 heures sur 24. La même période lui vaut cette phrase : "La transparence est une bonne chose". Depuis, son compte Weibo a disparu et sa carrière a pris une tout autre direction. </p><p>Son arrivée à Pékin marque le tournant. En 2014, Cai Qi participe à la mise en place de la Commission centrale de sécurité nationale, créée sous Xi Jinping pour renforcer le contrôle du Parti sur les risques intérieurs et extérieurs. Trois ans plus tard, il devient maire puis secrétaire du Parti à Pékin, un poste hautement sensible, puisqu’il s’agit de gérer la capitale, son image et son ordre public. En 2017, il lance une campagne d’expulsion de travailleurs migrants, officiellement justifiée par des raisons de sécurité des logements. L’opération provoque de fortes critiques, notamment après la diffusion d’un discours interne dans lequel il appelle les cadres à agir sans hésitation. Plus qu’un homme de confiance, il est aussi un homme d’exécution. </p><p>Sa promotion en 2022 confirme cette place. Cai Qi entre alors au Comité permanent du Bureau politique, l’instance suprême du Parti communiste chinois, devient chef du Secrétariat du Parti et prend également la direction du Bureau général du Parti. Cette fonction, peu connue du grand public, fait pourtant de lui le véritable chef de cabinet de Xi Jinping. Il supervise notamment les dossiers, les réunions, les déplacements, la sécurité et l'organisation quotidienne des plus hauts dirigeants. Dans un régime aussi centralisé, contrôler l'accès au chef de l'État revient souvent à détenir une influence considérable.</p><h3>Le pouvoir par les dossiers</h3><p>Sa nomination à l’École centrale du Parti lui confère désormais une responsabilité supplémentaire : former les futurs cadres, mais aussi contribuer à identifier ceux qui pourront accéder aux plus hautes fonctions. L'institution n’est pas une simple école d’administration ; elle sert à fabriquer de la conformité politique autant que de la compétence bureaucratique. Au même moment, Cai Qi supervise une campagne destinée à renforcer la discipline et la loyauté des responsables autour de la pensée de Xi Jinping. </p><p>L’enjeu est d’autant plus important que Xi Jinping n’a pas désigné de successeur et que le prochain congrès devrait entraîner un vaste renouvellement des cadres. Trop peu de promotions, et le système vieillit ; trop d’ouvertures, et le pouvoir prend le risque de voir émerger des profils moins prévisibles. Les récentes purges dans l’Armée populaire de libération ont aussi rappelé que la sélection ne portera pas seulement sur la compétence, mais sur la fiabilité politique. </p><p>Cai Qi présente donc un avantage rare : il connaît Xi depuis plusieurs décennies, maîtrise les rouages du Parti et, à 70 ans, ne ressemble pas à un héritier naturel. Cai Qi ne prépare donc pas vraiment <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/qui-remplacera-xi-jinping-la-tres-perilleuse-succession-du-maitre-de-la-chine-MU6OXE3X7ZC4PNBPJWL5PJH7DY/" rel="">l’après-Xi</a> ; il prépare la prochaine étape du système Xi.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/LTVPIY46ZFC2FDEPZD4UMUWEQE.JPG?auth=070b133edb705825aaa1a43f093f5b287172ce658d329ac02d6d6bf0cbba63dc&amp;smart=true&amp;width=3717&amp;height=2478" type="image/jpeg" height="2478" width="3717"><media:description type="plain"><![CDATA[Cai Qi, membre du Comité permanent du Bureau politique chinois, participe à une réunion avec des dirigeants d'entreprises étrangères à Pékin.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS / Florence Lo</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Donald Trump lance une dérégulation historique des armes, et son fils pourrait en profiter]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-lance-une-deregulation-historique-des-armes-et-son-fils-pourrait-en-profiter-V226SQMPGZGHNDJEPQRULC2NDM/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-lance-une-deregulation-historique-des-armes-et-son-fils-pourrait-en-profiter-V226SQMPGZGHNDJEPQRULC2NDM/</guid><dc:creator><![CDATA[Enola Richet]]></dc:creator><description></description><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 15:20:02 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>L’administration Trump a engagé, depuis son retour à la Maison-Blanche, un vaste démantèlement de la réglementation sur les armes à feu <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250-ans-des-etats-unis-les-chiffres-qui-montrent-que-le-reve-americain-vacille-4ZBT5VV2TBAG7MUUKT3JMGYBE4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250-ans-des-etats-unis-les-chiffres-qui-montrent-que-le-reve-americain-vacille-4ZBT5VV2TBAG7MUUKT3JMGYBE4/">aux États-Unis.</a> Selon les informations des journaux américains, le <a href="https://www.nytimes.com/2026/07/05/us/politics/trump-gun-rights-laws.html" target="_blank" rel="" title="https://www.nytimes.com/2026/07/05/us/politics/trump-gun-rights-laws.html"><i>New York Times</i></a> et le <a href="https://www.washingtonpost.com/national-security/2026/06/15/inside-trump-administrations-rapid-rollback-gun-regulations/" target="_blank" rel="" title="https://www.washingtonpost.com/national-security/2026/06/15/inside-trump-administrations-rapid-rollback-gun-regulations/"><i>Washington Post</i>,</a> plus de 34 mesures sont actuellement en cours de suppression par le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (A.T.F.), l’agence chargée de faire appliquer la législation sur les armes. Parmi elles, on retrouve l’abandon de la politique de "zéro tolérance" concernant les armuriers qui enfreindraient la loi, mais aussi le relèvement du seuil à partir duquel l’A.T.F. peut retirer leur licence ou encore l’assouplissement des restrictions visant certains acheteurs souffrant de troubles mentaux. La plupart de ces propositions ont été rédigées par Robert Leider, nouveau conseiller juridique de l’A.T.F. nommé par l'ancienne ministre de la Justice, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-limoge-pam-bondi-la-chute-dune-fidele-parmi-les-fideles-TSQQPXON7FALZKQHPRTGHI6BHI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-limoge-pam-bondi-la-chute-dune-fidele-parmi-les-fideles-TSQQPXON7FALZKQHPRTGHI6BHI/">Pam Bondi.</a></p><p>Cette réforme est présentée par l’administration du président d’extrême droite comme un retour au cadre réglementaire en vigueur avant la présidence de Joe Biden. Lors de sa campagne en 2024, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250e-anniversaire-des-etats-unis-donald-trump-celebre-son-amerique-et-reactive-lennemi-communiste-2UI45VSYQRG65ESMPA4K6OJCSM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250e-anniversaire-des-etats-unis-donald-trump-celebre-son-amerique-et-reactive-lennemi-communiste-2UI45VSYQRG65ESMPA4K6OJCSM/">Donald Trump</a> s’était engagé à devenir "le meilleur ami des propriétaires d’armes" à la Maison-Blanche. Avant de signer, peu après son investiture, un décret demandant au ministre de la Justice d’examiner ce qu’il qualifie "d’atteintes continues" aux droits garantis par le Deuxième amendement de la Constitution américaine. </p><h3>Antécédents mentaux, envoi par la poste et vérification d’identité en ligne</h3><p>Depuis mai 2025 déjà, l’A.T.F. a mis fin à la politique de "zéro tolérance" envers les armuriers, qui avait été instaurée sous Joe Biden après plusieurs tueries de masse. Celle-ci avait permis de retirer la licence de 600 marchands d’armes ayant notamment falsifié des registres, omis des contrôles d’antécédents ou vendu des armes à des personnes interdites d’en posséder. Selon le <i>New York Times</i>, l’agence A.T.F. envisagerait désormais le rétablissement du "gun show loophole", cette faille qui permettrait à certaines ventes d’armes, notamment lors de foires aux armes ou entre particuliers, d’échapper à l’obligation de vérification des antécédents pour les acheteurs. </p><p>Et la grande <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-donald-trump-impose-son-nom-et-son-visage-partout-ou-il-le-peut-LYEBGIZUPRBCPLQADMUDDNASVI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-donald-trump-impose-son-nom-et-son-visage-partout-ou-il-le-peut-LYEBGIZUPRBCPLQADMUDDNASVI/">réforme de Donald Trump</a> dépasse le cadre des armureries. Toujours selon le <i>NYT</i>, le département des Anciens combattants a supprimé, en février dernier, l’interdiction d’achat d’armes pour les vétérans placés sous tutelle financière et a commencé à retirer leurs signalements de la base de données du F.B.I. Le service postal américain a, de son côté, proposé d’autoriser l’expédition de pistolets par courrier, remettant en cause une interdiction en vigueur depuis près d’un siècle. Parallèlement, l’administration trumpiste conteste devant les tribunaux plusieurs lois adoptées par des États <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-graham-platner-le-candidat-au-senat-qui-embarrasse-les-democrates-S6VKIABPBRA6ZDEV4W6EVBUQ2E/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-graham-platner-le-candidat-au-senat-qui-embarrasse-les-democrates-S6VKIABPBRA6ZDEV4W6EVBUQ2E/">démocrates</a>, comme les restrictions sur les fusils semi-automatiques au Colorado ou en Virginie, ou les limitations sur les pistolets Glock ou assimilés en Californie. La loi devrait aussi être assouplie pour les propriétaires de mitrailleuses et de fusils à canon court, lors de leurs déplacements entre États américains. </p><p>La traçabilité des acheteurs s'apprête elle aussi à être affaiblie. Les registres de vente, qui devaient jusqu’ici être conservés définitivement en armurerie, ne devront désormais plus être conservés que pendant 20 à 30 ans. Dernier changement de taille : dans certains cas, il pourrait bientôt être possible aux États-Unis de vérifier l’identité d’un acheteur en ligne plutôt qu’en personne.</p><h3>Le fils de Donald Trump pourrait en profiter </h3><p>En supprimant ces barrières de sécurité, Donald Trump pourrait ne pas seulement chercher à contenter sa base électorale Maga. Selon le <a href="https://www.washingtonpost.com/national-security/2026/07/02/trump-jr-plays-key-role-grabagun-company-hoping-boost-internet-gun-sales/" target="_blank" rel="" title="https://www.washingtonpost.com/national-security/2026/07/02/trump-jr-plays-key-role-grabagun-company-hoping-boost-internet-gun-sales/"><i>Washington Post</i>,</a> une société américaine nommée GrabAGun, spécialisée dans la vente d’armes et de munitions en ligne, espère elle aussi profiter de ces assouplissements. L’entreprise, qui ambitionne de devenir "l’Amazon des armes", pourrait notamment voir son modèle économique prospérer si la proposition de l’administration Trump visant à autoriser les vérifications d’identité et les contrôles d’antécédents en ligne, voire à faciliter l’expédition directe de certaines armes aux acheteurs, se concrétise.</p><p>Peu s’en étonnent : GrabAGun n’est pas une entreprise comme les autres. Son conseil d’administration compte Donald Trump Jr., fils du président américain, qui agit également comme consultant pour la société depuis décembre 2024. Avec une participation d’environ 1,1 % dans l’entreprise, il pourrait directement profiter d’une hausse de sa valeur si les ventes d’armes en ligne progressent grâce aux réformes envisagées par l’administration de son père. Une proximité largement pointée du doigt par les organisations de défense de l’éthique publique. La Maison-Blanche et Trump Jr. contestent de leur côté ces accusations, affirmant que les changements proposés répondent uniquement à la volonté de protéger le droit constitutionnel de posséder une arme.</p><h3>Des risques reconnus jusque dans les documents officiels</h3><p>Certains rapports internes du gouvernement Trump reconnaissent pourtant eux-mêmes, selon les informations du <i>New York Times</i>, que ces mesures pourraient avoir des effets dangereux sur la sécurité de la population. Un document issu de l’A.T.F. estime notamment qu’elles "iraient jusqu’à augmenter la probabilité d’événements causant des victimes en masse", notamment en facilitant l’accès aux armes pour les personnes ayant des antécédents de troubles mentaux ou en assouplissant les restrictions sur les "stabilizing braces", des accessoires déjà utilisés lors de fusillades de masse.</p><p>Ces réformes divisent profondément les acteurs du débat sur les armes à feu. Kris Brown, présidente de la Brady Campaign to Prevent Gun Violence, estime qu’elles "ramènent le pays cent ans en arrière" et affaiblissent fortement la capacité de régulation de l’A.T.F. À l’inverse, Mark Oliva, porte-parole de la National Shooting Sports Foundation, affirme qu’elles apportent davantage de clarté réglementaire aux fabricants et vendeurs d’armes. Même parmi les défenseurs des droits des propriétaires d’armes, certains jugent les mesures insuffisantes : Erich Pratt, de Gun Owners of America, appelle à aller plus loin en supprimant notamment l’obligation faite aux armuriers de conserver indéfiniment les registres des ventes, instaurée en 2022.</p><p>Ces propositions font l’objet d’une consultation publique. Avant leur adoption, les particuliers, associations ou industriels disposent de 90 jours pour transmettre leurs observations à l’administration, soit jusqu’aux environs du 6 août. À l’issue de cette période, l’A.T.F. pourra maintenir, modifier ou abandonner les mesures proposées. Ces changements étant adoptés par voie réglementaire et non votés par le Congrès, une future administration aura la liberté de les annuler et de rétablir les règles supprimées. Le ministère de la Justice affirme toutefois avoir veillé à ce que ces nouvelles dispositions reposent sur une base juridique suffisamment solide pour résister à d’éventuels recours.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/O34RQMN4CRDOLDB5EZD4XL6LAI.JPG?auth=ed0d5a06b018d10b6f07d41d82f9f17ac09108594bfd73af917db084ffb3b483&amp;smart=true&amp;width=2048&amp;height=1366" type="image/jpeg" height="1366" width="2048"><media:description type="plain"><![CDATA[Une convention annuelle de la National Riffle Association à Dallas en 2024. Les Etats Unis envisagent de rétablir le "gun show loophole", cette faille qui permettrait d’échapper à l’obligation de vérification des antécédents pour les acheteurs lors des foires aux armes. ]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Face aux provocations de Donald Trump, l'Italie de Giorgia Meloni fait le choix de l'indifférence]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/face-aux-provocations-de-donald-trump-litalie-de-giorgia-meloni-fait-le-choix-de-lindifference-AS2NFGXWGBC3ZC2CITIQUQWV2A/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/face-aux-provocations-de-donald-trump-litalie-de-giorgia-meloni-fait-le-choix-de-lindifference-AS2NFGXWGBC3ZC2CITIQUQWV2A/</guid><description></description><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 15:11:19 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Les chancelleries ont longtemps vécu de communiqués, de coups de fil et de déjeuners sans compte rendu. <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250e-anniversaire-des-etats-unis-donald-trump-celebre-son-amerique-et-reactive-lennemi-communiste-2UI45VSYQRG65ESMPA4K6OJCSM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250e-anniversaire-des-etats-unis-donald-trump-celebre-son-amerique-et-reactive-lennemi-communiste-2UI45VSYQRG65ESMPA4K6OJCSM/">Donald Trump</a> a choisi d'utiliser son réseau social, Truth Social, pour encore une fois viser publiquement Giorgia Meloni. Dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 juillet, le président américain a partagé une photo retouchée de la Première ministre italienne le regardant avec admiration. En légende, une formule en lettres capitales : "Restraining order needed", soit "ordonnance d'éloignement nécessaire". Une séquence pour le moins inhabituelle entre alliés, qui survient qui plus est deux jours avant le <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/sommet-de-lotan-a-ankara-une-consecration-pour-recep-tayyip-erdogan-TSPYEIRG6RBF7ASEKZTCBZHTQE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/sommet-de-lotan-a-ankara-une-consecration-pour-recep-tayyip-erdogan-TSPYEIRG6RBF7ASEKZTCBZHTQE/">sommet de l'Otan à Ankara</a>.</p><p>À Rome, la consigne a été rapidement fixée : ne pas répondre. Giorgia Meloni s'est gardée de toute réaction. Antonio Tajani, vice-président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, a estimé sur Sky TG24, média italien, que les propos de Donald Trump "<a href="https://tg24.sky.it/mondo/2026/07/05/trump-meloni-meme-truth-attacco" target="_self" rel="" title="https://tg24.sky.it/mondo/2026/07/05/trump-meloni-meme-truth-attacco">se passent de commentaire</a>". Il a ajouté que l’Italie ne répondrait pas "à ce type de propos" et qu’elle préférait "passer à autre chose", les relations transatlantiques allant, selon lui, "bien au-delà des déclarations individuelles". Le ministre de la Défense Guido Crosetto a tenu la même ligne : "L’essentiel est de préserver les relations" avec les États-Unis. L’Italie a vu, l’Italie n’apprécie pas, l’Italie ne répond pas. </p><h3>Une amitié "plus forte que n'importe quelle polémique"</h3><p>Cette retenue s'explique aussi par le contexte. En juin, après le sommet du G7, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/clash-diplomatique-litalie-furieuse-apres-les-propos-polemiques-de-donald-trump-sur-giorgia-meloni-RDSD3OVJVZDA5OMKB5EWITAFOI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/clash-diplomatique-litalie-furieuse-apres-les-propos-polemiques-de-donald-trump-sur-giorgia-meloni-RDSD3OVJVZDA5OMKB5EWITAFOI/">Donald Trump avait déjà affirmé</a> que Giorgia Meloni l’avait "supplié" de poser avec lui pour une photo. La dirigeante italienne avait démenti sèchement, qualifiant ces déclarations de "totalement inventées". Elle avait surtout ajouté une phrase immédiatement reprise dans la presse italienne : "Moi et l’Italie, nous n’implorons jamais". </p><p>Depuis cet échange, les deux capitales tentent de limiter les dégâts. Rome n'a pas rompu le contact avec Washington. Plusieurs membres du gouvernement italien se sont rendus aux célébrations organisées par l'ambassade américaine pour <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/independance-des-etats-unis-le-point-de-vue-de-lexpress-en-1976-seul-pays-dont-lacte-de-naissance-JOJVIHPM4BFPTE474TPDANY6UU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/independance-des-etats-unis-le-point-de-vue-de-lexpress-en-1976-seul-pays-dont-lacte-de-naissance-JOJVIHPM4BFPTE474TPDANY6UU/">la fête nationale des États-Unis</a>. Giorgia Meloni n'y était pas, mais sa sœur Arianna, figure influente de Fratelli d'Italia, avait fait le déplacement. Antonio Tajani y a rappelé que l'amitié entre l'Italie et les États-Unis est "plus forte que n'importe quelle polémique". Côté américain, l'ambassadeur Tilman Fertitta a lui aussi assuré que les relations italo-américaines étaient excellentes. Tout le monde tient à dire que tout va bien. </p><h3>Relations utiles</h3><p>Car Giorgia Meloni n'a aucun intérêt à ouvrir une crise frontale avec Washington. Les États-Unis sont le premier partenaire commercial de l'Italie hors Union européenne, avec des échanges qui ont dépassé les 110 milliards d'euros l'an dernier. La péninsule accueille encore environ 13 000 <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/retrait-de-5-000-soldats-dallemagne-donald-trump-ouvre-une-nouvelle-fracture-avec-leurope-MY2LMZ6ATVGYJPWZD2DI622F3I/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/retrait-de-5-000-soldats-dallemagne-donald-trump-ouvre-une-nouvelle-fracture-avec-leurope-MY2LMZ6ATVGYJPWZD2DI622F3I/">soldats américains</a>, et son industrie de défense reste fortement liée aux partenariats avec les États-Unis. L'atlantisme italien n'est donc pas seulement une préférence politique. C'est une réalité économique, militaire et stratégique, ce qui est beaucoup plus difficile à ignorer qu'un post de Donald Trump.</p><p>En Italie, les réactions politiques à la dernière provocation du président américain ont malgré cela été rapides. Carlo Calenda, chef du parti centriste Azione, a dénoncé sur X un "ignoble voyou de pacotille" et exprimé sa solidarité avec la présidente du Conseil. La presse italienne a, elle aussi, répondu à sa manière. <i>Il Foglio</i> a publié une Une montrant Donald Trump avec <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-est-en-grande-difficulte-les-verites-du-grand-diplomate-estonien-jonatan-vseviov-AFBNRWHOOBDORGX2PDEYFDG6IE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-est-en-grande-difficulte-les-verites-du-grand-diplomate-estonien-jonatan-vseviov-AFBNRWHOOBDORGX2PDEYFDG6IE/">Vladimir Poutine</a>, accompagnée de la même légende : "Restraining order needed".</p><p>Depuis, interrogé mardi 7 juillet par la presse, avant l’ouverture du sommet de l’Otan, le président américain a eu un mot aimable pour Giorgia Meloni : "C’est quelqu’un de bien, en fait." Puis il a aussitôt ajouté : "Je l’aime bien", avant de préciser qu’elle avait, selon lui, "fait une erreur". En cause : le refus de Rome de s’associer à l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. "Elle n’était tout simplement pas là pour nous et ça ne m’a pas plu", a insisté Donald Trump. </p><p>Mais l'épisode oblige tout de même Giorgia Meloni à ajuster sa position. Jusqu'à récemment, celle-ci pouvait être présentée comme l'une des dirigeantes européennes les plus proches du président américain. Elle avait d'ailleurs été la seule dirigeante européenne présente à son investiture en 2025. Cette proximité, utile sur la scène internationale, devient forcément plus délicate lorsque le désaccord devient séquence personnelle. La cheffe du gouvernement italien doit donc préserver la relation américaine sans donner l'impression d'accepter n'importe quel traitement. Une ligne étroite, d'autant plus si l'autre partie publie en lettres majuscules. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/2FEETM5OFRG6XCP6F3FZ6ZSVIE.JPG?auth=3faf3b37f524970eebeda1a4d2b8466c36b952ad78b93e21eb6ce0fe7aa252a5&amp;smart=true&amp;width=5432&amp;height=3623" type="image/jpeg" height="3623" width="5432"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président américain Donald Trump rencontre la Première ministre italienne Giorgia Meloni dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, D.C. (États-Unis), le 17 avril 2025.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS / Evelyn Hockstein</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Au Quai d’Orsay, Jean-Noël Barrot recase quatre de ses proches conseillers]]></title><link>https://www.lexpress.fr/secret-defense/au-quai-dorsay-jean-noel-barrot-recase-quatre-de-ses-proches-conseillers-V4RL3LSGYVGJVN3QG367EKNKMU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/secret-defense/au-quai-dorsay-jean-noel-barrot-recase-quatre-de-ses-proches-conseillers-V4RL3LSGYVGJVN3QG367EKNKMU/</guid><dc:creator><![CDATA[Elsa Trujillo]]></dc:creator><description></description><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 13:48:23 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>A <a href="https://www.lexpress.fr/secret-defense/un-cadre-de-chez-thales-un-ex-coordonnateur-national-du-renseignement-les-nouveaux-ambassadeurs-E6LPYBL2XBCELKJZU24B5ASHFU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/secret-defense/un-cadre-de-chez-thales-un-ex-coordonnateur-national-du-renseignement-les-nouveaux-ambassadeurs-E6LPYBL2XBCELKJZU24B5ASHFU/">la valse des ambassadeurs</a> et au très classique renouvellement estival des postes diplomatiques à travers le monde s’ajoute la nécessité de récompenser les plus fidèles conseillers ministériels. Le cabinet de Jean-Noël Barrot au Quai d’Orsay aura servi de tremplin à plusieurs d’entre eux. La dernière fenêtre de tir s'annonce pour les profils les plus ambitieux, à moins d'un an de <a href="https://www.lexpress.fr/politique/presidentielle-2027-qui-pour-succeder-a-macron-TR72ER2KNNHTNJKFCGVGD65AIE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/presidentielle-2027-qui-pour-succeder-a-macron-TR72ER2KNNHTNJKFCGVGD65AIE/">l'élection présidentielle</a> et de la fin du second quinquennat d'Emmanuel Macron. Sur les dix-sept conseillers du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, trois sont en route vers des postes d’ambassadeurs, dont deux pour la première fois de leur carrière.</p><p>Le conseiller Afrique de Jean-Noël Barrot devrait prendre à la rentrée les fonctions d’ambassadeur de France au Cap-Vert. Omar Keita, qui a également officié en tant que conseiller politique à Addis-Abeba, en Ethiopie, et à New York, au sein de la mission permanente de la France auprès des Nations Unies, était plus largement en charge de l’"agenda transformationnel" du Quai d’Orsay. Une expression forgée par Emmanuel Macron dès 2017 et qui recouvre la construction de nouveaux partenariats économiques et culturels avec les pays africains, notamment d’Afrique de l’Ouest. Sa nomination a été soumise le 27 mai en Conseil des ministres et reste, au même titre que les nominations d’autres ambassadeurs, suspendue à l’agrément du pays d’accueil.</p><p>Plus inattendu sur le papier, la cheffe de cabinet du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères devrait atterrir à la tête de l’un des dix consulats français aux Etats-Unis. Baltis Méjanès, 38 ans, vise le poste de consule générale à Boston. Sa nomination est encore sujette à d’ultimes ajustements. Promue en avril 2024, la désormais conseillère spéciale du ministre n’est pas diplomate de carrière mais a enchaîné les expériences en cabinets. Elle y a développé une expertise sur les dossiers tech ou relatifs à la protection des mineurs en ligne, suivant Jean-Noël Barrot depuis son premier portefeuille ministériel à Bercy. Le vice-président du MoDem était à l’époque en charge du numérique. Sa promotion serait facilitée par la réforme du corps diplomatique, dont le chef de l’Etat est l’architecte et qui a été engagée au Quai d’Orsay dès 2022 pour ouvrir les postes d’ambassadeurs et de consuls généraux à une plus grande diversité de profils.</p><p>L'un des plus prestigieux postes de la diplomatie française, à Washington, a été attribué à Aurélien Lechevallier. L'actuel directeur de cabinet de Jean-Noël Barrot au Quai d'Orsay, diplomate de carrière, sera le prochain ambassadeur de France aux Etats-Unis. Il s'agira d'une seconde expérience en tant qu'ambassadeur, après avoir occupé de telles fonctions en Afrique du Sud, de 2019 à 2022. Son directeur de cabinet adjoint au Quai d'Orsay figure sur la liste consultée par L'Express en tant que futur ambassadeur en Bosnie-Herzégovine, à Sarajevo. Kevin Thuillier, qui accompagne lui aussi Jean-Noël Barrot depuis Bercy, n'est pas diplomate de formation mais peut en revanche se targuer d'un parcours plus politique. Il a été secrétaire général adjoint du groupe MoDem à l'Assemblée nationale de 2017 à 2020. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/A5PEP6NWOFFFJMROFCX2NZ4OWM.jpg?auth=0d4f88f6bf4b29e715fdf155f485bb671f938562d12f6e26e31ea9f95a970587&amp;smart=true&amp;width=5315&amp;height=3543" type="image/jpeg" height="3543" width="5315"><media:description type="plain"><![CDATA[Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, quitte l'Elysée à l'issue du Conseil des ministres à Paris, en France, le 24 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">EPA</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Explosion à Monaco : une femme soupçonnée d'être impliquée retrouvée morte près de Kiev]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/explosion-a-monaco-une-femme-soupconnee-detre-impliquee-retrouvee-morte-pres-de-kiev-OTGJYHNEVJGI3PK3S7OX3AVCPU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/explosion-a-monaco-une-femme-soupconnee-detre-impliquee-retrouvee-morte-pres-de-kiev-OTGJYHNEVJGI3PK3S7OX3AVCPU/</guid><dc:creator><![CDATA[Audrey Parmentier]]></dc:creator><description></description><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 12:19:10 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Le corps d'une Ukrainienne, soupçonnée d'avoir perpétré un <a href="https://www.lexpress.fr/societe/colis-piege-et-oligarque-ukrainien-blesse-ce-que-lon-sait-de-lexplosion-a-monaco-OEPOQBALRFC77M3KVSL7SMBVDQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/societe/colis-piege-et-oligarque-ukrainien-blesse-ce-que-lon-sait-de-lexplosion-a-monaco-OEPOQBALRFC77M3KVSL7SMBVDQ/">attentat à la bombe</a> visant un riche homme d'affaires d'origine ukrainienne à Monaco la semaine dernière, a été retrouvé près de <a href="https://www.lexpress.fr/podcasts/lasemaine-europeenne/ukraine-russie-comment-le-rapport-de-force-est-en-train-de-sinverser-B7VKAN4XF5DTLD2ACYQV7MI46U/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/podcasts/lasemaine-europeenne/ukraine-russie-comment-le-rapport-de-force-est-en-train-de-sinverser-B7VKAN4XF5DTLD2ACYQV7MI46U/">Kiev</a>, la capitale ukrainienne, a rapporté, mardi 7 juillet, le média Ukrainska Pravda. Citant des sources au sein des forces de l'ordre, le média ukrainien a indiqué que la femme avait été abattue par balle et que son corps avait été découvert lundi vers 23 heures, heure locale (20 h 00 GMT).</p><p>Anastasiia Berezovska, 39 ans, figurait comme principale suspecte dans une notice rouge d'Interpol ; celle-ci précisait qu'elle était de nationalité ukrainienne, parlait allemand et était recherchée par les autorités monégasques pour tentative de meurtre, dépôt d'un engin explosif dans un lieu public à des fins criminelles et association de malfaiteurs.</p><p>Le vice-procureur de Monaco a déclaré la semaine dernière que l'auteure de l'attaque avait quitté la principauté à pied pour rejoindre la France voisine, avant de fuir en voiture vers l'Allemagne en traversant plusieurs pays européens, dont l'Italie. Vadim Ermolaev, homme d'affaires d'origine ukrainienne, ainsi que sa compagne et son fils, ont été blessés lors de l'attaque survenue lundi 29 juin, selon certaines sources. Figure du monde des affaires en Ukraine, il appartient au cercle des entrepreneurs qui ont contribué à façonner l’économie du pays après la disparition de l’Union soviétique. Sa fortune est estimée à plusieurs centaines de millions de dollars.</p><h2>Parcours controversé</h2><p>Le parcours de l’homme d’affaires a toutefois été marqué par plusieurs controverses. En décembre 2023, le Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine l’a placé sous sanctions en raison de soupçons portant sur certaines de ses activités commerciales antérieures à l’invasion russe. Les autorités ukrainiennes lui reprochent notamment d’avoir poursuivi des activités de négoce d’alcool en Crimée sous occupation russe, des accusations qu’il conteste. Ses démêlés ne se limitent pas à l’Ukraine. </p><p>Dans un article publié en 2022, <i>Nice-Matin </i>rappelait qu’il avait également été copropriétaire de Versobank, une banque estonienne dont l’agrément avait été retiré par la Banque centrale européenne en 2018. Cette attaque remet également en lumière le "bataillon Monaco", surnom sarcastique donné à de riches hommes d’affaires ukrainiens en âge de combattre qui ont quitté leur pays en guerre pour s’installer sur la <a href="https://www.lexpress.fr/culture/livre/la-cote-dazur-le-paradis-perdu-des-ecrivains-etrangers-6RB3RHIHMFA43IOO3DZLJOYLPM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/culture/livre/la-cote-dazur-le-paradis-perdu-des-ecrivains-etrangers-6RB3RHIHMFA43IOO3DZLJOYLPM/">Côte d’Azur</a>. Plusieurs médias ukrainiens affirment que ces départs se sont effectués en violation de la loi martiale et de la mobilisation générale décrétées par le président Volodymyr Zelensky, qui interdisent aux hommes âgés de 18 à 60 ans de quitter le territoire.</p><h2>Deux suspects déjà interpellés</h2><p><i>Ukrainska Pravda</i>, citant une source au sein des forces de l'ordre, a rapporté que deux suspects avaient déjà été interpellés dans le cadre de cette affaire d'attentat à la bombe. L'un d'eux est un officier de la Direction principale du renseignement (HUR), tandis que l'autre est un ancien membre des forces de l'ordre, a précisé <i>Ukrainska Pravda</i>. La police ukrainienne et le HUR n'ont pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.</p><p>Vadim Ermolaev a obtenu la nationalité chypriote en 2019 et a été visé par des sanctions ukrainiennes en 2023. Selon les médias ukrainiens, ces sanctions faisaient suite à des activités commerciales menées en Crimée, territoire occupé par la Russie.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/F3HYBW7DYZBHLJZEIKMEB5PHJ4.JPG?auth=d2c575746404f349bf0135b6ee58642034582665706ef1b56dd2ada7a3c967e0&amp;smart=true&amp;width=320&amp;height=146" type="image/jpeg" height="146" width="320"><media:description type="plain"><![CDATA[Anastasia Berezovska, une Ukrainienne de 39 ans désignée comme suspecte dans le cadre d'une explosion ayant blessé trois personnes à Monaco lundi 29 juin, apparaît sur cette photo non datée obtenue par Reuters le 3 juillet 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Iran : les funérailles de Khamenei, un "spectacle" indécent au service de la vengeance]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-funerailles-de-khamenei-un-spectacle-indecent-au-service-de-la-vengeance-LXXWFOZFHRBWDOSP6DZUR6PHH4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-funerailles-de-khamenei-un-spectacle-indecent-au-service-de-la-vengeance-LXXWFOZFHRBWDOSP6DZUR6PHH4/</guid><dc:creator><![CDATA[Charles Carrasco]]></dc:creator><description></description><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 10:53:09 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Ironie du calendrier, au moment où l’Iran enterre <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/">l’ex-Guide suprême</a> Ali Khamenei, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/coupe-du-monde-2026-quand-donald-trump-se-mele-de-la-suspension-dun-joueur-americain-7UMKGQIJBRFX3OJPMAM2WHTADE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/coupe-du-monde-2026-quand-donald-trump-se-mele-de-la-suspension-dun-joueur-americain-7UMKGQIJBRFX3OJPMAM2WHTADE/">le président américain</a> vient de célébrer le 250e anniversaire de naissance des Etats-Unis. Deux événements censés incarner, chacun à leur manière, la grandeur nationale dans un contexte marqué par une double confrontation militaire en l'espace d'un an. A Téhéran, la télévision nationale montre le cercueil escorté par une marée humaine, avant six jours de procession à travers les villes saintes du chiisme, en Iran puis en Irak. Iraniens pro-régime, Libanais <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/si-jetais-le-hezbollah-je-serais-tres-inquiet-lavertissement-de-matthew-levitt-ILN5SYIAOFBLVMMOM6A2HS6O7A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/si-jetais-le-hezbollah-je-serais-tres-inquiet-lavertissement-de-matthew-levitt-ILN5SYIAOFBLVMMOM6A2HS6O7A/">du Hezbollah,</a> Yéménites, Afghans, Pakistanais, Indiens : tous ces "participants" au service d'un même symbole, celui de la puissance transnationale de la République islamique. </p><p>A contrario, la grande foire patriotique de Washington a offert la sensation d’une fête bâclée et surpolitisée avec des stands déserts, une foule éparse sous la canicule et une partie de la scène s’effondrant quelques heures avant le discours d’un président qui bat des records d’impopularité. Selon le dernier sondage du <a href="https://www.ft.com/content/f1fe0dae-d22b-4284-b0f9-fa10f717af1c?syn-25a6b1a6=1" target="_blank" rel="" title="https://www.ft.com/content/f1fe0dae-d22b-4284-b0f9-fa10f717af1c?syn-25a6b1a6=1"><i>Financial Times</i></a><i>,</i> 44 % des électeurs déclarent même que la guerre a affaibli la position des États-Unis face à l'Iran. </p><h2>La bataille des récits </h2><p>Mais derrière la mine des mauvais jours de l’administration américaine et la liesse orchestrée par les mollahs, qui clament leur "victoire" face à leurs ennemis historiques, se joue une autre bataille : celle des récits. S'appuyant sur une machine à propagande bien huilée, Téhéran veut imposer l'image d'un Etat fort - même si celle-ci est fausse. Les quarante jours de conflit avec Washington ont laissé Téhéran aussi affaiblie qu'isolée. Si Téhéran n’organise que maintenant les funérailles du Guide - ce qui est contraire aux normes islamiques - c’est justement parce qu’elle en sort très diminuée. Cette cérémonie, boudée par <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-aux-funerailles-dali-khamenei-labsence-de-son-fils-et-successeur-mojtaba-pose-question-2MJJ6FONEJCMDI64RO7UMIEPKA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-aux-funerailles-dali-khamenei-labsence-de-son-fils-et-successeur-mojtaba-pose-question-2MJJ6FONEJCMDI64RO7UMIEPKA/">son propre fils Mojtaba</a> qui lui a succédé, scelle aussi l’isolement géopolitique du pays. Ni le président chinois ni le président russe - qui a envoyé Dmitri Medvedev - n’ont fait le déplacement. Et ces cérémonies, aussi fastueuses soient-elles, ne peuvent masquer la crise économique qui étrangle la population. Il y a d'ailleurs quelque chose d'indécent à voir ces distributions de nourriture - et le rétablissement d'Internet - sur le parcours du cortège, quand on se souvient que la répression a fait des dizaines de milliers de morts en janvier dernier. </p><p>Depuis plusieurs jours, médias et télévisions du régime n’ont qu’un mot à la bouche : "vengeance", comme seul horizon pour honorer la mémoire du Guide, avec des appels récurrents aux meurtres <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-iran-le-fils-du-chah-reza-pahlavi-de-retour-pourquoi-benyamin-netanyahou-en-reve-5TKZYZDNNJAJFD6NNIJS3IXQHM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-iran-le-fils-du-chah-reza-pahlavi-de-retour-pourquoi-benyamin-netanyahou-en-reve-5TKZYZDNNJAJFD6NNIJS3IXQHM/">de Benyamin Netanyahou</a> et de Donald Trump. La présence, lors de l'hommage rendu à Ali Khamenei, du chef des Gardiens de la révolution, Ahmad Vahidi, en dit long sur l’état d’esprit qui règne à Téhéran. "L'accord passé avec les Etats-Unis n'est qu'une pause temporaire - et non un règlement du différend irano-américain - afin de préparer la prochaine phase de confrontation militaire", prédit Clément Therme, fin connaisseur de la République islamique. </p><p>Dans ce cadre, comment croire à l'éventualité d'un succès des négociations entamées avec les Américains depuis le 17 juin. Grâce au détroit d’Ormuz, l’Iran les aborde en position de force face à un Donald Trump qui ne veut surtout pas retourner dans ce guêpier. La prochaine échéance de négociations se situe autour du 18 juillet, un jour avant la finale de <a href="https://www.lexpress.fr/politique/emmanuel-macron-et-la-tentation-de-la-coupe-du-monde-olivier-faure-furieux-contre-radio-nova-7HV23E3J7ZFR5LPLSQ6W2725RA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/emmanuel-macron-et-la-tentation-de-la-coupe-du-monde-olivier-faure-furieux-contre-radio-nova-7HV23E3J7ZFR5LPLSQ6W2725RA/">la Coupe du monde de football.</a> Washington joue la montre. Et Téhéran, lui, fabrique patiemment, au moyen de ses "martyrs", sa revanche dans le temps long.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/44J2RQHUUZHKXNNB5DSXVBYSUQ.JPG?auth=756b93f66a9144c6ca09793bd6e5a7a596f454954beeff08324f106161656f64&amp;smart=true&amp;width=5325&amp;height=3550" type="image/jpeg" height="3550" width="5325"><media:description type="plain"><![CDATA[Un véhicule arborant une banderole à l'effigie du défunt Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, se fraye un chemin à travers la foule assistant aux funérailles de Khamenei, tué le 28 février lors de frappes aériennes israéliennes et américaines, à Téhéran, en Iran, le 6 juillet 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Emmanuel Macron en Syrie : des explosions à Damas près de l'hôtel du président français]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/emmanuel-macron-en-syrie-des-explosions-a-damas-pres-de-lhotel-du-president-francais-WRXAXNAISFFA3LCFHBUTTRQLPY/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/emmanuel-macron-en-syrie-des-explosions-a-damas-pres-de-lhotel-du-president-francais-WRXAXNAISFFA3LCFHBUTTRQLPY/</guid><description></description><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 10:31:09 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Deux bombes ont explosé mardi 7 juillet au matin à Damas, en <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-syrie-la-course-aux-investissements-pour-reconstruire-un-pays-devaste-IZZV7IH2WBH7TED6JSTANOF5TU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-syrie-la-course-aux-investissements-pour-reconstruire-un-pays-devaste-IZZV7IH2WBH7TED6JSTANOF5TU/">Syrie</a>, à proximité de l'hôtel où <a href="https://www.lexpress.fr/politique/emmanuel-macron-et-la-tentation-de-la-coupe-du-monde-olivier-faure-furieux-contre-radio-nova-7HV23E3J7ZFR5LPLSQ6W2725RA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/emmanuel-macron-et-la-tentation-de-la-coupe-du-monde-olivier-faure-furieux-contre-radio-nova-7HV23E3J7ZFR5LPLSQ6W2725RA/">Emmanuel Macron</a> venait d'échanger avec des acteurs de la société civile, ont rapporté les médias officiels syriens, mais le président français, qui avait quitté les lieux peu avant, est indemne et entend maintenir le programme de sa visite, selon l'Elysée.</p><p>"Rien ne pourra étouffer l’aspiration des Syriennes et des Syriens à vivre dans une Syrie pleinement souveraine, sûre, pluraliste, unie. Ce matin j’ai rencontré la Syrie dans toute sa diversité. J’ai vu la dignité, le courage et la détermination. Ma visite se poursuit", a <a href="https://x.com/EmmanuelMacron/status/2074429009329308088" target="_self" rel="" title="https://x.com/EmmanuelMacron/status/2074429009329308088">posté</a> en fin de matinée le chef de l'Etat sur X.</p><p>Dix-huit personnes, dont quatre policiers, ont été blessées par les explosions, a rapporté l'agence de presse officielle syrienne. Celles-ci ont eu lieu dans un quartier animé de la capitale syrienne, entre le ministère du Tourisme et le musée national syrien, de l'autre côté de la rue où se trouve l'hôtel Four Seasons et où Emmanuel&nbsp;Macron&nbsp;avait reçu dans la matinée des membres de la société civile.</p><p>La première explosion a retenti peu après le départ du convoi d'Emmanuel&nbsp;Macron&nbsp;vers le palais présidentiel où l'attendait son homologue syrien <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/syrie-ahmed-al-charaa-lancien-djihadiste-qui-pourrait-faire-la-paix-avec-israel-Y6HP2QSOO5ASJEZ2AJSC3XLJBI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/syrie-ahmed-al-charaa-lancien-djihadiste-qui-pourrait-faire-la-paix-avec-israel-Y6HP2QSOO5ASJEZ2AJSC3XLJBI/">Ahmed al-Charaa</a>. Des images tournées par Reuters montrent des flammes et de la fumée s'élevant d'une benne à ordures lorsqu'une seconde explosion se produit à quelques mètres de là, près d'une ambulance, où une vingtaine de personnes s'étaient rassemblées.</p><blockquote class="twitter-tweet"><p lang="en" dir="ltr">Video captured the moment of one of at least two explosions in Syria’s capital Damascus on Tuesday, near a hotel where France’s President Emmanuel Macron was staying on an official visit. <a href="https://t.co/8iOpWEuw0N">pic.twitter.com/8iOpWEuw0N</a></p>&mdash; Al Jazeera English (@AJEnglish) <a href="https://x.com/AJEnglish/status/2074409956518895887?ref_src=twsrc%5Etfw">July 7, 2026</a></blockquote><p>Le ministère de l'Intérieur syrien a déclaré que les forces de sécurité avaient repéré deux engins artisanaux près du ministère du Tourisme, qui ont explosé alors qu'elles se préparaient à les désamorcer. Les deux bombes, l'une dans un véhicule, l'autre dans la benne à ordures, avaient été placées en dehors du cordon de sécurité installé autour de l'hôtel et n'ont présenté aucune menace pour le président français, a-t-il ajouté.</p><p>Les attaques n'ont pas été revendiquées dans l'immédiat. Les forces de sécurité syriennes ont lancé des opérations de recherche pour identifier les responsables, a rapporté la chaîne de télévision oofficielle Al Ekhbariya, citant une source sécuritaire. Des&nbsp;rues ont été bouclées et des mesures de sécurité ont été mises en place,&nbsp;a dit à Reuters une source proche des services de sécurité.</p><h3>Situation sécuritaire fragile</h3><p>L'Elysée a déclaré que les détonations n'étaient pas audibles du convoi présidentiel. Un journaliste reporter d'images de Reuters présent au sein du pool de presse accompagnant le président n'a pas entendu d'explosions.</p><p>Emmanuel&nbsp;Macron&nbsp;a été reçu comme prévu dans la matinée&nbsp;au palais présidentiel par&nbsp;Ahmed&nbsp;al-Charaa,&nbsp;ancien chef rebelle djihadiste qui a entrepris de reconstruire la Syrie après treize années de guerre civile en la rapprochant des puissances de l'Occident et du Golfe. Le président français est <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/emmanuel-macron-va-se-rendre-en-syrie-une-premiere-pour-un-president-francais-depuis-17-ans-YVVQWRCWXNBQLCLS5LRNDH4MZQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/emmanuel-macron-va-se-rendre-en-syrie-une-premiere-pour-un-president-francais-depuis-17-ans-YVVQWRCWXNBQLCLS5LRNDH4MZQ/">le&nbsp;premier chef d'Etat&nbsp;d'un pays de l'Union européenne</a> à se rendre à Damas depuis la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024.</p><p>La situation sécuritaire reste fragile en Syrie. Le groupe Etat islamique a revendiqué depuis février une série d'attentats contre les forces de sécurité dans le cadre d'une "nouvelle phase" d'opérations contre le gouvernement al-Charaa. L'explosion d'une bombe dans un café bondé a fait neuf morts jeudi dernier dans la capitale syrienne.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/MWIT4NUQDZH2PHUQFGOCY6YE3I.JPG?auth=9ecc65bdca632e730067132acdcc7f3fc753c069ed6e0a41fe9071c41f7f0b02&amp;smart=true&amp;width=5000&amp;height=3333" type="image/jpeg" height="3333" width="5000"><media:description type="plain"><![CDATA[Emmanuel Macron et le président syrien Ahmed al-Charaa, à Damas le 7 juillet 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Sommet de l'Otan : le rapport de force se rééquilibre entre l'Europe et Donald Trump]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/sommet-de-lotan-les-europeens-en-meilleure-posture-face-a-donald-trump-NSCML4RPOFD3ZPHOHHA4Z5QPSA/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/sommet-de-lotan-les-europeens-en-meilleure-posture-face-a-donald-trump-NSCML4RPOFD3ZPHOHHA4Z5QPSA/</guid><dc:creator><![CDATA[Luc de Barochez]]></dc:creator><description></description><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 10:18:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>De la même façon que les Belges ont maté les Américains en Coupe du monde de football malgré <a href="https://www.lexpress.fr/monde/coupe-du-monde-2026-quand-donald-trump-se-mele-de-la-suspension-dun-joueur-americain-7UMKGQIJBRFX3OJPMAM2WHTADE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/coupe-du-monde-2026-quand-donald-trump-se-mele-de-la-suspension-dun-joueur-americain-7UMKGQIJBRFX3OJPMAM2WHTADE/">la tricherie de Donald Trump</a>, les dirigeants européens espèrent dompter le président américain au sommet de l’Otan qui s’achève mercredi 8 juillet à Ankara. Ils sont encouragés par l’évolution à leur avantage du rapport de force qui les oppose à l’irascible président des Etats-Unis. <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/lotan-sans-lamerique-un-defi-colossal-pour-leurope-JI5FUTSLBVDLVA7R4AEYVHN64A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/lotan-sans-lamerique-un-defi-colossal-pour-leurope-JI5FUTSLBVDLVA7R4AEYVHN64A/">La séparation transatlantique</a> reste douloureuse pour beaucoup d’entre eux mais désormais, il s’agit plus d’apprendre à dormir dans des lits séparés que de craindre un divorce acrimonieux.</p><p>Quelle évolution en un an ! Lors <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/sommet-de-la-haye-donald-trump-a-deja-rompu-avec-la-politique-du-consensus-a-lotan-MNLPJQIAQVG53K7TMBM4YGUUAE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/sommet-de-la-haye-donald-trump-a-deja-rompu-avec-la-politique-du-consensus-a-lotan-MNLPJQIAQVG53K7TMBM4YGUUAE/">du précédent sommet de l’Otan</a>, il y a un an à La Haye, les Européens étaient apparus pusillanimes et irrésolus, face à un Donald Trump conquérant. Six mois après son retour à la Maison-Blanche, l’Américain imposait aux Alliés l'engagement de quasiment doubler leurs dépenses de défense à l’horizon 2035. Encouragé par cet acquis spectaculaire, il n’a cessé de bousculer les Européens. <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/l-ukraine-hesite-entre-est-et-ouest_1302698.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/l-ukraine-hesite-entre-est-et-ouest_1302698.html">En Ukraine</a>, il a cajolé Vladimir Poutine et lâché Volodymyr Zelensky. Il a menacé de s’emparer du Groenland, Il a soutenu les forces eurosceptiques sur le Vieux Continent. Il a infligé des droits de douane unilatéraux à tout va. Il a attaqué l’Iran, déclenchant une crise énergétique de grande ampleur qui a ravivé l’inflation.</p><p>Mais voilà, si l’on excepte les droits de douane, Donald Trump n’a pu mener à bien aucun de ses paris. En Ukraine, sa promesse d’imposer un arrêt des combats n’a pas résisté à l’appétit de conquête de Poutine et sur le terrain, l’armée ukrainienne <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-comment-kiev-tente-dasphyxier-la-crimee-de-vladimir-poutine-CX45PIGMNVF7PEG5FQRFS56UOQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-comment-kiev-tente-dasphyxier-la-crimee-de-vladimir-poutine-CX45PIGMNVF7PEG5FQRFS56UOQ/">a semblé reprendre l’avantage</a> ces dernières semaines. Au Groenland, l’Américain a dû mettre une sourdine à ses ambitions. En Iran, il n’a pas réussi à faire plier le régime islamiste, n’obtenant qu’un cessez-le-feu fragile et incertain. Ses alliés sur le Vieux Continent ont dû quitter la scène (Viktor Orban) ou ont tourné casaque (Giorgia Meloni). Dans le cénacle des 32 Etats membres de l’Otan, il ne reste plus guère que le Turc Recep Tayyip Erdogan à lui être toujours favorable, et encore. Tout cela conforte les Européens.</p><p>En outre, ceux-ci ont appris à gérer l’Américain. La débauche de flagornerie observée à La Haye n’a permis qu’une amélioration minimale et passagère. Cette fois-ci, ils ont changé de tactique : leurs arguments sont sonnants et trébuchants. Selon le secrétaire général de l’Otan <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/ce-que-fait-le-president-est-crucial-mark-rutte-indefectible-soutien-de-donald-trump-BNJKMPPO6BDC5HKEGX5QF7LT44/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/ce-que-fait-le-president-est-crucial-mark-rutte-indefectible-soutien-de-donald-trump-BNJKMPPO6BDC5HKEGX5QF7LT44/">Mark Rutte</a>, les 31 alliés des Etats-Unis ont dépensé collectivement 258 milliards de dollars de plus pour leur défense sur les deux dernières années. Or, cet argent va, pour moitié environ, à l’industrie de défense américaine, ce qui équivaut à quelque 195 000 emplois américains préservés grâce à l’argent européen, si l’on en croit les calculs de Rutte. Les 31 alliés "sont en passe d’égaliser leurs dépenses de défense avec celles des Etats-Unis", a-t-il dit. Et il a annoncé en marge du sommet d'Ankara de nouveaux contrats d'achat d'équipements de défense qui totalisent plusieurs dizaines de milliards de dollars. Les Européens espèrent que cette manne permettra d’obtenir sinon les bonnes grâces de Donald Trump, du moins sa compréhension.</p><p>Selon des diplomates, la déclaration qui doit être publiée à l’issue du sommet d’Ankara contiendra deux points importants pour l’Europe : la réaffirmation de la validité de l’article 5 de l’Otan, à savoir l’engagement de défense collective en cas d’agression extérieure que Trump avait mis en question à plusieurs reprises, ainsi que la reconnaissance que l’Ukraine est <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/on-peut-demolir-les-russes-voyage-au-coeur-de-lindustrie-de-guerre-ukrainienne-4J2XMH4MNZA25G6XSDFRQBUMWM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/on-peut-demolir-les-russes-voyage-au-coeur-de-lindustrie-de-guerre-ukrainienne-4J2XMH4MNZA25G6XSDFRQBUMWM/">un pays contributeur à la sécurité euroatlantique</a>, même si sa demande d’adhésion à l’Alliance reste bloquée. Il y a encore quelques semaines, il n’était pas évident que Donald Trump puisse souscrire à ces deux points jugés très positifs côté européen.</p><p>En revanche, l’aide à l’Ukraine restera strictement eurocanadienne : outre les 70 milliards d’euros promis cette année à Kiev, une somme "au moins équivalente" sera promise pour 2027. Mais les Etats-Unis, encore une fois, ne donneront pas le moindre dollar. Les meilleures dispositions de Trump envers Zelensky ne vont pas jusqu’à l’inciter à ouvrir le portefeuille américain.</p><h2>Des défis militaires</h2><p>Même si le climat transatlantique réussit à devenir moins acariâtre, les défis à surmonter pour les Européens <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/lotan-sans-lamerique-un-defi-colossal-pour-leurope-JI5FUTSLBVDLVA7R4AEYVHN64A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/lotan-sans-lamerique-un-defi-colossal-pour-leurope-JI5FUTSLBVDLVA7R4AEYVHN64A/">n’en restent pas moins considérables</a> car le retrait américain déjà en cours pourrait s’accélérer : à la dernière réunion des ministres de la Défense de l’Otan, le ministre américain Pete Hegseth a annoncé non seulement <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/otan-les-etats-unis-preparent-une-reduction-majeure-de-leurs-capacites-militaires-N4IE7FUR5BHY7K4FPCNWGD5WYA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/otan-les-etats-unis-preparent-une-reduction-majeure-de-leurs-capacites-militaires-N4IE7FUR5BHY7K4FPCNWGD5WYA/">une diminution nette des moyens militaires</a> que les Etats-Unis s’engagent à mettre à la disposition de l’Otan en cas d’agression extérieure, mais aussi un passage en revue, dans les six mois qui viennent, du dispositif déployé par l’armée américaine sur le sol européen.</p><p>Les Européens doivent mettre leur industrie de défense en ordre de bataille, pour qu’elle soit capable de produire plus et plus vite. Ils doivent trouver les marges de manœuvre budgétaire pour appliquer leurs engagements financiers. Ils doivent apprendre à dépenser plus intelligemment, plutôt de le faire chacun de leur côté et dans le désordre. Et ils doivent trouver comment compenser les moyens que seuls les Américains sont jusqu’à présent capables de fournir, du renseignement satellitaire aux bombardiers stratégiques en passant par les frappes à longue portée ou la défense antimissile, sans parler de la dissuasion nucléaire.</p><p>En somme, il s’agit de transformer des engagements budgétaires en capacités militaires réelles et interopérables, sous la pression d'un allié américain de plus en plus imprévisible et alors que la pression monte. Car <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/attaques-russes-provocations-le-scenario-redoute-par-les-etats-unis-en-pologne-Z6VCCNEJAFDQDKUDVQMTTJC27I/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/attaques-russes-provocations-le-scenario-redoute-par-les-etats-unis-en-pologne-Z6VCCNEJAFDQDKUDVQMTTJC27I/">si les Russes voulaient tester la solidité de l’Otan</a>, comme le craignent nombre de stratèges européens, la meilleure période de le faire pourrait bien être dans les mois qui viennent, avant que l’Europe ait eu le temps de s'adapter à l’éloignement américain.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/VNQNTZIW5BCOFIGWSAXLJQWD7E.JPG?auth=5d71288235d92c3b8a3b993c8a86d6ce3977e131679b92b1163dd5fe05df0fd8&amp;smart=true&amp;width=6000&amp;height=4000" type="image/jpeg" height="4000" width="6000"><media:description type="plain"><![CDATA[La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, arrive à Ankara avant le 36e sommet de l'Otan, en Turquie, le 6 juillet 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">Metin Aktaş/Pool via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Gaza : le Hamas annonce céder le pouvoir, mais laisse de côté la question de son désarmement]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/gaza-le-hamas-annonce-ceder-le-pouvoir-mais-laisse-de-cote-la-question-de-son-desarmement-F7IVCT2FGRBY3LHS73K2QRF4EM/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/gaza-le-hamas-annonce-ceder-le-pouvoir-mais-laisse-de-cote-la-question-de-son-desarmement-F7IVCT2FGRBY3LHS73K2QRF4EM/</guid><dc:creator><![CDATA[Audrey Parmentier]]></dc:creator><description></description><pubDate>Tue, 07 Jul 2026 10:14:54 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Après près de vingt ans de pouvoir sur la <a href="https://www.lexpress.fr/monde/gaza-a-quoi-pourrait-ressembler-la-base-militaire-internationale-envisagee-par-donald-trump-7PPNDCA3NFBDRMST6INZYSLYQI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/gaza-a-quoi-pourrait-ressembler-la-base-militaire-internationale-envisagee-par-donald-trump-7PPNDCA3NFBDRMST6INZYSLYQI/">bande de Gaza</a>, le Hamas dit être prêt à tourner une page. Le mouvement islamiste a annoncé, lundi 6 juillet, la dissolution de son gouvernement de fait et proposé de transférer l’administration du territoire au Comité national pour l’administration de Gaza (CNAG), une structure de technocrates palestiniens créée dans le cadre d’un plan soutenu par les États-Unis.</p><p>Présentée comme une avancée vers une gouvernance civile de l’enclave, cette annonce pourrait marquer un tournant politique majeur. Mais elle ne répond pas à la principale exigence d’<a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/accord-entre-les-etats-unis-et-liran-israel-defie-donald-trump-et-poursuit-ses-frappes-au-liban-N2MOCBIER5CNPLOBPMFDJWMXNQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/accord-entre-les-etats-unis-et-liran-israel-defie-donald-trump-et-poursuit-ses-frappes-au-liban-N2MOCBIER5CNPLOBPMFDJWMXNQ/">Israël</a> et de Washington : le<a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/gaza-le-hamas-desarme-a-la-fin-de-la-semaine-lexigence-du-conseil-de-la-paix-de-donald-trump-ODKWJGA6K5CODJRRH36WOO3VGI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/gaza-le-hamas-desarme-a-la-fin-de-la-semaine-lexigence-du-conseil-de-la-paix-de-donald-trump-ODKWJGA6K5CODJRRH36WOO3VGI/"> désarmement du Hamas</a>. Le mouvement affirme au contraire qu’il conservera ses armes tant que <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-au-moyen-orient-israel-etend-ses-operations-dans-le-sud-du-liban-GKVF2Q3ANVBZ3P4422FX4XTS7I/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-au-moyen-orient-israel-etend-ses-operations-dans-le-sud-du-liban-GKVF2Q3ANVBZ3P4422FX4XTS7I/">l’armée israélienne </a>continuera d’occuper plus de 60 % de la bande de Gaza et que le cessez-le-feu restera, selon lui, régulièrement violé.</p><p>Dans les faits, le transfert de pouvoir reste largement hypothétique. Le CNAG, auquel le Hamas propose de remettre les rênes de Gaza, n’a jamais pu exercer ses fonctions : depuis sa création en janvier dernier, à la suite d’un <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/gaza-le-gouvernement-israelien-approuve-la-premiere-phase-de-laccord-de-cessez-le-feu-TGMFS4U6KZCATEBRSUIAVK5XVU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/gaza-le-gouvernement-israelien-approuve-la-premiere-phase-de-laccord-de-cessez-le-feu-TGMFS4U6KZCATEBRSUIAVK5XVU/">cessez-le-feu</a> négocié par les <a href="https://www.lexpress.fr/secret-defense/sommet-de-lotan-les-etats-unis-sont-percus-comme-un-fournisseur-darmes-non-fiable-TUZJ7Q2THBCFBEDZ7WE32IUOIA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/secret-defense/sommet-de-lotan-les-etats-unis-sont-percus-comme-un-fournisseur-darmes-non-fiable-TUZJ7Q2THBCFBEDZ7WE32IUOIA/">États-Unis</a>, Israël lui interdit l’accès au territoire. Le président du CNAG, Ali Shaath, s’est déclaré "pleinement prêt" à prendre ses fonctions dès que les moyens nécessaires seront réunis. Sans calendrier précis. </p><h3>Un coût politique limité</h3><p>De son côté, le chef de l’administration du Hamas, Mohammed al-Farra, a annoncé sa démission et assuré que le mouvement cesserait toute influence politique sur la gouvernance. Les ministères, en revanche, continueront de tourner avec les fonctionnaires déjà en poste dans l’attente de l’arrivée du comité. Le Hamas précise également qu’il continuera d’honorer les missions de sécurité et de maintien de l’ordre dans les zones qu’il contrôle encore.</p><p>Certains analystes estiment ainsi que le coût politique de cette décision reste limité pour le Hamas. Celui-ci "a dissous son gouvernement, mais n’a pas renoncé à son contrôle sécuritaire", souligne la politologue palestinienne Reham Owda auprès de <a href="https://www.lorientlejour.com/article/1540418/a-gaza-le-hamas-dissout-ses-instances-pour-mettre-israel-dos-au-mur.html" target="_blank" rel="" title="https://www.lorientlejour.com/article/1540418/a-gaza-le-hamas-dissout-ses-instances-pour-mettre-israel-dos-au-mur.html"><i>L'Orient-Le Jour</i></a>. Selon elle, le mouvement cherche avant tout à faire échec aux tentatives israéliennes de le désarmer, notamment en empêchant les habitants des zones qu’il contrôle de se déplacer vers l’autre côté de la "<a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/gaza-comment-israel-continue-de-grignoter-du-terrain-en-avancant-sa-ligne-jaune-NDW6FLSOBVBATIV5ZBO66Y5S4U/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/gaza-comment-israel-continue-de-grignoter-du-terrain-en-avancant-sa-ligne-jaune-NDW6FLSOBVBATIV5ZBO66Y5S4U/">ligne jaune</a>", qui délimite près de 60 % de la bande de Gaza sous contrôle israélien. Il espère également préserver son influence dans la future gouvernance de l’enclave en obtenant l’intégration de ses fonctionnaires et de sa police au sein des nouvelles institutions.</p><h3>Israël dénonce "une ruse"</h3><p>Par ailleurs, les autorités israéliennes, elles, n’ont accordé aucun crédit à cette annonce. Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, a estimé que la volonté affichée du Hamas de "laisser la place" à un gouvernement de technocrates n’était qu’une "ruse" destinée à éviter son désarmement. "Tant que le Hamas conservera ses armes, tout gouvernement civil agira nécessairement selon les diktats du Hamas", a-t-il écrit sur X. Israël maintient ainsi sa ligne rouge : la mise en œuvre du plan soutenu par Washington passe, selon l'Etat hébreu, par le désarmement complet du mouvement islamiste.</p><p>Cette annonce intervient alors que la situation humanitaire demeure dramatique sur le territoire. Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/gaza-plus-de-80-des-morts-palestiniens-sont-des-civils-dapres-les-chiffres-de-larmee-israelienne-7JQXSEHGMVG4VM5UB6QDBMVME4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/gaza-plus-de-80-des-morts-palestiniens-sont-des-civils-dapres-les-chiffres-de-larmee-israelienne-7JQXSEHGMVG4VM5UB6QDBMVME4/">73 000 Palestiniens ont été tués</a> depuis le début de la guerre déclenchée après les attaques du 7 octobre 2023. Les troupes israéliennes contrôlent désormais plus de 60 % de la bande de Gaza, tandis que la quasi-totalité des deux millions d’habitants a été déplacée par les combats et vit dans des conditions extrêmement précaires. Dans ce contexte, la dissolution du gouvernement du Hamas constitue sans doute le geste politique le plus important du mouvement depuis son arrivée au pouvoir. Mais tant que demeureront sans réponse les questions du désarmement, du contrôle du territoire et du retrait israélien, cette annonce pourrait rester davantage un signal politique qu’un véritable tournant sur le terrain.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/Z6R764O3IBCZXGJBYCS7TBYPUM.JPG?auth=2fc4a4e3742f365c9fa4bbe08eb6904e3b13acd58391227879c22fdb71d17d4a&amp;smart=true&amp;width=5115&amp;height=3410" type="image/jpeg" height="3410" width="5115"><media:description type="plain"><![CDATA[Malgré l'annonce de la dissolution de son gouvernement, le Hamas affirme qu'il conservera ses armes tant que l’armée israélienne continuera d’occuper plus de 60 % de la bande de Gaza.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Au Royaume-Uni, la nouvelle affaire qui embarrasse Nigel Farage]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/au-royaume-uni-la-nouvelle-affaire-qui-embarrasse-nigel-farage-QS4GASV44NEXBGU7SE447GLEB4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/au-royaume-uni-la-nouvelle-affaire-qui-embarrasse-nigel-farage-QS4GASV44NEXBGU7SE447GLEB4/</guid><description></description><pubDate>Mon, 06 Jul 2026 17:11:28 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Nigel Farage a bâti sa carrière sur une idée simple : rendre le pouvoir aux Britanniques. Reprendre le contrôle des frontières, des lois, des décisions, et du destin national. Le slogan était clair, efficace et facilement déclinable sur les affiches de campagne. Dix ans après le Brexit, une autre question s’invite dans le débat : qui contrôle Nigel Farage ? La formule vient de ses adversaires, évidemment, mais elle résume assez bien l’affaire qui embarrasse aujourd’hui <a href="https://www.lexpress.fr/monde/nigel-farage-lance-son-parti-anti-immigration-reform-uk-a-la-conquete-de-lecosse-CJC2GITWBBFSDLHG7I5SGPTIVU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/nigel-farage-lance-son-parti-anti-immigration-reform-uk-a-la-conquete-de-lecosse-CJC2GITWBBFSDLHG7I5SGPTIVU/">le chef de Reform UK</a>. Depuis plusieurs semaines, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/royaume-uni-quand-lue-financait-malgre-elle-la-campagne-pro-brexit-de-nigel-farage-WGUAD4STNRCZRPO2WKLLP74QSY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/royaume-uni-quand-lue-financait-malgre-elle-la-campagne-pro-brexit-de-nigel-farage-WGUAD4STNRCZRPO2WKLLP74QSY/">l’ancien champion du Brexit</a> fait face à une série de révélations sur ses financements, les avantages dont il aurait bénéficié et ses liens avec plusieurs donateurs fortunés.</p><p>La dernière affaire en date concerne George Cottrell, ancien allié de Nigel Farage, aristocrate, entrepreneur dans les cryptomonnaies et figure du jeu en ligne offshore. Son parcours est également marqué par un passé judiciaire : arrêté aux États-Unis en 2017, il a ensuite plaidé coupable dans une affaire de fraude électronique après avoir conclu un accord avec la justice américaine. Selon des révélations du <a href="https://www.thetimes.com/uk/politics/article/revealed-nigel-farage-secretly-funded-by-convicted-criminal-j0brtrlnk" target="_blank" rel="" title="https://www.thetimes.com/uk/politics/article/revealed-nigel-farage-secretly-funded-by-convicted-criminal-j0brtrlnk"><i>Sunday Times</i></a><i> </i>parues<i> </i>ce 5 juillet, Cottrell aurait offert à Nigel Farage plusieurs avantages non déclarés : l’usage d’une maison située près de Buckingham Palace, du personnel chargé d'améliorer sa présence sur les réseaux sociaux ainsi que des frais de sécurité. Une accusation que Nigel Farage et ses proches démentent. Reform UK parle d’un article "<a href="https://edition.cnn.com/2026/07/05/uk/nigel-farage-reform-finances-trouble-intl" target="_self" rel="" title="https://edition.cnn.com/2026/07/05/uk/nigel-farage-reform-finances-trouble-intl">sans fondement et artificiel</a>" ; Robert Jenrick, membre du Parlement du Royaume-Uni, assure qu’aucune règle n’a été violée. Selon lui, ces avantages relevaient d'un soutien strictement personnel accordé avant l'élection de Farage comme député, et n'avaient donc pas à être déclarés.</p><h3>Un motif qui se répète ?</h3><p>Cette affaire fait suite à une première, datant d’il y a trois mois, impliquant Christopher Harborne. Ce milliardaire des cryptomonnaies, installé en Thaïlande, avait versé cinq millions de livres à Nigel Farage avant que celui-ci n’annonce sa candidature aux législatives de 2024. L’élu soutient qu’il n’avait pas à déclarer ce don, présenté comme personnel plutôt que politique. Le détail compte : au Royaume-Uni, les députés doivent déclarer leurs intérêts financiers, ainsi que certains avantages reçus dans les douze mois précédant leur entrée au Parlement, lorsque ces avantages peuvent être raisonnablement liés à leur activité politique. </p><p>L'affaire est désormais entre les mains des gardiens du règlement parlementaire. Nigel Farage fait déjà l'objet d'une enquête du commissaire britannique aux standards au sujet du don attribué à Christopher Harborne, et les révélations visant George Cottrell ont entraîné une nouvelle saisine. George Barbarinde, député libéral-démocrate, accuse Farage de ne pas être "<a href="https://www.bbc.com/news/articles/cql11kk90zgo" target="_self" rel="" title="https://www.bbc.com/news/articles/cql11kk90zgo">franc avec le peuple britannique</a>" sur ceux qui l'entourent financièrement. Le risque n'est pas seulement réputationnel : en cas de manquement grave, l'élu pourrait être suspendu de ses fonctions de député, et une suspension de plus de dix jours pourrait ouvrir la voie à une élection partielle à Clacton, sa circonscription. </p><p>La question n’est donc pas de savoir si Nigel Farage a reçu de l’argent ou des facilités. Elle est de savoir si ces facilités pouvaient raisonnablement être perçues comme utiles à sa vie politique. Or, à ce stade, il faut reconnaître que l’argument du cadeau strictement privé demande une certaine souplesse intellectuelle. Une maison près de Buckingham Palace, une équipe pour améliorer sa présence en ligne, des frais de sécurité : ce n’est pas exactement le coffret de chaussettes offert à Noël. Dans une démocratie libérale, la transparence n’est évidemment pas un petit supplément d’âme administrative, mais plutôt ce qui permet aux électeurs de savoir si celui qui parle en leur nom parle vraiment seul. </p><p>L’enjeu dépasse de loin la seule personne de Nigel Farage : le Royaume-Uni vient de durcir ses règles sur les dons politiques étrangers et les financements reçus avant une candidature. Désormais, les candidats devront déclarer les dons importants reçus avant même d’être officiellement en campagne. Les nouveaux résidents devront vivre durablement au Royaume-Uni avant de pouvoir verser de très grosses sommes. Les dons d’entreprises seront examinés à partir de profits réels, et non plus seulement du chiffre d’affaires. Quant aux dons en cryptomonnaies, ils ont été suspendus jusqu’à la mise en place d'un système de contrôle efficace. Londres vient-elle de découvrir que l’argent circule plus vite que les scrupules, surtout quand il voyage en crypto, en offshore ou en bonnes intentions ?</p><h3>Timing moins que parfait</h3><p>Cette affaire survient à un moment sensible pour l'élu : Reform UK reste très haut dans les sondages, mais son ascension politique s’accompagne désormais d’un examen plus attentif de son fonctionnement et de ses soutiens. Le parti a réalisé d’importantes percées aux élections locales de mai, continue de peser lourd dans les sondages et oblige les conservateurs à courir derrière une partie de son électorat. Mais ses progrès ne se traduisent pas encore mécaniquement en sièges à Westminster. <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/sondages-en-baisse-image-ecornee-au-royaume-uni-le-parti-de-nigel-farage-fragilise-avant-les-ZNTZXLZVM5CW5OMA2WXKU6IBEI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/sondages-en-baisse-image-ecornee-au-royaume-uni-le-parti-de-nigel-farage-fragilise-avant-les-ZNTZXLZVM5CW5OMA2WXKU6IBEI/">Reform UK a perdu plusieurs scrutins partiels récents</a>, et voit désormais apparaître une concurrence sur sa droite avec Restore Britain, lancé par l’ancien député de Reform, Rupert Lowe. </p><p>Nigel Farage a construit son parti contre les arrangements opaques, les réseaux d’influence et les élites déconnectées. Le voilà désormais sommé d’expliquer les largesses d’amis richissimes, de financiers de la crypto et de donateurs expatriés. Rien n’est illégal à ce stade, et les enquêtes devront dire si les règles ont été violées. Mais comme l’a résumé le ministre travailliste James Murray, Farage a désormais "<a href="https://www.thetimes.com/uk/politics/article/nigel-farage-investigation-george-cottrell-allegations-lk2tbw73r" target="_self" rel="" title="https://www.thetimes.com/uk/politics/article/nigel-farage-investigation-george-cottrell-allegations-lk2tbw73r">beaucoup de questions</a> auxquelles répondre” sur ses finances, et entretient "une relation quelque peu flexible avec la transparence". Le tribun du peuple peut bien continuer à dénoncer les salons fermés ; il devient plus difficile de le faire depuis une maison géorgienne près de Buckingham Palace.</p><p>Il est encore trop tôt pour savoir si cette affaire lui coûtera vraiment. Nigel Farage a souvent prouvé que le scandale, chez lui, fonctionnait moins comme une tache que comme un carburant, et ce sans voir son socle électoral s’effondrer. Une partie de ses électeurs verra sans doute dans ces révélations une nouvelle tentative pour affaiblir Reform UK. D’autres considéreront que ces affaires sont trop techniques, trop londoniennes, trop parlementaires pour changer leur vote. Reste que Farage a passé sa carrière à promettre aux Britanniques qu’ils reprendraient le contrôle. Il risque de devoir commencer par rendre des comptes. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/E7XPUQCGURHXHAVMIE2MXJAVQU.JPG?auth=8ddbae1fe240aed879983b46e09c5723b5396987e09f80afbadb1843bc4d409c&amp;smart=true&amp;width=4020&amp;height=2680" type="image/jpeg" height="2680" width="4020"><media:description type="plain"><![CDATA[Nigel Farage, chef du parti britannique Reform UK, et le candidat Kenyon tiennent une conférence de presse à Ashton-in-Makerfield le 10 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS / Temilade Adelaja</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Rafal Brzoska : "La Pologne a prouvé que la simplification était possible à un rythme rapide"]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/rafal-brzoska-la-pologne-a-prouve-que-la-simplification-etait-possible-a-un-rythme-rapide-SCRUWONJUZCGBIX473T7LNY6EU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/rafal-brzoska-la-pologne-a-prouve-que-la-simplification-etait-possible-a-un-rythme-rapide-SCRUWONJUZCGBIX473T7LNY6EU/</guid><description></description><pubDate>Mon, 06 Jul 2026 15:30:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Rafal Brzoska règne sur un empire. <a href="https://www.lexpress.fr/argent/bourse/les-consignes-automatisees-d-inpost-se-deploient-en-france_2151938.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/argent/bourse/les-consignes-automatisees-d-inpost-se-deploient-en-france_2151938.html">Son entreprise, InPost</a>, est le leader national des consignes automatiques, que l’on retrouve à tous les coins de rue en Pologne. Le groupe se positionne désormais en champion européen, fort de plus de 80 000 points de retrait répartis dans neuf pays, à travers lesquels naviguent un milliard de colis chaque année.</p><p>La notoriété de l'entreprise a franchi les frontières polonaises au moment de son entrée à la Bourse d'Amsterdam, début 2021. Dans la foulée, InPost rachète le français Mondial Relay pour quelque 650 millions d'euros. En février 2026, un consortium réunissant le géant américain FedEx, le fonds Advent International, le groupe tchèque PPF et le propre véhicule d'investissement de Brzoska (A&amp;R Investments) met la main sur InPost pour 7,8 milliards d'euros, l'une des plus grandes opérations jamais réalisées en Europe centrale. </p><p>InPost déploie toute une gamme de services liés aux achats en ligne, jusqu'à un assistant doté d'intelligence artificielle : signe que Rafal Brzoska ambitionne de transformer l'industrie logistique. </p><p>La vie de l'entrepreneur ne s'arrête pas à InPost. En 2025, il accepte de relever le défi lancé par le Premier ministre polonais, Donald Tusk : mener un choc de simplification administrative du pays. En cent jours, il rassemble un panel d’experts pour promouvoir 500 propositions citoyennes, dont près de la moitié a déjà été adoptée par les autorités. </p><p>Classé parmi les dix plus grandes fortunes de Pologne, il investit dans les start-up, possède un média économique et un think tank. Cet enfant de Raciborz, modeste ville du sud de la Pologne, a fondé à vingt ans Integer.pl, une entreprise de distribution de prospectus, avant de créer InPost en 2006. Il a d’ailleurs frôlé la faillite dix ans plus tard, au sortir d'une bataille judiciaire contre la Poste polonaise. Aujourd'hui, il incarne une Pologne conquérante et décomplexée, le pied vissé sur l'accélérateur.</p><p><b>L'Express : Lors du </b><a href="https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/choose-france-derriere-le-mega-projet-dusines-ia-de-softbank-que-reste-t-il-aux-europeens-RO6UBS5ZZ5CQFEKKQ7BE6ZVKA4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/choose-france-derriere-le-mega-projet-dusines-ia-de-softbank-que-reste-t-il-aux-europeens-RO6UBS5ZZ5CQFEKKQ7BE6ZVKA4/"><b>sommet Choose France</b></a><b>, vous avez annoncé 1,4 milliard d'investissements en France. Pourquoi ce choix ?</b></p><p>La France est un marché continental clé, sur lequel nous nous développons très rapidement. Depuis l'intégration de Mondial Relay au sein du Groupe InPost, nous croissons nettement plus vite que le marché.</p><p>Nous nous concentrons avant tout sur deux axes : l'extension du réseau de consignes et le renforcement de nos capacités logistiques par la construction de nouveaux entrepôts automatisés et de centres de tri. Nous le faisons parce que nous sommes convaincus que le consommateur français se tournera de plus en plus vers les achats en ligne, au détriment du commerce physique.</p><p><b>Qu'est-ce qui se cache vraiment derrière le succès d'InPost, alors que l'idée paraît, en apparence, toute simple ?</b></p><p>Quand InPost est né en Pologne, 100 % des envois étaient livrés à domicile : avec une très bonne qualité, dès le lendemain de la commande, à des prix très bas, dans un contexte de forte concurrence. </p><p>Pour exister, il fallait arriver avec quelque chose de réellement disruptif, et la seule façon d'y parvenir était de susciter chez les consommateurs un besoin qu'ils n'exprimaient pas jusque-là. Un besoin de liberté : ce ne sont plus eux qui attendent le livreur, c'est le colis qui les attend. La liberté de choisir. Et les consommateurs adorent cela.</p><p>Il faut reconnaître que les débuts n'ont pas été faciles : pendant les deux premières années, après avoir dépensé des dizaines de millions d'euros dans ce projet, nos revenus s'élevaient à environ 2 000 euros par mois. Au départ, ça avait tout l’air d’un échec. Personnellement, je croyais qu'il fallait poursuivre le projet et le développer, convaincu que l'adoption finirait par progresser. Et c'est ce qui s'est passé. C'est ainsi que naissent les entreprises de rupture : quelqu'un arrive et change le paradigme en vigueur.</p><p><b>Et comment InPost compte-t-il poursuivre sur cette voie ?</b></p><p>Je suis convaincu que nous pouvons transformer la manière dont le client entame son parcours d'achat sur Internet. Au lieu d'effectuer une recherche de façon classique, il pourra parcourir les offres et finaliser l'intégralité de la transaction, livraison de haut niveau comprise, au sein d'une seule application mobile. Je crois que nous y parviendrons.</p><blockquote><p>Nous voulons être aussi fiers de cette marque que les Suédois le sont de Spotify</p></blockquote><p>Il y a deux semaines, nous avons présenté notre propre valise de voyage, parfaitement adaptée aux plus grandes dimensions de nos consignes. On peut l'expédier en France, au Portugal ou en Italie deux jours avant le vol, pour ne pas voyager avec ses bagages et ne pas surpayer les compagnies aériennes, qui se rémunèrent sur les bagages et les excédents de poids. Nous avons bien d'autres idées de ce genre, et je suis sûr que nous surprendrons encore plus d'une fois.</p><p><b>InPost a récemment été racheté pour 7,8 milliards d'euros par un consortium réunissant Advent International, FedEx, votre véhicule A&amp;R et le groupe PPF. Il s’agit de l’une des plus grandes opérations jamais réalisées en Europe centrale. En quoi cette transaction marque-t-elle un tournant ?</b></p><p>Je suis membre du consortium, je ne peux donc en dire que ceci : en janvier encore, l'action d’InPost était valorisée autour de 10 euros, parce que beaucoup d'investisseurs sous-estimaient la rapidité de notre croissance et de notre développement. Notre valorisation était très éloignée de celle des entreprises technologiques de référence.</p><p>En tant que consortium, nous avons estimé que la société fonctionnerait mieux sous forme privée, car elle doit consacrer davantage de moyens aux dépenses d'investissement. Or cela se serait sans doute heurté à la réticence des investisseurs actuels, qui voient plutôt les entreprises européennes comme des valeurs de rendement, et non comme des sociétés à forte croissance, à l'américaine. C'est pourquoi nous avons offert une prime substantielle par rapport au cours de janvier : 15,60 euros par action. Afin que l'entreprise puisse investir dans ses dépenses d'équipement et l'extension de son réseau, plutôt que de se focaliser sur la génération de trésorerie trimestre après trimestre.</p><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/ZQIH24KEK5BIFPQJXEEPKEL6SU.png?auth=4e4f4a4e7874207191dbfdda229f7b13e52ee6bd26982c687403758b7b1c5006&smart=true&width=2876&height=2085" alt="L'empire InPost" height="2085" width="2876"/><figcaption>L'empire InPost</figcaption></figure><p><b>D'où vous vient cette fibre entrepreneuriale ?</b></p><p>Je ne suis pas issu d'une famille d'entrepreneurs. Je n'ai pas grandi dans un foyer aisé. Tout est arrivé par hasard. J'ai étudié l'économie et je pensais devenir directeur marketing dans une grande entreprise. </p><p>En troisième année, j'ai vu que les enseignes de la grande distribution se développaient à grande vitesse en Pologne, notamment les Françaises Auchan, Géant ou Decathlon. J'ai alors décidé de lancer ma propre affaire dans la distribution de prospectus pour les supermarchés. Je voyais cela comme un revenu d'appoint, mais au bout de deux ans, j'ai reçu une offre d'un fonds américain qui consolidait les entreprises du secteur en Europe centrale et orientale, pour plus de 12,5 millions d'euros. Je l'ai refusée et je me suis consacré à 100 % à l'entreprise. C'est ainsi qu'est née InPost. </p><p><b>Qu'est-ce qui fait de la Pologne un pays d'entrepreneurs ?</b></p><p>Pendant plus de 200 ans, la Pologne a subi les empires, qui ont empêché la constitution d'un patrimoine et d'un capital national. Nous rattrapons ce retard depuis seulement trente-cinq ans. Cet impératif de rattrapage est sans aucun doute l'un des principaux moteurs des nouveaux entrepreneurs de notre pays.</p><p>Deuxièmement, le travail. Troisièmement, l'ambition. Quatrièmement, l'éducation. De nombreux jeunes Polonais ont eu la possibilité d'étudier dans les meilleures universités du monde. Certains ont lancé des entreprises à l'étranger, et les développent aujourd'hui en Pologne. ElevenLabs, ICEYE, Panattoni, Oshee... Les gens oublient souvent que ce sont des entreprises polonaises.</p><p><b>Quelle est votre vision de l'Europe ? </b></p><p>L'Europe traverse une crise de leadership. Elle manque d'une vision, y compris à court terme. Je ne sais pas si nous voulons être une puissance de l'intelligence artificielle, une puissance de l'énergie bon marché, une puissance militaire, ou nous distinguer par notre qualité de vie. Personne ne définit ces objectifs.</p><p>Songez que l'Europe dispose de 300 milliards d'euros d'épargne, que nous investissons aux Etats-Unis, dans les introductions en Bourse de SpaceX, d'OpenAI ou d'Anthropic, plutôt que dans une vision européenne. C'est une erreur. </p><p>C'est là notre défi le plus important. Mais je vois de premiers signaux positifs : six pays, dont la Pologne, sont en train de créer un marché des capitaux commun, qui pourrait retenir ces fonds et les réinvestir en Europe. On ne peut pas accepter qu'un seul pays bloque une réforme aussi importante et nécessaire.</p><p><b>Et qu'en est-il de la "simplification" et des barrières administratives à l'investissement, à l'embauche ou dans le droit du travail ?</b></p><p>La Pologne a prouvé que la simplification était possible à un rythme rapide. Aujourd'hui même, le gouvernement a annoncé l'entrée en vigueur d'une des mesures proposées par les entrepreneurs du groupe "Sprawdzamy" [Nous Vérifions] que j'ai constitué : il sera possible d'immatriculer une voiture sans se déplacer physiquement à l'administration, sans plaques, le tout dématérialisé, plus simple et moins coûteux. Ce sont des choses d'une simplicité désarmante, mais qui changent vraiment la vie.</p><p>En cent jours, nous avons donné une impulsion à 500 propositions de simplification. Plus de 200 sont déjà entrées en vigueur, 150 autres le seront d'ici la fin de l'année. Cela montre que les entrepreneurs sont responsables et savent penser le pays.</p><p><b>Vous avez également créé un think tank, The Company. Quel est son objectif ?</b></p><p>Les entrepreneurs ressentent le besoin de débattre des défis majeurs qui nous attendent : les investissements étrangers, la construction de la marque "Pologne", le mix énergétique, la simplification du système fiscal, ainsi que l'avenir du système de santé. Que devons-nous faire face au vieillissement de la population ? </p><p>Voilà les éléments de débat que nous voulons porter, en présentant des chiffres, des analyses et les meilleurs exemples internationaux, afin, peut-être, d'inspirer les responsables politiques à chercher des solutions là où elles ont déjà fait leurs preuves.</p><p><b>La prochaine étape, ce sera la politique ?</b></p><p>Non ! <i>(rires)</i> J'ai un objectif très clair : développer InPost sur de nouveaux marchés. Nous voulons être aussi fiers de cette marque <a href="https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/spotify-les-secrets-dun-empire-enquete-sur-le-geant-de-la-musique-en-ligne-44HWRWZ3RNGTPOL3GSMVHAUNWY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/spotify-les-secrets-dun-empire-enquete-sur-le-geant-de-la-musique-en-ligne-44HWRWZ3RNGTPOL3GSMVHAUNWY/">que les Suédois le sont de Spotify</a>, qui est cotée au Nasdaq, aux Etats-Unis. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/3BCUYFQUQNATBARS4U5XXHWNGM.JPG?auth=ebad71116b788cde5975446a6bc03e6d710aaffec877ad7dac7f156cf871fb6f&amp;smart=true&amp;width=5000&amp;height=3334" type="image/jpeg" height="3334" width="5000"><media:description type="plain"><![CDATA[Rafal Brzoska, président d'InPost, lors d'une conférence de presse, le 30 mai 2022.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">Attila Husejnow / SOPA Images/Si</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Iran : aux funérailles d'Ali Khamenei, l'absence de son fils et successeur, Mojtaba, pose question]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-aux-funerailles-dali-khamenei-labsence-de-son-fils-et-successeur-mojtaba-pose-question-2MJJ6FONEJCMDI64RO7UMIEPKA/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-aux-funerailles-dali-khamenei-labsence-de-son-fils-et-successeur-mojtaba-pose-question-2MJJ6FONEJCMDI64RO7UMIEPKA/</guid><description></description><pubDate>Mon, 06 Jul 2026 14:32:04 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>C'est une absence scrutée de près. Tandis que <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-funerailles-dali-khamenei-demonstration-de-force-dun-regime-sous-pression-HRCB4UDECVDLRGFUSVYVALGXHU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-funerailles-dali-khamenei-demonstration-de-force-dun-regime-sous-pression-HRCB4UDECVDLRGFUSVYVALGXHU/">les obsèques du Guide suprême iranien</a> se poursuivent ce lundi 6 juillet à Téhéran, avec un cortège funéraire qui devrait rassembler des dizaines de milliers de personnes, un nom manque à l'appel : celui de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/mojtaba-khamenei-introuvable-le-casse-tete-des-negociations-americaines-avec-liran-OSI7W5B47RFU5CCVRCV3ZZUMQQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/mojtaba-khamenei-introuvable-le-casse-tete-des-negociations-americaines-avec-liran-OSI7W5B47RFU5CCVRCV3ZZUMQQ/">Mojtaba Khamenei</a>, fils d'Ali Khamenei, lui ayant officiellement succédé à sa mort. Mais celui-ci n'a pas été vu depuis l'attaque israélo-américaine qui avait marqué le début de la guerre, le 28 février, et dans laquelle avaient succombé le Guide suprême et plusieurs membres de sa famille, dont la femme de Mojtaba Khamenei. De quoi laisser planer le doute sur son état de santé et sa réelle capacité à diriger le pays.</p><p>Dimanche, des milliers de personnes en deuil, dont des responsables iraniens de haut rang ont assisté aux prières funéraires. Selon la tradition, Mojtaba Khamenei, désigné le 8 mars par l'Assemblée des experts comme le nouveau Guide suprême de l'Iran, aurait dû présider les rites funéraires de son prédécesseur. Sa présence aurait constitué une première apparition en public depuis le déclenchement de la guerre avec les Etats-Unis et Israël. </p><p>"Son absence a suscité une attention particulière dans un système politique où les apparitions publiques revêtent une importance symbolique et sont soigneusement orchestrées pour projeter une image d'autorité et de stabilité. Elle a alimenté les interrogations sur son état de santé et sur la dynamique politique intérieure du pays", observe le <a href="https://www.nytimes.com/2026/07/05/world/middleeast/iran-funeral-supreme-leader.html" target="_blank" rel="" title="https://www.nytimes.com/2026/07/05/world/middleeast/iran-funeral-supreme-leader.html"><i>New York Times</i></a><i>.</i></p><p>Blessé lors du bombardement du Palais présidentiel et de la résidence de son père, Mojtaba Khamenei ne s'est plus exprimé que par le biais de communiqués qui lui sont attribués. Aucun enregistrement audio ou vidéo de lui n'a été diffusé, ce qui soulève des doutes sur sa capacité réelle à exercer les fonctions de chef suprême. Il se cacherait dans un bunker, avec des contacts limités.</p><h3>Inconnues sur son état de santé </h3><p>Si des déclarations contradictoires ont été faites tout au long de la guerre sur son état de santé, la République islamique continue d'assurer qu'il va bien. Dans une vidéo diffusée le 8 mai, Seyyed Mazaher Hosseini, le chef du protocole du bureau d'Ali Khamenei affirmait : "l'ayatollah a été légèrement blessé à la cheville et au dos. Sa blessure au dos s’est résorbée avec le temps, et sa cheville guérira bientôt. Les rumeurs concernant une blessure au front lancées par ses ennemis sont absurdes. Il s'agit simplement d'une petite fissure derrière l'oreille, qui a été soignée ; il est donc en parfaite santé", rapporte le quotidien iranien<i> </i><a href="https://donya-e-eqtesad.com/%D8%A8%D8%AE%D8%B4-%D8%B3%D8%A7%DB%8C%D8%AA-%D8%AE%D9%88%D8%A7%D9%86-62/4269242-%D8%AC%D8%B2%D8%A6%DB%8C%D8%A7%D8%AA-%D8%A2%D8%B3%DB%8C%D8%A8-%D8%AF%DB%8C%D8%AF%DA%AF%DB%8C-%D8%A2%DB%8C%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D9%84%D9%87-%D9%85%D8%AC%D8%AA%D8%A8%DB%8C-%D8%AE%D8%A7%D9%85%D9%86%D9%87-%D8%A7%DB%8C-%D8%AF%D8%B1-%D8%AD%D9%85%D9%84%D9%87-%D8%A8%D9%87-%D8%A8%DB%8C%D8%AA-%D8%B1%D9%87%D8%A8%D8%B1%DB%8C-%D9%81%DB%8C%D9%84%D9%85" target="_blank" rel="" title="https://donya-e-eqtesad.com/%D8%A8%D8%AE%D8%B4-%D8%B3%D8%A7%DB%8C%D8%AA-%D8%AE%D9%88%D8%A7%D9%86-62/4269242-%D8%AC%D8%B2%D8%A6%DB%8C%D8%A7%D8%AA-%D8%A2%D8%B3%DB%8C%D8%A8-%D8%AF%DB%8C%D8%AF%DA%AF%DB%8C-%D8%A2%DB%8C%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D9%84%D9%87-%D9%85%D8%AC%D8%AA%D8%A8%DB%8C-%D8%AE%D8%A7%D9%85%D9%86%D9%87-%D8%A7%DB%8C-%D8%AF%D8%B1-%D8%AD%D9%85%D9%84%D9%87-%D8%A8%D9%87-%D8%A8%DB%8C%D8%AA-%D8%B1%D9%87%D8%A8%D8%B1%DB%8C-%D9%81%DB%8C%D9%84%D9%85"><i>Donya-e Eqtesad</i></a><i>.</i></p><p>Selon les médias d'Etat, son absence lors des funérailles est due à des motifs de sécurité. Un argument difficilement compréhensible, au regard de la liste des invités : "les trois autres fils de Khamenei, Mostafa, Masoud et Meysam ont pris place au premier rang, apparaissant en public pour la première fois depuis l'assassinat de leur père", détaille<i> </i><a href="https://www.telegraph.co.uk/world-news/2026/07/05/mojtaba-khamenei-misses-fathers-funeral/" target="_blank" rel="" title="https://www.telegraph.co.uk/world-news/2026/07/05/mojtaba-khamenei-misses-fathers-funeral/"><i>The Telegraph</i></a><i>. </i>De nombreux responsables iraniens étaient également présents, comme les généraux du Corps des gardiens de la révolution Esmail Qaani et Ahmad Vahidi, le président Masoud Pezeshkian, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf ou encore le juge en chef Gholam-Hossein Mohseni Ejei, liste le quotidien.</p><p>La présence de la quasi-totalité des hauts responsables de la République islamique laisse ainsi penser que les autorités avaient suffisamment confiance en leur dispositif de sécurité, malgré la possibilité d'une attaque israélienne ou américaine. Téhéran a d'ailleurs été transformé en forteresse : "autour de la Grande Mosalla, un périmètre de sécurité de plus de 1 kilomètre interdit à tout véhicule de s’approcher ; l’espace aérien de la capitale, déjà restreint les 4 et 5 juillet, devait être entièrement fermé, lundi, alors que les patrouilles des miliciens bassidji et des forces de sécurité ont redoublé", relate <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/06/iran-aux-funerailles-de-l-ancien-guide-supreme-ali-khamenei-l-absence-remarquee-de-mojtaba-son-fils-et-successeur_6721161_3210.html" target="_blank" rel="" title="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/06/iran-aux-funerailles-de-l-ancien-guide-supreme-ali-khamenei-l-absence-remarquee-de-mojtaba-son-fils-et-successeur_6721161_3210.html"><i>Le Monde</i></a><i>. </i></p><h3>Crise interne ?