Salut les ours !
Salut les chats !
Salut les bisons !
Salut les oiseaux !
Salut les tortues !
Salut les baleines !
Salut les pingouins !
Doucement les castors !
Enfants d'Espagne
20.7.20
DAVID JISSE
"La
parole est malade", titre qui résonne ô combien de nos jours, était une
des chansons du duo David et Dominique, soit Dominique Marge et David
Jisse. Ensuite, David s'est intéressé à d'autres musiques, de toutes
expériences, devenant le compère de Luc Ferrari, le producteur
d'émissions sur France Culture et France Musique pendant 30 ans, le très
sémillant, l'inspiré et inspirant directeur de la féconde Muse en Circuit
pendant 15 années, le créateur du festival Extension, le compositeur.
Avec « Assis sur ma valise - Détour de chant » il unissait ces
différentes galaxies musicales qui ont nourri sa vie et qu'il a su
nourrir. David Jisse vient de nous quitter.
Libellés :
Lost and found,
Musica,
Radiophonie
14.7.20
DOUBLE VACCIN
Où
l'on est soudain saisit par une sorte d'angoisse en imaginant que le
vaccin contre celui-ci sera encore plus difficile à trouver que celui
contre son concurrent direct. Là aussi, nos recherches actives les plus
pertinentes nécessitent une maximale, enthousiaste et bénéfique énergie.
Libellés :
Dictionnaire de la Macronie,
Santé
9.7.20
ALORS PLEUREUSE ?
Roselyne
Bachelot déclare sur France Inter (9 juillet 8h20) : "je suis très
lacrymale". Faire pleurer un(e) ministre, tout un programme.
Libellés :
Dictionnaire de la Macronie
8.7.20
QU'EST CE QUE ÇA VEUT DIRE ?
Qu'est-ce que ça veut dire :
Que le fort désir d'un ministre de l'Éducation Nationale ait été de devenir ministre de l'Intérieur (selon la formule fourbement consacrée : "premier flic de France") ? Suffirait-il pour le consoler de l'appeler "premier prof de France" ou "premier sportif de France" ?
Qu'est-ce que ça veut dire :
Qu'un ministre de l'Action et des Comptes publics (bénéficiant de la présomption d'innocence - comme tout le monde ... euh... comme tout le monde ?) ait été si attiré par ce poste de "premier flic de France".
Qu'est-ce que ça veut dire :
Que le nouveau premier ministre, avant même de former son gouvernement rende une petite visite "surprise" - en compagnie du préfet (du préfet !) - dans un commissariat à La Courneuve pour dire aux policiers (seulement à eux ?) : « Vous attendez de nous de la reconnaissance et du soutien. Ils seront sans faille » ?
Libellés :
Dictionnaire de la Macronie
6.7.20
3.7.20
2.7.20
USAGE DÉFAUT
Thibault
Lefèvre, France Inter, 2 juillet 2020, 8h10 : "Rue Sacco et Vanzetti,
rue Louise Michel, Stade Paul Vaillant Couturier, à Valenton la plupart
des noms des lieux publics témoignent de l'héritage communiste". Des
journalistes s'y entendent pour mettre la gomme et générer confusion,
intrication, balourdise et effacement jusque dans les moindres détails, à
moins que tout simplement, ignorants, ils n'aient jamais rien entendu
des préceptes de l'histoire.
Libellés :
Noir et rouge,
Radiophonie
20.6.20
21 JUIN, DÉFAITE DE LA MUSIQUE
Le ministère de la Culture nous annonce sans rigoler "une fête de la
musique différente, solidaire et numérique" avec notamment : " Seuls
ensemble, concert de Jean-Michel Jarre en réalité virtuelle (...)
devant un public d’avatars ". Ou encore "Le bal ménager pour faire
danser chez soi".
Voilà un nouvel étouffoir de taille, une belle clé d'étranglement : "la réalité virtuelle avec public d'avatars".
Pour sûr, la fête va battre son plein, un plein aussi tragiquement vide que le dernier discours du régent. Et puis au-delà de cette poudre de perlimpinpin sponsorisée, on se souviendra qu'il y a un an, Steve Maia Caniço, suite aux trop habituelles brutalités policières, est mort noyé pour avoir fêté la musique. Et pour ça, la réalité de notre mémoire n'est pas devenue virtuelle.
Voilà un nouvel étouffoir de taille, une belle clé d'étranglement : "la réalité virtuelle avec public d'avatars".
Pour sûr, la fête va battre son plein, un plein aussi tragiquement vide que le dernier discours du régent. Et puis au-delà de cette poudre de perlimpinpin sponsorisée, on se souviendra qu'il y a un an, Steve Maia Caniço, suite aux trop habituelles brutalités policières, est mort noyé pour avoir fêté la musique. Et pour ça, la réalité de notre mémoire n'est pas devenue virtuelle.
15.6.20
PR
La
speakrine [1]
annonce "D'abord la pub et ensuite
le président de la République"
C'est
parti pour l'intervention du président sur les premiers accents de la
Marseillaise
"Nous avons été des fourmis au début du
quinquénat" Sibeth Ndiaye (France Inter 15 juin 2020 - 8h30)
La
clé d'étranglement des événements
[1]
Que Jacqueline Caurat, Catherine Langeais et Jacqueline Huet pardonnent cette
malheureuse analogie
14.6.20
PENSÉE RAPIDE
Réflexion (rapide)
après l'écoute de l'intervention ultra médiatisée du régent : "Si la
nature a horreur du vide, elle ne doit vraiment pas l'apprécier".
