[Actu] Repent ! Ye foolish Gods

Bonjour à tous,

Snarling Badgers est un tout petit studio indépendant qui sort des wargames, très régulièrement, via Wargamevault. Et exclusivement via Wargamevault. Donc ce sont des pdfs à imprimer soit même – ou à faire imprimer par la plateforme en elle-même (ce qui est assez rapide). Leur titre le plus connu est Reign in Hell. Ceux qui traînent leurs guêtres par ici ont sans doute vu passer des articles sur Reign in Iron, Deth Wizards et Space Station Zero. J’ai joué à tout …. sauf à Reign in Iron. PAs eu trop le temps. Mais c’est prévu … sauf si notre belle planète finit par rentrer en collision avec le soleil (dîtes moi la vérité, c’est ce qui est en train d’arriver, n’est-ce pas ?! Qui aurait pu prévoir !?).

La ligne éditoriale du duo Adam Loper et Vince Venturella (*), qui constituent, à ma connaissance, l’intégralité des ressources humaines de Snarling Badgers, peut être résumée en quelques points clés distincts mais d’égale importance :

  • éditer une règle solide, accessible proposant des modules solo, coop et du 1 contre 1.
  • compléter par des règles complètes de campagne – avec gain d’expérience et scénarios.
  • permettre de faire évoluer les profils des figurines de la bande.
  • plonger le joueur (plouf) dans un thème ultra fort, quoique assez niche quand même.
  • s’adjoindre les services d’un illustrateur possédant une griffe véritable, et même un talent certain (couv’ en couleur, intérieur n&b).

Et puis ensuite … bin assez peu de suivi, c’est comme ça, c’est assez clair dès le départ, est-ce un défaut, une vertu, je sais pas, à chacun de voir ce qu’il attend d’une démarche éditorial dans le monde impitoyable du wargame. Comprenez qu’il n’y aura pas réellement d’extensions et très très peu de figurines dédiées (et je crois même que c’est uniquement du STL). L’esprit est sans doute de jouer une dizaine de parties dans l’année, ou plus si vous souhaitez reroll (ce qui est très largement faisable sur les titres que je connais).

Repent ! Ye Foolish Gods est la sortie de cette année, ce qui fait de Snarling Badgers une petite entreprise très très productive en réalité. Mais où trouvent-ils toute cette énergie ? La coke ? L’IA ? J’ai pas l’impression. En réalité, la recette semble être de décliner des mécaniques déjà présentes dans d’autres parutions, de la peaufiner éventuellement et surtout de l’adapter au thème et à leur idée du moment : le système d’initiative à base de D12, les jets de dés avec un seuil à battre. Et même la mise en page rappelle des souvenirs. Je n’ai pas encore pu lire la règle mais si les jeux précédents ne vous ont pas plu ou si le thème vous indiffère, il vaudrait mieux passer votre chemin.

Repent ! Ye Foolish Gods propose d’incarner une bande de méchants, comme Deth Wizards. Mais les morts qui marchent sont pour l’occasion remplacés par une petite bande de serviteurs des Dieux Obscurs. Et si Deth Wizards proposait de défier un royaume humain, dans ce nouveau jeu, il y a un deuxième renversement : votre bande va superbement ignorer les frêles et riches contrées étrangères, pour se retourner contre son Milliardaire … pardon … son propre Dieu (Obscur). Le but étant bel et bien de lui casser sa tronche.

Notez qu’une bande est constituée de quatre acolytes si j’ai bien compris, choisis parmi différentes classes.

De mon côté, c’est un gros « pourquoi pas ! ». On pensera à des licences gros bill mais cro cro sombre telles Berserk ou Dark Souls ou bien sûr Age of Sigmar (et sans doute plus particulièrement Warcry). En fait, c’est devenu tout à fait majoritaire comme type de licences. Je crois même qu’il est difficile de trouver autre chose. Mais comme c’est de l’agnostique, comme on dit, vous pouvez pousser à fond tous les curseurs de l’horrible et du dégueulasse, au point de faire passer les fans de Trench Crusade ou de Kingdom Death pour des bons pères de famille, en pleine crise de la quarantaine. Ça leur apprendra à pas avoir juste passer le permis moto ! Hahaha Gniark gniark !

Mais vous pourrez bien sûr jouer avec n’importe quoi. Du Chibi, je peux ? C’est autorisé ?

Mais bien sûr !!!

Proposition de bande avec des figurines Chibi. Ce travail de portage a été réalisé par un professionnel.