</h3><p>Les funérailles d'Ali Khamenei, qui n'ont pu être commémorées en quatre mois de guerre, se tiennent en effet dans le cadre <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-donald-trump-a-abdique-face-a-liran-et-abandonne-israel-par-bernard-haykel-ATRNJNZHWZBWFBUY6ZIIGL7DQY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-donald-trump-a-abdique-face-a-liran-et-abandonne-israel-par-bernard-haykel-ATRNJNZHWZBWFBUY6ZIIGL7DQY/">d'un cessez-le-feu fragile</a> entre les Etats-Unis et l'Iran, après le protocole d'accord signé le 17 juin. Si l'Iran est globalement ressorti gagnant des négociations avec Washington, la situation politique en interne n'en demeure pas moins complexe. </p><p>En l'absence du leadership de Mojtaba Khamenei, certains analystes estiment que le pouvoir a été distribué entre "une constellation d'élites", construites autour de liens familiaux, militaires, politiques, ou liés aux chefs locaux, analyse<i> </i><a href="https://www.iranintl.com/en/202607056198 " target="_blank" rel="" title="https://www.iranintl.com/en/202607056198 "><i>Iran International</i></a>. Le quotidien mentionne également les tensions entre différents secteurs plus ou moins conservateurs de l'appareil religieux et politique, autour des négociations avec les Etats-Unis et de la dénucléarisation.</p><p>"L'absence persistante du nouveau Guide suprême de la scène publique semble avoir rouvert le débat sur la succession d'Ali Khamenei. La vingtaine de communiqués attribués à Mojtaba Khamenei depuis son accession au pouvoir n'ont pas réussi à convaincre de nombreux Iraniens qu'il exerce réellement le pouvoir", poursuit le quotidien iranien. </p><p>Après les prières publiques dimanche, un cortège funéraire doit traverser les rues de la capitale, lundi, avant de rejoindre la ville sainte de Qom, le lendemain. Les cérémonies funéraires se poursuivront ensuite en Irak, avant son enterrement le jeudi 9 juillet à Mashhad, cité religieuse et ville natale du défunt Guide suprême. Selon des médias iraniens, Mojtaba Khamenei pourrait être présent le dernier jour. Au risque de rendre son éloignement un peu plus trouble.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/Q6ZFGQ57BNCYFDMGIHOCAWPK64.JPG?auth=6435d74a5f78c3e1c9b9330eebf6e36ba8737e57e83a38434ddec2f4546adbf5&amp;smart=true&amp;width=5876&amp;height=3918" type="image/jpeg" height="3918" width="5876"><media:description type="plain"><![CDATA[Une femme marche à côté d'une banderole du nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, à Téhéran. Le fils d'Ali Khamenei n'est pas apparu en public depuis la mort de son père.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[En Albanie, la "révolution des flamants roses" et le parfum du gaz américain]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-albanie-la-revolution-des-flamants-roses-et-le-parfum-du-gaz-americain-VLPAUCGHNVF77JQJLKK7UQHS6M/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-albanie-la-revolution-des-flamants-roses-et-le-parfum-du-gaz-americain-VLPAUCGHNVF77JQJLKK7UQHS6M/</guid><dc:creator><![CDATA[Luc de Barochez]]></dc:creator><description></description><pubDate>Mon, 06 Jul 2026 09:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>La "révolution des flamants roses" en Albanie cible le surtourisme et ses atteintes à la biodiversité. Chaque jour depuis plus d’un mois, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/albanie-le-projet-immobilier-controverse-de-la-famille-trump-met-en-peril-ladhesion-a-lue-ZVG46FFE65C7PKYIC7PXPNIIY4/" rel="">des manifestants se rassemblent à Tirana</a> pour défendre l’intégrité d’une lagune de la côte adriatique où ces oiseaux viennent se reproduire par milliers. La vague de protestation, la plus puissante depuis la chute de la dictature communiste il y a 34 ans, a vite dépassé la question écologique. Elle s’est muée en contestation générale du Premier ministre Edi Rama. Et elle possède une dimension géostratégique cruciale, en contrariant de puissants intérêts gaziers américains.</p><p>La discorde est née d’un projet d’au moins 4 milliards de dollars porté par Jared Kushner, gendre et émissaire diplomatique du président Donald Trump. Associé à des intérêts qataris, l'homme d'affaires veut construire un "resort" touristique avec hôtels et villas de luxe, parcours de golf et marina, sur une langue de terre sauvage dans le sud du pays, la péninsule de Zvernëc, et sur l’île voisine de Sazan, un ancien site militaire. Le projet est en phase avec la politique de Tirana <a href="https://www.lexpress.fr/styles/plaisirs/voyage/tourisme-les-richesses-de-lalbanie-et-du-montenegro-pour-un-voyage-atypique-P52ZYV36SFFOVOWA7L4MCPBYOY/" rel="">qui mise sur le tourisme pour développer le pays à majorité musulmane</a>, l’un des plus pauvres d’Europe. Avec plus de 12 millions de touristes en 2025, dans un pays de 2,7 millions d’habitants, l’activité génère plus d’un cinquième du PIB.</p><p>Depuis que des bulldozers et des barbelés sont apparus fin mai au bord de la lagune, la population, saisie par un sentiment de dépossession, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/albanie-les-projets-immobiliers-de-la-famille-trump-enflamment-le-pays-VO5TY4ENSBHDFD23LT6RZRD62I/" rel="">s’insurge en brandissant des flamants roses de carton-pâte</a>. Aux cris de "Rama dégage", les manifestants accusent le Premier ministre de saccager leur environnement. Le parquet anticorruption, soutenu par l’Union européenne, enquête sur l'origine des fonds ayant servi à acheter les terrains, dans un Etat où le cadastre est sujet à caution et où la corruption et le narcotrafic sont endémiques.</p><p>Alors qu’Edi Rama, qui en est à son quatrième mandat, a promis à ses électeurs l’adhésion de l’Albanie à l’UE dès 2030, Bruxelles a averti que l’affaire pourrait ralentir le processus. La Commission a désapprouvé le projet de Kushner et le Parlement européen a voté, le 17 juin, une résolution demandant sa suspension. Le gouvernement albanais a tenté de s’exonérer de sa responsabilité en accusant tour à tour les contestataires d’être pro iraniens, pro israéliens ou pro serbes. Edi Rama a versé de l’huile sur le feu en les invitant, dans un entretien au <i>Financial Times</i>, à "aller se faire foutre".</p><p>Cette nervosité témoigne de l’importance du projet pour Tirana. C’est que derrière le "resort" en devenir se profile un autre plan américain, plus vaste, visant à créer dans la même région un terminal gazier qui permettrait d’accélérer la conversion de l’Europe au gaz naturel liquéfié (GNL) exporté par les Etats-Unis. Dans <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/les-bonnes-affaires-de-donald-trump-jamais-un-president-ne-setait-autant-enrichi-a-la-maison-blanche-X52UVUHWRBHILAVPXEGJQEOVKI/" rel="">une confusion typique de l’ère trumpiste</a>, les intérêts privés de la famille du président et ceux du gouvernement américain se mêlent dans un écheveau difficile à démêler.</p><p>En avril, l’Albanie a signé avec Washington un accord stipulant la livraison d’un milliard de mètres cubes de GNL par an pendant 20 ans, pour quelque 6 milliards de dollars. Le nouveau terminal doit être installé à Vlora, juste au sud de la lagune aux flamants roses. Un aéroport international est aussi en construction. La stratégie vise à évincer le gaz russe des Balkans et au-delà, de toute l’Europe centrale, au profit du gaz américain. Le tout au service d’un objectif à long terme de Washington, la "domination énergétique" de la planète, vue comme une clé de la domination tout court.</p><p>Ce plan percute les ambitions de l’UE qui entend d’une part diversifier son approvisionnement pour éviter de tomber d’une dépendance au gaz russe dans une autre au gaz américain, et d’autre part réduire la part des hydrocarbures au profit des énergies décarbonées. Pour contrarier le nouveau "grand jeu" américain, l’Europe se découvre des alliés inattendus : les manifestants de Tirana et leurs flamants roses. A elle de ne pas les décevoir.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/6G33I5TRLVCBDNSWTGZOIAW66M.JPG?auth=74e4c938c3765c577e9b691408a5f154aaca49f831d7b7c852a85855bf4d1353&amp;smart=true&amp;width=4866&amp;height=3244" type="image/jpeg" height="3244" width="4866"><media:description type="plain"><![CDATA[Des manifestants protestent contre le gouvernement, après plusieurs semaines de manifestations contre un projet de complexe touristique de luxe soutenu par une société liée à Jared Kushner, le gendre du président américain Donald Trump, sur une partie de la côte adriatique particulièrement sensible sur le plan environnemental, à Tirana, en Albanie, le 29 juin 2026. REUTERS/Florion Goga]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Coupe du monde 2026 : quand Donald Trump se mêle de la suspension d'un joueur américain]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/coupe-du-monde-2026-quand-donald-trump-se-mele-de-la-suspension-dun-joueur-americain-7UMKGQIJBRFX3OJPMAM2WHTADE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/coupe-du-monde-2026-quand-donald-trump-se-mele-de-la-suspension-dun-joueur-americain-7UMKGQIJBRFX3OJPMAM2WHTADE/</guid><description></description><pubDate>Mon, 06 Jul 2026 08:50:19 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>"Pendant 24 jours, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/coupe-du-monde-meetings-politiques-et-barbecues-geants-les-stades-ce-miroir-de-la-societe-americaine-LMATYDT6ZJBQ7OFS7YDXSIPRTU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/coupe-du-monde-meetings-politiques-et-barbecues-geants-les-stades-ce-miroir-de-la-societe-americaine-LMATYDT6ZJBQ7OFS7YDXSIPRTU/">la Coupe du monde aux Etats-Unis</a> a semblé accomplir un rare exploit en 2026 : n'avoir presque rien à voir avec Donald Trump". C'était sans compter "le coup de théâtre" de ce dimanche soir, réagit <a href="https://edition.cnn.com/2026/07/06/politics/trump-world-cup-balogun-red-card-infantino-analysis" target="_blank" rel="" title="https://edition.cnn.com/2026/07/06/politics/trump-world-cup-balogun-red-card-infantino-analysis">CNN</a>. Le monde du football s'agite, ce lundi 6 juillet, après ce qui apparaît comme une décision très politique de la part de la FIFA : l'annulation de la suspension de l'attaquant américain Folarin Balogun, à la suite d'un appel entre <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/de-vladimir-poutine-a-donald-trump-quand-la-coupe-du-monde-devient-un-levier-de-propagande-KGOGMLENUNFS7IPPGZ34PNXQLA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/de-vladimir-poutine-a-donald-trump-quand-la-coupe-du-monde-devient-un-levier-de-propagande-KGOGMLENUNFS7IPPGZ34PNXQLA/">Donald Trump</a> et le patron de la fédération de football Gianni Infantino.</p><p>L'actuel joueur de l'AS Monaco avait écopé d'un carton rouge lors d'un match contre la Bosnie-Herzégovine, mercredi, après avoir planté son pied dans la cheville du défenseur Tarik Muharemovic. Il aurait donc en principe dû être interdit de disputer le match des 8e de finale contre la Belgique, qui aura lieu mardi 7 juillet à 2 heures, heure française. Le joueur de 25 ans avait été expulsé après consultation de la VAR par l'arbitre, faisant dire au sélectionneur des Etats-Unis, Mauricio Pochettino, que la faute commise par son joueur ne justifiait pas un carton rouge.</p><p>Selon l'agence Reuters, la décision de la FIFA intervient après que Donald Trump a personnellement appelé Gianni Infantino, le patron de l'instance dirigeante du football mondial, pour lui demander de réexaminer le cas du meilleur buteur américain. Ce revirement est inhabituel, s'agissant de la première réintégration d'un joueur après son expulsion en Coupe du monde depuis le Brésilien Garrincha, en 1962. Peu de temps après le carton rouge de Folarin Balogun, l'administration Trump avait engagé des avocats pour faire appel, indique le <a href="https://www.nytimes.com/2026/07/05/us/trump-fifa-balogun-world-cup.html" target="_blank" rel="" title="https://www.nytimes.com/2026/07/05/us/trump-fifa-balogun-world-cup.html"><i>New York Times</i></a>.</p><p>Sur son réseau Truth Social, le président américain a immédiatement remercié la FIFA "d'avoir fait ce qui était juste et d'avoir réparé une grave injustice", tandis que la Maison-Blanche célébrait la réintégration de Folarin Balogun sur le réseau social X, avec une publication disant : "USA-USA-USA". Dans son communiqué, la FIFA renvoie à l'article 27 de son Code disciplinaire, qui permet de suspendre une sanction pour une période probatoire d'un an. Le joueur américain ne purgera donc cette suspension que s'il commet une nouvelle faute similaire au cours des douze prochains mois, précise l'instance.</p><blockquote class="twitter-tweet"><p lang="in" dir="ltr">USA-USA-USA 🦅 <a href="https://t.co/yKnJxew9tU">https://t.co/yKnJxew9tU</a> <a href="https://t.co/75KmExgrUJ">pic.twitter.com/75KmExgrUJ</a></p>&mdash; The White House (@WhiteHouse) <a href="https://x.com/WhiteHouse/status/2073818820901302482?ref_src=twsrc%5Etfw">July 5, 2026</a></blockquote><h3>"Atteinte au fair-play"</h3><p>Mais la décision fait réagir dans le monde du ballon rond : la Fédération royale belge de football a déclaré que ces manœuvres d'avant-match s'opposaient au règlement de la FIFA et portaient atteinte au fair-play. Le sélectionneur anglais Thomas Tuchel a quant à lui déclaré que, tout en estimant que Balogun ne méritait pas son carton rouge, la décision n'aurait pas dû être suspendue. "La VAR est intervenue et, après vérification par trois arbitres, il a été décidé d'un carton rouge. La décision est donc prise (...) Jusqu'où cela ira-t-il maintenant ? Où commence [l'exception] et où finit-elle ?", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.</p><p>Pour Stephen Collinson, chroniqueur de CNN, ces événements "soulèvent des inquiétudes quant à l'ingérence politique et à l'intégrité du tournoi. Que l'intervention de Trump ait été ou non déterminante importe peu. La simple impression qu'elle l'a été risque de ternir l'image internationale" de la compétition, d'autant que "la FIFA n'a fourni que très peu d'explications" au sujet de cette décision.</p><h3>Amitié Infantino-Trump</h3><p>Le sélectionneur américain a quant à lui déclaré "ne pas comprendre comment les gens peuvent être surpris", argumentant que d'autres joueurs ont déjà bénéficié d'une réduction de sanction de la part de la FIFA. C'est notamment le cas de l'international portugais Cristiano Ronaldo, qui avait été suspendu pour trois matchs pour un coup de coude contre l'Irlande le 13 novembre dernier, et qui aurait dû manquer les deux premières rencontres du Mondial. Sa sanction avait finalement été réduite à un seul match, lui permettant ainsi de disputer la Coupe. </p><p>Difficile néanmoins de convaincre de la neutralité d'une telle décision, au vu de la proximité entre le président américain et le patron de la FIFA. Gianni Infantino avait notamment célébré l'investiture de Donald Trump, lors de son second mandat, déclarant sur Instagram : "Ensemble, nous rendrons sa grandeur non seulement à l'Amérique, mais aussi au monde entier". </p><p>L'année dernière, la FIFA avait également décerné à Donald Trump le Prix FIFA pour la paix, au moment où le président américain était en campagne pour le prix Nobel, qu'il n'a pas obtenu. "Il était presque inévitable que Trump trouve un moyen de s'immiscer dans la Coupe du monde, qu'il a comparée à plusieurs Super Bowls simultanés [NDLR : la finale du championnat de football américain] et qui crée le genre de médiatisation mondiale à laquelle il ne peut résister", conclut pour sa part CNN.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/QWMOE2SWV5D57KBR5BL4MKWQZE.JPG?auth=44aebb2aca2e3ca131e05538086529fa808bdbc94a2ffb621d5184b0e04a865c&amp;smart=true&amp;width=3984&amp;height=2656" type="image/jpeg" height="2656" width="3984"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président américain Donald Trump tient le trophée de la Coupe du monde dans le bureau Ovale, en compagnie du patron de la FIFA, Gianni Infantino.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Sommet de l'Otan à Ankara : une consécration pour Recep Tayyip Erdogan]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/sommet-de-lotan-a-ankara-une-consecration-pour-recep-tayyip-erdogan-TSPYEIRG6RBF7ASEKZTCBZHTQE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/sommet-de-lotan-a-ankara-une-consecration-pour-recep-tayyip-erdogan-TSPYEIRG6RBF7ASEKZTCBZHTQE/</guid><dc:creator><![CDATA[Luc de Barochez]]></dc:creator><description></description><pubDate>Mon, 06 Jul 2026 05:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>L’Otan, alliance de pays supposés démocratiques, ferme les yeux sur la dérive dictatoriale du président Recep Tayyip Erdogan en tenant son sommet annuel en Turquie, dans le grandiose palais de plus de 1 000 pièces que le chef de l’Etat s’est fait construire sur les hauteurs d’Ankara. Pour certains dirigeants européens, la couleuvre est difficile à avaler. Mais <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/face-a-recep-tayyip-erdogan-leurope-ne-doit-pas-trahir-les-democrates-turcs-N37D3EBMWBF5BHUCDF2LBEJQ4Y/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/face-a-recep-tayyip-erdogan-leurope-ne-doit-pas-trahir-les-democrates-turcs-N37D3EBMWBF5BHUCDF2LBEJQ4Y/">les impératifs géopolitiques, comme souvent, l’emportent</a>. Erdogan, lui, peut savourer son triomphe.</p><p>Il faut dire que le lieu de la rencontre des 7 et 8 juillet présente, pour la majorité des participants, un avantage appréciable : il réduit les risques que Donald Trump claque la porte de la réunion. Car le président américain, lui-même peu attaché aux grands principes démocratiques, est fâché contre beaucoup de pays européens, qu’il accuse de lui avoir mégoté leur soutien contre l’Iran et de ne pas payer assez pour leur défense. En revanche, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/turquie-pourquoi-le-retour-de-trump-est-une-benediction-pour-erdogan-PNLLQ4YBGNBMVCTVWSCDFYIJZM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/turquie-pourquoi-le-retour-de-trump-est-une-benediction-pour-erdogan-PNLLQ4YBGNBMVCTVWSCDFYIJZM/">il tient en haute estime l’homme fort d’Ankara</a>, qu’il décrit comme “une personne très forte et très intelligente”.</p><p>Ensuite, la guerre d’Ukraine, les hostilités en Iran et le retrait américain partiel d’Europe convergent pour accroître l’importance de la Turquie pour la sécurité européenne. A proximité de la Russie, du Caucase et du Proche-Orient, sa stabilité est essentielle. En contrôlant les détroits du Bosphore et des Dardanelles, elle joue un rôle crucial en mer Noire pour contenir l’expansionnisme russe. <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/turquie-lirresistible-ascension-de-lempire-du-drone-qui-bouleverse-la-defense-europeenne-BCHYQC6QURA3NNIKUMQSJ2F6DI/?auth=966e6d7e48" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/turquie-lirresistible-ascension-de-lempire-du-drone-qui-bouleverse-la-defense-europeenne-BCHYQC6QURA3NNIKUMQSJ2F6DI/?auth=966e6d7e48">Son industrie de défense, très performante,</a> devient par ailleurs un fournisseur de premier rang pour les armées européennes. Tout cela explique pourquoi les Européens sont devenus accommodants avec le président islamiste turc.</p><p>Plus les Etats-Unis prennent leurs distances avec l’organisation, plus la Turquie, dont l’armée est la deuxième de l’Otan par le nombre de militaires mobilisés, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/guerre-en-iran-pourquoi-le-president-turc-recep-tayyip-erdogan-est-renforce-face-aux-europeens-DKHDDH3TIJDKXPDD36YIE7ZXEA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/guerre-en-iran-pourquoi-le-president-turc-recep-tayyip-erdogan-est-renforce-face-aux-europeens-DKHDDH3TIJDKXPDD36YIE7ZXEA/">voit son rôle grandir</a>. Selon des diplomates au fait des discussions, aucun chef d’Etat et de gouvernement n’a émis d’objection au sommet de La Haye l’an dernier lorsqu’il s’est agi d’approuver le lieu de la prochaine rencontre : ni le président français Emmanuel Macron, dont les relations avec Erdogan ont souvent été exécrables, ni le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, ni aucun autre.</p><h2>Atmosphère politique étouffante en Turquie</h2><p>En théorie pourtant, l’Otan réunit les pays occidentaux d’Amérique du Nord et d’Europe autour de valeurs partagées, énoncées dans le traité fondateur de l’Alliance. On peut y lire que les Etats membres s’engagent à “sauvegarder les principes de la démocratie, les libertés individuelles et le règne du droit”. Toutes choses dont le président turc <a href="https://www.lexpress.fr/monde/asie/en-turquie-la-repression-contre-les-opposants-et-journalistes-sintensifie-FWXZZB73PNCS7LJXUCTUK6KQA4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/asie/en-turquie-la-repression-contre-les-opposants-et-journalistes-sintensifie-FWXZZB73PNCS7LJXUCTUK6KQA4/">s’affranchit de plus en plus depuis 23 ans qu’il est au pouvoir</a>, d’abord comme Premier ministre, puis comme président de la République.</p><p>Lors du premier sommet de l’Otan à se tenir en Turquie, en 2004 à Istanbul, Erdogan était le chef du gouvernement. Mais il avait alors engagé son pays dans une série de réformes pour libéraliser l’économie, attirer les investisseurs internationaux et appuyer la candidature de son pays à l’Union européenne. Depuis lors, notamment depuis le coup d’Etat raté qui l’a visé en 2016, la situation des droits humains n’a cessé de se dégrader, le recul démocratique de s’accélérer et l’autoritarisme du chef de l’Etat de s’affirmer.</p><p>En 2018, les Alliés avaient rejeté la proposition d’Erdogan de tenir leur sommet à Ankara. Cette fois, ils se taisent, bien qu’ils n’en pensent pas moins. En avril, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, mettait dans le même sac la Turquie, la Russie et la Chine en mettant en garde contre l’influence néfaste de ces trois pays en Europe. Ses propos fort peu diplomatiques contre un pays allié avaient alors suscité une levée de boucliers à Ankara.</p><p>Il n’en reste pas moins que l’atmosphère politique est de plus en plus étouffante en Turquie. En tenant leur rencontre dans le palais présidentiel, les Alliés apportent, bien qu’ils s’en défendent, un soutien symbolique à Erdogan dans la lutte de pouvoir en cours à Ankara. Car Erdogan semble se préparer à une nouvelle candidature pour se faire réélire une nouvelle fois en 2028, bien que la constitution prohibe plus de deux mandats. <a href="https://www.lexpress.fr/monde/asie/turquie-larrestation-du-maire-distanbul-une-evisceration-de-la-democratie-RXWD73H46REBRJYRUEGJDM76A4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/asie/turquie-larrestation-du-maire-distanbul-une-evisceration-de-la-democratie-RXWD73H46REBRJYRUEGJDM76A4/">Il a fait incarcérer depuis 2025 son principal opposant, le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu</a>, et plusieurs autres élus du Parti républicain du peuple (CHP), premier parti d’opposition.</p><p>Le chef du CHP, Özgür Özel, a été destitué en mai dernier par un tribunal d’Ankara au motif d’irrégularités supposées lors de son élection. A cette occasion, la police a pris d’assaut le siège du CHP dans la capitale pour interpeller les dirigeants du parti. Et pourtant, aucun dirigeant européen de poids, à l’exception notable du ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul, n’a émis la moindre protestation. Un signe de plus que la période de l’après-guerre froide, où les Occidentaux étaient convaincus que l’heure de la démocratie libérale était arrivée, est bel et bien terminée. Dans le nouveau monde, la priorité va à la force et le droit s'incline devant l’intimidation.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/EZD5YSUOTBHXPOTJ4CAQXKP3WI.JPG?auth=663782bfe1f95ebff06f93406907d6ccf7e72de10b780140b74955bd0d70a9ed&amp;smart=true&amp;width=5735&amp;height=3823" type="image/jpeg" height="3823" width="5735"><media:description type="plain"><![CDATA[Recep Tayyip Erdogan lors du sommet de l'Otan en juin 2025.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA["Plus puissant qu'à l'époque soviétique" : Rosatom, l'ogre russe qui défie les sanctions occidentales]]></title><link>https://www.lexpress.fr/economie/plus-puissant-qua-lepoque-sovietique-rosatom-logre-russe-qui-defie-les-sanctions-occidentales-5IXQ2SJEJFFHJP44GP7C3OSV7Q/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/economie/plus-puissant-qua-lepoque-sovietique-rosatom-logre-russe-qui-defie-les-sanctions-occidentales-5IXQ2SJEJFFHJP44GP7C3OSV7Q/</guid><dc:creator><![CDATA[Sébastien Julian]]></dc:creator><description></description><pubDate>Mon, 06 Jul 2026 03:45:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>C'est l'un des paradoxes dont l'Histoire seule a le secret. Depuis 2022, la Russie est le pays le plus sanctionné au monde, devant l'Iran et la Corée du Nord. Quelque 25 000 mesures restrictives visent des individus ou des entités russes. De quoi étouffer a priori n'importe quelle économie. Et pourtant, au beau milieu du pays - et même au-delà de ses frontières - une forteresse résiste, s'étend, absorbe, rayonne. Son nom ? <a href="https://www.lexpress.fr/podcasts/podcast-rosatom-l-autre-arme-nucleaire-de-poutine_2179427.html?auth=bf4c0b8c29" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/podcasts/podcast-rosatom-l-autre-arme-nucleaire-de-poutine_2179427.html?auth=bf4c0b8c29">Rosatom</a>.</p><p>Jamais cette entreprise - connue en Europe pour son savoir-faire <a href="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/en-hongrie-le-pari-nucleaire-de-viktor-orban-qui-destabilise-leurope-KE3AAKNL6ZADTGHL2EXWYK3U6I/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/en-hongrie-le-pari-nucleaire-de-viktor-orban-qui-destabilise-leurope-KE3AAKNL6ZADTGHL2EXWYK3U6I/">en matière de nucléaire civil</a> - n'a eu autant d'importance et d'influence, souligne un rapport récent de l'ONG Bellona. Plus grosse, plus militarisée, elle est désormais chargée de gérer de nouveaux secteurs de l'économie russe. Des filières dans lesquelles le régime de Vladimir Poutine a besoin de loyauté et d'efficacité. </p><p>"Aujourd'hui, nous estimons que Rosatom est plus puissante qu'elle ne l'était à l'époque soviétique", pointe Dmitry Gorchakov, l'un des auteurs de l'étude. A voir la vitesse avec laquelle elle absorbe le tissu industriel russe, son appétit paraît sans limite. Le périmètre du groupe est passé de 460 entités en 2024 à plus de 580 l'an dernier. Ce mastodonte emploie désormais 420 000 personnes et son influence politique est verrouillée au plus haut niveau de l'Etat : Sergey Kiriyenko, l’un des fondateurs de Rosatom, est le chef de l'administration présidentielle au Kremlin d'où il continue de superviser la stratégie du groupe.</p><p>Extraction de minerais, conception de matériaux composites… La feuille de route de Rosatom révèle un plan méthodique de sécurisation des ressources critiques. Avec un objectif clair : nourrir le complexe militaro-industriel russe. "Rosatom ne cache pas sa participation à l'effort de guerre", confirme Dmitry Gorchakov. Un cinquième de ses employés travailleraient au développement de matériel militaire. Et si le rôle de Rosatom dans le développement de l’arsenal nucléaire russe est connu depuis longtemps, le groupe se tourne désormais vers les armes conventionnelles. L'entreprise développe ou met la main sur des techniques d'impression 3D et de nouveaux matériaux qui servent dans l'aviation ou l'armement classique. "Des indices montrent que Rosatom utilise ses réseaux internationaux pour contourner les sanctions et acheter des composants électroniques sensibles à l'étranger pour les transférer au secteur militaire russe", soulignent les experts de Bellona. Pour l'ONG, les frappes contre le réseau électrique ukrainien - 8,5 gigawatts détruits entre octobre 2025 et janvier 2026 - portent aussi la marque du groupe. Seuls des ingénieurs nucléaires de haut niveau pouvaient conseiller le ciblage de sous-stations spécifiques, afin de fragmenter le réseau et forcer les centrales ukrainiennes à la déconnexion.</p><p>Dans l'Arctique, l’expansion de Rosatom prend également une dimension sécuritaire. "Le groupe possédait déjà une flotte de brise-glace nucléaires. Maintenant, il est responsable de la gestion des infrastructures, des ports, des chemins de fer…", constate Dmitry Gorchakov. De fait, Rosatom devient bien plus qu’un fournisseur d'énergie. Il gère désormais des actifs stratégiques. "Nous estimons qu’aujourd'hui, les activités logistiques représentent plus de 20 % des revenus issus de ces nouvelles activités", estime le spécialiste. Un coussin d’air bienvenu alors que l’horizon économique s’obscurcit. </p><blockquote><p>Ce qui me rend triste, ce n'est pas tant la force de Rosatom que l'inaction de l'UE</p><p class="citation">Dmitry Gorchakov, expert en nucléaire et conseiller de l'ONG Bellona</p></blockquote><p>Pour la première fois en dix ans, le chiffre d'affaires de Rosatom à l’étranger a baissé l’an dernier : 17,2 milliards de dollars, contre 18 milliards en 2024. Des retards considérables sur les grands projets, un approvisionnement en composants plus difficile et la concurrence de la Chine ont dégradé les perspectives. "Pékin et Moscou cultivent une relation ambivalente. Rosatom a perdu un contrat majeur au Ghana au profit de la Chine en 2025. Au Kazakhstan, le marché a été coupé en deux : une centrale sera russe, l'autre chinoise. La Chine construit plus vite et parfois avec une meilleure qualité. Un risque à prendre en compte pour la Russie sur le long terme, même si les deux nations collaborent dans d’autres domaines comme le spatial", précise Dmitry Gorchakov. </p><h2>Un cœur de métier épargné par les sanctions</h2><p>En dépit de ce recul à l'export, le géant russe a encore les reins solides. Entre 2021 et 2024, ses revenus ont doublé. Comme le rappelle le rapport de Bellona, il n'y a toujours aucune sanction européenne ou américaine sur la fourniture de combustible nucléaire, l'uranium enrichi ou la construction de centrales à l'intérieur de l'UE. Autrement dit, le cœur de métier de Rosatom. Malgré vingt paquets de sanctions européennes depuis 2022, aucune des 262 sociétés liées au nucléaire appartenant à Rosatom n'a vu ses avoirs gelés en Occident. </p><p>Dans le nucléaire civil, Rosatom reste donc le premier constructeur mondial avec vingt unités en construction dans sept pays dont l'Ouzbékistan, le Kazakhstan ou encore le Kirghizistan. En Turquie, en Egypte, en Chine ou en Inde, Rosatom multiplie les ancrages géopolitiques grâce à des contrats de maintenance qui lui assurent des revenus pour les soixante ans qui viennent. </p><p>L’accès au gisement d’uranium de Budenovskoye, au Kazakhstan, lui confère un levier supplémentaire. Les autorités fournissent la matière première - l’uranium -, tandis que Rosatom contrôle les étapes critiques de son traitement et de sa conversion en combustible nucléaire. De quoi consolider sa position dans la chaîne d’approvisionnement mondiale. Aujourd'hui encore, la Russie fournit 40 % de l'uranium enrichi dont l'Europe a besoin. Pour les Etats-Unis, la proportion atteint 24 %. </p><h1>Une connexion ancienne avec la France</h1><p>Une dépendance dont les Occidentaux ont du mal à se défaire. Certes, les importations européennes de combustible russe ont baissé en volume depuis le début du conflit en Ukraine. Mais leur valeur aurait fait un bond de 70 % par rapport à l'avant-guerre ! Dans ces échanges peu glorieux, la France est en première ligne. En 2025, plus de 410 tonnes d'uranium enrichi ont été livrées depuis la Russie aux Pays-Bas, très probablement pour le compte d'EDF. C'est une interconnexion profonde que les politiques français préfèrent protéger, soulignent les experts de Bellona.</p><p>"Ce qui me rend triste, ce n'est pas tant la force de Rosatom que l'inaction de l'UE. Cela fait cinq ans qu'ils discutent de sanctions et ils ne font presque rien de concret sur le nucléaire", poursuit Dmitry Gorchakov. Rosatom évite le lobbying direct à Bruxelles, préférant s'appuyer sur des pays alliés, qui, à l'image de la Hongrie, s'opposent à toute sanction. Elle parvient à faire passer le nucléaire comme une question technique et climatique plutôt que politique, ce qui lui permet de continuer à opérer en Europe. "Certains pays montrent pourtant qu’un sevrage est possible. La République tchèque et la Finlande accélèrent leur transition vers des combustibles alternatifs. L'Ukraine, qui était la plus dépendante des technologies russes, a réussi à s'en passer totalement. Ce n'est donc pas un problème de technologie ou d'argent, c'est avant tout une question de volonté politique", estime Dmitry Gorchakov, qui ajoute : "Tant que l'Europe continuera de financer Rosatom, elle financera indirectement l'outil qui permet à Poutine de faire tourner son économie de guerre."</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/4LNAUTQDVBFVBIW6G2G4BNTYKQ.jpg?auth=1d52550762f24ebd9453abde8a44bae5d297f400abd1e4d4441cad1201a6057d&amp;smart=true&amp;width=4300&amp;height=2869" type="image/jpeg" height="2869" width="4300"><media:description type="plain"><![CDATA[Le patron de Rosatom Alexei Likhachev (à gauche) présente au maire de Moscou Sergei Sobyanin et au ministre de la Sécurité civile Alexander Kurenkov les plans d'une usine de batteries, le 16 février 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">ZUMA PRESS/MAXPPP</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Tatiana Stanovaya : "Le conflit entre la Russie et l’Ukraine va durer des années, voire des décennies"]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/tatiana-stanovaya-le-conflit-entre-la-russie-et-lukraine-va-durer-des-annees-voire-des-decennies-SFKU3UAJVJCAHO2P3LOF3OQDUA/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/tatiana-stanovaya-le-conflit-entre-la-russie-et-lukraine-va-durer-des-annees-voire-des-decennies-SFKU3UAJVJCAHO2P3LOF3OQDUA/</guid><dc:creator><![CDATA[Charles Haquet, Léo  Vidal-Giraud]]></dc:creator><description></description><pubDate>Sun, 05 Jul 2026 16:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>D'Irkoutsk à Rostov-sur-le-Don, les files de voitures s'allongent aux stations d'essence. Pilonnées sans relâche par les drones ukrainiens, les raffineries russes sont, pour certaines, à l'arrêt. Les pénuries sont telles que Moscou - l'un des plus grands exportateurs mondiaux de pétrole - achète désormais son essence à l'Inde ! Vladimir Poutine est sous pression, et les nouvelles du front ne vont pas le rassurer. Car l'armée russe ne progresse pas, tandis que les pertes en hommes ne sont plus compensées par l'arrivée de troupes fraîches. </p><p>Que peut-il se passer ces prochains mois ? Pour la chercheuse russe Tatiana Stanovaya, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-dans-lelite-russe-beaucoup-considerent-que-poutine-a-perdu-la-tete-VG67PNINM5ALXNKH5TNQROTJT4/" rel="">fondatrice du cabinet d’analyse R.Politik</a>, situé en région parisienne, "le conflit entre la Russie et l’Ukraine ne sera pas résolu de sitôt, il va durer des années, peut-être des décennies". Et Poutine peut-il, <a href="" rel="" title="">comme le pensent les services de renseignement européens</a>, s'en prendre aux pays baltes et à l'Otan ? "Le risque est très faible", estime cette spécialiste du Kremlin, qui est davantage inquiète pour le moyen terme. Le risque ? Que, "dans cinq ou dix ans, un Poutine vieillissant commence à perdre le contrôle et qu’autour de lui, certaines personnes lui dictent une ligne plus agressive, ou bien s’il soit remplacé par des gens qui trouveront rationnel de 'donner une leçon' aux Européens". Entretien.</p><p><b>L'Express : Les piètres performances de l’armée russe en Ukraine fragilisent-elles Vladimir Poutine ? Peuvent-elles infléchir sa stratégie ?</b></p><p>Tatiana Stanovaya : Même si l’armée russe n’avance plus, et recule même parfois, rien n’a changé pour Vladimir Poutine sur le plan stratégique. Il considère toujours que l’Ukraine n’a pas les ressources nécessaires pour retourner la situation militaire en sa faveur. Son objectif est que l’Ukraine devienne un "pays amical". Pour y parvenir, il a une arme principale : les bombardements massifs, qui doivent provoquer de telles souffrances dans la population et les élites ukrainiennes qu’elles finiront par accepter ses conditions. Dans cette optique, la position des troupes russes sur le terrain n’est pas si importante que cela. </p><p>Sur le plan de la politique intérieure russe, la situation est plus compliquée. Dans le camp pro guerre, on voit beaucoup de panique, de déception, de colère. Le pouvoir reste silencieux, il ne commente et n’explique rien. L’inquiétude grandit, elle s’ajoute à la hausse des prix, aux blocages d’Internet, et elle nourrit l’impression que la Russie ne sait plus quoi faire, qu’elle est dans l’impasse. La popularité de Poutine a un peu baissé, comme celle du parti Russie Unie, des gouverneurs, du gouvernement, du Premier ministre… Tout cela ne présente toutefois pas de risque pour le régime, du moins à court terme. Il n’y aura ni manifestations massives, ni tentatives de renverser Poutine.</p><p><b>Quel rôle les coupures d’internet jouent-elles dans ce mécontentement ?</b></p><p>Ce sont surtout la population et les entreprises qui en souffrent. Les élites peuvent s’y adapter, elles ont plusieurs téléphones et des VPN pour tout et n’importe quoi. Mais leur inquiétude vient plutôt de l’influence croissante des services spéciaux et du raidissement idéologique du pouvoir. De façon générale, on peut toutefois dire que la population et les élites veulent en finir avec cette guerre. Une minorité voudrait y parvenir en rasant Kiev ou en utilisant l’arme nucléaire, alors que la majorité est plutôt prête à faire quelques concessions, mais en respectant les intérêts de la Russie. Cela ne signifie pas que Poutine va plier sous la pression. Lui aussi a intérêt à ce que la guerre s’arrête vite, mais il est piégé par ses propres exigences, qui semblent irréalistes dans les circonstances actuelles. </p><p><b>D’où vient cette influence des services spéciaux ?</b></p><p>Leur influence grandit parce que la Russie est en guerre. En Russie, chaque institution, chaque personne essaie de montrer à Poutine sa loyauté, son utilité, son efficacité, y compris en débordant sur la zone d’influence de son voisin. Et comme la guerre dicte ses règles et met la sécurité devant toutes les autres priorités, ce sont ceux qui assurent cette sécurité qui prennent l’avantage. Leur champ d’action augmente. Il englobe désormais des responsabilités qui étaient traditionnellement celles des fonctionnaires civils, comme la lutte contre l’extrémisme ou la politique intérieure. Aujourd’hui, le FSB a une immense influence sur les décisions politiques. Prenez le blocage de Telegram. </p><p>Pour les services, c’est une question de sécurité nationale. Avec l’arrestation de Pavel Dourov à Paris, ils ont eu peur que Telegram puisse donner aux services occidentaux un accès aux conversations, alors que toute la société russe s’en sert. Pourtant, c’est plus qu’un réseau social, c’est un moyen de communication et d'information, et un outil économique. Ces considérations semblent cependant secondaires pour le FSB. </p><p><b>Quand Vladimir Poutine affirme que "la fin de la guerre est proche", le pense-t-il vraiment ? </b></p><p>Il croit à ce qu’il dit, et ce pour deux raisons. D'abord, parce que les évolutions géopolitiques dans le monde, l’arrivée de Trump au pouvoir et la montée des forces nationalistes de droite en Europe vont, de son point de vue, faire lentement évoluer la situation en faveur de la Russie. </p><p>Ensuite, parce que sa vision de la situation sur le front le convainc que la Russie gagne la guerre – même si sa vision est plus optimiste que la réalité. Manifestement, les rapports qu’il reçoit exagèrent les succès de l’armée russe et atténuent la gravité des problèmes. C’est un problème, et cela va se traduire dans les décisions qu’il prendra. Il pense que la Russie est capable de conquérir la totalité du Donbass par les armes et il est convaincu que l’Ukraine est en train de perdre sa capacité à résister. Cela signifie qu’il sera plus enclin à garder une ligne dure dans les négociations et qu’il ne fera pas de concessions importantes. De toute façon, il y a un consensus en Russie sur le fait que l’Ukraine n’a pas possibilité de renverser le cours de la guerre. </p><p><b>Vladimir Poutine est-il déconnecté de la réalité ? </b></p><p>Poutine reçoit beaucoup d'informations, de sources variées. On ne peut pas dire que quelqu’un lui cache quelque chose. Si certaines informations ne lui sont pas transmises, c’est avec son accord, parce que ça ne l’intéresse pas ou qu’il considère que ce n’est pas de son niveau. C’est une sorte de filtrage spontané. Comme Poutine fait confiance aux <i>silovikis</i>, il est plus réceptif aux informations qui viennent d’eux, et cela déforme peu à peu sa vision du monde. Il pense que l’économie russe et la situation sur le front se portent beaucoup mieux qu’en réalité. Il est persuadé que tout est sous contrôle, que tout se passe suivant le plan et que la Russie a l’avantage. Ce n’est pas parce qu’on lui cache des choses, c’est simplement le résultat de cette filtration spontanée de l’information.</p><p><b>Vladimir Poutine pourrait-il mettre fin à la guerre ? </b></p><p>Oui, il y est prêt, il a répété publiquement que le conflit s’arrêtera dès que l’Ukraine retirera ses troupes du Donbass. Mais il ne cessera pas les combats de façon unilatérale. Pourquoi le ferait-il ? Il lui est difficile d’imaginer une défaite militaire et ce qu’elle signifierait. Que l’armée russe soit complètement détruite ? Que le Kremlin soit forcé de retirer ses troupes d’Ukraine ? N’est-ce pas la Russie qui a l’avantage stratégique, mais aussi le plus grand potentiel militaire, industriel et l’arme nucléaire ? Pourquoi, alors, voudrait-il mettre fin à la guerre, si ses conditions ne sont pas remplies ? </p><p><b>L’économie russe est-elle devenue dépendante de la guerre ?</b></p><p>C’est une question importante. Il y a une réelle crainte de la fin de la guerre, qui sera un vrai défi pour l’économie et la société. Qu’arrivera-t-il à la croissance ? Comment le système pourra-t-il gérer le retour de centaines de milliers de soldats traumatisés ? Et comment le régime va-t-il se comporter ? Il y a en Russie une crainte que si la guerre s’arrête, il y aura plus de répressions, plus d’arrestations et de confiscations d’entreprises. Ces craintes ne sont d’ailleurs pas infondées. Mais la question la plus importante est celle de la fin de la guerre. </p><p>Il peut y avoir un accord, un cessez-le-feu, mais ce ne sera pas durable. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine ne sera pas résolu de sitôt, il va durer des années, peut-être des décennies. Et il peut aussi y avoir une escalade avec l’Europe. Nous entrons dans une nouvelle ère, une nouvelle réalité, dans laquelle les incidents, les provocations qui déraperaient et les événements imprévus pourraient déclencher une spirale d’hostilité et, possiblement, tourner à une guerre ouverte. Cela va pousser le régime russe à rester plus militarisé et répressif dans les années à venir.</p><p><b>Vladimir Poutine pourrait-il se lancer dans une "fuite en avant" en s’attaquant aux pays européens ? </b></p><p>Si l’on regarde le discours des élites russes, personne ne pense sérieusement que la Russie va attaquer l’Europe. Il y a toutefois un risque lié à la vulnérabilité de l’Occident et à sa réticence à combattre directement la Russie, par crainte d'un conflit nucléaire. Si la Russie n’arrive pas à pousser l’Ukraine à accepter ses conditions et que l’Europe continue de se militariser et d’armer l’Ukraine, alors la Russie pourrait être tentée par une forme d’escalade locale, en portant un coup limité à la Pologne ou aux pays baltes, et en faisant le calcul que l’Otan ne réagira pas. À l’heure actuelle, ce risque est très faible. Poutine ne veut pas d'une escalade avec l'Europe. Il veut se mettre d’accord avec Trump, qu’il y ait un accord, que les Européens plient sous la pression américaine et que la situation se normalise. Mais si, dans cinq ou dix ans, un Poutine vieillissant commence à perdre le contrôle, perd ses facultés, et qu’autour de lui, certaines personnes lui dictent une ligne plus agressive, ou s’il est remplacé par des gens qui trouveront rationnel de "donner une leçon" aux Européens, alors ces scénarios pourraient se réaliser. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/7CZU4O4BGFDDFCINZSJXIGYEEM.JPG?auth=b0015b0b9039ea49674839fbe777e01a671582f25d73d912892454e9fe9a9c5e&amp;smart=true&amp;width=4154&amp;height=2769" type="image/jpeg" height="2769" width="4154"><media:description type="plain"><![CDATA[Un soldat ukrainien transporte un drone intercepteur AS3, qui fait partie du système modulaire américain de lutte contre les drones Merops, basé sur l'intelligence artificielle, lors d'un exercice d'entraînement dans un lieu tenu secret, alors que la Russie attaque l'Ukraine, le 10 avril 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Emmanuel Macron va se rendre en Syrie : une première pour un président français depuis 17 ans ]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/emmanuel-macron-va-se-rendre-en-syrie-une-premiere-pour-un-president-francais-depuis-17-ans-YVVQWRCWXNBQLCLS5LRNDH4MZQ/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/emmanuel-macron-va-se-rendre-en-syrie-une-premiere-pour-un-president-francais-depuis-17-ans-YVVQWRCWXNBQLCLS5LRNDH4MZQ/</guid><dc:creator><![CDATA[Enola Richet]]></dc:creator><description></description><pubDate>Sun, 05 Jul 2026 15:08:50 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>La présidence syrienne l’a annoncé ce 5 juillet : Emmanuel Macron visitera prochainement le pays. Un déplacement dont on ne connaît pas la date pour l’instant, et qui sera le premier déplacement d’un <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/syrie-la-france-face-a-une-occasion-historique-par-amar-sabeh-el-leil-2HIE7GOOIFH6HLJZCBHOTRXROU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/syrie-la-france-face-a-une-occasion-historique-par-amar-sabeh-el-leil-2HIE7GOOIFH6HLJZCBHOTRXROU/">président français en Syrie</a> depuis Nicolas Sarkozy, en 2009. Une rupture avait ensuite eu lieu avec la répression du printemps arabe par le pouvoir de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/syrie-malgre-la-chute-de-bachar-el-assad-la-russie-saccroche-a-ses-bases-militaires-G4723U4RA5C7PK3UNUWZPYIQD4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/syrie-malgre-la-chute-de-bachar-el-assad-la-russie-saccroche-a-ses-bases-militaires-G4723U4RA5C7PK3UNUWZPYIQD4/">Bachar el-Assad</a> en 2011. Paris avait ensuite fermé son ambassade à Damas en 2012, avant de reconnaître la coalition de l'opposition comme représentante légitime du peuple syrien, refusant toute normalisation avec le régime d'Assad tant qu'aucune transition politique crédible n'était engagée. </p><p>Cette visite sera justement aussi la première visite d’un chef d’Etat européen, et même occidental depuis l’arrivée au pouvoir fin 2024 du président islamiste Ahmed al-Charaa, après la chute du régime de Bachar el-Assad. La France avait déjà été la première à accueillir celui-ci, en mai 2025. Emmanuel Macron avait alors déclaré vouloir accompagner la transition syrienne, tout en conditionnant son soutien à des améliorations sur la stabilité régionale, la <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/syrie-les-forces-pro-gouvernementales-encerclent-un-camp-de-djihadistes-francais-I2AAOJ7CTFCAHEXR4HDGAETDYY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/syrie-les-forces-pro-gouvernementales-encerclent-un-camp-de-djihadistes-francais-I2AAOJ7CTFCAHEXR4HDGAETDYY/">lutte contre le terrorisme</a>, le retour des réfugiés ou encore les processus démocratiques. </p><h3>Le président accompagné d’une délégation d’investisseurs </h3><p>En janvier 2026, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait déjà envoyé un message fort en se rendant en Syrie. Les échanges avaient alors principalement tourné autour de la reconstruction du pays, de l'aide humanitaire, du retour des réfugiés et des conditions d'un soutien européen, notamment le respect d'une transition politique inclusive et des droits des minorités. Depuis 2025, l'Union européenne a d'ailleurs commencé à lever progressivement <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/syrie-le-conseil-de-securite-de-lonu-leve-ses-sanctions-contre-le-president-ahmed-al-charaa-36QKW7FV65ELFH6A4CA4ULIU34/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/syrie-le-conseil-de-securite-de-lonu-leve-ses-sanctions-contre-le-president-ahmed-al-charaa-36QKW7FV65ELFH6A4CA4ULIU34/">la majorité de ses sanctions</a> économiques (financières, énergétiques et commerciales) contre la Syrie. La cheffe de file européenne avait depuis été suivie, en avril dernier, par Volodymyr Zelensky. </p><p>L’Elysée n’a pour l’heure pas fait de commentaire sur cette annonce. Mais selon la présidence syrienne, le but de cette visite est de "renforcer la coopération économique". Le gouvernement <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/syrie-tout-comprendre-a-la-flambee-de-violences-dans-le-sud-du-pays-W2R4TKWZQBA5ZPE2XWCA5PCYMQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/syrie-tout-comprendre-a-la-flambee-de-violences-dans-le-sud-du-pays-W2R4TKWZQBA5ZPE2XWCA5PCYMQ/">de Damas</a> précise d’ailleurs que le chef d’Etat français sera donc accompagné "d’une délégation regroupant des investisseurs et des représentants d’entreprises françaises", et que “les entretiens porteront sur les développements régionaux et internationaux”. Selon le journal <i>Les Echos</i>, cette visite pourrait avoir lieu dès les 6 et 7 juillet. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/N7RAVPE7CVE4LL2ACU3QCBGUFQ.jpg?auth=c2708ddad8ca862b78e8020dc4718ad074e1648c6f260782d973520a9fbba851&amp;smart=true&amp;width=5026&amp;height=3350" type="image/jpeg" height="3350" width="5026"><media:description type="plain"><![CDATA[Emmanuel Macron et Ahmed al-Charaa à l'Elysée, le 7 mai 2025.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">EPA</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Immigration, condamnation de Vickrum Digwa... Comment Elon Musk s'immisce dans la politique britannique ]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/immigration-condamnation-de-vickrum-digwa-comment-elon-musk-simmisce-dans-la-politique-britannique-NLWC5XBZDJHSVO76RWKDSLAMXA/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/immigration-condamnation-de-vickrum-digwa-comment-elon-musk-simmisce-dans-la-politique-britannique-NLWC5XBZDJHSVO76RWKDSLAMXA/</guid><dc:creator><![CDATA[Enola Richet]]></dc:creator><description></description><pubDate>Sun, 05 Jul 2026 14:09:27 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>L’homme le plus riche du monde semble de plus en plus passionné par la politique interne d’un pays… qui n’est pas le sien. Selon une enquête du <a href="" rel="" title=""><i>Guardian</i></a>, Elon Musk s’immisce chaque semaine un peu plus dans le débat politique britannique ces derniers mois. Entre le 31 mai et le 12 juin, le propriétaire du réseau social X a publié, répondu u repartage — selon le décompte du journal britannique — 303 messages consacrés aux questions de race et d'immigration de l’île d’Albion. Soit deux fois plus que les 114 publications consacrées <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/spacex-peut-devenir-la-plus-grande-success-story-immobiliere-de-lhistoire-par-rainer-zitelmann-C5B2NGEZ7VBSPNW47VGXRMNXFU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/spacex-peut-devenir-la-plus-grande-success-story-immobiliere-de-lhistoire-par-rainer-zitelmann-C5B2NGEZ7VBSPNW47VGXRMNXFU/">à SpaceX,</a> pourtant au cœur de son actualité économique. </p><p>Une activité intense qui s’est concertée autour de plusieurs évènement qui ont secoué le Royaume Uni récemment. Après la condamnation de Vickrum Digwa, jeune britannique de confession sikh reconnu coupable par la justice britannique du meurtre de l'adolescent Henry Nowak, Elon Musk a par exemple relayé de nombreuses publications dénonçant un supposé traitement "anti-Blancs" par la police britannique. Allant jusqu’à publier, selon le journal, jusqu’à cinq messages en dix minutes sur l’affaire, qui ont mis en avant certains détails du meurtre ou pour repartager des commentaire des Etats-Unis, de France ou d’ailleurs. </p><p>Au moins 20 de ces publications ont dépassé les 10 millions de vues. Les émeutes de Belfast, survenues en Irlande du Nord après une attaque au couteau début juin, ont aussi fait l’objet de bien de tweet de la part du patron de Tesla… Qui a également multiplié les messages appelant <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/cette-ville-est-en-train-de-mourir-dix-ans-apres-les-illusions-perdues-de-brexitland-5XLGQEDGH5CKRDYOZVLSTVUQFE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/cette-ville-est-en-train-de-mourir-dix-ans-apres-les-illusions-perdues-de-brexitland-5XLGQEDGH5CKRDYOZVLSTVUQFE/">le Royaume-Uni</a> à déporter des migrants ou à remettre en question le multi-culturalisme, en relayant des contenus de figures de l’extrême droite britannique. </p><h3>Soutien aux figures d’extrême droite britannique </h3><p>La veille de l'introduction en Bourse de SpaceX le 11 juin, et alors que son entreprise cherchait à convaincre de nouveaux investisseurs, Elon Musk a notamment repartagé une vidéo de Rupert Lowe, le dirigeant du <a href="https://www.lexpress.fr/monde/royaume-uni-a-quoi-ressembleraient-les-premiers-jours-de-nigel-farage-a-downing-street-JPEAH3BBKRGYPO5FK6WYMCOZNY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/royaume-uni-a-quoi-ressembleraient-les-premiers-jours-de-nigel-farage-a-downing-street-JPEAH3BBKRGYPO5FK6WYMCOZNY/">parti d'extrême droite</a> Restore Britain, dans laquelle il appelle à expulser les migrants incapables de subvenir financièrement à leurs besoins. Au cours de cette journée, Elon Musk a selon le Guardian publié plus d’une douzaine de messages sur la politique et l'immigration britanniques. Un centre d’intérêt peu étonnant, au vu des liens entretenus par Elon Musk avec plusieurs figures de l’extrême droite britannique. </p><p>En 2025 déjà, il avait apporté son soutien à Stephen Yaxley-Lennon, plus connu sous le nom de l’activiste Tommy Robinson, en intervenant notamment en livestream lors du rassemblement de politique anti-immigration "Unite the Kingdom" en 2025 , qui s-visait aussi à défendre la “liberté d’expression”, un thème récurrent dans ce courant politique. "Que vous choisissiez la violence ou non, la violence viendra à vous. Soit vous ripostez, soit vous mourrez" avait-il alors déclaré, à l’adresse de ce qu’il appelle le "centre raisonnable", soit les Britanniques qui selon lui ne s’impliquent pas en politique. Il avait alors été vivement critiqué par le <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/royaume-uni-la-crise-au-sein-du-labour-ravive-le-debat-sur-un-retour-dans-lue-2ZJR24MOJ5DLTBU23CUVRCYQ7I/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/royaume-uni-la-crise-au-sein-du-labour-ravive-le-debat-sur-un-retour-dans-lue-2ZJR24MOJ5DLTBU23CUVRCYQ7I/">gouvernement travailliste. </a></p><h3>"Nous sommes des gens raisonnables et tolérants" </h3><p>Cette fois, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/un-triomphe-devenu-tragedie-la-demission-de-keir-starmer-vue-par-la-presse-britannique-U7D7YSQU4FGN5MA3DDLXUPQBO4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/un-triomphe-devenu-tragedie-la-demission-de-keir-starmer-vue-par-la-presse-britannique-U7D7YSQU4FGN5MA3DDLXUPQBO4/">Keir Starmer</a> a lui même réagit aux commentaires d’Elon Musk à la suite de la condamnation de Vickrum Digwa. Le 4 juin, il a appelé les Britanniques à "affirmer ce que nous sommes comme pays, car Elon Musk s'est une nouvelle fois immiscé dans notre politique ces derniers jours en cherchant à attiser les divisions. Ce n'est pas ce que nous sommes en Grande-Bretagne. En Grande-Bretagne, nous sommes des gens raisonnables et tolérants. Quand nous sommes confrontés à une affaire terrible comme celle de Henry Nowak, nous réagissons calmement, comme l'a fait sa famille", a rappelé le Premier ministre, juste après avoir reçu la famille de la victime à Downing Street. </p><p>Selon un rapport du Centre for Countering Digital Hate, les réponses aux publications d’Elon Musk après l'attaque au couteau de Belfast contenaient 240 appels à la violence. Ses interactions avec les comptes de Rupert Lowe et Tommy Robinson leur ont apporté 64 millions de vues supplémentaires, soit davantage que leur propre audience.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/RCPBEIR6D5HSJPQ5DRGY5FMPIU.JPG?auth=63158e3823eb02b19823d6db25a1b389c711346a903587b180cb613e8c357a9d&amp;smart=true&amp;width=4910&amp;height=3342" type="image/jpeg" height="3342" width="4910"><media:description type="plain"><![CDATA[Elon Musk a récemment relayé de nombreuses publications dénonçant un supposé traitement “anti-Blancs” par la police britannique dans l'affaire Vickrum Digwa. ]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Guerre en Ukraine : Kostyantynivka, la ville au cœur de la bataille russe pour le Donbass]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-kostyantynivka-la-ville-au-coeur-de-la-bataille-russe-pour-le-donbass-W5YFJ5332RHHNINQUJJ3MSOSWE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-kostyantynivka-la-ville-au-coeur-de-la-bataille-russe-pour-le-donbass-W5YFJ5332RHHNINQUJJ3MSOSWE/</guid><dc:creator><![CDATA[Enola Richet]]></dc:creator><description></description><pubDate>Sun, 05 Jul 2026 10:40:51 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>En uniforme devant son état-major, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-avons-des-problemes-derriere-laveu-de-vladimir-poutine-les-difficultes-croissantes-de-la-russie-ULFA6IJS3JFGRIUCLAR44R3IZQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-avons-des-problemes-derriere-laveu-de-vladimir-poutine-les-difficultes-croissantes-de-la-russie-ULFA6IJS3JFGRIUCLAR44R3IZQ/">Vladimir Poutine</a> a remercié le 4 juillet les <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/attaques-russes-provocations-le-scenario-redoute-par-les-etats-unis-en-pologne-Z6VCCNEJAFDQDKUDVQMTTJC27I/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/attaques-russes-provocations-le-scenario-redoute-par-les-etats-unis-en-pologne-Z6VCCNEJAFDQDKUDVQMTTJC27I/">soldats russes</a> pour leur prise de la ville de Kostyantynivka, d’une “importance stratégique majeure”. Les images ont été retranscrites à la télévision. Selon son porte-parole, Dmitri Peskov, "la ville est désormais entièrement sous notre contrôle". Un autre commandant affirme que "des opérations de recherche et d’élimination des soldats isolés des forces armées ukrainiennes qui tentent de se cacher dans des bâtiments, caves et ruines" sont en cours dans cette ville, décrite comme "l'un des principaux centres défensifs de la zone fortifiée Sloviansk-Kramatorsk-Kostiantynivka". </p><p>Le sang n’a fait qu’un tour chez Volodymyr Zelensky. "Bien sûr, ce n'est pas vrai — il s'agit simplement d'un nouveau mensonge russe conçu pour susciter une quelconque couverture médiatique" a réagi le président ukrainien samedi, lors d’un entretien téléphonique avec le chancelier allemand Friedrich Merz. Avant d’avancer avec ironie que "si Kostyantynivka était actuellement sous contrôle russe, alors Poutine n'aurait certainement aucun problème à m'y rencontrer et à trouver des solutions diplomatiques pour mettre enfin fin à la guerre". </p><h3>Un mois de bataille pour la ville </h3><p>Selon l’état-major ukrainien, certains groupes d’infanterie sont bel et bien entrés dans la ville, qui se trouve finalement en situation difficile après d’intenses combats, qui dure depuis un mois. Au début du mois de juin, le commandement du 19e corps d'armée, chargé de la défense de la ville, avait déjà indiqué que plus d'une centaine de soldats russes se trouvaient à l'intérieur de la zone urbaine de Kostyantynivka.</p><p>Mais elle reste, selon <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/trophylab-la-base-de-donnees-ukrainienne-qui-disseque-larsenal-militaire-russe-DT72CWHZABH63LX5XVFQ5YKRQQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/trophylab-la-base-de-donnees-ukrainienne-qui-disseque-larsenal-militaire-russe-DT72CWHZABH63LX5XVFQ5YKRQQ/">l’Ukraine</a>, sous le contrôle de ses Forces armées. "Au cours de la journée du 3 juillet, l'ennemi a mené 11 assauts dans cette direction, mais n'a obtenu aucun succès. Au contraire, l'ennemi, ce n'est pas la première fois, recourt à la diffusion de désinformation flagrante et de fausses informations par ses plus hauts responsables", a déclaré le major Kovalev auprès du média <i>Ukrainska Pravda</i>. Kostyantynivka fait partie de ce qu’on appelle la “ceinture de forteresses”. C’est le principal obstacle à l'ambition de longue date de Moscou de conquérir l'ensemble du Donbass. </p><p>La tension et l'enjeu de la communication étaient d'autant plus importants ces derniers jours que la Russie a annoncé, samedi 4 juillet, avoir abattu plus de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/intrusions-de-drones-en-europe-comment-la-russie-teste-les-failles-de-la-defense-de-lotan-TB2ZN45RGBB77CGOH2QVW47PUE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/intrusions-de-drones-en-europe-comment-la-russie-teste-les-failles-de-la-defense-de-lotan-TB2ZN45RGBB77CGOH2QVW47PUE/">soixante-dix de drones </a>ukrainiens au-dessus de Saint-Pétersbourg, précisant qu'un terminal pétrolier avait été touché. Volodymyr Zelensky affirme de son côté que la base navale de Kronstadt à Saint-Pétersbourg a elle aussi été touchée par les frappes. L'armée russe a promis de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/mise-sous-pression-par-lukraine-la-russie-riposte-par-une-attaque-massive-contre-kiev-RYTVWPXJE5DDTFW3F25XUS36LA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/mise-sous-pression-par-lukraine-la-russie-riposte-par-une-attaque-massive-contre-kiev-RYTVWPXJE5DDTFW3F25XUS36LA/">riposter</a> rapidement. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/7S2S3NI675GLNBJ6QXDNYD4THY.JPG?auth=d7f47381b19604ead91a6c8557e623ba287d8300ed9914b460f5e709dbcbd1e9&amp;smart=true&amp;width=1080&amp;height=667" type="image/jpeg" height="667" width="1080"><media:description type="plain"><![CDATA[Le Kremlin a revendiqué la prise par l'armée russe de la ville-clé de Kostyantynivka dans l'est de l'Ukraine, position stratégique située sur la route menant vers les dernières grandes villes du Donbass encore sous contrôle ukrainien.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">Handout / Latin America News Age</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA["Ils ont décidé de me vendre" : comment la guerre précipite des jeunes filles dans le mariage forcé]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/ils-ont-decide-de-me-vendre-comment-la-guerre-precipite-des-jeunes-filles-dans-le-mariage-force-P5IZZYVR45E57DS5CDEW2CFTMQ/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/ils-ont-decide-de-me-vendre-comment-la-guerre-precipite-des-jeunes-filles-dans-le-mariage-force-P5IZZYVR45E57DS5CDEW2CFTMQ/</guid><dc:creator><![CDATA[Aurore Maubian]]></dc:creator><description></description><pubDate>Sun, 05 Jul 2026 10:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Zabib dort lorsque des voix viennent rompre son sommeil. On l’emmène hors de sa maison. Ce n’est que plus tard qu’elle comprend : elle est en train d'être livrée à un homme qu’elle ne connaît pas. Son mariage a été célébré en son absence dans une mosquée du <a href="https://www.lexpress.fr/monde/afrique/violences-au-soudan-du-sud_1309840.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/afrique/violences-au-soudan-du-sud_1309840.html">Soudan du Sud</a>. Le contrat a été signé : des têtes de bétail, des chèvres, des biens ont été convertis en argent. Les arrangements ont été conclus sans son consentement. Elle n’a que 15 ans.</p><p>Dans son pays, Zabib n’est pas une exception. Plus de la moitié des jeunes filles y sont mariées avant l’âge de 18 ans selon <a href="https://www.girlsnotbrides.org/fr/learning-resources/child-marriage-atlas/regions-and-countries/sudan/" target="_self" rel="" title="https://www.girlsnotbrides.org/fr/learning-resources/child-marriage-atlas/regions-and-countries/sudan/">l’ONG britannique Girls not Brides</a>. Certaines le sont dès 12 ans, lorsque les premières règles suffisent, dans certaines communautés, à les considérer comme prêtes pour l’union. Depuis 1991, le consentement de la femme est requis avant la cérémonie. Mais la législation contient des failles : un tuteur masculin – père, oncle ou frère – peut signer un contrat de mariage en son nom. Si la jeune fille refuse, l'événement n’est pas annulé pour autant : elle doit intenter une action en justice et prouver qu’elle n’était pas consentante. Une procédure longue, coûteuse et inaccessible à la majorité d’entre elles. "C’est aujourd’hui l’une des normes culturelles les plus néfastes qui affectent les filles de nos communautés", confie Zabib, aujourd’hui âgée de 34 ans. </p><p>La guerre n’a fait qu’aggraver cette réalité. Dans son dernier rapport sur les enfants et les conflits armés, publié en juin 2026, l’ONU dresse un constat alarmant : les violations graves contre les enfants – unions forcées, meurtres, violences sexuelles – ont atteint un niveau inédit l'an dernier. Au Soudan, le réseau Siha, l’Initiative stratégique pour les femmes dans la Corne de l’Afrique, a documenté des mariages imposés par des combattants des Forces de soutien rapide dans les territoires qu’ils envahissent. A l’échelle mondiale, <a href="https://www.unicef.org/blog/path-towards-ending-child-marriage" target="_blank" rel="" title="https://www.unicef.org/blog/path-towards-ending-child-marriage">selon l’Unicef</a>, près de 12 millions de filles sont mariées chaque année avant l’âge de 18 ans. Dans les zones de conflit, cette pratique augmente encore : les jeunes filles exposées à la guerre ont 20 % de risques supplémentaires d’être mariées avant leur majorité, d'après <a href="https://www.savethechildren.net/news/report-girls-living-conflict-face-20-higher-risk-child-marriage" target="_blank" rel="" title="https://www.savethechildren.net/news/report-girls-living-conflict-face-20-higher-risk-child-marriage">Save the Children</a>.</p><blockquote><p>J’avais peur de lui. J’étais une enfant</p><p class="citation">Eshwaq, mariée à 12 ans</p></blockquote><p>"Dans une longue guerre civile, le mariage est parfois utilisé comme arme de guerre", observe Veronica Kamanga-Njikho, responsable mondial de la prévention du mariage des enfants à l’Unicef. "Certaines familles voient également le mariage comme un moyen de protéger leurs filles contre les violences sexuelles lorsque les systèmes juridiques sont inefficaces et que les filles sont exposées à des dangers accrus", complète Gabrielle Szabo, conseillère en égalité de genre au sein de l’ONG Save the Children. A cette peur s’ajoute le poids de l’honneur. Dans certaines familles, unir sa fille revient à prévenir une relation jugée honteuse, une grossesse hors mariage ou une atteinte à la réputation du foyer. </p><h2>Arrachées à l'école</h2><p>Le deuxième ressort est économique. Quand les revenus s’effondrent, le mariage peut s’imposer comme une issue immédiate : une "bouche à nourrir en moins". "Ici au Soudan du Sud, si vos parents donnent naissance à des filles, ils veulent en tirer profit avec une dot. Les miens ont décidé de me vendre", regrette Zabib. Parfois, l'union représente également la promesse, illusoire, d’un avenir meilleur. Eshwaq avait 12 ans lorsqu’elle a été mariée dans le gouvernorat de Sa’dah, au Yémen. Sa famille était pauvre, l’homme qu’on lui destinait était plus riche. "La guerre a précipité mon mariage. Mon père voulait que j’aie une meilleure vie. Il me disait que j’allais avoir une maison, des bijoux et de nouveaux vêtements. Je pensais qu’il faisait vraiment ça pour mon bien", livre-t-elle aujourd’hui, treize ans après les faits. La jeune fille accepte alors et découvre son mari le jour de leur union. Rapidement, cet engagement se transforme en cauchemar. "Quand je cassais des œufs ou des ustensiles de cuisine par accident, il se mettait en colère. J’avais peur de lui. J’étais une enfant. Pour moi, tout était un jeu", continue-t-elle. Eshwaq devient mère à l’âge de 14 ans. L’accouchement manque de la tuer. "J’ai saigné au point d’être prise en charge en soins intensifs. Mon cœur s’est même arrêté de battre un instant", se souvient-elle. Séparée depuis sept ans, la jeune femme a désormais repris ses études. </p><p>Comme Zabib et tant d’autres, elle a été arrachée à l’école au moment même où celle-ci aurait pu constituer l’un de ses derniers espaces de protection. Lorsque la guerre contraint les établissements scolaires à fermer, les jeunes filles perdent la possibilité de construire leur propre avenir et parfois l’oreille attentive d’un adulte extérieur au cercle familial. En Afghanistan, après le retour des talibans au pouvoir, Veronica Kamanga-Njikho dit avoir observé le même mécanisme : sans école, sans formation, sans perspective d’avenir, le mariage finit par apparaître à certaines familles comme "la seule voie possible".</p><p>L’Europe n’est pas épargnée. En Ukraine, les données officielles semblaient encourageantes avant l’invasion russe : 324 unions de mineures en 2022, contre 756 en 2020. Ces chiffres avaient été présentés par la délégation ukrainienne devant le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, lors de l’examen de son neuvième rapport périodique. Mais aujourd’hui, <a href="https://www.unwomen.org/fr" target="_blank" rel="" title="https://www.unwomen.org/fr">UN Women</a>, l’agence onusienne pour l’égalité des sexes, alerte : la crise ukrainienne devrait amplifier la pratique, en particulier dans les communautés roms. Interrogé par L’Express, le ministère ukrainien des Affaires étrangères n’a pas souhaité réagir.</p><h2>Des mariages invisibilisés</h2><p>Mesurer l’ampleur de cette pratique reste aujourd’hui un défi colossal pour les gouvernements et les associations. En temps de guerre, la collecte de données est fortement compromise : les pannes d’Internet coupent les canaux d’information, les déplacements massifs rendent les victimes invisibles et les défenseurs des droits humains, souvent menacés, sont contraints de fuir. Les mariages sont alors découverts ultérieurement, au détour d’un suivi médical, d’un signalement ou du retour progressif des organisations humanitaires. "Durant les pics de conflit, il arrive même que nous observions une baisse significative. Mais ce n’est qu’une illusion. Quand la situation se stabilise, la collecte de données reprend et les unions précoces tendent à augmenter", explique Gabrielle Szabo. Si UN Women affirme, malgré l’absence de données consolidées, que les mariages d’enfants augmentent en Ukraine<b> </b>depuis l’invasion russe, c’est parce que le scénario s’est répété ailleurs. En Iran, où la législation permet déjà le mariage des filles à partir de 13 ans, et plus tôt sous certaines conditions, les associations redoutent que l’aggravation de la pauvreté, de l’insécurité et du repli familial n’expose davantage les adolescentes.</p><p>Dans ces zones grises où les données manquent, les témoignages des "survivantes", comme elles préfèrent être nommées, deviennent essentiels. Celui de Zabib porte l'espoir. Après la célébration de son mariage, elle a d’abord tenté de partir. En vain. A peine avait-elle pris la fuite qu’elle a été dénoncée par des habitants de son village, puis ramenée de force chez son mari. Dans cette maison, elle a été contrainte aux tâches domestiques et aux rapports sexuels avec un homme qu’elle n’avait pas choisi. Lorsqu’elle est tombée enceinte, l’étau s’est encore resserré. Demander de l’aide à sa famille lui était impossible : elle savait que les siens la ramèneraient auprès de celui qu'elle fuyait. Aidée par une voisine, la jeune femme est finalement parvenue à s’échapper et a alors cherché à interrompre sa grossesse. La suite de son histoire s’est écrite loin de cet entourage : Zabib a d'abord travaillé comme réceptionniste dans un hôtel, repris ses études, appris l’informatique, puis obtenu un poste au sein du gouvernement sud-soudanais. En 2014, elle a même créé sa propre organisation de protection des enfants. Aujourd’hui, elle ne craint pas que son prénom apparaisse dans cet article : elle en est fière. Fière d’aider des jeunes filles qui, comme elle il y a dix-neuf ans, n’ont pas choisi leur destin.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/I5P4HDRFYRG6LNM7TH573ZDUT4.jpg?auth=5fd07914315230327432f72139ee6ae23d58ed430ae306ff9dc0f9fb7f587253&amp;smart=true&amp;width=5402&amp;height=3588" type="image/jpeg" height="3588" width="5402"><media:description type="plain"><![CDATA[Une enfant yéménite dans la banlieue de Sanaa, au Yémen, le 28 janvier 2023.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">EPA/YAHYA ARHAB</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA["On peut démolir les Russes" : voyage au cœur de l'industrie de guerre ukrainienne]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/on-peut-demolir-les-russes-voyage-au-coeur-de-lindustrie-de-guerre-ukrainienne-4J2XMH4MNZA25G6XSDFRQBUMWM/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/on-peut-demolir-les-russes-voyage-au-coeur-de-lindustrie-de-guerre-ukrainienne-4J2XMH4MNZA25G6XSDFRQBUMWM/</guid><dc:creator><![CDATA[Paul Véronique]]></dc:creator><description></description><pubDate>Sun, 05 Jul 2026 09:45:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>En ce début d’été, dans un hangar tenu secret du missilier ukrainien Fire Point, l’odeur âcre des produits chimiques le dispute au vacarme des machines. Bleu de travail ou simple t-shirt sur le dos, des dizaines d’ouvriers s’affairent, malgré la chaleur ambiante, à la fabrication du <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/ihor-fedirko-chef-du-conseil-ukrainien-de-lindustrie-de-defense-de-nouvelles-armes-apparaissent-tous-PSLD2DRTZFDSJKSHOQCPF3RV34/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/ihor-fedirko-chef-du-conseil-ukrainien-de-lindustrie-de-defense-de-nouvelles-armes-apparaissent-tous-PSLD2DRTZFDSJKSHOQCPF3RV34/">produit phare de l’industriel</a> : le missile de croisière FP-5, plus connu sous <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/si-lukraine-avait-eu-de-telles-armes-avant-comment-kiev-rattrape-son-retard-sur-la-russie-2AA47HU6A5CUHNXQTDRRBMNLVI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/si-lukraine-avait-eu-de-telles-armes-avant-comment-kiev-rattrape-son-retard-sur-la-russie-2AA47HU6A5CUHNXQTDRRBMNLVI/">le nom de "Flamingo"</a> (flamant rose), pour la couleur rose qu’arboraient ses tout premiers prototypes. Déjà, la fabrication du fuselage de l’appareil, en fibre de carbone, puis de ses ailes, avant de passer à l’électronique. "On en fabrique un à trois par jour selon les besoins", glisse fièrement un salarié, qui restera anonyme. "Mais nous avons la capacité de monter jusqu’à sept", complète un autre l’air entendu. D’une envergure de plus de six mètres, ce mastodonte peut emporter plus d’une tonne d’explosifs, et frapper jusqu’à 3 000 kilomètres.</p><p>Dévoilé l’été dernier, ce projectile est devenu la figure de proue de toute une panoplie de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/lennemi-va-le-sentir-les-armes-a-longue-portee-de-lukraine-nouveau-cauchemar-des-russes-AKQMF2KXVND73GLYNGGEPDGN7Y/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/lennemi-va-le-sentir-les-armes-a-longue-portee-de-lukraine-nouveau-cauchemar-des-russes-AKQMF2KXVND73GLYNGGEPDGN7Y/">nouvelles armes "made in Ukraine"</a> développées ces dernières années. Il a rapidement fait ses preuves sur le front. Le 27 juin, Volodymyr Zelensky a revendiqué une frappe "réussie" contre l’usine russe Titan-Barrikady de Volgograd - un site de premier plan pour la production de systèmes d'artillerie et de missiles. "Chaque installation de défense russe impliquée dans la guerre contre l'Ukraine est une cible légitime pour nos frappes à longue portée", a mis en garde le président ukrainien fort de ce nouvel atout. Galvanisé par les récents succès de son armée, le chef d’Etat avait déjà annoncé, deux jours plus tôt, une opération spéciale de quarante jours visant à pousser la Russie "à mettre fin à la guerre" - sans en préciser les contours. Aussi un moyen pour lui de se placer en position de force en amont du sommet de l’Otan qui se tiendra les 7 et 8 juillet prochains à Ankara.</p><h2>"Dégâts critiques" sur les raffineries</h2><p>Il faut dire que l’intensification de la campagne de frappes dans la profondeur menée par l’Ukraine depuis le mois d’avril a porté de sérieux coups à la machine de guerre russe. Au total, plus d’un quart des capacités de raffinage nationales ont été mises à l’arrêt. "Les dégâts sont critiques, se félicite, cartes à l’appui, une source ukrainienne impliquée dans les opérations de ciblage. La remise en état des installations pétrolières sera extrêmement longue." Pour la raffinerie de Kapotnya, frappée à la mi-juin - et qui couvre à elle seule plus de 40% des besoins en essence de Moscou -, cela devrait prendre au moins six mois. Résultat, dans la capitale russe comme dans le reste du pays, se sont multipliées de longues files d’attente devant les stations-service. Fait rare, Vladimir Poutine lui-même <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-avons-des-problemes-derriere-laveu-de-vladimir-poutine-les-difficultes-croissantes-de-la-russie-ULFA6IJS3JFGRIUCLAR44R3IZQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-avons-des-problemes-derriere-laveu-de-vladimir-poutine-les-difficultes-croissantes-de-la-russie-ULFA6IJS3JFGRIUCLAR44R3IZQ/">a reconnu "une certaine pénurie"</a> de carburant le 28 juin lors d’une interview - signe du sérieux de la situation. Le talon d’Achille de la Russie : sa taille, qui rend difficile la protection de l’ensemble du territoire.</p><p>Au grand dam du chef du Kremlin, les prochains mois n’augurent pas d'une embellie. Pour mettre à terre le secteur énergétique russe, pilier de son économie, les Ukrainiens disposent aujourd’hui d’un autre atout : une flotte de drones kamikazes à longue portée low cost, ce qui permet de les produire en masse. Parmi eux, les FP-1 et FP-2, également fabriqués par Fire Point, sont impliqués dans la moitié des frappes sur le territoire russe. Dans un entrepôt de la firme - qui recrute à tour de bras et compte plus de 6 000 salariés -, des centaines d’ouvriers se relaient du matin au soir dans un dédale d’ateliers exigus pour assurer au pas de course chaque étape de fabrication. "Grâce à ces armes, nous pouvons maintenant répondre aux frappes russes, sourit une employée d’une vingtaine d’années, tandis qu’à deux pas, une imprimante 3D frôle la surchauffe pour produire des pièces à la chaîne. Mon espoir, c’est que l’on parvienne à leur rendre la vie impossible dans les mois à venir." Pour l’heure, plus de 200 drones sortent quotidiennement d’usines. Mais l’entreprise entend bien monter en puissance - en témoignent les nombreuses offres d’emploi recouvrant les murs.</p><p>Dans l'effervescence de l’atelier, l’actionnaire majoritaire et cofondateur du groupe, Denys Shtilierman, fait soudain son apparition pour donner ses directives. Du haut de ses 51 ans, l’homme au visage buriné et à l’allure de colosse n’est pas sans zones d’ombre : il est notamment soupçonné d’entretenir des liens avec l'homme d'affaires ukrainien Tymur Mindich - en fuite après un scandale de corruption. Mais cela n’empêche pas l’imposant patron, qui dénonce des attaques visant "à détruire sa réputation", de voir grand. Son plan : tester d’ici à l’automne sur le champ de bataille son nouveau missile balistique, le FP-9, puis lancer sa production en masse en fin d’année. Cet engin - qui suit une trajectoire en cloche hors de l’atmosphère avant de retomber à très grande vitesse sur sa cible - doterait l’Ukraine d’une capacité inédite. En plus de mettre Moscou à portée de sa redoutable puissance de feu. "Ça montrera aux Russes qu’on peut les démolir, assène Shtilierman. Et ce sera pour nous un levier d’influence."</p><blockquote><p>Nous allons éteindre la Crimée. D’ici un à deux mois, toutes ses infrastructures énergétiques seront détruites</p></blockquote><h2>Une armée russe à la peine</h2><p>En parallèle, ses équipes travaillent sur le FP-7, un intercepteur de missile balistique, que la société espère pouvoir déployer d’ici à la fin de l'année afin d'améliorer la protection du ciel. Le plus sûr moyen pour les Ukrainiens de pallier la pénurie mondiale de Patriot américains, alors que chaque jour retentit aux quatre coins du pays le bruit déchirant des missiles russes. Car dans le même temps, la Russie redouble de brutalité. Le 2 juillet, la capitale ukrainienne a été la cible de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/mise-sous-pression-par-lukraine-la-russie-riposte-par-une-attaque-massive-contre-kiev-RYTVWPXJE5DDTFW3F25XUS36LA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/mise-sous-pression-par-lukraine-la-russie-riposte-par-une-attaque-massive-contre-kiev-RYTVWPXJE5DDTFW3F25XUS36LA/">l’une des attaques les plus massives</a> depuis le début du conflit, faisant au moins trente morts et près d'une centaine de blessés. Pour accélérer le développement de son nouveau système, Fire Point a signé mi-juin un protocole d’accord avec le fabricant allemand Hensoldt, afin d’intégrer un radar de haute performance à ses engins. Et espère se poser en futur pilier d’une défense européenne en pleine reconstruction.</p><p>A des kilomètres des usines, les progrès des industriels de défense ukrainiens n’ont pas échappé aux combattants. "L’état d'esprit est en train de changer, livre avec confiance<b> </b>Oleksandr Yabchanka, commandant d’une unité de drones. Nous continuons à monter en puissance alors que les Russes, on le sent, commencent à manquer de ressources." Plus de quatre ans après le début de la guerre, l’armée de Poutine paraît effectivement à la peine. Selon une étude publiée par le Center for Strategic and International Studies le 30 juin, elle a "perdu plus de terrain qu'elle n'en a conquis" en avril et mai, avec une perte nette de 400 kilomètres carrés. Pis, elle perd désormais chaque mois plus de soldats (30 000 à 34 000) qu'elle n'arrive à en recruter (27 000). "Il nous faut accélérer pour obtenir la victoire, jauge, bien conscient du momentum ukrainien, Mykhailo Gonchar, président de l’institut Centre for Global Studies Strategy XXI de Kiev. Pour l’instant nous avons l’avantage, mais cela peut changer."</p><h2>La Crimée en ligne de mire</h2><p>L’une des cibles prioritaires de Kiev est la Crimée, annexée par Vladimir Poutine en 2014. Sous le coup d’un feu nourri des Ukrainiens contre ses infrastructures critiques, la situation s’y est d’ores et déjà fortement dégradée depuis début mai : pénurie de carburant, coupures de courant, trains à l’arrêt… "Nous allons éteindre la Crimée, martèle une source ukrainienne. D’ici un à deux mois, toutes ses infrastructures énergétiques seront détruites et les Russes n’auront plus de combustible." Avec des conséquences en cascade pour toute l’économie de ce lieu de villégiature prisé des Russes. En Ukraine, on savoure ce succès avec un plaisir non dissimulé. "Nous clôturons la saison balnéaire en Crimée", est allé jusqu’à railler fin juin le ministère ukrainien de la Défense.</p><p>Pour l’étrangler encore davantage, les forces de Kiev ont accru les frappes contre les routes permettant son approvisionnement depuis le sud de l’Ukraine occupée, grâce au Hornet, un drone dopé à l’IA capable de frapper avec une grande précision des cibles jusqu’à 150 kilomètres. Le but : isoler la péninsule pour mieux l’affaiblir. La situation est d’autant plus préoccupante pour Moscou que le ravitaillement par bateaux est rendu hautement périlleux par la <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-les-drones-de-surface-le-cauchemar-des-russes-en-mer-noire-5RKW3WKGE5EDHI6M5OLP4HCPSE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-les-drones-de-surface-le-cauchemar-des-russes-en-mer-noire-5RKW3WKGE5EDHI6M5OLP4HCPSE/">flotte de drones navals</a> que s’est constituée l’Ukraine au fil des années. Dans l’une des usines clandestines chargées de produire l’un d’eux, le Seawolf, une véritable course contre la montre s'est engagée pour conserver l'avance accumulée. "On ne cesse de se battre avec les Russes pour créer des systèmes contre lesquels ils n’ont pas encore de parade", explique Sergueï, un responsable, au milieu d’un entrepôt qui ne paie pas de mine. Autour de lui, des dizaines d’ouvriers, visseuse ou soudeur en main, s'attellent à la construction de drones marins. Ces bateaux sans pilote longs de sept mètres - qu’ils produisent à un rythme de 50 unités par mois - se déclinent sous toutes les formes : avec une mitrailleuse ou dotés de mines, de systèmes antiaériens et même de lance-grenades.</p><p>Ces tueurs des mers ont déjà fait payer le prix fort à la marine russe. En 2023, après avoir perdu plus de 30 % de sa flotte, Moscou n’avait eu d’autre choix que de replier ses navires de leur base historique de Sébastopol vers les confins orientaux de la mer Noire. Depuis, les Ukrainiens ont étendu leur allonge. En décembre dernier, les services secrets du pays ont revendiqué la destruction d’un sous-marin dans le port de Novorossiysk grâce à des drones sous-marins - une première. Et les frappes ukrainiennes ne se limitent plus à cette seule armada. Le 3 juin, une corvette russe de la flotte de la Baltique a été frappée par des drones aériens sur la base navale de Kronstadt, non loin de Saint-Pétersbourg - poussant Moscou à annuler la traditionnelle parade de ses navires pour la journée de la marine, par crainte d’une nouvelle attaque. "La Russie doit comprendre qu’elle ne peut pas gagner cette guerre, résume d’un ton martial le général ukrainien Mykhaïlo Kuznetsov. C’est l’idée que nous sommes en train de semer dans l’esprit de 120 millions de Russes." </p><p>Pour la population ukrainienne, qui encaisse chaque jour plus d'attaques, le plus tôt sera le mieux. "Il n'est pas juste que la guerre se déroule uniquement chez nous, souffle, au lendemain d’une nouvelle nuit de frappes, Dmytro, un trentenaire originaire de Lviv venu passer quelques jours à Kiev. Il est grand temps que les Russes ressentent ce que nous vivons depuis quatre ans." Près de 1 600 jours après le début de l'agression russe, l’Ukraine a enfin les moyens d'y parvenir.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/W22EHLBB3ZEYZDNM3CISMBOWOQ.JPG?auth=bbea94b411f57d3bf2e74727d0b149f3e017988f83c6164d60932088e235f000&amp;smart=true&amp;width=6000&amp;height=4000" type="image/jpeg" height="4000" width="6000"><media:description type="plain"><![CDATA[Un employé travaillant sur un drone à longue portée FP-1 dans une usine de l'entreprise ukrainienne Fire Point, le 2 avril 2026]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[250e anniversaire des Etats-Unis : Donald Trump célèbre son Amérique et réactive l’ennemi "communiste" ]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250e-anniversaire-des-etats-unis-donald-trump-celebre-son-amerique-et-reactive-lennemi-communiste-2UI45VSYQRG65ESMPA4K6OJCSM/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250e-anniversaire-des-etats-unis-donald-trump-celebre-son-amerique-et-reactive-lennemi-communiste-2UI45VSYQRG65ESMPA4K6OJCSM/</guid><dc:creator><![CDATA[Enola Richet]]></dc:creator><description></description><pubDate>Sun, 05 Jul 2026 09:17:39 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Presque toutes les célébrations du <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250-ans-des-etats-unis-les-chiffres-qui-montrent-que-le-reve-americain-vacille-4ZBT5VV2TBAG7MUUKT3JMGYBE4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250-ans-des-etats-unis-les-chiffres-qui-montrent-que-le-reve-americain-vacille-4ZBT5VV2TBAG7MUUKT3JMGYBE4/">250e anniversaire des États-Unis</a> portaient la marque Trump ce 4 juillet, les décisions prises par le président milliardaire d’extrême droite ayant <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-le-250-anniversaire-des-etats-unis-vire-a-la-guerre-des-commemorations-4UMYNKGDTJH7XGTP3P7X6BH5ZU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-le-250-anniversaire-des-etats-unis-vire-a-la-guerre-des-commemorations-4UMYNKGDTJH7XGTP3P7X6BH5ZU/">transformé une commémoration</a> officielle de l’histoire américaine en un nouvel épisode de la polarisation politique aux États-Unis. Sous une chaleur suffocante — les températures ont atteint 46 degrés à Washington — cette soirée, millimétrée pour être le "plus grand rallye Trump" selon ses propres mots, a finalement été victime des orages et d’un certain chaos.</p><p>À quelques heures de son discours, les éclairs ont forcé les Secret Service à évacuer une partie de ses partisans, qui l’attendaient en liesse sur l’immense esplanade du National Mall, avant qu’il ne leur demande de revenir. "J’ai dit : 'Il n’y a pas moyen — même si nous devons parler devant une seule personne à 4 heures du matin, je serai là. Rien ne nous dissuadera.'" a-t-il lancé à la foule Maga (Make America great again), moins dense que prévu. "C’est une soirée inoubliable. Je crois que c’est quelque chose de très spécial." a poursuivi <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-donald-trump-impose-son-nom-et-son-visage-partout-ou-il-le-peut-LYEBGIZUPRBCPLQADMUDDNASVI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-donald-trump-impose-son-nom-et-son-visage-partout-ou-il-le-peut-LYEBGIZUPRBCPLQADMUDDNASVI/">Donald Trump</a>, assurant que la persévérance des participants rendait l’événement "encore plus grand que si nous n’avions pas eu ces éclairs retentissants".</p><h3>Vaincre la “menace communiste” </h3><p>Après une heure de retard et alors que la chaleur sévissait toujours, Donald Trump a finalement annoncé en débutant son speech, à 23 heures, qu’il allait faire "un très long discours… juste pour montrer que je peux tout faire". Comme la veille, lors d’un précédent discours au Mont Rushmore, Donald Trump a ainsi passé une partie conséquente de son temps sur scène à agiter l’un de ses messages politiques préférés du moment : "une menace communiste" à "vaincre rapidement". Une référence non pas historique — rien à voir avec la Russie — mais à la montée des démocrates socialistes au sein du Parti démocrate, à quatre mois des élections de mi-mandat qui pourraient le renforcer ou l’affaiblir. Avant d’exiger que le Congrès n’adopte une loi qui rendrait le vote plus difficile.</p><p>Une partie de son discours a été dédiée à vanter les valeurs d’une Amérique qui compose son socle de votants, rapport le <a href="https://www.washingtonpost.com/politics/2026/07/04/trumps-vision-americas-250th-puts-him-center/" target="_self" rel="" title="https://www.washingtonpost.com/politics/2026/07/04/trumps-vision-americas-250th-puts-him-center/"><i>Washington Post</i></a>. "Contrairement à tant d’autres pays dans le monde, dans ce pays nous avons la liberté d’expression, la liberté de religion, une justice égale devant la loi — même si je n’ai pas été si bien traité que ça, mais nous n’allons pas entrer dans ce sujet” a-t-il relevé. Mais aussi à l’histoire des États-Unis, le président évoquant selon le <a href="https://www.nytimes.com/2026/07/05/us/politics/trump-speech-fourth-july.html" target="_self" rel="" title="https://www.nytimes.com/2026/07/05/us/politics/trump-speech-fourth-july.html"><i>New York Times</i></a> le "génie" des Pères fondateurs, évoquant "Annie Oakley, Buffalo Bill ainsi que Lewis et Clark". Le tout accompagné d’un drapeau "qui, selon lui, fut le premier à flotter au-dessus du pont de Brooklyn", rapporte le journal américain. Et d’un autre qui, toujours selon Donald Trump, "flottait triomphalement lorsque les Britanniques ont agité le drapeau blanc de la reddition à Yorktown".</p><h3>Commémoration nationale devenue rallye trumpiste </h3><p>Ce qui devait être le point culminant des célébrations du 250e anniversaire de la nation semble finalement s’être déroulé comme un nouveau rassemblement trumpiste. "Seuls les grands patriotes sont invités" avait prévenu plus tôt le président <a href="https://www.lexpress.fr/monde/asie/des-etats-unis-en-declin-et-instables-sont-dangereux-pour-la-chine-comment-pekin-percoit-le-chaos-au-HYJYMLOPCRARBL3IGRAW2GIRVA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/asie/des-etats-unis-en-declin-et-instables-sont-dangereux-pour-la-chine-comment-pekin-percoit-le-chaos-au-HYJYMLOPCRARBL3IGRAW2GIRVA/">des États-Unis</a>, à propos de cet événement en théorie ouvert à tous. À quelques mois des festivités, le chef d’État avait écarté America 250, la commission bipartisane chargée depuis dix ans de préparer les festivités de l’anniversaire, pour la remplacer (en ce qui concerne les festivités de la capitale) par son propre groupe d’alliés politiques, Freedom 250.