Illustration : Harry Eliott (1882-1959)
Illustration : Harry Eliott (1882-1959)
Libellés :
Dictionnaire de la Macronie
MAURICE RAJSFUS
Rescapé avec sa sœur et grâce à sa mère, de la rafle du Vel d'Hiv en
juillet 1942 alors qu'il a 14 ans (sa famille dénoncée par un policier
voisin de palier), Maurice Rajsfus n'a eu de cesse de documenter la
violence systémique exercée par la police et ses significations. Auteur
de nombreux ouvrages tant sur la Rafle du Vel d'Hiv qui emportera ses
parents, la Collaboration, l'histoire de la police française (il fut le
premier à travailler sur la police de Vichy) et ses actualités
(il est l'auteur de Je n'aime pas la police de mon pays), fondateur
de l’Observatoire des libertés publiques en 1992, il tenait le bulletin Que fait la Police ? recensant des milliers de cas de violences
policières. Il avait été témoin pour défendre le groupe de rap La Rumeur
attaqué en justice par le Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy pour
« diffamation publique envers la Police nationale » lors d'un procès qui
ira de 2002 à 2010. Frédéric Goldbronn lui a consacré le beau film L'An
prochain, la révolution. Maurice Rajsfus avait confié un extrait de
"Jeudi Noir", relatant la terrible journée du 16 juillet 1942, pour sa
mise en musique dans Chroniques de résistance de Tony Hymas. Cet
homme, qui avait écrit "Dans un pays où la police parle bien plus de ses
droits que de ses devoirs, quel espace de liberté peut bien subsister
pour ses citoyens ?", nous a quittés à 91 ans hier 13 juin, journée de
protestations contre les violences policières. Comme un signe de ce
qu'il reste à poursuivre.
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Lost and found,
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3.6.20
À NOS COMPAGNES ET COMPAGNONS
DE MINNEAPOLIS-ST PAUL
Au fil des ans, depuis 1999 - date parfaite pour l'occasion - nous avons noué moult amitiés avec musiciens, musiciennes, rappeuses, rappeurs, chanteuses, chanteurs, tenant-e-s de cafés, de librairies, de disquaires, d'associations, d'organisations humaines, collectives et combatives des Twin Cities (Minneapolis-St Paul), ce qui s'est largement entendu dans notre production discographique de ce XXIe siècle. Nous avons tant appris et saisi une plus juste appréhension de la société américaine, la puissance écrasante du modèle principal, ses failles, son histoire populaire, ses complexités, les résistances qu'il engendre ainsi que les solidarités généreuses qui peuvent exister dans ces villes. De nombreux échanges en ont résulté, persistants. L'imagination d'une Hope Street. Aujourd'hui, l'intolérable meurtre maintes fois répété là-bas comme ici, a été répété une fois encore et alors s'ouvre dans le fracas, d'autres visions, d'autres perspectives, d'autres réflexions d'autres partages ensemble. Nous pensons si fort à vous.
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Commune,
Musica,
solidarités
LE VIRUS DE LA HONTE
Le 25 mai Minneapolis : quatre policiers tuent, de sang froid, George Floyd après une arrestation due à une pécadille. Le meurtre est filmé.
Le 26 mai, Assemblée Nationale à Paris, le député Eric Ciotti soutenu par 29 députés, propose une proposition de loi pour empêcher la diffusion d’images de policiers. Le monde entier a déjà les yeux tournés vers Minneapolis - le film du meurtre est un témoignage accablant - où s'est déroulé un drame maintes fois répété là-bas comme ici. Les poseurs de lois ont parfois moins d'hésitation que les poseurs de bombes.
Le 2 juin alors que, depuis une semaine, l'Amérique s'embrase après tant de drames identiques répétés, la classe politique française reste silencieuse, seul le ministre de l'intérieur Christophe Castaner déclare avec un soufflant aplomb qu'en France la police "protège dans ce pays les femmes et les hommes de tout y compris du racisme" et le lendemain il ajoute sans blaguer (c'est en tout cas l'impression que ça donne) "S’il y a fautes, elles doivent être sanctionnées et elles sont sanctionnées." Ignorant sans doute des cas de Mohamed Gabsi, Steve Maia Caniço, Bouna Traoré, Cédric Chouviat, Camara Gaye, Zineb Redouane, Rémi Fraisse, Malik Oussekine, Liu Shaoyao, Zyed Benna, Adama Traoré ou des violences policières - souvent filmées - réprimant le mouvement des Gilets Jaunes entre multiples saisissements.
Pendant ce temps, un grand nombre de médias a micros et caméras perchés devant cet événement extraordinaire : la réouverture des terrasses de cafés avec reportage en direct, décrivant cette libération (le surveillant général a autorisé une petite récré à condition de consommer tout et n'importe quoi) accompagnée d'un ton grave pour des interviews d'une importance capitale : "Alors qu'est-ce que vous buvez ?", "À cette table les gens boivent même le champagne pour fêter l'événement".
Une certitude : le virus de la honte ne tue pas.
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