NE FAÎTES PAS LA MÊME CHOSE A LA MAISON !!!

Merci de m’avoir lu.

(*) Vince Venturella semble plus s’occuper de la règle, en plus d’être un excellent peintre. Adam Loper est plus dans la mise en page. Et puis c’est l’atout charme du duo. C’est le tonton wargamer qu’on souhaite tous devenir et qu’on ne sera pas, en plus de faire un excellent père noël à l’occasion.

[Actu] Nouveautés Black Site Studios

Bonjour à tous,

Black Site Studio est vraiment un éditeur à suivre et force est de reconnaître qu’en France, c’est silence radio. Il faut dire que les jeux sont mal distribués, le site est pas forcément bien fichu et le moins que l’on puisse dire c’est que Black Site Studio n’arrose pas nos influenceurs avec des seaux remplis de billets de banque et donc … faudra pas trop compter sur eux pour ne serait-ce qu’évoquer cet éditeur. Surtout cette année avec l’arrivée de la 36ème édition ratée de 40k.

Pourtant deux petites campagnes de financement s’annoncent d’ici la fin de l’année 2026, via Gamefound. Je crois me souvenir qu’ils finançaient leurs précédentes sorties via des campagnes de précommandes construites sur le modèle des ks mais en interne, sur leur petite boutique. Bin là, c’est via Gamefound.

Outlaws : The Curse of Sherwood Forest

C’est une campagne annoncée pour le printemps. En solo coop, on joue une bande composée de quatre soldats, les hors-la-loi du titre, au service de Richard Coeur-de-Lion, affrontant bien sûr les terribles hommes de main du Sheriff de Nottingham. Alors comme ça, on pourrait croire à un jeu historique.

Et bien non, raté.

En parcourant les premières pages, on s’aperçoit que le jeu relève du fantastique. C’est de la fantasy quoi. Et une fantasy assez sombre, comme l’est le tout venant bas du front, j’m’la foule pas depuis quelques années. La maquette et surtout les illustrations font grim …. grimoire à la J.Blanche. Avec des vrais morceaux du cycle arthurien (Avalon …). Et une pincée de Tolkien (le gros Méchant très méchant contre les gentils). Ok … j’ai l’air de moquer mais c’est sympathique avec une jolie mise en page, qui fait penser à Rangers of ShadowDeep en (un peu) plus mignon, plus coloré en tout cas (beaucoup de vert, on est en forêt, je rappelle).

Plus sérieusement, plusieurs choses me titillent dans la mécanique : une petite table, un sac d’initiative qui est aussi une sorte de générateur d’événements, un système à base de d8 où il faut sortir un max de 5+ (en simplifiant) et … un mouvement prudent. Et ça, ça me fait plaisir car ça manque cruellement dans Rangers of Shadow Deep. On va pouvoir s’infiltrer et faire mal, très mal en tapant les étourdis entre les omoplates, Gniark gniark … vrai gros manque de RoSD si vous voulez mon avis.

Hallowtide :

C’est une campagne prévue pour l’automne. On y joue une bande de quatre chasseurs de monstres, dans un monde gothique avec des armes à poudre. Ça fleure à pleines narines son Van Helsing et son Solomon Kane.

La mécanique se base sur des poignées de multiples dés, du 4 faces aux 12 faces, selon le niveau de compétences du chasseur. Un chasseur peut se stresser pour apporter des dés en plus. On additionne sa poignée de dés et on essaie de faire plus qu’un seuil donné. Les hauts résultats obtenus sur les faces vont ensuite qualifier cette réussite. Obtenir un 8 sur un dé 12 est en réalité mieux que d’obtenir deux 4. Je relève aussi qu’il y a des actions furtives et d’autres qui sont menaçantes. Et ça, ça fait cham bala bala, dans ma vieille caboche de joueur.

Le livret Quick Start, d’ores et déjà téléchargeable. J’ai lu en diagonal, je relis actuellement. Ca m’a l’air plus touffu que ce qu’écrivent McCullough ou le duo de chez Snarling Badgers. Par exemple, l’IA des créatures est assez dense, plein de flèches dans tous les sens. Ok, à voir en jeu.