</p><p>Avant d’annoncer brusquement qu’il serait la tête d’affiche de la Great American State Fair sur le National Mall, qui s’est déroulée durant deux semaines avant le 4 juillet, se décrivant comme "l’attraction numéro un partout dans le monde, l’homme qui attire des foules bien plus importantes qu’Elvis à son apogée". De nombreux artistes et vendeurs ont pourtant fini par se retirer de la foire, à mesure qu’il est devenu clair que celle-ci n’était pas une célébration mais un événement partisan.</p><h3>Mise en scène du récit Trump </h3><p>Des éléments de son bilan ont évidemment été disséminés entre les éléments historiques. "Nous avons reconstruit notre armée pendant mon premier mandat. Nous nous en sommes un peu servis pendant notre — en fait, je devrais dire troisième mandat, mais je ne vais pas le faire, parce que je ne veux pas de controverse" a semblé narguer le président américain. Dans les pages du <i>Washington Post</i>, le bilan est sans appel. "Comme il l’a fait tout au long des célébrations de cet anniversaire, Trump s’est présenté comme le personnage central du récit qu’il souhaite voir le pays raconter sur lui-même : une Amérique affaiblie avant lui, relancée par lui et célébrant désormais sa fondation grâce à la restauration qu’il a opérée — un "âge d’or" promis." conclut le journal.</p><p>Au Mont Rushmore, la veille, il avait assuré à la foule qu’il avait "sauvé, presque à lui seul” le Deuxième Amendement et qu’il allait “rendre son identité à notre pays". À l’issue de l’événement, ses détracteurs ont surtout pointé les images de foules clairsemées lors d’un événement autocentré, qui aurait affaibli ce qui aurait pu être une grande célébration civique.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/GBYBYKXZBFBU3EYLC4LAF26EW4.JPG?auth=8225eb3a8c5ee2970dc27c8882fce41dfbdbd0a6074531e7f421ecb79cd08b69&amp;smart=true&amp;width=3475&amp;height=2317" type="image/jpeg" height="2317" width="3475"><media:description type="plain"><![CDATA[Donald Trump a prononcé son discours à 23 heures, après qu'une partie de ses partisans aient été évacués à cause de l'orage. ]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Attaques djihadistes et touaregs au Mali : la junte confrontée à un nouveau défi sécuritaire]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/afrique/attaques-djihadistes-et-touaregs-au-mali-la-junte-confrontee-a-un-nouveau-defi-securitaire-BLUSB4JTLJE5TAELGZ4NEQGP6I/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/afrique/attaques-djihadistes-et-touaregs-au-mali-la-junte-confrontee-a-un-nouveau-defi-securitaire-BLUSB4JTLJE5TAELGZ4NEQGP6I/</guid><dc:creator><![CDATA[Audrey Parmentier]]></dc:creator><description></description><pubDate>Sat, 04 Jul 2026 15:12:02 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>De nouvelles attaques coordonnées ont frappé le <a href="https://www.lexpress.fr/monde/au-mali-djihadistes-et-rebelles-bousculent-le-pouvoir-soutenu-par-moscou-KLKPABHBYRFEVOHRRIT35OLIAQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/au-mali-djihadistes-et-rebelles-bousculent-le-pouvoir-soutenu-par-moscou-KLKPABHBYRFEVOHRRIT35OLIAQ/">Mali</a>. Des insurgés ont mené des assauts simultanés en cinq points du pays, tôt ce samedi 4 juillet, notamment dans une ville du nord où sont stationnés des combattants gouvernementaux et russes, ainsi que dans une localité située au sud de la capitale, Bamako. Cette offensive marque une nouvelle démonstration de force des groupes armés face aux autorités maliennes, déjà confrontées à une insécurité persistante. Les assauts ont visé des positions de l’armée dans plusieurs localités, dont Anefis, Aguelhoc et Gao (dans le nord du pays), Sévaré (au centre) et Kénioroba (au sud), ont indiqué les forces armées maliennes dans un communiqué.</p><p>Les soldats ont repoussé les attaques et la situation est "totalement sous contrôle", précise le communiqué, ajoutant que 20 "terroristes" ont été tués à Sévaré et six à Gao. Un combattant pro-gouvernemental a trouvé la mort à Gao et quatre autres ont été blessés, selon la même source. Un porte-parole du <a href="https://www.lexpress.fr/monde/afrique/ce-que-lon-sait-des-attaques-au-mali-menees-par-des-groupes-terroristes-a-bamako-et-dautres-villes-Z2CHB7ULK5F3HC3GJ2AE744QEU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/afrique/ce-que-lon-sait-des-attaques-au-mali-menees-par-des-groupes-terroristes-a-bamako-et-dautres-villes-Z2CHB7ULK5F3HC3GJ2AE744QEU/">Front de libération de l'Azawad</a> (FLA), un groupe rebelle à dominante touareg, a affirmé que son organisation avait pris part aux attaques de samedi. En avril, ce groupe s'était associé au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) — affilié à <a href="https://lexpress.fr/monde/al-qaida-organisation-terroriste_1816935.html" target="_self" rel="" title="https://lexpress.fr/monde/al-qaida-organisation-terroriste_1816935.html">Al-Qaïda</a> dans la région — lors d'une opération coordonnée et retentissante qui avait visé l'aéroport de Bamako et coûté la vie au ministre de la Défense. Les djihadistes du JNIM n'ont pas immédiatement revendiqué ces attaques.</p><p>Le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a affirmé que les combattants du groupe étaient entrés dans la localité d’Anefis, dans la région de Kidal (nord-est). <a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260704-mali-des-localit%C3%A9s-dans-le-nord-et-une-prison-dans-le-sud-vis%C3%A9es-par-des-attaques" target="_self" rel="" title="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260704-mali-des-localit%C3%A9s-dans-le-nord-et-une-prison-dans-le-sud-vis%C3%A9es-par-des-attaques">Selon nos confrères de RFI</a>, des combats se déroulent actuellement au cœur de cette ville, "un verrou important pour se rendre à Kidal". Des troupes gouvernementales et des combattants russes y avaient été déployés après les attaques d’avril, à la suite de leur retrait de la ville stratégique de Kidal. Reuters n’a toutefois pas été en mesure de vérifier ces informations de manière indépendante. À Gao, un responsable local a indiqué que des tirs et des attaques à la roquette visant un camp militaire se poursuivaient depuis l’aube, sans que leur origine puisse être immédiatement établie. Les vols civils à l’arrivée et au départ de Gao ont, eux, été annulés, rapporte <a href="https://www.jeuneafrique.com/1809838/politique/mali-le-fla-et-le-jnim-lancent-une-nouvelle-offensive-sur-anefis-gao-et-sevare/" target="_self" rel="" title="https://www.jeuneafrique.com/1809838/politique/mali-le-fla-et-le-jnim-lancent-une-nouvelle-offensive-sur-anefis-gao-et-sevare/"><i>Jeune Afrique</i></a><i>.</i></p><h3>Plusieurs villes touchées</h3><p>À Sévaré, un habitant a indiqué à Reuters que des tirs entendus à l’aube avaient été suivis de quatre puissantes explosions dans l’ouest de la ville, vers 8 heures (heure locale). Plus au sud, à Kénioroba, une prison abritant notamment des opposants politiques maliens a également été prise pour cible. Selon une source diplomatique et une source sécuritaire citées par Reuters, l’établissement a été attaqué, même si l’une d’elles affirme que les forces de sécurité ont repoussé les assaillants. "De nombreux djihadistes sont détenus dans cet établissement, ouvert en 2019 pour désengorger la prison de Bamako", souligne <i>Jeune Afrique</i>.</p><p>Ces attaques mettent en évidence l'incapacité des dirigeants militaires maliens — arrivés au pouvoir à la faveur de coups d'Etat en 2020 et 2021 — à assurer l'amélioration de la sécurité qu'ils avaient promise. En septembre 2024, le JNIM a attaqué un centre de formation de la police paramilitaire près de l'aéroport de Bamako, tuant une soixantaine de personnes. Plus récemment, le groupe a imposé un blocus sur le carburant, privant ainsi les habitants et les entreprises de la capitale d'électricité et de ravitaillement. "Sans accès à la mer, Bamako demeure dépendant de ses voisins, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire et, surtout, la Guinée - ces trois pays représentant 90 % des importations", rappelait en novembre 2025 <a href="https://www.lexpress.fr/monde/au-mali-letau-djihadiste-se-resserre-bamako-ne-tient-plus-qua-un-fil-YDIR2P6J2NERFBGYJMWFWRWBPQ/?auth=b5fc9b2062" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/au-mali-letau-djihadiste-se-resserre-bamako-ne-tient-plus-qua-un-fil-YDIR2P6J2NERFBGYJMWFWRWBPQ/?auth=b5fc9b2062">L'Express</a><i>.</i></p><p>Dans ce contexte, le gouvernement malien cherche à renforcer ses liens avec Washington, désireux de relancer la coopération sécuritaire et d’explorer des opportunités dans le secteur minier. De son côté, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/attaques-russes-provocations-le-scenario-redoute-par-les-etats-unis-en-pologne-Z6VCCNEJAFDQDKUDVQMTTJC27I/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/attaques-russes-provocations-le-scenario-redoute-par-les-etats-unis-en-pologne-Z6VCCNEJAFDQDKUDVQMTTJC27I/">la Russie</a>, dont les forces de l’"<a href="https://www.lexpress.fr/monde/afrique/wagner-se-retire-du-mali-quest-ce-que-lafrica-corps-le-groupe-paramilitaire-qui-prend-son-relais-7QV4VELQCNHLTB62EO74PMXZUU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/afrique/wagner-se-retire-du-mali-quest-ce-que-lafrica-corps-le-groupe-paramilitaire-qui-prend-son-relais-7QV4VELQCNHLTB62EO74PMXZUU/">Africa Corps</a>" soutiennent les autorités, a assuré qu’elle resterait aux côtés du Mali après les attaques d’avril. Le Burkina Faso et le Niger, eux aussi dirigés par des juntes militaires confrontées à la violence djihadiste, se sont également rapprochés de Moscou en matière de sécurité.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/IUZ5ZVROIRBUZEKDZAILVBQHTE.JPG?auth=c3e71ace6720ade4972b5dcd1f2586b4c2dfc6654dc9a43b7551906c385e7d89&amp;smart=true&amp;width=3500&amp;height=2333" type="image/jpeg" height="2333" width="3500"><media:description type="plain"><![CDATA[Des combattants du groupe islamiste MUJWA, lié à Al-Qaïda, qui accompagnent un convoi incluant le ministre burkinabé des Affaires étrangères Djibril Bassolé, montent la garde à Gao, dans le nord du Mali, le 7 août 2012.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">STRINGER</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[250 ans des Etats-Unis : les chiffres qui montrent que le rêve américain vacille]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250-ans-des-etats-unis-les-chiffres-qui-montrent-que-le-reve-americain-vacille-4ZBT5VV2TBAG7MUUKT3JMGYBE4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/250-ans-des-etats-unis-les-chiffres-qui-montrent-que-le-reve-americain-vacille-4ZBT5VV2TBAG7MUUKT3JMGYBE4/</guid><dc:creator><![CDATA[Audrey Parmentier]]></dc:creator><description></description><pubDate>Sat, 04 Jul 2026 13:30:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Tout avait été pensé pour faire de cet anniversaire un moment de rassemblement national. Les préparatifs du <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-le-250-anniversaire-des-etats-unis-vire-a-la-guerre-des-commemorations-4UMYNKGDTJH7XGTP3P7X6BH5ZU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-le-250-anniversaire-des-etats-unis-vire-a-la-guerre-des-commemorations-4UMYNKGDTJH7XGTP3P7X6BH5ZU/">250e anniversaire des Etats-Unis</a> débutent il y a dix ans, lorsque le Congrès crée une commission bipartisane, baptisée "America 250", chargée d’orchestrer les célébrations. Pendant huit ans, le projet reste discret. Puis <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/guerre-en-ukraine-donald-trump-se-dit-furieux-contre-vladimir-poutine-B3KWJ6N76FGATDYZCKV5Z2JT3Y/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/guerre-en-ukraine-donald-trump-se-dit-furieux-contre-vladimir-poutine-B3KWJ6N76FGATDYZCKV5Z2JT3Y/">Donald Trump</a> revient à la Maison-Blanche. Durant sa campagne, il avait promis des festivités grandioses. Mais, à l’heure où le pays souffle ses 250 bougies, l’ambiance est loin de l’euphorie. Les sondages dressent le portrait d’une Amérique profondément pessimiste quant à son avenir et divisée sur l’héritage qu’elle laisse. "L'Amérique a le blues", soutient CNN. </p><p>Plus des trois quarts des Américains estiment que les Pères fondateurs seraient déçus des etats-Unis d’aujourd’hui, selon une enquête Gallup, publiée en mai et relayée par <a href="https://edition.cnn.com/2026/06/25/politics/americans-sentiment-250-celebration-polls" target="_self" rel="" title="https://edition.cnn.com/2026/06/25/politics/americans-sentiment-250-celebration-polls">CNN</a>. Seuls 19 % pensent au contraire que les signataires de la Déclaration d’indépendance seraient satisfaits de l’évolution du pays, tandis que 77 % jugent qu’ils seraient déçus. Gallup pose cette question depuis 1999, mais jamais le constat n’avait été aussi sombre. En 2003, ils n’étaient que 48 % à partager cette opinion. Ce pessimisme dépasse les clivages politiques. Si les républicains portent un regard légèrement moins sévère que les démocrates, seule une minorité, dans les deux camps, estime que les fondateurs verraient d’un bon œil l’Amérique actuelle.</p><p>Le malaise ne se limite pas à ce regard sur le passé. Selon un récent sondage de <a href="https://www.nbcnews.com/politics/politics-news/poll-america-250-riven-doubt-pessimism-glimmers-hope-rcna348912" target="_self" rel="" title="https://www.nbcnews.com/politics/politics-news/poll-america-250-riven-doubt-pessimism-glimmers-hope-rcna348912">NBC</a>, publié au même moment, seuls 38 % des Américains estiment que les meilleures années du pays sont encore à venir, contre 45 % en 1990. Dans le même temps, 78 % jugent que le "rêve américain" est aujourd’hui plus difficile à atteindre qu’il y a une génération. Certains en viennent même à inverser cette promesse : selon des reportages du <a href="https://www.wsj.com/us-news/americans-leaving-the-us-migration-a5795bfa" target="_self" rel="" title="https://www.wsj.com/us-news/americans-leaving-the-us-migration-a5795bfa"><i>Wall Street Journal</i></a>, le "nouveau rêve américain" consisterait désormais, pour une partie des citoyens, à ne plus y vivre. Dans ce contexte, les Américains entretiennent un rapport ambivalent à leur pays, mêlant attachement et inquiétude. Un sondage de Fox News montre ainsi qu’ils sont plus nombreux à se dire patriotes qu’à exprimer une fierté pour les Etats-Unis tels qu’ils sont aujourd’hui.</p><h3>Sept Américains sur dix se disent insatisfaits</h3><p>Une autre enquête du Pew Research Center, repris par <a href="https://edition.cnn.com/2026/07/02/us/america-250-vibes-cec" target="_self" rel="" title="https://edition.cnn.com/2026/07/02/us/america-250-vibes-cec">CNN</a>, montre que près de sept Américains sur dix se disent insatisfaits de la situation actuelle du pays, tandis qu’environ 60 % considèrent que ses plus belles années sont désormais derrière lui. Gallup relève également un niveau historiquement bas de fierté nationale, avec à peine la moitié des habitants se déclarant "extrêmement" ou "très fiers" d’être Américains.</p><p>Dans ce contexte, les célébrations du Jour de l’Indépendance apparaissent elles aussi plus clivantes qu’auparavant. Selon l’institut Marquette, 57 % des Américains se disent intéressés par ce 250e anniversaire, un niveau comparable à celui observé avant le bicentenaire de 1976. La différence est ailleurs : il y a cinquante ans, cette célébration faisait largement consensus. Aujourd’hui, les républicains sont beaucoup plus nombreux (+ 33 points) que les démocrates à manifester leur intérêt.</p><p>Ces commémorations interviennent enfin alors que Donald Trump, qui a repris en main leur organisation à Washington, traverse une période d’impopularité. Le président est critiqué après avoir entraîné les Etats-Unis dans <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/">une guerre au Moyen-Orient</a> qui a fait bondir les prix du carburant et aggravé une crise persistante du coût de la vie. Selon le projet "The State of the Nation", repris par CNN, aucun Etat américain n’enregistre d’amélioration sur des indicateurs comme les inégalités de revenus, le <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-italie-le-recul-historique-du-chomage-cache-une-autre-realite-BVM73IAMR5CJPMG4FUGICICOQQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-italie-le-recul-historique-du-chomage-cache-une-autre-realite-BVM73IAMR5CJPMG4FUGICICOQQ/">chômage</a> de longue durée ou la progression des salaires. Un contraste saisissant avec l’image de puissance et d’optimisme que ces célébrations tentent pourtant d'incarner.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/2KED4QP4QNHLNPEF6QKAY543IU.JPG?auth=6da0b907dff6fb72167cc293607893fe874243c26643d074e6363dc669affaa5&amp;smart=true&amp;width=3936&amp;height=2632" type="image/jpeg" height="2632" width="3936"><media:description type="plain"><![CDATA[Alors que les Etats-Unis célèbrent leur 250e anniversaire à New York, près de sept Américains sur dix se disent insatisfaits de la situation actuelle du pays.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Indépendance des Etats-Unis, le point de vue de L'Express en 1976 : "Seul pays dont l'acte de naissance soit sa Constitution"]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/independance-des-etats-unis-le-point-de-vue-de-lexpress-en-1976-seul-pays-dont-lacte-de-naissance-JOJVIHPM4BFPTE474TPDANY6UU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/independance-des-etats-unis-le-point-de-vue-de-lexpress-en-1976-seul-pays-dont-lacte-de-naissance-JOJVIHPM4BFPTE474TPDANY6UU/</guid><description></description><pubDate>Sat, 04 Jul 2026 11:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p><b>L'Express du 17 mai 1976</b></p><h3>Le grand secret de la Constitution américaine </h3><p>Durant la conférence de presse tenue à l'Elysée le 22 avril 1976, quelqu'un demanda au Président ce qu'il comptait faire au cas où les partis opposés à sa politique deviendraient majoritaires à l'Assemblée nationale, après les prochaines élections législatives. "Il existe une réponse à cette question, déclara <a href="https://www.lexpress.fr/politique/cest-donc-cela-la-victoire-quand-valery-giscard-destaing-confiait-a-lexpress-ses-souvenirs-du-8-mai-O4BT3VBHXBC4PAFHOKGXKXZJ7M/?auth=8c275b910e" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/cest-donc-cela-la-victoire-quand-valery-giscard-destaing-confiait-a-lexpress-ses-souvenirs-du-8-mai-O4BT3VBHXBC4PAFHOKGXKXZJ7M/?auth=8c275b910e">M. Valéry Giscard d'Estaing</a>, et une seule, elle est contenue dans le petit livre que voici : le texte de <a href="https://www.lexpress.fr/politique/4-octobre-1958-le-jour-ou-la-ve-republique-est-nee-FVC6EW253NCKTFCIOKX7C7DXR4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/4-octobre-1958-le-jour-ou-la-ve-republique-est-nee-FVC6EW253NCKTFCIOKX7C7DXR4/">la Constitution de la République française</a>." Propos insolite dans la bouche d'un homme d'Etat français, mais propos qui eût fait figure de truisme dans celle d'un président des Etats-Unis. La question même aurait semblé superflue, saugrenue à un auditoire de citoyens américains, non seulement parce que leur Constitution, à la différence de la nôtre, fait face sans équivoque à l'éventualité particulière évoquée à l'Elysée ce jour-là, mais aussi, en général, parce que, dans la conscience collective américaine, la politique et la Constitution ne font qu'un : c'est le domaine constitutionnel qui a dessiné le domaine politique, et non l'inverse. </p><p>Certes, aux <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump_1702460.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump_1702460.html">Etats-Unis</a> comme ailleurs, nombre de politiciens cherchent à tourner les lois, et souvent y parviennent impunément. Mais, découverts, ils paient leur double jeu beaucoup plus cher qu'ailleurs. Il n'y a pas, en Amérique, d'indulgence amusée ou, du moins, avouée pour les violations habiles de la légalité. Que cette légalité ait subi des variations considérables, des renversements complets, cela est certain. Qu'elle ait même, au XIXe siècle, légitimé des situations contraires aux Droits de l'homme ne l'est pas moins. </p><p>Mais, aux Etats-Unis, c'est toujours la loi qui a corrigé la loi. Jamais n'ont prévalu contre elle, en dehors d'elle, des notions telles que le salut public, un destin national, le devoir de rétablir l'ordre, ou l'intérêt supérieur de la patrie. L'Histoire américaine ne mentionne aucun coup d'Etat, même populaire, même légalisé a posteriori. La seule guerre civile qu'elle compte fut une "guerre entre les Etats" (c'est d'ailleurs ainsi que l'on appelle la guerre de Sécession dans le Sud) ; entre des Etats dont les uns s'estimaient en droit de sortir de l'organisation fédérale et dont les autres leur refusaient cette latitude de décider unilatéralement la rupture du pacte constitutionnel.</p><h3> </h3><h3>L'ouvrier agricole sicilien catholique et le Juif lituanien... </h3><p>Dans tous les pays autres que les Etats-Unis, le ciment de la communauté nationale est toujours plus ancien, plus profond que la Constitution, laquelle devient même parfois un épiphénomène assez ténu. Ce ciment peut être historique, territorial, religieux, linguistique, militaire, idéologique, tribal, culturel, et souvent presque tout cela en même temps. Au demeurant, les plus fortement marquées des communautés nationales actuelles sont nées bien antérieurement à l'âge des Constitutions : elles se sont "constitutionnalisées" après s'être constituées. </p><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/PETOVLAVVVBWPFR25CQCQVONGM.jpeg?auth=2bbd4e4eabc535a862d211ce3e7ad40274ab26648a6b1bb360a740c1a2f8fffa&smart=true&width=1845&height=2521" alt="Couverture de L'Express du 17 mai 1976 à l'occasion du 200e anniversaire de l'indépendance des Etats-Unis." height="2521" width="1845"/><figcaption>Couverture de L'Express du 17 mai 1976 à l'occasion du 200e anniversaire de l'indépendance des Etats-Unis.</figcaption></figure><p>Ce n'est pas le cas des Etats-Unis, qui, précisément, se sont constitués en se "constitutionnalisant", seul pays dont l'acte de naissance soit sa Constitution, et qui donc attache nécessairement beaucoup plus d'importance que tout autre à l'observer et à la conserver. </p><p>Comme l'a bien dit l'éminent écrivain politique, récemment disparu, Hannah Arendt, qui, elle-même née en Allemagne, puis devenue américaine dans sa maturité, parlait d'expérience, le peuple américain est en majorité un peuple d'émigrants, hétéroclites, par conséquent, dont le seul point commun, le seul principe de rattachement les uns aux autres, initialement du moins a été une Constitution. L'ouvrier agricole sicilien catholique, le plus souvent illettré, ignorant l'anglais, rejoignait dans une même communauté nationale le Juif lituanien et l'Anglo-Saxon protestant, du seul fait qu'il souscrive comme eux à la Constitution des Etats-Unis, en sollicitant la permission d'immigrer, puis la nationalité américaine. </p><p>Certes, le Sicilien fournissait en général la main-d'oeuvre qui permettrait l'enrichissement de l'Anglo-Saxon établi avant lui. Mais il ne faut pas oublier que l'émigration a pour cause les fléaux et les crimes souvent pires de l'Europe. Elle a commencé par vagues massives au milieu du XIXe siècle, avec l'atroce famine irlandaise que l'Angleterre victorienne ne fit rien pour secourir : un quart de la population de l'île émigra entre 1840 et 1860. Elle s'est poursuivie parce que l'Italie, la Pologne ou la Grèce ne parvenaient pas à faire vivre leurs enfants, ou parce que la Russie exterminait ses Juifs. Rien qu'entre 1909, et 1920 14 millions et demi d'Européens émigrèrent et devinrent américains. Et, bien entendu, ce n'était pas fini, puisque le nazisme et la Seconde Guerre mondiale, les répressions de Budapest en 1956 et de Prague en 1968 devaient pousser à travers l'Atrlantique de nouveaux flots de réfugiés politiques. </p><p>Mais, certes, tous les nouveaux venus ne fuyaient pas la misère ou les persécutions. Hollandais, Norvégiens, Finlandais, Allemands, en provenance de pays et de classes sociales relativement prospères, ont constitué, aux Etats, Unis, des "communautés", jalouses de leur ascendance traditionnelle, et leur folklore, mais se confondant juridiquement dans la citoyenneté américaine. Chaque groupe peut culiver sa différence, et même célébrer sa "fête nationale" — comme le font ponctuellement Irlandais ou Italo-Américains - sans contredire les usages américains. Ce n'est pas l'ethnie qui définit la citoyenneté. </p><p>Si récente, d'ailleurs, pour un individu, que soit cette citoyenneté, elle devient aussitôt de plein exercice. On rencontre fréquemment aux Etats-Unis, des Américains qui ne sont citoyens que depuis quelques années et ne se sentent nullement des "métèques" contrairement à ce qui se passe en Europe. Les deux personnalités les plus originales de la vie publique américaine depuis dix ans, Ralph Nader et Henry Kissinger, sont nées l'un au Liban, l'autre en Allemagne, et le second parle anglais avec un épais accent germanique. Imaginez un ministre des Affaires étrangères français s'exprimant dans notre langue avec l'accent de M. Mario Soarès ! Le seul poste pour lequel il soit obligatoire d'être né sur le territoire américain est celui de président des Etats-Unis. </p><p>Que le principe de l'unité nationale soit la Constitution explique notamment le déroulement de Watergate, jusqu'à ses conséquences ultimes, car il ne saurait y avoir d'"intérêt supérieur de l'Etat" distinct de l'application de la Constitution. Cela explique aussi la longévité de celle-ci. </p><p>Certes, la pérennité de la Constitution américaine tient largement à ses qualités, qui furent reconnues dès le XIXe siècle par des esprits aussi différents que Goethe et Gladstone, sans parler de Tocqueville. Mais, plus encore, elle tient à sa fonction de matrice de la société. </p><p>Cette fonction explique, enfin, que les conflits intérieurs à cette société, ses mutations les plus révolutionnaires ne passent pas par des bouleversements constitutionnels. Aux yeux d'un Européen (Grande-Bretagne à part), faire une révolution, c'est changer de régime. D'où il découle que nous avons souvent l'illusion d'avoir fait une révolution, alors que nous nous sommes bornés à changer de régime, et d'où il résulte aussi que nous sommes aveugles devant les révolutions qui ont à diverses reprises profondément altéré la société américaine (ou la nôtre propre) parce que ou lorsqu'elles ne se sont pas exprimées par la substitution de nouvelles institutions aux anciennes. </p><p>Dans la vie publique américaine, les grands affrontements politiques, sociaux, économiques prennent la forme de disputes constitutionnelles, même quand l'enjeu, sur le fond, est un changement de société, une altération décisive du pouvoir économique, une extension des droits de l'individu, un profond changement dans la morale collective. Le bloc des lois du New Deal de Roosevelt, révolution sociale s'il en fut, commença par donner lieu à un conflit célèbre entre la Présidence et la Cour suprême, laquelle, en un premier temps, déclara inconstitutionnelle cette réglementation par le pouvoir fédéral de la vie économique des Etats. </p><p>De même, la lutte pour les droits des Noirs, entre 1950 et 1970, eut toujours pour point de départ ou d'arrivée d'abord un procès devant les tribunaux normaux, ensuite un appel à la Cour suprême. Ce fut également le cas pour la bataille de l'environnement, les droits des femmes, l'abolition de la peine de mort. Cette dernière, par exemple, avait déjà été abolie dans plusieurs Etats (dans le Michigan dès 1847, le Maine en 1887, le Minnesota en 1911, etc.), et avait cessé d'être appliquée dans plusieurs autres, lorsque la Cour suprême, en 1972, la "suspendit" pour l'ensemble de l'Union, en arguant que la Constitution interdisait tout "châtiment cruel et inhabituel". On peut s'étonner qu'elle ait mis si longtemps à s'en apercevoir. C'est le cas typique où l'évolution dans l'interprétation de la Constitution suit celle de la sensibilité. </p><h3>L'extraordinaire métamorphose des rapports interraciaux </h3><p>Mais le cas inverse se voit aussi dans le domaine des droits civiques des Noirs, la loi, depuis 1950, a précédé l'évolution de la sensibilité, et même déterminé cette évolution, que les sondages permettent de suivre et que l'extraordinaire métamorphose des rapports interraciaux dans le Sud a dessinée sur le terrain même. </p><p>N'importe qui a le droit de demander aux tribunaux - et, éventuellement pour finir, à la Cour suprême — de trancher ce qui est constitutionnel et ne l'est pas : le gouvernement fédéral lorsqu'un Etat ne veut pas appliquer une de ses lois, un Etat, qui considère comme abusive une loi fédérale, un individu agissant contre l'un ou l'autre, mais aussi un individu contre une entreprise privée ou une bureaucratie publique quelconques, qu'il s'agisse d'un défenseur de l'environnement attaquant des industries polluantes ou d'un officier homosexuel s'estimant victime d'une discrimination dans l'armée. La Cour suprême statue sur des questions d'importance aussi illégale que le droit pour une compagnie d'autocars de vous imposer l'audition d'une musique d'ambiance et celui pour la presse de publier les dossiers secrets du Pentagone, ou le devoir, pour le président des Etats-Unis, de communiquer à la Justice des enregistrements confidentiels. </p><h3>En Europe, les minorités n'admettent jamais qu'elles sont battues </h3><p>Le juridisme de la société américaine ne suffit certes pas à régler en douceur les antagonismes politiques, sociaux, économiques, moraux que la Cour suprême reflète autant qu'elle les arbitre. </p><p>L'angélisme constitutionnel est, dans une inévitable mesure, une fiction. Mais ce juridisme n'est pas non plus une simple façade. L'interprétation de la Constitution a pu varier : elle n'a jamais été arbitraire, elle s'est cantonnée entre des limites beaucoup plus étroites que celles tracées par le laxisme constitutionnel de la plupart des pays européens. </p><p>C'est qu'en Europe on tend à croire que les bonnes Constitutions doivent servir à éliminer les minorités en désaccord avec les majorités, à créer un consensus unanime parmi les citoyens, faute de quoi on estime que la Société est cassée en deux, ingouvernable. A titre de réciprocité, les minorités n'admettent jamais qu'elles sont battues : leurs défaites ne sauraient être qu'illégales. Comment s'étonner, dès lors, du nombre de guerres civiles et de dictatures qu'offre notre Histoire européenne ? Le consensus, c'est ce que le système américain nous enseigne, malgré les imperfections qui lui sont propres. Le consensus n'est pas le faut que tout le monde soit d'accord sur une politique. Il est est le fait que tout le monde soit d'accord sur la manière de ne pas être d'accord. Comme l'a dit jadis l'un des membres de la Cour suprême, le juge Holmes, "une Constitution est faite pour des gens dont les vues sont fondamentalement opposées fondamentalement elles". </p><p> </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/YVZHSKFJYJEPLM3CBIX5GRQRRM.JPG?auth=099530aa0190853971e7cb2cd95e6995c175c987b1a85f040fb37444cff04d93&amp;smart=true&amp;width=4200&amp;height=2800" type="image/jpeg" height="2800" width="4200"><media:description type="plain"><![CDATA[Des documents relatifs à la « Déclaration des droits de la Constitution » sont exposés dans le cadre de l'exposition « Freedom Plane National Tour : Documents That Forged a Nation » au Musée d'histoire de Miami, à Miami, en Floride (États-Unis), le 23 juin 2026. REUTERS/Giorgio Viera]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Attaques russes, provocations : le scénario redouté par les Etats-Unis en Pologne ]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/attaques-russes-provocations-le-scenario-redoute-par-les-etats-unis-en-pologne-Z6VCCNEJAFDQDKUDVQMTTJC27I/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/attaques-russes-provocations-le-scenario-redoute-par-les-etats-unis-en-pologne-Z6VCCNEJAFDQDKUDVQMTTJC27I/</guid><dc:creator><![CDATA[Audrey Parmentier]]></dc:creator><description></description><pubDate>Sat, 04 Jul 2026 09:35:12 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Et si la <a href="https://www.lexpress.fr/podcasts/lasemaine-europeenne/ukraine-russie-comment-le-rapport-de-force-est-en-train-de-sinverser-B7VKAN4XF5DTLD2ACYQV7MI46U/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/podcasts/lasemaine-europeenne/ukraine-russie-comment-le-rapport-de-force-est-en-train-de-sinverser-B7VKAN4XF5DTLD2ACYQV7MI46U/">guerre en Ukraine</a> débordait des frontières du pays pour atteindre directement un Etat membre de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/la-russie-se-prepare-t-elle-a-affronter-lotan-ces-signaux-qui-inquietent-les-pays-nordiques-OH6C57DTJFD6LMQ57NY4AIGVCY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/la-russie-se-prepare-t-elle-a-affronter-lotan-ces-signaux-qui-inquietent-les-pays-nordiques-OH6C57DTJFD6LMQ57NY4AIGVCY/">l’Otan</a> ? Depuis le début du conflit, ce scénario hante les chancelleries européennes, sans que les intentions de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-est-en-grande-difficulte-les-verites-du-grand-diplomate-estonien-jonatan-vseviov-AFBNRWHOOBDORGX2PDEYFDG6IE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-est-en-grande-difficulte-les-verites-du-grand-diplomate-estonien-jonatan-vseviov-AFBNRWHOOBDORGX2PDEYFDG6IE/">Vladimir Poutine</a> ne puissent être établies avec certitude. Une nouvelle alerte alimente pourtant ces craintes. Selon des informations publiées par le média polonais <i>Onet</i>, puis reprises par <a href="https://www.telegraph.co.uk/world-news/2026/07/03/russia-planning-attack-on-poland-test-nato-resolve-us-warns/" target="_self" rel="" title="https://www.telegraph.co.uk/world-news/2026/07/03/russia-planning-attack-on-poland-test-nato-resolve-us-warns/"><i>The Telegraph</i></a>, des infrastructures polonaises pourraient être visées par des missiles ou des drones, tandis que des <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-russie-les-soldats-forces-de-debourser-plus-de-30-000-euros-pour-echapper-au-front-ukrainien-5ZA3SEPOAJDNFEGZGZEBI6FLIA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-russie-les-soldats-forces-de-debourser-plus-de-30-000-euros-pour-echapper-au-front-ukrainien-5ZA3SEPOAJDNFEGZGZEBI6FLIA/">soldats russes</a> ou biélorusses pénétreraient sur le territoire polonais dans le cadre d’une opération de provocation.</p><p>Selon plusieurs proches du président polonais <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/pologne-crise-politique-ouverte-entre-donald-tusk-et-karol-nawrocki-autour-du-programme-safe-JAOTUOAGFRGSTMF6EOR3EABNJA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/pologne-crise-politique-ouverte-entre-donald-tusk-et-karol-nawrocki-autour-du-programme-safe-JAOTUOAGFRGSTMF6EOR3EABNJA/">Karol Nawrocki</a>, Washington aurait adressé à Varsovie plusieurs avertissements concernant ces projets. D'autres sources au sein du renseignement, du ministère polonais de la Défense, ainsi qu’un ambassadeur auprès d’un allié de l’Otan estiment qu’une provocation en Pologne ou dans les <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/un-risque-de-provocation-russe-dans-les-pays-baltes-pourquoi-lotan-sinquiete-EELWIQLGMRG43HAJVULCUT7OUU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/un-risque-de-provocation-russe-dans-les-pays-baltes-pourquoi-lotan-sinquiete-EELWIQLGMRG43HAJVULCUT7OUU/">Etats baltes</a> constitue un risque sérieux. Un responsable sécuritaire balte a également confirmé, de son côté, au <i>Telegraph</i> que de tels scénarios seraient actuellement discutés à Moscou.</p><p>Avec cette éventuelle attaque contre la Pologne, l’objectif attribué à la Russie ne serait pas de déclencher une guerre conventionnelle avec l’Alliance atlantique, mais de tester sa cohésion tout en faisant pression sur les soutiens occidentaux de Kiev, résume <i>The Telegraph.</i> La fin du soutien occidental à l’Ukraine pourrait même être exigée en contrepartie d’un retrait de Moscou. A noter que les pays européens de l'Otan et le Canada vont s'engager, en marge du sommet de l'Alliance qui se tiendra mercredi 8 juillet, à <a href="https://www.lexpress.fr/monde/si-donald-trump-claque-la-porte-de-lotan-erdogan-peut-il-le-remplacer-J6UVKNAR2BDOLMGGPI6CS4MUDE/" rel="">Ankara</a>, à fournir 70 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine en 2026 comme en 2027. L’un des scénarios envisagés par la Russie viserait également à démontrer que l’Otan n’est pas aussi solide qu’elle le revendique.</p><h3>La possibilité d'une "attaque hybride"</h3><p>Les scénarios évoqués restent variés. Selon <i>Onet</i>, une attaque de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/intrusions-de-drones-en-europe-comment-la-russie-teste-les-failles-de-la-defense-de-lotan-TB2ZN45RGBB77CGOH2QVW47PUE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/intrusions-de-drones-en-europe-comment-la-russie-teste-les-failles-de-la-defense-de-lotan-TB2ZN45RGBB77CGOH2QVW47PUE/">drones</a> contre des infrastructures critiques, comme des centrales électriques, ou des frappes aériennes simulées pourraient contraindre la Pologne à activer ses systèmes de défense aérienne. Dans l’hypothèse la plus extrême, une source du renseignement polonais évoque une "attaque hybride" dans une région frontalière. Une incursion terrestre limitée figure également parmi les hypothèses étudiées. Des soldats russes ou biélorusses pourraient franchir la frontière depuis l’enclave russe de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-tout-comprendre-aux-tensions-autour-de-l-enclave-russe-de-kaliningrad_2175707.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-tout-comprendre-aux-tensions-autour-de-l-enclave-russe-de-kaliningrad_2175707.html">Kaliningrad</a>, au nord de la Pologne, ou depuis la <a href="https://www.lexpress.fr/secret-defense/svetlana-tikhanovskaia-opposante-bielorusse-les-dictatures-seffondrent-quand-personne-ne-sy-attend-I7GXCWUECFEUHHN36HP3NULO4A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/secret-defense/svetlana-tikhanovskaia-opposante-bielorusse-les-dictatures-seffondrent-quand-personne-ne-sy-attend-I7GXCWUECFEUHHN36HP3NULO4A/">Biélorussie</a>, allié de Moscou.</p><p>L’enjeu serait alors autant diplomatique que militaire. D’après les sources sécuritaires polonaises, Moscou miserait sur une réaction mesurée de Varsovie. Plutôt qu’une riposte armée, les tats-Unis pourraient pousser la Pologne à ouvrir des négociations avec la Russie ou la Biélorussie, résume le <i>Telegraph.</i> Si les troupes russes se retiraient ensuite à l’issue de discussions, et non sous la contrainte militaire, le Kremlin pourrait revendiquer une victoire politique. Et pourquoi viser la Pologne ? D’après plusieurs sources sécuritaires européennes, une provocation dirigée contre Varsovie présenterait, du point de vue de Moscou, davantage d’intérêt qu’une opération menée contre l’un des Etats baltes.</p><p>Par ailleurs, les relations entre <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/entre-ukraine-et-pologne-la-querelle-qui-arrange-bien-vladimir-poutine-XBRP6WOMJFFH3MMH2IEIF4YNNQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/entre-ukraine-et-pologne-la-querelle-qui-arrange-bien-vladimir-poutine-XBRP6WOMJFFH3MMH2IEIF4YNNQ/">la Pologne et l’Ukraine</a> se sont tendues ces derniers mois, sur fond de désaccords autour de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et de rivalités entre leurs secteurs agricoles. Un contexte dont la Russie pourrait chercher à tirer profit pour creuser davantage les divisions. À Varsovie, les autorités assurent, de leurs côtés, prendre ces informations au sérieux, sans pour autant céder à l’alarmisme. Le Premier ministre <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/entre-ukraine-et-pologne-la-querelle-qui-arrange-bien-vladimir-poutine-XBRP6WOMJFFH3MMH2IEIF4YNNQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/entre-ukraine-et-pologne-la-querelle-qui-arrange-bien-vladimir-poutine-XBRP6WOMJFFH3MMH2IEIF4YNNQ/">Donald Tusk</a> a affirmé que la Pologne se préparait à "divers scénarios", tout en prévenant que "les mois à venir pourraient véritablement être critiques".</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/RBTZ6I7SXNGVFCFT3P2NTGVDWI.JPG?auth=7c08fa42e3900c731307338a8964885f18ce4f6da524852e682802cca9d68f50&amp;smart=true&amp;width=2549&amp;height=1440" type="image/jpeg" height="1440" width="2549"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président russe Vladimir Poutine visite un poste de commandement du groupement de forces interarmées russe, dans le cadre du conflit russo-ukrainien, à un endroit non identifié ; image tirée d'une vidéo diffusée le 3 juillet 2026. ]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Des vacances d’été trop longues en France ? Comment font nos voisins européens]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/des-vacances-dete-trop-longues-en-france-comment-font-nos-voisins-europeens-H7QBWK27C5GH3ATS3IK7ETZR3A/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/des-vacances-dete-trop-longues-en-france-comment-font-nos-voisins-europeens-H7QBWK27C5GH3ATS3IK7ETZR3A/</guid><dc:creator><![CDATA[Corentin Pennarguear]]></dc:creator><description></description><pubDate>Sat, 04 Jul 2026 05:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis le début de son second quinquennat, <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/apres-lui-ce-sera-peut-etre-le-deluge-emmanuel-macron-vu-par-de-grands-observateurs-internationaux-JVAKFRAT3JAG5PXEHREKDXZCTM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/apres-lui-ce-sera-peut-etre-le-deluge-emmanuel-macron-vu-par-de-grands-observateurs-internationaux-JVAKFRAT3JAG5PXEHREKDXZCTM/">Emmanuel Macron</a> relance chaque année le débat : faut-il réduire la durée des vacances scolaires d'été ? En février, le chef de l'Etat s'est de nouveau dit favorable à un passage de huit semaines actuellement à "un gros mois de vacances" afin d'alléger la charge de travail quotidienne des élèves pendant l'année. Mais <a href="https://www.lexpress.fr/societe/macron-va-lancer-une-convention-citoyenne-sur-les-temps-de-vacances-et-les-horaires-scolaires-JKVRPAH7DNH2LJRGSLCQCXRMOI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/societe/macron-va-lancer-une-convention-citoyenne-sur-les-temps-de-vacances-et-les-horaires-scolaires-JKVRPAH7DNH2LJRGSLCQCXRMOI/">la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant</a>, un organisme qui réunit 133 citoyens tirés au sort, a rendu son rapport en fin d'année dernière sans proposer de modifier ces vacances.</p><p>En réalité, cette durée estivale de congés est plutôt courante en Europe, de nombreux pays du sud et de l'est privilégiant de longues vacances à cette période, pour des raisons climatiques et culturelles. La question <a href="https://www.lexpress.fr/societe/education/temps-de-vacances-heures-de-cours-ou-se-situe-la-france-en-europe-sur-la-question-des-rythmes-EUGT5S6WZVACZDTZOX3C3VAKDA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/societe/education/temps-de-vacances-heures-de-cours-ou-se-situe-la-france-en-europe-sur-la-question-des-rythmes-EUGT5S6WZVACZDTZOX3C3VAKDA/">du rythme scolaire</a> reste toutefois un problème en France puisque, avec un minimum d’heures de cours obligatoires en primaire qui dépasse la moyenne de l’OCDE et une semaine de quatre jours, les journées des écoliers français sont parmi les plus chargées d'Europe.</p><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/7AW67AAFBFA6JPGPZVMMLIZTWI.png?auth=d28d2ee5025f01b2af40f70c315ee0609ff9668218ae56898ba727da1b08c4d8&smart=true&width=2876&height=2876" alt="En France, un programme très dense sur l'année" height="2876" width="2876"/><figcaption>En France, un programme très dense sur l'année</figcaption></figure><h2>Danemark, 42 jours : des congés courts pour une société équilibrée</h2><p>Le rythme scolaire danois a été pensé pour permettre aux parents de concilier vie professionnelle et familiale. Les crèches sont ouvertes toute l’année, les journées de travail prennent souvent fin en milieu d’après-midi et, malgré de courtes vacances d’été de six semaines, les écoles restent ouvertes pour accueillir les élèves et leur proposer une panoplie d’activités extrascolaires. D’autant qu’avec plus de 75 % des 55-64 ans toujours en emploi, les grands-parents sont moins disponibles qu’en France pour jouer les baby-sitters. </p><h2>Allemagne, 44 jours : un système de rotation régionale </h2><p>Outre-Rhin, les seize Länder (l'équivalent des régions) se répartissent les dates des congés estivaux dans un système de rotation : tous les élèves ont le droit à six semaines de vacances, mais pas au même moment. La Bavière et Bade-Wurtemberg échappent cependant à la règle : ces territoires agricoles du sud ont leurs vacances fixées chaque année du 1<sup>er</sup> août au 15 septembre afin que les enfants puissent aider à la récolte lors des moissons, même si cet argument n’est plus d’actualité. </p><h2>Italie, 97 jours : trop chaud pour les bancs de l'école</h2><p>Avec près de trois mois de coupure estivale, de mi-juin à mi-septembre, l’Italie est la championne européenne des vacances d’été, suivie de près par la Lettonie et la Lituanie. La longueur de ces congés, historiquement justifiée par des raisons agricoles, s’explique aujourd’hui par l’inadaptation des établissements scolaires à des températures encore très élevées au mois de septembre. En 2025, l’un des principaux syndicats de l’éducation avait à ce titre demandé le report de la rentrée à octobre, sans succès.</p><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/3ELBNG4VSBC3JBROSUDHCJ6QMY.png?auth=2f4e19de92e92ede59a494944eb0eb4921fdbcbbb0125556c72f1b943bafd7dd&smart=true&width=2876&height=2084" alt="Les Italiens, champions de la pause estivale" height="2084" width="2876"/><figcaption>Les Italiens, champions de la pause estivale</figcaption></figure><h2>Finlande, 67 jours : l'excellence scolaire malgré un long repos</h2><p>Après un hiver dans la pénombre, le système éducatif finlandais offre une cure de soleil aux élèves dès la fin mai, avec des vacances scolaires qui s'étirent de dix à onze semaines. L'Etat ne fixe que le nombre de jours de vacances et laisse aux écoles le soin de déterminer le calendrier exact, une organisation assez unique en Europe. Ces longs congés d'été ne semblent pas pénaliser l'apprentissage puisque le système finlandais garde une réputation d'excellence, notamment grâce à la présence de deux professeurs par classe.</p><h2>Estonie, 83 jours : profiter au maximum de la lumière</h2><p>Comme en Finlande, le facteur climatique et lumineux pèse fortement dans la longue durée des vacances d'été estoniennes, qui s'allongent sur trois mois. Les écoliers peuvent ainsi profiter des célèbres "nuits blanches" de juin et des nombreuses fêtes nationales qui émaillent cette période, avec les feux de joie qui éclairent les campagnes. L'Estonie fait aussi le choix d'heures d'enseignement moins nombreuses mais avec des objectifs pédagogiques précis, en particulier dans l'apprentissage des outils numériques. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/5EY54EGGJRDQJIDYVIKDQCR6NY.jpg?auth=27f8545aad0ce7e04bd0ee67d9700cc3ad538e3c8141d35d7eb5c9a335e80c12&amp;smart=true&amp;width=3823&amp;height=2549" type="image/jpeg" height="2549" width="3823"><media:description type="plain"><![CDATA[Petit garçon de 7 ans, en train de manger une glace près de la fontaine de Trevi à Rome, en Italie.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">Shutterstock</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Funérailles de Khamenei : "Le régime iranien souhaite montrer qu'il veut venger sa mort"]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/funerailles-de-khamenei-le-regime-iranien-souhaite-montrer-quil-veut-venger-sa-mort-CT57PHJ4NND5PGQZZQJIVPP4GI/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/funerailles-de-khamenei-le-regime-iranien-souhaite-montrer-quil-veut-venger-sa-mort-CT57PHJ4NND5PGQZZQJIVPP4GI/</guid><dc:creator><![CDATA[Charles Carrasco]]></dc:creator><description></description><pubDate>Fri, 03 Jul 2026 14:30:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Le régime veut en faire <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-funerailles-dali-khamenei-demonstration-de-force-dun-regime-sous-pression-HRCB4UDECVDLRGFUSVYVALGXHU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-funerailles-dali-khamenei-demonstration-de-force-dun-regime-sous-pression-HRCB4UDECVDLRGFUSVYVALGXHU/">une véritable démonstration de force.</a> Entre 15 et 20 millions de personnes sont attendues dans les rues de Téhéran pour les funérailles d'Ali Khamenei, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-donald-trump-a-abdique-face-a-liran-et-abandonne-israel-par-bernard-haykel-ATRNJNZHWZBWFBUY6ZIIGL7DQY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-donald-trump-a-abdique-face-a-liran-et-abandonne-israel-par-bernard-haykel-ATRNJNZHWZBWFBUY6ZIIGL7DQY/">Guide suprême de la République islamique</a> pendant trente-sept ans et tué dans une frappe israélienne le 28 février dernier. Une cérémonie hors-norme à plusieurs titres qui intervient plus de quatre mois après la mort du plus haut dignitaire iranien, dans un pays exsangue au sortir d'une guerre avec Israël et les Etats-Unis, et alors même que Téhéran vient de signer un protocole d'accord avec Washington. </p><p>Cortèges à Qom - ville sainte du chiisme -, Téhéran puis Mashhad - ville où est né Ali Khamenei -, délégations étrangères, ouverture inhabituelle d'Internet pour l'occasion... Chaque détail de la mise en scène a été pensé pour en faire un puissant outil de propagande. Pour décrypter les messages que le régime cherche à envoyer à sa population, à ses alliés transnationaux mais aussi à ses ennemis américain et israélien, L'Express a interrogé le grand spécialiste <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/la-guerre-en-iran-provoque-des-tensions-entre-les-etats-unis-et-larabie-saoudite-VQ3B7A5ZRBBBHFECV7DDQW7LR4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/la-guerre-en-iran-provoque-des-tensions-entre-les-etats-unis-et-larabie-saoudite-VQ3B7A5ZRBBBHFECV7DDQW7LR4/">de l’Iran</a>, Clément Therme, chercheur à l'institut international d'études iraniennes (Rasanah) et auteur de <i>Iran-Israël, la guerre idéologique, de 1979 à nos jours</i> (Tallandier, 2026). </p><p><b>L'Express : Quel message le régime iranien veut-il envoyer avec ces funérailles très cadrées ?</b></p><p><b>Clément Therme :</b> Le message est d'abord destiné à l'opinion iranienne. La République islamique vient de signer un accord avec l'ennemi américain, désigné comme responsable de la mort du Guide suprême. Elle doit donc rééquilibrer cet acte de pragmatisme, nécessaire à la survie du régime, en réaffirmant l'idéologie fondamentale et transnationale de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-na-qua-recopier-laccord-sur-le-nucleaire-iranien-de-2015-le-regard-de-lex-secretaire-a-4O65QP7VUFBFDLGQ2LOPM5MLHI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-na-qua-recopier-laccord-sur-le-nucleaire-iranien-de-2015-le-regard-de-lex-secretaire-a-4O65QP7VUFBFDLGQ2LOPM5MLHI/">la République islamique.</a> Il s'agit aussi de sortir d'un moment d'affaiblissement. On présente partout le régime comme renforcé, mais ce n'est pas exact : il n'a même pas été capable, depuis la mort du Guide, d'organiser ses funérailles plus tôt. </p><p>Des polémiques ont même commencé à circuler sur le lieu où se trouvait le corps. Dans l'islam, un défunt doit en principe être enterré rapidement, et ce délai était extraordinaire. Certaines rumeurs évoquaient un enterrement temporaire à Qom. En organisant enfin ces obsèques, le régime montre qu'il honore l'ancien Guide, chef de l'Etat ayant régné trente-sept ans de façon absolue sur l'Iran. Il s'agit donc, d'abord, d'une sortie de crise interne - car ne pas enterrer le défunt heurte les normes islamiques - et d'une sortie de crise liée à la signature d'un accord avec l'assassin désigné du Guide.</p><p><b>Ces funérailles s'accompagnent d'appels à la vengeance très divers. Quelles lignes de fracture cela révèle-t-il au sein du régime ?</b></p><p>Pour contrebalancer l'accord de principe passé avec Washington, les médias et télévisions du régime profitent de ce moment pour débattre publiquement de ce que serait la meilleure vengeance possible pour honorer la mémoire du Guide. Trois courants s'expriment. Les modérés et pragmatiques estiment que la véritable vengeance consiste à récupérer des milliards de dollars, à pouvoir de nouveau exporter <a href="https://www.lexpress.fr/economie/quels-scenarios-pour-le-petrole-iranien-le-decryptage-du-specialiste-homayoun-falakshahi-LJYKJO3KRZG63IPQZ2MK4LCTGE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/quels-scenarios-pour-le-petrole-iranien-le-decryptage-du-specialiste-homayoun-falakshahi-LJYKJO3KRZG63IPQZ2MK4LCTGE/">du pétrole,</a> à obtenir par la diplomatie ce que les armes n'ont pas permis d'obtenir - au Liban par exemple, un cessez-le-feu. Ils présentent donc le compromis lui-même comme un acte de vengeance, une position qui reste minoritaire dans le système. </p><p>Les plus conservateurs, autour <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/populiste-et-autoritaire-mohammad-bagher-ghalibaf-nouvel-homme-fort-de-liran-3LVZZIJCIZFVHIWFUBHPZRJ6J4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/populiste-et-autoritaire-mohammad-bagher-ghalibaf-nouvel-homme-fort-de-liran-3LVZZIJCIZFVHIWFUBHPZRJ6J4/">de Mohammad Bagher Ghalibaf</a> - président du Parlement et chef des négociateurs -, occupent une position plus ambiguë : ils considèrent eux aussi que le compromis permet d'atteindre certains objectifs, mais plaident pour reporter la vengeance à plus tard, le temps de redevenir suffisamment puissants. Pour bien se venger, disent-ils, il faut d'abord rétablir les finances du pays, obtenir de nouveaux équipements militaires et reconstruire ce qui a été détruit en matière <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/si-liran-lance-des-essaims-de-drones-dans-le-detroit-dormuz-lalerte-dun-ex-officier-de-lus-navy-WO5232W4AFDCNEEG5MLAVUIC2M/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/si-liran-lance-des-essaims-de-drones-dans-le-detroit-dormuz-lalerte-dun-ex-officier-de-lus-navy-WO5232W4AFDCNEEG5MLAVUIC2M/">de missiles, de drones</a> et d'infrastructures. Un troisième courant, enfin, défend une lecture radicale de la "loi du talion", également structurante dans l'idéologie de l'ayatollah Khomeini : pour ces partisans de la ligne dure, la seule vengeance légitime serait d'éliminer le Premier ministre israélien et le président américain. Ces appels au meurtre se multiplient et devraient encore se multiplier dans les prochains jours.</p><p><b>Ces funérailles s'inscrivent-elles dans une continuité historique propre à la République islamique ?</b></p><p>Oui, c'est le troisième grand événement funéraire de ce type dans l'histoire de la République islamique, et il faut le comprendre dans cette profondeur historique : les funérailles du premier Guide, Rouhollah Khomeini, en 1989, déjà massives ; celles du général Qassem Soleimani [NDLR : commandant de la Force Al-Qods des Gardiens de la révolution] en 2020 ; et aujourd'hui celles d'Ali Khamenei. Il existe donc un véritable savoir-faire. L'iconographie déployée - drapeaux, symboles, slogans appelant au soulèvement - inscrit cette disparition dans la continuité des martyrs précédents. Ce qui est spécifique cette fois, c'est la dimension transnationale de l'événement, même si elle existait déjà, dans une moindre mesure, pour Soleimani.</p><p><b>Qui sont, précisément, les participants à ces cortèges ?</b></p><p>Il faut bien comprendre qu'il ne s'agit pas d'un mouvement national. Sur des lieux de culte comme Jamkaran, près de Qom - où l'imam caché, le "Mahdi", est censé réapparaître, et où les fidèles déposent un mot dans un puits pour formuler un vœu, avec un accès séparé pour les hommes et pour les femmes -, on trouvera peu d'Iraniens, mais une majorité de participants venus d'Asie centrale, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-avec-la-fermeture-du-detroit-dormuz-un-accord-de-paix-est-encore-loin-previent-teheran-RQANMXTDO5FMTFWJOC4PSOLAUQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-avec-la-fermeture-du-detroit-dormuz-un-accord-de-paix-est-encore-loin-previent-teheran-RQANMXTDO5FMTFWJOC4PSOLAUQ/">du Pakistan, </a>d'Inde, ainsi que des chiites arabes. C'est une dimension transnationale assumée : ce sont à la fois les obsèques politiques d'un chef d'Etat et celles d'une personnalité cléricale transnationale. C'est une force de la République islamique que de pouvoir mobiliser ainsi des soutiens à l'extérieur de ses frontières. Toute une logistique de bus et de transports a d'ailleurs été mise en place depuis plusieurs semaines, preuve qu'il ne s'agit en rien d'un mouvement spontané.</p><blockquote><p>Le régime iranien a une capacité éprouvée à fabriquer des foules</p></blockquote><p><b>La présence d'une délégation religieuse russe a été particulièrement commentée. Que dit-elle des liens entre Moscou et Téhéran ?</b></p><p>C'est un point intéressant. Une délégation de l'Eglise orthodoxe russe est présente, ainsi qu'un mufti sunnite représentant les musulmans de Russie - preuve que le régime mobilise des acteurs religieux diversifiés, à l'image du double statut, politique et religieux, du défunt Guide. Cette présence orthodoxe n'est pas anodine : elle illustre à la fois l'influence de la diplomatie russe et une dimension sécuritaire, l'Eglise orthodoxe russe jouant un rôle reconnu au sein de l'Etat profond russe. Il existe, de façon documentée, un dialogue interreligieux structuré entre l'Eglise orthodoxe russe et le clergé officiel iranien, qui est ici mobilisé.</p><p><b>Une trentaine de pays seulement ont envoyé des représentants, sans les chefs d'Etat chinois ou russe. Que révèle cette liste, et son absence, de la place de l'Iran sur la scène internationale ?</b></p><p>Cela marque un isolement certain. Les délégations les plus notables viennent de petits pays voisins comme <a href="https://www.lexpress.fr/monde/salome-zourabichvili-la-presidente-de-la-georgie-qui-defie-vladimir-poutine-WYMZ5JZY2NCFDH435P6K6EKASQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/salome-zourabichvili-la-presidente-de-la-georgie-qui-defie-vladimir-poutine-WYMZ5JZY2NCFDH435P6K6EKASQ/">la Géorgie</a> ou l'Arménie ; ni le président chinois ni le président russe ne se sont déplacés. Le régime a lui-même restreint les invitations, en écartant tous les pays n'ayant pas exprimé une position claire contre ce qu'il qualifie d'"agression israélo-américaine". On répète beaucoup que l'Iran serait sorti renforcé de cette guerre, mais l'isolement diplomatique à l'issue du conflit est en réalité plus marqué qu'auparavant. </p><p>Il suffit de regarder, à l'inverse, la liste des voisins sur lesquels la République islamique n'a pas tiré durant la guerre : elle est très courte. L'Iran compte quinze voisins terrestres et maritimes ; parmi eux, seuls l'Arménie, le Turkménistan, la Russie et le Kazakhstan par la mer Caspienne, l'Afghanistan et le Pakistan ont été épargnés. Le régime a en revanche frappé le Bahreïn, <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/mbs-a-peut-etre-surestime-sa-capacite-a-faconner-la-region-les-verites-de-lex-ambassadeur-en-arabie-IZGFZWONWRHYRO5SSXWXCTEYTA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/mbs-a-peut-etre-surestime-sa-capacite-a-faconner-la-region-les-verites-de-lex-ambassadeur-en-arabie-IZGFZWONWRHYRO5SSXWXCTEYTA/">l'Arabie saoudite,</a> le Qatar, l'Irak, la Turquie et l'Azerbaïdjan, notamment l'enclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan. Cela ne crée pas exactement des liens de confiance avec le voisinage.</p><p><b>Le régime craint-il que ce moment de deuil collectif se transforme en occasion de contestation ?</b></p><p>C'est une question centrale. Le dernier acte d'Ali Khamenei restera un crime contre l'humanité : <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-iran-la-repression-des-dissidents-se-poursuit-sans-relache-VR73JUJK25HY3FGWOFI6MVBCMQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-iran-la-repression-des-dissidents-se-poursuit-sans-relache-VR73JUJK25HY3FGWOFI6MVBCMQ/">la répression de janvier</a> a fait des dizaines de milliers de morts, lors des manifestations anti-régime les plus massives de l'histoire de la République islamique. De nombreuses familles de victimes ne partagent évidemment pas ce deuil officiel - une partie de la population a même accueilli la disparition du Guide avec soulagement, dans la sphère privée. Mais la République islamique dispose, depuis la guerre, d'une capacité renforcée à quadriller l'espace public : un état d'urgence est en vigueur, la loi martiale s'applique, et des forces de sécurité sont déployées dans tout le pays. La vraie question est de savoir si, en mobilisant des masses étrangères aussi importantes - Irakiens, Libanais du Hezbollah, Yéménites, Afghans, Pakistanais, Indiens -, le régime parvient à noyer toute velléité de contestation interne sous une démonstration de ferveur.</p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/qoAkh7cSipg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen title="&quot;Personne n’a gagné la guerre en Iran&quot; : l’analyse choc de Bernard Haykel, professeur à Princeton"></iframe><p><b>Comment le régime parvient-il, très concrètement, à mobiliser une telle masse de participants venus de l'étranger ?</b></p><p>Il capitalise sur une expertise du tourisme religieux vieille de plus de quatre décennies. Des lieux comme Jamkaran ou Mashhad - ville de naissance du Guide, où réside la plus importante communauté afghane d'Iran - accueillent traditionnellement des pèlerins venus de loin. Et le régime transforme ce tourisme religieux classique en instrument de mobilisation de masse. C'est une véritable ingénierie sociale, une capacité éprouvée à fabriquer des foules pour ses Guides : je parlerais davantage de "participants" que de citoyens venus rendre spontanément hommage à un défunt. Toute une logistique matérielle a été déployée - tentes dans les parcs de Téhéran, distribution de nourriture - pour que les images soient présentables à la télévision et que les journalistes occidentaux conviés puissent témoigner de la ferveur populaire. </p><p>Signe de cette fabrication d'images : le régime a exceptionnellement rouvert une partie de la fibre optique et des télécommunications sur le tracé des cortèges, alors qu'il pratique d'ordinaire des coupures ciblées d'Internet lors des manifestations anti-régime. Cette gestion très stricte du flux d'informations montre en creux à quel point il doit cadrer l'événement pour éviter que le récit officiel ne soit perturbé par la contestation interne.</p><p><b>Mojtaba Khamenei, désigné Guide suprême après la mort de son père, se fait toujours discret. Il ne devrait pas apparaître lors des funérailles. Cela risque-t-il de poser problème à plus long terme ? </b></p><p>On ne peut pas savoir si <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/mojtaba-khamenei-son-empire-financier-secret-manoirs-londoniens-comptes-en-suisse-4WC57RJ2RRFINGNX6QLAYKDM4Q/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/mojtaba-khamenei-son-empire-financier-secret-manoirs-londoniens-comptes-en-suisse-4WC57RJ2RRFINGNX6QLAYKDM4Q/">Mojtaba Khamenei</a> apparaîtra, éventuellement à Mashhad, à la fin du parcours ; cela dépendra aussi de son état physique, et de sa capacité à se montrer présentable. Le régime joue sur cette incertitude : il peut s'en servir, le moment venu, pour produire un effet médiatique plus fort, en jouant sur l'attente qu'elle crée, mais aussi sur la confusion qu'elle sème dans la guerre informationnelle. Tant que le pays reste en état de guerre, l'argument avancé est que des dirigeants exposés se sont vus, par le passé, éliminés après être sortis publiquement : il faut donc parfois braver le danger en s'exposant, mais pour un Guide, l'essentiel est de rester vivant, même caché. C'est une ambiguïté assumée, une présence dans l'absence.</p><p><b>Le chef des Gardiens de la révolution est lui déjà réapparu. Que signifie sa présence ?</b></p><p>Elle montre que <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-iran-cest-le-kgb-personnel-de-khamenei-les-confidences-dun-ex-gardien-de-la-revolution-C7BQGW7ANRCRLJBGQLK7SYANVE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-iran-cest-le-kgb-personnel-de-khamenei-les-confidences-dun-ex-gardien-de-la-revolution-C7BQGW7ANRCRLJBGQLK7SYANVE/">les Gardiens</a> conservent un rôle déterminant, pour signifier que la vengeance pourra avoir lieu, que la décapitation du régime n'a pas été complète et que ceux qui restent sont prêts à venger la mort du Guide. Cela envoie aussi un message clair : l'accord passé avec les Etats-Unis n'est qu'une pause temporaire, non un règlement du différend irano-américain. C'est une suspension provisoire des hostilités, destinée à reconstituer les forces, à rendre hommage au Guide et à préparer la prochaine phase de confrontation militaire.</p><p><b>Mais faut-il vraiment espérer quelque chose de ces négociations en cours entre Téhéran et Washington ?</b></p><p>La prochaine échéance évoquée par les parties se situe autour du 18 juillet - sachant que la finale de <a href="https://www.lexpress.fr/politique/emmanuel-macron-et-la-tentation-de-la-coupe-du-monde-olivier-faure-furieux-contre-radio-nova-7HV23E3J7ZFR5LPLSQ6W2725RA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/emmanuel-macron-et-la-tentation-de-la-coupe-du-monde-olivier-faure-furieux-contre-radio-nova-7HV23E3J7ZFR5LPLSQ6W2725RA/">la Coupe du monde</a> a lieu le lendemain, ce qui incite aussi les Américains à gagner du temps jusqu'à cette date, puis jusqu'aux élections de mi-mandat. Reste à savoir si les deux parties sont réellement engagées dans une désescalade durable, ou si elles ménagent simplement une pause. Cela déterminera la réalité des appels à la vengeance : il y a l'intention, et il y a la capacité à la mettre en œuvre. </p><p><b>Les autorités iraniennes considéraient les funérailles comme un moment à haut risque et craignaient une possible attaque ou opération hostile. Ce scénario est-il crédible ?</b></p><p>Le régime l'a manifestement envisagé : <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-gardiens-de-la-revolution-ont-ils-deja-pris-le-pouvoir-6GCZBJHWQ5GRDEG4GDQTW6MDPU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-gardiens-de-la-revolution-ont-ils-deja-pris-le-pouvoir-6GCZBJHWQ5GRDEG4GDQTW6MDPU/">les Gardiens de la révolution</a> ont menacé, de façon préventive, les Etats-Unis de ne pas profiter de ce moment pour tenter de décapiter le régime - l'axe de la résistance étant lui aussi présent lors de la cérémonie. Mais la présence de dignitaires étrangers, notamment de Dmitri Medvedev, de représentants biélorusse, arménien et géorgien, sécurise en réalité l'événement. Les Américains, de leur côté, ne sont pas favorables aujourd'hui à une escalade militaire à court terme : s'ils restent vigilants, c'est avec la conviction qu'aucune décapitation massive du régime ou de ses alliés n'aura lieu pendant ces cérémonies.</p><p><b>Quel est, selon vous, le principal risque sécuritaire posé par un tel rassemblement ?</b></p><p>C'est moins la menace d'un attentat que le risque d'un mouvement de foule meurtrier. Lors des précédentes grandes funérailles - celles de Khomeini comme celles de Soleimani -, des problèmes de gestion des flux avaient déjà entraîné des drames, comparables à ceux que l'on observe parfois lors de grands pèlerinages, comme à La Mecque. Un incident mineur suffirait à provoquer ce type de catastrophe. Mais le régime sait faire : cela fait quarante-sept ans qu'il organise ce genre d'événements et il y consacre des ressources considérables. Pour ces funérailles, il a mobilisé l'ensemble des moyens du pays, fermé les lignes aériennes et décrété des jours de congé - la démonstration d'une capacité d'organisation que la République islamique continue, envers et contre tout, de maîtriser. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/MHSM3BOLWJFYVFZKET3I2QUS6Y.JPG?auth=661675cefae5927a486452792956815d089e6d28c78877494e608430979b0a14&amp;smart=true&amp;width=5500&amp;height=3667" type="image/jpeg" height="3667" width="5500"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président iranien Massoud Pezeshkian, le président du Parlement Mohammad Baqer Qalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei assistent à une cérémonie d'adieu en l'honneur du défunt guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février lors de frappes aériennes israéliennes et américaines sur l'Iran. Cette cérémonie s'est déroulée à la Grande Mosquée Imam Khomeini de Téhéran, en Iran, le 3 juillet 2026, en présence de délégations internationales.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[En Italie, le recul historique du chômage cache une autre réalité]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-italie-le-recul-historique-du-chomage-cache-une-autre-realite-BVM73IAMR5CJPMG4FUGICICOQQ/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-italie-le-recul-historique-du-chomage-cache-une-autre-realite-BVM73IAMR5CJPMG4FUGICICOQQ/</guid><dc:creator><![CDATA[Asia Dayan]]></dc:creator><description></description><pubDate>Fri, 03 Jul 2026 14:20:08 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>En <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/italie-etats-unis-giorgia-meloni-tente-de-desamorcer-la-crise-avec-donald-trump-ELOIW6IGJBANNODSQLPZ6XPQ3Q/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/italie-etats-unis-giorgia-meloni-tente-de-desamorcer-la-crise-avec-donald-trump-ELOIW6IGJBANNODSQLPZ6XPQ3Q/">Italie</a>, le chômage n'a jamais été aussi faible. Avec un taux de 5 %, nos voisins transalpins ont atteint un nouveau record à la baisse, selon les chiffres de l'Institut national des statistiques (Istat), parus ce jeudi 2 juillet. Alors que la Botte recense 399 000 chômeurs de moins sur un an, elle se situe désormais légèrement en deçà du taux moyen européen (5,9 % en mai). </p><p>Cette baisse, battant ainsi le précédent record établi en 2004, concerne davantage les femmes que les hommes. En outre, <a href="https://www.lexpress.fr/economie/emploi/doit-on-mettre-fin-au-teletravail-pour-relancer-la-courbe-du-chomage-des-jeunes-diplomes-X26ZLI5JBJDHJL6L63ICV3MUXU/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/economie/emploi/doit-on-mettre-fin-au-teletravail-pour-relancer-la-courbe-du-chomage-des-jeunes-diplomes-X26ZLI5JBJDHJL6L63ICV3MUXU/">le taux de chômage des jeunes</a> a également chuté pour atteindre les 15,1 % en mai, soit -7,3 points sur un an.</p><h3>De plus en plus d'Italiens inactifs</h3><p>Dans son étude, l'Istat a défini les chômeurs comme les personnes sans emploi âgées de 15 à 74 ans qui ont effectué au moins une démarche active de recherche de travail au cours des quatre semaines précédentes. Aussi, <a href="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/chomage-en-hausse-en-france-ce-que-nos-voisins-europeens-ont-fait-pour-lenrayer-UAGZD2ET2NDL7P5G2MLHM6LF2I/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/chomage-en-hausse-en-france-ce-que-nos-voisins-europeens-ont-fait-pour-lenrayer-UAGZD2ET2NDL7P5G2MLHM6LF2I/">le taux de chômage</a> n'est pas calculé sur l'ensemble de la population mais plutôt sur la population active. En bref, pour arriver à ce chiffre, l'Istat prend en compte les Italiens qui travaillent et ceux qui recherchent du travail. </p><p>A l'inverse, le taux d'emploi est calculé sur l'ensemble des 15 à 64 ans, c'est-à-dire la population en âge de travailler. Un détail qui n'est pas des moindres : il permet d'expliquer comment ce dernier indicateur peut reculer en même temps que le taux de chômage.</p><p>Aussi, si le taux d'emploi, en légère baisse de 0,1 point de pourcentage, a atteint 63 % c'est parce que de plus en plus d'Italiens sont devenus inactifs : 59 000 rien qu'en mai. Une statistique qui n'a rien de surprenant quand on sait que l'Italie a la population la plus vieille d'Europe. Techniquement, même si <a href="https://www.lexpress.fr/economie/taux-de-chomage-la-revanche-des-pays-deurope-du-sud-5NK2S4WTUFGQPMOGONI6P46J64/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/economie/taux-de-chomage-la-revanche-des-pays-deurope-du-sud-5NK2S4WTUFGQPMOGONI6P46J64/">le chômage a atteint son taux le plus bas jamais enregistré</a>, il y a moins de personnes employées en Italie. </p><h3>"Des écarts persistants"</h3><p>Enfin, le taux d'inactivité, qui, quant à lui, rend compte du nombre de personnes de 15 ans ou plus qui ne sont ni en emploi, ni au <a href="https://www.lexpress.fr/economie/emploi/assurance-chomage-ces-pistes-pour-reformer-les-ruptures-conventionnelles-NPG4BYIBONDPRJFNGD3TQ7EYQY/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/economie/emploi/assurance-chomage-ces-pistes-pour-reformer-les-ruptures-conventionnelles-NPG4BYIBONDPRJFNGD3TQ7EYQY/">chômage</a>, a logiquement grimpé (33,6 % de la population, en mai). Dans le détail, 24,9 % des <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-gouvernement-italien-cherche-t-il-a-cacher-la-verite-sur-les-centres-pour-migrants-en-albanie-EQ3ZOGLF4ZBRDPVIFVPY4J3YEE/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-gouvernement-italien-cherche-t-il-a-cacher-la-verite-sur-les-centres-pour-migrants-en-albanie-EQ3ZOGLF4ZBRDPVIFVPY4J3YEE/">Italiens</a> et 42,5% des Italiennes. Une hausse particulièrement notable chez les 15-24 ans avec un bond de 4,4 % dans l'année. D'ailleurs, l'inactivité n'est en baisse que chez les plus de 50 ans. Fin mai, un rapport préliminaire du Fonds monétaire international (FMI) encourageait le gouvernement italien à "combler les écarts persistants de participation au marché du travail, en particulier pour les femmes et les jeunes, ainsi que dans les zones géographiques en retard". </p><p>Toutefois, malgré cette alerte, la Botte n'a rien à envier à la France, plutôt mauvaise élève en Europe, avec <a href="https://www.lexpress.fr/economie/chomage-des-travailleurs-frontaliers-recit-de-dix-ans-dun-bras-de-fer-gagne-par-la-france-WELJV5EXRVHRPKHD7WAN4KIYFA/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/economie/chomage-des-travailleurs-frontaliers-recit-de-dix-ans-dun-bras-de-fer-gagne-par-la-france-WELJV5EXRVHRPKHD7WAN4KIYFA/">un taux de chômage</a> à 8,1 % de la population active au premier trimestre de l’année 2026. Un record depuis 2021. Quant à la zone euro dans son ensemble, son taux de chômage était évalué à 6,2 % en mai, selon Eurostat.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/N627IOGL2JERBJSKOU43MPT754.JPG?auth=405a284bf25e7d44914eecbaa15b8aaf612ae7cd2010ddb3a07a47db64775f77&amp;smart=true&amp;width=6000&amp;height=4000" type="image/jpeg" height="4000" width="6000"><media:description type="plain"><![CDATA[Selon une étude de l'Istat, le chômage a atteint des niveaux historiquement bas en Italie, en particulier chez les jeunes. ]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS/Remo Casilli TPX IMAGES DU JOUR</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Comment le 250ᵉ anniversaire des Etats-Unis vire à la guerre des commémorations]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-le-250-anniversaire-des-etats-unis-vire-a-la-guerre-des-commemorations-4UMYNKGDTJH7XGTP3P7X6BH5ZU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-le-250-anniversaire-des-etats-unis-vire-a-la-guerre-des-commemorations-4UMYNKGDTJH7XGTP3P7X6BH5ZU/</guid><dc:creator><![CDATA[Enola Richet]]></dc:creator><description></description><pubDate>Fri, 03 Jul 2026 14:15:45 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Les festivités s'annoncent profondément marquées par les divisions politiques. Les Etats Unis célèbreront ce 4 juillet le 250e anniversaire de l’adoption de la Déclaration d’indépendance. Mais pour ce quart de millénaire, deux organismes liés au gouvernement fédéral américain pilotent en réalité deux célébrations distinctes. </p><p>D'un côté, Freedom 250, un organisme créé par décret de Donald Trump en janvier 2025, organise les principaux événements qui se dérouleront à Washington. De l'autre, America250, une <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-les-senateurs-republicains-defient-donald-trump-a-lapproche-des-midterms-5WFLLKI6KZGDJPMUJ6P433V32A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-les-senateurs-republicains-defient-donald-trump-a-lapproche-des-midterms-5WFLLKI6KZGDJPMUJ6P433V32A/">commission bipartisane</a> créée par le Congrès en 2016, supervise ses propres événement dans le reste du pays. Selon l’agence de presse <a href="https://apnews.com/article/america-250-trump-july-fourth-events-patriotism-77ddfe9818ad49bbe0112c7faf61b607" target="_blank" rel="" title="https://apnews.com/article/america-250-trump-july-fourth-events-patriotism-77ddfe9818ad49bbe0112c7faf61b607"><i>AP News</i></a>, le feu d'artifice du National Mall, la Great American State Fair ou encore le défilé des grands voiliers à New York relèvent ainsi de Freedom 250, tandis qu'America250 organise par exemple l’America's Block Party, un concert caritatif à Los Angeles présenté par Queen Latifah, avec Chris Stapleton et les Smashing Pumpkins. </p><h3>"Le plus spectaculaire des rassemblements Trump"</h3><p>Cette coexistence de deux organisations est inédite, et traduit une véritable lutte de pouvoir autour de cet anniversaire. Des documents internes consultés <a href="https://time.com/article/2026/06/29/America-250th-birthday-Fourth-of-July-Donald-Trump-Freedom-250/" target="_blank" rel="" title="https://time.com/article/2026/06/29/America-250th-birthday-Fourth-of-July-Donald-Trump-Freedom-250/">par l’hebdomadaire <i>Time</i></a>, ainsi que des entretiens avec cinq personnes impliquées dans l’organisation de ces événements, détaillent non seulement l’absence de coordination entre ces deux organismes, mais aussi des visions opposées, et des tensions concernant les budgets, la programmation et la communication. </p><p>Ces derniers mois, Donald Trump a présenté ces célébrations comme "l'attraction numéro un" et a fait du rassemblement du 24 juin puis des célébrations du 4 juillet des événements centrés sur sa personne. Selon AP News, le dirigeant milliardaire a aussi qualifié la célébration du National Mall de "plus spectaculaire des <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-donald-trump-impose-son-nom-et-son-visage-partout-ou-il-le-peut-LYEBGIZUPRBCPLQADMUDDNASVI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-donald-trump-impose-son-nom-et-son-visage-partout-ou-il-le-peut-LYEBGIZUPRBCPLQADMUDDNASVI/">rassemblements Trump"</a>. Le programme prévoit notamment un spectacle de 40 minutes avec 850 000 feux d'artifice tirés depuis dix sites différents, afin de battre le record du monde. </p><h3>Quand le 4th of July devient une guerre d'influence </h3><p>Les négociations pour le contrôle des évènements ont été tendues. Rosie Rios, présidente d'America250, explique au Time qu'elle a elle-même demandé à <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-la-cour-supreme-est-devenue-la-meilleure-alliee-de-trump-pour-les-elections-de-mi-mandat-UIVFM74TEJF2HKKZP7IGYBBVW4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-la-cour-supreme-est-devenue-la-meilleure-alliee-de-trump-pour-les-elections-de-mi-mandat-UIVFM74TEJF2HKKZP7IGYBBVW4/">Donald Trump</a> de signer un décret présidentiel afin d'associer davantage d'agences fédérales, comme la NASA ou le département du Trésor, aux célébrations du 250ᵉ anniversaire. En contrepartie, la commission a accepté de laisser la Maison-Blanche prendre entièrement en charge l'organisation des événements prévus à Washington, tandis qu'America250 recentrait son action sur les célébrations organisées dans le reste du pays. Ce partage des rôles a toutefois profondément modifié le programme imaginé à l'origine pour la capitale.</p><p>Les projets initialement prévus par America250 pour la capitale – un grand défilé multiculturel, un festival du Smithsonian et plusieurs concerts célébrant la diversité culturelle américaine – ont finalement été abandonnés au profit des événements voulus <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-kazakhstan-donald-trump-negocie-pour-les-etats-unis-et-pour-sa-famille-5CQYDZCIINGHTBY44DBPIQ4ETM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-kazakhstan-donald-trump-negocie-pour-les-etats-unis-et-pour-sa-famille-5CQYDZCIINGHTBY44DBPIQ4ETM/">par Donald Trump</a>, notamment la Great American State Fair, à laquelle au moins neuf États ont refusé de participer officiellement, rapporte <i>le Time. </i>Le journal rapporte aussi que presque tous les artistes initialement annoncés pour lancer la Great American State Fair gérée par l’organisation <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/de-la-vitrine-trumpiste-a-la-demolition-la-courte-vie-dalligator-alcatraz-6T34KAQQXFF7ZGOEGKD5CPU6JU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/de-la-vitrine-trumpiste-a-la-demolition-la-courte-vie-dalligator-alcatraz-6T34KAQQXFF7ZGOEGKD5CPU6JU/">trumpiste</a> – parmi lesquels Martina McBride, Young MC, Milli Vanilli ou Bret Michaels – se sont retirés, estimant que l'événement prenait une tournure trop partisane.</p><h3>Des financements faussés </h3><p>Un point de friction majeur réside également dans le financement. Toujours selon l’hebdomadaire, le Congrès avait voté en 2025 une enveloppe de 150 millions de dollars pour financer les célébrations du 250ᵉ anniversaire portées par America250. Sur cette somme, 50 millions de dollars devaient être consacrés aux événements souhaités par la Maison-Blanche. En décembre, le département de l'Intérieur avait indiqué qu'il transférerait ces 50 millions de dollars à America250. La commission assure finalement n’avoir reçu que 25 millions de dollars, soit la moitié de la somme promise. Dans le même temps, le ministère aurait versé au moins 68 millions de dollars à la structure à but non lucratif qui héberge Freedom 250. </p><p>America250 estime toujours ne pas avoir reçu l'intégralité des financements que le Congrès lui avait pourtant alloués. Les deux structures se seraient également disputé les mêmes mécènes privés, soit plusieurs grandes entreprises – dont Palantir, United Airlines, Deloitte, Boeing ou encore UFC – ayant finalement choisi de financer les deux organisations. </p><p>Les tensions autour de ces célébrations ne devraient pas manquer de renforcer un peu plus encore la polarisation de l’opinion américaine. En avril dernier, un sondage réalisé par The Associated Press et NORC Center for Public Affairs Research a montré que seuls 44 % des Américains considèrent désormais les États-Unis comme le meilleur pays du monde. Signe d'un affaiblissement du sentiment d'exceptionnalisme américain, à l'heure où le pays célèbre son quart de millénaire.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/2WFINWNVBRCPJOVJNDPM4UFYYE.JPG?auth=3e498de914a318382185542e4edfb6d4f273649d8d6cc57bf98c7148d203f3d2&amp;smart=true&amp;width=3546&amp;height=2364" type="image/jpeg" height="2364" width="3546"><media:description type="plain"><![CDATA[Donald Trump a fait du rassemblement du 24 juin puis des célébrations du 4 juillet des événements centrés sur sa personne. ]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Intrusions de drones en Europe : comment la Russie teste les failles de la défense de l'Otan]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/intrusions-de-drones-en-europe-comment-la-russie-teste-les-failles-de-la-defense-de-lotan-TB2ZN45RGBB77CGOH2QVW47PUE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/intrusions-de-drones-en-europe-comment-la-russie-teste-les-failles-de-la-defense-de-lotan-TB2ZN45RGBB77CGOH2QVW47PUE/</guid><dc:creator><![CDATA[Enola Richet]]></dc:creator><description></description><pubDate>Fri, 03 Jul 2026 10:27:54 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>On le sait désormais, les intrusions de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/trophylab-la-base-de-donnees-ukrainienne-qui-disseque-larsenal-militaire-russe-DT72CWHZABH63LX5XVFQ5YKRQQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/trophylab-la-base-de-donnees-ukrainienne-qui-disseque-larsenal-militaire-russe-DT72CWHZABH63LX5XVFQ5YKRQQ/">drones russes</a> dans l'espace aérien européen n'étaient ni aléatoires ni des incidents isolés. Une étude de l'International Institute of Stratégie Studies (IISS) de Londres a révélé le 2 juillet que <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/mise-sous-pression-par-lukraine-la-russie-riposte-par-une-attaque-massive-contre-kiev-RYTVWPXJE5DDTFW3F25XUS36LA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/mise-sous-pression-par-lukraine-la-russie-riposte-par-une-attaque-massive-contre-kiev-RYTVWPXJE5DDTFW3F25XUS36LA/">la Russie</a> a mené, entre fin 2024 et début 2026, une campagne coordonnée de surveillance par drone sur plus d’une douzaine <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/un-risque-de-provocation-russe-dans-les-pays-baltes-pourquoi-lotan-sinquiete-EELWIQLGMRG43HAJVULCUT7OUU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/un-risque-de-provocation-russe-dans-les-pays-baltes-pourquoi-lotan-sinquiete-EELWIQLGMRG43HAJVULCUT7OUU/">de pays de l’Otan </a>— notamment le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne ou encore le Danemark — ainsi que l’Irlande.</p><p>L'étude, qui pointe que les services de renseignement russes ont agi avec une "impunité considérable" et <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/drones-russes-en-pologne-pourquoi-se-defendre-ne-suffit-pas-E3CNGGD6XZGM5GV6FULRKO6D5A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/drones-russes-en-pologne-pourquoi-se-defendre-ne-suffit-pas-E3CNGGD6XZGM5GV6FULRKO6D5A/">sans susciter de réponse collective</a> de l'Alliance, recense 144 incidents sur une période d'environ 18 mois. Cette campagne aurait permis à Moscou de "cartographier les failles de la défense aérienne de l'Otan". Plus particulièrement en repérant les zones où les radars et les défenses aériennes seraient mal adaptés à des drones lents, petits et peu coûteux. Cette campagne aurait aussi permis <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-avons-des-problemes-derriere-laveu-de-vladimir-poutine-les-difficultes-croissantes-de-la-russie-ULFA6IJS3JFGRIUCLAR44R3IZQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-avons-des-problemes-derriere-laveu-de-vladimir-poutine-les-difficultes-croissantes-de-la-russie-ULFA6IJS3JFGRIUCLAR44R3IZQ/">à la Russie</a> de repérer les lieux où il est possible de profiter des <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/allemagne-la-constitution-heritee-de-lapres-guerre-une-entrave-a-la-lutte-contre-les-drones-russes-WQ3MX4FBENCPLPDYZ2NLCFV4QE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/allemagne-la-constitution-heritee-de-lapres-guerre-une-entrave-a-la-lutte-contre-les-drones-russes-WQ3MX4FBENCPLPDYZ2NLCFV4QE/">cadres juridiques</a>, qui dans plusieurs pays ne permettent pas toujours d'intercepter ou d'abattre ces appareils lorsqu'ils survolent une zone civile.</p><h3>Des installations militaires et nucléaires testées </h3><p>Selon les conclusions de l'IISS, l'opération a probablement été coordonnée par le GRU, le renseignement militaire russe. <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/volodymyr-zinovskyi-pres-de-90-des-pertes-russes-sont-infligees-par-des-drones-672LXGRZCBDKHNU6IZVF4PMSYY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/volodymyr-zinovskyi-pres-de-90-des-pertes-russes-sont-infligees-par-des-drones-672LXGRZCBDKHNU6IZVF4PMSYY/">Une partie des drones</a> aurait été lancée depuis des navires commerciaux russes, notamment des pétroliers de la flotte fantôme opérant en "dark sailing", c’est-à-dire des bateaux qui naviguent discrètement, sans signaler leur position aux systèmes de suivi maritime, en coupant leur transpondeur AIS. </p><p>Parmi les lieux et installations visées par cette campagne de surveillance, plusieurs installations nucléaires stratégiques, dont RAF Lakenheath (Angleterre), où des armes nucléaires américaines ont été redéployées en juillet 2025, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/la-base-abritant-les-sous-marins-nucleaires-francais-survolee-par-des-drones-5EL344YRDVFQTONNG6PWUOLHTU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/la-base-abritant-les-sous-marins-nucleaires-francais-survolee-par-des-drones-5EL344YRDVFQTONNG6PWUOLHTU/">la base de sous-marins nucléaires de l'Île Longue</a> (Finistère), ainsi que les bases aériennes de Kleine-Brogel (Belgique) et Volkel (Pays-Bas), qui stockent des armes nucléaires américaines. </p><p>Plusieurs incidents liés à cette opération russe ont été plus ou moins médiatisés ces deux dernières années. Fin novembre 2024, des drones ont survolé RAF Lakenheath, RAF Fairford et au moins deux autres bases américaines en Angleterre, possiblement lancés depuis le pétrolier <i>Seasons 1</i> ou le cargo <i>Hav Dolphin</i>. En septembre 2025, 24 drones avaient aussi pénétré <a href="https://www.lexpress.fr/monde/entre-la-pologne-et-lukraine-les-tensions-sexacerbent-sur-fond-de-brouille-memorielle-3EY7O3RCRFC33PGSLGBL4M3VCQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/entre-la-pologne-et-lukraine-les-tensions-sexacerbent-sur-fond-de-brouille-memorielle-3EY7O3RCRFC33PGSLGBL4M3VCQ/">l'espace aérien polonais</a>, certains abattus par l’Otan. Des drones ont contraint à la fermeture de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/survols-de-drones-au-dessus-de-laeroport-de-copenhague-une-nouvelle-provocation-russe-6QTFM6LFIRBDLL7G7SFJYUJ6OI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/survols-de-drones-au-dessus-de-laeroport-de-copenhague-une-nouvelle-provocation-russe-6QTFM6LFIRBDLL7G7SFJYUJ6OI/">l'aéroport de Copenhague</a> pendant plusieurs heures en septembre 2025, tandis que des chasseurs néerlandais ont été déployés au-dessus de la base de Volkel en décembre. Plus récemment encore, cinq drones avaient été détectés au-dessus de l’Île Longue en décembre 2025, alors que trois navires de la flotte fantôme se trouvaient entre 100 et 200 kilomètres des côtes françaises.<b> </b></p><h3>Les limites des systèmes de défense contre les drones </h3><p>Pour les auteurs du rapport, cette campagne avait pour objectif de surveiller la dissuasion nucléaire de l'Otan et de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/mur-de-drones-a-quoi-ressemblerait-ce-systeme-visant-a-proteger-leurope-contre-la-russie-JSCCCURTNJHPNGAWBFRHSAXIHI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/mur-de-drones-a-quoi-ressemblerait-ce-systeme-visant-a-proteger-leurope-contre-la-russie-JSCCCURTNJHPNGAWBFRHSAXIHI/">tester les délais de réaction des armées européennes</a>, mais aussi de cartographier des chaînes logistiques militaires et des voies d'approvisionnement. Sans oublier la mise en place d'une pression psychologique pour les pays qui ont été survolés. Une technique qualifiée dans le jargon militaire de "reconnaissance par le combat".</p><p>Selon le journal britannique <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/jul/02/russia-mounted-drone-surveillance-of-european-nuclear-sites-over-18-months" target="_blank" rel="" title="https://www.theguardian.com/world/2026/jul/02/russia-mounted-drone-surveillance-of-european-nuclear-sites-over-18-months"><i>The Guardian</i></a>, aucun des drones observés au-dessus des bases aériennes ou sites sensibles n'a d'ailleurs été capturé ou abattu. Une possible illustration de la limite des systèmes de défense aérienne européens, conçus pour lutter contre les intrusions d'avions ou de missiles conventionnels, et non pas contre ces drones lents de petites tailles.</p><p>L'IISS estime que les incursions ont nettement diminué depuis que plusieurs marines européennes ont commencé à intercepter des navires de la flotte fantôme, comme lorsque la Marine française était montée bord du pétrolier fantôme le Boracay, découvrant à son bord des employés russes. L'institut conclut en recommandant à l'Otan, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/guerre-en-ukraine-faut-il-rouvrir-le-dialogue-avec-vladimir-poutine-leurope-divisee-sur-la-strategie-3IECBA4KGFEXJMXCPRORNUAV7E/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/guerre-en-ukraine-faut-il-rouvrir-le-dialogue-avec-vladimir-poutine-leurope-divisee-sur-la-strategie-3IECBA4KGFEXJMXCPRORNUAV7E/">l’Union européenne</a> et les États membres de revoir en profondeur leurs règles d’engagement et leurs capacités de lutte anti-drones.