Membres

Affichage des articles dont le libellé est technique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est technique. Afficher tous les articles

mercredi 15 avril 2009

Notes sur le Suminagashi (1)

Le Suminagashi est né au Japon au XIIe siècle. Il signifie « encre qui flotte à la surface de l’eau en mouvement ». Une légende raconte qu’un peintre s’était endormi au pied d’un arbre, près d’une rivière, bercé par le clapotis de l’eau. Le vent poussa doucement son pinceau qui roula sur l’herbe jusqu’à ce que la pointe trempât dans l’eau, libérant peu à peu l’encre en réserve dans les poils. Réveillé par le chant d’un oiseau, le peintre aperçut alors les magnifiques dessins que créaient les ondulations de l’eau qui emportait l’encre. Il chercha à les reproduire et ainsi naquit le Suminagashi. L’histoire précise encore que, pour trouver l’adjuvant nécessaire à la répulsion de l’encre sur l’eau, le peintre s’arrachait un cheveu imprégné de sébum et qu’un éventail doucement agité au-dessus du bac lui permettait d’imiter le souffle du vent.
Aujourd’hui, plus prosaïquement, le fiel de boeuf sert de corps gras, mais l’éventail reste de rigueur. En ce qui concerne le support, les Japonais utilisent souvent un papier Washi pour absorber le dessin. En Europe, il est possible de choisir un autre papier enduit d’une solution d’alun qui fixera le motif en surface. La température extérieure a son importance : il vaut mieux travailler aux alentours de 17°C si l’on peut.
Enfin, ne reculant devant aucune prétention, aucune vanité, j’oserai proposer dans mon prochain article un passage de mon premier roman – qu’on se rassure tout de suite, il n’a jamais été publié – dans un chapitre duquel un vieux peintre explique à un plus jeune ce que représente pour lui le Suminagashi.