Le livret d’initiation propose un générateur de scénarios avec objectifs narratifs, et des tables de génération de rencontres (par quadrant). Je dis ça parce que ça manquait cruellement à Nightmares come, à qui il fait penser par son thème mais qui se révélait, à la lecture, très très peu clé en main. Enfin y avait tout à faire dans ce jeu, à commencer par arracher toutes les pages pleines de tables aléatoires de génération de lore, antérieur à la partie (si si, du lore … genre on décide si les chasseurs arrivent sur la table en forçant la grille ou en obtenant la clé. En soudoyant la police ou en assommant le garde. Aucune incidence sur le jeu, ou à peine. Mais t’as 3 ou 4 pages de grilles aléatoires indicatives et pas particulièrement précises. Genre ok, pourquoi pas, c’est les 3 lignes d’introduction des scenar’s de RoSD où il faut réussir un jet de discrétion ou d’observation. T’en fais pas 4 pages dans la règle ! Et bin Todorov, il fait ! Comment on peut écrire une ânerie pareille, alors que le reste du jeu est pas écrit … genre le bestiaire !? Et les scénarios ou ne serait-ce que le déploiement !!? Bin quand on est une IA à la limite, on peut. Un humain, c’est chaud là, quand même).


D’ailleurs, Hallowtide doit être adaptable au contemporain, pour ceux qui veulent réutiliser leur bande Nightmares come … J’ai aussi une bande de pirates sexy à peindre moi. Huuuummm …

* * *

Black Site Studio étant un fabricant de décors à la base, la sortie de ces jeux sera sans doute accompagnée de nouveaux éléments de terrain en MDF, de figurines en résine mais aussi de toute une offre STL/PDF téléchargeable. Pour rappel le prix peut être rédhibitoire, surtout pour les Européens. La disponibilité en boutique est pas forcément garantie sur la durée. Par exemple, je viens de vérifier, Demon Ship n’est plus disponible, et son espèce de spin-off Sword & Sorcery non plus. Je connais pas leurs contraintes mais j’imagine qu’ils peuvent difficilement faire autrement mais oui, c’est pas génial pour les consommateurs (et joueurs).

Tout ce que je dis est bien sûr à prendre avec des pincettes, je n’ai fait que parcourir les livrets d’initiation, qui sont de plus provisoires. Je n’ai pas joué. Mais si c’est à moitié aussi bien que Demon Ship, ces deux jeux mériteront qu’on y jette un coup d’oeil.

Merci de m’avoir lu et à bientôt.

[Musique] The Mountain

Bonjour à tous,

Je n’aime pas Gorillaz.

Rien à faire, j’ai dû les écouter vite fait dans les années 2000. Voilà, j’accroche pas à leur trip-hop, pas assez mélodique. Leur lore, je comprends pas. C’est un dessin animé ? Un sketch ? Je pige pas trop.

Y a même des figurines …

Mais comme tout le monde, je n’ai pas pu passer à côté de leur dernier album : The Mountain.

Je trouve le climat en France très très très très très très étouffant. Et je ne parle pas que de météo, même si bon, là, oui, je parle de météo vu qu’on traverse une canicule particulièrement précoce et dure.

Mais ça tape dur quoi. Ça tape dur dans les médias. Ça tape dur sur nos jeunes, ça tape dur sur la gauche radicale, ça tape dur sur la contestation, sur les syndicats, sur les personnes trans’, sur les défenseurs du droit international, sur les féministes, le service public, les pauvres, les antifascistes, sur les antiracistes, les anti-bassines. Au secours, la chappe de plomb. On est où là ? A la radio, tu balances « Peace and love les gens », le lendemain, t’es convoqué au poste. Sérieux ?

Et The Mountain, c’est mon printemps dans ma tête, mon Mahabharata, mes nuits sous les citronniers, c’est ma fontaine, mes mille et une nuits, c’est ma source d’eau vive, c’est mon sitar vagabond, c’est mon livre de la jungle alternatif et progressiste. Je pleure, je ris, je cours loin, je me cache, c’est la fuite, hey mais je reviens. Je suis là, j’étais même pas parti.

Alors … Est-ce que j’aime Gorillaz, du coup, moi ? J’aime ? J’aime pas ?

A T’cha !

Merci de m’avoir lu.

[Reign in Iron] Peint’ de la tab’ 6

Bonjour à tous,

J’ai peint les derniers immeubles d’habitation de ma table :

La peinture s’est faite un peu dans la douleur mais je tenais à ces immeubles vétustes quoique plein de caractère. Je cherche pas à vous vendre un appart’, c’est juste que, voilà, une ville moderne, c’est des couches temporelles différentes. Donc ça aurait manqué.

Et dans l’idée de varier les visuels et les ambiances, j’ai aussi bricolé une statue en hommage aux combattantes des unités de défense anti-kaiju. Celles qui sont tombées aux champs d’honneur mais aussi celles qui se battent encore pour protéger l’Humanité.