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/6IMLVVIODZEHTLRZREA4LC44I4.jpg?auth=de0e80169c7aba2e337c5b5249aa3ab8cbcf7770be370c65c74008f490d082ae&amp;smart=true&amp;width=1897&amp;height=1265" type="image/jpeg" height="1265" width="1897"><media:description type="plain"><![CDATA[Les systèmes de défense aériens européens ne sont pas adaptés à la neutralisation des drones russes, lents et de petites tailles, utilisés lors de cette campagne d'espionnage. ]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">ZUMA PRESS/MAXPPP</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Un assassinat des négociateurs iraniens par Israël : ce scénario redouté par Washington]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/un-assassinat-des-negociateurs-iraniens-par-israel-ce-scenario-redoute-par-washington-RI4HUNGRRZFFJBLV5HD74NQLKA/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/un-assassinat-des-negociateurs-iraniens-par-israel-ce-scenario-redoute-par-washington-RI4HUNGRRZFFJBLV5HD74NQLKA/</guid><dc:creator><![CDATA[Enola Richet]]></dc:creator><description></description><pubDate>Fri, 03 Jul 2026 08:21:59 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>C'est une énième information étonnante, sur fond de négociations en cours <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/la-guerre-en-iran-provoque-des-tensions-entre-les-etats-unis-et-larabie-saoudite-VQ3B7A5ZRBBBHFECV7DDQW7LR4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/la-guerre-en-iran-provoque-des-tensions-entre-les-etats-unis-et-larabie-saoudite-VQ3B7A5ZRBBBHFECV7DDQW7LR4/">entre les États-Unis et l’Iran.</a> Selon les révélations du <a href="https://www.nytimes.com/2026/07/02/us/politics/israel-iran-negotiators-plot.html" target="_blank" rel="" title="https://www.nytimes.com/2026/07/02/us/politics/israel-iran-negotiators-plot.html"><i>New York Times</i>,</a> confirmées par <a href="https://www.washingtonpost.com/national-security/2026/07/02/us-warned-iran-about-israels-aims-assassinate-leaders/" target="_self" rel="" title="https://www.washingtonpost.com/national-security/2026/07/02/us-warned-iran-about-israels-aims-assassinate-leaders/">le <i>Washington Post</i></a><i>, </i>l'administration Trump a secrètement mis en garde Téhéran contre un risque de tentatives d'assassinat menées par Israël, et ce tout au long <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/ces-desaccords-internes-en-iran-qui-menacent-les-negociations-avec-les-etats-unis-RC3XUACOPBCINA73J72KZBOAJ4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/ces-desaccords-internes-en-iran-qui-menacent-les-negociations-avec-les-etats-unis-RC3XUACOPBCINA73J72KZBOAJ4/">des négociations </a>qui se déroulent depuis avril. Deux des principaux négociateurs iraniens auraient été en danger : Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères, et Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement.</p><p>D'après les sources du <i>New York Times</i>, Washington craignait qu'une attaque contre les négociateurs iraniens ne fasse échouer les délicates discussions engagées à partir d'avril en vue d'un accord de paix intérimaire entre les États-Unis et l'Iran. Les Américains auraient même demandé, selon certaines des sources du journal américain, à d'autres pays de la région de prévenir discrètement Téhéran. </p><h3>La crainte d'un sabotage des négociations</h3><p>L’élimination de hauts responsables iraniens faisait partie de la stratégie israélienne depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par une frappe <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-funerailles-dali-khamenei-demonstration-de-force-dun-regime-sous-pression-HRCB4UDECVDLRGFUSVYVALGXHU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-funerailles-dali-khamenei-demonstration-de-force-dun-regime-sous-pression-HRCB4UDECVDLRGFUSVYVALGXHU/">ayant tué le Guide suprême Ali Khamenei </a>et plusieurs autres dirigeants. Le <i>Wall Street Journal</i> avait d’ailleurs déjà révélé en mars que Ghalibaf et Araghchi figuraient sur une liste de cibles israélienne avant d'en être temporairement retirés au moment de l'ouverture des discussions avec Téhéran. </p><p>Si les dirigeants américains ont bien estimé, au plus fort du conflit, que les deux hommes pouvaient constituer des cibles militaires légitimes, l’administration américaine aurait ensuite, selon le <i>NYT, </i>considéré que leur assassinat mettrait immédiatement <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/negociations-etats-unis-iran-les-declarations-contradictoires-de-washington-et-teheran-NZRXTNJSDFFMVIIGZ6ZDLYES7A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/negociations-etats-unis-iran-les-declarations-contradictoires-de-washington-et-teheran-NZRXTNJSDFFMVIIGZ6ZDLYES7A/">fin aux négociations</a> et relancerait les combats. Selon le <i>Washington Post</i> cette fois, les responsables américains auraient donc demandé dès le mois de mars à leurs homologues israéliens de mettre fin à leur campagne d’assassinat. "Si vous tuez ces hommes, vous tuez les pragmatiques" avec qui Washington espérait négocier, explique un responsable américain sous couvert d’anonymat auprès du journal.</p><h3>Plusieurs tentatives d'assassinat </h3><p>Une opposition américaine qui n’a pas, selon la presse américaine, empêché Israël de continuer à tenter des opérations à l’encontre des responsables iraniens en dépit des pourparlers. Au cours de ce conflit, Ali Larijani, principal responsable iranien de la sécurité nationale, ainsi que l'ancien ministre des Affaires étrangères Kamal Kharazi, ont été tués par des bombardements israéliens en mars, alors que tous deux participaient aux <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-au-moyen-orient-liran-et-les-etats-unis-conviennent-de-suspendre-leurs-attaques-BJO5TG4KZFF7NLQJES4GTJWZB4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-au-moyen-orient-liran-et-les-etats-unis-conviennent-de-suspendre-leurs-attaques-BJO5TG4KZFF7NLQJES4GTJWZB4/">discussions avec les États-Unis.</a></p><p>Le <i>NYT</i> affirme aussi que <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/populiste-et-autoritaire-mohammad-bagher-ghalibaf-nouvel-homme-fort-de-liran-3LVZZIJCIZFVHIWFUBHPZRJ6J4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/populiste-et-autoritaire-mohammad-bagher-ghalibaf-nouvel-homme-fort-de-liran-3LVZZIJCIZFVHIWFUBHPZRJ6J4/">Mohammad Bagher Ghalibaf</a> a été visé à plusieurs reprises. Selon trois hauts responsables iraniens cités par le journal, il a d’ailleurs survécu à une frappe israélienne visant une réunion secrète de hauts responsables gouvernementaux dans un bunker sous une montagne, pendant le conflit de cette année, après avoir déjà échappé à une attaque lors de la guerre de douze jours de juin 2025.</p><h3>Divergence croissante avec Israël </h3><p>La dernière tentative d’assassinat du haut responsable iranien date selon le quotidien d’avril dernier, lors d’un déplacement à Islamabad pour rencontrer le vice-président américain J.D. Vance. Selon deux sources du <i>NYT</i>, l’avion transportant la délégation iranienne composée de soixante-dix personnes a dû atterrir en urgence à Mashhad, lorsque les services de sécurité ont alerté que l'appareil faisait l’objet d’une tentative d’attaque de la part de deux chasseurs israéliens ayant franchi l’espace aérien iranien. Un épisode plus tard confirmé par un des conseillers de Ghalibaf sur les réseaux sociaux. </p><p>Malgré ces menaces, les négociations se sont poursuivies, les hauts responsables iraniens participant à des réunions au Qatar à la fin du mois de mai, puis en Suisse en juin, où ils ont rencontré J.D. Vance et la délégation américaine. Pour certains observateurs, la décision américaine d’avertir Téhéran de ces risques d’assassinat est une nouvelle illustration de la divergence croissante entre les objectifs de guerre de Washington et d’Israël. Mais aussi des limites de l’influence et du contrôle que l’administration Trump peut exercer sur le gouvernement de Benyamin Netanyahou. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/NUHGRJK33JHYNHPTCRRFMNZJCA.JPG?auth=9b5ea8efcf90a63e0baeb3d79daf11f99983c9f8bb239d3b043bb9018ffca03c&amp;smart=true&amp;width=6619&amp;height=4413" type="image/jpeg" height="4413" width="6619"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf (à gauche), et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, en Suisse, le 20 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Ukraine-Russie : pourquoi Kiev met désormais Moscou sous pression]]></title><link>https://www.lexpress.fr/podcasts/lasemaine-europeenne/ukraine-russie-comment-le-rapport-de-force-est-en-train-de-sinverser-B7VKAN4XF5DTLD2ACYQV7MI46U/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/podcasts/lasemaine-europeenne/ukraine-russie-comment-le-rapport-de-force-est-en-train-de-sinverser-B7VKAN4XF5DTLD2ACYQV7MI46U/</guid><dc:creator><![CDATA[Charlotte Baris, Paul Véronique]]></dc:creator><description></description><pubDate>Fri, 03 Jul 2026 04:00:01 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p><i>Il arrive parfois que l'actualité semble se jouer loin de nous. Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous. </i></p><p>Dans un discours publié par le Kremlin, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-est-en-grande-difficulte-les-verites-du-grand-diplomate-estonien-jonatan-vseviov-AFBNRWHOOBDORGX2PDEYFDG6IE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-est-en-grande-difficulte-les-verites-du-grand-diplomate-estonien-jonatan-vseviov-AFBNRWHOOBDORGX2PDEYFDG6IE/">Vladimir Poutine</a> a reconnu que les frappes ukrainiennes contre les infrastructures russes "créent des problèmes". Un aveu rare, dans un contexte où le mécontentement lié aux pénuries de carburant monte au sein de la population russe. </p><p>Cette reconnaissance suggère que les <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-des-drones-la-peur-grandissante-de-moscou-face-aux-attaques-de-lukraine-QXR266NC4VDVTIKH5IYE5L3J2Q/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-des-drones-la-peur-grandissante-de-moscou-face-aux-attaques-de-lukraine-QXR266NC4VDVTIKH5IYE5L3J2Q/">attaques</a> ukrainiennes commencent à produire des effets tangibles sur le territoire russe. Elle témoigne aussi d'une évolution du rapport de force dans le conflit. Depuis le début de la guerre, Moscou semblait conserver l'initiative. Ces déclarations laissent désormais penser que l'Ukraine est en mesure d'exercer une pression croissante jusque sur les arrières russes.</p><p>Dans cet épisode de <i>La semaine européenne</i>, Paul Véronique, journaliste au service Monde de L’Express, nous éclaire sur les nouveaux rapports de force entre l’Ukraine et la Russie.</p><p><a href="https://www.lexpress.fr/podcasts/" rel=""><u><b>RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS</b></u></a> </p><p>Écoutez cet épisode et abonnez-vous à L'Express Podcasts sur <a href="https://podcasts.apple.com/fr/podcast/lexpress-podcasts/id1862159216" rel=""><u>Apple Podcasts</u></a>, <a href="https://open.spotify.com/show/0b3B75OyFO6msRJOvtjbBX?si=384StDEMSZOR2g30g9rfyw" rel=""><u>Spotify</u></a>, <a href="https://link.deezer.com/s/326Mp1yhZ0YZvl3Jlj3pL" rel=""><u>Deezer</u></a>, <a href="https://feeds.acast.com/public/shows/6941202d9101fd0117b33cd5" rel=""><u>Podcast Addict</u></a> et <a href="https://castbox.fm/vh/6918911" rel=""><u>CastBox</u></a>. </p><p>Cet épisode a été écrit par Mélanie Pierre, présenté par Charlotte Baris, monté et réalisé par Jules Krot. </p><p><i>Crédits </i>: Le Monde</p><p><i>Musique et habillage : </i>Emmanuel Herschon / Studio Torrent </p><p><i>Visuel </i>: Alice Lagarde </p><p>Comment écouter un podcast ? <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/medias/comment-ecouter-un-podcast-depuis-votre-smartphone-ou-votre-ordinateur_2152856.html" rel=""><u>Suivez le guide</u></a>. </p><p><i><b>Pour aller plus loin </b></i> </p><p><a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/lennemi-va-le-sentir-les-armes-a-longue-portee-de-lukraine-nouveau-cauchemar-des-russes-AKQMF2KXVND73GLYNGGEPDGN7Y/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/lennemi-va-le-sentir-les-armes-a-longue-portee-de-lukraine-nouveau-cauchemar-des-russes-AKQMF2KXVND73GLYNGGEPDGN7Y/">"L’ennemi va le sentir" : les armes à longue portée de l’Ukraine, nouveau cauchemar des Russes</a></p><p><a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/malgre-la-bouffee-doxygene-economique-vladimir-poutine-toujours-en-zone-de-la-mort-BJVQEMMZS5BP7BU36EXRVO5KQY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/malgre-la-bouffee-doxygene-economique-vladimir-poutine-toujours-en-zone-de-la-mort-BJVQEMMZS5BP7BU36EXRVO5KQY/">Malgré la bouffée d’oxygène économique, Vladimir Poutine toujours en "zone de la mort</a></p><p><a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-est-en-grande-difficulte-les-verites-du-grand-diplomate-estonien-jonatan-vseviov-AFBNRWHOOBDORGX2PDEYFDG6IE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-est-en-grande-difficulte-les-verites-du-grand-diplomate-estonien-jonatan-vseviov-AFBNRWHOOBDORGX2PDEYFDG6IE/">"Vladimir Poutine est en grande difficulté" : les vérités du grand diplomate estonien Jonatan Vseviov</a></p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/V36W7JBDCNABDGEHNHNTB6ZHWA.JPG?auth=52df3ae0310f858f3f4e879af8bab15f98392243ca33a8b6306b6f67bf4e8986&amp;smart=true&amp;width=3246&amp;height=2160" type="image/jpeg" height="2160" width="3246"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président russe Vladimir Poutine préside une réunion consacrée à la sécurisation de l'approvisionnement en carburant du marché intérieur, à Moscou, en Russie, le 28 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Iran : les funérailles d'Ali Khamenei, démonstration de force d'un régime sous pression]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-funerailles-dali-khamenei-demonstration-de-force-dun-regime-sous-pression-HRCB4UDECVDLRGFUSVYVALGXHU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-funerailles-dali-khamenei-demonstration-de-force-dun-regime-sous-pression-HRCB4UDECVDLRGFUSVYVALGXHU/</guid><description></description><pubDate>Thu, 02 Jul 2026 17:38:32 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Quinze à vingt millions de personnes attendues rien que dans la capitale, Téhéran, six jours de cérémonies à travers tout le pays... Les préparatifs s'intensifient en <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/ces-desaccords-internes-en-iran-qui-menacent-les-negociations-avec-les-etats-unis-RC3XUACOPBCINA73J72KZBOAJ4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/ces-desaccords-internes-en-iran-qui-menacent-les-negociations-avec-les-etats-unis-RC3XUACOPBCINA73J72KZBOAJ4/">Iran</a> pour les funérailles du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, décédé fin février dans une frappe israélo-américaine, qui avait marqué <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-donald-trump-a-abdique-face-a-liran-et-abandonne-israel-par-bernard-haykel-ATRNJNZHWZBWFBUY6ZIIGL7DQY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-donald-trump-a-abdique-face-a-liran-et-abandonne-israel-par-bernard-haykel-ATRNJNZHWZBWFBUY6ZIIGL7DQY/">le début de la guerre</a>. Les cérémonies débuteront samedi 4 juillet à Téhéran, et se poursuivront dans les villes saintes de Qom et Mashhad, ainsi qu'en Irak. Des responsables d'une trentaine de pays, dont la Chine et la Russie, sont attendus pour rendre hommage au chef religieux qui a régné d'une main de fer sur le pays pendant 37 ans. </p><p>Mais pour les leaders politiques et spirituels iraniens, l'événement revêt un caractère symbolique de la plus haute importance : montrer que la République islamique est toujours debout, à la suite d'une guerre avec les Etats-Unis et Israël perçue comme existentielle pour le régime. "La forte mobilisation du public lors des funérailles du dirigeant martyr et des autres martyrs constituera, de fait, un nouveau référendum pour la République islamique", a commenté l'ayatollah Mohammad Saidi aux médias d'Etat.</p><p>Et les dirigeants iraniens n'entendent rien laisser au hasard pour s'assurer de la participation massive de la population : bus et trains réquisitionnés pour assurer les transports, hébergements, nourriture... Certains hôtels vont jusqu'à offrir des réductions à moitié prix, tandis que les écoles, mosquées et gymnases ont été préparés pour accueillir les pèlerins, relate Reuters.</p><p>Le ministère des Communications a même annoncé que "la fibre optique sera installée dans une trentaine de points le long du parcours" et que "les opérateurs téléphoniques ont été invités à augmenter la capacité du réseau afin de permettre au plus grand nombre de partager des images" des événements, détaille pour sa part <a href="https://www.franceinfo.fr/monde/iran/comment-l-iran-veut-transformer-les-immenses-funerailles-de-l-ayatollah-khamenei-en-evenement-refondateur-du-regime_8069306.html " target="_blank" rel="" title="https://www.franceinfo.fr/monde/iran/comment-l-iran-veut-transformer-les-immenses-funerailles-de-l-ayatollah-khamenei-en-evenement-refondateur-du-regime_8069306.html ">franceinfo</a>. Un dispositif exceptionnel, si l'on prend en compte que l'Etat iranien contrôle d'une main de fer les communications du pays, imposant parfois des blackouts à sa population lors de mobilisations anti-régime.</p><h3>Événement historique</h3><p>Les cérémonies débuteront samedi. La dépouille d'Ali Khamenei sera exposée au Grand Mossalla de Téhéran, un vaste complexe religieux "dont la façade a déjà été revêtue du visage du guide suprême". La cérémonie rendra également hommage à sa fille, son gendre, sa petite fille, ainsi qu'à l'épouse de son fils Mojtaba Khamenei, tous tués dans l'attaque.</p><p>Le lendemain, une procession de 10 kilomètres aura lieu pour accompagner son corps, entre la place de l'imam Hossein et la place Azadi à Téhéran. Plusieurs itinéraires secondaires ont également été élaborés, alors que son maire évoque le "plus grand rassemblement de l'histoire de la ville", avec 20 millions de personnes attendues. </p><p>Après les cortèges massifs organisés dans la capitale, les cérémonies se poursuivront mardi dans la ville de Qom, capitale religieuse du pays et important centre universitaire. Sa dépouille franchira ensuite la frontière irakienne pour des cérémonies organisées le 8 juillet à Nadjaf et Karbala, villes saintes de l'islam chiite. Enfin, Ali Khamenei sera enterré jeudi, après une autre procession, à Masshad, près du Mausolée de l'imam Reza, une figure religieuse de premier plan en Iran. Entre 8 et 10 millions de personnes sont attendues pour cette dernière étape.</p><h3>Symbole de résistance</h3><p>"Cet itinéraire rassemble plusieurs formes d'autorité : le pouvoir d'Etat, l'autorité cléricale, la mémoire chiite transnationale, la politique de la résistance et la géographie sacrée de l'enterrement", analyse pour franceinfo Hajar Ghorbani, anthropologue à l'université d'Alberta, au Canada. Les cérémonies arboreront des drapeaux avec des poings fermés - et un slogan, déjà imposé à toutes les télévisions : "Il faut se soulever". Et pour cause, la figure du martyr est particulièrement importante en Iran. Les cortèges seront rythmés par les rites traditionnels du deuil chiite : vêtements noirs, processions et participants se frappant la poitrine en signe de souffrance. </p><p>Pour le pouvoir, il s'agit autant d'une cérémonie religieuse que d'une démonstration de résilience après la guerre face aux États-Unis et Israël. Reste à savoir si cette mobilisation sera comparable à celle qui avait accompagné les funérailles du premier guide suprême, l'ayatollah Khomeini, en 1989. Des millions d'Iraniens avaient alors envahi les rues de Téhéran, certains grimpant même sur le véhicule mortuaire, donnant lieu à des scènes de ferveur chaotiques. </p><p>Mais près de quarante années plus tard, le contexte est différent. Le régime est plus essoufflé, alors qu'une partie de la population est épuisée par des décennies de sanctions économiques, par l'inflation, ainsi qu'une répression de plus en plus sévère de la part du régime. Pour rappel, deux mois avant sa mort, de nouvelles manifestations avaient éclaté ciblant l'ayatollah Khamenei, avant d'être matées dans le sang.</p><p>Ces funérailles auront également valeur de test pour sa succession. On ne sait toujours pas si Mojtaba Khamenei, le fils de l'ayatollah, sera présent aux funérailles de son père. Blessé dans la même frappe, il n'est plus apparu publiquement depuis plusieurs mois et les doutes planent quant à son état de santé.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/22GXQDHBI5DXLIND5EK7IW67BQ.JPG?auth=cd784e9e218cee058abcdb59c58bd81a18d28a8984bf51f3e04f641dc23d9f3a&amp;smart=true&amp;width=5500&amp;height=3986" type="image/jpeg" height="3986" width="5500"><media:description type="plain"><![CDATA[L'Iran assure les préparatifs pour les funérailles du guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe israélo-américaine, le 28 février 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA["En Ukraine, Vladimir Poutine n'a pas de plan de victoire" : les vérités du grand diplomate estonien Jonatan Vseviov]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-est-en-grande-difficulte-les-verites-du-grand-diplomate-estonien-jonatan-vseviov-AFBNRWHOOBDORGX2PDEYFDG6IE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-est-en-grande-difficulte-les-verites-du-grand-diplomate-estonien-jonatan-vseviov-AFBNRWHOOBDORGX2PDEYFDG6IE/</guid><dc:creator><![CDATA[Axel Gyldén, Charles Haquet]]></dc:creator><description></description><pubDate>Thu, 02 Jul 2026 17:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Architecte de la politique étrangère et de la politique de défense d'<a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/lestonie-veut-bannir-les-ex-combattants-russes-de-lue-meme-apres-la-guerre-5D2ILAYK4NHS5JDV7ORBRFSINA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/lestonie-veut-bannir-les-ex-combattants-russes-de-lue-meme-apres-la-guerre-5D2ILAYK4NHS5JDV7ORBRFSINA/">Estonie</a>, Jonatan Vseviov, 44 ans, est le plus haut diplomate de son pays en exercice. Ancien ambassadeur aux Etats-Unis, aujourd’hui secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, il est aussi le théoricien du concept d'approche globale de la défense et le coauteur de la stratégie nationale de défense.</p><p>L'Estonie (1,3 million d'âmes) est l'un des pays les plus engagés dans le soutien à l'Ukraine au sein de l'UE avec un poids diplomatique supérieur à sa taille. L'ancienne première ministre Kaja Kallas – dont Jonatan Vseviov fut l'un des principaux conseillers – est d'ailleurs devenue la haute représentante pour les Affaires étrangères de l'UE voilà un an et demi. Une première pour l'Estonie dont les habitants connaissent parfaitement la mentalité de leur grand voisin russe, qui a occupé leur pays de 1917 à 1991.</p><p><b>L'Express : Comment évolue, selon vous, la guerre en Ukraine? </b></p><p><b>Jonatan Vseviov : </b>La situation s'est retournée. Elle est maintenant bien meilleure pour les Ukrainiens qu'elle ne l'était pendant l'hiver. Nous percevons des signes croissants de désespoir à Moscou, non seulement parce qu'ils n'avancent pas sur les lignes de front, mais aussi parce que les Ukrainiens ont réussi à démanteler la défense aérienne russe, qui était censée être le cœur de la force russe. Enfin et surtout, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-avons-des-problemes-derriere-laveu-de-vladimir-poutine-les-difficultes-croissantes-de-la-russie-ULFA6IJS3JFGRIUCLAR44R3IZQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-avons-des-problemes-derriere-laveu-de-vladimir-poutine-les-difficultes-croissantes-de-la-russie-ULFA6IJS3JFGRIUCLAR44R3IZQ/">Poutine a perdu le narratif</a>. Depuis l'échec de son offensive éclair dans les premières phases de la guerre, son récit consistait à dire qu'il obtiendrait par les négociations ce qu'il ne réussirait pas à obtenir sur le front. </p><p>Il essayait de parler directement aux Américains. Désormais, il fait des références de plus en plus désespérées aux soi-disant accords d'Alaska. Tout cela montre qu'il ne maîtrise plus le récit et qu'il est incapable de le remplacer par quoi que ce soit. A mon sens, le découragement et la panique sont à leur comble à Moscou.</p><p><b>Vladimir Poutine est-il correctement informé de la situation ? Ou, au contraire, vit-il dans une bulle ?</b></p><p>Il vit dans une bulle tout en s'efforçant d'obtenir une image de la situation aussi fidèle que possible à la réalité. Il est certainement mieux informé que ne l'étaient les dirigeants soviétiques car, à l'époque, la variété des sources d'information était limitée. Je pense que sa vision de la situation est plus ou moins correcte. Il refuse cependant de modifier ses objectifs. Pas plus tard que le week-end dernier, il a prononcé un discours au congrès de son parti, où il a réaffirmé les mêmes objectifs qu'au début de la guerre. Il était inflexible. </p><p>Pourtant, il est en grande difficulté. Il est incapable d'expliquer à son propre peuple ce qui se passe. Il n'a pas de plan de victoire. Il ne peut même pas expliquer à quoi ressemblerait une victoire, encore moins comment il y parviendrait. Mais il refuse de changer de cap. Alors que la stratégie de l'Ukraine et de l'Europe fonctionne à court terme, la Russie pourrait devenir plus dangereuse.</p><p><b>Etant sur la défensive, Poutine pourrait-il être tenté de prendre une initiative dans votre pays, l'Estonie ? Ou dans les deux autres États baltes ? Voire, dans la région de la mer Baltique ?</b></p><p>Pour répondre à cette question, il est important de rappeler les objectifs du dirigeant russe. Son objectif, c'est l'Ukraine. Sur ce point, il n'a pas varié. Il ne s'intéresse pas seulement au Donbass ou à la <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-comment-kiev-tente-dasphyxier-la-crimee-de-vladimir-poutine-CX45PIGMNVF7PEG5FQRFS56UOQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-comment-kiev-tente-dasphyxier-la-crimee-de-vladimir-poutine-CX45PIGMNVF7PEG5FQRFS56UOQ/">Crimée</a>. Il veut tout le pays. Voilà son objectif numéro un. Son autre ambition, c'est la refonte complète de l'architecture de sécurité européenne. Or il ne s'occupera pas de l'objectif numéro 2 avant d'avoir atteint l'objectif numéro 1. Et franchement, il n'est pas en train d'y parvenir. Il doit donc trouver un moyen de faire dérailler la politique européenne vis-à-vis de l'Ukraine. Depuis quasiment le début de la guerre, il essaye de faire dérailler la politique américaine sur ce même sujet. Il pensait avoir conclu un accord avec le président Trump à Anchorage, en Alaska. Mais il comprend que non seulement ce n'est pas le cas, mais que, de plus, l'hypothèse selon laquelle les Européens disparaîtraient de l'équation au cas où les Américains retiraient leur soutien ne tient pas davantage.</p><blockquote><p>Poutine a perdu son narratif</p></blockquote><p>Voilà pourquoi la posture des Européens est la bonne. Notre meilleure dissuasion contre Moscou consiste à continuer de communiquer clairement nos intentions au Kremlin à propos de l'Ukraine. Peu importe ce que les Russes entreprennent dans la région Baltique ou ailleurs, cela n'entamera en rien notre soutien à l'Ukraine. C'est même le contraire : cela augmenterait notre détermination à soutenir l'Ukraine. </p><p>L'autre option envisagée par Poutine, selon un certain nombre de sources, est la mobilisation générale. Mais il reste prudent à ce sujet car il est conscient des dangers que cela représenterait pour son propre pouvoir. L'idée qu'une mobilisation accrue lui permettrait de percer en Ukraine est hasardeuse. Franchement, je ne pense pas que cela fonctionnerait car la guerre a évolué : la supériorité numérique ne garantit plus le succès militaire sur le champ de bataille. Ce qui compte, c'est la supériorité technologique qui fait précisément défaut à Poutine. </p><p>Reste, bien sûr, la menace nucléaire – technique que la Russie affectionne tout particulièrement. Dès que le Kremlin se sent en difficulté, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-le-grand-bluff-nucleaire-leurope-aussi-doit-apprendre-a-faire-peur-C3J5Z2ZG7FEIPG5CHT63J6UHAQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-le-grand-bluff-nucleaire-leurope-aussi-doit-apprendre-a-faire-peur-C3J5Z2ZG7FEIPG5CHT63J6UHAQ/">il se présente comme une grande puissance nucléaire</a>. Je ne considère pas cette option comme très probable, car, encore une fois, il faut garder à l'esprit ce qu'est l'objectif de Poutine. Son objectif est de conquérir l'Ukraine. Or une escalade nucléaire n’affaiblirait pas le soutien international à l'Ukraine : au contraire, cela signifierait l'isolement accru de la Russie.</p><p><b>Les minorités russophones vivant dans les pays baltes pourraient-elles être utilisées comme une cinquième colonne afin de fomenter une sécession comme cela s'était produit dans le Donbass ?</b></p><p>Non. Ce qui s'est réellement passé dans le Donbass, c'est que les services spéciaux russes ont pris le contrôle de bâtiments administratifs à un moment d'extrême faiblesse pour l'Ukraine. C'était juste après la fuite du président [prorusse] Viktor Ianoukovitch en 2014. L'appareil d'État s'était effondré, et au milieu de ce chaos, les services spéciaux russes et leurs hommes de main ont pris le contrôle des postes de police et des bâtiments administratifs, pas seulement dans le Donbass, mais dans tout ce qu'on pourrait appeler l'Ukraine russophone. </p><p>Ce schéma n'est pas duplicable dans les pays baltes. Les gens qui vivent en Estonie souhaitent vivre en Estonie. Ceux qui voulaient déménager en Russie l'ont déjà fait. Nous sommes très confiants dans le fait que notre situation intérieure est parfaitement stable. </p><p><b>Par sa petite taille et son voisinage russe, l'Estonie n'est-elle pas intrinsèquement vulnérable ?</b></p><p>Depuis notre adhésion à l'Otan en 2004, notre stratégie a consisté à construire une posture militaire dans notre pays et dans la région qui communique clairement à l'autre partie [la Russie] que tout type d'intervention contre nous mènerait automatiquement à la guerre, et que cette guerre serait internationale. Non seulement nous dépensons plus de 5 % de notre PIB pour la défense mais, de plus, des soldats britanniques et français sont intégrés à nos forces militaires en Estonie. De même, des Allemands sont présents en nombre significatif en Lituanie. Et des Canadiens et des Suédois se trouvent en Lettonie. Le message est clair : il ne peut y avoir de "petite guerre" dans les pays Baltes ni dans la Baltique. Un conflit dans la région serait nécessairement un conflit majeur, une guerre internationale.</p><p>Jusqu'à présent, cette stratégie otanienne a fait ses preuves : la Russie a envahi plusieurs de ses voisins (Géorgie, Ukraine), mais aucun pays de l'Otan. Il y a une raison à cela : Moscou prend la dissuasion de l'Otan au sérieux. Surtout, depuis que la Finlande et la Suède ont rejoint l'Alliance en 2023 et 2024, les États baltes ne sont plus dans la situation d'isolement géographique, stratégiquement parlant, comme c'était le cas auparavant. La mer Baltique est désormais effectivement un lac otanien.</p><p><b>Existe-t-il un scénario où Vladimir Poutine, ayant perdu la Crimée, serait renversé par les élites russes dans le cadre d'une révolution de palais ?</b></p><p>Je ne veux pas donner l'impression que c'est quelque chose que je souhaite. Car nos objectifs se limitent à ce que la Russie se replie à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues. Savoir quel dirigeant gouverne la Russie n'est pas franchement notre affaire ; c'est celle des Russes. Mais il est vrai qu'en tant qu'observateur, je vois mal comment Vladimir Poutine pourrait justifier la perte de la guerre en Ukraine devant son opinion. </p><p><b>L'obsession sécuritaire des silovikis [forces de sécurités russes] crée-t-elle un climat de paranoïa autour de Vladimir Poutine ?</b></p><p>Je pense que c'est exactement ce qui se passe. Les deux idées importantes qui, depuis des siècles, sont au cœur de la pensée russe en matière de sécurité nationale, sont toutes les deux sapées de manière majeure. La première est que la Russie, grand pays, bénéficie d'une supériorité numérique par rapport à ses voisins et peut donc tenir plus longtemps dans une guerre d'usure. Or, la guerre en Ukraine, avec un kilomètre de ligne de front tenu par cinq ou six hommes, démontre que la supériorité en effectifs n'est plus l'atout maître qu'elle a toujours été. La seconde idée, intimement liée à la psyché russe, concerne leur conception de la profondeur stratégique. </p><p>Pour les Russes, c'est un atout essentiel. C'est ainsi qu'ils ont vaincu Napoléon et Hitler. Ils se retirent ou se laissent repousser vers l'arrière-pays russe, et alors, la profondeur du pays aide à vaincre les puissants ennemis européens. Mais aujourd'hui, ils ne se battent pas contre un puissant ennemi européen, mais contre une Ukraine qui, selon eux, n'était même pas censée être une nation. Et tout d'un coup, l'Ukraine est capable de frapper profondément dans l'arrière-pays russe. Donc, c'est, pour les Russes, un problème stratégique, un problème logistique, mais aussi un problème psychologique majeur, car cela annule leur certitude que la profondeur stratégique est une garantie qui leur permet de se replier si tout le reste échoue. Notez bien que Kiev s'immisce à l'intérieur de la Russie en utilisant des drones de fabrication ukrainienne. Pouvez-vous imaginer ce qui se passerait s'il y avait une guerre entre l'Otan et la Russie ? Alors que la profondeur de la Russie et sa capacité de défense aérienne sont censées protéger leurs actifs critiques, il apparaît désormais qu'ils ne peuvent même pas se protéger contre des drones ukrainiens ! </p><p>J'en reviens donc à mon propos initial : Poutine a perdu son narratif. Il ne peut pas fournir d'explication satisfaisante sur ce qui se passe, sur ce qu'il essaie de faire et sur la façon dont il avance vers cette réussite. A-t-il l'option de l'escalade ? En théorie, oui, mais qu'est-ce que cela lui donnerait de plus s'il jetait quelques centaines de milliers de soldats supplémentaires sur l'Ukraine ? Pensez-vous qu'il serait capable de percer ? C'est très discutable avec la façon dont la guerre a évolué. Donc ils sont en difficulté et le climat d'insécurité augmente effectivement autour de Poutine.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/TRXJDV3ZMFEU3OFSJJ6ESWFENQ.jpeg?auth=cda71209de9654795d7375d27c37a25227972aa7b3e9b4c04b86abafd3f34bd2&amp;smart=true&amp;width=1920&amp;height=1280" type="image/jpeg" height="1280" width="1920"><media:description type="plain"><![CDATA[Jonatan Vseviov, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères d'Estonie]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">MFA Estonie</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[En Serbie, "un scénario à la Poutine" se dessine pour sauver le président Vucic]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-serbie-un-scenario-a-la-poutine-se-dessine-pour-sauver-le-president-vucic-3X25W6JQHNE3JHJPYXZUUGY5X4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-serbie-un-scenario-a-la-poutine-se-dessine-pour-sauver-le-president-vucic-3X25W6JQHNE3JHJPYXZUUGY5X4/</guid><description></description><pubDate>Thu, 02 Jul 2026 15:45:51 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Des robots dansant sur de la musique folklorique serbe, le déploiement du "plus grand drapeau de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/chine-serbie-une-alliance-strategique-qui-saffirme-aux-portes-de-lue-XDKWMEQVD5AP3IKKNJFPPV6PRM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/chine-serbie-une-alliance-strategique-qui-saffirme-aux-portes-de-lue-XDKWMEQVD5AP3IKKNJFPPV6PRM/">Serbie</a>", long de 500 mètres, un spectacle de drones et une programmation musicale et sportive : le président Aleksandar Vucic avait vu grand, samedi 27 juin, pour rassembler ses partisans dans le centre de Belgrade, raconte le média allemand <a href="https://www.dw.com/sr/vidovdan-skup-studenata-i-pana%C4%91ur-vlasti/a-77732365" target="_self" rel="" title="https://www.dw.com/sr/vidovdan-skup-studenata-i-pana%C4%91ur-vlasti/a-77732365"><i>Deutsche Welle</i> (DW)</a>. Confronté depuis un an à une forte contestation populaire, le chef de l'Etat a tenté d'afficher une impression d'unité, et annoncé l'intention de démissionner de son mandat de président, pour briguer celui de Premier ministre, lors de prochaines législatives anticipées. Une manoeuvre visant en réalité à se maintenir au pouvoir malgré la tourmente, selon ses critiques.</p><p>"Je ne serai président que pendant quelques semaines. Ensuite, je démissionnerai… Lors des prochaines élections, si le parti le souhaite et le demande, je contribuerai, avec vous, à regagner la confiance du peuple", a-t-il déclaré lors du rassemblement intitulé "La Serbie, une famille", organisé par son mouvement - le Parti du progrès serbe (SNS). Selon la police, le meeting rassemblait 207 000 participants, des chiffres largement contestés par l’ONG Arhiv Javnih Skupova, qui a comptabilisé 32 500 personnes, selon un communiqué de <a href="https://beta.rs/content/247398-arhiv-javnih-skupova-na-skupu-pristalica-vlasti-u-beogradu-bilo-32-500-ljudi" target="_self" rel="" title="https://beta.rs/content/247398-arhiv-javnih-skupova-na-skupu-pristalica-vlasti-u-beogradu-bilo-32-500-ljudi">l’agence de presse Beta</a>, cité par <a href="https://www.courrierinternational.com/article/balkans-en-serbie-le-president-vucic-annonce-sa-demission-mais-compte-bien-rester-au-pouvoir_245816" target="_self" rel="" title="https://www.courrierinternational.com/article/balkans-en-serbie-le-president-vucic-annonce-sa-demission-mais-compte-bien-rester-au-pouvoir_245816"><i>Courrier international</i></a>.</p><h3>Contestation croissante</h3><p>Aleksandar Vucic, 56 ans, est l'homme fort de la Serbie, qu'il dirige depuis treize ans sous différents mandats. Mais il fait face à une contestation croissante dans le pays, accusé de gestion autocratique et de corruption. "Oui, il est logique que nous ayons bientôt des élections, et quand je dis bientôt, je veux dire dans les trois ou quatre prochains mois", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse lundi soir, citée par<i> le </i><a href="https://www.ft.com/content/c13f64f7-8715-48ad-8a0a-9031a924e6ee" target="_self" rel="" title="https://www.ft.com/content/c13f64f7-8715-48ad-8a0a-9031a924e6ee"><i>Financial Times</i></a>. Il a également déclaré qu'il pourrait briguer le poste de Premier ministre après le scrutin et s'est engagé à agir de manière "transparente".</p><p>Les premières manifestations contre le gouvernement ont éclaté il y a maintenant plus d'un an, à l'appel d'organisations étudiantes, après l'émotion provoquée par <a href="https://www.lexpress.fr/monde/la-serbie-manifeste-et-commemore-les-trois-mois-de-laccident-meurtrier-de-novi-sad-IHRPARWDEJG2VPQFDUP7SPRV7A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/la-serbie-manifeste-et-commemore-les-trois-mois-de-laccident-meurtrier-de-novi-sad-IHRPARWDEJG2VPQFDUP7SPRV7A/">l'accident de la gare de Novi-Sad</a>, qui avait fait 16 morts. Le auvent du bâtiment, pourtant récemment rénové, s'était effondré sur les passants, provoquant des critiques concernant les conditions troubles d'attribution du contrat à l'entreprise de construction, cette dernière n'ayant fait l'objet d'aucun contrôle rigoureux. En début d'année, le gouvernement avait également dû abandonner le projet soutenu par le groupe immobilier du président Donald Trump de transformer <a href="https://www.lexpress.fr/monde/serbie-le-gendre-de-trump-renonce-a-un-projet-hotelier-controverse-dans-lex-qg-bombarde-de-larmee-QOHXPWGPOJFHHIQ2AUPNUI6ONM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/serbie-le-gendre-de-trump-renonce-a-un-projet-hotelier-controverse-dans-lex-qg-bombarde-de-larmee-QOHXPWGPOJFHHIQ2AUPNUI6ONM/">un monument historique de Belgrade</a> en hôtel de luxe, face au tollé suscité.</p><p>Pour le quotidien local<i> </i><a href="https://www.danas.rs/vesti/politika/vucic-ostvka-izbori-igra/" rel=""><i>Danas</i></a>, "la déclaration d'Aleksandar Vucic n'a rien de fondamentalement nouveau, car personne ne s'attendait à ce qu'il se retire de la vie politique après la fin de son mandat présidentiel". Au contraire, en renonçant à la fonction présidentielle, il espère être réélu au poste de Premier ministre, qui a plus de poids dans la Constitution serbe. Pour Helena Ivanow, chercheuse associée au Henry Jackson Society à Londres, citée par le <i>Financial Times,</i> le président serbe pourrait tenter "un scénario à la Poutine". Une référence à l'époque 2008-2012, lors de laquelle le chef d'Etat russe est revenu au poste de Premier ministre pour échapper aux limites de mandats présidentiels, avant de recandidater. </p><h3>"Tester le climat politique"</h3><p>Par ailleurs, Aleksandar Vucic n'a toujours pas précisé la date de sa démission, ni celle de la dissolution du Parlement - étape indispensable à l'organisation de législatives anticipées, remarque la presse serbe. Il pourrait également revenir sur sa promesse de démissionner si le climat politique lui est défavorable, selon les analystes. Ce ne serait pas la première fois qu'il ne tiendrait pas l'un de ses engagements : il avait déjà annoncé des élections anticipées en juillet, qui ne verront finalement pas le jour.</p><p>Le dirigeant serbe est l'un des principaux alliés de Donald Trump, l'un des derniers en Europe centrale et de l'Est. Aleksandar Vucic a en effet repris plusieurs éléments de la rhétorique du mouvement Maga : discours virulent contre Bruxelles, les médias indépendants, et les "politiques de genre", en prônant au contraire des valeurs comme la famille conservatrice et le christianisme.</p><p>Selon un sondage relayé par le média <a href="https://www.blic.rs/vesti/politika/najnovije-istrazivanje-sns-i-vucic-na-471-odsto-evo-koliko-imaju-studenti/vh32kd1" target="_self" rel="" title="https://www.blic.rs/vesti/politika/najnovije-istrazivanje-sns-i-vucic-na-471-odsto-evo-koliko-imaju-studenti/vh32kd1"><i>Blic</i></a><i>, </i>en cas d'élections législatives, Aleksandar Vucic et son parti l'emporteraient avec 47,1 % s'il avait en face de lui une liste d'opposition menée uniquement par les leaders étudiants. Mais si celle-ci faisait alliance avec les autres oppositions, elle pourrait obtenir un score plus élevé que celui de l'actuel président.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/JPQAQIZQFRCK5BPACOIV6LFRFI.JPG?auth=585cd0c666d6ec68dbc6023fb5f96e1e2fd674dcb00413dd21af3c5751e24af7&amp;smart=true&amp;width=3320&amp;height=2213" type="image/jpeg" height="2213" width="3320"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président Aleksandar Vucic a rassemblé ses partisans lors d'un meeting à Belgrade, le samedi 27 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Du Portugal à la Grèce, ces "Sudistes" qui redonnent de l’élan à l’Europe]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/du-portugal-a-la-grece-ces-sudistes-qui-redonnent-de-lelan-a-leurope-R4LP43AXEBAY7CGXUO23QKP5DM/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/du-portugal-a-la-grece-ces-sudistes-qui-redonnent-de-lelan-a-leurope-R4LP43AXEBAY7CGXUO23QKP5DM/</guid><dc:creator><![CDATA[Muriel Breiman, Maxime Recoquillé]]></dc:creator><description></description><pubDate>Thu, 02 Jul 2026 14:30:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Cantonnés au tourisme, les Etats du Sud ? Leur retour en grâce prouve qu’il n’en est rien. Pour résister, il leur a fallu faire preuve d’agilité et d’inventivité. Voici quatre exemples de personnalités à la réussite remarquable. L’Italien <a href="https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/vimeo-aol-ou-wetransfer-le-phenomene-italien-bending-spoons-recycleur-de-la-tech-mondiale-4UMZKJROMVEURC43WEB6A7TAJY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/vimeo-aol-ou-wetransfer-le-phenomene-italien-bending-spoons-recycleur-de-la-tech-mondiale-4UMZKJROMVEURC43WEB6A7TAJY/">Luca Ferrari, rachète et remet au goût du jour d'anciennes icônes du Web</a>. Au Portugal, la scientifique Elvira Fortunato rayonne à l’international grâce à ses innovations dans l’électronique. L’Espagnol Enric Asuncion veut déployer ses <a href="https://www.lexpress.fr/economie/voitures-electriques-equiper-les-coproprietes-le-nouvel-enjeu-de-la-recharge-TLJEUIIY2NGDJKDPERYYPW6TZM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/voitures-electriques-equiper-les-coproprietes-le-nouvel-enjeu-de-la-recharge-TLJEUIIY2NGDJKDPERYYPW6TZM/">bornes de recharge</a> pour voitures électriques à grande échelle. Et, à Athènes, la directrice artistique du musée national d’art contemporain Katerina Gregos, figure de la résurrection de la capitale, a choisi de revenir au pays.</p><h2>Luca Ferrari, nouveau cador du logiciel</h2><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/GDKRNVJFEJBNNGGCKCJE6F4FTA.jpg?auth=78ec2ad5a5c3c351881cd2231af1519e182604f33efc7e8dd1118e4153e2ee3f&smart=true&width=3010&height=2000" alt="Luca Ferrari" height="2000" width="3010"/><figcaption>Luca Ferrari</figcaption></figure><p>Le carillon du Nasdaq, une valorisation d'environ 25 milliards de dollars, une croissance à trois chiffres... Ces plaisirs insolents sont d'ordinaire réservés à des virtuoses de la tech américaine. Un Italien, Luca Ferrari, vient pourtant de tous les goûter.</p><p>Ce quadragénaire dirige la start-up milanaise Bending Spoons, discrète mais très belle réussite européenne. Discrète car elle a percé sur le tard - sa création remonte à 2013. Bending Spoons n’est pas non plus une "<i>deeptech</i>" comme l’est <a href="https://www.lexpress.fr/secret-defense/comment-mistral-ai-se-met-au-service-des-armees-toutes-les-portes-leur-sont-ouvertes-APYBQPLQVFCZFJWNXJJKQNE5ZM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/secret-defense/comment-mistral-ai-se-met-au-service-des-armees-toutes-les-portes-leur-sont-ouvertes-APYBQPLQVFCZFJWNXJJKQNE5ZM/">Mistral AI</a>, symbole de la rupture technologique que convoite le Vieux Continent. Ni même une idée originale. Luca Ferrari avait essayé avec Evertale, sorte de journal intime 2.0. Il s’est rapidement estimé meilleur pour valoriser les idées des autres.</p><p>Le Milanais s'est démarqué comme acquéreur compulsif. Avec un penchant pour des gloires un peu poussiéreuses du - comme AOL (portail) jadis plus gros que Boeing, Vimeo (vidéos), Evernote (organisation personnelle)... - qu’il redresse à l’aide de fonctionnalités bâties avec l’IA et de coupes drastiques dans les effectifs. Sans états d'âme. Peter Singlehurst, du fonds Baillie Gifford, compare Bending Spoons à un "système immunitaire" du monde du logiciel, qui le maintient en vie. Luca Ferrari dispose sur toutes ses plateformes de 500 millions d’utilisateurs actifs mensuels. Et a plus d’un millier d’entreprises cibles en tête. "Nous sommes déjà conviés à 90 % des processus de cession qui s’ouvrent [dans le secteur]", nous assurait-il en décembre. Son entrée en Bourse aux Etats-Unis - quasi inédit pour une entreprise tech transalpine - devrait l’aider à élargir ses poches.</p><p>Diplômé d’une école d’ingénieurs danoise, admirateur de Benjamin Franklin et de Serena Williams, cet entrepreneur n’a jamais travaillé pour la Big Tech, mais en copie les méthodes. Agilité, quête d’excellence, et... une certaine brutalité sociale. Mais s'il avale des boîtes américaines, il rapatrie astucieusement les talents en Lombardie. Une célèbre maxime affirme que les logiciels dévorent le monde. Luca Ferrari, lui, semble bien parti pour dévorer les logiciels.</p><h2>Elvira Fortunato, chercheuse d’exception au pays des Grandes découvertes</h2><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/57S3RYS35FHWFDUM4RGWJ5I5LQ.jpg?auth=97dd9ddc5d0a7f030f1d367f8126e70a17d954d2b0e2680ad48e277f84b734c4&smart=true&width=2049&height=1365" alt="Elvira Fortunato" height="1365" width="2049"/><figcaption>Elvira Fortunato</figcaption></figure><p>Les vents n’étaient, a priori, pas favorables. Née sous la dictature portugaise, dix ans avant la "révolution des œillets" (1974), Elvira Fortunato grandit à Almada à une époque où le niveau d’instruction du pays est parmi les plus faibles d’Europe. Mais dans cette famille modeste sans diplôme universitaire, on valorise la curiosité intellectuelle, la persévérance, et l’idée que "l’éducation est la clé de la liberté, et pas seulement économique", confie la chercheuse à L'Express.</p><p>Son sort se dessinera sur l’autre rive du Tage, au sein de l’Université nouvelle de Lisbonne où elle a pu "mener des recherches ambitieuses, de bâtir des réseaux internationaux et de développer des projets reconnus mondialement". A l’image de son invention phare : le transistor en papier. "Nous avons démontré, pour la première fois, que la cellulose, l’un des matériaux les plus abondants et renouvelables sur Terre, pouvait fonctionner non seulement comme support, mais aussi comme composant actif d’un transistor, explique-t-elle. Cette avancée a ouvert la voie à une nouvelle génération de dispositifs électroniques à faible coût, flexibles, recyclables et potentiellement biodégradables." Par exemple, pour la fabrication d'étiquettes d'identification par radiofréquence, utilisées pour gérer des stocks, ou suivre des bagages dans les aéroports.</p><p>Ses succès lui ouvrent les portes du gouvernement d’Antonio Costa, comme ministre de la Science, de la Technologie et de l'Enseignement supérieur, de 2022 à 2024. Une période où les subventions de Bruxelles viennent panser les plaies de l’Europe post-Covid. Elvira Fortunato puise dans ces fonds au profit du logement étudiant et monte un programme destiné à réduire la précarité des postes de chercheurs. Au pays de Magellan, la scientifique est une adepte de la longue-vue. La crise traversée par le Portugal, marquée par des sacrifices dans le budget de la recherche, n’a fait que conforter cette philosophie. "L’investissement dans la connaissance, l’innovation et le talent permet aux sociétés de se redresser, de devenir plus compétitives et de se préparer aux défis futurs." L'avenir de son pays se joue, selon elle, dans l’étude des océans et l'exploration de l’espace. "Le Portugal peut contribuer, une fois encore, à une ère de grandes découvertes", veut-elle croire.</p><h2>Enric Asuncion, symbole d’une économie espagnole résiliente</h2><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/IUOBFEXR2BDT3DAG27P3U4JE54.jpeg?auth=798aa48816debb310fcbdbd677e58e7171017c1382d831266aa2cf4bf349704d&smart=true&width=2559&height=1706" alt="Enric Asuncia (à droite) en compagne d'Eduard Castaneda" height="1706" width="2559"/><figcaption>Enric Asuncia (à droite) en compagne d'Eduard Castaneda</figcaption></figure><p>Il a du flair lorsque, en 2015, avec son alter ego, Eduard Castaneda, il se lance dans le filon des bornes de recharge intelligente pour véhicules électriques. Des systèmes qui permettent d’optimiser l’usage des batteries, en maîtrisant la consommation d’énergie. </p><p>Né à Barcelone, Enric Asuncion, un ingénieur diplômé de l’Université polytechnique de Catalogne, part à Amsterdam en 2014 pour travailler chez Tesla, où il est responsable des installations de bornes de recharge en Europe. C'est le déclic : il se lance dans sa propre aventure l’année suivante. Wallbox décolle à toute vitesse, portée par la fièvre de la transition énergétique et l’abandon programmé des moteurs thermiques en Europe. </p><p>L'entreprise est la première licorne espagnole à être cotée à la Bourse de New York. Présente dans 80 pays, elle voit sa valorisation dépasser un temps les 2,5 milliards de dollars. Depuis, le marché a déchanté. "Nous avons traversé une pandémie, des problèmes dans la chaîne d’approvisionnement, des changements réglementaires, et les ventes de véhicules électriques ont progressé moins vite qu'attendu, explique le quadragénaire. Notre capacité d’adaptation a été l’une de nos plus grandes forces". </p><p>Au printemps 2026, le PDG catalan trouve un accord avec ses créanciers pour restructurer sa dette et boucler une augmentation de capital. Le jeu en vaut la chandelle, si l’on en croit Bloomberg New Energy Finance : d’ici à 2040, l’augmentation du parc automobile électrique va nécessiter l’installation de 260 millions de bornes de recharge dans le monde, dont 85 % chez les usagers, la spécialité de Wallbox.</p><p>Après un passage à vide, une nouvelle génération d’entrepreneurs est apparue dans la péninsule, “avec un état d’esprit plus international et l’ambition de construire des entreprises globales”, estime Enric Asuncion, pour qui "l’Espagne a démontré une résilience bien plus forte que beaucoup ne l’imaginaient, grâce à un écosystème entrepreneurial qui s'est renforcé".</p><p>Devenue une référence dans les énergies renouvelables, la mobilité électrique ou la numérisation, le pays a encore des défis importants à relever, reconnaît l'entrepreneur. Mais son image "reflète bien mieux la réalité qu’il y a dix ans".</p><h2>Katerina Gregos, une responsabilité envers Athènes et pour le monde </h2><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/RM7TWWIECNHIJANGFHT5X37SAU.jpg?auth=31859106fbdf6d9716a26fd95a30aa1d81fdf69263f40d44a31ec27417f21949&smart=true&width=1200&height=1800" alt="Katerina Gregos" height="1800" width="1200"/><figcaption>Katerina Gregos</figcaption></figure><p>Qui a dit qu'Athènes se résumait au Parthénon et au musée de l'Acropole ? En prenant la direction artistique du Musée national d’art contemporain (EMST), en 2021, Katerina Gregos n’a pas seulement redonné vie à un établissement déshérité ; elle a participé à la renaissance de la capitale grecque. "Le pays sortait d’une longue période de crise économique qui avait durement touché toutes les institutions en Grèce. C’était un tournant décisif, une page blanche, les occasions d'inverser le cours de l'Histoire sont rares", retrace la curatrice d'art de 59 ans, qui s'inscrit dans un mouvement de retour au pays, au moment où la Grèce connaît une nouvelle dynamique.</p><p>Née à Athènes, elle a en effet réalisé une grande partie de sa carrière à Bruxelles, à partir de 2006, où elle a été commissaire de plus de cinquante expositions, puis directrice de la foire d'art contemporain Art Brussels, tout en représentant plusieurs pays à la Biennale de Venise… "C’est encourageant de voir un nombre croissant de Grecs talentueux qui s'étaient expatriés faire le voyage inverse, se réjouit Katerina Gregos. Ils rapportent de nouvelles expériences. Ce dynamisme, conjugué à celui de ceux qui sont restés et ont surmonté les difficultés, a été l'un des moteurs du renouveau culturel de la ville".</p><p>Aujourd'hui, elle estime que "vivre à l'étranger" lui a permis de distinguer "plus clairement les atouts et les défis de la ville". "J'ai découvert à mon retour une capitale qui s'ouvrait davantage sur le monde, devenait plus cosmopolite, plus multiethnique, et plus sûre de sa culture", relate la directrice artistique, qui décrit "un lieu de rencontre et d'échange pour des artistes, des écrivains, des architectes, des chercheurs, des entrepreneurs d'horizons divers".</p><p>Sous son impulsion, l’EMST s’est imposé comme un pôle de cette émulation. Sa programmation se veut un reflet des préoccupations du pays et de l'époque : migration, démocratie, mémoire, écologie, justice sociale... Elle en est persuadée : les musées ne sont pas seulement des lieux d'exposition d'objets. Qu'ils soient antiques ou modernes.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/FENPGHTBSRDBZPK5JCHL7N47OM.jpg?auth=0c3b001f9289296d1232f1a9ccc0339c94248a3e7d676d6f5baa88858f9bbfc2&amp;smart=true&amp;width=1920&amp;height=1080" type="image/jpeg" height="1080" width="1920"><media:description type="plain"><![CDATA[De gauche à droite : Enric Asuncion, Katerina Gregos, Luca Ferrari et Elvira Fortunato.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">Bending Spoons - João Lima/NOVA FCT - Wallbox - Panos Kokkinias</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Contrôles aux frontières : les débuts laborieux du nouveau système européen]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/controles-aux-frontieres-les-debuts-laborieux-du-nouveau-systeme-europeen-H6ZS7WFAJBFXHNSTE4BWOGTVZA/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/controles-aux-frontieres-les-debuts-laborieux-du-nouveau-systeme-europeen-H6ZS7WFAJBFXHNSTE4BWOGTVZA/</guid><dc:creator><![CDATA[Julien Chabrout]]></dc:creator><description></description><pubDate>Thu, 02 Jul 2026 11:57:44 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>C'est une lettre adressée à la Commission européenne. Elle intervient juste avant l'afflux massif de touristes en Europe durant l'été et constitue à ce jour l'avertissement le plus ferme lancé par le secteur touristique concernant l’ESS (Entry/Exit system). <a href="https://www.lexpress.fr/monde/passeport-empreinte-photo-leurope-lance-son-controle-automatise-aux-frontieres-DZKIAATPMBGR3HQE633RUXDVS4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/passeport-empreinte-photo-leurope-lance-son-controle-automatise-aux-frontieres-DZKIAATPMBGR3HQE633RUXDVS4/">Ce système mis en place progressivement depuis octobre 2025</a> et pleinement opérationnel depuis avril vise à renforcer la sécurité et lutter contre l’immigration illégale. Il exige que les ressortissants de pays tiers s'enregistrent à leur aéroport de destination en fournissant leur identité, leurs empreintes digitales et une photo. Ces contrôles concernent les personnes qui ne sont pas citoyennes de l'un des 29 pays de l'espace Schengen, de l'Irlande ou de Chypre. Ils remplaceront à terme le tamponnage des passeports par les agents des frontières.</p><p>Dans leur lettre ouverte adressée à <a href="https://www.lexpress.fr/politique/plus-je-la-connais-moins-je-lapprecie-ursula-von-der-leyen-un-malaise-francais-MZJUUFV7RZHNLMDX3KME24OMTE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/plus-je-la-connais-moins-je-lapprecie-ursula-von-der-leyen-un-malaise-francais-MZJUUFV7RZHNLMDX3KME24OMTE/">Ursula von der Leyen</a>, la présidente de la Commission européenne, les compagnies aériennes et les aéroports du Vieux Continent demandent la possibilité de suspendre les contrôles dans le cadre de ce système. Ils craignent en effet que la situation ne s'aggrave considérablement pendant la haute saison estivale, alors que les aéroports européens devraient selon eux accueillir environ 40 millions de passagers de plus en juillet et en août par rapport aux deux mois précédents. "Nous avons atteint un point critique", estiment les organisations professionnelles ACI Europe (représentant les aéroports), Airlines 4 Europe (la principale association des compagnies du continent) et l'Association du transport aérien international (IATA), représentant les compagnies aériennes.</p><h3>Jusqu'à cinq heures d'attente</h3><p>Depuis avril, ont-elles indiqué, "les temps d'attente aux contrôles frontaliers ont considérablement augmenté, atteignant désormais jusqu'à cinq heures aux heures de pointe". Ces files d'attente dans certains aéroports ont été imputées à la nouvelle technologie et au niveau insuffisant du personnel aux frontières. "Les passagers sont déjà contraints de faire la queue pendant de longues périodes à l'extérieur des aérogares et sur les aires de stationnement exposées, car les services de contrôle aux frontières ne peuvent pas traiter les arrivées assez rapidement", indiquent les auteurs de ce document, comme le <a href="https://www.theguardian.com/business/2026/jul/01/call-to-suspend-eu-border-system-peak-holiday-period-europe-travel-airport-queues" target="_blank" rel="" title="https://www.theguardian.com/business/2026/jul/01/call-to-suspend-eu-border-system-peak-holiday-period-europe-travel-airport-queues">rapporte <i>The Guardian</i></a>. </p><p>"Certains voyageurs internationaux reconsidèrent leurs projets de voyage en Europe en raison des risques de retards excessifs aux frontières", indiquent les organisations professionnelles <a href="https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/philippe-pascal-adp-la-france-taxe-son-secteur-aerien-trois-fois-plus-que-lallemagne-YMIKT4JBWFBHVLO73YRMJCSJZI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/philippe-pascal-adp-la-france-taxe-son-secteur-aerien-trois-fois-plus-que-lallemagne-YMIKT4JBWFBHVLO73YRMJCSJZI/">du secteur aérien</a>. "Cela nuit à la réputation de l'Europe, et notamment au tourisme et à la connectivité européens. La réputation de l'Union européenne et la confiance dans le cadre réglementaire sont en jeu." Selon ces professionnels, "les compagnies aériennes se retrouvent avec des avions à moitié vides au moment de la fermeture des portes d'embarquement".</p><h3>Un système qui "fonctionne bien" selon la Commission</h3><p>Les problèmes rencontrés dans certains Etats ne sont pas isolés. La Grèce a ainsi suspendu les contrôles biométriques pour les voyageurs britanniques jusqu'en septembre prochain afin d'éviter toute perturbation estivale. En mai, la police française a temporairement suspendu les contrôles supplémentaires au port de Douvres.</p><p>Afin de remédier à ces difficultés, les auteurs de la lettre à la Commission européenne demandent à cette dernière d'autoriser les aéroports à "suspendre complètement" les contrôles "chaque fois que le nombre de passagers dépasse la capacité opérationnelle des installations de contrôle aux frontières" en juillet et en août. </p><p>Interrogé par <i>The Guardian</i>, le président de ACI Europe, Stefan Schulte, estime que des responsables politiques devraient "cesser de prétendre que le système EES fonctionne parfaitement" car "ce n'est pas le cas". Un avis que ne partage pas la Commission européenne. "Le système d’entrée/sortie est pleinement opérationnel dans tous les pays Schengen et fonctionne bien", <a href="https://www.ft.com/content/54ade9a4-b89e-482b-809f-c7fec11c59a0?syn-25a6b1a6=1" target="_self" rel="" title="https://www.ft.com/content/54ade9a4-b89e-482b-809f-c7fec11c59a0?syn-25a6b1a6=1">a affirmé la semaine dernière au<i> Financial Times</i></a><i> </i>un porte-parole de la Commission, estimant que "les règles prévoient la flexibilité nécessaire pour assurer la fluidité des frontières". Pour Bruxelles, "le plus souvent, les longs temps d’attente ne sont pas liés au fonctionnement de l'EES, mais à des facteurs préexistants, tels que la pénurie de personnel, les limitations d'infrastructure, ainsi que la concentration des vols dans des créneaux horaires spécifiques".</p><p>La Commission européenne n'entend pas pour autant négliger ce sujet. Après la publication de la lettre, un porte-parole de l'institution européenne a indiqué<i> </i>au<i> Financial Times</i> qu'une réunion serait organisée avec les représentants de l'industrie "dans les prochains jours".</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/GS5LC47HEFETVO74RHOBIUDZBU.jpg?auth=453b83601427a54fe35e4630a124813d69e8241b15f02f553b7ef8418342d4b0&amp;smart=true&amp;width=4000&amp;height=2668" type="image/jpeg" height="2668" width="4000"><media:description type="plain"><![CDATA[Dans une lettre ouverte adressée à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, les compagnies aériennes et les aéroports demandent la possibilité de suspendre les contrôles prévus dans le cadre d'un nouveau système d'enregistrement.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">IMAGO/Maxppp</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Albanie : le projet immobilier controversé de la famille Trump met en péril l'adhésion à l'UE]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/albanie-le-projet-immobilier-controverse-de-la-famille-trump-met-en-peril-ladhesion-a-lue-ZVG46FFE65C7PKYIC7PXPNIIY4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/albanie-le-projet-immobilier-controverse-de-la-famille-trump-met-en-peril-ladhesion-a-lue-ZVG46FFE65C7PKYIC7PXPNIIY4/</guid><dc:creator><![CDATA[Asia Dayan]]></dc:creator><description></description><pubDate>Thu, 02 Jul 2026 10:46:42 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis un mois, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/albanie-les-projets-immobiliers-de-la-famille-trump-enflamment-le-pays-VO5TY4ENSBHDFD23LT6RZRD62I/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/albanie-les-projets-immobiliers-de-la-famille-trump-enflamment-le-pays-VO5TY4ENSBHDFD23LT6RZRD62I/">des milliers d'Albanais descendent quotidiennement dans les rues</a> pour s'opposer à la construction d'une station balnéaire de luxe. Derrière ce projet immobilier à 1,6 milliard de dollars, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/au-proces-civil-de-donald-trump-pour-fraudes-sa-fille-ivanka-prend-ses-distances-QWURQEWXZ5E5LGWWEPGU43BJZI/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/au-proces-civil-de-donald-trump-pour-fraudes-sa-fille-ivanka-prend-ses-distances-QWURQEWXZ5E5LGWWEPGU43BJZI/">Ivanka Trump</a>, la fille du président américain, et son mari <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/plan-de-paix-pour-gaza-le-retour-payant-de-jared-kushner-B5GONMMPOZHRNKFLPFI7NFPJ6Q/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/plan-de-paix-pour-gaza-le-retour-payant-de-jared-kushner-B5GONMMPOZHRNKFLPFI7NFPJ6Q/">Jared Kushner</a>. L'immense chantier qui devrait prochainement débuter sur une partie préservée du littoral est décrié par de nombreuses ONG de protection de l'environnement. Le pouvoir de Tirana, quant à lui, le défend bec et ongles. En particulier le Premier ministre albanais, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/avec-sa-victoire-lalbanie-a-choisi-les-etoiles-se-felicite-rama-leuropeen-WRCE5YRY3ZGARKX73AZS4L2ZTE/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/avec-sa-victoire-lalbanie-a-choisi-les-etoiles-se-felicite-rama-leuropeen-WRCE5YRY3ZGARKX73AZS4L2ZTE/">Edi Rama</a>, persuadé que le complexe pourrait propulser son pays, l'un des plus pauvres d'Europe, au rang de destination majeure du tourisme de luxe dans les Balkans. Début juin, l'homme d'Etat a persisté et signé : "Il n’y a aucune chance que cet investissement soit suspendu tant que j’occuperai ce poste".</p><p>Et depuis, le mouvement d'opposition, surnommé la "révolution des flamants roses" ne s'essouffle pas. Au contraire, les tensions s'aggravent sur fond d’appels croissants à la démission d'<a href="https://www.lexpress.fr/monde/albanie-la-victoire-du-socialiste-edi-rama-se-confirme_1921919.html" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/albanie-la-victoire-du-socialiste-edi-rama-se-confirme_1921919.html">Edi Rama.</a>.. D'autant plus que les critiques contre le gouvernement albanais ont fini par atteindre Bruxelles. Ce mercredi 1er juillet, Tineke Strik, députée européenne néerlandaise à la tête d'une mission d'enquête du Parlement européen en Albanie, a prévenu dans les colonnes du <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/jul/01/albania-warned-eu-accession-at-risk-jared-kushner-resort-plans" target="_blank" rel="" title="https://www.theguardian.com/world/2026/jul/01/albania-warned-eu-accession-at-risk-jared-kushner-resort-plans"><i>Guardian</i></a> que Tirana "jouait avec le feu" en poursuivant ce projet immobilier qui, selon elle, ravagerait le littoral. Dans le détail, le projet comprend deux complexes balnéaires : l'un situé sur un littoral très protégé, l'autre sur la seule île du pays. </p><h3>"Désolé, l'UE est ma priorité absolue"</h3><p>Si les 27 s'en mêlent, c'est d'abord parce que <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/diella-une-ia-devenue-ministre-anti-corruption-mais-pas-si-incorruptible-LK6UBQPYLREFJIGGTHBPRANE3Q/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/diella-une-ia-devenue-ministre-anti-corruption-mais-pas-si-incorruptible-LK6UBQPYLREFJIGGTHBPRANE3Q/">l'Albanie</a> est lancée dans un processus d'adhésion à l'Union européenne. Un objectif soutenu par 92 % des habitants du pays des Balkans. Le Premier ministre a d'ailleurs été <a href="https://www.lexpress.fr/monde/albanie-vers-un-quatrieme-mandat-pour-edi-rama-selon-des-resultats-partiels-4AKYWUXA6NH2DKZOY6OTB2EIYM/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/albanie-vers-un-quatrieme-mandat-pour-edi-rama-selon-des-resultats-partiels-4AKYWUXA6NH2DKZOY6OTB2EIYM/">élu pour un quatrième mandat</a> - fait historique - en 2025, sur la base de sa promesse que l'Albanie rejoindrait l'Union d'ici 2030.</p><p>Sauf que, pour que la candidature d'un pays soit acceptée, il doit s'aligner parfaitement sur la législation européenne... Y compris environnementale. D'où cette mise en garde de Tineke Strik : "Si Edi Rama est vraiment sérieux quant à ses ambitions européennes, il devrait renoncer à cette stratégie et dire au clan Trump : 'Désolé, l'UE est ma priorité absolue'". "S'ils persistent, ils auront de sérieuses difficultés avec l'UE lors des négociations, notamment concernant le chapitre 27 où ils devront respecter l'ensemble des critères de la politique environnementale européenne. La construction de tels ensembles immobiliers dans une zone aussi fragile constitue une menace immense", a souligné la parlementaire à l'issue d'une visite de quatre jours en <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-gouvernement-italien-cherche-t-il-a-cacher-la-verite-sur-les-centres-pour-migrants-en-albanie-EQ3ZOGLF4ZBRDPVIFVPY4J3YEE/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-gouvernement-italien-cherche-t-il-a-cacher-la-verite-sur-les-centres-pour-migrants-en-albanie-EQ3ZOGLF4ZBRDPVIFVPY4J3YEE/">Albanie</a>.</p><h3>Une mise en garde des plus hautes instances européennes</h3><p>En juin, le président du Conseil européen <a href="https://www.lexpress.fr/monde/antonio-costa-un-destin-europeen-apres-une-demission-fracassante-ZGW66E2X5BC4NI4RIXKHOBXWAU/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/antonio-costa-un-destin-europeen-apres-une-demission-fracassante-ZGW66E2X5BC4NI4RIXKHOBXWAU/">Antonio Costa</a>, qui s'est également déplacé dans le petit Etat des <a href="https://www.lexpress.fr/monde/sanctions-americaines-quel-avenir-pour-la-plus-grande-raffinerie-des-balkans-ZTTTYSRGGFBRDDNRXTSNGSEGV4/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/sanctions-americaines-quel-avenir-pour-la-plus-grande-raffinerie-des-balkans-ZTTTYSRGGFBRDDNRXTSNGSEGV4/">Balkans</a>, avait déjà semblé lancer un premier avertissement. "Dans le cadre du processus d’adhésion [à l'Union européenne], l’Albanie est censée aligner pleinement sa législation environnementale sur l’acquis communautaire, comme dans d’autres domaines", a-t-il souligné. "Il ne s’agit pas seulement de transposer l’acquis communautaire dans le droit albanais, mais aussi de le mettre en œuvre en Albanie".</p><p>De son côté, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-ne-sommes-pas-hermetiques-aux-tensions-de-la-societe-le-parlement-europeen-dechire-par-ses-AM2OYB4PZFBBVGBED5MCV7CRWY/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-ne-sommes-pas-hermetiques-aux-tensions-de-la-societe-le-parlement-europeen-dechire-par-ses-AM2OYB4PZFBBVGBED5MCV7CRWY/">le parlement européen</a> a explicitement apporté son soutien aux manifestants et exigé l'arrêt des travaux dans les zones protégées dans une résolution prise au mois de juin. </p><p>Le même mois, le porte-parole de la Commission européenne a assuré que l'institution avait "fait part de ses préoccupations quant aux éventuelles lacunes du projet au ministre albanais de l’Environnement". En réponse, ce dernier avait assuré à Bruxelles que les travaux de construction étaient "suspendus". Pourtant, dans les colonnes du <i>Guardian</i>, Tineke Strik rapporte le contraire. Citant également un entretien avec ce même ministre de l’Environnement, l'eurodéputée assure que celui-ci a laissé entendre que les travaux se poursuivraient jusqu'à ce que <a href="https://www.lexpress.fr/monde/en-albanie-lenfer-des-victimes-de-prostitution-venues-du-bout-du-monde-TYKROOVOLVCT7BNTH6POSXRSZQ/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/en-albanie-lenfer-des-victimes-de-prostitution-venues-du-bout-du-monde-TYKROOVOLVCT7BNTH6POSXRSZQ/">l'Albanie</a> soit obligée de se conformer aux normes de l'UE.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/6G33I5TRLVCBDNSWTGZOIAW66M.JPG?auth=74e4c938c3765c577e9b691408a5f154aaca49f831d7b7c852a85855bf4d1353&amp;smart=true&amp;width=4866&amp;height=3244" type="image/jpeg" height="3244" width="4866"><media:description type="plain"><![CDATA[Des manifestants protestent contre le gouvernement, après plusieurs semaines de manifestations contre un projet de complexe touristique de luxe soutenu par une société liée à Jared Kushner, le gendre du président américain Donald Trump, sur une partie de la côte adriatique particulièrement sensible sur le plan environnemental, à Tirana, en Albanie, le 29 juin 2026. REUTERS/Florion Goga]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Mise sous pression par l'Ukraine, la Russie riposte par une attaque massive contre Kiev]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/mise-sous-pression-par-lukraine-la-russie-riposte-par-une-attaque-massive-contre-kiev-RYTVWPXJE5DDTFW3F25XUS36LA/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/mise-sous-pression-par-lukraine-la-russie-riposte-par-une-attaque-massive-contre-kiev-RYTVWPXJE5DDTFW3F25XUS36LA/</guid><description></description><pubDate>Thu, 02 Jul 2026 09:47:12 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Les forces russes ont lancé dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 juillet une attaque massive de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/volodymyr-zinovskyi-pres-de-90-des-pertes-russes-sont-infligees-par-des-drones-672LXGRZCBDKHNU6IZVF4PMSYY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/volodymyr-zinovskyi-pres-de-90-des-pertes-russes-sont-infligees-par-des-drones-672LXGRZCBDKHNU6IZVF4PMSYY/">drones</a> et de missiles contre la capitale de l'Ukraine, Kiev, faisant au moins 17 morts selon les services d'urgence. Moscou a présenté cette offensive comme une riposte aux <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-avons-des-problemes-derriere-laveu-de-vladimir-poutine-les-difficultes-croissantes-de-la-russie-ULFA6IJS3JFGRIUCLAR44R3IZQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-avons-des-problemes-derriere-laveu-de-vladimir-poutine-les-difficultes-croissantes-de-la-russie-ULFA6IJS3JFGRIUCLAR44R3IZQ/">récentes frappes</a> contre ses infrastructures civiles.</p><p>"Cette nuit, la Russie a encore une fois mené une attaque cynique de grande ampleur sur l'Ukraine", a déploré la Première ministre ukrainienne <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/ukraine-qui-est-ioulia-svyrydenko-choisie-par-volodymyr-zelensky-pour-diriger-le-gouvernement-RXJW7ZXKEBEGTKW77473C3GMWU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/ukraine-qui-est-ioulia-svyrydenko-choisie-par-volodymyr-zelensky-pour-diriger-le-gouvernement-RXJW7ZXKEBEGTKW77473C3GMWU/">Ioulia Svyrydenko</a> sur Telegram. <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-la-vaste-reforme-de-volodymyr-zelensky-pour-venir-en-aide-a-une-armee-epuisee-S2L5L5EU6VDGHEJSRUBIDQZNQY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-la-vaste-reforme-de-volodymyr-zelensky-pour-venir-en-aide-a-une-armee-epuisee-S2L5L5EU6VDGHEJSRUBIDQZNQY/">Volodymyr Zelensky</a> avait prévenu plus tôt mercredi que des rapports des services de renseignement montraient qu'une attaque nocturne était probable. Le président ukrainien a écourté son déplacement à Dublin, prévu pour le début du mandat de six mois de l'Irlande à la présidence tournante de l'UE.</p><h3>"L’ennemi a une fois de plus délibérément tué des civils"</h3><p>Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a déclaré une journée de deuil vendredi dans la capitale ukrainienne, précisant que des dommages avaient été recensés à travers toute la ville de trois millions d'habitants. "L'ennemi a une nouvelle fois délibérément pris pour cible des quartiers résidentiels et tué des civils. Nous avons subi des dommages importants et un grand nombre de victimes, incluant des enfants", a-t-il déploré.</p><p>Des responsables de la capitale ukrainienne ont rapporté que 90 personnes - dont des enfants et des personnels médicaux - avaient été blessées et que d'autres étaient toujours piégées dans des immeubles résidentiels. Plusieurs explosions ont été entendues dans la ville, ont rapporté des journalistes de Reuters alors que les autorités locales de régions voisines de la capitale ukrainienne ont également fait état de victimes.</p><p>Portant enfants, affaires personnelles, tentes et animaux de compagnie, des habitants se sont entassés dans les stations de métro, alors que des alertes aériennes étaient émises pour la majeure partie du territoire ukrainien dans la nuit, lors de ce qui constitue la pire attaque russe contre le pays depuis la mi-juin. La Russie a utilisé 74 missiles et 496 drones au total, selon les forces aériennes ukrainiennes. La défense aérienne ukrainienne a abattu la plupart de ces projectiles mais 25 missiles balistiques et 12 drones ont frappé 33 locations.</p><h3>Moscou veut accentuer la pression</h3><p>Dans un message publié sur Telegram, le ministère russe de la Défense a déclaré que son "attaque massive", menée à l'aide <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/trophylab-la-base-de-donnees-ukrainienne-qui-disseque-larsenal-militaire-russe-DT72CWHZABH63LX5XVFQ5YKRQQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/trophylab-la-base-de-donnees-ukrainienne-qui-disseque-larsenal-militaire-russe-DT72CWHZABH63LX5XVFQ5YKRQQ/">de missiles et de drones</a> de longue portée et de haute précision lancés depuis les airs, la terre et la mer, avait touché des installations militaires et énergétiques, ainsi que des aéroports à Kiev et dans d'autres localités. Le ministère a affirmé qu'il s'agissait de représailles après une série d'attaques ukrainiennes contre les infrastructures civiles russes, sans donner plus de précisions. La Russie a d'ailleurs abattu 327 drones au cours de la nuit, a-t-il ajouté.</p><p>Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a plus tard déclaré que le président russe Vladimir Poutine avait été tenu informé des attaques sur Kiev, ajoutant que Moscou continuerait d'accentuer la pression sur l'Ukraine pour atteindre ses objectifs. Lors d'un échange téléphonique avec des journalistes, il a en outre accusé l'Europe d'attiser les tensions.</p><p>La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne (UE), <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/cest-un-metier-de-folie-kaja-kallas-les-missions-impossibles-de-la-diplomatie-europeenne-BIZUZUOX75C6RGKHP2LULGPNS4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/cest-un-metier-de-folie-kaja-kallas-les-missions-impossibles-de-la-diplomatie-europeenne-BIZUZUOX75C6RGKHP2LULGPNS4/">Kaja Kallas</a>, a déclaré que seules une aide militaire durable à l'Ukraine et une pression accrue sur Moscou permettraient de mettre fin aux attaques russes. "Aujourd'hui, je proposerai de sanctionner davantage d'entités soutenant le complexe militaro-industriel russe en réponse aux attaques", a-t-elle écrit sur X. "Plus Moscou attaque des civils, plus des sanctions doivent être imposées."</p><p>La <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/entre-ukraine-et-pologne-la-querelle-qui-arrange-bien-vladimir-poutine-XBRP6WOMJFFH3MMH2IEIF4YNNQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/entre-ukraine-et-pologne-la-querelle-qui-arrange-bien-vladimir-poutine-XBRP6WOMJFFH3MMH2IEIF4YNNQ/">Pologne</a>, membre de l'UE et de l'Otan, a parallèlement déployé des avions de chasse pour faire face à une éventuelle intrusion dans son espace aérien, avant de lever l'alerte et d'indiquer qu'aucune violation n'avait été constatée. La Finlande, voisine de la Russie, également membre de l'UE et de l'Otan, a quant à elle temporairement décrété une zone d'aviation restreinte dans l'est du Golfe de Finlande, avant de lever l'alerte, ont dit les forces de défense finlandaises sur le réseau social X.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/R6PZPEBONRGI5CF7VE3KNHZLEA.jpg?auth=88997879cfec916c7441c40d3932f882bb4a02d78a6aa648c8ea3d5cb18e47ef&amp;smart=true&amp;width=4300&amp;height=3066" type="image/jpeg" height="3066" width="4300"><media:description type="plain"><![CDATA[Sur le site d'une frappe russe dans une zone résidentielle de Kiev, le 2 juillet 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">EPA/MAXPPP</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[La guerre en Iran provoque des tensions entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/la-guerre-en-iran-provoque-des-tensions-entre-les-etats-unis-et-larabie-saoudite-VQ3B7A5ZRBBBHFECV7DDQW7LR4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/la-guerre-en-iran-provoque-des-tensions-entre-les-etats-unis-et-larabie-saoudite-VQ3B7A5ZRBBBHFECV7DDQW7LR4/</guid><dc:creator><![CDATA[Julien Chabrout]]></dc:creator><description></description><pubDate>Thu, 02 Jul 2026 09:26:13 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Des tensions diplomatiques de moins en moins feutrées et de plus en plus visibles. Lors de sa visite dans le Golfe persique la semaine dernière, le secrétaire d'État Marco Rubio s'est rendu pour des réunions à Bahreïn, au Koweït et aux Émirats arabes unis, un rival historique de l’Arabie saoudite. Le responsable américain a en revanche fait l'impasse sur Riyad. Un affront calculé, selon des responsables saoudiens. Comme le rapportent <a href="https://www.nytimes.com/2026/07/01/us/politics/trump-saudi-crown-prince-iran.html" target="_blank" rel="" title="https://www.nytimes.com/2026/07/01/us/politics/trump-saudi-crown-prince-iran.html">le<i> New York Times</i></a><i> </i>ainsi que <a href="https://www.wsj.com/world/middle-east/saudi-arabia-us-relationship-iran-war-ca0f31a0" target="_blank" rel="" title="https://www.wsj.com/world/middle-east/saudi-arabia-us-relationship-iran-war-ca0f31a0">le <i>Wall Street Journal</i></a>, la guerre contre l'Iran a fait naître <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/guerre-au-moyen-orient-les-vraies-raisons-de-la-tension-entre-mbs-et-donald-trump-par-bernard-haykel-3PZCPOSGERB7XJDIECLJSA4HUY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/guerre-au-moyen-orient-les-vraies-raisons-de-la-tension-entre-mbs-et-donald-trump-par-bernard-haykel-3PZCPOSGERB7XJDIECLJSA4HUY/">des dissensions entre Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane</a>, dit "MBS".</p><p>Depuis <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/">l'attaque</a> menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, l'Arabie saoudite s'efforce de maintenir une position neutre afin de préserver ses intérêts. Riyad a apporté un soutien militaire et diplomatique à Washington et a été attaqué par l'Iran. Mais le royaume saoudien s'est également opposé à Donald Trump à des moments critiques, faisant preuve de fermeté envers les Américains. Un événement a particulièrement envenimé les relations entre les deux pays : <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-comment-le-projet-liberte-de-donald-trump-a-mis-le-feu-aux-poudres-NVYECKD2QVA73IQRLXBQS6VG6Y/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-comment-le-projet-liberte-de-donald-trump-a-mis-le-feu-aux-poudres-NVYECKD2QVA73IQRLXBQS6VG6Y/">le "Project Freedom"</a> ("Projet Liberté"), une opération américaine visant à rouvrir le détroit d'Ormuz afin de garantir le passage en toute sécurité des navires.</p><p>Début mai, plus de 100 avions militaires américains décollent de bases et de navires de guerre à travers le Moyen-Orient dans le cadre de cette tentative d'ouverture de ce détroit très stratégique. Mais les Etats-Unis rencontrent un obstacle inattendu : l'Arabie saoudite, dont les bases et l'espace aérien sont essentiels à la mission, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/ryad-serre-la-vis-la-vraie-raison-derriere-labandon-du-projet-liberte-par-donald-trump-AFPYLAKO5RGJREOYXWNQPX2IHM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/ryad-serre-la-vis-la-vraie-raison-derriere-labandon-du-projet-liberte-par-donald-trump-AFPYLAKO5RGJREOYXWNQPX2IHM/">bloque leurs accès</a>. Il faut dire que Washington n'a pas consulté les Saoudiens avant de lancer son opération. Selon des responsables américains au fait du dossier interrogés par le<i> WSJ</i>, cette résistance contraint les Etats-Unis à <a href="https://www.lexpress.fr/monde/detroit-dormuz-le-projet-liberte-deja-suspendu-un-nouveau-retropedalage-de-donald-trump-4MBTVBKXZ5H7HEYK3MUQ37AFII/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/detroit-dormuz-le-projet-liberte-deja-suspendu-un-nouveau-retropedalage-de-donald-trump-4MBTVBKXZ5H7HEYK3MUQ37AFII/">abandonner leur projet</a>, mettant ainsi fin à l'opération militaire lancée quelques heures plus tôt par Donald Trump.</p><p>Furieuse, la Maison-Blanche a menacé de bloquer la livraison des intercepteurs dont l'Arabie saoudite a besoin pour abattre les missiles et drones iraniens si le royaume ne revenait pas sur sa décision. L'Arabie saoudite a finalement cédé, mais les responsables américains ont déclaré à l'époque que les dégâts seraient irréparables. </p><h3>Le numéro d'équilibriste de Riyad</h3><p>Avant même le début du conflit, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/mbs-a-la-maison-blanche-les-attentes-irrealistes-de-donald-trump-L4KJ7QBGJ5B37IZ3UPLEK25EDE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/mbs-a-la-maison-blanche-les-attentes-irrealistes-de-donald-trump-L4KJ7QBGJ5B37IZ3UPLEK25EDE/">Mohammed ben Salmane</a> avait mené un exercice d'équilibriste tout au long de l'année. Le prince héritier a exposé les risques de guerre à Donald Trump. L'Arabie saoudite et d'autres Etats du Golfe ont déclaré publiquement qu'ils n'autoriseraient pas l'utilisation de leurs bases ou de leur espace aérien pour attaquer l'Iran. L'Arabie saoudite avait ainsi fait pression sur l'administration américaine pendant des semaines, au début de l'année, pour trouver une solution diplomatique. En vain : les Etats-Unis ont malgré tout déclenché la guerre aux côtés d'Israël. L'Iran a riposté en lançant des attaques de missiles et de drones contre des centres urbains du Golfe, des infrastructures énergétiques et des aéroports, dans le but d'accroître le coût économique et politique du conflit.</p><p>Malgré leurs réticences initiales, le royaume et d'autres Etats du Golfe ont rapidement autorisé les Etats-Unis à utiliser leurs bases et leur espace aérien pour des frappes. Certains pays, dont l'Arabie saoudite, auraient même fini par jouer un rôle plus actif, lançant plusieurs frappes contre des cibles, notamment des sites de drones et de missiles iraniens, rapporte le<i> Wall Street Journal</i>. Le royaume n'a toutefois pas reconnu publiquement ces frappes.</p><p>L'Iran a encaissé les violents bombardements aériens et a ébranlé le Golfe en frappant des infrastructures énergétiques stratégiques, notamment le complexe pétrolier saoudien de Ras Tanura. Face aux craintes des autorités saoudiennes de nouvelles attaques iraniennes contre leurs exportations d'énergie, le prince héritier a changé de stratégie et a commencé à œuvrer pour une désescalade des tensions.</p><h3>Des appels tendus entre Donald Trump et MBS</h3><p>Le revirement de Riyad survenu début mai a déclenché une série d'appels téléphoniques tendus entre Donald Trump et MBS, révèlent les médias américains. Furieux, le locataire de la Maison-Blanche s'est entretenu avec le prince saoudien le 4 mai, premier jour de l'opération "Freedom", ainsi que les deux jours suivants, ont indiqué des responsables américains. <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-liran-veut-absolument-negocier-avec-jd-vance-P7BHWKH3INHYZMM2YRMQ5UCVKA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-liran-veut-absolument-negocier-avec-jd-vance-P7BHWKH3INHYZMM2YRMQ5UCVKA/">Le vice-président J.D Vance</a> s'est entretenu séparément avec le prince, tout comme Steve Witkoff, envoyé spécial pour le Moyen-Orient, et Jared Kushner, gendre de Donald Trump, détaille <i>le New York Times</i>. Marco Rubio, conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, a quant à lui parlé à son homologue. Mais Mohammed ben Salmane est resté inflexible, craignant que le plan américain ne ravive la guerre. </p><p>Les Etats-Unis envisagent désormais de réduire leur présence militaire dans le royaume, d'après les sources proches du dossier interrogées par le<i> WSJ</i>. Les Américains pourraient à l'avenir concentrer leurs forces dans des pays qui les ont davantage soutenus pendant la guerre, notamment Israël et la Jordanie. Aucune décision n'a toutefois encore été prise.</p><h3>Un partenariat encore solide</h3><p>Interrogée par les médias américains, la porte-parole de la Maison-Blanche, Anna Kelly, a toutefois assuré que Washington et Riyad entretenaient d'excellentes relations. "Le président Trump écoute attentivement différents points de vue sur chaque question et prend au sérieux l'avis de nos partenaires régionaux", a-t-elle affirmé. "En fin de compte, toutes ses décisions sont prises dans l'intérêt supérieur du peuple américain et de notre sécurité nationale."</p><p>En dépit de ces tensions diplomatiques, qui ne sont peut-être que passagères, certains aspects du partenariat américano-saoudien restent solides et ne sont à ce stade pas remis en cause. Les deux gouvernements discutent depuis des mois des modalités de lancement d'un programme nucléaire civil au sein du royaume, conformément à l'accord conclu l'an dernier, selon un responsable américain interrogé par <i>le New York Times</i>. L'administration Trump pourrait prochainement soumettre un plan au Congrès. Washington et Riyad discutent également de la mise en place de routes terrestres contournant le détroit d'Ormuz. Surtout, l'Arabie saoudite demeure de loin le principal acheteur d'armes américaines. La diplomatie de l'armement reste toujours efficace.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/VQE6DPXSRBBOZPDFFRYE6PWVZY.jpg?auth=d48a1fc604b4bd41c02c424dbbd49ba1feeacba741d952e157bbed2028480605&amp;smart=true&amp;width=3000&amp;height=2000" type="image/jpeg" height="2000" width="3000"><media:description type="plain"><![CDATA[La guerre contre l'Iran provoque des dissensions entre Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, ici le 18 novembre 2025, dans la salle Est de la Maison-Blanche.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">PHOTOSHOT/MAXPPP</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[KNDS : entre la France et l'Allemagne, un mariage blindé]]></title><link>https://www.lexpress.fr/secret-defense/entre-paris-et-berlin-un-mariage-blinde-QYTXNXETW5GTTPYNWXSVV4BXPI/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/secret-defense/entre-paris-et-berlin-un-mariage-blinde-QYTXNXETW5GTTPYNWXSVV4BXPI/</guid><dc:creator><![CDATA[Eric Chol]]></dc:creator><description><![CDATA[edito eric ]]></description><pubDate>Thu, 02 Jul 2026 08:20:08 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Attention : Paris, Berlin, relation difficile. Un couple au bord du divorce, murmure-t- on. A ce point-là ? Le 8 juin dernier a été rendu public un nouveau coup de canif dans la relation franco-allemande, <a href="https://www.lexpress.fr/secret-defense/berlin-enterre-le-scaf-et-maintenant-quel-avion-pour-succeder-au-rafale-C25TINGBPZEZREUCIKJDHAG2OM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/secret-defense/berlin-enterre-le-scaf-et-maintenant-quel-avion-pour-succeder-au-rafale-C25TINGBPZEZREUCIKJDHAG2OM/">avec la fin officielle du Scaf</a>, le projet d’avion de combat européen, destiné à remplacer à l’horizon 2040 le Rafale français et l’Eurofighter. Trop de frictions et trop de méfiance auront fini par miner le programme lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel. Le projet Eurodrone est lui aussi devenu un objet de disputes récurrentes entre Airbus et Dassault : on le dit également proche de la mort clinique. Faut-il donc déjà enterrer l’Europe de la défense ? </p><p>Impossible, quand les Etats-Unis amorcent leur retrait du continent et quand le chef de la diplomatie russe Sergeï Lavrov souffle sur les braises en affirmant voir dans l’Europe "la principale menace pour la sécurité mondiale". L’Allemagne réarme, la France réarme, tout comme le reste de l’Europe. Chacun a conscience que sans un minimum d’intégration, l’addition des efforts sera insuffisante pour affronter les nouveaux défis sécuritaires. C’est dans ce sens que Paris et Berlin viennent de publier les bans de leur nouvelle union capitalistique autour de KNDS, le fabricant franco-allemand de systèmes de défense terrestre créé en 2015 : KNDS (le fabricant du char Leopard et du canon Caesar) doit prochainement faire son entrée sur les deux places financières, une opération initialement prévue en juillet, mais finalement reportée dans l'attente de "conditions de marché plus favorables". Une cotation qui signe un acte politique. Car à la faveur de cette double introduction en Bourse, les deux Etats se retrouvent à parité : 40 % chacun dans KNDS et un engagement de dix ans : le couple s’est offert un contrat de mariage blindé.</p><p>"C’est un signal positif, qui montre qu’en dépit des récents déboires, une vision opérationnelle franco-allemande peut exister. La clé sera la mise en œuvre, et d’avoir de véritables programmes communs", analyse André Loesekrug‑ Pietri, président de la Joint European Disruptive Initiative, agence européenne d’innovation de rupture.</p><p>Ce rapprochement industriel annonce-t-il un réchauffement politique ? Depuis l’arrivée de Merz à la chancellerie, les relations avec Macron semblent avoir retrouvé une certaine densité. Ils partagent une lucidité identique face aux défis : le réarmement de l’Europe, la menace russe persistante, un allié américain dont la fiabilité fluctue au gré des humeurs de Trump. Pour autant, les nuages continuent de s’amonceler dans le ciel franco-allemand.