• Alien(s)

    Alien(s)
    Café froid et cinéma3

    Fanzine – 64 pages
    Offset

  • Sharkzine

    Sharkzine
    Café froid et cinéma2

    Fanzine – 64 pages
    Jet d’encre

    Texte intégral disponible sur instagram [en cours de transfert vers pixelfed]

  • Clémence en vacances

    Flipbook – 55 pages
    Sérigraphie

    Chansigne en animation papier, d’après le spectacle d’Albaricate

  • Stranger Things

    Stranger Things
    Café froid et cinéma1

    Fanzine – 64 pages
    Jet d’encre

    Texte intégral disponible sur instagram [en cours de transfert vers pixelfed]

  • Nouvelles fantomatiques /3

    Tout glisse dans l’enveloppe tiède du lac. Pour fuir le soleil brûlant, bouillant, brutal, tu plonges la tête sous la nappe verte. Et ton corps s’enfonce doucement, tes pieds battent l’eau douce à la surface, ton ventre se contracte, solidifie ton corps souple pour permettre à tes épaules de le diriger, les bras tendus. Tes mains pénètrent la fraîcheur des profondeurs et tes yeux ne voient qu’une immensité glauque. Des formes fugaces naviguent dans le flou : traces poissonneuses, algues dansantes, mousses flottantes. Une ombre sur ta gauche, tu t’en approche avec une savoureuse sensation d’appréhension excitée. Si c’était une branche, une roche, un poisson, un énorme serpent, un monstre aquatique à la faim dévorante ?

    Tes doigts jouent avec le limon, traversent la vase, grattent les roches, jusqu’à ce que tes poumons prennent feu et t’ordonnent de retourner ton corps, pousser vers la lumière, la chaleur, la surface. Ta tête crève la nappe claire et l’air se déverse en toi. Tu manques de t’étouffer, l’eau verte empli ta bouche d’un goût de terre et d’algue, se fraye un chemin imprévu jusqu’à ta gorge. Immédiatement, ta tête replonge pour expulser le liquide, d’abord. Ensuite, pour regarder ce qui a bien pu te faire sursauter ainsi en caressant tes doigts de pieds. Ta toue résonne autour de toi, le bruit des bulles produites par le mouvement de tes bras, battements chaotiques qui remontent à tes oreilles. C’est là, que tu læ vois. Immense apparition, un doigt griffu posé sur ton pied, de longs cheveux d’algues qui respirent autour de son visage, orné d’un large sourire. Ses lèvres dévoilent de larges dents, pointues, qui pourraient faire la taille de la paume de ta main. Le cœur fébrile, ton estomac crépite et tes joues prennent feu.

    Chaque année qui passe, tu crains de ne pas læ retrouver, que son grand corps se dissolve dans la vase, qu’æl oublie votre rendez-vous de complicité annuelle partagée dans les profondeurs du lac. Lorsqu’æl aperçoit tes doigts s’éloigner de ton menton en un salut souriant, sa main palmée enserre ta cheville afin de t’attirer contre son torse. Son corps si grand est si doux, un peu gras et fugace, un nuage de mousse, de bulles, d’eau, de limon et de sédiments qui t’étreint avec tendresse. Tes mains se posent sur ses joues et tu l’embrasse de toutes tes forces. La vague des sentiments qui te traverse, la force de la solitude, du manque de sa présence, l’attente la terrible attente, l’horrible attente et le désespoir de n’avoir que quelques jours avant d’attendre à nouveau, tu aimerais le lui décrire. ça attendra la prochaine respiration, celle d’après, ou d’encore après. Alors tu pourras lui signer ton désir prisonnier de la distance, lui raconter le loin et regarder pour écouter son quotidien cerclé d’argile, d’arbres et de nénuphars.

    Pour l’instant, il n’existe que votre long baiser, ses lèvres fraîches et la puissance de ses bras autour de toi. Ta respiration rythme vos étreintes. Pauses excitantes, frustrantes, éreintantes pour remonter à la surface, faire le plein d’air. Le corps réchauffé d’affection, vos yeux brillent de complicité, et de désir. Entrelacé.e.s, vous vous perdez dans vos tendresses. Et le jour, doucement, s’éteint.