Il s’agit d’une figurine de la marque/gamme Anima Tactic (qui n’existe plus). A l’époque, il s’agissait d’un catalogue très manga, contemporain, fantastique et c’était quand même vachement original, justement. Du reste, ça l’est encore mais il y a des jeux bien installés qui ont une inspiration manga.

Pour comprendre ce « petit » ajout, il faut lire la suite :

Les groupes de défense anti-kaiju ne se contentent pas de protéger le territoire national. Les titans sont également chassés. Leurs organes — et surtout l’huile biologique extraite de leurs dépouilles — constituent une ressource stratégique indispensable à l’industrie moderne, y compris dans ses applications militaires. Les Kaijus étaient une menace, ils sont désormais la source de notre développement et de notre expansion.

Le cœur de la réponse anti-kaiju repose sur les brigades de méchas, pilotés par l’humain, modifié par la chirurgie et lourdement assisté par des systèmes informatiques.

Chaque pilote est équipée d’une interface neurale, implantée directement dans la moelle épinière. Les premiers essais ont cependant mis à jour des fragilités considérables chez les sujets masculins et un taux de rejet qui ne permettait pas de déployer cette technologie selon les protocoles en usage dans les différents corps d’armée. Le programme s’est donc rapidement tourné vers des candidates exclusivement féminines dont le taux de rejet était infime, comparativement. Sélectionnées dès l’adolescence pour leur compatibilité cognitive et physiologique, les femmes constituent désormais 100% de l’effectif des pilotes de méchas, les hommes se chargeant du soutien technique et de la logistique. Depuis une dizaine d’années, les essais menés sur des femmes trans ont montré des résultats particulièrement prometteurs, ouvrant de nouvelles perspectives pour le recrutement.

Il me reste encore un gros mall et puis les routes, les plaques. À suivre quoi.

Merci de m’avoir lu !

Le Dieu Hurlant, Kingdom Death

Bonjour,

Je viens de recevoir ça :

C’est quoi ?

Mais c’est la Screaming God expansion pour Kingdom Death, hein !

La fraction de mon lectorat la moins informée de ce que ça signifie s’interroge sur l’intérêt de faire un article de non-ouverture de boîte pour une boîte. Haha. Hahaha.

Or ce cube noir de jais, sobre, mystérieux, d’un noir liquide, malaisant et surtout très noir c’est :

  • 2 kg.
  • 8 ans de retard.

2 kg pour une extension, c’est une anomalie. Enfin pour un jeu de plateau normal mais Kingdom Death n’est pas normal. En soulevant le truc, ça m’a vraiment paru choquant. C’est pas si grand, ça devrait pas peser autant pour un jeu de ce format. Or si. J’ai pas ouvert la boîte mais je soupçonne Adam Poots d’avoir rempli son jeu avec des cailloux.

Puis … bin … le décalage spatio temporel de zinzin, quoi. Je crois désormais comprendre ce qu’a ressenti l’équipage de l’Alert lorsque ses membres virent surgir des flots l’antédiluvienne cité de R’lyeh. Ouais … à peu près quoi. J’ai commandé ce truc en 2015. Il y a 10 ans. C’est une époque où l’on était tout content d’acheter ce genre d’escroq… pardon ce genre d’anomalie. Et ce pour le meilleur et pour le pire. Kingdom Death c’est pour le meilleur, le jeu est dingue, n’en déplaise à l’espèce de réputation sulfureuse que lui ont collé ceux à qui ce jeu ne s’adresse pas. Mais c’est vraiment un mode de consommation qui m’est complètement passé. Gros craquage, grosse attente, mais là, non, sans façon, merci mais non.

Merci de m’avoir lu.

Et non, je ne vais pas l’ouvrir. Toute la quintessence du fun est dans le fait d’acheter sur un coup de tête, puis d’attendre pendant quatre ou cinq ans. Puis de plus attendre pendant quatre ou cinq ans. Et PAF, on le reçoit. Et c’est magnifique. Contempler cette boîte intouchée sous cellophane m’apporte plus de bonheur que toutes les éditions de warhammer réunies. Et il y en a eu beaucoup en 10 ans … Enfin c’est pas bien difficile vu que le succession des éditions des warhammers m’indiffère complètement. Mais c’est pour dire.