</p><p>Entre un pays à court d’argent et un autre incapable de décider rapidement, l’incompréhension grandit, sur fond de paralysie politique et de montée du nationalisme. KNDS ne résoudra pas, à lui seul, leurs divergences. Mais l’opération, si elle parvient à échapper à une gouvernance écartelée entre les deux pays, révèle quelque chose d’essentiel : quand le pragmatisme l’emporte sur les postures nationales, le moteur franco- allemand peut encore tourner. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/VFZ4GEI7UFAJ5IQYOQXV4KEG2E.JPG?auth=767352cc447e9a1f09e376a8436feb04c47fa356fc1e681486fda2623698baab&amp;smart=true&amp;width=5889&amp;height=3926" type="image/jpeg" height="3926" width="5889"><media:description type="plain"><![CDATA[La France et l’Allemagne ont annoncé un accord sur la stratégie et la gouvernance "paritaire" de KNDS.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA["Nous ne sommes pas hermétiques aux tensions de la société" : le Parlement européen déchiré par ses extrêmes]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-ne-sommes-pas-hermetiques-aux-tensions-de-la-societe-le-parlement-europeen-dechire-par-ses-AM2OYB4PZFBBVGBED5MCV7CRWY/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-ne-sommes-pas-hermetiques-aux-tensions-de-la-societe-le-parlement-europeen-dechire-par-ses-AM2OYB4PZFBBVGBED5MCV7CRWY/</guid><dc:creator><![CDATA[Corentin Pennarguear]]></dc:creator><description></description><pubDate>Thu, 02 Jul 2026 05:30:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Le 17 juin dernier, l'Europe a renoué avec les guerres des tranchées. Ce n'était pas Verdun bien sûr, ni même la Somme, mais le Parlement européen avait rarement vu un affrontement aussi brutal depuis sa création en 1958. Sur les coups de 13h, un frisson parcourt l'hémicycle de Strasbourg : en quelques secondes, 418 députés européens approuvent <a href="https://www.lexpress.fr/france/immigration-la-sulfureuse-directive-retour-qui-divise-le-parlement-europeen-VH74ZIXJQBEPBMCMDQ6AEHW5XE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/france/immigration-la-sulfureuse-directive-retour-qui-divise-le-parlement-europeen-VH74ZIXJQBEPBMCMDQ6AEHW5XE/">le "règlement retour",</a> un texte qui permet aux pays membres d'ouvrir des "centres de retour" à l'extérieur de notre continent pour y envoyer les migrants expulsables de leur territoire. Droite, extrême-droite et une partie du centre s'allient pour voter en faveur de cette petite révolution dans la politique migratoire de l'Union européenne.</p><p>Certains eurodéputés, comme Jordan Bardella (coprésident du groupe "Les Patriotes"), frappent avec les mains sur leurs pupitres. Puis, dans un élan d'euphorie, les groupes nationalistes, souverainistes et une partie du PPE (Parti populaire européen, droite traditionnelle) se lèvent pour applaudir. <a href="https://www.lexpress.fr/france/union-des-droites-enquete-sur-le-vrai-visage-de-francois-xavier-bellamy-QLH5KVDQAZCRTKY45DN7HCTDGA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/france/union-des-droites-enquete-sur-le-vrai-visage-de-francois-xavier-bellamy-QLH5KVDQAZCRTKY45DN7HCTDGA/">François-Xavier Bellamy,</a> le rapporteur du texte (LR), tombe dans les bras <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/manfred-weber-rencontre-avec-lallemand-le-plus-puissant-de-bruxelles-3DAAUBY5GVCT7BNY3WVQK56HL4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/manfred-weber-rencontre-avec-lallemand-le-plus-puissant-de-bruxelles-3DAAUBY5GVCT7BNY3WVQK56HL4/">de Manfred Weber,</a> le tout-puissant patron allemand du PPE. Au premier rang, Manon Aubry (LFI), qui copréside le groupe "La Gauche", se met debout, poing levé. Face à elle, des dizaines de députés européens, les plus à droite de l'hémicycle, entonnent un refrain : "Send them back !", "Renvoyez-les !" Les bancs de la gauche s'insurgent, des huées s'élèvent : "Shame on you !", "Honte à vous !" </p><p>Après cette séquence, 68 ONG internationales se sont émues, <a href="https://www.omct.org/en/resources/statements/letter-to-president-metsola-regarding-hate-speech-in-the-ep" target="_self" rel="" title="https://www.omct.org/en/resources/statements/letter-to-president-metsola-regarding-hate-speech-in-the-ep">dans une lettre ouverte,</a> des "propos haineux" tenus dans le Parlement de Strasbourg : "Nous sommes très inquiets car il ne s'agit pas d'un acte isolé. Depuis le début de ce mandat [NDLR : en 2024], nous constatons une multiplication des paroles de haine et des propos misogynes, sexistes, anti-LGBT, racistes et antisémites..."</p><h2>Un débat parfois "violent"</h2><p>En coulisses, les habitués du Parlement s'accordent sur un diagnostic : le côté purement technique et policé de l'institution appartient au passé. Et ce face-à-face du 17 juin en est le symbole. "C'était un moment important, qui montre que le cœur de la vie européenne bat à Strasbourg, raconte Younous Omarjee (La Gauche), vice-président du Parlement et doyen des eurodéputés français. La tension de cette séance illustre la polarisation de plus en plus marquée du débat politique européen, qui nous rattrape ici alors que nous en étions un peu à l'abri jusqu'à présent. Le débat est de plus en plus animé et peut même devenir assez violent." </p><p>L'atmosphère au sein du paisible Parlement européen, lieu de consensus par excellence qui rassemble 719 eurodéputés, a changé ces derniers mois. La raison principale, selon de nombreuses sources : l'arrivée, après les élections de 2024, d'un immense contingent d'élus nationalistes et souverainistes, dont le poids politique ne peut plus être ignoré. "C'est simple : quand nous sommes quatre dans un ascenseur, il y a statistiquement au moins une personne d'extrême droite à l'intérieur", constate un assistant parlementaire.</p><p>Les tensions se sont accentuées ces derniers mois, depuis que les conservateurs du PPE ont décidé de voter certains textes en s'appuyant sur les voix des groupes d'extrême droite, notamment sur les règlements Omnibus censés simplifier les règles européennes et sur les sujets liés à l'immigration. "Un parlement est à l'image des sociétés qui le composent, reprend Younous Omarjee. Nous ne sommes évidemment pas hermétiques aux tensions qui traversent l'ensemble des pays de l'Union."</p><p>En mai, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, tempérait ce nouvel état d'esprit dans son hémicycle <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/roberta-metsola-presidente-du-parlement-europeen-leurope-na-dautre-choix-que-de-reussir-72PDCZI4NFDUBJ6LXBMGYAFRRA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/roberta-metsola-presidente-du-parlement-europeen-leurope-na-dautre-choix-que-de-reussir-72PDCZI4NFDUBJ6LXBMGYAFRRA/">auprès de L'Express.</a> "Je ne partage pas l’expression de 'radicalisation' du Parlement européen, affirmait l'élue maltaise, qui a pris la présidence en tant que membre du PPE. Les majorités ont évolué, mais le centre pro-européen reste solidement ancré. Les citoyens nous demandent que l’Europe agisse et soit forte – qu’elle les protège et leur permette d’entreprendre et d’innover, et qu’elle cesse de légiférer là où ce n’est pas utile. C’est précisément ce à quoi nous nous attelons dans cette législature."</p><h2>Pour la droite, une manière de "sortir de l'impuissance" européenne</h2><p>La tension est, aussi, à la hauteur des nouveaux enjeux. Les alliances inédites entre droite et extrême droite permettent de faire avancer des dossiers que l'on pensait perdus, faute d'accord entre les partis politiques traditionnels. La fameuse directive retour en est l'exemple le plus frappant. "Pour nous, il ne s'agit pas du tout d'un enjeu politicien mais de sortir de l'impuissance [NDLR : sur l'immigration illégale] qui a alimenté toutes les défiances envers l'Union européenne, assure François-Xavier Bellamy, rapporteur du texte sur la directive retour. Cette législation a huit ans de blocage derrière elle, donc le PPE avait deux options. Soit abandonner parce que les Sociaux-Démocrates ne la votent pas, on repart alors pour trois ans de blocage et on sait très bien qui en tirera les bénéfices électoraux si l'Europe est incapable d'agir sur le sujet. Soit prendre nos responsabilités, de manière très transparente, en posant notre document sur la table et en demandant à tous les groupes politiques de le soutenir, et en effet tous les groupes à droite du PPE l'ont soutenu." </p><p>A gauche, évidemment, la lecture de ces alliances de circonstance est à l'opposée. "Au sein du PPE, certains, comme les Allemands, se disent qu'en courant après l'extrême droite ils pourront récupérer ses voix, juge l'eurodéputé français David Cormand (Les Verts). Puis il y a une autre partie de la droite du PPE, comme la droite française, qui se trouve à l'étape d'après et construit des convergences politiques avec l'extrême droite pour faire une union des droites. La question migratoire est le creuset sur lequel cette convergence politique se cristallise." </p><p>Dans ce contexte tendu, la droite n'a pas le monopole de la radicalisation. "L’extrême gauche voit dans la droitisation du parlement un argument pour être encore plus vocale et accentuer sa corde populiste, souligne la chercheuse Isabelle Marchais <a href="https://institutdelors.eu/publications/un-an-apres-les-elections-un-parlement-europeen-profondement-instable/" target="_blank" rel="" title="https://institutdelors.eu/publications/un-an-apres-les-elections-un-parlement-europeen-profondement-instable/">dans un rapport pour l'Institut Jacques Delors</a>. Le groupe Left (46 députés) est composé de 20 délégations, dont les Français de LFI, les Allemands de Die Linke, les Italiens du Mouvement 5 étoiles, les Espagnols de Podemos et les Grecs de Syriza. Ses lignes directrices sont claires : défense des travailleurs, de l’environnement, du féminisme, de la paix et des droits humains. Mais sa présidente Manon Aubry (LFI) utilise régulièrement les réseaux sociaux et l’hémicycle pour multiplier gestes et propos provocateurs."</p><p>Cette polarisation, qui rend chaque camp de plus en plus imperméable au compromis, inquiète les élus pro-européens. Illustration le mois dernier, quand la vice-présidente du Parlement, Pina Picierno, a quitté les rangs de la gauche pour rejoindre les centristes de Renew en raison d'une "tendance populiste croissante" au sein de son groupe d'origine. Dans un entretien <a href="https://www.euractiv.com/news/why-pina-picierno-abandoned-the-socialists/" target="_blank" rel="" title="https://www.euractiv.com/news/why-pina-picierno-abandoned-the-socialists/">donné au média Euractiv,</a> la cofondatrice du Parti démocrate italien dénonce la montée du "bi-populisme" à Strasbourg et Bruxelles, un système dans lequel les populistes des deux camps se rejoindraient sur leur vision de l'Europe, de la politique étrangère et de la sécurité internationale. L'eurodéputée, au Parlement depuis 2014, appelle à former un nouveau "front réformiste", alliance des libéraux, des modérés et des pro-européens. Afin de peser, enfin, dans cette nouvelle bataille des tranchées.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/G7KK253RH5CBXLURCCZVGRYNAM.jpg?auth=0769c629940565132449b2206694a1f193dfe9d4dab49f4066a89d7bf421fe50&amp;smart=true&amp;width=5250&amp;height=3500" type="image/jpeg" height="3500" width="5250"><media:description type="plain"><![CDATA[Dans l'hémicycle du Parlement européen, le 17 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">Union européenne – 2026</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Le gouvernement italien cherche-t-il à "cacher la vérité" sur les centres pour migrants en Albanie ?  ]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-gouvernement-italien-cherche-t-il-a-cacher-la-verite-sur-les-centres-pour-migrants-en-albanie-EQ3ZOGLF4ZBRDPVIFVPY4J3YEE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-gouvernement-italien-cherche-t-il-a-cacher-la-verite-sur-les-centres-pour-migrants-en-albanie-EQ3ZOGLF4ZBRDPVIFVPY4J3YEE/</guid><dc:creator><![CDATA[Julien Chabrout]]></dc:creator><description></description><pubDate>Wed, 01 Jul 2026 15:09:30 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>C'était le 16 octobre 2024. Ce jour-là, en vertu d'<a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/migrants-les-principales-mesures-de-laccord-controverse-entre-lalbanie-et-litalie-OYA5DDCZUNDD3OW7WQENG7CCAI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/migrants-les-principales-mesures-de-laccord-controverse-entre-lalbanie-et-litalie-OYA5DDCZUNDD3OW7WQENG7CCAI/">un accord controversé conclu entre l'Albanie et l'Italie</a>, deux centres de rétention, gérés par Rome, ouvrent dans le port de Shengjin et dans le village de Gjadër, dans le nord de l'Albanie. Devant des caméras, un premier navire de la marine italienne arrive avec à son bord 16 hommes originaires d'Egypte et du Bangladesh, arrêtés en mer alors qu'ils tentaient de rejoindre l'Union européenne.</p><p>Plus d'un an et demi après l’entrée en vigueur de cet accord, le bilan de ces centres de rétention ne semble pas reluisant, selon des élus. Les conditions de détention sont particulièrement pointées du doigt. Cristina Guarda, députée européenne italienne, se demande si le gouvernement italien tente de "dissimuler la vérité" sur ces conditions dans le centre de Gjadër, principalement utilisé pour la rétention administrative avant expulsion. L'eurodéputée membre de l'Alliance des Verts et de la Gauche (AVS) italienne, qui faisait partie d'une délégation européenne venue sur place, s'est vue refuser l'accès aux cellules. "On ne sait pas s'ils veulent cacher la vérité sur les conditions de vie à l'intérieur du centre de détention", s’est interrogée Cristina Guarda <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/jun/30/italy-mep-government-truth-migrant-detention-centre-albania" target="_blank" rel="" title="https://www.theguardian.com/world/2026/jun/30/italy-mep-government-truth-migrant-detention-centre-albania">auprès de <i>The Guardian</i></a><i>.</i> L'élue a également décrit une chaleur "suffocante" dans l'établissement, où six personnes auraient tenté de se suicider depuis la mi-mai.</p><h2>Un quotidien marqué par "l'incertitude et l'aliénation"</h2><p>Selon Cristina Guarda, le personnel de ce centre de détention a refusé de fournir aux eurodéputées des informations clés, comme le nombre de personnes détenues dans le centre. De même, les responsables politiques n'ont pas été autorisés à accéder aux cellules. Les témoignages recueillis auprès des personnes que la délégation a pu interroger décrivent un quotidien marqué par "l'incertitude et l'aliénation", constate-t-elle.</p><p>"Les personnes avec lesquelles nous avons pu nous entretenir rencontrent manifestement des difficultés pour demander l'asile, et beaucoup ne voient aucune issue à un système défaillant", a déploré une autre députée européenne membre de la délégation, Tineke Strik. L'eurodéputée néerlandaise a également été marquée par sa visite "très décevante et honteuse", selon elle. "Le personnel nous a vraiment mis des bâtons dans les roues. Nous n'avons obtenu aucune donnée, ils n'ont répondu à aucune de nos questions et nous n'avons pas été autorisés à entrer dans les cellules pour constater la situation sur place", a fustigé l’élue Verts/ALE dans un communiqué. </p><p>Les critiques sur le manque de transparence ne se limitent pas <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/hubs-de-retour-ce-nouveau-tour-de-vis-de-lunion-europeenne-sur-limmigration-IKX3HQHUMRF6BMVI77VG34RZPY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/hubs-de-retour-ce-nouveau-tour-de-vis-de-lunion-europeenne-sur-limmigration-IKX3HQHUMRF6BMVI77VG34RZPY/">au Parlement européen</a>. Le Comité international de secours (IRC) a également exprimé de vives inquiétudes quant aux conditions de détention des migrants à Gjadër après une visite effectuée début juin, <a href="https://it.euronews.com/my-europe/2026/06/29/centri-migranti-in-albania-eurodeputati-accusano-accesso-negato-e-nessuna-trasparenza" target="_blank" rel="" title="https://it.euronews.com/my-europe/2026/06/29/centri-migranti-in-albania-eurodeputati-accusano-accesso-negato-e-nessuna-trasparenza">relève Euronews</a>. Selon cette organisation humanitaire, de nombreux détenus souffrent de troubles mentaux insuffisamment pris en charge et vivent dans un isolement extrême. A leur arrivée, les migrants se voient également confisquer leurs téléphones portables, ce qui limite considérablement leurs contacts avec leurs familles et leurs avocats.</p><h2>Des centres qui relèvent de la juridiction italienne</h2><p>L'accord entre Rome et Tirana, signé en novembre 2023 et ratifié en 2024, stipule que l'Italie conserve l'entière responsabilité des procédures d'asile et de la gestion des migrants transférés <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/albanie-les-projets-immobiliers-de-la-famille-trump-enflamment-le-pays-VO5TY4ENSBHDFD23LT6RZRD62I/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/albanie-les-projets-immobiliers-de-la-famille-trump-enflamment-le-pays-VO5TY4ENSBHDFD23LT6RZRD62I/">en Albanie</a>. Les centres d'accueil relèvent de la juridiction italienne, bien qu'ils soient situés sur le territoire albanais. Le protocole s'applique exclusivement aux hommes adultes interceptés en eaux internationales par la marine ou les garde-côtes italiens. </p><p>Le coût total de l'opération est estimé à environ 160 millions d'euros par an pendant cinq ans. Ce chiffre a alimenté le débat politique. Une étude menée par une université italienne a révélé que la construction de chaque place dans les centres albanais aurait coûté plus de 153 000 euros, contre environ 21 000 euros pour des installations similaires en Sicile, indique Euronews.</p><p>Le projet de centres d'accueil pour migrants porté par <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/clash-diplomatique-litalie-furieuse-apres-les-propos-polemiques-de-donald-trump-sur-giorgia-meloni-RDSD3OVJVZDA5OMKB5EWITAFOI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/clash-diplomatique-litalie-furieuse-apres-les-propos-polemiques-de-donald-trump-sur-giorgia-meloni-RDSD3OVJVZDA5OMKB5EWITAFOI/">la Première ministre Giorgia Meloni </a>s'est heurté à de nombreux obstacles depuis son lancement. Si le gouvernement italien évoquait jusqu'à 3000 migrants accueillis dans les camps, à la mi-2025, ces centres n'accueillent que quelques dizaines de personnes. Bien qu'il n'existe pas de chiffres officiels, le centre de Gjadër accueillerait ainsi entre 70 et 80 personnes, indique <i>The Guardian</i>. L'ensemble des centres de rétention en Albanie est conçu pour accueillir environ 1 000 personnes, l'accord initial prévoyant un maximum de 3 000 personnes simultanément.</p><h2>Des transferts suspendus par la justice italienne</h2><p>Parallèlement, la justice italienne a désavoué à plusieurs reprises l'application de cet accord. Plusieurs tribunaux italiens ont suspendu les transferts vers l'Albanie, arguant que certains pays d'origine - dont le Bangladesh et l'Egypte - ne peuvent être automatiquement considérés comme sûrs au regard du droit européen. La Cour de justice de l'Union européenne est intervenue en août 2025 avec un arrêt qui a redéfini les critères de classification des pays d'origine sûrs, remettant ainsi davantage en cause le modèle italien de traitement des demandes d'asile en mer, explique Euronews.</p><p>La visite des députés européens intervient à un moment crucial pour la politique migratoire européenne. Le Parlement européen a en effet approuvé <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/immigration-le-parlement-europeen-adopte-un-durcissement-sans-precedent-de-la-politique-de-lue-IW7ZBH34MFBJVHE3F5TZ54HFMA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/immigration-le-parlement-europeen-adopte-un-durcissement-sans-precedent-de-la-politique-de-lue-IW7ZBH34MFBJVHE3F5TZ54HFMA/">le nouveau règlement sur le retour</a>, une réforme qui ouvre officiellement la possibilité de créer des centres de rapatriement offshore en dehors de l'Union européenne.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/NRMFXIRALVD4RIPTKWJ7LE2ZXQ.JPG?auth=2c92c85486d7956aa3a493f20088d23482d4f90e8e7c155c31d93d8d422e8e9c&amp;smart=true&amp;width=3120&amp;height=2080" type="image/jpeg" height="2080" width="3120"><media:description type="plain"><![CDATA[La Première ministre italienne Giorgia Meloni a porté le projet de centre d'accueil pour migrants en Albanie.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS/Remo Casilli/File Photo</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Pedro Sanchez, chevalier blanc embourbé dans les scandales]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/pedro-sanchez-chevalier-blanc-embourbe-dans-les-scandales-ESHT5WEW3RHSFDCNKZ6UWWSG2Q/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/pedro-sanchez-chevalier-blanc-embourbe-dans-les-scandales-ESHT5WEW3RHSFDCNKZ6UWWSG2Q/</guid><dc:creator><![CDATA[Luc de Barochez]]></dc:creator><description></description><pubDate>Wed, 01 Jul 2026 14:30:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Le 10 juin, Pedro Sanchez a assisté à la messe. C’était la première fois, en huit ans de présidence du gouvernement espagnol. Si cet anticlérical militant s’est aventuré dans la Sagrada Familia à Barcelone, à l’occasion de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/pourquoi-la-visite-du-pape-en-espagne-pourrait-offrir-un-repit-a-pedro-sanchez-65TCUDKFTBF4XCTXRTKGOSYCOQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/pourquoi-la-visite-du-pape-en-espagne-pourrait-offrir-un-repit-a-pedro-sanchez-65TCUDKFTBF4XCTXRTKGOSYCOQ/">l’inauguration par le pape Léon XIV</a> de la plus haute tour de la basilique d’Antoni Gaudi, ce n’est pas qu’il s’est découvert, à 54 ans, une soudaine attirance pour la religion. Plus prosaïquement, sa démarche visait à sauver le peu qu’il lui reste de popularité, dans un pays encore marqué par le catholicisme. Car il est <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/epouse-allies-anciens-dirigeants-la-justice-espagnole-rattrape-le-camp-sanchez-77RLDXDR7FBQFPZMWM3YLA7OVQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/epouse-allies-anciens-dirigeants-la-justice-espagnole-rattrape-le-camp-sanchez-77RLDXDR7FBQFPZMWM3YLA7OVQ/">embourbé jusqu’au cou dans des affaires de corruption</a>. La spirale du scandale compromet son ambition de conquérir un troisième mandat lors des élections générales, qui doivent se tenir l’an prochain au plus tard.</p><p>C’est pourtant ce même Pedro Sanchez qui est admiré comme un modèle à suivre par toute la social-démocratie européenne. Celle-ci sait gré au chef du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) d’avoir tourné la page de l’austérité qui a suivi la crise financière, d’avoir impulsé une politique sociale généreuse, d’avoir mené une diplomatie combative et, sur le plan tactique, d’avoir bloqué l’essor de la gauche radicale. Tout cela, en évitant de remettre en question le relèvement par son prédécesseur conservateur de l’âge de la retraite à 67 ans et en maîtrisant les finances publiques. Seul socialiste à diriger encore un grand pays de l’Union européenne, Sanchez incarne une gauche pragmatique, sociale et pacifiste, en perte de vitesse dans le reste du continent.</p><p>Dans la tête de beaucoup d’Espagnols, cependant, le soupçon d’hypocrisie s’impose. Et cela, d’autant plus fortement que le président du gouvernement ne perd jamais une occasion de s’ériger en parangon de vertu. Tout lui permet d’afficher sa prétendue pureté morale, que ce soit le combat contre l’extrême droite - il dit être le seul à pouvoir faire rempart aux populistes du parti Vox -, l’accueil des immigrés, même illégaux - il est en train <a href="https://www.lexpress.fr/argent/immobilier/immigration-en-espagne-cette-decision-a-rebours-des-autres-pays-europeens-3DFRVTEZCJFCPGIA7HKHFD4YEA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/argent/immobilier/immigration-en-espagne-cette-decision-a-rebours-des-autres-pays-europeens-3DFRVTEZCJFCPGIA7HKHFD4YEA/">d’en régulariser plusieurs centaines de milliers</a> -, le refus de la guerre - il se veut pacifiste et fier de l’être -, le soutien à la Palestine - il traite Israël "d’Etat génocidaire" - ou encore son opposition à Donald Trump - il a <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/iran-lespagne-refuse-que-ses-bases-aeriennes-aident-les-etats-unis-dans-leur-offensive-KDI4IIMGAJDGNKG7RWD527H5TE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/iran-lespagne-refuse-que-ses-bases-aeriennes-aident-les-etats-unis-dans-leur-offensive-KDI4IIMGAJDGNKG7RWD527H5TE/">interdit aux avions américains d’utiliser les bases de l’Otan</a> en Espagne pour bombarder l’Iran.</p><p>Son image de chevalier blanc l’accompagne depuis ses débuts en politique ; elle s’est accentuée lorsqu’il est arrivé au pouvoir, en 2018, à la faveur d’une affaire de malversation qui balaya le gouvernement conservateur. Et pourtant, ce scandale-là, qui est bien oublié aujourd’hui, n’était qu’une peccadille, comparé à ses ennuis du moment. Qu’on en juge. Son ex-bras droit à la tête du PSOE, l’ancien ministre José Luis Abalos, a été condamné le 21 juin à vingt-quatre ans de prison pour appartenance à une organisation criminelle, corruption, détournement de fonds publics et trafic d’influence. Un autre hiérarque socialiste, Koldo Garcia, a écopé de dix-neuf ans de prison. Des marchés publics, notamment des achats de masques pendant l’épidémie de Covid, étaient attribués par les accusés en échange de financements pour le Parti socialiste mais aussi pour eux-mêmes (vacances, prostituées, etc.).</p><p>Sanchez dément avoir eu connaissance des malversations de ses amis. Il a pourtant été nommément mis en cause pendant le procès par le principal témoin de l’accusation, l’homme d’affaires Victor de Aldama, qui l’a présenté comme le chef de file de la "bande organisée". Aldama, qui a été exempté de purger sa condamnation à quatre ans de prison en raison de sa collaboration avec les procureurs, a affirmé que le PSOE avait aussi touché de l’argent du régime dictatorial vénézuélien. Celle qui se chargeait des fonds, d’après lui, était Delcy Rodriguez, celle-là même qui s’est installée au pouvoir à Caracas en janvier, après que Donald Trump a envoyé les forces spéciales américaines kidnapper le président Nicolas Maduro. Côté espagnol, le témoignage du repenti met aussi en cause le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, chef du gouvernement de 2004 à 2011 et qui fut le mentor de Sanchez. Zapatero est désormais, lui aussi, poursuivi pour trafic d’influence et blanchiment de capitaux.</p><p>Le scandale éclabousse même la famille de Sanchez. Son épouse, Begona Gomez, affichait un large sourire à son bras lorsqu’il a fait son entrée dans la Sagrada Familia. Elle est pourtant devenue un boulet pour lui. Quelques jours après la visite du pape, un juge d’instruction a décidé de la renvoyer devant un jury populaire. Elle est soupçonnée d’avoir utilisé sa capacité d’épouse du Premier ministre pour obtenir des avantages professionnels dans sa carrière à l’université Complutense de Madrid. Elle aurait aussi exploité sa proximité avec Sanchez pour orienter des marchés publics vers les entreprises appartenant à un homme d’affaires de ses amis. Le juge l’a d’ores et déjà placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter l’Espagne ; son passeport lui a été retiré. Elle clame son innocence et dénonce une machination politique. Le frère du chef du gouvernement, David Sanchez, est lui aussi tombé dans les filets de la justice. Il aurait occupé un emploi fictif dans une administration provinciale dirigée par les socialistes.</p><p>Même si Pedro Sanchez lui-même n’est pas inquiété, à ce stade, par la justice, l’avalanche d’accusations a un impact politique dans l’opinion. Depuis décembre, les socialistes ont perdu quatre élections provinciales, notamment en Andalousie où ils ont enregistré leur pire résultat depuis la fin du franquisme il y a un demi-siècle. A Madrid, le gouvernement n’a déjà plus de majorité aux <i>Cortes</i>, le Parlement, après que les partis catalans lui ont retiré leur soutien. Les prochaines élections générales risquent d’être désastreuses pour le PSOE : la moyenne des derniers sondages place le Parti populaire de 4 à 5 points devant lui. Si ce dernier s’alliait avec les populistes de Vox, comme c’est déjà le cas dans plusieurs provinces, la droite frôlerait la majorité absolue.</p><p>Et pourtant, la position de Sanchez reste forte. En Espagne, le Parlement ne peut pas aisément renverser le gouvernement. Une motion de censure requiert la présentation d’un candidat au poste de président du gouvernement qui soit soutenu par une majorité de députés ; or, les indépendantistes catalans et basques, qui sont en position de faiseurs de rois, ne veulent à aucun prix préparer le terrain à un cabinet qui inclurait des représentants de Vox, un parti ultra-centralisateur. Même minoritaire, même incapable depuis trois ans maintenant de faire voter un budget par le Parlement - l’Espagne vit toujours avec la loi de finances de 2023, qui est reconduite telle quelle chaque année - Sanchez reste le maître des horloges. C’est lui qui décidera d’anticiper ou non les prochaines élections. Et son contrôle sur le Parti socialiste est intact.</p><p>Le chef du gouvernement peut en outre s’appuyer sur <a href="https://www.lexpress.fr/economie/les-recettes-de-la-reussite-economique-de-lespagne-la-mentalite-est-plus-conquerante-quen-france-VIPCD4AXQZHHJBFNIQ2JTIQQ7I/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/les-recettes-de-la-reussite-economique-de-lespagne-la-mentalite-est-plus-conquerante-quen-france-VIPCD4AXQZHHJBFNIQ2JTIQQ7I/">le dynamisme de l’économie espagnole</a>. Sa croissance a été deux fois plus rapide que la moyenne de la zone euro en 2025 et la tendance se poursuit cette année. Les créations d’emplois, pour l’essentiel dans le secteur privé, atteignent un niveau record. Le chômage est revenu sous la barre des 10 % pour la première fois depuis la veille de la grande crise financière. La vigueur de l’économie est notamment portée par les réformes du marché du travail entreprises par son prédécesseur, le conservateur Mariano Rajoy, ainsi que par l’afflux de migrants venus ces dernières années, en majorité, d’Amérique latine. L’aide du plan de relance post-Covid de l’Union européenne n’y est pas non plus étrangère : l’Espagne en est la deuxième bénéficiaire, après l’Italie, avec un total prévu de 163 milliards d’euros. Cette manne a permis à Sanchez de relever le salaire minimum et de distribuer de nouvelles aides aux chômeurs et aux jeunes.</p><p>Sanchez et ses partisans attribuent la multiplication vertigineuse des affaires de corruption à une vaste manipulation judiciaire et médiatique orchestrée par la droite. Cette présentation colle de manière commode pour le président du gouvernement à sa posture de fer de lance du combat antifasciste. L’opposition, elle, dénonce l’appétit de pouvoir immodéré d’un dirigeant qui avait promis de nettoyer les écuries d’Augias de la politique et qui se retrouve avec des proches en prison et son parti dans le viseur des enquêteurs anticorruption. La scène de la campagne électorale est dressée et elle n'est pas favorable à Pedro Sanchez qui, pour l’emporter, aura bien besoin d’une intervention divine.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/7DIFFYAGOJH4XCVLEUQYR4BXSA.JPG?auth=f68a900d53013230d77ea5e181a18d03bf2d9b2b98cc95a0602531f7bd72a58e&amp;smart=true&amp;width=5500&amp;height=3667" type="image/jpeg" height="3667" width="5500"><media:description type="plain"><![CDATA[Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, s'adresse au Parlement pour répondre aux accusations de corruption visant son parti, à Madrid, en Espagne, le 24 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Ces désaccords internes en Iran qui menacent les négociations avec les Etats-Unis ]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/ces-desaccords-internes-en-iran-qui-menacent-les-negociations-avec-les-etats-unis-RC3XUACOPBCINA73J72KZBOAJ4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/ces-desaccords-internes-en-iran-qui-menacent-les-negociations-avec-les-etats-unis-RC3XUACOPBCINA73J72KZBOAJ4/</guid><dc:creator><![CDATA[Julien Chabrout]]></dc:creator><description></description><pubDate>Wed, 01 Jul 2026 12:11:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>La perspective d'une paix durable entre les Etats-Unis et l'Iran semble s’assombrir. Des pourparlers entre Téhéran et Washington sont en cours depuis mardi soir à Doha, au Qatar. Mais <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/negociations-entre-liran-et-les-etats-unis-lechec-annonce-de-donald-trump-QQIPAWNL4NAVHACN2TFCIFJEV4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/negociations-entre-liran-et-les-etats-unis-lechec-annonce-de-donald-trump-QQIPAWNL4NAVHACN2TFCIFJEV4/">ces discussions</a> sont indirectes, avec pour intermédiaires le Qatar et le Pakistan. Steve Witkoff et Jared Kushner, émissaires du président américain Donald Trump, ont rencontré mardi le Premier ministre du Qatar pour poser les bases de ces discussions techniques. </p><p>Mardi, l'Iran a indiqué qu'il ne rencontrerait pas ces hauts envoyés américains qui se sont rendus dans la région à la suite de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-au-moyen-orient-liran-et-les-etats-unis-conviennent-de-suspendre-leurs-attaques-BJO5TG4KZFF7NLQJES4GTJWZB4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-au-moyen-orient-liran-et-les-etats-unis-conviennent-de-suspendre-leurs-attaques-BJO5TG4KZFF7NLQJES4GTJWZB4/">la reprise des hostilités</a>. "Aucune réunion, à quelque niveau que ce soit, avec la partie américaine n'est prévue dans les prochains jours", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei. Selon ce dernier, une délégation iranienne rejoindra le Qatar dans le courant de la semaine pour ces pourparlers indirects qui portent principalement sur l'accès aux avoirs iraniens gelés, notamment les 6 milliards de dollars détenus à Doha sous la supervision du Qatar.</p><h2>Une lutte de pouvoir</h2><p>Si ces discussions tournent au ralenti et <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/le-cessez-le-feu-entre-les-etats-unis-et-liran-fragilise-par-une-reprise-des-frappes-et-des-menaces-WAXZXSJNHZGCVKLZRK3YUOA4QE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/le-cessez-le-feu-entre-les-etats-unis-et-liran-fragilise-par-une-reprise-des-frappes-et-des-menaces-WAXZXSJNHZGCVKLZRK3YUOA4QE/">semblent fragiles</a>, c'est en grande partie en raison des divisions entre les différents acteurs du pouvoir iranien et de la lutte de pouvoir entre eux, <a href="https://www.wsj.com/world/middle-east/irans-diverging-priorities-are-jeopardizing-u-s-peace-talks-a1aca6ad" target="_blank" rel="" title="https://www.wsj.com/world/middle-east/irans-diverging-priorities-are-jeopardizing-u-s-peace-talks-a1aca6ad">rapporte <i>The Wall Street Journal (WSJ)</i></a>. Selon le quotidien américain, qui a interrogé des responsables proches des négociations, les modérés souhaitent ardemment débloquer les milliards de dollars d'avoirs gelés détenus au Qatar, tandis que les partisans de la ligne dure se concentrent sur un sujet encore plus important à leurs yeux : le contrôle du détroit d'Ormuz.</p><p>Dans le détail, les dirigeants civils, menés par <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/presidentielle-en-iran-le-reformiste-pezeshkian-partisan-dune-detente-avec-washington-RXANY7F74ZHPZBLAAYTACM3DXA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/presidentielle-en-iran-le-reformiste-pezeshkian-partisan-dune-detente-avec-washington-RXANY7F74ZHPZBLAAYTACM3DXA/">le président Massoud Pezeshkian</a>, cherchent à débloquer les fonds gelés afin d'apporter un certain soulagement à la population qui lutte contre les répercussions économiques de la guerre, dont l'inflation galopante. Mais tous n'ont pas cette priorité en tête. Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) souhaite ainsi quant à lui conserver à tout prix le contrôle total du très stratégique <a href="https://www.lexpress.fr/monde/asie/detroit-dormuz-pourquoi-la-chine-sort-gagnante-de-la-crise-economique-SEQJIZ6SOZBSRPPZX4PN6TAFBI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/asie/detroit-dormuz-pourquoi-la-chine-sort-gagnante-de-la-crise-economique-SEQJIZ6SOZBSRPPZX4PN6TAFBI/">détroit d'Ormuz</a> dans l'optique d'instaurer un système de péage lucratif. Celui-ci permettrait d'enrichir ses forces armées et de dominer la sécurité de toute la région. Les Gardiens de la révolution, qui contrôlent la force navale patrouillant les eaux iraniennes, ont averti les médiateurs qu'ils fermeraient à nouveau le détroit d'Ormuz si, lors des pourparlers de Doha, ils n'obtenaient pas la garantie que l'Iran en aurait le contrôle exclusif, selon des sources proches des discussions interrogées par <i>le WSJ</i>. Un moyen de garder la mainmise sur les négociations alors que la libre circulation dans ces eaux est l'élément essentiel de l'accord de paix initial signé début juin.</p><p>Selon le<i> WSJ,</i> face à la position intransigeante de certains dirigeants iraniens, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-president-massoud-pezeshkian-critique-pour-ses-propos-trop-doux-sur-les-etats-unis-F7XX53YAUZHWLDDNHWKNP2U7VM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-president-massoud-pezeshkian-critique-pour-ses-propos-trop-doux-sur-les-etats-unis-F7XX53YAUZHWLDDNHWKNP2U7VM/">Massoud Pezeshkian</a> s'est empressé de courtiser les hauts dignitaires religieux de Qom, principal centre d'études religieuses du pays. Il a notamment vanté les mérites du déblocage des 6 milliards de dollars gelés au Qatar devant l'ayatollah Shubairi Zanjani, l'une des plus hautes autorités religieuses du pays. Le président iranien a également déclaré que l'accord de paix bénéficiait du soutien du Guide suprême Mojtaba Khamenei, ajoutant que des factions à l'intérieur et à l'extérieur du pays cherchaient à perturber le processus diplomatique.</p><h2>L'option diplomatique privilégiée par Trump</h2><p>Les divisions internes quant à la manière d'aborder ces pourparlers de paix laissent en tout cas penser que nombre des questions censées être réglées par <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-sest-fait-berner-laccord-avec-liran-vu-de-letranger-4FX7LJE2VJBYFAEJHGOCYWPH64/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-sest-fait-berner-laccord-avec-liran-vu-de-letranger-4FX7LJE2VJBYFAEJHGOCYWPH64/">l'accord de paix préliminaire</a> signé par l'Iran et les Etats-Unis le 17 juin sont toujours d'actualité. Les piliers clés de ce cadre initial exigent que l'Iran lève son emprise sur le détroit d'Ormuz en échange d'incitations financières, et prévoit 60 jours de négociations pour élaborer un accord de paix permanent. Dans ce contexte, tout accord sur des sujets potentiellement plus épineux, tels que le programme nucléaire iranien, reste encore lointain. </p><p>Pour autant, Donald Trump semble - au moins pour l'instant - privilégier les pourparlers diplomatiques, selon des responsables américains au fait des discussions interrogés <a href="https://www.wsj.com/world/middle-east/trump-briefed-on-all-out-war-options-in-iran-but-opts-to-stick-with-talks-98304b5b?mod=hp_lead_pos5" target="_blank" rel="" title="https://www.wsj.com/world/middle-east/trump-briefed-on-all-out-war-options-in-iran-but-opts-to-stick-with-talks-98304b5b?mod=hp_lead_pos5">par <i>le Wall Street Journal</i></a>. Le quotidien révèle que le président américain a envisagé un retour à une guerre totale contre l'Iran, s'entretenant à plusieurs reprises ces derniers jours avec le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, et le chef d'état-major des armées, le général Dan Caine, au sujet de nouvelles frappes. Sans donner suite à cette option… mais sans prendre non plus de décision définitive. Donald Trump a confié à ses conseillers qu'il estimait qu'une nouvelle série d'attaques massives pourrait faire dérailler la diplomatie et compromettre les chances de Washington de démanteler définitivement le programme nucléaire iranien. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/4VXCIZBC4JCGXLWVJLQ3KCG2MU.JPG?auth=f825cbb7bbdd6edde15146397eab2ec8b8a95c2db993f96a5deb6c3adb3da0a0&amp;smart=true&amp;width=5500&amp;height=3667" type="image/jpeg" height="3667" width="5500"><media:description type="plain"><![CDATA[Si les dirigeants modérés iraniens souhaitent ardemment débloquer les milliards de dollars d'avoirs gelés détenus au Qatar, les partisans de la ligne dure se concentrent sur le contrôle du détroit d'Ormuz.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">Majid Asgaripour/WANA via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Droit du sol : pourquoi la décision de la Cour suprême est un revers majeur pour Donald Trump ]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/droit-du-sol-pourquoi-la-decision-de-la-cour-supreme-est-un-revers-majeur-pour-donald-trump-JNC4BOHH75FDVNP55PTPB7GOVM/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/droit-du-sol-pourquoi-la-decision-de-la-cour-supreme-est-un-revers-majeur-pour-donald-trump-JNC4BOHH75FDVNP55PTPB7GOVM/</guid><dc:creator><![CDATA[Asia Dayan]]></dc:creator><description></description><pubDate>Wed, 01 Jul 2026 11:54:48 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques semaines, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump_1702460.html" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump_1702460.html">Donald Trump</a> s'était présenté devant <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/grace-a-la-cour-supreme-donald-trump-va-pouvoir-licencier-comme-il-lentend-BM33LZ42BBBXTJN6GSULYGLUCE/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/grace-a-la-cour-supreme-donald-trump-va-pouvoir-licencier-comme-il-lentend-BM33LZ42BBBXTJN6GSULYGLUCE/">la Cour suprême</a> pour <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-face-a-la-cour-supreme-le-pari-risque-du-president-americain-BGRWRWBLFBHDVCR3BLGO2MOO7I/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-face-a-la-cour-supreme-le-pari-risque-du-president-americain-BGRWRWBLFBHDVCR3BLGO2MOO7I/">défendre sa tentative</a> de révoquer l'octroi de la citoyenneté américaine par le droit du sol. Ce 30 juin, les juges, par six voix contre trois, ont censuré le président, déclarant son décret anticonstitutionnel.<b> </b>Tout au long de sa campagne, et depuis son retour à la Maison-Blanche, le milliardaire qui a axé son programme autour de la <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-de-retour-au-pouvoir-la-repression-anti-immigration-sintensifie-UWZYQ7MDBNAIZAOG5RTG5WPLMU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-de-retour-au-pouvoir-la-repression-anti-immigration-sintensifie-UWZYQ7MDBNAIZAOG5RTG5WPLMU/">lutte contre l'immigration</a> avait fait de la révocation de ce droit, pourtant ancré dans la Constitution depuis 1868, un combat politique majeur. Dès son retour dans le bureau Ovale, le 20 janvier 2025, Donald Trump s'était ainsi empressé de signer <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/immigration-retrait-de-laccord-de-paris-tiktok-donald-trump-passe-deja-a-loffensive-ANKEM67N5BFRTD2AJEHLQD2IH4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/immigration-retrait-de-laccord-de-paris-tiktok-donald-trump-passe-deja-a-loffensive-ANKEM67N5BFRTD2AJEHLQD2IH4/">un décret</a> ordonnant aux agences fédérales de ne pas reconnaître la citoyenneté des enfants nés aux États-Unis de parents en situation irrégulière.</p><p>Après avoir été jugé <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-un-juge-suspend-la-remise-en-cause-du-droit-du-sol-ARSGX7Y2SVBWHEQTBXSDEP3SKE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-un-juge-suspend-la-remise-en-cause-du-droit-du-sol-ARSGX7Y2SVBWHEQTBXSDEP3SKE/">illégal</a> par tous les tribunaux, ce texte, l'un des plus contestés de son second mandat, a fait son chemin jusqu'à <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-la-cour-supreme-est-devenue-la-meilleure-alliee-de-trump-pour-les-elections-de-mi-mandat-UIVFM74TEJF2HKKZP7IGYBBVW4/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-la-cour-supreme-est-devenue-la-meilleure-alliee-de-trump-pour-les-elections-de-mi-mandat-UIVFM74TEJF2HKKZP7IGYBBVW4/">la plus haute juridiction américaine</a>. Le verdict rendu par cette dernière est une défaite d'autant plus cuisante pour Donald Trump que celui-ci a personnellement nommé trois juges de l'institution majoritairement conservatrice. Deux d'entre eux ont pris position contre le décret présidentiel.</p><h3>Trois conservateurs contre Donald Trump</h3><p>Un troisième conservateur s'est opposé à Donald Trump : <a href="https://www.lexpress.fr/monde/destitution-de-trump-john-roberts-le-juge-arbitre-d-un-proces-historique_2115283.html" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/destitution-de-trump-john-roberts-le-juge-arbitre-d-un-proces-historique_2115283.html">John Roberts, le président de la Cour suprême</a>. Ce dernier, qui s'est aligné sur l'avis des magistrats <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/etats-unis-la-mamdanisation-du-parti-democrate-ou-le-risque-dun-scenario-a-la-corbyn-ZMBWBBODQND5LFEOLD3QA7EYL4/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/etats-unis-la-mamdanisation-du-parti-democrate-ou-le-risque-dun-scenario-a-la-corbyn-ZMBWBBODQND5LFEOLD3QA7EYL4/">démocrates</a>, a bel et bien estimé que la mesure était anticonstitutionnelle. "La citoyenneté, à l'époque et à l'heure actuelle, est le droit d'avoir des droits - de participer librement à notre communauté politique", a-t-il écrit dans sa décision, notant que les auteurs du 14e amendement avaient inclus dans cette promesse toute personne libre née sur le territoire américain. "Nous préservons aujourd'hui cette promesse", a-t-il ajouté.</p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/TyEFvMTHpi0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen title="Droit du sol : la France, plus ou moins stricte que ses voisins ?"></iframe><p><a href="https://www.lexpress.fr/monde/usa-les-dates-cles-de-l-affaire-kavanaugh-candidat-a-la-cour-supreme_2037112.html" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/usa-les-dates-cles-de-l-affaire-kavanaugh-candidat-a-la-cour-supreme_2037112.html">Bret Kavanaugh</a>, appointé en 2018 par <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-donald-trump-impose-son-nom-et-son-visage-partout-ou-il-le-peut-LYEBGIZUPRBCPLQADMUDDNASVI/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-donald-trump-impose-son-nom-et-son-visage-partout-ou-il-le-peut-LYEBGIZUPRBCPLQADMUDDNASVI/">Donald Trump</a>, a lui aussi soutenu la décision de bloquer le décret, estimant qu'il "contrevenait à une loi fédérale". Toutefois, et contrairement aux autres juges qui ont voté contre le texte, il a précisé que, selon lui, la copie ne violait pas le 14e amendement de la constitution, qui garantit la citoyenneté américaine à quasiment quiconque né aux Etats-Unis, à l'exception de cas très rares des enfants de diplomates étrangers ou de membres d'une force d'occupation. "Le Congrès pourrait [...] modifier ou adopter une nouvelle loi établissant des exceptions au droit du sol pour les enfants nés de parents étrangers en situation irrégulière ou temporaire sur le territoire américain" a-t-il écrit. Et d'ajouter : "Mais le Congrès ne l’a pas encore fait."</p><h3>Le Congrès comme dernière option ?</h3><p>La précision du <a href="https://www.lexpress.fr/monde/apres-avoir-touche-le-fond-avec-kavanaugh-le-senat-americain-doit-panser-ses-plaies_2038937.html" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/apres-avoir-touche-le-fond-avec-kavanaugh-le-senat-americain-doit-panser-ses-plaies_2038937.html">juge Kavanaugh</a> n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. En réaction à la décision de la Cour, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-kazakhstan-donald-trump-negocie-pour-les-etats-unis-et-pour-sa-famille-5CQYDZCIINGHTBY44DBPIQ4ETM/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-kazakhstan-donald-trump-negocie-pour-les-etats-unis-et-pour-sa-famille-5CQYDZCIINGHTBY44DBPIQ4ETM/">Donald Trump</a> a appelé le Congrès à s'emparer du dossier. "Pas besoin d'un long et encombrant amendement de la Constitution ! Le Congrès doit commencer AUJOURD'HUI à travailler pour mettre fin" au droit du sol, a-t-il écrit. "Ils ont mon soutien complet et total !", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. </p><p>Lors de l'audience sur ce dossier face à la Cour suprême, le 1er avril dernier, John Sauer, l'avocat général chargé de représenter <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-donald-trump-a-abdique-face-a-liran-et-abandonne-israel-par-bernard-haykel-ATRNJNZHWZBWFBUY6ZIIGL7DQY/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-donald-trump-a-abdique-face-a-liran-et-abandonne-israel-par-bernard-haykel-ATRNJNZHWZBWFBUY6ZIIGL7DQY/">l'administration Trump</a>, avait dénoncé la promesse d'octroyer la citoyenneté à quasiment tous les nouveau-nés sur le sol américain comme une incitation à l'industrie du "tourisme de la naissance". Un terme issu de la campagne présidentielle du milliardaire axé sur sa politique identitaire. "Des milliers d'étrangers non-recensés en provenance de nations potentiellement hostiles ont afflué ces dernières décennies pour donner naissance aux Etats-Unis" afin que leurs enfants disposent de la citoyenneté américaine, avait-il dit. Interrogé sur l'ampleur de ce <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/droit-du-sol-donald-trump-veut-mettre-fin-au-tourisme-de-maternite_2116250.html" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/droit-du-sol-donald-trump-veut-mettre-fin-au-tourisme-de-maternite_2116250.html">"tourisme de la naissance"</a>, il avait cité comme source des médias et admis que "personne n'est réellement sûr". Selon les chiffres avancés par Reuters, 250 000<b> </b>des 3,6 millions d'enfants qui naissent chaque année aux États-Unis ont des parents qui ne sont pas des résidents permanents légaux.</p><p>Une chose est sûre, ce dénouement risque de ne pas arranger les relations entre Donald Trump et les juges de la Cour suprême, houleuses malgré <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/grace-a-la-cour-supreme-donald-trump-va-pouvoir-licencier-comme-il-lentend-BM33LZ42BBBXTJN6GSULYGLUCE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/grace-a-la-cour-supreme-donald-trump-va-pouvoir-licencier-comme-il-lentend-BM33LZ42BBBXTJN6GSULYGLUCE/">quelques victoires accordées</a> par ces derniers au président. En février, la juridiction avait déjà cassé les droits de douane instaurés par le milliardaire, et exigé qu'il <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/droits-de-douane-ces-entreprises-qui-veulent-que-donald-trump-les-rembourse-4RRTOYQOORGJLDSSHVW2ZJ3A3M/" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/droits-de-douane-ces-entreprises-qui-veulent-que-donald-trump-les-rembourse-4RRTOYQOORGJLDSSHVW2ZJ3A3M/">rembourse aux importateurs américains</a> les 165 milliards collectés grâce à cette <a href="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/decision-de-la-cour-supreme-sur-les-droits-de-douane-le-retour-de-lincertitude-par-ruth-guerra-KF7BXNVJBRAE3N2RGMHBR4452Q/" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/decision-de-la-cour-supreme-sur-les-droits-de-douane-le-retour-de-lincertitude-par-ruth-guerra-KF7BXNVJBRAE3N2RGMHBR4452Q/">politique tarifaire illicite</a>.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/JJDUFYBTWJCOBD5STNXVH2TUTY.JPG?auth=4832de257bd986af6405dea5e631ffcf4745737c113c2315c8e078e7176a3b07&amp;smart=true&amp;width=7317&amp;height=4880" type="image/jpeg" height="4880" width="7317"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président américain Donald Trump s'exprime dans le bureau Ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 21 mai 2026. REUTERS/Kevin Lamarque/Photo d'archive]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Explosion d'un colis piégé à Monaco : ce "bataillon" d’oligarques qui ont fui la guerre en Ukraine]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/explosion-dun-colis-piege-a-monaco-ce-bataillon-doligarques-qui-ont-fui-la-guerre-en-ukraine-5MHCEBW5XVGQ3D2BYCBALFBOGU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/explosion-dun-colis-piege-a-monaco-ce-bataillon-doligarques-qui-ont-fui-la-guerre-en-ukraine-5MHCEBW5XVGQ3D2BYCBALFBOGU/</guid><dc:creator><![CDATA[Julien Chabrout]]></dc:creator><description></description><pubDate>Wed, 01 Jul 2026 08:46:58 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Nice, Saint-Jean-Cap-Ferrat, Beaulieu, Monaco… La "French Riviera" n'a probablement jamais autant parlé ukrainien que depuis le début de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/l-ukraine-hesite-entre-est-et-ouest_1302698.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/l-ukraine-hesite-entre-est-et-ouest_1302698.html">la guerre avec la Russie</a> en février 2022. Plusieurs <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-les-oligarques-rentrent-dans-le-rang_2178629.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-les-oligarques-rentrent-dans-le-rang_2178629.html">oligarques ukrainiens</a> ont trouvé refuge sur la Côte d'Azur ces dernières années. Parmi les richissimes personnalités établies dans le sud de la France figure Vadim Ermolaev, blessé par un colis piégé lundi 29 juin à Monaco. Âgé de 58 ans, cet homme d’affaires est à la tête d'un empire à la fois immobilier, industriel et viticole.</p><p><a href="https://www.lexpress.fr/societe/colis-piege-et-oligarque-ukrainien-blesse-ce-que-lon-sait-de-lexplosion-a-monaco-OEPOQBALRFC77M3KVSL7SMBVDQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/societe/colis-piege-et-oligarque-ukrainien-blesse-ce-que-lon-sait-de-lexplosion-a-monaco-OEPOQBALRFC77M3KVSL7SMBVDQ/">L'explosion, qui a fait deux autres blessés</a> devant un immeuble résidentiel de Monaco, dont la compagne de Vadim Ermolaev, n'est pas considérée à ce stade comme un attentat terroriste et son auteur présumé est activement recherché par les autorités monégasques et françaises, a déclaré mardi le procureur général de Monaco Stéphane Thibault.</p><p>Cette attaque met les projecteurs sur le "bataillon Monaco", le surnom sarcastique donné à des Ukrainiens très fortunés en âge de se battre contre la Russie qui ont fui <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-kiev-face-a-un-nombre-croissant-de-deserteurs-FZXQOVCITBDHFMAOI3G6ERR76M/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-kiev-face-a-un-nombre-croissant-de-deserteurs-FZXQOVCITBDHFMAOI3G6ERR76M/">leur pays en guerre</a> pour mener la grande vie dans le sud de la France. Selon les médias ukrainiens, leur départ s’est fait au mépris de la loi martiale et de la mobilisation générale décrétées par le président Volodymyr Zelensky, qui interdisent aux hommes de 18 à 60 ans en âge d'aller au front de quitter le territoire national.</p><h3>Voitures de luxe et yachts</h3><p>Ukrainska Pravda est à l'origine de cette expression apparue <a href="https://www.pravda.com.ua/articles/2022/08/17/7363561/" target="_self" rel="" title="https://www.pravda.com.ua/articles/2022/08/17/7363561/">à la suite d'une enquête de ce média en ligne</a> publiée en août 2022. Les journalistes ukrainiens y documentaient, photos et vidéos à l'appui, le quotidien de ces millionnaires à travers des images de voitures de luxe immatriculées en Ukraine sur la place du Casino de Monte-Carlo, ou de méga-yachts amarrés dans les ports azuréens. Le contraste est saisissant : pendant que ces riches Ukrainiens vivent dans le luxe à l'étranger, leurs compatriotes subissent quotidiennement des attaques de drones et de missiles russes.</p><p>À la suite de ces révélations embarrassantes, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/en-ukraine-letonnant-renvoi-du-chef-du-sbu-par-volodymyr-zelensky-73GLRL7N2RGCPD4NLIWM2J43EI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/en-ukraine-letonnant-renvoi-du-chef-du-sbu-par-volodymyr-zelensky-73GLRL7N2RGCPD4NLIWM2J43EI/">le Bureau d'enquête d'État ukrainien</a> a officiellement ouvert une procédure pénale. Les enquêteurs ont établi une liste de 84 noms précis d'<a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-en-appelle-aux-oligarques-russes-pour-financer-sa-guerre-en-ukraine-4YTIIMK6MBGXLDKFKH7IWBINLM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/vladimir-poutine-en-appelle-aux-oligarques-russes-pour-financer-sa-guerre-en-ukraine-4YTIIMK6MBGXLDKFKH7IWBINLM/">oligarques</a>, de hauts fonctionnaires et d'hommes politiques, comme des députés, soupçonnés d’avoir fui illégalement voire de blanchir des capitaux à l’étranger.</p><p>Parmi les profils identifiés figurent également, comme le rapporte <a href="https://www.nicematin.com/societe/conflits/qui-sont-les-oligarques-ukrainiens-du-bataillon-monaco-l-enquete-exclusive-de-nice-matin-796821" target="_self" rel="" title="https://www.nicematin.com/societe/conflits/qui-sont-les-oligarques-ukrainiens-du-bataillon-monaco-l-enquete-exclusive-de-nice-matin-796821"><i>Nice-Matin</i></a>, les frères Igor et Grigoriy Surkis, respectivement dirigeant du club de football du Dynamo de Kiev et ex-président de la fédération ukrainienne de football, inquiétés dans des affaires de corruption, ou encore Rinat Akhmetov, l'homme le plus riche d’Ukraine. Le propriétaire du club de foot du Shakhtar Donetsk a récemment fait parler de lui après avoir acheté un gigantesque appartement à Monaco. Estimé à 471 millions d'euros, ce bien est considéré comme l'appartement le plus cher du monde. Autre nom mentionné : celui de Viktor Pintchouk, un ancien député et businessman. Depuis la Côte d’Azur, il a cependant décidé de participer à la lutte contre Moscou en utilisant ses entreprises pour fournir du matériel militaire et soutenir l’armée ukrainienne.</p><p>Le "bataillon Monaco" compte aussi plusieurs opposants pro-russes à Volodymyr Zelensky, <a href="https://www.leparisien.fr/international/bataillon-monaco-quel-est-ce-groupe-doligarques-ukrainiens-installes-en-principaute-pour-fuir-la-guerre-avec-la-russie-30-06-2026-TPR3ZXZ6TBBDVIATNRFKBYSNJE.php" target="_blank" rel="" title="https://www.leparisien.fr/international/bataillon-monaco-quel-est-ce-groupe-doligarques-ukrainiens-installes-en-principaute-pour-fuir-la-guerre-avec-la-russie-30-06-2026-TPR3ZXZ6TBBDVIATNRFKBYSNJE.php">précise <i>Le Parisien</i></a>. Il s'agit notamment des députés Yulia Lyovochkina, Igor Abramovitch ou Vadym Stolar, tous membres de la plate-forme "Pour la vie" dissoute par le président ukrainien en raison de ses liens avec le Kremlin.</p><h3>Moins nombreux qu'avant</h3><p>Ces exilés VIP seraient toutefois moins nombreux depuis le pic en 2022. Le 1er juin, l'ambassadeur d’Ukraine en France Vadym Omelchenko <a href="https://www.nicematin.com/societe/bataillon-monaco-face-aux-oligarques-ukrainiens-en-exil-sur-la-cote-d-azur-kiev-cible-de-tristes-exceptions-10682938" target="_blank" rel="" title="https://www.nicematin.com/societe/bataillon-monaco-face-aux-oligarques-ukrainiens-en-exil-sur-la-cote-d-azur-kiev-cible-de-tristes-exceptions-10682938">évoquait auprès de<i> Nice-Matin</i></a> un "groupe de 20 à 30 individus". "S'il y a des choses à reprocher à ces personnes sur le plan juridique, nous saisissons bien sûr les autorités de Monaco et de la France. Ce sont plutôt de tristes exceptions", déclarait-il auprès du quotidien local. </p><p>Les autorités monégasques ont en tout cas facilité leur installation. <a href="https://www.franceinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/le-bataillon-monaco-ces-oligarques-ukrainiens-partis-illegalement-et-refugies-sur-le-rocher_8086853.html" target="_blank" rel="" title="https://www.franceinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/le-bataillon-monaco-ces-oligarques-ukrainiens-partis-illegalement-et-refugies-sur-le-rocher_8086853.html">Comme le rappelle franceinfo</a>, le gouvernement princier a adopté en mars 2023 un dispositif pour protéger temporairement les Ukrainiens. Pour être éligible aux aides, il faut avoir été résident en Ukraine avant le 24 février 2022, pouvoir justifier d'une attache familiale ou amicale avérée avec une personne résidente à Monaco et être hébergé à Monaco. </p><p>Plus généralement, le Rocher est connu pour être une terre d'accueil des plus grosses fortunes grâce à ses avantages fiscaux : ni impôt sur les revenus personnels, ni impôt sur la fortune ou sur la plus-value immobilière, ni taxe foncière, ni taxe d'habitation.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/V2AAHRMMOZA3XLDW7PRLJ55VOQ.JPG?auth=0828c9962d194523092d8329eb4338c3b29aba73d4bf009e711fc1ebaf408fd2&amp;smart=true&amp;width=5500&amp;height=3667" type="image/jpeg" height="3667" width="5500"><media:description type="plain"><![CDATA[Une explosion au colis piégé a fait trois blessés devant un immeuble résidentiel de Monaco le 29 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Retraites : quand l'Allemagne ose affronter ses démons démographiques]]></title><link>https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/retraites-quand-lallemagne-ose-affronter-ses-demons-demographiques-P5L2IKQ4SVHAVM3TLWRDYCWJ3A/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/retraites-quand-lallemagne-ose-affronter-ses-demons-demographiques-P5L2IKQ4SVHAVM3TLWRDYCWJ3A/</guid><dc:creator><![CDATA[Béatrice Mathieu]]></dc:creator><description></description><pubDate>Wed, 01 Jul 2026 05:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Combien de fois a-t-on annoncé la fin du modèle allemand ? Combien d'analyses pour décrire le déclin inéluctable de ce vieillard de l'Union européenne ? Encore une fois, l'Allemagne nous surprend, nous Français, par sa rapidité de réaction, cette capacité rare à regarder en face ses propres faiblesses. Et à les traiter. Frappée de plein fouet par le vieillissement démographique, l'Allemagne est en passe d'adopter une des <a href="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/retraites-lallemagne-na-pas-dautre-choix-que-de-basculer-vers-la-capitalisation-CHIM7YQMY5HAZEFBXB6MX24IYE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/retraites-lallemagne-na-pas-dautre-choix-que-de-basculer-vers-la-capitalisation-CHIM7YQMY5HAZEFBXB6MX24IYE/">réformes du système de retraite</a> les plus ambitieuses et révolutionnaires de ces dernières années en Europe. Aussi radicale que celle menée par la Suède au cours de la décennie 1990. Mais à l'époque, le royaume nordique y avait été forcé par les marchés financiers. Berlin n'a pas attendu d'en arriver là pour bouger.</p><p>Le groupe d'experts indépendants chargé par le gouvernement de réfléchir à l'avenir du système des retraites a rendu récemment un rapport explosif. Parmi les pistes évoquées : la création d'un pilier de capitalisation obligatoire financé par une nouvelle cotisation pesant à la fois sur les entreprises et les salariés, la mise en place d'un système automatique<b> </b>indexant l'âge de départ à la retraite sur les gains futurs d'espérance de vie, la modification du calcul des pensions ou encore l'élargissement du nombre de cotisants… </p><p>Le gouvernement Merz, pourtant à la peine dans les sondages, souhaiterait s'en inspirer largement pour faire voter un texte au pas de charge, c’est-à-dire avant la fin de la session parlementaire, le 10 juillet. Le scénario le plus probable ? Une loi-cadre votée cet été et une discussion sur les détails à l'automne. Un délai somme toute extrêmement court pour une réforme historique qui va peser à la fois sur le pouvoir d'achat et la compétitivité des entreprises.</p><p>Comment expliquer que les Allemands réussissent là où <a href="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/retraites-pourquoi-mettre-lage-de-depart-sous-le-tapis-est-une-mauvaise-idee-par-antoine-levy-IDKYJZMHOZB43NDL7AS4TMLKBI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/retraites-pourquoi-mettre-lage-de-depart-sous-le-tapis-est-une-mauvaise-idee-par-antoine-levy-IDKYJZMHOZB43NDL7AS4TMLKBI/">le débat en France paraît fossilisé</a> ? Outre-Rhin, les principales forces politiques s'entendent pour reconnaître la gravité de la situation et les syndicats, puissants, sont étroitement associés aux discussions. S'ajoute une confiance de la population dans la capacité des politiques à prendre les bonnes mesures qui tranche singulièrement avec le scepticisme des Français envers leurs dirigeants. Une récente enquête de l'assureur Allianz révèle que si 70 % des Français jugent la réforme des retraites indispensable, 39 % seulement d'entre eux pensent les gouvernements aptes à la mener à terme. Il reste moins d'un an aux candidats à la présidentielle pour les convaincre du contraire.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/L7S6VHNZDFHM5HJ2JTO2K5XH2Q.JPG?auth=66091f584fee3eb97b19514793fdb438fe7e62b2149bb6eeb2c5111c49962440&amp;smart=true&amp;width=4197&amp;height=2793" type="image/jpeg" height="2793" width="4197"><media:description type="plain"><![CDATA[Le chancelier allemand Friedrich Merz répond aux questions des députés lors d'une séance plénière de la chambre basse du Parlement, le Bundestag, à Berlin, en Allemagne, le 24 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[L’espionnage, le Vatican et la chute du communisme : les secrets de Jean-Paul II]]></title><link>https://www.lexpress.fr/podcasts/nid-despions/lespionnage-le-vatican-et-la-chute-du-communisme-les-secrets-de-jean-paul-ii-KSY7PXFSIFCQVIVVFTVQMSGDOU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/podcasts/nid-despions/lespionnage-le-vatican-et-la-chute-du-communisme-les-secrets-de-jean-paul-ii-KSY7PXFSIFCQVIVVFTVQMSGDOU/</guid><dc:creator><![CDATA[Charlotte Baris, Etienne Girard]]></dc:creator><description></description><pubDate>Wed, 01 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p><i>Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.</i> </p><p>1962, le monde retient son souffle. Nous sommes au cœur de <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/leurope-et-la-chine-vont-sopposer-aux-etats-unis-et-a-la-russie-la-nouvelle-guerre-froide-ecologique-G2LKDQPB7VBQJBKE2YES5RZ7CQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/leurope-et-la-chine-vont-sopposer-aux-etats-unis-et-a-la-russie-la-nouvelle-guerre-froide-ecologique-G2LKDQPB7VBQJBKE2YES5RZ7CQ/">la Guerre froide</a> et la tension vient d’atteindre son point de rupture : alors que <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/pourquoi-les-etats-unis-ou-la-france-risquent-de-se-transformer-en-gerontocraties-par-stephen-smith-I2OU6EXLZJGV5OLBKIXHISEXGA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/pourquoi-les-etats-unis-ou-la-france-risquent-de-se-transformer-en-gerontocraties-par-stephen-smith-I2OU6EXLZJGV5OLBKIXHISEXGA/">les Américains</a> ont pointé leurs missiles vers l’Est depuis la Turquie et l’Italie, à <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/la-solitude-desiree-est-lavenir-de-lhumanite-levolution-du-monde-vue-par-branko-milanovic-YFUEDH2XZFHCBCFFDV5WWH5LMM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/la-solitude-desiree-est-lavenir-de-lhumanite-levolution-du-monde-vue-par-branko-milanovic-YFUEDH2XZFHCBCFFDV5WWH5LMM/">Moscou le Kremlin</a> se sent menacé et la réponse est immédiate. Le 15 octobre 1962 <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/les-complotistes-americains-a-lassaut-de-leurope-enquete-sur-le-mouvement-make-europe-healthy-again-SHZ5L3X66FG5NCDUJIITWOPLM4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/les-complotistes-americains-a-lassaut-de-leurope-enquete-sur-le-mouvement-make-europe-healthy-again-SHZ5L3X66FG5NCDUJIITWOPLM4/">le président Kennedy</a> reçoit sur son bureau des clichés aériens qui révèlent l’impensable : des rampes de missiles nucléaires soviétiques <a href="https://www.lexpress.fr/monde/a-cuba-la-dictature-sous-pression-comment-donald-trump-veut-en-finir-avec-les-castro-JFNR24OEEVELHC63HLQC42PPNY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/a-cuba-la-dictature-sous-pression-comment-donald-trump-veut-en-finir-avec-les-castro-JFNR24OEEVELHC63HLQC42PPNY/">sont installées sur l’île de Cuba.</a> C’est l’opération Anadyr. L'arsenal se trouve à moins de 200 km des côtes américaines. Pour les États-Unis, une ligne rouge est franchie, Kennedy ordonne le blocus maritime de l’île. </p><p>La guerre nucléaire n’a jamais été aussi proche. Mais dans l’ombre des deux géants, un acteur inattendu s’invite à la table des discussions. <a href="https://www.lexpress.fr/secret-defense/une-start-up-francaise-sur-le-front-en-ukraine-un-atelier-au-vatican-sur-les-armes-autonomes-WMAJB5L57ZGQ3OXIL42N7GT22U/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/secret-defense/une-start-up-francaise-sur-le-front-en-ukraine-un-atelier-au-vatican-sur-les-armes-autonomes-WMAJB5L57ZGQ3OXIL42N7GT22U/">C'est le Vatican</a>. Le pape Jean XXIII y prend le rôle de médiateur. Il rédige un appel à la paix qu’il fait passer aux ambassades américaine et soviétique. Le message est diffusé par Radio Vatican et repris un peu partout dans les médias. D’après les historiens, cela n’a pas vraiment changé la manière dont l’administration Kennedy aurait géré la crise, mais coté soviétique cela aurait compté. Khrouchtchev a vu dans cet appel une bonne raison de calmer le jeu. Le Vatican, ce micro-Etat sans armée, sans espions et sans services de renseignement parvient donc, avec l’appui d’autres intermédiaires, à faire dialoguer le Kremlin et la Maison-Blanche. </p><p>Les tensions s’apaisent, Kennedy signe un engagement de non-invasion de Cuba, Khrouchtchev retire ses missiles, la crise s’achève. Le téléphone rouge est installé et la Guerre froide bascule dans la Détente. C’est ici que s’illustre le rôle diplomatique intense du Saint-Siège. Un rôle crucial presque invisible qui va trouver son maître d’œuvre à la fin des années 70.</p><p>Dans cet épisode de "Nid d'espions", Charlotte Baris et Etienne Girard, directeur adjoint de la rédaction de L’Express et spécialiste des questions d’espionnage, vous plongent dans l’histoire du Vatican et de ses réseaux d'espionnage.</p><p><a href="https://www.lexpress.fr/podcasts/" rel=""><u><b>RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS</b></u></a> </p><p>Écoutez cet épisode et abonnez-vous à L'Express Podcasts sur <a href="https://podcasts.apple.com/fr/podcast/lexpress-podcasts/id1862159216" rel=""><u>Apple Podcasts</u></a>, <a href="https://open.spotify.com/show/0b3B75OyFO6msRJOvtjbBX?si=384StDEMSZOR2g30g9rfyw" rel=""><u>Spotify</u></a>, <a href="https://link.deezer.com/s/326Mp1yhZ0YZvl3Jlj3pL" rel=""><u>Deezer</u></a>, <a href="https://feeds.acast.com/public/shows/6941202d9101fd0117b33cd5" rel=""><u>Podcast Addict</u></a> et <a href="https://castbox.fm/vh/6918911" rel=""><u>CastBox</u></a>. </p><p>Cet épisode a été écrit par Mélanie Pierre, présenté par Charlotte Baris et Etienne Girard, monté et réalisé par Jules Krot. </p><p><i>Crédits </i>: INA, Arte</p><p><i>Musique et habillage : </i>Emmanuel Herschon / Studio Torrent </p><p><i>Visuel </i>: Alice Lagarde </p><p>Comment écouter un podcast ? <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/medias/comment-ecouter-un-podcast-depuis-votre-smartphone-ou-votre-ordinateur_2152856.html" rel=""><u>Suivez le guide</u></a>. </p><p><i><b>Pour aller plus loin </b></i> </p><p><a href="https://www.lexpress.fr/secret-defense/nouvelle-caledonie-le-poste-avance-de-la-defense-francaise-dans-lindo-pacifique-ZOJD5OP74JBN3MAU7UU4PSJTA4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/secret-defense/nouvelle-caledonie-le-poste-avance-de-la-defense-francaise-dans-lindo-pacifique-ZOJD5OP74JBN3MAU7UU4PSJTA4/">Nouvelle-Calédonie : le poste avancé de la défense française dans l'Indo-Pacifique</a></p><p><a href="https://www.lexpress.fr/secret-defense/un-cadre-de-chez-thales-un-ex-coordonnateur-national-du-renseignement-les-nouveaux-ambassadeurs-E6LPYBL2XBCELKJZU24B5ASHFU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/secret-defense/un-cadre-de-chez-thales-un-ex-coordonnateur-national-du-renseignement-les-nouveaux-ambassadeurs-E6LPYBL2XBCELKJZU24B5ASHFU/">Un cadre de chez Thales, un ex-coordonnateur national du renseignement : les nouveaux ambassadeurs nommés</a></p><p><a href="https://www.lexpress.fr/secret-defense/patriot-americains-les-europeens-en-quete-de-plans-b-pour-leur-defense-aerienne-CCKLQZZVEBAK5KADXA22FKBGP4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/secret-defense/patriot-americains-les-europeens-en-quete-de-plans-b-pour-leur-defense-aerienne-CCKLQZZVEBAK5KADXA22FKBGP4/">Patriot américains : les Européens en quête de plans B pour leur défense aérienne</a></p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/E7SDRADVEVELHJS4WGS62WVJDI.jpg?auth=84439cee60e137e08438583b9cee0e6e9fc4a32697a368ce46e529c5543fd710&amp;smart=true&amp;width=4300&amp;height=2852" type="image/jpeg" height="2852" width="4300"><media:description type="plain"><![CDATA[Le Pape Jean-Paul II en visite en
Belgique, un voyage entamé le 16
mai à Bruxelles, où il est reçu par
le Roi Baudouin, et qui se termine
le 21 dans notre province : à Liège
et à Banneux, haut lieu de pèlerinage
pour les catholiques.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">BELPRESS/MAXPPP</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Séisme au Venezuela : la présidente par intérim Delcy Rodriguez mise à l'épreuve]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/seisme-au-venezuela-la-presidente-par-interim-delcy-rodriguez-mise-a-lepreuve-VPFC4GVXIRDCNKSERBHAXSL5AE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/seisme-au-venezuela-la-presidente-par-interim-delcy-rodriguez-mise-a-lepreuve-VPFC4GVXIRDCNKSERBHAXSL5AE/</guid><dc:creator><![CDATA[Asia Dayan]]></dc:creator><description></description><pubDate>Tue, 30 Jun 2026 18:18:38 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Au <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/venezuela-apres-les-seismes-meurtriers-washington-mis-face-a-ses-responsabilites-W5CVRAVVHBE7LNZDN5BJMJUWPE/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/venezuela-apres-les-seismes-meurtriers-washington-mis-face-a-ses-responsabilites-W5CVRAVVHBE7LNZDN5BJMJUWPE/">Venezuela</a>, le <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/le-venezuela-frappe-par-deux-puissants-seismes-un-lourd-bilan-redoute-FZJ24DDLC5GTTBLMRIUZXMCKEI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/le-venezuela-frappe-par-deux-puissants-seismes-un-lourd-bilan-redoute-FZJ24DDLC5GTTBLMRIUZXMCKEI/">double séisme</a> continue de faire grimper un bilan déjà dramatique. Au moins 1 719 personnes sont mortes et 50 000 autres sont portées disparues. Un drame qui menace désormais de se transformer en crise politique. Alors que la colère de la population monte, alimentée notamment par l'état des infrastructures, la présidente par intérim, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/pourquoi-donald-trump-a-t-il-choisi-delcy-rodriguez-une-fidele-de-maduro-pour-diriger-le-venezuela-46EZ4EUTJZCVLOWCPAVV4BTV6M/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/pourquoi-donald-trump-a-t-il-choisi-delcy-rodriguez-une-fidele-de-maduro-pour-diriger-le-venezuela-46EZ4EUTJZCVLOWCPAVV4BTV6M/">Delcy Rodriguez</a>, doit désormais faire face à une contestation politique grandissante.</p><p>Il s'agit de la "catastrophe naturelle la plus brutale" de l'histoire du pays a estimé la présidente par intérim. Au-delà du dramatique bilan humain, de nombreuses habitations ont également été dévastées. Les Nations unies estiment que la catastrophe a généré 1,2 million de tonnes de débris dans la région de La Guaira, la plus durement touchée par les secousses. Aujourd'hui, près de 16 000 personnes n'ont plus de logement. A Caraballeda, dans la même zone, de nombreux habitants mettent directement en cause les autorités.</p><h3>Du polystyrène en guise de mortier</h3><p>En 2012, peu avant l'élection présidentielle, le gouvernement sortant de gauche avait lancé un vaste programme de logements sociaux, espérant séduire les électeurs. Ce 24 juin, une partie conséquente du complexe de 1 100 logements s'est effondrée. Dans les colonnes du <a href="https://www.wsj.com/world/americas/venezuela-earthquake-search-rescue-missing-806b52d1" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.wsj.com/world/americas/venezuela-earthquake-search-rescue-missing-806b52d1"><i>Wall Street Journal</i></a>, une habitante, peu surprise, témoigne : "J’avais l’habitude de dire que ces appartements étaient des maisons de poupée, faites de polystyrène". Selon le quotidien new-yorkais, cela n'a en réalité rien de la plaisanterie. Depuis le drame, dans les ruines des bâtiments, d'épaisses couches de polystyrène auraient été repérées. Le matériau aurait été utilisé comme matériau de remplissage entre les dalles de béton. En visite dans le quartier, des ingénieurs vénézuéliens ont exhorté le gouvernement à procéder rapidement à une inspection des logements sociaux similaires encore debout, à travers le pays.</p><p>Autre motif de colère : la réponse de l'Etat, jugée trop lente et désorganisée face à l'ampleur du drame. Certains habitants, rencontrés par le <a href="https://www.wsj.com/world/americas/u-s-quake-relief-efforts-collide-with-anger-at-venezuelas-government-4bc71afc?mod=hp_lead_pos9" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.wsj.com/world/americas/u-s-quake-relief-efforts-collide-with-anger-at-venezuelas-government-4bc71afc?mod=hp_lead_pos9"><i>Wall Street Journal</i></a>, assurent que la catastrophe a été aggravée par "les mesures prises par le gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodriguez pour restreindre l’accès des bénévoles aux lieux sinistrés".</p><p>Les sinistrés estiment également que l’intervention des ambulanciers, des pompiers et des 1 600 secouristes venus de l’étranger a été ralentie par des questions administratives. Entre autres, le maire de la ville colombienne, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/prostitution-et-pedophilie-la-face-obscure-du-tourisme-de-masse-a-medellin-HOXG222UIRDN3AFOSMHJEL5C6Q/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/prostitution-et-pedophilie-la-face-obscure-du-tourisme-de-masse-a-medellin-HOXG222UIRDN3AFOSMHJEL5C6Q/">Medellín</a>, a indiqué que les pompiers envoyés par sa ville ont été bloqués pendant des heures par les autorités aéroportuaires vénézuéliennes. Même son de cloche du côté de l'Espagne qui rapporte que l'une de ses unités de secouristes volontaires a attendu deux jours l'accréditation de Caracas dans un aéroport. Une partie a fini par abandonner et ne jamais quitter son pays.</p><h3>L'administration Trump sous pression</h3><p>Au-delà de la présidente par intérim, plusieurs observateurs estiment que <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/grace-a-la-cour-supreme-donald-trump-va-pouvoir-licencier-comme-il-lentend-BM33LZ42BBBXTJN6GSULYGLUCE/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/grace-a-la-cour-supreme-donald-trump-va-pouvoir-licencier-comme-il-lentend-BM33LZ42BBBXTJN6GSULYGLUCE/">Donald Trump</a> pourrait lui aussi pâtir politiquement de la catastrophe. La Maison-Blanche, qui après avoir enlevé Nicolas Maduro, a finalement apporté son soutien à sa successeure, Delcy Rodriguez. Dans les colonnes du<i> Wall Street Journal</i>, Diego Arria, un ancien haut diplomate vénézuélien en exil à Miami, met en garde contre ce risque : "Je pense que cela engendre du ressentiment parmi la population. Aujourd'hui, c'est contre le gouvernement Delcy. Demain, ce sera contre les États-Unis". </p><p>La leader de l'opposition vénézuélienne, et lauréate du prix Nobel de la paix, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/le-prix-nobel-de-la-paix-attribue-a-lopposante-venezuelienne-maria-corina-machado-USI5D3UQWFHYZMONZ4MO2W7BSE/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/le-prix-nobel-de-la-paix-attribue-a-lopposante-venezuelienne-maria-corina-machado-USI5D3UQWFHYZMONZ4MO2W7BSE/">Maria Corina Machado</a>, a quant à elle accusé ce lundi 29 juin le pouvoir de Caracas de bloquer son retour dans son pays. En exil depuis décembre 2025, elle s'est dite "prête à tout ce qu'il faudra" pour atteindre <a href="https://www.lexpress.fr/economie/venezuela-pourquoi-le-contrat-decroche-par-matthieu-pigasse-pour-restructurer-la-dette-fait-5I5NFUFXF5CGDE7XJSDLXMWDOI/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/economie/venezuela-pourquoi-le-contrat-decroche-par-matthieu-pigasse-pour-restructurer-la-dette-fait-5I5NFUFXF5CGDE7XJSDLXMWDOI/">le Venezuela</a> et ainsi contribuer aux efforts de reconstruction du pays après les deux séismes successifs de la semaine dernière.</p><p>Dans une vidéo publiée sur X et filmée au Panama, Maria Corina Machado a déclaré, sans donner plus de détails, qu'elle "serait au Venezuela pour aider à coordonner et à encourager les efforts des citoyens pendant cette situation d’urgence". Une perspective qui inquiète la Maison-Blanche, laquelle lui aurait demandé de différer son retour.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/FNAW53TPZVGT3AIZX7Q7ZBNGJQ.JPG?auth=1c3a788c49a7e196413a324ff162ec70913f0092315089037c8b4e863a5eede5&amp;smart=true&amp;width=8256&amp;height=5504" type="image/jpeg" height="5504" width="8256"><media:description type="plain"><![CDATA[Des personnes se tiennent près de bâtiments effondrés à la suite des deux séismes du 24 juin, à Caraballeda, dans l’État de La Guaira, au Venezuela, le 30 juin 2026. MIGUEL MEDINA/Pool via REUTERS]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Espagne, Italie, Grèce, Portugal : le come-back économique que personne n'avait vu venir]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/espagne-italie-grece-portugal-le-come-back-economique-que-personne-navait-vu-venir-W4ZUVX6ZH5FS5AG6VWT4LFTKAA/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/espagne-italie-grece-portugal-le-come-back-economique-que-personne-navait-vu-venir-W4ZUVX6ZH5FS5AG6VWT4LFTKAA/</guid><dc:creator><![CDATA[Thibault Marotte, Cyrille Pluyette]]></dc:creator><description></description><pubDate>Tue, 30 Jun 2026 15:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Il fait preuve de tant d’ambition et de confiance en lui, qu’on le surnomme le "Cristiano Ronaldo" de la finance, en référence au célèbre footballeur. A la tête de la banque italienne UniCredit, le Romain Andrea Orcel, l’un des financiers les plus redoutés d’Europe, s’est juré de s'emparer de Commerzbank, la deuxième banque allemande, dans le but de créer <a href="https://www.lexpress.fr/economie/stress-tests-les-banques-europeennes-solides-les-francaises-a-la-traine-K34TO3U6TVBNBNPLFCWB4TAD7Q/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/stress-tests-les-banques-europeennes-solides-les-francaises-a-la-traine-K34TO3U6TVBNBNPLFCWB4TAD7Q/">un champion européen</a>. Face à lui, son homologue Bettina Orlopp se bat pour défendre l’indépendance d’une institution historique. Qui aurait pu imaginer un tel scénario il y a dix ans ?</p><p>A l’époque, les établissements transalpins, lestés de centaines de milliards de créances douteuses, étaient au bord du gouffre, quand l’Allemagne incarnait, elle, le sérieux et la stabilité. Cette bataille financière homérique résume à elle seule le retour en grâce des pays du Sud, après une longue période de turbulences et d’humiliation. Et leur revanche sur ces Etats du Nord qui les ont tant méprisés, au point de créer pour les désigner l’acronyme de leurs initiales en anglais Pigs (cochons). "Je ne peux pas dépenser tout mon argent en schnaps et en femmes puis demander de l’aide", osait ainsi en 2017 le ministre des Finances néerlandais Jeroen Dijsselbloem, sans craindre d’user jusqu’à la caricature le cliché des cigales du Sud contre les fourmis du Nord. Des propos qui avaient indigné les pays visés, après des années d’austérité imposées par la "troïka" - formée par la Commission européenne, la BCE et le FMI - à la suite de la crise financière de 2008.</p><p>On comprend leur satisfaction à voir la situation s’inverser. Après avoir mangé leur pain noir, assaini leurs finances et lancé des réformes, ceux qu’on appelait dédaigneusement les "pays du Club Med" sont devenus des sources d’inspiration pour des Etats du Nord englués, <a href="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/deficit-public-la-nouvelle-alerte-de-la-cour-des-comptes-72ZSXLIVQBFFDD3AQWVXUQIWS4/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/deficit-public-la-nouvelle-alerte-de-la-cour-des-comptes-72ZSXLIVQBFFDD3AQWVXUQIWS4/">à l’image de la France, dans une croissance atone et des déficits publics abyssaux</a>. D’après plusieurs experts interrogés par L’Express, Paris, à travers le comité de suivi du plan "France 2030", consulte d’ailleurs depuis quelques mois des économistes du Sud sur ce que la France peut apprendre de Rome, Madrid, Lisbonne ou Athènes... </p><h2>Une crédibilité économique et diplomatique retrouvée</h2><p>Il était temps, tant le redressement de nos voisins est spectaculaire. L’Espagne tire la croissance de l’Europe avec un bond de 2,8 % de son PIB en 2025 (contre seulement + 0,2 % pour l’Allemagne et + 0,8 % pour la France), tout comme la Grèce et le Portugal. Sur le plan budgétaire, les bons élèves sont désormais Lisbonne et Athènes, dont les comptes publics sont repassés dans le vert (Oui, vous avez bien lu !).</p><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/BZZG36DBBBEIVMV75GNI4C5RRI.png?auth=fa6acfe408f56166c6985a8311422ec973aff7d9ff405defbb350f32a29a8603&smart=true&width=2876&height=2084" alt="Des performances économiques et financières en net progrès" height="2084" width="2876"/><figcaption>Des performances économiques et financières en net progrès</figcaption></figure><p>L’Europe ensoleillée a d’autant plus le vent en poupe qu’elle a, pour l’heure, éradiqué un autre de ses fléaux : une instabilité politique chronique. Alors que la France a connu six Premiers ministres en cinq ans (un chiffre qu’égalera bientôt le Royaume-Uni), la dirigeante d’extrême droite Giorgia Meloni bat des records de longévité au Palazzo Chigi (trois ans et huit mois) ; l’espagnol Pedro Sanchez (Parti socialiste) se maintient au pouvoir depuis 2018 malgré les scandales ; et Kyriakos Mitsotakis pilote le gouvernement grec depuis sept ans.</p><blockquote><p>Plutôt que d’une revanche, je parlerais plutôt d'une forme de fierté</p><p class="citation">Arancha Gonzalez, ex-ministre espagnole des Affaires étrangères</p></blockquote><p>Cette crédibilité économique et politique retrouvée a donné du poids à des pays qui n’ont plus envie de se cantonner aux seconds rôles. Giorgia Meloni, que l'on pensait eurosceptique, s’est révélée, une fois aux manettes, hyperactive sur la scène européenne. L’Italienne, s'est présentée comme un pont entre le Vieux Continent et les Etats-Unis <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/comment-riposter-a-donald-trump-la-lecon-de-fermete-de-giorgia-meloni-6G6PBFKEIFG5LF62ZMBLSG2DZU/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/comment-riposter-a-donald-trump-la-lecon-de-fermete-de-giorgia-meloni-6G6PBFKEIFG5LF62ZMBLSG2DZU/">(jusqu’à sa brouille récente avec Donald Trump au sujet du pape)</a> et a profité des ratés du moteur franco-allemand pour se rapprocher de Berlin. Elle ne cache d’ailleurs pas sa satisfaction devant le retournement de situation. "Nous avons mis fin à l'époque où l'Italie était regardée de haut en Europe. Aujourd'hui, nous ne suivons plus les règles des autres, nous contribuons à les écrire"<i>, </i>s’est-elle ainsi vantée au printemps. Signe que son pays a gagné en respectabilité, les deux derniers grands rapports destinés à relancer l’UE ont été rédigés – en 2024 – par des Italiens : <a href="https://www.lexpress.fr/economie/enrico-letta-face-a-donald-trump-nous-devons-etre-prets-a-nous-rapprocher-de-pekin-JUKEBSSEXNDQ5IY6GUHPWPSL34/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/economie/enrico-letta-face-a-donald-trump-nous-devons-etre-prets-a-nous-rapprocher-de-pekin-JUKEBSSEXNDQ5IY6GUHPWPSL34/">Enrico Letta</a> (sur l’avenir du marché unique) et <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/comment-leurope-a-trahi-mario-draghi-un-an-apres-son-rapport-RRZRIQRH3JAWHNF43FUNGXMFTE/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/comment-leurope-a-trahi-mario-draghi-un-an-apres-son-rapport-RRZRIQRH3JAWHNF43FUNGXMFTE/">Mario Draghi (sur la compétitivité)</a>. </p><p>Autrefois inaudible, l’Espagne fait aussi entendre sa voix. S’érigeant en héraut de la gauche progressiste européenne et de la résistance à Donald Trump, <a href="https://www.lexpress.fr/politique/le-no-a-la-guerra-de-pedro-sanchez-un-slogan-creux-et-dangereux-par-manuel-valls-V67UH57CFRBB3CHBIIAEBF6KVA/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/politique/le-no-a-la-guerra-de-pedro-sanchez-un-slogan-creux-et-dangereux-par-manuel-valls-V67UH57CFRBB3CHBIIAEBF6KVA/">Pedro Sanchez s'est démarqué sur nombre de dossiers</a> (ouverture à l’immigration, refus de porter les dépenses militaires à 5 % du PIB, condamnation de la guerre à Gaza et du conflit en Iran). Bien représentée au sein des deux grands partis - le PPE (droite) et S&amp;D (gauche) -, Madrid a aussi accru son influence au Parlement de Strasbourg, où elle préside trois commissions, contre une seule pour la France. Quant au Portugal il a, lui, placé l'ex-Premier ministre, Antonio Costa, à la tête du Conseil européen. La signature en début d’année du traité de libre-échange entre l’UE et <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/fredrik-erixon-economiste-suedois-sur-le-mercosur-la-france-entretient-ses-agriculteurs-dans-le-J7QUSKEGS5D5FJRYZ7PVKUTP4U/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/fredrik-erixon-economiste-suedois-sur-le-mercosur-la-france-entretient-ses-agriculteurs-dans-le-J7QUSKEGS5D5FJRYZ7PVKUTP4U/">le Mercosur</a>, qu’ils appelaient de leurs vœux aux côtés de l’Allemagne, contre la France, a constitué pour les deux pays ibériques une belle victoire diplomatique.</p><p>Quant à la Grèce, humiliée entre 2010 et 2015 par trois plans de sauvegarde, elle est montée en puissance en Méditerranée orientale (dans un contexte de tension avec la Turquie), en signant un accord de défense avec la France en 2021 et en resserrant sa coopération dans ce domaine avec les Etats-Unis. Le pays, par l'entreprise de la famille d’armateurs Kyriakou, s’est même offert le très respecté quotidien italien <i>La Repubblica</i>. Symbole ultime de cette réhabilitation, le ministre grec de l’Economie et des Finances, Kyriakos Pierrakakis a été élu à la tête de l'Eurogroupe, qui réunit ses pairs de la zone euro.</p><p>"Des pays qui tiennent mieux leurs comptes, affichent des excédents commerciaux et subissent moins la désindustrialisation que d’autres, voient leur image et leur légitimité se renforcer au sein de l'UE, c'est ce que l'on pourrait appeler l'influence par l'exemple", résume Thierry Chopin, professeur associé à Sorbonne Université. L’heure de la revanche ? "Pendant des années, nous avons été traités de Pigs. Plutôt que d’une revanche, je parlerais plutôt d'une forme de fierté", répond Arancha Gonzalez, ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères.</p><h2>Le traumatisme de la crise comme électrochoc</h2><p>Tout a pourtant commencé dans la douleur. Au plus fort de la crise des dettes souveraines, en 2012, la Grèce est sur la corde raide. Sa sortie de la zone euro devient une hypothèse plus que crédible. Par effet de contagion, les taux d'intérêt auxquels empruntent le Portugal, l'Espagne et l'Italie, dont les finances publiques ont elles aussi viré au rouge écarlate, s'envolent. "Par moments, il a semblé presque impossible d'arrêter la réaction en chaîne, raconte Mario Centeno, ministre portugais des Finances entre 2015 et 2020. Ce sentiment nous tenait éveillés la nuit".</p><blockquote><p>Avoir été placé sous programme d'aide a laissé une empreinte durable. Ces pays ne voulaient plus jamais se retrouver "du mauvais côté de la barrière"</p><p class="citation">Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe de 2013 à 2018</p></blockquote><p>Sous la pression des marchés et de la "troïka", ces pays se voient imposer des programmes d'austérité drastiques. "Notre approche reposait sur deux piliers : rétablir la discipline budgétaire afin de retrouver l'accès aux emprunts le plus rapidement possible, et s’attaquer aux déséquilibres structurels par des réformes de fond", se souvient Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe de 2013 à 2018. Le remède prescrit est violent, mais jugé nécessaire par le Nord.