  • Bad Queer

    Pour celleux qui se sentent pas assez flamboyant.e.s pas assez festif.ve.s pas assez bellaux pas assez fancy pas assez paillettes pas assez soudure dans la boue pas assez stylé.e.s pas assez star pas assez attirant.e.s pas assez dans le game pas assez sociables celleux qui passent en douceur et silence pas sans rage celleux ni tout à fait si ni totalement ça mais surtout pas assez

  • 300 mots

    300 mots
    5 textes érotiques non genrés

    Éditions
    Risographie

  • Moites

    Moite°


    Édition – format Jésus plié
    Sérigraphie sensible à la chaleur

    Épuisé

    Moite1


    Édition – format Jésus plié
    Sérigraphie sensible à la chaleur

    Épuisé

  • Nouvelles fantomatiques /2

    Ça pourrait commencer par un courant d’air froid sous la couette. Une sensation un peu étrange, parce que son poids, à la couette, est parfaitement réparti sur de ton corps, tombe normalement sur les côtés du matelas, pour faire simple elle est bien installée.

    Pourtant, T. se réveille. Une fraicheur sur le mollet gauche, mais pas sur le tibia. Son genoux, son pied, tout ça est bien au chaud, dans le douillet, dans le moelleux. L’esprit embrumé de dodo, T. tente d’analyser ses sensations. Ce n’est pas la première fois que des bails chelous lae réveillent dans cette piaule. La baraque est sacrément décrépie, tout pète, craque et gémit ici la nuit. Et, entre nous, l’instinc de survie ça épuise. Il faudrait ouvrir les yeux, tourner la tête et vérifier à qui appartient cette main sous la couette alors que la maison est vide, vérouillée, isolée. On aurait à moins un peu la flemme.

    Une respiration passe, vide, blanc de cerveau. Le temps de faire monter l’info. Le temps de vérifier aussi cette sensation ; check, double check. Oui. T. sent bien une main sous la couette ; une main dans une maison où iel est seul.e. Et cette main a l’air de partir en exploration de son corps à ellui ; une petite caresse par là, une ouverture par ici. C’est doux, chaud et réconfortant. Etrange, oui, bien sûr, mais on aura qu’à dire que c’est le moment juste après le réveil. On sait jamais exactement ce qu’il se passe à ce moment là !

    La main tourne dans le dos, compte les vertebres, massouille l’épaule gauche de T., gratouille la nuque, joue avec le lobe d’oreille, enfonce les doigts dans les cheveux noirs et drus de T., papouille derrière l’oreille, caresse les tempes. Et puis, à ce moment là, T. sent le poids de la main s’alourdir, comme si le corps qui l’accompagne se révélait enfin.

    Alors, T. se décide enfin à ouvrir les yeux. Il y a bien une bosse, d’une taille non négligeable, sous cette couette. Un peu tremblant, un peu calme, le bras de T. s’allonge et iel pince entre ses doigts le tissu avant de soulever, d’un geste un peu effrayé un peu excité. Deux yeux vitreux l’observent par en dessous. Un sourire immense brille là, une langue d’un rose pâle, presque transparent, tirée vers le bas. Le fantôme, parce que ça ressemble beaucoup à un fantôme cette petite créature translucide la, n’a pas l’air désolé pour le moins du monde. Il, ou elle, iel peut être, T. n’a pas le temps d’y penser, penche juste la tête avant de lancer un horriblement banal :

    C’est ok ?

    Outrée, exaspéré, désespéremment excitée, T. roule des yeux du plus fort qu’iel peut, a un petit sourire tendu grimace et :

    Non, non. C’est pas ‘ok’ de s’imiscer comme ça dans mon lit. S’écrit T. Non, non et non.

    Le fantôme, malgré son air dépité, se reprend assez vite ; évidemment, ille le sait pourtant, avec les humain.e.s, le consentement se vérifie avant.