[BD] Le goût du chlore – Bastien Vivès

Bonjour à tous,

Ça faisait un moment que cette BD attendait sur la table et me lorgnait de son oeil mauvais mais c’est fait, je l’ai lue. A l’occasion de ce long week-end pluvieux, j’ai pris mon courage à deux mains et je l’ai lue.

Je crois être capable de faire passer un artiste devant l’homme qu’il est. Ou le personnage public qu’il incarne. C’est assez français quand on y pense. Au lycée, on nous parlait de Sade, de Genet, de Villon et sans doute d’autres que j’ai oubliés. Les procès contre Baudelaire ou Flaubert, pour des questions de mœurs, je crois, ont durablement marqué l’enseignement de la littérature. On nous parlait d’ailleurs assez peu des autrices ou des ouvrages participant à un espèce de combat pour le progrès social. C’est assez « l’art pour l’art » dans l’enseignement de la littérature en France. Mais je dis peut-être des bêtises. Ou ça a changé.

Alors oui, je crois pouvoir faire passer l’oeuvre devant l’homme. C’est ma formation.

Ça, c’est la théorie. Dans les faits, c’est beaucoup moins vrai. Je suis plus prudent, plus timoré que je ne veux bien me l’avouer.

Mais pourquoi ce liminaire pour parler de cette BD ?

Bastien Vivès a été accusé de faire la promotion de la pédo-pornographie dans au moins un de ses ouvrages. Il y a eu plusieurs plaintes. La justice s’est déclarée incompétente en la matière et a clos le dossier si j’ai bien compris. Peut-être qu’il y a aura encore des instructions, je ne sais pas. Ca ne concernait je ne sais plus quel bouquin. Je l’ai vu en librairie, je me suis dit, ouch, la provoc’, pourquoi pas mais là je passe mon tour. J’en étais resté là.

Puis, assez tardivement en réalité, ont suivi les polémiques mais aussi la révélation sur le comportement en ligne, les prises de paroles, les insultes dirigées contre des autrices. Voire du harcèlement contre des autrices engagées.

Ok. Moi je me suis plutôt placé, timidement, du côté de Vivès. Peut-être que ce type, sûr de son talent, se croit malin à « bully » des artistes moins douées que lui mais plus conséquentes politiquement et militantes. Ok, c’est pas très fin mais j’ai continué à acheter ses bouquins. Du moins ceux qui me parlaient, c’est-à-dire aussi les plus anciens. Je les ai achetés mais je ne les ai pas lus … Et force est d’admettre que j’avais peut-être envie de défendre l’auteur de Polina. Mais que je n’avais, en réalité, plus du tout envie de le lire ? C’est un problème.

J’ai donc lu « Le goût du chlore » qui trainait chez moi, bien en vue, mais intouché. C’est son premier succès, le bouquin est sorti en 2006, donc bien avant Polina. My bad. Je pensais que c’était le contraire.

Le goût du chlore

C’est une histoire très courte, toute simple. A peine une anecdote. Le trait est minimaliste, le récit est balbutiant et n’appuie sur quasiment rien ou alors des détails insignifiants. Un vide, du rien. Les mots sont de fait absents dès lors que quelque chose de crucial semble se nouer ou se dénouer. La BD esquive l’acte et nous prive de mots pour le dire, préfère nous livrer à des pages épurées, presque blanches. L’intrigue se donne, puis se refuse aussitôt à nous. C’est très beau.

Vivès nous parle de réparation. Peut-être. Ou de la transmission d’un geste sûr, maîtrisé à quelqu’un qui ne sait pas comment filer, sans vague, dans son couloir de nage. Et c’est tout, ça s’arrête, très vite, avant même d’avoir commencé. Le lien amoureux, le récit ne va pas jusque là et les personnages non plus. Le lecteur peut-être un peu plus. Il va combler le vide et mettre des sentiments là où il n’y en a peut-être pas. Il y a une page qui fait penser aux murmures du personnage de « In the mood for love ». Vivès n’a pas la palette de Wong Kaï Waï. Il n’a pas son goût du cadre surchargé, encombré. C’est tout le contraire même, j’en ai bien conscience et on me pardonnera ce rapprochement. Mais il y a quelque chose du silence des faux amoureux, Tony Leung et Maggie Cheung, dans leur périple hong-kongais. Et c’est à ça qu’on voit que très jeune, Vivès était déjà un auteur solide, mais aussi de la plus grande délicatesse. Très sûr de ce que la BD peut se permettre et livrer au lecteur.