</p><p>Cette période est vécue comme un traumatisme par une large partie des populations concernées. "Au Portugal, le chômage a atteint 17 %, le taux de pauvreté a fortement augmenté, il y a eu des coupes budgétaires partout, avec des hausses d'impôts. Tout cela a profondément marqué les gens", pointe Susana Peralta, maîtresse de conférences à la Nova SBE à Lisbonne. Si bien qu'un large consensus politique s'est peu à peu dégagé pour l'avenir. "Avoir été placé sous programme d'aide a laissé une empreinte durable. Ces pays ne voulaient plus jamais se retrouver 'du mauvais côté de la barrière'", renchérit Jeroen Dijsselbloem. Une motivation puissante pour garder leurs comptes publics sous contrôle, l'une des clés du rebond actuel. <a href="https://www.lexpress.fr/economie/litalie-sur-le-point-de-depasser-la-grece-pour-devenir-le-pays-le-plus-endette-de-la-zone-euro-JXMAY36KX5BYJI45EDPZ4F5RII/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/economie/litalie-sur-le-point-de-depasser-la-grece-pour-devenir-le-pays-le-plus-endette-de-la-zone-euro-JXMAY36KX5BYJI45EDPZ4F5RII/">La dette grecque est ainsi passée de 175 % du PIB en 2011 à 146 % en 2025</a>. Si elle reste la plus élevée de la zone euro, "elle ne constitue plus un problème majeur, affirme Nikos Vettas, professeur d'économie à l'université d'Athènes. Les marchés financiers perçoivent positivement sa trajectoire". </p><p>Même logique en Espagne, où le déficit public est repassé sous la barre des 3 % en 2025. Une bénédiction pour Pedro Sanchez qui gouverne sans budget depuis plus de trois ans. "Les recettes fiscales augmentent mécaniquement avec la croissance. Cela permet un ajustement important sans effort politique particulier", souligne l'économiste José Ignacio Conde-Ruiz. L'Italie, elle, compte revenir dans les clous européens en 2026. "La priorité numéro un du gouvernement Meloni a été la stabilité budgétaire", salue l'économiste Fabrizio Pagani, ancien conseiller du président du conseil des ministres italien entre 2013 et 2018. </p><h2>Premiers bénéficiaires des fonds européens</h2><p>Atout non négligeable, les ex-Pigs ont été les premiers bénéficiaires des fonds européens après la pandémie de Covid. "On estime qu'entre 10 et 14 % de la croissance espagnole de ces trois dernières années est due au plan de relance de l’UE", précise Raymond Torres, directeur de conjoncture du think tank Funcas. "Il a permis à la Grèce d'amortir les chocs, d'améliorer les infrastructures et de financer des réformes", complète l’économiste Nikos Vettas. Autre point commun : le rebond touristique après la pandémie a agi comme un puissant accélérateur de croissance. </p><p>Les indicateurs macroéconomiques ont beau être positifs, "on observe une dichotomie entre ces bons résultats et ce que perçoivent concrètement les gens", nuance Raymond Torres. Longtemps étranglés financièrement, les Etats du Sud ont délaissé les investissements dans des domaines clés comme le numérique ou encore la R&amp;D. Et tous font face à une crise du logement. "Ces difficultés sont une conséquence directe des remèdes appliqués après 2008. Au Portugal, en Espagne et ailleurs, nous avons pratiquement détruit le secteur de la construction", soupire l’ex-ministre Mário Centeno. Pire, en Grèce, la plupart des problèmes qui l'ont conduite à la quasi-faillite persistent. "Elle demeure une économie à faible valeur ajoutée, à bas salaires, très dépendante du tourisme... Tout en restant vulnérable à un prochain choc économique", s’inquiète Manos Matsaganis, professeur à l'Ecole polytechnique de Milan. </p><p>Et <a href="https://www.lexpress.fr/economie/comment-litalie-est-devenue-le-quatrieme-exportateur-mondial-ces-recettes-qui-pourraient-inspirer-la-FTD3SBENZNCYPGDIG3HTDAV7GQ/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/economie/comment-litalie-est-devenue-le-quatrieme-exportateur-mondial-ces-recettes-qui-pourraient-inspirer-la-FTD3SBENZNCYPGDIG3HTDAV7GQ/">si l'Italie est récemment devenue le quatrième exportateur mondial</a> grâce à son tissu de PME familiales ultra-compétitives, sa croissance peine à décoller, contrairement à son voisin espagnol. "Pour une PME italienne, la facture d'électricité est 58 % plus élevée qu'en Espagne, en raison d'une fiscalité plus lourde, mais aussi parce que Madrid a davantage développé les énergies renouvelables et a conservé son nucléaire", souligne Carlo Cottarelli, ancien haut responsable au FMI. </p><p><a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/la-chute-de-la-population-mondiale-sera-vertigineuse-lalerte-du-demographe-dean-spears-GT7ARWZGPFCQNG4E5EC4XEIRPE/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/la-chute-de-la-population-mondiale-sera-vertigineuse-lalerte-du-demographe-dean-spears-GT7ARWZGPFCQNG4E5EC4XEIRPE/">Sans compter la crise démographique qui s'installe</a>. "Plus de la moitié des entreprises déclarent avoir du mal à recruter, poursuit l'économiste, faute de candidats et non de compétences. Madrid fait face au même problème, mais le compense par un flux régulier d'immigrants." Le rebond de ces pays n'en reste pas moins réel et rien n'indique qu'il s'arrêtera là. L'Espagne devrait afficher + 2,4 % de croissance en 2026, la Grèce + 1,8 % et le Portugal + 1,7 %, selon la Commission européenne. Des performances bien supérieures à la moyenne de la zone euro. Aujourd'hui, à l'image du pilote italien Kimi Antonelli, plus jeune n°1 mondial de l'histoire de la Formule 1, l'Europe du Sud fait la course en tête. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/4QFKQXPOJFFH7J75LUT4OBFCZY.jpg?auth=33ec564553a1cc2f3b3fc46e4bb2f8bf17131d60bb70bbc266f24310dbc8ac8f&amp;smart=true&amp;width=5790&amp;height=4000" type="image/jpeg" height="4000" width="5790"><media:description type="plain"><![CDATA[La Grèce devrait afficher + 1,8 % de croissance en 2026, selon la Commission européenne.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">picture alliance / SZ Photo</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[En Hongrie, Péter Magyar accuse le gouvernement Orban d'avoir dissimulé l'ampleur du déficit public]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-hongrie-peter-magyar-accuse-le-gouvernement-orban-davoir-dissimule-lampleur-du-deficit-public-S623MPLLENAWZP5HFJ2LRG57PI/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/en-hongrie-peter-magyar-accuse-le-gouvernement-orban-davoir-dissimule-lampleur-du-deficit-public-S623MPLLENAWZP5HFJ2LRG57PI/</guid><description></description><pubDate>Tue, 30 Jun 2026 13:40:49 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Après sa volonté de lutter contre la corruption du précédent gouvernement, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/hongrie-peter-magyar-face-aux-espoirs-de-leurope-7SOQJT2PWNCGLB5H4YRGOGVAMA/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/hongrie-peter-magyar-face-aux-espoirs-de-leurope-7SOQJT2PWNCGLB5H4YRGOGVAMA/">Péter Magyar</a> s'attaque désormais aux finances publiques. Lors d'une intervention diffusée ce lundi 29 juin sur Facebook, le nouveau Premier ministre hongrois a accusé son prédécesseur, Viktor Orban, d'avoir présenté une image trompeuse des finances publiques, le déficit budgétaire prévu pour 2026 aurait dépassé 8 % du PIB, soit plus du double de l'objectif officiellement affiché par l'ancien exécutif.</p><p>"Ils ont menti aux Hongrois. Les chiffres du déficit budgétaire que le gouvernement Orban a présentés publiquement, ceux figurant dans les documents officiels, et ce que nous constatons aujourd'hui n'ont absolument rien à voir les uns avec les autres", a-t-il notamment déclaré. Selon lui, les propres services de l'ancien gouvernement anticipaient déjà un déficit de 6,8 % contrairement aux prévisions officielles - 5 % -, tandis que de nouveaux audits montrent que celui-ci aurait dépassé les 8 % sans l'accord récemment conclu avec l'Union européenne, qui a permis de débloquer des fonds jusqu'alors gelés.</p><h3>Le défi "le plus difficile"</h3><p>La semaine dernière, le ministre des Finances, András Kármán, avait déjà qualifié le déficit du pays de "défi le plus difficile" sur la voie de l'adoption de l'euro, tout en précisant qu'un projet de budget révisé pour 2026 serait présenté d'ici à la fin du mois d'août. Cette annonce pourrait alors offrir à Péter Magyar une marge de manœuvre politique pour réduire ou repousser certaines de ses promesses de dépenses, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation.</p><p>Pour l'heure, ni Viktor Orban, ni son ancien ministre des Finances n'ont répondu aux demandes de commentaires. De leur côté, les marchés ont favorablement accueilli la victoire électorale de Péter Magyar, au point que le forint, la monnaie hongroise, s'est apprécié d'environ 15 % face à l'euro au cours des douze derniers mois, l'essentiel de cette progression étant intervenu depuis le mois d'avril. Dans le même temps, les rendements des obligations souveraines hongroises à dix ans sont tombés sous ceux de la Pologne et ne se situent plus qu'à un demi-point de pourcentage de ceux du Royaume-Uni.</p><p>Conséquence : le renforcement de la monnaie nationale et la baisse des coûts d'emprunt pourraient alléger la pression sur les finances publiques en réduisant à la fois le coût du service de la dette et celui des importations. En revanche, un déficit supérieur à 7 % signifie que l'objectif de la Hongrie d'adopter l'euro nécessitera plusieurs années d'assainissement budgétaire. </p><h3>"Purifier" la Hongrie</h3><p>Au-delà des finances, Péter Magyar a initié des vastes réformes pour "purifier", dit-il, la Hongrie de la "mafia économique". Parmi elles : la suppression des "fondations de gestion d’actifs d’intérêt public", des structures qui s’étaient multipliées à partir de 2021 et avaient permis un transfert massif des actifs de l’Etat hongrois à des conseils de direction, dominés par le parti de Viktor Orban, le Fidesz. Avec cette réforme, l’Etat devrait ainsi récupérer 8,5 milliards d’euros de patrimoine d’ici à la fin du mois d’août.</p><p>En outre, une nouvelle législation a élargi les prérogatives de l’Autorité pour l’intégrité, un organisme anticorruption créé sous le gouvernement Orban à la fin de l’année 2022 sous la pression de la Commission européenne, et dont le directeur fait aujourd'hui l’objet de poursuites de la justice hongroise pour détournement de fonds. Désormais, l’institution sera chargée du contrôle des déclarations de patrimoine et pourra saisir la justice afin de demander l’ouverture d’enquêtes pour corruption.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/HO32CXMOA5DKVKO3RK2JLSD4YQ.JPG?auth=f7843d00963b088ca3e65a85a6375039d6ef79a6ae4c260b98ec9f59176a2a1b&amp;smart=true&amp;width=5027&amp;height=3351" type="image/jpeg" height="3351" width="5027"><media:description type="plain"><![CDATA[Péter Magyar s'exprime lors d'une conférence de prese, à Godollo en Hongrie, le 23 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Grâce à la Cour suprême, Donald Trump va pouvoir licencier comme il l'entend]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/grace-a-la-cour-supreme-donald-trump-va-pouvoir-licencier-comme-il-lentend-BM33LZ42BBBXTJN6GSULYGLUCE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/grace-a-la-cour-supreme-donald-trump-va-pouvoir-licencier-comme-il-lentend-BM33LZ42BBBXTJN6GSULYGLUCE/</guid><description></description><pubDate>Tue, 30 Jun 2026 10:14:29 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>C'est une décision historique, qui élargit encore les pouvoirs du <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump_1702460.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump_1702460.html">président américain</a>. Lundi 29 juin, les juges de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-la-cour-supreme-est-devenue-la-meilleure-alliee-de-trump-pour-les-elections-de-mi-mandat-UIVFM74TEJF2HKKZP7IGYBBVW4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-la-cour-supreme-est-devenue-la-meilleure-alliee-de-trump-pour-les-elections-de-mi-mandat-UIVFM74TEJF2HKKZP7IGYBBVW4/">la Cour suprême</a> ont invalidé, par six voix contre trois, un précédent vieux de près d’un siècle qui permettait au Congrès de protéger les dirigeants de la Commission fédérale du commerce (FTC) et d’une vingtaine d’autres agences de régulation indépendantes contre l’influence politique, en imposant que le président ait une "bonne raison" pour les révoquer.</p><p>Désormais, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-donald-trump-impose-son-nom-et-son-visage-partout-ou-il-le-peut-LYEBGIZUPRBCPLQADMUDDNASVI/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-donald-trump-impose-son-nom-et-son-visage-partout-ou-il-le-peut-LYEBGIZUPRBCPLQADMUDDNASVI/">Donald Trump</a> pourra donc renvoyer des régulateurs indépendants du gouvernement, malgré des lois fédérales visant à protéger leur emploi. Seule <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/faire-baisser-linflation-et-satisfaire-donald-trump-la-mission-delicate-du-prochain-president-de-la-Z2KKKBGMQ5GANICXHQTYRUZUVQ/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/faire-baisser-linflation-et-satisfaire-donald-trump-la-mission-delicate-du-prochain-president-de-la-Z2KKKBGMQ5GANICXHQTYRUZUVQ/">la Réserve fédérale</a> demeure une exception, les juges ayant décidé lundi de continuer à interdire au président de révoquer immédiatement l’une de ses gouverneures, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/independance-de-la-fed-le-sort-de-lisa-cook-en-suspens-en-attendant-une-decision-de-justice-J7BZVS7WOBGAHIP53EBAI3WCSA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/independance-de-la-fed-le-sort-de-lisa-cook-en-suspens-en-attendant-une-decision-de-justice-J7BZVS7WOBGAHIP53EBAI3WCSA/">Lisa D. Cook</a>, accusée par le locataire de la Maison-Blanche de "fraude hypothécaire" - des allégations jamais démontrées. D’anciens responsables de la Réserve fédérale et du Trésor, ainsi que l’équipe juridique de Lisa D. Cook, avaient en effet averti la Cour suprême que permettre au président américain de la révoquer pendant la procédure judiciaire provoquerait des turbulences économiques et affaiblirait l’autonomie historique de la banque centrale.</p><h3>Une "grande victoire"</h3><p>La décision de la Cour suprême portait sur la question de savoir si Donald Trump avait le droit d'évincer Rebecca Kelly Slaughter, membre démocrate de la FTC, en mars 2025, simplement parce qu’elle ne s’alignait pas sur son programme politique, malgré une loi disposant que le président ne peut révoquer un commissaire qu’en cas "d’inefficacité, de négligence dans l’exercice de ses fonctions ou de faute dans l’exercice de ses fonctions". Si la FTC est chargée de contrôler les règles du commerce et de la concurrence, ses différentes procédures antitrust contre de grands groupes américains n'étaient pas au goût de Donald Trump. Les juges de la Cour suprême ont donc répondu par l'affirmative, à la grande joie du dirigeant américain, qui a salué sur Truth Social, dans la foulée, une "GRANDE VICTOIRE", "historique et sans précédent". </p><p>Depuis des années, plusieurs juges, souvent conservateurs, avaient exprimé leur volonté d’annuler le précédent de 1935, <i>Humphrey’s Executor v. United States</i>, qui protège les agences indépendantes. Dans sa décision de lundi, le juge en chef a déclaré que "ni le Congrès ni les tribunaux ne peuvent imposer au président des responsables de l’exécutif avec lesquels il ne peut pas travailler. Les subordonnés qui exercent le pouvoir du président sont révocables par lui. Alors, et seulement alors, peuvent-ils rester responsables devant le président, et le président devant le peuple." </p><p>La majorité des juges a estimé que la FTC moderne a accumulé des pouvoirs que la Constitution réservait au président à travers environ 80 lois, notamment l’application de règles contre des acteurs privés et la collecte de milliards de dollars d’amendes civiles. La commission à laquelle appartenait Rebecca Kelly Slaughter "exerce sans aucun doute un pouvoir exécutif et doit donc être contrôlée par le chef de l’exécutif", écrit le juge en chef, ajoutant que le président était "en droit de mettre fin à son mandat plus tôt". </p><h3>Une "recette pour la corruption"</h3><p>Gillian Metzger, professeure de droit à l’université Columbia et spécialiste du droit administratif, a déclaré au <a href="https://www.washingtonpost.com/politics/2026/06/29/supreme-court-expands-trumps-power-over-federal-bureaucracy/" target="_blank" rel="" title="https://www.washingtonpost.com/politics/2026/06/29/supreme-court-expands-trumps-power-over-federal-bureaucracy/"><i>Washington Post</i></a> être frappée par l’ampleur de la décision sur la FTC, qui pourrait donner à Trump un contrôle direct sur presque tous les employés fédéraux. Avec ce texte, "le président a le pouvoir de révoquer ses subordonnés à volonté. C’est extraordinairement large", estime-t-elle. </p><p>"La décision d’aujourd’hui rend possible pour les présidents de renvoyer les gardiens qui refusent de privilégier la politique au détriment des principes, et de les remplacer par des courtisans. C’est une recette pour la corruption. Les travailleurs en paieront le prix", a de son côté réagi Rebecca Kelly Slaughter, rappelant que les agences indépendantes comme la FTC avaient été créées pour agir comme des gardiens face aux grandes entreprises, sans interférence présidentielle. En plus de la FTC, la Cour a permis au président de révoquer, pour l’instant, les dirigeants démocrates du National Labor Relations Board, du Merit Systems Protection Board et de la Consumer Product Safety Commission, afin de les remplacer par des personnes partageant ses priorités politiques. </p><p>A l’été 2025 déjà, Erika McEntarfer, la directrice du Bureau des statistiques du travail, la principale agence d’évaluation des politiques économiques, avait été évincée par Donald Trump, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/administration-trump-la-reprise-en-main-autoritaire-du-bureau-federal-des-statistiques-UJEOBBZMO5ALPPHAGVZIE2DBWM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/administration-trump-la-reprise-en-main-autoritaire-du-bureau-federal-des-statistiques-UJEOBBZMO5ALPPHAGVZIE2DBWM/">coupable à ses yeux d’avoir publié de mauvais chiffres</a>. D’autres ont été écartés pour cause d’incompatibilité politique, quand le président américain exige une loyauté de tous les instants.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/AUMCFYSMBFD6VGAGN2QZKMWFOU.JPG?auth=61576ae5941e1959414d164980c6ef0a1a6e3e1dc6c4b0681e02a83b3757b7f5&amp;smart=true&amp;width=6500&amp;height=4333" type="image/jpeg" height="4333" width="6500"><media:description type="plain"><![CDATA[Donald Trump s'exprime depuis le bureau Ovale, le 29 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Allemagne, France, Espagne : les jeunes Européens virent-ils à droite ?]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/allemagne-france-espagne-les-jeunes-europeens-virent-ils-a-droite-4NC4R5KVYJAU7ODGHAQOWVFQNM/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/allemagne-france-espagne-les-jeunes-europeens-virent-ils-a-droite-4NC4R5KVYJAU7ODGHAQOWVFQNM/</guid><dc:creator><![CDATA[Catherine Fieschi]]></dc:creator><description></description><pubDate>Tue, 30 Jun 2026 09:30:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>A quelques mois de multiples scrutins (Espagne, France, Pologne, Italie, Allemagne, Suède), l’enquête de Voxeurop et d’EDJNet rappelle l’essentiel : la droite radicale progresse chez les 18-24 ans et les 25-34 ans. Mais cette progression accompagne surtout l’effondrement de la confiance dans les partis de gouvernement : la jeunesse ne se droitise pas mécaniquement : elle se polarise. Elle quitte le centre (l’a-t-elle jamais habité ?), en votant ailleurs ou en ne votant pas.</p><p>La France en donne l’exemple le plus familier. Aux législatives de 2024, le Nouveau Front populaire est arrivé en tête chez les 18-24 ans (48 %) et chez les 25-34 ans (38 %). Mais aux Européennes, <a href="https://www.lexpress.fr/politique/jordan-bardella-marine-le-pen-la-guerre-des-clans-a-commence-GPQVNWAFWJBHBCZMH7SVMKRUGI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/politique/jordan-bardella-marine-le-pen-la-guerre-des-clans-a-commence-GPQVNWAFWJBHBCZMH7SVMKRUGI/">Bardella</a> recueillait 25 % des voix des 18-24 ans ; aux législatives, il attirait près d’un tiers des jeunes votants. Pour beaucoup, le RN n’est plus une survivance du passé, mais une offre nouvelle.</p><p>Le (mauvais) génie de la dédiabolisation, a été de faire croire en la nouveauté des idées du RN à un électorat plus jeune, trop habitué aux mensonges, et souvent ignorant du passé. Dans son entretien à <a href="https://www.politico.eu/article/budget-alliances-bardella-veut-toujours-tout-changer-a-lue/" target="_self" rel="" title="https://www.politico.eu/article/budget-alliances-bardella-veut-toujours-tout-changer-a-lue/">Politico</a>, Bardella ne vendait plus seulement la peur de Bruxelles ; il évoquait une Europe ringarde, incapable d’offrir grandeur, puissance ou prospérité. Ce qu’il proposait n’était pas tant le rejet que la revanche.</p><p>L’Allemagne offre un cas plus saisissant encore. Aux élections fédérales de 2025, Die Linke (extrême gauche) arrivait en tête chez les 18-24 ans, autour de 25 %. Mais l’AfD suivait de près, à 21 %, et surtout à 27 % chez les jeunes hommes contre 14 % chez les jeunes femmes. Comme le souligne le chercheur Jacob Ross, l’AfD prospère sur une demande d’identité. Mais quelle identité ? Pas seulement d’identité nationale ou anti-immigration ; mais aussi d’une identité masculine inquiète, persuadée d’être disqualifiée par l’ordre progressiste.</p><h2>Que partagent les droites européennes ?</h2><p>L’Espagne confirme ce glissement. Vox est particulièrement attractif chez les jeunes hommes : (environ 40 % des intentions de vote chez les hommes de 18 à 34 ans). La Scandinavie ajoute une pièce au dossier : les Sweden Democrats ont obtenu 25 % chez les hommes aux législatives de 2022, contre 16 % chez les femmes. Les pays du consensus progressiste semblent plus touchés par cette révolte masculine. De Solstad à Loe, sans oublier Knausgaard, la littérature nordique met d’ailleurs en scène un homme déclassé symboliquement. Pas encore l’électeur masculiniste de l’extrême droite, mais déjà son ombre littéraire.</p><p>L’Italie et la Pologne interdisent toute conclusion simpliste : <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/italie-etats-unis-giorgia-meloni-tente-de-desamorcer-la-crise-avec-donald-trump-ELOIW6IGJBANNODSQLPZ6XPQ3Q/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/italie-etats-unis-giorgia-meloni-tente-de-desamorcer-la-crise-avec-donald-trump-ELOIW6IGJBANNODSQLPZ6XPQ3Q/">Giorgia Meloni</a> domine la droite italienne, mais Fratelli d’Italia n’est pas porté par les plus jeunes. Le PiS polonais, lui, ressemble davantage à un vieux parti d’ordre qu’à une avant-garde juvénile. L’énergie radicale des jeunes hommes va plutôt vers Konfederacja, arrivée en tête chez les 18-29 ans, tandis que le candidat de gauche Adrian Zandberg réalisait aussi un score élevé. </p><p>Que partagent ces droites pour séduire une partie des jeunes, surtout des jeunes hommes, même lorsque le message est porté par des femmes, Marine Le Pen, Giorgia Meloni, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/alice-weidel-la-dame-de-fer-de-lextreme-droite-allemande-GRX2XWNNGBD2LNP3SEYCV6CXV4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/alice-weidel-la-dame-de-fer-de-lextreme-droite-allemande-GRX2XWNNGBD2LNP3SEYCV6CXV4/">Alice Weidel</a> ? Sans doute fournissent-elles une explication totale : on vous prive de quelque chose, votre pays, votre sécurité, votre avenir, votre rang. Elles politisent l’humiliation ordinaire : logements inaccessibles, diplômes dévalués, salaires trop bas, et peut-être aussi la solitude.</p><p>La gauche radicale propose une autre grammaire de la dépossession : climat, inégalités, précarité, refus d’un capitalisme sans horizon. C’est pourquoi il faut résister à la grande phrase sur "les jeunes et l’extrême droite". La jeunesse européenne ne bascule pas forcément vers l’extrême droite ; mais elle se désintéresse d’un centre qui, depuis soixante-dix ans, a porté l’essentiel de la construction européenne. </p><p>Cette construction a offert aux générations précédentes de grands moments : reconstruction, réconciliation, réunification allemande, élargissement à l’Est, euro, Erasmus, liberté de circuler.... Quels seront ceux des jeunes de 20 ans aujourd’hui ? Que leur proposons-nous autre qu’un un marché, une règle, une frontière ou une mise en garde ? </p><p>Et surtout, que proposons-nous aux jeunes Européens issus de l’immigration, nés ici mais encore sommés de prouver qu’ils appartiennent au "nous" ? Si l’Europe veut les retenir du côté des politiques constructives, elle leur devra plus qu’une mémoire partagée, une aventure.</p><p><i>Catherine Fieschi est chercheuse au centre Robert Schuman de l’Institut universitaire européen (IUE) de Florence</i></p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/KGKOXOUJJRGGVCUYIKYIKAYR3E.jpg?auth=c0918a602cba0a3d1f5cd661a2b349eefbd6113aa6b8ca445bd334aba6502b6b&amp;smart=true&amp;width=7360&amp;height=4912" type="image/jpeg" height="4912" width="7360"><media:description type="plain"><![CDATA[Les jeunes européens ne se droitisent pas, ils se polarisent.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">Shutterstock</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Pourquoi Donald Trump a abdiqué face à l'Iran (et abandonné Israël), par Bernard Haykel]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-donald-trump-a-abdique-face-a-liran-et-abandonne-israel-par-bernard-haykel-ATRNJNZHWZBWFBUY6ZIIGL7DQY/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-donald-trump-a-abdique-face-a-liran-et-abandonne-israel-par-bernard-haykel-ATRNJNZHWZBWFBUY6ZIIGL7DQY/</guid><dc:creator><![CDATA[Bernard Haykel]]></dc:creator><description></description><pubDate>Tue, 30 Jun 2026 03:30:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Aux Etats-Unis, la question d'Israël rallie aujourd’hui l’extrême gauche et l’extrême droite, comme une illustration de la théorie du fer à cheval qui explique que les deux extrêmes sont plus proches qu’on ne le pense. Des deux côtés, on va blâmer Israël et les juifs des problèmes économiques. A New York, <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/etats-unis-la-mamdanisation-du-parti-democrate-ou-le-risque-dun-scenario-a-la-corbyn-ZMBWBBODQND5LFEOLD3QA7EYL4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/etats-unis-la-mamdanisation-du-parti-democrate-ou-le-risque-dun-scenario-a-la-corbyn-ZMBWBBODQND5LFEOLD3QA7EYL4/">trois candidats soutenus par Zohran Mamdani</a>, et qui ont appelé à la fin du soutien américain à Israël, l’ont emporté lors des primaires démocrates. Le vice-président J.D. Vance a lui aussi tenu un discours très dur, s’en prenant avec véhémence aux ministres israéliens qui critiquaient le protocole d’accord avec l’Iran. On peut y voir la manifestation d’une extrême droite républicaine qui l’a emmené à la vice-présidence. Tucker Carlson, notamment, a beaucoup poussé pour qu’il soit choisi par Donald Trump.</p><p>Les élections de mi-mandat, en novembre, sont clés pour comprendre ce durcissement de l’administration Trump. Il est clair qu'elles sont très importantes aux yeux du président américain. D’où ce protocole d’accord où il a tout donné aux Iraniens, levant les sanctions sur la vente de pétrole, promettant 300 milliards de dollars pour la reconstruction (qui doivent être financés par les alliés arabes), ne mentionnant par les missiles balistiques ou le soutien d’Iran à ses milices. Le Liban a été inclus, Israël en est exclu. <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-levacuation-des-navires-bloques-suspendue-apres-une-attaque-iranienne-DVBV26OJ4BGBTAJTAXEHDDISVY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-levacuation-des-navires-bloques-suspendue-apres-une-attaque-iranienne-DVBV26OJ4BGBTAJTAXEHDDISVY/">L’ouverture du détroit d’Ormuz</a> n’est en réalité par garantie, comme l'ont prouvé les récentes tensions. Sur le nucléaire, les Iraniens ont promis de ne pas se procurer d’armes nucléaires, mais ils l’ont toujours fait par le passé...</p><h2>Nommer son successeur</h2><p>Donald Trump a ainsi abdiqué face au régime iranien. Les Etats-Unis ont perdu cette guerre, alors qu’ils étaient les plus forts militairement. Mais Trump a en tête les élections et l’économie américaine. La première chose qu’il a d’ailleurs déclarée au moment de signer le protocole d’accord à Versailles, c’est que le prix du pétrole va baisser et la bourse monter. Si le président craint tellement un renversement de majorité au Congrès, c’est pour une raison très concrète : il a peur d’une procédure de mise en accusation (impeachment), et deuxièmement il veut être en position de nommer un successeur qui lui garantira une amnistie pour toute la corruption dans laquelle lui, sa famille et ses amis se sont engagés. On n’a jamais vu un tel niveau de conflits d'intérêts aux Etats-Unis, pratiqué de manière ouverte et flagrante. D’où ce besoin pour Trump d’assurer l’après.</p><p>L'ironie, c'est que les deux dernières années de leur mandat, les présidents américains se concentrent généralement sur la politique étrangère, surtout s’ils ont perdu les midterms. Donald Trump va faire exactement l’opposé. D’autant qu’il a multiplié les revers à l’international, que ce soit face à l’Iran ou par rapport à la Chine. La politique intérieure devrait ainsi dominer la fin de mandat.</p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/qoAkh7cSipg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen title="&quot;Personne n’a gagné la guerre en Iran&quot; : l’analyse choc de Bernard Haykel, professeur à Princeton"></iframe><h2>Aux pays arabes de payer…</h2><p>En conséquence, Trump s'intéressera beaucoup moins au Moyen-Orient. Il demandera aux pays du Golfe de payer pour le prix de cette guerre et pour que l’Iran reste tranquille. Il n’est même pas certain qu'il va investir pour la reconstruction de toutes les bases américaines sérieusement touchées par les Iraniens. Pour Israël, cet accord entre les Américains et les Iraniens est une défaite. Les Etats-Unis mettent une pression énorme sur le gouvernement de Benyamin Netanyahou pour qu'il cesse sa guerre au Liban. Or les Israéliens savent bien que l’Iran a donné pour consigne au Hezbollah de patienter quelques mois, avant de recevoir une manne d'argent et de pouvoir financer la milice chiite pour reconstituer ses capacités. La grande différence, c’est que le Hezbollah d’hier était centré sur un personnage charismatique, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/mort-dhassan-nasrallah-la-chute-de-lhomme-le-plus-puissant-du-liban-F3ZVX3LBA5FURHO37D2J2HOF4E/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/mort-dhassan-nasrallah-la-chute-de-lhomme-le-plus-puissant-du-liban-F3ZVX3LBA5FURHO37D2J2HOF4E/">Hassan Nasrallah</a>, ce qui a finalement représenté une grande faiblesse. L’organisation deviendra donc beaucoup plus décentralisée, moins pyramidale et bien plus difficile à détruire.</p><p>Les Iraniens et le Hezbollah ont appris énormément de leçons de cette guerre. L’Iran veut reformuler la loi maritime pour le détroit d’Ormuz, et a déjà créé des infrastructures afin de contrôler les navires et les passages. Les pays du Golfe ont décidé de contourner Ormuz, mais en attendant la construction de pipelines et de routes alternatives, ils vont devoir céder à l’Iran pendant deux ou trois ans, payant le prix pour avoir la paix.</p><p><i>* Professeur d’études du Proche-Orient à l’université de Princeton et chercheur à la Fondation pour la défense des démocraties (FDD).</i></p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/EWZRT6SKWVEIBNGZUIMAXSMQZU.JPG?auth=a0bac0ddf20e70c830f15eae27ce3a31d7d99d7fff11b2f1b7564c9b50c670fe&amp;smart=true&amp;width=2768&amp;height=1848" type="image/jpeg" height="1848" width="2768"><media:description type="plain"><![CDATA[Les élections de mi-mandat, en novembre, sont clés pour comprendre ce durcissement de l’administration Trump.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Traité de non-prolifération nucléaire : une brèche ouverte dans la guerre froide]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/traite-de-non-proliferation-nucleaire-une-breche-ouverte-dans-la-guerre-froide-H6ZEACU5VBANXDRB2XOXSXKPFQ/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/traite-de-non-proliferation-nucleaire-une-breche-ouverte-dans-la-guerre-froide-H6ZEACU5VBANXDRB2XOXSXKPFQ/</guid><description></description><pubDate>Tue, 30 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p><b>Cet article a été publié pour la première fois le 8 juillet 1968 dans L'Express.</b></p><p>Il a fallu vingt-trois ans pour qu'un premier pas sérieux soit fait. Le 3 octobre 1945, le président Harry Truman invitait déjà tous les pays à rechercher un accord par lequel ils renonceraient à l'utilisation de l'énergie atomique à des fins militaires. Lundi dernier, le texte du traité de non-dissémination des armes nucléaires, mis au point par la Commission du désarmement siégeant à Genève, dite Commission des 18, était signé simultanément à Moscou, à Londres et à Washington. </p><p>Cinquante-neuf pays ont apposé leur signature au bas de ce document. Grands absents : la Chine, la République fédérale allemande, et la France qui, précisément ces jours-ci, poursuit ses expériences dans le Pacifique. Mais ce même lundi, un mémorandum en neuf points devant conduire à un "désarmement général et complet", était adressé par M. Alexis Kossyguine, président du Conseil de l'U.R.S.S., à tous les chefs d'Etat. Plus qu'un simple complément du traité, il constitue une large "ouverture" soviétique, un programme de discussion et de travail proposé aux Etats-Unis. </p><p>Américains et Soviétiques ont deux problèmes qui les suivent comme des chiens fidèles : le coût sans cesse croissant de leur puissance militaire, la nécessité de réajuster de temps en temps les déséquilibres qui affectent leur système de "présence" dans le monde. </p><h3>Le coeur lourd</h3><p>A égalité de moyens nucléaires, l'Amérique et la Russie payaient déjà très cher la possibilité de se détruire l'une l'autre. Franchir un pas de plus en rendant impossible cette double destruction exigerait d'elles, aujourd'hui, un prix prohibitif. Le 10 décembre 1966, M. Robert McNamara, alors secrétaire à la Défense, annonçait que "l'U.R.S.S. commençait à mettre en place une ceinture de missiles anti-missiles". Avec les fusées à ogive nucléaire Nike-Zeus, d'une portée de 650 kilomètres, capables de détruire un missile ennemi à sa rentrée dans l'atmosphère, les Etats-Unis possédaient eux aussi l'instrument d'une parade efficace. </p><p>Mais c'est le coeur lourd que l'administration Johnson mit à l'étude la création d'une ceinture de protection contre les effets d'une agression foudroyante. Deux hypothèses furent discutées : celle du système "mince", qui coûterait au minimum 8 milliards de dollars, celle du système "épais", qui reviendrait à 30 milliards. Encore la deuxième hypothèse ne limiterait-elle les pertes humaines qu'à 78 millions de morts. Il y avait là tous les éléments d'une course à l'absurde, chaque nouveau raffinement offensif de l'adversaire risquant de déclasser les mesures défensives ruineuses adoptées à l'étape précédente. </p><p>Après deux années d'approches répétées de la part de Washington, le geste de M. Kossyguine, plus encore que les termes de son mémorandum, semble offrir enfin l'alternative attendue. C'est le président Lyndon Johnson lui-même qui l'a révélé, peu après avoir signé, lundi dernier, dans le grand salon de la Maison-Blanche, le traité sur la non-dissémination. Des négociations doivent s'ouvrir prochainement entre Russes et Américains : elles porteront sur "la réduction des armements nucléaires offensifs et défensifs". Les groupes de travail sont déjà constitués à Washington. Très prudents, les experts américains entrevoient néanmoins une chance pour que les programmes de défense antimissiles soient abordés, peut-être même stoppés à un stade encore rudimentaire. </p><h3>Le terrain perdu</h3><p>En réalité, les deux supergrands souffrent d'un mal qui les rapproche : l'appauvrissement politique. Non seulement il n'existe plus, pour leurs diplomaties, de placements sûrs, mais eux-mêmes ont cessé d'être des placements sûrs pour des pays de moindre envergure. Cet appauvrissement est plus sensible dans le cas des Etats-Unis que dans celui de l'U.R.S.S. — la guerre du Vietnam ayant comme distrait les dirigeants américains du reste du monde — et les Soviétiques s'inquiètent d'avance du "vide" qui pourrait en résulter un jour. Plus exactement, ils paraissent s'inquiéter à l'idée qu'au lendemain des élections présidentielles, une nouvelle équipe soit tentée, à Washington, de regagner le terrain perdu en pratiquant une politique moins conformiste. L'initiative qu'ils redoutent le plus à cet égard est celle que prendraient aussi bien M. Nelson Rockefeller que M. Hubert Humphrey dans le sens d'un accommodement avec la Chine. </p><p>Conservateurs sur tous les plans, les Russes estiment qu'en "collant" aux Américains, en leur faisant cadeau de la négociation nucléaire que ceux-ci souhaitaient, ils peuvent les retenir dans les limites d'un dialogue, agrémenté de quelques accords nouveaux. C'est une des explications de la campagne pacifique soudain engagée par M. Kossyguine, que le commentateur du <i>Washington Post</i> voit à la tête du parti de la paix en U.R.S.S. </p><p>Deux points du mémorandum Kossyguine font penser que ce document a été conçu comme l'amorce d'un marchandage diplomatique d'une certaine ampleur. Le point 7 traite de la nécessité d'éliminer les bases militaires à l'étranger. Le point 8 recommande des mesures pour le désarmement régional, en particulier pour a réduire la course aux armements au "Moyen-Orient". </p><p>En clair, ce langage, s'il est entendu, pourrait faciliter un effort de coopération américano-russe en vue du règlement des deux principaux conflits en suspens, au Vietnam et au Moyen-Orient. Dans les milieux des Nations Unies cependant, le scepticisme reste grand. De New York, Philippe Ben nous assure qu'on n'y attend pas de solution rapide pour l'un et l'autre problème. </p><p>On se trouve, en effet, devant la situation suivante : les Américains sont pressés de conclure un accord avec le Nord-Vietnam, mais savent que les Soviétiques ne sont en mesure d'exercer sur Hanoi que des pressions discrètes, et d'ailleurs sans résultat ; Moscou, de son côté, est pressé de "dépanner" les pays arabes en ramenant la paix au Moyen-Orient, mais c'est précisément un domaine où les Etats-Unis peuvent attendre et voir venir. </p><h3>Synthèse difficile</h3><p>Beaucoup d'Américains sont conscients du fait que le pire n'est pas encore arrivé au Vietnam. Le pire, c'est le moment où ils devront sacrifier le régime de Saigon. </p><p>Dans une interview accordée la semaine dernière au quotidien italien <i>Il Resto del Carlino</i>, M. Huong, chef du gouvernement du Sud-Viet-nam, a accusé le président Johnson d'indécision et déploré que "certains Américains puissent envisager un accord avec les communistes". Mais le sénateur Eugene McCarthy a affirmé publiquement que l'opinion, aux Etats-Unis, était prête à accepter dès aujourd'hui une décision de retrait unilatéral des troupes américaines du Vietnam, et personne n'a osé dire qu'il se trompait. D'ores et déjà, il apparaît que c'est sans le concours des Russes que le foyer vietnamien s'éteindra. </p><p>Au Moyen-Orient également, il semble bien que chacun jouera seul sa partie, laissant à M. Gunnar Jarring, délégué des Nations Unies, le soin de tenter une synthèse difficile. Il est significatif que, mercredi dernier, veille du départ du président Nasser pour Moscou, le quotidien du Caire <i>Al Abram</i> ait publié une déclaration du représentant égyptien à l'Onu, hostile à tout "arrangement soviéto-américain" destiné à résoudre la crise israélo-arabe. Au-delà de cette crise, les stratèges du Pentagone comptent avec anxiété les bâtiments de la Flotte rouge qui naviguent pour longtemps en Méditerranée. </p><p>A mesure que grandit leur certitude d'être trop fortes pour se nuire, l'Amérique et la Russie constatent que presque tout le reste échappe à leur entente. Et le monde est le reflet de leur perplexité. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/AHINFL24A5BVLAJIY3W3HX532I.jpg?auth=54f04049419ba0354caec0daf0e6be780e684ffc5ff048a85a182a80004949b3&amp;smart=true&amp;width=5205&amp;height=3000" type="image/jpeg" height="3000" width="5205"><media:description type="plain"><![CDATA[L'Assemblée générale des Nations unies suspend ses travaux le 6 juin 1968 après avoir adopté une résolution sur le traité de non-prolifération et entendu la déclaration du président des Etats-Unis. De gauche à droite : le secrétaire général U Thant, le président de l’Assemblée générale des Nations unies Cornelio Manescu (Roumanie) et le conseiller juridique des Nations unies C.A. Stavropoulos.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">ZUMAPRESS.com/MaxPPP</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Détroit d'Ormuz : pourquoi la Chine sort gagnante de la crise économique]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/asie/detroit-dormuz-pourquoi-la-chine-sort-gagnante-de-la-crise-economique-SEQJIZ6SOZBSRPPZX4PN6TAFBI/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/asie/detroit-dormuz-pourquoi-la-chine-sort-gagnante-de-la-crise-economique-SEQJIZ6SOZBSRPPZX4PN6TAFBI/</guid><description></description><pubDate>Mon, 29 Jun 2026 16:10:45 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Une citation attribuée à Martin Luther King veut que "chaque crise a ses dangers et ses opportunités". Et la crise économique née du blocage du détroit d'Ormuz n'échappe pas à la règle, selon un rapport publié lundi 29 juin par Asia Group, un cabinet de conseil basé à Washington. Depuis début mars, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/blocage-du-detroit-dormuz-liran-cherche-desesperement-ou-stocker-son-petrole-Y7BUNPYRXFCANOX4YBPM2QCSVA/" target="_blank" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/blocage-du-detroit-dormuz-liran-cherche-desesperement-ou-stocker-son-petrole-Y7BUNPYRXFCANOX4YBPM2QCSVA/">l'Iran impose un blocus</a> de fait dans cette voie maritime essentielle au transport du pétrole ou du gaz, en représailles des bombardements menés par les États-Unis. "Il est difficile de ne pas conclure que la Chine est gagnante dans cette affaire", déclare, en préambule du rapport, Kurt Campbell, président et cofondateur d'Asia Group. Le pays tire son épingle du jeu dans une conjoncture qui impacte très durement ses voisins : l'Asie importe 80 % de son pétrole et 90 % de son gaz naturel en passant par le détroit d'Ormuz.</p><p>La première explication, <a href="https://www.nytimes.com/2026/06/29/business/economy/china-iran-strait-of-hormuz.html" target="_blank" rel="" title="https://www.nytimes.com/2026/06/29/business/economy/china-iran-strait-of-hormuz.html">relevée par le <i>New York Times</i></a>, trouve racine dans la capacité de la Chine à réduire sa dépendance au pétrole étranger. En mai, ses importations en la matière ont ainsi diminué de 30 %. Parallèlement, Xi Jinping a lancé depuis plusieurs années des investissements massifs pour que la Chine accède à l'indépendance énergétique. Plusieurs milliards de dollars ont été investis dans les énergies renouvelables, dont le solaire, l'éolien ou encore l'hydroélectrique. Sa consommation électrique, notamment, compte pour un tiers de sa dépense, soit 50 % de plus qu'en Europe et aux États-Unis, selon le <a href="https://www.ft.com/content/5c353173-5c60-4ec0-8920-409caf77c4d7?accessToken=zwAAAZ1dLJ5Gkc9cNTFzXGBOwNOJIECcr3fE1w.MEUCIQDdhtIJ--HfAy7Gd5vtHj6bGb_bvGvliMXaLrOdsG9GtAIgTQp6TCQY_IZc6XFAvPqPuHUWSkmrmNnKXfr2iV_dJcQ&amp;sharetype=gift&amp;token=f1461952-c2e1-4490-b8bc-6d690a8dd546&amp;syn-25a6b1a6=1" target="_blank" rel="" title="https://www.ft.com/content/5c353173-5c60-4ec0-8920-409caf77c4d7?accessToken=zwAAAZ1dLJ5Gkc9cNTFzXGBOwNOJIECcr3fE1w.MEUCIQDdhtIJ--HfAy7Gd5vtHj6bGb_bvGvliMXaLrOdsG9GtAIgTQp6TCQY_IZc6XFAvPqPuHUWSkmrmNnKXfr2iV_dJcQ&amp;sharetype=gift&amp;token=f1461952-c2e1-4490-b8bc-6d690a8dd546&amp;syn-25a6b1a6=1"><i>Financial Times</i></a>. Le pays peut donc aussi s'appuyer sur ce levier, alors que des pays du monde entier s'équipent de plus en plus de ces technologies. En particulier, les autres pays d'Asie du Sud-Est, pour qui la position des États-Unis, revenus sur des investissements en énergies fossiles, est devenue moins attractive que la Chine.</p><p>La Chine peut ainsi se présenter comme une alternative aux États-Unis de Donald Trump, dont les <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/petrole-iranien-ce-revirement-de-donald-trump-qui-pourrait-rapporter-gros-a-teheran-ZGS7GN6IQ5B4XJCXKSMVA4LACM/" target="_blank" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/petrole-iranien-ce-revirement-de-donald-trump-qui-pourrait-rapporter-gros-a-teheran-ZGS7GN6IQ5B4XJCXKSMVA4LACM/">revirements</a> irritent jusqu'à leurs alliés. Elle se protège également des fluctuations des prix de l'énergie et consolide sa position de leader régional sur le continent. Un responsable d'une entreprise exportatrice de prototypes de produits à Hangzhou raconte, toujours au <i>Financial Times,</i> qu'un de ses clients "envisageait de rapatrier certaines commandes du Vietnam et du Cambodge vers <a href="https://www.lexpress.fr/economie/blocus-dormuz-la-chine-ne-retrouvera-pas-les-tarifs-preferentiels-quelle-avait-avec-liran-GEZEVAYRERF2NAE2SUC2YLSHJY/" target="_blank" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/blocus-dormuz-la-chine-ne-retrouvera-pas-les-tarifs-preferentiels-quelle-avait-avec-liran-GEZEVAYRERF2NAE2SUC2YLSHJY/">la Chine</a>." Le succès stratégique de la Chine, souligne le rapport, s'apprécie aussi par contraste avec les pays voisins.</p><h2>L'Asie du Sud-Est frappée de plein fouet</h2><p>Le rapport d'Asia Group, qui a utilisé l'IA pour prévoir comment les gouvernements et entreprises réagiraient à cette crise, montre à quel point la Chine fait figure d'exception. Au Laos, par exemple, le gouvernement <a href="https://www.courrierinternational.com/article/analyse-la-lecon-du-blocage-d-ormuz-l-autonomie-geopolitique-depend-de-l-autonomie-energetique_244341?fbclid=IwY2xjawSvQCNleHRuA2FlbQIxMQBicmlkETFtNkJ5NWxtcGhhMHVIR3ozc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHsLCtfMQixN2kWgjbG7XUPi_ZLGj5J6s8cQm756a5zo2kw5iKZS0v_6lplw3_aem_tm3a1XW2gJwpetoGfPhDEw" target="_blank" rel="" title="https://www.courrierinternational.com/article/analyse-la-lecon-du-blocage-d-ormuz-l-autonomie-geopolitique-depend-de-l-autonomie-energetique_244341?fbclid=IwY2xjawSvQCNleHRuA2FlbQIxMQBicmlkETFtNkJ5NWxtcGhhMHVIR3ozc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHsLCtfMQixN2kWgjbG7XUPi_ZLGj5J6s8cQm756a5zo2kw5iKZS0v_6lplw3_aem_tm3a1XW2gJwpetoGfPhDEw">a pris des mesures drastiques </a>: fermer des centaines de stations-service et réduire à quatre jours la semaine des écoliers. En Indonésie, le cours de la monnaie a connu, début juin, une baisse historique avec plus de 18 000 roupies indonésiennes pour un dollar américain. Le pays a été contraint de négocier directement avec l'Iran les conditions de passage dans le détroit des navires pétroliers. L'Inde, qui dénonce régulièrement les droits de douane imposés par Donald Trump, se retrouve au pied du mur : elle a besoin de l'appui américain alors que deux barils importés sur trois passent par Ormuz. Au Japon, enfin, les nombreux constructeurs automobiles sont à la peine face à la hausse des prix et aux pénuries d'aluminium.</p><p>Kurt Campbell, d'Asia Group, explique que l'enjeu est de savoir combien de temps va durer cette situation. Il estime que le blocage du détroit d'Ormuz a eu un impact "profond et durable" sur les chaînes d'approvisionnement des pays cités plus haut. De quoi renforcer encore davantage la position stratégique de Pékin en Asie.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/TXZH2JRJIBAFXAB7NL5FIZU6ZE.JPG?auth=081c443c7748ea967ef414fd0b70d7e96682ed3495af0f8ce20165602ac648a0&amp;smart=true&amp;width=5500&amp;height=3095" type="image/jpeg" height="3095" width="5500"><media:description type="plain"><![CDATA[Des navires dans le détroit d'Ormuz vus depuis Oman, le 22 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS/Stringer/File Photo</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Comment Donald Trump impose son nom et son visage partout où il le peut]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-donald-trump-impose-son-nom-et-son-visage-partout-ou-il-le-peut-LYEBGIZUPRBCPLQADMUDDNASVI/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-donald-trump-impose-son-nom-et-son-visage-partout-ou-il-le-peut-LYEBGIZUPRBCPLQADMUDDNASVI/</guid><dc:creator><![CDATA[Enola Richet]]></dc:creator><description></description><pubDate>Mon, 29 Jun 2026 14:27:18 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Il devient presque impossible pour les Américains d’éviter son visage. Le 27 juin, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-kazakhstan-donald-trump-negocie-pour-les-etats-unis-et-pour-sa-famille-5CQYDZCIINGHTBY44DBPIQ4ETM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-kazakhstan-donald-trump-negocie-pour-les-etats-unis-et-pour-sa-famille-5CQYDZCIINGHTBY44DBPIQ4ETM/">Donald Trump</a> a ajouté à l’interminable liste de lieux où figure son portrait un objet symbolique : un nouveau passeport commémoratif créé pour célébrer les 250 ans de l’indépendance <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/">des États-Unis</a>, dont le visuel a été dévoilé sur Truth Social par l’autolâtre <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-les-senateurs-republicains-defient-donald-trump-a-lapproche-des-midterms-5WFLLKI6KZGDJPMUJ6P433V32A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-les-senateurs-republicains-defient-donald-trump-a-lapproche-des-midterms-5WFLLKI6KZGDJPMUJ6P433V32A/">président américain</a>. On l’y voit représenté par un imposant portrait, derrière le Resolute Desk, avec la Déclaration d'indépendance en arrière-plan et sa signature au bas de la page. </p><p>La Maison-Blanche a ensuite relayé le visuel sur X. Selon le département d'État, ce passeport en édition limitée sera délivré aux personnes renouvelant leur passeport auprès de l'agence de Washington, tandis que le modèle classique restera utilisé ailleurs. Une rupture avec la tradition américaine, où les passeports mettent habituellement à l'honneur des symboles nationaux ou des figures historiques, et non le président en exercice.</p><h3>Quand les symboles d'État prennent les traits de Donald Trump</h3><p>Quelques semaines plus tôt, début juin, l’administration Trump avait déjà fait parler d'elle avec un projet de billet de 250 dollars à l'effigie du président. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a depuis présenté un premier visuel du billet, lui aussi imaginé dans le cadre des célébrations du 250e anniversaire des États-Unis. Là aussi, la proposition rompt avec une règle observée depuis plus d'un siècle : la monnaie américaine ne représente que des personnalités décédées. Le projet doit encore franchir plusieurs obstacles juridiques et législatifs avant de pouvoir être mis en circulation.</p><p>Plus globalement, le second mandat du milliardaire américain donne lieu à une folle auto-mania, le visage <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/renseignement-americain-donald-trump-recule-face-aux-critiques-et-lache-son-protege-KFRQGRKTQVARXJWDUL5DW3KS3A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/renseignement-americain-donald-trump-recule-face-aux-critiques-et-lache-son-protege-KFRQGRKTQVARXJWDUL5DW3KS3A/">de Donald Trump</a> s’imposant partout dans le paysage urbain de Washington. Depuis 2025, d'immenses portraits du président ont été installés sur les façades du ministère de la Justice et du ministère du Travail. Une pratique inhabituelle aux Etats-Unis, où les administrations et bâtiments fédéraux sont censés demeurer politiquement neutres. Des représentations forcées qui rappellent à certains observateurs et historiens les pratiques d’anciennes monarchies européennes, alors que le portrait du souverain servait partout à rappeler son autorité absolue. </p><h3>Washington, vitrine de la marque Trump</h3><p>Quand ce n’est pas son visage, c’est son nom qu’il tente d’imposer jusque dans les institutions fédérales. Après avoir démantelé l'United States Institute of Peace en 2025, son administration a finalement rebaptisé le bâtiment le "Donald J. Trump Institute of Peace". Une décision prise par le secrétaire d'État Marco Rubio, assure Donald Trump, qui participe dans tous les cas à une personnalisation inédite de cet organisme fédéral jusqu’ici indépendant. </p><p>Même sort pour le Kennedy Center, cet illustre centre culturel bâti à la mémoire du président assassiné. Après avoir pris le contrôle de son conseil d'administration et annoncé une série de réformes polémiques en 2025, le chef d’Etat a finalement annoncé en décembre dernier que l'institution culturelle deviendrait le "Trump Kennedy Center". Une fois n’est pas coutume, cette décision a finalement été suspendue par la justice, un juge fédéral ayant ordonné mi-juin le retrait du nom "Trump" de la signalétique et des supports de communication. </p><h3>"Arc de Trump", "Trump promenade"...</h3><p>Qu’à cela ne tienne : si les monuments existants sont parfois protégés, Donald Trump a décidé de construire ses propres supports de communication. Parmi ses projets, celui de la création d’un arc monumental et orné de statues d’or, inspiré de l’Arc de Triomphe français, déjà surnommé par les médias américains l’"Arc de Trump". Début juin — et toujours dans le cadre des préparatifs du 250e anniversaire des Etats-Unis, il a également évoqué le projet de création d’une promenade derrière <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-lincoln-memorial-la-renovation-voulue-par-donald-trump-vire-a-la-farce-2URNFMXG7BEE7ORSXLC6AMIRYA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-lincoln-memorial-la-renovation-voulue-par-donald-trump-vire-a-la-farce-2URNFMXG7BEE7ORSXLC6AMIRYA/">le Lincoln Memorial</a>. "Ils veulent l'appeler la Trump Promenade" a lancé le président devant les caméras, sans préciser qui soutenait cette idée. </p><p>Une stratégie de personnalisation fidèle à la manière dont Donald Trump a toujours développé sa marque personnelle. Bien avant son entrée en politique lorsqu’il évoluait dans le secteur privé, son nom figurait déjà sur des hôtels, des casinos, des immeubles, des terrains de golf, des avions ou encore une multitude de produits dérivés. La différence, soulignent les historiens, est qu'il transpose désormais cette logique marketing aux symboles de l'État fédéral, brouillant chaque jour un peu plus la frontière entre l’Etat américain et sa propre personne. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/3DLJHIIYCBDU3HEFH2NXCP4SQ4.JPG?auth=949229090cbd54af271d14ae264a563726c92b604595267a6dbc4a0f079784f5&amp;smart=true&amp;width=733&amp;height=478" type="image/jpeg" height="478" width="733"><media:description type="plain"><![CDATA[Le 27 juin, Donald Trump a ajouté à l’interminable liste de lieux où figure son portrait un objet symbolique : un nouveau passeport commémoratif créé pour célébrer les 250 ans de l’indépendance des États-Unis.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Entre Ukraine et Pologne, la querelle qui arrange bien Vladimir Poutine]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/entre-ukraine-et-pologne-la-querelle-qui-arrange-bien-vladimir-poutine-XBRP6WOMJFFH3MMH2IEIF4YNNQ/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/entre-ukraine-et-pologne-la-querelle-qui-arrange-bien-vladimir-poutine-XBRP6WOMJFFH3MMH2IEIF4YNNQ/</guid><dc:creator><![CDATA[Luc de Barochez]]></dc:creator><description></description><pubDate>Mon, 29 Jun 2026 13:57:21 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Les crimes de la Seconde Guerre mondiale <a href="https://www.lexpress.fr/monde/entre-la-pologne-et-lukraine-les-tensions-sexacerbent-sur-fond-de-brouille-memorielle-3EY7O3RCRFC33PGSLGBL4M3VCQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/entre-la-pologne-et-lukraine-les-tensions-sexacerbent-sur-fond-de-brouille-memorielle-3EY7O3RCRFC33PGSLGBL4M3VCQ/">reviennent tourmenter la Pologne et l’Ukraine</a> au pire moment. Alors que la défaite électorale de <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/jordan-bardella-et-leurope-le-national-populisme-sans-viktor-orban-par-blanche-leridon-HVQVBXI6YZD4RNJJ2RSHMKPL3A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/jordan-bardella-et-leurope-le-national-populisme-sans-viktor-orban-par-blanche-leridon-HVQVBXI6YZD4RNJJ2RSHMKPL3A/">Viktor Orban</a> en Hongrie vient de permettre <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/lunion-europeenne-debloque-90-milliards-deuros-pour-lukraine-apres-la-levee-du-veto-hongrois-72QC3BLHTZGKTG5DCSIVC2CCRQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/lunion-europeenne-debloque-90-milliards-deuros-pour-lukraine-apres-la-levee-du-veto-hongrois-72QC3BLHTZGKTG5DCSIVC2CCRQ/">à l’Europe de refaire son unité autour de Kiev</a> contre l’invasion russe, voilà que le souvenir des massacres de Polonais par des Ukrainiens en 1943 creuse un fossé béant entre Varsovie et Kiev, à l’avantage de Moscou et au détriment des intérêts stratégiques européens.</p><p>Le spectre qui hante les deux pays a pour nom la Volhynie. Dans cette région située aujourd’hui dans le nord-ouest de l’Ukraine, des partisans nationalistes ukrainiens massacrèrent des dizaines de milliers de civils polonais, hommes, femmes et enfants, décapités à la hache, crucifiés, démembrés, éventrés ou brûlés vifs. Selon l’historien américain Timothy Snyder*, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) avait pour objectif, en orchestrant cette terreur innommable, de "nettoyer" ethniquement le territoire qu’elle espérait annexer à un futur Etat ukrainien indépendant.</p><p>Lorsqu’il a autorisé, fin mai, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-cette-decision-de-volodymyr-zelensky-qui-provoque-la-colere-de-la-pologne-TN2I6BRM35D4BFVMYIEQW3SPTE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-cette-decision-de-volodymyr-zelensky-qui-provoque-la-colere-de-la-pologne-TN2I6BRM35D4BFVMYIEQW3SPTE/">une unité de son armée à prendre le nom de "Héros de l’UPA",</a> le président Zelensky a commis plus qu’une erreur de jugement, une faute morale. En signe d’indignation, son homologue polonais Nawrocki lui a retiré l'Ordre de l'Aigle blanc, la plus haute décoration polonaise. A son tour, Zelensky s’est abstenu, le 25 juin, de se rendre à Gdansk pour une conférence sur l<a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-les-chiffres-pour-mesurer-le-cout-colossal-de-la-reconstruction-WQVXDUXE6JFEVELZ5XMXID46G4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-les-chiffres-pour-mesurer-le-cout-colossal-de-la-reconstruction-WQVXDUXE6JFEVELZ5XMXID46G4/">a reconstruction de l'Ukraine</a>, rendez-vous pourtant capital pour son pays.</p><p>Cette désastreuse concurrence mémorielle se nourrit de deux récits historiques incompatibles. Pour beaucoup de Polonais, mettre l’UPA à l’honneur équivaut à faire l’apologie d’un génocide. Pour nombre d’Ukrainiens en revanche, il n’est pas question de glorifier les massacres (qui ne sont pas niés par Kiev) mais de rappeler les faits d’armes de l’UPA post-1945, lorsqu’elle résista pendant des années à la soviétisation du pays. Des militaires ukrainiens y trouvent un écho à leurs souffrances d’aujourd’hui et une source d’inspiration dans leur combat contre l’armée russe.</p><h2>Chacun des deux pays a besoin de l’autre</h2><p>Si les plaies du passé se sont rouvertes si vite, c’est qu’elles n’ont jamais été fermées. Longtemps, l’URSS qui dominait les deux peuples a interdit un réel travail de mémoire en attribuant, de manière bien commode pour elle, toutes les horreurs de la période 1939-1945 à la seule Allemagne nazie. Plus récemment, Kiev et Varsovie se sont attelés à un travail historique commun. Zelensky a donné son feu vert l’an dernier à l’exhumation de dépouilles de victimes jetées dans des fosses communes, afin qu’elles puissent recevoir des funérailles dignes. Le faux pas de l’Ukrainien et son instrumentalisation politique par son homologue polonais ont réduit ces progrès à néant.</p><p>Nawrocki a reconnu lui-même que la glorification de l'UPA fournissait à Vladimir Poutine "beaucoup d’oxygène pour sa désinformation". Moscou peut faire valoir, tout en même temps, aux Polonais que l’Ukraine encaisse leur aide tout en piétinant leurs convictions, aux Ukrainiens que la Pologne exploite l’histoire pour mieux les humilier, et aux autres Européens à quel point le nationalisme ukrainien serait dangereux.</p><p>Malgré le passé, et c’est tout à son honneur, la Pologne a fait preuve depuis quatre ans d’une solidarité admirable avec son voisin. Elle sait combien la survie d’une Ukraine indépendante est cruciale pour contenir la Russie. Chacun des deux pays a besoin de l’autre ; ils ont tout à perdre à se disputer. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, l’a admis : "La coopération est dans l’intérêt de nos deux peuples mais le conflit ne sert que les intérêts de Moscou". Il faut espérer que les dirigeants de Kiev et de Varsovie sauront retrouver leur sang-froid. A cet égard, la réconciliation d’après guerre entre Français et Allemands, qui n’avaient pas moins de raisons de se haïr que Polonais et Ukrainiens, pourrait peut-être les inspirer.</p><p>(*) Lire <i>Terres de sang, l'Europe entre Hitler et Staline</i>, Folio Histoire, 2019</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/JFTR4PR5BJHDZPAFM4W2X7XGLI.JPG?auth=79e32d9bf828cac2b2a3cafcaca1a7008735674437306dd6d9a99a5a4289e09c&amp;smart=true&amp;width=5274&amp;height=3516" type="image/jpeg" height="3516" width="5274"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président ukrainien Voldomyr Zelensky et le Premier ministre polonais Donald Tusk.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA["Nous avons des problèmes" : derrière l'aveu de Vladimir Poutine, les difficultés croissantes de la Russie]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-avons-des-problemes-derriere-laveu-de-vladimir-poutine-les-difficultes-croissantes-de-la-russie-ULFA6IJS3JFGRIUCLAR44R3IZQ/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-avons-des-problemes-derriere-laveu-de-vladimir-poutine-les-difficultes-croissantes-de-la-russie-ULFA6IJS3JFGRIUCLAR44R3IZQ/</guid><description></description><pubDate>Mon, 29 Jun 2026 10:41:12 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Vladimir Poutine est plutôt du genre à apparaître comme sûr de lui en toutes circonstances. Dimanche 28 juin, pourtant, il a reconnu dans un discours publié par le Kremlin que les frappes ukrainiennes "contre [les] infrastructures [russes] créent des problèmes". Un aveu inédit pour Vladimir Poutine, qui fait référence aux <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/trophylab-la-base-de-donnees-ukrainienne-qui-disseque-larsenal-militaire-russe-DT72CWHZABH63LX5XVFQ5YKRQQ/" target="_blank" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/trophylab-la-base-de-donnees-ukrainienne-qui-disseque-larsenal-militaire-russe-DT72CWHZABH63LX5XVFQ5YKRQQ/">avancées de l'Ukraine en matière de drones</a>, qui lui permettent désormais de frapper la Russie en restant à plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres de distance.</p><p>Les infrastructures énergétiques sont les premières visées. Parmi les plus grands producteurs d'énergie au monde, les réserves de carburant sont vitales pour la Russie et son économie. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a confirmé dimanche que deux raffineries avaient été touchées à Iaroslav et Krasnodar, deux régions éloignées de la frontière avec l'Ukraine. Il a écrit sur Telegram : "Chaque frappe représente une réduction des ressources qui alimentent la machine de guerre russe, et un pas de plus vers la paix."</p><h2>"La situation n'est pas critique"</h2><p>Ces attaques interviennent alors que l'avancée des troupes russes en Ukraine est au point mort. Lors de son discours, Vladimir Poutine a assuré que ses troupes se trouvaient à une dizaine de kilomètres de Soumy, "capitale" du nord de l'Ukraine. Mais <a href="https://www.ft.com/content/b6a405a1-876d-4844-8ca9-8bc19b58a2b2?syn-25a6b1a6=1" target="_blank" rel="" title="https://www.ft.com/content/b6a405a1-876d-4844-8ca9-8bc19b58a2b2?syn-25a6b1a6=1">selon le <i>Financial Times</i></a>, des observateurs indépendants qui suivent l'armée russe à partir d'images du front indiquent que les troupes n'ont pas bougé et sont toujours à plus de vingt kilomètres de cette ville. Vladimir Poutine a revendiqué d'autres avancées territoriales impossibles ou très difficiles à vérifier. Ces arguments alimentent un contre-récit proposé par le président russe, qui a affirmé, comme pour mieux s'en convaincre : "Nous constatons actuellement une certaine pénurie, mais la situation n'est pas critique."</p><p>De fait, une région en particulier symbolise les difficultés russes : la Crimée. Annexée par la Russie depuis 2014, cette partie du territoire ukrainien comprend notamment le Pont de Crimée, long de dix-neuf kilomètres et axe stratégique pour les livraisons de carburant depuis la Russie. Sa position centrale dans la mer Noire permet aussi à la Russie de menacer en permanence le trafic maritime de l'Ukraine. En 2022 déjà, l'armée ukrainienne avait endommagé cette route. Il y a quelques jours, elle a détruit les défenses antiaériennes qui protègent le pont, et comptent récidiver, si l'on en croit le ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov : "<a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-comment-kiev-tente-dasphyxier-la-crimee-de-vladimir-poutine-CX45PIGMNVF7PEG5FQRFS56UOQ/" target="_blank" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-comment-kiev-tente-dasphyxier-la-crimee-de-vladimir-poutine-CX45PIGMNVF7PEG5FQRFS56UOQ/">La Crimée est en train d’être isolée</a> par des drones. Dans un avenir proche, la péninsule deviendra une île", a-t-il déclaré sur YouTube le 17 juin.</p><h2>Des pénuries de carburant et d'électricité</h2><p>Pour la population locale, les pénuries se font sentir. "Il n'y a jamais eu une chose pareille", déclarait à l'AFP, vendredi dernier, un habitant de la Crimée. D'autres régions sont aussi touchées. <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/jun/29/ukraine-war-briefing-putin-expects-us-negotiators-moscow-fuel-rationing-siberia" target="_blank" rel="" title="https://www.theguardian.com/world/2026/jun/29/ukraine-war-briefing-putin-expects-us-negotiators-moscow-fuel-rationing-siberia">Le <i>Guardian</i></a> rapporte par exemple qu'un gouverneur de Sibérie a annoncé que les automobilistes ne peuvent désormais s'approvisionner que de cinquante litres d'essence par véhicule et par jour, et ce jusqu'à nouvel ordre. En réaction, Vladimir Poutine a annoncé, toujours lors de son discours, renforcer l'approvisionnement dans les raffineries et en particulier en Crimée. Depuis trois jours, les autorités russes locales ont déclaré "l'état d'urgence" après des frappes ukrainiennes qui ont provoqué des coupures d'électricité massives pour les habitants.</p><p>Dans la bataille rhétorique qui entoure les affrontements militaires entre les deux pays, Vladimir Poutine a dégainé un second argument. Selon lui, les attaques ukrainiennes viseraient à "détourner notre attention et nos forces de la réalisation de la tâche principale qui nous incombe : la libération finale du Donbass et de la Novorossiya (sic)". Le terme de<i> Novorossiya </i>n'a pas été choisi au hasard. Il renvoie à l'époque des tsars de Russie - le dernier, Nicolas II (1868-1918), a été exécuté par les bolcheviques lors de la Révolution russe. <i>Novorossiya</i> recouvre d'anciens territoires de l'Empire russe qui appartiennent aujourd'hui à l'Ukraine. Citons Kherson ou Zaporijia, que la Russie contrôle partiellement, ou encore Odessa, au sud de l'Ukraine, dont l'armée russe n'a pu que s'approcher depuis le début de la guerre.</p><p>Un terme qui marque une évolution, du moins sur le papier, des ambitions territoriales de Vladimir Poutine par rapport au sommet en Alaska l'an dernier, où il s'était entretenu avec Donald Trump. À son sujet, il s'est montré <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/au-sommet-du-g7-donald-trump-se-montre-pret-a-rouvrir-le-dossier-ukrainien-62DI65XI6RGB3AIBR3NFTPPH3A/" target="_blank" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/au-sommet-du-g7-donald-trump-se-montre-pret-a-rouvrir-le-dossier-ukrainien-62DI65XI6RGB3AIBR3NFTPPH3A/">beaucoup plus conciliant</a>. Les Etats-Unis prévoient, selon la Russie, de reprendre les négociations pour un cessez-le-feu une fois un accord obtenu au <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/">Moyen-Orient</a> ; Vladimir Poutine, lui, compte plutôt poursuivre son offensive et atteindre ses objectifs à tout prix.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/WN4BRAWWW5FFFIJSIQFN3XDECA.JPG?auth=23abd461577f20813ae8ec64cabbec5a8f60d75153a21702d1acdec3f2fba5d0&amp;smart=true&amp;width=3010&amp;height=2070" type="image/jpeg" height="2070" width="3010"><media:description type="plain"><![CDATA[Vladimir Poutine dans son bureau à Moscou, le 28 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">Sputnik/Gavriil Grigorov/Pool via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Au Kazakhstan, Donald Trump négocie pour les Etats-Unis… et pour sa famille]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-kazakhstan-donald-trump-negocie-pour-les-etats-unis-et-pour-sa-famille-5CQYDZCIINGHTBY44DBPIQ4ETM/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/au-kazakhstan-donald-trump-negocie-pour-les-etats-unis-et-pour-sa-famille-5CQYDZCIINGHTBY44DBPIQ4ETM/</guid><dc:creator><![CDATA[Enola Richet]]></dc:creator><description></description><pubDate>Mon, 29 Jun 2026 10:31:30 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/petrole-iranien-ce-revirement-de-donald-trump-qui-pourrait-rapporter-gros-a-teheran-ZGS7GN6IQ5B4XJCXKSMVA4LACM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/petrole-iranien-ce-revirement-de-donald-trump-qui-pourrait-rapporter-gros-a-teheran-ZGS7GN6IQ5B4XJCXKSMVA4LACM/">L'administration Trump</a> a négocié avec le Kazakhstan un accord stratégique portant sur l'exploitation de l'un des plus grands gisements inexploités de tungstène au monde, un métal indispensable à la fabrication d'ogives de missiles, d'avions de combat, ou encore de semi-conducteurs. C’est dans une enquête du journal américain le <a href="https://archive.is/BJGkg" target="_self" rel="" title="https://archive.is/BJGkg"><i>New York Times</i></a> (NYT) que l’on apprend que <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/negociations-etats-unis-iran-les-declarations-contradictoires-de-washington-et-teheran-NZRXTNJSDFFMVIIGZ6ZDLYES7A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/negociations-etats-unis-iran-les-declarations-contradictoires-de-washington-et-teheran-NZRXTNJSDFFMVIIGZ6ZDLYES7A/">Washington</a> s'apprête à soutenir ce projet à hauteur de 1,6 milliard de dollars via des financements fédéraux destinés à l'entreprise américaine Kaz Resources. Mais derrière cette opération présentée comme essentielle à la souveraineté économique des Etats-Unis, les principaux bénéficiaires pourraient bien être les fils du président américain.</p><p>Selon l'enquête du quotidien new-yorkais, Donald Trump Jr. et Eric Trump ont pris, quelques semaines seulement après le début des négociations menées par leur père avec le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev, une participation indirecte dans une structure liée au projet minier. Ils détiennent partiellement la société financière Dominari Securities, installée dans la Trump Tower, qui a elle-même pris part à l'achat de 20 % d'une entité liée au projet kazakh. Autrement dit, une société intermédiaire appelée à profiter directement de l'opération. L'accord définitif entre Washington et Astana a ensuite été signé le 6 novembre, soit six jours après cette prise de participation, qui n'avait alors pas été rendue publique.</p><p>La famille du secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, est elle aussi liée à l'opération, révèle également le NYT. Pour cause, Cantor Fitzgerald, la banque d'investissement historiquement dirigée par <a href="https://www.lexpress.fr/monde/le-futur-secretaire-americain-au-commerce-defend-les-droits-de-douane-tous-azimuts-OSZZRR37DBBFDJVWAXGAVCMHUU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/le-futur-secretaire-americain-au-commerce-defend-les-droits-de-douane-tous-azimuts-OSZZRR37DBBFDJVWAXGAVCMHUU/">Howard Lutnick</a> et aujourd'hui supervisée par ses fils Brandon et Kyle, a aidé l'un des principaux investisseurs du projet à lever 210 millions de dollars… générant probablement plusieurs millions de dollars de commission à l’occasion. </p><h3>80 milliards de dollars de tungstène</h3><p>Le président exécutif de Kaz Ressources, Pini Althaus, affirme au <i>New York Times</i> que les discussions avec Washington avaient commencé sous l'administration Biden et qu'il ignorait l'implication financière des fils Trump au moment où de nouveaux investisseurs sont entrés au capital. "Je comprends que l'apparence des choses puisse déranger certaines personnes", justifie-t-il au quotidien américain, tout en estimant que le projet "dépasse largement la personne d'un président, et encore plus celle d'une famille". Son entreprise estime que le gisement pourrait contenir pour 80 milliards de dollars de tungstène et produire environ 12 000 tonnes par an, soit un volume équivalent aux importations annuelles américaines.</p><p>L'enquête retrace également le rôle personnel joué par <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-les-senateurs-republicains-defient-donald-trump-a-lapproche-des-midterms-5WFLLKI6KZGDJPMUJ6P433V32A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-les-senateurs-republicains-defient-donald-trump-a-lapproche-des-midterms-5WFLLKI6KZGDJPMUJ6P433V32A/">Donald Trump</a> dans les négociations. Selon Pini Althaus, "Le président Trump a mené la négociation finale avec le président Tokaïev". Howard Lutnick et <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/jd-vance-ou-marco-rubio-la-guerre-en-iran-accelere-la-bataille-de-succession-post-trump-chez-les-CDLVR4CD4NGN7DDY3X5NP7LKRU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/jd-vance-ou-marco-rubio-la-guerre-en-iran-accelere-la-bataille-de-succession-post-trump-chez-les-CDLVR4CD4NGN7DDY3X5NP7LKRU/">le secrétaire d'Etat Marco Rubio</a> auraient aussi été impliqués dans les discussions avec le Kazakhstan. Avant même la signature de l'accord, Howard Lutnick aurait adressé une lettre au président kazakh pour l’enjoindre à accepter la candidature de l'entreprise américaine, tandis que l’Export-Import Bank et l’U.S. International Development Finance Corporation — deux organisations fédérales — avaient déjà envoyé des lettres d’intention, signalant qu’elles envisageaient de financer jusqu’à 1,6 milliard de dollars du projet.</p><h3>Quatorze entreprises minières liées aux deux familles</h3><p>La Maison-Blanche rejette quant à elle toute idée de conflit d'intérêts et assure, auprès du <i>New York Times</i>, que "le seul intérêt particulier guidant les décisions de l'administration Trump est l'intérêt du peuple américain". Eric Trump affirme pour sa part avoir toujours été "un investisseur passif, sans aucun rôle de direction". En interne pourtant, plusieurs responsables de l'administration, cités anonymement par le quotidien, disent avoir été gênés par les liens financiers entre les familles Trump et Lutnick et des projets que le gouvernement contribue lui-même à financer. Les fonds fédéraux destinés au projet kazakh n'ont pas encore été débloqués, mais les deux sociétés liées aux familles Trump et Lutnick ont déjà perçu des commissions grâce aux différentes opérations financières entourant ce dossier.</p><p>Plus globalement, selon les documents fédéraux consultés par le journal, les familles Trump et Lutnick entretiennent des liens financiers avec au moins quatorze entreprises minières travaillant avec le gouvernement américain sur des projets de minerais critiques, pour lesquels plus de 8,9 milliards de dollars d'aides fédérales ont été accordés ou sont actuellement à l'étude.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/GOQ6MZHXKVA6HALQFBYDT6S7HA.JPG?auth=5e74882c3b23c22f86494180aebba49ad02bcd00447ec05260e922cf478b737a&amp;smart=true&amp;width=6000&amp;height=4000" type="image/jpeg" height="4000" width="6000"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche, à Washington, le 28 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS/Ken Cedeno</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Guerre au Moyen-Orient : l'Iran et les Etats-Unis conviennent de suspendre leurs attaques]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-au-moyen-orient-liran-et-les-etats-unis-conviennent-de-suspendre-leurs-attaques-BJO5TG4KZFF7NLQJES4GTJWZB4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-au-moyen-orient-liran-et-les-etats-unis-conviennent-de-suspendre-leurs-attaques-BJO5TG4KZFF7NLQJES4GTJWZB4/</guid><description></description><pubDate>Mon, 29 Jun 2026 05:06:04 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>L'Iran et les Etats-Unis ont convenu de mettre fin aux récentes attaques <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/">dans le Golfe</a> et de reprendre les pourparlers concernant leur différend sur le détroit d'Ormuz, a déclaré dimanche 28 jui un responsable américain, faisant naître l'espoir de sauver un accord de paix mis à mal par plusieurs jours de frappes mutuelles. "Les discussions techniques devraient se poursuivre sur tous les points du protocole d'accord. Les deux parties suspendent leurs attaques pour le moment et les navires peuvent circuler librement", a déclaré le responsable, faisant référence au protocole d'accord en 14 points conclu le 17 juin, en vertu duquel le détroit serait rouvert à la navigation.</p><p><a href="https://www.axios.com/2026/06/28/us-and-iran-agree-to-halt-strikes-and-meet-this-week-us-official-says" target="_self" rel="" title="https://www.axios.com/2026/06/28/us-and-iran-agree-to-halt-strikes-and-meet-this-week-us-official-says">Axios</a>, qui a été le premier média à annoncer la cessation des hostilités, citant un haut responsable américain, a indiqué que les pourparlers reprendraient mardi au Qatar.</p><p>Ce retour à la diplomatie intervient après plusieurs jours de frappes et de ripostes depuis qu'un projectile iranien a touché <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-les-etats-unis-ont-mene-des-frappes-apres-une-attaque-contre-un-navire-dans-le-GGCZAZLLC5CBJEQLCTK3W6ZBD4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-les-etats-unis-ont-mene-des-frappes-apres-une-attaque-contre-un-navire-dans-le-GGCZAZLLC5CBJEQLCTK3W6ZBD4/">un cargo dans le détroit d'Ormuz</a> jeudi, les Etats-Unis et l'Iran s'accusant mutuellement d'avoir violé le cessez-le-feu conclu le 17 juin. L'Iran a lancé des missiles et des drones sur des sites militaires américains au Koweït et à Bahreïn tôt dimanche matin, peu après que le président Donald Trump a menacé de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/le-cessez-le-feu-entre-les-etats-unis-et-liran-fragilise-par-une-reprise-des-frappes-et-des-menaces-WAXZXSJNHZGCVKLZRK3YUOA4QE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/le-cessez-le-feu-entre-les-etats-unis-et-liran-fragilise-par-une-reprise-des-frappes-et-des-menaces-WAXZXSJNHZGCVKLZRK3YUOA4QE/">faire disparaître la République islamique</a> si elle ne respectait pas l'accord visant à mettre fin à la guerre.</p><p>Par ailleurs, Israël a annoncé dimanche avoir mené une nouvelle frappe contre le Hezbollah, groupe armé soutenu par l'Iran, au Liban. La frappe a détruit des infrastructures souterraines utilisées par les combattants islamistes dans un village du sud du Liban. Ce raid fait suite à une première frappe samedi, peu après l'accord de cessez-le-feu conclu vendredi avec le Liban. L'Iran affirme que les combats au Liban doivent cesser pour que l'accord global soit respecté. L'armée américaine a déclaré plus tôt avoir de nouveau frappé l'Iran, quelques heures après qu'un pétrolier a été touché dans le détroit d'Ormuz, la voie maritime la plus importante au monde pour le transport d'énergie, que Téhéran a largement fermée pendant la majeure partie du conflit.</p><p>"Il se peut qu’un jour nous ne soyons plus en mesure de faire preuve de raison et que nous soyons contraints de mener à bien, par la force militaire, le travail que nous avons pourtant très bien entamé", a déclaré Donald Trump sur les réseaux sociaux, avant la publication de l’article d’Axios. "Si cela se produit, la République islamique d' Iran n'existera plus !", a-t-il ajouté.</p><h3>Un cessez-le-feu fragilisé</h3><p>Une première série de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/negociations-etats-unis-iran-les-declarations-contradictoires-de-washington-et-teheran-NZRXTNJSDFFMVIIGZ6ZDLYES7A/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/negociations-etats-unis-iran-les-declarations-contradictoires-de-washington-et-teheran-NZRXTNJSDFFMVIIGZ6ZDLYES7A/">pourparlers</a>, menée par le vice-président J.D. Vance et le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, s'est tenue en Suisse il y a une semaine et Washington a levé les sanctions contre Téhéran, mais les combats ont depuis repris et se sont intensifiés.</p><p>Environ une heure après la publication du message de Donald Trump, l'armée koweïtienne a déclaré que sa défense aérienne répondait à des attaques de missiles et de drones, tandis que Bahreïn a indiqué que des sirènes avaient retenti sur son territoire. Le Corps des Gardiens de la révolution islamique iranien a déclaré dans un communiqué que sa marine et ses forces aériennes avaient lancé des opérations de missiles et de drones visant des sites militaires américains au Koweït et à Bahreïn.</p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/xaTtlRpXOxw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen title="Donald Trump et le piège du nucléaire iranien"></iframe><p>Les Gardiens de la révolution ont déclaré que les frappes américaines violaient le cessez-le-feu et "entraîneront l'arrêt complet de tous les processus diplomatiques", a rapporté la chaîne de télévision d'Etat Press TV. Le commandement de la marine des Gardiens de la révolution a affirmé que les bases américaines dans la région "connaîtront un véritable enfer dans les jours à venir".</p><p>Un responsable américain, confirmant que l'Iran avait ciblé des installations américaines, a déclaré à Reuters qu'il n'y avait eu aucune victime américaine ni de dégâts majeurs sur les sites américains au Moyen-Orient, mais que la situation était encore en cours d'évolution. Quelques heures plus tard, l'alerte a été donnée une seconde fois au Bahreïn, où les autorités ont annoncé qu'une attaque iranienne avait endommagé un immeuble résidentiel dans la province de Muharraq. Aucun blessé n'a été signalé. Le Bahreïn a exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU à convoquer une session d'urgence afin de demander des comptes à l'Iran. L'armée koweïtienne a déclaré avoir intercepté deux missiles balistiques sans faire de dégâts ni de victimes.</p><p>Par ailleurs, le Qatar a annoncé le décès d'un de ses ressortissants, blessé par des éclats d'obus à bord d'un navire porté disparu samedi. Une deuxième personne a été blessée lors de cet incident, attribué à des "opérations militaires dans la région", a indiqué le ministère de l'Intérieur, sans préciser le lieu ni désigner de responsables.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/4VXCIZBC4JCGXLWVJLQ3KCG2MU.JPG?auth=f825cbb7bbdd6edde15146397eab2ec8b8a95c2db993f96a5deb6c3adb3da0a0&amp;smart=true&amp;width=5500&amp;height=3667" type="image/jpeg" height="3667" width="5500"><media:description type="plain"><![CDATA[Des passants déambulent près d'une fresque anti-américaine à Téhéran, en Iran, le 28 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">Majid Asgaripour/WANA via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Patriot américains : les Européens en quête de plans B pour leur défense aérienne]]></title><link>https://www.lexpress.fr/secret-defense/patriot-americains-les-europeens-en-quete-de-plans-b-pour-leur-defense-aerienne-CCKLQZZVEBAK5KADXA22FKBGP4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/secret-defense/patriot-americains-les-europeens-en-quete-de-plans-b-pour-leur-defense-aerienne-CCKLQZZVEBAK5KADXA22FKBGP4/</guid><dc:creator><![CDATA[Elsa Trujillo]]></dc:creator><description></description><pubDate>Mon, 29 Jun 2026 03:45:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>L'arithmétique est aussi simple que vertigineuse. Dans les cinq premiers jours du conflit avec l'Iran, les Etats-Unis et leurs alliés du Golfe ont tiré environ 800 missiles Patriot. La production américaine, tous fabricants confondus, s'élève à moins de 750 par an. Nul besoin d'être mathématicien pour comprendre : depuis mars, Washington est confrontée à une question de stock. Elle se pose d'autant plus que la construction d'un missile Patriot, best-seller de l'industrie d'armement américaine, prend plus de deux ans. Une gageure pour les Etats-Unis, mais aussi pour ses partenaires. </p><p>Attendez-vous à des retards de livraisons, a d'ailleurs indiqué le 27 mars le secrétaire d'Etat Marco Rubio, lors d'une réunion des ministères des Affaires étrangères du G7. Concentrés sur la reconstitution de leurs propres stocks, habitués à leur domination commerciale, les Etats-Unis assumaient jusqu'ici de faire attendre leurs partenaires. Le message a bien été entendu. Si bien qu'une grande majorité des pays européens, pourtant jusqu'ici très friands des missiles américains et de leurs systèmes de défense aérienne, décident de s'en détourner. Au mois d'avril, la décision a d'ailleurs marqué une bascule dans la relation entre le Danemark et les Etats-Unis : le gouvernement de Mette Frederiksen a choisi de tourner le dos aux systèmes Patriot pour se replier sur une alternative européenne, le SAMP-T NG, afin de garantir la protection de son espace aérien. Un désaveu pour Raytheon et Lockheed Martin, les deux industriels américains qui conçoivent les Patriot et leurs missiles. Mais aussi une réponse ferme aux revendications territoriales de l’administration Trump sur le Groenland, territoire autonome du Danemark, qui n’ont fait qu'aggraver le doute sur la fiabilité de Washington.</p><p>Le SAMP-T NG (pour "nouvelle génération") est le fruit d'un partenariat entre la France et l'Italie, comme son prédécesseur, le SAMP-T (pour Sol-air moyenne portée terrestre). Le projet est mené par le consortium Eurosam, qui regroupe les branches italienne et française du fabricant de missiles MBDA ainsi que Thales, le groupe d'électronique et de défense français. De premières livraisons de ce système sont prévues à la France et à l’Italie en 2027, contre 2028 pour les forces armées danoises – un délai jugé extrêmement compétitif par rapport à celui proposé par son rival américain. L’Ukraine est également dans l’attente de la livraison de l’un de ces systèmes pour éprouver ses capacités face à des "menaces balistiques", a annoncé en mars le président Volodymyr Zelensky.</p><h2>Une quinzaine de clients potentiels</h2><p>A la faveur des retards importants de livraison mais aussi des surcoûts annoncés par son concurrent américain, la liste de clients potentiels d’Eurosam s’est depuis considérablement allongée. Elle compte aujourd’hui une quinzaine de pays. Plusieurs ont franchi le pas de la demande d’information, une étape préalable à la signature d'un contrat, d’après un porte-parole d’Eurosam. Parmi eux, la Suisse, l’Estonie, qui ont publiquement fait part de leur examen approfondi de plans B, mais aussi la Roumanie ou encore la Norvège. Pour d’autres, les discussions ont tout juste été engagées. C’est le cas de la Belgique, qui entreprend de se doter d’une défense aérienne à capacité antimissile en 2029, pour plus de deux milliards d’euros, du Luxembourg, de la Hongrie, de l’Autriche, du Portugal ou encore de la Grèce. Le groupe dément en revanche les rumeurs de pourparlers avec le Koweit. Le salon mondial de l’armement Eurosatory, organisé mi-juin à Villepinte, a pleinement joué son rôle en donnant un coup d’accélérateur aux négociations.</p><p>L’Allemagne, en revanche, reste irréductiblement fidèle au Patriot. Le Bundestag a donné au mois de mars son feu vert à l’achat de quatre batteries supplémentaires, pour un montant de près de 1,4 milliard d’euros, deux de ses unités ayant été livrées à l’Ukraine. Le pays développe son propre système de défense aérienne, Iris-T, fabriqué par le constructeur Diehl Defense et jugé efficace contre les missiles de croisière. Le pays pilote également une initiative européenne, l’European Sky Shield Initiative (ESSI), lancée en 2022 par le chancelier Scholz pour combler les lacunes capacitaires des pays européens par l’acquisition, l’utilisation et la maintenance commune de systèmes de défense sol-air. Autour de la table, une vingtaine de pays, à l’exception de la France et de l’Italie. Concepteurs du SAMP-T NG, Rome et Paris n’ont pas d’intérêt industriel à rallier cette initiative.</p><h2>Des Européens livrés à eux-mêmes</h2><p>"Les Ukrainiens sont en train de travailler à l’élaboration d’un Patriot made in Ukraine qui réponde à leurs besoins opérationnels, pour beaucoup moins cher", complète Olivier Sueur, ancien sous-directeur Otan, UE et ONU au sein de la direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) et dirigeant du cabinet OSStratégie. Début juin, la Russie a profité du déficit ukrainien de Patriot pour frapper Kiev et Dnipro avec des missiles hypersoniques que seul ce type de système est en mesure d’intercepter. L’attaque nocturne, massive, a tué 23 personnes.</p><p>En Europe, la défense aérienne et antimissile est l’un des domaines dans lesquels les sous-investissements au cours des dernières décennies ont été les plus massifs, en raison d’un sentiment de relative sécurité après la disparition de la menace soviétique et du très fort coût des systèmes d’interception, soulignait déjà en septembre dernier une note de la Fondation pour la recherche stratégique dédiée à l’"européanisation de la défense antimissile". L’effort de rattrapage commence à être mené. En parallèle, les leçons de la guerre en Ukraine et du conflit au Moyen-Orient infusent. "La guerre en Iran nous a appris qu’en cas d’urgence, les Etats-Unis priorisent leurs propres besoins. Dans l’éventualité d’un conflit dans l’Indo-Pacifique qui engagerait les Américains, les Européens commencent à comprendre qu’ils seraient livrés à eux-mêmes face aux velléités russes", poursuit Olivier Sueur.</p><h2>Le timide revirement suisse</h2><p>Encore très demandé dans le monde entier, le Patriot est livré dans 18 pays. Le système est techniquement très complexe et coûteux : une seule batterie coûte plus d'un milliard de dollars, un missile intercepteur moderne, environ cinq millions. En cas de conflit majeur, il pourrait devenir une denrée rare. "Ce qui vaut pour l’armement en général vaut aussi pour ces systèmes. La fin de la fiabilité de l’allié américain laisse augurer des ruptures dans la livraison de pièces de rechange, de munitions et dans le maintien de l’accès aux données, qu’il s’agit d’anticiper en Europe", explique l’ancien conseiller diplomatique au sein de la Représentation permanente de la France auprès de l'Otan.</p><p>Le repli vers une alternative européenne comporte son lot de difficultés. Changer de système, et se détourner pour de bon du Patriot, implique non seulement l’acquisition de nouveaux missiles et lanceurs, mais aussi de radars et une formation supplémentaire. Ce 24 juin, la Suisse a opté pour un compromis. Le Conseil fédéral a pris la décision de reprendre les paiements destinés à l’achat du système Patriot tout en explorant d'autres options. Le tout afin de ne "ne pas compromettre d’autres acquisitions en provenance des Etats-Unis", dont celle de l'avion de combat F-35. "Cette décision de reprendre les paiements, actée en raison de la forte pression américaine, est une vraie déception. Les Verts considèrent qu’il faut se détourner des Patriot", analyse Clarence Chollet, qui siège sous la bannière de ce parti au Conseil national suisse.</p><p>"En l’occurrence, nous nous dirigeons vers l’acquisition d’un système complémentaire, ce que l’on considère comme du gaspillage sur le plan financier", poursuit-elle. Dans le pays, tous les partis sont unanimes et reconnaissent la nécessité de se doter de tels systèmes de défense. "Trois fournisseurs alternatifs sont envisagés, dont la France, la Corée du Sud mais aussi Israël, ce qui pourrait laisser augurer un important débat en Suisse", anticipe Clarence Chollet. Pour séduire le pays, Eurosam a mis en avant un argument clé. Le consortium européen garantit de premières livraisons dès 2028 ou 2029, contre 2034 d'après les dernières annonces concernant le Patriot américain. Le 25 juin, dans un nouveau coup de théâtre, le ministre de la Défense suisse Martin Pfister a néanmoins fait une nouvelle annonce: si les équipements américains sont livrés dès 2027, la Suisse s'engage à remettre à plus tard tout projet d'acquisition complémentaire. On ne renonce pas si facilement aux vieux réflexes.