    Tu as raison. Je suis désolée. Je n’aurais pas dû faire ça de cette manière là.

    T. est d’autant plus énervé.e qu’iel est à présent excité.e mais une part en ellui s’accroche fort à l’idée que : non on ne peut pas engager une relation de cette façon, même si on est fantômatique.

    Bon, là ça va pas. Je vais me rendormir. Et plus tard, on se fera un café, tu me parleras un peu de toi, de tout ça, et après on verra, propose T. au petit fantôme navré.

    Celui-ci acquièce avant de glisser hors de la couette. Penaude, désolé et de bonne volonté, ille vole à reculon loin du lit, de la chambre, pour se poser dans le salon. Roulé en boule sur un coin du canapé, ille se sent tout opposé, déboussolée, désagrégé. S’ille était encore corporelle, en bonne drama queen, le fantôme, donnerai dans les pleurs, se tirerait les cheveux et gratterais ses avant-bras en se traitant de tous les noms. Ille se reprend pourtant. Admettant que ses gestes étaient loin d’être louable, plutôt du côté naze de la force, voire super nul, vraiment pas cool. Ille glisse alors jusqu’à la cuisine, prépare de quoi lancer un café. Et disparaît, en se promettant de se faire pardonner, ou pas, et de laisser à cet humain charmant tout plein de temps.

  • Nouvelles fantomatiques /1

    Montagne. Brume. Plaid et cheminée qui grince. Odeur de froid. Odeur de bois. Cannelle. Clous de girofle. Sapin.

    Il y a les doigts qui dansent, les doigts qui fourmillent, les doigts qui glissent à travers le doux et le moelleux, les doigts qui caressent le vide juste au dessus de mon corps, les doigts qui parlent.

    Il y a mon corps affalé sur le plaid près de la cheminée, détendu après le froid, prêt à sentir les vibrations. Il y a mon corps qui change en regardant les doigts danser, en imaginant les doigts vibrer, en essayant de percevoir le reste du corps des doigts.

    Et au dessus il y a son corps flottant et vaporeux, un nuage pas vraiment transparent, humide et qui m’attend. Il y a son corps qui goutte peu à peu sur le mien au gré de mes doigts et des siens. Douceur. Froid.

    Il y a ses mains qui jouent avec moi. Brume taquine qui s’immisce entre mes cuisses. Forme malléable de sa langue dans ma gorge. Le feu fait briller ses gouttes. Elles se mélangent à ma sueur. Comment expliquer la beauté de nos fluides qui descendent ensemble en buée sur la vitre ?

    Neige. Givre. Tapis et braise qui crépite. Odeur de corps. Poivre, musc et cumin.

    Il y a mon envie fulgurante tout à coup. Mon sexe s’humidifie et on corps cherche à se rapprocher de cette forme sirupeuse qui m’enveloppe, me caresse, m’attendrit tout à la fois. Les odeurs deviennent plus fortes, la chaleur s’intensifie, les doigts gouttent le long de mon plexus, descendent jusqu’à mon nombril. Doigts agrippés dans les poils du plaid ; corps qui se laisse porter par les sensations inexplicables ; imaginaires émancipées. Et tout devient moite, mon corps est à la frontière entre solide, liquide et gazeux ; tentant de rejoindre inlassablement les doigts flottants, le corps vaporeux, la brume épaisse qui prend tout l’espace que je n’occupe pas. Humidité maximale. Odeur de chaires qui pulsent.

    Il y a son corps en moi qui me caresse, m’envahit. Je ne sais plus où est mon corps lequel est le sien. Nos tendresses m’égarent. La pièce vibre, un meuble tombe, le feu redouble d’intensité, des fruits roulent à terre et au loin des bêtes répondent à nos cris. Nos températures s’entrechoquent, son froid me brûle, je l’évapore. Il y a mon corps qui monte, si proche, le monde n’existe plus. Il y a son corps et il chuinte, siffle et gémis.

De la sérigraphie fondante

Du queer rageur

De la micro-édition soyeuse

Des dessins poilus

Des textes moites

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