Il n’y a rien dans cette BD du « petit con sulfureux » que Vivès essaie d’être en ligne ou avec son groupe de potes « auteurs à succès ». Parce que je pense que c’est ça. Vivès semble croire que nous sommes encore en 1970 et que publier, à l’occasion, des trucs pédo pornographiques et surtout harceler très salement les « daronnes », ça ferait de lui un Genet de la BD. Ou qu’au pire ça lui donnera un côté punk qui va effrayer le bourgeois qui ne le lit pas. Or c’est le contraire. Il va peut-être se rendre compte que son attitude, ses prises de paroles participent de la brutalisation en ligne portée par les pires influenceurs mascus et fachos des années 2010-2020, complètement réactionnaires et plus du tout d’une espèce de contre culture provoc’ et porteuse d’émancipation. Je comprends pas l’intérêt de se faire plébisciter par des gens qui n’ont aucun attrait pour ce qu’il publie, en réalité, mais qui kiffent de le voir insulter ceux et surtout celles qui ont, peut-être, le plus d’affinités avec l’essentiel de son œuvre.

Merci de m’avoir lu.

[Hantavirus] Mes conseils Wargame Solo

Bonjour à tous,

Au moment où les personnes infectées commencent à être rapatriées dans leurs pays respectifs, il est plus que temps de commencer à réfléchir à quels wargames solos vous pourrez pratiquer tout seul, chez vous, à l’abri … bientôt.

Rangers of ShadowDeep :

C’est le petit frère de Frostgrave avec lequel il partage la même mécanique et ça a été mon wargame solo préféré pendant longtemps. Les scénarios de Rangers of ShadowDeep sont très scriptés, plus que les autres titres présentés ici, avec des événements aléatoires à chaque tour et assez souvent des paragraphes à lire en cours d’exploration de la map.

Seul vrai (petit) problème, la mécanique n’est pas adaptée aux scénarios d’infiltration, il y en a assez peu mais c’est un peu dommage quand même. Et puis comme d’habitude avec les jeux sans starter, plus votre collection médiévale-fantastique est fournie, mieux c’est. Que ce soit en figurines de monstres ou en décors.

Stargrave :

Du même auteur que Frostgrave ou Rangers of ShadowDeep mais c’est de la sf. Ce n’est pas un wargame solo mais les extensions Hope Eternal et Dead or Alive permettent de jouer seuls. En particulier, Dead or Alive est un excellent système de génération de scénarios solos. Prévoir beaucoup de décors ou improviser !

Space Station Zero :

Ce serait simple d’écrire que Space Station Zero de Snarling Badgers est un dungeon crawler et pas vraiment un wargame. Alors oui si on veut, vite fait mais en fait non. Votre équipage va explorer les salles d’un immense vaisseau spatial. Il y aura des défis comme éliminer les ennemis ou réparer une conduite de gaz et une fois les objectifs atteints, vous devrez choisir quelle porte vous allez ouvrir pour continuer votre périple. Mais chaque partie est une salle et vous savez ce qu’il y a dedans et la nature du défi à relever. Et au fil des parties, vous allez voir évoluer votre bande. Seul « défaut » : le jeu est difficile et votre première bande n’arrivera sans doute pas à triompher de Space Station Zero.

Deth Wizards :

Excellente petite mécanique par Snarling Badgers. Dans Deth Wizards, vous jouez un nécromancien à l’assaut d’un royaume humain. La campagne est bien pensée. Elle n’est pas linéaire mais c’est solide et assez modulable. Vous choisissez les scénarios suivant l’état de votre bande et ce que vous souhaitez obtenir comme récompense. Et la trame de votre campagne s’écrit toute seule au fil des parties, sans y penser. Votre bande sème la mort partout sans réelle résistance parce que vous êtes un génie ? Attaquez le centre du royaume et tous ses paladins. Vos squelettes se sont faits ratiboisés ? Oubliez les forteresses imprenables et les temples aux blanches colonnes, assouvissez votre faim sur les misérables villages de la périphérie ! Très cool, très efficace.

Demon Ship :

Vous allez me dire : « Bouhouhou, Demon Ship n’est pas un wargame ». Et c’est vrai. Autant Space Station Zero est un peu un wargame. Là, non. On joue une survivante, on erre dans les coursives d’un vaisseau plongé dans le noir. Et il y a quelqu’un d’autre. Une Chose. Une Chose qui vous veut du mal. C’est Alien, quoi. Et c’est cool, donc je le mets dans ma liste.