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/ULBVTFZJEJAMVM36OXFWDTD6Y4.JPG?auth=26922ce1e975be8e6b285ed38e152f857a650b53cbe80c1f4fe631e9b8262419&amp;smart=true&amp;width=8192&amp;height=5464" type="image/jpeg" height="5464" width="8192"><media:description type="plain"><![CDATA[Face aux retards de livraison du bouclier antiaérien américain et à l’imprévisibilité de l’administration Trump, les Européens cherchent des alternatives. ]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Réseaux sociaux interdits aux moins de 16 ans : l'Australie durcit le ton face aux limites de sa loi]]></title><link>https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/reseaux-sociaux-interdits-aux-moins-de-16-ans-laustralie-durcit-le-ton-face-aux-limites-de-sa-loi-6JBYY5B2VFDDZOXCVLMBQ7FMYQ/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/reseaux-sociaux-interdits-aux-moins-de-16-ans-laustralie-durcit-le-ton-face-aux-limites-de-sa-loi-6JBYY5B2VFDDZOXCVLMBQ7FMYQ/</guid><description></description><pubDate>Sun, 28 Jun 2026 16:01:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>L'Australie n'en a pas fini avec la réglementation des <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/lere-des-reseaux-sociaux-est-revolue-ce-qui-va-suivre-sannonce-bien-pire-6SAFR73I75D25KNWSOSF3W7YQY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/lere-des-reseaux-sociaux-est-revolue-ce-qui-va-suivre-sannonce-bien-pire-6SAFR73I75D25KNWSOSF3W7YQY/">réseaux sociaux</a>. Alors qu'une récente étude montre que l'interdiction imposée aux adolescents de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/laustralie-franchit-le-pas-et-interdit-les-reseaux-sociaux-aux-moins-de-16-ans-BD7ZAGGGJVDPXMFSUI4SR2GG5E/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/laustralie-franchit-le-pas-et-interdit-les-reseaux-sociaux-aux-moins-de-16-ans-BD7ZAGGGJVDPXMFSUI4SR2GG5E/">moins de 16 ans</a> ne s'est pas traduite en actes, le gouvernement hausse le ton. Canberra vient d'annoncer samedi 27 juin que l'amende maximale pour les entreprises technologiques qui ne se conforment pas à la nouvelle législation concernant les jeunes allait être doublée. Concrètement, cette amende - octroyée en cas de manquements systématiques à l'application de l'interdiction - passera de 49,5 à 99 millions de dollars australiens, soit de 30 à 60 millions d'euros.</p><p>Et ce n'est pas tout : les pouvoirs publics australiens prévoient aussi de contraindre ces entreprises - telles qu'Instagram, Facebook, Snapchat, <a href="https://www.lexpress.fr/secret-defense/tiktok-deepseek-quantique-linfluence-chinoise-vue-par-les-services-secrets-europeens-L7VUZRTAPRBXTP55EUWLSQQNH4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/secret-defense/tiktok-deepseek-quantique-linfluence-chinoise-vue-par-les-services-secrets-europeens-L7VUZRTAPRBXTP55EUWLSQQNH4/">TikTok</a> ou YouTube -, à fournir des preuves qu'elles ont mis en place les outils de vérification d'âge nécessaires pour empêcher les moins de 16 ans d'obtenir un compte, en renforçant les pouvoirs de l'organisme national de réglementation d'internet.</p><h3>"Les géants de la tech n'en font pas assez" selon Anthony Albanese</h3><p>"Je suis encouragé par l'évolution des mentalités et la dynamique mondiale que nous avons constatées depuis l'introduction de l’âge minimum pour l'utilisation des réseaux sociaux", a déclaré le Premier ministre <a href="https://www.lexpress.fr/monde/legislatives-en-australie-deuxieme-victoire-consecutive-pour-le-travailliste-anthony-albanese-2EZK2FPUZ5CBZMQMYPBRJ3DJOA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/legislatives-en-australie-deuxieme-victoire-consecutive-pour-le-travailliste-anthony-albanese-2EZK2FPUZ5CBZMQMYPBRJ3DJOA/">Anthony Albanese</a>, "mais il est clair que les géants de la tech n'en font pas assez pour se conformer à la loi – il y a encore trop d'enfants sur les réseaux sociaux".</p><p>L'Australie fait figure de précurseur depuis qu'elle a interdit les réseaux sociaux pour les moins de 16 ans il y a six mois. Une mesure qui a déjà permis la désactivation ou la restriction de plus de 5 millions de comptes de moins de 16 ans, et est suivie de près par de nombreux pays inquiets eux aussi de l'impact des réseaux sociaux sur la <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/reseaux-sociaux-et-sante-mentale-ces-chiffres-alarmants-sur-les-risques-de-depression-chez-les-ados-TI5QZOIFVFG7DOBCWM5JF6UCFE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/reseaux-sociaux-et-sante-mentale-ces-chiffres-alarmants-sur-les-risques-de-depression-chez-les-ados-TI5QZOIFVFG7DOBCWM5JF6UCFE/">santé mentale</a> et physique des jeunes. Le Royaume-Uni, entre autres, s'en est déjà inspiré et a même <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/ils-rendent-les-enfants-malheureux-le-royaume-uni-va-interdire-les-reseaux-sociaux-aux-moins-de-16-ACH24PCR6ZC4HLDCHKNER4U7NI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/ils-rendent-les-enfants-malheureux-le-royaume-uni-va-interdire-les-reseaux-sociaux-aux-moins-de-16-ACH24PCR6ZC4HLDCHKNER4U7NI/">annoncé</a> ce mois-ci vouloir aller plus loin dans les restrictions, en ciblant aussi les plateformes de jeux vidéo et de diffusion en direct. La France veut aussi avancer sur ce sujet : une mesure similaire pour les moins de 15 ans, déjà adoptée en première lecture à l'Assemblée, doit être soumise au vote d'ici le 15 juillet.</p><h3>Une interdiction loin d'être efficace</h3><p>Reste que cette interdiction est aujourd'hui loin d'être aussi efficace qu'espéré. D'après une étude publiée mercredi dans le <a href="https://bmjgroup.com/little-evidence-that-australias-under-16-social-media-restrictions-have-curbed-use-among-adolescents/" target="_self" rel="" title="https://bmjgroup.com/little-evidence-that-australias-under-16-social-media-restrictions-have-curbed-use-among-adolescents/"><i>British Medical Journal</i></a> et portant sur plus de 400 adolescents, 85 % des Australiens âgés de 12 à 15 ans utilisaient encore les réseaux sociaux trois mois après l'entrée en vigueur de l'interdiction. Deux tiers des utilisateurs mineurs restaient en ligne en déclarant tout simplement avoir plus de 16 ans ou en publiant un selfie que la plateforme interprétait comme étant celui d'une personne majeure. Des méthodes qui se révèlent donc largement insuffisantes. </p><p>Sans parler du tiers restant, composé de mineurs qui n'ont pour certains jamais eu à prouver leur âge, et pour d'autres eu recours à des faux comptes ou aux comptes de personnes de leur entourage. "Alors que les gouvernements d'Europe, d'Amérique du Nord et d'ailleurs envisagent des approches similaires, l'expérience australienne suggère que la mise en œuvre est aussi importante que la législation", explique Amrit Kaur Purba, professeure à la Faculté de santé publique de la London School of Hygiene &amp; Tropical Medicine, au journal spécialisé sur le numérique <a href="https://www.engadget.com/2202255/australia-social-media-ban-still-not-effective/" target="_blank" rel="" title="https://www.engadget.com/2202255/australia-social-media-ban-still-not-effective/"><i>Engadget</i></a>.</p><p>Le gouvernement australien se veut néanmoins optimiste : la nouvelle loi devrait changer la donne, assure-t-il. Elle permettra aux autorités de recueillir des informations auprès de tiers - tels que les fournisseurs de services de vérification d'âge ou les fournisseurs de boutiques d'applications -, afin de vérifier les affirmations faites par les plateformes. Certaines d'entre elles, comme le site de forums Reddit, ont déjà contesté l'interdiction pour les moins de 16 ans devant la Haute Cour d'Australie, la plus haute juridiction du pays, au nom de la liberté d'expression. Pas de quoi faire reculer l'exécutif, comme le prouvent ses dernières annonces.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/KC6NJQFJTVCWZF2GQGV5E3525M.jpg?auth=6fde126c88ff532a4e1eb79cbf4bcb0923894a3913892aa0736fd6afa9f01281&amp;smart=true&amp;width=7952&amp;height=5304" type="image/jpeg" height="5304" width="7952"><media:description type="plain"><![CDATA[L'Australie a inspiré une tendance globale en interdisant les réseaux sociaux pour les moins de 16 ans il y a six mois. Mais la nouvelle loi est encore loin d'être correctement appliquée.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">imageBROKER/Jochen Tack/MAXPPP</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[En Chine, le mystère reste entier après le crash d'un avion ayant percuté le plus haut gratte-ciel de Pékin]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/asie/en-chine-le-mystere-reste-entier-apres-le-crash-dun-avion-ayant-percute-le-plus-haut-gratte-ciel-de-LVJSUBMSSZAFRLLUN2AWDCXXEE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/asie/en-chine-le-mystere-reste-entier-apres-le-crash-dun-avion-ayant-percute-le-plus-haut-gratte-ciel-de-LVJSUBMSSZAFRLLUN2AWDCXXEE/</guid><description></description><pubDate>Sun, 28 Jun 2026 11:33:11 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Vendredi 26 juin après-midi, un petit avion touristique a manifestement échappé aux contrôles aériens parmi les plus stricts au monde... avant de s'écraser contre le plus haut gratte-ciel de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/asie/negociations-etats-unis-iran-comment-la-chine-affaiblit-larme-des-sanctions-americaines-CM24FB3XYVD7DNS5GJTJRLJH4U/?auth=350b952c1b" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/asie/negociations-etats-unis-iran-comment-la-chine-affaiblit-larme-des-sanctions-americaines-CM24FB3XYVD7DNS5GJTJRLJH4U/?auth=350b952c1b">Pékin</a>, la tour CITIC de 109 étages, tuant le pilote, seul à bord, et blessant treize autres personnes. Des éclats de verre et des débris d'avion ont été projetés au sol, provoquant la panique dans les rues de la capitale <a href="https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/ia-la-chine-est-elle-en-passe-de-gagner-la-course-contre-les-etats-unis-GWCP2WMSBNELZFCX44BGCVI6IE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/ia-la-chine-est-elle-en-passe-de-gagner-la-course-contre-les-etats-unis-GWCP2WMSBNELZFCX44BGCVI6IE/">chinoise</a>.</p><p>On ignore encore si le crash était accidentel ou intentionnel. Ce que l'on sait, à ce stade, selon les données du site Flightradar24, c'est qu'après avoir décollé de l’aéroport de Shifosi, dans le grand est de Pékin, le biplace Sunward Aurora SA60L a dévié abruptement de sa route en direction du centre-ville avant de se fracasser sur ce bâtiment emblématique, haut de plus de 500 mètres.</p><p>L'aérodrome servant de base à l’école de pilotage Easter Pioneer, qui a opéré l’aéronef par le passé, a été inspecté par la police, qui s'est notamment intéressée à un véhicule immatriculé au nom d'un certain Liu Junhua, soupçonné selon le <a href="https://www.ft.com/content/190beede-1d8b-4a22-8437-ef8c48d01828?syn-25a6b1a6=1" target="_blank" rel="" title="https://www.ft.com/content/190beede-1d8b-4a22-8437-ef8c48d01828?syn-25a6b1a6=1"><i>Financial Times</i></a> d’avoir été aux commandes de l’appareil. Ce nom est aussi celui d’un employé d'une filiale de CITIC, sans que l'on puisse affirmer à cette heure qu'il s’agisse d'une seule et même personne. Comme le relève le journal britannique, un communiqué publié par la filiale en question, Citic Wealth, semble indiquer que celle-ci nie que son employée soit liée au crash.</p><p>Le <a href="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/la-chine-peut-aider-les-europeens-a-devenir-meilleurs-les-lecons-dun-universitaire-proche-de-xi-YH22BNMJGVCSRBBTCAC3NL2KPM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/politique-economique/la-chine-peut-aider-les-europeens-a-devenir-meilleurs-les-lecons-dun-universitaire-proche-de-xi-YH22BNMJGVCSRBBTCAC3NL2KPM/">gouvernement chinois</a> a mis 24 heures avant de reconnaître publiquement qu'un accident avait eu lieu, d'indiquer le bilan du crash et d'expliquer qu'une enquête était en cours. Mais les médias d'Etat, y compris la chaîne nationale CCTV, dont le siège se trouve de l'autre côté de la rue par rapport au lieu de l'accident, n'ont fait aucune mention de celui-ci. Et sur les réseaux sociaux, la censure a rapidement été instaurée. </p><h3>Censure massive</h3><p>A proximité du lieu du crash, une mère interviewée par <a href="https://www.lefigaro.fr/international/c-est-une-info-qu-on-ne-trouvera-pas-en-chine-ces-zones-d-ombre-qui-entourent-le-crash-d-un-avion-de-tourisme-a-pekin-20260627" target="_blank" rel="" title="https://www.lefigaro.fr/international/c-est-une-info-qu-on-ne-trouvera-pas-en-chine-ces-zones-d-ombre-qui-entourent-le-crash-d-un-avion-de-tourisme-a-pekin-20260627"><i>Le Figaro</i></a> expliquait ainsi à sa fille : "Un avion s’est crashé là-haut. C’est une info que tu ne trouveras pas en Chine. Il faut aller consulter les sites de l’étranger". Pour les témoins de l'événement, de nombreuses questions demeurent toujours sans réponse, alors qu'aucun résultat n'est désormais disponible sur les versions locales de X ou de TikTok, pour la recherche "crash d'avion à Pékin".</p><p>Si les autorités ont verrouillé l'information, c'est que ce crash suscite de nombreuses inquiétudes au sein du bureau du Parti communiste chinois concernant la gestion de la <a href="https://www.lexpress.fr/monde/asie/en-chine-un-general-accuse-despionnage-la-chute-du-plus-fidele-haut-grade-de-xi-jinping-WVTWDKTCZZAXLMT7E2RZ56LQOY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/asie/en-chine-un-general-accuse-despionnage-la-chute-du-plus-fidele-haut-grade-de-xi-jinping-WVTWDKTCZZAXLMT7E2RZ56LQOY/">sécurité</a>. Comment le pilote a-t-il réussi à survoler la capitale fortifiée de la Chine, où vit la majeure partie de l'élite du Parti et où même le survol de drones est de facto interdit ?</p><p>"L’absence de réaction de l’armée de l’air face à cette intrusion est surprenante. Il n’y a pas de contrôle aérien civil en Chine. C’est l’armée de l’air qui valide les plans de vols et contrôle le ciel", explique au <i>Figaro</i> un ancien militaire occidental, fin connaisseur de l’Armée Populaire de Libération. D'autant que le gouvernement chinois est déjà sur le qui-vive, et mène entre autres des <a href="https://www.lexpress.fr/monde/derriere-les-purges-militaires-en-chine-lobsession-tenace-de-xi-jinping-ODJCNQCPBBBKPBACEX43OQGVRM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/derriere-les-purges-militaires-en-chine-lobsession-tenace-de-xi-jinping-ODJCNQCPBBBKPBACEX43OQGVRM/">purges</a> au sein de l'armée - au nom de la lutte anticorruption -, qui visent en réalité à éliminer les rivaux de Xi Jinping. Cet incident devrait raviver l'anxiété d'un Politburo obnubilé par sa stabilité.</p><p>En Chine, les incidents meurtriers sont parfois suivis de périodes de silence médiatique officiel qui peuvent durer des années, rappelle <a href="https://edition.cnn.com/2026/06/27/china/beijing-plane-crash-citic-tower-censorship-china-intl-hnk" target="_blank" rel="" title="https://edition.cnn.com/2026/06/27/china/beijing-plane-crash-citic-tower-censorship-china-intl-hnk">CNN</a>. Plus de quatre ans après le crash d'un Boeing 737-800 de la compagnie China Eastern dans la région du Guangxi, qui a fait 132 victimes et constitue la catastrophe aérienne la plus meurtrière du pays depuis des décennies, Pékin n'a toujours pas fourni d'explication officielle.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/X3YVLBD3IJAU5CPHTMFLPK3O5Q.jpg?auth=848890173a5bf8318839137bddd95eaadc0a6a641026a69748b1c6e603534216&amp;smart=true&amp;width=1188&amp;height=792" type="image/jpeg" height="792" width="1188"><media:description type="plain"><![CDATA[Un trou est visible dans le plus haut gratte-ciel de Pékin, le 26 juin 2026, après le crash d'un petit avion.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">dpa/picture-alliance/MAXPPP</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran fragilisé par une reprise des frappes et des menaces]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/le-cessez-le-feu-entre-les-etats-unis-et-liran-fragilise-par-une-reprise-des-frappes-et-des-menaces-WAXZXSJNHZGCVKLZRK3YUOA4QE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/le-cessez-le-feu-entre-les-etats-unis-et-liran-fragilise-par-une-reprise-des-frappes-et-des-menaces-WAXZXSJNHZGCVKLZRK3YUOA4QE/</guid><description></description><pubDate>Sun, 28 Jun 2026 07:59:11 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Les Etats-Unis et l'Iran ont poursuivi ces dernières heures leurs bombardements dans le Golfe, chacun accusant l'autre de violer <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-sest-fait-berner-laccord-avec-liran-vu-de-letranger-4FX7LJE2VJBYFAEJHGOCYWPH64/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-sest-fait-berner-laccord-avec-liran-vu-de-letranger-4FX7LJE2VJBYFAEJHGOCYWPH64/">un protocole d'accord</a> de plus en plus précaire, signé il y a moins de deux semaines et censé mettre fin à près de quatre mois de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-le-soulevement-qui-menace-le-regime-des-mollahs-TU4ZJT3UYJEPNCBBLXENFFAYIU/">conflit</a> entre les deux pays.</p><p>Peu après que Donald Trump a averti que les Etats-Unis pourraient "mener à bien par la force militaire" leur mission au Moyen-Orient, l'Iran a tiré tôt ce dimanche 28 juin des missiles et des drones contre des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, poursuivant une série d'attaques de plus en plus intenses.</p><p>Peu auparavant, l'armée américaine avait dit avoir effectué de nouveaux bombardements sur l'Iran samedi, visant différents sites dont des infrastructures de surveillance militaire, en réponse à une nouvelle attaque de drone contre un navire battant pavillon panaméen dans le <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-pourquoi-la-reprise-du-trafic-maritime-pourrait-prendre-des-mois-WLNZLJNRABHPTCMNT2H3JRBF2M/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-pourquoi-la-reprise-du-trafic-maritime-pourrait-prendre-des-mois-WLNZLJNRABHPTCMNT2H3JRBF2M/">détroit d'Ormuz</a>, dont la réouverture est l'un des principaux enjeux des négociations entre les deux pays. "L’Iran a eu l’occasion de respecter l’accord de cessez-le-feu, mais a choisi de ne pas le faire", a déclaré le Commandement central américain dans un communiqué. Une <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-levacuation-des-navires-bloques-suspendue-apres-une-attaque-iranienne-DVBV26OJ4BGBTAJTAXEHDDISVY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-levacuation-des-navires-bloques-suspendue-apres-une-attaque-iranienne-DVBV26OJ4BGBTAJTAXEHDDISVY/">première attaque iranienne</a> contre un pétrolier jeudi avait entraîné <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-les-etats-unis-ont-mene-des-frappes-apres-une-attaque-contre-un-navire-dans-le-GGCZAZLLC5CBJEQLCTK3W6ZBD4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-les-etats-unis-ont-mene-des-frappes-apres-une-attaque-contre-un-navire-dans-le-GGCZAZLLC5CBJEQLCTK3W6ZBD4/">une reprise des hostilités</a>.</p><blockquote class="twitter-tweet"><p lang="en" dir="ltr">U.S. Navy and Air Force fighter jets conducted strikes tonight on 10 Iranian military targets at multiple locations in and near the Strait of Hormuz for Iran&#39;s drone attack on M/T Kiku. <a href="https://t.co/Z0TLZRqmF6">pic.twitter.com/Z0TLZRqmF6</a></p>&mdash; U.S. Central Command (@CENTCOM) <a href="https://x.com/CENTCOM/status/2071029590932258941?ref_src=twsrc%5Etfw">June 28, 2026</a></blockquote><p><a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-nucleaire-sanctions-ce-que-contient-laccord-signe-par-donald-trump-avec-liran-LIZ74XX725E23DFXNOPIGWT3HQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-nucleaire-sanctions-ce-que-contient-laccord-signe-par-donald-trump-avec-liran-LIZ74XX725E23DFXNOPIGWT3HQ/">L'accord provisoire en 14 points</a> conclu entre Washington et Téhéran visait à mettre fin aux combats, déclenchés par les États-Unis et Israël le 28 février, et à rouvrir le détroit d'Ormuz à la navigation, tandis que se poursuivent les négociations sur des questions plus profondes, telles que <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/nucleaire-iranien-la-mission-impossible-de-donald-trump-UHHORVOPINB7VN2JIT44AFWVHE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/nucleaire-iranien-la-mission-impossible-de-donald-trump-UHHORVOPINB7VN2JIT44AFWVHE/">le programme nucléaire iranien</a>. Une série de pourparlers menés sous la médiation du vice-président américain J.D. Vance et du président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, s'est tenue en Suisse il y a une semaine, à l'issue de laquelle <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/petrole-iranien-ce-revirement-de-donald-trump-qui-pourrait-rapporter-gros-a-teheran-ZGS7GN6IQ5B4XJCXKSMVA4LACM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/petrole-iranien-ce-revirement-de-donald-trump-qui-pourrait-rapporter-gros-a-teheran-ZGS7GN6IQ5B4XJCXKSMVA4LACM/">Washington a levé les sanctions contre Téhéran</a>. Cependant, les combats et les accusations ont depuis repris et se sont intensifiés.</p><h3>"La République islamique d’Iran cessera d’exister !"</h3><p>"Des avions américains viennent de frapper des sites de stockage de missiles et de drones iraniens, ainsi que des stations radar côtières, pour [répondre à] la violation, ENCORE UNE FOIS, de l’accord de cessez-le-feu !" a écrit <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/negociations-entre-liran-et-les-etats-unis-lechec-annonce-de-donald-trump-QQIPAWNL4NAVHACN2TFCIFJEV4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/negociations-entre-liran-et-les-etats-unis-lechec-annonce-de-donald-trump-QQIPAWNL4NAVHACN2TFCIFJEV4/">Donald Trump</a> sur son réseau Truth Social samedi soir. "Il se peut qu’un jour nous ne puissions plus faire preuve de raison et que nous soyons contraints de mener à bien par la force militaire la mission que nous avons si bien entamée. Si cela se produit, la République islamique d’Iran cessera d’exister !", a-t-il ajouté.</p><p>Environ une heure après la publication de ce message, l’armée koweïtienne a déclaré que ses défenses aériennes ripostaient à des attaques "hostiles" menées par des missiles et des drones, tandis que des sirènes retentissaient à Bahreïn, selon le ministère de l’Intérieur de ce pays.</p><p>Le corps des <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-gardiens-de-la-revolution-ont-ils-deja-pris-le-pouvoir-6GCZBJHWQ5GRDEG4GDQTW6MDPU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-gardiens-de-la-revolution-ont-ils-deja-pris-le-pouvoir-6GCZBJHWQ5GRDEG4GDQTW6MDPU/">Gardiens de la révolution iranienne</a> a confirmé que ses forces navales et aériennes avaient lancé une opération conjointe à l'aide de missiles et de drones contre des sites militaires américains au Koweït et à Bahreïn en riposte aux récentes attaques américaines contre l'Iran. "Violer le cessez-le-feu est contraire à la clause numéro un du protocole d'accord d'Islamabad et entraînera un arrêt complet de tout le processus diplomatique", ont prévenu les Gardiens dans un communiqué. Le commandement de la marine des Gardiens de la révolution a de son côté affirmé que les bases américaines dans la région "connaîtraient un véritable enfer dans les jours à venir".</p><h3>Israël continue de frapper le Hezbollah</h3><p>Les "attaques brutales" des Etats-Unis prouvent qu'ils "n'accordent pas la moindre valeur ni crédibilité à leurs engagements et rompre des promesses fait partie de leur nature", a plus tard accusé le ministère iranien des Affaires étrangères.</p><p>Un responsable américain, confirmant les attaques contre des installations américaines, a déclaré à Reuters qu'il n'y avait pas eu de victimes américaines ni de dégâts importants sur les sites américains au Moyen-Orient, mais que la situation était encore en cours d'évolution.</p><p>Parallèlement, Israël a pour sa part déclaré dimanche avoir frappé des membres du <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/la-france-doit-en-finir-avec-la-fiction-du-hezbollah-politique-par-sarah-perez-GTBZRZKHTBC4FE2GZDDOGG2C34/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/la-france-doit-en-finir-avec-la-fiction-du-hezbollah-politique-par-sarah-perez-GTBZRZKHTBC4FE2GZDDOGG2C34/">Hezbollah</a> au Sud-Liban malgré l'accord-cadre distinct tout juste signé pour mettre fin aux combats dans ce secteur. L'Iran lie le respect de son protocole d'accord avec les Etats-Unis à l'arrêt de la campagne militaire d'Israël au Liban.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/24J6ZZA24FCOPBZHZ5YAGKEWFM.JPG?auth=23afa4c4afe2762256dde4e743bd142fa17b34f7204c83f3ce9dda523d5c809c&amp;smart=true&amp;width=5874&amp;height=3916" type="image/jpeg" height="3916" width="5874"><media:description type="plain"><![CDATA[Donald Trump s'exprime lors d'une conférence à Washington, le 26 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Venezuela : après les séismes meurtriers, Washington mis face à ses responsabilités]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/venezuela-apres-les-seismes-meurtriers-washington-mis-face-a-ses-responsabilites-W5CVRAVVHBE7LNZDN5BJMJUWPE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/venezuela-apres-les-seismes-meurtriers-washington-mis-face-a-ses-responsabilites-W5CVRAVVHBE7LNZDN5BJMJUWPE/</guid><description></description><pubDate>Sat, 27 Jun 2026 15:58:22 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Le bilan ne cesse de s'alourdir. Samedi 27 juin, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/le-venezuela-frappe-par-deux-puissants-seismes-un-lourd-bilan-redoute-FZJ24DDLC5GTTBLMRIUZXMCKEI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/le-venezuela-frappe-par-deux-puissants-seismes-un-lourd-bilan-redoute-FZJ24DDLC5GTTBLMRIUZXMCKEI/">les autorités vénézuéliennes</a> ont annoncé qu'au moins 1.430 personnes ont été tuées et 3.300 blessées, après les puissants séismes de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont frappé le pays mercredi. 50.000 personnes sont toujours portées disparues, la plupart sous les décombres, tandis que des centaines d'immeubles ont été endommagés dans les Etats de Caracas, La Guaira, Miranda, Aragua, Carabobo et Falcón.</p><p>Selon l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS), le nombre de victimes pourrait dépasser les 10.000 morts, faisant de la catastrophe l'un des séismes les plus meurtriers de l'histoire récente de l'Amérique latine. Vendredi encore, l'électricité demeurait coupée près de l'épicentre, à Morón, et totalement absente dans la région de La Guaira. </p><p>Tandis que les opérations de secours s'annoncent particulièrement difficiles dans un pays aux infrastructures précaires et affaiblies par des années de sanctions, les yeux se tournent vers <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/faire-du-venezuela-le-51e-etat-americain-la-nouvelle-lubie-de-donald-trump-3S5HXIUMCBGXFHCVOWSUNRFZEY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/faire-du-venezuela-le-51e-etat-americain-la-nouvelle-lubie-de-donald-trump-3S5HXIUMCBGXFHCVOWSUNRFZEY/">les Etats-Unis</a> - qui ont <i>de facto</i> repris le contrôle économique et politique du pays, depuis <a href="https://www.lexpress.fr/economie/venezuela-pourquoi-le-contrat-decroche-par-matthieu-pigasse-pour-restructurer-la-dette-fait-5I5NFUFXF5CGDE7XJSDLXMWDOI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/venezuela-pourquoi-le-contrat-decroche-par-matthieu-pigasse-pour-restructurer-la-dette-fait-5I5NFUFXF5CGDE7XJSDLXMWDOI/">la capture du président Nicolas Maduro </a>en janvier 2026.</p><h2>"Formidables amis"</h2><p>"Les Etats-Unis sont prêts, disposés et capables d’apporter leur aide, a assuré Donald Trump, dès jeudi. Le président américain a annoncé une enveloppe de 150 millions de dollars et ordonné à l'ensemble des agences fédérales de "se tenir prêtes à intervenir". "Nous serons là pour nos nouveaux et formidables amis", a-t-il assuré.</p><p>Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a également précisé avoir échangé avec la présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez et annoncé le déploiement d'équipes de secours venues de Virginie et de Californie. Le Pentagone doit aussi organiser des vols humanitaires et fournir des images aériennes destinées à faciliter les opérations de sauvetage. </p><iframe width="191" height="340" src="https://www.youtube.com/embed/SsOwmz81FJ8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen title="Deux séismes historiques au Venezuela"></iframe><p>Une mobilisation qui tranche avec la politique menée jusqu'ici sur le plan humanitaire par l'administration Trump, qui a restreint au maximum l’aide à la coopération et démantelé l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), l'année dernière.</p><h2>"Eviter une crise politique"</h2><p>Et pour cause, les Etats-Unis ne sont plus un simple acteur ou partenaire extérieur du Venezuela. Ils sont en quelque sorte "aux commandes" du pays, pour reprendre les mots prononcés par Donald Trump à la suite de l'enlèvement de Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines. Si le pays est officiellement dirigé par le gouvernement de transition de Delcy Rodriguez, celle-ci est sous la pression de Washington qui a mis en place des réformes pour s'assurer un rôle central dans la gestion des recettes pétrolières et aurifères du Venezuela, tout en maintenant un régime de sanctions économiques sévères.</p><p>"Les Etats-Unis ne sont pas responsables du séisme lui-même, mais compte tenu de leur rôle central dans la transition post-Maduro, ils ont clairement intérêt à réagir rapidement pour empêcher qu'une urgence humanitaire ne se transforme en une crise politique et sécuritaire plus large", analyse Brian Fonseca, spécialiste du Venezuela, auprès du journal suisse<a href="https://www.letemps.ch/monde/ameriques/apres-le-seisme-au-venezuela-les-etats-unis-face-a-leurs-responsabilites-humanitaires-envers-caracas" target="_self" rel="" title="https://www.letemps.ch/monde/ameriques/apres-le-seisme-au-venezuela-les-etats-unis-face-a-leurs-responsabilites-humanitaires-envers-caracas"> <i>Le Temps</i></a>.</p><p>Quelques jours avant la catastrophe, Donald Trump se félicitait encore de l'opération ayant conduit les Etats-Unis à reprendre le contrôle politique sur Caracas. "Nous avons remporté une grande victoire", déclarait-il le 20 juin, mentionnant également la réorientation des flux de pétrole et d'or vers les Etats-Unis. "Le Venezuela n'avait jamais connu une telle prospérité", assurait-il, malgré une économie particulièrement en crise.</p><h2>"Un test"</h2><p>Le séisme pourrait désormais constituer un test pour Washington de la volonté d'assumer les conséquences de son implication dans le pays. "Le bilan humanitaire des séismes et la reconstruction à venir permettront de déterminer si le gouvernement américain est disposé à soutenir un allié présumé avec des fonds d'aide et des politiques de secours", estime ainsi le <a href="https://www.nytimes.com/2026/06/25/world/americas/earthquakes-us-alliance-venezuela-trump.html " target="_self" rel="" title="https://www.nytimes.com/2026/06/25/world/americas/earthquakes-us-alliance-venezuela-trump.html "><i>New York Times</i></a>.</p><p>Au sein même de l'administration américaine, certains s'interrogent déjà sur l'ampleur de la réponse annoncée par Washington. Un responsable américain a ainsi confié à <a href="https://theintercept.com/2026/06/25/trump-venezuela-earthquakes-aid-sanctions/ " target="_self" rel="" title="https://theintercept.com/2026/06/25/trump-venezuela-earthquakes-aid-sanctions/ "><i>The Intercept</i> </a>que les 150 millions de dollars promis par Donald Trump paraissaient insuffisants au regard du rôle désormais joué par les Etats-Unis au Venezuela. "N'est-ce pas nous qui dirigeons ce pays ? C'est une obligation qui dépasse le cadre de l'amitié", a-t-il déclaré sous couvert d'anonymat.</p><h2>Tutelle économique</h2><p>D'autant que "tout cela survient après que Trump a semblé suggérer en début de semaine que les États-Unis ont engrangé des milliards de dollars de richesse pétrolière vénézuélienne au cours des six derniers mois", rappelle le magazine d'investigation. Après la chute de Nicolas Maduro, le Trésor américain a mis en place un système de paiement concentrant une partie de la gestion des recettes d'exportation du Venezuela entre les mains des Etats-Unis, leur conférant ainsi un rôle direct dans la capacité du pays à financer sa reconstruction. </p><p>Parallèlement, l'administration Trump a maintenu un vaste régime de sanctions, tout en accordant certaines exemptions aux entreprises étrangères souhaitant faire des affaires au Venezuela. "La persistance des sanctions continue par ailleurs de compliquer les transactions financières du gouvernement vénézuélien et des entreprises locales, alors même que les besoins humanitaires explosent", remarque le <i>New York Times</i>, qui précise néanmoins que les sanctions financières portant sur l'aide humanitaire ont été suspendues.</p><p>La catastrophe pourrait également remettre en question la politique migratoire américaine. Depuis plusieurs mois, l'administration Trump affirme que la situation au Venezuela est suffisamment stabilisée pour permettre le retour de migrants vénézuéliens dans leur pays d'origine, sans que l'on sache si la catastrophe actuelle pourrait ou non ralentir ces projets d'expulsion. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a lui-même reconnu que les séismes représentaient "un revers" pour le plan mis en œuvre par Washington afin de relancer l'économie vénézuélienne et d'organiser de futures élections démocratiques.</p><p>Malgré les déclarations de Donald Trump, les résultats économiques du Venezuela sont au plus bas. La croissance économique du Venezuela a enregistré au premier trimestre de cette année son taux le plus faible depuis 2021. Selon l'économiste vénézuélien Francisco Rodriguez, cité par <i>The Intercept</i>, les sanctions américaines ont perturbé les revenus pétroliers qui financent les importations et une grande partie de l'activité économique du pays, contribuant à affaiblir durablement les infrastructures et les services publics. Une fragilité qui risque aujourd'hui de compliquer la réponse à la catastrophe.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/CTCQ7G3YVBFZXMEGGZQBXI7XLI.JPG?auth=0799aa2ce42593aa2051af5745f7dedee0f4e3b308008f4dee1c366f1b06252d&amp;smart=true&amp;width=4080&amp;height=3072" type="image/jpeg" height="3072" width="4080"><media:description type="plain"><![CDATA[Des secouristes américains arrivent au Venezuela, samedi 27 juin, après le séisme meurtrier qui a frappé le pays mercredi.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Le Burkina Faso rompt ses relations diplomatiques avec la France, Paris dénonce une décision "hostile et sans fondement"]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/afrique/le-burkina-faso-rompt-ses-relations-diplomatiques-avec-la-france-paris-denonce-une-decision-hostile-7ZP2CXAFONCYBAABM66YX376G4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/afrique/le-burkina-faso-rompt-ses-relations-diplomatiques-avec-la-france-paris-denonce-une-decision-hostile-7ZP2CXAFONCYBAABM66YX376G4/</guid><description></description><pubDate>Sat, 27 Jun 2026 13:18:19 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Le gouvernement militaire du <a href="https://www.lexpress.fr/monde/au-burkina-les-violences-jihadistes-bouleversent-la-production-de-coton-7J4FEUI74NFGXEGUNWNAS5U2NM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/au-burkina-les-violences-jihadistes-bouleversent-la-production-de-coton-7J4FEUI74NFGXEGUNWNAS5U2NM/">Burkina Faso</a> a annoncé vendredi 26 juin la rupture de ses relations diplomatiques avec la France, arguant que Paris n'a pas respecté ses engagements de respect mutuel et de non-interférence, selon une déclaration du ministre de la Communication Gilbert Ouedraogo à la télévision d'Etat burkinabè.</p><p>Les relations entre Ouagadougou et Paris se sont fortement dégradées depuis l'arrivée au pouvoir de l'armée et du capitaine Ibrahim Traoré, à la faveur d'un coup d'Etat, en septembre 2022. Cette dégradation a été mise en exergue par la demande de retrait des soldats français déployés dans le pays d'Afrique de l'Ouest, et l'expulsion de diplomates, dont l'ambassadeur français à Ouagadougou.</p><p>Dans sa volonté de diversifier ses partenariats, le Burkina Faso s’est notamment rapproché de la Russie et de ses deux voisins, le Mali et le Niger, eux aussi gouvernés par des régimes militaires.</p><h2>Paris envisage des "mesures de réciprocité"</h2><p>La décision annoncée ce vendredi n'a pas manqué de faire réagir Paris. La France dénonce ce samedi la décision "unilatérale", "hostile et sans fondement" du Burkina Faso et envisage des "mesures de réciprocité", a déclaré samedi le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.</p><p>"La France regrette cette décision hostile et sans fondement qui illustre la dérive préoccupante des autorités burkinabè. Les mesures de réciprocité qui s'imposent sont en cours d'examen", déclare le Quai d'Orsay, en appelant les ressortissants français dans ce pays à une "vigilance renforcée".</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/33VR5QJQYBCDBK46HE3VN4YFEE.jpg?auth=7dd39ea015fd55e0b87d821c7a5eb6bc4340529d12e6e788b0dec321355ba1a0&amp;smart=true&amp;width=7962&amp;height=5308" type="image/jpeg" height="5308" width="7962"><media:description type="plain"><![CDATA[Ibrahim Traoré, chef de la junte du Burkina Faso, photographié ici le 10 mai 2025 à Moscou lors d'une rencontre avec Vladimir Poutine.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">EPA</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Un risque de "provocation" russe dans les pays baltes ? Pourquoi l'Otan s'inquiète]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/un-risque-de-provocation-russe-dans-les-pays-baltes-pourquoi-lotan-sinquiete-EELWIQLGMRG43HAJVULCUT7OUU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/un-risque-de-provocation-russe-dans-les-pays-baltes-pourquoi-lotan-sinquiete-EELWIQLGMRG43HAJVULCUT7OUU/</guid><description></description><pubDate>Sat, 27 Jun 2026 10:32:22 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Après l'Ukraine, les pays baltes dans le viseur du Kremlin ? Des responsables de deux pays membres de l'Otan, dont la Lettonie, ont mis en garde ces derniers jours contre le risque de possibles "provocations" de <a href="https://www.lexpress.fr/secret-defense/crime-organise-deepfakes-arctique-ces-nouvelles-menaces-russes-qui-inquietent-les-services-secrets-VVFYWK35TRETBDRAFN5F65NOK4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/secret-defense/crime-organise-deepfakes-arctique-ces-nouvelles-menaces-russes-qui-inquietent-les-services-secrets-VVFYWK35TRETBDRAFN5F65NOK4/">la Russie</a> contre <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/la-russie-se-prepare-t-elle-a-affronter-lotan-ces-signaux-qui-inquietent-les-pays-nordiques-OH6C57DTJFD6LMQ57NY4AIGVCY/?cmp_redirect=true" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/la-russie-se-prepare-t-elle-a-affronter-lotan-ces-signaux-qui-inquietent-les-pays-nordiques-OH6C57DTJFD6LMQ57NY4AIGVCY/?cmp_redirect=true">les pays baltes ou la Pologne</a>, afin de tester la cohésion de l'Alliance atlantique. Selon plusieurs responsables occidentaux, le Kremlin chercherait à évaluer jusqu'où les Etats-Unis seraient prêts à aller pour défendre les plus pays de l'Otan, à savoir l'Estonie, la Lettonie, et la Lituanie.</p><p>Une source politique de haut rang d'un autre pays membre de l'Alliance, cité par <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/jun/26/russia-provocation-baltic-states-poland" target="_self" rel="" title="https://www.theguardian.com/world/2026/jun/26/russia-provocation-baltic-states-poland"><i>The Guardian</i></a>, a indiqué la semaine dernière que les services de renseignement recueillaient des informations laissant penser que Vladimir Poutine "préparait quelque chose contre les Etats baltes". </p><h2>Actions hybrides</h2><p>De son côté, le renseignement letton estime que Moscou n'est pas en mesure d'ouvrir un second front militaire, alors que ses forces restent largement mobilisées en Ukraine. En revanche, il n'exclut pas des actions "hybrides", telles que des frappes de missiles, des attaques de drones, ou d'autres opérations destinées à envoyer un message aux pays européens : "Cessez de soutenir l'Ukraine, sinon vous aurez vos propres problèmes".</p><p>Ces avertissements interviennent alors que le Kremlin subit une pression croissante de la part de l'Ukraine, qui poursuit sa campagne de frappes à longue portée par drones, contre des cibles situées à proximité de Moscou et Saint-Pétersbourg, mais aussi <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-comment-kiev-tente-dasphyxier-la-crimee-de-vladimir-poutine-CX45PIGMNVF7PEG5FQRFS56UOQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/guerre-en-ukraine-comment-kiev-tente-dasphyxier-la-crimee-de-vladimir-poutine-CX45PIGMNVF7PEG5FQRFS56UOQ/">contre la Crimée annexée</a>. Ils coïncident également avec les préparatifs d'un sommet de l'Otan, prévu en juillet à Ankara, en Turquie. Les alliés doivent y discuter d'un renforcement de leur soutien à l'Ukraine, dans un contexte d'incertitude sur l'engagement des Etats-Unis envers l'Alliance.</p><p>Pour plusieurs analystes, cette configuration pourrait pousser la Russie à chercher d'autres moyens de modifier le rapport de force. "Moscou cherchera des moyens de rompre la dynamique actuelle, soit par une escalade horizontale - en étendant le conflit à d’autres pays - soit en agissant ailleurs. Il ne faut pas s’attendre à ce que la Russie perde passivement", estime Keir Giles, spécialiste de la Russie au sein du think tank Chatham House, cité par <i>The Guardian.</i></p><h2>Menace aux frontières de l'Europe</h2><p>Les inquiétudes se font également sentir à Varsovie. Jeudi soir, le premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré partager "sans exception" le constat "d'une situation très instable", et "dans les semaines et les mois à venir". Et pour cause, les pays de la région ont déjà été confrontés à des incidents susceptibles de provoquer une montée des tensions.</p><p>En septembre dernier, dix-neufs drones russes avaient pénétré l'espace aérien polonais, poussant l'Otan à déployer des avions de chasse et conduisant les autorités à demander aux habitants de plusieurs provinces de l'est du pays de se mettre à l'abri.</p><p>Parrallèlement, une enquête menée par plusieurs médias nordiques affirme que la Russie procède à un renforcement de son dispositif militaire le long des frontières de l'Otan. De nouvelles installations seraient en cours de développement près des frontières avec la Finlande, la Norvège, les Etats baltes, ainsi que dans l’enclave de Kaliningrad.</p><p>Une fois la guerre en Ukraine terminée, ces infrastructures pourraient permettre à Moscou de stationner jusqu'à 115 000 soldats dans cette région stratégique. Une perspective qui nourrit les inquiétudes des Etats riverains, déjà engagés dans une réévaluation de leurs dispositifs de défense.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/HGWNBFVFTZCV7FXGTM7SKKESUQ.JPG?auth=99b27bf08be1afb014d656b7a70b6023029cf944bc020051dda58b60bffae127&amp;smart=true&amp;width=5978&amp;height=3985" type="image/jpeg" height="3985" width="5978"><media:description type="plain"><![CDATA[Un soldat polonais lors d'un exercice militaire conjoint avec la Lituanie, à Klusy, en Pologne, le 24 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Iran : les Etats-Unis ont mené des frappes après l'attaque d'un navire dans le détroit d'Ormuz]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-les-etats-unis-ont-mene-des-frappes-apres-une-attaque-contre-un-navire-dans-le-GGCZAZLLC5CBJEQLCTK3W6ZBD4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/guerre-en-iran-les-etats-unis-ont-mene-des-frappes-apres-une-attaque-contre-un-navire-dans-le-GGCZAZLLC5CBJEQLCTK3W6ZBD4/</guid><description></description><pubDate>Sat, 27 Jun 2026 08:20:13 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>L'<a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/sur-liran-israel-pourrait-ne-plus-beneficier-de-laide-americaine-les-conclusions-de-raz-zimmt-P45LSDZAQBACZPO3BKYWVEVNVM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/sur-liran-israel-pourrait-ne-plus-beneficier-de-laide-americaine-les-conclusions-de-raz-zimmt-P45LSDZAQBACZPO3BKYWVEVNVM/">accord entre Washington et Téhéran</a> déjà menacé ? L'armée américaine a attaqué l'Iran ce vendredi 26 juin en réponse à une <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-levacuation-des-navires-bloques-suspendue-apres-une-attaque-iranienne-DVBV26OJ4BGBTAJTAXEHDDISVY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-levacuation-des-navires-bloques-suspendue-apres-une-attaque-iranienne-DVBV26OJ4BGBTAJTAXEHDDISVY/">frappe de drone iranienne jeudi contre un cargo dans le détroit d'Ormuz</a>, chaque pays accusant l'autre de violer les termes d'un cessez-le-feu convenu la semaine dernière.</p><p>Le commandement central américain a déclaré que des avions avaient frappé des sites de stockage de missiles et de drones ainsi que des sites radar côtiers, publiant par la suite une vidéo en noir et blanc d'une explosion, qualifiée de "non classifiée". Un responsable américain a annoncé que l'opération était terminée.</p><p>L'Iran a de son côté déclaré qu'un projectile avait touché la zone d'un quai à Sirik, dans le sud du pays, et que ses forces navales avaient riposté en frappant des cibles militaires américaines dans la région. Téhéran n'a fourni aucun détail sur la nature des cibles.</p><h2>J.D. Vance avertit que "la violence entraînera la violence"</h2><p>Téhéran a affirmé qu'il contrôlerait le détroit d'Ormuz et a mis en garde les Etats du Golfe contre tout soutien à Washington après l'attaque, jeudi, d'un cargo naviguant près des côtes omanaises. Le président Donald Trump a imputé l'attaque à l' Iran et a déclaré qu'elle violait l'accord intérimaire conclu la semaine précédente.</p><p>"L’agression injustifiée des forces iraniennes contre la navigation commerciale a clairement violé le cessez-le-feu", a déclaré le commandement central américain dans son communiqué annonçant les frappes, qu’il a qualifiées de "réponse puissante à l’attaque d’hier contre un navire commercial qui traversait le détroit d’Ormuz". L'armée américaine a déclaré qu'elle continuerait à assurer "la coordination et le soutien en matière de sécurité de passage" aux navires commerciaux transitant par le détroit.</p><p>Le vice-président J.D. Vance, autrefois considéré comme sceptique quant à l'intervention américaine en Iran mais désormais principal interlocuteur de l'administration Trump sur ce conflit, a déclaré que les Américains avaient respecté l'accord de cessez-le-feu, également connu sous le nom de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-israel-frappe-le-liban-malgre-les-menaces-de-liran-RQWPP4A3B5HBXB4PSN5FCWUMXU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/en-direct-israel-frappe-le-liban-malgre-les-menaces-de-liran-RQWPP4A3B5HBXB4PSN5FCWUMXU/">protocole d'accord.</a> "L’Iran a signé un accord de cessez-le-feu. Nous l’avons respecté. S’ils ont des désaccords sur la manière dont le protocole d’accord est appliqué, ils peuvent nous appeler. Mais à toute violence correspondra une violence", a-t-il écrit sur X (ex-Twitter).</p><blockquote class="twitter-tweet"><p lang="en" dir="ltr">Iran signed a ceasefire agreement. We have honored it. If they have disagreements about how the MOU is being applied, they can pick up the phone. <br><br>But violence will be met with violence. <a href="https://t.co/VWnBS1PWaV">https://t.co/VWnBS1PWaV</a></p>&mdash; JD Vance (@JDVance) <a href="https://x.com/JDVance/status/2070630231023792362?ref_src=twsrc%5Etfw">June 26, 2026</a></blockquote><p>Les médias d'Etat iraniens , citant une source militaire anonyme, ont rapporté la frappe sur le port de Sirik après qu'une explosion y ait été entendue. La source a indiqué que plusieurs tirs de sommation avaient été effectués depuis Sirik en direction de navires ayant enfreint la réglementation du détroit d'Ormuz environ cinq heures auparavant, ajoutant que deux missiles d'avertissement avaient également été lancés depuis la zone voisine de Karpan en direction de cette voie maritime stratégique.</p><iframe width="191" height="340" src="https://www.youtube.com/embed/xaTtlRpXOxw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen title="Donald Trump et le piège du nucléaire iranien"></iframe><h2>Riposte iranienne</h2><p>Ce samedi, l'agence de presse iranienne Mehr a cité le responsable des ports de l'est d'Hormozgan, qui a déclaré qu'aucun dommage n'avait été constaté au port de Sirik après l'attaque américaine. Le responsable a indiqué que le port fonctionnait normalement et qu'aucun dégât n'avait été signalé aux installations et aux équipements. Les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré qu'en réponse, leur marine avait "frappé les endroits où l'armée américaine terroriste est stationnée dans la région" et ont averti que toute nouvelle attaque américaine entraînerait une riposte plus large, selon le communiqué diffusé par les médias d'Etat.</p><p>L'accord de cessez-le-feu donne à l'Iran le contrôle du trafic maritime dans le détroit, ont déclaré les Gardiens de la révolution. "Toutefois, les Etats-Unis, en provoquant sur plusieurs fronts, ont cherché à violer cet engagement, et la réponse nécessaire a été apportée et continuera de l'être. Si l'agression se répète, notre réponse sera plus large", ont averti les Gardiens de la révolution.</p><p>Avant la reprise des violences, les prix du pétrole <a href="https://www.reutersconnect.com/all?search=all%3AL1N42Y034&amp;linkedFromStory=true" rel="">ont chuté d'environ 3 %</a> vendredi, s'orientant vers de fortes pertes hebdomadaires, en réaction à la sortie des pétroliers du détroit d'Ormuz, voie de passage pour un cinquième des approvisionnements mondiaux de pétrole et de GNL avant que les États-Unis et Israël ne déclenchent la guerre le 28 février.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/D7WHUTPDCRBUTIXG4RN25TSJGU.JPG?auth=3d9cb7666ec45c2551063997d9f16d93c3a3d08dd52d5b6a5652cf6dcf717619&amp;smart=true&amp;width=2560&amp;height=1440" type="image/jpeg" height="1440" width="2560"><media:description type="plain"><![CDATA[Une image non classifiée extraite d'une vidéo diffusée le 26 juin 2026 montre de la fumée après des explosions sur un site non identifié en Iran. Le commandement central américain a annoncé des frappes menées sur le pays malgré l'accord entre Washington et Téhéran, en réponse à l'attaque d'un navire dans le détroit d'Ormuz.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Andy Burnham, "roi du Nord" et futur Premier ministre d’un Royaume-Uni en ébullition]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/andy-burnham-roi-du-nord-et-futur-premier-ministre-dun-royaume-uni-en-ebullition-MYF23EVRGJCBRBEAT55JJFZAY4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/andy-burnham-roi-du-nord-et-futur-premier-ministre-dun-royaume-uni-en-ebullition-MYF23EVRGJCBRBEAT55JJFZAY4/</guid><dc:creator><![CDATA[Agnès Poirier]]></dc:creator><description></description><pubDate>Sat, 27 Jun 2026 05:45:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Le 8 juin dernier, un réfugié soudanais poignarde à plusieurs reprises un homme dans une rue de Belfast. Quelques heures plus tard, le nouveau parti d’extrême droite Restore Britain (à l’extrême droite <a href="https://www.lexpress.fr/monde/royaume-uni-a-quoi-ressembleraient-les-premiers-jours-de-nigel-farage-a-downing-street-JPEAH3BBKRGYPO5FK6WYMCOZNY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/royaume-uni-a-quoi-ressembleraient-les-premiers-jours-de-nigel-farage-a-downing-street-JPEAH3BBKRGYPO5FK6WYMCOZNY/">de Nigel Farage</a>) publie un communiqué : "quand nous serons au gouvernement, nous mettrons à mort ces sauvages du tiers-monde". Le texte est lu, sans trembler, sur BBC Radio 4, comme une opinion politique parmi d'autres. Ce n'est plus du populisme ordinaire, c'est <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/le-royaume-uni-na-rien-a-faire-parmi-les-grandes-puissances-la-reponse-de-pierre-grosser-a-brendan-CDMM3WDWARGHHII43Z7SIYPMGU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/le-royaume-uni-na-rien-a-faire-parmi-les-grandes-puissances-la-reponse-de-pierre-grosser-a-brendan-CDMM3WDWARGHHII43Z7SIYPMGU/">un pays</a> qui ne se retient plus.</p><p>Le 29 juillet 2024, Axel Rudakubana, dix-sept ans, assassine trois fillettes à Southport et blesse des dizaines d'autres lors d'un cours de danse. Le lendemain, les rumeurs s'emballent sur les réseaux : le tueur serait un demandeur d'asile musulman. Une mosquée est attaquée. Deux ans plus tard, ses fenêtres sont toujours protégées par des panneaux de sécurité. La police, contrainte par les règles d’anonymat des mineurs, n’a d’abord pas pu communiquer l’identité du coupable (un Britannique d’origine rwandaise) et ce silence légal a alimenté les rumeurs. </p><h2>En tête des sondages, Farage se radicalise encore</h2><p>Aujourd’hui, la police en a tiré les leçons et a appris à "remplir le vide informationnel avec la vérité". Toujours est-il que Reform UK, le parti de Farage, se place <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/dix-ans-apres-le-brexit-lhorizon-europeen-dun-royaume-uni-plus-pauvre-plus-triste-et-plus-divise-NQYZPDCOPZB6HPO2TIUGHOBPD4/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/dix-ans-apres-le-brexit-lhorizon-europeen-dun-royaume-uni-plus-pauvre-plus-triste-et-plus-divise-NQYZPDCOPZB6HPO2TIUGHOBPD4/">en tête des sondages</a> depuis dix-huit mois. Le populiste pro-Brexit, qui s'était jadis refusé à parler de "déportations massives", prône désormais l’expulsion de tous les immigrés illégaux et pose sur ses affiches devant un tableau d'affichage aérien factice indiquant comme destinations "Soudan", "Afghanistan", "Yémen".</p><p>L'affaire Henry Nowak a ajouté une couche d'indignation plus difficile à évacuer par un simple rejet du racisme. En décembre 2025, à Southampton, cet étudiant de dix-huit ans est poignardé par Vickrum Digwa, britannique sikh qui prétend avoir été victime d'une agression raciste et d'une atteinte à son turban. Les policiers, arrivés sur les lieux, menottent le blessé à terre, Henry Nowak, qui agonise d'une hémorragie interne, et laissent son agresseur libre. La vidéo provenant des <i>bodycams</i> des policiers, diffusée au moment du verdict le mois dernier, est insoutenable.</p><p>Aux yeux de nombreux Britanniques, les images semblent montrer des policiers davantage préoccupés par le risque d'une accusation de racisme que par l'état de la victime. Que cette lecture soit juste ou non importe finalement moins que sa puissance politique. Elle nourrit l'idée, devenue centrale dans le discours de Reform UK, que certaines institutions appliqueraient désormais une forme de police à deux vitesses. "<i>White lives matter too !" </i>("les vies blanches comptent aussi"),<i> </i>a rétorqué Nigel Farage sur les réseaux sociaux.</p><h2>Au royaume de la suspicion permanente</h2><p>Ces trois affaires ont, en apparence, peu de choses en commun. Un massacre d'enfants à Southport ; un homicide à Southampton ; une agression au couteau à Belfast. Pourtant, elles produisent exactement le même réflexe politique. À Southport, une partie de l'opinion est convaincue que la police cache l'identité du meurtrier. À Southampton, que celle-ci protège l'agresseur plutôt que la victime. À Belfast, qu'elle minimise les conséquences de l'immigration. Dix ans après le référendum de 2016 <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-brexit_1683736.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-brexit_1683736.html">sur le Brexit,</a> la véritable révolution britannique n'est peut-être ni économique ni institutionnelle : c'est l'installation d'une suspicion permanente. Le Brexit n'a pas seulement divisé le pays entre partisans du <i>Leave</i> et du <i>Remain</i>, il a ancré l'idée qu'une partie du peuple est systématiquement trompée par ses élites, ses médias et ses institutions. Depuis, chaque fait divers devient une preuve supplémentaire de cette trahison supposée.</p><p>Pendant que les braises couvent dans les rues, les héros d'hier tombent de leurs piédestaux. Peter Murrell, ancien directeur général du Scottish National Party, époux de Nicola Sturgeon, symbole de la renaissance nationaliste écossaise, vient d’être condamné à plus de cinq ans de prison ferme pour détournement de fonds et enrichissement personnel. L'inventaire de ses achats est à la fois pathétique et révélateur : de la tondeuse robotique de luxe déclarée en "frais juridiques" à un camping-car de 100 000 livres qu’il garait chez sa vieille mère.</p><p>Son ex-épouse, l’ancienne Première ministre écossaise, assure avoir été "trompée, manipulée, trahie", mais l'image est ravageuse : le couple le plus puissant d'Écosse, architecte d'un projet politique qui promettait de faire mieux que Westminster, s'est révélé incapable de tenir ses propres comptes moraux. Le projet nationaliste n’est pas près de s’en relever.</p><h2>Mission impossible pour Andy Burnham ? </h2><p>C'est dans ce contexte de délitement <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/royaume-uni-keir-starmer-demissionne-et-maintenant-S3O5LEQ3QND7TEYWD3K2LLX4JU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/royaume-uni-keir-starmer-demissionne-et-maintenant-S3O5LEQ3QND7TEYWD3K2LLX4JU/">qu'Andy Burnham,</a> 56 ans, s'apprête à entrer au 10 Downing Street. Le Mancunien a des atouts réels. Là où Starmer était froid et procédurier, lui parle aux gens. Sa décennie de maire à Manchester a produit un résultat concret et populaire : le réseau de bus Bee Network, redevenu public, est devenu le symbole vivant de ce qu'un Etat actif peut accomplir.</p><p>Mais ceux qui le connaissent le mieux, des collaborateurs de dix ans, des élus locaux, des journalistes qui l'ont suivi pas à pas, dressent un portrait plus nuancé. Il "adore être populaire", préférant éviter le conflit. C'est là tout le paradoxe Burnham. Il comprend probablement mieux le pays que Keir Starmer, mais comprendre une colère ne signifie pas savoir la gouverner. Ses anciens collaborateurs décrivent un responsable politique remarquablement attentif aux humeurs de l'opinion, parfois au point de retarder les décisions difficiles. Or le prochain Premier ministre devra précisément faire l'inverse : arbitrer, frustrer, imposer des choix budgétaires douloureux et affronter une opposition populiste qui prospère sur chaque renoncement.</p><blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/DZsBoOsijoE/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:658px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);"><div style="padding:16px;"> <a href="https://www.instagram.com/p/DZsBoOsijoE/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" background:#FFFFFF; line-height:0; padding:0 0; text-align:center; text-decoration:none; width:100%;" target="_blank"> <div style=" display: flex; flex-direction: row; align-items: center;"> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 40px; margin-right: 14px; width: 40px;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; margin-bottom: 6px; width: 100px;"></div> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; width: 60px;"></div></div></div><div style="padding: 19% 0;"></div> <div style="display:block; height:50px; margin:0 auto 12px; width:50px;"><svg width="50px" height="50px" viewBox="0 0 60 60" version="1.1" xmlns="https://www.w3.org/2000/svg" xmlns:xlink="https://www.w3.org/1999/xlink"><g stroke="none" stroke-width="1" fill="none" fill-rule="evenodd"><g transform="translate(-511.000000, -20.000000)" fill="#000000"><g><path d="M556.869,30.41 C554.814,30.41 553.148,32.076 553.148,34.131 C553.148,36.186 554.814,37.852 556.869,37.852 C558.924,37.852 560.59,36.186 560.59,34.131 C560.59,32.076 558.924,30.41 556.869,30.41 M541,60.657 C535.114,60.657 530.342,55.887 530.342,50 C530.342,44.114 535.114,39.342 541,39.342 C546.887,39.342 551.658,44.114 551.658,50 C551.658,55.887 546.887,60.657 541,60.657 M541,33.886 C532.1,33.886 524.886,41.1 524.886,50 C524.886,58.899 532.1,66.113 541,66.113 C549.9,66.113 557.115,58.899 557.115,50 C557.115,41.1 549.9,33.886 541,33.886 M565.378,62.101 C565.244,65.022 564.756,66.606 564.346,67.663 C563.803,69.06 563.154,70.057 562.106,71.106 C561.058,72.155 560.06,72.803 558.662,73.347 C557.607,73.757 556.021,74.244 553.102,74.378 C549.944,74.521 548.997,74.552 541,74.552 C533.003,74.552 532.056,74.521 528.898,74.378 C525.979,74.244 524.393,73.757 523.338,73.347 C521.94,72.803 520.942,72.155 519.894,71.106 C518.846,70.057 518.197,69.06 517.654,67.663 C517.244,66.606 516.755,65.022 516.623,62.101 C516.479,58.943 516.448,57.996 516.448,50 C516.448,42.003 516.479,41.056 516.623,37.899 C516.755,34.978 517.244,33.391 517.654,32.338 C518.197,30.938 518.846,29.942 519.894,28.894 C520.942,27.846 521.94,27.196 523.338,26.654 C524.393,26.244 525.979,25.756 528.898,25.623 C532.057,25.479 533.004,25.448 541,25.448 C548.997,25.448 549.943,25.479 553.102,25.623 C556.021,25.756 557.607,26.244 558.662,26.654 C560.06,27.196 561.058,27.846 562.106,28.894 C563.154,29.942 563.803,30.938 564.346,32.338 C564.756,33.391 565.244,34.978 565.378,37.899 C565.522,41.056 565.552,42.003 565.552,50 C565.552,57.996 565.522,58.943 565.378,62.101 M570.82,37.631 C570.674,34.438 570.167,32.258 569.425,30.349 C568.659,28.377 567.633,26.702 565.965,25.035 C564.297,23.368 562.623,22.342 560.652,21.575 C558.743,20.834 556.562,20.326 553.369,20.18 C550.169,20.033 549.148,20 541,20 C532.853,20 531.831,20.033 528.631,20.18 C525.438,20.326 523.257,20.834 521.349,21.575 C519.376,22.342 517.703,23.368 516.035,25.035 C514.368,26.702 513.342,28.377 512.574,30.349 C511.834,32.258 511.326,34.438 511.181,37.631 C511.035,40.831 511,41.851 511,50 C511,58.147 511.035,59.17 511.181,62.369 C511.326,65.562 511.834,67.743 512.574,69.651 C513.342,71.625 514.368,73.296 516.035,74.965 C517.703,76.634 519.376,77.658 521.349,78.425 C523.257,79.167 525.438,79.673 528.631,79.82 C531.831,79.965 532.853,80.001 541,80.001 C549.148,80.001 550.169,79.965 553.369,79.82 C556.562,79.673 558.743,79.167 560.652,78.425 C562.623,77.658 564.297,76.634 565.965,74.965 C567.633,73.296 568.659,71.625 569.425,69.651 C570.167,67.743 570.674,65.562 570.82,62.369 C570.966,59.17 571,58.147 571,50 C571,41.851 570.966,40.831 570.82,37.631"></path></g></g></g></svg></div><div style="padding-top: 8px;"> <div style=" color:#3897f0; font-family:Arial,sans-serif; font-size:14px; font-style:normal; font-weight:550; line-height:18px;">View this post on Instagram</div></div><div style="padding: 12.5% 0;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: row; margin-bottom: 14px; align-items: center;"><div> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; height: 12.5px; width: 12.5px; transform: translateX(0px) translateY(7px);"></div> <div style="background-color: #F4F4F4; height: 12.5px; transform: rotate(-45deg) translateX(3px) translateY(1px); width: 12.5px; flex-grow: 0; margin-right: 14px; margin-left: 2px;"></div> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; height: 12.5px; width: 12.5px; transform: translateX(9px) translateY(-18px);"></div></div><div style="margin-left: 8px;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 20px; width: 20px;"></div> <div style=" width: 0; height: 0; border-top: 2px solid transparent; border-left: 6px solid #f4f4f4; border-bottom: 2px solid transparent; transform: translateX(16px) translateY(-4px) rotate(30deg)"></div></div><div style="margin-left: auto;"> <div style=" width: 0px; border-top: 8px solid #F4F4F4; border-right: 8px solid transparent; transform: translateY(16px);"></div> <div style=" background-color: #F4F4F4; flex-grow: 0; height: 12px; width: 16px; transform: translateY(-4px);"></div> <div style=" width: 0; height: 0; border-top: 8px solid #F4F4F4; border-left: 8px solid transparent; transform: translateY(-4px) translateX(8px);"></div></div></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center; margin-bottom: 24px;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; margin-bottom: 6px; width: 224px;"></div> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; width: 144px;"></div></div></a></div></blockquote><p>Burnham hérite d’un pays où la méfiance envers la police et les institutions est grande. Un pays où les inégalités régionales (le Nord abandonné, Londres saturée) sont réelles, mais où une politique trop ostensiblement pro-Manchester risque d'aliéner les circonscriptions du Sud dont le Labour a besoin. Un pays où les finances publiques sont si exsangues que chaque promesse de dépense nouvelle exige une amputation ailleurs.</p><p>Andy Burnham a annoncé vouloir installer une partie de son cabinet à Manchester : un "Number 10 du Nord". L'idée est séduisante symboliquement, mais inquiète déjà ses propres rangs. "Le combat n'est pas nord contre sud, c'est nous contre Reform, et Reform est partout", dit un élu travailliste. La fracture qui consume le Royaume-Uni n'est pas géographique. Elle est plus profonde : c'est la conviction, largement partagée, que l'État ne protège plus les siens équitablement.</p><p>Burnham peut-il répondre à ce sentiment d’insécurité teinté de ressentiment ? Jennifer Williams, correspondante du <i>Financial Times</i> qui le suit depuis dix ans, pose la question sans l'esquiver : "Quel Andy Burnham va franchir la porte de Downing Street ?" L'homme sincère, aimable, capable de transformer un sujet technique en récit national, ou celui qui disparaît dans son bunker dès que les arbitrages deviennent douloureux ? Le Royaume-Uni a besoin d'un leader capable de restaurer une confiance que dix années de Brexit, d'émeutes, de scandales et de désillusions ont méthodiquement détruite. Mais comprendre la colère suffira-t-il à empêcher qu'elle ne devienne la force politique dominante du Royaume-Uni ?</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/LJQK65LQORALDOV2HOUGQGOQHI.jpg?auth=6110f8b6f374f0bb5cd04fbb543eeb6b43fd143875f688c2c36d10d049e1109b&amp;smart=true&amp;width=5296&amp;height=3686" type="image/jpeg" height="3686" width="5296"><media:description type="plain"><![CDATA[Le maire du Grand Manchester Andy Burnham prononce un discours après sa victoire à l'élection partielle de Makerfield, le 19 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">EPA</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Climatisation : les solutions de nos voisins européens, souvent en avance sur la France]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/climatisation-les-solutions-de-nos-voisins-europeens-souvent-en-avance-sur-la-france-QRX6YNPIJFD75JEMLYKLWSDTE4/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/climatisation-les-solutions-de-nos-voisins-europeens-souvent-en-avance-sur-la-france-QRX6YNPIJFD75JEMLYKLWSDTE4/</guid><description></description><pubDate>Sat, 27 Jun 2026 05:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Depuis les années 1980, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/canicule-comment-nos-voisins-europeens-sadaptent-aux-fortes-chaleurs-DB5OSMTVSBGX7MIUAKZ4WOUGOY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/canicule-comment-nos-voisins-europeens-sadaptent-aux-fortes-chaleurs-DB5OSMTVSBGX7MIUAKZ4WOUGOY/">l'Europe se réchauffe</a> deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Le déploiement de systèmes de climatisation s’impose comme une solution indispensable pour s’adapter au changement climatique et protéger les plus fragiles lors de <a href="https://www.lexpress.fr/environnement/canicule-a-partir-de-30-c-la-productivite-diminue-de-plus-dun-euro-par-heure-travaillee-SSVC756TVJAUNJEK2A46TUBJWM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/environnement/canicule-a-partir-de-30-c-la-productivite-diminue-de-plus-dun-euro-par-heure-travaillee-SSVC756TVJAUNJEK2A46TUBJWM/">ces vagues de chaleur,</a> qui ont fait tomber les records en France en juin. 50 % des foyers européens devraient être équipés de la climatisation en 2050 selon l’Agence internationale de l’énergie, contre seulement 20 % aujourd’hui.</p><p>En France, un quart des ménages possèdent un climatiseur, en particulier dans le sud du pays, et leur impact environnemental reste limité puisqu’ils puisent dans une électricité décarbonée à 95 %. Mais le gouvernement et les autorités locales continuent de considérer la climatisation <a href="https://www.lexpress.fr/economie/canicule-le-retard-coupable-de-leurope-sur-la-climatisation-DUQZTHIBVJCELMVWAP3NPRD47U/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/canicule-le-retard-coupable-de-leurope-sur-la-climatisation-DUQZTHIBVJCELMVWAP3NPRD47U/">comme un levier de dernier recours,</a> en raison de l’air chaud et des fluides polluants qui seraient rejetés dans l’atmosphère et contribueraient à la montée des températures. Chez certains de nos voisins, ce débat est réglé depuis longtemps.</p><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/5ZKBCL7FZ5AERARMGI3FQWTFAY.png?auth=1cd85ae0f05338bc5898730441f9649120d90f6091ae7b4c6373529e5d4ab85c&smart=true&width=2875&height=2084" alt="Proportion de foyers climatisés en 2024" height="2084" width="2875"/><figcaption>Proportion de foyers climatisés en 2024</figcaption></figure><h3>Espagne : des refuges climatiques et une large adoption de la climatisation</h3><p>L’Espagne est souvent considérée comme exemplaire en termes d’adaptation aux fortes chaleurs. Si 41 % de ses habitations sont équipées d’un système de climatisation, le pays a aussi mis en place des centaines de "refuges climatiques", des lieux publics climatisés accessibles à tous, comme des gymnases ou des musées, qui permettent de mutualiser les dépenses d’énergie. Depuis 2022, le thermostat des climatiseurs ne peut pas être réglé à moins de 27 degrés dans l’ensemble des lieux publics et commerciaux.</p><h3>Italie : une clim' qui embrase le réseau électrique</h3><p>Particulièrement exposée aux vagues de chaleur et abritant la population la plus âgée de l’Union européenne, l’Italie en est le premier consommateur de climatisation en termes d'énergie, avec près de 60 % de ses foyers équipés. Elle représente à elle seule plus d’un tiers de toute l’électricité utilisée à ces fins dans l’UE. En juin, la vague de chaleur et l'utilisation excessive de la climatisation ont causé des coupures de courant dans le nord du pays. Il est d'ailleurs interdit d'y régler la climatisation en deçà de 25 degrés dans les lieux accueillant du public. </p><h3>Chypre : les champions du refroidissement nécessaire</h3><p>Située à seulement quelques kilomètres du Proche-Orient, l'île de Chypre est soumise aux températures les plus élevées de l'UE, avec un ensoleillement de 340 jours par an et des pics à 44 °C l'été. Les Chypriotes sont donc passés à la climatisation bien avant leurs voisins européens, avec des besoins de refroidissement 610 % plus importants que la moyenne des Vingt-Sept. Pour limiter la facture, Chypre est aussi l'un des pays européens avec le plus grand nombre de panneaux solaires par habitation. </p><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/OI6A5FLJOZCY3DQUOMR4BT4G5Q.png?auth=b346e6d9f981ba21ed1f322d9030c078ef8969e4e4ebddfd5d8fe240c7f95d1b&smart=true&width=2875&height=2875" alt="" height="2875" width="2875"/></figure><h3>Suisse : le parcours du combattant pour climatiser chez soi</h3><p><a href="https://www.lexpress.fr/societe/canicule-en-europe-la-suisse-plus-frileuse-sur-la-climatisation-que-la-france-XGR4JKHXWRDCPBCO7NR6WWAHQU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/societe/canicule-en-europe-la-suisse-plus-frileuse-sur-la-climatisation-que-la-france-XGR4JKHXWRDCPBCO7NR6WWAHQU/">En Suisse,</a> vouloir installer une climatisation "de confort" pour rafraîchir son logement n’est pas chose facile. A Genève, il faut démontrer d’un besoin réel, appuyé d’un justificatif médical par exemple, tandis qu’à Fribourg, il faut disposer de panneaux photovoltaïques sur son toit et qu’à Zurich, le logement doit déjà être isolé et protégé contre les rayons du soleil. Des réglementations strictes qui expliquent que seulement 5 % des logements helvétiques disposent d’un climatiseur.</p><h3>Suède : peu de chaleur mais des idées</h3><p>Loin d’être habituée aux fortes chaleurs, la Suède est très peu équipée pour y faire face. Mais dans l’hôpital de Sundsvall, au nord de Stockholm, l’air reste frais tout l’été grâce à un système unique : le refroidissement par la neige. Le principe : la neige est stockée dans une cuve réfrigérée en hiver et l’eau de fonte sert à refroidir l’hôpital en été. Ainsi, la consommation d’électricité est considérablement réduite et aucun réfrigérant polluant n’est utilisé. Cette innovation a déjà été adaptée en Norvège et au Japon.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/MWPOVSYVF5HVPKTYFPJACGUZNQ.jpg?auth=092eb3d3a26f9592e999eba54ddb701768380f19a105416eef90b598262e971c&amp;smart=true&amp;width=3024&amp;height=2268" type="image/jpeg" height="2268" width="3024"><media:description type="plain"><![CDATA[Grande salle d'exposition d'un musée d'art historique à Madrid, où des visiteurs sont assis, entourés de tableaux encadrés.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">TulipStudio/Shutterstock</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Etats-Unis : les sénateurs républicains défient Donald Trump à l’approche des midterms]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-les-senateurs-republicains-defient-donald-trump-a-lapproche-des-midterms-5WFLLKI6KZGDJPMUJ6P433V32A/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/etats-unis-les-senateurs-republicains-defient-donald-trump-a-lapproche-des-midterms-5WFLLKI6KZGDJPMUJ6P433V32A/</guid><dc:creator><![CDATA[Asia Dayan]]></dc:creator><description></description><pubDate>Fri, 26 Jun 2026 16:05:26 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>A l'approche des <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-la-cour-supreme-est-devenue-la-meilleure-alliee-de-trump-pour-les-elections-de-mi-mandat-UIVFM74TEJF2HKKZP7IGYBBVW4/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/comment-la-cour-supreme-est-devenue-la-meilleure-alliee-de-trump-pour-les-elections-de-mi-mandat-UIVFM74TEJF2HKKZP7IGYBBVW4/">élections de mi-mandat</a>, excédés par les éclats et les décisions politiques de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump_1702460.html" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump_1702460.html">Donald Trump</a>, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/totalement-stupide-comment-donald-trump-voit-son-autorite-contestee-par-les-siens-RV32ZIYDV5EZRFYY2ROU6NFJOQ/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/totalement-stupide-comment-donald-trump-voit-son-autorite-contestee-par-les-siens-RV32ZIYDV5EZRFYY2ROU6NFJOQ/">les sénateurs républicains</a> craignent que les décisions politiques de leur président finissent par leur coûter leurs sièges. Et, ces derniers jours, ils sont de plus en plus nombreux à riposter. La méthode ? Dire non au milliardaire, du moins à ses projets de loi. Agacé de constater que ses troupes se font de moins en moins dociles, le président "rendrait la vie presque impossible" à ses élus, rapporte <a href="https://www.politico.com/news/2026/06/17/trump-war-on-senate-republicans-00966490" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.politico.com/news/2026/06/17/trump-war-on-senate-republicans-00966490">Politico</a>.</p><p>Depuis plusieurs semaines, le chef d'Etat, confronté au manque de soutien de ses parlementaires, sue sang et eau<b> </b>pour faire adopter son SAVE America Act, une loi sur l’identification des électeurs qu’il juge cruciale pour la victoire des républicains aux midterms de novembre. Cette loi, qui vise à endiguer la fraude électorale selon <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/de-vladimir-poutine-a-donald-trump-quand-la-coupe-du-monde-devient-un-levier-de-propagande-KGOGMLENUNFS7IPPGZ34PNXQLA/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/de-vladimir-poutine-a-donald-trump-quand-la-coupe-du-monde-devient-un-levier-de-propagande-KGOGMLENUNFS7IPPGZ34PNXQLA/">Donald Trump</a>, renforcerait notamment les contrôles d’identité pour s'inscrire sur les listes et limiterait largement le vote par correspondance. Un texte indispensable à la victoire aux élections de mi-mandat, à en croire le président. <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/guerre-en-iran-donald-trump-desavoue-par-le-senat-LGXM4HUNEVBYXCHUYHBS3FKKOQ/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/guerre-en-iran-donald-trump-desavoue-par-le-senat-LGXM4HUNEVBYXCHUYHBS3FKKOQ/">Les sénateurs républicains</a>, quant à eux se montrent bien plus mitigés. Certains, craignant que ces nouvelles contraintes éloignent les électeurs des urnes, envisagent de ne pas voter la copie. Sauf que, dans un hémicycle où la majorité n'est que très relative - 53 sénateurs républicains pour 100 sièges - <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/trump-towers-lhistoire-secrete-dune-malediction-fiascos-mensonges-et-gangsters-russes-I5C7T2OKLJB3VIVEKDYNLHF4UQ/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/trump-towers-lhistoire-secrete-dune-malediction-fiascos-mensonges-et-gangsters-russes-I5C7T2OKLJB3VIVEKDYNLHF4UQ/">Donald Trump</a> ne peut s'épargner aucune voix. </p><h3>Donner du pouvoir aux "débilocrates d’extrême gauche"</h3><p>Aussi, ce jeudi 25 juin, le président des Etats-Unis a laissé éclater sa colère au grand jour. "Les républicains de la Chambre des représentants devraient faire front commun et cesser de rejeter les règlements ou de menacer de le faire. Donner aux débilocrates (sic) d’extrême gauche de la Chambre le pouvoir de contrôler les sujets soumis au vote ne fera qu’aggraver notre situation, et non l’améliorer", a-t-il cinglé sur son réseau Truth social. Quelques jours plus tôt, il menaçait : "Pour ajouter un peu de suspense, mais [aussi] pour le bien de la nation et du peuple de notre pays, je n’approuverai pas la loi FISA - sur la surveillance des renseignements étrangers - sans que la loi Save America Act l’accompagne".</p><p>Dans le viseur de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/de-la-vitrine-trumpiste-a-la-demolition-la-courte-vie-dalligator-alcatraz-6T34KAQQXFF7ZGOEGKD5CPU6JU/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/de-la-vitrine-trumpiste-a-la-demolition-la-courte-vie-dalligator-alcatraz-6T34KAQQXFF7ZGOEGKD5CPU6JU/">Donald Trump</a> : le président du groupe républicain au Sénat, John Thune, qu'il tient responsable de la soudaine indiscipline de vote. D'autant plus que, depuis quelques semaines, le sénateur en chef a dû annoncer une série de mauvaises nouvelles à Donald Trump. Première mutinerie : les républicains de la chambre haute ont rejeté le financement de la salle de bal que <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-la-tentation-imperialiste-le-monde-a-bascule-dans-linconnu-le-20-janvier-RYWEZRU2CNHXPCLECNFDK5UK5I/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-la-tentation-imperialiste-le-monde-a-bascule-dans-linconnu-le-20-janvier-RYWEZRU2CNHXPCLECNFDK5UK5I/">le milliardaire </a>voulait faire construire dans <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-ou-lesthetique-du-bulldozer-ce-que-ses-grands-travaux-revelent-de-lui-SQIAOS53OJBCZIGFNEICSUD7HY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/donald-trump-ou-lesthetique-du-bulldozer-ce-que-ses-grands-travaux-revelent-de-lui-SQIAOS53OJBCZIGFNEICSUD7HY/">la Maison-Blanche</a>. Ensuite, ils ont contraint l’administration à abandonner son projet de créer un fonds d'1,8 milliard de dollars dit "anti-instrumentalisation" de la justice, qui aurait permis de rémunérer des alliés politiques du président. Les sénateurs républicains se sont également opposés à la nomination d'un proche de Donald Trump au poste de directeur du renseignement national.</p><h3>"Détester Thune, ce serait comme détester les golden retrievers"</h3><p>Aussi, <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/de-vladimir-poutine-a-donald-trump-quand-la-coupe-du-monde-devient-un-levier-de-propagande-KGOGMLENUNFS7IPPGZ34PNXQLA/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/de-vladimir-poutine-a-donald-trump-quand-la-coupe-du-monde-devient-un-levier-de-propagande-KGOGMLENUNFS7IPPGZ34PNXQLA/">Donald Trump</a> s'agace de l'"attachement aux normes du Sénat" dont fait preuve John Thune. Une caractéristique qu'il appréhende comme symptomatique d'un "manque de fermeté nécessaire pour faire avancer les choses par la force politique brute", indique le <a href="https://www.wsj.com/politics/policy/trumps-frustration-grows-as-senate-gop-leader-keeps-saying-no-c37da65f?mod=hp_lead_pos3" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.wsj.com/politics/policy/trumps-frustration-grows-as-senate-gop-leader-keeps-saying-no-c37da65f?mod=hp_lead_pos3"><i>Wall Street Journal</i></a>. Dans les colonnes du titre américain, un proche du président a déclaré que ce dernier s’était irrité d’entendre Thune lui répondre à plusieurs reprises "non" au lieu de "non, mais laissez-moi essayer". Rien de personnel, assurent des employés de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/de-bruxelles-a-madrid-lappel-de-trois-think-tanks-europeens-a-reveiller-leurope-M34YEFGIOFDDBKAJBU7RQR244Q/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/de-bruxelles-a-madrid-lappel-de-trois-think-tanks-europeens-a-reveiller-leurope-M34YEFGIOFDDBKAJBU7RQR244Q/">la Maison-Blanche</a>. Sur le plan strictement personnel, Donald Trump apprécie le parlementaire. Effectivement, malgré ses nombreuses colères au sujet du refus des sénateurs républicains d'adopter le SAVE America Act, le chef de l'Etat n'a jamais publiquement nommé ou blâmé le président de groupe.</p><p>Même son de cloche du côté du sénateur républicain John N. Kennedy. "Détester Thune, ce serait comme détester les Golden retrievers. On ne peut pas ne pas aimer Thune. Je ne pense pas que le président l’ait pris en grippe", a-t-il déclaré auprès de Politico. Et le parlementaire de Louisianne qui assure que Donald Trump est obsédé par le projet de loi SAVE America Act, d'ajouter : "Je pense simplement qu’il [Donald Trump] veut ce qu’il veut, et qu’il continue à faire pression. Je ne pense tout simplement pas que, dans ce cas précis, il ait de grandes chances d’obtenir gain de cause." </p><p>De son côté, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/le-congres-americain-adopte-une-strategie-de-defense-pour-2026-a-rebours-de-trump-sur-leurope-2LSIFC7OCFGHDOXGUP2IX464SU/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/le-congres-americain-adopte-une-strategie-de-defense-pour-2026-a-rebours-de-trump-sur-leurope-2LSIFC7OCFGHDOXGUP2IX464SU/">John Thune</a>, joue le jeu de la diplomatie. Auprès de Politico, il a simplement déclaré. "Le président a ses propres idées, prend ses propres décisions, et nous aussi". Auprès des journalistes du <i>Wall Street journal</i>, nombre de sénateurs ont pris la défense de leur chef de file, estimant que son seul tort avait été de dire la vérité au président sur la manière dont sont perçus ses projets de loi. Mais l'avis des sénateurs, le président semble y être étanche. Interrogé sur la prise en compte de l'avis des sénateurs par <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/comment-riposter-a-donald-trump-la-lecon-de-fermete-de-giorgia-meloni-6G6PBFKEIFG5LF62ZMBLSG2DZU/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/comment-riposter-a-donald-trump-la-lecon-de-fermete-de-giorgia-meloni-6G6PBFKEIFG5LF62ZMBLSG2DZU/">Donald Trump</a>, John N. Kennedy a répondu : "Non, je ne le pense pas. Il veut ce qu'il veut et, tant qu'il ne l'obtient pas, il continue simplement à exercer des pressions."</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/XRUOTAFNHRBIFKFVSNP7BQGPII.JPG?auth=4c07df9f50d7f8a2b9ecd380a755845fdfcd285479aacdd1cd7c25d49801367b&amp;smart=true&amp;width=5617&amp;height=3745" type="image/jpeg" height="3745" width="5617"><media:description type="plain"><![CDATA[Le président américain Donald Trump se dirige vers ses invités pour un dîner avec des agriculteurs dans la roseraie de la Maison-Blanche à Washington, le 25 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS/Evan Vucci</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[De la vitrine trumpiste à la démolition : la courte vie d'"Alligator-Alcatraz" ]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/de-la-vitrine-trumpiste-a-la-demolition-la-courte-vie-dalligator-alcatraz-6T34KAQQXFF7ZGOEGKD5CPU6JU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/de-la-vitrine-trumpiste-a-la-demolition-la-courte-vie-dalligator-alcatraz-6T34KAQQXFF7ZGOEGKD5CPU6JU/</guid><description></description><pubDate>Fri, 26 Jun 2026 14:05:49 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Présenté comme un modèle, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/alligator-alcatraz-la-nouvelle-vitrine-peu-reluisante-de-la-politique-migratoire-de-donald-trump-5M7ACUZDBBD47G73PYOPPKJWKI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/alligator-alcatraz-la-nouvelle-vitrine-peu-reluisante-de-la-politique-migratoire-de-donald-trump-5M7ACUZDBBD47G73PYOPPKJWKI/">"Alligator Alcatraz"</a> n’aura vécu qu’un an. Le centre de détention pour migrants, situé au cœur des Everglades, ferme ses portes. Le gouverneur de Floride Ron DeSantis justifie la fin des activités par l'arrivée de la saison des ouragans, qui pourrait mettre les détenus en danger. Il s'agissait d'une installation provisoire avant l’ouverture d'autres établissements permanents plus sécurisés. </p><p>"L’Alcatraz des alligators a rempli aujourd’hui le rôle pour lequel il avait été conçu. Il compte à présent zéro détenu", a déclaré Ron DeSantis,<b> </b>jeudi 25 juin, lors d’une conférence de presse au sein même du bâtiment. En effet, depuis début juin, les responsables du centre ont commencé à vider les lieux. Tous les prisonniers ont été envoyés dans des prisons voisines ou expulsés vers d’autres pays. </p><h2>Un démantèlement rapide</h2><p>Des rumeurs circulaient depuis plusieurs semaines sur la mise à l'arrêt potentiel du centre. "Si nous éteignons les lumières demain, nous pourrons dire que cela a rempli sa fonction", avait déclaré le gouverneur en juin. </p><p>Lundi matin, toutes les entreprises prestataires du site ont reçu l’ordre de commencer une "démobilisation complète". Les bâtiments temporaires doivent être démontés, les équipements retirés et les contrats liant ces entreprises à l’Etat doivent prendre fin. Cette phase de démobilisation était prévue dès la signature des contrats. Une des clauses précisait qu'une indemnité serait versée aux entreprises en contrepartie du démontage des installations. </p><p>Tout comme sa construction, le démantèlement du centre doit être mené rapidement. Le directeur de la gestion des urgences de Floride, Kevin Guthrie a demandé à ce que des progrès significatifs soient réalisés en quelques jours. Une fois les opérations effectuées, le lieu retrouvera son usage initial : un petit aéroport utilisé pour la formation de pilotes. </p><h2>Un centre devenu trop coûteux </h2><p>Une raison plus officieuse expliquerait la fermeture du site : son coût de fonctionnement élevé. En effet, selon plusieurs sources citées par <a href="https://www.cbsnews.com/miami/news/florida-alligator-alcatraz-closing/" rel="" title="https://www.cbsnews.com/miami/news/florida-alligator-alcatraz-closing/">CBS News Miami</a>, l'établissement aurait coûté au total 1,2 milliard de dollars. </p><p>Lors de la construction du centre, Ron DeSantis avait assuré que le gouvernement fédéral rembourserait les dépenses engagées par la Floride. Pourtant, malgré l’approbation d’un remboursement de 608 millions de dollars, les fonds n’ont toujours pas été versés, selon CBS News. Ce retard s’explique notamment par des recours judiciaires, des difficultés administratives et des problèmes environnementaux. </p><h2>Des conditions de détention dénoncées</h2><p>L'installation d'"Alligator-Alcatraz" a suscité de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/alcatraz-des-alligators-clap-de-fin-pour-le-symbole-de-la-politique-migratoire-de-donald-trump-OB2QJ2CBRBE65FF6MOBOVLRWMA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/alcatraz-des-alligators-clap-de-fin-pour-le-symbole-de-la-politique-migratoire-de-donald-trump-OB2QJ2CBRBE65FF6MOBOVLRWMA/">nombreuses polémiques</a>. Implanté au cœur des Everglades, une zone peuplée d’alligators, de pythons et de serpents, la configuration du centre devait dissuader toute tentative d’évasion. </p><p>Inauguré par Donald Trump le 1er juillet 2025, le centre est rapidement devenu l’un des symboles de sa politique migratoire. Sa création s’inscrivait dans le cadre d'un renforcement des arrestations de migrants par l’ICE. Il a été vivement critiqué pour ses conséquences humaines et environnementales. Les détenus étaient ainsi logés sous des tentes et dans des remorques, où ils dormaient dans des lits superposés entourés de grillages. Dans un rapport, <a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/12/usa-new-findings-reveal-human-rights-violations-at-floridas-alligator-alcatraz-and-krome-detention-centers/" target="_self" rel="" title="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/12/usa-new-findings-reveal-human-rights-violations-at-floridas-alligator-alcatraz-and-krome-detention-centers/">Amnesty International</a> a dénoncé les conditions de détention inhumaines qui y régnaient. L’organisation évoque une nourriture de mauvaise qualité, des toilettes débordant d’excréments, un accès limité aux douches ainsi que des températures éprouvantes, avec une forte chaleur le jour et un froid marqué la nuit.</p><p>Construit en seulement quelques jours, le site a également été critiqué pour ne pas avoir respecté certaines procédures environnementales. Plusieurs études préalables, notamment des tests d’humidité, n’avaient pas pu être réalisées. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/DRX653GARZF5BCTA3TFP3XWGSE.jpg?auth=b14ab5035b88c0c0e0dbdce38e9d6580ff185e800dcc765cfe4b329539ed2d66&amp;smart=true&amp;width=5000&amp;height=3335" type="image/jpeg" height="3335" width="5000"><media:description type="plain"><![CDATA[Le centre de détention pour migrants, "Alligator-Alcatraz", le 25 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">EPA</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Au Royaume-Uni, le plan anti-immigration de Nigel Farage vise aussi les citoyens de l'UE ]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/au-royaume-uni-le-plan-anti-immigration-de-nigel-farage-vise-aussi-les-citoyens-de-lue-XXKSNJ5ZM5CDZHMG7RH3CABB6E/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/au-royaume-uni-le-plan-anti-immigration-de-nigel-farage-vise-aussi-les-citoyens-de-lue-XXKSNJ5ZM5CDZHMG7RH3CABB6E/</guid><description></description><pubDate>Fri, 26 Jun 2026 13:22:38 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>En définitive, le parti Reform UK n'en a donc pas qu'après l'immigration extra-européenne. Robert Jenrick, l'un de ses porte-paroles, a détaillé un plan que la formation d'extrême droite mettrait en œuvre si elle devait arriver au pouvoir. Il vise les étrangers extra-européens aussi bien que les ressortissants de pays membres de l'Union européenne vivant sur le sol britannique, comme l'explique <a href="https://www.theguardian.com/uk-news/2026/jun/25/reform-uk-plan-target-eu-nationals-britain-brexit" target="_self" rel="" title="https://www.theguardian.com/uk-news/2026/jun/25/reform-uk-plan-target-eu-nationals-britain-brexit"><i>The Guardian</i></a>. Deux mesures sont prévues : leur exclusion des logements sociaux et une "taxe sur leur travail", dont devraient s'acquitter leurs employeurs (cotisations sociales plus élevées que pour un citoyen britannique, ainsi qu'une cotisation annuelle pour les personnes à bas revenus). Le fait que les ressortissants de l'UE résident au Royaume-Uni de longue date, aient un conjoint britannique ou des enfants britanniques ne serait pas pris en considération. "Si vous vous trouvez dans ce pays, que vous n'êtes pas citoyen britannique et que vous faites partie des personnes qui ne pourront pas rester au Royaume-Uni sous un gouvernement Reform UK, alors vous devriez envisager de quitter le pays", a déclaré Jenrick.</p><p>De telles mesures démentent les garanties données par <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nigel-farage-bientot-premier-ministre-lessor-vertigineux-de-lextreme-droite-au-royaume-uni-NBWNV36B5NBWNFZBWTJ6CSSZXM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/nigel-farage-bientot-premier-ministre-lessor-vertigineux-de-lextreme-droite-au-royaume-uni-NBWNV36B5NBWNFZBWTJ6CSSZXM/">Nigel Farage</a> lors du Brexit, qui avait jugé "pas très raisonnable" de pousser des habitants dehors. Elles impliqueraient également de renégocier <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/brexit-si-vous-revenez-on-annule-tout-CX5LMBVU7VAG5IGRJG73RCEJCE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/brexit-si-vous-revenez-on-annule-tout-CX5LMBVU7VAG5IGRJG73RCEJCE/">le Brexit,</a> avec le risque que les pays de l'UE prennent des mesures de réciprocité envers les citoyens britanniques vivant chez eux ou instaurent des mesures douanières de rétorsion. </p><p>De telles annonces ont fait s'étrangler Daniel Sohege, membre du groupe "the3million", qui défend les droits des ressortissants de l'UE au Royaume-Uni. Il a déclaré : "Depuis une dizaine d’années, les citoyens de l’UE sont en proie à l’incertitude et à la crainte quant à leur avenir au Royaume-Uni. On nous avait assuré, avant le référendum sur le Brexit, que nos droits seraient respectés. On nous avait assuré, lors de la signature de l’accord de retrait, que nos droits seraient protégés. (...) Aujourd’hui, on nous dit que d’ici quelques années, un éventuel gouvernement Reform UK pourrait supprimer purement et simplement nos droits."