Exposition - Regard dérobé sur la cité radieuse de Briey en Forêt par Eléonore Chanclou-Laronze Jusqu’au 2 octobre, la cité radieuse de Briey en Forêt accueille l’exposition « dérobée », dernière collaboration de l’architecte PHILIPPE VANDERMAREN et de l’artiste Richard Venlet. Le duo, collaborant à la frontière de l’art et de l’architecture depuis une vingtaine d’année, a imaginé une installation sobre et « furtive » au sein de l’Unité d’habitation avec laquelle ils cherchent à interroger l’histoire accidentée d’un des monuments de l’architecture moderne. Réalisée en 1960 à Briey en Forêt pour loger la masse d’ouvriers œuvrant dans l’industrie locale de métallurgie, l’Unité d’habitation de Briey se déserte dès 1981 suite au déclin de l’activité industrielle. La Cité est alors menacée d’une destruction prévue par la mairie. C’est dans ce contexte qu’une trentaine d’artistes, architectes et proches du Corbusier créent l'ASSOCIATION LA PREMIERE RUE promouvant l’architecture moderne. Ils installent leurs locaux dans la Cité et transforment celle-ci en galerie d’exposition. La restructuration du lieu prend place au début des années 1990. Pour adapter l’immeuble de logements à l’accrochage de l’art ainsi qu’à la réglementation, plus stricte, d’un établissement recevant du public, les travaux épurent les lieux de leur caractère domestique ainsi que de leurs couleurs. Les cloisons de l’étage supérieur des appartements duplex sont percées afin de former la circulation de la galerie. Du Corbusier, ne subsistent que les éléments de façade ainsi que les escaliers. C’est dans ce contexte qu’intervient le duo d’architecte et artiste avec le commissariat de Pierre Chabard, architecte et critique. En continuité de leur travail sur la phénoménologie de l’espace (voir l’article « L'atelier de Michel François, Bruxelles », Pierre Chabard, d’a, n°230, novembre 2025), leur exposition cherche à questionner l’espace et à dévoiler les potentialités programmatiques du lieu. En bouchant d’une porte les circulations horizontales de la galerie, PHILIPPE VANDERMAREN et Richard Venlet font renaitre les volumes domestiques du lieu, et confrontent son programme actuel avec celui pour lequel il a été imaginé. Les portes choisies sont des copies élargies des portes de service du Molitor et visent à rappeler la singularité des œuvres corbuséenne, pensée jusqu’à leurs détails. De plus, en intégrant discrètement un élément iconique du Corbusier entre les murs blancs, lisses et identiques de la galerie d’art, le duo tente d’ouvrir une brèche entre l’esthétique neutre de la galerie et l’expression forte de l’œuvre. En confondant l’œuvre et la galerie, le duo vise à brouiller les pistes sur l’objet de l’exposition, dans l’espoir de mieux « dévoiler » l’histoire et les potentiels du lieu. https://lnkd.in/ewnFmJkf