Reign in Iron :

Je n’ai pas encore pu jouer mais c’est le jeu qui m’occupe actuellement. C’est encore de chez Snarling Badgers et c’est la « suite » de Reign in Hell. A suivre quoi …

Voilou, c’est bien sûr loin d’être exhaustif. Il y a plein de jeux que je ne connais pas et qui prennent la poussière sur l’étagère.

Bon Hantavirus à tous. De rien. Bon en fait, c’était l’occasion de faire une sorte de publicité pour un mode de jeu que j’adore, en montrant qu’on peut aussi le pratiquer avec des bouts de ficelle et de la récup’ de carton, sans attendre d’être confiné. En espérant que ça n’arrive d’ailleurs pas puisque ça n’a pas été marrant du tout pour des tas de gens, je sais.

A bientôt, portez vous bien.

[Reign in Iron] Peint’ de la tab’ #5

Bonjour à tous,

Je continue avec les petites vedettes de ma table urbaine 6 mm : les automobiles !

C’est inégal, y en a des carrément mieux réussies que d’autres, moi je trouve. Personnellement. Je veux pas commenter mon propre article mais c’est pour dire.

Je finaliserai la peinture quand elles seront collées sur les routes qui vont quadriller le quartier.

Alors avant que vous vous demandiez pourquoi je montre des trucs pareils, je tiens à dire que j’ai tout fait moi-même et que j’y ai même passé vachement de temps.

Ce sont des petites piles de carton d’emballage que j’ai entourées de scotch de masquage, puis j’ai recouvert de colle à bois. Alors ça m’à coûté heu … heu ça coûte combien un mètre de scotch de masquage et un quart de verre de colle à bois ?

J’ai quand même fait le vrai hobbyst 2.0/fan boy de merde, enfin j’ai fait comme vous, quoi, j’ai regardé les boutiques de wargame + Etsy. Et 30 jolies voitures 6mm pour Battletech par exemple … c’est 90 balles + 30 balles de frais de port. Heu … non, je vais pas acheter ça. Et puis au moins, mes machins, vous verrez ça, nulle part ailleurs.

A+

Série 40k chez Prime, le projet serait-il en retard ? Ou pas ?

Bonjour à tous,

Cela va bientôt faire 18 mois qu’aucune annonce n’a été partagée par GW sur le développement du projet de série avec Prime Video et Vertigo Entertainment. On peut donc supposer qu’aucun jalon significatif n’a été atteint sur cette période. Est-ce beaucoup ? Est-ce dans la norme des productions comparables ? Moi, ça me titille.

Ce que GW nous dit dans ses derniers rapports financiers, c’est qu’il va falloir s’armer de patience et que tout cela leur échappe un peu, et se fait en interne dans une opacité assez compréhensible.

Certes … C’est un peu le feuilleton dans le feuilleton, en attendant le feuilleton. Du coup, je suis allé voir un peu dans le détail ce qu’il en avait été pour d’autres séries sur Prime, pas toutes, il y en a beaucoup, et tout n’est pas pertinent. J’ai ciblé avec les critères suivants :

  • Franchise à succès et/ou personnalité associée avec une visibilité déjà très forte.
  • Thème sf ou fantasy ou horreur.
  • Développement soit de la saison 1 soit du pilote, entre 2017 et aujourd’hui en 2026.
  • Des annonces publiques pour pouvoir établir une frise. (*)
  • Prime/Amazon impliqué soit dans la commande, soit dans la production.
  • Je n’ai pas vu la série : pour la blague, hein, c’est pas un critère, c’est juste que je n’ai pas la télé.

1. The Wheel of Time :

Je ne connaissais pas mais c’est une saga littéraire qui a de très nombreux fans, apparemment. L’intrigue est plus linéaire et centrée que 40k ou le Silmarillion mais ce serait un exemple de développement « classique », sans difficultés particulières pour peu que cela fasse sens dans cette industrie où chaque projet est atypique, en réalité.

J’en profite pour rappeler en insistant un peu que je traite de la première saison et que j’ignore le développement des saisons suivantes. Je ne vais pas, par exemple, inclure le développement de la série policière Bosch qui a connu de très nombreuses saisons et qui en plus est une franchise de nature très différente, moins ambitieuse sur le plan de la production.

2. The Rings of Power :

C’est peut-être la série qui a fait le plus couler d’encre, pour des raisons assez discutables de mon point de vue mais ce que je ne savais pas, c’est que le développement en a été long et compliqué. Projet ambitieux, des complications juridiques et l’impact du Covid. Bref, c’est le développement le plus long chez Prime à l’heure actuelle pour une seule saison.