</p><h3>En tête dans les sondages</h3><p>Le député Al Pinkerton, porte-parole des libéraux-démocrates pour l’Europe, s'est également offusqué : "Menacer des centaines de milliers de personnes qui ont construit leur vie ici ne ferait que plonger notre économie dans le chaos, sans pour autant rétablir l’ordre et l’équité dans notre système d’immigration. Recourir à ces politiques cruelles, à la manière de Donald Trump, ne fera qu’isoler davantage le Royaume-Uni et entraînera des représailles préjudiciables de la part de nos partenaires commerciaux les plus proches."</p><p>Reform UK était la <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/royaume-uni-quand-lue-financait-malgre-elle-la-campagne-pro-brexit-de-nigel-farage-WGUAD4STNRCZRPO2WKLLP74QSY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/royaume-uni-quand-lue-financait-malgre-elle-la-campagne-pro-brexit-de-nigel-farage-WGUAD4STNRCZRPO2WKLLP74QSY/">figure de proue du Brexit</a>, dont les <a href="https://www.lexpress.fr/podcasts/lasemaine-europeenne/desillusion-post-brexit-instabilite-politique-les-britanniques-face-a-la-tentation-de-la-7JQEQVEY35AWHBBOIMDOBZ2K3U/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/podcasts/lasemaine-europeenne/desillusion-post-brexit-instabilite-politique-les-britanniques-face-a-la-tentation-de-la-7JQEQVEY35AWHBBOIMDOBZ2K3U/">conséquences</a> sur l'économie britannique sont évaluées à entre 4 % et 6 % de baisse du produit intérieur brut, et pour le budget de l’Etat, à un manque à gagner compris entre 65 milliards et 90 milliards de livres sterling par an. Reform UK n'en fait pas moins la course en tête dans les sondages, loin devant les travaillistes, avec 28 % des intentions de vote, et pourrait mettre fin au bipartisme qui régit la vie politique britannique depuis des décennies. Les élections législatives outre-Manche se tiendront au plus tard en août 2029.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/G6C3SQIAYZAOZLKLDYUDXGMWYE.JPG?auth=15f9fb0b38bc7d06010d6bbc5a7e9d80785bd2bd991d549124c306821fb52794&amp;smart=true&amp;width=4135&amp;height=2757" type="image/jpeg" height="2757" width="4135"><media:description type="plain"><![CDATA[Le leader du parti britannique Reform UK, Nigel Farage, participe à une conférence de presse à Ashton-in-Makerfield, le 10 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS/Temilade Adelaja</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Soutien "massif" de l'Italie contre l'Iran : comment Mark Rutte a mis Giorgia Meloni dans l'embarras]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/soutien-massif-de-litalie-contre-liran-comment-mark-rutte-a-mis-giorgia-meloni-dans-lembarras-VC3ZCGMMIBC5ZF3NJOYWRAWUDA/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/soutien-massif-de-litalie-contre-liran-comment-mark-rutte-a-mis-giorgia-meloni-dans-lembarras-VC3ZCGMMIBC5ZF3NJOYWRAWUDA/</guid><description></description><pubDate>Fri, 26 Jun 2026 10:13:43 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Peut-être pensait-il bien faire. Alors qu'il s'exprimait sur Fox News et tentait probablement d'adoucir le courroux de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/otan-les-etats-unis-preparent-une-reduction-majeure-de-leurs-capacites-militaires-N4IE7FUR5BHY7K4FPCNWGD5WYA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/otan-les-etats-unis-preparent-une-reduction-majeure-de-leurs-capacites-militaires-N4IE7FUR5BHY7K4FPCNWGD5WYA/">Donald Trump à l'égard de l'Otan</a>, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/ce-que-fait-le-president-est-crucial-mark-rutte-indefectible-soutien-de-donald-trump-BNJKMPPO6BDC5HKEGX5QF7LT44/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/ce-que-fait-le-president-est-crucial-mark-rutte-indefectible-soutien-de-donald-trump-BNJKMPPO6BDC5HKEGX5QF7LT44/">Mark Rutte,</a> le secrétaire général de l'organisation atlantique, a cru bon de souligner mercredi 24 juin, à l'occasion d'une visite à Washington et avant de rencontrer le président américain, la bonne coopération à l'<a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/changer-le-regime-iranien-par-les-airs-cette-doctrine-controversee-qui-a-seduit-donald-trump-7EY6IAM3QJBSVKD66KAG5NJDEQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/changer-le-regime-iranien-par-les-airs-cette-doctrine-controversee-qui-a-seduit-donald-trump-7EY6IAM3QJBSVKD66KAG5NJDEQ/">opération militaire menée contre l'Iran</a> des pays membres européens, et tout particulièrement celle de l'Italie : "Pays après pays, allié après allié, tous ont mis leurs bases à la disposition de l’opération Epic Fury. Si l’on prend l’exemple de l’Italie, 500 avions américains ont décollé de bases américaines situées en Italie. C’est un soutien massif."</p><blockquote class="twitter-tweet"><p lang="en" dir="ltr">NATO&#39;s Rutte to Fox News:<br><br>500 U.S. planes took off from U.S. bases in Italy to support Operation Epic Fury.<br><br>This is massive. <a href="https://t.co/6CeBJVfwJw">pic.twitter.com/6CeBJVfwJw</a></p>&mdash; Clash Report (@clashreport) <a href="https://x.com/clashreport/status/2069791091390320927?ref_src=twsrc%5Etfw">June 24, 2026</a></blockquote><p>Des paroles qui n'ont pas manqué de mettre dans l'embarras la <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/giorgia-meloni-chronique-dun-echec-populiste-par-jean-francois-cope-AJJ43X7COZGBZHFYVRSLTFK4FY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/giorgia-meloni-chronique-dun-echec-populiste-par-jean-francois-cope-AJJ43X7COZGBZHFYVRSLTFK4FY/">Première ministre italienne Giorgia Meloni</a>, laquelle a assuré à plusieurs reprises que le soutien de son pays à Washington avait été des plus restreints. "Dans son récit disons 'enthousiaste', le secrétaire général a mis dans le même sac des éléments qui sont en réalité très différents, et confondu les types de vols autorisés", a-t-elle déclaré ce jeudi lors d’<a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/emmanuel-macron-giorgia-meloni-un-sommet-pour-enterrer-la-hache-de-guerre-IPIF6ZZ3XFFZ3EWQJZSBE3J474/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/emmanuel-macron-giorgia-meloni-un-sommet-pour-enterrer-la-hache-de-guerre-IPIF6ZZ3XFFZ3EWQJZSBE3J474/">un sommet franco-italien</a> dans le sud de la France. Elle a réaffirmé que l’Italie n’autorisait l’utilisation de ses bases que pour des opérations logistiques et techniques et qu’elle n’avait aucune idée de la raison pour laquelle Rutte s'était livré à ce "récit simpliste".</p><p>De même, le ministre de la Défense italien a fait part dans un communiqué de sa "surprise" face à "un message totalement trompeur confondant le type de vols autorisés". En mars, Guido Crosetto avait déclaré que Rome avait refusé à des avions de combat américains à destination du <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-gardiens-de-la-revolution-ont-ils-deja-pris-le-pouvoir-6GCZBJHWQ5GRDEG4GDQTW6MDPU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-gardiens-de-la-revolution-ont-ils-deja-pris-le-pouvoir-6GCZBJHWQ5GRDEG4GDQTW6MDPU/">théâtre d’opérations iranien</a> l'autorisation de ravitailler à la base aérienne de Sigonella, en Sicile. Quelques semaines plus tard, Giorgia Meloni avait déclaré aux députés que l’Italie "n’avait ni soutenu ni participé" à l’opération militaire contre l'Iran.</p><h3>"Les contes de fée du gouvernement s'effondrent"</h3><p>L'opposition n'a pas manqué une telle opportunité de monter au créneau, et demande désormais une clarification. "Giorgia Meloni nous avait assuré que l’Italie ne serait pas impliquée, mais nous apprenons qu’au moins 500 avions américains ont décollé du sol italien, ce qui confirme les inquiétudes que nous avions exprimées au Parlement", a réagi Giuseppe Provenzano, le président de la commission des affaires étrangères du Parti démocrate. Angelo Bonelli, chef du parti Alliance des verts et de la gauche, a jugé que les déclarations de Mark Rutte "mettaient à nu les mensonges de Giorgia Meloni". "La gravité de cette affaire est sans précédent", s'est-il indigné. Giuseppe Conte, chef du Mouvement 5 étoiles, a pour sa part estimé que "les contes de fées du gouvernement s’effondraient".</p><p>Giorgia Meloni s'est également défendue en avançant le fait que si la coopération italienne avait été si massive, le pays ne susciterait pas l'ire de Donald Trump, qui ne cesse en effet de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/je-pensais-quelle-avait-du-courage-entre-giorgia-meloni-et-donald-trump-une-rupture-consommee-PKS6YG7WEBH6RG7PAZQUPK6HXI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/je-pensais-quelle-avait-du-courage-entre-giorgia-meloni-et-donald-trump-une-rupture-consommee-PKS6YG7WEBH6RG7PAZQUPK6HXI/">l'agonir pour son manque de soutien</a>. "Nous n’avons pas pris part au conflit avec l’Iran. Si cela avait été le cas, rien ne justifierait cette déception que le président américain ne cesse de réitérer très régulièrement", a-t-elle expliqué. Un argument qui se défend mais n'a pas convaincu ses détracteurs, dont certains ont jugé qu'il s'agissait justement là d'une "mise en scène" pour "dissimuler" la participation de l'Italie à la guerre sans autorisation du Parlement. Pas sûr que son amitié avec Mark Rutte sorte renforcée de cet épisode.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/POFEZJIUC5GJ5MZQUZ2AB3MLP4.jpg?auth=50281de4093e05a1d841625fe2fb20c6dd5db2a49927a3cfa1ebab2082c62af1&amp;smart=true&amp;width=3088&amp;height=2326" type="image/jpeg" height="2326" width="3088"><media:description type="plain"><![CDATA[Giorgia Meloni et Mark Rutte lors de la COP28 à Dubaï, le 1er décembre 2023.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">EPA/Maxppp</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Détroit d'Ormuz : l'évacuation des navires bloqués suspendue après une attaque iranienne]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-levacuation-des-navires-bloques-suspendue-apres-une-attaque-iranienne-DVBV26OJ4BGBTAJTAXEHDDISVY/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-levacuation-des-navires-bloques-suspendue-apres-une-attaque-iranienne-DVBV26OJ4BGBTAJTAXEHDDISVY/</guid><description></description><pubDate>Fri, 26 Jun 2026 07:32:55 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Le feuilleton du blocage et de la réouverture du <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-pourquoi-la-reprise-du-trafic-maritime-pourrait-prendre-des-mois-WLNZLJNRABHPTCMNT2H3JRBF2M/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-pourquoi-la-reprise-du-trafic-maritime-pourrait-prendre-des-mois-WLNZLJNRABHPTCMNT2H3JRBF2M/">détroit d'Ormuz</a> a connu un nouvel épisode ce jeudi 25 juin dans l'après-midi. Alors qu'il longeait les côtes d'Oman pour sortir du détroit où il était bloqué depuis cent jours, le porte-conteneurs singapourien Ever-Lovely, à la tête d'un groupe de quatre navires, a essuyé un tir de projectile de l'Iran. Celui-ci a endommagé sa passerelle, mais n'a pas fait de victime. D'après un responsable américain interrogé par le <a href="https://www.wsj.com/world/middle-east/iran-attacks-cargo-ship-testing-trumps-deal-to-reopen-strait-d3cf454c?mod=hp_lead_pos2" target="_blank" rel="" title="https://www.wsj.com/world/middle-east/iran-attacks-cargo-ship-testing-trumps-deal-to-reopen-strait-d3cf454c?mod=hp_lead_pos2"><i>Wall Street Journal</i></a>, un drone d'attaque unidirectionnel a manœuvré le navire avant de le percuter, ce qui laisse penser que l'attaque était délibérée.</p><p>L'Organisation maritime internationale (OMI) a dans la foulée suspendu le plan d'évacuation du détroit. Dans un communiqué, son secrétaire général Arsenio Dominguez a déclaré vouloir "reconfirmer que les garanties de sécurité nécessaires restent en place pour les navires figurant sur notre liste d’évacuation ainsi que pour tous ceux se trouvant dans la région."<i> </i>Il a précisé que le Ever-Lovely n'avait pas transité dans le cadre défini par l'OMI. </p><p>Le cadre de l'évacuation pose en effet difficulté. Quelques heures avant cet incident, l'Autorité iranienne chargée du détroit du golfe Persique, installée par Téhéran pour gérer les demandes de navires cherchant à transiter par le carrefour maritime, avait déclaré que les bateaux situés en dehors des routes qu'elle a elle-même définies ne bénéficieraient pas d'un passage sécurisé. Les <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-gardiens-de-la-revolution-ont-ils-deja-pris-le-pouvoir-6GCZBJHWQ5GRDEG4GDQTW6MDPU/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/iran-les-gardiens-de-la-revolution-ont-ils-deja-pris-le-pouvoir-6GCZBJHWQ5GRDEG4GDQTW6MDPU/">Gardiens de la révolution</a> ont donc mis leur menace à exécution.</p><h3>Un droit de passage iranien ?</h3><p>L'OMI a commencé mardi les opérations d'évacuation du détroit, bloqué par l'Iran depuis le 1er mars en représailles aux frappes americano-israéliennes. L'organisation estimait à 11 000 le nombre de marins toujours bloqués dans les eaux du golfe Persique. De 70 à 80 navires ont pu franchir le détroit mercredi, un chiffre important mais moitié moins qu'avant la mise en place du blocus.</p><p>Stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures, le détroit d'Ormuz était au cœur des négociations et de <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-sest-fait-berner-laccord-avec-liran-vu-de-letranger-4FX7LJE2VJBYFAEJHGOCYWPH64/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/donald-trump-sest-fait-berner-laccord-avec-liran-vu-de-letranger-4FX7LJE2VJBYFAEJHGOCYWPH64/">l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis</a> signé la semaine dernière. En échange de la levée du blocus, Téhéran a obtenu en contrepartie la levée du <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-comment-donald-trump-tente-dasphyxier-liran-MJ7LMKJYQNASLMYNO2XLESDTZA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/detroit-dormuz-comment-donald-trump-tente-dasphyxier-liran-MJ7LMKJYQNASLMYNO2XLESDTZA/">blocus des ports iraniens par la marine américaine</a> et le droit d'<a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/petrole-iranien-ce-revirement-de-donald-trump-qui-pourrait-rapporter-gros-a-teheran-ZGS7GN6IQ5B4XJCXKSMVA4LACM/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/petrole-iranien-ce-revirement-de-donald-trump-qui-pourrait-rapporter-gros-a-teheran-ZGS7GN6IQ5B4XJCXKSMVA4LACM/">exporter son pétrole brut</a>, pour la première fois depuis des décennies. Les futures conditions de transit restent toutefois floues. Si aucun droit de passage n'est prévu pour une durée de soixante jours, l'Iran a laissé entendre qu'il souhaitait en instaurer un par la suite, alors qu'il n'en existait pas avant la guerre – Washington s'y oppose fermement. </p><p>Ce vendredi encore, la République islamique a affirmé que la présence militaire américaine dans le Golfe était une source d'insécurité et de division dans la région. Dans un communiqué, le ministère iranien des Affaires étrangères a également réaffirmé sa position selon laquelle le détroit d'Ormuz devrait être administré conjointement avec Oman, conformément aux termes du protocole d'accord conclu avec les États-Unis. Peu après, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré que le passage sûr à travers le détroit d'Ormuz ne pouvait être garanti sans coordination avec l'Iran et que l'absence de coordination pourrait entraîner la suspension de toute route désignée.</p><p>L'administration américaine n'a pas encore réagi à l'attaque contre le Ever-Lovely. Donald Trump avait menacé l'Iran de nouveaux bombardements si Téhéran ne respectait pas sa promesse de rouvrir le détroit d'Ormuz.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/N247NAF56RCIPJIQT55TPR7IU4.JPG?auth=81c60432536614304dd899feff038a70c4bce21d2834a8d27b8bd8f7ef570a0d&amp;smart=true&amp;width=5500&amp;height=3653" type="image/jpeg" height="3653" width="5500"><media:description type="plain"><![CDATA[Des milliers de marins restent bloqués dans le détroit d'Ormuz ]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Retards des trains en Europe : la bonne surprise française, les ambitions de l’Italie]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/retards-des-trains-en-europe-la-bonne-surprise-francaise-les-ambitions-de-litalie-W5DUJEQNMNFBHOVA5RB3B3BXNE/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/retards-des-trains-en-europe-la-bonne-surprise-francaise-les-ambitions-de-litalie-W5DUJEQNMNFBHOVA5RB3B3BXNE/</guid><description></description><pubDate>Fri, 26 Jun 2026 06:00:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Un billet de train unique pour voyager <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/l-union-europeenne-toujours-en-chantier_1299223.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/l-union-europeenne-toujours-en-chantier_1299223.html">à travers l'Europe</a> ? C’est ce qu’a proposé la Commission européenne début mai, afin d’offrir aux passagers une expérience de voyage plus fluide et de contribuer aux objectifs climatiques de l’UE. Responsable de seulement 0,3 % des émissions de gaz à effet de serre liées aux transports, le rail est le mode de transport motorisé le plus respectueux de l'environnement. Encore faut-il qu'il soit fiable, et à l'heure.</p><p>Le sujet devient épidermique en Allemagne, où <a href="https://www.lexpress.fr/economie/investissements-petites-lignes-et-trains-de-nuit-la-deutsche-bahn-l-anti-sncf_2116170.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/investissements-petites-lignes-et-trains-de-nuit-la-deutsche-bahn-l-anti-sncf_2116170.html">le mauvais état de la Deutsche Bahn</a> se répercute sur ses passagers et se transforme en honte nationale. La France, contrairement au ressenti de certains usagers <a href="https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/la-sncf-entreprise-ferroviaire-publique-francaise_1745747.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/entreprises/la-sncf-entreprise-ferroviaire-publique-francaise_1745747.html">de la SNCF,</a> se hisse à une belle 6<sup>e</sup> place du classement européen de ponctualité. 89 % de ses trains, TGV ou TER, sont arrivés avec moins de cinq minutes de retard en 2025. Le ministère des Transports a annoncé un investissement de 4,5 milliards d'euros par an dès 2028 dans les infrastructures ferroviaires pour répondre à une augmentation du trafic estimée à 25 % entre 2024 et 2033. </p><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/SD7EVZP7EVC6JLJ2AZP72WKKCA.png?auth=716a3fe69356ad877abd65f7e1f91b13e4f4bf81b9dd6a72d5d519c3ce5d0701&smart=true&width=2875&height=2084" alt="Contrairement aux idées reçues, les trains français ont peu de retard." height="2084" width="2875"/><figcaption>Contrairement aux idées reçues, les trains français ont peu de retard.</figcaption></figure><h2>Belgique : tricheurs ou stratèges pour améliorer les statistiques ?</h2><p>La Belgique se hisse à la troisième place du podium européen en termes de ponctualité. Mais si presque 92 % des trains de la Société Nationale des Chemins de fers belges ont eu moins de cinq minutes de retard en 2025, certains passagers les accusent de faire sauter des arrêts pour améliorer leurs statistiques. Sans avoir été prévenus, les uns se retrouvent dans l’impossibilité de descendre à leur destination, tandis que les autres voient leur train passer en gare sans s’arrêter. Une stratégie décriée mais assumée par le ministre belge de la Mobilité.</p><h2>Allemagne : la crise du rail</h2><p>L’état du réseau ferré allemand devient un sujet d’embarras national. Après la réunification, les compagnies ferroviaires des anciennes RFA et RDA ont fusionné pour devenir la Deutsche Bahn, dont l’État est le seul actionnaire. Mais elle a délaissé les investissements ferroviaires et a fait le choix de ne pas bâtir de réseau spécifique pour ses trains à grande vitesse, d’où la saturation extrême des lignes. La Deutsche Bahn a été classée troisième compagnie la moins fiable d’Europe, avec 60 % de ses trains à l’heure en 2025.</p><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/V26WINOIWZB6VDRT6AHYOV6DIY.png?auth=574442fd2f76d56ffeca6b1cb4efddcf9e676de239f6c544e6099685a2daf74c&smart=true&width=2876&height=2876" alt="L'Allemagne détient le triste record du pays avec le plus de trains en retard." height="2876" width="2876"/><figcaption>L'Allemagne détient le triste record du pays avec le plus de trains en retard.</figcaption></figure><h2>Suisse : réglée comme une horloge</h2><p>Les CFF suisses sont le service ferroviaire le plus ponctuel d’Europe avec 94 % de trains à l’heure. La clé de ce succès : un état d’esprit très préventif, des centres de régulation performants et des investissements de 4,3 milliards d’euros par an. La compagnie suisse ne compte pas se laisser déstabiliser par des tire-au-flanc et va jusqu’à demander aux trains étrangers, surtout allemands, de faire demi-tour à la frontière en cas de retard de plus de 15 minutes. Elle met alors en service des trains de remplacement côté suisse pour ne pas entacher sa légendaire ponctualité. </p><h2>Italie : le prochain leader européen ?</h2><p>Même si elle n’est que quatorzième en termes de ponctualité, Trenitalia a été classée meilleure compagnie européenne par l’ONG Transport et Environnement. Déjà implantée en France, elle a annoncé des investissements inédits de 100 milliards d’euros entre 2025 et 2029 pour se déployer en Allemagne et en Belgique, mais surtout pour concurrencer l’Eurostar en s’insérant sur la liaison Paris-Londres à l’horizon 2030. De quoi conforter ses ambitions de devenir le leader du "métro européen à grande vitesse".</p><h2>Roumanie : le mauvais élève promet de faire mieux</h2><p>La Roumanie est à la traîne avec seulement 20 % de ses trains à grande vitesse à l’heure en 2022. Le mauvais état du réseau ferroviaire, qui a souffert au fil des ans d’un important sous-investissement, oblige les trains de voyageurs à dépasser à peine les 40 km/h aujourd’hui. En avril dernier, le gouvernement a annoncé la commande de douze rames électriques qui devraient être mises en service d’ici 2029 et ainsi permettre la modernisation du rail et la fluidification des déplacements quotidiens.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/6YB2YOWZ3JFPDJXSVFDPQFFQHU.jpg?auth=72e2c08d0864da0b3285d63610819a3c3561301723ab687b7f6507a6534e488b&amp;smart=true&amp;width=4868&amp;height=3651" type="image/jpeg" height="3651" width="4868"><media:description type="plain"><![CDATA[Dans la gare d'Anvers, en Belgique, le 19 juillet 2025.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">©Jayne Duncan/Shutterstock</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[De Bruxelles à Madrid, l'appel de trois think tanks européens à réveiller l'Europe]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/europe/de-bruxelles-a-madrid-lappel-de-trois-think-tanks-europeens-a-reveiller-leurope-M34YEFGIOFDDBKAJBU7RQR244Q/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/europe/de-bruxelles-a-madrid-lappel-de-trois-think-tanks-europeens-a-reveiller-leurope-M34YEFGIOFDDBKAJBU7RQR244Q/</guid><dc:creator><![CDATA[Corentin Pennarguear]]></dc:creator><description></description><pubDate>Fri, 26 Jun 2026 05:30:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Evian, centre du monde. Les 15 et 16 juin, la Haute-Savoie a accueilli le gratin de la scène politique mondiale <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-sommet-du-g7-un-barnum-devenu-obsolete-dans-le-grand-desordre-mondial-ZHBJNWTOZRDAZGAH2QDMK55XOE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-sommet-du-g7-un-barnum-devenu-obsolete-dans-le-grand-desordre-mondial-ZHBJNWTOZRDAZGAH2QDMK55XOE/">pour le G7,</a> de Donald Trump à Volodymyr Zelensky en passant par l'émir du Qatar et les géants de l'intelligence artificielle. Le temps d'un sommet, un semblant de dialogue s'est renoué entre Américains <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/l-union-europeenne-toujours-en-chantier_1299223.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/l-union-europeenne-toujours-en-chantier_1299223.html">et Européens.</a> Mais notre continent a perdu de sa naïveté cette année, après les menaces de la Maison-Blanche visant le Groenland, les atermoiements de Trump sur la Russie et sa décision récente de limiter l'accès de l'IA américaine à ses alliés.</p><p>Ces questions majeures pour l'avenir de l'Europe seront au menu <a href="https://www.lesrencontreseconomiques.fr/" target="_self" rel="" title="https://www.lesrencontreseconomiques.fr/">des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence,</a> les 2-3-4 juillet, organisées par Le Cercle des Economistes. Des acteurs géopolitiques de premier plan, comme le Premier ministre du Groenland, viendront débattre avec la crème des spécialistes, des chefs d'entreprise et de nombreux candidats à la présidentielle française au sein de la plateforme du Dialogue économique mondial, un espace réunissant des centres de réflexion venus de toute la planète. </p><p>A cette occasion, L'Express a proposé à trois think tanks européens de réfléchir à la place de l'Europe sur cette nouvelle carte du monde.</p><h2>Ni herbivore, ni carnivore : construisons l'ankylosaure européen</h2><p><i>Jeromin Zettelmeyer, directeur de l'Institut Bruegel à Bruxelles, propose sa vision d'une Europe dont les imposantes griffes lui permettraient de se défendre.</i></p><p>Surmonter le nationalisme à l'intérieur de l'Europe est la <i>raison d’être</i> de l'Union européenne. L’UE a aussi toujours rejeté un nationalisme européen, et ce pour deux raisons. D’abord pour la cohérence : Liberté, Égalité, Fraternité s’appliquent aux êtres humains, pas seulement au sein de l’Europe. Ensuite, son propre intérêt : la prospérité de l’UE repose sur des règles internationales qui protègent le commerce et la sécurité.</p><p>Le nationalisme a récemment fait son grand retour mondial. Le Brexit et la première administration Trump en ont été les manifestations initiales ; "Trump 2" est bien pire. La Chine est devenue une menace pour la sécurité et la prospérité de l’Europe à travers son soutien à la Russie, sa coercition impliquant nos chaînes logistiques essentielles, et des politiques commerciales et industrielles mercantilistes.</p><p>Comment l’Europe devrait-elle réagir ? Une opinion largement répandue est que nous devrions suivre l’exemple des pays qui nous menacent. Comme l’a dit le président Macron : "Le monde est fait d’herbivores et de carnivores. Si on décide de rester des herbivores, les carnivores gagneront et nous serons un marché pour eux."</p><p>Cette vision n’est qu’à moitié correcte.</p><p>Pour ne pas être dévorée, l’Europe doit dissuader l’agression. Le réarmement et une intégration militaire plus étroite constituent donc le socle de l’autonomie stratégique. Nous devons aussi réduire les dépendances dans tous les domaines où celles-ci pourraient être utilisées pour nous menacer, de la technologie aux matières premières critiques.</p><p>Cependant, faire face à la menace chinoise est plus complexe que de simplement s’opposer à une brute.</p><p>Certes, la surcapacité, les prix cassés et la sous-évaluation du taux de change résultent de choix politiques. Comme la Chine est immense, l’impact s'avère considérable. En conséquence, l’industrie européenne devra être protégée. Mais il faut le faire de la bonne manière : sans subventionner une production qui devrait diminuer, et en utilisant des instruments de défense commerciale conformes à l'OMC. Malheureusement, l'"Industrial Accelerator Act" récemment mis sur la table par l'UE ne remplit pas ces conditions.</p><p>Aussi, les responsables européens doivent comprendre qu’une part importante de la menace de concurrence chinoise est structurelle. Même si la Chine arrêtait de subventionner ses industries, stimulait sa consommation et appréciait le RMB [NDLR : Yuan] de 20 %, l’Europe ne reviendrait pas à l’époque où l’Allemagne était l’<i>Exportweltmeister </i>[NDLR : le champion du monde de l'exportation]. La Chine a rattrapé son retard technologique, tout en continuant de bénéficier des avantages liés à l’échelle et à des coûts du travail plus faibles.</p><p>Il s'ensuit que l’Europe ne peut pas se contenter du seul jeu de la protection. Les industries ou les étapes de production pour lesquelles elle n’a pas d’avantage comparatif — même dans des conditions de concurrence équitables — doivent être progressivement supprimées. Là où elle a un avantage, les conditions de croissance doivent être améliorées. Cela implique de rendre la main-d’œuvre plus mobile et flexible, et de renforcer les régions dont les compétences ou la proximité avec des sources d’énergie en font des lieux privilégiés pour une nouvelle croissance.</p><p>L’Europe ne peut pas continuer à être un mouton. Elle ne devrait pas non plus devenir un carnivore mais plutôt s’inspirer de l’ankylosaure : un grand herbivore muni de griffes. Elle doit s’en servir non pas pour blesser d’autres pays, mais pour les contraindre à respecter des règles internationales. Et elle doit améliorer son alimentation : moins de subventions, davantage de réformes.</p><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/B4AMXXQFFFDG7NQDLFAF3VHFVU.jpg?auth=bbfaabff7c89df851c7e13f9f7fa090a779ea97fb38d5ade6108580fe0cd643e&smart=true&width=4300&height=2867" alt="Le président chinois Xi Jinping serre la main du président américain Donald Trump, lors d'une visite du Temple du Ciel, le 14 mai 2026 à Pékin, en Chine." height="2867" width="4300"/><figcaption>Le président chinois Xi Jinping serre la main du président américain Donald Trump, lors d'une visite du Temple du Ciel, le 14 mai 2026 à Pékin, en Chine.</figcaption></figure><h2>La bataille mondiale de l'IA, un risque et une opportunité pour l'Europe</h2><p><i>Dora Meredith, directrice d'ODI Europe et ancienne fonctionnaire britannique, souligne l'importance géopolitique du développement de l'intelligence artificielle.</i></p><p>Le 12 juin, l'administration Trump a décidé d'interdire à tout ressortissant étranger l'utilisation des deux modèles <a href="https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/affaire-anthropic-lia-et-les-cabris-de-la-souverainete-europeenne-IISBR7ZV7BBBPAR3JFJVG2ITME/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/affaire-anthropic-lia-et-les-cabris-de-la-souverainete-europeenne-IISBR7ZV7BBBPAR3JFJVG2ITME/">les plus puissants d'Anthropic,</a> géant américain de <a href="https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/intelligence-artificielle-notre-dossier-complet-TSCLM2NRMZA7LBGBWDV3ILGMSI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/intelligence-artificielle-notre-dossier-complet-TSCLM2NRMZA7LBGBWDV3ILGMSI/">l'intelligence artificielle</a> (IA). Cette situation me fait penser à la phrase de la députée européenne finlandaise Aura Salla : "l'Europe ne peut pas continuer de construire son avenir technologique avec des outils qui peuvent être éteints du jour au lendemain par des gouvernements étrangers." Elle a tout à fait raison et sa déclaration préfigure les risques qui ne manqueront pas de se développer dans les années à venir pour notre continent. L’IA, au fond, symbolise le siècle à venir pour l’Europe, tant elle façonnera nos économies, nos sociétés et nos intérêts.</p><p>La Commission vient de proposer un train de mesures sur la souveraineté technologique européenne, qui vise à renforcer nos capacités dans les domaines des semi-conducteurs, de l'IA, du cloud et de l'open source. C'est une réponse directe aux menaces identifiées, et un pas dans la bonne direction. Mais l’essentiel reste à venir : la volonté politique d’aller au bout et de transformer ces annonces en réalisations concrètes. À ce stade, tout reste à faire.</p><p>L'Europe doit garder trois priorités en tête. D'abord, investir à la hauteur des enjeux pour développer nos propres solutions européennes. C’est à cette condition que nous gagnerons davantage d’autonomie, et donc la capacité à établir, durablement, les normes et les règles qui encadrent cette technologie. Quelques signaux d'investissement public commencent à émerger, mais nous sommes encore loin du compte. </p><p>Ensuite, bâtir des partenariats fiables. L’Europe ne peut pas tout concevoir et produire seule : elle doit clarifier ce qu’elle veut maîtriser et ce qu’elle peut faire, efficacement, avec d’autres. L’autonomie ne suffit pas ; il faut aussi de l’interdépendance. De nombreux pays contestent le choix binaire imposé par l’équation Chine–États-Unis. L’Europe peut et doit devenir une alternative crédible. Or le débat actuel sous-estime l’influence grandissante de ces puissances émergentes et le fait que la croissance se dessinera demain en Indonésie, en Inde ou sur le continent africain. Ce sont les économies du futur, travailler avec elles sur l’IA représente pour l’Europe une opportunité immense.</p><p>Enfin, réguler. La réglementation sera décisive pour limiter les risques que l’IA fait peser sur nos sociétés. Mais, là aussi, l’Europe ne pourra pas agir seule. Nous vivons dans un monde globalisé : pour peser, nous devons construire des coalitions. Le partenariat numérique UE–Brésil sur la gestion des données en est un bel exemple. Les sommets internationaux sur l’IA sont également encourageants, mais ils ne débouchent pas encore sur un calendrier commun de régulation. C’est précisément cet objectif que l’Europe doit poursuivre. À défaut, nous risquerions une course vers l'abîme où l’IA bouleverserait massivement le marché du travail sans que l’avenir des salariés ne soit véritablement pris en considération.</p><figure><img src="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/G226H5QCXFFLFP644ANR2VA6YE.JPG?auth=2be38f6e25028781d42b990f5a4b2b84556076c9d4e7942b0a72e126d1005612&smart=true&width=5500&height=3668" alt="Donald Trump et Emmanuel Macron lors du G7 à Evian, en juin 2026." height="3668" width="5500"/><figcaption>Donald Trump et Emmanuel Macron lors du G7 à Evian, en juin 2026.</figcaption></figure><h2>L'Europe, leader indispensable des puissances moyennes</h2><p><i>Maria Elena Agüero, présidente du Club de Madrid, encourage notre continent à dicter le rythme des puissances moyennes face aux superpuissances chinoises et américaines. </i></p><p>En avril 2025, Ursula von der Leyen déclarait que "l’Occident, tel que nous le connaissions, n’existe plus". Quelques mois plus tard, à Davos, le Premier ministre canadien Mark Carney précisait le diagnostic : nous vivons "une rupture, pas une transition", et les puissances moyennes doivent agir ensemble car "si nous ne sommes pas à la table, nous serons au menu".</p><p>L’ordre né après 1945 ne s’adapte pas, il se fragmente. Le retour de Donald Trump a accéléré des tendances déjà à l’œuvre : repli américain vers un nationalisme transactionnel, rivalité croissante avec la Chine et paralysie des institutions multilatérales. La question n’est plus de savoir comment préserver l'ordre ancien mais de savoir qui saura gouverner l’interdépendance dans le nouveau.</p><p>Le projet "Middle Powers" du Belfer Center de Harvard conclut que les puissances moyennes "se taillent un espace d’influence dans un monde de plus en plus divisé". Leur force ne réside pas dans leur capacité à imposer mais dans leur capacité à rassembler. Pourtant, cet avantage n’est pas garanti, tant il reste difficile de maintenir une solidarité entre des pays ayant des intérêts et des réalités si différentes.</p><p>L’expérience récente fournit des signaux préoccupants. Face aux droits de douane de Trump, la plupart des pays ont choisi de négocier séparément avec Washington. Le Mexique a déployé des milliers d'agents à sa frontière nord en échange d’une suspension temporaire des droits de douane, sans mettre fin au conflit. Le Brésil a résisté avec davantage de fermeté, mais a payé un prix élevé avec des droits de douane de 50 % sur ses exportations. La leçon est claire : face à une superpuissance, la réponse individuelle fonctionne rarement.</p><p>Trois défis détermineront la pertinence de ces coalitions. Le premier est géopolitique : empêcher que la logique bipolaire entre Washington et Pékin ne réduise les puissances moyennes à des partenaires subalternes contraints de s’aligner. Le deuxième concerne la légitimité : les pays du Sud global ne sont plus des destinataires passifs, ils ont leurs propres agendas et des alternatives en croissance, des BRICS aux institutions financières portées par la Chine. Le troisième défi est celui de l’efficacité : les coalitions ne seront pertinentes que si elles produisent des biens publics mondiaux que les grandes puissances ne fournissent pas.</p><p>Face à ces défis, une doctrine opérationnelle a émergé. <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-president-finlandais-alexander-stubb-vladimir-poutine-a-deja-perdu-la-guerre-sur-toute-la-ligne-3GHATC7LGREHPBZVEF422V536Q/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/le-president-finlandais-alexander-stubb-vladimir-poutine-a-deja-perdu-la-guerre-sur-toute-la-ligne-3GHATC7LGREHPBZVEF422V536Q/">Le président finlandais Alexander Stubb,</a> membre du Club de Madrid, la définit comme un "réalisme fondé sur des valeurs" : une fermeté dans la défense de principes fondamentaux, combinée à du pragmatisme face aux limites réelles du pouvoir. À cela, Carney ajoute la géométrie variable : non pas un nouveau bloc géopolitique, mais des coalitions différentes pour des problèmes différents — commerce, climat, intelligence artificielle, démocratie. Des réseaux flexibles plutôt que des alliances rigides.</p><p>C’est ici que l’Europe occupe une position singulière. Ce n’est pas une puissance moyenne de plus mais le seul acteur qui combine une ampleur économique, une densité institutionnelle et une présence mondiale suffisante pour établir de véritables passerelles entre le Nord et le Sud. Les initiatives récentes illustrent ce potentiel. Le sommet "En défense de la démocratie" à Barcelone (dont la prochaine édition aura lieu au Mexique) traduit une dynamique de plus en plus horizontale. La Plateforme pour l’investissement public mondial, portée par le Club de Madrid, le GPIN et la CAF, ainsi que l’initiative sur la fiscalité des grandes fortunes, impulsée par l’Espagne et le Brésil, sont des exemples concrets de géométrie variable en action.</p><p>Mais l’Europe court le risque de se limiter à gérer l’incertitude sans proposer et porter des alternatives. Pour diriger des coalitions efficaces, il faut combiner légitimité et capacité d’exécution : financement, accès aux marchés, technologie et investissements climatiques. Pendant que l’Australie, le Japon, l’Inde et le Canada redéfinissent leur autonomie stratégique, l’espace que l’Europe ne prendra pas sera occupé par d’autres.</p><p>Le XXIème siècle ne verra pas la disparition des superpuissances. La question décisive est ailleurs : qui fournira les biens publics mondiaux que leur rivalité laisse sans réponse ? C’est là que se trouve l’opportunité — et la responsabilité — des puissances moyennes. L’Europe doit décider si elle s’adapte à un monde défini par d’autres, ou si elle mène les alliances qui détermineront la manière dont on gouverne l’interdépendance au cours du siècle à venir.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/325G3VC6UREZZBO2D4HVE6STA4.JPG?auth=9ab7bf6533d45ab96bd99bbdb73cdf02abf502f38f74db97e3b6f27645bf37fa&amp;smart=true&amp;width=4429&amp;height=2952" type="image/jpeg" height="2952" width="4429"><media:description type="plain"><![CDATA[Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen lors du G7 à Evian, le 16 juin 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">via REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Le Venezuela frappé par deux puissants séismes, un lourd bilan redouté]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/amerique/le-venezuela-frappe-par-deux-puissants-seismes-un-lourd-bilan-redoute-FZJ24DDLC5GTTBLMRIUZXMCKEI/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/amerique/le-venezuela-frappe-par-deux-puissants-seismes-un-lourd-bilan-redoute-FZJ24DDLC5GTTBLMRIUZXMCKEI/</guid><description></description><pubDate>Fri, 26 Jun 2026 04:28:53 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>De puissants <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sciences/tremblements-de-terre-a-repetition-les-scientifiques-reconnaissent-leurs-limites_2180642.html" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sciences/tremblements-de-terre-a-repetition-les-scientifiques-reconnaissent-leurs-limites_2180642.html">séismes</a> ont frappé le <a href="https://www.lexpress.fr/economie/venezuela-pourquoi-le-contrat-decroche-par-matthieu-pigasse-pour-restructurer-la-dette-fait-5I5NFUFXF5CGDE7XJSDLXMWDOI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/venezuela-pourquoi-le-contrat-decroche-par-matthieu-pigasse-pour-restructurer-la-dette-fait-5I5NFUFXF5CGDE7XJSDLXMWDOI/">Venezuela</a> mercredi 24 juin dans l'après-midi, provoquant des effondrements d'immeubles à Caracas et emprisonnant des habitants sous les décombres. Au moins 235 personnes sont mortes, d'après le dernier bilan communiqué par le ministre vénézuélien de la Santé Carlos Alvarado vendredi matin.</p><p>Un premier séisme de magnitude 7,2 s'est produit à 18h04 heure locale (00h04 jeudi heure française) à environ 160 kilomètres à l'ouest de Caracas, la capitale, avant qu'une réplique d'une magnitude 7,5 ne frappe moins d'une minute plus tard, selon l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS).</p><blockquote class="twitter-tweet"><p lang="es" dir="ltr">Me han pasado este vídeo del Aeropuerto de Maiquetia. dios mío… <a href="https://t.co/sSH0yboQVP">pic.twitter.com/sSH0yboQVP</a></p>&mdash; Said Rahal (@srahalh) <a href="https://x.com/srahalh/status/2069916270422601978?ref_src=twsrc%5Etfw">June 24, 2026</a></blockquote><p>"Un lourd bilan et d'importants dégâts sont probables et il y a de fortes chances que la catastrophe soit étendue", a indiqué l'USGS, qui a estimé que le bilan se chiffrerait très probablement en milliers, avec une forte probabilité de dépasser les 10 000.</p><p>La présidente par intérim <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/pourquoi-donald-trump-a-t-il-choisi-delcy-rodriguez-une-fidele-de-maduro-pour-diriger-le-venezuela-46EZ4EUTJZCVLOWCPAVV4BTV6M/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/pourquoi-donald-trump-a-t-il-choisi-delcy-rodriguez-une-fidele-de-maduro-pour-diriger-le-venezuela-46EZ4EUTJZCVLOWCPAVV4BTV6M/">Delcy Rodriguez</a> a annoncé dès mercredi qu'elle déclarerait l'état d'urgence et réclamerait des fonds auprès d'organisations multilatérales pour soutenir les efforts de recherche. "Nous exprimons nos condoléances à tous ceux qui ont malheureusement perdu un membre de leur famille", a-t-elle dit lors d'une allocution nationale dans la nuit. Elle a précisé plus tard que les premiers bilans ne tenaient pas compte des victimes dans l'Etat de La Guaira, le plus durement touché près de Caracas et où se trouve l'aéroport international de la capitale, qui a été fermé.</p><p>"Des dizaines de bâtiments se sont effondrés et nous effectuons actuellement des efforts de secours très intenses pour sauver autant de vies que Dieu nous permettra d'en sauver", a-t-elle déclaré dans une allocution à la télévision publique, évoquant une "véritable tragédie".</p><h3>Les Etats-Unis prêts à apporter leur aide</h3><p>Trois personnes ont été tuées dans le quartier de Baruta, à Caracas, après que deux immeubles se sont effondrés, tandis qu'une personne a été tuée et quatre bâtiments se sont complètement écroulés dans le quartier de Chacao, ont dit les maires de ces quartiers. "Des bâtiments, des logements et des maisons se sont effondrés, et nous gérons la situation avec tous les moyens dont nous disposons en matière de sécurité et d'aide civile", a dit le ministre de l'Intérieur Diosdado Cabello à la télévision publique.</p><p>Le président américain <a href="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/mauricio-claver-carone-le-stratege-discret-de-donald-trump-pour-le-venezuela-STGKKLHBPZCINNVMWBK2RSZKSA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/amerique/mauricio-claver-carone-le-stratege-discret-de-donald-trump-pour-le-venezuela-STGKKLHBPZCINNVMWBK2RSZKSA/">Donald Trump</a> a déclaré que les Etats-Unis étaient prêts et en mesure d'aider après la catastrophe. "Les deux importants <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sciences/seismes-en-france-quelles-sont-les-zones-a-risque-OUIZAB6TZBAX3IHOEWTEPRG7WI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sciences/seismes-en-france-quelles-sont-les-zones-a-risque-OUIZAB6TZBAX3IHOEWTEPRG7WI/">séismes</a> qui viennent de frapper le grand peuple du Venezuela d'une ampleur considérable et ont fait un nombre effroyable de victimes", a-t-il dit. Le Département d'Etat américain a indiqué qu'il était en contact avec les autorités vénézuéliennes et qu'il mobilisait des secours.</p><p>Plusieurs autres dirigeants internationaux, comme les présidents salvadorien, dominicain et brésilien, ont exprimé leur soutien et leur sympathie. Delcy Rodriguez a dit avoir demandé au ministère des Affaires étrangères de coordonner les offres d'aide.</p><p>Des vidéos montraient des équipes de secours à l'œuvre dans les ruines d'un immeuble de la capitale à la tombée de la nuit alors que des personnes cherchaient de l'aide pour aider des proches qui seraient prisonniers des décombres. Des images montrent aussi des survivants hébétés évacués par les secours, certains sur des brancards. Le gouverneur de la région côtière de Falcon a déclaré que 22 personnes avaient été blessées et que les recherches se poursuivaient pour retrouver quinze disparus.</p><h3>"Pire que celui de 1967"</h3><p>De nombreux Vénézuéliens étaient chez eux lors du séisme en raison d'un jour férié. "Dès que cela a commencé, nous avons entendu des gens crier", a dit Astrid Ramirez, une habitante de l'ouest de Caracas âgée de 41 ans. "Tout le monde descendait les escaliers en courant."</p><blockquote class="twitter-tweet"><p lang="es" dir="ltr">Venezolano se graba corriendo las escaleras de su edificio mientras ocurría los dos terremotos que azotaron Venezuela, se pueden ver como las escaleras están agrietadas. <a href="https://t.co/PWcRqTq87I">pic.twitter.com/PWcRqTq87I</a></p>&mdash; 🇻🇪 amilcarrock 🇺🇦 (@amilcarrock) <a href="https://x.com/amilcarrock/status/2069951893758193877?ref_src=twsrc%5Etfw">June 25, 2026</a></blockquote><p>Les habitants de la capitale, secouée par un séisme mortel de magnitude 6,3 en 1967, ont rapidement évacué les immeubles durant le <a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/on-ne-peut-pas-prevoir-les-catastrophes-mais-on-peut-sen-premunir-par-ferghane-azihari-IF47WNO3IVBXDCAFGV537RBRNI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/on-ne-peut-pas-prevoir-les-catastrophes-mais-on-peut-sen-premunir-par-ferghane-azihari-IF47WNO3IVBXDCAFGV537RBRNI/">tremblement de terre</a>. "Il y a eu un grand bruit. Des choses sont tombées dans la maison, des bouteilles dans le réfrigérateur. Je n'ai jamais rien vécu de tel", a dit Coro Martinez, 56 ans, qui habite dans l'est de Caracas. Maria Romero, une retraitée de 80 ans qui habite dans le sud de la capitale, a déclaré que la police l'avait aidé à évacuer. "Ce tremblement de terre était horrible. (Il était) même pire que celui de 1967", a-t-elle ajouté.</p><p>Un site internet créé pour retrouver des personnes disparues et relayé sur X par des dirigeants de l'opposition, dont beaucoup vivent en exil, recensait plus de 10 000 noms à 05h40 locales.</p><p>L'hôpital de Clinicas à Caracas a demandé à son personnel de doubler les effectifs des équipes de nuit afin d'aider à prendre en charge les blessés, a dit un employé. Des camions de pompiers ont été vus dans les rues de Caracas, où certaines façades d'immeubles ont été très endommagées. Les écoles resteront fermées cette semaine alors que les autorités évalueront les dégâts. Les <a href="https://www.lexpress.fr/environnement/venezuela-au-dela-du-petrole-les-minerais-pourraient-etre-un-interet-pour-tout-le-monde-E46RO5ARZNBNFNWP2FFTRQUPBE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/environnement/venezuela-au-dela-du-petrole-les-minerais-pourraient-etre-un-interet-pour-tout-le-monde-E46RO5ARZNBNFNWP2FFTRQUPBE/">installations pétrolières</a> du pays ne semblent pas avoir été affectées par les secousses. Après celles-ci, une alerte au tsunami a été émise avant d'être levée.</p><p>Le Venezuela se trouve dans une zone sismique active, à la conjonction des plaques Caraïbe et Amérique du Sud. On estime que 30 000 personnes ont été tuées en 1812 lorsqu'un puissant séisme a dévasté les villes de Merida et de Caracas, selon l'USGS.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/AY2AAOZNOFGYDIMHJRVTSTVCUM.JPG?auth=a0e52709e829de290f7d82a399b37a99072ed78d9f4b947f4364aaf799ce77b9&amp;smart=true&amp;width=8256&amp;height=5504" type="image/jpeg" height="5504" width="8256"><media:description type="plain"><![CDATA[Un immeuble effondré à La Guaira, au Venezuela, le 24 juin 2026 après deux puissants séismes.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Désillusion post-Brexit, instabilité politique... Les Britanniques face à la tentation de la radicalisation]]></title><link>https://www.lexpress.fr/podcasts/lasemaine-europeenne/desillusion-post-brexit-instabilite-politique-les-britanniques-face-a-la-tentation-de-la-7JQEQVEY35AWHBBOIMDOBZ2K3U/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/podcasts/lasemaine-europeenne/desillusion-post-brexit-instabilite-politique-les-britanniques-face-a-la-tentation-de-la-7JQEQVEY35AWHBBOIMDOBZ2K3U/</guid><dc:creator><![CDATA[Charlotte Baris, Corentin Pennarguear]]></dc:creator><description></description><pubDate>Fri, 26 Jun 2026 04:00:01 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p><i>Il arrive parfois que l'actualité semble se jouer loin de nous. Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous. </i></p><p>Cette issue se dessinait depuis plusieurs semaines. Fragilisé à la tête du gouvernement britannique, <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/demission-de-keir-starmer-la-defaite-dune-gauche-trop-prudente-et-sans-vision-3T6HME3E3NEVBMDJLU3YONFCEA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/demission-de-keir-starmer-la-defaite-dune-gauche-trop-prudente-et-sans-vision-3T6HME3E3NEVBMDJLU3YONFCEA/">Keir Starmer</a> voyait les rumeurs de départ se multiplier avant de finir par jeter l’éponge. Le 22 juin, devant Downing Street, le Premier ministre a annoncé sa démission.</p><p>Cette démission illustre l'instabilité politique devenue presque chronique au Royaume-Uni, car elle vient s’ajouter à une série de démissions et de recompositions qui, depuis plusieurs années, nourrissent chez les Britanniques un sentiment de transition permanente, sans véritable changement de cap. L’annonce résonne d’autant plus fortement qu’elle intervient au moment du dixième anniversaire du référendum sur le <a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/sir-david-lidington-ancien-ministre-britannique-de-leurope-le-brexit-ne-nous-a-rien-apporte-de-bon-G6DJB4NDRZGTDPSTT63SUEATAY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/sir-david-lidington-ancien-ministre-britannique-de-leurope-le-brexit-ne-nous-a-rien-apporte-de-bon-G6DJB4NDRZGTDPSTT63SUEATAY/">Brexit</a>.</p><p>Dans cet épisode de <i>La semaine européenne</i>, Corentin Pennarguear, rédacteur en chef adjoint du service Monde de L’Express, spécialiste de l’Europe, nous décrypte ce qui se joue actuellement au Royaume-Uni.</p><blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/DX4lZAVnbTX/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:658px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);"><div style="padding:16px;"> <a href="https://www.instagram.com/p/DX4lZAVnbTX/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" background:#FFFFFF; line-height:0; padding:0 0; text-align:center; text-decoration:none; width:100%;" target="_blank"> <div style=" display: flex; flex-direction: row; align-items: center;"> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 40px; margin-right: 14px; width: 40px;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; margin-bottom: 6px; width: 100px;"></div> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; width: 60px;"></div></div></div><div style="padding: 19% 0;"></div> <div style="display:block; height:50px; margin:0 auto 12px; width:50px;"><svg width="50px" height="50px" viewBox="0 0 60 60" version="1.1" xmlns="https://www.w3.org/2000/svg" xmlns:xlink="https://www.w3.org/1999/xlink"><g stroke="none" stroke-width="1" fill="none" fill-rule="evenodd"><g transform="translate(-511.000000, -20.000000)" fill="#000000"><g><path d="M556.869,30.41 C554.814,30.41 553.148,32.076 553.148,34.131 C553.148,36.186 554.814,37.852 556.869,37.852 C558.924,37.852 560.59,36.186 560.59,34.131 C560.59,32.076 558.924,30.41 556.869,30.41 M541,60.657 C535.114,60.657 530.342,55.887 530.342,50 C530.342,44.114 535.114,39.342 541,39.342 C546.887,39.342 551.658,44.114 551.658,50 C551.658,55.887 546.887,60.657 541,60.657 M541,33.886 C532.1,33.886 524.886,41.1 524.886,50 C524.886,58.899 532.1,66.113 541,66.113 C549.9,66.113 557.115,58.899 557.115,50 C557.115,41.1 549.9,33.886 541,33.886 M565.378,62.101 C565.244,65.022 564.756,66.606 564.346,67.663 C563.803,69.06 563.154,70.057 562.106,71.106 C561.058,72.155 560.06,72.803 558.662,73.347 C557.607,73.757 556.021,74.244 553.102,74.378 C549.944,74.521 548.997,74.552 541,74.552 C533.003,74.552 532.056,74.521 528.898,74.378 C525.979,74.244 524.393,73.757 523.338,73.347 C521.94,72.803 520.942,72.155 519.894,71.106 C518.846,70.057 518.197,69.06 517.654,67.663 C517.244,66.606 516.755,65.022 516.623,62.101 C516.479,58.943 516.448,57.996 516.448,50 C516.448,42.003 516.479,41.056 516.623,37.899 C516.755,34.978 517.244,33.391 517.654,32.338 C518.197,30.938 518.846,29.942 519.894,28.894 C520.942,27.846 521.94,27.196 523.338,26.654 C524.393,26.244 525.979,25.756 528.898,25.623 C532.057,25.479 533.004,25.448 541,25.448 C548.997,25.448 549.943,25.479 553.102,25.623 C556.021,25.756 557.607,26.244 558.662,26.654 C560.06,27.196 561.058,27.846 562.106,28.894 C563.154,29.942 563.803,30.938 564.346,32.338 C564.756,33.391 565.244,34.978 565.378,37.899 C565.522,41.056 565.552,42.003 565.552,50 C565.552,57.996 565.522,58.943 565.378,62.101 M570.82,37.631 C570.674,34.438 570.167,32.258 569.425,30.349 C568.659,28.377 567.633,26.702 565.965,25.035 C564.297,23.368 562.623,22.342 560.652,21.575 C558.743,20.834 556.562,20.326 553.369,20.18 C550.169,20.033 549.148,20 541,20 C532.853,20 531.831,20.033 528.631,20.18 C525.438,20.326 523.257,20.834 521.349,21.575 C519.376,22.342 517.703,23.368 516.035,25.035 C514.368,26.702 513.342,28.377 512.574,30.349 C511.834,32.258 511.326,34.438 511.181,37.631 C511.035,40.831 511,41.851 511,50 C511,58.147 511.035,59.17 511.181,62.369 C511.326,65.562 511.834,67.743 512.574,69.651 C513.342,71.625 514.368,73.296 516.035,74.965 C517.703,76.634 519.376,77.658 521.349,78.425 C523.257,79.167 525.438,79.673 528.631,79.82 C531.831,79.965 532.853,80.001 541,80.001 C549.148,80.001 550.169,79.965 553.369,79.82 C556.562,79.673 558.743,79.167 560.652,78.425 C562.623,77.658 564.297,76.634 565.965,74.965 C567.633,73.296 568.659,71.625 569.425,69.651 C570.167,67.743 570.674,65.562 570.82,62.369 C570.966,59.17 571,58.147 571,50 C571,41.851 570.966,40.831 570.82,37.631"></path></g></g></g></svg></div><div style="padding-top: 8px;"> <div style=" color:#3897f0; font-family:Arial,sans-serif; font-size:14px; font-style:normal; font-weight:550; line-height:18px;">View this post on Instagram</div></div><div style="padding: 12.5% 0;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: row; margin-bottom: 14px; align-items: center;"><div> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; height: 12.5px; width: 12.5px; transform: translateX(0px) translateY(7px);"></div> <div style="background-color: #F4F4F4; height: 12.5px; transform: rotate(-45deg) translateX(3px) translateY(1px); width: 12.5px; flex-grow: 0; margin-right: 14px; margin-left: 2px;"></div> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; height: 12.5px; width: 12.5px; transform: translateX(9px) translateY(-18px);"></div></div><div style="margin-left: 8px;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 20px; width: 20px;"></div> <div style=" width: 0; height: 0; border-top: 2px solid transparent; border-left: 6px solid #f4f4f4; border-bottom: 2px solid transparent; transform: translateX(16px) translateY(-4px) rotate(30deg)"></div></div><div style="margin-left: auto;"> <div style=" width: 0px; border-top: 8px solid #F4F4F4; border-right: 8px solid transparent; transform: translateY(16px);"></div> <div style=" background-color: #F4F4F4; flex-grow: 0; height: 12px; width: 16px; transform: translateY(-4px);"></div> <div style=" width: 0; height: 0; border-top: 8px solid #F4F4F4; border-left: 8px solid transparent; transform: translateY(-4px) translateX(8px);"></div></div></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center; margin-bottom: 24px;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; margin-bottom: 6px; width: 224px;"></div> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; width: 144px;"></div></div></a></div></blockquote><p><a href="https://www.lexpress.fr/podcasts/" rel=""><u><b>RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS</b></u></a> </p><p>Écoutez cet épisode et abonnez-vous à L'Express Podcasts sur <a href="https://podcasts.apple.com/fr/podcast/lexpress-podcasts/id1862159216" rel=""><u>Apple Podcasts</u></a>, <a href="https://open.spotify.com/show/0b3B75OyFO6msRJOvtjbBX?si=384StDEMSZOR2g30g9rfyw" rel=""><u>Spotify</u></a>, <a href="https://link.deezer.com/s/326Mp1yhZ0YZvl3Jlj3pL" rel=""><u>Deezer</u></a>, <a href="https://feeds.acast.com/public/shows/6941202d9101fd0117b33cd5" rel=""><u>Podcast Addict</u></a> et <a href="https://castbox.fm/vh/6918911" rel=""><u>CastBox</u></a>. </p><p>Cet épisode a été écrit par Mélanie Pierre, présenté par Charlotte Baris, monté et réalisé par Jules Krot. </p><p><i>Crédits </i>: M6 </p><p><i>Musique et habillage : </i>Emmanuel Herschon / Studio Torrent </p><p><i>Visuel </i>: Alice Lagarde </p><p>Comment écouter un podcast ? <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/medias/comment-ecouter-un-podcast-depuis-votre-smartphone-ou-votre-ordinateur_2152856.html" rel=""><u>Suivez le guide</u></a>. </p><p><i><b>Pour aller plus loin </b></i> </p><p><a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/demission-de-keir-starmer-la-defaite-dune-gauche-trop-prudente-et-sans-vision-3T6HME3E3NEVBMDJLU3YONFCEA/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/demission-de-keir-starmer-la-defaite-dune-gauche-trop-prudente-et-sans-vision-3T6HME3E3NEVBMDJLU3YONFCEA/">Démission de Keir Starmer : la défaite d'une gauche trop prudente et sans vision</a></p><p><a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/brexit-si-vous-revenez-on-annule-tout-CX5LMBVU7VAG5IGRJG73RCEJCE/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/brexit-si-vous-revenez-on-annule-tout-CX5LMBVU7VAG5IGRJG73RCEJCE/">Brexit : si vous revenez, on annule tout</a></p><p><a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/zack-polanski-leco-populiste-qui-prend-de-vitesse-la-gauche-britannique-HONXFWH7L5D5FLBDYFBW6TNYQI/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/europe/zack-polanski-leco-populiste-qui-prend-de-vitesse-la-gauche-britannique-HONXFWH7L5D5FLBDYFBW6TNYQI/">Zack Polanski, l’éco-populiste qui prend de vitesse la gauche britannique</a></p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/ANSWWVOXPFEEBCXWJL3QUPETZA.jpg?auth=a5212b93a72fc3dd69251891259b211d6015f63ee8d9dc4c7acf7e269d75a52d&amp;smart=true&amp;width=6000&amp;height=4000" type="image/jpeg" height="4000" width="6000"><media:description type="plain"><![CDATA[Lundi 22 juin 2026, le Premier ministre Sir Keir Starmer prononce un discours à Downing Street, à Londres, dans lequel il annonce qu'il va démissionner de son poste de chef du Parti travailliste et qu'il a informé le roi de sa décision. © Andrew Matthews]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">PRESS ASSOCIATION IMAGES/MAXPPP</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Canicule en Europe : la Suisse plus frileuse sur la climatisation que la France ?]]></title><link>https://www.lexpress.fr/societe/canicule-en-europe-la-suisse-plus-frileuse-sur-la-climatisation-que-la-france-XGR4JKHXWRDCPBCO7NR6WWAHQU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/societe/canicule-en-europe-la-suisse-plus-frileuse-sur-la-climatisation-que-la-france-XGR4JKHXWRDCPBCO7NR6WWAHQU/</guid><dc:creator><![CDATA[Mathias Penguilly]]></dc:creator><description></description><pubDate>Fri, 26 Jun 2026 03:30:00 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>"Ce n'est pas amusant d'enfiler des bas de contention avec cette chaleur, mais là, je n'ai pas le choix", s'amuse Camille, jeune consultante en cybersécurité enceinte de sept mois. Dans sa commune vaudoise comme dans une grande partie de l'Europe, le mercure s'affole depuis une semaine : une température de 36°C a été relevée lundi 22 juin, soit 14°C au-dessus des normales de saison. Pour rafraîchir son appartement situé sous les toits d'une maison ancienne avec vue sur le lac Léman, la jeune femme ne peut compter que sur une paire de ventilateurs. "La température ne redescend pas beaucoup, mais c'est toujours mieux que rien", admet-elle, faute d'autres solutions.</p><p>Ces derniers jours en effet, les magasins suisses ont été dévalisés de leurs petits climatiseurs portables. Une solution très gourmande en énergie et qui, là encore, n'offre pas une protection optimale contre la chaleur. Les experts suggèrent alors l'installation de systèmes de climatisation fixes, composé de deux unités reliées par un conduit : la première à l'intérieur du bâtiment et la seconde accrochée à l'extérieur, sur un balcon, dans un jardin ou le long d'une façade. Le couac ? Dans de nombreux cantons suisses, installer un tel appareil relève du <a href="https://www.lexpress.fr/economie/canicule-le-retard-coupable-de-leurope-sur-la-climatisation-DUQZTHIBVJCELMVWAP3NPRD47U/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/economie/canicule-le-retard-coupable-de-leurope-sur-la-climatisation-DUQZTHIBVJCELMVWAP3NPRD47U/">parcours d'obstacles</a>. Ruben, 31 ans, chargé d'enseignement à Lausanne, annonce que si l'installation d'un climatiseur fixe n'est pas complètement interdite, "tout est fait pour mettre des bâtons dans les roues." Souvent, il faut demander une autorisation et prouver que le module respecte les règles relatives à l'urbanisme, ainsi que les normes antibruit et environnementales. "La climatisation est encore beaucoup diabolisée et perçue comme un gouffre énergétique", note le jeune homme, qui aime aussi rappeler que "du fait des prix du foncier, la Suisse est un pays de locataires." Avant d'installer un climatiseur, il faut donc demander des autorisations au propriétaire, au syndicat de propriété et aux pouvoirs publics... Un processus souvent décourageant.</p><p>C'est à Genève - voisine du canton de Vaud - que la réglementation sur la clim est la plus sévère. Quasi impossible même : <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/14166866-les-possibilites-dinstaller-une-climatisation-fixe-varient-selon-les-cantons.html" target="_self" rel="" title="https://www.rts.ch/info/suisse/14166866-les-possibilites-dinstaller-une-climatisation-fixe-varient-selon-les-cantons.html">la presse locale</a> se fait souvent l'écho d'une interdiction des climatiseurs fixes de confort. Pour obtenir le droit d'en installer un, il faut alors "démontrer un besoin réel, avec une preuve, telle qu'un certificat médical" (RTS, 2023). Et là encore, tous les modèles de climatiseurs ne sont pas autorisés, ils doivent répondre à un certain nombre de critères en termes de puissance maximale, d'approvisionnement en énergie verte et de valorisation des rejets.</p><p>Dans les autres cantons romans, la législation est plus flexible, mais elle n'est pas non plus sans contrainte. Ainsi, à Fribourg et à Neuchâtel, il faut pouvoir compenser toute l'énergie consommée par le climatiseur par une énergie renouvelable produite sur le même site tandis qu'à Zurich, en Suisse alémanique, il faut pouvoir prouver que d'autres solutions "passives" ont été mises en place avant d'avoir recours à un climatiseur. Impossible donc, d'obtenir l'agrément si le bâtiment n'a pas été isolé préalablement ou s'il n'est pas déjà équipé d'un volet par exemple.</p><p>Dans ces conditions, certains ont recours à des installations sauvages. A Genève, un organisme est chargé de les contrôler : un climatiseur en situation irrégulière expose son propriétaire à une contravention. </p><h2>Valoriser l'eau du lac</h2><p>Pour mieux affronter la chaleur, nos voisins helvètes ont donc appris à se tourner vers la nature. "Certains se réfugient en altitude où il fait plus frais, dans les montagnes du Jura par exemple", remarque Camille, la jeune consultante vaudoise. Mais encore faut-il pouvoir télétravailler dans de bonnes conditions et hors de son domicile. Dans le bâti neuf, des solutions innovantes s'appuient sur la fraîcheur des cours d'eau pour rafraîchir les intérieurs. A Genève, de plus en plus d'immeubles sont raccordés au <a href="https://houseofswitzerland.org/fr/swissstories/environnement/leau-du-lac-leman-pour-chauffer-et-refroidir-les-batiments#:~:text=%C3%80%20Gen%C3%A8ve%2C%20une%20cinquantaine%20de,gr%C3%A2ce%20%C3%A0%20une%20ressource%20locale." target="_self" rel="" title="https://houseofswitzerland.org/fr/swissstories/environnement/leau-du-lac-leman-pour-chauffer-et-refroidir-les-batiments#:~:text=%C3%80%20Gen%C3%A8ve%2C%20une%20cinquantaine%20de,gr%C3%A2ce%20%C3%A0%20une%20ressource%20locale.">réseau hydrothermique GeniLac</a> qui permet de refroidir les bâtiments en puisant l'eau du lac en profondeur - là où la température de l'eau est "constante toute l’année" pointe un article du département fédéral des Affaires étrangères.</p><p>Et bien sûr, il n'y a pas que les bâtiments qu'on refroidit avec l'eau du Léman. Le soir de notre échange, Camille avait justement prévu <a href="https://www.lexpress.fr/societe/canicule-ces-villes-europeennes-qui-redecouvrent-la-baignade-DBUPJKSBPFBU5MFF2JMBQHEDLQ/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/societe/canicule-ces-villes-europeennes-qui-redecouvrent-la-baignade-DBUPJKSBPFBU5MFF2JMBQHEDLQ/">un petit plongeon</a>.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/CZMHWAZ3VJGT3OVXYVHJHPMGMU.jpg?auth=f30d39cca3ae7565a4cca769ee793eb0e4321462bcd7aa7b9e31b07049ac40fb&amp;smart=true&amp;width=6000&amp;height=4000" type="image/jpeg" height="4000" width="6000"><media:description type="plain"><![CDATA[En Suisse, avant d'installer un climatiseur, il faut demander des autorisations au propriétaire, au syndicat de propriété et aux pouvoirs publics... Un processus souvent décourageant.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">PHOTOPQR/LE COURRIER PICARD/MAXP</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Pr Christophe Rapp : "Le risque de propagation d'Ebola est considéré comme très faible, voire nul"]]></title><link>https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/pr-christophe-rapp-le-risque-de-propagation-debola-est-considere-comme-tres-faible-voire-nul-XU4NPYBQIZH4BKUKY2YYKVGJSA/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/pr-christophe-rapp-le-risque-de-propagation-debola-est-considere-comme-tres-faible-voire-nul-XU4NPYBQIZH4BKUKY2YYKVGJSA/</guid><dc:creator><![CDATA[Asia Dayan]]></dc:creator><description></description><pubDate>Thu, 25 Jun 2026 18:37:29 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Le tout premier cas <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/la-fievre-ebola_1505663.html" rel="" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/la-fievre-ebola_1505663.html">d'Ebola</a> a été <a href="https://www.lexpress.fr/monde/ebola-ce-que-lon-sait-du-premier-cas-diagnostique-en-france-QPMOKNBDMRG4REXVOAXWGA2Z5M/?auth=c80f796d49" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/monde/ebola-ce-que-lon-sait-du-premier-cas-diagnostique-en-france-QPMOKNBDMRG4REXVOAXWGA2Z5M/?auth=c80f796d49">identifié en France ce mercredi 24 juin</a>. Le patient, un médecin humanitaire, revenait de la <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/la-republique-democratique-du-congo-frappee-par-une-maladie-mortelle-inconnue-ce-que-lon-sait-2VYVOZPDTFDSDAJO7J7GPGRVMM/" rel="" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/la-republique-democratique-du-congo-frappee-par-une-maladie-mortelle-inconnue-ce-que-lon-sait-2VYVOZPDTFDSDAJO7J7GPGRVMM/">République démocratique du Congo</a> (RDC), foyer épidémique du virus, où il exerçait une mission. Pour Christophe Rapp, infectiologue à l'Hôpital américain de Paris, qui avait pris en charge les deux cas <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/ebola-leurope-sera-t-elle-au-rendez-vous-de-cette-crise-sanitaire-et-humanitaire-par-le-pr-flahault-AXRAX2TV5NBW5HB5Z3ZYYQZTLY/?auth=79e9658483" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/ebola-leurope-sera-t-elle-au-rendez-vous-de-cette-crise-sanitaire-et-humanitaire-par-le-pr-flahault-AXRAX2TV5NBW5HB5Z3ZYYQZTLY/?auth=79e9658483">d'Ebola</a> importés en 2014, il n'y a pas de quoi paniquer.</p><p>"Il ne faut pas s'inquiéter", tranche le professeur qui estime que le "scénario est très attendu". Si le risque est "élevé" pour les professionnels de santé humanitaires, la population générale européenne, quant à elle, n'a rien à craindre. Au contraire, la France serait même particulièrement bien préparée à affronter quelques cas supplémentaires.</p><p><b>L'Express : C'est la première fois dans l'histoire de France qu'un cas d'Ebola est diagnostiqué sur notre territoire. Doit-on s'en alarmer ? </b></p><p><b>Christophe Rapp : </b>Non, il ne faut pas s'inquiéter. C'est un cas particulier puisqu'il survient chez un médecin qui s'est lui-même conformé au protocole en se signalant et en étant accueilli à la sortie de l'avion par le SAMU pour être directement conduit dans une chambre à pression négative. Là, il n'y a aucun risque. Le procédé a très bien fonctionné. Il aurait été beaucoup plus difficile d'identifier un patient déjà sur le territoire français présentant une fièvre au bout de quelques jours et se présentant en consultation. Jusqu'à présent, nous n'avions accueilli que deux cas rapatriés en 2014 qui avaient été pris en charge dans mon service à l'hôpital militaire Bégin. Déjà à l'époque, il s'agissait exclusivement de professionnels de santé.</p><p>C'est vraiment un scénario attendu. Quand il y a <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/ebola-ce-que-lon-sait-de-cette-epidemie-en-rdc-qui-inquiete-loms-M7AJ6PUSPJCM5OV7FR2HWLDWQA/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/ebola-ce-que-lon-sait-de-cette-epidemie-en-rdc-qui-inquiete-loms-M7AJ6PUSPJCM5OV7FR2HWLDWQA/">une épidémie de fièvre hémorragique virale africaine</a> sur le terrain, les humanitaires vont aider. Et donc, le risque étant élevé pour les professionnels de santé, on s'expose à avoir pendant l'épidémie qui va durer encore quelques mois, quelques humanitaires français ou européens contaminés.</p><p><b>Justement, toutes les personnes qui ont été prises en charge en France sont des professionnels de santé. Existe-t-il un risque pour la population générale ?</b></p><p>A ce stade, en dehors des contacts de ce vol Kinshasa-Paris dont on n'a pas encore de nouvelles et qui vont devoir être surveillés pendant 21 jours [NDLR : la durée d'incubation de la maladie], le risque de diffusion est considéré comme très faible, voire nul. Ça a été rappelé par l'OMS et le Centre européen de surveillance des maladies infectieuses. Il faut redire que ce n'est pas une maladie comme le Covid-19 à transmission aérienne et qu'il faut un contact avec les fluides du patient ou son cadavre.</p><p><b>Comment seront isolés ces cinq passagers cas contact ? </b></p><p>Le ministère de la Santé n'a pas communiqué les données précises. Dans les protocoles <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/ebola-loms-en-panne-de-strategie-par-le-pr-antoine-flahault-DRYINOFOHVGLBHSRUSJ446XRIY/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/ebola-loms-en-panne-de-strategie-par-le-pr-antoine-flahault-DRYINOFOHVGLBHSRUSJ446XRIY/">Ebola</a> qui avaient été écrits depuis 2014 et dont la dernière version date de 2022, les cas contacts s'isolent à la maison et sont surveillés quotidiennement avec un appel téléphonique. On leur demande de prendre leur température, de surveiller leurs symptômes. S'ils en ont, ils appellent le <a href="https://www.lexpress.fr/societe/deces-de-xavier-emmanuelli-le-medecin-des-exclus-de-msf-au-samu-social-SWU42OKALRF7VCITH56PUEKXKY/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/societe/deces-de-xavier-emmanuelli-le-medecin-des-exclus-de-msf-au-samu-social-SWU42OKALRF7VCITH56PUEKXKY/">SAMU</a> et sont hospitalisés dans un centre de référence spécialisé avec un transport protégé, médicalisé.</p><p>Ça c'est les protocoles de l'époque. Est-ce qu'on a appliqué des règles plus strictes cette fois-ci comme pour <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/hantavirus-les-europeens-devraient-garder-leur-calme-meme-si-FO4HGI2UYNGOZMOWUHV5EIPTUI/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/hantavirus-les-europeens-devraient-garder-leur-calme-meme-si-FO4HGI2UYNGOZMOWUHV5EIPTUI/">l'hantavirus</a> ? Je n'ai pas la réponse à ce stade. Mais dans les autres pays, c'est une auto-surveillance à domicile.</p><p><b>Le ministre congolais de la Santé a décrit la souche Bundibugyo, à l'origine de l'épidémie en RDC, comme ayant "un taux de létalité très important". Pour l'heure, il n'existe ni vaccin, ni traitement contre cette souche. Doit-on s'en inquiéter ? </b></p><p>Pour l'instant, en zone épidémique, la létalité de cette souche est aux alentours de 25-26 %, ce qui est très élevé pour une maladie infectieuse. C'est plutôt moins qu'avec la souche Zaïre [NDLR : responsable de l'épidémie en 2014]. Par contre, on n'a pas de données précises. C'est toujours difficile, en plein cœur de l'épidémie, d'avoir des chiffres sur la létalité. Ce que l'on sait, c'est qu'elle va être réduite par la qualité des soins de support.</p><p>Et en effet, pour l'instant, il n'y a pas de traitement contre cette souche Bundibugyo, contrairement à <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/ebola-loms-en-panne-de-strategie-par-le-pr-antoine-flahault-DRYINOFOHVGLBHSRUSJ446XRIY/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/ebola-loms-en-panne-de-strategie-par-le-pr-antoine-flahault-DRYINOFOHVGLBHSRUSJ446XRIY/">la souche Zaïre</a>. La semaine prochaine, en RDC, des études expérimentales vont démarrer. Est-ce que ce patient hospitalisé à Paris va recevoir des traitements expérimentaux ? On n'a pas la réponse.</p><p>Ce qui est sûr, c'est qu'on a progressé dans la prise en charge de <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/peter-hotez-nous-devons-nous-attendre-a-avoir-des-cas-debola-en-europe-et-aux-etats-unis-SAAEMX4Q6RCCROD2USR4LITYCY/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/peter-hotez-nous-devons-nous-attendre-a-avoir-des-cas-debola-en-europe-et-aux-etats-unis-SAAEMX4Q6RCCROD2USR4LITYCY/">la maladie</a>. Et, bien sûr, entre la République démocratique du Congo et les pays européens ou l'Amérique du Nord, les capacités de réanimation font que la létalité est plus faible. A titre d'exemple, en 2014, parmi les 27 cas qui avaient été rapatriés et pris en charge dans les hôpitaux universitaires des pays riches, la mortalité était à 20 %. </p><p><b>Comment sera soigné le patient français alors ?</b></p><p>Pour l'instant, il n’y a pas eu de communication dans le cadre du respect du secret médical. On sait que c'est un traitement de support. Il faut hydrater les gens, lutter contre la fièvre, lutter contre la douleur. Et puis, ensuite, pallier à des défaillances d'organes. </p><p><b>Le gouvernement a annoncé que "sa charge virale est très faible". Qu'est-ce que cela signifie ? </b></p><p>La charge virale, c'est la quantité de virus retrouvée dans le sang du patient. C'est un marqueur à la fois de risque de transmission, de contagiosité. Plus la charge virale est élevée, plus vous pouvez transmettre la maladie. C'est aussi un facteur pronostic individuel. Si la charge virale est très élevée, la maladie est plus grave, le fait que la charge virale soit faible est plutôt un facteur de bon pronostic pour le patient. C'est un élément rassurant.</p><p><b>Comment font les professionnels de santé qui prennent en charge les patients infectés par Ebola pour se protéger ?</b></p><p>Ils sont dans des chambres d'isolement à pression négative où ils travaillent en binôme, habillés comme des cosmonautes, avec une étanchéité maximale. Il faut limiter les soins, ne pas rentrer inutilement dans la chambre, travailler en binôme, se déshabiller en binôme avec des miroirs pour être sûr de ne pas toucher sa peau. C'est un procédé très technique : c'est 30 minutes d'habillage, 30 minutes de déshabillage. Ensuite il faut se déplacer dans la chambre, discuter avec le malade, l'ausculter, tout en limitant les contacts pour éviter ses fluides. </p><p>Lorsqu'il y a des contaminations, ce ne sont pas des accidents d'injection, de gestes techniques, ça pourrait arriver, mais les soignants font attention. La plupart du temps, c'est au déshabillage, vous êtes fatigué, vous suez, et vous faites une erreur technique. L'une des situations les plus fréquentes c'est de s'infecter en touchant ses conjonctives pendant qu'on se déshabille.</p><p>On doit se préparer, non pas à avoir une épidémie au sens large du terme, mais à recevoir quelques cas importés de collègues professionnels de santé qui s'exposent à ce risque dans les centres qui soignent <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/ebola-ce-que-lon-sait-de-cette-epidemie-en-rdc-qui-inquiete-loms-M7AJ6PUSPJCM5OV7FR2HWLDWQA/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/ebola-ce-que-lon-sait-de-cette-epidemie-en-rdc-qui-inquiete-loms-M7AJ6PUSPJCM5OV7FR2HWLDWQA/">Ebola</a> en RDC. Il faut rappeler le caractère altruiste de ces soignants.</p><p><b>Il y a quelques semaines, le Conseil mondial de suivi de la préparation aux crises sanitaires alertait sur le fait que "le monde recule" face aux pandémies. Dans un scénario catastrophe, la France serait-elle prête à faire face à une épidémie d'Ebola ? </b></p><p>Le profil de la maladie fait que <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/il-y-aura-une-nouvelle-pandemie-mais-sommes-nous-prets-les-reponses-du-pr-alain-fischer-LHNJEW5VIBBXJK733U3M3UAS2U/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/il-y-aura-une-nouvelle-pandemie-mais-sommes-nous-prets-les-reponses-du-pr-alain-fischer-LHNJEW5VIBBXJK733U3M3UAS2U/">la notion d'épidémie n'est pas vraisemblable</a> dans la mesure où l'on peut avoir quelques cas importés comme celui-là avec des cas secondaires : si une infirmière fait une erreur technique au déshabillage, par exemple. La France est capable d'accueillir quelques dizaines de patients du fait de ces centres de référence [NDLR : qui rassemblent une équipe hospitalière hautement spécialisée ayant une expertise avérée pour une maladie rare] qu'on a dans tous les territoires où l'on s'est préparé avec des protocoles et des équipes entraînées. Cette notion de "on n'est pas prêt" n'est pas réaliste. On a des plans de préparation, des plans de riposte qui sont écrits et qu'il suffit de décliner. On a des moyens techniques et une capacité hospitalière qui est raisonnable par rapport au profil de <a href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/ebola-trois-questions-sur-la-resurgence-de-la-maladie-en-rdc_2144399.html" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sante/ebola-trois-questions-sur-la-resurgence-de-la-maladie-en-rdc_2144399.html">la maladie à virus Ebola</a>.</p><p>C'est très différent en zone épidémique où le nombre de cas est très important et justifie la création de structures de soins spécialisées en urgence. Mais à l'échelle européenne, on est très bien, on est au même niveau que les Allemands. Les Britanniques, par contre, n'ont qu'un seul grand centre pour tout le Royaume-Uni. </p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/XB3SYKRIVVD3ZHVD3RAVZYU6OQ.JPG?auth=dd046cac57eb321b34aa780a1261db06617b0da5d439f41c564a8976c387edc5&amp;smart=true&amp;width=5500&amp;height=3667" type="image/jpeg" height="3667" width="5500"><media:description type="plain"><![CDATA[Un agent de santé, équipé d'un équipement de protection individuelle (EPI) complet, désinfecte une zone tout en préparant l'inhumation de victimes présumées d'Ebola au camp de déplacés de Kigonze, à Bunia, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 18 juin 2026, un mois après la déclaration de l'épidémie. REUTERS/Gradel Muyisa Mumbere]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Un cadre de chez Thales, un ex-coordonnateur national du renseignement : les nouveaux ambassadeurs nommés]]></title><link>https://www.lexpress.fr/secret-defense/un-cadre-de-chez-thales-un-ex-coordonnateur-national-du-renseignement-les-nouveaux-ambassadeurs-E6LPYBL2XBCELKJZU24B5ASHFU/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/secret-defense/un-cadre-de-chez-thales-un-ex-coordonnateur-national-du-renseignement-les-nouveaux-ambassadeurs-E6LPYBL2XBCELKJZU24B5ASHFU/</guid><dc:creator><![CDATA[Elsa Trujillo]]></dc:creator><description></description><pubDate>Thu, 25 Jun 2026 15:59:20 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>Avant de quitter ses fonctions, Emmanuel Macron imprime une dernière fois sa marque sur la diplomatie française en procédant à une vaste série de nominations d'ambassadeurs. Après une fournée de 36 nominations survenue le 27 mai, pour les ambassades de France en Ukraine, aux Émirats arabes unis, au Danemark,<a href="https://www.lexpress.fr/secret-defense/mistral-ai-ignore-le-rn-lotan-lorgne-vers-le-detroit-dormuz-W3NFIRHOAFBXZA6P4CA4DH2N6A/" rel=""> en Estonie</a> ou encore en Norvège, le Quai d'Orsay et l'Élysée ont soumis ce 24 juin une nouvelle liste de 14 profils en Conseil des ministres. Toutes doivent encore recevoir l'agrément des pays d'accueil pour revêtir un caractère définitif. Ces approbations devraient intervenir à compter de la fin de l'été. </p><p>Deux profils proches du monde de la défense et du renseignement y figurent. Le premier, Gautier Lekens, actuellement vice-président en charge des financements internationaux et du soutien à l’Ukraine chez Thales, est promis au poste d'ambassadeur de France à Haïti. Diplomate de formation et ancien conseiller de Bernard Cazeneuve au ministère de l'Intérieur puis à Matignon dès décembre 2016, il avait rejoint le groupe de défense en 2022 en tant que vice-président OTAN.</p><p>Le second, Didier Le Bret, connaît bien Haïti pour y avoir été ambassadeur de France de septembre 2009 à décembre 2012. La liste examinée par le gouvernement le désigne cette fois pour le Vietnam. Diplomate de carrière, il a conseillé François Hollande sur les questions de renseignement à l'Élysée, et assuré les fonctions de coordonnateur national du renseignement de juin 2015 à août 2016. Un poste charnière, chargé de fluidifier le travail et les interactions entre la DGSE, la DGSI, la Direction du renseignement militaire (DRM) et les autres services français. Deux ans plus tard, il a fait une incursion dans le privé, devenant associé senior du cabinet d'intelligence économique ESL &amp; Network, depuis lors <a href="https://www.lexpress.fr/societe/cest-un-quai-dorsay-une-dgse-occulte-ladit-ces-agents-tres-secrets-au-service-du-cac-40-G4NJYBWK45CXRBYHXZCD2N3KOY/" target="_self" rel="" title="https://www.lexpress.fr/societe/cest-un-quai-dorsay-une-dgse-occulte-ladit-ces-agents-tres-secrets-au-service-du-cac-40-G4NJYBWK45CXRBYHXZCD2N3KOY/">racheté par l'Adit</a>. Depuis 2024, il est directeur de l'Académie diplomatique et consulaire.</p><h2>Postes prestigieux</h2><p>Un troisième diplomate doté d'un profil renseignement fait partie des futurs ambassadeurs. Florian Escudié, spécialisé sur le cyber et les affaires stratégiques, va être envoyé en Arménie. Il a dernièrement été affecté au ministère des Armées, où il s'occupait précisément du dossier arménien, aux côtés de Nicolas Lerner, le directeur de la DGSE. Son nom figurait sur la première liste de nominations soumise en mai, au même titre que celui d'Alexandre Escorcia. L'actuel directeur de cabinet d'Alice Rufo, la ministre déléguée aux Armées et aux Anciens combattants, a été désigné pour devenir ambassadeur de France en Estonie. </p><p>L'un des plus prestigieux postes de la diplomatie française a par ailleurs été attribué à Aurélien Lechevallier. L'actuel directeur de cabinet de<a href="https://www.lexpress.fr/monde/europe/jean-noel-barrot-la-france-na-jamais-ete-aussi-influente-en-europe-GI4QOP32H5EX5N3C4Y3P7AP7ZY/" rel=""> Jean-Noël Barrot</a> au Quai d'Orsay et ancien camarade de promotion d'Emmanuel Macron à l'ENA a été fléché vers Washington, après avoir dans un premier temps été pressenti pour Londres. L'ambassade de France au Royaume-Uni devrait revenir au conseiller affaires stratégiques du chef de l'Etat, Xavier Chatel de Briançon, qui n'a pas encore été officiellement nommé. Plus surprenant, le directeur de cabinet adjoint du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères devrait lui aussi hériter d'un poste d'ambassadeur. Kevin Thuillier figure sur la liste consultée par <i>L'Express</i> en tant que futur ambassadeur en Bosnie-Herzégovine.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/HGUZG5BLP5DN7DWJV5DNM24KCU.JPG?auth=b5d13300d7c60ba65db4eea7029a386d40ae6e5ab23ba388137defa0747105af&amp;smart=true&amp;width=5900&amp;height=3941" type="image/jpeg" height="3941" width="5900"><media:description type="plain"><![CDATA[Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre polonais Donald Tusk, le 20 avril 2026.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item><item><title><![CDATA[Négociations Etats-Unis - Iran : comment la Chine affaiblit l'arme des sanctions américaines]]></title><link>https://www.lexpress.fr/monde/asie/negociations-etats-unis-iran-comment-la-chine-affaiblit-larme-des-sanctions-americaines-CM24FB3XYVD7DNS5GJTJRLJH4U/</link><guid isPermaLink="true">https://www.lexpress.fr/monde/asie/negociations-etats-unis-iran-comment-la-chine-affaiblit-larme-des-sanctions-americaines-CM24FB3XYVD7DNS5GJTJRLJH4U/</guid><description></description><pubDate>Thu, 25 Jun 2026 14:00:24 +0000</pubDate><content:encoded><![CDATA[<p>La Maison-Blanche l'espère : l'allègement des sanctions et l'accès à une partie des quelque 100 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés à l’étranger pourraient lui permettre d'obtenir <a href="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/negociations-etats-unis-iran-les-declarations-contradictoires-de-washington-et-teheran-NZRXTNJSDFFMVIIGZ6ZDLYES7A/" target="_blank" rel="noreferrer" title="https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/negociations-etats-unis-iran-les-declarations-contradictoires-de-washington-et-teheran-NZRXTNJSDFFMVIIGZ6ZDLYES7A/">un nouvel accord sur le nucléaire.</a> Mais c'est sans compter sur un acteur de taille, la Chine, qui complexifie l'équation, en permettant depuis plusieurs années à Téhéran de contourner les sanctions, rapporte le <a href="https://www.wsj.com/world/china/yuan-sanctions-dollar-alternative-73b23c2f?mod=lead_feature_below_a_pos3" target="_blank" rel="" title="https://www.wsj.com/world/china/yuan-sanctions-dollar-alternative-73b23c2f?mod=lead_feature_below_a_pos3"><i>Wall Street Journal</i></a>. </p><p>La stratégie est on ne peut plus simple : plusieurs transactions pétrolières sont désormais réglées en yuans plutôt qu’en dollars. Or, le passage à la monnaie chinoise réduit considérablement la visibilité des autorités américaines sur ces flux financiers, tandis que Pékin développe progressivement une infrastructure financière parallèle destinée à limiter l’influence américaine sur les échanges mondiaux. </p><p>En avril dernier, déjà, les sanctions américaines ont visé une importante raffinerie chinoise, accusée d’avoir acheté pour plusieurs milliards de dollars de pétrole iranien. L’entreprise concernée, Hengli Petrochemical, a rejeté ces accusations, en affirmant que son fournisseur lui avait certifié que le brut n’était pas d’origine iranienne. Elle a néanmoins indiqué, dans la foulée, que ses futures transactions pétrolières seraient réglées... en yuans, provoquant l'inquiétude de Washington. </p><h3>Des sociétés écrans</h3><p>Pendant des décennies, la domination du dollar a en effet constitué un atout stratégique majeur pour les États-Unis. Environ 80 % du financement du commerce international repose encore sur la monnaie américaine, et comme la plupart des transactions en dollars transitent par des banques américaines, Washington dispose d’une capacité unique de surveillance et peut, si nécessaire, exclure certains acteurs du système financier en dollars, compromettant ainsi leurs activités.</p><p>Pourtant, malgré les sanctions censées limiter ces ventes, l’Iran aurait perçu jusqu’à 43 milliards de dollars de recettes pétrolières en 2024, avant prise en compte de remises commerciales importantes. D’après le département du Trésor américain, la majorité de ces paiements ont été effectués en yuans, via notamment des sociétés écrans implantées à Hong Kong pour faciliter les transactions. Ces revenus servent ensuite à financer l’achat de pièces automobiles chinoises, de panneaux solaires, de biens industriels ou de services. Ils permettent surtout l’acquisition de produits dits "à double usage", officiellement destinés à des applications civiles mais pouvant aussi avoir une utilité militaire, le tout hors de portée des autorités américaines.</p><h3>La Russie aussi impliquée</h3><p>La Russie a suivi une trajectoire comparable après l’invasion de l’Ukraine en 2022. Face au durcissement des sanctions occidentales, une part croissante du commerce sino-russe a commencé à être réglée en yuans. Depuis le début de la guerre, le volume des transactions sur le Cross-Border Interbank Payment System (CIPS), un système de paiement international créé par la Chine en 2015, a doublé, tout comme le nombre d’institutions financières participantes. Résultat : plus de 90 % des échanges commerciaux entre la Russie et la Chine sont aujourd’hui effectués en yuans et en roubles selon les autorités russes, alors que le yuan ne représentait qu’environ... 2 % du commerce extérieur russe en février 2022.</p><p>À l’échelle mondiale, la progression du yuan reste limitée mais significative. Sa part dans le financement du commerce international a triplé en cinq ans pour atteindre environ 6 %. Depuis plusieurs mois, il est devenu la deuxième devise la plus utilisée dans ce domaine, devant l’euro mais toujours loin derrière le dollar. Pékin ne cherche toutefois pas à remplacer totalement le dollar. Une telle ambition nécessiterait une profonde transformation du système financier chinois, notamment l’abandon des contrôles de capitaux et une ouverture beaucoup plus large de son marché financier, ce qui pourrait fragiliser son économie.</p><h3>Réduire l'influence américaine</h3><p>L’objectif paraît plutôt être la création de circuits commerciaux spécifiques capables de fonctionner indépendamment du dollar. Selon plusieurs anciens responsables américains évoqués par le <i>Wall Street Journal</i>, cette stratégie répond à la fois à la volonté de réduire l’influence géopolitique des États-Unis et à celle de protéger les partenaires de la Chine contre d’éventuelles sanctions occidentales. La Chine souhaite également se prémunir contre un scénario dans lequel elle pourrait elle-même faire l’objet de mesures comparables à celles imposées à l’Iran ou à la Russie, notamment dans l’hypothèse d’une crise majeure autour de Taïwan.</p><p>Cette vision a d'ailleurs été résumée par le gouverneur de la banque centrale chinoise, Pan Gongsheng, qui estime que la finance mondiale évolue vers un système où "plusieurs monnaies souveraines coexistent et se concurrencent". Selon lui, une évolution au-delà d’un ordre centré sur le dollar est nécessaire car "en période de tensions géopolitiques, de préoccupations de sécurité nationale ou même de guerre, la monnaie dominante mondiale tend à être utilisée comme un instrument de pouvoir, voire comme une arme". Dans ces conditions, nul doute que l'issue des négociations sera incertaine.</p>]]></content:encoded><media:content url="https://www.lexpress.fr/resizer/v2/37PCR5ZCMFGURNNLIWMV4V3ERM.JPG?auth=471b4ed10499ea0c85b833c1e757d94661e24c365df9d5fb9ff1bc89f3abc449&amp;smart=true&amp;width=2971&amp;height=1848" type="image/jpeg" height="1848" width="2971"><media:description type="plain"><![CDATA[La stratégie est on ne peut plus simple : plusieurs transactions pétrolières sont désormais réglées en yuans plutôt qu’en dollars.]]></media:description><media:credit role="author" scheme="urn:ebu">REUTERS</media:credit></media:content></item></channel></rss>