3. Fall Out :

La série semble avoir fait moins polémique que l’exemple précédent, mais le développement a demandé aussi un temps considérable, même si le Covid a moins impacté le tournage (et pour cause, regardez la frise). J’imagine que c’est la nature du projet, les décors, les maquillages, les effets spéciaux et tous les moyens mobilisés pour rendre le produit dérivé fidèle à la licence d’origine. Comme pour toute licence fantasy, c’est une complication et ça en fait automatiquement des projets d’une certaine ampleur, je pense.

Annexe : The Dark Tower

Je finis avec par cette adaptation de Stephen King, qui avait déjà été portée sur grand écran en 2017. C’est l’exemple « malade » de l’article puisque abandonné à un stade très avancé (regardez la frise).

Amazon aurait refusé le pilote. Il n’y a pas de communication officielle, cela reste une affaire interne, sans besoin de publicité, ce qui est compréhensible. Aucune des parties n’a d’intérêt dans ce genre de situation à communiquer mais il y a eu des sources proches des dossiers et ça a fuité par voie de presse.

C’est aussi l’occasion de dire à quel point le parcours d’un projet de série est périlleux, à chaque étape et que ça n’est jamais gagné, contrairement à ce que je lis parfois. Cela donne une idée de la difficulté et la sévérité du process et ce à chaque étape du développement.

Et donc ?

Voilà en espérant que cela ait éclairé vos lanternes en cette période de vache maigre dans la communication de GW sur ce sujet et que cela vous aide à juger de l’avancée du projet de série 40k avec des éléments de comparaison tangibles mais aussi largement critiquables, je n’en disconviens pas.

Il n’y a pas de modèle établi et rien de définitif. Le secteur évolue et j’avais crû comprendre que les moyens mis en œuvre pendant le tournage pouvaient être allégés et donc entraîner une certaine forme d’accélération en amont au détriment d’un travail de post production plus intense avec des outils numériques (sur les décors, les costumes, les lumières, voire le casting). Ça ne saute pas aux yeux dans le projet 40k, on est encore très loin du tournage …

A titre personnel, j’ai aussi un questionnement sur le hiatus accord initial/accord créatif. Lequel acte le début réel du développement ? Ce qui apparaît c’est que la mise en œuvre effective sur le pan créatif et industriel serait plutôt la nomination du Showrunner et que c’est là que l’on pourrait réellement enclencher les chronomètres. Avant cette date, il ne me semble presque exagéré de parler de projet en cours même si contractuellement, oui, c’est le cas.

Ce sera ma conclusion. Le projet de série 40k n’a en réalité pas atteint de jalons créatifs et industriels significatifs et il est peut-être prématuré de juger de son avancée, puisqu’elle n’est pas réellement effective. Il y a des contrats, ce qui pèse, le moteur est allumé mais personne n’a appuyé sur l’accélérateur. Pourquoi ? On ne sait pas, tout est possible. La piste est pas dégagée, le moteur fait un drôle de bruit, le pilote a fait un malaise, il manque une roue. Je ne sais pas et ce n’est même pas le sujet.

Merci de m’avoir lu et à bientôt.

(*) Ces chronologies sont indicatives et comportent des zones d’incertitude liées à la nature peu publique du développement des séries. Notamment les phases d’écriture dont le déroulement n’est pas porté à la connaissance du public, contrairement à la création de certains postes clés ou les dates de tournage.

[Reign in Iron] Peint’ de la tab’ #4

Bonjour à tous,

Suite de la peinture de ma table urbaine 6mm pour Reign in Iron. J’ai mis un énorme coup de collier pour peindre les trois gros immeubles qui me restaient. Et je pense qu’une étape est franchie, la table est pas finie du tout mais ça commence à ressembler à quelque chose.

On était un peu dans le dur là, et ça m’a pas envoyé beaucoup de fun mais c’est fait.

Moi, j’en suis content mais je le dis, je le répète, c’est totalement de la bidouille à base de boîtes en carton, ce n’est pas un diorama et y a des trucs mal collés et peints en speed. D’ailleurs, l’effet salissure est là pour détourner l’attention de ce qui ne va pas. Ainsi que pas mal de trucs bricolés à la dernière minute pour cacher les gros problèmes que j’avais pas anticipés.

Il me reste pas mal de pièces à peindre, dont des immeubles plus modestes. Et des surprises. Peut-être un peu plus dans le cosmétique, voire le lore. Oui, j’ai du lore. Un peu.

A suivre. Merci de m’avoir lu et à bientôt.